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Alain Bauer « un pro de l’enfumage » selon Johan Livernette

Article réalisé grâce aux informations de conspiracywatch.info

Chaque semaine, 450.fm ouvre ses colonnes au partage d’une information antimaçonnique. Il arrive souvent que celle-ci prête à rire, tant elle est grossière et ridicule, mais il arrive aussi qu’elle n’amuse pas du tout, ce qui est le cas cette semaine. Le gros plan du jour sera fait sur un antimaçon notoire, puisqu’il est clairement identifié comme tel par Conspiracy Watch, l’Observatoire du conspirationnisme. Il s’agit de Johan Livernette.

On le retrouve régulièrement sur des sites d’extrême-droite ou des sites catholiques intégristes. Si certains complotistes antimaçons se limitent à l’idéologie (lire à ce sujet notre article du 21 juin dernier), lui serait assez virulent et peu enclin à la Fraternité, pour preuve sa condamnation le 10 février 2021 à deux ans de prison pour violences conjugales et incarcéré à Toulon, comme le rappelle Conspiracy Watch dans sa présentation que nous vous rapportons ci-dessous.

Avant de dresser le tableau de ce personnage peu recommandable, regardons les 30 minutes d’analyse antimaçonnique qu’il fait de l’émission de CNEWS, dont nous nous étions fait l’écho le 28 octobre dernier. Nous avions intitulé cet article Alain Bauer parle longuement de la Franc-maçonnerie sur CNEWS.

Johan Livernette en fait un décodage selon son filtre antimaçon.

Johan Livernette (1978 – ) est un auteur complotiste d’extrême droite évoluant dans la mouvance dite de la « Dissidence ». Proche de Civitas et d’Égalité & Réconciliation, cet ancien journaliste sportif à La Marseillaise est l’auteur de La Franc-Maçonnerie. 300 ans d’imposture (2017) dans lequel il a pour ambition de « démasquer la secte maçonnique » qu’il considère comme le fourrier du mondialisme.

Son livre précédent, Le complot contre Dieu (2014), dévoilait la prétendue « conspiration talmudo-maçonnique » contre l’Église catholique, les monarchies, les nations et les peuples. Ses thèses vont puiser dans le stock de la littérature conspirationniste antisémite classique.

Le 13 mars 2020, en pleine crise du coronavirus, Livernette publie sur son blog un article dans lequel il relaie un article du théoricien du complot Michel Chossudovsky et qualifie Emmanuel Macron de « marionnette du CRIF et des banques centrales ». Au mépris du constat unanime de la communauté scientifique relatif à l’origine naturelle du virus, il écrit :

« Qui l’a fabriqué ? Est-il vraiment mortel ? […] Avons-nous à faire à une importante pandémie, à une simple épidémie ou à une arme biologique ? Il est, pour l’instant, difficile de répondre avec certitude à toutes ces interrogations. Une chose est en revanche certaine : ce que nous vivons actuellement est en aucun cas le fruit du hasard. » Puis : « qui est à l’origine de cette épidémie ? Qui est le responsable de sa propagation en Occident ? […] Le déclenchement de cette « grippe chinoise » entre-t-il dans le cadre de la guerre économique menée par les États-Unis contre la Chine ? […] Pourquoi une telle psychose avec ce coronavirus dont la gravité reste à prouver ? Pour mieux justifier un nouveau vaccin ? Rendre la vaccination obligatoire ? La propagande alarmiste des médias dominants sert-elle à légitimer un nouveau vaccin (comparable à celui contre la grippe) ? C’est fort probable. […] À qui profite cette épidémie ? Nous savons que, pour Big Pharma, la santé publique et les vies humaines ne valent rien face aux enjeux économiques. Va-t-on avoir droit à un énième coup du pompier-pyromane ? Déclencher une (fausse ?) pandémie pour apporter ensuite le remède vaccinal ? Là encore, c’est fort probable. […] Tedros Adhanom Ghebreyesus [le directeur général de l’OMS] sèmerait-il volontairement ce vent de panique sur ordre de ses mentors mondialistes ? Pour le gouvernement Macron, cette crise du coronavirus tombe à pic : elle est un très bon prétexte pour interdire les manifestations de rue et autres rassemblements contestataires. […] Instaurer un climat de terreur permet à l’oligarchie de mieux régner, de soumettre les nations et d’imposer une dictature… sous couvert de démocratie ! »

Dans une vidéo intitulée « Le complot contre notre santé » (10 juin 2020), relayée notamment par les sites conspirationnistes Le Libre Penseur et Jeune Nation, Livernette poursuit son raisonnement et revient sur « le maitre mot de ce complot à l’échelle mondiale », à savoir la « corruption ». Pour assoir sa démonstration, il pointe le « projet mondialiste de réduction de la population mondiale » qui « s’emboite d’ailleurs parfaitement avec d’autres fléaux », à savoir le « projet maçonnique de l’euthanasie, […] la malbouffe ou encore la vaccination ». Parmi les responsables de ce prétendu complot figureraient de « nombreux oligarques mondialistes et eugénistes », à commencer par Bill Gates ou encore « Big Pharma » – qualifié d’« empire pharmaceutique tout puissant » – qui aspirerait à ce que la « population ne soit pas en bonne santé. » Livernette souligne enfin la qualité et l’efficacité des propositions du youtubeur Thierry Casasnovas, notamment pour soigner certaines maladies comme le cancer. Il se réfère également à Claire Séverac, à Henry Joyeux et aux « très bon travaux » de Salim Laïbi. Il s’engage à « diffuser les informations relatives à la santé, […] à relayer les travaux de spécialistes » comme Marc Vercoutère, Didier Raoult, Sylvie Simon ou encore Luc Montagnier : des informations qui pourraient selon lui « faire barrage à la propagande d’État […] et ainsi entraver des stratagèmes pervers comme ce fut la cas pour la pseudo-pandémie de grippe ».

Il est un des signataires de la pétition « Liberté Pour Ryssen », présentée comme un « appel à tous les défenseurs de la liberté d’expression ».

Le 10 février 2021, Johan Livernette a été condamné à deux ans de prison pour violences conjugales et incarcéré à Toulon.

IL A DIT :

« Qui dit pouvoir occulte dit caché et donc c’est pas forcément évident de savoir qui compose ce pouvoir. […] Cette oligarchie mondialiste, […] le sommet de la pyramide mondialiste où on voit cet œil d’Horus tout en haut avec la tête qui est détachée du reste, eux et nous clairement […], l’organigramme de la pyramide mondialiste : on retrouve les familles oligarchiques tout en haut que certains nommeront Illumati, d’autres pouvoir x […], ces familles oligarchiques opèrent par la banque, les banques centrales mais aussi les sociétés secrètes qui sont plus ou moins méconnues du grand public. […] Haute finance et haute franc-maçonnerie sont liées, plus précisément l’une s’appuie sur l’autre […] pour régner ».

Source : YouTube/Johan Livernette, 10 mars 2015 (conférence tenue le 8 mars 2015 au Théâtre de la Main d’or).

(Dernière mise à jour le 24/02/2021)

Prix de la Laïcité 2022 du Comité Laïcité République, Hôtel de Ville de Paris

Alors que les médias se font l’écho, ce jeudi 10 novembre 2022, des multiples atteintes au principe de laïcité en milieu scolaire – 720 signalements recensés en octobre, un chiffre en nette hausse par rapport aux 313 de septembre dernier –, pas un mot sur la remise des prix de la Laïcité attribué par le Comité Laïcité République (CLR), présidé par Gilbert Abergel, grand maître du GODF de 1992 à 1994.

Bien que situé au cœur de la capitale, l’Hôtel de Ville reste pour la plupart des Parisiens un bâtiment à découvrir. Ce lieu emblématique, siège des institutions municipales depuis le XIVe siècle, a été le témoin privilégié de bien des événements qui ont marqué l’histoire de France. Dans ses somptueux décors reconstruits après l’incendie de la Commune en 1871, chefs d’États et personnalités du monde entier sont reçus régulièrement.

Gilbert Abergel et Patrick Pelloux

Près de 1000 personnes assistaient à cette cérémonie très républicaine, 16e du nom.

Nous relevons la présence de plusieurs personnalité dont François Hollande, président de la République française de mai 2012 à mai 2017, Manuel Valls, ancien Premier ministre,

Jean Glavany, ancien ministre, Anne Hidalgo, Maire de Paris – la première femme maire de Paris à l’issue des élections municipales de 2014 –, Guy Lengagne, ancien ministre et Sarah El Haïry, Secrétaire d’État auprès du ministre des Armées et du ministre de l’Éducation nationale et de la Jeunesse, chargée de la Jeunesse et du Service national universel.

Georges Sérignac, GM du GODF et Thierry Zaveroni, GM de la GLDF

Et parmi cette belle assistance, toutes les Obédiences maçonniques françaises étaient représentées. TOUTES ??? NON, seule manquait la Grande Loge Nationale Française !!! Sans doute n’avait-elle pas été invitée… Il faut dire que, lorsqu’on lui écrit, elle ne répond pas toujours…

450.fm a noté, entre autres :

  • Georges Sérignac, présent et entouré d’une grande partie des conseillers de l’Ordre du GODF ;
  • Thierry Zaveroni, Grand Maître de la GLDF ;
  • Françoise Vignon, Grande Maîtresse Adjointe et Chargée des Relations Intérieures de la Grande Loge Féminine de France, présente, ainsi que l’inaltérable Sœur Denise Oberlin, Grande Maîtresse de 2009 à 2012 ;
  • Une très belle délégation du DROIT HUMAIN, représentée par trois conseillers nationaux dont nos très chères sœurs Michèle Joussely de la Loge Sagesse n° 1538, Chantal Roger et, de la Loge Graal n° 1619, Françoise Potelet. Le Grand Maître National Amande Pichegru étant retenue par une conférence à Strasbourg.
Les peintures du plafond sont de Henri Gervex et Aimé Morot, elles  représentent l’histoire de la danse et de la musique à travers les âges.

Depuis dix-neuf ans déjà, le CLR organise la remise des prix de la laïcité, national et international auxquels s’ajoute désormais le prix culture. Ils honorent des femmes et des hommes qui par leurs actions, leurs prises de positions ou leurs écrits contribuent à la défense et promotion de la laïcité et des principes républicains.

Le prix se décline selon les domaines suivants :

  • Prix national de la Laïcité ;
  • Prix international de la Laïcité et Mentions ;
  • Prix science et Laïcité.
la feuille d ‘or est à profusion, les lustres sont en cristal de Baccarat

À partir de cette année, un nouveau domaine sera à l’honneur :

  • Prix culture et Laïcité.

Citons, par exemple, quelques lauréats depuis 2003 : Fadela Amara, Caroline Fourest, Isabelle Adjani, Jeannette Bougrab, Les officiers de sécurité (en 2017), Georges Bensoussan, Rachel Khan, Kamel Daoud.

Le jury a cette année été présidé par Patrick Pelloux. CLR s’honore d’avoir eu aussi comme président du jury : Élisabeth Badinter, Jean-Pierre Changeux, Boualem Sansal, Jean Glavany, Zineb El Rhazoui, Alexis Lacroix ou encore Renaud Dely.

Annie Sugier

Le prix national 2022 est décerné à Annie Sugier. Membre de Coordination française pour le lobby européen des femmes (2007), de la Ligue du droit international des femmes et de la Ligue du droit des femmes, Annie Sugier est une physicienne et féministe française. Elle a été la première femme au CEA à avoir le titre de directrice. Le discours prononcé par Annie Sugier « Le voile signifie concrètement et symboliquement la séparation des femmes et des hommes » https://bit.ly/3hpT3JX

En intermède, si nous pouvons nous exprimer ainsi, le journaliste, animateur radio et producteur exerçant à France Inter Fabrice Drouelle nous fait lecture du poème Le voile de Victor Hugo (1802-1885), publié dans Les orientales (1829) et qui commence ainsi :

« La sœur/Qu’avez-vous, qu’avez-vous, mes frères ?/Vous baissez des fronts soucieux/Comme des lampes funéraires/Vos regards brillent dans vos yeux/Vos ceintures sont déchirées/Déjà trois fois, hors de l’étui/Sous vos doigts, à demi tirées/Les lames des poignards ont lui/Le frère ainé… »

Si tel est votre désir, vous pouvez prendre connaissance de ce poème en totalité sur « Poésie française.fr – Recueil de poésies des meilleurs poètes français et étrangers d’hier à aujourd’hui » https://bit.ly/3fO0gmV

Sur grand écran, François Hollande et Pauline Marois

Le prix international est décerné à Pauline Marois. Un prix qu’elle reçoit des mains de l’ex-président François Hollande pour ses « années d’engagement indéfectible […] en faveur de la laïcité » — de la déconfessionnalisation des écoles publiques à la charte des valeurs québécoise. Femme politique, Pauline Marois a été la 30e première ministre du Québec et la première femme à occuper cette fonction, de septembre 2012 à avril 2014. Son intervention « Les gens de gauche qui ont abandonné la défense de la laïcité ont perdu une partie de leur âme en chemin » https://bit.ly/3zZTPDW

Au pupitre, Étienne Klein, à sa gauche Guy Lengagne, ancien ministre

Le prix Science et Laïcité est décerné au physicien, philosophe des sciences et producteur de radio Étienne Klein. Son intervention intitulée « Les connaissances, notamment scientifiques, doivent pouvoir circuler à l’air libre » https://bit.ly/3tgIUCb

Le prix Culture et Laïcité, nouveauté de cette année, est remis à Jean-Michel Ribes par Anne Hidalgo, maire de Paris. Jean-Michel Ribes est un acteur, dramaturge, metteur en scène de théâtre, réalisateur, scénariste français, auteur de publicités. Il a dirigé, de 2001 à 2022, le théâtre du Rond-Point à Paris. Son discours « Il est temps de fuir l’esprit saint, pour ne conserver que l’esprit ».

Jean-Michel Ribes et Anne Hidalgo

Présent dans la salle de réception de l’Hôtel de Ville de Paris – copiée sur la galerie des glaces  du château de Versailles – le professeur David Cohen, psychiatre de l’enfant et de l’adolescent à la Pitié Salpêtrière, apporta, en vidéo, un témoignage capital quant à la déradicalisation des enfants rapatriées de camps de prisonniers djihadistes en Syrie.

Retrouver aussi les discours de Iris Iran Farkhondeh, chercheuse en études indiennes « Les Iraniens aspirent à vivre libres dans un Etat de droit » https://bit.ly/3UsqOsT et du président Gilbert Abergel « Le danger pour notre République, c’est l’islam radical, l’islam politique, l’islamisme » https://bit.ly/3EktYZR

Les lauréats entourant le président Gilbert Abergel, photo CLR

450.fm remercie CLR de leur invitation à cette remarquable soirée.

Allez plus loin avec CLR https://www.laicite-republique.org/

Les lauréats
Gilbert Abergel

Les progressistes ont tort de craindre Darwin

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Les horreurs du passé ont amené beaucoup d’humanistes à minimiser ou nier les différences biologiques entre les humains. Ce faisant, toute découverte de différences permet aux conservateurs de justifier le statu quo et ses inégalités. L’étude des différences sera bénéfique, voici pourquoi.

Nous les francs-maçons sommes férus d’universalisme. Nous cherchons à rassembler ce qui est épars. Cela signifie que les ressemblances devraient avoir plus de poids que les différences. Mais le personnel politique ne l’entend pas de cette oreille. Le dictateur voudra que le peuple lui obéisse comme un seul homme . Et pour cela il désignera un bouc émissaire à la vindicte populaire.

En démocratie c’est à peine mieux : obsédé par l’élection, le politique est tenté de jouer « notre communauté contre les autres ». Les autres, ce sont souvent des minorités mais pas toujours : les femmes sont objet de rejet depuis la nuit des temps. Le sommet de l’horreur fondée sur les différences est le nazisme .

Les idéologues, dont Alfred Rosenberg, ont bâti, sur  base d’une torsion des connaissances biologiques de l’époque, une délétère théorie afin de justifier leurs ignominies.  

Depuis lors, tout esprit qui se veut tolérant envers les autres clame à l’envi que tous les humains sont égaux en droits. Et il ajoute avec force que l’espèce humaine n’est pas divisible en races. Sachant que des différences minimes ont servi à justifier le nazisme et d’autres racismes, on minimise les différences. Il arrive aussi qu’on les nie tout simplement. Parmi les raisons qui sous-tendent ce déni : la crainte que l’agressivité « naturelle » de l’humain ne soit prise comme justification de comportements criminels, machistes, racistes, etc. . Même en version plus douce, on ne souhaite pas que tout cela ne rende plus difficile l’élimination de comportements indésirables.  

Ces manières de penser et agir sont cohérentes avec l’opinion, répandue, selon laquelle tout est politique, ou culturel.

Si de plus on croit, comme certains bourdieusiens, que les causalités sociologiques sont mécaniques, donc déterministes, on se retrouve à estimer que les hommes sont malléables à l’infini. C’est ce que pensait Lénine et son entourage, avec le résultat totalitaire que l’on sait. Dans un tel cas, une certaine résilience biologique est la bienvenue, n’est-ce pas ?

Lorsque l’on étudie l’émancipation progressive des femmes hors de la tutelle patriarcale on suit des indicateurs comme l’index GGG. Non, ce GGG n’a rien de maçonnique : il signifie Global Gender Gap, et est édité chaque année par le World Economic Forum. C’est un index composite, pondérant 14 critères comprenant de la participation à l’économie, le niveau d’études atteint, la santé et le poids en politique. Les 3 grands pays scandinaves dominent le score avec l’écart hommes/femmes le plus faible .

Mais tout cela contient une hypothèse implicite : « il est désirable que l’écart hommes/femmes soit le plus faible possible ».

Or, que voyons-nous en analysant plus finement les scandinaves ? Que dans ces pays, la portion de femmes diplômées en sciences dures et technologie est inférieure de plusieurs % à la moyenne des autres pays européens.

Etonnant, non ? Car on sait que les filles, dès lors que l’on ne leur pose pas d’obstacles au développement, en comparaison des hommes, font en moyenne un peu mieux que les garçons même en sciences dures. Mais maintenant on a des indices concordants indiquant que, quand il n’est pas indispensable de se faire ingénieur ou mathématicien pour obtenir un peu de considération ou un salaire décent, les femmes choisissent un peu moins ces métiers que les hommes. Cela signifie que lorsque l’égalité hommes/femmes devient effective, le taux de diplômes et postes scientifiques occupés par des femmes aura tendance à baisser plutôt qu’augmenter.

Ceci est juste un exemple destiné à montrer que nier les différences génétiques sous prétexte de marche vers l’égalité peut avoir des effets négatifs.

La franc-maçonnerie nous l’avait bien dit : rien de bon n’est à attendre de l’ignorance.

La science a beaucoup engrangé de résultats expérimentaux depuis la fin de la seconde guerre mondiale. On sait désormais, par exemple avec l’épigénétique, que le biologique n’a pas le caractère intangible que nous pensions . Et cela est en cohérence avec l’évolution darwinienne des espèces. Via l’environnement, l’expression des gènes peut être influencée. Nous savons aussi que tout est multifactoriel dans ces domaines , on n’influence donc que des probabilités, et très peu de résultats déterministes ne sont à attendre pour un individu donné .

Le premier bienfait qui naîtra d’une acceptation sans filtre idéologique des résultats de la science génétique, c’est la déculpabilisation. Nous ne sommes pas responsables des gènes que nous avons reçus. Les mères n’ont plus à se sentir coupables de ce qu’un de leurs enfants possède des traits de caractère peu agréables, comme ce fut  le cas dans les périodes du tout-psychanalyse. On pense ici particulièrement aux tentatives de traitement psychanalytique de l’autisme.

Deuxièmement, les acquis sociaux, basés sur l’égalité en droit, n’ont plus à être battus en brèche à la moindre découverte d’une différence biologique entre deux groupes. En effet, lorsqu’on nie ou minimise les différences afin de défendre une correction d’inégalité, la découverte d’une différence significative est prétexte pour les conservateurs à supprimer ou au moins réviser la mesure.

Troisièmement, une meilleure connaissance permet d’augmenter l’efficacité des mesures mises en place, souvent sur deniers publics.

Quatrièmement, l’évaluation plus correcte du poids des gènes dans nos comportements permet aussi d’évaluer plus justement ( et sans doute à la baisse ) l’importance du  « mérite » personnel des individus.  

Cinquièmement, flinguer le mythe de l’homme infiniment malléable peut aider à résister aux discours totalitaires ou populistes.

Sixièmement, une force de la connaissance des liens entre biologique et comportemental est son universalité. Par suite, justifier un particularisme comme l’excision par «  c’est dans leur culture » perd sa pertinence puisque la majorité des peuples s’en passent sans problème . Le relativisme culturel est donc mis en difficulté, ce qui est un progrès humaniste.

Au final, nous avons là des outils qui permettront la création de sociétés plus épanouies et tolérantes, et où la différence est reconnue sans être associée à des valeurs.

Pour aller plus en détail, voyez la chaîne Youtube «  Homo Fabulus », œuvre de Stéphane Debove, qui vient d’obtenir le prix du livre sur le cerveau pour son «  pourquoi notre cerveau a  inventé le bien et le mal ».

Le chevalier de Saint-George-Né esclave, musicien et escrimeur au temps des Lumières

Claude Ribbe – Tallandier, Coll. Biographies, 2022,  288 pages, 20,90 €

Aujourd’hui encore, Joseph de Bologne de Saint-George (1745-1799), né des amours d’un riche colon et d’une esclave de la Guadeloupe, est-il vraiment connu de tous ? Certes, aventurier mythique du XVIIIe siècle, violoniste et compositeur talentueux dont il se dit qu’il influença Mozart, escrimeur redouté et cavalier inimitable, il ne fit l’objet que de peu d’études. Cependant, rendons grâce à l’historien, philosophe, romancier, scénariste et réalisateur Claude Ribbe, ancien élève de l’École normale supérieure (Ulm) et agrégé de philosophie, d’avoir, dès 2004, levé le voile sur le chevalier avec son ouvrage paru initialement chez Perrin.

Cet ouvrage, sous-titré « Né esclave, musicien et escrimeur au temps des Lumières » nous retrace avec précision, l’auteur puisant aux meilleurs sources – bibliographie sélective ; manuscrits, documents imprimés – les multiples péripéties du chevalier.

En dix-sept chapitres, nous savons tout de lui.

Né à la Guadeloupe le 25 décembre 1745, Saint-George vint de bonne heure en France et s’y fit bientôt remarquer par des qualités physiques peu ordinaires et par son aptitude pour les exercices corporels. Son père, qui n’avait négligé aucune dépense pour bien l’élever, le fit entrer dans les mousquetaires. Il devint ensuite écuyer de madame de Montesson, l’épouse secrète de l’avant-dernier duc d’Orléans, puis capitaine des gardes du duc de Chartres.

Saint-George en 1768

Saint-George ne tarda pas à devenir l’ami intime de ce jeune prince, qui corrompait ses confidents plutôt qu’il n’était corrompu par eux. Aussi, lorsque la Révolution commença, Saint-George dût-il à cette dangereuse intimité le triste honneur de jouer un rôle fort actif dans les manœuvres politiques…

Avant de se livrer à ces intrigues, Saint-George s’était fait connaître au théâtre par un talent particulier pour la composition. Il avait composé la partition de plusieurs opéras-comiques. Le premier fut Ernestine, paroles de Laclos, représentée au mois de juin 1777, mais qui ne survécut pas à la première représentation. Il en fut de même de La Chasse, dont Saint-George composa aussi la partition.

Une scène de son opéra-comique La Chasse
Saint-George et d’Éon

De son vivant, Le chevalier de Saint-George connût les honneurs de la presse. En 1768, dans Le Mercure, le poète Pierre-Louis Moline vantait ses talents de compositeur : « Enfant du goût et du génie/il naquit au sacré vallon/Et fut de Terpsichore émule et nourrisson/Rival du Dieu de l’harmonie/S’il eût à la musique unit la poésie/on l’aurait pris pour Apollon. » L’expression « rival du Dieu de l’harmonie » place Saint-George en concurrence directe avec Rameau décédé quatre ans plus tôt et déifié par des générations de musiciens. Le jeune compositeur revend alors son office de Commandeur des guerres en 1772 pour se consacrer à la musique. C’est avec le Concert des Amateurs qu’il développe ses techniques d’orchestration, notamment dans le genre de la symphonie concertante.

Au mois d’août 1787, il donna encore avec Desmaillot, auteur des paroles, la Fille garçon, comédie mêlée d’ariettes, qui eut un peu plus de succès. La musique parut néanmoins dépourvue d’invention. Les concertos composés par Saint-George et surtout le menuet qui porte son nom eurent plus de succès que ses œuvres dramatiques et obtinrent pendant longtemps une très grande vogue. Quelques années auparavant (1776), lorsqu’il fut question de confier à une régie l’Académie royale de musique…

Le duc d’Orléans ne se contenta pas de l’employer dans les intrigues du Palais-Royal ; par ses ordres secrets, Saint-George se rendit au mois de juin 1791 à Tournay, sous prétexte d’y donner un concert aux amateurs, mais, en effet, pour tenter de rattacher à la cause d’Orléans quelques-uns des émigrés qui se trouvaient alors dans cette ville. Espion, donc, Saint-George leva aussi un corps de chasseurs à cheval, dont il fut le colonel.

Saint-George est partout : dans la correspondance de Grimm, dans le Traité de l’art des armes de Nicolas Texier La Boëssière (1723-1807), dans une biographie que lui consacre le romancier populaire Roger de Beauvoir (1807-1866).

Mais c’est doute, pour le Maçon, le chapitre intitulé « Scène privées » qui retiendra notre meilleure attention. Il y est fait mention, à plusieurs reprises, d’Art Royal. À commencer par ses amis Francs-Maçons et de leurs appartenance à diverses loges : Saint-Jean d’Écosse et du Contrat Social, des Neuf Sœurs,  de la loge à l’Orient de la Guadeloupe Les Cœurs Unis de Basse-Terre, de la Loge Carolina – dont le temple existe toujours – , de correspondances avec le Grand Orient de France, mais aussi du bateau négrier Le Franc-Maçon !

Nous aimons particulièrement les notes destinées au lecteur et faisant partie intégrante du document – hors-texte appelé à partir du texte principal par un appel de note – non pas en bas de page mais regroupées en fin d’ouvrage.

Claude Ribbe, originaire de Guadeloupe par son père et de la Creuse par sa mère, se penche dans son œuvre sur le passé esclavagiste français et sur certaines figures qui en sont issues. Ici et maintenant, le chevalier de Saint-George.

La 4e de couverture

Carcassonne. Une loge maçonnique sous le Premier Empire (1807-1815)

De notre confrère ladepeche.fr

La franc-maçonnerie, très effacée durant la Révolution, connut sous le Premier Empire un nouveau départ, matérialisé dans notre ville par les vestiges d’une loge.

Au début du XIXe siècle, le bastion Montmorency, dépourvu de tout rôle militaire, était la propriété du pharmacien Dominique Reboulh. Celui-ci loua une partie des pièces qu’il avait aménagées sur la terrasse du fortin à la loge Napoléon, fondée le 29 juin 1807. Après son adhésion à cet atelier, il lui concéda également une pièce de terre, pour l’entretien de laquelle des jardiniers de la préfecture furent initiés en qualité de « frères servants » ; de ce jardin fut tiré un feu d’artifice le 13 juin 1812.

D’importants aménagements

Pour ses séances ordinaires, la loge disposait donc d’une salle, que les frères aménagèrent avec beaucoup de soins et à grands frais. C’est ainsi que fut acquis un accessoire symbolique très utilisé dans les cérémonies, « l’étoile flamboyante », mais on fit également l’acquisition de 24 chaises, de bancs « à pliant », et que des gradins furent disposés suivant le rituel maçonnique. Par ailleurs, on commanda à Paris, chez le célèbre tapissier Réveillon, un papier peint « bleu céleste parsemé d’étoiles argent fin avec draperies et bordures », puis un deuxième papier, imitant la pierre de taille, pour le vestibule. Ces divers achats grevèrent le budget de la loge, dont les finances ne furent jamais saines.

Plus mystérieuse aujourd’hui, la « salle du milieu », une salle souterraine de 6,60 mètres sur 8 mètres, est couverte d’une voûte en berceau, peinte comme les parois en noir avec parfois des larmes blanches, et ne reçoit pas la lumière du jour. Diverses illustrations macabres y sont toujours visibles, parfois séparées par un compas posé sur une équerre : un hibou sur une souche évoque la tristesse et la mort, un squelette dont le bras gauche s’appuie sur une faux est accompagné d’une tête de mort, une frise comporte neuf crânes séparés par des tibias entrecroisés, enfin une tête de mort est également surlignée de deux tibias. Plusieurs inscriptions en partie effacées qui complètent ces peintures tournent manifestement autour du thème de la mort, de la nécessité de mourir, puis de ressusciter pour avoir accès à la révélation.

La légende d’Hiram

En complément de ce qui précède, une scène toujours en blanc sur fond noir évoque la découverte du corps d’Hiram, l’architecte du temple de Salomon, tué par ses compagnons, le récit des péripéties de ce meurtre servant de support aux rites initiatiques des francs-maçons. La hiérarchie maçonnique comportait en effet trois grades, apprenti, compagnon, maître, et c’est au cours de la séance d’initiation au grade de maître que se trouvait évoquée la légende d’Hiram, dans la « salle du milieu » tendue de noir et plongée dans une obscurité quasi-totale.

Dès lors, pour Pierre Costeplane, c’est le rôle de « salle du milieu » qu’a joué cette cave au début du XIXe siècle, ce qui explique les inscriptions, la décoration macabre ainsi que les divers symboles dont elle fut dotée.Costeplane (P.), La loge maçonnique du bastion Montmorency, Bull. Sesa, 1975.Nous remercions pour sa compréhension le personnel de l’Ephad Korian.

Géographie sacrée-Le hasard, l’homme, le divin ?

Henri Pornon – EME Éditions, Coll. « Explorations maçonniques », 2022, 310 pages, 31 €

Dans le vocabulaire connu de l’initié, il est souvent employé le terme de géométrie, de géométrie sacrée. Trop rarement encore celui de géographie, qui plus est sacrée.

Si mathématiques et nombres – formes anciennes de communication possédant une signification universelle – concourent à appréhender une omniprésente géométrie sacrée (alignements, constellations, environnement, architecture, etc.), comment connaître et comprendre cette géographie sacrée qui participe aussi à la recherche de sens que mène le curieux de nature.

C’est justement ce que nous propose Henri Pornon, spécialiste des outils et techniques de géolocalisation et de traitement informatisé de données géographiques, avec ce merveilleux voyage dans des lieux à la fois plus que symboliques et chargés d’énergies, sous un angle mythique, mystique, spirituel, religieux ou parfois ésotérique.

À travers trois chapitres, eux-mêmes sous-chapitrés en trois ou quatre parties parfaitement équilibrées, l’auteur, par ailleurs passionné par la façon dont les hommes des différentes civilisations et spiritualités associent le monde terrestre (les civilisations humaines) et le monde céleste (le divin), nous plonge dans cet univers qui sera pour certains lecteurs, une belle découverte. Avec force et vigueur, s’appuyant sur d’illustres prédécesseurs ayant commis quelques livres sur le sujet, notamment ceux de la psycho-ethnologie et cogniticienne Chris H. Hardy Réseaux énergétiques et conscience collective-Mégalithes, cathédrales, lignes telluriques (Dervy, Coll. les lieux de la tradition, 2015) et de Jean Richer Géographie sacrée du monde grec (Guy Trédaniel, 1994) et Géographie sacrée du monde romain (Guy Trédaniel, 1995), ouvrage étudiant les grands mythes de la fondation envisagés dans leur relation avec la géographie sacrée, Henri Pornon synthétise tous les savoirs de ce que la géographie terrestre véhicule en tant que reflet d’une géographie mythique céleste…

Henri Pornon

Avec une première partie consacrée à la façon d’aborder cette géographie en tentant de séparer « le bon grain de l’ivraie » – en réalité le sacré et le profane –, il nous définit ce qu’est vraiment la géographie sacrée – transcendance, surnaturel, aspect divin, etc.

Gardons à l’esprit aussi que l’humain, depuis des temps immémoriaux, a mis en parallèle ses croyances, parfois simples vénérations, et ces lieux – temples, églises et monastères – reliés entre eux et souvent dotés d’une « énergie particulière » apportant parfois guérison et éveil spirituel…

Chiang Mai

Après avoir abordé la géographie sacrée en théorie, Henri Pornon la traite de façon pratique. Il nous parle des alignements, des constellations, mais aussi d’autres figures géométriques. Comme celles de la ville de Chiang Mai en Thaïlande, dont le nom signifie « Ville nouvelle » et datant de 1296. Le roi Mengrai (1238-1317) est le fondateur du Lanna, un royaume thaï ayant pour capitale justement Chiang Mai, importante ville du Nord de la Thaïlande. Il trace à la fois un bilan de ses investigations mais aussi de celle d’autres auteurs et des figures qu’ils ont pu éventuellement identifier.

Nous réalisons un véritable tour du monde avec Angkor,  Bénarès, le lac Titicaca, Le Caire, Palma de Majorque, Pise, Rome, Saint-Pétersbourg, Turin, mais aussi un tour de France avec Aix-en-Provence, la Bourgogne, la Bretagne, la colline de Fourvière à Lyon, Issoire, La Bourboule, la Chaise-Dieu, Notre-Dame de Salette, Quiberon, Quimper. Versailles, Vézelay…

Blason de Montségur : « De gueules à la croix cathare d’or »

D’autre part, tableau, par exemple celui « Des dates de construction des églises de la Grande Ourse bourguignonne » ou encore celui des « temples alignés sur deux parallèles » et figures – Bouclier de David ; Losange mystique, Tetraktys ; Montségur et la constellation du Bouvier – viennent apporter un judicieux et précieux complément au texte.

Château de Montségur

Nous aimons aussi tout particulièrement la façon très pédagogique dont l’auteur nous instruit. J’en veux pour preuve sa partie, page 44, la partie intitulée  « Résumé de ce chapitre à l’attention de ceux que les questions épistémologiques et méthodologiques ne passionnent pas ». Un livre éclairant sur un sujet peu maîtrise que l’auteur nous transmet avec son regard de consultant-expert géomaticien.

Les éditions EME (Éditions Modulaires Européennes) ont été créées en 2000 et ont intégré le groupe L’Harmattan en 2015 – au premier rang de l’édition française en nombre de titres ; une maison familiale et indépendante fondée en 1975 autour de valeurs universelles : les droits de l’Homme, les droits des peuples à disposer d’eux-mêmes et avec la vocation constante d’être au service de la recherche pour une transformation sociale.

EME est une maison d’édition spécialisée dans les matières universitaires et la communication de textes relatifs aux sciences de l’homme, elle a construit son catalogue autour de collections sociologiques, didactiques, philosophiques, franc-maçonniques…

Géographie sacrée-Le hasard, l’homme, le divin ? est le seizième ouvrage de la collection  « Explorations maçonniques » a déjà publié des autels bien connus de 450.fm, tels que le bruxellois chirurgien-dentiste, poète et artiste des collages Boris Nicaise, 33e, membre de la Grande Loge de Belgique,  Obédience maçonnique libérale fondée en 1959, après avoir été initié au Grand Orient de Belgique, ou encore François Cavaignac, docteur en histoire (Sorbonne), initié en 1979 et contributeur à La Chaîne d’Union, revue du Grand Orient de France et plus ancienne revue maçonnique française créée en 1864 à Londres par des Francs-Maçons français exilés, fuyant le régime autoritaire de Napoléon III ainsi qu’à Chroniques d’Histoire Maçonnique, dont il est membre du comité de rédaction.
 

Exemple de géographie sacrée – illustration non issue de l’ouvrage d’Henri Pornon

Les Conférences de Midi à Minuit… Focus sur Étienne Morin

Pour une première, cela en fut une ! Franc succès pour cette conférence inaugurale de cette jeune association cadurcienne qui a su réunir le ban et l’arrière-ban de ce que Cahors, et les environs comptaient de franc-maçonnes et de francs-maçons.

Léon Gambetta par Étienne Carjat

Reconnaissons qu’en ces terres radicales, les Maçons ont su, en son temps, prendre toute leur part pour faire émerger puis établir durablement la Troisième République (1870-1940). Avec le premier d’entre eux, Léon Gambetta (1838-1882) – initié en mai 1869 au sein de la Loge « La Réforme » (GODF), à l’Orient de Marseille.

Gaston Monnerville en 1947

Autre lotois – d’adoption cette fois-ci – connu, l’homme d’État Gaston Monnerville (1897-1991), député de la Guyane de 1932 à 1940, sous-secrétaire d’État aux Colonies de 1937 à 1938, président du Conseil de la République de 1947 à 1958 et du Sénat de 1958 à 1968, a été aussi Conseiller général du Lot de 1948 à 1974. Il est initié dans la Loge « La Vérité » n° 280 de la Grande Loge de France.

Portrait présumé de Clément Marot, par Corneille de Lyon

En effet, lundi 31 octobre dernier, ce magnifique écrin qu’est le Centre de congrès Espace Clément-Marot – le poète est né vers 1496 à Cahors – avait accueilli plus de cent Sœurs et Frères. De toutes Obédiences ! Reconnaissons aussi qu’ils n’étaient pas venus spécialement pour l’agape sous forme de cocktail dînatoire à base de produits locaux d’agriculteurs et de vignerons tous originaires du Quercy.

Sœurs et frères étaient venus entendre Pierre Mollier, directeur de la bibliothèque du Grand Orient de France, conservateur du musée de la franc-maçonnerie et rédacteur en chef de la revue d’études maçonniques et symboliques Renaissance Traditionnelle – prix IMF 2019, catégorie« Revues ». Il codirige les Chroniques d’Histoire Maçonnique et est Editor-in-chief de la revue en ligne Ritual, Secrecy, and Civil Society. Par ailleurs, il contribue à Franc-Maçonnerie magazine. En 2016, il a aussi été commissaire de la grande exposition « La franc-maçonnerie » à la Bibliothèque Nationale de France – qui conserve l’un des plus importants fonds maçonniques au monde.

Centre de congrès Espace Clément-Marot

C’est dire si Pierre Mollier était l’homme idoine pour nous entretenir de « L’itinéraire exceptionnel de l’illustre Franc-Maçon lotois, Étienne MORIN ».

Après une présentation du conférencier que nous devons à notre Frère Yann Bourhis, président de l’association organisatrice, non sans avoir, au préalable,  exposé la vocation des Conférences qui a  pour seul objet de rassembler des Sœurs et des Frères de toutes Obédiences dont le but est d’approfondir leurs connaissances de l’histoire de l’Art Royal en France et dans le monde, de grands personnages ou encore sur le symbolisme, Pierre Mollier, s’appuyant sur un diaporama fort documenté, déroula la vie tant profane que maçonnique de celui qui reste surtout connu pour le rôle central qu’il joua en Franc-Maçonnerie en général et dans la genèse du Rite Écossais Ancien et Accepté (REAA), en particulier.

Pierre Mollier et Yann Bourhis

Et Pierre Mollier de mener l’enquête, tel Sherlock Holmes, le célèbre détective fruit de l’imagination de l’écrivain écossais Sir Arthur Ignatius Conan Doyle qui reçut la lumière en 1893 à la « Phoenix Lodge » N° 257, à l’Orient de Portsmouth. L’ensemble de ses investigations relatives au sieur Morin le conduit à conclure que :

  • à la suite d’un croisement de deux documents, Étienne Morin est bien né à Cahors (première énigme levée) ;
  • il ne fut pas négociant – généralement urbain, prospère, attaché à leur honorabilité sociale et à leur prestige, pratiquant le commerce de marchandises en grande quantité et dans le monde entier, opposé au simple marchand – boutiquiers des villes ou détaillants des villages –, mais bel et bien musicien – sa fiche d’inventaire à son décès fait état d’un violon dans sa succession, et fils de musicien (seconde énigme levée).
L’assistance

Dans un premier temps, Pierre Mollier définit ce qu’est un haut grade. Puisque c’est de cela, surtout, dont s’est occupé Étienne Morin. dont la patente, aux origines du REAA, dont il était porteur lorsqu’il navigua vers Saint-Domingue, l’actuelle Haïti.

Ms San Domingo 1764, dit aussi Ms Baylot, BnF

Après le système d’Apprenti, Compagnon et Maître qui vient du système opératif, les francs-Maçons français et continentaux, dans les années 1730-1740, mettent en forme maçonnique un certain nombre de thèmes ésotériques et ont fait des grades au nom poétique de Maître Parfait, Rose-Croix, Chevalier d’Orient. En fait, des grades qui sont la prolongation du parcours maçonnique des 3 premiers degrés symboliques. Il souligne l’importance en France de ce système, reconnaissant que les hauts grades REAA (30 degrés dont le sommet est le 33e), dont la Patente Morin est à l’origine, est le plus pratiqué dans le monde. Le conférencier rappelle l’authenticité de la transmission – « on ne se crée pas Maçon soi-même » –, et projette une illustration de la célèbre Patente, délivrée en 1761, en France, par une autorité maçonnique. Et de raconter toutes les mises en doute de ladite patente.

Carte de l’Isle de Saint-Domingue

De la vie de Morin, nous retenons ses nombreux arraisonnements et sa captivité, plutôt douce tant en Angleterre qu’en Écosse.

L’assistance, attentive, a mieux compris le contexte maçonnique de l’époque mais aussi et surtout comment d’un Rite de Perfection en 25 degrés qui a essaimé dans la deuxième moitié du XVIIIe siècle nous sommes arrivés à ce Rite que nous connaissons tous désormais. Le conférencier d’un soir ayant puisé aux meilleures sources et archives les plus diverses.

Brevet de Chevalier d’Orient délivré par Étienne Morin à Alexis Delmas, 1767, détails (Musée de la Franc-maçonnerie – coll. GODF)

Comme à l’accoutumée, la parole circula. Abondamment.

Préfacé par Roger Dachez, La chevalerie maçonnique – Franc maçonnerie imaginaire chevaleresque et légende templière au siècle (Dervy, 2022), dernier opus de Pierre Mollier donna l’occasion, durant la dédicace, de poursuivre les fructueux échanges. Pour le plus grand plaisir et profit de tous.

« Conseil des Chevaliers de L’orient »

La soirée, qui a enchanté le public d’initiés, se clôtura par un très convivial cocktail dînatoire. Toujours frugal et fraternel !

Étienne Morin n’est plus né quelque part, mais Cahors. Et reste un illustre Franc-Maçon à l’itinéraire exceptionnel.

Rendez-vous est pris pour 2023…

Les Conférences de Midi à Minuit
Les Conférences de Midi à Minuit

Complotistes filmés en repérage de nuit au Temple de la GLNF

Une vidéo montre clairement une bande de complotiste s’introduisant sur le parking de la GLNF durant une Tenue, à Saint-Pierre-du-Mont en banlieue de Mont-de-Marsan dans les Landes (40) il y a quelques jours.

Cette vidéo est devenue virale, puisqu’elle bénéficie à l’heure où la rédaction prépare cet article de plus de 391 0000 vues, 8100 j’aime et 1100 commentaires, sans parler des 350 partages de sympathisants antimaçons dont certains propos sont puériles et d’autres peuvent faire froid dans le dos. Certains commentaires incitent même à relever les numéros de plaques d’immatriculation… (voir quelques commentaires en bas de page)

@leveilleurfrance Bizarre non ? #pourtoi #francmaçonnerie #complot #horreurhistoire #horreurtiktok ♬ Requiem for a Dream – Scott Benson Band

Autres commentaires

Sur le fil TikTok :

Madara

« Lieux, date et on rentre a plusieurs »

Kroustimao

« il faut s’occuper d’eux et des autres sectes. »

planpixot

« Vous êtes dans un nid scellé les portes ils pourront pas s échapper »

Madara

« Lieux, date et on rentre a plusieurs »

Tristan.Fishing

« si on arrive à 40 pelos avec des 12, on peux savoir la vérité 😉 »

Lilou Lcjrs

« j’ouvre la porte et balance de l’eau bénite en chantant de le chapelet. »

NicoRom’s

« Venez pendant la feria on fais un énorme groupe et on va tout defoncer 🤪 »

Southfishing_Aquitaine

« Viens on fait une op, non? Je suis pas loin du tout de mdm »

Rom’s

« Vasi on se chauffe tous »

P_SilvArt

« Je vis à Côté à vraiment 20 min si tu peux m’envoyer la rue en mp j’vais aller y faire un tour »

TikTok, application mobile de partage de vidéo et de réseautage sociale
Temple GLNF

12/11/2022 : Le Compagnonnage par François Icher à Dambach-la-Ville (Bas-Rhin)

Les Compagnons de la Cayenne de Dambach-la-Ville organisent le samedi 12 novembre à 10H00 une conférence sur les Compagnons du tour de France en présence de François Icher, docteur en Histoire et spécialiste du Compagnonnage.

Depuis plusieurs siècles, le Compagnonnage représente l’homme : ouvrier, bâtisseur, créateur, Le compagnonnage reste indissociable d’une certaine idée de la formation et de la transmission des savoirs.

Professeur agrégé d’histoire-géographie en retraite, docteur en histoire, François Icher, connu pour ses travaux sur les compagnonnages et le monde des cathédrales, porte, lui aussi, haut et fort les valeurs et les principes du Compagnonnage.

François Icher

Afin de mieux comprendre les us et coutumes de la coterie que sont le voyage, la vie en communauté, l’apprentissage, la transmission, l’initiation, les lieux de mémoire…

Infos pratiques :

Samedi 12 novembre à 10H00 

Foyer Culturel Georges Meyer – 27, rue de la Paix 67650 Dambach-la-Ville

Foyer Culturel Georges Meyer

La fable du centaure-Un voyage initiatique

Gabrielle Halpern – Didier Petetin – HumenSciences, Coll. comicScience, 2022, 120 pages, 13 €

Dès que le mot initiatique est lâché, le Maçon, initié par excellence, ne peut que se montrer intéressé… Et qui plus est quand il s’agit d’un voyage initiatique ! Car, dans sa quête et pour son accomplissement, le cherchant voyage lui aussi, mais à travers ceux des trois degrés, en loge symbolique…

Cette bande dessinée, en noir et blanc – nous rappelant le pavé mosaïque formant damier et sa conception binaire opposant le blanc illustrant lumière et spiritualité, au noir, représentant ténèbres et matérialité – est un conte d’aujourd’hui, nous offrant un véritable espace de liberté.

Gabrielle Halpern*, l’auteur, et Didier Petetin**, le dessinateur, nous plongent, dès la première page, dans la problématique de la différence et de l’Autre. Une vraie question !

Au cœur même de l’indifférence de la différence, voire du rejet du rejeton. Drame de notre temps où l’individualisme – qui n’est plus une tendance qui privilégie la valeur et les droits de l’individu par rapport à ceux de la société mais un constat réel – et ou aussi cet attachement excessif à soi-même – qui fait que l’on recherche exclusivement son plaisir et son intérêt personnels – que nous appelons l’égoïsme priment tout, toujours et tout le temps.

Gabrielle Halpern

Une belle aventure et une instructive leçon de morale – d’ailleurs l’une des définitions de la Franc-Maçonnerie, ordre initiatique mais aussi association essentiellement philosophique et philanthropique, n’est-elle pas une leçon de morale enseignée sous le voile de l’allégorie au moyen de symboles ?

Que faire de ce bébé centaure, plutôt une centauresse, dont ceux qui se penchent sur son berceau, dont sa grand-mère, murmurent « Mais qu’est-ce qu’on va faire de lui ? C’est un OGM ! C’est la transgression de la nature ! L’hybridation, c’est l’extinction de l’espèce Notre race va mourir à cause de ce mélange, c’est un terrible malheur ». L’auteur ne nous confie-t-elle pas que « l’hybride, c’est ce qui est mélangé, contradictoire,

« Centauresse et Faune », œuvre d’Augustin Courtet, Parc de la Tête d’Or, Lyon

hétéroclite ; c’est tout ce qui n’entre pas dans nos cases ».

Bien sûr que cela peut faire peur aux ‘’braves gens’’…

L’image d’après, et son commentaire, se veulent cependant rassurants « Ne vous inquiétez pas ! L’hybridation des races et des espèces, c’est ça qui a permis leur adaptation dans l’évolution. On pourrait même dire que l’hybridation est l’un des moteurs de l’évolution ! On associe les qualités d’une espèce à celles de l’autre et ça donne un individu beaucoup plus fort. »

Point d’eugénisme ici, mais juste une description concise des avantages de l’hybridation, ce croisement naturel ou artificiel de deux individus – plantes ou animaux – d’espèces, de races ou de variétés différentes.

Un centaure

Accepter l’Autre tel qu’il est et non tel que l’on voudrait qu’il soit. Cette BD nous délivre à la fois une belle leçon d’humilité mais aussi d’humanité. Si dans la mythologie grecque, un centaure est une créature mi-homme, mi-cheval, donc un homme-cheval), dont le plus célèbre reste Chiron, immortel et chargé de former les jeunes héros, celui de cette BD nous forme à une sorte de citoyenneté du XXIe siècle. Avec son creuset républicain, page 76, sa nature, ses arbres, ses animaux (hérisson, souris, oiseaux divers et variés, girafe, etc.), la construction d’un école – centauresque ! – car l’école a certes pour vocation d’instruire mais aussi, et de plus en plus, d’« éduquer à la santé et à la citoyenneté », nous ne pouvons qu’adhérer au fait que l’hybridation pourrait être une chance.


Chiron instruisant le jeune Achille, fresque de l’Herculanum

Et l’éditeur de conclure sa quatrième de couverture avec « Une BD initiatique pour aller vers l’Autre et comprendre le monde tel qu’il se transforme ».

C’est, tout simplement, juste et parfait !

Gabrielle Halpern

*Gabrielle Halpern est docteur en philosophie et diplômée de l’École Normale Supérieure et a travaillé au sein de différents cabinets ministériels (ministère de l’Économie et des Finances, ministère de la Recherche et de l’Enseignement Supérieur, ministère de la Justice) en qualité de conseillère « Prospective et Discours », avant de participer au développement de startups et de conseiller des entreprises et des institutions publiques. Elle est par ailleurs experte-associée à la Fondation Jean Jaurès et dirige la série « Hybridations » qu’elle a créée au sein des Éditions de l’Aube. Ses travaux de recherche portent en particulier sur la notion de l’hybridation, qui a constitué le sujet de sa thèse de doctorat, soutenue à l’Ecole Normale Supérieure en 2019. Elle est l’auteur de l’essai grand public Tous centaures ! Éloge de l’hybridation (Le Pommier, 2020) et de l’essai coécrit avec Guillaume Gomez Philosopher et cuisiner: un mélange exquis – Le Chef et la Philosophe (Éditions de l’Aube, 2022). Elle intervient très régulièrement dans la presse, au travers de chroniques, de tribunes et d’interviews. Gabrielle Halpern explore aujourd’hui, dans le cadre de ses travaux de recherche, la notion de l’hybridation dans de nombreux secteurs, métiers et domaines d’activité et accompagne des entreprises et des institutions publiques. Pour aller plus loin https://www.gabriellehalpern.com/

Didier Petetin

**Didier Petetin, alias 20CH187, est ingénieur diplômé de l’École nationale supérieure des arts et métiers. Il exerce les fonctions de directeur général délégué au sein du groupe Vicat, entreprise familiale française créée il y a 165 ans par Joseph Vicat, fils de Louis Vicat, inventeur du ciment artificiel en 1817. Derrière sa fonction de directeur opérationnel de ses activités en France se cache une passion de toujours : le dessin.

Une passion qu’il vit à 100 % et déclare du reste : « « D’aussi loin que je me souvienne, j’ai toujours dessiné. Ma grand-mère, mon père, ma sœur et mon frère dessinaient. J’ai toujours été baigné dans cette ambiance. Pendant mes études aux Arts et Métiers, je me suis rendu compte de l’influence de cet art. Le dessin humoristique est un bel outil de communication, très expressif, parfois sensible. Dans les années 1990, j’ai même vendu des dessins. J’ai gagné un concours où Jacques Faizant m’a fait une superbe dédicace. J’étais aux anges. Je suis imprégné des univers de Gotlib, de Franquin ou de Serre. » 

La centauresse de la fable