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19/03/23 : Fête de la saint Joseph patron de l’Église universelle et des charpentiers

Saint Joseph, époux de la Vierge Marie…

Le rêve de saint Joseph de Raphaël Mengs, musée d’Histoire de l’art de Vienne, en Autriche.

« C’était un juste » selon l’évangile de saint Matthieu, chapitre 1, verset 19.

Les évangélistes ne nous ont conservé aucune parole de ce « juste », le charpentier de Nazareth en Galilée, fiancé de Marie, la Mère de Dieu, époux aussi discret que fidèle et chaste. Père nourricier et éducateur de Dieu le Fils, devenu homme parmi les hommes de ce village, il le fait tout simplement.

La Sainte Famille, par Gregorio Fernández (1636), San Lorenzo, Valladolid

L’ange lui avait dit : « Ne crains pas de prendre chez toi, Marie, ton épouse. » Et Joseph prit chez lui Marie son épouse. L’ange lui avait dit : « Lève-toi, prends l’enfant et sa mère » et Joseph se leva, prit l’enfant et sa mère et s’enfuit en Égypte.

Il est un vrai fils d’Abraham: il croit et fait ce que Dieu lui dit. Lorsque Jésus disparaît pendant trois jours lors du pèlerinage à Jérusalem, Joseph accompagne la quête de Marie: « Ton père et moi nous te cherchions. » Et Jésus, redescend à Nazareth, soumis à celui qui, sur terre, a autorité paternelle sur lui. Dieu savait à qui il confiait son Fils unique et sa Mère, à celui qui était l’homme le plus capable au monde d’être la parfaite image du Père .

Vitrail, détail, Notre-Dame de Paris

Revenons sur l’historique de ce saint pas comme les autres…

Les fondements

Les pères de l’Eglise du IVe siècle parlent des vertus de Saint Joseph à l’occasion du mystère de l’Incarnation et de la Virginité de Marie. Dans l’Église latine, saint Joseph est mentionné dans les plus anciens martyrologues : dans le calendrier d’Eusèbe de Césarée et dans le Martyrologue de saint Maximin de Trèves ; au IVe et Ve siècles, saint Jérôme, saint Augustin et saint Pierre Chrysologue posent quelques bases théologiques que viendront augmenter Bède le Vénérable au VIIIe siècle et saint Pierre Damien au XIe siècle. Le catalogue des images de saint Joseph dans l’art chrétien des cinq premiers siècles, établi par le comte Rossi au XIXe, prouve que la piété des fidèles vénérait dès l’origine saint Joseph.

C’est saint Bernard – dont on dit communément qu’il rédigea la Règle des Templiers –, au XIIe s. qui ouvrira la voie aux grands théologiens de l’Université de Paris. Il parle de Saint Joseph et développe la théologie mariale. Sur les prémices qu’il a posées, saint Thomas d’Aquin pourra dire :

« En quelque genre que ce soit, plus une chose approche de son principe, plus elle participe à l’effet de son principe. Mais le Christ est le principe de la grâce ; en tant qu’homme, Il en est l’instrument et la source…Or, c’est la Bienheureuse Vierge qui approcha de plus près le Christ selon l’humanité puisque le Christ reçu d’elle la nature humaine… »

Les théologiens devaient tirer la conclusion que nul après la Vierge n’a plus approché le Christ, source de la grâce, que Joseph, donc que nul n’a plus participé que Joseph à la grâce du Christ. On en déduit que saint Joseph est un saint incomparable. Ce raisonnement a été repris par le père Garrigou-Lagrange (1877-1964) théologien dominicain et penseur du néothomisme.

Photo YG

Parti de l’université de Paris, le mouvement en faveur du culte de saint Joseph ne va plus se ralentir. Saint Albert le Grand, les Franciscains, les Dominicains le répandent par leur prédication en tous lieux et tous pays.

Le Bienheureux Jean Dun Scot, à propos du mariage de la Sainte Vierge et de Saint Joseph montre très justement que tout ce qui concerne le chaste époux de la Vierge Marie dans le décret de prédestination (il s’agit de la théologie de l’Immaculée Conception) a été fait en vue de Marie.

Photo YG

Saint Bonaventure et saint Bernardin de Sienne reviennent souvent sur le sujet de Saint Joseph. Le sermon de Bernardin de Sienne marque une étape dans la maturité de la dévotion à saint Joseph.

L’extension du culte de saint Joseph

Les Syriens et les autres Orientaux font la fête de saint Joseph le 20 juillet, mais on la fait le 19 mars dans les églises d’Occident.

La fête de Saint Joseph se place au 19 mars, et elle était très suivie par les artisans, puis par les ouvriers. Joseph était charpentier.

Saint Joseph voit son culte prendre de l’ampleur dès le XVIe siècle.

  • En 1621, le pape Grégoire XV éleva la fête du de Saint Joseph le 19 mars au rang de fête d’obligation.
  • En 1642, le pape Urbain VIII confirma à son tour le rang de cette fête.
  • En 1661, après l’apparition et le miracle de la source de Cotignac, Mgr Joseph Ondedei, évêque de Fréjus, reconnaît officiellement les apparitions de saint Joseph et en approuve le culte.
  • Cette même année 1661, le roi Louis XIV consacre la France à saint Joseph, chef de la Sainte Famille à la suite des apparitions de Cotignac.
  • Le 8 décembre 1870 le pape Pie IX déclara officiellement Saint Joseph Patron de l’Eglise universelle, et fit du 19 mars une fête solennelle.
  • En 1889, le pape Léon XIII – celui-là même qui, en avril 1884, publia l’encyclique Humanum Genus condamna à nouveau la franc-maçonnerie –, démontra comment Saint Joseph est le modèle des pères de famille et des travailleurs, et lui décerna officiellement le titre de « saint patron des pères de famille et des travailleurs », titre que la piété populaire lui avait déjà décerné depuis des siècles.
  • En 1955 le pape Pie XII reprit bien volontiers le principe de la fête du travail en instituant la solennité de Saint Joseph artisan et en la fixant au 1er mai de chaque année.
  • Saint Joseph est ainsi l’un des saints que l’on fête deux fois dans l’année (19 mars et 1er mai).
  • Le pape Jean XXIII a ajouté son nom au canon de la Messe.
Maquette du charpentier Berry
Le chef-d’œuvre destiné à évaluer la progression du jeune charpentier Berry, constitue une croupe de pavillon avec une tour ronde en pénétration. Il associe plusieurs difficultés de tracé et d’assemblage. Il a été exécuté en 1994. Photo : R. Nourry

Saint Joseph, protecteur des charpentiers

Saint Joseph est le père du Christ. Il est mentionné dans les évangiles de Mathieu et Luc.  Joseph était charpentier à Nazareth, métier estimé à l’époque pour les compétences et l’utilité de ces artisans. Selon les écritures, il était un homme discret et semble-t-il peu bavard.

Mais pourquoi s’intéresse-t-on à lui un 19 mars ?

Joseph est le patron des charpentiers et plus généralement des ouvriers. C’est pourtant la corporation des charpentiers qui s’est attribuée plus particulièrement la protection du saint homme. Les compagnons de plusieurs associations et affiliations ont pour rituel de fêter annuellement la saint Joseph.

La Société des Compagnons Charpentiers des Devoirs du Tour de France.

Fêtée au mois de mars, elle représente une bonne occasion pour les compagnons charpentiers de se retrouver et de partager un bon repas, fêté (du moins chez les compagnons du Devoir) en présence des autres corps de métiers et corporations. Le banquet est bien sûr accompagné des traditionnels chants compagnonniques et le port d’habits corrects et de la couleur est de rigueur.

De manière plus interne au métier de charpentier, c’est à ce moment que les jeunes aspirants ayant effectué leur travail de réception sont reçus compagnons parmi leurs pairs, lors de la cérémonie réception (rituel interne au métier et à huis clos).

Le grand chef-d’œuvre des Indiens de Tours (1869). Le grand chef-d’œuvre des compagnons charpentiers du Devoir de Liberté de la ville de Tours a été construit en 1869 sous la conduite du compagnon Larrouil dit Bordelais Beau Retour. Les charpentiers D.D.D.L. dits aussi « Indiens » venaient de fonder un siège à Tours en 1866 et voulaient surpasser leurs rivaux, les compagnons passants, en édifiant ce chef-d’œuvre dont les « pierres » en bois de la partie inférieure attestent une parfaite connaissance de la stéréotomie (coupe des matériaux). Photo : Musée du Compagnonnage.

Un rituel chargé d’histoire

Dans le passé, la St Jo était l’occasion de sortir les chefs d’œuvres réalisés lors de concours entre les différents groupes de compagnons (notamment pour se départager une ville ou démontrer leurs savoirs). Les compagnons défilaient alors, la canne haute, en portant leurs chefs d’œuvre et en les exposant à la population. En son temps, il y avait parfois, notamment à Paris en 1866, un bal des compagnons charpentiers. De nos jours, ces rassemblements publics sont plus rares mais nous pouvons en voir dans certaines associations de compagnons. La Fédération compagnonnique des métiers du bâtiment par exemple, présente les travaux des aspirants et jeunes compagnons lors de la saint Joseph.

Des fêtes compagnonniques

D’autres fêtes compagnonniques existent, nous pouvons fêter la sainte Anne pour les compagnons menuisiers, la saint Éloi pour les serruriers ou encore la saint Honoré pour les boulangers. De grands moments d’échange et de partage…

Saint Joseph et l’Enfant (1870), Paris, église Saint-Paul Saint-Louis, détail.

450.fm fête à toutes les coteries, une bonne fête de la saint Joseph !

Sources : Saint Joseph, Saint Joseph du Web, Les belles vertus

Saint Joseph, Notre-Dame de Paris – Photo YG, le 19 mars 2017. Il s’agit de saint Joseph portant, sur ses épaules, le Sauveur du monde. L’enfant Jésus tenant dans ses mains le lys, symbole de sa royauté et de celle de son père adoptif.
Fête annuelle des « Compagnons charpentiers du devoir de liberté » – coupure de presse, origine et date inconnues.

Franc-maçon et philosophe du droit Karl Krause : « Du soin divin de la loi »

De notre confrère allemand lto.de – Par Martin Rath

En Allemagne, le savant complètement raté Karl Christian Friedrich Krause est à peine connu, même des experts. Curieusement, il fut l’un des penseurs les plus influents en matière de philosophie juridique, notamment en Espagne et en Amérique latine.

Le jugement de quelque tard-né sur ce philosophe (juridique) est parfois très méchant même pour la vie intellectuelle académique mordante.

En Allemagne, le nom de Karl Christian Friedrich Krause (1781-1832) est au mieux connu des spécialistes. Son œuvre est peu lue dans ce pays, et encore moins étudiée. Après sa mort, cependant, il fit une carrière si remarquable au Portugal, en Espagne et en Amérique latine qu’on y parla d’un véritable « krauismo ».

Verdict mordant sur la popularité dans le monde majoritairement hispanophone : Krause ne s’y est fait connaître que parce que l’un de ses plus importants disciples, l’avocat et sociologue Julián Sanz del Rio (1814-1869), souffrait de « paresse mentale ». assez pour les articles d’exportation allemands les plus astucieux – Kant, Hegel ou Marx.

Presque un enfant prodige (du moins selon les normes d’aujourd’hui)

L’accusation peut difficilement s’appliquer à Krause lui-même. Pas encore confronté à l’efficacité douteuse du système scolaire d’aujourd’hui, il n’était pas un enfant prodige selon les normes de son temps, mais était mûr pour la plus haute ordination dès son plus jeune âge : né en 1781 comme fils d’un pasteur de Thuringe, il est venu étudier la philosophie et les mathématiques en 1797 à l’Université d’Iéna.

À l’âge de 20 ans, il avait déjà obtenu son doctorat en philosophie, et l’année suivante, il a reçu la première d’un total de trois habilitations dans sa vie pas très longue. Entre 1802 et 1804, le jeune homme donne des conférences en tant que conférencier privé à Iéna, entre autres sur le droit naturel, les mathématiques et la logique.

En 1805, Krause fut admis à la loge maçonnique « Archimedes zu den Drei Rißzettel » à Altenburg, Thuringe – non pas, comme le note le « Lexique maçonnique international » de Lennhoff et Posner (1932), selon le « vieux serment de maçonnerie », mais avec le vœu idiosyncratique du serment maçonnique, « il veut être une personne morale et bonne, un maçon consciencieux et fidèle, suivre les lois générales de la maçonnerie … et être secret sur la maçonnerie, dans la mesure où cela est conforme à sa conscience et ses autres obligations morales, notamment ses obligations envers l’État en harmonie ».

En plus de l’université, qui était clairement organisée à l’époque comme une coopérative intellectuelle – aujourd’hui beaucoup se considèrent davantage comme des prestataires de services et des clients de la soi-disant institution – la loge maçonnique de Dresde a offert à Krause un autre forum pour diffuser ses enseignements. En outre, une partie considérable de la chaire était socialement liée à la franc-maçonnerie, qui est restée une partie importante de la structure sociale intellectuelle de l’Allemagne jusqu’en 1933.

Bannière du Saint-Empire romain germanique, aigle bicéphale aux auréoles (1400-1806).

La carrière universitaire a besoin de plus de souplesse

Cependant, son style franc et enthousiaste – un exemple suivra plus tard – entraîne rapidement une rupture sociale avec les francs-maçons. Parce que certaines loges ont vu les écrits de Krause comme une trahison des secrets de la franc-maçonnerie, son expulsion de la loge a été poursuivie avec succès. Le plus grand secret de la franc-maçonnerie était déjà connu : qu’elle n’en a pas du tout. Cependant, le soupçon d’avoir trahi cela – comme avec l’empereur nu de Hans Christian Andersen – est toujours fortement ressenti. Aucune raison pour que les porteurs de chapeaux en aluminium d’aujourd’hui se sentent confirmés dans leur propre paranoïa au nom de Krause.

Il y a eu des années de voyages, des voyages en Italie et en France, des mariages – les biographes de Krause nomment douze à 14 enfants. Pendant ce temps, une tentative a été faite pour obtenir un poste de professeur à la nouvelle université de Berlin. Mais le maigre statut d’un conférencier privé est resté. En 1824, Krause s’habilite à Göttingen, probablement l’université allemande la plus moderne, où il enseigne pendant environ six ans, mais encore une fois uniquement en tant que conférencier privé. Dans le royaume de Hanovre, cependant, le savant est tombé en disgrâce en 1830/31 parce qu’il était soupçonné d’activités libérales, c’est-à-dire révolutionnaires et de liens indésirables avec la France.

Une dernière tentative pour s’implanter dans une université – à Munich, alors relativement libérale – se heurte à l’opposition des universitaires déjà établis là-bas, et finalement à la mort. Krause y mourut à l’âge de 51 ans.

L’au-delà à l’étranger dans des circonstances heureuses et malheureuses

Bien que Krause ait joui de son vivant d’une certaine notoriété par son enseignement et ses écrits, la chaire a raté l’étape décisive pour devenir immortelle dans l’univers académique grâce à un corps étudiant stable – la valeur de cet honneur est aujourd’hui, au vu de plus de 50 000 professeurs, en L’Allemagne a probablement un peu disparu. 

En 1831, l’un de ses élèves, le philosophe juridique Heinrich Ahrens (1808-1874), fut conduit – recherché dans la Confédération allemande comme « rebelle » par mandat – via Bruxelles à l’exil à Paris. 

Médiatisés par Ahrens, entre autres, les enseignements de Krause ont trouvé leur chemin dans le journalisme de langue française – et parce que tous ceux qui étaient coincés dans les monarchies conservatrices à réactionnaires d’Europe sont restés à Paris à un moment ou à un autre, les idées de Krause sur l’Espagne et le Portugal ont également pénétré les têtes des gens par de jeunes universitaires progressistes d’Amérique latine, les racines ont été jetées pour le « krauismo » qui a continué à avoir un impact au 21ème siècle. 

Karl Christian Friedrich Krause (1781-1832).

Krause s’extasie sur les harmonies divines qui exigent justice

Pour les esprits progressistes du monde espagnol et portugais, Krause – ou ce qu’il restait de sa pensée après traduction en français – était intéressant car sa théorie du droit naturel prenait un point de départ largement passé de mode au XIXe siècle : le droit d’une harmonie qui vient de Dieu. 

Dans son ouvrage « L’archétype de l’humanité » (1811/1851), Krause introduit ce point de départ de sa pensée philosophique comme suit :

« Penser et sentir Dieu est le joyau le plus précieux de l’homme. Dans une harmonie harmonieuse d’esprit et de cœur, Dieu lui devient présent qu’il vit dans la lumière et l’amour de Dieu. La force et la puissance des états reposent sur lui. La science se forme dans la contemplation de Dieu, elle jaillit de lui, demeure en lui et retourne à lui.

Krause a maintenu ce ton de voix enthousiaste sur de nombreuses pages imprimées – jusqu’à « l’idée divine de la loi »:

« La justice est absolument exigée de Dieu, et chaque être est donc serviteur de la justice divine, il participe à sa manière à l’administration divine de la justice. » – Krause pensait probablement aussi ici aux animaux, qui ne sont remis à leur place que dans cette étape supplémentaire : « Plus un être est riche et vivant, et plus il est divers et intimement lié aux autres, plus il est large et varié. sphère juridique, plus ses relations juridiques deviennent compliquées, organiques et délicates, plus sa part dans le soin divin de la loi est grande. » 

Ce langage, peu familier aux yeux et aux oreilles d’aujourd’hui, peut laisser penser qu’il s’agit d’un esprit réactionnaire. Après tout, quiconque parle tant d’harmonies divines ne peut, selon la sémantique d’aujourd’hui, presque avoir à l’esprit qu’une monarchie par la grâce de Dieu – et cela aurait dû être attrayant pour les têtes révolutionnaires et progressistes d’Espagne ou d’Amérique latine. ?

L’enthousiasme mène à des idées normatives progressistes

La raison pour laquelle le « Krauismo » était attrayant malgré cet enthousiasme médiéval ou romantique – et l’est en partie encore aujourd’hui – est indiquée ci-dessous.

Parce que chaque être, les liens sociaux plus délicats qu’il cultive, est impliqué dans le soin divin de la loi, pour Krause « l’humanité avec tous ses intérieurs jusqu’à l’être humain individuel est la plus grande et la première personne juridique sur terre ». le sein humain exprime involontairement le sentiment vénérable du droit ; il voit cette idée divine complètement et clairement, il sent qu’elle est sainte par Dieu et le monde et par sa propre nature. L’homme est obligé d’honorer la loi avant même de l’aimer, même si son cœur passionné lutte encore contre la sublime sévérité de la loi, même s’il a violé la loi. Le sens de la justice élève l’homme au-dessus de lui-même, il le purifie avec une puissance divine de l’égoïsme et de l’égoïsme, à cet égard il rend l’esprit et l’esprit comme Dieu. »

On peut dire qu’on peut encore travailler avec.

Car Krause a conclu de ces axiomes généreux une série de postulats qui étaient insoumis à l’époque et certains le sont encore aujourd’hui . Non seulement les hommes, mais aussi les femmes et les enfants jouissent de la liberté qui découle directement du sens de la justice. Les animaux, en tant qu’êtres qui participent à la justice divine, ne devraient être blessés que si les humains le seraient autrement.

Les différences entre les soi-disant races sont sans importance, l’État n’est pas un appareil de soumission, mais de coordination et de coopération. Les États devraient s’unir en confédérations d’États – une européenne, une africaine, une nord-américaine, une antillaise, une sud-américaine et une austronésienne de la Ligue des Nations – dans lesquelles les États « sans soutenir la loi d’urgence, l’auto-assistance, l’autodéfense et vengeance de nécessité » exécutent les jugements constitutionnels de la fédération reconnus par un tribunal international.

L’État conçu par Krause et chacune de ces ligues des nations abhorrent l’idée que la loi ne s’applique que dans la mesure du pouvoir de la faire respecter.

En Amérique latine, le « krauismo » est encore quelque chose comme la philosophie maison des politiciens qui, d’une part, veulent se distancer de l’égoïsme libéral, mais craignent la réception des enseignements marxistes – Krause a toujours un lectorat savant, en particulier dans L’Uruguay et l’Argentine, bien qu’à ce jour principalement de seconde ou de troisième main. Dans le monde germanophone, le philosophe Claus Dierksmeier (1971–), qui enseigne à Tübingen, est le défenseur le plus connu d’un nouveau « Global Krausismo ».

Krause reste un philosophe (juridique) pour les philosophes (juridiques)

Les connaisseurs de l’œuvre de Krause remarquent qu’il n’est pas juste de le rejeter comme un excentrique sémantique, comme l’inventeur d’un langage artificiel. Comparé à beaucoup de philosophes de son temps, c’est vrai. En dehors de cela, tout travail philosophique (juridique) exige que les pensées soient développées dans un langage spécial. 

Cependant, l’amour de Krause pour l’humanité, dérivé du dieu philosophe, est allé si loin qu’il a également réfléchi à la manière dont l’allemand pourrait être amélioré de manière à ce que cette langue puisse apporter une meilleure contribution à la science et à l’art – en plus du droit, d’autres effusions de Dieu. 

Le résultat fut une linguistique idiosyncrasique qui non seulement conseillait la germanisation des mots étrangers – on suppose même que Krause a établi le mot « mot étranger » en allemand – mais l’a également pris très au sérieux avec des mots proto-allemands d’une manière étrange. Un exemple : « Le mot artiste est mal formé après d’autres mots, où le l donne un sens, par exemple sellier de selle, ceinturon de ceinture ; et puisque nous avons le mot art, l’artiste ne peut être interprété que comme quelqu’un qui fait de l’art. » – Par conséquent, Krause a expliqué qu’il désignerait plutôt une personne dont la profession est l’art comme un « artiste ». 

Mais qui sait. Tout comme les coïncidences de l’histoire de la sécurité de l’État allemand ont fait de Krause une adresse bien connue pour la philosophie sociale et juridique en Amérique latine, ses considérations linguistiques quelque peu excentriques peuvent également faire la différence. Le niveau auquel les gens pensent de l’allemand correct sur Twitter & Co. n’est souvent pas différent. 

Loge Cochin : centre « secret » des francs-maçons depuis 1921 en Inde

De notre confrère newindianexpress.com – Par Govind Menon

Les sociétés secrètes ont toujours captivé l’imagination du public, avec leur présence dans la littérature et les films. Des romans comme Da Vinci Code de Dan Brown à des films comme Lucifer de Prithviraj ont alimenté des discussions et des théories du complot sur des groupes tels que le Prieuré de Sion et les Illuminati, et leurs pouvoirs mystérieux. 

Il peut être surprenant qu’un groupe «secret» – ou plutôt incompris – connu sous le nom de francs-maçons soit actif à Kochi depuis 100 ans, avec son lieu de réunion dans un ancien bâtiment près de la plage de Nazareth – la Loge Cochin. 

Selon les francs-maçons, leur histoire remonte à la figure biblique Hiram Abiff, qui était l’architecte en chef du temple du roi Salomon à Jérusalem. Il a été tué par trois hommes qui cherchaient à connaître ses secrets. Alors que les origines exactes des francs-maçons sont entourées de mystère, les historiens pensent qu’ils ont commencé comme une guilde de tailleurs de pierre qui gardaient leurs secrets commerciaux et leurs connaissances.

La maçonnerie, en tant que fraternité dotée d’une constitution codifiée, a émergé en Angleterre avec la fondation de la Grande Loge d’Angleterre le 24 juillet 1717. Des personnages historiques importants, du célèbre Mozart à George Washington, auraient fait partie des francs-maçons. 

La fraternité est arrivée en Inde avec l’arrivée des Britanniques, et plusieurs sommités – dont Swami Vivekananda, JRD Tata et Motilal Nehru – s’y seraient associées à divers moments. 
La Loge Cochin ou Koder Hall, créée en 1921, est un monument historique de Fort Kochi. Elle a servi de lieu de rencontre pour les maçons de la ville pendant plus de 100 ans.  

Les lieux où les maçons tiennent leurs réunions sont appelés «loges» car, dans le passé, les réunions maçonniques se tenaient dans des loges locales où les membres qui voyageaient de loin pouvaient rester. Les membres de la Loge Cochin disent que la fraternité est comme n’importe quelle autre organisation de protection sociale, mais avec un ensemble de rituels élaborés et uniques. 

L’unité de Kochi relève de la juridiction de la Grande Loge d’Angleterre, et les membres se concentrent sur « l’amélioration de leur communauté », explique Mason WC Thomas, qui fait partie de la fraternité depuis 1976. « Nous faisons beaucoup de charité et se concentrer sur trois domaines, le logement, la santé et l’éducation. Nous voulions faire quelque chose de grand dans le cadre de notre centenaire et nous y réfléchissons activement », ajoute-t-il. 

« La loge a été créée en 1921 et le centenaire était en 2021. En raison de la pandémie, nous n’avons rien pu faire. En tant que projet caritatif, explique Thomas, la Loge Cochin a entrepris la rénovation d’une école à Vypin et la reconstruction de certaines maisons à Chathamangalam et Tiruvalla. « Nous utilisons principalement nos propres fonds et un soutien externe uniquement lorsque nous entreprenons de grands projets », ajoute-t-il. 

Thomas dit que les francs-maçons ne recherchent pas de membres. « Ceux qui sont intéressés à se joindre peuvent parler à l’un de nos maçons seniors. La franc-maçonnerie est une fraternité laïque. La seule exigence non négociable est la croyance en Dieu, n’importe quel Dieu, et celui qui se joint ne devrait le faire que de son propre gré », dit-il.

Quelles perspectives humanistes pour la planète ?

1ère édition des Colloques Humanistes Rhénans organisée les 1er et 2 avril 2023 au Château des Rohan à Saverne par des francs-maçons du DROIT HUMAIN

Jusqu’à présent, pour les francs-maçons du DROIT HUMAIN, l’Homme était la référence ultime et le « progrès de l’Humanité » un projet à réaliser au plan de l’égalité des droits et de la justice sociale en référence à l’esprit des Lumières du XVIIIe siècle, ainsi qu’à l’acte fondateur du DROIT HUMAIN né il y a 130 ans en avril 1893. Le temps n’est-il pas venu de réfléchir maintenant à une nouvelle définition de l’humanisme, où l’être humain, sur lequel se fonde encore et toujours ce projet, serait considéré également dans ses multiples relations avec la planète ?

Les 1er et 2 avril 2023, l’association « Colloques Humanistes Rhénans », sous l’égide de la Fédération française de l’Ordre Maçonnique Mixte International LE DROIT HUMAIN et le soutien de la ville de Saverne, proposera deux journées de conférences et de débats sur les thématiques suivantes :

  • Quel humain, quel citoyen et dans quel monde demain ?
  • Pourquoi le terme innovation domine dans le discours public ? Qu’est-il advenu de la notion de progrès ?
  • Justice sociale et intelligence artificielle : quels défis ?
  • Un humanisme au défi de la nature : histoire d’une relation mouvementée
  • Smart City : quel futur pour les villes ?
  • L’avenir leur appartient ! Quels analyses, éclairages, critiques et aspirations des jeunes ?

Un riche panel de philosophes, chercheurs, politologues, magistrats,…animeront les débats. Le programme complet et la liste des intervenants sont disponibles via ce lien.

Cet évènement est ouvert aux francs-maçons de toutes obédiences, comme aux personnes non-membres de cette institution.

01/07/23 : La Californie convoque James Anderson !

En attendant « Inventer l’avenir : les Constitutions de 1723 » au Queens’ College, à l’université de Cambridge, en Angleterre, du 22 au 24 septembre 2023, avec Jonathan Spence, Pro Grand Maître de la Grande Loge Unie d’Angleterre et Dr Ric Berman, président de cet événement, en présence, entre autres, d’éminents spécialistes connus de tous tels que Pierre-Yves Beaurepaire, Cécile Révauger, Margaret C. Jacob, Susan Sommers et Andrew Prescott, nous vous informons de la conférence internationale commémorant les 300 ans des Constitutions d’Anderson. Elle se tiendra le 1er juillet 2023 en Californie, aux États-Unis, en l’Hôtel du Rite Écossais d’Oakland. N’en doutons pas, d’autres commémorations auront sans doute lieu de par le monde, puisque la Franc-Maçonnerie est répandue sur toute la surface de la Terre…

Grande Loge de Californie, fondée le 19 avril 1850 – 44 815 Frères et 331 Loges au 1re janvier 2020.

« 1723-2023 : Célébration des 300 ans des Constitutions d’Anderson », un événement spécial

présenté par le Scottish Rite Orient of California & Quatuor Coronati Lodge n° 2076 de la Grande Loge Unie d’Angleterre, première loge de recherche.

Les intervenant sont les Frères Ric Berman, Arturo de Hoyos, S Brent Morris et Adam Kendall.
La biographie des conférenciers

Le Dr Richard (Ric) Berman est l’auteur de The Foundations of Modern Freemasonry, « Les fondements de la franc-maçonnerie moderne », publié pour la première fois en 2011 et qui en est maintenant à sa deuxième édition ; Schism (2013), une étude sur les origines de la franc-maçonnerie des Anciens et son conflit avec la première Grande Loge d’Angleterre, Les Modernes et Loyalists & Malcontents (2015), qui retrace les origines de la Franc-Maçonnerie dans le Sud profond de l’Amérique. Notre Frère Ric est titulaire d’une maîtrise en économie de l’université de Cambridge et d’un doctorat en histoire de l’université d’Exeter. Il a poursuivi ses recherches au centre de recherche sur l’histoire de l’Europe moderne de l’université d’Oxford en tant que chercheur principal à l’université Brookes d’Oxford. Ses principaux domaines d’étude sont l’histoire britannique, irlandaise et nord-américaine du XVIIIe siècle. Il a été le conférencier Prestonian pour 2016.

Portrait d’Arturo de Hoyos par Travis Simpkins

Linguiste, historien, auteur de très nombreux ouvarges, Arturo de Hoyos, 33e degré, est actuellement Grand Archiviste et grand historien du Rite Écossais Ancien et Accepté, South Juridiction (S.J.), USA, membre du Conseil et Président des Publications de la Société de Recherche du Rite Écossais. Il est reconnu comme l’une des principales autorités mondiales en matière d’archives, d’histoire, de philosophie, de rituels, de symbolisme et d’objets maçonniques, anciens ou modernes. Il est aussi le consultant spécial auprès de la Masonic Service Association et d’autres organisations dans le monde entier.

S. Brent Morris est un auteur maçonnique américain à qui nous devons, notamment, The Complete Idiot’s Guide to Freemasonry (Pinguin Books). Maître Maçon depuis 1971, ancien Vénérable Maître de la Patmos Lodge No. 70, Ellicott City, Maryland, 33e degré. En 2021, il prend sa retraite en tant qu’éditeur du Scottish Rite Journal, une publication du Supreme Council of the Scottish Rite Southern Jurisdiction (Conseil Suprême Conseil du Rite Écossais de la Juridiction Sud).
S. Brent Morris a été directeur du Cryptologic Mathematician Program à la National Security Agency (NSA) et représentant des États-Unis auprès de l’Organisation internationale de normalisation (ISO) dans le domaine de la sécurité informatique. Il a enseigné les mathématiques, l’informatique et la cryptanalyse à l’université Duke, à l’université Johns Hopkins et à l’école nationale de cryptologie. Il s’intéresse aux réseaux d’interconnexion d’ordinateurs, aux mathématiques du mélange des cartes et aux mathématiques récréatives.

Adam Kendall est un historien et franc-maçon basé en Californie, membre de la Quatuor Coronati Lodge n° 2076 et rédacteur en chef du trimestriel The Plumbline de la Scottish Rite Research Society. De plus, il est deuxième vice-président de la Philalethes Society. Ses publications et conférences portent sur les relations plus obscures entre la culture populaire américaine, les mouvements sociaux et les sociétés fraternelles au milieu du XIXe et au début du XXe siècle.
Infos pratiques : Samedi 1re juillet 2023 – Hôtel du Rite Écossais d’Oakland.

Scottish Rite, Californie

1547 Lakeside Drive – Oakland, Californie 94612

Contact : Jonathan Prestage jprestage@freemason.org

Une autre conférence est donné le 5 juillet 2023. Cf. le flyer ci-dessous. Réservation obligatoire.

La Grande Loge de Californie, à suivre sur son Facebook, fort de 132 762 followers ! Ce n’est pas rien.

Autriche : Francs-maçons et Église enfin réconciliés ?

De notre confrère autrichien 5min.at – Par Manfred Wrussnig

Maria Saal – « Loge und Altar » était le nom du sujet de discussion auquel l’invitation à la salle paroissiale de Maria Saal a été adressée samedi soir. Michael Weninger, qui avait également écrit le livre du même nom, a été conférencier. En plus de la réconciliation entre l’Église et les Francs-maçons, des questions du public sur une éventuelle maçonnerie commerciale et bien d’autres ont été abordées. Concernant la discussion sur le célibat des prêtres, il a déclaré : « Le libre choix de se marier doit être autorisé ».

La visite de Michael Weninger en Carinthie, qui vit à nouveau à Vienne, a commencé la veille lorsqu’il a organisé une « Méditation de Pâques » pour les honorables francs-maçons des cinq loges carinthiennes dans la chapelle de l’hôpital « Maria Hilf », à partir de 17 heures, là où les épouses des frères étaient également autorisées à être présentes. Des juges, des avocats et un entrepreneur en bâtiment bien connu de Klagenfurt étaient parmi les nombreux participants à la chapelle.

Combattre l’Église contre les francs-maçons appartient au passé

Bien sûr, il s’est mis au travail un jour plus tard dans la salle paroissiale de Maria Saal. Il rend compte de la lutte longue, souvent sanglante, qui dura des siècles entre l’Église et les francs-maçons et entre les cardinaux, parmi lesquels se trouvaient de nombreux francs-maçons. Même le Vatican avait une loge dans les années précédentes. « Mais heureusement, la lutte entre l’Église et la franc-maçonnerie appartient désormais définitivement au passé, car avec le nouveau droit canonique de 1983, les francs-maçons ne sont plus du tout mentionnés, donc le conflit est probablement mis de côté », résume-t-il. À une exception près : toute personne qui rejoint des loges qui dénoncent explicitement l’Église catholique, dont il n’y en a que quelques-uns en Europe, sera excommuniée par l’Église catholique.

Faut-il abolir le célibat ?

Presque jusqu’à minuit, Weninger a d’abord répondu aux questions du public et plus tard, à plus petite échelle, le journaliste de 5 minutes a également été autorisé à discuter avec Weninger. Il a répondu aux questions sur les relations d’affaires fréquemment discutées et désapprouvées dans les loges par une contre-question: « N’aimeriez-vous pas faire confiance à un bon ami, un frère, en tant qu’étranger dans les affaires? » Est-il lui-même franc-maçon ? Soi-disant dans une loge belge ? « Vous êtes invités à vous renseigner, je suis accusé à plusieurs reprises de cela, j’ai été interrogé à plusieurs reprises à ce sujet au Vatican. » Est-il pour ou contre l’abolition du célibat ? « Personnellement, je suis un partisan du célibat, mais tous les prêtres devraient avoir le libre choix de se marier. »

À propos du docteur Michel Weninger :

Pendant de nombreuses années, il a travaillé au service diplomatique de la République d’Autriche dans divers pays et continents et parle plusieurs langues. Il a été conseiller des présidents de la Commission européenne, Romano Prodi et José Barroso. Après la mort de sa femme, il fut ordonné prêtre à Vienne. Le pape Benoît XVI l’a nommé au Vatican, où il est responsable du dialogue avec l’islam en Europe, en Asie et en Amérique du Nord et du Sud. Il est également attaché à la réconciliation entre l’Église catholique et la franc-maçonnerie.

Les 120 ans des Cadets de Gascogne – Loge du Grand Orient de France

De notre confrère lejournaldugers.fr

La plus ancienne loge du Grand Orient de France d’ Auch « Les Cadets de Gascogne », a fêté à Auch les 10,11 et 12 mars 2023, les 120 ans de son histoire, avec la participation exceptionnelle de Georges Serignac, Grand Maître du Grand Orient de France.

« Ces trois jours de commémoration ont rappelé l’importance du devoir de mémoire. En effet, les Francs-Maçons ont joué un rôle important depuis plus de 120 ans dans la vie politique, sociale et publique de la ville d’Auch et du département. Les Francs-Maçons d’aujourd’hui défendent tout comme ceux d’hier les valeurs de laïcité, de fraternité et de solidarité qui constituent le socle de leur engagement », a précisé le président des Cadets de Gascogne.

Temple ancien 25 rue de Metz

L’évènement a débuté le vendredi 10 mars à 20h30 avec un concert à la mémoire du célèbre Jazzman Guy Lafitte à la salle Cuzin .

Puis il s’est poursuivi le samedi 11 mars par un hommage rendu par la loge à trois de ses anciens illustres frères qui ont marqué la vie de la ville d’Auch  (allées d’Etigny, puis jardin Ortolan puis cimetière à Auch):

  • Jean David (1832 -1885) dont la stèle repose sur les allées d’Etigny
  • Hippolyte Lissagaray (1838-1901) dont la stèle repose au jardin Ortolan,
  • Pierre Henri Martin (1859 -1925) dont la tombe orne l’entrée du cimetière à Auch.

Trois frères, trois personnalités, trois engagements différents pour un même combat celui de la défense des valeurs républicaines.

Jean David a fondé le journal gersois Avenir en 1868. Il a connu un succès retentissant dans la deuxième partie du 19eme siècle et a contribué aux mobilisations sociales dans le département. Il est devenu Maire d’Auch à trois reprises de 1870 à 1874, de 1876 à 1877, et de 1877 jusqu’à sa mort. Il fut aussi élu député du Gers en 1878 et en 1881.

Hippolyte Lissagaray fut polémiste et premier historien de la Commune de Paris. De tempérament fougueux, il était connu pour la qualité de ses articles dans les colonnes du journal gersois Avenir. [NDLR 450.fm : rappelons simplement qu’il épousa Eleanor Marx, fille cadette de Karl Marx].

Pierre Henri Martin, capitaine du 88eme d’infanterie, s’est illustré par son engagement, portant les idées républicaines et les défendant ardemment. Il eut les honneurs du combattant de la Grande Guerre d’où il revint mutilé et décoré officier dans l’ordre de la Légion d’Honneur. Il repose au cimetière d’Auch et sa tombe reste un symbole pour tous les frères qui ont combattu et donné leur vie à la défense des valeurs patriotiques.

Parmi les Francs Maçons célèbres du département, on peut aussi citer Paul Decker David (1865-1918), ingénieur agronome. Il fut un membre fondateur des Cadets de Gascogne. Directeur de la ferme-école de La Hourre, il fut leader des républicains à Auch, maire d’Auch de 1904 à 1908, député du Gers de 1898 à 1910 et sénateur du Gers de 1912 à 1918 ainsi que François Alem-Rousseau ( 1793-1858), né à Aubiet, initié à Paris, premier maire républicain d’Auch en 1848.

Samedi à 20h30 a eu lieu une conférence publique sur le thème : « La Franc-Maçonnerie au 21ème siècle » par Georges Sérignac Grand Maître du Grand Orient de France, venu spécialement de Paris pour les 120 ans des Cadets de Gascogne.

Celle-ci s’est tenue à la salle des Cordeliers.

L’événement s’est achevé le dimanche 12 mars par une réunion de toutes les Loges et Obédiences amies.

Le maillet 

« Les Cadets de Gascogne » : ce qu’il faut retenir !

1 – Création de la Loge : le 2 mars 1903

Deux ans après la loi de 1901 sur les associations, une Loge pouvait enfin s’ouvrir dans les conditions que nous connaissons actuellement. La liberté juridique du droit d’association n’avait plus à souffrir des alternances de soutien ou de rejet de la part des pouvoirs en place (sauf sous le régime de Pétain). La liberté d’association s’exerce dorénavant par la seule volonté de ses membres. Deux ans après était votée la loi de 1905 sur la séparation des églises et de l’État, montrant par là-même la légitimité du combat mené depuis plusieurs décennie pour la laïcité, par les francs-maçons.

Si le combat pour la liberté d’association ne semble plus nécessaire aujourd’hui chez nous en France, encore faut-il rester toujours vigilant pour qu’elle puisse s’exercer librement.

Le combat pour la laïcité demeure toujours d’actualité, comme en témoignent ses attaques sans cesse répétées. Nous souhaitons que des cérémonies civiles puissent avoir lieu pour tous les moments de la vie civile, mariage, parrainage en France mais aussi pour nos concitoyens européens. La laïcité, c’est aussi faciliter l’accès de tous aux services publics, aux soins, à l’éducation….

2-La constance de l’engagement politique des membres des « Cadets de Gascogne »

Cet engagement politique, les frères l’ont témoigné à de multiples reprises aux cours des grands événements qui ont fait notre histoire : pendant la Révolution, lors de l’avènement de la République, lors de la Commune de Paris et lors de la Résistance. Mais cet engagement s’est aussi traduit tout au long des combats menés pour les idées républicaines, laïques, sociales. Ces enjeux se retrouvent souvent au centre des campagnes électorales, que l’élection soit municipale, cantonale législative ou présidentielle.

Si le travail en Loge permet aux Francs-Maçons de travailler sur eux-mêmes « Connais-toi toi-même », le travail hors du temple est un devoir. Il peut s’agir de la défense de la citoyenneté ou de celle des principes démocratiques et républicains.

3-Les persécutions régulières dont les « Cadets de Gascogne » ont fait l’objet

Il semble en effet utile de souligner qu’à trop de reprises les loges républicaines à Auch, se trouvèrent dans l’obligation de quitter les locaux occupés régulièrement du fait de leurs opposants (certains gouvernements, partis conservateurs, églises, …). Ce fut le cas :

  • En 1891 lorsque la Loge « La Ligne Droite » est interdite par le préfet, le temple sera occupé manu militari.
  • En 1891 et 1908 des expropriations seront ordonnées suite à des opérations immobilières téléguidées par l’Archevêché.

Enfin il faut rappeler l’interdiction de la Franc-Maçonnerie sous Vichy. Ainsi, le 22 octobre 1940 eu lieu la mise sous séquestre par le tribunal d’Auch du temple maçonnique en vertu de la loi du 11 août 1940 de Pétain.

Marianne de la Loge

« L’histoire des Cadets de Gascogne est faite d’espérance, de satisfactions, mais aussi de gémissements. Nous sommes fiers d’être les héritiers de nos anciens. » Le président des Cadets de Gascogne.

Bannière de la RL Les Cadets de Gascogne 

Photo-titre : intérieur du Temple ancien 25 rue de Metz 1868

À propos de Monreal, on vous dit tout ce qu’il faut savoir sur la franc-maçonnerie

De notre confrère mexicain vanguardia.com.mx – Par Miguel Sagnelide

Nous vous racontons l’origine et l’importance historique de la franc-maçonnerie. Il y a quelques jours, une photo du sénateur Ricardo Monreal , candidat à la présidence de Morena , est devenue virale, car sa prétendue décoration a été montrée lorsqu’il a obtenu le 33e degré maçonnique. Nous vous disons donc l’origine et l’importance historique de la franc-maçonnerie.

La franc-maçonnerie est la plus grande société secrète au monde. Issu des corporations de maçons et de bâtisseurs de cathédrales du Moyen Âge. Avec le déclin de la construction de la cathédrale, certaines loges de maçons opérationnels ont commencé à accepter des membres honoraires pour renforcer leur adhésion en baisse.

Ricardo Monreal

À partir de certaines de ces loges, la franc-maçonnerie symbolique ou spéculative moderne s’est développée , en particulier aux XVIIe et XVIIIe siècles en adoptant les rites et les signes extérieurs des anciens ordres religieux et confréries chevaleresques.

En 1717, la première « Grand Lodge » , une association de loges, est fondée en Angleterre . La franc-maçonnerie a rencontré, presque dès ses débuts, une opposition considérable de la part de la religion organisée, en particulier de l’ Église catholique romaine , et de divers États.

La franc-maçonnerie n’est pas une institution chrétienne, bien qu’elle ait souvent été confondue avec une telle.

Il contient de nombreux éléments d’une religion : ses enseignements imposent la moralité, la charité et l’obéissance à la loi du pays. Dans la plupart des traditions, le candidat à l’admission doit être un homme adulte, et tous les candidats doivent également croire en l’existence d’un Être suprême et en l’immortalité de l’âme.

Dans la pratique, certaines loges ont été accusées de préjugés contre les juifs, les catholiques et les non-blancs. En général, la franc-maçonnerie dans les pays latins a attiré ceux qui remettent en question les dogmes religieux ou s’opposent au clergé, tandis que dans les pays anglo-saxons, l’adhésion provient en grande partie de protestants blancs.

La tradition française moderne, fondée au XIXe siècle et connue sous le nom de co-franc-maçonnerie ou Le Droit Humain , admet à la fois les femmes et les hommes.

Dans la plupart des loges de la plupart des pays, les maçons sont repartis en trois degrés principaux : Apprenti , Compagnon et Maître Maçon. Dans de nombreuses loges, il existe de nombreux degrés, parfois jusqu’à mille, superposés aux trois divisions principales; ces caractéristiques organisationnelles ne sont pas uniformes d’un pays à l’autre.

En plus des principaux organes de la franc-maçonnerie issus de la tradition britannique, il existe également un certain nombre de groupes attachés qui sont principalement de nature sociale ou récréative, qui n’ont pas de statut officiel dans la franc-maçonnerie, mais tirent leur adhésion des grades supérieurs de la société. Ils sont particulièrement répandus aux États-Unis.

Parmi ceux connus pour leur travail caritatif se trouve l’ Ancien Ordre Arabe des Nobles du Sanctuaire Mystique (les « Shriners »). En Grande-Bretagne et dans certains autres pays, il existe des loges séparées réservées aux femmes. De plus, les parentes des maîtres maçons peuvent rejoindre l’Ordre de l’Étoile de l’Est, qui est ouvert aux femmes et aux hommes; les enfants peuvent rejoindre l’ Ordre de DeMolay ou l’Ordre des Bâtisseurs ; et les filles peuvent rejoindre l’ Ordre des Filles de Job ou l’Ordre de l’Arc-en-Ciel . Il est interdit aux francs-maçons anglais d’adhérer à l’une des organisations récréatives ou sociétés quasi-maçonniques, sous peine de suspension.

Selon le livre L’influence de la franc-maçonnerie dans la Constitution de 1917 coordonné par Manuel Jiménez Guzmán, la franc-maçonnerie au Mexique a commencé dans la seconde moitié du XVIIIe siècle, avec les idées du libéralisme et le changement social indépendantiste contre la Couronne. Initialement, les rites maçonniques ont été intégrés par l’élite péninsulaire, c’est-à-dire les Espagnols qui sont arrivés en Amérique et qui ont donné naissance à des tendances de libre-pensée.

Quelque temps plus tard, des créoles et des métis ont été intégrés dans les loges, avec des idées différentes du libéralisme, en conséquence, deux groupes se sont formés: les conservateurs, appartenant au rite écossais « qui luttaient pour l’indépendance de l’Espagne, mais conservaient la structure vice-royale  » et les plus libéraux avec le York Rite qui a promu une république fédéraliste et s’est également battu pour la reconnaissance des droits des citoyens et la séparation de l’État-Église

En 1826 , le rite national mexicain est né avec la participation de quelques francs-maçons du rite écossais ancien , mais surtout du rite d’York , qui définira sa tendance libérale, basée sur une position nationaliste, dans laquelle Benito Juárez et de nombreux penseurs bien connus de sa génération.

« L’alternance au pouvoir a entraîné la participation des francs-maçons d’un rite ou d’un autre et a eu un impact, en général, sur la promulgation de lois constitutionnelles qui reflétaient, pour l’essentiel, l’organisation de l’État : central ou fédéral, l’inclusion ou non des droits citoyens et, à partir du milieu du XIXe siècle, la sécularisation des biens de l’Église ».

Selon l’enquête de Manuel Jiménez Guzmán, la Constitution de 1917 promue par Venustiano Carranza , était basée sur les réformes de la Constitution politique des États-Unis mexicains de 1857, élaborée, discutée et approuvée par la génération de Juárez et qui contenait l’essentiel fondations de la franc-maçonnerie du Mexique et du monde d’alors et d’aujourd’hui.

FRANCS-MAÇONS POLITIQUES MEXICAINS 1.-FRANCISCO I. MADERO

Historiquement, il est connu de la participation de Madero aux loges de la franc-maçonnerie, dans la soi-disant Loyauté 15.

2.-JOSÉ MARÍA PINO SUÁREZ

C’était un personnage proche de Madero et était connu comme le « Chevalier de la Loyauté ».

3.-BENITO JUAREZ

Pour certains historiens, les indigènes d’Oaxaca ont commencé le rite en 1847 dans la loge dite « Indépendance numéro 2 ». Au cours de sa vie, il est venu pour avoir le neuvième degré de franc-maçon.

4.-GUADALUPE VICTORIA

Il est considéré comme responsable de la franc-maçonnerie dans les présidents du Mexique et fut le Grand Maître de la Grande Loge Nationale . Victoria aurait été initiée en 1825. Fort de sa formation maçonnique, il a contribué en centralisant les impôts et en implantant l’éducation dans le pays.

5.- PORFIRIO DIAZ

Il était membre des plus hauts degrés des rites national mexicain (RNM) et écossais ancien et accepté (REAA), ce qui lui a permis de participer à des loges basées à Mexico. Porfirio Díaz a influencé la création d’un corps maçonnique connu sous le nom de Grande Diète Symbolique ; un corps maçonnique suprême et national qui prendrait bientôt le contrôle de la franc-maçonnerie au Mexique.

6.- APPELS DE PLUTARCO ELÍAS

Un rapport de l’historien français Jean A. Meyer déclare que la franc -maçonnerie d’ Elías Calles a été l’une des raisons pour lesquelles il a commencé la lutte contre l’Église catholique pendant la guerre des Cristero. Franc-maçon du 33e degré, le « chef maximal » a reçu la médaille maçonnique pour avoir donné une direction à la politique du pays.

7.-LAZARO CARDENAS

Le président mexicain a été élu au poste le plus élevé de franc-maçon, grand maître le plus respectable de la loge la plus respectable de la vallée du Mexique, entre 1929 et 1931.

8.-MANUEL AVILA CAMACHO

L’ancien président du Mexique était un éminent franc-maçon, mais il était aussi un fervent catholique

25/03/23 : « Le Surréalisme et la Loge THEBAH » à la Grande Loge de France

La Loge qui a initié, en 1912, René Guénon vous invite à une Tenue Blanche Ouverte (TBO) – Tenue dans laquelle les non maçons peuvent entendre le discours d’un Franc-Maçon – pour entendre Patrick Lepetit sur « Le Surréalisme et la loge THEBAH » , à l’occasion de la parution de son ouvrage Surréalistes et alchimistes, chemins croisés (Selena éditions).

Auteur du livre Le Surréalisme, parcours souterrain (Dervy, 2012), Patrick Lepetit étudie depuis longtemps les rapports profonds qui unissent surréalisme et ésotérisme. Avec Surréalistes et alchimistes, chemins croisés, il se penche, de manière inédite et en s’appuyant sur des documents rares ou jamais publiés auparavant, sur les liens qu’après Rimbaud, certains des amis ou compagnons de route d’André Breton ont établi entre littérature et alchimie dès les origines du mouvement et jusque dans l’après-guerre. Il met aussi en évidence l’influence parfois déterminante sur leurs recherches poétiques et sur leurs œuvres des travaux alchimiques, spéculatifs aussi bien qu’opératifs, auxquels se sont livrés ces hommes et femmes discrets, férus d’hermétisme et proches d’Eugène Canseliet, le disciple du mystérieux auteur du Mystère des Cathédrales et des Demeures Philosophales, Fulcanelli.

Né en 1953 en Normandie et ancien élève de l’École Normale Supérieure de Saint-Cloud, Patrick Lepetit est un poète surréaliste, collagiste et essayiste à qui nous devons aussi Voyage au Bout de l’Abject-Louis Ferdinand Céline Antisémite et antimaçon (Ateliers de création libertaire, 2017).

Un éclairage sur l’emblématique Loge Thébah

C’est une Loge créée par des symbolistes au sein de la GLDF. Elle a pour Premier Maillet Pierre Deullin (1873-1912) qui n’est autre que le beau-frère du médecin et occultiste Gérard Encausse (1865-1916), dit Papus.

Papus

Ce même Deullin, lui aussi martiniste, est aussi secrétaire de la célèbre Revue Cosmique, dirigée alors par un certain par F-Ch Barlet – en vérité Albert Faucheux –,  membre du Mouvement Cosmique de Max Théon, faisant suite  à la Hermetic Brotherhood of Louxor, dont Barlet fut son représentant le territoire français et dont Papus, René Guénon – régularisé car initié en 1908 que sein de « Humanidad », une Loge du Grand Rite Espagnol puis des Rites Unis de Memphis et de Misraïm – ou Stanislas de Guaita étaient également membres…

Photo J.-L. T.
Blason OKR-C

Par ailleurs, Barlet fut également président de l’Ordre Kabbalistique de la Rose-Croix (OKR+C) juste après la mort de Guaita et avant que Papus en devienne après lui le président. En sachant que le secrétaire de Stanilas de Guaita et de l’OKR+C était Oswald Wirth, lui aussi membre de la GLDF au sein de la Respectable Loge « Travail et Vrais Amis Fidèles) et créateur de la revue Le Symbolisme en 1912. Tout un monde d’ésotérisme ! Et Thébah possède son propre rituel

En savoir plus sur Selena éditions

SELENA EDITIONS a été créée en 2015 par Aleksandra Sokolov en association avec Camille COPPINGER auteur du livre Ambre mémoire du temps paru en 2010 chez THALIA EDITIONS. Rencontre idéale entre un auteur et un éditeur, unis par la même passion ! Par ailleurs depuis plus de 25 ans Aleksandra Sokolov collabore régulièrement avec Elsa HALLAK en charge de projets éditoriaux, et qui a rejoint SELENA EDITIONS.[…]

Les Belles Lettres assurent la diffusion et la distribution en France et à l’étranger par l’intermédiaire de ses correspondants distributeurs dans chaque pays concerné. La notoriété et l’excellente réputation des Belles Lettres sont la meilleure garantie d’un partenariat de qualité pour SELENA EDITIONS .

Info pratiques

Samedi 25 mars 2023, à 14h00 – Temple Franklin Roosevelt

Hôtel de la Grande Loge de France – 8 rue Puteaux 75017 Paris

Inscription obligatoire par mail à : thebah347@gmail.com, avant le 21 mars 2023

Lieu symbolique : Giethoorn, le jardin d’Éden néerlandais

Lundi prochain, 20 mars 2023, symbolisera le renouveau, comme l’est le printemps qui vient après les mois d’hiver. Le temps d’ensoleillement sera alors à celui de la nuit. C’est l’équinoxe.

Ce jour-là est fêté la déesse anglo-saxonne Éostre – ou Easter, Ostara. Elle est attestée par Bède le Vénérable, un moine bénédictin du VIIIe siècle, dans son livre De temporum ratione, et qui présente le culte d’Éostre comme déjà éteint parmi les Anglo-Saxons. En 1835, dans Deutsche Mythologie, Jacob Grimm cite Bède quand il propose Ostara comme l’équivalent en vieux haut allemand.

Ostara par Johannes Gehrts (1884).

Le printemps, c’est la magie de la nature. Présenter un jardin nous semblait donc tout naturel.

Ce renouveau s’exprime à travers la sève montant de la terre et se répandant dans chaque rameau. Comme tout le monde, vous ressentez cette force, comme un afflux d’énergie.

Giethoorn en son jardin

C’est un village situé dans la commune de Steenwijkerland, en province d’Overijssel,  attirant chaque année plusieurs centaines de milliers de touristes par son image de campagne néerlandaise.

Blason de Giethoorn.

Ce village doit son nom au mot néerlandais « geitenhoorns », qui fait référence aux cornes de chèvres sauvages trouvées dans la région par les tourbiers.

Giethoorn est un village lacustre, souvent surnommé la « Venise du Nord » à l’instar d’Amsterdam, de Stockholm ou encore de Bruges. Il se dresse au cœur d’un parc naturel — vaste région de tourbières marécageuses — appelé « De Wieden ». Giethoorn est parcouru de longs canaux creusés lors des derniers siècles pour l’extraction de la tourbe – matière organique qui, sèche, donne un combustible pour le chauffage.

Ces fermes, chaumières et autres habitations — reliées entre elles par de petits ponts — sont particulièrement réputées pour leurs toits bombés en chaume, appelés « toits en dos de chameau ».

Giethoorn est un village de conte de fées !

Le Paradis terrestre, Les Très Riches Heures du duc de Berry, musée Condé, Ms.65, folio 25.

La symbolique du jardin en général…

Le jardin est aussi le symbole de la puissance de l’homme, de son pouvoir sur une nature qu’il veut maîtriser. Symbole de la culture opposée à la nature sauvage, le jardin s’oppose à la forêt pleine de dangers. Dans l’Extrême Orient le jardin est le résumé de l’ordre cosmique, c’est le monde en petit.

Le jardin d’Éden livre de jardinage anglais, 1629.

… et du jardin d’Éden en particulier !

Le jardin d’Éden est le jardin merveilleux où la Genèse (chapitres 2 et 3) place l’histoire d’Adam et Ève selon les traditions juive et chrétienne. Il est souvent comparé au Paradis. Le Coran adopte également ce nom mais selon une autre conception : dans l’islam, le jardin d’Éden, identifié au Paradis, relève d’un lieu céleste.

Hieronymus Bosch – The Garden of Earthly Delights.

Dans l’encyclique Laudato si’, publiée le 18 juin 2015, « sur la sauvegarde de la maison commune » (c’est-à-dire la sauvegarde de la Création), le pape François compare le jardin d’Éden au « jardin du monde ».

Comment ne pas évoquer l’Ordre des Francs-Jardiniers…

Order of the Free Gardeners est une société amicale fondée en Écosse au milieu du XVIIe siècle, et qui s’est par la suite étendue en Angleterre et en Irlande. Comme de nombreuses autres sociétés amicales (friendly societies) de l’époque, son objet principal fut à la fin du XVIIe siècle et durant tout le XVIIIe siècle le partage de connaissances — voire de secrets — liés au métier, ainsi que l’entraide mutuelle. Au XIXe siècle, ses activités d’assurance mutuelle devinrent prépondérantes.

Loge de Francs-Jardiniers en Australie.

À la fin du XXe siècle, elle s’est presque entièrement éteinte. Bien que les Francs-Jardiniers soient toujours restés indépendants de la Franc-Maçonnerie, ces deux ordres présentent d’importantes similitudes en ce qui concerne leur organisation et leur développement.

Tablier de Francs-Jardiniers.

Les suivre sur Facebook Et bientôt en France… À (re)lire notre papier de la saint Valentin en février 2022.