Accueil Blog Page 559

15/04/23 : Conférence à Vénéjan sur l’histoire de la Franc-maçonnerie

Le samedi 15 avril 2023, la Loge “La Lumière du futur” de la Fédération française du DROIT HUMAIN organise à Vénéjan une conférence publique sur le thème “Des bâtisseurs de cathédrales à la franc-maçonnerie” avec Jean-Michel Mathonière, essayiste et historien spécialiste du compagnonnage et de la franc-maçonnerie. Orateur passionné, il a d’ores et déjà donné de nombreuses conférences sur ces sujets tant en France qu’à l’étranger. Chevalier des Palmes Académiques, il est membre de l’Académie du Vaucluse et de l’association francophone des historiens de la construction. Son profil complet est à découvrir via ce lien Wikipedia.

Ce rdv est fixé le samedi 15 avril à 16h à la salle des fêtes Maurice Fost de Vénéjan. Libre participation aux frais

Contact local : dh30200@gmail.com – 06 89 15 79 34

Sentiment océanique-Lettres à un Frère

Un des plus grands sites marchands dans sa rubrique « Détails du produit », fait la recommandation suivante : « Âge de lecture ‏ : ‎ Dès 5 ans. » Incroyable ! Sans doute que cette entreprise américaine de commerce en ligne, un des géants du Web, communique en âge maçonnique…

Après avoir consulté de nombreuses parutions en littérature jeunesse, nous n’avons pas trouvé d’images pour enfants sages dans l’ouvrage de Jean Dumonteil – contrairement aux avis d’experts de l’enfance. Et pourtant, nous en recommandons la lecture… dès l’âge de 3 ans !

« colombe de la paix ».

Il n’y a, en effet, aucune illustration. À part la première de couverture reproduisant un détail de la mosaïque du XIe siècle dans la basilique Saint-Marc de Venise, « Noé et la colombe ». Un forte symbolique car dans l’épisode biblique du Déluge, la colombe revient sagement vers l’Arche de Noé apportant dans son bec un rameau d’olivier. Message divin selon lequel les eaux se sont retirées et que le calme est revenu sur Terre. De là, le volatile de couleur blanche – souvent associée à la sainteté, à la pureté et à la justice – est devenu symbole de paix et d’espérance.

Mais c’est bien notre imaginaire qui, à la lecture du très beau texte de l’auteur, va mettre en image le récit de sa pensée.

Cet ouvrage est une véritable gourmandise. C’est ainsi que les chapitres, soixante au total, nous offrent des tonalités acidulées et sucrées, mais rien d’acide ou d’amer.

Belle courtoisie aussi pour le lecteur, le découpage offert permet une lecture aisée tant les courts chapitres se lisent facilement. Les titres eux-mêmes nous donnent envie de plonger dans un océan.

Il s’agit, comme le souligne le sous-titre de « Lettres à un Frère ».

De toute sa volonté et de tout son cœur, son âme et son esprit, Jean Dumonteil souhaite sans doute partager son expérience et ainsi transmettre. Une façon de nous dire qu’il nous aime !

Romain Rolland, en 1914.

Dans son avant-propos intitulé « Nous sommes tous des illettrés spirituels », l’auteur contextualise ce que représente l’expression ‘’sentiment océanique’’ qui apparaît, en 1927, dans un échange épistolaire entre Romain Rolland (1866-1944), prix Nobel de littérature en 1915, avec le neurologue autrichien et fondateur de la psychanalyse Sigmund Freud (1856-1939).

Ce sentiment est une notion psychologique ou spirituelle formulée par Romain Rolland, influencé par Spinoza, et qui se rapporte à l’impression ou à la volonté de se ressentir en unité avec l’univers ou bien quelque chose qui nous dépasse, qui est plus grand que soi, parfois même hors de toute croyance religieuse.

Nous n’embarquons pas sur un frêle esquif, mais bel et bien sur un bateau qui fait mouche en nous, insistant finalement à plus de spiritualité. Donc à plus d’intériorité et de retour sur soi, en soi.

Les trois interludes, des petits intermèdes – véritables courtes pauses –, reconnaissables notamment dans le texte à des hachurages en marge droite, donnent de la force et laisse une impression de sans tangage et roulis, stabilisant le mouvement du navire sur lequel nous sommes embarqué.

Ayant pour titre « Donner du temps à la vie intérieure » ; « Laisser croître en nous l’intelligence spirituelle » et « Tradition, la source et le fleuve », ils annoncent une suite de chapitres.

L’emploi d’un vocabulaire de marine nous emmène à entreprendre un long et beau voyage.

Statut de Platon en marbre blanc
Statut de Platon.

D’ailleurs, Platon ne disait-il pas qu’ « Il y a trois sortes d’hommes, les vivants, les morts et ceux qui vont sur la mer ». Gardons à l’esprit que les marins qu’ils soient simples navigateurs de plaisance ou marchand, militaires, y compris les sous-mariniers, ou encore pêcheurs, occupent une place à part sur Terre

Bateau-phare.

Jean Dumonteil nous l’écrit, la fraternité est une voie de spiritualité. Et quelle voie ! Un lumineux ouvrage comme un bateau-phare, dit aussi un bateau-feu. Ce navire mouillé dans un lieu dangereux, dont il signale la présence. Comme un bosco, il nous balise la route et faisons bien volontiers cap en sa compagnie.

Car ces « Lettres à un Frère », de la part d’un initié, sont plus qu’une bouteille à la mer. Les messages que l’auteur fait passer ne sont pas jeter, sans destinataire précis, avec l’espoir que quelqu’un finisse par les trouver, au gré des courants. Elles sont écrites expressément pour tous les Frères. Avec franchise et fraternité !

Sigmund Freud.

Nous avons tout particulièrement apprécié l’annexe permettant de prendre connaissance de la lettre du 5 décembre 1927 – texte intégral – de Romain Rolland à Sigmund Freud.

Pour la petite histoire, Freud fut « initié », à l’âge de 41 ans, le 23 septembre 1897 très exactement, dans la loge « Wein » fondée dans la capitale austro-hongroise au sein de l’Ordre indépendant du B’nai B’rith, signifiant les fils de l’Alliance, plus vieille organisation juive toujours en activité dans le monde – fondée à New York, le 13 octobre 1843 – et calquée sur les organisations maçonniques.

Certificat de membre du B’nai B’rith daté de 1876.

Ainsi que la réponse de Sigmund Freud, en date du 14 juillet 1929, suivi d’un bref billet de Romain Rolland.

Jean Dumonteil.

Jean Dumonteil, journaliste, éditeur et essayiste, promeut à travers ses écrits une pratique spirituelle fondée sur la fraternité active et la longue Tradition initiatique occidentale. Nous le connaissons aussi et surtout car il dirige la rédaction des Cahiers de l’Alliance. Vénérable Maître de la Loge nationale de recherche de la Grande Loge de l’Alliance Maçonnique Française (GL-AMF), à ce titre, il anime les activités de recherche de l’Alliance.

Erik Orsenna, site Académie française.

Préfacé par Erik Orsenna de l’Académie française, nom de plume d’Éric Arnoult, nous devons aussi à Jean Dumonteil La France des possibles-Ces maires qui réparent et inventent (Fayard, 2020), un voyage – déjà ! – où des maires courageux retissent le tissu social et apportent des réponses efficaces pour les territoires et leurs habitants, ainsi que La force le soutienne et l’achève (Numérilivre, Coll. Le franc-maçon dans le Temple, 2023) où il nous entretient de cette force morale – reprise dans nos rituels –, une des quatre vertus cardinales fondements de notre morale occidentale.

Sentiment océanique-Lettres à un Frère

Jean Dumonteil – Éditions Numérilivre, 2023, 186 pages, 18 €

Arche de Noé, mosaïque du narthex de lbasilique Saint-Marc de Venise, détail.

Lieu symbolique : Saline royale d’Arc-et-Senans

La Saline royale d’Arc-et-Senans est une ancienne saline du XVIIIe siècle en activité jusqu’en 1895, construite à Arc-et-Senans dans le Doubs, en région Bourgogne-Franche-Comté.

Blason d’Arc-et-Senans.

Implantée près de la forêt de Chaux – un des plus vastes massifs de feuillus de France, à l’est de Dole, et abritant toujours de Bons Cousins Charbonniers –, elle porte aussi le nom de Saline royale de Chaux.

Claude-Nicolas Ledoux (v. 1780) par Antoine-François Callet (détail) Musée Carnavalet, Paris.

Elle compte parmi les plus importantes salines d’Europe de son époque, et a été construite par l’architecte des Lumières Claude-Nicolas Ledoux (1736 – 1806) sous le règne de Louis XV pour transformer la saumure, extraite aux salines de Salins-les-Bains transférée jusqu’à Arc-et-Senans par un saumoduc de 21 km.

Arc-et-Senans, le palais de l’or blanc

Cette saline est inscrite au patrimoine mondial de l’Unesco depuis 1982.

Salins-les-Bains

Au XVIIIe siècle, la grande saline de Salins-les-Bains devient trop exiguë, on confie à Claude-Nicolas Ledoux, inspecteur des salines, le soin de réaliser une extension qui recevrait la saumure de Salins.

Exemple de conduite de saumure à Salins-les-Bains. Le saumoduc est fait d’éléments cylindriques en troncs de sapin dont le centre est évidé.

Selon un plan semi-circulaire et une architecture audacieuse, il échafaude une cité idéale, entre palais et usines.

La maison du directeur.

Ce fleuron d’architecture industrielle dû à Claude-Nicolas Ledoux, l’un des précurseurs du style néoclassique, permettait de vivre en autarcie, les bâtiments comprenant les ateliers de travail et les habitations des ouvriers.

Tous les édifices sont symboliquement tournés vers la fastueuse et monumentale maison du directeur, reconnaissable aux colonnes doriques de son péristyle, dignes d’une villa italienne, et de son « oculus ». Ledoux voyait dans ce plan en hémicycle une « forme pure comme celle que décrit le soleil dans sa course […] imitant l’harmonie universelle du monde ».

La maison du directeur.

Le 21 mars dernier, nous fêtions l’anniversaire de la naissance, en 1736, de Claude-Nicolas Ledoux architecte, utopiste et Franc-Maçon ?

Claude-Nicolas Ledoux est un architecte, urbaniste et utopiste français.

Il est le fils d’un modeste marchand champenois. Sa mère, Françoise Dominos, et sa marraine, Françoise Piloy, l’initièrent au dessin, ainsi qu’il le rapporte lui-même. La protection de l’abbé de Sassenage lui permit d’obtenir une bourse et d’étudier à Paris au collège de Beauvais (1749-1753), où il découvrit les littératures anciennes. Il fut ensuite employé chez un graveur et étudia l’architecture sous la direction de l’encyclopédiste et théoricien de l’architecture français Jacques-François Blondel (1705-1774), qui le tenait en haute estime. En 1773, il fut membre de l’Académie royale d’architecture – créée en 1671 par Louis XIV, roi de France.

Médaille commémorative de la fondation, en 1671, de l’Académie royale d’architecture.

Les œuvres de jeunesse (1762-1770)

En 1762, le jeune Ledoux créa pour le café Godeau, rue Saint-Honoré, fréquenté par des officiers, l’époustouflant décor conservé depuis 1969 au musée Carnavalet : sur les murs, il dressa, en guise de pilastres, des faisceaux de piques sommés de casques, entre lesquels il fit alterner des miroirs avec de larges panneaux ornés de trophées d’armes, d’un dessin original et hardi. À Paris, Ledoux se fit connaître en 1766 avec l’Hôtel d’Hallwyll, dans le quartier du Marais.

La maturité

Sa réputation s’affirmant, Ledoux commença à construire des édifices beaucoup plus ambitieux, comme l’hôtel de Montmorency du boulevard des Capucines à la chaussée d’Antin, qui comportait en façade un ordre ionique sur un soubassement rustique et un toit à l’italienne orné des statues de huit connétables. Mais, constatant l’appauvrissement relatif de la noblesse, il cherchait à se rapprocher des milieux de la finance, aux moyens beaucoup plus considérables.

Vue aérienne.

La Saline royale d’Arc-et-Senans

Construite entre 1774 et 1779, la Saline royale d’Arc-et-Senans, dans le Doubs, dont les plans furent approuvés par Louis XV et par Trudaine, est le chef-d’œuvre de Ledoux. On peut y accéder par une route rectiligne tracée à travers la forêt de Chaux. L’entrée, précédée par un péristyle d’ordre dorique, dont les proportions massives, d’allure archaïsante, sont copiées de Paestum, est logée dans une grotte qui donne l’impression de pénétrer dans une mine de sel. L’alliance des colonnes, motif archétypal du néoclassicisme, et de la grotte ornée de concrétions, qui évoque les créations de la Renaissance, marque l’opposition, mais aussi l’articulation, entre les forces élémentaires de la nature et le génie organisateur de l’homme, qui traduit les réflexions du XVIIIe siècle – on pense notamment à Jean-Jacques Rousseau – sur le rapport entre la technique et la nature.

Panorama

L’entrée donne sur un vaste espace semi-circulaire entouré de dix bâtiments qui s’ordonnent sur la demi-circonférence et son diamètre. Sur la partie circulaire, on trouve la tonnellerie, la forge et les deux bâtiments d’habitation pour les ouvriers ; sur la partie rectiligne les ateliers d’extraction du sel, ou bernes, alternent avec des bâtiments administratifs dont, au centre, le pavillon du directeur, qui contenait à l’origine la direction et la chapelle.

Plan du premier projet proposé par Ledoux en avril 1774 et refusé par le roi. Planche 12 de « L’architecture considérée sous le rapport de l’art, des mœurs et de la législation », Paris, 1804.

La signification de ce plan est ambivalente : le cercle, figure parfaite, évoque l’harmonie de la Cité idéale, lieu de la concorde dans le travail commun, mais il rappelle aussi les théories contemporaines de l’organisation et de la surveillance, particulièrement le « panoptisme » de Jeremy Bentham.

La saline peine à entrer dans une phase de production industrielle et rentable, en raison de la concurrence des marais salants. Devenue obsolète avec l’apparition de nouvelles technologies, elle ferme ses portes en 1895. Le rêve d’achèvement d’une manufacture, conçue à la fois comme une demeure royale et une nouvelle ville, prend fin.

L' »ordre industriel »

Ledoux invente un nouveau style de colonne !

À Arc-et-Senans, Claude Nicolas Ledoux invente pour sa saline un « ordre industriel » jamais vu, fait de cylindres et de panneaux carrés superposés. Pour son usine d’un nouveau genre, bâtie au siècle des Lumières, qui n’hésite pas à remettre en cause les idées anciennes, il veut un ordre nouveau !
Ces surprenantes colonnes sont peut-être aussi une réponse au roi Louis XV qui avait refusé son premier projet de saline sous prétexte qu’il comptait « trop de colonnes », ces dernières devant alors rester réservées aux temples et aux palais, et non aux usines !

Brigadier des Fermes du Roi.jpg

Il est aussi l’architecte du théâtre de Besançon et de la Ferme générale.

Rotonde de la Villette à Paris, ancien pavillon du mur des Fermiers généraux.

En 1782, les fermiers généraux proposèrent au roi Louis XVI d’enfermer Paris dans un nouveau mur d’enceinte, en faisant percer des ouvertures exclusivement destinées à l’introduction des marchandises nécessaires à la consommation des habitants de la capitale. Le projet fut accepté et le mur fut érigé. La fonction fiscale du mur le rendit très impopulaire, et suscita cet alexandrin anonyme : « Le mur murant Paris rend Paris murmurant. »

Barrière de Chartres, rotonde du parc Monceau.

Les passages ménagés dans l’enceinte s’appelaient des barrières. La plupart des barrières étaient munies de bâtiments, ou bureaux d’octroi, appelés « propylées » par leur concepteur, l’architecte Claude Nicolas Ledoux.

L’utopiste

Autour de la saline royale, Ledoux formalisa ses conceptions innovantes d’un urbanisme et d’une architecture destinés à rendre la société meilleure, d’une Cité idéale chargée de symboles et de significations. Il est considéré, avec Étienne-Louis Boullée et ses projets de Cénotaphe de Newton ou de basilique, comme l’un des précurseurs du courant utopiste.

Dès 1775, il avait présenté à Turgot les premières esquisses de la ville de Chaux, dont la saline royale devait former le centre. Le projet, constamment perfectionné, fut gravé à partir de 1780.

Atelier de fabrication en fonctionnement.

Utopiste radical de l’architecture, enseignant à l’École royale des beaux-arts, il crée un singulier ordre architectonique, une nouvelle colonne formée d’une alternance de pierres cylindriques et cubiques superposées à l’effet plastique saisissant. L’époque est alors au retour à l’antique, à la distinction et au dépouillement, au goût pour le style « rustique ».

Equerre Compas

Le Franc-Maçon

Certains écrivent : « Une large place est consacrée à la franc-maçonnerie en Franche-Comté, notamment à la Loge Sincérité, fondée en 1764 par l’intendant Charles-André de Lacoré. Elle compte parmi ses initiés de nombreuses personnalités : Claude-Nicolas Ledoux, Choderlos de Laclos, initiateur des loges d’exception, Luc Breton, Jean Wyrsch… »

Projet initial

Rappelons que l’histoire de la Franc-Maçonnerie à Besançon débute à partir du XVIIIe siècle, lors de la création de la plus ancienne Loge de la ville, la Loge Sincérité. Son ancienneté, son influence sur la Franc-Maçonnerie au XVIIIe siècle et sa contribution à la survivance d’un système maçonnique particulier, le Rite Écossais Rectifié, en fait encore aujourd’hui une Loge d’exception. Elle ne sera pas la seule institution franc-maçonne de la ville ; en effet, au cours des siècles les Loges Parfaite Union et Constante Amitié s’ajoutent à la Loge Sincérité, avant que toutes ne fusionnent pour former la loge « Sincérité, Parfaite Union et Constante Amitié Réunies » (SPUCAR).

Carte générale des environs de la Saline de Chaux. Planche 14 de « L’architecture considérée sous le rapport de l’art, des mœurs et de la législation », Paris, 1804.

D’autres déclarent : « Initié dans la franc-maçonnerie mystique, Ledoux participait, avec son ami William Beckford (le maire de Londres ?) à de mystérieuses cérémonies. La Loge féminine de La Candeur se réunissait dans l’hôtel qu’il avait construit, rue des Petites-Écuries, pour Mme d’Espinchal. »

« Grotte » sous le péristyle du bâtiment d’entrée.

Toujours est-il que son appartenance à la maçonnerie n’est toujours pas attestée, malgré le fait que nous trouvions dans le fichier Bossu de la BnF, 27 fiches correspondants à des Ledoux, orthographiés de plusieurs manières (Le doux, Ledoulx, Ledoux, etc.). Celle de notre Claude-Nicolas ne laisse apparaître aucune appartenance à l’Art Royal.

Vue du bâtiment de graduation de la Saline de Chaux. Planche 9 de « L’architecture considérée sous le rapport de l’art, des mœurs et de la législation », Paris, 1804.

Sa fiche ne fait nullement mention de son appartenance à une Loge ou à sa date de réception, contrairement aux autres fiches. De plus, ni le « Ligou » – si ce n’est un Léon Ledoux (1862-1932) sans rapport avec l’architecte, ni le « Saunier » n’en font mention. Alors, l’appartenance maçonnique de Claude-Nicolas Ledoux n’est-elle qu’une légende faisant plaisir aux maçons ? Mais quand la légende est plus belle que l’histoire…

Des Racines et des Ailes : La monumentale saline royale d’Arc-et-Senans

Sources : Wikipédia ; Libération.fr/culture/le grain de sel royal de Ledoux par Jean-Pierre Perrin ; geneanet ; Wikimedia Commons ; Détours de France ; https://passerelles.essentiels.bnf.fr/

Maison du directeur – Photographie prise par Patrick Giraud.

Le « Grantorian » mis à l’honneur par le Journal Lyon Capitale

De notre confrère lyonnais lyoncapitale.fr – Par Guillaume Lamy

Cette semaine, le quotidien lyonnais nous propose un néologisme qui entrera peut-être dans le futur dictionnaire de la Franc-maçonnerie du XXIè siècle. Il s’agit du terme : « Grantorian » pour l’appellation habituelle de Grand Orient de France. Notre confrère revient sur la réception du Grand Maître Georges Serignac par le maire de la ville.

Mot en vogue dans le paysage politique lyonnais sous la IIIe République. Réapparu avec cœur sous l’ère Collomb et désormais en vogue chez les Verts.

[Grantorian]. Mot en vogue dans le paysage politique lyonnais sous la IIIe République. Réapparu avec cœur sous l’ère Collomb (Gérard, car avec Francisque, c’était le directeur de l’Opac qui portait le tablier ; comme, d’ailleurs, ses homologues noiriste et barriste, le logement social ayant toujours été tenu par les frères). Le mot a été remis au goût du jour par Grégory Doucet qui a récemment invité en grande pompe (300 VIP), sous les ors de l’hôtel de ville, le grand maître du Grand Orient de France, principale obédience maçonnique française, qui souffle ses 250 bougies. « La République sait ce qu’elle doit au Grand Orient de France”, a tweeté le maire.

Les Verts et le Grand Orient, mariage de la carpe et du lapin ? Pas si sûr malgré ce qu’en dit à Lyon Capitale Pascale Bonniel-Chalier, ancienne élue de la Ville de Lyon lors du premier mandat de Gérard Collomb et aujourd’hui conseillère régionale EÉLV : “Nous avons toujours été très méfiants envers la franc-maçonnerie. Nous sommes le parti de la transparence et ces organisations ne le sont pas.” N’en déplaise à Georges Sérignac, le grand maître, qui expliquait en fin d’année dernière : “On présente souvent les écologistes comme des extrémistes : c’est un contresens absolu car ils défendent les grands équilibres qui permettent la sauvegarde de la vie humaine !” “Grantorian” est donc le nouveau mot tendance en ville. Pour Grégory Doucet, le message envoyé est celui d’être un “maçon sans tablier”, c’est-à-dire qu’il soutient les engagements maçonniques mais n’est pas affilié à une loge. “C’est Lyon…”, explique Alain Bauer, ancien n° 1 du GOF. Comme disait Raymond Barre en son temps : “Il y a trois corps constitués à Lyon : les curés, les francs-maçons et les Juifs. En temps normal, ils s’étripent, sauf à Lyon.”

La loge maçonnique traditionnelle fête ses 143 ans à Santa Cruz

De notre confrère brésilien gaz.com.br – Par JOSE AUGUSTO BOROWSKY

Fondée le 15 mars 1880, la Loge maçonnique traditionnelle Lessing 61, à Santa Cruz do Sul, a fêté ses 143 ans la semaine dernière. Avant cette date, la franc-maçonnerie existait déjà, mais de manière informelle.

Son premier Grand Maître était Karl Von Koseritz et le vénérable maître était Friedrich Wilhelm Bartholomay. Le personnel était composé d’immigrants évangéliques allemands et de leurs descendants. Sans avoir son propre siège, les premières sessions ont eu lieu dans l’ancien bâtiment du Clube União (au coin de l’actuel magasin Boticário).

En juillet 1895, la confrérie a commencé la construction de son temple, avec un projet de l’ingénieur Carlos Trein Filho. L’imposant bâtiment, sur la Rua Ten. Cél. Brito, 277, a ouvert ses portes le 23 juin 1897. Le bâtiment est préservé et est toujours utilisé. A l’étage supérieur se trouve la salle de réunion et à l’étage inférieur se trouve un restaurant. Le parrain est la Sociedade Beneficente Lessing, fondée en 1898 et dont Carlos Trein fut le premier président. 

L’emplacement du temple a été très bien étudié par les fondateurs et était situé autour de l’hôtel de ville (Praça da Bandeira) et de l’ancienne église évangélique, qui se trouvait au coin de Brito et Borges de Medeiros. Les distances entre les trois lieux étaient parfaitement mesurées et formaient le triangle des trois pouvoirs – philosophique, ecclésiastique et politique – qui constituent les piliers de la franc-maçonnerie. Avec la démolition de l’église (en 1925), seule la ligne droite entre la Loge et le Palacinho est restée. Dans le passé, il y avait même une légende selon laquelle des tunnels reliaient les trois sites.

Magasin Lessing, église évangélique et hôtel de ville : triangle des trois pouvoirs | 
Illustration : Fernando Barros

En 1941, avec l’interdiction de l’usage de la langue allemande, le temple cesse d’être utilisé et devient le siège des Corinthiens, qui y organisent des soirées et des jeux de billard. Discrètement, cependant, les francs-maçons se réunissaient encore. Après la Seconde Guerre mondiale, les activités ont repris et se poursuivent à ce jour.

Les membres de l’ancien Lessing Lodge ont pris une part active à la vie communautaire. Parmi les œuvres traditionnelles auxquelles ont participé les francs-maçons figurent la fondation de la communauté évangélique luthérienne, Clube União et Colégio Mauá.

Les compagnons Boulangers U.V.G.T. ?

De notre confrère levainbio – Par Laurent Bourcier

UVGT est connu : Union, Vertu, Génie ou Géométrie, Travail ou Talent selon les sources. Les trois statues représentent les Pères fondateurs des Compagnonnages : Soubise, Salomon (au milieu) et Jacques.

Nous sommes nombreux à penser que les fameuses lettres U.V.G.T. sont une exclusivité des compagnons Charpentiers du rite de Soubise… et bien, cela n’a pas toujours été le cas…

Mais dans un premier temps, il semble intéressant de remonter à la naissance d’U.V.G.T. chez nos amis les Charpentiers. Selon le compagnon Cordonnier du Devoir de la Famille du Cuir, Michel JUIGNET, Tourangeau va de bon cœur, ces abréviations apparaissent chez les compagnons passants Charpentiers à la Toussaint 1789, se substituant aux lettres J. M. J.

Nous voyons aussi les lettres U.F.G.T. utilisées par les compagnons Vitriers en 1879, les Compagnons Cordonniers Bottiers du Devoir utilisant eux U.V.F.T.

Les Compagnons Teinturiers du Devoir, aux rites et symboles très obscurs et rudimentaires, essaient de se rénover vers le milieu du XIXe siècle en se disant « enfants de Salomon », fondés en 558, et ils intègrent dans un grand tableau exposé au musée du Compagnonnage de Tours les lettres U.V.G.T. 

Sans titre2

U.V.G.T. juste sous le fronton.

Ce ne sont pas les seuls : les compagnons Tanneurs du Devoir, qui essaient de rénover leur société en déclin, font de même sous la plume de Jules Napoléon BastardSaintonge la Liberté, en 1864, celui-ci propose au Tour de France les lettres U.V.G.T.

Quant aux Sabotiers, corps à l’origine peu claire, qui se disent enfants « illégitimes » des charpentiers, ils font aussi figurer U.V.G.T. sur leurs lithographies de remerciement.

Lorsqu’une corporation est puissante et fortement marquée sur le plan des rites et des symboles, comme l’est celle des compagnons Charpentiers il est évident que d’autres corps la prennent  pour modèle et lui empruntent certains de ses éléments, parce que tout simplement ils leur plaisent.

Pourquoi vouloir inventer la bicyclette quand elle existe déjà ?

U.V.G.T. semble apparaître pour la première fois chez les Compagnons Boulangers du Devoir en 1912, sur le drapeau de la Cayenne de Troyes. Celui-ci est composé comme à l’habitude, de la pelle à enfourner, du rouable et de la balance, mais les lettres L.J.B.S.F.P.V. disparaissent pour être remplacées par U.V.G.T.

Sans titre3

Drapeau  des Compagnons boulangers du Devoir de la Cayenne de Troyes.

Ces quatre lettres seront également proposées comme devise lors du congrès de la Fédération Générale du Compagnonnage en 1922. Lors de la réunion du Comité central de la Fédération Générale, le 13 mai 1923 (voir le journal Le Compagnonnage, p. 3).

On lit dans le procès-verbal que  « La discussion étant close, le C. Robin demande ce que la F.G. entend faire de la décision des C. Charpentiers. D. D. en ce qui concerne la devise U.V.G.T., dont ils revendiquent la propriété. Le président G. répond qu’il ne connaît pas, tant qu’à lui, de monopole en matière de symbolisme compagnonnique, mais ne désirant pas soulever de discussion, ni sembler vouloir prendre d’office des allégories revendiquées par les C. Ch. , il sera facile de trouver d’autres formules au titre symbolique de la F. G. et à cet effet il déclare donner satisfaction aux C. Charpentiers. D.D. en annulant cette décision qui n’était en somme que provisoire : l’Assemblée approuve.

Le C. Poulet Mâconnais l’Ami du Progrès,  Compagnon Boulanger du Devoir, président général des Compagnons Boulangers du Devoir, secrétaire général de la Fédération générale du Compagnonnage, déclare cependant qu’il trouve étrange que les C. Charpentiers. D. D. revendiquent la propriété exclusive de ces quatre lettres, attendu que les C. Boulangers D. D. les pratiquent également dans leur symbolisme, et n’entendent pas les abandonner.

Le C. Robin dit qu’il ignorait ce fait et n’entend pas enlever des droits aux habitudes acquises mais tout simplement éviter des froissements. »

Nous retrouvons aussi une allusion à ces lettres dans un autre numéro du journal Le Compagnonnage, n° 43 de janvier 1923, où figure un article sur « Le symbolisme » par le compagnon G. Lagrèze, Bourguignon Fais ce que Doit, de l’Union Compagnonnique.

Les lettres U.V.G.T. sont utilisées par l’ensemble des Cayennes des Compagnons Boulangers en activité à cette période d’entre deux guerre. La Cayenne de Blois, sur l’enseigne du Louis XII, siège tenu par notre Mère Cailleau.

Sans titre4

Enseigne des compagnons Boulangers du Devoir de Blois, en portant attention sur cette photographie de mauvaise qualité, les lettres UVGT autour du compas et équerre entrelacées.

Les paroles du Compagnon Poulet, Mâconnais l’Ami du Progrèsprésident général des Compagnons Boulangers laissent aussi entendre que la Cayenne de Paris les utilisaient également, ainsi que l’ensemble des Cayennes des Boulangers du Devoir du tour de France.

Une convocation aux assemblées générales de la Cayenne des Compagnons Boulangers de Bordeaux, datant de cette période, nous confirme cette utilisation tout a fait officielle de ces quatre lettres symboliques nous y trouvons en effet L.J.U.V.G.T.S, incorporation d’U.V.G.T. de l’ancienne devise L.J.B.S.F.P.V., entrainant la suppression des lettres B.F.P.V.

Sans titre5

(ex-Musée des arts et traditions populaires)

Nous trouvons cette signification « Unis Vous Grandirez Toujours »,  découverte en 1995, dans un porte document ayant appartenu à mon arrière grand-père, Compagnon Charpentier, signification réservée probablement aux aspirants trop curieux, comme cela est pratiqué pour nos  jeunes Boulangers : «  Les Jeunes Boulangers Sont Faits Pour Voyager »…

Laurent Bourcier, Picard la Fidélité, C.P.R.F.A.D.

Franc-maçonnerie et Rosicruciens de l’Amorc s’associent pour améliorer l’humanité

De notre confrère brésilien ariquemesonline.com.br

Le jeudi 23 mars, le Grand Maître Frater Hélio de Moraes e Marques a reçu au siège de l’AMORC, à Curitiba au Brésil, la visite illustre de deux dirigeants maçonniques : le Grand Maître Marco Antônio Corrêa de Sá – de la Grande Loge maçonnique de l’État de Paraná et le Grand Maître Frater Ailton Elisiário de Souza – de la Grande Loge maçonnique de l’État de Paraíba.

L’Ordre Rosicrucien-AMORC et la franc-maçonnerie se félicitent mutuellement pour cette occasion propice au cours de laquelle le Grand Maître Marco Antônio Corrêa de Sá sera rituellement assermenté le 25 mars dans la Grande Loge maçonnique de l’État du Paraná avec son adjoint José de Faria.

Malgré leur indépendance, les deux Ordres s’efforcent d’améliorer l’humanité selon le fil à plomb et le carré de la bonne éthique et les principes de la trinité de la Lumière, de la Vie et de l’Amour sous l’inspiration du Cosmique et du Grand Architecte de l’Univers.

Cette perspective aide au développement personnel et spirituel de ses membres, promouvant des valeurs telles que la liberté, l’égalité et la fraternité sous les auspices du rosicrucianisme.

Tous deux ont des enseignements et des pratiques qui visent l’évolution de l’individu et des sociétés dans différents domaines de la vie, y compris l’intellect, l’émotionnel et le spirituel. De plus, la franc-maçonnerie et l’ordre rosicrucien ont des traditions séculaires d’étude et de réflexion avec des expériences très similaires à des moments difficiles de l’histoire humaine.

Pour le Grand Maître Frater Hélio de Moraes e Marques, ce fut un moment important pour souligner l’amitié et la solidarité entre les deux organisations. « Tout ce qui monte, va au même point et la mission est le bien commun », précise Hélio.

Grâce au travail effectué par ces deux organisations, de nombreux chercheurs trouvent une communauté de soutien et un environnement accueillant propice à la croissance personnelle et spirituelle dans la poursuite d’un but supérieur dans la vie. L’importance de la franc-maçonnerie et de l’ordre rosicrucien, AMORC peut être vue dans les moments les plus significatifs de l’histoire humaine.

Ce sont des institutions distinctes, qui se respectent et, surtout, préservent l’harmonie et l’empathie les unes envers les autres. La visite a été conduite par le conseiller juridique de l’URCI, frater et franc-maçon, José de Jesus Gonçalves Bambil.

Où se trouve le trésor des templiers ?

Depuis la disparition de l’ordre des templiers en 1312, un mythe sur l’existence d’un possible trésor alimente écrivains, cinéastes, chasseurs de trésors ou simples curieux. Mais qui sont les templiers et d’où provient leur immense richesse ? Un trésor des templiers peut -il réellement exister ?

Sources bibliographiques : – Demurger Alain,

Les Templiers : une chevalerie chrétienne au Moyen-Âge,

PTS Histoire, 2014, 720p. – Lamy Gautier,

Les Templiers, de l’apogée à la chute, Broché, 2015, 224p.

– Pernoux Régine, Que sais-je ? : Les Templiers, PUF, 2011, 128p.

– Leroy Thierry, Les Templiers, légendes et histoire, Imago, 2007, 163p. ++++++++++++++++++++

Liens Internet : – Carte des commanderies (et site très intéressant au passage) : http://bit.ly/2fezvs8

– Emission Au cœur de l’Histoire (Franck Ferrand, Europe1): http://bit.ly/2u87tkz

– Emission 2000 ans d’Histoire (France Inter): http://bit.ly/2wdD3i1

– Histoire des templiers et explications assez complètes sur les activités de l’ordre : http://bit.ly/2ws3T5p

– Wiki : http://bit.ly/2wrYz25

En Afrique, église et franc-maçonnerie ne font pas bon ménage

De note confrère africa.la-croix.com – Par Lucie Sarr

Notre confrère La Croix revient sur les évènements des dernières semaines avec le refus de célébrer une messe pour les obsèques de notre Frère du Togo Anani Kokouvi Clomegah. Nous vous invitons à ce sujet à lire les deux articles récemment parus (Passage à l’Orient Éternel du Grand Maître de la GLNTRites funéraires au Togo). Revenons à l’article de La Croix Africa.

Question de foi 

Fin février, l’épiscopat togolais a refusé de célébrer des obsèques catholiques au Grand Maître des francs-maçons de ce pays d’Afrique de l’Ouest.

Ce nouveau refus fait suite à plusieurs réitérations récentes par les épiscopats africains de l’interdiction d’appartenance à la franc-maçonnerie, sur fond d’inquiétude d’infiltrations des sociétés secrètes au sein de l’Église.

Côte d’Ivoire, République du Congo, Togo, Cameroun… Les épiscopats africains ne manquent pas de traiter dans leurs lettres pastorales la question de la franc-maçonnerie et plus largement des courants dits « ésotériques ». La question de l’incompatibilité entre la franc-maçonnerie et le catholicisme est également régulièrement abordée dans des livres et conférences à travers le continent tandis que les familles de francs-maçons notoirement connus se heurtent au refus des diocèses de célébrer des obsèques religieuses à leur parent décédé.

Le refus d’obsèques catholiques

Le cas le plus récent et qui défraie actuellement la chronique se déroule au Togo. Dans une circulaire datée du 13 mars adressée, l’archevêque de Lomé, Mgr Nicodème Anani Barrigah-Bénissan, a annoncé l’impossibilité pour l’Église de célébrer les obsèques d’Ignace Anani Kokouvi Clomegah notamment connu comme étant le Grand Maître des francs-maçons du pays mais également fidèle paroissien de la paroisse Cristo-Risorto-de-Hedzranawoé.

Pour justifier cette décision, l’ordinaire de Lomé fait référence à une lettre pastorale de la Conférence épiscopale togolaise publiée le 25 mars 2011 « sur la franc-maçonnerie et les autres sectes, factions séditieuses, assemblées, réunions, agrégations, conventicules para-maçonniques ».

En Côte d’Ivoire, la même question s’est posée en février 2017 quand le cardinal Jean-Pierre Kutwa, archevêque d’Abidjan, a refusé des obsèques catholiques à Magloire Clotaire Koffi, publiquement connu comme étant le Grand Maître des francs-maçons du pays à l’époque. S’en était suivi, en mai de la même année, une déclaration de la Conférence des évêques catholiques de Côte d’Ivoire (Cecci), appelant les catholiques à « résister à la franc-maçonnerie », puis en 2018, la publication d’une lettre pastorale sur l’incompatibilité entre la doctrine catholique et la franc-maçonnerie. « Les fidèles qui appartiennent aux associations maçonniques sont en état de péché grave ; ils ne peuvent accéder à la sainte communion ; ils ne peuvent, non plus, bénéficier des honneurs des funérailles chrétiennes », affirmaient alors les évêques ivoiriens.

En novembre 2017, leurs homologues du Congo-Brazzaville adoptaient une attitude tout aussi tranchée sur la question des groupes ésotériques et du syncrétisme religieux. « L’évêque, le prêtre ou le chrétien catholique qui appartient ou milite dans les associations ésotériques s’expose à l’interdiction de recevoir la sainte communion et les autres sacrements », prévenaient-ils se montrant catégoriques concernant la célébration d’obsèques religieuses catholiques pour les personnes appartenant à cercles ésotériques.

De leur point de vue – reprenant le code de droit canonique – de telles personnes devraient être privées de funérailles religieuses « à moins d’avoir montré quelques signes de repentance ou de pénitence avant la mort ». Une posture également adoptée au Bénin, en novembre 2017, au décès de José Dominique Loko, consul honoraire de la Côte d’Ivoire au Bénin et dignitaire d’une loge maçonnique. « La paroisse saint-Michel de Cotonou a décidé de ne pas célébrer d’obsèques religieuses pour José Dominique Loko à cause de son appartenance avérée à une loge maçonnique », annonçait laconiquement sous couvert d’anonymat, une source du diocèse de Cotonou, jointe par La Croix Africa.

Des francs-maçons qui financeraient des chantiers d’Église ?

Dans les discours de ces épiscopats africains, si la question de l’incompatibilité entre franc-maçonnerie (et autres courants dits ésotériques) et foi catholique est abordée en mettant en exergue les mêmes arguments (1), le point qui attire le plus l’attention concerne l’existence d’un groupe de pression franc-maçon qui aurait infiltré l’Église – ou qui chercherait à le faire – par le biais de ses moyens financiers. « Nous en appelons à la vigilance et au discernement des curés de paroisses, des responsables d’institutions et des communautés nouvelles face à certaines offres pour la réalisation de vos différents projets », mettait ainsi en garde l’épiscopat ivoirien dans sa lettre pastorale de 2018, une idée reprise par l’épiscopat camerounais dans sa lettre pastorale datant de 2019 sur la franc-maçonnerie et la Rose-Croix.

« En ce moment, dans certaines paroisses de nos diocèses, dans les conseils paroissiaux et même dans certains organismes diocésains, l’on trouve de plus en plus présentes et à des postes de responsabilité, des personnes appartenant à la franc-maçonnerie, à la Rose-Croix ou s’adonnant à la sorcellerie et à qui l’on administre sans scrupule les sacrements que Jésus-Christ a confiés à notre Sainte mère l’Église », déploraient avec assurance les évêques camerounais.

Pourquoi les chrétiens d’Afrique intègrent-ils la franc-maçonnerie et les cercles ésotériques ?

Un dirigeant d’un groupe de prière catholique, abordant cette question avec La Croix Africa, estime que la conception négative de l’« Évangile de la prospérité » est une cause du désintérêt de certaines personnes pour la doctrine catholique au profit d’autres courants religieux. « Le problème, dans l’Église catholique en Afrique, c’est que l’on a diabolisé l’argent et la richesse. Du coup, les catholiques n’ont pas une culture de la recherche des biens matériels. C’est dommage parce que nous sommes obligés, après, de solliciter des francs-maçons et autres rosicruciens pour financer nos chantiers d’Église », commente-t-il.

À ses yeux, le développement personnel promu par les communautés nouvelles issues du Renouveau charismatique et leur regard décomplexé sur les biens matériels est aussi moyen de retenir les chrétiens dans l’Église catholique.

Pour sa part, dans une interview accordée à la Croix Africa, réalisée en février 2019, le père Maurice Hounmènou, prêtre du diocèse de Cotonou au Bénin, auteur d’un livre sur l’ésotérisme et la foi chrétienne (1), évoquait trois raisons qui pourraient justifier l’attrait des chrétiens d’Afrique pour les cercles ésotériques. D’abord la perte de la symbolique rituelle chrétienne, avec des liturgies de plus en plus « bavardes et bruyantes » alors que le peuple est en quête d’intériorité. Ensuite, les réponses de l’Église aux préoccupations de ses membres manquent, selon lui de mordant. « Les jeunes, par exemple, n’ont pas toujours l’impression que leurs pasteurs les écoutent et les comprennent. Ils sont donc attirés par toutes formes de cercles ésotériques qui privilégient la fraternité, l’entraide, la libre-pensée, le dialogue franc et vrai » et enfin une théologie et des catéchèses trop cérébrales avec « une prédominance du discours “moralisateur” sur l’expérience rituelle, d’où la tendance de certains chrétiens à aller naturellement vers les théories du développement personnel qui semblent plus concrètes et plus actuelles ».

Lucie Sarr

(1) P. Jean-Philippe Diouf, Lettres à un ami franc-maçon, puis-je aller à la loge et à l’église ? Lomé, Éditions Saint-Augustin Afrique, 2015

(2) L’ésotérisme et la foi chrétienne : les raisons d’une incompatibilité, Les Éditions IdS, Cotonou 2019, 190 pages.

Qu’est-ce qui unit le Football à Séville à la Franc-maçonnerie ?

De notre confrère espagnol estadiodeportivo.com

Le Real Betis Balompié, couramment appelé Real Betis ou Betis, est un club de football espagnol fondé le 12 septembre 1907 et basé à Séville, en Andalousie. Là-bas, le foot et la maçonnerie ont un point commun… le logo !

La légende de l’écu verdiblanco ne s’arrête pas, il s’est déjà glissé sur la couverture de la foire dédiée au Centenaire de Séville et il se dessine sur le sol de la Plaza Nueva…

L’ écu du Bétis , en forme de triangle renversé, couronné comme celui d’une institution au titre de « Royal » et à treize barres, a eu et a encore une littérature de toutes sortes, pour la plupart louable, bien que maintenant, une « Histoire Inconnue » de Séville, l’œuvre de l’homme politique, écrivain et bétique Emilio Carrillo , lui a attribué une genèse maçonnique. Cette origine dans la Franc-maçonnerie , de l’avis de Carrillo, vient augmenter la légende d’un bouclier qui, entre autres vicissitudes, figure dessiné avec le fleuve chinois au pied de la sculpture de San Fernando qui préside la Plaza Nueva et « se faufile » sur la couverture de la Foire d’Avril qui a commémoré le centenaire du Sevilla FC.Carrillo , qui a été adjoint au maire et porte-parole du PSOE au conseil municipal de Séville, compile parmi les épisodes mystérieux de la ville de Séville depuis l’ancien Tartessos jusqu’à nos jours, celui du bouclier Verdiblanco et du Betis, qu’il décrit comme « une institution sportive référente de la Franc-maçonnerie ».

Le bouclier actuel du Betis date de 1957, lorsque le président Benito Villamarín a donné son feu vert à un croquis que lui a présenté José María de la Concha qui, selon Carrillo, a légèrement modifié celui qui était utilisé depuis la proclamation de la Deuxième République  en 1931, avec les dirigeants de la franc-maçonnerie desquels « le conseil d’administration qui adopta le nouvel emblème entretint des liens significatifs ».

A cette date, l’écu du Betis a été changé, un cercle surmonté d’une couronne et avec le double B du Betis Balompié entrelacé en son centre, par un décret interdisant la couronne dans tout type d’emblème, pour lequel le président de Verdiblanco, José Ignacio Mantecón Navasal , qui appartenait à la loge maçonnique Constancia, a organisé un concours remporté par Enrique Añino Ylzarbe-Andueza.

Enrique Añino a conçu le bouclier vert et blanc comme un triangle inversé avec treize bandes vertes et blanches et un losange plus petit, avec les initiales du club, dans sa partie centrale supérieure, qui, de l’avis de l’auteur de l’étude, montre son origine maçonnique. Carrillo soutient que le triangle est l’image géométrique du ternaire et que cette symbolique numérique équivaut au 3, la trinité (actif-passif-neutre), et représente la triple nature de l’Univers , traditionnellement constituée de triades (homme-ciel- terre ou père-mère-fils) et a donc été interprété par les cultures anciennes.

Il cite Juan Eduardo Cirlot dans son « Dictionnaire des symboles » pour soutenir que lorsque le triangle apparaît inversé, il devient une allégorie encore plus complexe, indiquant au moins trois choses : signe d’eau ; expression de l’innovation et de la force, en raison de la direction vers le bas de sa pointe ; et synonyme de cœur graphique.

Avec José María Albert, l’auteur souligne que le triangle inversé est une transcription du principe féminin et évoque le ventre, la Grande Mère, la divinité-femme qui complète la double et unique nature masculin-féminin (le principe hermétique du genre) d’Être Un, Tout ou Grand Architecte de l’Univers. Il soutient également que le triangle inversé a été incorporé par la franc-maçonnerie dans son esthétique à travers le carré, qui se croise avec le compas pour donner forme à ce qui est son distinctif le plus reconnu et qu’il s’agit de la deuxième des trois grandes lumières qui illuminent les loges maçonniques.

Emilio Carrillo se penche également sur le symbolisme des treize barres et souligne que treize « est le nombre le plus important pour la franc-maçonnerie » et qu’il « représente la transformation et la transmutation, l’accès à la sagesse et la connaissance des mystères à travers l’alchimie, la mort et la renaissance intérieure, c’est pourquoi il est généralement associé à la figure de l’Oiseau Phénix qui renaît de ses cendres ».

Entre autres questions, il soutient que le losange, éliminé de l’écu de 1957, « renforce les significations déjà esquissées par rapport au triangle inversé et aux treize barres », et que « sa forme et sa position sur l’écu évoquent la boussole de Mason sur le carré même ».

De plus, l’auteur de l’ouvrage cite Karl Hentze et Mircea Eliade pour souligner que « le losange est l’emblème de l’organe sexuel féminin, raison pour laquelle, entre autres, il était utilisé par les Grecs comme un instrument magique dont le mouvement pouvait inspirer ou accélérer les passions des hommes. »