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Tourisme : sur les traces des Templiers en Wallonie

De notre confrère belge max.sudinfo.be – Par PAR PIERRE JACOBS

Ordre religieux et militaire fondé en 1128 lors du concile de Troyes, les Templiers ont durablement marqué les esprits de leur aura de mystère. De ces chevaliers du Christ, il reste encore quelques petites traces en Wallonie.

L’ordre des Templiers avait été créé afin de protéger et d’accompagner les pèlerins pour Jérusalem alors que le contexte de l’époque était à la guerre sainte. Pour mener à bien cette mission, ils avaient été pourvus de nombreux privilèges fiscaux et dotés de biens fonciers (dont un réseau de commanderies) qui leur ont assuré la fortune pendant près de deux siècles. En 1312, l’ordre fut dissous par le pape Clément V et les Templiers furent accusés d’hérésie, puis persécutés. Aujourd’hui encore, ils hantent les esprits, tout comme leur fabuleux trésor qui serait toujours caché quelque part.

Et peut-être en Wallonie ? Qui sait… L’histoire des Templiers en Belgique remonte en effet au début du 13e siècle, lorsque l’ordre a commencé à s’installer dans le pays. Ici également, ils étaient riches et puissants, possédant des terres et des bâtiments. Avec leur disparition, leurs biens et propriétés en Belgique ont été transférés à d’autres ordres religieux, notamment l’Ordre de Malte. Mais il reste encore aujourd’hui quelques bâtisses et monuments qui témoignent de leur présence sur nos terres.

Vestiges en Wallonie

Le village de Villers-le-Temple, en province de Liège, peut ainsi difficilement cacher son origine puisque son nom provient d’une ancienne commanderie de l’Ordre. Son château, situé dans le cœur historique, a d’ailleurs été fondé par Gérard de Villers, un chevalier templier. L’église dispose encore d’une dalle tumulaire à son nom.

À Thines, près de Nivelles, vous pouvez profiter de la salle et du service traiteur de la commanderie de Vaillampont dont l’existence remonterait à la fin du 12e siècle. Après la dissolution des Templiers, le domaine sera repris par l’Ordre de Malte pour être ensuite vendu à l’État à la Révolution française. La commanderie de la Neuve-Court à Wavre a été offerte vers 1140 aux Templiers par Godefroid 1er. Le domaine possédait alors près de 100 hectares de terres qu’ils valoriseront avant que le lieu ne passe dans les mains des Hospitaliers de Saint-Jean. La ferme actuelle date néanmoins du 17e siècle mais possèderait encore quelques pierres d’époque.

Située entre Courtrai et Tournai, la petite commune d’Estaimpuis possède toujours en ses murs la commanderie de Saint-Léger qui se dresse aujourd’hui dans la rue des… 9 Templiers. Certains vestiges de la ferme actuelle datent toujours du 13e siècle. À l’origine, l’ensemble était composé d’un grand manoir avec baies, d’une chapelle et d’une grange au milieu d’un vaste domaine. L’ancienne Ferme du Temple ou « Maison de Fliémet », à Frameries, a également une origine templière et relevait à l’époque de la commanderie du Hainaut. Elle fut transformée en maison de campagne par le chapitre de Sainte-Waudru après la dissolution de l’Ordre.

Mais si les Templiers ont laissé quelques traces en Belgique, malgré les siècles et les destructions, c’est surtout dans la topologie et l’origine des noms. En Flandre, il n’est pas rare de croiser un Tempelaere ou Tempels parmi les habitants tandis que l’on se promènera dans la Tempelstraat ou Tempeliersstraat. En Wallonie également, on ne compte plus les rues du Temple ou des Templiers.

Le difficile accueil de la franc-maçonnerie en Bolivie

De notre confrère bolivien paginasiete.bo – Par Oscar Cordoue Sanchez

Alors que la demande de découverte des rituels et des cérémonies se faisaient sentir en secret et augmentait, le public s’intéressait à la franc-maçonnerie et les débats dans la presse étaient constants à cette époque.

Dans les premières décennies du siècle dernier, avec les nouvelles réformes du gouvernement libéral, il a été possible d’établir des lois et des décrets pour réformer le pays. Dans le cas de la viabilité de la liberté religieuse, l’Église catholique a dressé plusieurs obstacles pour empêcher l’importation d’autres croyances, ainsi que de nouvelles organisations secrètes telles que la franc-maçonnerie, ce qui a conduit à une singulière controverse dans la presse de La Paz.

Depuis l’arrivée des libéraux au pouvoir, l’Église a demandé de tenir ses paroissiens attentifs à toute croyance étrangère et de rejeter toute forme de religion non catholique. Le mécontentement était plus visible après la promulgation de la loi pour l’abolition de la juridiction ecclésiastique en 1906. La presse catholique, la voix de tous les événements ecclésiastiques du pays, critiquait sévèrement toute action qui dénigrait le mouvement catholique.

1917 est arrivé, une année de plusieurs événements sociaux, dont le crime des militaires et de l’ancien président José Manuel Pando. L’église, justifiant son droit d’être la voix du peuple, cherchait des indices pour identifier un coupable qui pourrait être débordé dans la presse et dans les médias. En septembre, et après cet événement malheureux, la nouvelle d’une organisation secrète dirigée par divers membres libéraux parvint dans notre pays.

La polémique surgit avec une note dans l’édition du 20 septembre du journal El Hombre Libre. Dirigé par Franz Tamayo, il a publié une chronique intitulée « Puissante organisation secrète maçonnique », exposant une « société de l’ombre cachée ». Le journal indique que plusieurs politiciens éminents sont membres de ladite organisation, l’Illimani Lodge, fondée en 1916, située au 21 Castro Street à cette époque.

Une chronique est faite de l’aventure d’un de ses reporters dans cette maison, décrivant les ornements, nappes et personnages qui se trouvent à l’intérieur du lieu et les rituels pratiqués tard dans la nuit. Compte tenu de cette situation, la réponse du lendemain ne tarderait pas à arriver.

Leo Tax, défenseur des droits maçonniques, du journal El Fígaro, commence par décrire la franc-maçonnerie et ses fonctions à qui « nous devons le fait que notre statut d’esclaves s’élèvera à celui de citoyens à l’ère dite de l’indépendance ». Il raconte l’origine des loges maçonniques modernes avec Francisco de Miranda à la tête, développant une société pour travailler à l’indépendance américaine. Il note la question de la compatibilité entre la religion et la franc-maçonnerie, donnant des exemples de réciprocité entre les représentants de loges telles que San Martín, Bolívar, O ́Higgins et leur alliance avec le clergé lors de l’indépendance américaine. De plus, il met en cause le journal de Tamayo pour s’être opposé à l’importation de nouvelles doctrines et contredire sa fonction de lutte contre l’intolérance catholique.

Cette même semaine, une chronique intitulée « Franc-maçonnerie en Bolivie » est parue dans le journal catholique La Verdad, dirigé par l’homme politique Abel Iturralde, où il a accusé la franc-maçonnerie d’être un petit groupe qui s’est beaucoup ingéré dans la politique du pays ainsi que dans les événements récents du crime de Pando, accusant la loge de cet acte, constituée de « véritables repaires des crimes les plus terrifiants ». Ils accusent le colonel et aide de camp du président Ismael Montes, Lizandro Cortez, d’être l’organisateur des rassemblements de la récente organisation maçonnique de la ville et d’être Grand Maître, chef de la loge.

El Hombre Libre, ajoutant plus de données, mentionne que ladite fondation de cette organisation est due à M. Williams, directeur d’une maison commerciale de la ville . De plus, il envoie une liste des membres qui assistent aux rassemblements nocturnes. Parmi ceux-ci figuraient Ismael Montes, George Rouma, Ezequiel Romecin, Isaac Tellería, d’éminents membres libéraux.

La réponse, le lendemain, de Leo Tax a été de développer des informations sur la franc-maçonnerie, ses membres et les exigences pour en faire partie. Entre autres points, il a nié le lien avec le crime de l’ancien président Pando, puisqu’il était répertorié comme franc-maçon depuis 1885 et membre vénérable de la Loge Iris de La Paz ; niant ainsi la participation de la franc-maçonnerie au crime de Kenko et démontrant la mauvaise condition morale de ses collègues de la presse, essayant de diffamer ladite organisation pour être une institution discrète et fermée à certains cercles.

Ainsi, pendant des semaines, une discussion animée s’ensuit entre Tax et les journalistes de La Verdad y El Hombre Libre. Plus tard, La Razón rejoindra le débat, dirigé par Bautista Saavedra, un journal qui commente l’audace de cette organisation secrète pour mener à bien ces activités « qui ont été guidées (…) pour constituer des repaires de crimes contagieux ».

Tax est rejoint par le journal de Humberto Muñoz Cornejo, El Tiempo, et tous deux commencent à commenter les crimes commis par l’église et ses représentants à différents moments de l’histoire. Ils témoignent de la bonne volonté des pays sud-américains aux diverses loges à accepter cette nouvelle organisation au service du développement moral, promouvant un large éventail d’informations encore méconnues du public bolivien.

Tax se retrouve notamment dans un vif débat avec Marco (Juan Bardina), un journaliste de La Verdad, sur l’influence du clergé pour manipuler la société et les mensonges cachés sous la franc-maçonnerie.

Dans plusieurs publications sur l’actualité du débarquement de la loge située rue Castro, la crédibilité de ce groupe et son association avec divers événements néfastes dans d’autres lieux sont remises en question, mais sans rendre l’information vraie. Entre menaces, descriptions historiques et critiques mutuelles, ils ont commencé à démanteler toutes les informations sur la Loge Illimani, financée par des éléments étrangers, dont des marchands anglais, français et allemands, membres de loges à Antofagasta, chargés d’en créer d’autres et de générer une morale, l’éducation et l’ascension spirituelle de chaque nouveau membre parrainé. Au fur et à mesure que la demande de connaissance des rituels et cérémonies secrets augmentait, le public s’intéressait à la franc-maçonnerie et à son histoire.

C’est Pedro German Muller Carmona, écrivain chilien, sous le pseudonyme de Leo Tax, qui publiera en 1918 le livre La Masonería en Bolivie, dans lequel figurent toutes les chroniques journalistiques sur le débat, pendant trois mois, qui s’est déroulé autour du rejet et la défense de cette organisation dans le pays.

Le mot du mois : « PRESQUE »

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Presque… un petit adverbe comme ça, qui n’a l’air de rien, qu’on glisse à côté de l’adjectif auquel on préfère attribuer une nuance. Comme pour en atténuer l’éventuelle violence, au risque de l’édulcorer totalement.

«  Celui qui a toujours tort est évidemment bête, mais celui qui a toujours raison est presque pire… », énonce Michel Serres, s’interrogeant sur l’impertinence.

Le champ lexical latin auquel appartient cet adverbe est significatif de l’incertitude qui l’assortit.

*Paene, qui le désigne en latin, contribue à former la péninsule, pas tout à fait une île, comme si cet entre-deux comportait une faute. La pénurie marque un manque qui n’a pas encore atteint la disette voire la famine. L’insatisfaction apparaît dans l’expression latine *me paenitet, je ne suis pas satisfait de ce que j’ai fait ou n’ai pas fait, d’où ma repentance. Donc je fais pénitence.

Même l’innocente avant-dernière syllabe d’un mot, en grammaire, est stigmatisée, c’est la pénultième! Elle est même précédée d’une antépénultième !

Presque, ce tout petit mot s’inscrit dans l’idée d’approximation floue, matière à reproche. Ce que signifie son étymologie, celle de *premere, presser, accabler.

Le presque, le pas-tout-à-fait, l’inabouti. Comme une minuscule friche entre deux territoires nettement délimités. On peut constater cette dénaturation dans des domaines spécifiques, celui des couleurs par exemple, si propres à susciter des hésitations en fonction des traditions culturelles qui peinent à les définir autrement que par métaphore. Quelques couleurs franches sont reconnues, blanc, noir, rouge, jaune, mais le terrain se fait mouvant dès qu’on aborde la zone floue entre le bleu et le vert. Est-ce le turquoize, ou le reflet du ciel dans la mer par beau temps des Bretons ? Quand on connaît la versatilité des ciels marins…

Selon le point de vue où l’on se place, l’adolescent est-il un presque adulte, qui à son tour serait déjà presque vieux ?

Caractère volatil de ce presque, point nodal sans épaisseur et pourtant si essentiel, dans la fluidité du temps, comme la musique que Vladimir Jankélévitch, grand mélomane, définissait comme un « presque-rien« , justement parce que la note, la mesure, l’harmonie, à peine sont-elles jouées et mises en oeuvre, elles se sont déjà enfuies, mais elles laissent une trace indélébile dans la mémoire, qui en fomente aussitôt la nostalgie.

Pourquoi toujours ce besoin de normes qui stigmatisent le « juste avant » et le « juste après » ? Pourquoi ne pas percevoir dans le « presque » la liberté de l’imaginaire intime, cet espace où s’ébattre, dans les relations humaines, dans un délicieux manque indéfinissable, qui évite la satiété, l’insupportable « trop » ?

Presque ressortit au même champ lexical que proche, prochain. Ce qui en rend vivaces le désir et la curiosité… sans tracer la limite…

A la mort de Clémence Royer (1830-1902), intellectuelle touche-à-tout surdouée, Ernest Renan écrivit : « Elle était presque un homme de génie ». L’inclassable Clémence, allergique à toute étiquette, à plus forte raison sur filigrane misogyne, se serait à coup sûr réjouie de ce « presque »

Annick DROGOU

Le presque resté sur le seuil qui ne sera pas franchi.

Le presque de ce qu’on ne peut circonscrire ni enfermer dans les certitudes. L’insaisissable, l’entrevu. Le jamais atteint. Comme une trace, une nostalgie d’un jadis absolu. Comme une espérance.

Le presque comme des points de suspension. Trois points c’est tout. Quand il n’y aurait rien à ajouter sauf à rompre le charme, à être péremptoire, dans la bêtise à front de taureau.

Le presque comme une paix ou une joie qui ne peuvent s’installer dans le confort paresseux du point final, du couvercle qui remiserait nos belles et tendres interrogations.

Le presque comme une apostrophe, un fragile signe qui fait liaison. Seulement liaison sans devenir glu. Le presque aussi difficile à définir que le mot âme.

Le presque de la nuance qui approche, qui affleure, qui révèle la fragilité de toute vie, qui empêche l’absurde, qui donne sens et exorcise le néant.

Le presque, toujours sur le qui-vive, à la recherche du point d’équilibre, entre le presque rien et le presque tout qui résume l’essentiel du mystère de toute chose. Douceur et pudeur du presque.

Il faut aimer ce presque, oser un presque. Le contraire du bruit, du tonitruant. Ce presque qui émerge du silence. Il faudra en accepter la résignation, pas la frustration mais plutôt l’émerveillement. Le presque va avec la contemplation, une consolation qui nous fait humain, pleinement humain. Je te connais. Non, je te connais presque. De ce que je sais de toi, de ce que tu connais de toi. Tu es le proche. Proche est le presque, dans la proximité qui empêche l’accaparement.

Le presque de l’horizon que jamais on ne touche. 

Le presque de Moïse qui n’atteint pas sa terre promise. Qui tiendra la promesse ? Mieux que toute victoire, mieux que tous les Everest des conquêtes provisoires et illusoires.

Le presque comme une danse, une souplesse, une légèreté d’allégresse, débarrassée de toute aliénation. Liberté du presque.

Le presque davantage évocation que définition.

Le presque toujours allusif.

Le presque qui nous dit qu’aucun fossé ne sera comblé.

Le presque qui danse avec le peut-être de ce qui n’est pas encore advenu. Capacité, potentialité et puissance de ces presque et de ces peut-être, non comme un lâche relativisme mais comme la force de la confiance.

Le presque au goût d’inachevé parce que toujours en commencement. Presque, sans fin, toujours le non fini, l’in-fini.

Et puis, le presque comme une tangente. L’accepter et prendre la tangente dans l’art du presque.

Jean DUMONTEIL

Société secrète… Prieuré de Sion

Le Prieuré de Sion est une association fondée et dissoute en 1956 en France par Pierre Plantard dans une tentative infructueuse de créer un ordre néo-chevaleresque. Au cours des années 1960, Plantard avance que son ordre est le dernier front d’une société secrète prétendument fondée par le chevalier croisé Godefroy de Bouillon en 1099, sur les lieux de l’actuel monastère de l’abbaye de la Dormition de Jérusalem (à l’époque dans le royaume de Jérusalem) situé sur le mont Sion. Cette abbaye rétablit la tradition monastique d’une basilique du Ve siècle qui tomba en ruine après la défaite des Croisés en 1291.

Plantard affirme être à la fois le « Grand Monarque » prophétisé par Nostradamus et un prétendant mérovingien, et qu’en outre le Prieuré de Sion s’était engagé au fil des siècles dans une conspiration pour installer une lignée secrète de la dynastie mérovingienne sur les trônes de France et d’Europe.

Emblème officiel du Prieuré de sion basé en partie sur la fleur de lys, symbole des rois de France

Les prétentions de Plantard n’ont pas résisté longtemps à l’analyse des historiens et se sont révélées être une mystification dont les prétendues preuves ont été fabriquées de toutes pièces par Plantard et d’autres membres de l’association. Plantard finit lui même par admettre ultérieurement la supercherie.

Toutefois, à la surprise de Plantard, ses revendications ont été assimilées avec le thème de la descendance de Jésus de Nazareth et de Marie Madeleine, popularisé en 1982 par les auteurs du livre The Holy Blood and the Holy Grail dont les conclusions sont ensuite reprises, en 2003, par Dan Brown dans son roman Da Vinci Code.

Histoire d’une mystification

Fondation du Prieuré de Sion

Église Saint-Joseph d’Annemasse

Le Prieuré de Sion a été fondé dans la ville d’Annemasse en 1956 en tant qu’association sous le régime de la loi de 1901. Bien que les statuts et les documents d’enregistrement soient datés du 7 mai 1956, l’enregistrement a eu lieu auprès du représentant de la préfecture de Saint-Julien-en-Genevois le 25 juin 1956 et a été publié au Journal officiel de la République française le 20 juillet 1956.

Le siège social du Prieuré de Sion et son journal Circuit étaient basés dans l’appartement de Plantard, dans un bloc de logement social construit en 1956.

Les fondateurs et signataires sont pour certains inscrits sous leurs vrais noms, les autres faisant usage d’un pseudonyme. André Bonhomme (Stanis Bellas) en était le président, Jean Deleval le vice-président, Pierre Plantard (Chyren) le secrétaire général et Armand Defago le trésorier. Circuit mentionne également Plantard en tant que président de l’Association des locataires d’Annemasse.

Le nom de « Sion » s’inspire de celui d’une colline au sud de Annemasse connue sous le nom de « Mont Sion » où les fondateurs du Prieuré de Sion avaient l’intention d’établir un centre de retraite spirituelle.

L’objectif du Prieuré de Sion était résumé par la devise « Chevalerie d’Institutions et Règles Catholiques d’Union Indépendante et Traditionaliste » dont l’acronyme est CIRCUIT. Cet acronyme est en sous-titre de l’association et aussi le nom du bulletin ronéotypé de l’association.

Les statuts de l’association expriment l’objectif de créer un ordre de chevalerie catholique traditionaliste. L’article 7 indique que ses membres devaient avoir l’espérance « de réaliser de bonnes actions pour aider l’Église catholique romaine, enseigner la vérité, défendre les faibles et les opprimés ».

Vers la fin de l’année 1956, l’Association avait prévu de forger des partenariats avec l’Église catholique locale qui auraient impliqué un service de bus scolaire géré par le prieuré de Sion et l’église Saint-Joseph d’Annemasse.

La majeure partie des activités réelles du Prieuré de Sion n’a toutefois aucun rapport avec les objectifs tels que décrits dans ses statuts. Circuit, le journal officiel du Prieuré de Sion, est décrit comme le « bulletin d’information & défense des droits & de la liberté des foyers H.L.M » et non comme assurant le travail de bienfaisance inspiré par la chevalerie. Le premier numéro de la revue est daté du 27 mai 1956 et, au total, douze numéros sont parus. Certains articles prennent des positions politiques dans le cadres de l’élection du Conseil municipal. Dans d’autres numéros figurent des critiques et attaques à l’encontre des promoteurs immobiliers d’Annemasse.

L’association a été dans les faits dissoute peu de temps après en octobre 1956, sans jamais l’être officiellement. Plantard a tenté de la faire revivre sous différents motifs entre 1961 et 1993. L’association du Prieuré de Sion est considérée par la préfecture comme étant en sommeil et n’a plus eu d’activité depuis 1956.

André Bonhomme n’a joué aucun rôle dans l’association après 1956. Il en a officiellement démissionné en 1973 lorsqu’il a entendu dire que Plantard utilisait son nom dans ses tentatives de faire revivre le Prieuré de Sion. Depuis la mort de Plantard, en 2000, plus personne n’a le droit d’utiliser le nom de Prieuré de Sion.

Mystification
Après avoir attiré l’attention du public de la fin des années 1960 jusqu’aux années 1980, l’histoire mythique du Prieuré de Sion s’est avérée être une mystification élaborée sous la forme d’un puzzle ésotérique, créée par Plantard. Les éléments de preuve, présentés à l’appui de l’existence et de l’activité du Prieuré de Sion avant 1956, tels que les soi-disant Dossiers secrets d’Henri Lobineau, ont en réalité été créés et disséminés à divers endroits en France par Plantard et ses complices.

Bien que les affirmations du Prieuré de Sion aient été démystifiées de manière exhaustive par des journalistes et des érudits comme une des plus grandes falsifications littéraires en français, de nombreux théoriciens du complot persistent toujours à croire que le prieuré de Sion était une cabale millénaire dissimulant un secret subversif religieux. Quelques chercheurs indépendants, en dehors des universitaires, affirment toutefois, sur la base d’informations d’initiés, que le prieuré de Sion subsiste toujours en tant que société secrète conspiratrice.

Certains sceptiques expriment leur inquiétude quant au fait que la multiplication et la popularité des livres pseudohistoriques, des sites web conspirationnistes et des films inspirés par la mystiification du prieuré de Sion contribuent à propager des théories du complot auprès du grand public20 ; tandis que d’autres sont troublés par la façon dont ces œuvres romancent des idéologies antisémites.

Les affabulations de Plantard

Pierre Plantard a pensé le Prieuré de Sion comme un ordre de chevalerie chrétien ésotérique dont les membres seraient des personnes influentes dans les domaines de la finance, de la politique et de la philosophie, et dévoué à l’arrivée du « Grand Monarque » sur le trône de France.

En 1957 Plantard abandonne le Prieuré de Sion (première formule), le journal Circuit, le projet de maison sur le mont Sion à Annemasse et la collaboration avec l’Église catholique pour se consacrer à sa prétendue ascendance personnelle mérovingienne et à l’avènement du « Grand Monarque ».

Seconde version de Les Bergers d’Arcadie de Nicolas Poussin en 1637

En 1960, Plantard a été marqué par l’histoire de Dagobert II parue dans un magazine Les Cahiers de l’histoire, un roi mérovingien assassiné au Viie siècle. Il a également adopté Et in Arcadia ego, titre de deux peintures de Nicolas Poussin (en français Les Bergers d’Arcadie), comme la devise de sa famille et du Prieuré de Sion, parce que la tombe qui apparaît dans ces peintures ressemblait à une autre dans la région de Razès près de Rennes-le-Château. Il fera de cette tombe un symbole pour ses revendications dynastiques.

La tour Magdala à Rennes-le-Château

À partir de 1961, Plantard met au point une histoire mythique pour le Prieuré de Sion affirmant qu’il s’agissait d’un vénérable ordre religieux catholique logé à l’abbaye de Notre-Dame du mont Sion qui avait été fondée par Godefroy de Bouillon dans le royaume de Jérusalem lors de la première croisade en 1099. Il s’agit ici d’une première erreur historique. Le prieuré est une abbaye, l’abbaye date de 415, liée à la basilique Hagia Maria Sion (Sainte-Marie de Sion) tombée en ruines après la défaite des Croisés en Terre sainte puis reconstruite de 1900 à 1910.

Entre 1964 et 1967, Plantard et son ami Philippe de Chérisey créèrent des supposées preuves pour donner de la crédibilité à la lignée et à l’origine inventées. Ils déposèrent à la Bibliothèque nationale de France une série de faux documents dont le plus célèbre d’entre-eux est intitulé Dossiers secrets d’Henri Lobineau.

L’abbé Saunière

Plantard va ensuite se servir de la popularité de Bérenger Saunière et du soi-disant trésor de Rennes-le-Château pour attirer l’attention sur ces faux documents déposés à la BnF. Il fait appel à Gérard de Sède avec qui il avait déjà travaillé, en 1962, sur Les Templiers sont parmi nous : L’Énigme de Gisors. Il l’aide, en 1967, à réécrire un livre basé sur son manuscrit jamais publié et les documents de la BnF, L’Or de Rennes : La Vie Insolite De Bérenger Saunière curé de Rennes-le-Château qui fut un vrai succès populaire.

Grands maîtres allégués

Le Prieuré de Sion est supposément dirigé par un « Nautonnier », ce qui signifie grand maître dans la nomenclature intérieure ésotérique du Prieuré.

La liste suivante des grands maîtres provient de l’appendice de L’Énigme sacrée, présenté comme étant issue des Dossiers secrets d’Henri Lobineau compilés en 1967 par Plantard sous le nom de plume de Philippe Toscan du Plantier en 1967. Tous ceux qui sont nommés sur cette liste étaient morts avant cette date. Tous sauf deux figurent également sur la liste des imperators présumés (chefs suprêmes) et des « membres distingués » de l’Ancien et mystique ordre de la Rose-Croix qui circulaient en France à l’époque où Plantard était en contact avec cet ordre rosicrucien. La plupart des prétendus grands maîtres ont en commun d’être connus pour s’être intéressés à l’occultisme ou à l’hérésie.

Les Dossiers Secrets d’Henri Lobineau ont affirmé que le Prieuré de Sion et les Templiers ont toujours partagé le même grand maître jusqu’à ce qu’un schisme se produisit en 1188. À la suite de cet événement, les grands maîtres du Prieuré de Sion sont énumérés comme suit :

Jean Cocteau Par le Studio Harcourt
  1. Jean de Gisors (1188-1220)
  2. Marie de Saint-Clair (1220-1266)
  3. Guillaume de Gisors (1266-1307)
  4. Édouard de Bar (1307–1336)
  5. Jeanne de Bar (1336–1351)
  6. Jean de Saint-Clair (1351–1366)
  7. Blanche d’Évreux (1366–1398)
  8. Nicolas Flamel (1398–1418)
  9. René d’Anjou (1418–1480)
  10. Iolande de Bar (1480-1483)
  11. Sandro Botticelli (1483-1510)
  12. Léonard de Vinci (1510-1519)
  13. Connétable de Bourbon (1519-1527)
  14. Ferrante Gonzaga (1527–1575)
  15. Louis de Nevers (1575–1595)
  16. Robert Fludd (1595–1637)
  17. Johann Valentin Andreae (1637-1654)
  18. Robert Boyle (1654-1691)
  19. Isaac Newton (1691–1727)
  20. Charles Radclyffe (1727–1746)
  21. Charles de Lorraine (1746–1780)
  22. Maximilien de Lorraine (1780-1801)
  23. Charles Nodier (1801–1844)
  24. Victor Hugo (1844–1885)
  25. Claude Debussy (1885–1925)
  26. Jean Cocteau (1925-1963)
Nicolas Flamel

Un document ultérieur, Le cercle d’Ulysse, identifie François Ducaud-Bourget, un prêtre catholique traditionaliste avec qui Plantard avait travaillé comme personnel d’entretien d’une église pendant la Seconde Guerre mondiale, comme le grand maître après la mort de Jean Cocteau. Plantard lui-même est ensuite identifié comme le prochain grand maître.

Lorsqu’il fut démontré par des chercheurs français que Les Dossiers Secrets étaient une falsification, Plantard est resté silencieux.

Lors de sa nouvelle tentative, en 1989, de faire revivre le Prieuré de Sion, Plantard a cherché à prendre ses distances avec la première liste discréditée. Il publia une deuxième liste des grands maîtres du Prieuré qui incluait les noms du défunt Roger-Patrice Pelat et son propre fils Thomas Plantard :

Marie Madeleine pénitente par le Titien
  1. Jean-Tim Negri d’Albes (1681–1703)
  2. François d’Hautpoul (1703–1726)
  3. André Hercule de Fleury (1726–1766)
  4. Charles Alexandre de Lorraine (1766–1780)
  5. Maximilien-François d’Autriche (1780–1801)
  6. Charles Nodier (1801–1844)
  7. Victor Hugo (1844–1885)
  8. Claude Debussy (1885–1918)
  9. Jean Cocteau (1918–1963)
  10. François Ducaud-Bourget (1963–1969)
  11. John Drick (1969–1981)
  12. Pierre Plantard (1981-1984)
  13. Philippe de Chérisey (1984–1985)
  14. Roger-Patrice Pelat (1985–1989)
  15. Pierre Plantard (1989)
  16. Thomas Plantard (1989-1990)
  17. Pablo Norberto (1990)

En 1993, Plantard a reconnu que les deux listes étaient frauduleuses lorsqu’il a été entendu par un juge d’instruction lors de l’enquête sur la mort de Roger-Patrice Pelat.

L’Énigme sacrée

Château de Rennes-le-Château

En 1969, l’écrivain britannique Henry Lincoln est intrigué après avoir lu Le Trésor Maudit de Rennes-le-Château de Gérard de Sède et y avoir découvert un supposé message crypté. Il y voit une possible allusion à la tombe et au sanctuaire de Sigebert IV, un supposé fils de Dagobert II inventé par Plantard, qui prouverait non seulement que la dynastie mérovingienne ne s’est pas terminée avec la mort du roi, mais que le Prieuré de Sion a reçu mission de protéger ses reliques comme un trésor. Après avoir lu Le Trésor Maudit, Lincoln persuade la BBC Two d’y consacrer trois documentaires dans la série Chronicle.

Dans les années 1980, Lincoln s’associe avec Michael Baigent et Richard Leigh pour de nouvelles recherches. Cela les conduits à prendre connaissance des Dossiers secrets d’Henri Lobineau à la Bibliothèque nationale de France, alléguant des centaines d’années d’histoire médiévale. Ne sachant pas que ces documents étaient des faux, ils les utilisent comme source principale pour écrire, en 1982, leur livre L’Énigme sacrée (The Holy Blood and the Holy Grail) dans lequel ils ont présenté ces mythes comme des faits avérés pour soutenir leur théorie :

  • Il existe une société secrète connue sous le nom de Prieuré de Sion qui a une longue histoire remontant à 1099 et dont des personnages illustres comme Léonard de Vinci ou Isaac Newton avaient été les grands maitres.
  • Cette société secrète a créé l’ordre du Temple comme son bras armé et sa branche financière.
  • Son but est la restauration de la dynastie mérovingienne parce qu’ils sont selon elle les descendants en ligne directe de Jésus-Christ et de sa supposée femme Marie-Madeleine.
  • Le Saint-Graal ou Sang Real est en même temps l’utérus de Marie-Madeleine et sa descendance.

Des auteurs comme Franck Marie, Pierre Jarnac, Jean-Luc Chaumeil et plus récemment Marie-France Etchegoin et Frédéric Lenoir en 2004, n’ont jamais considéré Plantard et le prieuré de Sion aussi sérieusement que Lincoln, Baigent et Leigh. Ils ont finalement tous conclu que le Prieuré de Sion était une Imposture et une mystification, décrivant en détail les raisons de leurs positions et donnant des preuves détaillées.

Les historiens et les érudits ayant étudié le sujet contestent la thèse de l’assimilation du Holy Blood (Sang Real) et du Holy Grail (le Saint-Graal).

The Messianic Legacy

À la suite de la parution des premières études contestant leurs conclusions, Lincoln, Baigent et Leigh répondent en écrivant en 1986 un nouveau livre, une suite à The Holy Blood and the Holy Grail : The Messianic Legacy. Les auteurs affirment que le Prieuré de Sion n’est pas seulement la cabale archétypale mais un référentiel idéal de l’héritage culturel du messianisme juif pouvant mettre fin à la crise de la signification dans le monde occidental en fournissant un roi sacré mérovingien comme une figure messianique dans laquelle l’Occident et, par extension, l’humanité peut placer sa confiance.

Plantard ayant démissionné du titre de grand maître du Prieuré de Sion en 1984, les auteurs sont conduits à y voir la conséquence d’une lutte de pouvoir interne entre Plantard et un contingent anglo-américain ainsi que d’une campagne contre Plantard dans la presse et des livres écrits par des sceptiques.

Bien que Lincoln, Baigent et Leigh restent convaincus que l’histoire pré-1956 du Prieuré de Sion soit vraie, ils avouent la possibilité que toutes les revendications de Plantard sur un Prieuré de Sion post-1956 font partie d’une mystification élaboré dans les cercles ésotristes et monarchistes français.

Prolongements

Nouvelles tentatives de Plantard

En 1989, Plantard a essayé, sans réussir, de sauver sa réputation. Il se présente en mystagogue dans les cercles ésotériques en prétendant maintenant que le Prieuré de Sion avait été fondé en 1681 à Rennes-le-Château. Il était davantage axé sur l’exploitation du pouvoir paranormal des ley lines ou sunrise lines et d’un promontoire appelé « Roc Noir » que d’installer un prétendant mérovingien sur le trône restauré de la France.

Affaire Pelat

Roger-Patrice Pelat avec François Mitterrand lors de sa visite à Rennes-le-Château, le 2 mars 1981. (crédit André Galaup)

Roger-Patrice Pelat avec François Mitterrand lors de sa visite à Rennes-le-Château, le 2 mars 1981.

En septembre 1993, après le jugement en première instance dans l’affaire Pechiney-Triangle, il avait été porté à l’attention du juge d’instruction que Roger-Patrice Pelat, accusé mais non jugé car décédé en mars 1989, avait été un grand maître d’une société secrète appelée le Prieuré de Sion. Le nom de Pelat avait été ajouté sur la deuxième liste des grands maîtres par Plantard après sa mort.

Pelat ayant été un ami personnel de François Mitterrand, ils avaient visité ensemble Rennes-le-Château, le 2 mars 1981, peu de temps avant son élection comme président de la République, le juge ne pouvait pas rejeter les informations portées à son attention sur l’affaire. Il ordonne alors un complément d’instruction et une perquisition au domicile de Plantard qui a permis de découvrir toute une série de faux documents que Plantard admit sous serment les avoir tous fabriqués y compris la participation de Pelat au Prieuré de Sion.

The Da Vinci Code

Dan Brown (Crédit Philip Scalia)
  • Dan Brown
  • Sceau de l’Opus Dei
  • Armoirie de l’Ordre souverain de Malte
  • La Joconde

En 2003, Dan Brown fait paraître son quatrième roman, Da Vinci Code. Le livre est largement inspiré par L’Énigme sacrée, l’essai publié en 1982 par les trois journalistes britanniques Henry Lincoln, Michael Baigent et Richard Leigh (qui lui intenteront sans succès un procès en plagiat). Le roman de Dan Brown relance l’intérêt du public pour, entre autres, la version pré-1956 du Prieuré de Sion.

Dans leur livre, les auteurs de L’Énigme sacrée, suggèrent qu’il existait un conflit entre le Prieuré de Sion et l’ordre souverain de Malte héritier de l’ordre de Saint-Jean de Jérusalem. Ils émettent l’idée, avérée, d’une opposition entre les Templiers et les Hospitaliers pendant les Croisades. Cependant, pour le ressort dramatique du Da Vinci Code, Brown a préféré un conflit entre l’Opus Dei, une prélature catholique controversée, et le Prieuré de Sion.

Dans le roman de Brown, l’Opus Dei s’oppose au Prieuré pour sauvegarder l’Église catholique alors que le Prieuré doit sauvegarder la descendance de Jésus-Christ et de Marie-Madeleine.

The Sion Revelation

En 2006, Lynn Picknett et Clive Prince publient à leur tour un essai pseudohistorique sur Plantard et le Prieuré de Sion : The Sion Revelation. Picknett et Prince admettent que l’histoire pré-1956 du Prieuré était bien une mystification créée par Plantard et que son affirmation selon laquelle il était un dynaste mérovingien était un mensonge. Mais ils insistent sur le fait que cela serait un procédé de narration destiné à égarer le lecteur des véritables prétentions cachées de Plantard.

Ils font valoir que le Prieuré de Sion était une organisation de façade pour l’une des nombreuses sociétés crypto-politiques qui se sont engagées à créer les États-Unis d’Europe en ligne avec la vision occulte synarchique d’Alexandre Saint-Yves d’Alveydre d’une forme idéale de gouvernement.

La Voute Étoilée : un espace de fraternité inter-Obédientiel

La Voûte Etoilée (www.lavouteetoilee.net) est un espace de fraternité inter-Obédientiel qui a pour objet de créer du lien, de diffuser la fraternité, c’est à dire de permettre les échanges, partages, dialogues entre des Sœurs et des Frères, quels que soient leur Obédience, leur Orient, leur pays.


La Voûte Etoilée est née dans l’esprit de quatre Frères. Quatre amis qui, un soir, un an avant la crise de la Covid-19, attablés au restaurant, s’interrogeaient sur cette fraternité, cet amour dont on nous parle si souvent et dont on ne voit pas toujours le bout du nez. 


L’idée a alors germé d’utiliser les nouvelles technologies pour créer un espace de fraternité, une agora maçonnique où les Sœurs et les Frères de tout horizon pourraient se retrouver. Souhaitant proposer un développement qui colle au plus près de la méthode maçonnique, le site Internet de La Voûte Etoilée se veut discret et fonctionne par cooptation ou parrainage.

Aujourd’hui, La Voûte Etoilée propose des services à travers son site Internet (Conférences Zoom, soirées Zoom thématiques, Forums de discussion, Ateliers de Recherche, articles d’auteurs, planches audios, voyages, évènements, rencontres fraternelles, constellations numériques…) et propose des groupes Telegram pour diffuser les contacts fraternels instantanément. Un groupe général pour entrer en contact avec toute Sœur, tout Frère membre de LVE et des groupes régionaux pour permettre d’initier des rencontres culturelles telles que des visites d’expositions, des rencontres maçonniques ou encore festives telles que des restos entre Sœurs et Frères.

L’esprit de fraternité est le guide de La Voûte Etoilée. Les conférences Zoom organisées, si elles font intervenir des conférenciers de qualité, n’en restent pas moins extrêmement conviviales et fraternelles. Nombreux sont les Sœurs et les Frères qui se connectent jusqu’à une heure avant l’heure des conférences pour prendre le temps de discuter et se retrouver. Les voyages se pensent sous le triptyque, culture, tourisme et fraternité. Une Tenue, une rencontre des Sœurs et Frères du pays ou de la ville visitée est systématiquement incluse.

La fraternité est aussi le guide des services proposés. Ainsi les planches audios ont été pensées pour certains de nos aînés qui pouvant avoir des difficultés de lecture ou de maintien de l’attention pourraient être heureux d’écouter plutôt que de lire une planche.

La Voûte Etoilée a évolué au fil des rencontres et des conseils bienveillants des Sœurs et Frères qui se sont trouvés sur son chemin et qui en apprécient la démarche.

Petit à petit, des idées de nouveaux services ont émergé, des liens et des partenariats se sont tissés.

Ainsi LVE retransmet en direct Zoom les travaux de deux Ateliers de recherche, l’Atelier de recherche des Hauts de France et le Collège Maçonnique Belgique. Un écran géant dans le Temple, deux ordinateurs couplés à la table de mixage permettent aux Sœurs et Frères de toute la francophonie de participer aux travaux de ces Ateliers qui bien que physiquement l’un à Lille et l’autre à Bruxelles se voit donc propulser par les interventions des Sœurs et Frères du Zoom, au niveau « International francophone » 

La Voûte Etoilée a eu aussi la chance de rencontrer sur sa route des Sœurs et Frères aux idées progressistes. Les organisateurs du Salon Masonica Lille – Bruxelles en sont un bel exemple. Ils auront permis que pour cette année, les 12,13 et 14 mai, soient retransmis en direct Zoom sur La Voûte Etoilée, l’intégralité des Ateliers que propose le salon.

Un point important réside dans le caractère international de LVE. Des Sœurs et Frères de nombreux pays s’y côtoient et dialoguent au sein des groupes Telegram. La présence de Sœurs et Frères de France, Belgique, Suisse, Espagne, Canada, Dom Tom, Ile Maurice, Madagascar, mais aussi de pays Africains et sud-américain témoigne de cet aspect international.

LVE est traduite en espagnol (labóvedaceleste.es) et en anglais (thestarryvault.com)

Le modèle choisi par La Voûte Etoilée est celui de la pérennité de ses services mais aussi du développement de services supplémentaires (Application mobile, …). C’est pourquoi, après avoir découvert et éprouvé LVE pendant 7 jours, une participation de 5 € mensuel est proposée aux Sœurs et Frères qui souhaitent continuer de suivre La Voûte Etoilée. A terme le souhait est de créer de l’emploi pour des Sœurs et Frères en recherche et disposant des profils adéquats.

La Voûte Etoilée n’est pas un Atelier, pas une Loge, pas une Obédience, juste un espace de fraternité proposé au Sœurs et Frères. A chacun sa place mais si elle peut apporter sa contribution, sa pierre au fait d’enchanter un peu la maçonnerie, alors elle aura reçu son salaire. 

Pour découvrir La Voûte Etoiléehttps://www.lavouteetoilee.net/

Contact mail : lavouteetoilee2020@lavouteetoilee.net

Tel : Christophe
De France : 06 88 75 14 65
De Belgique : 0497 76 59 16

Un frère pour 290 habitants en Calabre – (En France c’est 1 pour 388)

De notre confrère italien calabriamagnifica.it – Par Annamaria Gnisci

Selon le prestigieux Sole 24 Ore , la franc-maçonnerie parvient à rassembler de nombreux adeptes en Calabre. En fait, selon le journaliste Roberto Galullo, il semblerait qu’en Calabre il y ait un franc-maçon pour 290 habitants.

Le GOI s’est réuni à Rimini les 14 et 15 avril pour célébrer la Grande Loge Unie d’ Angleterre malgré les polémiques non seulement en Italie mais aussi à l’international.

A l’occasion de l’événement, le journal titrait : « Franc-maçonnerie, record en Calabre : un frère du Grand Orient pour 290 habitants. « 

Et il poursuit : « La Calabre est à nouveau le fer de lance du Grand Orient d’Italie (Goi), la plus grande obédience maçonnique italienne.
Comme chaque année, le Goi est sur le point de se réunir à Rimini (14 et 15 avril) pour célébrer la Grande Loge et il le fait avec la conscience que les membres augmentent légèrement (22 418 contre 22 956 en 2019, l’année de splendeur maximale dans le dernière décennie ) et que la Calabre et la Sicile – plus que d’autres régions 
– ne manquent jamais à la hauteur des attentes . « 

‘Ndrangheta et la franc-maçonnerie, une relation qui s’est développée au fil des années ou un fait trompeur ?

Prenant du recul, exactement en mars 2013, Pantaleone Mancuso disait lors d’une interception environnementale : « Maintenant la ‘Ndrangheta fait partie de la franc-maçonnerie, disons qu’elle est sous la franc-maçonnerie. Pourtant, il a les mêmes règles !… La ‘Ndrangheta est partie, la franc-maçonnerie et ces quatre escrocs qui croient encore à la ‘Ndrangheta sont partis !… » 

Déjà dans les années 70, la ‘Ndrangheta avait des échanges avec ce qui était défini comme « la franc-maçonnerie déviante ». C’était surtout un échange de voix, donc un intérêt entre les pièces des immeubles.

La franc-maçonnerie servait de lien avec les institutions.

Cette nouvelle façon d’agir de la ‘Ndrangheta semble avoir été voulue par Don Mommo Piromalli , tandis que d’autres patrons comme Domenico Tripodo et Antonio Macrì restaient contre l’établissement de contacts avec les institutions ; respecter les règles traditionnelles du code mafieux selon lesquelles la mafia calabraise ne doit pas s’affilier à des associations extérieures. Piromalli fonda ainsi le « Père Noël » à travers lequel il est par contre possible d’entrer en contact avec d’autres organisations comme la franc-maçonnerie.

En 1992, il y a eu la soi-disant « enquête Cordova », menée par le procureur de Palmi Agostino Cordova . Cordoue a ordonné des perquisitions dans les bureaux du Grand Orient d’Italie qui ont conduit à la démission du Grand Maître. Par la suite, le procureur a été transféré à Naples et l’enquête a été définitivement close en 2000, sans inculpation contre les francs-maçons.

En 2019, l’ opération Scott Rebirth a pris fin qui a conduit à l’arrestation de 334 personnes, notamment dans la province de Vibo Valentia. Parmi les personnes arrêtées, il y a aussi des politiciens comme Giancarlo Pittelli et d’autres représentants de la franc-maçonnerie.

Le 17 mars 2023, la Cour de révision de Reggio Calabria a ordonné la révocation de la mesure d’accueil, Pittelli a retrouvé la liberté.

Le docteur  Giuseppe Lombardo , magistrat, au festival  Trame  de Lamezia, aurait plutôt déclaré : « La relation entre la ‘Ndrangheta n’est pas une relation entre la composante mafieuse et la composante maçonnique régulière ou universellement connue. Quand on parle de composantes maçonniques en contact avec des organisations mafieuses on parle de composantes qui vivent de la logique maçonnique, mais on ne peut absolument pas penser en aucune façon que les francs-maçons soient un système qui s’intègre dans des organisations de type mafieux. C’est grossier et trompeur. Il ne sert pas à lutter contre les mafias ». 

Le chevalier d’éon : femme Franc-maçonne

De notre confrère histoire-image.org – Par Lucie NICCOLI

Le chevalier – ou la chevalière – d’Éon, agent secret à Londres

Né en 1728, Charles d’Éon de Beaumont est resté célèbre en France et en Angleterre pour sa vie rocambolesque et ses multiples talents : ambassadeur et agent secret au service de Louis XV, capitaine des dragons pendant la guerre de Sept ans puis bretteur émérite, franc-maçon, homme de lettres… Mais c’est sa pratique du travestissement et le mystère de son sexe qui fascinèrent le plus. Après plusieurs missions en Russie accomplies en ayant parfois recours à des déguisements féminins, il est envoyé en 1762 à Londres pour seconder l’ambassadeur dans les négociations de paix avec l’Angleterre. Pour sa contribution au traité de Paris, signé l’année suivante, il est fait chevalier de l’ordre de Saint-Louis.

De retour en Angleterre pour espionner les côtes anglaises, il se brouille avec le nouvel ambassadeur, et, menacé d’extradition, se déguise à nouveau en femme. À partir de 1771, pamphlets et gravures répandent alors la rumeur selon laquelle le chevalier d’Éon serait en fait une femme. Les paris sur son véritable sexe se multiplient. Comble du scandale, il a été reçu franc-maçon trois ans plus tôt dans la « Loge de l’Immortalité », cette loge – association locale de francs-maçons – dépendant d’une structure supérieure, la « Grande Loge des modernes ». Publiée le 25 juin 1771 par l’éditeur londonien Samuel Hooper, cette estampe satirique intitulée « La découverte ou la femme franc-maçon » prétend démasquer la femme qui aurait été initiée illégalement au rite maçonnique.

ANALYSE DES IMAGES

L’ambiguïté scandaleuse d’une femme franc-maçon

Anonyme. Paris, Bibliothèque nationale de France (BnF). N-2 EON (CHEVALIER D’) D135709.

Dans une pièce imaginaire, le chevalier, vêtu, coiffé et maquillé comme une femme, adopte une posture masculine, une main sur la hanche tenant un fleuret, l’autre, une canne et désignant un frac rouge ou peut-être un habit d’uniforme de dragons. Au-dessus de sa tête, un tricorne, le fourreau d’un sabre et un ruban rouge sont accrochés au mur, sans doute un rappel de sa carrière militaire. Il porte une robe à l’anglaise, composée d’un manteau et d’un jupon, mais avec les plis plats dans le dos caractéristiques de la robe à la française, et, par-dessus, un tablier de franc-maçon blanc bordé de bleu, avec les symboles du compas et de l’équerre entrecroisés. Sur sa poitrine est épinglée la croix de Saint-Louis, décoration réservée aux hommes, qu’il reçut en 1763 pour services rendus à la France. Ses cheveux, remontés au-dessus de la tête et couverts de rubans blancs et bleus assortis au tablier, forment un édifice extravagant. La silhouette est androgyne, associant finesse du torse et des bras et discrétion de la poitrine, tandis que le visage imberbe, au nez fort et à la petite bouche charnue, pourrait être celui d’une femme comme d’un homme. A sa droite, sur une table, sont posés deux livres dont les tranches indiquent « Lettres Du Chr D’Éon » et « L’hist. Du Chr D’Éon », allusion à la publication, en 1764, de ses lettres et mémoires. Un papier sur lequel est écrit « A Policy 25 P Ct On the Chr D’Éon Man or Woman » fait allusion aux paris lancés à Londres sur la nature de son sexe. Contre le mur, derrière lui, deux bustes sur des corniches représentent des hommes politiques londoniens : le radical et défenseur de la liberté de la presse John Wilkes à droite, et sans doute son ami Humphrey Cotes, à gauche. Au-dessus des bustes, comme s’ils parrainaient la supposée supercherie du chevalier, deux tableaux évoquent des escrocs célèbres au XVIIIe siècle : le « Bottle conjuror », un acrobate qui prétendait pouvoir entrer dans une bouteille, et Mary Toft, une paysanne qui parvint à faire croire qu’elle avait donné naissance à des lapins.

INTERPRÉTATION

Le travestissement au XVIIIe siècle

Le scandale était en effet de taille, puisque la franc-maçonnerie était alors interdite aux femmes : maintenues sous l’autorité juridique de leur père ou de leur mari, elles ne pouvaient répondre à l’exigence formulée dans les constitutions d’Anderson (1723) selon laquelle les membres d’une loge devaient être des « hommes nés libres ». Ce n’est qu’à la fin du XIXe siècle que la franc-maçonnerie internationale s’ouvrira réellement à la mixité, avec la fondation de l’ordre maçonnique « Le Droit humain ». La pratique du travestissement était par ailleurs condamnée comme une transgression de l’ordre à la fois social et divin, car elle revenait à refuser le genre et le rôle social assignés par le Créateur. Tolérée pour les femmes qui en usaient pour se protéger en voyage ou défendre leur patrie par les armes, pourvu qu’elle ne soit pas prétexte à la débauche, elle est vivement blâmée quand il s’agit d’hommes : en vertu de la théorie héritée de Galien selon laquelle le corps féminin, version inversée du corps masculin, demeure imparfait, il est incompréhensible de renoncer à la perfection masculine. Sans doute est-ce la raison pour laquelle le chevalier a préféré laisser croire qu’il était une femme travestie en homme plutôt que l’inverse. Rentré en France en 1777, il se présente en uniforme de dragon devant Louis XVI qui lui ordonne de se vêtir en femme pour le restant de ses jours. Après sa mort, en 1810, le chirurgien chargé de son autopsie établit de manière formelle qu’il était bien de sexe masculin.

L’humoriste inconnu Sébastien Recchia : « Je suis pour l’interdiction de la franc-maçonnerie ! »

Comme la rédaction de 450.fm a pris l’habitude de vous le proposer, cette semaine, nous braquons les projecteurs vers un humoriste que personne ne connait. Sa carrière ne semble pas avoir encore trouvé son plein essor. La rédaction a déniché une interview antimaçonnique. Ce dernier propose simplement d’interdire la Franc-maçonnerie. Cela nous rappellera une époque pas si lointaine que celle de l’histoire de la France. L’artiste américain Andy Warhol affirmait qu’on a tous droit à notre « quart d’heure de célébrité ». Aujourd’hui, la rédaction l’offre à Sébastien Recchia. Qu’il en profite, car il n’est pas certain qu’on le retrouve souvent sur nos écrans.

En-quête maçonnique : qui sont les assassins d’Hiram ?

On retrouve, de façon à peu près analogue à travers tous les rites maçonniques hiramiens, l’histoire des mauvais compagnons que l’on peut narrer ainsi. Les mauvais compagnons qui étaient accoutumés à se glisser parmi les maîtres pour en recevoir le salaire, se voyant frustrés par l’organisation d’Hiram pour la paye, résolurent de se la procurer à n’importe quel prix que ce fut.

Et voyant bien qu’ils ne pourraient l’avoir qu’en ayant la parole, la passe et l’attouchement du maître, ils tinrent conseil ensemble de la façon qu’ils s’y prendraient pour les capter. Ils ne trouvèrent point d’autre moyen que celui de se la faire donner de gré ou de force et décidèrent de soutirer le mot de passe à Hiram ou de l’assassiner. Ils l’attendront aux sorties du temple et alors que Hiram, inspectant le chantier, se présente à la porte de l’Occident, un premier compagnon, maçon, tente de le forcer à livrer le secret.

Cantate Hiram pour soprano, ténor, basse, clarinette, violoncelle et piano. Musique : Thierry Pélicant

Hiram refuse, il est frappé à l’épaule avec une règle. Hiram s’enfuit vers la porte du Midi où le charpentier, après un même scénario, lui donne un coup de levier ou d’équerre. Hiram se sauve une fois encore vers la porte de l’Orient où le mineur l’achève d’un coup de maillet. Les trois compères emportent le corps dans un lieu retiré où ils l’ensevelissent, puis ils creusent deux autres fosses, l’une pour ses habits, l’autre pour sa canne. Les objets utilisés pour frapper le Maître ne sont pas des armes en métal (elles étaient interdites dans l’enceinte du Temple), mais des outils en bois.

Cette époptie n’évoque-t-elle qu’une volonté impérieuse de s’accaparer ce que les compagnons ignorent ou n’envisage que sous l’angle strictement matériel « un salaire »,  démontrant ainsi leur manque de persévérance, de patience autant que de discernement et de réelles capacités ?

Il y a trois rebelles typiques : le rebelle à la nature, le rebelle à la science, le rebelle à la vérité. Ils étaient figurés dans l’enfer des Anciens par les trois têtes de Cerbère. Ils sont figurés dans la Bible par Coré, Dathan et Abiron. Les Templiers les nomment Squin de Florian, Noffo Dei et l’inconnu qui les trahirent.

Selon la doctrine des maîtres, les mauvais compagnons sont aussi l’ambition, le mensonge et l’ignorance, ou bien l’erreur, le fanatisme et l’orgueil. Ils sont encore l’envie, l’avarice et l’orgueil : l’envie, qui empoisonne toute jouissance et cherche à détruire celle du prochain ; l’avarice, qui nous rend souvent injustes et presque toujours insensibles aux malheurs d’autrui ; l’orgueil, qui s’irrite de tout et ne pardonne jamais (dans l’Antiquité cela portait un nom : l’hubris, ὕϐρις, c’était le plus grand des crimes puni par le châtiment de Némésis, divin et irrévocable puisqu’il entraîne l’anéantissement pur et simple de l’individu). Des passions funestes par lesquelles l’homme est souvent aveuglé.

Dans la légende d’Hiram maçonnique, les scélérats sont désignés par des noms qui varient suivant les rites ; on trouve Jubelas, Jubelos, Jubelum (Guide des maçons écossais 1810 : «Jubelas, à la porte du sud. Jubelos, à celle de l’ouest. Jubelum, à celle de l’est» » (à ne pas confondre avec Jubel et Jubal, les fils de Lamech), parfois Giblos, Giblas, Gibloom, ou encore Jiblime, Jibelum, Jabelum

Un conte égyptien raconte que le pharaon Sekenenrê, refusant, au roi hyksos Apophis, de lui livrer le secret permettant de faire ressusciter à la vie divine celui qui allait ensuite avoir la charge humaine de pharaon, fut assassiné. Un jeune prêtre du nom de Jubelo aurait permis aux assassins d’entrer dans le temple où se trouvait Pharaon. Inspirés par ce récit, Chistopher Knight et Robert Lomas, dans leur livre La clé d’Hiram assimilent Sekenenrê Taâ à Hiram Abif.

On trouve aussi pour les assassins les noms de Holem, Sterkin et Hoterfut, ou Abiram, Miphiboseth du nom d’un prétendant ridicule et infirme à la royauté de David (Histoire de la magie, Éliphas Levi, 1860), Phanor, Amrou et Habirama (qui signifie celui qui renverse le père)le mineur, appelé aussi Méthoushaël, de son autre nom Hoben, des apprentis ou compagnons, de corps de métier différents, furieux de s’être vus refuser la maîtrise. Le rituel du 10ème degré du REAA les nomme en présence de leurs cadavres : à l’Orient un squelette représentant Abiram Akyrop(parfois appelé Jubulum Akyrop ou encore Hoben) ; à l’Occident un squelette représentant Sterkin (parfois appelé Jubella Guibs) ; au Midi un squelette représentant Oterfut (parfois appelé Jubello Gravelot)

Mackey, dans son Encyclopédie écrit au mot Assassins of the Third Degree : nous avons les trois  «JJJ» dans le York et les rites américains. Dans l’Adonhiramite système nous avons Romvel, Gravelot, et Abiram. Dans le Rite écossais, nous trouvons les noms donnés dans les anciens rituels comme Jubelum Akirop, parfois Abiram, Jubelo Romvel, et Jubela Gravelot. Schterke et Oterfilt sont dans certains des rituels allemands, tandis que d’autres rituels écossais ont Abiram, Romvel et Hobhen. Pour le rite de Pérignan, on trouve Kunkel, Gravelot et Abyram Akirop qui en est le mot de passe, et dans le catéchisme du second élu nommé élu de Pérignan, «Romvel à la porte de l’Occident, armé d’une règle, Gravelot à celle du Nord, armé d’un maillet et Abiram à celle du Midi, armé d’un levier. Ce fut lui qui le renversa par terre et le laissa mort».

Au mot ABIRAM, il écrit : «L’un des artisans traîtres, dont l’acte de perfidie forme une part si importante du Troisième Degré, reçoit dans quelques-uns des hauts grades le nom d’Abiram Akirop. Ces mots ont certainement une allure hébraïque ; mais les mots significatifs de la franc-maçonnerie ont, dans le laps de temps et dans leur transmission par des enseignants ignorants, devenus si corrompus dans la forme qu’il est presque impossible de les faire remonter à une racine intelligible. Elles peuvent être hébraïques ou anagrammatisées ; mais c’est seulement le hasard qui peut nous donner le vrai sens que possèdent sans aucun doute les deux mots combinés. Le mot Abiram signifie père de la noblesse, et peut avoir été choisi comme nom de l’artisan traître avec une allusion à l’histoire biblique de Koré, Dathan et Abiram qui ont conspiré contre Moïse et Aaron. Dans le rituel français du Second Élu, on dit qu’il signifie meurtrier ou assassin, mais cela ne semble pas être correct étymologiquement. Frère Mackenzie suggère qu’Akirop pourrait provenir de Karab, l’hébreu signifiant rejoindre la bataille. Il propose également Abi-ramah, pour signifier en hébreu destructeur du père ».

Dans sa signification préliminaire, la perte du Mot signifiant la mort du Christ, les trois assassins sont le monde, la chair et le diable – pour utiliser les termes techniques et conventionnels. Le Maître d’œuvre qui érigea la Maison de la Doctrine Chrétienne est le Christ lui-même. D’un autre point de vue, les malfaisants seraient Pilate, Hérode et Caïphe. James Anderson qualifiait Jésus, dans ses Constitutions de « Grand Architecte de l’Eglise », un architecte précisément assassiné par trois personnes. C’est dans ce sens que Le Maçon couronné, leur substitue Judas, Caïphe et Pilate, les trois auteurs de la mort de Jésus.

Leurs noms portent en eux la scélératesse qui les fait agir. «Phanor, Amrou et Méthousaël avaient pris la fuite ; mais reconnus pour de faux frères, ils périrent de la main des ouvriers, dans les États de Maaca, roi du pays de Geth, où ils se cachaient sous les noms de Sterkin, d’Oterfut et de Hoben».

Les Rose-Croix de Kilwinning nomment les trois assassins Gain, Hakan et Heni.

Jean-Marie Ragon écrit dans Cours philosophique et interprétatif des initiations anciennes et modernes : «nous y trouvons la plus grande confusion ; ce sont tantôt Sterkin ou Stolckin, Zéomet, Eléham ; tantôt Johaben ou Johabert, Elechior, Tercy ; tantôt Toffet (de thopel, ruina), Tabaor (tebach, occisio), Edom (sanguineus)».

La Bible hébraïque les appelle Akirof, Strakine et Astrafal [sic], tandis que les traditions islamiques les dénomment Amrou, Phanor et Métoushaël (Dictionnaire des gnostiques et des principaux initiés de Wautier au mot « Jubela, …).

Le Templier y voit Squin de Florian, Noffo Dei Florentin,et l’Inconnu sur les dépositions desquels Philippe le Bel accusa l’ordre devant le Pape, ou bien encore les trois abominables, Philippe le Bel, Clément V et Noffo Dei Florentin. Picart, dans une note de bas de page de l’Histoire des religions et des mœurs de tous les peuples du monde (tome 6) suggère que «Ces trois scélérats représentent pour les jésuites les trois royaumes qui les ont impoliment chassés».

Rite York. On connaît le nom des mauvais compagnons (Jubela, Jubelo, Jubelum) parce qu’ils manquent à l’appel, ils sont tous trois originaires de Tyr. Sont présents sur le chantier les compagnons expressément nommés (Amos, Caleb, Ezra, Joshua, Hezekiah, Nathan, Samuel Isaiah, Aholiab, Gédéon, Haggui, Daniel).

En anglais, les 3 assassins d’Hiram sont nommés collectivement les Juwes par l’auteur complotiste Stephen Knight qui a accusé la Franc-maçonnerie d’être derrière les meurtres de Jack l’éventreur à cause de la phrase trouvée sur un mur après le meurtre de Catherine Eddowes : «The Juwes are the men that Will not be Blamed for nothing

Albert Pike relie le nom des criminels à une triade d’étoiles regroupées dans la constellation de la Lyre et attire l’attention sur le fait qu’un ancien dieu chaldéen, Baal (Beth, Lamed), désigné comme une incarnation du démon par les juifs, apparaît, lui aussi, dans les trois noms Jubela, Jubelo, et Jubelum.

Gérard de Nerval, dans Les nuits du Ramazan, chapitre XII, Macbenach (p.125) raconte le témoignage, à Salomon, d’un compagnon fidèle d’Adoniram : J‘ai reconnu que le premier est maçon, parce qu’il a dit : j’ai mêlé le calcaire à la brique, et la chaux tombera en poussière. Le second est charpentier ; il a dit : j’ai prolongé les traverses des poutres, et la flamme les visitera. Quant au troisième, il travaille les métaux, voici quelles étaient ses paroles : j’ai pris dans le lac empoisonné de Gomorrhe des laves de bitume et de souffre; je les ai mêlées à la fonte. En ce moment, une pluie d’étincelles a éclairé leurs visages. Le maçon est Syrien et se nomme Phanor ; le charpentier est Phénicien, on l’appelle Amrou ; le mineur est Juif de la tribu de Ruben, son nom est Méthousaél.

Ils sont nommés dans un rituel du rite de Misraïm de 1820 : Hakibouth (à la porte du midi), Hahemdath (à celle d’occident) et Haghebouroth (à celle de l’orient), noms hébreux qui signifient orgueil, ambition et cupidité.

Les trois mauvais compagnons qui assaillent le maître sont les avatars de l’erreur symbolisée par le renversement du symbolisme de la règle (image de la vérité), du fanatisme symbolisé par l’équerre (image de la rectitude), de l’autorité du Maillet mais autorité que l’on tente d’usurper par l’orgueil.

Les scélérats utilisent des outils, sans la connaissance de ceux-ci, pour tuer le Maître Bâtisseur. Le premier outil, la règle utilisée sans le compas par le félon, c’est l’imagination exaltée qui poursuit jusqu’à l’infini ses propres envies, en dehors de toute réalité. Le deuxième outil, le levier populaire (ou l’équerre selon les rites, ou le rouleau dans le Rituel Luquet) devient l’instrument de la tyrannie entre les mains de la multitude et attente, plus encore qu’à la règle, à la royauté de la sagesse et de la vertu. Le troisième coup létal est donné avec le maillet, l’outil du Vénérable ! Ceci fait référence à la dualité du savoir et de la nature. Cet aspect de la légende nous apprend que le savoir altéré ou contrefait ne sert plus à la construction mais à la destruction. «Nous allons nous émanciper de l’esclavage mental parce que alors que d’autres pourraient libérer le corps, aucun sauf nous-mêmes ne peut libérer l’esprit. L’esprit est votre seul souverain, souverain. L’homme qui n’est pas capable de se développer et d’utiliser son esprit est forcément l’esclave de l’autre homme qui utilise son esprit.» (Marcus Garvey).

Pour la plupart des rites qui retiennent l’aspect moral de la légende, les assassins d’Hiram sont les vices qui empêchent de parvenir à un état de perfection, les neufs maîtres à la recherche du corps d’Hiram sont les vertus et les devoirs maçonniques. Cette interprétation est à rapprocher de l’explication donnée au ritème du miroir : nous serions notre pire ennemi !

Il ne faudrait pas écarter l’interprétation de la mort d’Hiram comme celle du cycle solaire et alors les trois compagnons sont les signes zodiacaux d’hiver, ceux qui donnent la mort à Hiram : la Balance, le Scorpion et le Sagittaire qui, vers le milieu de l’automne, occupent ces trois points du ciel, en sorte que le premier se trouve vers le déclin ou à l’occident, le second à son ascension droite au midi, et le dernier commence à paraître au levant, ce qui est figuré par la porte d’orient où Hiram meurt ; comme le soleil meurt dans le Sagittaire et renaît immédiatement ou recommence une année nouvelle dans le Capricorne. Les trois assassins correspondent aux trois signes d’automne, qui causent la mort de l’astre du jour. Le nom Abi Balah (meurtrier du père), que porte le plus coupable, désigne suffisamment le Sagittaire, constellation qui donne en effet la mort au soleil, père de toutes choses (rerum omnium pater).

Avec Jean Marie Ragon (Cours philosophique et interprétatif des initiations anciennes et modernes), c’est ici le lieu de remarquer l’effet perpétuel des sens équivoques de la plupart des mots dans les traductions ; nous citerons, pour exemple, les deux mots tuer et ressusciter. Tuer est traduit du mot latin occidere, d’où nous avons fait occident, et ce mot si usuel ne représente à notre esprit ni meurtre, ni assassinat, ni rien de révoltant, parce que l’occident, en style allégorique, est l’être, le temps, ou le point du monde qui tue, parce qu’il fait disparaître le soleil, et alternativement tous les astres ; de même, par une métamorphose hardie, nous trouvons le mot resurgere, traduit par le mot ressusciter, quoique ce verbe latin n’ait jamais signifié revenir à la vie, mais bien se lever une seconde fois, se lever de nouveau, ce qui convient parfaitement au soleil.

L’article du journal Y a-t-il de mauvais compagnons ? a abordé une autre question.

Mon article dans le journal de mardi prochain évoquera la possibilité de La dernière tentation d’Hiram.

La loge maçonnique, accueillante pour les non-croyants !

Chacun sait que la conceptualisation de la démarche maçonnique s’est formalisée progressivement en Grande Bretagne à la fin du XVIIème siècle. A cette époque, il était impensable d’imaginer que la vie n’était pas une création divine. Naturellement l’appartenance maçonnique supposait d’inscrire toute la symbolique rituelle dans la référence à Dieu formalisé par l’expression du « Grand Architecte de l’Univers ».

Au début, une déité obligatoire pour tous les francs-maçons

La croyance en Dieu s’accompagnait tout naturellement de la dichotomie Bien-Mal, Paradis-Enfer ;  comme il y avait une vie sur Terre, il y avait forcément une vie extra-terrestre.

C’est dans cet esprit que furent conçus les rituels maçonniques que nous utilisons aujourd’hui ; l’utilisation du langage symbolique permettant des interprétations personnelles, ces rituels persistent malgré l’évolution de la pensée humaine.

Dans le contexte des guerres religieuses de l’Angleterre, la démarche maçonnique a l’originalité de se vouloir pacifique.

Au XVIIème siècle, même un Voltaire, qui s’est rendu célèbre en condamnant les fanatiques, ne peut que condamner l’athéisme : «Les athées sont pour la plupart des savants hardis et égarés qui raisonnent mal, et qui, ne pouvant comprendre la création, l’origine du mal, et d’autres difficultés, ont recours à l’hypothèse de l’éternité des choses et de la nécessité. » (Dictionnaire philosophique – 1764)

L’émergence de l’athéisme

Au XVIIème siècle, il est classique de lire que l’athéisme s’affirme sur trois opinions :

  • La perversité du fait religieux
  • La glorification de la Nature
  • L’omniprésence de la souffrance jugée incompatible avec l’existence d’un Dieu bon et juste.

C’est au XVIIIème siècle qu’émergent les notions d’Humanité et de Droits de l’Homme. Les rites maçonniques se réfèrent à la déité du Grand Architecte de l’Univers (et parfois des Mondes) : L’initié franc-maçon doit trouver sa place dans la position de « cherchant » pouvant espérer être un « servant » !

La franc-maçonnerie accessible aux athées

C’est au XIXème siècle, dans le contexte de l’émergence des revendications sociales, que la question de l’accès de l’athéisme à la liberté de conscience émerge dans les débats. Le Grand Orient de Belgique est la première obédience à supprimer en 1872 la référence au GADLU. Le Grand Orient de France en 1877 suivra, de façon plus subtile, en supprimant « l’obligation » de la croyance en Dieu et de l’utilisation de la référence au GADLU.

Cette « révolution » ne concerne en fait que les instances conventuelles du GODF ; pour les loges bleues, il est laissé libre à chaque loge de garder ou non la référence au GADLU ; les rites, eux, ne sont pas concernés par cette liberté nouvelle.

Une nouvelle manière de vivre son athéisme apparaît ; l’indifférence et la banalisation permettent à des athées d’accepter d’adhérer à des rites qui sont fondamentalement déistes.

Il faut attendre le XXème siècle pour voir apparaître une autre entrée dans l’athéisme. L’anticléricalisme, la glorification de la Nature et l’incompréhension face aux souffrances subies par les peuples ne sont plus au premier plan.

Les découvertes sur l’activité biologique cérébrale aboutissent à un double constat :

  • La pensée humaine est tributaire de l’activité biologique cérébrale ; et par conséquent, la pensée religieuse est dépendante de cette même activité cérébrale ;
  • Et le propre de la pensée humaine est sa capacité à créer de l’imaginaire ; la pensée religieuse étant une des plus belles illustrations de cette capacité créatrice de l’imaginaire humain.

L’athéisme ne se définit plus comme une croyance dans l’absence de vie surnaturelle.

L’athéisme devient de la sorte une simple constatation de la dépendance biologique de la pensée humaine. Si l’activité biologique cérébrale conditionne la pensée humaine on peut facilement en déduire que sans activité biologique il n’y a plus de pensée, donc plus de croyances !

Ces connaissances scientifiques n’ont d’ailleurs pas empêché les religions de toujours bien se porter.

Du fait des nouveaux équilibres entre l’Etat et la société dans les principaux pays européens,  le fait religieux s’est vu conforté dans sa place au sein de la société civile ; les connaissances scientifiques n’ont pas bouleversé les relations entre croyants et non-croyants comme si un pacte de non-agression avait été conclu.

Mais ce qui est vrai en Europe, ne l’est pas dans de nombreux pays du reste du monde où le pouvoir religieux reste très lié au pouvoir d’état et où les athées subissent une répression sans merci.

Malgré tout, la pratique maçonnique n’a pas beaucoup évolué et tout se passe comme s’il s’agissait d’un sujet qu’il ne fallait pas trop fouillé, chacun s’accordant à dire que la liberté d’interpréter à sa façon les mots, permettait d’utiliser ces mêmes mots sans forcément adhérer au sens primitif qui leur a été donné.

Aujourd’hui,  seules certaines loges du Grand Orient de France acceptent de ne pas imposer une référence déiste formelle dans leurs travaux. Cette liberté nouvelle conserve la légende d’Hiram au 3ème degré en laissant à chacun la liberté de l’interpréter.

Il faudra sûrement encore beaucoup de temps pour voir l’ensemble des loges maçonniques adopter une approche tolérante complète vis-à-vis des athées.

Malgré tous les non-dits et toutes les ambiguïtés, l’originalité de la vie des loges provient de la grande tolérance qui permet une coexistence pacifique et un respect mutuel quels que soient les imaginaires de chacun. Dans un contexte mondial où les guerres inter-religieuses font florès, il est un espace social où le respect mutuel existe et permet de vivre ensemble dans la liberté de conscience.

L’actualité de l’athéisme procède surtout de la répression qui est imposée dans de nombreux pays du globe à toutes celles et tous ceux qui osent s’en référer.

Ce que le Grand Orient de Belgique et celui de France ont réalisé permet d’affirmer qu’il est possible d’être athée ou non-croyant et franc-maçon en France aujourd’hui, sans être obligé de cacher ses convictions. D’autres obédiences ont suivi cet exemple.

La référence à l’athéisme pose la question de la spiritualité !

Classiquement, la spiritualité concerne ce qui a trait à « l’esprit », au « spirituel » et par extension à « l’âme » !

D’un point de vie théologique, on définit la spiritualité comme une « théologie mystique qui a pour objet la vie de l’âme, la vie religieuse; ensemble des croyances, des principes ou des règles qui inspirent la vie de l’âme, le mysticisme religieux d’une personne, d’un groupe, d’une époque. «  (cf définition CNRTL)

On pourrait donc imaginer que les athées et non-croyants ne conçoivent pas de contenu pour ces notions qui renvoient à un imaginaire.

André Comte-Sponville a développé l’idée que religion et spiritualité ne devaient pas forcément être assimilées.

On peut concevoir une spiritualité propre aux athées qui interroge sur le devenir de l’être dans la perspective d’une mort programmée.

Cette capacité pour certaines loges d’être accueillante aux athées et non-croyants est une réelle liberté qui fait honneur à la franc-maçonnerie ! Dans ce monde de violence où on exige la croyance à des dogmes, la franc-maçonnerie a su s’adapter à la nécessaire liberté de conscience ! Les loges qui ont réalisé cette « mutation » ont eu du courage et de la volonté ! Comme quoi tout et possible lorsque la liberté est en jeu !

Bien sûr on pourrait regretter que ces loges soient minoritaires à l’échelle mondiale ! Comme quoi même en Franc-Maçonnerie, le conservatisme existe !