En termes de communication, nous reviendrons, peut-être aussi, sur l’usage des majuscules non accentuées, mais, grâce au regard bienveillant d’un des 31 324 frères au 1er septembre dernier, nous apprenons, grâce à cette charte de l’éthique maçonnique que la Grande Loge Nationale Française (GLNF) vient de circulariser qu’elle a été fondée le 3 décembre 1913… Colossale erreur !

Voilà ce qui arrive quand ils ne lisent même pas soit leur propre publication « 1913 – 2013 : 100 ans de spiritualité maçonnique – LE LIVRE DU CENTENAIRE », soit la thèse de leur grand archiviste bénévole, depuis l’an 2000, Francis Delon, docteur en Études anglophones, sous la direction de Madame la Professeure émérite Cécile Révauger, publiée chez La Tarente sous le titre Histoire de la Grande Loge Nationale Indépendante et Régulière pour la France et les Colonies Françaises 1899-1940.

Nous ne voudrions pas être à la place de l’Assistant Grand Maître – sera-t-il d’ailleurs jamais un jour Député Grand Maître, soit le n° 2 ? – , dont nous tairons le nom par fraternité, qui a rédigé cette charte diffusée urbi et orbi par courriel sous le titre « Mise en place d’une charte éthique de la GLNF ». Extrait : « La Grande Loge Nationale Française vient de se doter d’une charte éthique qui contribuera, en interne comme en externe, à expliquer ce que nous sommes. Son préambule résume clairement son objet : « Qu’est-ce qu’un Franc-Maçon au 21ème siècle ? C’est être un homme de cœur, bienveillant envers les autres. Attentif, également, à son comportement. Un maçon doit, en effet, être exemplaire dans sa manière de vivre. Affichant au quotidien un engagement moral fort, une conduite juste, une implication éthique qui définit ce qui doit être. D’où cette charte qui fixe les règles d’action qui s’imposent à nous, qui que nous soyons, Grand Maître ou Apprenti récemment initié à la Grande Loge Nationale Française.
Nous recommandons aux Vénérables Maîtres de lire ou de faire lire cette charte éthique lors d’une prochaine Tenue.
De plus, celle-ci fera dorénavant partie des documents que tout postulant devra signer pour pouvoir être initié… »
Courriel signé du Grand Secrétaire.

Quant à la date de fondation EXACTE de cette obédience, comme au bon vieux temps de « LA LUMIERE », le Blog franc et maçon de L’Express tenu par François Koch, journaliste de talent, nous allons vous apporter quelques éclaircissements ! Afin que nul ne l’ignore…
Commençons avec la thèse du frère qui a obtenu, en 2013, le classement des archives de l’obédience par le Service interministériel des Archives de France, à savoir Francis Delon :
Extrait : « La création de la Grande Loge Nationale Indépendante et Régulière, sa reconnaissance par la Grande Loge Unie d’Angleterre et les premiers ralliements
A) L’Assemblée constitutive de la Grande Loge Nationale Indépendante et Régulière

La création de la nouvelle obédience se déroula en trois phases le 5 novembre 1913 à 20H00 au siège de l’École dentaire française du docteur Louis Jules Rousseau, au 29, boulevard Saint-Martin (3ème arrondissement) où Ribaucourt* avait convoqué les membres du Centre des Amis. L’orateur adjoint de L’Anglaise n° 204, Camille Duprat1216, représentant officiel de la Loge Anglaise, dont il avait reçu les pleins pouvoirs sous réserve que ce soutien demeura confidentiel, fut également invité à les rejoindre… »
*Il arrive même à la GLNF d’écrire »Ribeaucourt », avec une faute d’orthogarphe donc, c’est tout dire ! (Un papier mis en ligne sur leur Intranet, dénommé « Regius », le 17/10/2023 et intitulé « Qui est Edouard de Ribeaucourt ? » Incroyable mais vrai…

Continuons et persévérons ainsi leur Livre du Centenaire (GLNF, 2013). Pour faire court et ne pas plomber l’ambiance, nous ne citons que quelques lignes : « … le 5 novembre 1913, une nouvelle Grande Loge rallumait les feux de la Maçonnerie régulière en France ! La Grande Loge Nationale Indépendante et Régulière pour la France et les Colonies Françaises était née… »

Ou encore : « … En effet, le Frère Duprat, représentant officiel de la Loge bordelaise dont il avait reçu les pleins pouvoirs, participa à la Tenue de la Loge « Le Centre des Amis » qui se tint le 5 novembre à partir de 20 heures, au 29, du boulevard Saint-Martin […] Quel Frère aurait pu ignorer que ce 5 novembre marquerait l’histoire de la Maçonnerie ? […] À l’issue de l’Assemblée Générale, les Maîtres présents se réunirent en Tenue de Grande Loge et procédèrent à l’élection des Grands Officiers qui constitueraient la structure dirigeante désignée sous le nom de Souverain Grand Comité (S.G.C.). »
Alors, quid de la date du 3 décembre 1913 ?
Nous éviterons de demander au même rédacteur pour puiser à nouveau, dans le Livre du Centenaire : « …Conformément aux propos de son Pro-Grand Maître en 1910, la Grande Loge Unie d’Angleterre, put noter que les engagements immédiatement pris par la Grande Loge Nationale Indépendante et Régulière (G.L.N.I.R.), inscrivaient cette dernière dans l’axe de la Franc-Maçonnerie Universelle. Elle devait la reconnaître le 3 décembre 1913… »

Le 3 décembre, pour cette obédience qui se dit « régulière et de tradition », il s’agit donc bien de la date de leur reconnaissance par le Vatican de la maçonnerie dans le monde !
Mais nous constatons que dans leur mail du 1er décembre courant « Parution du nouveau numéro de Lumen, la lettre d’information de la GLNF », tout a été rectifié. Ouf ! L’honneur est sauf. Jusqu’à la date de fondation qui disparait totalement, emmenant avec l’eau du bain l’emploi des majuscules non accentuées du préambule. Maintenant, c’est quasiment tout en minuscule. Sans doute leur nouvelle convention d’écriture.
Mais que penser d’une structure administrative qui s’était dotée, dès le 6 avril 2022, d’une Commission Nationale de la Communication (CNC) et d’un grand officier en charge de l’animation de la communication ne connaissant même pas sa date de naissance et la bonne orthographe de son fondateur…
Peut-être aussi par fidélité à sa tradition. Ne pas demander à ceux qui savent !

Extrêmement étonnant ! C’est curieux chez les maçons ce besoin de faire le buzz, allant ainsi jusqu’à paraphraser « Les Tontons flingueurs » avec une de ces répliques culte par Maître Folace/Francis Blanche) « C’est curieux chez les marins ce besoin de faire des phrases »…
Une charte, à quoi ça sert ? Mais surtout à qui ça sert ?
Il y a le « RÈGLEMENT GÉNÉRAL – GRANDE LOGE NATIONALE FRANÇAISE – PRINCIPES FONDATEURS STATUTS CIVILS RÈGLEMENT INTÉRIEUR » déjà refondu très récemment…
Nous y trouvons après le préambule récapitulant le protocole historique, l’ordre l’obédience les rites et les principes de base de reconnaissance de grandes loges (en 8 points déjà !) « D’après «Basic Principles for Grand Lodge Recognition Accepted by the Grand Lodge, September 4, 1929 (Constitutions of the Ancient Fraternity of Free and Accepted Masons under the United Grand Lodge of England) », dans son LIVRE I PRINCIPES FONDATEURS
- US & COUTUMES
- CONSTITUTION
- LA RÈGLE EN 12 POINTS
- LES OBLIGATIONS DU FRANC-MAÇON
- LES ANCIENENS RÈGLES ET OBLIGATIONS
Sur la GLNF, vous pouvez toujours lire :
Les réseaux secrets de la police : GLDF, GLNF, GODF passés au crible (2313 vues)
Le très instructif « GLNF et LinkedIn… du réseautage ? » (1448 vues déjà)
Ex-membre de la Grande Loge Nationale Française, Thierry Solère, le frère aux multiples mises en examen… (1599 vues)
Notre frère Alexandre Benalla… définitivement condamné (le pompon avec 3280 vues !!!)
Alors, une charte de l’éthique maçonnique… Sans doute eut-il fallu la créer (par qui d’ailleurs) avant…















