Depuis 1972, la Bibliothèque cantonale de Vadiana possède une importante bibliothèque maçonnique, la « Bibliothèque maçonnique August Belz ». La Fondation Bibliotheca Masonica August Belz, en collaboration avec la Bibliothèque cantonale de Vadiana, célèbre son 50e anniversaire avec une exposition anniversaire.
Dans l’exposition anniversaire, la Fondation Bibliotheca Masonica August Belz présente la fondatrice de la bibliothèque et son œuvre. Il présente des particularités et des raretés issues de 50 ans de collection pour le livre maçonnique. Lors de l’ouverture, Maria Geldgeber donne également un aperçu de la vie de son père, le fondateur de la bibliothèque August Belz. Des visites guidées de l’exposition sont également proposées.
La Bibliotheca Masonica trouve ses origines avec August Belz (1907-1971). Au cours de plusieurs décennies de collecte, le fabricant de Rorschach et franc-maçon a constitué une bibliothèque complète de littérature maçonnique, qu’il a léguée dans son testament à sa loge « Humanitas in Libertate » à Saint-Gall.
Les quelque 4 000 œuvres du legs constituent la base de la Bibliotheca Masonica, fondée en 1972. Depuis, elle est devenue une bibliothèque de recherche de renommée internationale. Aujourd’hui, la collection, conservée à la bibliothèque cantonale de Vadiana et ouverte au public, comprend plus de 20 000 ouvrages.
La collection se compose de livres, de magazines et de manuscrits. En plus de la franc-maçonnerie, d’autres axes principaux portent sur les mouvements et alliances gnostiques-théosophiques et alchimiques-rosicruciens, le mysticisme et les mystères, ainsi que le symbolisme.
Exposition anniversaire « POUR LE LIVRE – 50 ans de la Bibliotheca Masonica August Belz »
Dates/lieu de l’exposition : du mercredi 20 septembre au vendredi 6 octobre Bibliothèque cantonale Vadiana, Notkerstrasse 22, 9000 Saint-Gall
Horaires d’ouvertures:
Du mercredi au vendredi, de 14h à 18h L’exposition est ouverte jusqu’à 20h certains jours : 21, 27 et 28 septembre et 5 octobre
La franc- maçonnerie moderne est apparue au siècle des Lumières. Depuis Londres au XVIIIe siècle, elle s’est rapidement répandue à travers l’Europe, outre-mer et dans les colonies – malgré la grande résistance des gouvernements absolutistes de l’époque contre les francs-maçons et leurs valeurs des Lumières de liberté, d’égalité, de fraternité, de tolérance et d’humanité.
Les premières loges voient le jour rapidement en Suisse et en 1861 la première loge saint-galloise, Concordia, est fondée. Viennent ensuite « Humanitas in Libertate » et « Bauplan ».
20ème siècle, deux autres pavillons. L’histoire de la franc-maçonnerie est encore aujourd’hui méconnue de beaucoup. La Confrérie reste mystifiée et entourée de spéculations.
La Papesse fait-elle partie des cartes positives du Tarot ? Quelle est sa signification exacte ? Voici quelques secrets de plus sur le Tarot de Marseille et son deuxième arcane, La Papesse.
Parmi les cartes positives du Tarot de Marseille se trouvent l’Empereur, le Pape, le Chariot, la Force, l’Étoile, le Soleil et le Monde. Bien que ces sept cartes puissent être bénéfiques, l’arcane La Papesse peut l’être aussi ! Découvrez ici la signification de la carte Papesse dans le Tarot de Marseille, que ce soit au niveau de l’amour ou du travail !
Quel est le plus ancien tarot ?
Si le Tarot de Marseille est connu pour être le plus ancien tarot du monde occidental, le Tarot égyptien est lui aussi très vieux. Que vous profitiez du Tarot égyptien ou du Tarot de Marseille, ces deux jeux de cartes possèdent une puissance similaire bien qu’ils soient assez différents dans leur utilisation. Tous deux possèdent 78 cartes mais l’Oracle de Belline, lui, ne contient que 53 cartes. Ce qui peut être pratique pour celles et ceux qui débutent dans la cartomancie.
Quels sont les arcanes du tarot ?
Parmi les 78 lames du Tarot de Marseille, il existe 22 arcanes majeurs qui pourront être positives ou négatives selon le tirage effectué par le cartomancien. La Papesse est le deuxième arcane du Tarot de Marseille. Cette lame symbolise de manière générale la stabilité et la fécondité. Comme toutes les cartes du Tarot de Marseille, la Papesse possède une définition différente lorsqu’elle est tirée à l’envers ou qu’elle est associée à une autre carte.
La Papesse du Tarot de Marseille, lorsqu’elle est tirée à l’envers, révèlera bien souvent un problème de communication. En amour, la Papesse cache un mystère, que ce soit des non-dits ou une grossesse, par exemple. Au travail, la Papesse mise tout sur la patience et l’expérience. Pour finir, si la Papesse et associée à l’Impératrice, dans une des nombreuses combinaisons que peut vous offrir le Tarot de Marseille, elle dévoilera une bonne entente au travail, beaucoup de bonheur en amour et des succès financiers.
Comment se tirer les cartes de tarot ?
Table de voyante avec 2 cartes de Tarot
Il existe plusieurs manières de tirer les cartes du Tarot de Marseille. Vous pouvez faire un tirage en croix, un tirage en sept cartes ou un tirage en trois cartes, par exemple. Ce qui est primordial, c’est de vous préparer spirituellement avant de faire un tirage, quel qu’il soit. Vous pouvez utiliser l’énergie des pierres de protection ou vous concentrer sur votre jeu de cartes pour englober la pièce d’énergies positives.
Généralement, on utilise la main gauche pour tirer les cartes. Il s’agit de la main du cœur et de l’intuition. Si vous débutez en cartomancie, n’utilisez que les arcanes majeurs pour vos premiers tirages. La dernière règle à suivre est sans doute la plus importante, vous ne devez jamais poser deux fois la même question à vos cartes même si vous êtes déçu par la réponse.
Fin de mandat le mois prochain pour le Grand Maître de l’Obédience.
La GLCS vient de fêter sa vingtième année. Il aura fallu tout ce temps pour permettre aux fondateurs de poser les bases d’une petite Obédience « qui a tout d’une grande ». Durant les quatorze premières années, c’est le fondateur, Marcel Laurent qui a dirigé la maison. Puis les sept années suivantes, ce fut au tour de Christine Sauvagnac, de prendre le relai. Si certains commentateurs du paysage maçonnique reprochent à cette Obédience d’être une petite entreprise familiale, le couple s’en défend et pour couper court à tout débat, s’apprête à transmettre la charge à un membre élu, libre de ses gestes et de ses pensées.
Sylvain ZEGHNI Grand Maître national du DH (nouvellement élu) et Christine SAUVAGNAC TRGM de la GLCS.
La rédaction a rencontré Christine Sauvagnac dans le cadre de sa dernière interview avant sa descente de charge le mois prochain, afin de vous livrer, sans filtre ses réflexions et ses états d’âmes. Pour ceux qui affirmaient que la maison était pilotée par le patriarche fondateur, ils vont devoir reconsidérer leur jugement.
450fm : « Bonjour Grand Maître, devons-nous vous appeler TRGM ou simplement Christine ? »
Christine Sauvagnac : Appelez-moi simplement Christine, nous ne sommes pas en Tenue et ce sera plus simple pour tout le monde.
450fm : Vous êtes Franc-maçon depuis quand ?
Christine SAUVAGNAC, TRGM de la GLCS
CS : Je suis Franc-maçon depuis 2004, j’ai été initiée à la GLCS par Marcel Laurent dans la Loge Thomas Moore, la Loge n° 1. J’étais la deuxième Sœur initiée de l’Obédience. A cette époque, il y avait une vingtaine de membres. Nous fonctionnions grâce au renfort des Frères visiteurs. Comme les fondateurs avaient quitté la GLNF, l’énergie était donc essentiellement masculine. En 2001 Thomas Moore s’est créée, puis assez rapidement, deux ans plus tard, avec la constitution de trois Loges, l’Obédience a pu naître.
450fm : Pourquoi le Fondateur a-t-il quitté la GLNF ?
CS : Une dizaine d’années avant le grand choc de 2010, qui a conduit à la scission de la GLNF, Marcel Laurent qui était un haut dignitaire de l’Obédience, a souhaité se désolidariser de la gestion qui ne répondait plus à son éthique et à ses attentes. Lors d’une manifestation devant plus de 1200 Frères au CNIT de la Défense, il s’est levé, a déposé ses décors et il a démissionné. Puis plus tard, des Frères l’ont suivi et ensemble, ils ont décidé de bâtir une Obédience nouvelle. Voilà comment est née l’idée de la GLCS, avec des valeurs qui correspondaient à leur éthique. L’objectif premier était de retrouver la fraternité qui leur manquait… sans y retrouver les déviances polluantes laissées derrière.
450fm : Qu’est-ce qui vous a donné envie de rejoindre la GLCS ?
Daniel Keller (GODF) et Marcel Laurent (GLCS).
CS : Mon père était membre de la GLDF depuis des années. Selon lui, la seule Obédience dans laquelle il voulait m’encourager à rentrer était la GLFF. C’était un puriste, et seule la GLFF était digne de m’accueillir selon lui. Il ne comprenait pas encore le projet de la GLCS. Je n’ai donc pas eu ses encouragements au départ. Heureusement, j’ai un caractère bien trempé et je ne laisse personne choisir pour moi. J’ai donc décidé de participer au projet GLCS. Ma volonté allait indiscutablement vers une Obédience mixte, même si j’ai une profonde affection pour mes Sœurs de la GLFF. Il est important de souligner que j’avais participé comme secrétaire à la frappe des Rituels. C’était un peu comme mon projet, je m’étais attachée à cette aventure naissante. Je ne me voyais pas abandonner ce navire qui allait prendre la mer pour un beau voyage. De plus, j’avais appris à connaitre personnellement tous ces Frères, transfuges de la GLNF, car ils venaient à la maison presque tous les jours. Je m’occupais d’eux et je les écoutais. Je ne me voyais donc pas aller ailleurs.
450fm : Il y a sept ans, vous avez été élue à la charge de Grand Maître pour remplacer Marcel Laurent, vous avez été une sorte de tandem.
CS : Non pas tout à fait, je n’aime pas ce mot de tandem. Je n’ai pas remplacé Marcel, j’ai assuré une continuité, tout comme mon successeur assurera à son tour cette continuité. C’est un passage de flambeau de main en main, mais certainement pas un remplacement de porteur, sinon on s’enferme dans une logique d’identification à la personne ou à la charge.
Par conséquent, avec ma personnalité, j’ai conduit la GLCS sur des rails différents afin d’assurer cette continuité. On ne compare pas nos actions, car la période d’activité de Marcel Laurent est différente de celle qui a été la mienne et ainsi de suite. C’est cela qui permet à la Franc-maçonnerie de perdurer des siècles plus tard.
450fm : Mais alors qu’est-ce qui a été différent entre les 14 premières années et vos 7 années à vous ?
Christine Sauvagnac TRGM de la GLCS et les membres du Conseil de l’ordre
CS : Tout d’abord, ce qu’a fait le fondateur, j’en aurais été bien incapable. Il a été un visionnaire pour démarrer un tel projet et établir tous les traités entre les plus grandes Obédiences, afin de nous faire reconnaitre. Il a fait naître – éclore et connecter, c’est merveilleux et j’en suis admirative et reconnaissante. Sans lui, mon action n’avait plus de raison d’être. Il a posé les bases de notre essence. Si aujourd’hui, nous pouvons procéder à cette transmission aussi sainement, c’est justement grâce à la pureté du terreau de base.
Précisément grâce à ces traités, nous avons pu ouvrir l’Afrique, le Pacifique, puis nous implanter à Tahiti. C’est là que mon action a pu se concrétiser. J’ai continué le travail commencé et surtout, j’ai assuré ma mission pendant la période difficile da la COVID, qui a mise à mal de nombreuses Obédiences. Nous à la GLCS, on peut dire que nous nous en sortons plutôt très bien, presque renforcés. Pour conclure sur nos différences, on peut dire que j’ai orienté l’ordre vers le collectif, car je suis encore en activité professionnelle. Par conséquent, je suis encore assez proche du monde actif. J’en ai fait profiter la GLCS afin de préparer la transition future. J’ai gardé à l’esprit et œuvré dans le sens qu’un jour, nous ne serons plus là. La maison devra continuer à vivre, à se développer.
450fm : Votre mandat se termine dans quelques semaines connaissez-vous votre successeur ?
Christine Sauvagnac – Grand Maître de la GLCS.
CS : Oui mon successeur a été désigné dans le principe, par voie démocratique lors du dernier convent de 2022, mais non encore élu. Il a déjà constitué son collège et s’est préparé tout au long de l’année grâce à une transmission régulière. L’agenda sera le suivant : lors du prochain conseil de l’ordre du 9 septembre, sa candidature sera officielle et elle sera ensuite entérinée par un vote au convent du 14 octobre de cette année. Je deviendrai alors Passé Grand Maître.
Selon le règlement de la GLCS, le Grand Maître peut se représenter une fois, ce que j’ai fait, faute de successeur. Il faut rappeler que le Frère qui devait prendre ma suite a rejoint l’Orient Éternel juste quelques mois avant. Suite à l’épidémie, les membres m’ont demandé de faire une année supplémentaire pour préparer la transition, mais tout se passe actuellement conformément aux règlements de la GLCS. Nous communiquerons donc son identité le 14 octobre, lorsque tout sera devenu officiel.
450fm : Parlons un instant de votre vision du paysage maçonnique. Quelle relation entretenez-vous avec les autres Obédiences ?
CS : Très bonne avec presque toutes les Obédiences françaises. Je dis presque, car à ce jour, une seule s’est distanciée il y quelques années sur la décision du Grand Maître de l’époque, pour des raisons totalement personnelles. Tout cela est un malentendu et mon successeur se chargera probablement de rétablir le lien distendu. Vous savez, nous faisons partie du paysage maçonnique français depuis bientôt un quart de siècle. Cela est très court dans l’histoire maçonnique, nous sommes là pour durer au-delà de nos propres existences et il n’y a aucune raison de gaspiller notre énergie dans des querelles stériles. De plus, ce n’est surtout pas ma vision de la Franc-maçonnerie qui est avant tout un lien pour cultiver la fraternité.
450fm : Comment ressentez-vous cette future descente de charge le mois prochain ?
CS : Je ressens une profonde fierté du travail accompli. La volonté que tout se passe bien pour la suite. Comme nous entrons dans la période de Coupe du monde de rugby, je dirais que je vais tout faire pour transformer l’essai ! Il nous revient la responsabilité de tout mettre en œuvre pour que la GLCS s’inscrive durablement dans le paysage maçonnique. L’Obédience ne nous appartient pas. Nous ne sommes pas propriétaires de la Franc-maçonnerie non plus. Il faut donc faire de sorte qu’elle profite à tous par nos actions.
450fm : Voyez-vous des choses à rajouter pour nos lecteurs
CS : Mon parcours au sein de la GLCS ne fut pas de tout repos. J’ai fait au mieux et je n’ai pas à rougir de la progression de notre Obédience pendant la durée de mon mandat et de l’harmonie qui a régné tout au long de celui-ci. J’ai vécu toutes les expériences possibles, de la meilleure à la pire. Aujourd’hui, je suis debout avec le flambeau à la main. Cette image nous rapproche cette fois des Jeux olympiques. Le but pour la suite sera de digérer cette expérience en prenant du recul, car j’ai conscience que toute cette épreuve n’entraine pas une transformation, mais plutôt une transmutation personnelle. Pour ma part, avec un peu de distance, je continuerai à nourrir ma maison maçonnique de ce que je serai devenue grâce à la Franc-maçonnerie.
450fm : Chère Christine, merci pour votre temps, merci aussi pour votre franchise et bon vent pour la suite.
Entourées de secret, les origines de la maçonnerie capitulaire restent encore aujourd’hui un mystère. Tout comme la recherche d’un trésor caché, découvrir des indices sur la naissance de cette branche de la franc-maçonnerie nécessite de briser les mythes et de relier les points entre les fragments de l’histoire.
Certains prétendent que la Maçonnerie Capitulaire faisait à l’origine partie du Troisième Degré, plus tard divisée en la Partie du Maître et l’Arche Royale. D’autres insistent sur le fait qu’elle a été inventée en France ou en Angleterre vers 1740. En l’absence de preuve définitive, les débuts de la maçonnerie capitulaire sont ouverts à la spéculation et au débat.
Ce que nous savons, c’est que la première référence documentée apparaît en 1740, décrivant une procession maçonnique dirigée par l’Arche Royale. Quatre ans plus tard, un livre fait référence aux « Royal Arch Masons », suggérant que le terme était déjà d’usage courant.
Puis, en 1753, des procès-verbaux de la Fredericksburg Lodge en Virginie montrent trois frères élevés au grade de l’Arche Royale – le premier enregistrement connu de l’accomplissement du rituel.
Bien que cela ne soit pas officiellement sanctionné, il est clair que les loges conféraient le diplôme de l’Arche Royale bien avant la formation des grands chapitres gouvernants. Comme un capitaine dirigeant son navire vers les étoiles, les premiers maçons ont suivi leurs boussoles intérieures pour développer la maçonnerie capitulaire.
Des Loges aux Chapitres : Organiser l’Arche Royale
Comme une pousse qui se transforme en un jeune arbre, les débuts désorganisés de la maçonnerie capitulaire se sont développés en chapitres plus structurés. Les loges conféraient des diplômes de l’Arche Royale avec peu de réglementation, ce qui conduisait à des rituels incohérents et à des membres non qualifiés.
En 1797, une convention de chapitres résolut d’élaguer ces branches sauvages, formant ainsi un organe directeur pour l’Arche Royale du nord-est de l’Amérique. De grands chapitres ont vu le jour à travers les États, s’unissant sous l’égide du Grand Chapitre Général des Maçons de l’Arche Royale en 1798.
Liée par des règles communes, la branche capitulaire pouvait désormais croître uniformément vers une plus grande lumière. Au fur et à mesure que de plus en plus d’États se sont joints, ce qui a commencé comme une graine de rituel dans les loges de Virginie a mûri pour devenir la forêt de Chapitres qui se dresse aujourd’hui.
Grâce à une culture minutieuse, les pionniers de la maçonnerie capitulaire ont veillé à ce que les générations futures puissent profiter des mêmes fruits riches de sens et de fraternité.
Voyage vers l’Arche Royale : passer à l’étape suivante
Progresser dans la maçonnerie, c’est comme gravir une montagne ; chaque élévation révèle une nouvelle vue, mais vous devez franchir chaque étape avant de monter plus haut. L’Arche Royale se dresse au sommet de la maçonnerie artisanale ancienne, mais ne peut être atteinte qu’après avoir traversé les pentes inférieures.
La première étape du voyage commence par devenir un apprenti entré, acquérant des connaissances maçonniques de base. Vient ensuite l’ascension vers Fellowcraft, avec davantage de lumière à travers les arts libéraux et les sciences. Les maîtres maçons atteignent le sommet de la maçonnerie symbolique, privilégiés par les secrets dévoilés à travers l’allégorie et les rituels. Mais il reste une altitude plus élevée, des tours de conte de fées au sommet de la montagne.
Pour accéder à l’Arche Royale, trois marches supplémentaires doivent être gravies. Mark Master révèle le salaire d’un maçon, aussi finement aiguisé que la Keystone elle-même. Dans Past Master, le voyage sinueux vers le haut se poursuit, enseignant des leçons de leadership. Et dans Très Excellent Maître, le sommet apparaît enfin.
Ces étapes ne peuvent pas être précipitées ou sautées, car monter trop vite risque de tomber dans l’obscurité. Avec diligence et soin, le Degré Suprême brille comme une étoile flamboyante, illuminant tout ce qui se trouve en dessous. Ce n’est qu’à l’issue de ce voyage sacré que la Parole est restaurée dans toute sa splendeur enfouie.
Le secret royal : ce que cache l’arche royale
Comme un cryptogramme dont le code a été perdu, déchiffrer les origines et la signification de l’Arche Royale nécessite de rassembler des indices subtils. En son cœur, il recèle les véritables secrets d’un maître maçon, Jamie aux yeux égarés par le temps et la mémoire défectueuse.
Grâce à une cérémonie exaltée, ces vérités oubliées depuis longtemps sont relevées de leur lieu de sépulture et la Parole perdue révélée.
Dans sa forme, l’Arche Royale ressemble à une mission de sauvetage. À son retour de Babylone, le peuple peine à reconstruire le temple de Jérusalem à partir des ruines éparses, des trésors enfouis et des plans imparfaits.
Sous les fondations du temple, un caveau secret abritant des reliques perdues est découvert. Les trois trésors clés – l’Arche, le Livre de la Loi et le Nom Ineffable – détiennent la clé pour retrouver ce qui a été perdu.
En suivant les traces de nos anciens prédécesseurs, les maçons modernes subissent une restauration rituelle du savoir. Pièce par pièce, le Degré Suprême reconstruit la Parole du Maître jusqu’à ce que le Vrai Nom de Dieu éclaire brillamment chaque leçon maçonnique précédente.
La découverte de la Parole Ineffable représente les mystères retrouvés qu’achève un Maître Maçon, rétablissant le vrai (vrai) langage de la Lumière.
Essentiellement, l’Arche Royale répond à une quête de la vérité originelle, en reconstruisant le temple en nous-mêmes. Les significations perdues, comme les voûtes remplies de décombres, sont effacées pour révéler le Nom Divin – la Pierre de Rosette dont nous avons besoin pour décoder toutes les langues mortelles et maçonniques. Sans cette pierre angulaire de la sagesse, notre vocabulaire métaphysique reste incomplet.
Chapitre La Sagesse de l’Arche Royale
Entrer dans un chapitre de l’Arche Royale, c’est comme se glisser dans une machine à voyager dans le temps maçonnique, nous ramenant aux fondations de Jérusalem. Mais cela représente aussi un état d’esprit, une perspective élevée sur le but de la vie et les mystères de la nature. Ici, le Temple Mystique est exalté à son plus haut sommet.
Arborant des insignes d’autrefois, les officiers du Chapitre symbolisent des figures de l’histoire et de la mythologie. Le Principal Sojourner, guide et gardien des candidats, représente Moïse. Le prince en chef du chapitre incarne Zorobabel, ramenant les Juifs de Babylone.
Vénéré pour sa sagesse, le roi Salomon est incarné dans le Grand Prêtre. Et pour l’autorité qui préside, l’Excellent Roi représente Cyrus de Perse.
Telle une histoire vivante, les officiers évoquent l’esprit des sages et des dirigeants qui ont contribué à la reconstruction du Second Temple. À travers leur drame rituel, un portail s’ouvre sur les enseignements passés d’Israël. Les escaliers en colimaçon du Chapitre signifient des étapes intérieures sur le chemin de la transformation. En gravissant la Montagne Mystique vers la Lumière Divine, la quête symbolique de la plénitude de la Maçonnerie est accomplie.
Les triples voiles : obstacles intérieurs à l’ascension
Progresser dans le Chapitre implique de franchir des barrières voilées qui représentent des étapes de perspicacité. Les Sojourners doivent traverser trois passages cachés, chacun nommé d’après un élément précieux : la Terre, la Mer et l’Air. En tant que métaphores, celles-ci signifient l’incarnation dans la matière, l’écoulement du temps et de l’espace et l’intellect.
En soulevant ces voiles, les candidats se rapprochent de la pleine illumination. Le voile de la Terre représente les désirs vils et les attachements égoïstes. En levant cela, nous maîtrisons nos tentations.
Passer le deuxième voile d’Eau implique de purifier les émotions de turbulence et d’attachement. Tranquillité, sagesse et discernement émergent. Le troisième voile d’Air sublime l’intellect, libérant la conscience de la pensée conditionnée.
Percer ces linceuls éveille notre divinité intérieure, élevant l’esprit au-dessus de toutes les illusions. Mais avant que la Lumière finale puisse affluer, la porte du Sanctum Sanctorum demeure. Par cette porte, la Gloire de la Shekinah est révélée et la Présence Divine connue de manière absolue dans la conscience. Chaque voile représente ainsi des étapes du voyage mystique de l’éveil. En soulevant tous les voiles terrestres, l’âme découvre sa véritable Demeure au-delà de tous les extrêmes.
Le symbole de la clé de voûte
Le Degré Suprême s’articule autour d’un symbole central : la Clé de Voûte. Cette pierre distinctive en forme de coin couronne et verrouille un arc en place, liant les pièces séparées en une structure durable.
Dans les rituels du Chapitre, la Clé de Voûte représente les secrets latents cachés depuis le meurtre d’Hiram. Perdu sous des couches de décombres, il faut le noble travail de fouille pour retrouver la pierre angulaire du sens.
D’un point de vue ésotérique, la clé de voûte incarne la sagesse éclairée au sommet de l’Arche royale égyptienne. Associé à la pierre angulaire de la fondation, il forme le portail par lequel le Divin entre dans notre monde.
L’Arche Royale est ainsi le pont entre le Ciel et la Terre, ancré dans la matière mais aspirant vers les étoiles. En enjambant ces pôles jumeaux, le pont crée l’arc-en-ciel de promesse et de croissance stable.
Pour les Maçons, les trésors cachés de la Clé de Voie contiennent le salaire de la Lumière et la Parole du Vrai Maître. Psychologiquement, cela représente l’étape d’intégration maximale, où toutes les facettes de l’être sont unies en alignement avec le Plan Divin.
Lorsque la Clé de Voûte est installée, la lumière de l’Être rayonne à travers nous, scellant le Temple Mystique de toutes influences profanes. Nous devenons des ponts vivants, ancrés sur Terre mais ouverts à la splendeur du Ciel.
La mosaïque maçonnique : unir les degrés
Imaginez assembler un puzzle géant sans savoir à quoi ressemble l’image complète. En assemblant chaque pièce, nous déchiffrons progressivement des parties de l’image – une partie du ciel par-ci, un peu de paysage par-là.
L’Arche Royale fournit les derniers indices qui éclairent l’ensemble du tableau dans une soudaine révélation de sens.
Telle une mosaïque fragmentée, chaque degré maçonnique fournit des carreaux essentiels à la conception globale. Les couleurs et les formes se déploient au fur et à mesure que nous positionnons les sections, faisant allusion à une réalité plus vaste qui attend d’émerger.
La Loge Symbolique donne le contour et le cadre, tandis que l’Arche Royale fournit la clé de voûte pour le verrouiller ensemble. La Parole Vraie est le mortier imbriqué qui cimente le tout en une image unifiée.
Chaque degré fournit des indices essentiels pour construire cette mosaïque. Les apprentis entrés posent la pierre angulaire sur laquelle bâtir. Les compagnons ajoutent des principes scientifiques que Dieu a inscrits dans le code de la nature.
En tant que Maître Maçon, les enseignements éthiques deviennent clairs, gravés sur les tablettes du cœur. Par le baptême, la purification et l’onction, le Maître de la marque rend chaque pierre vivante « bien qualifiée, vraie et fiable ».
Les anciens Maîtres apprennent le leadership et la gouvernance dans le temple de l’Esprit. Dans le Très Excellent Maître, les signes et les sacrements deviennent unifiés dans leur signification. Ensuite, l’Arche Royale restaure la Parole Perdue, le nom de Dieu résonnant dans tout le dessin, reliant chaque carreau de la mosaïque. Tout reflète désormais la Beauté Originelle, la compréhension circulant à travers la Vision Splendide.
Le Degré Suprême complète le circuit, mais le voyage continue toujours vers la Lumière. Chaque incrément de croissance crée une nouvelle rangée, la vie maçonnique se construisant toujours vers une unité sublime.
La Sainte Arche Royale : sommet du voyage maçonnique
Au sommet des Degrés Symboliques se dresse une tour éthérée, s’élevant dans des royaumes au-delà de la vue des mortels. C’est le domaine stellaire de la Sainte Arche Royale, étoile guide illuminée pour ceux qui recherchent la sagesse. À travers des rituels et des symboles, il reconstitue la récupération des connaissances arcaniques perdues, rétablissant le Centre vivant à la conscience.
Trois maîtres maçons cherchent à reconstruire le temple, sa conception mystique obscurcie par la poussière des âges. Ils travaillent au milieu de ruines éparses, guidés uniquement par des plans partiels à peine discernables.
En fouillant sous les fondations du temple, ils déterrent des reliques enfouies qui détiennent la clé pour ressusciter la Parole perdue du Maître. Cela ne réside pas seulement dans une forme extérieure, mais est codé dans l’Esprit vivant qui consacre le temple.
Dans le mystère de l’Arche Royale, les nouveaux noms de la Divinité reflètent de nouvelles facettes de l’Infini. Le Maître Secret incarne l’amour divin dans le cœur, pur motif. Dans Perfect Master, la compassion se manifeste sous forme de mains guérisseuses pour réparer le monde.
Le Secrétaire Intime éveille notre vision intérieure pour lire les mystères de la Nature. En tant que prévôt et juge, nous devenons des arbitres de justice et de miséricorde.
Le mot devient plus fort maintenant – le Maître fait résonner la corde perdue de la vérité. Dans Superintendent, cet accord s’amplifie jusqu’à l’harmonie cosmique, toute la Création chantant une seule chanson.
En tant qu’Architecte Royal, le Maçon manie l’épée de la sagesse pour façonner la réalité, alignée sur le plan du Grand Architecte. A travers l’Arche Royale, ils s’approchent du seuil de l’Unité, le Cœur ailé attendant de fusionner avec la Lumière Divine.
Mais cela ne peut pas s’arrêter là, car le travail n’est jamais terminé. Dans Chevalier du Temple, l’épée devient Croix – boussole d’ascension, point d’équilibre entre les extrêmes. En tant que Chevalier de Malte, nous protégeons la Lumière intérieure de tous ceux qui voudraient profaner son caractère sacré.
Gardien du sacré, nous guérissons les divisions pour ramener l’humanité à l’union avec l’Esprit. Au sommet, il y a un plateau, où le Constructeur devient Pathfinder, marquant la prochaine étape du Voyage éternel.
Tant de choses se mettent désormais en place – des mystères résolus, des voiles levés, le vrai Nom découvert dans l’essence de chaque atome. Mais de nouveaux panoramas s’ouvrent, de nouvelles montagnes à gravir, des richesses intérieures sans limite ni fin. L’Arche Royale révèle pleinement ce que signifie être Maître, mais maintenant la véritable Initiation commence…
ARTICLE DE : Margaret S.
Margaret S. est une conférencière à la retraite et consacre une grande partie de son temps à l’écriture théologique et philosophique.
Elle a été nommée franc-maçonne dans l’Ordre international de la franc-maçonnerie de l’homme et de la femme – Le Droit Humain.
(Margaret S. est son nom de plume pour tous ses papiers maçonniques)
L’étymologie du verbe « penser » nous indique d’entrée, au sens figuré, une notion d’évaluation, d’appréciation, de jugement. De la sorte, nous pouvons définir l’acte de penser comme la disposition de l’esprit à former et combiner des idées, à comparer, à peser les choses à la balance de la raison. Grâce à cette faculté de former des représentations mentales, l’homme peut aussi, en lui-même et pour lui-même, se souvenir, imaginer, spéculer, méditer, réfléchir. Apparaît ici « l’état d’indépendance » qui caractérise l’intellect individuel. C’est cette spécificité qui permet d’évoquer judicieusement la « liberté de penser ».
Le philosophe Emmanuel Kant associe toutefois avec justesse la pensée au langage, quand il évoque la communication. Et il pose indirectement la question originelle récurrente : la pensée est-elle venue avant le langage, ou inversement ? Quoi qu’il en soit, il est certain que l’Homme, animal social, a besoin pour se construire, physiquement et mentalement, du contact permanent avec les autres. La pensée, comme la fleur du même nom, nécessite d’être alimentée en « nutriments de croissance » que sont les multiples signes de reconnaissance d’autrui au quotidien, pour vivre et prospérer.
Le « frottement aux autres »
La statue de Kant à Kaliningrad.
Depuis notre naissance et nos premiers rapports gestuels et verbaux avec notre mère d’abord, puis notre père, la fratrie éventuelle et l’entourage familial, amical et éducatif-qui s’agrandit au fil des rencontres – nous ne cessons, grâce à eux, d’enrichir nos sens, notre bagage culturel, notre vocabulaire et donc notre pensée. Celle-ci est en permanence constituée par le stock d’images et de mots appris et engrangés permettant la formation et l’expression – orale ou écrite – des idées à un auditoire ou à un lectorat, lesquels émettent les leurs, en retour. C’est par le biais des échanges, « le frottement aux autres », que nous nous pensons nous-mêmes et nous pensons le monde.
Sans cet acquis, cette éducation de base suivie d’une instruction permanente, sans la possibilité de se mouvoir et de faire, la liberté de penser précitée n’est pour l’individu qu’une expression vide de sens. Il est clair que les peuples opprimés, analphabètes et cloués sur place, peuvent toujours penser mais avec un intellect appauvri, desséché même, parce que privés de la liberté d’agir et de se nourrir du regard, de la pensée et de la parole de l’autre. Il en est de même pour le prisonnier au fond de sa cellule, libre de penser certes…mais sans vraiment disposer de « matière à penser », s’il n’a pas de contacts autre qu’avec son geôlier et ne reçoit pas d’informations de l’extérieur. Les « pouvoirs supérieurs » cités par Kant le savent bien pour avoir imposé le sinistre « lavage de cerveau » dans les camps de travail où ont été enfermés des années de nombreux opposants au régime en place, notamment au temps de la Russie soviétique. Un système qui perdure en Chine…Un exemple encore : Il est possible qu’une autre forme de « pouvoir extérieur », selon la formule même de Kant, compromette soudain le discernement et la liberté de penser de personnes prises en otages dans un avion. Leur esprit manipulé et privé de sens critique peut, contre toute attente, leur faire prendre le parti du preneur d’otages !
Emmanuel Kant
L’Homme pense parce que l’évolution l’a équipé d’un système nerveux performant, apte à la pensée précisément, et qui n’a d’ailleurs pas forcément atteint aujourd’hui le maximum de ses possibilités. Grâce à cette faculté de penser assortie de la parole, il se dit « animal supérieur », sans être vraiment sûr que les autres animaux ne pensent pas ! Il est en tout cas perfectible, car ne disposant pas (encore ?) de « centre de l’amour » dans le cerveau, il conserve depuis son origine un caractère belliqueux et, au delà même du nécessaire instinct de conservation, il entretient toujours le désir de détruire l’autre, son semblable !
Certes, l’Homme est doté de cette forme de « bon sens » qu’il nomme la raison, comme nous le rappelle Kant, dans la suite de son développement. Mais la raison n’est pas forcément toujours raisonnable…Il est en fait pris dans cette contradiction de la condition humaine qui veut qu’il soit à la fois indépendant, par nature, et dépendant de son groupe, par nécessité vitale !
Sans dieu ni maître
Sa liberté de penser, expression même de cette indépendance, voudrait qu’il n’obéisse qu’à saraison personnelle, c’est à dire à sa seule conscience et à sa seule logique, pour aboutir à un mode de vie partant anarchique, donc hors d’un champ social, lui délimité et réglementé ! Or cette conception égotique ne prend pas en compte que la raison, précisément en tant que faculté humaine, n’est pas la propriété d’un seul être humain, mais d’une communauté entière qui s’en sert comme outil de réflexion et d’action. Ce qui permet d’affirmer qu ‘il ne s’agit pas d’avoir raison, mais de raisonner !
Raisonner revient ici, dans le sillage de Kant, à comprendre que le concept humain de « liberté de penser » n’échappe pas au principe de la loi. Sans forcément prendre la nature pour modèle, on sait que l’univers obéit à des lois. De son côté et à son échelle, toute vie terrestre, individuelle ou « groupale », est contrainte d’observer une ou des règles, ne serait-ce que, tout bonnement, pour survivre. Le libertaire, qui se dit sans « Dieu ni maître », donc « sans foi ni loi », est dans la totale illusion, quand il prétend vivre selon sa ou ses propres et seules décisions, alors même que, comme chacun de nous, il est commandé, quasiment « agi » par ses déterminismes, aussi bien organique (son corps et sa finitude) que psychologique (son caractère et son histoire en marche).
Reste le déterminisme social (les mœurs de la société considérée), dont le libertaire peut prétendre s’écarter. Mais c’est oublier que vivre implique pour « la mécanique humaine » d’échanger avec soi et les autres. C’est à dire se donner (des consignes et des satisfactions), mais aussi donner, recevoir, demander, refuser. L’exercice d’une loi individuelle entraîne l’acceptation de la Loi commune, créée par le groupe. Parce qu’il n’est d’Homme qu’en relation.
Une liberté d’opposition
Nous venons d’examiner la liberté de penser dans un cadre de vie communautaire. Nous pourrions dès lors évoquer une liberté de penser devenue « liberté d’expression », quand cette dernière signifie la formulation et la verbalisation en public, d’un point de vue, d’une position, d’une opinion. Il pourrait même être question d’une « liberté d’opposition » quand, politiquement parlant, ladite opinion exprimée par un individu ou un groupe d’individus est non seulement différente de celle d’un autre groupe, mais encore cherche à combattre cette pensée adverse, voire à la supprimer pour s’imposer en remplaçante.
Pour en terminer avec l’inventaire des formes de liberté de penser, il est également possible de considérer celle qui existe dans le silence même de la pensée, dans son intimité, pour ne pas dire dans son secret. Il n’est d’évidence plus question d’échange ici, mais tout au contraire d’une volonté de se taire, donc de ne pas révéler ce que l’on pense, une attitude qui nous éloigne de toute obligation, telles les contraintes imposées aux prisonniers et otages précités. Il s’agit d’une forme puissante de liberté de penser : celle correspondant au refus de communiquer. On peut dire que ce mutisme est en soi une véritable loi que « le « taiseux » s’impose. C’est un choix calculé, raisonné, à l’image de ces résistants capturés par les nazis pendant la dernière guerre mondiale qui ont refusé de livrer leurs camarades et sont morts, fusillés. Avec cet exemple, nous illustrons à nouveau la pensée de Kant, quand il évoque une liberté de pensée guidée par la raison, qui ne se soumet qu’à sa propre loi. L’homme qui préfère mourir que de trahir met un point d’honneur à respecter son engagement, voire son serment, et partant, ne s’incline pas sous le joug des lois de l’ennemi.
Nous pouvons conclure cette petite « explication de texte » avec l’idée que la liberté de pensée, quelle qu’en soit la forme d’expression, ne répond pas forcément à une fantaisie ou un caprice de l’intellect, mais peut bel et bien relever – si elle est considérée comme le résultat d’une vraie réflexion – de la responsabilité individuelle.
Lorsque Kant parle d’une loi que la raison se donne à elle-même, en quelque sorte à la manière d’un filtre volontairement interposé entre la pensée et la parole, il évoque sans nul doute une auto-discipline : celle que justement observe, avant et pendant son discours, tout homme libre et maître de sa pensée.
En 2020, nous avons fait un don de 76 000 £ à Alzheimer’s Research UK pour financer le travail de leur doctorante, Aurora Veteleanu , au UK Dementia Research Institute de l’Université de Cardiff. Trois ans plus tard, elle fait des découvertes incroyables et révolutionnaires sur la maladie.
Alzheimer’s Research UK est un organisme de bienfaisance qui contribue à apporter un précieux sentiment d’espoir à près d’un million de familles britanniques touchées par la démence. Nous sommes fiers de collaborer avec eux depuis 1994 et, depuis cette date, nous avons contribué à financer des recherches qui ont révélé plus de 70 gènes à risque pour la maladie d’Alzheimer et développé des techniques qui ont influencé les scientifiques du monde entier.
Ces dernières années, les chercheurs ont fait de grands progrès dans la compréhension des principales caractéristiques de la démence ; ceci est crucial pour découvrir des traitements potentiels. Les études doctorales d’Aurora ont contribué de manière significative à l’avancement de ce domaine d’étude et, grâce à son travail acharné, l’avenir s’annonce meilleur pour les personnes vivant avec la maladie.
Pour la première fois, il est possible que des traitements puissent ralentir considérablement la progression de la maladie d’Alzheimer plutôt que de simplement traiter les symptômes. Bien que ces médicaments en soient aux tout premiers stades de développement et que leurs effets soient limités, leur création indique qu’un traitement qui changera la vie est en vue.
Avant le début de ses recherches, Aurora visait à étudier comment les variations du gène de la clusterine affectent la quantité de protéines dans le cerveau – un indicateur majeur de la maladie d’Alzheimer. Elle pensait que l’étude de la biologie de la clusterine ferait progresser considérablement la compréhension du développement de la maladie d’Alzheimer et pourrait conduire à des traitements potentiels à l’avenir.
Avance rapide jusqu’à aujourd’hui, et elle a réussi à établir une nouvelle méthode pour mesurer ces niveaux de protéines dans le sang et le liquide céphalo-rachidien. Cela n’a jamais été étudié auparavant et constitue une avancée majeure dans le domaine. Ses méthodes uniques ont été partagées au sein de la communauté médicale, permettant à davantage de scientifiques comme Aurora de faire de grands progrès dans leurs recherches.
Mais Aurora ne s’arrête pas là : elle travaille actuellement à la mise au point d’une nouvelle méthode permettant de détecter avec précision des échantillons de clusterine dans les tissus cérébraux. Le travail d’Aurora a été largement reconnu dans son domaine ; ses travaux ont été publiés dans l’Alzheimer’s & Dementia Journal en septembre 2022 et elle a voyagé pour prendre la parole lors de conférences à Aberdeen, Cardiff et en Suède.
La démence touche environ 42 000 personnes au Pays de Galles et près d’un million de personnes au Royaume-Uni. Des recherches comme celle-ci, menées par des experts en démence, sont la seule réponse à un monde libéré de la peur, des dangers et des chagrins liés à la maladie. Nous restons déterminés à financer les meilleures recherches scientifiques et Cardiff possède une solide communauté de recherche sur la démence. Financer une recherche comme celle-ci ne serait pas possible sans les dons de nos fantastiques donateurs. Aujourd’hui plus que jamais, la recherche sur la démence a besoin de notre soutien.Dr Rosa Sancho, responsable de la recherche chez Alzheimer’s Research UK
Nous sommes incroyablement fiers que notre partenariat avec Alzheimer’s Research UK ait contribué à faire progresser des découvertes vitales et ait lancé la carrière d’Aurora dans la recherche sur la démence, dont nous sommes convaincus qu’elle continuera à innover.
Jean Baptiste Clément et né à Boulogne-Billancourt le 31 mai 1836 et mort à Paris 10e le 23 février 1903. Il est mondialement connu comme chansonnier montmartrois, mais aussi journaliste, syndicaliste et communard français.
La plus grande partie de son répertoire est aujourd’hui oubliée, excepté quelques chansons et en particulier les très célèbres Le Temps des cerises et La Semaine sanglante. Dans un registre différent, il rédigea une version parodique de la célèbre ronde enfantine Dansons la capucine, contre le Second Empire. Jean Baptiste Clément était militant du Parti ouvrier socialiste révolutionnaire (POSR).
L’auteur du « Temps des Cerises », en effet a été Franc-maçon les 5 dernières années de sa vie, de son initiation en 1898 à sa disparition en 1903. Le Frère Sincholle de la loge « les rénovateurs » prendra la parole :
« Le souvenir d’un tel homme ne s’effacera jamais, la distance et le temps le rendent plus cher encore à ceux qui purent apprécier toutes les qualités foncièrement bonnes de son cœur de poète. » Une délégation de la loge « l’évolution sociale » était également présente.
Né dans une famille aisée à Boulogne-sur-Seine le 31 mai 1836, fils d’un riche meunier de Montfermeil, Jean Baptiste Clément quitte très jeune le foyer familial. Dès l’âge de quatorze ans, il exerce le métier de garnisseur de cuivre, métier qu’il qualifiait lui-même de plus insignifiant de tous les métiers. Il exerce encore plusieurs autres professions, travaillant notamment chez ses grands-parents meuniers au moulin de cage, et rejoint Paris où il côtoie des journalistes écrivant dans des journaux socialistes, notamment Le Cri du peuple de Jules Vallès. En 1867, il doit se réfugier en Belgique, où il publie la célèbre chanson Le Temps des cerises.
Revenu à Paris, il collabore à divers journaux d’opposition au Second Empire, tels que La Réforme de Charles Delescluze et Auguste-Jean-Marie Vermorel. Jean Baptiste Clément est alors condamné pour avoir publié un journal non cautionné par l’empereur. Il est emprisonné à la prison Sainte-Pélagie jusqu’au soulèvement républicain du 4 septembre 1870.
Plaque commémorative rendant hommage à Jean Baptiste Clément
Devenu membre de la Garde nationale, il participe aux différentes journées de contestation du Gouvernement de la Défense nationale le 31 octobre 1870 et le 22 janvier 1871. Le 26 mars 1871, il est élu au Conseil de la Commune par le XVIIIe arrondissement, celui de la Butte-Montmartre, avec Auguste Blanqui (mais celui-ci est détenu en dehors de Paris), Auguste-Jean-Marie Vermorel, ou encore Théophile Ferré. Il est membre de la commission des Services publics et des Subsistances. Le 16 avril, il est nommé délégué à la fabrication des munitions, puis, le 21, à la commission de l’Enseignement. Dans Le Cri du peuple, il proteste contre la fermeture de certains journaux d’opposition à la Commune. Combattant sur les barricades pendant la Semaine sanglante, il écrit peu après la chanson La Semaine sanglante qui dénonce la violente répression contre les communards.
Il réussit à fuir Paris, gagne la Belgique et se réfugie à Londres, où il poursuit son combat. Il est condamné à mort par contumace en 1874. Pendant cette période de mai 1875 à novembre 1876, il se réfugie clandestinement chez ses parents à Montfermeil. En attendant l’amnistie, prononcée en 1879, il se promène dans les bois et pêche dans les étangs de Montfermeil. Il rentre à Paris après l’amnistie générale de 1880.
Léo Campion, Le Drapeau noir, l’Équerre et le Compas : les Maillons libertaires de la Chaîne d’Union, Éditions Alternative libertaire, 1996.
En 1885, il est envoyé en mission par la Fédération des travailleurs socialistes de France pour observer et soutenir une grève dans une entreprise métallurgique ardennaise, la Grosse Boutique, déclenchée par des licenciements à la suite de la création d’un syndicat. Il reste sur place un mois et demi, écoute, organise des assemblées de travailleurs et des collectes de soutien financier aux grévistes, revient sur Paris informer la Fédération de la situation, puis retourne en Ardennes en 1887. Il y diffuse l’idée de syndicalisation, fonde le cercle d’études socialiste, l’Étincelle de Charleville et la Fédération socialiste des Ardennes qui participe en 1890 à la création du Parti ouvrier socialiste révolutionnaire, ainsi que des coopératives. Fatigué après plusieurs années de lutte, il quitte les Ardennes en décembre 1894, où il est remplacé par Gaétan Albert-Poulain, pour revenir en région parisienne.
Léo Campion, Le Drapeau noir, l’Équerre et le Compas : les Maillons libertaires de la Chaîne d’Union, Éditions Alternative libertaire, 1996.
Le 28 octobre 1898, Jean Baptiste Clément est initié à la loge Les Rénovateurs du Grand Orient de France à Clichy. Il s’affilie, le 10 janvier 1900, à la loge L’Évolution Sociale à Paris, où il passe compagnon et maître le même jour, le 6 juillet 1901. Il sera également membre de la loge « La Raison ».
Tombeau de Jean-Baptiste Clément au Cimetière du Père Lachaise à Paris. Il est l’auteur de la chanson : « Le temps des cerises ».
Alors qu’il demeure 110, rue Lepic, il meurt à l’âge de 66 ans au 200, rue du Faubourg-Saint-Denis, Maison Dubois (devenu ensuite Hôpital Fernand-Widal) le 23 février 1903. Lorsqu’il est inhumé au cimetière du Père-Lachaise le 26 février 1903, entre quatre et cinq mille personnes assistent à la cérémonie.
Selon l’un de ses amis : « Le souvenir d’un tel homme ne s’effacera jamais, la distance et le temps le rendent plus cher encore à ceux qui purent apprécier toutes les qualités foncièrement bonnes de son cœur de beau poète et de prolétaire révolté contre toutes les injustices sociales… Et pourtant, jamais propagandiste ne fut autant vilipendé que Jean Baptiste Clément. Mais rien ne l’arrêtait : ni les condamnations, ni les méchancetés capitalistes, ni l’indifférence ouvrière. Ce fut vraiment une grande figure de l’époque héroïque du socialisme. »
Toute sa vie il est surveillé par la Sûreté nationale, son dossier aux archives de la préfecture de police fait environ trente centimètres d’épaisseur. La surveillance de sa mémoire s’est continuée après sa mort, le dernier document du dossier est un programme de cabaret de 1963 organisant une soirée pour les soixante ans de sa mort.
Chansons
Jean Baptiste Clément a écrit un grand nombre de chansons, dont certaines sont passées dans le répertoire enfantin :
De notre confrère italien expartibus.it – Par Pietro Riccio
Filippo Bruno, dit Giordano Bruno, né en janvier 1548 à Nola (Royaume de Sicile) et mort le 17 février 1600 à Rome, est un frère dominicain et philosophe napolitain. Sur la base des travaux de Nicolas de Cues puis de Copernic, il développe la théorie de l’héliocentrisme et montre, de manière philosophique, la pertinence d’un univers infini, qui n’a ni centre ni circonférence, peuplé d’une « quantité innombrable d’astres et de mondes identiques au nôtre ».
Accusé formellement d’athéisme et d’hérésie (particulièrement pour sa théorie de la réincarnation des âmes) par l’Inquisition, d’après ses écrits jugés blasphématoires (où il proclame en outre que Jésus-Christ n’est pas Dieu mais un simple « mage habile », que le Saint-Esprit est l’âme de ce monde, que Satan sera finalement sauvé) et poursuivi pour son intérêt pour la magie, il est condamné à être brûlé vif au terme de huit années de procès ponctuées de nombreuses propositions de rétractation qu’il paraissait d’abord accepter puis qu’il rejetait.
Une statue de bronze à son effigie trône depuis le xixe siècle sur les lieux de son supplice, au Campo de’ Fiori à Rome.
Si vous ne vous rendez pas semblable à Dieu, vous ne pourrez pas comprendre Dieu ; parce que aimer n’est intelligible que aimer. Élevez-vous vers une grandeur au-delà de toute mesure, d’un bond libérez-vous de votre corps . Élevez-vous au-dessus de tous les temps, devenez l’Éternité : alors vous comprendrez Dieu.
Convainquez-vous que rien ne vous est impossible, considérez-vous comme immortel et capable de tout comprendre, tous les arts, toutes les sciences, la nature de chaque être vivant. Grimper plus haut que la hauteur la plus élevée ; descendre plus bas que la profondeur la plus abyssale.
Rappelez-vous en vous toutes les sensations de ce qui est créé, du feu et de l’eau, de l’humide et du sec, en imaginant que vous êtes partout, sur terre, dans la mer, dans le ciel ; de ne pas être encore né, puis de se retrouver dans le ventre de sa mère, d’être donc un adolescent, vieux, mort, au-delà de la mort. Si vous pouvez embrasser dans vos pensées toutes choses ensemble, temps, espaces, substances, qualité, quantité, vous pourrez comprendre Dieu. Giordano Bruno – De umbris idearum
La philosophie de Giordano Bruno comporte de nombreuses facettes. De nombreux critiques portent leur attention sur la réflexion cosmologique, les contacts avec l’atomisme, la théorie pythagoricienne des nombres ou la réorganisation de l’univers naturel.
Statue en bronze de Giordano Bruno (1889) par Ettore Ferrari (1845-1929), Campo de’ Fiori, Rome.
En fait, Nolan prend une position ferme sur ces questions et sa contribution à la méthode scientifique est incontestable, au point de pousser certains chercheurs à le considérer comme un précurseur de la physique quantique ainsi que du paradigme mathématique-mécaniste, et déterminé à clarifier la dynamique de cause à effet.
De plus, il serait impossible de ne pas le considérer comme un philosophe de la science nouvelle, basée sur des fondements empiriques et une démontrabilité mathématique.
Mais à côté de cet aspect, on retrouve la matrice magique et surtout hermétique, au point de pousser certains auteurs à l’insérer, de droit, dans ce courant de pensée.
Les trois courants de l’hermétisme, de la mnémotechnique et du lullisme se confondent dans la personnalité complexe de Bruno, dans son esprit, dans sa mission. Giordano Bruno et la tradition hermétique – Frances A. Yates
Ce sont précisément ces trois courants qui constituent l’épine dorsale de la pensée magique de Bruno, comme je tenterai de l’illustrer tout au long de cet article.
Ce qui nous semble cependant étrange, c’est que ces deux âmes, épistémologique et hermétique, sont presque toujours considérées comme inconciliables, voire antithétiques, malgré les tentatives timides de les faire coexister et de les intégrer dans un seul système cohérent, thèse qui, au contraire, , nous nous efforcerons d’argumenter.
En effet, Bruno vise à ordonner et réarranger les différents courants philosophiques du XVIe siècle, la théorie de la connaissance, la métaphysique, la cosmologie, l’éthique, la mnémotechnique, la méthodologie de l’élaboration systématique des connaissances, les mathématiques et la magie.
Une précision préliminaire s’impose : aux XVe et XVIe siècles, la magie était considérée, du moins dans le domaine philosophique, comme l’un des outils utiles pour connaître et contrôler les forces de la nature, en particulier pour les phénomènes difficiles à expliquer au départ. de la vision aristotélicienne. C’est précisément cet esprit qui anime Bruno.
Un philosophe ut sumitur inter philosophos, tunc magus signifie hominem sapientem cum virtute agendi.
Tel que l’entendent les philosophes parmi les philosophes, « magicien » signifie donc un homme sage ayant une action vertueuse. Giordano Bruno – De la magie
Le Nolan va jusqu’à, notamment dans ses derniers ouvrages, donner des indications en termes de fonctionnement et d’applications pratiques de la magie.
Mais procédons dans l’ordre, en essayant tout d’abord de clarifier les fondements hermétiques du système de Bruno, en partant de l’un des textes qui ont le plus influencé sa pensée, à savoir le « Corpus Hermeticum », attribué à Hermès Trismégiste .
Bien que dans la tradition médiévale le « Corpus » soit considéré comme remontant à l’Egypte ancienne, sa véritable datation doit être placée entre le Ier et le IIIe siècle après JC. Le débat sur la question de savoir quels éléments sont authentiquement égyptiens reste ouvert, même si l’origine grecque de la plupart des auteurs semble assez claire.
Tandis que le premier traité, le « Pimander » ou « Pimander » , raconte la création du monde, les autres traités parlent de la possibilité pour l’homme de s’élever vers le divin, de se détacher de la matérialité et d’acquérir des facultés magiques et divines.
Alors que dans « Pymandre » le récit présente des points de contact partiels avec la Genèse, les autres textes s’éloignent de manière plus significative de la vision biblique. La possibilité même pour l’homme de s’élever vers le divin est emblématique de cette différenciation.
Illustration d’un des livres de Giordano Bruno sur la mnémotechnique : on y distingue les quatre éléments classiques : la terre, l’air, l’eau et le feu.
De plus, la conception philosophique qui sous-tend le « Corpus » voit la centralité du « Nous » , de l’intuition humaine, comme la possibilité de connaître le divin, d’une connaissance donc que nous pouvons définir comme de nature gnostique.
Un autre texte qui s’inscrit dans cette veine est l’« Asclépios » , également attribué à Hermès et datant de la même époque. La connotation magique est encore plus marquée, l’ « Asclépios » traite en effet de la tradition sacerdotale égyptienne et des rites magiques qui en dérivent. Les textes bruniens qui illustrent fortement une opération magique, à savoir le « De rerum Principiis » et le « De vinculis in generis » , ont plusieurs points de contact avec « l’ Asclépios ».
En Italie, plus précisément à Florence, le « Corpus » arriva vers 1460, grâce à Cosme de Médicis qui, fasciné par ce qu’il savait être son contenu, demanda à Ficin d’interrompre la traduction des textes platoniciens pour se consacrer entièrement à la travail que vient de lui apporter un moine.
La magie à laquelle Bruno fait référence n’est donc pas celle de la superstition, celle du vulgaire, mais a de fortes racines dans la tradition hermétique.
Mais qu’entendait Nolan par magie ?
Nous trouvons une première référence dans le ‘ Sigillus Sigillorum’ , dans lequel la magie est incluse dans la catégorie des rectores actuum , c’est-à-dire un moyen qui nous permet d’accéder à la connaissance, avec l’ars, la mathesis et l’amor , l’art, les mathématiques et l’amour.
La magie a également un lien étroit avec les mathématiques ; les deux disciplines sont à mi-chemin entre physique et métaphysique et permettent de saisir les lois universelles qui régissent le cosmos, la nature, tout.
Justement, la connaissance des lois de la nature nous permet de contrôler et de modifier la réalité qui nous entoure.
Dans ‘ De la cause, du principe et de l’un’ , on retrouve même un parallèle entre le magicien et le médecin ; peu importe qui guérit le patient, ce qui compte c’est le résultat.
Giordano Bruno. Engraving by Mentzel, Johann Georg (1677-1743).
Déjà à partir de ces prémisses, nous voyons que pour Bruno la magie n’est pas quelque chose lié aux croyances populaires, pratiquées par les couches les moins cultivées de la population, mais une conséquence naturelle du savoir, qui permet de rendre opérationnelles les conquêtes de la philosophie. Il est donc facile de trouver dans cette vision des points de contact forts avec des auteurs comme Paracelse ou Ficin, le premier également cité dans « De la causa » , comme créateur d’une tentative de réconciliation entre magie et médecine.
Comme beaucoup d’autres prédécesseurs qui font une classification, Bruno distingue également la magie divine, physique et mathématique dans ‘ De magic’ . A chacune de ces branches correspond un monde, archetypus , physicus et rationalis , qui sont différents les uns des autres. Le premier détermine le second, le second détermine le troisième, qui pourtant, précisément grâce à la médiation du second, reflète le premier.
D’ailleurs, les tripartitions n’étaient pas rares, comme par exemple chez Agrippa qui distinguait tour à tour trois types de magie, naturalis , coelestis et ceremonalis auxquels il correspond autant de mondes, à savoir elementalis , coelestis et intellectualis.
En revenant au discours hermétique, nous trouvons le concept des trois mondes développé dans le « Corpus Hermeticum » où il est précisé dans la distinction entre Dieu, le monde et l’homme.
L’homme est créé à l’image du monde, mais c’est dans le monde, dans la nature que Dieu se manifeste et se reflète. Il en découle donc deux corollaires : l’homme est un miroir de Dieu précisément à travers la médiation du monde et il est possible de connaître Dieu à travers la connaissance de la nature, dont l’homme lui-même fait partie. En première réflexion, il nous semble impossible de ne pas trouver des contacts avec le système Bruno, contacts qui, évidemment, ne s’arrêtent pas à ces locaux.
D’autres idées nous viennent, par exemple, de « De umbris idearum » , dans lequel nous trouvons une première allusion à une autre division tripartite, celle de la réalité ; à partir d’un parallèle, mais aussi de la distinction entre métaphysique, physique et logique, ou entre ante naturalia, naturalia et rationalia .
Si dans le « De umbris » , comme nous disions, ces thèmes ne sont qu’esquissés, le Nolan les développe de manière plus organique et plus détaillée dans la théorie des trois mondes du « Sigilillus massimo » , dans lequel on retrouve la référence à l’homme comme macrocosme, thème central du « Corpus Hermeticum » , ou de Pico et Agrippa. L’âme humaine, dans cette conception, contient en elle une similitudo magni mundi , une ressemblance avec le macrocosme.
Encore une fois l’influence du « Corpus Hermeticum » , où l’on retrouve le concept récurrent selon lequel l’âme peut atteindre la connaissance de la réalité et de ses causes à travers l’observation de la nature ; ceci comme une prémisse indispensable à tout art magique ou opération magique possible.
Le monde reflète donc un modèle idéal, dont la réalité telle que nous la percevons est l’incarnation et le point de départ de la connaissance du modèle lui-même, mais aussi de son fonctionnement, de l’action.
Bruno construit son système philosophique autour de la théorie des trois mondes, et c’est à partir de là qu’il commence à arriver à ses conclusions métaphysiques, épistémologiques et opérationnelles, même si ce n’est qu’un échafaudage autour duquel construire un système complexe, enrichi par d’autres. concepts, autres catégories. Dans la discussion qui nous intéresse, c’est-à-dire celle qui tourne autour de la pensée magique, les prochaines étapes sont le spiritus universi , l’ anima mundi et la scala naturae.
Étant donné l’existence d’un mundus supremus et d’un mundus ideatus , d’un sommet et d’une base de création, c’est le spiritus universi ou anima mundi qui agit comme médiation, comme lien entre ces deux opposés.
Le spiritus lui-même a une fonction fondamentale dans la vision de Bruno ; c’est un moment de passage entre les différents niveaux de l’être, de contact entre l’âme et le corps.
Mais qu’entend Bruno par esprit ?
Il part de l’hypothèse que les sens sont amenés à l’unité, donc à un sens unique, par l’âme, au niveau individuel, mais aussi par le même principe au niveau universel.
La première et principale forme naturelle, principe formel et nature efficace, est l’âme de l’univers : qui est le principe de vie, de végétation et de sens dans toutes les choses qui vivent, végètent et ressentent. Giordano Bruno – De la cause
C’est une conception originelle de toute chose, de même que pour l’homme il y a une âme individuelle, de même il y a une âme du monde, qui organise la matière, qui traduit le principe général en particulier, qui s’exprime dans l’intellect universel, ou plutôt la cause efficace de toutes les choses naturelles.
Mais il n’y a pas de rupture entre l’intellect et la matière, au contraire la première agit à l’intérieur de la seconde, du dedans de la forme, elle la façonne.
Revenons au concept déjà exprimé des trois mondes. Dieu, nature ou anima mundi , âme humaine.
Cette parenthèse est nécessaire pour revenir à notre discussion, l’âme même du monde rend la magie possible, l’instaure, fixe ses limites. À un moment donné , Bruno établit également, toujours dans « De magic » , une distinction entre a nima mundi et spiritus , ce qui dans d’autres œuvres ne paraissait pas aussi clair. L’esprit agit ainsi comme médiateur entre l’âme et le corps, instrument même de l’ anima mundi .
Même en ce qui concerne la notion d’esprit, nous trouvons un contact fort avec l’œuvre de Ficin. Le Nolan le définit comme corpus subtile , corps subtil, mais aussi comme vehiculum omnium virtutum , véhicule de toute vertu, indispensable à toute opération magique ou physique.
En effet, si la nature, matière en elle-même homogène, est organisée et spécifiée par un principe unique, si l’homme est capable de connaître ce même principe il peut aussi contrôler et modifier le monde qui l’entoure.
Nous arrivons donc à la notion de scala naturae ; l’homme est placé sur une échelle de facultés cognitives et magiques, qui part des animaux et arrive à Dieu. L’âme humaine s’arrête à la possibilité d’accéder aux facultés centrales. Des facultés cognitives supérieures sont possibles pour d’autres entités placées plus haut dans les hiérarchies ; Bruno fait par exemple référence aux corps célestes, aux démons mais aussi au nima mundi lui-même .
Il théorise cependant une continuité entre Dieu, la nature et l’homme.
C’est pourquoi je veux d’abord que vous remarquiez qu’il y a une seule et même échelle par laquelle la nature descend jusqu’à la production des choses, et l’intellect monte jusqu’à leur connaissance ; et que l’un et l’autre procèdent d’unité en unité, en passant par la multitude des moyens. Giordano Bruno – De la cause
Bien que chaque échelon de l’échelle soit distinct, on ne peut pas parler d’une séparation totale. Même l’élément placé à l’échelon le plus bas participe à la constitution de ceux qui se trouvent au sommet, il est intégré par eux. Les niveaux supérieurs trouvent les niveaux inférieurs et contiennent leurs opposés.
La connaissance et l’accès à la magie doivent être vus précisément dans le contexte de la scala naturae , dans une perspective d’ ascensus , d’ascension, et de descensus , de descente.
Comme nous l’avions dit, l’homme ne peut pas contrôler les entités qui se situent à un niveau supérieur, il doit se limiter aux facultés centrales, mais il peut descendre vers les inférieures, il peut influencer les niveaux corporels et sensibles, les contrôler, les modifier. .
L’une des facultés centrales du système philosophique de Bruno est l’imagination, qui a la capacité de contrôler les actions, y compris magiques, ainsi que de filtrer la réalité perçue par les sens.
Une discussion à part porterait sur la conception des sens dans le système de Bruno, mais elle dépasse les objectifs de cet article, sauf ce qui est nécessaire pour comprendre la situation par rapport à la magie.
Les sens ne peuvent pas être trompés, mais ils peuvent être induits à des hallucinations de l’extérieur, par l’influence de démons mais aussi d’autres êtres humains.
L’imagination a aussi une fonction médiatrice dans les actes magiques, mais elle n’est pas autonome, elle ne peut, à elle seule, déterminer l’action magique ; elle a besoin d’une faculté supérieure qui la dirige dans l’action elle-même, qui la détermine, qui la purifie et qui la protège de l’influence négative des entités extérieures.
Cette faculté est définie dans les « Thèses de magie » comme cogitative ou cogitatio . L’imagination peut être influencée et ne fournit donc pas les conditions préalables à une connaissance authentique.
Le cogitatif est l’origine de toute connaissance, il canalise l’imagination, la soutient dans sa partie opérationnelle, mais il est aussi la connexion entre les parties supérieures et inférieures de l’âme, il est le début et la fin de toute action magique.
Mais l’opération ne s’applique qu’au corps, à la matérialité, aux échelons inférieurs de l’échelle. Les facultés supérieures n’ont pas besoin d’agir sur le plan physique. C’est précisément pour cette raison que Bruno place la magie comme frontière entre les facultés inférieures et supérieures. Même si la magie cogitative accédait à des connaissances supérieures, elle ne pourrait toujours pas les utiliser, mais cela ne doit pas laisser penser à un rôle trop faible pour elle, qui détermine pourtant les conditions d’accès à des connaissances de plus en plus élevées.
Comme on le voit, la magie a une fonction philosophique, gnostique, scientifique et Bruno la lie fortement aux mathématiques ; tout comme la magie est un viatique pour une connaissance supérieure, les mathématiques agissent comme un ciment entre le monde physique, objet de perception, et le monde de l’intelligibilia , ou des idées.
On arrive donc au concept de magie mathématique, qui correspond à la rationalité humaine, et fait le lien entre la magie naturelle et la magie divine.
Pour le frère, les mathématiques, comme toute connaissance, peuvent aussi arriver à des conclusions erronées, c’est-à-dire qu’elles peuvent évaluer de manière incorrecte les éléments qui dérivent de la perception.
La magie et les mathématiques sont la dernière étape avant d’arriver à la connaissance la plus authentique.
En résumé, de l’observation et de l’étude de la nature nous arrivons à la connaissance des liens de cause à effet, qui peuvent ensuite être mis en œuvre par une action magique.
Et la nature étant un tout, la vision du cosmos de Bruno tend définitivement vers l’unité ; tout est dans tout.
Si dans ‘ De Magia’ et dans ‘ Thèses de magie’ on retrouve les lignes générales de la vision magique, dans ‘ De vinculis in genre’ Bruno entre dans les détails.
Déjà dans le « Sigilus massimorum », le Dominicain attribue un rôle particulier à l’amour, comme ciment entre l’âme et le corps, et c’est précisément l’amour qui est aussi un vinculum de la volonté, qu’il parvient à canaliser. Elle devient donc une catégorie essentielle et centrale de « De vinculis » et s’insère dans une théorie générale des affections humaines.
L’amour n’implique aucun niveau de connaissance, il est irrationnel, émotionnel, il doit donc être gardé sous contrôle, plus que d’autres pratiques magiques basées plutôt sur la connaissance .
La théorie de la mémoire, ou plutôt l’art de la mémoire, tel qu’il la définit également dans « De umbris idearum », mérite une discussion à part .
Cette attitude ne s’appuie sur aucune des puissances de l’âme elle-même, comme sur une branche, ni sur ce qui émerge de quelque faculté particulière : mais elle est ce qui habite le tronc même du tout, c’est-à-dire l’essence même de l’âme, toute l’âme. Giordano Bruno – De umbris idearum
Encore une fois la notion d’ensemble, centrale, essentielle. Chez Bruno, rien n’est pleinement compris sauf comme partie d’un tout cosmique. L’utilisation de techniques mnémotechniques a des origines anciennes et chez divers auteurs elle s’est appuyée sur l’ordre cosmique, qu’il s’agisse des signes du zodiaque pour Métrodore de Scepsis ou de l’ordre cosmique chez les néoplatoniciens. Ficin lui-même fait référence à des couleurs planétaires, reproduites au plafond d’une pièce, qui pourraient servir à organiser tous les phénomènes de la vie quotidienne.
Le lien avec la magie est illustré par Frances A. Yates dans ‘Giordano Bruno and the Hermetic Tradition’ :
Utilisant aussi bien des images magiques ou talismaniques que des images mnémoniques, le magicien espérait acquérir des connaissances et des pouvoirs universels en obtenant, grâce à l’organisation magique de l’imagination, une personnalité dotée de pouvoirs magiques, en harmonie, pour ainsi dire, avec ceux du cosmos.
Dans « De umbris idearum », il est illustré par une roue divisée en 30 secteurs, chacun d’eux étant identifié par une lettre. Au centre de cette roue Bruno place le soleil.
Dans le reste du livre, nous trouvons une attention considérable aux images qui constituent le système magique de la mémoire, divisées en 30 groupes de 5, pour un total de 150 images, réparties comme suit :
les images des trente-six décans ;
quarante-neuf images planétaires, sept pour chaque planète ;
vingt-huit images pour les positions lunaires et une des draco lunae ;
trente-six images relatives aux douze parties dans lesquelles un horoscope est divisé.
Les références à Agrippa et Ficin sont nombreuses.
L’autre texte central de la théorie de la mémoire, le « Cantus Circaeus » , contient cependant plusieurs références à la magie, démontrant encore davantage à quel point ces aspects sont étroitement liés.
Le même début nous introduit à cette connexion, décrivant une incantation solaire de Circé, dans laquelle sont rappelés tous les noms, attributs, animaux, métaux liés au soleil.
Même les rites ultérieurs, dédiés à la Lune, Saturne, Jupiter, Mars, Vénus et Mercure, suivent la même logique et reposent sur des combinaisons d’objets et d’écrits qui rappellent l’art de la mémoire.
La mémoire des figures célestes est une prémisse nécessaire à la mémoire des images magiques.
Le cercle se ferme, tous les éléments que nous avons définis au début sont là.
La conciliation des deux âmes identifiées au départ apparaît évidente. Chez Bruno, la discussion sur la connaissance est centrale, sur l’explication des liens de causalité même pour ces phénomènes apparemment incroyables et inexpliqués.
La réflexion sur les arts magiques n’est donc pas antithétique à la rigueur scientifique, mais elle s’inscrit surtout dans un système épistémologique cohérent.
Même la magie opérationnelle n’échappe pas à ces dynamiques.
L’observation de la nature amène à connaître ses lois, même les plus cachées, la connaissance des lois permet d’agir sur la nature. Mais la tension gnostique de Bruno ne s’arrête pas là. La magie naturelle, la magie mathématique, ne se limitent pas à la connaissance et au contrôle de la réalité sensible, mais deviennent le point de départ de connaissances supérieures, celles réservées aux facultés supérieures.
Les éléments de l’échelle, disions-nous, ne sont pas distincts, mais doivent être rattachés à l’ensemble qui inclut tout, chacun des trois mondes. La notion de tout est si forte qu’elle amène même certains auteurs à parler de rupture de Bruno avec la métaphysique ou l’anti-métaphysique.
La métaphysique présuppose un dualisme, que ce soit entre contingent et transcendant, entre humain et divin, entre nature et ce qui est préfiguré comme ante naturalia .
Le brunien exclut tous ces contrastes, il ne pose aucun de ces dualismes, les hiérarchies d’échelle sont ininterrompues, elles n’appartiennent pas à deux niveaux différents.
Mais en allant plus loin, il convient de noter comment la philosophie de Nolan conduit à une coïncidence substantielle d’opposés.
La magie profonde consiste à dessiner le contraire après avoir trouvé le point d’union. Giordano Bruno – Sur la cause, le principe et l’un
La dialectique est préfigurée, la résolution de la thèse et de l’antithèse à un niveau supérieur dans la synthèse, mais ici aussi il est impossible de ne pas trouver le contact avec l’hermétisme, où la multiplicité, les dualismes, la pluralité des manifestations se résolvent dans l’unité.
[NDLR : Si tel est votre désir et pour aller plus loin, vous pouvez lire utilement de Guy Chabas – que vous retrouverez aux Rencontres culturelles maçonniques de Lyon les 7 et 8 octobre prochains – son Giordano Bruno, franc-maçon sans tablier ? (ECE-D, 2021).
Guy Chabas, après une carrière dans l’informatique, a entrepris des études de philosophie et s’est spécialisé dans l’analyse des liens existant entre pythagorisme et kabbale chrétienne. Il est l’auteur d’un ouvrage intitulé « Pythagore, kabbale et symbolisme maçonnique » publié aux Éditions Maison de Vie en 2020. Avec ce nouvel ouvrage sur Giordano Bruno aux Editions ECE-D, il approfondit avec maîtrise un aspect méconnu de ce philosophe et opère des rapprochements symboliques qui interpellent.]
Notre confrère Ouest France Nantes dévoile une affaire insolite concernant Yvon Garnier, qui, à 86 printemps se bat depuis dix ans pour que le diplôme de Compagnon du Tour de France soit reconnu par la République.
C’est sans nul doute le plus vieux diplôme de France. D’ailleurs, on en retrouve la trace au Moyen-Âge. L’Unesco, il y a bientôt dix ans, a consacré au patrimoine immatériel de l’humanité le Compagnonnage, mais a omis bien involontairement d’homologuer le diplôme qui va avec. Un simple décret suffirait pour réparer cet oubli.
Yvon Garnier, appelé « Nantais le décidé » chez les Compagnons des Devoirs Unis, pensait que ce serait chose facile, d’autant plus que ses interlocuteurs, du moins ceux qui lui ont répondu, lui disaient, quasiment tous : « Votre demande est juste, monsieur Garnier, c’est une question de bon sens, de reconnaissance du travail effectué… »
Qu’il soit reconnu à la hauteur d’un BTS
D’autant plus que cette reconnaissance permettrait au diplôme de Compagnon, décerné après cinq à sept années de cours, d’être reconnu à la hauteur d’un BTS et du même coup d’ouvrir auxdits Compagnons la possibilité d’enseigner.
Yvon Garnier voudrait, avant de partir pour l’orient éternel – en espérant que ce soit le plus tard possible –, que le diplôme de Compagnon soit enfin reconnu. Pour cela il a fait le tour du monde politique. Bien évidemment, il a commencé par Jean-Marc Ayrault : « Monsieur Garnier, ce ne serait que justice… » C’était hier, peut-être même avant-hier : « Moi, commeun imbécile, j’ai cru qu’il allait faire le nécessaire en deux coups de cuillère à pots. » Pas plus de chance du côté de l’opposition nantaise avec la sénatrice Laurence Garnier. Pire, quand il a interpellé le président du Sénat, la première ministre, on a oublié de lui répondre, tout comme du côté de l’Élysée et de bien d’autres lieux encore.
C’est pourquoi aujourd’hui, à 86 printemps, il repart au combat : « Je ne demande pas l’impossible, seulement de rectifier un oubli… » Bonne chance et bon courage.