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Une femme à la barre : Le combat de Jeanne Chauvin

L’histoire de Jeanne Chauvin est véritablement inspirante et représente un pan important de l’histoire des droits des femmes et de l’accès à des professions jusqu’alors réservées aux hommes.

Nous devons à la plume de Michèle Dassas, qui combine une grande maîtrise de la langue, un style élégant avec une richesse de connaissances, de nous offrir à la fois une analyse rigoureuse des luttes de Jeanne Chauvin et une exploration de sa personnalité et de sa vie privée. Cela implique que le lecteur découvrira des textes non seulement agréables à lire pour leur beauté formelle, mais qu’ils sont également empreints de sens, d’apprentissages et de perspicacité, offrant une réelle substance à méditer. Les romans de Michèle Dassas se situent principalement dans le XIXe siècle et explorent des thèmes tels que l’histoire des femmes, les relations humaines et les secrets de famille. L’auteure s’inspire de faits réels et de personnages historiques pour créer des récits captivants et documentés.

Michèle Dassas

Sociétaire de la Société des Gens de Lettres (SGDL), Michèle Dassas s’est vu décerner, en 2021, la Médaille d’or du mérite littéraire de l’Association Arts et Lettres de France pour l’ensemble de son œuvre. De plus, son roman À la lumière de Renoir, paru en 2020 aux éditions Ramsay, a été couronné par le Prix Charles Oulmont de La Fondation de France.

Marie-Aimée Peyron

Par ailleurs, la préface est signée Marie-Aimée Peyron qui a été bâtonnier de l’Ordre des Avocats de Paris en 2018. Son mandat a été marqué par plusieurs événements importants, dont la réforme de la justice et l’accès au droit, la défense des libertés individuelles et des droits de l’Homme ainsi que la place des femmes dans la profession d’avocat. Elle porte regard pertinent sur l’héritage de Jeanne Chauvin.

Jeanne Chauvin, pionnière des avocates se présente donc comme un mélange entre biographie et roman aidant ainsi à mieux capturer l’essence de son caractère et de ses combats de manière plus vivante et accessible, rendant son histoire et ses réalisations encore plus proches pour le lecteur moderne. Sa persévérance et son engagement en faveur de l’égalité des sexes dans le milieu professionnel, notamment dans le domaine du droit, illustrent bien les défis rencontrés par les femmes qui ont ouvert la voie dans des secteurs dominés par les hommes.

L’ouvrage nous conte donc la biographie de Jeanne Chauvin (1862-1926), première femme à plaider en France en 1901 nous dressant le portrait d’une femme d’exception, déterminée, courageuse et éprise de justice. L’auteure nous rapporte tous les récits de ses combats pour l’égalité des droits et l’accès des femmes à la profession d’avocate. Non sans mettre en lumière les obstacles et les préjugés auxquels elle a dû faire face. C’est aussi un livre témoignage de l’évolution de la société française et du statut des femmes au début du XXe siècle.

De cette biographie romancée, nous retenons une écriture fluide et accessible, ponctuée de citations et d’anecdotes nous décrivant chronologiquement le parcours Jeanne Chauvin – relations familiale, ses confrères et amis et les figures historiques de l’époque. Les thèmes abordés restent d’une étonnante actualité : féminisme, combat pour l’égalité, justice sociale, persévérance, courage, ambition.

Jeanne Chauvin fut la deuxième femme à obtenir un diplôme en droit en France et la première femme autorisée à exercer la profession d’avocate dans ce pays. Née en 1862, elle joua un rôle pionnier dans l’accès des femmes aux professions juridiques, un domaine jusqu’alors exclusivement masculin.

Jeanne Chauvin obtint son diplôme en droit en 1890, à une époque où les femmes étaient largement exclues de la plupart des professions libérales. Malgré son diplôme, elle dut attendre jusqu’en 1900 pour pouvoir réellement exercer en tant qu’avocate, en raison des lois et des normes sociales qui empêchaient les femmes d’entrer dans de nombreux domaines professionnels. Cette attente fut due à la nécessité de changer la loi pour permettre aux femmes d’exercer le droit. La première femme inscrite au barreau de Paris, grâce à ces changements législatifs !

La robe La Finesse – Atelier Petit

Son combat et sa réussite ont ouvert la voie à de nombreuses autres femmes dans le domaine du droit et dans d’autres professions jusqu’alors réservées aux hommes. Jeanne Chauvin est ainsi considérée comme une figure importante du féminisme et de l’égalité des genres en France.

Ce que nous avons particulièrement aimé, c’est le fait que, comme toujours, Michèle Dassas s’est appuyée sur des sources historiques et des archives familiales. Renforçant ainsi le destin émouvant de Jeanne Chauvin. Nous n’écartons pas non plus la dimension historique, avec le panorama de la société française de la Belle Époque.

Gaston Leroux vers 1907

Il en est de même des annexes qui reprennent nombre de textes publiés sur Jeanne Chavin, par exemple dans Le Figaro ou encore Le Matin signé de l’écrivain Gaston Leroux (1868-1927), surtout connu pour ses romans policiers empreints de fantastique, mais qui a fait ses premières armes en tant que chroniqueur judiciaire…

Jeanne Chauvin, cette « voix qui a brisé le silence », pionnière des avocates est un ouvrage important qui retrace le parcours d’une femme d’exception, toutefois non maçonne, et met en lumière les combats pour l’égalité des droits.

Émile Chauvin – Source Assemblée nationale

Mais son frère, Émile Chauvin, député Radical-socialiste de Seine-et-Marne du 22 mai 1898 au 31 mai 1902, fut aussi grand secrétaire du Grand Orient de France. Un livre que nous recommandons à tous ceux qui s’intéressent à l’histoire des femmes et à l’évolution de notre société.

Jeanne Chauvin, pionnière des avocates

Michèle Dassas – Préface Marie-aimée Peyron

Éditions Ramsay, 2024, 336 pages, 20 €

ISBN-10 ‏ : ‎ 2812205040 – ISBN-13 ‏ : ‎ 978-2812205040

Disponible dans toutes les bonnes librairies de France et de Navarre.

Achetez dans votre zone, chez votre libraire préféré, pour qu’il continue à vous conseiller, à vous inspirer, à vous faire rêver et, surtout, à animer votre quartier !  

Le Dessin de Jissey : « Violence et alcool »

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Le 23 mars, un article sur la violence faite aux Francs-maçons a attiré l’attention de JISSEY. Il s’interroge cependant sur les origines de cette violence. Ne serait-elle pas issue, parfois, de l’environnement proche des francs-maçons ?

La rencontre : une issue contre les dogmes en Franc-maçonnerie ? (partie 2)

Dans l’article précédent nous avons pu explorer ma carte de ce territoire imaginaire que j’explore depuis tant d’années, depuis tant de vies peut-être aussi. Car après-tout, personne ne peut démontrer l’indémontrable… et c’est bien là l’intérêt : la pluralité des approches garantie par une pratique adogmatique. A ma connaissance, c’est à dire selon mes expériences et mes savoirs, nos Rites et Rituels nous proposent une méthode qui est constitutive de mon idéal initiatique et maçonnique.

C’est cette méthode, qui se désire adogmatique, qui permet à la Franc-maçonnerie de s’idéaliser universelle. Même si l’espace sacré de la Rencontre permet l’ouverture du compas, c´est dans la doublure et les couleurs de nos Tabliers, derrière les larmes de nos cordons et sautoirs, dans la matérialisation de nos représentations symboliques, dans nos paroles échangées aux agapes mais aussi jusque dans la signalétique de nos lieux d’aisance que sont « tapis » nos mauvais compagnons de route.

De l’Universel…

Hermann Hesse écrivait « Chaque homme n’est pas lui-même seulement. Il est aussi le point unique, particulier, toujours important, en lequel la vie de l’univers se condense d’une façon spéciale, qui ne se répète jamais. »

Selon moi le « Particulier » comme « l’Universel » ne peuvent être séparés et érigés en règle absolue, en dogme, ni même en système car ils sont une opposition féconde. Chaque « Particulier » est point de départ et d’arrivée, une voie d’accès au sommet de cette montagne de « l’Universel » qui est, elle, un but à atteindre et une origine d’où s’extraire.

En Franc-maçonnerie cet « Universel » s’étend de l’Orient à l’Occident, du Septentrion au Midi, du Nadir au Zénith, dans une sphère sans limite au centre de laquelle la Verticale absolue est la seule ligne maîtresse matérialisée par un poids, une masse, une mise en tension.

Universel versus Universalisme

Je précise tout de suite que si nos points cardinaux symboliques portent des noms différents de leur réalité physique alors qu’ils indiquent les mêmes directions c’est que l’espace symbolique qu’ils expriment est différent de l’espace de cette réalité matérielle manifestée que nous partageons toutes et tous.

Il en est de même avec le mot « Universel » qui ne doit pas être confondu avec « universalité » ou « universalisme« .

La Rencontre - Détail - ©Stefan von Nemau
La Rencontre – Planche dessinée – Détail – ©Stefan von Nemau

Six directions infinies autour d’un axe défini, « l’Universel » donc, est ici un symbole du macrocosme. Quant au « Particulier » il est ici un symbole du microcosme. Le reste est question d’échelle aurait pu dire Jacob !

Symboliquement, notre testament philosophique est une invitation à quitter la dimension de « l’avent » et de « l’apprêt » pour entrer dans l’unicité du Moment, dans cet Instant Décisif cher à Cartier-Bresson, entre deux ouvertures du rideau photographique. Ecrire avec la Lumière, c’est le premier pas vers l’apprivoisement du Kaïros. Puis l’impétrant sort de l’épreuve de la Terre. Plus tard il entrera dans celle de la « taire », mais à ce stade là ce temps n’est pas encore advenu. Aveuglé par l’obscurité de son regard, il va traverser les épreuves de l’Air, de l’Eau et du Feu. Il sera à la fois seul et accompagné au cœur de ce qui lui semblera peut-être être le Néant. Il découvrira après coup, comme nous l’avons tous fait, que ce Néant est aussi un Moment nommé « Né en ».

La Voie Royale

Durant son Initiation, la porte de la Voie Royale lui sera indiquée. Libre à l’impétrant de l’emprunter ou non. Libre ? Oui, car en Franc-maçonnerie, si nous avons des règles strictes à observer de façon exotérique d’abord et avec sens et mesure lorsque le parcours se dévoile et que nous en comprenons le sens ésotérique, nous demeurons libres de franchir ou pas les portes, parfois surréalistes, de la Loge avant chaque Tenue. La seule chose qui oblige le Franc-maçon à venir en Loge est sa volonté de briser la « mal-et-diction » de sa « né-cessité » par l’apprentissage et la quête du « Verbe-Lumière » égaré.

Par capillarité l’Apprenti entendra résonner l’appel du Grand Œuvre. Peut être en fera t’il la « clef de sol » de sa quête. On lui racontera les harmoniques de la Table d’émeraude, de ce qui est en haut et de ce qui est en bas. Il découvrira les causes et les effets, et ce qui est au Centre du Tout : Le Mystère derrière « ce voile noir qui me couvrait les yeux » selon le Rituel Ecossais Ancien et Accepté.

Ainsi le « Myste erre » en quête de son « Mystère »…

« Memento remember je tremble et me souviens… Des moments familiers des labos clandestins… Où le vieil alchimiste me répétait tout bas : si tu veux pas noircir, tu ne blanchiras pas… » (in : Annihilation – Hubert Félix Thiéfaine)

Ce Mystère là est à envisager comme un symbole de notre propre Spiritualité à découvrir au fur et à mesure des transmutations ; une Spiritualité unifiant le Monde, agglomérant ses particules les unes aux autres. Au fil de soi(e), du Zénith à son Nadir, la chenille tissera son cocon pour « deux-venir » papillon… éphémère exaltation d’un Chronos déchiré le temps d’un envol irisé.

Ce Mystère là est un Inaccompli, le Chemin qui y mène est fait du « Noir-Sacrifice » menant au « Rouge-Accomplissement ».

Une Spiritualité métaphysique ?

Ce que raconte la Tradition

« Dieu créa l’homme à son image, mâle et femelle il les créa » , « Dieu les bénit et leur dit : Soyez féconds et prolifiques, remplissez la terre et dominez là… » nous conte la Genèse en 1-27 et 1-28.

Saint Jean quant à lui raconte dans son prologue en 1-1 « Au commencement était le Verbe, et le Verbe était tourné vers Dieu, et le Verbe était Dieu », puis en 1-4 « En Lui était la vie et la vie était la lumière des hommes »

La Rencontre - Détail - ©Stefan von Nemau
La Rencontre – Planche dessinée – Détail – ©Stefan von Nemau

Ainsi, à ce que je comprends d’après la Genèse, c’est qu’homme et femme ont la même origine : une image de leur créateur. Cette image serait-elle le reflet inversé de son origine, comme l’est le fantôme croisé dans l’image renvoyée par le miroir initiatique dans certains Rites ? Ou bien est-ce à dire que l’humain a une origine divine que la Voie Initiatique nous inviterait à dévoiler, retrouver, ou bien encore révéler?

Toujours dans la Genèse, il y a un accompli et un inaccompli de la Création. L’un est symbolisé par la couleur blanche et l’autre par la couleur noire dans mes dessins. L’humain, manifestation du Verbe, s’est fait chair, mâle et femelle, en un seul cercle, rose comme la chair sous notre peau.

A ce stade, l’humain est toujours dans un monde spirituel symbolisé par le cercle violet.

Ce qu’explique la science

Isaac Newton définit l’inertie ainsi : tout objet reste au repos ou en mouvement rectiligne uniforme sauf si une force nette agît sur lui ; la dynamique comme suit : la force appliquée sur un objet est proportionnelle à son accélération et inversement proportionnelle à sa masse ; et l’équilibre de cette façon : pour chaque action il y a une réaction égale et opposée.

Selon la Tradition et la Science peut-on en conclure que la Spiritualité est un équilibre dynamique entre des forces qui s’opposent ? Dans ce cas là pourquoi ne pas rester assis au pied d’un ficus religiosa et méditer jusqu’à la Révélation de La Plénitude plutôt que de courir dans tous les sens en tentant de remplir ce vide abyssal en nous avec seulement ce que nos petits bras peuvent porter ? Sommes-nous des colibris en train d’essayer d’éteindre une jungle en feu ?

Ce que démontre l’Initiation

Selon moi, la démarche initiatique invite au dépouillement pour revenir à l’équilibre dynamique de la Spiritualité. Multiplier les savoirs, les possessions, les artéfacts, dans le but d’équilibrer des forces qui s’opposent à nous donne l´inverse de l’effet escompté… « le roseau plie mais ne se rompt pas… » nous raconte Jean de la Fontaine.

Seul le dépouillement, la transmutation et la sublimation de tous nos métaux, et ce jusqu’à la Transparence, permettront de retrouver l’équilibre originel du Verbe fait Chair, du Verbe Lumière, de la Chair(e) Lumière. C’est l’Œuvre au Rouge à laquelle on ne parvient qu’en reconnaissant puis transmutant notre Noirceur. Transcender la « noire-sœur » du « Honni soit qui mâle-y-pense » est une invite à l’Unité retrouvée, pacifiée.

Mais… tout ne s’est pas passé comme prévu et nous nous sommes perdus et divisés en nous multipliant. De l’un est né l’autre, le différent, le « pas comme nous », l’exclu : « le Particulier ».

Peut-être avons-nous confondu « croître en essence » avec « croître en substance »… les dragons se cache dans les recoins vides et sombres de nos Rites. Mais bonne nouvelle : nos Rituels nous racontent comment terrasser les dragons… souvent en complétant et en réunissant nos forces et en prenant le risque de La Rencontre.

Mais pour se rencontrer il faut être séparé… le mois prochain nous aborderons « le Particulier » !

La rencontre - Planche dessinée
La Rencontre – Planche dessinée – Encres et aquarelle sur papier – ©Stefan von Nemau

Liens vers la série des 4 articles

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Renaissance Traditionnelle n° 206 bientôt chez vous !

Bien sûr, à condition de s’abonner ou de se réabonner à Renaissance Traditionnelle (R.T.)  qui fit primée aux prix littéraires de l’Institut Maçonnique de France (IMF), catégorie « Revues », une nouveauté 2019.

Nous vous invitons à prendre connaissance du message de l’équipe de rédaction de R.T. : « Cher Lecteur, vous allez prochainement recevoir le n°206 de Renaissance Traditionnelle, désormais en quadrichromie intégrale, avec une structure et un contenu profondément revus et diversifiés, tout en restant dans la ligne éditoriale dont l’objectif, depuis plus de 50 ans, est de publier des études et des documents visant à mieux « faire comprendre et aimer la tradition maçonnique, dans sa double dimension historique et spirituelle ».

Ce nouveau numéro de 128 pages achèvera l’année éditoriale 2023. Si vous n’avez pas eu le temps de vous réabonner en 2023, il est possible de commander le tome LII, vous recevrez alors les deux numéros, 205 et 206, de l’année entière.

Dans le n°206 vous trouverez notamment la première livraison des nouveaux Cahiers de Saint-Martin, consacrés à l‘illuminisme maçonnique aux XVIIIe et XIXe siècles, succédant à la revue homonyme, jadis fondée par Robert Amadou, Antoine Faivre et Nicole Jacques-Lefèvre. Elle renaît donc aujourd’hui de ses cendres comme un supplément annuel inclus dans Renaissance Traditionnelle. On y trouvera en particulier le récit détaillé d’une surprenante découverte.

Outre divers articles, de Dominique Clairambault, Philippe Langlet, Reinhard Markner, Jean-Michel Mathonière, et nos rubriques habituelles de chronique des livres et des revues, vous y découvrirez aussi la première annonce du VIIe Colloque du Cercle Renaissance Traditionnelle qui se tiendra à Paris le samedi 5 octobre prochain. Des informations complémentaires vous parviendront dans les semaines à venir sur cet important événement.

Enfin, notre revue devenue semestrielle, ayant recouvré un rythme régulier de parution, la campagne de réabonnement pour 2024 s’ouvre dès à présent – le n°207, première livraison de l’année 2024, paraîtra à la fin du mois de juin – la seconde, fin décembre. Le tarif de l’abonnement, qui n’avait pas été modifié depuis 2017, a été ajusté à l’augmentation des coûts de fabrication. Vous trouverez le formulaire de réabonnement 2024 en cliquant ici et en indiquant votre identifiant personnel RT : …

Comme d’habitude vous conservez la possibilité de commander en ligne les anciens numéros, à l’unité ou par année de publication, les tarifs ayant été actualisés au plus juste.

Nous remercions à nouveau tous les lecteurs qui nous ont fait parvenir leurs témoignages de satisfaction au sujet de la nouvelle formule de Renaissance Traditionnelle. C’est pour nous un puissant encouragement à poursuivre dans la même direction. Sur un plan plus matériel, nous avons également tenu compte de certaines demandes et vous recevrez désormais votre revue sous blister individuel afin d’en préserver l’intégrité au cours du transport postal. Le Secrétariat de la revue reste à la disposition de tous pour faciliter le processus de commande en cas de difficulté rencontrée sur le site (par mail à secretariat.rt@fmtl.fr).

Au plaisir de vous retrouver dans les pages de Renaissance Traditionnelle.

Bien à vous,

L’équipe de rédaction de R.T. »

Bien évidemment, sous nos colonnes, vous pourrez prendre connaissance, prochainement, de notre note de lecture de ce magnifique numéro.

« Témoigner de la Shoah » : Un livre essentiel pour ne jamais oublier

Nous souhaitons publier notre note de lecture ce 24 mars 2024, à l’occasion de Pourim, une célébration de la survie et de la solidarité juive face à l’adversité.

Source https://www.fraternite-dabraham.com/bonne-fete-de-pourim-a-nos-amis-juifs/

Pourim commémore les événements racontés dans le Livre d’Esther, où la reine Esther et son cousin Mordechai sauvent les Juifs de Perse de l’extermination décrétée par Haman, le conseiller maléfique du roi Assuérus (Xerxès Ier). C’est une fête joyeuse, marquée par la lecture du Meguilat Esther (le rouleau d’Esther), le partage de mets festifs, l’envoi de cadeaux alimentaires aux amis (mishloach manot), et des dons aux pauvres (matanot la’evyonim). Les gens se déguisent souvent, et il est courant d’organiser des fêtes et des représentations théâtrales retraçant l’histoire d’Esther.

L’ouvrage d’Olivia Lewi, Témoigner de la Shoah – Des récits de vie au Mémorial, offre une perspective unique et profondément réfléchie sur les témoignages relatifs à la Shoah, conservés au centre d’archives du Mémorial de la Shoah à Paris, lieu de mémoire dédié à l’histoire. Le Mémorial sert plusieurs fonctions essentielles : centre de documentation,  expositions, éducative, espace commémoratif pour la prière et le recueillement (mur des Noms, où sont gravés les noms de 76 000 Juifs déportés de France). ZA’HOR – SOUVIENS-TOI.

Philippe Mesnard

C’est d’ailleurs ce que note le professeur de Littérature comparée et membre de l’Institut Universitaire de France depuis Philippe Mesnard, préfacier. Des mots d’ouverture titrés « Du renouveau dans les études testimoniales » et reflétant bien une prise de conscience de la complexité des témoignages et de leur importance cruciale dans la construction de notre compréhension collective du passé. Il met en lumière la nécessité d’approches attentives et nuancées pour aborder ces récits, reconnaissant leur pouvoir à la fois comme sources historiques et comme moyens de transmission de la mémoire.

Le Mur des Justes.

En analysant ces récits à travers une double lentille, alliant approches linguistiques, littéraires et historiques, Olivia Lewi aborde non seulement le contenu des témoignages mais aussi le rôle crucial de l’institution qui les préserve.

La transformation de ces récits, de documents intimes à des archives publiques, soulève des questions importantes sur leur signification, leur réception et leur fonction dans la société. En les rendant accessibles, le Mémorial de la Shoah ne les confère pas seulement une visibilité mais enrichit également leur valeur, les transformant en instruments de mémoire collective, d’éducation et de réflexion éthique.

L’auteure, grâce à ses qualifications en lettres modernes et en sciences du langage, ainsi qu’à son expérience en enseignement à l’Institut National Supérieur du Professorat et de l’Éducation (INSPE) – Sorbonne Université, est particulièrement bien placée pour explorer ces thématiques. Son remarquable travail contribue à une meilleure compréhension des mécanismes de la mémoire collective et du rôle de l’écriture testimoniale dans la transmission de l’histoire.

Salle des fichiers.

Ce livre constitue une ressource précieuse pour ceux qui s’intéressent à la Shoah, à l’histoire orale, à la littérature testimoniale, ainsi qu’aux questions plus larges de mémoire et d’identité collective. Il pourrait également servir d’outil pédagogique pour enseigner ces sujets complexes et essentiels dans les contextes éducatifs.

Olivia Lewi suggère un large éventail de ressources pour ceux intéressés à approfondir leur compréhension de la Shoah, des témoignages de survivants, et du rôle des institutions dans la conservation de cette mémoire. Permettant ainsi une exploration multidimensionnelle de la Shoah, couvrant des aspects historiques, personnels, éducatifs, et institutionnels. En approfondissant ces lectures, on peut non seulement mieux comprendre l’histoire de la Shoah mais aussi saisir l’importance de sa mémoire dans le monde contemporain.

Ce livre s’adresse plus particulièrement aux chercheurs en littérature, linguistique, histoire et sciences du langage, aux étudiants en master et doctorat, aux enseignants mais aussi à tout public intéressé par la Shoah et le devoir de mémoire.

Rappelons que la collection « Histoire » des Presses Universitaires de Rennes (PUR), forte de plus de 1300 titres, vise à couvrir un large éventail de périodes historiques, de la préhistoire à l’histoire contemporaine, et s’intéresse à une diversité de thèmes : politiques, sociaux, économiques, culturels, etc. Elle cherche à publier des travaux qui contribuent de manière significative à la connaissance historique, que ce soit par des synthèses, des études de cas précises, ou des travaux théoriques et méthodologiques.

Témoigner de la Shoah – Des récits de vie au Mémorial

Olivia LewiPresses Universitaires de Rennes, Coll. Histoire, 2024, 292 pages, 25 €/Version numérique e-pub 11,99 €

Sacrilège : Les frontières du sacré, l’expo aux Archives nationales

En vérité « Sacrilège ! L’État, les religions et le sacré, de l’Antiquité à nos jours », tel est le titre exact de cette belle exposition temporaire.

Hôtel de Soubise – La cour d’honneur

Pourquoi les rois de France poursuivaient-ils le blasphème au même titre que le crime de lèse-majesté ? Comment l’État, monarchique ou républicain, compose-t-il avec le pouvoir religieux ? Même laïc, l’État peut-il se passer de toute forme de sacré ? Autant de questions au coeur de l’exposition Sacrilège ! L’État, les religions et le sacré, présentée par les Archives nationales du 20 mars au 1er juillet 2024 à l’Hôtel de Soubise.

Dans une ambiance solennelle – qui n’est pas sans rappeler celle d’un lieu de culte ! –, plus d’une centaine d’œuvres et de documents d’archives inédits illustrent l’histoire du sacrilège. De Socrate (399 av. J.-C.) au chevalier de La Barre (1766), de l’attentat de Damiens contre Louis XV (1757) à l’affaire du Casse-toi, pov’ con !, les commissaires de l’exposition ont eu à cœur de rendre au sacrilège et au blasphème leur dimension politique.

Pédagogique, l’exposition raconte ainsi l’histoire des rapports que le pouvoir entretient – non sans ambiguïté – avec les religions. Les visiteurs pourront ainsi se plonger dans la lente montée en puissance (à partir du XIIe siècle) et le déclin d’une « religion royale », ébranlée par la Réforme protestante et les guerres de Religion (1562-1598), éradiquée par la Révolution, mais à laquelle la République a longtemps cherché un substitut. République elle-même mise sous pression par le récent retour en force du fait religieux.
Par un subtil jeu de miroirs, l’exposition bouscule les frontières entre le spirituel et le temporel, le religieux et le laïc, le sacré et le profane.

Autour de l’exposition / Deux conférences sont proposées au public. Elles se dérouleront à l’hôtel de Soubise, à Paris (accès gratuit sur inscription dans la limite des places disponibles).

  • 27 avril 2024 « Histoire, théologie et actualité du blasphème en Islam », par Olivier Hanne
  • 8 juin 2024 « De la lèse-majesté à l’offense au chef de l’État », par Amable Sablon du Corail et Jacques de Saint Victor
Le catalogue

Le catalogue de l’exposition / Sacrilège ! l’Etat, les religions et le sacré

Amable Sablon du Corail, Jacques de Saint Victor, Nathalie Droin et Olivier Hanne

Éditions Gallimard – Prix : 35 € – 192 pages – ISBN : 978-2-07-303845-6

Hôtel de Clisson, hôtel de Soubise dont la porte fait l’objet d’un classement au titre des monuments historiques par la liste de 1862.

[NDLR : Cette exposition temporaire aborde des thèmes variés, tels que les lois et politiques étatiques sur la religion, les conflits entre différents groupes religieux et entre la religion et l’État, ainsi que les moments où la définition même du sacré a été mise en question ou a évolué. En s’appuyant sur des documents d’archives, des artéfacts, et même des œuvres d’art et des témoignages, « Sacrilège ! » offre aux visiteurs une perspective riche et nuancée sur le rôle que le sacré joue dans la vie publique et privée, ainsi que sur les façons dont il a été utilisé, contesté, ou redéfini au fil du temps.

Les Archives nationales à Paris, en accueillant cette exposition, continuent leur mission d’éducation et de mise en lumière des aspects importants de l’histoire et de la culture, en fournissant un cadre unique pour réfléchir aux interactions entre religion, société, et gouvernance. Pour les amateurs d’histoire, de sociologie de la religion, ou simplement pour ceux intéressés par les questions de la laïcité et du rôle du sacré dans le monde contemporain, cette exposition représente une opportunité à ne pas manquer.]

Infos pratiques : Musée des Archives nationales – Hôtel de Soubise 6 60 rue des Francs-Bourgeois, 75003 Paris – Téléphone : +33 (0)1 40 27 60 96/Métro : Hôtel de Ville (ligne 1), Rambuteau (ligne 11), Arts et Métiers (ligne 3)/Bus : lignes 29 et 75, arrêt « Archives-Haudriettes » ou « Archives-Rambuteau ». Du 20 mars au 1er juillet 2024 – Exposition gratuite

Visites guidées pour les individuels / Les vendredis 29 mars, 5, 26 avril, 3, 17, 24, 31 mai, 7, 14, 21, 28 juin Horaires : de 14h30 à 16h00 Tarif par personne : 8 €/Réservation obligatoire ou sur l’application mobile Affluences + 33 (0) 1 40 27 60 71 – developpement-publics.an@culture.gouv.fr

Vernissage pédagogique pour les enseignants, présentation de l’exposition par Amable Sablon du Corail, co-commissaire de l’exposition Mercredi 20 mars (17h00-19h00), sur inscription

Conférence pour les enseignants sur le thème « Pouvoir et religion du Moyen Âge à nos jours » par Jacques de Saint Victor, historien du droit et co-commissaire de l’exposition : Mercredi 3 avril (17h30 à 18h30), sur inscription – Réservation et renseignements pour les visites et ateliers pour les enseignants et pour les classes  : service-educatif.an@culture.gouv.fr 6 01 75 47 20 06

Esprit maçonnique, es-tu là ?

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Il nous arrive souvent d’entendre dire il n’y a pas de hasard…

Quel heureux hasard !

Il nous arrive souvent d’entendre dire il n’y a pas de hasard, phrase banale à classer dans les lieux communs ou dans les expressions qui agacent un peu car tellement rabattues. Et pourtant moi aussi j’en ai été la cible.

Je me suis rendu dernièrement sur le média YouTube et à plusieurs reprises j’ai ouvert des vidéos spécialisées sur l’aviation, une passion qui me vient de mon enfance après avoir découvert  Antoine de Saint-Exupéry, Saint-Exupéry tiens comme c’est bizarre !? 

J’ai visionné d’autres videos sur les avions dont celles de ce « Youtuber » qui se nomme Aldo, elles m’ont plu, j’ai fini par y retourner, à tel point que je me suis abonné à sa chaîne.

J’ai cédé comme le font certaines personnes qui regardent ma chaîne vidéo « Le Grand René » sur Youtube par hasard.

 Ça mange pas de pain de se faire un peu de pub au hasard et au passage. Je mets ainsi en pratique le proverbe : « Charité bien ordonnée commence par soi-même »

Au passage aussi je viens de m’apercevoir qu’en italien ordonner donne « ordinare » qui veut dire passer commande, bon c’est un peu tiré par les cheveux et sans intérêt, passons.

Bref, je me suis donc abonné à cette chaîne.

J’ai continué à visionner d’autres vidéos et ma surprise a été grande quand j’ai découvert que notre « YouTuber » Aldo faisait partie de la Franc-maçonnerie et ne manquait pas de l’afficher dans certains de ses sujets.

Quel heureux hasard me direz-vous !

Ce hasard relève t-il de la mise en place de l’algorithme de Youtube ?

Je ne suis pas informaticien. Certaines sœurs et certains frères, plus avertis en la matière, ont déjà une réponse à mon questionnement. 

Pour ma part, j’ai l’impression qu’au-delà de cette anecdote, nous, Francs-maçons, nous développerions une sorte d’algorithme personnel. Il semblerait que nous nous attirons entre nous, une sorte de « qui se ressemble s’assemble ». C’est sans doute ce qui nous fait dire : Il n’y pas de hasard !

Je laisse la discussion ouverte comme on dit. 

Peut-être que ma vidéo, la minute du Grand René va compléter mes recherches ésotériques, car c’est reconnu LE HASARD FAIT BIEN LES CHOSES !

Olivier Debarre, fondateur de Masons Hospitality : L’interview exclusive !

Interviewer notre frère Olivier Debarre, fondateur de Masons Hospitality, offre une occasion unique de plonger dans l’univers d’une plateforme de réservation d’hébergement en ligne spécifiquement conçue pour la communauté franc-maçonne et leurs proches.

Olivier Debarre

Le 9 février dernier, déjà en avant-première, 450fm vous présentait Masons Hospitality.

Aujourd’hui, nous remercions Olivier Debarre de nous accorder sa première interview publique. Il répond à toutes les questions que vous auriez pu vous poser… ou presque !

450.fm : Quelle a été votre inspiration pour créer une plateforme de réservation dédiée à la communauté franc-maçonne et à leurs proches ?

Olivier Debarre : Lorsque j’étais en Franc-maçonnerie à Paris, à la GLNF, je voyais trop souvent des frères de l’étranger ou de l’autre bout de la France, se plaindre de payer des nuits d’hôtels parfois chères et de ne pas pouvoir dormir chez un frère ou une sœur. Ils auraient aimé aussi, à travers la fraternité, en savoir plus sur la ville où ils allaient afin de passer des moments conviviaux et de partages.

Blason réalisé par Jean-Luc Leguay, maître enlumineur

 450.fm : En quoi Masons Hospitality se distingue-t-elle des autres plateformes de réservation d’hébergement en ligne ?

O. D. : Elle est à destination des francs-maçons afin de leur permettre de voyager en fraternité, en confiance et moins cher. Son objectif est de permettre de faciliter et de renforcer les liens logistiques entre initiés, de façon moderne.

450.fm : Pouvez-vous décrire les services ou les caractéristiques spécifiques que Masons Hospitality offre pour répondre aux besoins de la communauté franc-maçonne ?

O. D. : La franc-maçonnerie doit vivre dans son temps. Elle hérite d’un âge d’or du XVIIIe siècle jusqu’au début du XXe siècle où elle était porteuse d’idées nouvelles, audacieuses, pour le progrès de l’humanité. J’ai créé Masons Hospitality car je suis convaincu que la franc-maçonnerie doit s’organiser, se moderniser afin de renforcer les liens entre les sœurs et les frères.

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450.fm : Quels sont les principaux défis que vous avez rencontrés en créant une plateforme dédiée à une niche spécifique, et comment les avez-vous surmontés ?

O. D. : Avant tout, des défis techniques et financiers inhérents au projet, j’ai traversé un long désert. J’ai tenu bon, parce que je crois aux valeurs de la franc-maçonnerie. J’ai tâché d’appliquer notre adage : il n’est pas nécessaire d’espérer pour entreprendre ni de réussir pour persévérer. Ce site a vu le jour après cinq ans et demi de travail, parce que je reste convaincu qu’il peut servir notre ordre et nos valeurs.

450.fm : Comment Masons Hospitality assure-t-elle la confidentialité et la sécurité des données de ses utilisateurs, en particulier compte tenu de la discrétion souvent associée à la franc-maçonnerie ?

O. D. : Masons Hospitality ne parle pas des rituels de franc-maçonnerie et ne dévoile aucun secret. Il a fallu des années pour qu’il soit en conformité avec les règles RGPD et les obligations légales, notamment sur la collecte et le reversement de la taxe de séjour qui ont été un vrai casse-tête. Enfin, j’ai choisi de payer les offres les plus chères en matière d’hébergement, de certificat SSL et de sécurisation des données afin que le site soit au meilleur niveau possible.

450.fm : Avez-vous des projets d’expansion pour Masons Hospitality ? Si oui, dans quelles directions envisagez-vous de croître ?

O. D. : Oui bien sûr, je souhaiterais que Masons Hospitality soit un outil qui fortifie notre chaîne d’union dans le monde entier. Qu’il permette de faire des ponts entre nous, ce qui explique d’ailleurs notamment le logo du site. Il me parait fondamental aujourd’hui qu’on se rassemble, qu’on partage plus, qu’on s’ouvre les uns aux autres. Cela passe notamment, selon moi, par l’hospitalité. C’est une valeur qui me semble aujourd’hui fondamentale. Masons Hospitality invite à la mettre en pratique et tâche de la faire vivre.

450.fm : Quel type de retour avez-vous reçu de la part de la communauté franc-maçonne depuis le lancement de la plateforme ? En France ? À l’internationale ?

O. D. : Je suis très heureux de constater que ce site est très bien accueilli. Je valide des inscriptions tous les jours, de frères et sœurs de différentes obédiences. Je compte beaucoup sur le « bouche à oreille » et sur l’affichage dans les temples afin que son existence puisse être davantage connue. Le projet ayant commencé dans la région d’Angers, il y a déjà quelques offres de logements chez l’habitant, dans cette région. J’invite les sœurs et les frères à s’inscrire et à publier sur Masons Hospitality de nouvelles annonces de logements.

450.fm : « Masons Hospitality » envisage-t-elle de former des partenariats avec d’autres organisations ou entreprises au sein de la communauté franc-maçonne ou au-delà ?

O. D. : Masons Hospitality est un outil moderne ayant pour but de vivifier notre chaîne d’union et à renforcer nos liens logistiques pour mettre en pratique la fraternité. Il va sûrement bientôt y avoir des partenariats, je salue et encourage les autres initiatives qui s’inscrivent dans cette philosophie et peuvent nous aider dans nos travaux et à nous rassembler. À l’heure actuelle, il existe par exemple l’application MA LOGE que des frères de la GLTSO et de la GLTF développent. Cette application permet de faciliter communication au sein des loges et permettra peut-être de faciliter la gestion administrative.

450.fm : Quelle est votre vision à long terme pour Masons Hospitality ? Comment voyez-vous votre plateforme évoluer dans les prochaines années ?

O. D. : J’espère que les sœurs et frères verront dans ce site un outil pratique pour que l’on multiplie les voyages et les échanges entre nous. Cela pour renforcer notre ordre et la fraternité. Dans un monde changeant où les défis sont nombreux, il me semble important et fondamental que l’on renforce nos liens, que l’on se modernise, pour pouvoir plus facilement nous connecter, nous rencontrer et nous entraider. Je souhaite à Masons Hospitality de pouvoir contribuer à cela partout où il pourra servir. Il me semble aussi important que l’on se modernise et que l’on vive dans notre époque, notamment pour attirer les jeunes. La création d’un intranet dans nos obédiences a été une première marche.

Cher Olivier, merci beaucoup d’avoir répondu à nos questions qui visaient à offrir à nos fidèles lecteurs un panorama complet de Masons Hospitality, depuis sa genèse jusqu’à ses plans futurs, tout en abordant les défis spécifiques et les opportunités uniques liés à son positionnement au sein de la franc-maçonnerie, qui nous l’avons bien compris, est universelle et est présente sur toute la surface de la Terre…

Le Facebook Masonshospitality.com 

Nos cathédrales sont des bois sacrés. Et nos temples ?

Rechercher ses racines, c’est vouloir retrouver l’origine des feuilles.  Nous construisons en pierre mais tout vient de la terre et y revient. Les bois sacrés sont devenus des temples de bois, puis de pierre. Mais la pierre retourne à  la ruine que les mauvaises herbes finissent par manger. Au moment où nous nous demandons comment renouer les fils avec la nature, nos temples se souviennent-ils qu’ils ont été des jardins ? 

Il ne reste pas grand chose des druides, à la fois savants, mages, prêtres et aussi architectes, chez les Celtes, nos “ancêtres les Gaulois”. Parce qu’ils écrivaient peu et ne bâtissaient pas en dur. On sait pourtant qu’ils célébraient des cérémonies religieuses très proches de la nature, ils saluaient les grandes périodes du calendrier : Imbold (hiver), Beltaine (printemps), Lugnasad (été) Samain (automne). Ils rendaient des cultes aux dieux de la nature, certains avec des figures tutélaires comme Anna, la déesse-mère ou Lug, le dieu de la lumière. D’autres représentaient des figures totémiques comme Cernunnos,  le dieu-cerf ou Epona, la protectrice des chevaux. D’autres enfin, héritiers de l’animisme, étaient liés à un  lieu, une rivière, une plaine, une source, une forêt. 

Les lieux de cérémonie étaient donc en rapport avec cette mystique, des grottes, des fontaines, des rivières, des clairières…et des bois sacrés. Ces nemetona n’étaient pas nécessairement construits ni en bois ni en pierre, c’est la cérémonie elle-même qui les consacrait et l’énergie qu’ils étaient censés incarner. Les arbres jouaient un rôle essentiel dans les cultes menés par les druides, ils représentaient un chemin vers les forces naturelles. Principalement l’if (Ioho) qui incarnait la mort et la renaissance. De par son envergure, il pouvait abriter des assemblées nombreuses, comme le ferait une voûte. Le chêne (Duir),qui a peut-être donné son nom aux druides. Il représente la  force, la protection, la  sagesse. Et aussi  le sorbier, le coudrier, le pommier. Cette symbolique des arbres, avec leurs fûts et leurs branchages, se retrouve tout naturellement dans les colonnes des temples. Chez les Grecs, des décorations végétales viennent encore renforcer cet aspect. Les colonnes doriques, non décorées, sont les héritières directes des premiers temples en bois. Les colonnes ioniques portent sur leur chapiteau un motif en forme de corne de bélier, symbole de l’ouverture du printemps. Enfin le style corinthien développe un encorbellement fait de feuilles d’acanthe. 

Motif préféré des architectes, la feuille d’acanthe symbolise le triomphe des épreuves et particulièrement la victoire de la vie sur la mort. La légende raconte que le sculpteur Callimaque, au Vème siècle avant notre ère, découvrit sur la tombe d’une jeune fille morte le jour de ses noces, des feuilles d’acanthe qui avaient poussé par-dessus des offrandes funéraires et avaient formé une sorte de corbeille. Il aurait décidé de reprendre ce motif d’encorbeillement pour décorer ses colonnes, il initia ainsi le style corinthien. Les descendants d’Hiram trouveront sans doute matière à méditer dans cette légende. 

Au III ème siècle, sous l’empereur Constantin, lorsque les premiers chrétiens ont commencé à construire des églises, ils ont largement repris le modèle des basiliques romaines. Du grec basileus (le roi), la basilique civile était une salle royale :  basilika oikia. L’archonte y rendait la justice, y donnait des audiences, elles pouvaient  recevoir des assemblées publiques ou servir de marché couvert. Elles étaient composées d’une abside, où siégeait le roi, et d’une nef centrale avec un plafond en voûte supporté par des piliers, parfois complétée de nefs latérales. C’est ce modèle qui sera repris par les chrétiens qui généraliseront le transept pour  marquer la forme de la croix. Piliers et voûtes, dans les églises on retrouve donc bien la symbolique des arbres, venue des bois sacrés, avec souvent des décorations empruntées à la nature. C’est particulièrement visible dans le style gothique où les croisées d’ogive, aux dessus des colonnes forment comme des branches qui se rejoignent. Mais beaucoup d’autres décorations végétales sont venues témoigner des origines, de l’acanthe, bien sûr, mais aussi de l’olivier, du hêtre, du chêne, du lierre, de la vigne vierge….

On peut, pour s’en convaincre, aller visiter l’interprétation plus moderne qui en a été faite par Antoni Gaudi à la Sagrada Familia de Barcelone. En pleine période Art Nouveau, sa  source d’inspiration principale de l’architecte était la nature. Il donnait à ses bâtiments des formes calquées sur des squelettes d’animaux, depuis la structure générale, la charpente par exemple; jusqu’aux détails de décoration, les poignées de portes, les lampadaires. Les colonnes de cette basilique ont ceci de particulier qu’elles sont légèrement inclinées vers le centre, elles montent du sol jusqu’au sommet, à la clef de voûte.  Il n’y a pas de rupture entre la croisée d’ogive et les colonnes qui la supportent. La voûte n’est pas posée sur les colonnes et sur les murs, elle n’exerce pas de poussée latérale et donc les contreforts, caractéristiques du style gothique, ne sont pas nécessaires. Les  fûts qui s’élancent jusqu’au sommet se terminent par une sorte de frondaison. L’impression de se trouver au cœur d’un bois sacré, faits d’arbres de pierres, est à son maximum. 

On peut aussi faire le voyage jusqu’à Bergame, en Italie. Là, un artiste du nom de Giuliano Mauri, créateur de “l’architecture naturelle”  a conçu une “Cattedrale Vegetale” composée de 42 plants de châtaigniers, emmaillotés dans des branches de noisetiers qui leurs servent pour l’instant de tuteur. Plantés en 2010 de manière à composer cinq nefs, les arbres sont destinés à former une véritable cathédrale végétale, le temps que les arbres atteignent leur taille adulte, ce qui devrait prendre encore une quarantaine d’années, il faudra être patient. Ils culmineront alors à une vingtaine de mètres, ce qui n’est pas si mal pour une nef centrale. Son créateur ne le verra pas, il est décédé en 2009. Dommage. Les châtaigniers peuvent vivre jusqu’à 1500 ans. Ils sont de taille à rivaliser avec les cathédrales. 

Ces nemetona chrétiens sont habités, comme l’étaient les bois sacrés. Le génie du christianisme a été de ne pas chercher à éradiquer les cultes paÏens mais de les digérer, de les transformer pour mieux les faire disparaître tout en les maintenant sous une autre forme. L’iconographie, les mythes, les symboles ont été christianisés, les dieux païens sont devenus des saints. Sur la colline de Fourvière, à Lyon, Vénus est devenue Marie, sans que personne ne s’en émeuve. L’étymologie même du nom Fourvière renvoie à Forum Veneris, c’est-à-dire Forum de Vénus. Anne (Celte), Vénus (Romaine) Marie (Chrétienne), même combat. Dans les cathédrales et dans les églises, à chaque niche son saint, dédié à une mission bien précise. Certains jouent un rôle tutélaire. Saint Benoît protège les maçons et les architectes, mais aussi les agriculteurs ; Saint Christophe : les voyageurs, et les orfèvres fêtent ensemble la Saint Eloi, d’après la chanson. A d’autres saints, on accorde  le pouvoir d’intercéder pour les solliciteurs, d’exaucer leurs vœux. On implore Saint Raphaël pour la guérison, Saint Antoine de Padoue pour retrouver l’amour, Saint Anne pour avoir un bébé et Sainte Rita pour les causes perdues. C’est exactement ce qu’on faisait dans les temples romains en présentant des offrandes à Esculape (santé), Cupidon (Amour) ou aux dieux lares (famille). Le christianisme est un monothéisme habillé de polythéisme. Il y a continuité entre l’animisme des Celtes, les religions gréco-romaines et le christianisme, comme il y a continuité entre la sacralisation du vivant, les temples de bois, les temples de pierre, les églises et les cathédrales. 

Qu’en est-il de nos temples maçonniques ? Ils se veulent héritiers de celui de Salomon. On y trouve deux colonnes à l’entrée. Elles sont passées de l’âge de pierre à l’âge de bronze. Elles ne sont pas décorées de feuilles d’acanthe mais de grenades, de lys et de treillis végétaux. Boaz et Jakin. L’une représente le pilier de  la rigueur et l’autre la miséricorde.  En face, à l’orient, Kether (la couronne), entouré de Chokhmah (la sagesse) incarnée par l’orateur et Binah (la compréhension), incarnée par le secrétaire. Le temple est organisé selon le plan de l’arbre de vie, avec ses dix sephiroth. La boucle est bouclée. Nous nous réunissons encore sous l’arbre primordial, comme l’if de Mugna en Irlande, qui, selon la légende pouvait abriter mille personnes et produisait à la fois  des  glands (prospérité) des noix (intelligence) et des pommes (immortalité). D’ailleurs, un des poèmes maçonniques les plus célèbres n’est-il pas celui de Rudyard Kipling : If

31/05/24 : à Genève Migrations, Climat et Frontières aux XXIème Siècle

Conférence publique de François Gemenne

Le Grand Orient de Suisse est heureux d’organiser une conférence publique sur le thème Migrations, climat et frontières au XXIème siècle, avec pour orateur M. François Gemenne le 31 mai à Genève.

François Gemenne

Spécialiste des questions de géopolitique de l’environnement et des migrations, François Gemenne est professeur à HEC Paris, où il dirige le Master ‘Sustainability and Social Innovation’. Il est également chercheur qualifié du FNRS à l’Université de Liège (Belgique), où il dirige l’Observatoire Hugo. Il a été auteur principal pour le 6ème rapport du GIEC, et enseigne également les politiques du climat et les migrations internationales dans plusieurs universités, notamment à Sciences Po Paris et à la Sorbonne. Il est par ailleurs le co-directeur (avec Julia Tasse) de l’Observatoire Défense et Climat du Ministère des Armées (France), établi à l’IRIS.

Ses recherches sont essentiellement consacrées à la gouvernance internationale du climat et des migrations. Il a notamment beaucoup travaillé sur les déplacements de populations liés aux dégradations de l’environnement, sur les politiques d’adaptation au changement climatique, ainsi que sur les politiques d’asile et d’immigration.

Il est titulaire d’un doctorat en sciences politiques de Sciences Po Paris et de l’Université de Liège, en Belgique (double diplôme). Il possède également un Master d’études en Développement, Environnement et Sociétés de l’Université de Louvain, et un Master de Recherche en Science politique de la London School of Economics, où il a aussi enseigné.

Il a publié ses travaux dans de nombreuses revues, dont Science et Global Environmental Change, et est l’auteur de plusieurs ouvrages, dont L’écologie n’est pas un consensus(Fayard 2022), On a tous un ami noir (Fayard 2020), Géopolitique du climat (Armand Colin, 2009 et 2015), ainsi que deux atlas : un Atlas des Migrations Environnementales avec D. Ionesco et D. Mokhnacheva (Presses de Sciences Po et Routledge 2016) et un Atlas de l’Anthropocène, avec A. Rankovic et l’Atelier de Cartographie de Sciences Po (Presses de Sciences Po 2019).

Il a également de nombreux engagements éditoriaux et associatifs : en particulier, il est président du Conseil scientifique de la Fondation pour la Nature et l’Homme (FNH) et président du Conseil d’Administration de l’ONG Climate Voices, qui cherche à relier les jeunes du Nord et du Sud autour des enjeux climatiques. Par ailleurs, il est directeur du domaine Politiques de la Terre aux Presses de Sciences Po.

Enfin, il est chroniqueur régulier à la radio et à la télévision en France et en Belgique (notamment Zéro Émission, sur France Info). Il est très souvent invité sur les plateaux en qualité d’expert pour participer à des débats d’idées et rendre la science accessible au plus grand nombre.

Inscription via : https://my.weezevent.com/migrations-climatiques