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Le Dessin de… François Morel : « Le Silence »

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Les grecs avaient un dieu du silence, Harpocrate. Ovide dit de lui : «Quique premit vocem digitoque silentia suadet ; celui qui contrôle la voix et persuade le silence avec son doigt.» “Il est vrai que dans tous les monuments où il est représenté, son attitude est de porter le doigt sur la bouche, pour marquer, dit Plutarque, que les hommes qui connaissaient les Dieux, dans les temples desquels Harpocrate était placé, ne devaient pas en parler témérairement”. (Lire la suite du travail de Solange Sudarskis)

Urgence d’un lieu où penser ensemble : la loge

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(Les « éditos » de Christian Roblin paraissent le 1er et le 15 de chaque mois.)

Comme vous l’aurez remarqué si vous avez la faiblesse de me lire de temps à autre, j’ai un penchant irrésistible, une tendre vénération pour le vocabulaire. J’éprouve, en effet, quelque dilection et, je l’avoue, quelque délectation à disséquer le lexique. Parce que je crois profondément que la maîtrise des mots est la façon la plus juste d’en nourrir l’amour, tant ils ne sont, en fait, que le reflet de notre histoire, de notre pensée et de notre sensibilité.

L’art du verbe n’a de sens qu’en raison et à raison du sens qui oriente et construit cet art. Tout cela, pour moi, forme un tout qui se contrôle et se libère, à la fois : pleine et saine respiration de l’esprit et du cœur. Je cède donc, si vous le voulez bien – et avec une feinte innocence –, à mon péché mignon de ce jour.

Sans doute influencé par l’ambiance du bac dont les épreuves se sont étirées sur la période récente, je réfléchissais à la portée ambiguë du verbe « recaler » et – puissance du subconscient – en élargissant la focale à l’actualité générale, m’est venu le sentiment qu’on voulait, de toutes parts, recaler la République, dans un double sens, c’est-à-dire avec l’idée, tantôt, de la déclarer non-admise, tantôt, de la remettre d’aplomb… Même si elle ne résout rien, cette polysémie sied à merveille à la situation. Elle en révèle à elle seule plusieurs aspects. C’est en quoi il ne faut, je le crois, jamais rien occulter mais bien tout ausculter. Les mots ont une histoire, cette histoire nous parle et la diversité qui s’y incarne investit l’ensemble des représentations symboliques.

Il y a, en ces mêmes circonstances, quelque curiosité à observer la proximité des mots « flegme » et « flegmon », par exemple. Dans le premier cas, on évoque le caractère d’une personne calme et imperturbable, qui garde son sang-froid, quoi qu’il arrive ; dans le second, on désigne une inflammation purulente du tissu conjonctif (on ne saurait nier que le libellé même d’une telle définition suggère bien des métaphores…). Bref, toutes choses quelque peu opposées dans l’usage, qui procèdent, cependant, de la même origine, comme souvent dans la langue, au gré des fluctuations temporelles.

En effet, « flegme » provient du latin phlegma (« humeur, mucus »), lui-même décalqué du grec φλέγμα ; il se rapportait anciennement à une des quatre humeurs de la médecine antique, tandis que « flegmon » ou phlegmon, dans sa forme savante, est emprunté au grec φλεγμονή, qui dérive tout aussi bien du verbe φλέγω : « brûler », « enflammer ». D’ailleurs, un mot de même source, la flemme, cette grande paresse qui pointe son nez dans la langue, à la fin du XVIIIe siècle, et qui n’a cessé d’y prospérer depuis lors, semble, en quelque sorte, combiner les effets des deux mots précédents, s’assimilant à un désœuvrement volontaire, à une excessive lenteur voire à une placidité suspecte…  Ainsi, la scrutation des mots sur le pavé mosaïque ne manque pas de manifester combien le flegme, dont on se refuse à se départir, peut n’en pas moins cacher de violentes colères. Voilà qui pourrait être d’une actualité… brûlante, si je puis dire.

Parfois aussi, les mêmes mots nourrissent des fantasmes et sont de faux amis. Regardez le terme « vomitoire », par exemple : dans l’Antiquité, le vomitorium n’avait rien à voir avec une pièce voisine du triclinium, la salle à manger romaine, où les convives qui avaient « les dents du fond qui baignent », se seraient enfoncé des plumes dans le gosier, afin de se livrer de nouveau à leurs orgies. Cette représentation erronée est le fruit d’une imagination tardive, prompte à généraliser des pratiques ultra-marginales, tout à fait contraires aux traditions les plus attestées[1]. En revanche, issu du verbe vomere qui signifie « expulser », le vomitoire existait bel et bien mais il désignait, dans la langue courante, un large passage qui permettait à la foule d’évacuer un théâtre ou un amphithéâtre. On songerait volontiers – faute de mieux – à en aménager aujourd’hui pour que puissent s’échapper en toute sécurité ceux qui, d’eux-mêmes, auraient envie de passer par la fenêtre, sans parler, qui pis est, d’autres que certains ont envie de faire aussi passer par la fenêtre. Enfin, en cas de nausée, on dispose parfois des sacs vomitoires, à proximité des passagers sensibles au mal des transports, or il existe, ce me semble, de curieux « transports » démocratiques. Voilà comment le mot « vomitoire », selon ses acceptions et ses équivoques, peut s’accorder aux différents haut-le-cœur de nos contemporains…

Cette fois-ci, plus qu’à mon habitude sans doute – trouble de l’époque, époque de troubles ?  –, j’ai sciemment joué des valeurs sémantiques de la langue, selon les différentes conventions qu’elle définit, en liaison avec des valeurs de situation qui, dans les circonstances présentes, peuvent dériver des mêmes énoncés. C’est en vain que je m’y serais adonné, si je ne vous avais pas fait sentir, par ces détours et ces décalages, l’urgence d’un lieu où penser ensemble : la loge.


[1] Pour se faire une plus juste idée à ce sujet, cliquer ici.

Mystères et fraternité : Les Estivales Maçonniques en Pays de Luchon éclairent les Pyrénées

Le samedi 29 juin 2024, Bagnères-de-Luchon, la « reine des Pyrénées », a accueilli avec éclat la deuxième édition des Estivales Maçonniques en Pays de Luchon.

Photo © Dominique Fournier, MOF

Dès les premières lueurs du jour, l’atmosphère était imprégnée d’une anticipation palpable, les participants affluant vers le Casino de Luchon, une institution prestigieuse du XIXe siècle, et son théâtre dit à l’italienne et de style Napoléon III, un espace de spectacle moderne et confortable classé monument historique. Le cadre majestueux de ces lieux emblématiques a ajouté une touche de grandeur à cet événement exceptionnel.

La journée, marquée par une ambiance fraternelle et chaleureuse, a exploré le thème fascinant de « Franc-maçonnerie : le mythe des origines ? Templiers-Cathares-Compagnonnage-Rose+Croix ». Cette thématique a attiré un large public, désireux de plonger dans les profondeurs historiques et spirituelles de la Franc-maçonnerie. Les discussions et les présentations ont ouvert des perspectives nouvelles, nourrissant les esprits de réflexions profondes et enrichissantes.

Les Estivales, soutenues par Franc-Maçonnerie magazine et 450.fm, Journal de la FM sous tous ses angles, ont offert un programme riche et varié. Les participants ont eu l’occasion d’assister à des conférences captivantes. Chaque intervention a contribué à créer une mosaïque de savoirs et de découvertes, propulsant les auditeurs dans un voyage à travers les mystères et les légendes des origines maçonniques.

Photo © Dominique Fournier, MOF

La matinée a débuté avec des présentations inspirantes sur les Cathares par Olivier Cébe, directeur des Cahiers des Études Cathares. Ce dernier a rappelé l’histoire et les enseignements des Parfaits, soulignant l’importance de leur mise en œuvre aujourd’hui. Il a insisté sur la persistance de l’esprit cathare et a lancé un appel pour sauvegarder la stèle du « Prats dels Crémats » en commémoration du 16 mars 1244. Ce jour-là, au pied de Montségur, plus de 200 hérétiques, refusant de renier leur foi, montèrent volontairement sur le bûcher, marquant ainsi la fin de la croisade contre les Albigeois.

Roger Dachez

Elle s’acheva avec Roger Dachez et les Templiers. Lors de son intervention, le président de l’Institut Maçonnique de Franc a exploré le mythe entourant l’ordre et son lien prétendu avec la franc-maçonnerie. Il a insisté sur l’importance de distinguer la vérité historique de la fiction accumulée au fil des siècles. Roger Dachez a rappelé que l’Ordre du Temple, actif entre le XIIe et le XIVe siècle, est devenu un symbole disproportionné par rapport à son impact réel à l’époque. Les Templiers ont joué un rôle crucial dans les États latins de Palestine, mais leur ordre a été brutalement dissous, donnant naissance à de nombreuses légendes. L’idée d’une continuité secrète de l’ordre ou de doctrines ésotériques est principalement le fruit de spéculations postérieures, souvent sans fondement documentaire. Les récits modernes qui relient les Templiers à la franc-maçonnerie sont des constructions tardives, apparaissant notamment au XVIIIe siècle. Dachez a souligné l’importance de revisiter ces sujets avec un regard critique et historique pour démêler les faits des mythes.

Jean-Michel Mathonière

Les orateurs ont captivé l’audience avec des récits mêlant histoire et mythologie, suscitant curiosité et émerveillement. La journée s’est poursuivie avec des explorations sur le compagnonnage avec l’historien plus particulièrement spécialiste des compagnons tailleurs de pierre qu’est Jean-Michel Mathonière. Il a abordé les mythes entourant l’origine du compagnonnage et son lien avec la franc-maçonnerie. Il a expliqué que bien que les deux mouvements partagent des symboles et des rituels, leurs origines et leurs objectifs sont distincts. Le compagnonnage est une tradition de transmission de savoir-faire artisanal, tandis que la franc-maçonnerie moderne, dite spéculative apparue sous forme obédientielle au XVIIIe siècle, est davantage orientée vers des objectifs philosophiques et sociaux. Jean-Michel Mathonière a souligné l’importance de démystifier ces liens pour mieux comprendre l’histoire et la spécificité de chaque mouvement.

Henri-Étienne Balssa

Henri-Étienne Balssa, lors de sa conférence sur les Rose-Croix en Europe et leur influence sur la franc-maçonnerie, a détaillé les origines historiques et mythiques de la Rose-Croix, ainsi que leurs manifestes, en soulignant leur impact durable sur la pensée ésotérique européenne. Il a expliqué que les manifestes Rose-Croix, publiés à Cassel en 1614, ont été des éléments fondateurs d’un courant qui a influencé des intellectuels comme Robert Fludd et Michael Maier, et ont suscité un vif intérêt dans les milieux ésotériques.

Henri-Étienne Balssa a mis en lumière l’absence de preuves historiques de l’existence d’un ordre de la Rose-Croix avant le XVIIe siècle, attribuant leur origine à une fiction ésotérique créée par Johann Valentin Andreae. Néanmoins, les idées rosicruciennes se sont rapidement intégrées à la culture européenne, influençant des sociétés savantes comme la Royal Society et des figures comme Isaac Newton et Elias Ashmole.

« Au cœur à l’ouvrage »

L’influence de la Rose-Croix sur la franc-maçonnerie est notable, avec des thèmes rosicruciens intégrés dans les hauts grades maçonniques, notamment le grade de Chevalier Rose-Croix qui apparaît au XVIIIe siècle. Henri-Étienne Balssa a également mentionné les mouvements rosicruciens contemporains comme l’Ancien et Mystique Ordre de la Rose-Croix (AMORC) et leur rôle dans la perpétuation de la tradition ésotérique et alchimique des Rose-Croix, en insistant sur leur philosophie de transformation spirituelle et de connaissance de la nature .

Entre les sessions, les participants ont profité des pauses pour échanger leurs idées et impressions, tissant ainsi un véritable réseau de fraternité et de partage. Ils ont également eu l’occasion de visiter divers stands, dont ceux du Groupement International de Tourisme et d’Entraide (GITE), tenu par son secrétaire général Alain Béguin,  de Cépaduès et de la librairie luchonnaise « Au cœur à l’ouvrage » de Sophie Dufor.

Ces moments de détente ont permis des rencontres enrichissantes avec des auteurs comme Didier Molines et Florence Ferrari, offrant aux participants la chance d’explorer de nouvelles perspectives littéraires et d’approfondir leurs connaissances.

Dans la salle de la verrière, les discussions étaient animées et passionnées, témoignant de l’engagement et de la curiosité intellectuelle des visiteurs. À chaque stand, les échanges allaient au-delà des simples conversations, devenant des débats enrichissants et des partages d’expériences. Les auteurs ont répondu avec enthousiasme aux nombreuses questions, partageant leurs savoirs et leurs inspirations, ce qui a contribué à créer une atmosphère conviviale et stimulante.

Salle de la verrière

Ces interactions ont non seulement renforcé les liens entre les participants, mais ont aussi suscité de nouvelles idées et collaborations potentielles. La diversité des points de vue et la profondeur des échanges ont permis à chacun de repartir avec un sentiment d’enrichissement personnel et de motivation renouvelée.

Florence Ferrari

Les pauses entre les sessions se sont ainsi transformées en moments précieux de découverte et de dialogue, cimentant le sentiment d’appartenance à une communauté passionnée et engagée.

Théâtre à l’italienne, fin XIXe siècle

En fin de journée, le sentiment d’avoir vécu une expérience unique était partagé par tous. Les Estivales Maçonniques en Pays de Luchon ont une fois de plus démontré leur capacité à rassembler et à inspirer, offrant une plateforme où l’histoire et la spiritualité se rencontrent pour élever l’âme. Une tombola a permis d’offrir des ouvrages fournis par Numérilivre.

En somme, cette journée du 29 juin 2024, qui se clôtura par un pot de l’amitié, restera gravée dans les mémoires comme une célébration grandiose de la culture et de l’esprit maçonniques, un moment où l’histoire a pris vie et où la spiritualité a trouvé un écho vibrant dans le cœur de chacun.

La 3e édition aura lieu le samedi 19 juillet 2025, à confirmer toutefois. 450.fm ne manquera pas de vous tenir informé.

18/07/24 : Justice et amour, le défi maçonnique de l’été ?

En vérité, nous vous le disons « Justice et Amour : Un commandement impossible ? » est la thématique qui enchantera les Entretiens d’Été du Collège Maçonnique.

Et, en paraphrasant la Bible en Matthieu 19:14, nous pourrions écrire ‘’Laissez les francs-maçons, et ne les empêchez pas de venir à moi; car le royaume des cieux est pour ceux qui leur ressemblent’’ !

Ce jeudi 18 Juillet 2024 à 19h30, dans le cadre de sa thématique estivale

« Quelle modernité pour les Vertus ? »

Comme une étoile de la justice, entre amour et équité

« Ne te venge ni ne garde rancune aux enfants de ton peuple mais aime ton prochain comme toi-même… » (Lévitique 19:18). Mais juste avant ce commandement d’amour, il est écrit : « Ne commettez pas d’injustice dans les jugements ; n’avantage pas le faible et ne favorise pas le grand mais juge avec justice ton compatriote… » (Lévitique 19:15)

La justice est, pour la plupart des auteurs, la vertu cardinale par excellence. Aristote (384 av.  J.-C-322 av. J.-C), l’un des philosophes les plus célèbres de l’Antiquité et a grandement influencé de nombreux domaines tels que la philosophie, la science, la logique et la politique affirme même (Éthique à Nicomaque 4.2) : « La Justice résume en elle la Vertu tout entière »

Il cite alors un proverbe qui a traversé les siècles : « Ni l’étoile du soir ni l’étoile du matin n’est aussi merveilleuse. » Il ajoutera que la justice véritable est l’équité…

Justice, équité, amour… tout cela est-il réellement compatible ?

Ne faut-il pas faire apparaître la notion de “pardon” ou cette notion discrètement maçonnique de “miséricorde” ?

L’intervenante d’un soir : Daniela Touati, rabbin

Née en 1965 en Roumanie, Daniela Touati a traversé plusieurs frontières et cultures pour devenir une figure éminente du rabbinat libéral en France. À l’âge de dix ans, elle émigre en Israël avec sa famille, une terre de promesses et de renouveau pour de nombreux Juifs de l’époque. En 1977, ses parents choisissent de s’installer en France, ajoutant une nouvelle couche à l’identité multiculturelle de Daniela Touati.

Daniela Touati – Source La Croix

Elle fait ses études de commerce à Paris, où elle excelle et commence une carrière prometteuse en tant que contrôleur de gestion. Sa rigueur et son esprit analytique la mènent rapidement à une position de consultante en recrutement, où elle aide de nombreuses entreprises à trouver les talents qui les propulseront vers l’avenir.

Malgré une carrière florissante, Daniela Touati ressent un appel plus profond. Elle se rapproche de la communauté juive de la rue Copernic, où elle s’implique activement. Son engagement la conduit à Lyon, où elle devient présidente de la synagogue libérale “Keren Or”. C’est là que son chemin spirituel prend une tournure décisive. Désireuse de servir sa communauté de manière plus profonde, elle se forme au Collège rabbinique “Léo Baeck” à Londres, une institution prestigieuse qui façonne les esprits religieux du futur.

Photo Progrès Fournie par Daniela Touati

Après cinq ans d’études intensives, Daniela Touati est ordonnée rabbin en juillet 2019. Son approche unique, combinant une compréhension profonde des textes sacrés avec une perspective moderne et inclusive, lui permet de toucher de nombreux fidèles et de répondre aux questions complexes de notre époque. Aujourd’hui, elle est une voix respectée dans les débats sur l’éthique, la justice et l’amour, illuminant la voie pour ceux qui cherchent à comprendre et à vivre selon ces principes.

Les modérateurs d’un soir :

Heidi Giovacchini : Diplômée en Économie de la Santé, Directrice d’une Fondation reconnue d’utilité publique de la Grande Loge féminine de France.

Olivier Balaine

Olivier Balaine : Ancien Maire-adjoint, Directeur de la rédaction de “Points de vue Initiatiques”, revue de la Grande Loge de France.

Les organisateurs de tous les soirs :

Alain-Noël Dubart : Ancien Grand Maître de la Grande Loge de France.

Marie-Thérèse Besson : Ancienne Grande Maîtresse de la Grande Loge Féminine de France.

François Euvé s.j.

Le prochain intervenant d’un soir

Le jeudi 25 juillet à 19h30, les Entretiens d’Été du Collège Maçonnique accueilleront le

théologien, écrivain et scientifique de formation François Euvé s.j., directeur de rédaction de la revue Études depuis 2013sur« La vertu Espérance : quelle Espérance ? »

Rappelons que Études est une revue mensuelle française catholique de culture contemporaine fondée par la Compagnie de Jésus en 1856. Elle propose des analyses approfondies et critiques sur des sujets variés tels que la théologie, la philosophie, la littérature, les sciences sociales et les enjeux sociétaux contemporains. Enracinée dans la tradition intellectuelle jésuite, Études vise à éclairer les débats publics et spirituels, en offrant une perspective catholique ouverte et engagée.

Infos pratiques

Inscription obligatoire sur le site/Toutes les conférences sont gratuites, ouvertes à tous, enregistrées et disponibles gratuitement sur le site du Collège Maçonnique

Réveillons-nous : La modernité est une imposture, retrouvons la sagesse ancienne

Pierre Rabhi1, dans son ouvrage Vers la sobriété heureuse, nous offre une vision radicale et éclairante de la modernité et de ses dérives. Cette lecture estivale, propice à une réflexion profonde, est particulièrement pertinente pour un franc-maçon en quête de vérité et de sagesse. Rabhi propose une transformation profonde de nos modes de vie, un retour à des valeurs ancestrales et une reconnexion avec la nature.

Pour un initié, quels enseignements tirés de Pierre Rabhi ?

L’auteur commence par dénoncer la modernité comme une vaste imposture, une illusion de progrès qui a conduit l’humanité à s’aliéner. Le franc-maçon, engagé dans une quête de perfectionnement et de compréhension des vérités universelles, trouve ici un appel à la vigilance. La modernité, dans sa course effrénée vers la consommation et la croissance économique, a sacrifié les valeurs humaines et spirituelles. Ce constat pousse à une réflexion sur les véritables priorités de la vie et sur la nécessité de rééquilibrer notre rapport au monde.

« Le chant du forgeron », titre de son premier chapitre, serait-il symbole de transformation ?

Effectivement, le thème du forgeron, évoqué dans ce chapitre, résonne particulièrement avec les valeurs maçonniques. Le forgeron, symbole de transformation et de maîtrise, rappelle l’importance de façonner son propre destin. Comme le forgeron forge le métal, le franc-maçon s’efforce de forger son caractère et sa vie, en harmonie avec les principes de la nature et de la création. Mircea Eliade, dans Forgerons et alchimistes(Flammarion, Coll.  Champs essais, nouv. éd. 2018), explore également ce symbolisme, soulignant l’art de transformer et de sublimer la matière brute, une métaphore puissante pour le travail intérieur du maçon.

Sans compter que Tubalcaïn, selon l’Ancien Testament dans le livre de la Genèse, chapitre IV, est décrit comme le premier forgeron, habile dans les ouvrages de cuivre et de fer.

Il est l’ancêtre de la tribu de Touba, habitant les riches Monts d’Arménie. Descendant de Caïn, Tubalcaïn incarne le médiateur entre la terre et le ciel, utilisant les quatre éléments pour transformer et purifier la matière. Il symbolise le travail, la persévérance et la capacité de transformation, des valeurs essentielles pour l’initié franc-maçon, représentant la maîtrise et la transmutation intérieure nécessaire pour atteindre la perfection spirituelle. Principalement, dans certains rites et degrés, Tubalcaïn est un des mots de passe en franc-maçonnerie…

Cette sobriété volontaire se référerait-elle à une sagesse ancestrale ?

Pierre Rabhi prône de toute évidence, la sobriété volontaire comme un moyen de libération et de reconquête de soi. Pour le franc-maçon, cette sagesse ancestrale est un rappel de la nécessité de modérer ses désirs et de rechercher un équilibre harmonieux entre besoins matériels et aspirations spirituelles. La modération, la simplicité et la maîtrise de soi sont des vertus essentielles pour tout initié, et l’auteur offre ici un chemin vers une vie plus authentique et épanouissante.

Par ailleurs, le lien rompu avec la nature est une préoccupation centrale chez Pierre Rabhi. Il invite à une reconnexion avec notre environnement, à voir la Terre non pas comme une ressource à exploiter, mais comme une mère nourricière à respecter. Le franc-maçon, qui cherche à comprendre et à respecter les lois naturelles, trouve dans cet appel une résonance profonde avec ses propres valeurs. Cette vision holistique encourage à repenser notre rapport à la nature et à agir en gardiens éclairés de la planète.

Il s’agit bien là d’une lecture plus qu’inspirante pour le franc-maçon. Pierre Rabhi, par sa critique de la modernité et son appel à une vie plus sobre et en harmonie avec la nature, offre des enseignements précieux. Cette œuvre incite à une réflexion profonde sur nos choix de vie, à un retour à des valeurs essentielles et à une action concrète pour un futur plus juste et durable. Sous l’œil du franc-maçon, ce livre est un guide vers une transformation personnelle et collective, un chemin vers la véritable liberté et la sagesse.

En redécouvrant la sagesse de la sobriété heureuse, le franc-maçon peut s’inspirer de l’exemplarité de Pierre Rabhi pour avancer sur le chemin de la connaissance et de l’harmonie avec l’univers.

Vers la sobriété heureuse demeure un phare pour ceux qui sont en quête de simplicité et d’authenticité.

Rappelons que Babel est une collection de livres au format poche créée en 1989 par les éditions Actes Sud, vise à redonner vie aux titres originaux de la maison d’édition. Elle propose une diversité de genres littéraires, y compris littérature française et étrangère, poésie, théâtre, essais, et plus encore. Parmi ses sous-collections figurent Babel aventure, Babel noir, et Les Érotiques.

1Pierre Rabhi, agriculteur, écrivain et penseur d’origine algérienne, est une figure emblématique de la quête pour une société plus respectueuse de l’homme et de la nature. Né en 1938 dans le Sud algérien, il émigre en France à l’âge de vingt ans, porté par le rêve d’une vie en harmonie avec la terre. Très vite, il se détourne des illusions de la modernité pour embrasser une existence en symbiose avec la nature, devenant l’un des pionniers de l’agroécologie.

Pierre Rabhi, en 2009

Pierre Rabhi s’est engagé sans relâche à promouvoir cette approche à travers le monde, et en particulier en Afrique, œuvrant pour l’autonomie, la sécurité et la salubrité alimentaires des populations. Sa vision ne se limite pas à l’agriculture ; elle s’étend à une philosophie de vie où l’exemplarité et la sobriété sont des vertus cardinales.

Fondateur de multiples associations telles que Colibris* et Terre et Humanisme, Pierre Rabhi a cherché à reconnecter l’homme à la nature, incitant chacun à repenser ses valeurs et ses choix de vie. En octobre 2013, Olivier Le Naire a publié un livre d’entretien intitulé Pierre Rabhi, semeur d’espoirs dans la collection « Domaine du possible » (Actes Sud), offrant une plongée profonde dans les pensées et les aspirations de ce grand sage.

Sandrine Bélier, Allain Bougrain-Dubourg, Cécile Duflot et Pierre Rabhi aux Journées d’été des Verts à Nîmes en 2009

En 2014, Rabhi a contribué à l’ouvrage collectif Nos Voies d’espérance (Actes Sud – Les liens qui libèrent), consolidant ainsi son engagement pour un avenir plus lumineux et durable.

Pierre Rabhi s’est éteint le 4 décembre 2021 à l’âge de 83 ans, laissant derrière lui un héritage inestimable et une communauté de disciples déterminés à poursuivre son œuvre. Sa vie et son travail restent une source d’inspiration inépuisable pour tous ceux qui aspirent à un monde plus juste et en harmonie avec la nature.

*Le Mouvement Colibris, fondé par Pierre Rabhi en 2007, est une initiative citoyenne qui vise à encourager des modes de vie plus respectueux de l’homme et de la nature. Inspiré par une légende amérindienne racontée par Pierre Rabhi, où un petit colibri tente d’éteindre un incendie de forêt en transportant de l’eau avec son bec, ce mouvement symbolise l’idée que chaque geste compte, même le plus modeste, pour contribuer à un changement global.

Le colibri, par sa petite taille et son action déterminée, incarne la philosophie du mouvement : chacun peut et doit agir à son niveau pour améliorer le monde. Colibris se concentre sur des actions concrètes et locales dans divers domaines tels que l’agroécologie, l’éducation, l’économie solidaire et la gouvernance participative.

Une fresque à Casablanca représentant le visage de Pierre Rabhi accompagné d’une citation en français et en arabe : la nature offre à la fois ce qui nourrit le corps et le guerit, émerveille l’âme, le cœur et l’esprit.

Les activités de Colibris comprennent des campagnes de sensibilisation, des formations, des conférences, et la création de réseaux de personnes et d’initiatives locales œuvrant pour une transition écologique et solidaire. Le mouvement met également à disposition des outils et des ressources pour aider les citoyens à passer à l’action, favorisant ainsi l’émergence d’une société plus équitable et durable.

Colibris est bien plus qu’un simple mouvement; c’est une invitation à chacun de prendre sa part de responsabilité et de contribuer, à son échelle, à un avenir harmonieux pour tous.

Vers la sobriété heureuse

Pierre Rabhi – Babel, Coll. essai, 2013, 176 pages, 6,70 €

Comment s’y retrouver en Franc-maçonnerie…

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… lorsqu’on est soi-même Franc-maçon ? Je ne parle même pas de celle ou de celui qui n’est pas Franc-maçon, c’est un autre chapitre qui mérite également réflexion.

A vrai dire, c’est encore une fois une réflexion récurrente qui nous interpelle. Francs-maçons de divers horizons nous avançons ensemble, nous œuvrons pour une même cause avec nos valeurs communes. L’esprit critique que nous avons acquis au fur à mesure lors de nos rencontres et de nos réflexions est présent pour nous guider et nous faire avancer sur le chemin de la connaissance. Voilà qui est dit.

« POURQUOI FAIRE SIMPLE QUAND ON PEUT FAIRE COMPLIQUÉ »

Mon BOUCHER, hier

Parler de comment s’y retrouver laisse supposer qu’on s’y perd ou que l’on s’est déjà perdu. On s’y perd, car l’étude de la franc-maçonnerie peut apparaitre complexe. Je crois qu’elle l’est d’ailleurs!

Ah, il faut déjà s’accrocher pour comprendre comment fonctionnent entre-elles toutes les différentes obédiences et tous les Rites associés. Ce n’est certainement pas cette video ci-dessous qui va arranger les choses…

La carte postale ancienne (CPA) maçonnique du dimanche 14 juillet 2024

La carte postale maçonnique que nous avons sous les yeux est une œuvre complexe, riche en symbolisme et en critique sociale. Cette illustration satirique met en scène Ronald Reagan, ancien président des États-Unis, dans une caricature empreinte de mordant.

Official portrait of President Reagan, 1981

Un cow-boy nommé Reagan

Ronald Wilson Reagan, né le 6 février 1911 à Tampico (Illinois) et mort le 5 juin 2004 à Los Angeles (Californie), est un acteur et homme d’État américain. Il a été le 40e président des États-Unis de 1981 à 1989. Initialement acteur de cinéma, il a ensuite été président de la Screen Actors Guild et porte-parole pour General Electric avant de s’orienter vers la politique.

D’abord membre du Parti démocrate, il a rejoint le Parti républicain en 1962. Élu gouverneur de Californie en 1966, il a tenté sans succès d’obtenir la nomination républicaine pour les présidentielles de 1968 et 1976 avant de remporter l’élection de 1980 contre Jimmy Carter. Sa présidence est marquée par les « Reaganomics », une forte opposition au communisme et la fin de la guerre froide. Bien qu’il ait exercé une influence durable sur la droite américaine, Reagan n’était pas franc-maçon, malgré les trois points qui suivent son nom… Il a révélé en 1994 qu’il souffrait de la maladie d’Alzheimer et est décédé en 2004.

Seal of the President of the United States

Le titre « La droite américaine orpheline » semble annoncer un monde désorienté par la perte de son leader emblématique. Ces mots, inscrits en lettres majuscules en haut de la carte postale, annoncent d’emblée une réalité poignante : la perte de Ronald Reagan a laissé la droite américaine sans son guide, plongée dans une désorientation idéologique et politique.

Ronald Reagan, représenté ici avec des traits exagérés, incarne plus qu’un simple personnage politique. Son visage souriant, malgré la situation grotesque, suggère une certaine insouciance ou peut-être une ironie face à ses actions passées. Cette image pourrait refléter l’idée que Reagan, même après son départ de la scène politique et sa mort, reste une figure incontournable et controversée. Cet homme, jadis au sommet du pouvoir, est ici réduit à une figure grotesque, un symbole de ses propres excès et erreurs.

À côté de lui, un démon ailé et grimaçant s’élance du canon que Reagan tient dans ses mains. Ce démon, symbolisant le mal ou l’obscurité, porte une ceinture où l’on peut lire TRICKLE DOWN, une référence directe à la politique économique de Reagan, souvent critiquée pour avoir favorisé les riches au détriment des pauvres. Le texte entourant ce sinistre personnage ne laisse aucun doute sur la nature de la critique : « 8 longues années de travail où le crédo de ‘’mort aux pauvres’’ en politique intérieure ». Cette phrase accuse Reagan d’avoir mené une guerre économique contre les classes défavorisées, exacerbant les inégalités sociales.

Signature de Ronald Reagan

Le démon continue avec une critique de la politique extérieure : « Et ‘’mort aux cocos’’ en politique extérieure. » Ces mots rappellent l’anticommunisme virulent de Reagan, une caractéristique majeure de sa présidence, qui a souvent mené à des conflits et interventions controversées à l’étranger. Le démon, envoûtant et menaçant, symbolise cette dualité destructrice, omniprésente dans l’héritage de Donald Reagan.

La date inscrite sur la plaque « 5 Juin 2004 » marque le décès de Reagan, pointant vers une réflexion post-mortem sur son héritage. Cette date, gravée comme une épitaphe, invite le spectateur à considérer l’héritage laissé par cet homme, au-delà des simples faits historiques.

Cette œuvre s’inscrit dans le cadre plus large des publications maçonniques, comme le suggère le texte « La CPA maçonnique du dimanche… ». Destinée à un public de frères et sœurs en maçonnerie, elle propose un moment de détente intellectuelle, mais aussi de réflexion critique, rappelant que même les images antimaçonniques peuvent servir de point de départ pour une analyse enrichissante. Le cadre de « vacances maçonniques » offre une ambiance propice à la réflexion, loin des tumultes du quotidien.

L’artiste, J. Ziliox, en date de décembre 2006, nous offre ici une œuvre qui, par son caractère satirique et symbolique, interroge les valeurs et les actions de Ronald Reagan sous un prisme maçonnique. La mention « Le Grand Parti de la Bouffe n°28 », probablement une référence à une série de publications satiriques, ajoute une dimension humoristique à la critique. Cette série, avec son ton mordant et ironique, utilise l’absurde pour mieux dénoncer les absurdités du pouvoir.

Mais qu’est-ce que la droite américaine ?

Il s’agit d’une mouvance politique diverse, souvent divisée entre conservatisme social et économique, et qui trouve en Ronald Reagan une figure tutélaire ? Sous sa présidence, la droite américaine a vu l’émergence d’un néolibéralisme triomphant, une lutte acharnée contre le communisme et une insistance sur les valeurs traditionnelles. Reagan a incarné cette droite dynamique et réformatrice, mais aussi controversée, dont l’impact résonne encore aujourd’hui.

Ainsi, cette carte postale, à travers sa satire et ses symboles, nous pousse à interroger non seulement l’homme qu’était Ronald Reagan, mais aussi l’essence de la droite américaine. Elle nous invite à réfléchir sur les idéaux et les réalités de ce courant politique, sur les promesses et les déceptions qui l’accompagnent. En somme, elle nous offre une vision critique et nuancée, un miroir de notre propre époque à travers le prisme du passé.

Quid des symboles maçonniques, représentés à droite sur la carte postale ?

Ils sont chargés de significations profondes et multiples, reflétant les valeurs et les enseignements de la franc-maçonnerie.

Ils nous invite à réfléchir sur les idéaux et les réalités de ce courant politique, sur les promesses et les déceptions qui l’accompagnent. En somme, elle nous offre une vision critique et nuancée, un miroir de notre propre époque à travers le prisme du passé.

Ces symboles maçonniques, lorsqu’ils sont intégrés à l’illustration de Reagan, ajoutent une dimension supplémentaire de critique et de réflexion, invitant le spectateur à examiner les valeurs de justice, d’intégrité et de vérité en contraste avec les politiques et l’héritage de Ronald Reagan. Ces symboles renforcent la profondeur de l’œuvre et enrichissent l’analyse critique de son impact politique et social.

L’épée flamboyante

Ce symbole maçonnique représente la justice, la protection et l’intégrité. Dans le contexte de la carte postale, l’épée flamboyante pourrait être utilisée pour souligner une critique de la manière dont la justice et l’intégrité ont été perçues et appliquées sous l’administration de Reagan. Elle pourrait symboliser une lutte contre les injustices sociales et économiques, contrastant avec les politiques de Reagan.

Le delta rayonnant

Souvent représenté avec un œil au centre, le delta rayonnant symbolise la connaissance divine, la vigilance et la lumière de la vérité. Dans cette illustration, le delta rayonnant pourrait être interprété comme un appel à la transparence et à la vérité dans le leadership et la politique, en opposition aux actions et aux décisions prises par Reagan durant sa présidence. Il peut également représenter un idéal de clarté et de révélation de la vérité.

L’équerre et le compas

Ce sont des outils symboliques fondamentaux de la franc-maçonnerie, représentant la rectitude morale (l’équerre) et la mesure de nos actions (le compas). Ils incarnent l’aspiration à une vie équilibrée et vertueuse. Ici, leur inclusion pourrait souligner une divergence entre les idéaux maçonniques de justice et de droiture et les politiques controversées de Reagan, notamment ses politiques économiques et sociales.

La branche d’acacia

Symbole de l’immortalité de l’âme et de la résurrection dans la franc-maçonnerie, elle pourrait être utilisée ici pour commenter la mémoire durable et controversée de Reagan. Elle pourrait également insinuer un renouveau ou une continuation des idéaux qu’il représentait, malgré les critiques.

Ces symboles maçonniques, dans le contexte de cette carte postale, servent à juxtaposer les idéaux élevés de la franc-maçonnerie avec la réalité politique, souvent complexe et imparfaite, incarnée par Ronald Reagan. L’œuvre invite ainsi à une réflexion critique sur la manière dont les principes de justice, d’équité et de vérité sont appliqués ou déformés dans le domaine politique.

nOUS vous souhaitons une bonne lecture, un bel été, de belles vacances et un excellentissime 14 juillet !!!

Source : carte postale site Web ebay

« Le 16 Cadet » : En 2004, Édouard Boeglin décryptait le Grand Orient de France

Chers amis(ies) lecteurs(trices), très chères sœurs, très chers frères, à l’occasion de nos lectures estivales, nous avons le plaisir de vous proposer un ouvrage d’une profondeur rare et d’une analyse incisive : Main basse sur la maison Cadet ? La Franc-Maçonnerie libérale dans la tourmente d’Édouard Boeglin.

Paru en 2004, ce livre de 264 pages plonge au cœur des tumultes et des défis qui ont secoué le Grand Orient de France, puissance symbolique régulière souveraine, plus ancienne obédience maçonnique française, la plus importante d’Europe continentale mais aussi la plus importante obédience libérale au monde.

Édouard Boeglin, journaliste et essayiste engagé, offre une exploration détaillée et sans concession des crises internes et des luttes idéologiques qui ont marqué l’histoire récente du GODF. À travers une prose érudite et un regard critique, Édouard Boeglin retrace les grandes figures et les moments clés qui ont façonné cette institution séculaire, autrefois flambeau du progrès républicain et aujourd’hui en quête de renouveau.

Cet ouvrage est bien plus qu’un simple récit historique ; il est une méditation sur la nature du pouvoir, des idéaux et de la communauté humaine. En nous plongeant dans les débats passionnés et les intrigues internes, l’auteur nous invite à réfléchir sur le rôle et l’avenir de la franc-maçonnerie dans notre société contemporaine.

Nous espérons que cette lecture vous inspirera autant qu’elle nous a captivés, et nous vous souhaitons un été enrichissant et intellectuellement stimulant.

Afin de mieux saisir toutes les subtilités qui se glissent sous la plume érudite et parfois acerbe de l’auteur, nous vous offrons, en fin de recension, la biographie des onze anciens grands maîtres du GODF cités l’ouvrage. Sur le bandeau, L’Express, magazine d’actualité hebdomadaire d’obédience libérale – vendu à 432.000 exemplaires en 2003 et paraissant alors le lundi – titrait « Ce livre est attendu avec impatience ». Bonne lecture !

Édouard Boeglin, dans son ouvrage magistral nous plonge dans les profondeurs des tumultes internes du Grand Orient de France (GODF). Ce texte, d’une prose incisive, offre une analyse pénétrante des défis qui accablent cette institution séculaire, jadis flambeau du progrès républicain.

L’auteur nous entraîne d’abord dans les méandres de la rencontre initiale avec Jacques Mitterrand1, futur Grand Maître du GODF. C’est une époque marquée par les répercussions de mai 68, où les idéaux de jeunesse s’entrechoquent avec la réalité politique et maçonnique. Édouard Boeglin décrit avec finesse les tensions entre le besoin de transparence et le maintien du secret maçonnique, soulignant les dilemmes auxquels sont confrontés ceux qui se veulent gardiens des idéaux républicains. Jacques Mitterrand incarne cette génération de maçons qui doit se positionner face à une jeunesse en quête de liberté et de changement. Les débats sur l’expression politique de l’obédience et le secret de l’appartenance révèlent les contradictions et les espoirs de cette période.

L’évocation de Fred Zeller2, figure emblématique entre 1971 et 1973, est un hommage vibrant à un homme dont la vision révolutionnaire et la morale inébranlable ont façonné une époque. Fred Zeller, par son héritage philosophique, incarne cette quête incessante de justice sociale et de progrès intellectuel, un phare dans la tempête des luttes internes du GODF. Édouard Boeglin relate la période de février 2003 à Bergerac, où « L’Internationale » et « Le dernier Grand » rendent hommage à Fred Zeller. Les discours sur le libéralisme et l’ordre moral, la nécessité d’une morale révolutionnaire, et la tradition du GODF témoignent de l’influence durable de Fred Zeller. Son testament philosophique et sa critique des élites maçonniques médiocres de 1976 sont des appels à l’action et à la réflexion.

Les années 70, sous la férule de Jean-Pierre Prouteau3, Michel Baroin4 et leurs contemporains, sont dépeintes comme une période de luttes fratricides et de débats enflammés. Édouard Boeglin n’édulcore rien des conflits qui ont ravagé l’obédience, décrivant avec une acuité douloureuse les rivalités personnelles et les ambitions dévorantes qui ont souvent pris le pas sur les idéaux communs. L’auteur évoque les textes lisses et les horreurs militantes, les scandales financiers, et les tensions entre les loges parisiennes et provinciales. L’impact des personnalités comme Serge Béhar, et les défis de la structure clanique du GODF sont explorés avec une précision dévastatrice.

Le récit des années 80, marqué par la présidence de Paul Gourdot5 et les ombres tutélaires de François Mitterrand, nous plonge dans une période de silence et de réformes avortées. Édouard Boeglin décrit ces années comme un temps de stagnation, où les convergences politiques entre le GODF et le Parti socialiste n’ont pu masquer les fractures internes et les hésitations stratégiques. Les lettres de Renucci à Mitterrand, les divergences internes, et l’analyse des événements marquants de l’année de Christian Pozzo di Borgo6 en 1988-1989, montrent une obédience en quête de direction et de sens.

La crise de 1995, centrée sur des figures telles que Jean-Robert Ragache7 et Gilbert Abergel8, est décrite avec une intensité dramatique. Édouard Boeglin dissèque les querelles intestines et les débats idéologiques qui ont secoué l’obédience, révélant une institution en proie à ses propres contradictions, incapable de s’unir face aux défis extérieurs. Les accusations de manque de transparence, la critique de Patrick Kessel9, et les confrontations idéologiques avec des personnalités comme Patrick Kessel illustrent la profondeur de la crise.

L’usage du Convent et les intrigues corses, sous la plume de Édouard Boeglin, deviennent des récits presque épiques, où les ambitions personnelles se mêlent aux enjeux politiques. Les luttes de pouvoir décrites sont autant de batailles pour l’âme du GODF, une quête de contrôle et de direction dans un monde en mutation rapide. L’auteur explore les manœuvres de Philippe Guglielmi10, les tensions avec le Front National, et les intrigues autour des élections internes de 1998, qui révèlent une scène politique interne tumultueuse et complexe.

Les années 1996-2003 sont marquées par des débats sur la liberté et la censure, où Édouard Boeglin explore les tensions autour de la revue Humanisme et les conflits sur l’indépendance éditoriale. Les scandales internes, notamment l’affaire Quintrec, ajoutent une couche de complexité à cette période tumultueuse, où la transparence et l’intégrité sont mises à l’épreuve. Les luttes pour la liberté d’expression, les controverses sur les articles et les interventions éditoriales montrent une obédience en quête de sa propre voix.

La figure d’Alain Bauer11, leader controversé, est examinée dans toute sa complexité. Édouard Boeglin décrit ses tentatives de réforme et les résistances qu’il a rencontrées, soulignant les défis de leadership dans une institution aussi diverse et fracturée. Les débats sur la souveraineté du GODF, les relations avec les politiciens tels que Chirac et Jospin, et les initiatives comme la « révélation » d’Alain Bauer illustrent les efforts pour moderniser et diriger une obédience en pleine transformation.

Édouard Boeglin aborde également les tensions entre le GODF et le journal Le Monde, analysant les critiques médiatiques et les réponses de l’obédience, mettant en lumière les enjeux de communication et de perception publique. Les débats sur la transparence, les accusations de lynchage médiatique, et les réponses des dirigeants du GODF montrent les défis de maintenir une image publique cohérente et respectée.

Le fonctionnement interne du GODF est décrit en détail, Édouard Boeglin exposant les structures administratives et les processus décisionnels. Il critique la lourdeur bureaucratique et le centralisme, tout en proposant des pistes de réforme pour une décentralisation efficace et une plus grande participation des membres. Les règlements, les rôles des conseillers de l’Ordre, et les défis de gestion interne sont examinés avec une clarté impitoyable.

Le dernier chapitre est une réflexion profonde sur l’avenir du GODF. Édouard Boeglin appelle à une renaissance idéologique et philosophique, une revitalisation des idéaux républicains et progressistes. Il voit dans les crises passées non pas des signes de déclin, mais des opportunités pour une réforme courageuse et nécessaire. Les discussions sur le noyautage possible par l’UMP, les enjeux de l’identité maçonnique française, et les perspectives pour le GODF offrent une vision à la fois critique et optimiste.

À travers ce panorama détaillé, Édouard Boeglin rend un hommage à une institution qu’il a profondément aimée et servie. Main basse sur la maison Cadet est une œuvre qui transcende le simple récit historique pour devenir une méditation sur la nature du pouvoir, de l’idéal et de la communauté humaine.

Edouard Boeglin avec une statue de Jules Guesde -Source L’Ours

In Memoriam : « Édouard Boeglin » par Denis Lefebvre est un éloge vibrant à un homme aux multiples facettes, né en 1942 et décédé en 2009. Journaliste et essayiste, Édouard Boeglin a été un éducateur passionné, un communicateur hors pair et un historien engagé. Sa carrière, des Dernières Nouvelles d’Alsace à L’Alsace-Le Pays, témoigne de son dévouement à l’éducation et à la transmission du savoir. Organisateur infatigable de colloques internationaux, il a su attirer à Mulhouse des intellectuels et des chercheurs de tous horizons, pour débattre des grands enjeux de notre époque.

Édouard Boeglin a laissé une empreinte indélébile dans la franc-maçonnerie. Initié en 1972 au Grand Orient de France, il a gravi les échelons jusqu’à devenir Grand Maître adjoint. Son travail dans les publications de l’obédience, sa réforme de la charte graphique et son ouverture vers le monde profane sont autant de témoins de son engagement pour la modernisation et la transparence de la franc-maçonnerie.

Au-delà de son engagement maçonnique, Édouard Boeglin était profondément attaché à Mulhouse, sa ville natale. Conseiller municipal délégué au patrimoine, il a œuvré pour la reconnaissance des richesses historiques de la ville, obtenant le label de ville d’art et d’histoire. Son travail pour réhabiliter la mémoire d’Alfred Dreyfus dans la conscience collective locale témoigne de son dévouement à la justice et à la vérité.

L’Hôtel de ville de Mulhouse

Denis Lefebvre, dans son hommage, capture l’essence d’un homme généreux, dont les discussions, les débats et les promenades restent gravés dans les mémoires. Édouard Boeglin, à travers ses œuvres et son engagement, continue d’inspirer ceux qui croient en un avenir fait de justice, de progrès et de fraternité.

Jacques Mitterand et Fred Zeller – Source Le Maitron

1Jacques Mitterrand, né à Bourges le 10 juin 1908 et décédé le 5 juin 1991 à Paris, est un homme politique français reconnu pour son rôle de grand-maître du Grand Orient de France (GODF). Issu d’une lignée de francs-maçons, il est initié le 20 juin 1933 à la loge parisienne « La Justice » de l’obédience maçonnique du GODF. Il est élu vénérable maître de cette loge de 1953 à 1956, puis intègre le conseil de l’ordre du GODF en 1957. Il devient grand orateur de l’obédience en 1958 et 1959, puis grand secrétaire en 1960. En 1961, il accède au poste de grand maître adjoint, avant de devenir grand-maître pour deux mandats, de 1962 à 1964 et de 1968 à 1971.

Jacques Mitterrand est également porteur du 33e degré du Rite Écossais Ancien et Accepté. Orateur et tribun reconnu, il est l’auteur de nombreux ouvrages polémiques et politiques. Sa tendance à politiser la franc-maçonnerie lui vaut souvent des critiques. Durant sa grande maîtrise, il œuvre à moderniser et extérioriser l’Ordre en créant une association dédiée à la formation technique des Africains et Malgaches résidant en France. Il obtient également la publication d’un numéro spécial de la revue Présence Africaine consacré à la franc-maçonnerie en Afrique.

Sous son impulsion, la tradition des conférences publiques à la fin des convents est rétablie, contribuant à une augmentation significative des effectifs de l’obédience. Cependant, le coût élevé de ces rencontres incite le GODF à les limiter à des journées d’études plus modestes par la suite. Son fils, Jean-Jacques, a également suivi ses traces, devenant vénérable de la loge « Combats » du Grand Orient.

Fred Zeller

2Frédéric Victor Zeller, né le 26 mars 1912 à Paris et décédé le 7 février 2003 à Bergerac en Dordogne, est un homme politique et artiste peintre français. Militant trotskiste durant les années 1930 et 1940, il est élu à la tête du Grand Orient de France (GODF) en 1971, poste qu’il occupe jusqu’en 1973.

3Jean-Pierre Prouteau, personnalité influente de la franc-maçonnerie française, est né en 1928 et a exercé un rôle central au sein du Grand Orient de France (GODF). Il est surtout connu pour avoir été élu Grand Maître de cette prestigieuse obédience maçonnique.

Issu d’une famille profondément ancrée dans les traditions républicaines et laïques, Jean-Pierre Prouteau a été initié à la franc-maçonnerie dans les années 1950. Il a gravi rapidement les échelons au sein de l’obédience grâce à son engagement et à sa vision progressiste de la franc-maçonnerie.

En 1973, Jean-Pierre Prouteau est élu Grand Maître du Grand Orient de France, un poste qu’il occupe jusqu’en 1975. Son mandat est marqué par une période de turbulences et de réformes au sein de l’obédience. Jean-Pierre Prouteau, fervent défenseur des valeurs républicaines et de la laïcité, s’efforce de moderniser l’institution et de renforcer son rôle dans la société française.

Durant son mandat, Jean-Pierre Prouteau met l’accent sur l’ouverture et la transparence de la franc-maçonnerie, encourageant les loges à s’engager davantage dans les débats sociaux et politiques. Il est également un ardent défenseur des droits de l’homme et de l’égalité, des principes qu’il considère comme fondamentaux pour la franc-maçonnerie.

Jean-Pierre Prouteau s’attache également à renforcer les liens entre le GODF et les autres obédiences maçonniques en France et à l’étranger. Sous sa direction, le Grand Orient de France continue de jouer un rôle majeur dans la promotion des valeurs de liberté, d’égalité et de fraternité.

Cependant, son mandat n’est pas sans controverses. Jean-Pierre Prouteau est souvent critiqué pour ses positions fermement ancrées dans le progressisme, ce qui entraîne des tensions avec les factions plus conservatrices de l’obédience. Néanmoins, son leadership et sa vision ont laissé une empreinte durable sur le GODF.

Après son mandat de Grand Maître, Jean-Pierre Prouteau continue d’être une figure respectée et influente au sein de la franc-maçonnerie française. Il reste actif dans diverses loges et poursuit son engagement pour les causes sociales et la promotion des valeurs maçonniques.

Jean-Pierre Prouteau est décédé en 2016, laissant derrière lui un héritage de réformes et de modernisation au sein du Grand Orient de France. Son impact sur l’obédience et sur la franc-maçonnerie en général est indéniable, et il est souvent rappelé comme un défenseur infatigable des idéaux maçonniques.

Michel Baroin

4Michel Baroin, né le 29 septembre 1926 à Paris et décédé le 5 juillet 1987 dans un accident d’avion en République Centrafricaine, est une figure emblématique de la franc-maçonnerie française. Homme d’affaires, écrivain et homme politique, il a laissé une empreinte durable en tant que Grand Maître du Grand Orient de France (GODF).

Issu d’une famille engagée dans les valeurs républicaines, Michel Baroin s’illustre rapidement par son esprit brillant et sa capacité de leadership. Il rejoint la franc-maçonnerie dans les années 1960 et s’investit activement dans les travaux de l’obédience. Son charisme et son engagement le propulsent rapidement dans les rangs des dirigeants maçonniques.

En 1977, Michel Baroin est élu Grand Maître du Grand Orient de France, un poste qu’il occupe jusqu’en 1979. Son mandat est marqué par une volonté de réformer et de moderniser l’obédience, tout en renforçant ses liens avec la société civile et les institutions républicaines. Baroin est un fervent défenseur des valeurs de laïcité, de démocratie et de progrès social, des principes qu’il s’efforce de promouvoir au sein du GODF.

Sous sa direction, le Grand Orient de France continue de jouer un rôle actif dans les débats publics et politiques. Michel Baroin encourage les loges à s’ouvrir davantage au monde extérieur et à participer aux grandes questions de société, notamment en matière de droits de l’homme et de justice sociale. Il plaide également pour une franc-maçonnerie plus transparente et accessible, rompant ainsi avec l’image parfois secrète et élitiste de l’obédience.

Michel Baroin est également connu pour ses talents d’écrivain et de communicant. Il publie plusieurs ouvrages où il exprime sa vision de la franc-maçonnerie et de ses valeurs. Son influence s’étend au-delà des cercles maçonniques, et il est respecté pour ses prises de position courageuses et son engagement inébranlable en faveur des idéaux républicains.

Cependant, son mandat n’est pas exempt de défis et de controverses. Les tensions internes au sein du GODF, entre les partisans d’une franc-maçonnerie plus traditionnelle et ceux d’une approche plus moderniste et engagée, se font sentir. Michel Baroin navigue avec habileté entre ces courants, cherchant à maintenir l’unité de l’obédience tout en poursuivant ses réformes.

Après son mandat de Grand Maître, Michel Baroin reste une figure influente au sein du GODF et continue de s’impliquer activement dans les travaux maçonniques. Sa mort tragique en 1987 met fin à une carrière riche et marquante. Il laisse derrière lui un héritage de modernisation et de réformes qui continue d’influencer le Grand Orient de France.

Michel Baroin est souvent rappelé comme un visionnaire et un leader déterminé, dont les efforts pour ouvrir et moderniser la franc-maçonnerie française ont marqué son époque. Son fils, François Baroin, poursuit aujourd’hui une carrière politique, témoignant de l’influence durable de son père dans les sphères publique et politique.

paul Gourdot – Source appl-lachaise

5Paul Gourdot, né en 1926 et décédé en 1995, est une figure marquante de la franc-maçonnerie française, ayant exercé les fonctions de Grand Maître du Grand Orient de France (GODF) au début des années 1980.

Originaire d’une famille profondément républicaine et laïque, Paul Gourdot rejoint la franc-maçonnerie dans les années 1950, s’investissant activement dans les travaux et les débats au sein de l’obédience. Son parcours maçonnique est marqué par une ascension rapide due à son dévouement, sa compétence et son engagement pour les valeurs maçonniques.

Élu Grand Maître du Grand Orient de France en 1981, Paul Gourdot occupe cette fonction jusqu’en 1984. Durant son mandat, il se distingue par son leadership durant une période de changement et de consolidation pour l’obédience. Gourdot, connu pour son sens de la synthèse et son aptitude à fédérer, s’attache à renforcer l’unité et la cohésion du GODF dans un contexte de tensions internes et de défis externes.

Sous sa direction, le GODF maintient son rôle actif dans les débats sociétaux et politiques de la France. Paul Gourdot œuvre pour que l’obédience continue de promouvoir les valeurs de laïcité, de démocratie et de justice sociale, tout en encourageant les loges à s’impliquer davantage dans les questions d’actualité et les luttes pour les droits de l’homme. Il est particulièrement attentif à l’extériorisation des travaux maçonniques, cherchant à faire de la franc-maçonnerie une force vive et influente dans la société.

Durant son mandat, Paul Gourdot met également en place des initiatives pour moderniser les structures internes du GODF. Il prône une gestion plus transparente et efficace, tout en renforçant les liens entre les différentes loges de l’obédience. Son approche pragmatique et sa capacité à dialoguer avec toutes les tendances au sein de la franc-maçonnerie contribuent à stabiliser et à dynamiser l’organisation.

Cependant, son mandat n’est pas sans controverses. Les débats sur le rôle politique de la franc-maçonnerie et les tensions entre les différents courants internes sont des défis constants. Paul Gourdot navigue habilement entre ces forces divergentes, cherchant à maintenir l’équilibre tout en avançant ses réformes.

Après son mandat de Grand Maître, Paul Gourdot reste une figure influente et respectée au sein du GODF. Il continue de participer activement aux travaux maçonniques et à contribuer par ses écrits et ses discours à la réflexion collective sur l’avenir de la franc-maçonnerie.

Paul Gourdot décède en 1995, laissant derrière lui un héritage de modernisation et d’engagement pour les valeurs maçonniques. Son leadership au sein du GODF est rappelé comme une période de transition et de renforcement, marquée par une volonté de faire de la franc-maçonnerie une force de progrès et de cohésion sociale.

6Christian Pozzo di Borgo, né en 1944, est une figure notable de la franc-maçonnerie française. Il est surtout connu pour son rôle en tant que Grand Maître du Grand Orient de France (GODF), où il a exercé une influence significative au cours de son mandat.

Issu d’une famille noble corse, Christian Pozzo di Borgo rejoint la franc-maçonnerie dans les années 1970. Son engagement et sa passion pour les valeurs républicaines et laïques lui permettent de gravir rapidement les échelons au sein du GODF. Il s’investit profondément dans les travaux maçonniques et dans les débats internes de l’obédience, apportant sa vision et son dévouement aux idéaux maçonniques.

En 1988, Christian Pozzo di Borgo est élu Grand Maître du Grand Orient de France, un poste qu’il occupe jusqu’en 1989. Son mandat est marqué par une période de réformes et de modernisation pour l’obédience. Christian Pozzo di Borgo plaide pour une franc-maçonnerie plus ouverte et engagée dans les grands débats de société, mettant l’accent sur les valeurs de laïcité, de démocratie et de justice sociale.

Sous sa direction, le GODF renforce son rôle dans les débats publics et politiques. Christian Pozzo di Borgo encourage les loges à s’ouvrir davantage au monde extérieur et à participer activement aux discussions sur les grandes questions de société. Il organise de nombreux colloques et conférences, visant à promouvoir les valeurs républicaines et à faire de la franc-maçonnerie une force vive pour le progrès social.

Christian Pozzo di Borgo est également reconnu pour ses talents de communicateur et d’orateur. Il utilise sa position pour moderniser l’image de la franc-maçonnerie, la rendant plus accessible et transparente au grand public. Son mandat voit une augmentation significative de la visibilité du GODF dans les médias et la sphère publique, contribuant à démystifier les activités de l’obédience et à promouvoir ses valeurs.

Cependant, son mandat n’est pas exempt de défis et de controverses. Les tensions internes au sein du GODF, entre les partisans d’une franc-maçonnerie plus traditionnelle et ceux soutenant une approche plus moderniste et engagée, sont des défis constants. Christian Pozzo di Borgo navigue habilement entre ces courants, cherchant à maintenir l’unité de l’obédience tout en avançant ses réformes.

Après son mandat de Grand Maître, Christian Pozzo di Borgo reste une figure influente et respectée au sein du GODF. Il continue de participer activement aux travaux maçonniques et à contribuer par ses écrits et ses discours à la réflexion collective sur l’avenir de la franc-maçonnerie.

Christian Pozzo di Borgo demeure une personnalité marquante de la franc-maçonnerie française, dont l’engagement et les réformes ont contribué à moderniser et à dynamiser le Grand Orient de France. Son leadership est rappelé comme une période de transition et de renforcement, marquée par une volonté constante de faire de la franc-maçonnerie une force de progrès et de cohésion sociale.

Jean-Robert Ragache

7Jean-Robert Ragache, né le 12 janvier 1939, à Charleville en Ardennes, est une figure éminente de la franc-maçonnerie française, connu pour son rôle en tant que Grand Maître du Grand Orient de France (GODF). Historien de formation et universitaire, il a marqué de son empreinte le paysage maçonnique par son engagement intellectuel et ses réformes audacieuses.

Issu d’une famille engagée dans les valeurs républicaines et humanistes, Jean-Robert Ragache rejoint la franc-maçonnerie dans les années 1960. Il est initié au GODF où il s’investit activement, gravissant rapidement les échelons grâce à son dévouement et à sa vision progressiste de la franc-maçonnerie.

En 1987, Jean-Robert Ragache est élu Grand Maître du Grand Orient de France, une fonction qu’il occupe jusqu’en 1988, puis de nouveau de 1989 à 1992. Son mandat est marqué par une période de réformes et d’ouverture, où il s’efforce de moderniser l’obédience et de renforcer ses liens avec la société civile. Ragache est un fervent défenseur des valeurs de laïcité, de démocratie et de justice sociale, qu’il promeut activement au sein du GODF.

Sous sa direction, le Grand Orient de France continue de jouer un rôle crucial dans les débats publics et politiques. Ragache encourage les loges à s’ouvrir davantage au monde extérieur et à s’engager dans les grandes questions de société. Il plaide pour une franc-maçonnerie plus transparente et accessible, cherchant à rompre avec l’image parfois secrète et élitiste de l’obédience. Son approche vise à rendre la franc-maçonnerie plus pertinente et influente dans le contexte contemporain.

Jean-Robert Ragache est également connu pour ses talents d’historien et d’écrivain. Il publie plusieurs ouvrages où il exprime sa vision de la franc-maçonnerie et de ses valeurs. Ses écrits sont appréciés pour leur profondeur intellectuelle et leur engagement pour les idéaux maçonniques. Il est respecté pour ses prises de position courageuses et son engagement inébranlable en faveur des idéaux républicains.

Cependant, son mandat n’est pas exempt de défis et de controverses. Les tensions internes au sein du GODF, entre les partisans d’une franc-maçonnerie plus traditionnelle et ceux d’une approche plus moderniste et engagée, se font sentir. Jean-Robert Ragache navigue avec habileté entre ces courants, cherchant à maintenir l’unité de l’obédience tout en poursuivant ses réformes.

Après son mandat de Grand Maître, Jean-Robert Ragache reste une figure influente au sein du GODF et continue de s’impliquer activement dans les travaux maçonniques. Il contribue à de nombreuses publications et conférences, partageant sa vision et son expérience avec les générations futures de franc-maçons.

Jean-Robert Ragache laisse derrière lui un héritage de modernisation et de réformes au sein du Grand Orient de France. Son impact sur l’obédience et sur la franc-maçonnerie en général est indéniable, et il est souvent rappelé comme un leader visionnaire et déterminé, dont les efforts pour ouvrir et moderniser la franc-maçonnerie française ont marqué son époque.

Gilbert Abergel, le 16 janvier 1994 – Appel du GODF pour Défendre l’École et la Laïcité

8Gilbert Abergel, né en 1941, est une figure notable de la franc-maçonnerie française, ayant exercé les fonctions de Grand Maître du Grand Orient de France (GODF) de 1994 à 1995. Son mandat est marqué par un engagement fort en faveur des valeurs républicaines, de la laïcité, et par une volonté de réformer et moderniser l’obédience.

Issu d’une famille attachée aux principes républicains et laïques, Gilbert Abergel rejoint la franc-maçonnerie dans les années 1970. Il est initié au GODF, où il s’investit activement dans les travaux et les débats, grimpant rapidement les échelons grâce à son dévouement et à son engagement intellectuel.

En 1994, Gilbert Abergel est élu Grand Maître du Grand Orient de France. Son mandat se déroule dans une période de tensions internes et de défis externes pour l’obédience. Gilbert Abergel, connu pour sa vision progressiste, s’attache à moderniser les structures du GODF et à renforcer son rôle dans la société. Il met l’accent sur l’ouverture et la transparence, encourageant les loges à s’impliquer davantage dans les débats publics et à contribuer aux grandes questions de société.

Sous sa direction, le GODF maintient une forte présence dans les débats sur la laïcité, les droits de l’homme, et la justice sociale. Gilbert Abergel plaide pour une franc-maçonnerie active et engagée, rompant avec l’image parfois secrète et élitiste de l’obédience. Son approche vise à rendre le GODF plus pertinent et influent dans le contexte contemporain.

Gilbert Abergel est également reconnu pour ses talents de communicant et d’orateur. Il s’exprime régulièrement dans les médias et lors de conférences, partageant sa vision de la franc-maçonnerie et des valeurs qu’elle défend. Son mandat est marqué par des initiatives visant à renforcer les liens entre le GODF et la société civile, ainsi qu’à promouvoir les idéaux maçonniques auprès du grand public.

Cependant, son mandat n’est pas sans controverses. Les tensions internes au sein du GODF, entre les partisans d’une franc-maçonnerie plus traditionnelle et ceux d’une approche plus moderniste et engagée, sont des défis constants. Gilbert Abergel navigue avec habileté entre ces forces divergentes, cherchant à maintenir l’équilibre tout en avançant ses réformes.

Après son mandat de Grand Maître, Gilbert Abergel reste une figure influente et respectée au sein du GODF. Il continue de participer activement aux travaux maçonniques et à contribuer par ses écrits et ses discours à la réflexion collective sur l’avenir de la franc-maçonnerie.

Gilbert Abergel demeure une personnalité marquante de la franc-maçonnerie française, dont l’engagement et les réformes ont contribué à moderniser et à dynamiser le Grand Orient de France. Son leadership au sein du GODF est rappelé comme une période de transition et de renforcement, marquée par une volonté de faire de la franc-maçonnerie une force de progrès et de cohésion sociale.

Patrick Kessel

9Patrick Kessel, né le 25 septembre 1947 à Paris, est une figure éminente de la franc-maçonnerie française et un fervent défenseur de la laïcité et des valeurs républicaines. Son parcours au sein du Grand Orient de France (GODF) est marqué par son engagement intellectuel et politique, ainsi que par ses initiatives en faveur de l’ouverture et de la modernisation de l’obédience.

Patrick Kessel rejoint le GODF en 1974, où il s’implique activement dans les travaux maçonniques et les débats internes. Sa carrière professionnelle en tant que journaliste et écrivain lui confère une visibilité et une influence considérables, qu’il met au service de ses idéaux maçonniques.

En 1994, Kessel est élu Grand Maître du Grand Orient de France, un poste qu’il occupe jusqu’en 1995. Son mandat est caractérisé par une volonté de renforcer l’engagement du GODF dans les débats publics et politiques, en particulier autour des questions de laïcité et de droits de l’homme. Kessel voit en la franc-maçonnerie un vecteur essentiel de promotion des valeurs républicaines et d’émancipation individuelle.

Sous sa direction, le GODF intensifie ses actions en faveur de la laïcité, un thème central de son mandat. Kessel organise et participe à de nombreuses conférences et débats publics, affirmant la position du GODF contre les menaces à la séparation des églises et de l’État. Il milite pour une société où la liberté de conscience et l’égalité de traitement sont des principes inviolables.

Patrick Kessel est également connu pour ses talents de communicateur et d’orateur. Il utilise ses compétences pour moderniser l’image de la franc-maçonnerie, la rendant plus accessible et transparente au grand public. Son mandat voit la publication de nombreux écrits et interventions médiatiques visant à expliquer et à promouvoir les valeurs maçonniques.

Cependant, son mandat n’est pas sans défis. Les tensions internes au sein du GODF, entre les partisans d’une approche plus traditionnelle et ceux soutenant une franc-maçonnerie plus engagée politiquement et socialement, sont présentes. Kessel navigue habilement entre ces courants, cherchant à maintenir l’unité de l’obédience tout en poursuivant ses réformes.

Après son mandat de Grand Maître, Patrick Kessel continue de jouer un rôle actif au sein du GODF et dans les débats publics. Il reste un ardent défenseur de la laïcité et des valeurs républicaines, intervenant régulièrement dans les médias et les forums publics pour promouvoir ces idéaux.

En dehors de la franc-maçonnerie, Patrick Kessel est également impliqué dans diverses associations et initiatives en faveur de la laïcité et des droits de l’homme. Son engagement pour une société plus juste et égalitaire se reflète dans ses nombreuses publications et interventions publiques.

Patrick Kessel demeure une figure influente de la franc-maçonnerie française, dont le leadership et les réformes ont contribué à renforcer et à moderniser le Grand Orient de France. Son mandat est rappelé comme une période de dynamisme et d’engagement, marquée par une volonté constante de faire de la franc-maçonnerie une force vive pour le progrès et la justice sociale.

Philippe Guglielmi

10Philippe Guglielmi, né le 16 novembre 1951 à Antibes sur la Côte d’Azur, est une figure marquante de la franc-maçonnerie française, connu pour son rôle en tant que Grand Maître du Grand Orient de France (GODF). Son parcours est caractérisé par un engagement profond pour les valeurs de la République, la laïcité et les droits de l’homme.

Issu d’une famille républicaine, Philippe Guglielmi rejoint le GODF en 1980, où il s’investit activement dans les travaux maçonniques et gravit rapidement les échelons. Sa carrière professionnelle dans l’administration publique, notamment en tant qu’officier de carrière – lieutenant-colonel d’infanterie (ER) – au sein du ministère des Armées, lui confère une solide expérience qu’il met au service de l’obédience.

En 1997, Guglielmi est élu Grand Maître du Grand Orient de France, une fonction qu’il occupe jusqu’en 1999. Son mandat est marqué par une volonté de moderniser et d’ouvrir l’obédience à la société civile. Il plaide pour une franc-maçonnerie active et engagée, mettant l’accent sur la promotion des valeurs républicaines et la lutte contre toutes les formes de discrimination.

Sous sa direction, le GODF renforce ses actions en faveur de la laïcité et des droits de l’homme. Philippe Guglielmi organise de nombreux colloques et conférences, positionnant le GODF comme un acteur clé dans les débats publics sur des questions telles que la laïcité, l’égalité des sexes, et la défense des droits fondamentaux. Il travaille également à renforcer les liens entre le GODF et les autres obédiences maçonniques, tant en France qu’à l’international.

Philippe Guglielmi est connu pour ses talents de communicateur et d’orateur. Il utilise sa position pour moderniser l’image de la franc-maçonnerie, en la rendant plus transparente et accessible au grand public. Son mandat voit une augmentation significative de la visibilité du GODF dans les médias et la sphère publique, contribuant à démystifier les activités de l’obédience et à promouvoir ses valeurs.

Cependant, son mandat n’est pas exempt de défis. Les tensions internes au sein du GODF, entre les partisans d’une franc-maçonnerie plus traditionnelle et ceux soutenant une approche plus moderniste et engagée, sont des défis constants. Philippe Guglielmi navigue habilement entre ces courants, cherchant à maintenir l’unité de l’obédience tout en poursuivant ses réformes.

Après son mandat de Grand Maître, Philippe Guglielmi continue de jouer un rôle actif au sein du GODF et reste engagé dans les débats publics. Il est élu en 2015 secrétaire national du Parti Socialiste chargé de la laïcité, et intervient régulièrement dans les médias et les forums publics pour défendre les valeurs républicaines et laïques. Il est également impliqué dans diverses associations et initiatives en faveur des droits de l’homme et de la justice sociale.

Philippe Guglielmi demeure une figure influente de la franc-maçonnerie française, dont le leadership et les réformes ont contribué à moderniser et à dynamiser le Grand Orient de France. Son mandat est rappelé comme une période de transformation et d’engagement, marquée par une volonté constante de faire de la franc-maçonnerie une force vive pour le progrès social et la justice.

Alain Bauer par Claude Truong Ngoc, janvier 2014

11Alain Bauer, né le 8 mai 1962 à Paris, est une figure éminente de la franc-maçonnerie française, ainsi qu’un criminologue renommé et un expert en sécurité. Son mandat en tant que Grand Maître du Grand Orient de France (GODF) est marqué par une volonté de moderniser l’obédience et de renforcer son rôle dans la société contemporaine.

Issu d’une famille intellectuelle, Alain Bauer rejoint la franc-maçonnerie en 1981, au sein du GODF. Il s’implique activement dans les travaux maçonniques, apportant une perspective novatrice et une énergie renouvelée à l’obédience. Sa carrière académique et professionnelle en criminologie et en sécurité lui confère une expertise précieuse, qu’il met au service de la franc-maçonnerie.

En 2000, Alain Bauer est élu Grand Maître du Grand Orient de France, une fonction qu’il occupe jusqu’en 2003. Son mandat est caractérisé par une série de réformes visant à moderniser et à dynamiser l’obédience. Bauer plaide pour une franc-maçonnerie plus ouverte, transparente et engagée dans les grands débats de société. Il cherche à repositionner le GODF comme une force active et influente dans les questions de justice sociale, de laïcité et de défense des droits de l’homme.

Sous sa direction, le GODF intensifie ses actions en faveur de la laïcité et de l’engagement civique. Alain Bauer organise de nombreux colloques et conférences, mettant l’accent sur les valeurs républicaines et l’importance de la franc-maçonnerie dans la société contemporaine. Il travaille également à renforcer les relations du GODF avec d’autres obédiences maçonniques en France et à l’international, cherchant à créer des synergies et à promouvoir une vision commune de la franc-maçonnerie.

Alain Bauer est également reconnu pour ses talents de communicant. Il utilise sa position pour moderniser l’image de la franc-maçonnerie, la rendant plus accessible au grand public. Son mandat voit une augmentation significative de la visibilité du GODF dans les médias, contribuant à démystifier les activités de l’obédience et à promouvoir ses valeurs.

Site GODF, page d’accueil

Cependant, son mandat n’est pas sans controverses. Les tensions internes au sein du GODF, entre les partisans d’une franc-maçonnerie plus traditionnelle et ceux soutenant une approche plus moderniste et engagée, sont des défis constants. Alain Bauer navigue habilement entre ces courants, cherchant à maintenir l’unité de l’obédience tout en poursuivant ses réformes.

Après son mandat de Grand Maître, Alain Bauer continue de jouer un rôle actif au sein du GODF et dans les débats publics. Il reste un expert respecté en criminologie et sécurité, intervenant régulièrement dans les médias et les forums publics pour partager son expertise et défendre les valeurs maçonniques. Il est également professeur de criminologie au Conservatoire national des arts et métiers (CNAM) et conseiller sur les questions de sécurité auprès de diverses institutions.

Alain Bauer demeure une figure influente de la franc-maçonnerie française, dont le leadership et les réformes ont contribué à moderniser et à dynamiser le Grand Orient de France. Son mandat est rappelé comme une période de transformation et d’engagement, marquée par une volonté constante de faire de la franc-maçonnerie une force vive pour le progrès social et la justice.

Main basse sur la maison Cadet ?

La franc-maçonnerie libérale dans la tourmente

Edouard Boeglin – Cêtre, 2004, 264 pages, 15 €

Bienvenue sur le nouveau site des Éditions Cêtre

Allemagne : 245 ans du refuge de Lübeck « Zur Weltkugel »

De notre confrère allemand hl-live.de

Près de 100 francs-maçons se sont réunis à Lübeck pour célébrer dans un cadre festif le 245e anniversaire de la fondation de la Loge « Zur Weltkugel ». C’est l’une des trois loges de Lübeck qui se réunissent dans la maison de la loge au centre-ville.

Cette loge a été fondée le 20 avril 1779 en tant que filiale de la loge « Zum Fruchthorn » (aujourd’hui « Zum Füllhorn »), qui existe depuis sept ans et constitue depuis lors un élément indispensable de la vie sociale et caritative de Lübeck. Comme les autres loges maçonniques, le « Weltkugel » se considère comme une organisation engagée pour le bien commun, qui offre à ses 69 membres actuels la possibilité d’échanger des idées sur des sujets de vie et de santé en général lors de réunions régulières et dans le cadre d’un processus qui a été traditionnelle au fil des siècles sous divers formats pour maintenir sa pertinence sociale.

Pour cet anniversaire, les francs-maçons de Lübeck et d’autres villes d’Allemagne ainsi que du Danemark se sont réunis au Logenhaus de Lübeck, rue St.-Annen-Strasse, sous la direction du « Maître de la Chaire », Lennart Steen. La cérémonie a commémoré l’histoire fondatrice et mouvementée de la loge et des « frères » méritants – c’est ainsi que les francs-maçons s’appellent – ​​ont été honorés pour leur adhésion à long terme ou pour leurs services spéciaux rendus à la loge et à la franc-maçonnerie.

La soirée s’est terminée par une « table box », un dîner festif, dans une bonne ambiance et avec des conversations animées.

Il existe aujourd’hui trois loges maçonniques en activité à Lübeck, qui, outre les deux mentionnées ci-dessus, comprennent également la loge « Zur Weltbruderkette », fondée en 1953. Tous trois travaillent dans les locaux de la Lübeck Lodge House. Les personnes intéressées peuvent trouver les dates et contacts sur les sites Internet respectifs des loges.

« Le chant des Italiens » : un hymne maçonnique

Ce qui est communément appelé par son incipit, Fratelli d’Italia (Frères d’Italie), a pour titre original « Il Canto degli Italiani » (Le chant des Italiens). Une exégèse non superficielle du texte révèle clairement sa nature maçonnique et républicaine.

Avec la fraternelle autorisation du blog italien Delta6017.

Dans l’hymne, c’est avant tout l’unité de l’Italie qui est souhaitée, illustrée de manière détaillé par le rappel de moments historiques significatifs dans ses différentes régions, « des Alpes à la Sicile ». L’horizon dans lequel le texte se développe suggère que la « fusion » ne doit pas se traduire par un aplatissement qui oublie ou supprime le grand patrimoine des différentes réalités locales. Loin de là. C’est une union harmonieuse d’histoires, liées par un dénominateur commun, qui doit être rappelée et transmise.

Mazzini disait : « l’institution républicaine est la seule qui assure cet avenir » (La Giovine Italia, 1831). Goffredo Mameli, avec son hymne ouvertement républicain, soutient avec enthousiasme l’idée d’une telle forme institutionnelle. Publius Cornelius Scipio dit « Africanus », la Ligue lombarde, Francesco Ferrucci, Giovanni Battista Perasso dit « Balilla », c’est-à-dire les modèles d’action que Mameli énumère dans la quatrième strophe, sont certes des exemples de la lutte contre l’étranger, mais ils sont aussi un symbole de l’institution républicaine en lutte contre le gouvernement monarchique. En effet, parmi les gloires de Rome, rappelées avec une rhétorique vibrante comme l’exigeait l’esprit du temps, c’est le chef républicain Scipion « Africanus » (Scipio) qui est exalté, et non Jules César, Auguste ou tout autre empereur important.

D’un point de vue purement esthétique, l’hymne de Mameli présente des faiblesses évidentes, tant dans les paroles que dans la mélodie de Michele Novaro. Mais, malgré ses défauts artistiques, « Il Canto degli Italiani » réussit infailliblement à impliquer émotionnellement les auditeurs et à provoquer un sentiment de fierté d’appartenir à une nation qui découle d’une longue histoire commune et qui incite à surmonter les divisions et les oppositions. Giuseppe Verdi l’a bien compris qui, en 1864, l’a repris avec l’hymne national français La Marseillaise (écrit et mis en musique par Claude Joseph Rouget de Lisle) et l’hymne anglais God Save the Queen (d’Anonyme) dans son « Inno delle Nazioni » (hymne des nations). Aujourd’hui encore, plus de cent cinquante ans après sa naissance, avec la sincérité de ses intentions, son élan de jeunesse et l’émotion qu’il peut susciter, l’hymne de Mameli continue de toucher des cordes sensibles.

L’idéal fondamental qui animait le Risorgimento italien était la réalisation de l’unité de la patrie. Depuis la fin de l’Empire romain d’Occident, l’Italie avait été fragmentée en une myriade d’États plus ou moins grands, tantôt faibles et éphémères, tantôt puissants et durables, mais presque toujours désireux de défendre leurs intérêts particuliers ou de se livrer à de féroces luttes fratricides qui avaient affaibli l’idée même de nation et avaient inévitablement favorisé, quand elles ne l’avaient pas encouragé, l’occupation étrangère. En 1815, après la chute de Napoléon Ier, le Congrès de Vienne avait sanctionné la division du territoire italien en neuf États.

« Le Canto degli Italiani », dans sa version originale, contenait l’expression « Evviva l’Italia » (vive l’Italie) dans son premier couplet, un incipit banalement faible, caractérisé par un enthousiasme générique, stérile et étouffant. En revanche, l’expression « frères d’Italie » a pris une connotation très différente. Le terme « frères » est le nom que les francs-maçons se donnent entre eux, la fraternité étant, avec la liberté et l’égalité, le fondement éthique de la franc-maçonnerie. L’hymne est donc devenu une véritable proclamation exhortative qui a secoué les consciences de destinataires bien précis : les « frères » italiens de l’auteur.

L’hymne a été appelé par certains la « Marseillaise italienne ». Une association inappropriée, non seulement parce que La Marseillaise est un hymne de guerre composé pour fortifier les soldats français de l’armée du Rhin engagés dans la défense de la jeune république née de la révolution, mais surtout parce qu’il utilise le terme d’enfants – qui dans le langage courant signifie « fils » – et non celui de « frères ». La différence est fondamentale, car les enfants ont un statut qui les relie hiérarchiquement à un père et une mère qui les guident avec autorité, alors que le terme « frères » implique une union horizontale et égalitaire.
« Il Canto degli Italiani » a été qualifié d’hymne blasphématoire et antireligieux, alors qu’une analyse même superficielle du texte met en évidence la foi profonde de son auteur. La troisième strophe, en particulier, qui est la strophe centrale de tout l’hymne, est une synthèse de la vocation maçonnique et religieuse de son auteur. Le programme d’action que se fixent les francs-maçons est de s’unir et de s’aimer pour révéler au monde que les voies de Dieu sont l’union et l’amour universels.

L’hymne fait également référence à l’histoire religieuse européenne, en particulier aux événements des mouvements paupéristes du 13e siècle. À cette époque, le besoin de renouvellement du clergé, relâché, corrompu et sclérosé, se faisait fortement sentir. Il est devenu sourd aux besoins de survie de larges couches de la population qui souffrent de la misère, de la désolation et de l’abandon. Dans le nouveau climat spirituel, les pauvres deviennent des frères qui ont besoin d’autres frères pour leur venir en aide. Il s’agit d’une véritable révolution intérieure, aux répercussions sociales indéniables, où la métaphore des « frères » a l’énergie de dépasser les clivages sociaux et de rendre leur dignité aux pauvres. Il n’est plus le foudroyé de Dieu, porteur d’on ne sait quelles fautes, en tout cas l’icône du mal présent dans le monde aux prises avec un destin auquel il semble devoir se résigner. Il est simplement l’autre compris comme un prochain à aider, donc non pas un étranger mais un frère. Les exemples de la chevalerie, des cathares, de François d’Assise et de Pierre Valdo, dans leur diversité, sont peut-être les plus significatifs. Il est surprenant de constater la nécessité pour les mouvements spirituels d’aider leurs frères pauvres. Ce sont des frères qui se consacrent au soin d’autres frères. En ce sens, l’harmonie d’une famille est rétablie, non pas au sens naturel des liens biologiques, mais au sens spirituel, fortement imprégné d’idéalité. Le terme « frère » est typique du XIIIe siècle, bien que le mot latin frater ait acquis une connotation religieuse dès le IVe siècle.

Il est à noter que, tant dans la franc-maçonnerie que dans les mouvements paupéristes médiévaux, le terme qui les caractérise est celui de « frère » et « sœur » et non d’autres, tels que: ami, camarade, associé, collègue qui caractérisent l’engagement politique, les unions commerciales, les sociétés qui ont une fonction plus nettement matérielle et moins spirituelle. La franc-maçonnerie y a ses racines profondes, mais elle est aussi indubitablement liée aux Lumières européennes du 18e siècle Tous ceux qui, au nom de la raison éclairée, entendent combattre les ténèbres de l’ignorance et de la superstition sont reconnus comme des « frères » et s’apportent à ce titre une aide mutuelle et une assistance bienveillante. Une sorte de fraternité morale, de cosmopolitisme fraternel. Par essence, les francs-maçons visent à répandre « l’amour fraternel entre les hommes » dans le respect des croyances religieuses de chacun. La recherche de la vérité et de la fraternité doit en effet servir à réunir l’humanité en combattant l’ignorance et le fanatisme.

Le concept de fraternité inhérent à la franc-maçonnerie s’apparente à un « lien mystique fraternel ». Il est certain, au-delà des interprétations et des déviations historiques, que même dans ce cas le terme « frère » prend une connotation de type idéal et moral. La fraternité maçonnique se comprend donc comme une extension, une transfiguration du lien biologique et familial et s’élève à un mode de relation caractérisé par l’entraide jusqu’au dévouement de la vie. Si, à notre époque, la figure du frère biologique est ternie et risque de perdre de sa valeur, la figure idéale de la fraternité comprise comme un lien exemplaire demeure.

Il est intéressant de noter que dans les relations avec le Mal, avec Satan, le terme de frère n’est jamais utilisé, mais celui de fils-esclave, de soumis. Et ce, non seulement par ceux qui identifient Satan comme l’antagoniste, mais aussi par ses propres adeptes. En définitive, dans le satanisme, c’est le besoin de montrer une relation de soumission qui domine, alors que dans la fraternité, qui découle de la filiation divine commune qui n’asservit pas mais rend libre, la relation est égale. En ce sens, les enfants de Satan se distinguent des enfants de Dieu, les enfants des Ténèbres des enfants de la Lumière.

Mameli était franc-maçon, pas athée. Toutes les références religieuses et divines de l’hymne le prouvent. L’anticléricalisme maçonnique du XIXe siècle ne doit pas être confondu avec l’incroyance, qui ne voulait pas avoir et n’avait pas une connotation purement antireligieuse, mais avait une valeur idéologico-politique évidente. C’est la fin du pouvoir temporel des papes qui était l’objectif des francs-maçons et des libéraux irrédentistes, la fin d’un dogmatisme asservissant et non la fin du christianisme en tant que tel. Inversement, la croyance en l’inséparabilité de la nature du chef religieux et du souverain temporel attribuée par le catholicisme à la personne de l’évêque de Rome rendait blasphématoire l’objectif des patriotes italiens.

Il ne faut pas oublier qu’aujourd’hui encore, même dans l’étroitesse territoriale de son État, le pape est un monarque absolu. Si aujourd’hui le pape a gagné en autorité spirituelle et morale, même aux yeux des non-catholiques, il le doit à la perte de son importance en tant que monarque politique, en tant que chef d’un État en proie à des luttes de pouvoir temporelles. Paradoxalement, on peut dire que le 20 septembre 1870, jour de la prise de Rome par les « Bersaglieri » du général Alfonso La Marmora, lui aussi franc-maçon, a été une date faste non seulement pour l’Italie, mais aussi pour l’Église catholique, libérée du pouvoir temporel. Mais le chemin vers la libération des prétentions monopolistiques et dogmatiques sur la Vérité et l’affirmation de la liberté de la recherche spirituelle est encore long.

Extrait des archives du Delta6017.it (M. M.)