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250 ans du Grand Orient : comment la franc-maçonnerie perd peu à peu en influence

De notre confrère leral.net

Emmanuel Macron a rendu visite le 7 novembre dernier au Grand Orient de France dans son hôtel du 9e arrondissement de Paris pour les 250 ans de la première obédience maçonnique française. Retour sur l’histoire de la franc-maçonnerie et sur les liens au pouvoir qu’on lui impute.

Après Émile Loubet (1899-1906) et son prédécesseur François Hollande, Emmanuel Macron était seulement le troisième président de la République en exercice à se déplacer rue Cadet, à Paris, au siège du Grand Orient ; pour marquer le 250e anniversaire de la première obédience maçonnique de France et manifester la « reconnaissance de la République » à son égard, selon l’Élysée.

Si les visites de ministres ou de présidents de chambre parlementaire ne sont pas rares, les visites présidentielles ne sont donc pas habituelles. Pourtant, il ne faut rien y voir d’exceptionnel pour Pierre-Yves Beaurepaire, professeur d’histoire moderne à l’Université Côte d’Azur et auteur de nombreux ouvrages sur la franc-maçonnerie. Selon l’universitaire, la venue de Macron s’inscrit surtout dans une démarche certes politique, mais surtout mémorielle.

Quelle réalité recouvre l’appellation « Grand Orient de France », la franc-maçonnerie a-t-elle des relations avec le pouvoir aussi étroites qu’on le lui impute, quelles causes défend-elle encore ?

Elle est parfois prise, à tort, pour une société secrète très ancienne… Pouvez-vous revenir sur les origines de la franc-maçonnerie ?

Elle arrive en France au début du XVIIIe siècle. Le reste tient du mythe, mais de cela on est sûr puisqu’on dispose d’archives. En effet, comme toute nouveauté, cette société secrète fait peur sous l’Ancien régime, donc il y a des descentes de police dans les années 1720-1730-1740, avec des saisies de documents.

Vue de Big Ben et d'une cabine rouge de tél à Londres
Vue de Big Ben et d’une cabine rouge de tél à Londres

La franc-maçonnerie vient des îles britanniques, et on pense à ce moment-là qu’il s’agit d’une mode anglaise parmi d’autres, et qu’elle ne va pas durer. Mais c’est tout le contraire qui se passe. Elle connaît un essor considérable, non seulement en France mais dans toute l’Europe des Lumières, et ce malgré les nombreuses guerres.
Derrière la franc-maçonnerie, il y a la dimension de l’architecture, de la géométrie, qui fascinent les hommes du XVIIIᵉ siècle – je dis « les hommes » parce que les femmes sont très, très minoritaires.

Mais en réalité, ils le font en amateurs : ce ne sont pas des ouvriers du bâtiment, ce sont des gens qui appartiennent aux strates supérieures de la société et qui veulent revisiter, avec un projet philosophique, culturel, artistique, toutes les grandes réalisations de l’Antiquité, mais aussi leur donner un sens en phase avec l’époque.

Pour eux, le projet maçonnique, c’est permettre à des hommes qui seraient restés sans cela « à distance », c’est l’expression qu’ils utilisent, de se découvrir comme « frères ». Ils peuvent être catholiques, protestants – car au départ la franc-maçonnerie s’inscrit vraiment dans un monde chrétien, ce qui ne sera plus le cas ensuite -, ils peuvent se reconnaître et dialoguer entre eux. Pour une Europe fortement marquée par les conflits religieux, c’est vraiment quelque chose de nouveau.

Et pour ce qui est du Grand Orient de France, en particulier ?

Le Grand Orient a une prédécésseure : la Grande Loge de France. Une « loge » est un atelier, donc une réunion de deux maçons, soit avec un temple bien identifié, soit chez l’un, chez l’autre… Il n’existe pas de vision administrative de la franc-maçonnerie à cette époque, comme cela a pu apparaître par la suite. C’est assez souple au départ. Quand il y a un groupe de loges, on appelle cela une « grande loge ».

La Grande Loge de France (ou de Paris) devient le Grand Orient de France en 1771, en fait deux ans avant l’anniversaire célébré cette année. Mais celui destiné à être le grand maître de l’obédience, le duc de Chartres, futur duc d’Orléans, est condamné à un exil de deux ans suite à des intrigues dans la famille royale. Ce qui explique que l’inauguration du Grand Orient soit repoussée à 1773. On dit « Grand Orient », « Grande Loge du Grand Orient ». C’est une fédération de loges.

Il y a toute une réflexion au XVIIIᵉ siècle, à la fois sur la lumière et sur les lumières ; et la lumière vient de l’Orient. Les francs-maçons travaillent symboliquement entre midi et minuit et de ce fait, ils se tournent vers la lumière. Symboliquement, ils ont donc choisi l’Orient, comme d’autres références connues : l’équerre, le compas, etc. Dans une loge, celui qui préside, qu’on appelle « le vénérable », siège à l’Orient.

Quelles ont été les grandes étapes, les grandes évolutions du Grand Orient de France et de la franc-maçonnerie ?

Le premier grand tournant a lieu à la Révolution française. On croit souvent que les francs-maçons ont voulu la Révolution mais pas du tout : ils sont souvent très légalistes. On pense toujours à Philippe Égalité, le grand maître du Grand Orient qui vote la mort de son cousin Louis XVI.

Mais la plupart des francs-maçons sont jeunes, comme les révolutionnaires de 1789 ; ils ont grandi à la fin de l’Ancien Régime. Comme pour le reste de la société, la Révolution leur tombe un peu dessus, ils sont déstabilisés par la situation. Il y a ceux qui s’engagent dans la Révolution, il y a ceux qui partent en émigration, ceux qui se mettent en retrait en attendant de voir comment ça va tourner… La franc-maçonnerie reflète tout le spectre des opinions de cette époque-là.

Mais après la Révolution, il y a une sorte de relecture à posteriori de ce qu’était la franc-maçonnerie au siècle des Lumières. Si on appartient à une famille noble, on va se dire qu’on a eu des attitudes coupables, qu’on a trop accepté les idées nouvelles ; donc on fait disparaître des archives familiales ou des engagements familiaux le souvenir d’avoir été franc-maçon.

Au lendemain de la Révolution, et notamment de la Restauration des Bourbons, la franc-maçonnerie qui comptait vraiment la sociabilité huppée, mondaine, qui avait très bonne réputation au XVIIIᵉ siècle, devient quelque chose de sulfureux. La plupart des francs-maçons modérés se mettent en retrait.

Les effectifs diminuent, ceux qui restent sont des convaincus qui ont des positions beaucoup plus radicales, beaucoup plus politisées qu’au XVIIIᵉ siècle. Il va devenir très difficile d’avoir une sorte de consensus modéré comme c’était le cas avant ; ne serait ce que parce que l’Église catholique, qui se reconstruit après la Révolution, est une Église de combat, ultra conservatrice, très hostile aux Lumières, à tout ce qui est ouverture sociale. Elle fait de la franc-maçonnerie une de ses cibles privilégiées, alors qu’au XVIIIᵉ siècle même des abbés étaient vénérables de loges.

Elle reconstruit de toutes pièces une image de la franc-maçonnerie qui serait proche des protestants, par la suite proche des Juifs… progressivement on va vers le complot judéo-maçonnique. À la fin du XIXᵉ siècle, elle parlera de la « synagogue de Satan ».
Au cours du XIXᵉ siècle, la franc-maçonnerie entre en politique pour transformer la société, développer l’éducation pour tous… Elle réfléchit à la place des femmes dans la société. Bien évidemment, ses effectifs fondent parce que plus elle est engagée, plus les gens lui reprochent d’aller trop loin.

Cette franc maçonnerie-là, très active à la fin du XIXᵉ siècle, veut une laïcité militante. Dans la France de la IIIe République, elle est associée de très près au pouvoir parce que la plupart de ses députés, radicaux ou autres, viennent de ses rangs.

Alors qu’elle est à l’acmé de son pouvoir politique, arrive le régime de Vichy, qui la dissout…

Je n’aime pas trop l’expression mais on parle d' »Église de la République » pour la franc-maçonnerie de la IIIe République, comme si c’était une sorte d’Église laïque, ce qui est absolument impossible à accepter pour la France de Vichy.

liberté égalité fraternité devise de la république française
devise de la république française inscrite sur un fronton

En 1940, quand Vichy enterre la IIIe République et donne naissance à l’État français, une de ses premières décisions est d’enterrer la franc-maçonnerie. Quand le maréchal Pétain choisit de créer un organisme chargé de lutter contre les sociétés secrètes, il ne confie pas la tâche à un policier ou à un haut-fonctionnaire…

Pas du tout ! Il va choisir un spécialiste du XVIIIᵉ siècle qui s’appelle Bernard Faÿe en lui disant : « Il faut aller chercher dans les archives des francs-maçons les causes de l’effondrement de la France en 1940 face à l’Allemagne nazie. » La Révolution de Vichy se construit sur la diabolisation de la Révolution de 1789. La troisième République, c’était « Liberté, égalité, fraternité », ça sera « Travail, famille, patrie », etc. Et d’ailleurs, dans les affiches de Vichy, on voit la France de la « révolution nationale », c’est le terme employé par Vichy, comme l’antithèse de la révolution de 1789.

Cela a des conséquences tout à fait directes : on fait des listes des francs-maçons vivants, on les chasse de la fonction publique, on en déporte certains, on pille leurs archives, et ce que Vichy ne prend pas, les nazis le volent.

Après la Seconde Guerre mondiale, la franc-maçonnerie renaît mais ses liens avec la politique et le pouvoir se distendent. Pourquoi ?

Pour une raison très simple : la franc-maçonnerie s’est largement émiettée. Cela ne veut pas dire qu’il y a moins de monde, mais il y a « beaucoup de tout ». Aujourd’hui, il existe de très nombreuses obédiences. Il y en a de beaucoup plus traditionalistes que le Grand Orient de France : la Grande Loge nationale française, par exemple.

Le Grand Orient a été considéré comme à gauche de l’échiquier politique pendant longtemps, mais cela ne veut plus dire grand chose. Prenez l’une des grandes figures récentes et médiatiques du Grand Orient de France, Alain Bauer : aujourd’hui, vous aurez du mal à le situer sur le spectre politique. Il a été conseiller aussi bien de Nicolas Sarkozy que d’autres. Les francs-maçons se distribuent sur l’ensemble du spectre politique.

Le Grand Orient est encore un lieu d’échange : il y a chaque année des questions sociétales sur lesquelles les loges réfléchissent. La contraception, l’IVG, sont des questions qui ont été discutées en loges pendant longtemps et qui ont pu donner lieu à des travaux législatifs. C’était ça le canal de d’influence. C’était une sorte de laboratoire de la République et des transformations sociales mais c’est un ressort qui marche moins aujourd’hui. La franc-maçonnerie se consacre davantage à la « défense »; de la laïcité, de la République, etc.

Pourtant il y a toujours beaucoup de fantasmes et de théories complotistes circulant au sujet de la franc-maçonnerie. Par exemple, le discours d’investiture d’Emmanuel Macron en 2017, devant la pyramide du Louvre, avait donné lieu à beaucoup de spéculations, la pyramide étant un symbole maçonnique. La question des rites initiatiques fascine également…

Comme toujours, on ne prête qu’aux puissants. En 2001, deux journalistes, Ghislaine Ottenheimer et Renaud Lecadre, avaient fait paraître un livre au titre un peu racoleur, qui avait eu beaucoup de succès : Les Frères invisibles. Dedans, ils prétendaient que Jacques Chirac avait été reçu par une loge particulièrement influente et secrète qui s’appelait « Alpina ». En fait Alpina est la Grande Loge de Suisse. Elle a pignon sur rue comme la Grande Loge d’Angleterre, elle n’a rien de secret et Jacques Chirac n’en a jamais fait partie. Ces spéculations sont très fréquentes et vivent sur le souvenir de l’époque où la franc-maçonnerie était un lieu de puissance.

Déjà au XVIIIᵉ siècle, il y a plein livres qui ont des titres comme « Le secret des francs-maçons dévoilés », etc. C’est un effet de librairie. Mais de fait, il suffit de consulter des livres ou d’aller sur internet pour connaître tous les détails d’un rituel maçonnique.

Mais comme dans toute forme de sociabilité initiatique, il s’agit d’un lien d’initiation partagé, et les francs-maçons diraient que, quel que soit ce qui est révélé, dès lors qu’on ne le vit pas de l’intérieur, le sens profond échappe. Il y a énormément de rituels qui se sont créés depuis le XVIIIᵉ siècle.

Certains sont vraiment totalement dépouillés de toute valeur religieuse, et d’autres pas du tout.

Il y a une franc-maçonnerie chrétienne, d’inspiration templière par exemple, qui date du XVIIIᵉ siècle et qui est encore très présente aujourd’hui. Il y en a une autre qui est vraiment purement symbolique. Et le Grand Orient lui, fait une sorte de synthèse avec une dimension symbolique, et une autre très sociétale.

Musée du Compagnonnage (Tours) : Compagnonnage vs Franc-maçonnerie

Utilisée à dessein, notre expression Compagnonnage vs Franc-maçonnerie met en lumière la comparaison et les différences entre deux traditions distinctes, souvent confondues mais ayant des origines, des objectifs et des structures différentes.

Le site du Musée du Compagnonnage, avec deux textes, nous donnent toutes les clés. Mais revenons tout d’abord sur ce merveilleux Musée pour ne pas dire ce musée du Merveilleux !

Le Musée

Le Musée du Compagnonnage, situé dans l’ancienne abbaye Saint-Julien de Tours, est un établissement municipal classé « Musée de France ». Ce musée présente des collections exceptionnelles qui illustrent l’art et les traditions des Compagnons du tour de France.

Le Musée expose :

– Chefs-d’œuvre collectifs du XIXe siècle : des œuvres réalisées par des groupes de compagnons ;

– Chefs-d’œuvre de patience : des pièces mettant en avant la minutie et la dextérité des artisans ;

– Œuvres de réception : les chefs-d’œuvre exécutés en vue de la réception des compagnons ;

– Attributs des Compagnons : cannes, gourdes, couleurs ;

– Tableaux souvenirs : représentations des moments et des lieux marquants du compagnonnage ;

– Outils et archives : instruments de travail et documents historiques ;

– Traditions et œuvres contemporaines : les coutumes et les créations des compagnons, de leurs origines à nos jours.

Un lieu vivant et dynamique

Le musée propose également :

– Animations périodiques : événements réguliers pour tous les âges ;

– Expositions : présentations temporaires de nouvelles collections ou de thèmes spécifiques ;

– Visites thématiques : parcours guidés autour de thématiques particulières ;

– Activités pour les enfants : ateliers et découvertes ludiques.

Les collections sont fréquemment renouvelées, notamment avec des œuvres contemporaines, offrant ainsi une expérience toujours enrichissante et diverse aux visiteurs.

Le patrimoine culturel immatériel

Le Compagnonnage est reconnu par l’Unesco comme faisant partie du patrimoine culturel immatériel de l’humanité, soulignant ainsi l’importance et la richesse de cette tradition séculaire.

Venez découvrir ce lieu unique qui célèbre le savoir-faire et la culture des Compagnons du tour de France !

Deux articles sur le site du Musée nous interpellent et nous permettent d’en savoir plus sur Compagnonnage vs Franc-maçonnerie

Le premier dans la rubrique « GÉNÉALOGIE – Franc-maçonnerie » qui explore la distinction entre le compagnon du tour de France et le compagnon franc-maçon. Cet article met en lumière les différences historiques et objectives entre ces deux associations. Contrairement à une idée reçue, le compagnonnage n’est pas l’ancêtre de la Franc-maçonnerie. Cette dernière s’est constituée en Angleterre au XVIIIe siècle avant de s’établir en France et en Europe dans les années 1730. Cette lecture vous éclairera sur les origines et les objectifs distincts de ces deux traditions.

Le second article, intitulé « L’ESPRIT – Comparaison », clarifie la nature du compagnonnage en le comparant à d’autres types d’associations. Le compagnonnage n’est pas seulement une association de formation professionnelle, ni une société de secours mutuels ou un syndicat. Il n’est ni une religion, ni une secte, ni une société secrète. Cet article détaille les similitudes et les différences importantes entre le compagnonnage et la Franc-maçonnerie, mettant en lumière l’esprit unique et la mission du compagnonnage.

Lisez-les et enrichissez votre compréhension des Compagnons du Tour de France et de leur riche héritage culturel.

« GÉNÉALOGIE – Franc-maçonnerie »

Une autre confusion est possible entre le compagnon du tour de France et le compagnon franc-maçon. Compagnonnage et Franc-maçonnerie sont des associations distinctes, historiquement et dans leurs buts. Contrairement à une idée reçue, le compagnonnage n’est pas l’ancêtre de la Franc-maçonnerie, laquelle s’est constituée en Angleterre au cours du XVIIe siècle avant de s’établir en France et en Europe dans les années 1730. Association de type initiatique, philosophique, fraternel, la Franc-maçonnerie use de façon symbolique des outils des maçons de métier. A cette époque, certains symboles maçonniques, certains rites, des références légendaires, se retrouvent dans les compagnonnages et dans la Franc-maçonnerie, mais sont relativement peu nombreux. En revanche, au XIXe siècle, d’assez nombreux compagnons se sont affiliés dans des loges et beaucoup de symboles, rites et légendes ont migré de la Franc-maçonnerie vers les compagnonnages. Ainsi en est-il des trois points en triangle, de l’étoile flamboyante à cinq branches associée à la lettre G, de la légende de l’architecte Hiram, etc. En revanche, le compas et l’équerre entrecroisés sont communs aux deux institutions, sans qu’il y ait eu emprunt de ce symbole par l’une à l’autre.

La découverte d’un diplôme, d’objets décorés de symboles, d’attributs tels que des écharpes, peut entraîner des confusions. Signalons aussi que les termes d’apprenti, compagnon et maître sont employés dans la Franc-maçonnerie pour désigner trois grades, mais ils n’ont pas de rapport avec l’organisation interne des compagnonnages, qui ne concerne ni l’apprentissage ni la maîtrise au sens réel ou symbolique de ces mots. Dans le Compagnonnage, il n’y a que des aspirants (ou affiliés), des compagnons et quelquefois, dans certaines associations, des compagnons finis.

Précisons cependant qu’il y eut de nombreux termes pour désigner la progression du futur compagnon et du compagnon lui-même au sein de sa société. Ces mots ont varié selon les époques et les associations : attendant, sociétaire, jeune homme, aspirant, affilié, novice, postulant, initié, remerciant, maître remercié, etc. sans parler de leurs synonymes : lapin, renard, bouquin, loup, chien, singe, agrichon…

« L’ESPRIT – Comparaison »

Le compagnonnage n’est pas qu’une association de formation professionnelle, ni une société de secours mutuels, ni un syndicat. Il n’est ni une religion, ni une secte, ni une société secrète. Il présente des similitudes avec la Franc-maçonnerie mais également des différences importantes.

Le Compagnonnage se définit aussi par son contraire. Il ne peut pas se résumer à une association de formation professionnelle ni à une société de secours mutuels ou encore à un syndicat ouvrier, bien qu’il ait englobé autrefois ces trois fonctions. Ce n’est pas une religion, car ses membres ne vénèrent pas un dieu spécifique et ne pratiquent pas de culte, si ce n’est celui du travail bien fait et une morale de vie en société qui a pu, autrefois, être inspirée de la religion chrétienne. C’est encore moins une secte, car le but du Compagnonnage est d’insérer les jeunes dans leur métier et la société toute entière, sans détournements financiers ni gourous. Ce n’est pas non plus une société secrète, car les associations de compagnons ont toujours été connues de tous et sont aujourd’hui déclarées, voire reconnues d’utilité publique.

Le Compagnonnage n’est pas une société secrète, ses membres ne se cachent pas d’être compagnons mais n’affichent pas non plus leur qualité, surtout s’ils sont établis, afin de ne pas utiliser leur titre à des fins commerciales, sachant qu’en matière professionnelle la modestie doit rester de rigueur. On peut cependant qualifier le Compagnonnage de « société à secrets », puisqu’il en est ainsi de certains rites qui constituent la partie privée et vécue des compagnons.

Par leurs buts, leur forme, leurs symboles, les associations compagnonniques sont parfois confondues avec d’autres mouvements. En premier lieu, avec la franc-maçonnerie, en raison du symbole commun du compas et de l’équerre entrecroisés.

Mais au-delà de certains symboles et de références légendaires (à la construction du temple de Salomon, notamment) et du fait qu’il s’agit dans les deux cas d’associations de type initiatique, ces mouvements ont une origine géographique distinctes (l’Angleterre pour la Franc-maçonnerie, la France pour le Compagnonnage) et une histoire différente (la Franc-maçonnerie émerge au cours du XVIIe siècle alors que le Compagnonnage est attesté au XVe). Enfin, la principale différence repose sur l’exercice symbolique du métier de maçon dans la Franc-maçonnerie, alors que le Compagnonnage suppose la pratique effective d’un métier, qui n’est d’ailleurs pas que celui de maçon et de tailleur de pierre. Il y eut cependant au XIXe siècle d’assez nombreux emprunts par les compagnonnages de symboles et de rites maçonniques, sans pour autant que cela aboutisse à des liens entre les deux institutions, qui sont toujours restées indépendantes.

D’autres mouvements présentent des similitudes avec les compagnonnages. Les Bons Cousins charbonniers et les Bons Compagnons fendeurs, attestés dès le XVIIe siècle, étaient des sociétés initiatiques de forestiers, très proches de celles des compagnons. Elles évoluèrent au XVIIIe et XIXe siècle en acceptant des membres étrangers à leur métier, devinrent des groupements d’assistance fraternelle, connurent des dérivés maçonniques ou politiques (les Carbonari italiens et la Charbonnerie française) avant de s’éteindre dans les régions où elles étaient implantées (Bourgogne, Franche-Comté).

Il existe aussi des compagnonnages en pays germaniques et scandinaves, dans les métiers du bâtiment (charpentiers, couvreurs, menuisiers, tailleurs de pierre, maçons). Comme les compagnons français, ils voyagent et pratiquent une réception. Ils portent une canne torse et des cravates de couleur différente selon les sociétés (cravates noires, rouges, bleues) et certains sont sans cravate.

Des analogies marquées avec les compagnonnages ont été constatées au XIXe siècle dans diverses associations : celles des charpentiers Renards Joyeux, Libres et Indépendants, des sociétaires boulangers ou « rendurcis », des sociétaires faïenciers-potiers de Tours, des sociétaires de l’Union des Travailleurs du tour de France, etc. Ils partageaient les mêmes buts d’assistance mutuelle, de travail bien fait, certains rites et symboles et la pratique du tour de France. Ils rejetaient le titre de compagnon mais reprenaient bon nombre des usages des Devoirs.

Dès la seconde moitié du XVIIIe siècle, il apparaît que des compagnons et des francs-maçons avaient remarqué des similitudes dans la structure des deux associations. Sociétés initiatiques, les compagnonnages et les mouvements maçonniques pratiquent des cérémonies de réception, des moyens de reconnaissance (signes, attouchements, mots), des échanges de questions et de réponses pour s’identifier entre frères, « pays » ou « coteries ». Mais si la structure était analogue, le contenu était différent. Contrairement à une idée partagée aussi bien par les compagnons que par les francs-maçons d’aujourd’hui, le Compagnonnage n’est pas la forme primitive et opérative (de métier) de la Franc-maçonnerie. Celle-ci ne lui a rien emprunté pour se constituer puisque sa naissance se situe en Angleterre au milieu du XVIIe siècle et qu’elle ne s’établit en France que vers 1725.

En revanche, séduits par ce qui leur apparaissait comme un modèle, une société prestigieuse plus aboutie et plus riche de sens, les compagnons ont largement puisé dans la symbolique et les rites maçonniques pour réformer et étoffer les leurs dès la fin du XVIIIe siècle. A ce jour, la plus ancienne attestation d’un emprunt par le compagnonnage des tailleurs de pierre d’Avignon aux symboles maçonniques remonte à 1782. Mais c’est au cours du XIXe siècle que les compagnons ont multiplié ces emprunts, pour plusieurs raisons. La première a été la volonté de moderniser après la Révolution une institution jugée archaïque et incompréhensible à la jeunesse du « siècle du Progrès ».

La seconde vient de ce qu’au XIXe siècle, le Compagnonnage maintient en son sein des sédentaires, des patrons, dont certains s’affilient à des loges maçonniques, ce qui favorise les passages d’une société à une autre. La troisième raison est l’élévation du niveau d’instruction des compagnons : sachant de plus en plus lire et écrire, ils découvrent la multitude de rituels maçonniques et autres ouvrages imprimés, dont ils vont intégrer des éléments dans leurs propres rituels. Les plus connus sont la légende d’Hiram, l’étoile flamboyante, la lettre G, les trois points en triangle et divers symboles des hauts grades.

Associés ou substitués à des éléments traditionnels du Compagnonnage, ils ont été « compagnonnisés » comme une nouvelle forme de langage auprès des compagnons du XIXe siècle. Une partie de ces emprunts a été abandonnée au cours du XXe siècle.

En attendant, allez visiter la nouvelle et remarquable exposition temporaire « Partir est une fête : La conduite des compagnons » du 5 juin au 22 septembre 2024.

« Partir est une fête : La conduite des compagnons »

Quitter famille et amis pour poursuivre son chemin est une étape marquante dans la vie de nombreux compagnons, mêlant excitation et déchirement. Lorsqu’un compagnon du Tour de France quitte une ville pour en rejoindre une autre ou rentrer au pays, ses compagnons l’escortent jusqu’aux portes de la ville pour de dignes mais festifs adieux, une tradition appelée « la conduite ».

Cette cérémonie chantée et ritualisée transforme l’au revoir en un souvenir indélébile et célèbre le beau voyage à venir. Au XIXe siècle, cet « art de bien partir » a inspiré de nombreux écrits, chansons et images souvenirs, dont certaines font partie des plus beaux dessins de notre collection, restaurés en 2020.

Loin d’être oubliée, cette pratique est toujours vivante aujourd’hui. L’exposition « Partir est une fête » explore cette tradition à travers les âges.

450.fm reviendra tout spécialement pour ses lecteurs sur cette belle exposition temporaire.

Bien que le texte publié sur le site du Musée du Compagnonnage ne soit pas signé – du moins nous semble-t-il -, nous émettons l’idée qu’il pourrait être écrit par Laurent Bastard, figure notable dans l’étude du compagnonnage, ayant écrit plusieurs ouvrages et articles sur le sujet. En complément, nous constatons que l’antimaçonnisme acerbe d’une grande partie des compagnons et surtout de Jean Bernard, fondateur de l’Association ouvrière des compagnons du devoir et du tour de France (AOCDTF), en 1941 sous le régime collaborationniste de l’État français.

Sources : Musée du Compagnonnage – Photos © Yonnel Ghernaouti YG

27/06/24 : Le Collège Maçonnique invite le philosophe Bertrand Vergely sur « Des vertus antiques aux vertus modernes »

Ce jeudi 27 Juin 2024 à 19h30, les Entretiens d’Été du Collège Maçonnique vous offre un EXCEPTIONNEL webinaire !

Via Zoom, il est gratuit, facile à utiliser, et accessible à tous, permettant une participation large et sans barrières techniques. Profitez-en et rejoignez le Collège Maçonnique.

Alors, « Quelle modernité pour les vertus ? », thème général de ces Entretiens.

La notion de vertu pourrait sembler parfaitement désuète pour les “Modernes“ desquels la plupart de nos contemporains se réclament d’appartenir. Pour la “post-modernité“ dans laquelle nous entrons, il est difficile de prévoir si cette notion aura encore un sens et lequel ?

Et pourtant, la franc-maçonnerie dans la globalité de ses rites, prône les notions d’éthique et la pratique de la vertu. L’exhortation terminale des travaux de l’un de ses rituels s’énonce ainsi : « Allez porter au dehors les vertus dont vous avez promis de montrer l’exemple. » 

Plus encore, la franc-maçonnerie met en exergue, aussi surprenant que cela puisse paraître, y compris aux maçons eux-mêmes, l’étude et la pratique des vertus cardinales, celles des philosophes grecs, et des vertus théologales, celles de l’héritage judéo-chrétien.

Mais la franc-maçonnerie préconise aussi la pratique de vertus plus contemporaines, se souvenant que le mot vertu vient du latin Vir, viri (l’Homme, au sens générique) et correspond à ce qui détermine la qualité des comportements humains, ce qui fait qu’un Homme est un Homme véritable. Il nous est donc apparu nécessaire de définir, au préalable, le cadre général de ces Entretiens « Des vertus antiques aux vertus modernes ».

Le conférencier

Bertrand Vergely, auteur de nombreux ouvrages, est philosophe, artisan philosophe selon sa propre définition. Il est en fait

ancien élève de l’École Normale Supérieure de Saint-Cloud et Agrégé de philosophie.

Façade de l’Église Saint-Serge

Membre de l’Église orthodoxe, il enseigne à l’Institut de théologie orthodoxe Saint-Serge (ITO) à Paris, et également dans les classes préparatoires aux grandes Écoles, en khâgne classique. Il s’intéresse de manière privilégiée à la philosophie morale et à la théologie orthodoxe. Ses recherches couvrent de nombreux domaines : histoire de la philosophie, réflexions sur la mort, la souffrance et le mal, essais sur le bonheur et la foi.

Les modérateurs :

Sophie Mondoré Professeur de philosophie, membre de la Loge Nationale de recherche « Bathilde Vérité » de la Grande Loge Féminine de France et Jean Dumonteil, journaliste, auteur et membre de la loge de recherche de la Grande Loge de l’Alliance Maçonnique Française, couramment dénommée L’Alliance.

Nous vous annonçons l’Entretien suivant. Le jeudi 4 juillet, à 19h30, Les Entretiens d’Été accueilleront le Professeur Israël Nisand, gynécologue obstétricien sur le thème « Reproduction Humaine : nouveaux défis. Choisir la Prudence ou le Progrès ? »

Infos pratiques : Jeudi 27 Juin 2024 à 19h30

Inscription obligatoire Le site du Collège Maçonnique 

1 & 2/06/24 : Convent de la GLMN – Le Grand Maître Jean-Marc MILAN reconduit

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Les samedi 1er et dimanche 2 juin 2024, la Grande Loge Mixte Nationale, créée en 2010 et forte d’une centaine de loges s’est réunie en convent à Nîmes. A cette occasion, l’ensemble du Conseil fédéral a été reconduit dans ses fonctions sous la direction de son Sérénissime Grand Maître Jean-Marc MILAN.

Dans un climat détendu et un cadre fort agréable, l’obédience a pu faire adopter l’ensemble de ses projets et a reçu quitus pour l’ensemble de ses actions.

De Gauche à droite : Le Sérénissime Passé
Grand Maitre Immédiat :  Olivier CHEBROU de LESPINAS   Le Président du Convent :  Jean-Pierre MOREAU Le Sérénissime Grand Maître :  Jean-Marc MILAN

Une dizaine d’obédiences amies ont répondu présentes et ont décoré l’orient. Ce convent a été également l’occasion de signer une convention administrative avec le Grand Orient Mixte de Méditerranée et de confirmer une convention avec la Grande Loge Traditionnelle Symbolique Opéra.

Le thème de ce convent était axé sur l’éthique en maçonnerie, l’engagement et le Serment rappelant ainsi ce qui forme l’ADN de l’obédience et qui en est la devise : «Unissons ce qui est épars ». Ces quelques mots posés sur nos bannières impliquent que notre engagement est totalement tourné vers tous nos Sœurs et Frères sans aucune autre considération que la Fraternité une et indivisible reconnaissant tout initié comme étant notre Frère ou notre Sœur tout simplement dans l’idée et la pratique d’une franc maçonnerie Universelle ; pour ainsi partir du multiple et revenir à l’unité, passer du désordre à l’ordre.  Le Sérénissime Grand Maître a rappelé les valeurs qui sont les siennes celles du cœur, du partage et des actes.

Le Rendez-vous est pris pour l’an prochain 17 et 18 mai 2025 à Nîmes.

Site officiel de la GLMN

les francs-maçons parlent aux francs-maçons

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On parle depuis déjà longtemps des dérives, voir des dangers que peuvent représenter la vulgarisation des contenus maçonniques vers le monde profane. On en parle encore plus aujourd’hui, vu que les médias numériques se trouvent être sur le devant de la scène.

C’est oublier que de brillants ouvrages libre à l’achat en librairie, écrits par des Frères et Soeurs talentueux ont ouvert la voie à la découverte de la Maconnerie et participés ainsi au développement de sa vulgarisation. Le résultat reste cependant le même et le débat est ouvert…

« ma tablette est quand mÊme plus discrete que mes revues maçonniques ! »

Je ne veux pas me « défiler » en affirmant qu’en tant qu’amuseur, mon rôle n’est pas d’entrer dans une discussion de fond. Je tiens à rester dans cette fonction à laquelle je me suis attachée jusqu’à présent, avec mes connaissances, mon savoir-faire, beaucoup de travail, et peut-être un pourcentage infime de talent. Quant à mon égo, je l’ai laissé à la porte du temple, à disposition du monde profane, avec mes spectacles.

Aussi, dans cet article, et plus particulièrement dans la vidéo qui va suivre et toujours avec humour, sans rappeler une certaine époque, je me suis mis dans une situation burlesque voire absurde. Nous aurions à nous protéger et à réagir face aux risques et aux divulgations trop fortes qui nous attendent…

La carte postale ancienne (CPA) maçonnique du dimanche 23 juin 2024

450fm a le plaisir d’offrir à ses lecteurs, tout au long de l’été, un moment de détente propre aux vacances maçonniques.

« La CPA maçonnique du dimanche… »

Chaque semaine, nous vous proposons un instant de récréation spécialement conçu pour nos frères et sœurs en maçonnerie.

Profitez de ces moments privilégiés pour vous ressourcer, réfléchir et partager des instants de convivialité autour de thèmes maçonniques variés. Que ce soit par des histoires, des anecdotes, des réflexions philosophiques ou des jeux intellectuels, chaque CPA, même antimaçonnique, en la resituant dans son contexte – à l’heure où la bête immonde… – vous permettra de vivre des vacances enrichissantes et pleines de sens.

Ne manquez pas ce rendez-vous hebdomadaire unique, et rejoignez-nous chaque dimanche pour célébrer ensemble l’esprit maçonnique dans toute sa splendeur. Bonnes vacances maçonniques à toutes et à tous avec 450.fm !

Retour sur une histoire riche et fascinante, marquée par des évolutions technologiques et culturelles : celle des cartes postales.

Origines et début de la carte postale

Avant l’invention des cartes postales, les lettres et les cartes de visite étaient couramment utilisées pour la communication. Cependant, elles étaient souvent coûteuses et encombrantes. L’idée d’une carte de correspondance remonte à la fin du XVIIIe siècle, mais ce n’est qu’au milieu du XIXe siècle que les cartes postales ont commencé à prendre forme. La première carte de ce type a été introduite en 1840 par Sir Rowland Hill, en Angleterre, sous la forme de la « Penny Black » – un timbre postal prépayé.

L’introduction des cartes postales

La première carte postale officielle a été émise en Autriche en 1869. Ces cartes étaient des cartes de correspondance avec un espace pour le message et un autre pour l’adresse. Elles ne comportaient pas encore d’images.

En France, les premières cartes postales ont été émises en 1870, durant la guerre franco-prussienne. Elles étaient utilisées pour envoyer des nouvelles des champs de bataille.

Évolution et popularité : les cartes postales illustrées

Dans les années 1880, les cartes postales illustrées ont commencé à apparaître. Elles présentaient des illustrations ou des photographies d’endroits célèbres, de monuments et de paysages. La photographie devenait plus accessible et les techniques d’impression s’amélioraient.

Les cartes postales sont rapidement devenues des objets de collection et des souvenirs de voyages. Les voyageurs achetaient des cartes postales pour les envoyer à leurs proches ou pour les garder en souvenir de leurs voyages.

L’âge d’or de la carte postale

La période entre 1900 et 1914 est souvent appelée l’« âge d’or de la carte postale ». Pendant cette période, l’utilisation des cartes postales a explosé. Elles étaient bon marché, facilement disponibles et populaires dans le monde entier. Des cartes postales thématiques sont apparues, couvrant une variété de sujets tels que les événements historiques, les fêtes, les célébrités, et même les faits divers.

Impact des guerres mondiales

Pendant la Première Guerre mondiale, les cartes postales ont joué un rôle important dans la communication entre les soldats et leurs familles. Elles étaient également utilisées à des fins de propagande.

La Seconde Guerre mondiale a vu une utilisation similaire des cartes postales, mais les ressources limitées et les contraintes de guerre ont réduit leur production.

L’ère moderne

Après la Seconde Guerre mondiale, l’usage des cartes postales a commencé à décliner avec l’essor du téléphone et, plus tard, de l’Internet et des e-mails. Cependant, les cartes postales n’ont jamais totalement disparu. Elles ont connu un renouveau grâce à la nostalgie et l’intérêt pour le vintage. Les cartes postales modernes incluent souvent des éléments artistiques et sont utilisées pour des correspondances spéciales et des souvenirs.

Les innovations récentes

Avec l’avènement de l’ère numérique, les cartes postales électroniques ou « e-cards » sont devenues populaires. Elles permettent d’envoyer des messages instantanés avec des images et des animations.

Les services en ligne permettent maintenant de créer des cartes postales personnalisées avec des photos personnelles, rendant l’expérience encore plus unique.

La carte postale ancienne (CPA) ; késako ?

Les CPA couvrent généralement la période de la fin du XIXe siècle jusqu’aux années 1930-1940. Les cartes postales du début du XXe siècle (1900-1920) sont particulièrement prisées par les collectionneurs.

Les CPA étaient souvent plus petites que les cartes postales modernes, avec des dimensions standards de 9 x 14 cm. Le recto de la carte présentait une illustration ou une photographie, tandis que le verso était divisé en deux sections après 1904 : une pour l’adresse du destinataire et l’autre pour le message de l’expéditeur. Avant 1904, le verso des cartes était entièrement dédié à l’adresse, et le message devait être écrit sur le côté illustré.

Les sujets et les thèmes

Les CPA couvraient une grande variété de sujets : paysages, monuments, scènes de la vie quotidienne, événements historiques, personnages célèbres, publicités, et parfois des thèmes politiques ou satiriques et même les cartes antimaçonniques. Les thèmes patriotique et religieux étaient également courants, reflétant les sentiments et les préoccupations de l’époque.

Les CPA sont des témoins précieux de l’histoire et de la culture des époques qu’elles représentent. Elles offrent un aperçu visuel des modes de vie, des événements, des architectures, et des paysages d’autrefois. Pour les historiens et les collectionneurs, elles constituent une source riche d’informations et de plaisir esthétique.

Notre interprétation de lettre carte postale antimaçonnique

La description de la carte, avec pour titre « Essayons de la persuasion ! » par A. Lemot.

L’illustration principale représente une femme portant une couronne avec une croix chrétienne, vêtue de manière simple, s’appuyant sur une croix. Elle tient un bouclier marqué « France Chrétienne » avec des symboles religieux : une croix, une ancre, et un cœur (symboles de foi, d’espérance et de charité).

En arrière-plan, une grande église ou basilique, probablement une représentation de Saint-Pierre de Rome, illuminée par des rayons de lumière, symbolisant la religion chrétienne.

En bas à droite, deux personnages masculins. En vérité, deux hommes en costume, dont l’un porte un tablier maçonnique, symbolisant les francs-maçons. Ils semblent essayer de convaincre la femme de se détourner de la croix chrétienne vers une maisonnette, symbolisant une loge maçonnique.

Analysons les éléments décrits ci-dessus

Le symbole de la femme représente la France chrétienne. Elle incarne les valeurs et la foi chrétienne que l’illustrateur veut défendre contre l’influence maçonnique.

La croix et l’église. Ces éléments renforcent le message de la foi chrétienne, montrant qu’elle est solide et bien établie, avec la croix en premier plan et l’église majestueuse en arrière-plan.

Les francs-maçons. Les deux hommes, l’un portant un tablier maçonnique, symbolisent la franc-maçonnerie. Ils tentent de convaincre la femme (France chrétienne) de changer ses croyances et de se tourner vers la franc-maçonnerie.

Et le dialogue ? Le texte en bas : « Voyons, chère madame, voilà quatorze siècles que vous vous acharnez à être chrétienne; … changes un peu ! Voyez le gentil petit temple moderne style que nous vous avons construit; … ça ne vous dit rien ? », montre les maçons essayant de persuader la France chrétienne de se détourner de ses croyances traditionnelles.

Une tentative d’interprétation

La carte postale dépeint la franc-maçonnerie comme une force cherchant à détourner la France de ses racines chrétiennes. Elle utilise des images et un dialogue pour montrer la résistance de la France chrétienne face aux tentatives de persuasion maçonniques.

Le contexte historique

 Cette carte reflète les tensions entre les organisations religieuses et la franc-maçonnerie, particulièrement marquées en France à la fin du 19ème et au début du 20ème siècle. À cette époque, la franc-maçonnerie était souvent perçue comme anti-cléricale et opposée aux valeurs traditionnelles de la société chrétienne.

La propagande

L’illustration vise à renforcer les préjugés antimaçonniques en montrant les maçons comme des manipulateurs essayant de détourner la foi et les traditions chrétiennes profondément ancrées en France.

Cette carte postale est un exemple clair de la propagande utilisée pour galvaniser l’opinion publique contre la franc-maçonnerie, en mettant en avant la menace perçue contre la foi et les valeurs chrétiennes.

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Source illustration : https://www.ebay.fr/

Curiosités Maçonniques : Pierre Mollier

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Loin des fantasmes véhiculés par les réseaux sociaux les CURIOSITES MACONNIQUES dévoilent des aspects comportant une part de mystère par les enquêtes que l’ouvrage réalise. On y parle de recherche de propriété, de décodage d’énigmes initiatiques, de découvertes de références inattendues.

Même le sourire vient ponctuer la lucidité historique. On y travaille sur les archives de Loges, on y découvre des récits romanesques qui frisent parfois les contes philosophiques pleins d’enseignements. Si le secret maçonnique réside dans l’art de poser des questions, le lecteur sera surpris par les débuts de réponses inattendues.

AUTEUR

Historien, rédacteur en chef de la revue d’études symboliques et maçonniques Renaissance Traditionnelle, Pierre Mollier est directeur de la Bibliothèque du Grand Orient de France et conservateur du musée de la Franc-Maçonnerie.

Voir l’ouvrage chez l’éditeur Dervy une marque Trédaniel

Infos : 256 pages, 180 x 230 mm, 828g
Parution : octobre 2021
Editeur : DERVY
EAN : 9791024206271
ISBN : 979-1-02-420627-1
Prix : 26,00€
Pack images zip : Télécharger
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Même les institutions les mieux établies cachent toujours quelques Curiosités. Derrière le pittoresque de ces anecdotes, nos Curiosités Maçonniques dévoilent souvent des aspects de la franc-maçonnerie laissés dans l’ombre par une approche plus classique. Le sourire est la ponctuation d’instants de lucidité !

Depuis Borgès et Umberto Eco, on sait que les bibliothèques, loin d’être synonymes de recherches arides et d’ennui, recèlent aussi leur part de mystères. Enquêter sur la chaîne des propriétaires d’un manuscrit rare, décoder un ex-libris énigmatique, découvrir une référence inattendue… C’est à ces aventures que nos histoires convient le lecteur.

Ces enquêtes dans les archives des loges sont aussi des nouvelles romanesques et des contes édifiants pleins d’enseignements pour qui cherche à mieux comprendre « le secret » de la franc-maçonnerie.

Le trésor caché des brocanteurs par notre frère Gilles Morel de Boissy d’Harcourt, dit Chichi

Pourquoi écrire un livre sur la brocante ? La brocante, c’est plus qu’un simple passe-temps ; c’est une passion qui fait rêver par son caractère désuet et intemporel, reliant passé et présent. Pour de nombreux Français, c’est une quête perpétuelle de trésors cachés et d’objets chargés d’histoire. Gilles Naja, avec son Guide pratique du brocanteur, nous invite à découvrir les mystères de cet univers fascinant.

Cet ouvrage nous offre donc un aperçu poétique et philosophique de la brocante, définie comme un espace de rêve, de souvenirs et de découvertes. Elle met en avant l’importance de cet art de chiner pour les Français, décrivant la brocante comme une quête de fortune et d’origine. Le texte évoque également l’auteur, Gilles Naja, peintre et collectionneur, et ses interactions avec le collectionneur Chichi. Le ton est à la fois nostalgique et passionné, invitant le lecteur à explorer les mystères de la brocante.

La préface de l’avocat spécialiste en droit artistique Jean-François Marchi – mais aussi romancier, poète, essayiste, auteur dramatique et chroniqueur au Journal de la Corse – raconte la rencontre entre Gilles Naja et le collectionneur Chichi. Elle met en avant la personnalité passionnée de Naja et son amour pour la brocante. Naja est décrit comme un collectionneur et artiste talentueux, naviguant entre diverses cultures et époques. La préface donne un aperçu de l’approche méthodique de Naja dans le monde de la brocante, soulignant sa capacité à transformer les objets en trésors de valeur.

L’introduction explique que le livre est le fruit de nombreuses conversations avec un maître de la brocante. Elle promet un voyage initiatique pour le lecteur, guidé par les expériences et les anecdotes de l’auteur. L’approche est à la fois éducative et divertissante, avec une touche de mystère et de passion.

Me Jean-François Marchi, le préfacier

Le premier chapitre « Le métier » traite de l’histoire personnelle de Naja, de son initiation à la brocante, et de ses quarante-cinq années d’expérience. Il aborde les leçons apprises, les pièges courants et la quintessence du métier. Les sous-chapitres offrent un regard approfondi sur le parcours d’un brocanteur de métier, de ses débuts jusqu’à sa maîtrise.

Dans « Une journée de chasse », nous assistons à une description détaillée d’une journée type pour un brocanteur, incluant les stratégies et les rituels du matin (les combats de l’aube) ainsi que les chansons et traditions qui accompagnent cette chasse. Ce chapitre capture l’essence de l’excitation et de la camaraderie qui caractérisent la brocante.

Puis, l’auteur, dont les propos sont recueillis par Éric Ledru, directeur de la maison d’édition SPM, se concentre sur l’aspect commercial de la brocante, décrivant le rôle des organisateurs, la mise en place du stand, et les interactions avec les clients. Il met en lumière les compétences nécessaires pour réussir la vente, de l’attirance des clients potentiels à la fidélisation des acheteurs réguliers.

Fin de la première partie, la seconde étant consacrée aux « Règles d’or du chineur ». Elle offre un guide des meilleures pratiques pour chiner efficacement. Elle couvre les astuces et les stratégies que Naja a développées au fil des années pour dénicher des trésors et éviter les pièges courants.

Enfin, la troisième et dernière partie traite de « La chasse au trésor : anecdotes vraies ». Elle traite une série d’anecdotes réelles illustrant les découvertes fascinantes de Naja. Chaque histoire est centrée sur un objet ou une œuvre spécifique, révélant les récits captivants derrière leur acquisition. Cette partie est riche en histoires de trouvailles étonnantes et en leçons pratiques pour les chineurs.

Chichi la brocante…

Nous avons trouvé trois points forts dans cet ouvrage. Tout d’abord, le style de Naja est vivant et engageant, rendant la lecture agréable et accessible. Puis ce pont établi entre différentes cultures, reflétant la diversité et la richesse de l’histoire de la brocante.

Enfin, les anecdotes personnelles ajoutent une dimension humaine et chaleureuse au guide.

Relevons, et la grande majorité de nos compatriotes l’a bien compris, qu’en ces temps difficiles, la brocante revêt une importance particulière. Elle représente non seulement une échappatoire agréable et un passe-temps passionnant, mais aussi une opportunité de faire des économies substantielles. Acheter des objets de seconde main permet de réduire les dépenses tout en obtenant des articles de qualité et souvent uniques.

De plus, la brocante s’inscrit parfaitement dans une démarche écologique. Le recyclage des vêtements, des meubles et d’autres objets permet de réduire notre empreinte carbone et de lutter contre le gaspillage. En réutilisant et en donnant une seconde vie aux objets, nous contribuons à une économie circulaire plus durable.

Le Guide pratique du brocanteur est bien plus qu’un simple manuel. Il est une invitation à plonger dans un monde riche en histoire et en émotion. Que vous soyez un novice curieux ou un brocanteur chevronné, ce livre offre des renseignements précieux et des conseils pratiques pour naviguer avec succès dans l’univers de la brocante. Publié par L’Harmattan, il est un compagnon idéal pour tous ceux qui souhaitent explorer et apprécier la beauté des objets anciens. Un cadeau parfait pour tous les passionnés de brocante, à offrir ou à s’offrir, particulièrement pertinent dans le contexte actuel où l’économie et l’écologie sont au cœur de nos préoccupations.

Nous ne pouvons passer sous silence la riche et vraiment très intéressante biographie de l’auteur.

Gilles Naja, quel bel homme… et quel frère !

Gilles Morel de Boissy d’Harcourt, dit Chichi – rebaptisé ainsi par sa grand-mère parce que chineur – , est fier de sa diversité. Il est Naja – peintre et collectionneur français reconnu pour son expertise –, originaire de Hongrie pour la partie maternelle, et aristocrate du Bourbonnais pour la partie paternelle. Il fit son apprentissage à la Grande Chaumière et s’intéressa très tôt aux peintres de l’École de Paris, presque tous juifs de Russie. Il représente depuis une quarantaine d’années une figure haute en couleur du paysage de la brocante. Féru d’histoire de l’art, cette encyclopédie parlante se double d’un artiste authentique.

Son livre reflète non seulement ses connaissances approfondies et son amour pour la brocante, mais aussi son désir de partager cette passion avec un plus large public, offrant des conseils pratiques et des récits inspirants pour tous les amateurs de chine. Bien évidemment, le moment venu, nous reviendrons sur le parcours de ce frère intéressant à plus d’un titre… Ainsi va le monde !

Et nous ne doutons que, pour notre cher compagnon de route Gilles, le meilleur de sa vie est encore à venir. Par ailleurs, fidèle à notre tradition, nous vous présentons son éditeur.

La maison SPM est fondée en 1970. La Société Polygraphique Mang a développé dans un premier temps des activités d’imprimeur, puis d’éditeur.

Éric Ledru – Source Babelio

Spécialisée en histoire, elle rassemble plusieurs collections : Kronos, Lettrage, Géopolitique du XXIe siècle, collection de l’Institut Napoléon, Inédits russes. Fondée sur des critères scientifiques rigoureux, sa lisibilité commerciale s’est largement accrue depuis son entrée dans le groupe L’Harmattan en 2010.

Éric Ledru, son directeur, s’est entouré d’une équipe de directeurs de collection et d’auteurs qui font vivre la recherche historique sans esprit de caste mais aussi sans concession aux effets de mode.

Guide pratique du brocanteurPropos recueillis et texte établi par Éric Ledru

Gilles NajaÉdition SPM, 2018, 162 pages, 17,50 € – Format Kindle 12,99 €

En vente chez l’éditeur ou sur les grands sites marchands

20/06/24 : Hommage à Jean Zay

En ce 20 juin 2024, nous rendons hommage à une figure emblématique de notre République, un homme dont l’engagement et les actions ont profondément marqué notre histoire : Jean Zay.

Né en 1904 à Orléans, il fut non seulement un brillant homme politique mais aussi un fervent défenseur des valeurs républicaines. Son parcours, jalonné de combats pour la justice, la laïcité et l’éducation, témoigne de son indéfectible dévouement à la cause publique. Son esprit républicain s’inscrit dans la lignée de Camille Pelletan, Léon Bourgeois et Ferdinand Buisson.

Jean Zay, en tant que ministre de l’Éducation nationale et des Beaux-Arts, a mis en œuvre une série de réformes audacieuses et progressistes qui ont laissé une empreinte durable sur le système éducatif et culturel français. Il a ainsi étendu la durée de la scolarité obligatoire visant à prolonger l’instruction et à réduire l’abandon scolaire précoce. Il a également initié des mesures pour réduire le nombre d’élèves par classe, améliorant ainsi les conditions d’apprentissage et permettant un suivi plus personnalisé des élèves. Défenseur fervent de la laïcité, il a renforcé les principes laïques dans le système éducatif, assurant que l’école publique reste neutre et indépendante de toute influence religieuse. Jean Zay a intégré l’éducation physique et sportive dans le programme scolaire, reconnaissant l’importance du sport pour le développement équilibré des jeunes. Enfin, il a favorisé le développement des activités périscolaires, telles que les colonies de vacances et les loisirs éducatifs, pour offrir aux élèves des opportunités d’apprentissage et de développement en dehors des heures de classe.

Dans le domaine culturel, Jean Zay a été un acteur clé dans la création du Festival de Cannes en 1939, destiné à promouvoir et célébrer le cinéma international. Bien que la première édition ait été annulée en raison de la guerre, le festival est devenu un événement culturel majeur dans le monde. Il a mis en place diverses initiatives pour soutenir les arts et la culture, reconnaissant leur rôle essentiel dans la société. Il a encouragé la création artistique et l’accès à la culture pour tous les citoyens. Sous sa direction, des efforts ont été faits pour moderniser et élargir l’accès aux bibliothèques et musées, facilitant l’accès à la connaissance et au patrimoine culturel pour un plus grand nombre de personnes.

Avec l’armistice de juin 1940 et la mise en place du régime de Vichy, Jean Zay, qui avait rejoint l’armée au début de la Seconde Guerre mondiale, est accusé de désertion par les autorités de Vichy. Ces accusations étaient en grande partie motivées par des raisons politiques, Jean Zay étant un symbole de la République et de ses valeurs démocratiques, que le régime de Vichy cherchait à éradiquer. De plus, les origines juives de sa famille paternelle et son engagement maçonnique en font un symbole à abattre. Emprisonné à Riom, il est abattu par trois miliciens le 20 juin 1944. Sa dépouille ne sera retrouvée qu’en septembre 1946. Le 27 mai 2015, sa dépouille entrera au Panthéon, avec celle du Frère Pierre Brossolette, de Geneviève De Gaulle-Anthonioz et de Germaine Tillon.

Le Frère Jean ZAY

Jean Zay était également un franc-maçon engagé. Son appartenance à la franc-maçonnerie a joué un rôle important dans ses idéaux et ses actions politiques. Jean Zay a été initié à la franc-maçonnerie en 1926, à l’âge de 22 ans, au sein de la loge Étienne Dolet du Grand Orient de France (GODF) à Orléans. Son engagement maçonnique a exercé une influence notable sur sa carrière et ses principes. Les valeurs maçonniques de liberté, égalité et fraternité ont profondément marqué son engagement politique et social. Il a constamment œuvré pour la promotion de ces idéaux à travers ses réformes. Il a porté haut les principes de laïcité et de justice sociale, combattant pour une République juste et éclairée.

Aujourd’hui, nous honorons la mémoire de Jean Zay non seulement pour ses réalisations concrètes mais aussi pour l’exemple qu’il nous a légué. Ses réformes éducatives continuent d’inspirer notre système scolaire, son engagement culturel enrichit encore notre patrimoine, et son combat pour la liberté et la justice reste un phare pour notre démocratie.

Jean Zay nous a montré que la défense des valeurs républicaines exige courage et détermination. Il nous a rappelé que l’éducation et la culture sont les piliers d’une société libre et éclairée. Il nous a enseigné que la lutte pour la justice et la liberté est un devoir sacré.

En cette journée de commémoration, renouvelons notre engagement à porter haut les idéaux de Jean Zay. Puissions-nous, à son image, œuvrer sans relâche pour une République plus juste, plus laïque, et plus fraternelle.

Le 20 juin 2024

Sylvain Zeghni Grand Maître National de la Fédération Française De l’Ordre Maçonnique Mixte International LE DROIT HUMAIN

Je ne sais ni lire ni écrire…

Parce que j’ai 3 ans…

1, 2, 3, je m’en vais au bois… 3 p’tits chats, 3 p’tits chats, 3 p’tits chats… 3 petits cochons pendus au plafond… 3 mousquetaires… La naissance, la vie, la mort… Liberté, Égalité, Fraternité… Compas, Équerre, Loi sacrée… Sagesse, Force et Beauté… 3…

La longue liste inachevée, et tout autant ce qu’il y a à en dire et à interpréter, est inintelligible pour un enfant de 3 ans (et même après ?!), en plein complexe d’œdipe, qu’il soit garçon, ou d’Electre, qu’il soit fille. Il ne comprend pas encore tout et en sera peut-être loin, dans son imaginaire où l’inconnu et l’incompréhensible peuvent engendrer des monstres.

C’est sur le chemin de la sociabilisation, que ce petit être de 3 ans commence à apprendre et échanger avec les autres. Alors pour stimuler le langage, la parole, l’interactivité avec les autres, la compréhension de ce qui l’entoure et même de l’abstrait, le parent avisé et le maître d’école lui proposera des activités constructives. Construisant son être raisonné et agile, l’enfant agira avec des intentions précises, avec concentration, aiguisant son sens de l’observation, développant ses capacités de motricité, comprenant de mieux en mieux pour après, lire, écrire, « discourir »… Développer sa maîtrise de soi jusqu’à sa faculté de jugement.

Pas à pas… 1, 2, 3… 3 p’tits pas… Glissés ?

Mais si, à 3 ans, on ne sait ni lire ni écrire, on doit déjà commencer à savoir ranger ses jouets, comme l’apprenti(e) franc-maçon(ne) qui participe activement à l’installation puis au rangement du Temple… Ou pas !

Maître Surveillant Jedi : « Hum, jouer et rire, tu veux, jeune Padawan ! Mais du côté de la Force, avec sagesse et dans la beauté, œuvrer tu devras ! Avec ciseau, maillet, ta pierre commence à tailler. Et si ni lire, ni écrire encore tu ne sais, commence déjà par tes outils ranger !