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08/06/24 : 4e Journée des auteurs du Suprême Conseil pour la France (S.C.P.L.F.)

La journée est organisée par le Suprême Conseil pour la France du Rite Ecossais Ancien et Accepté (S.C.P.L.F.). Elle est ouverte aux membres de la Juridiction mais aussi aux frères de L’Alliance et aux frères et sœurs d’autres obédiences. Chacun peut inviter famille ou amis profanes intéressés. La thématique est :

« LA RICHESSE DU LANGAGE SYMBOLIQUE DANS LE R.E.A.A. »

Le programme

9h 30-10 h : Accueil

10h-12h30 : Conférences (durée de 20mn chacune)

Jacques Simon : Lieutenant Grand Commandeur Honoraire du S.C.P.L.F – Ancien ingénieur – Physicien

Auteur de : Histoire du R.E.A.A en France et R.E.A.A, Rituel des 3 premiers degrés selon les anciens cahiers 5829 – Thème « Histoire du R.E.A.A en France ».

Gael de Kerret : Artiste lyrique, Professeur d’art lyrique pendant 20 ans au Conservatoire national de Versailles – Directeur artistique du festival de Valloire – Passé maitre de la Loge nationale de recherche de L’Alliance.

Auteur d’articles dans les publications de l’Alliance et du S.C.P.L.F et intervenant aux Rencontres Ecossaises. Ouvrages : L’Esprit musique et le R.E.A.A (Ed Agapae)

L’Esprit-Musique et le REAA de Gaël de Kerret
L’Esprit-Musique et le REAA de Gaël de Kerret
Gael de Kerret

Ouvrage collectif : Que devient … la musique ? Thème L’Esprit Musique et le R.E.A.A.

Jacques Branchut :Membre de la Juridiction du S.C.P.L. F

Auteur de plusieurs articles dans les Cahiers Villard de Honnecourt et dans les Cahiers de L’Alliance. OuvragesL’Aventure maçonnique préfacé par Henri Lustman (Ed Dervy) – L’ascension spirituelle du Maitre Secret avec Alain Breullin (Ed Numérilivre)

À paraître : Les degrés intermédiaires du R.E.A.A avec Alain Breullin

Thème : « Le langage symbolique du tableau de Loge au R.E.A.A »

Jean Dumonteil : Après des études de théologie et d’exégèse biblique s’est orienté vers le journalisme et a publié des enquêtes pour Le Monde et Le Monde des Religions.

Editeur de presse spécialisée sur la démocratie locale et le développement social.

Secrétaire général du Global Local Forum.

Membre de L’Alliance dont il est le premier Grand Surveillant et Passé Maître immédiat de la Loge Nationale de Recherche.

Ouvrages : Sentiment océanique, lettres à un frère et Que la Force le soutienne et l’achève aux éditions Numérilivre – À paraître : Faut-il garder le secret maçonnique ? (Éd. Dervy)

Irène Mainguy : Membre de la Grande Loge Féminine de France. Membre du Conseil Suprême de la juridiction du Suprême Conseil Féminin de France. Sociétaire de la Société des Gens de Lettre.

Présidente de la Société Française d’études et de recherches sur l’Écossisme (SFERE).

Organisatrice régulière de colloques et séminaires de recherche sur la Franc-Maçonnerie.

Autrice d’articles pour Le Maillon, Le Tracé et Franc-Maçonnerie magazine.

Autrice d’une dizaine de livres qui synthétisent ses recherches du 1er au 33e degré du R.E.A.A.

12h30-14h :  Déjeuner en présence des auteurs 14h-16h : manifestations en continu

Dédicace de leurs ouvrages par les auteurs

Présentation des trésors de la bibliothèque du S.C.P.L.F., dont livres et manuscrits anciens (18e -19e siècle).

Présentation et démonstration de la bibliothèque numérique du S.C.P.L.F.

Deux formules pour la journée :

Conférences et Repas avec les auteurs :  42 Euros

Pour l’inscription, c’est ICI.

ou https://agapaeshop.org/produit/4eme-journee-des-auteurs/

et suivre instructions du site ; règlement sécurisé par carte bancaire

Conférences sans repas : participation gratuite

Pour l’inscription, c’est ICI. S’inscrire en mentionnant son identité et son éventuelle appartenance maçonnique.

Infos pratiques

Journée des auteurs – Samedi 8 juin 2024 de 9h30 à 16h

Suprême Conseil pour la France du Rite Écossais Ancien et Accepté

65 Bd Bineau -92200 Neuilly

Lettre ouverte de la Communauté du Village des Pruniers du Maître Zen Thích Nhất Hạnh

Le Bouddha, artisan de paix au cœur de la violence et des conflits de son époque, a dit que la haine ne peut pas répondre à la haine ; seuls l’amour et la compassion peuvent répondre à la haine.

C’est ce qu’il nommait une ‘vérité éternelle’, une loi éternelle.

Le conflit qui sévit au Moyen-Orient est une réponse à une histoire longue, complexe et troublée. Il est extrêmement douloureux de voir ce qui se passe là-bas, et en particulier pour les civils des deux côtés. Nous exhortons tous les combattants à mettre un terme immédiat aux meurtres et aux actes de violence. C’est difficile, mais il n’y a pas d’autre solution. Il ne peut y avoir de solution, ni de fin à la souffrance si les choses continuent de cette manière.

Thich Nhat Hanh
Le Moine Thich Nhat Hanh

Notre maître, le Vénérable Thích Nhất Hạnh, qui a vécu des décennies de guerre au Viêt-Nam et a consacré sa vie à la paix, a déclaré que l’homme n’est pas notre ennemi.

« Notre véritable ennemi est la haine, l’ignorance, la peur et la graine de violence qui se trouve profondément enracinée dans notre conscience ».

Selon la perspective bouddhiste, les guerres au Moyen-Orient, en Ukraine et au-delà sont une manifestation collective de la conscience humaine, de l’énergie collective destructrice qui existe au sein de l’humanité. Cette énergie destructrice est une cause fondamentale de la souffrance humaine.

Chacun.(e) de nous, en tant que membre de la famille humaine, a le devoir de reconnaître la souffrance en soi-même et de transformer ‘la graine de la violence’ en une réalité de paix.

Thich Nhat Hanh
Thich Nhat Hanh

Nous pouvons commencer par résoudre les conflits quotidiens : en nous-mêmes , au cœur de nos familles, dans nos relations avec nos amis, ou au sein de nos sociétés. Le monde entier doit s’entraîner à être pacifique. Vivre ensemble est toujours possible. Il est toujours possible de s’asseoir et de parler de réconciliation afin de parvenir à une solution. Ce dont nous avons besoin, c’est d’une communauté mondiale d’individus qui vivent dans cette conscience afin d’aborder les problèmes et crises du monde.

En ces temps difficiles, il est important de nous enraciner en nous-mêmes et de calmer nos émotions. Nous invitons tous nos amis israéliens, palestiniens, ukrainiens, et tous ceux qui souffrent dans les zones de conflits, à s’asseoir avec nous afin que, ensemble, nous puissions apaiser la colère et la haine, arrêter les actions nuisibles, ouvrir nos cœurs, générer de la compassion, et rayonner la puissante énergie de la paix.

Nos chers amis israéliens et palestiniens ont de toute urgence besoin du soutien de la communauté internationale : de chacun.(e) d’entre nous. Ils ont besoin de savoir que le monde entier partage leurs souffrances et leur peine, que nous leur envoyons notre amour et que nous prions pour leur sécurité et leur bien-être. Cette période est l’occasion pour toute la famille humaine de manifester sa capacité de sagesse, de compassion, de tolérance et de paix.

Comme le dit notre maître : « Il n’y a pas de chemin vers la paix, la paix est le chemin ».

Tous nos ancêtres et nos descendants comptent sur nous pour bâtir une vie de Paix sur Terre.

Avec amour et confiance,

Texte recueilli par Ida sur le site du Village des Pruniers

Ida a créé avec d’autres personnes LA LETTRE DES DEUX VOIES pour favoriser des échanges et des liens entre Francs-Maçon (nes) qui sont déjà dans une démarche bouddhiste ou qui souhaite connaître un peu mieux le bouddhisme.

La lettre est trimestrielle et gratuite, on peut s’y inscrire en précisant son nom, prénom, tél, Ob., sa L. et la Ville de résidence à ce mail : lesdeuxvoies@orange.fr

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Redécouvrir Simon le Magicien : Une plongée dans la figure énigmatique du christianisme primitif

L’ouvrage de G. R. S. Mead intitulé “Simon Magus: An Essay” a été publié en 1892 par la Theosophical Publishing Society à Londres. Mais avant d’aborder quelques éléments clés concernant cet ouvrage, attardons-nous sur la vie et l’œuvre de son auteur qui ne manquera pas de passionner tout initié.

George Robert Stow Mead (1863-1933), connu aussi sous le nom de G.R.S. Mead, était un érudit britannique, écrivain, traducteur et théosophe, connu pour ses contributions significatives à l’étude des traditions gnostiques et ésotériques.

Mead est né le 22 mars 1863 à Nuneaton (Warwickshire, Angleterre) et a étudié au King’s College de Londres, où il a obtenu un diplôme en lettres classiques et philosophie.

En 1884, George Robert Stow Mead rejoint la Société Théosophique, un mouvement ésotérique fondé par Helena Petrovna Blavatsky. Il devient rapidement un membre influent et le secrétaire particulier de Blavatsky. Il est également éditeur de plusieurs revues théosophiques, dont « The Theosophical Review ».

Mais Mead est surtout connu pour ses travaux sur les traditions gnostiques et hermétiques. Nous comptons parmi ses œuvres les plus importantes Fragments of a Faith Forgotten (1900), cet ouvrage étant une étude approfondie des systèmes gnostiques, explorant leurs origines, leurs doctrines et leur influence. Il est considéré comme l’une des premières études complètes sur le gnosticisme en anglais. Dans Thrice-Greatest Hermes (1906), ce livre est une compilation et une traduction des textes hermétiques attribués à Hermès Trismégiste. Mead analyse également l’importance historique et philosophique de ces textes.

Extrait de l’œuvre Pistis Sophia Opus Gnosticum Valentino adiudicatum. M. G. Schwartze, Berlin 1851

Avec Pistis Sophia (1896), l’auteur traduit et commente ce texte gnostique, qui est l’un des principaux écrits de la littérature gnostique copte. Pistis Sophia est une révélation de Jésus après sa résurrection, contenant des enseignements sur le salut et la sagesse divine. Enfin, Simon Magus: An Essay (1892) est un essai explorant la figure de Simon le Magicien, un personnage controversé du christianisme primitif, souvent considéré comme un hérétique et un rival de l’apôtre Pierre. Mead y analyse les sources historiques et gnostiques sur Simon Magus. Il fait l’objet de cette réédition par Amici Librorum, permettant à ceux qui le désire de l’acquérir à un prix plus qu’abordable. Gardons à l’esprit que celui qui ne lit pas est condamné à croire les autres.

George Robert Stow Mead

George Robert Stow Mead a joué un rôle crucial dans la redécouverte et la popularisation des textes gnostiques et hermétiques. Ses traductions et ses commentaires ont rendu ces écrits accessibles à un public plus large et ont stimulé l’intérêt pour le gnosticisme et l’ésotérisme.

Il a adopté une approche académique rigoureuse dans ses études, combinant des analyses philologiques, historiques et philosophiques. Cela a aidé à établir l’étude des traditions ésotériques comme un domaine légitime de recherche académique.

En tant que membre influent de la Société Théosophique, George Robert Stow Mead a contribué à la diffusion des idées théosophiques. Il a travaillé à rapprocher la théosophie de la recherche académique sur les traditions mystiques et ésotériques. Mais, en 1909, en raison de divergences sur la direction et les enseignements de la Société Théosophique après la mort de Blavatsky, George Robert Stow Mead a quitté l’organisation et a fondé la Quest Society, une organisation dédiée à la recherche spirituelle et philosophique indépendante.

George Robert Stow Mead reste une figure centrale dans l’étude des traditions gnostiques et ésotériques. Ses travaux continuent d’être une référence importante pour les chercheurs et les étudiants de ces domaines. Son approche érudite et son engagement à rendre accessible des textes anciens ont eu un impact durable sur la compréhension et l’appréciation des traditions mystiques et ésotériques dans le monde occidental.

De Simon Magus, également connu sous le nom de Simon le Magicien ou Simon le Sorcier, que retenons-nous ?

Tout d’abord, qu’il était une figure controversée et intrigante du christianisme primitif. Il apparaît dans les Actes des Apôtres et est souvent considéré comme l’un des premiers hérétiques chrétiens. Voici un aperçu détaillé de sa vie, de ses enseignements et de son impact sur la tradition chrétienne et gnostique.

Simon Magus était originaire de Samarie. Son surnom Magus indique qu’il était considéré comme un magicien ou un sorcier. Son histoire est principalement connue à travers les Actes des Apôtres (chapitre 8) et les écrits des Pères de l’Église.

Jésus et les apôtres,
icône de Féodor Zoubov (1660)

Dans les Actes des Apôtres, Simon est décrit comme pratiquant la magie et ayant une grande influence sur le peuple samaritain. Il se convertit au christianisme après avoir entendu la prédication de Philippe l’Évangéliste et être baptisé.

 Cependant, Simon tente d’acheter le pouvoir de conférer le Saint-Esprit en offrant de l’argent aux apôtres Pierre et Jean. Cet acte donne naissance au terme « simonie », désignant l’achat ou la vente de privilèges spirituels.

Les écrits des Pères de l’Église, notamment Irénée de Lyon, Justin Martyr, et Hippolyte de Rome, décrivent Simon Magus comme un fondateur du gnosticisme. Il aurait enseigné que le monde matériel était créé par des anges inférieurs et que la vraie connaissance (gnose) permettait de se libérer de la matière. Simon se considérait lui-même comme une manifestation divine et affirmait posséder une connaissance spéciale du divin.

Selon certaines traditions, Simon était accompagné d’une femme nommée Hélène, qu’il prétendait être la réincarnation de l’Ennoia (la Pensée) divine. Elle était considérée comme un aspect de la sagesse divine tombée dans le monde matériel.

La mort de Simon sur un chapiteau de la cathédrale Saint-Lazare d’Autun (XIIe siècle)

Simon ne manque pas de soulever controverses et réactions. Les premiers chrétiens considéraient Simon Magus comme un dangereux hérétique. Ses prétentions et ses enseignements étaient vus comme une menace pour l’orthodoxie chrétienne. Les affrontements entre Simon et les apôtres, notamment Pierre, symbolisent le conflit entre les enseignements gnostiques et l’orthodoxie chrétienne. Par ailleurs, diverses légendes se sont développées autour de Simon Magus. Certains récits rapportent qu’il aurait tenté de démontrer ses pouvoirs en volant dans les airs à Rome, mais aurait été vaincu par les prières de Pierre et Paul, conduisant à sa chute mortelle.

Simon le Magicien, les démons et la naissance de la vigne. Porte Miègeville – Basilique Saint-Sernin, Toulouse

Simon Magus est souvent considéré comme l’une des figures fondatrices du gnosticisme. Ses idées et son rôle dans la diffusion de la pensée gnostique ont eu un impact durable sur le développement des courants gnostiques ultérieurs.

Simon apparaît dans divers écrits patristiques et apocryphes comme une figure archétypale de l’hérétique et du faux prophète. Son histoire est utilisée pour illustrer les dangers de l’hérésie et de la magie.

Simon Magus: An Essay de G.R.S. Mead (1892), ici traduit en français, cet essai de George Robert Stow Mead explore la figure de Simon Magus à travers les sources historiques et gnostiques, offrant une perspective érudite sur son rôle et son influence.

Les chercheurs modernes continuent d’étudier Simon Magus pour comprendre ses contributions à la pensée gnostique et son impact sur le christianisme primitif. Son histoire est également un sujet d’intérêt pour les études sur l’hérésie et la formation des doctrines chrétiennes orthodoxes.

Simon Magus reste une figure fascinante et controversée du christianisme primitif. Ses enseignements et ses actions ont eu un impact significatif sur le développement des traditions gnostiques et sur la perception des hérétiques dans l’histoire chrétienne. Son histoire continue d’intriguer les chercheurs et les étudiants de l’Antiquité chrétienne et de l’ésotérisme.

Armageddon, Apocalypse du Liber Chronicarum de Hartmann Schedel (*1440 – †1514), imprimé en 1493 à Nuremberg

Dans cette dernière livraison, George Robert Stow Mead explore la vie, les enseignements et l’impact de Simon Magus à travers une perspective théosophique et historique. L’ouvrage examine les sources anciennes, y compris les écrits patristiques, les textes gnostiques et les références bibliques.

L’auteur s’efforce de réhabiliter Simon Magus en tant que figure complexe, souvent mal comprise et déformée par les récits chrétiens orthodoxes. Il analyse les influences gnostiques et les idées mystiques attribuées à Simon Magus, en les plaçant dans le contexte plus large de la spiritualité et de la théologie du premier siècle.

L’ouvrage de George Robert Stow Mead est important pour les étudiants de la théosophie et de l’ésotérisme, car il offre une perspective alternative sur une figure souvent controversée du christianisme primitif. Il contribue aussi à une compréhension plus large des mouvements religieux et des croyances mystiques de l’époque.

Il nous faut noter que Simon Magus: An Essay a été bien accueilli dans les cercles théosophiques pour sa profondeur d’analyse et son approche érudite. Il a également suscité l’intérêt des historiens des religions et des spécialistes du gnosticisme pour son traitement détaillé des sources et des traditions liées à Simon Magus.

L’ouvrage de G. R. S. Mead Simon Magus: An Essay reste une référence importante pour ceux qui s’intéressent à l’étude des traditions gnostiques, de l’ésotérisme chrétien et de l’histoire de la théosophie. Publié en 1892, il reflète l’engagement de Mead à explorer et à éclairer des figures et des idées souvent marginalisées ou mal comprises dans l’histoire religieuse.

Simon le Magicien-Un Essai sur le Fondateur du Simonisme… par G.R.S. Mead est une contribution précieuse à la compréhension de l’une des figures les plus énigmatiques du christianisme primitif. En combinant une rigoureuse analyse historique avec une réévaluation philosophique, Mead offre une perspective équilibrée et nuancée sur Simon Magus. L’ouvrage est indispensable pour les chercheurs en études religieuses notamment et tout cherchant s’intéressant à la complexité des premiers mouvements chrétiens.

Simon le Magicien-Un Essai sur le Fondateur du Simonisme, basé sur les Sources

Anciennes – Avec une Réévaluation de sa Philosophie et de ses Enseignements par G.R.S. MEAD

Amici Librorum, 2023, 132 pages, 16 €

Ghana : Le roi des Ashanti appelle à l’inclusion des femmes dans la franc-maçonnerie

De notre confrère netafrique.net

L’Asantehene Otumfuo Osei Tutu II, roi des Ashanti, un groupe ethnique important du Ghana, a récemment proposé la création de loges maçonniques pour les femmes. Il a affirmé que les avantages de formation et de fraternité offerts aux hommes par la franc-maçonnerie devraient également être accessibles aux femmes.

Cette déclaration a été faite lors d’une grande cérémonie tenue en son honneur le 25 mai 2024, pour marquer son jubilé d’argent sur le Trône d’Or et dans la franc-maçonnerie.

Le roi des Ashanti a souligné que la Grande Loge du Ghana était prête à envisager la formation d’une grande loge féminine rattachée à la Grande Loge du Ghana.

Il a également mentionné les succès des loges féminines au Liberia et en Angleterre, citant leur impact positif comme preuve de la viabilité d’une telle initiative.

La célébration a rassemblé des francs-maçons du Ghana et du monde entier à Kumasi pour honorer Otumfuo Osei Tutu II, le Grand Patron de la Grande Loge du Ghana. L’événement a eu lieu au Bro Otumfuo Sir Agyemang Prempeh II Masonic Hall et a réuni des frères de diverses grandes loges. Parmi les participants figurait la Grande Loge du Liberia, dirigée par MWB Anthony W. Deline, et la Grande Loge Unie d’Angleterre, représentée par le Très Vénérable Frère Charles William Stanley-Pierre.

Cette proposition de l’Asantehene Otumfuo Osei Tutu II marque un pas significatif vers l’inclusion des femmes dans la franc-maçonnerie au Ghana, ouvrant la voie à une plus grande égalité et diversité au sein de cette institution historique.

Grand Orient de France : « Pas une voix à l’extrême droite ! »

De notre confrère magcentre.frPropos recueillis par Jean-Jacques Talpin

Grand Maître du GODF – principale obédience maçonnique en France – Guillaume Trichard clôturera la « 10ᵉ journée Jean Zay de la jeunesse et de l’école » le 1ᵉʳ juin à Orléans. Une occasion pour renvoyer dos à dos extrême droite et extrême gauche et pour prendre position sur la laïcité, les élections européennes, la Nouvelle-Calédonie ou encore sur le projet de loi sur la fin de vie.

En quoi Jean Zay est-il toujours d’actualité ?

Jean Zay est éminemment actuel. Il est l’incarnation de l’éducation, de la neutralité pour garder les enfants à l’abri des querelles des adultes, pour préserver l’école publique qui doit être asile et havre de paix, ce qui correspond toujours à ce que nous devons conserver aujourd’hui. Jean Zay s’inscrit dans la lignée des Condorcet ou Ferdinand Buisson, pour qui l’école est centrale dans la formation des républicains de demain. Dans un contexte marqué par la montée de l’antisémitisme, de l’anti maçonnisme et par la poussée de l’extrême droite dans ce pays, Jean Zay est le symbole d’un homme, d’un franc-maçon, d’un Juif qui a été assassiné. C’est un personnage emblématique à qui nous devons rendre hommage et œuvrer à sa mémoire pour faire survivre son héritage.

La laïcité chère à Jean Zay est-elle en danger aujourd’hui ?

On a trop longtemps considéré dans notre pays que la laïcité était un acquis, alors que la laïcité est un combat de chaque instant. Dès que l’on se relâche, alors vous avez le retour de l’ordre moral, des dogmes religieux qui veulent imposer aux hommes la foi au-dessus des lois. Il est symptomatique que les intégristes s’en prennent à des professeurs car la laïcité et l’école ont des rapports très étroits : lorsque que l’on s’en prend à des professeurs, on veut atteindre le modèle de transmission des principes et des valeurs comme la laïcité. La laïcité est affaiblie, attaquée par les intégristes mais aussi par le collaborationnisme de certains parce que quand vous soutenez que l’abaya est un vêtement de mode et qu’on doit laisser aux jeunes filles la liberté de la porter ou pas, c’est qu’on est complice des adversaires de la laïcité. Certains agissent par clientélisme communautariste.

Vous pensez à LFI ?

Je pense à plusieurs leaders de La France Insoumise. Mais de l’autre côté de l’extrême gauche, il y a l’extrême droite qui est un adversaire de la laïcité et qui travestit les valeurs de la laïcité en faisant une opposition aux musulmans. Et pourtant cette extrême droite ne fait rien pour proscrire les crèches religieuses dans les mairies à Noël, elle ne fait rien, est muette et complice, quand certains de ses leaders comme Louis Aliot participent à des processions religieuses pour faire tomber la pluie. L’extrême droite à la laïcité à géométrie variable. Des deux côtés ce sont clairement et nettement des adversaires de la laïcité qui l’instrumentalisent et l’affaiblissent.

Allez-vous vous engager sur les élections européennes ?

Nous n’avons pas la volonté de nous engager pour tel ou tel parti mais nous avons, avec 21 obédiences maçonniques, très clairement lancé un appel à Strasbourg le 22 avril, pour une Europe de la fraternité, de la paix, de la justice sociale. Il faut faire barrage aux partis populistes, notamment d’extrême droite. Les francs-maçons doivent construire une digue contre l’extrême droite, notre appel est très clair. La seule consigne du Grand Orient de France c’est de voter pour des partis qui sont dans l’arc républicain, mais chacun est libre en son âme et conscience de voter pour qui il l’entend. Nous ne considérons pas que le RN et Reconquête sont dans le spectre républicain. Ils n’aiment pas la République, ils veulent prendre le pouvoir pour transformer la République, pour en faire autre chose. Ils n’aiment pas l’Europe et l’Union européenne, ils veulent prendre le pouvoir en Europe pour transformer l’Europe.

Quelle réponse face à la crise en Nouvelle-Calédonie ?

En 1988 pour les accords Matignon, l’ancien grand maître du GODF Roger Leray avait participé à la mission de dialogue. Nous sommes à disposition pour participer à toute initiative permettant de rassembler et de contribuer à la concorde, la paix et la fraternité sur l’archipel. Nos 8 loges sur l’archipel sont ouvertes à tous sans communautarisme pour accueillir tous les hommes et femmes de bonne volonté.

Vous prendrez position face à la loi sur la fin de vie ?

C’est une loi essentielle que nous demandons depuis des décennies. L’un des nôtres, le sénateur Henri Caillavet avait déposé une proposition en 1970 pour une fin de vie digne. Pour nous ce projet de loi va dans le sens du progrès, de la liberté. Les hommes et femmes de ce pays doivent pouvoir disposer de leur corps toute leur vie jusqu’à leur mort. La mort est le dernier tabou sur lequel les religions espèrent encore avoir prise. Cette loi permettra aux hommes et femmes en souffrance de pouvoir choisir le terme de leur vie. Nous supporterons ce projet de loi de l’ultime liberté.

La Commission Histoire de la GLDF nous fait découvrir les arcanes des Rites Égyptiens

Avant tout, précisons que Commission Histoire de la Grande Loge de France (GLDF) est un écrin de tradition, de spiritualité et de culture !

Que notre très cher frère Christophe Bourseiller, vénérable maître de la respectable loge Marquis de La Fayette & président de la Commission d’Histoire soit, ici et maintenant, remercié.

Rappelons que la Commission Histoire de la GLDF est dédiée à l’exploration et à la mise en lumière des riches traditions, de la profondeur spirituelle et de l’héritage culturel qui jalonnent l’histoire de la franc-maçonnerie en général de la Grande Loge de France, en particulier. Mais pas que ! La preuve, le sujet de ce samedi 25 courant sur les Rites Égyptiens.

 En valorisant des figures emblématiques et des thèmes historiques majeurs, la Commission s’ efforce de nourrir la réflexion et l’enseignement des Sœurs et Frères de toutes obédiences. Car la commission est ouverte à toutes et à tous.

À travers ses conférences et ses publications, elle met en avant les influences anciennes, notamment celles de l’Égypte cette-ci, qui ont façonné les rituels et les symboles maçonniques contemporains. Ces travaux ne se contentent pas de retracer le passé, mais cherchent également à offrir une compréhension enrichie des valeurs humanistes et des courants spirituels qui continuent d’inspirer la franc-maçonnerie aujourd’hui.

En participant aux activités de la Commission Histoire de la GLDF, les membres plongent dans un univers où la culture se mêle à la tradition et où la quête de la connaissance s’inscrit dans une longue lignée de sagesse et de spiritualité.

Nombreux étaient donc les sœurs et les frères invités à cette matinée de conférences.

Nombreux ont été les sœurs et les frères présents, se retrouver Temple 7 Marquis de la Fayette, en l’Hôtel de la Grande Loge.

Un beau programme qui a permis d’entendre les intervention des très chers frères :

Bernard Nisse sur « L’influence de l’Égypte sur les systèmes maçonniques ». Il explorera comment les symboles et les mythes de l’Égypte ancienne ont imprégné les rituels et les doctrines maçonniques. Il mettra en lumière l’utilisation de symboles égyptiens tels que l’œil d’Horus, l’obélisque et les pyramides, intégrés dans les pratiques et les enseignements maçonniques. Cette fascination pour la sagesse ésotérique de l’Égypte reflète un désir de connexion avec une tradition ancienne de connaissance et de spiritualité, enrichissant ainsi le symbolisme et les valeurs de la Franc-Maçonnerie.

Le mystérieux comte de Cagliostro…

Hugo Billard sur la « Fausse Égypte mais vraies lumières ? La figure de Cagliostro entre réalité et mythe, à partir du travail de thèse d’Étienne Leterrier* ». Hugo Billard se pencha sur la figure énigmatique de Cagliostro, un personnage controversé du XVIIIe siècle, célèbre pour ses prétendues connaissances ésotériques et ses liens avec la franc-maçonnerie, tant masculine que féminine. À travers l’analyse de la thèse d’Étienne Leterrier, Hugo Billard examina comment Cagliostro a contribué à diffuser une image idéalisée de l’Égypte ancienne au sein des systèmes maçonniques. Bien que ses revendications soient souvent jugées fabuleuses, elles ont néanmoins joué un rôle crucial dans l’évolution des pratiques et des symboles maçonniques, renforçant ainsi l’attrait pour les « vraies lumières » de la sagesse et du mysticisme égyptien.

Par ailleurs, il est proposé une adhésion à la Commission Histoire de la GLDF, afin de soutenir les travaux et rester informés de nos activités, avec deux options :

Pour les membres actifs de la GLDF : Cotisation annuelle de 50 € pour une affiliation conjointe à la Loge Marquis de La Fayette et à la Commission Histoire. Cela vous permettra d’être informés de nos activités, de recevoir les textes des conférences et les Cahiers d’Histoire de la franc-maçonnerie à paraître en novembre 2024.

Pour les sœurs et frères des obédiences amies : cotisation annuelle de 40 € pour être informés des seules activités de la Commission Histoire et recevoir les Cahiers d’Histoire de la Franc-Maçonnerie.

Le règlement s’opère par virement bancaire, en précisant bien le motif : « COTISATION-LA-FAYETTE-2024 », et en envoyant impérativement un mail de confirmation, précisant votre mail, votre obédience, et votre adresse postale pour recevoir la revue.

Par chèque, le matin des conférences, à l’ordre de : Les Amis du Marquis de La Fayette.

En éditant les Cahiers de la Commission Histoire, nous ne pouvons que nous féliciter de cette heureuse initiative, visant à laisser par écrit le témoignage précieux de toutes nos réunions. Cette démarche, empreinte de soin et de dévouement, garantit la préservation et la transmission des connaissances partagées au sein de notre fraternité, offrant ainsi une richesse inestimable aux générations futures.

450.fm ne manquera pas de vous tenir infirmé de la prochaine réunion de la Commission Histoire de la Grande Loge de France.

*« L’histoire et son remède. Cagliostro, mage et charlatan : genèse, apogée et déclin d’une figure mythique en Europe (1775-1924) », tel est le titre exact de la thèse de d’Étienne Leterrier. La trajectoire européenne du « comte de Cagliostro » (1743-1795), fut celle d’un charlatan, alchimiste, illuministe, franc-maçon et escroc.

Reconstitution en zircone du collier de la reine (château de Breteuil)

En s’intéressant aux représentations du personnage dans le corpus judiciaire publié pendant l’affaire du collier de la reine (1785), puis dans les œuvres littéraires dans lesquelles Cagliostro est progressivement fictionnalisé (Goethe, Catherine II, Schiller, Carlyle, Scribe, Sand, Dumas, Nerval…), le présent travail s’inscrit dans une perspective sociopoétique visant à établir les aspects et fonctions d’une figure mythique dans différents contextes historiques et culturels européens. À partir d’une sémiologie du personnage, l’analyse interroge l’élaboration d’une figure mythique, à travers l’assimilation à des modèles et discours littéraires préexistants et contemporains. Elle questionne la migration de Cagliostro dans les différentes esthétiques des genres narratifs et scéniques de la période, s’intéressant aux résonances de la figure mais aussi à la structuration narrative incomplète d’un éventuel « mythe de Cagliostro ».

Cagliastro

Contemporaine de 1789, profondément influencée par l’imaginaire contemporain du complot, Cagliostro finit par incarner différentes visions heuristiques et discours herméneutiques sur l’histoire dont il incarne les tendances progressistes ou conservatrices. Avec Joseph Balsamo, de Dumas, Cagliostro connaît enfin une tendance à évoluer vers la culture et la littérature populaire. L’analyse retrace les modalités de cette évolution perceptible dans les genres paralittéraires ou les écrits non littéraires de la seconde moitié du dix-neuvième siècle, avant de constater un regain d’influence, notamment au cinéma.

Révélations mystiques : L’essence spirituelle du Maître Écossais de Saint-André

La première de couverture du livre Les sublimes lumières du Maître Écossais de Saint-André de Dominique Vergnolle met en avant le tableau symbolique du grade de Maître Écossais de Saint-André (MESA) du Rite Écossais Rectifié. Le chapitre « Les Lumières-du quatrième grade du Rite Écossais Rectifié ». Cependant, rare sont les représentations animales pouvant jouer un rôle symbolique important dans les rituels maçonniques. Ces symboles animaliers sont souvent utilisés pour illustrer des concepts et des vertus maçonniques. Faisons donc un focus spécifique sur ce tableau et le lion.

Le tableau représente un lion sous un ciel chargé de nuages et d’éclairs, symbolisant la puissance et la résilience face aux tumultes. Le lion, se reposant sous l’abri d’un rocher, incarne la sérénité et la maîtrise. Il joue tranquillement avec des outils et des instruments de mathématiques, indiquant la sagesse et la quête de connaissance. Au-dessus de cette scène, deux mots pour devise sont inscrits Meliora præsimo, signifiant « J’entrevois de plus grandes choses ». Cela reflète l’aspiration constante du MESA à améliorer sa condition, à chercher toujours ce qui est meilleur et plus noble. Cette devise incarne aussi l’idée de toujours rechercher un état de sagesse et de vertu supérieur. Elle incite à ne jamais se contenter de l’état actuel, mais à toujours viser une plus grande compréhension et une plus haute moralité.

Ce tableau est riche en symbolisme, représentant à la fois la force tranquille, la protection et l’aspiration à l’amélioration continue, des valeurs fondamentales du Rite Écossais Rectifié et du grade de Maître Écossais de Saint-André.

L’ouvrage de Dominique Vergnolle est une exploration approfondie du quatrième et dernier grade de la maçonnerie du Rite Écossais Rectifié. Chaque chapitre analysant, avec sérieux, des aspects fondamentaux du grade de Maître Écossais de Saint-André et de son développement historique, doctrinal et symbolique.

Dans son « Avant et pendant l’histoire », Dominique Vergnolle avec « Genèse et premières traces de l’écossisme en France » explore l’apparition et l’évolution initiale de l’écossisme en France. Il décrit comment l’esprit des Lumières a favorisé l’émergence de la maçonnerie spéculative, marquant le début de l’écossisme. Le grade de Maître Écossais fait son apparition, apportant une dimension nouvelle à la pratique maçonnique en France. L’enthousiasme pour l’écossisme se développe, soutenu par l’intérêt spéculatif et les pratiques distinctives qui caractérisent ce mouvement. Puis « Ramsay et la maçonnerie chevaleresque et la légende écossaise » donne à l’auteur l’occasion de se concentrer sur l’influence de Ramsay et son discours célèbre qui a introduit l’idée d’une maçonnerie chevaleresque. Ramsay a joué un rôle crucial en incorporant des éléments de chevalerie dans la maçonnerie, reliant ainsi les pratiques maçonniques à une légende écossaise noble et héroïque. Son discours a contribué à l’essor des hauts grades dits chevaleresques, enrichissant la tradition maçonnique et lui conférant une profondeur historique et légendaire.

Dans la partie consacrée à « L’émergence de la Grande Loge de France », il examine son apparition au milieu du XVIIIe siècle, une institution clé dans l’histoire de la franc-maçonnerie française. La Grande Loge de France a joué un rôle central dans la structuration et la formalisation des pratiques maçonniques en France. Elle a été le cadre institutionnel à partir duquel de nombreux hauts grades ont été développés et promus.

Décors Ecossais de Dresde (Löwen).

Avec l’essor de l’écossisme, cette Grande Loge a dû naviguer dans un paysage maçonnique en évolution rapide. Il décrit les défis rencontrés par la Grande Loge de France face à la prolifération des loges écossaises et des nouveaux grades écossais. L’adaptation à cette nouvelle dynamique a nécessité des efforts de régulation et d’intégration des pratiques écossaises dans le cadre existant de la franc-maçonnerie française.

En réponse à la prolifération écossaise, la Grande Loge de France a entrepris de réorganiser les structures maçonniques pour mieux intégrer et gérer les hauts grades écossais. Cette réorganisation a visé à créer une cohérence et une harmonie entre les divers grades et pratiques écossais, tout en conservant l’intégrité et les principes fondamentaux de la franc-maçonnerie française. Cette restructuration a été essentielle pour l’évolution et la pérennité de l’écossisme en France, permettant une meilleure gestion et une plus grande uniformité des pratiques maçonniques.

Dominique Vergnolle ne manque pas d’analyser les origines et le développement de la franc-maçonnerie dans les États allemands. Il retrace les premières étapes de l’introduction de la maçonnerie spéculative en Allemagne et l’influence des courants intellectuels et culturels de l’époque. La maçonnerie allemande s’est rapidement distinguée par son adhésion aux idéaux des Lumières et son engagement dans la recherche spirituelle et philosophique.

Tapis de Parfait Maçon Architecte – FII.8.g6

Il se concentre sur l’émergence des loges écossaises en Allemagne et leur organisation distincte. Les loges écossaises, influencées par les pratiques et les idéaux maçonniques français, ont introduit des grades et des rituels spécifiques qui ont enrichi la tradition maçonnique allemande. L’organisation de ces loges s’est caractérisée par une structuration rigoureuse et une hiérarchie bien définie, permettant une gestion efficace des hauts grades et une intégration harmonieuse des diverses influences maçonniques. Ce processus a également mis en lumière les interactions et les échanges entre les traditions maçonniques françaises et allemandes, contribuant à une compréhension plus profonde et plus globale de l’écossisme en Europe.

Dominique Vergnolle s’intéresse à la figure centrale du Rite/Régime qu’est ce grand maçon Jean-Baptiste Willermoz. S’attachant, bien évidemment, à faire mieux comprendre au lecteur toute l’influence déterminante qu’il a eu sur la franc-maçonnerie non seulement à Lyon mais dans toute la France. Jean-Baptiste Willermoz, un maçon dévoué et visionnaire, a joué un rôle clé dans l’organisation et la structuration des loges maçonniques lyonnaises. Il a cherché à approfondir la dimension spirituelle et mystique de la maçonnerie, influencé par les enseignements de Martinès de Pasqually et les idées de l’illuminisme. Son engagement a conduit à la création d’un système maçonnique distinct, intégrant des éléments ésotériques et chevaleresques.

Grand bourgeois, fabricant d’étoffes de soie et d’argent rue des Quatre-Chapeaux, administrateur bénévole d’œuvres de bienfaisance, Willermoz a vu dans la Stricte Observance, un système maçonnique rigoureux d’origine allemande, une opportunité pour réformer et revitaliser la maçonnerie française. En adoptant et en adaptant les principes de la Stricte Observance Templière, il a introduit des structures hiérarchiques plus solides et des rituels plus profonds et significatifs. Cette réforme a permis de mieux encadrer les pratiques maçonniques et de renforcer la cohésion et l’unité des loges. La Stricte Observance a également servi de base pour le développement du Rite Écossais Rectifié, qui allait devenir un des systèmes maçonniques les plus influents et les plus respectés en Europe.

Explorant la structure hiérarchique des grades dans l’écossisme rectifié primitif, l’auteur nous rappelle que le système des grades, développé dans le cadre du Rite Écossais Rectifié, a été conçu pour offrir un parcours initiatique cohérent et enrichissant. Il nous entretient aussi des structurations apportées par le convent des Gaules qui s’est tenu en 1778 et celui de Wilhelmsbad, tenu en 1782, qui a marqué une étape décisive dans l’extension de la réforme maçonnique française à l’échelle européenne. Ce convent a rassemblé des représentants de diverses loges et systèmes maçonniques, permettant un échange fructueux d’idées et de pratiques. Jean-Baptiste Willermoz y a joué un rôle crucial, en promouvant les principes du Rite Écossais Rectifié et en consolidant son influence. Le convent de Wilhelmsbad a permis de diffuser et d’adapter la réforme française au-delà des frontières, intégrant des éléments allemands et internationaux, et contribuant à la croissance et à l’évolution de l’écossisme rectifié en Europe.

Il explore ensuite les emprunts faits aux grades écossais français et allemands et les diverses influences qui ont contribué à la formation du grade de Maître Écossais de Saint-André.

FM4-76 – Grade de chevalier de la Vraie Vie ou Hiram ressuscité (tableau)

De Charles de Hesse, personnage clé de la franc-maçonnerie européenne, et du système suédois, l’auteur montre l’exercice de son influence significative sur l’évolution du Rite Écossais Rectifié et son implication dans la maçonnerie suédoise, connue pour son organisation rigoureuse et son système de grades bien définis, a permis de renforcer et de structurer davantage les pratiques écossaises.

Il aborde ensuite l’apport crucial de la théosophie de Martinès de Pasqually, particulièrement dans la formation des enseignements ésotériques et spirituels du grade de Maître Écossais de Saint-André. Martinès de Pasqually, avec ses doctrines sur la réintégration des âmes et la spiritualité mystique, a profondément influencé Jean-Baptiste Willermoz et ses réformes. Les concepts théosophiques de Pasqually, intégrés dans le Rite Écossais Rectifié, ont conféré une dimension mystique et illuministe au grade, faisant de celui-ci non seulement un parcours initiatique, mais aussi une quête spirituelle profonde.

Une partie qui nous a passionné, elle aussi, est celle concernant les rituels « De l’Écossais Vert au Maître Écossais de Saint-André ».

Le convent des Gaules, tenu en 1778, est un moment décisif dans l’évolution du Rite Écossais Rectifié. Ce rassemblement a permis de formaliser et de codifier les pratiques maçonniques sous l’influence de Jean-Baptiste Willermoz et de ses contemporains. Le rituel du convent des Gaules a introduit des réformes importantes qui ont transformé le grade d’Écossais Vert en Maître Écossais de Saint-André. Ce rituel a intégré des éléments de la théosophie de Martinès de Pasqually, mettant l’accent sur la réintégration spirituelle et l’élévation morale. Le convent des Gaules a ainsi établi les fondations doctrinales et rituelles du grade, en insistant sur la dimension chrétienne et chevaleresque de la maçonnerie rectifiée.

Puis, le rituel de 1809 marque une étape supplémentaire dans l’affinement et la consolidation des pratiques du Rite Écossais Rectifié. En 1809, des ajustements et des clarifications sont apportés au rituel du grade de Maître Écossais de Saint-André, reflétant les évolutions doctrinales et les besoins pratiques des loges maçonniques. Ce rituel révisé a permis de renforcer la cohérence et l’uniformité des cérémonies, tout en intégrant de manière plus explicite les enseignements ésotériques et mystiques hérités de la théosophie de Pasqually. Le rituel de 1809 a donc permis de parfaire les pratiques initiatiques, consolidant la place du Maître Écossais de Saint-André comme un grade essentiel pour la compréhension des sublimes lumières du Rite Écossais Rectifié.

Dominique Vergnolle détaille « Les Lumières du quatrième grade du Rite Écossais Rectifié » – « Dévoilement du deuxième tableau et restauration de l’homme » ; « La résurrection et l’immortalité » ; « La nouvelle Jérusalem, la vie céleste et Saint-André ».

Il explore le symbolisme et les enseignements profonds du deuxième tableau présenté lors de l’initiation au grade de Maître Écossais de Saint-André. Le dévoilement de ce tableau représente la quête de la restauration de l’homme dans son état primordial de pureté et d’innocence. À travers des symboles riches et des rituels précis, les initiés sont conduits à comprendre les étapes de la réintégration spirituelle, marquant le chemin vers une conscience éclairée et une renaissance intérieure. Ce processus de restauration met en lumière l’importance de la purification et de la transformation personnelle dans la maçonnerie rectifiée.

Il sait nous captiver avec des mots accessibles à tous, abordant des thématiques complexes de manière toujours claire et compréhensible. Le thème de la résurrection et de l’immortalité est central dans les enseignements du quatrième grade. Cette partie du rituel souligne la croyance en la vie après la mort et la transformation spirituelle qui accompagne la progression maçonnique. La résurrection symbolique des initiés reflète l’idée d’une nouvelle naissance, où l’âme est réintégrée dans un état de perfection et de sagesse divine. Cette résurrection est non seulement une renaissance spirituelle mais aussi une promesse d’immortalité, illustrant la continuité de l’existence au-delà de la vie terrestre. Les rituels et les symboles associés à cette étape visent à renforcer la foi des initiés en une existence éternelle et éclairée.

Tapis Écossais Vert SOT 1755 v2 – FXXVI.102.a7X v2.

Il nous conduit aisément à la nouvelle Jérusalem. La vision de la nouvelle Jérusalem, symbole de la cité céleste et parfaite, joue un rôle clé dans la symbolique du quatrième grade. Elle représente l’ultime destination spirituelle des initiés, un état de bonheur éternel et de communion divine. La vie céleste, telle qu’enseignée dans ce grade, est une existence en harmonie avec les lois divines et en présence de la sagesse éternelle. Saint-André, en tant que patron de ce grade, incarne les vertus chevaleresques et spirituelles nécessaires pour atteindre cette nouvelle Jérusalem. Son exemple inspire les initiés à poursuivre leur quête de perfection et de réalisation spirituelle, en alignant leur vie sur les idéaux du Rite Écossais Rectifié.

L’auteur aborde ensuite variation christique sur le deuxième tableau montrant comment ce deuxième par ses enseignements symboliques, aide les initiés à comprendre et à intégrer les principes chrétiens et maçonniques, les guidant vers une vie de vertu, de sagesse, et de réintégration spirituelle.

Dominique Vergnolle met l’accent sur l’importance des nombres – 7, 9, 16, 25 – et leur symbolisme au sein des différents grades du Rite Écossais Rectifié. Les nombres jouent un rôle crucial dans la maçonnerie, représentant des concepts et des principes spirituels profonds et renfermant des enseignements spécifiques et une signification symbolique.

Source site FM

L’auteur détaille aussi le bijou du grade – le double triangle entrelacé, formant une étoile à six branches, souvent appelée l’Étoile de David ou le Sceau de Salomon dans la tradition ésotérique. – et le symbolisme macrocosmique du bijou – en vertu des rapports analogiques entre le microcosme et le macrocosme.

De Saint-André, patron du grade des MESA, retenons qu’il est vénéré non seulement comme un apôtre, mais aussi comme un guide spirituel, un passeur d’âmes. Dans la tradition chrétienne, Saint-André est souvent représenté comme celui qui conduit les âmes vers la lumière divine. En tant que passeur d’âmes, il symbolise la transition de l’initié d’un état de conscience profane à un état de connaissance spirituelle. L’auteur nous apporte aussi quels lumières quant à la croix en X, représentant le martyr de l’apôtre, et les colonnes brisées posées en sautoir, représentant les piliers du temple de Salomon, brisés mais réorganisés en forme de X (sautoir). Cela symbolise la destruction et la reconstruction, l’idée que, à travers la souffrance et la destruction, vient la possibilité de renouveau et de renaissance spirituelle.

Source site FM

Le symbole de la croix en X, également connue sous le nom de croix de Saint-André, est un élément central de l’iconographie associée à ce grade. Cette croix, combinée aux colonnes brisées posées en sautoir, renferme une richesse de significations symboliques.

Enfin, le dernier chapitre reprend un extrait du rituel :

« Oui, l’Ordre est chrétien. »

Ici, Dominique Vergnolle aborde explicitement la dimension chrétienne du Rite Écossais Rectifié. Ce chapitre affirme et clarifie l’ancrage chrétien de l’Ordre, en mettant en lumière ses fondements théologiques et spirituels.

L’auteur commence par rappeler que le Rite Écossais Rectifié est profondément enraciné dans la tradition chrétienne. Il souligne que les rituels, les symboles, et les enseignements du Rite sont imprégnés de références chrétiennes, allant de l’influence des Évangiles aux valeurs morales prônées par le Christ. Cette orientation chrétienne est essentielle à la compréhension de la doctrine et de la pratique maçonnique au sein de ce Rite.

Les sublimes lumières du Maître Écossais de Saint-André est un ouvrage érudit et profondément enrichissant, qui offre une exploration exhaustive du quatrième grade du Rite Écossais Rectifié. Il se distingue par sa rigueur historique et doctrinale. Vergnolle démontre une connaissance approfondie de l’histoire maçonnique et des subtilités du Rite Écossais Rectifié. Il retrace de manière précise et documentée l’évolution des rituels et des symboles, ainsi que l’influence déterminante de figures clés comme Jean-Baptiste Willermoz.

Le livre excelle dans l’interprétation symbolique et spirituelle des rituels et des enseignements du grade de Maître Écossais de Saint-André. Chaque symbole, chaque rituel est décortiqué avec soin, révélant des couches de significations ésotériques et mystiques. Cette profondeur offre aux lecteurs, qu’ils soient initiés ou non, une compréhension riche et nuancée de la dimension spirituelle de la maçonnerie rectifiée.

L’un des aspects marquants de l’ouvrage est l’affirmation claire et argumentée de la nature chrétienne du Rite Écossais Rectifié. Dominique Vergnolle démontre comment les valeurs et les enseignements chrétiens sont intégrés de manière organique dans les rituels et les symboles, offrant une vision cohérente et inspirante de la spiritualité maçonnique.

Bien que l’ouvrage soit dense et érudit, il reste accessible grâce à une structure claire et à une écriture fluide. Dominique Vergnolle parvient à équilibrer les détails complexes avec des explications claires, ce qui rend le livre à la fois informatif et agréable à lire. Les sections bien délimitées et les résumés des chapitres permettent de suivre facilement l’évolution des idées et des concepts.

Les annexes et la bibliographie, exhaustive, fournissent des ressources inestimables pour les chercheurs et les passionnés de la franc-maçonnerie. Elles complètent parfaitement le texte principal, offrant des perspectives supplémentaires et des détails historiques cruciaux pour une compréhension complète du Rite Écossais Rectifié.

Les illustrations incluses dans le livre sont remarquables, enrichissant le texte par des représentations visuelles des symboles, des documents historiques, et des tableaux rituels. Elles servent de support visuel aux descriptions détaillées et permettent une meilleure compréhension des concepts ésotériques et historiques abordés dans l’ouvrage.

Dominique Vergnolle a réalisé une œuvre majeure avec Les sublimes lumières du Maître Écossais de Saint-André. Le livre est un guide indispensable pour ceux qui souhaitent approfondir leur connaissance du Rite Écossais Rectifié, et il inspire par sa profondeur spirituelle et sa rigueur intellectuelle.

L’ouvrage est une lecture essentielle pour tout franc-maçon désireux de comprendre les fondements et les évolutions du Rite Écossais Rectifié. L’érudition de Dominique Vergnolle, alliée à une présentation claire et structurée, fait de cet ouvrage un guide précieux pour appréhender la quintessence mystique et spirituelle du grade de Maître Écossais de Saint-André.

Il constitue une contribution significative à la littérature maçonnique. Il offre non seulement une ressource précieuse pour les maçons du Rite Écossais Rectifié, mais aussi pour toute personne intéressée par l’histoire, la symbolique et la spiritualité maçonnique. Il enrichit la compréhension du grade de Maître Écossais de Saint-André et met en lumière son importance au sein du parcours initiatique.

Nous adressons nos plus fraternels remerciements à Dominique Vergnolle qui nous a autorisé à reproduire certaines de ces illustrations.

Les sublimes lumières du Maître Écossais de Saint-André 

Dominique Vergnolle

Les Éditions de la Tarente, 2024, 416 pages, 37 €

Le mot du mois : « Interpréter »

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La racine de ce mot, *pre-, commune au grec et au latin, définit l’idée de trafic. Le grec en infère l’idée de vendre. Le latin, quant à lui, garde celle de marchandage, de prix fixé par accord commun. Tâche jugée indigne des citoyens, le plus souvent celle d’hommes de condition inférieure, voire étrangers, affranchis affectés au commerce. D’où le sens de courtier chargé d’affaires, intermédiaire chargé d’expliquer, donc truchement.

Si l’on mesure qu’un interprète bien formé est apte à communiquer entre 150 et 200 mots à la minute, on y verra sans nul doute un véritable jongleur de paroles.

A cette signification s’ajoute le champ lexical latin du *pretium, le prix accordé à ce qui est vénérable. C’est le précieux sang de l’Eucharistie, auquel on confère un prix symbolique et rituel. Hautement prisé et apprécié et qu’on ne saurait mépriser ou déprécier.

La divination, interprétation des signes qu’envoie la divinité, a de tous temps été l’objet d’une connaissance subtile et respectée, quel qu’en soit le support. Oniromancie, analyse des rêves, hépatomancie chez les Etruques qui observaient avec minutie la « géographie » du foie avec ses nervures. Les Chinois, par la scapulomancie, faisaient apparaître avec du cinabre les craquelures sur les carapaces de tortue brûlées au feu.

Tous les grands découvreurs en témoignent, leurs conquêtes et autres avancées territoriales se sont nécessairement appuyées sur la qualité de leurs interprètes et la confiance qu’ils pouvaient leur prêter. De tout temps, en toutes civilisations, des individus à l’oreille plus curieuse et plus subtile que les autres, ont joué avec les sonorités phonétiques, ont vu dans l’inconnu croisé en chemin, non un danger potentiel, mais une source de renouvellement de leurs savoirs, de leurs us et coutumes, de leurs manières d’être.

L’interprétation est toujours une réponse. Et il n’est pas étonnant que les Grecs aient nommé l’interprétation d’une pièce de théâtre à partir du verbe *hupokrinomai, « expliquer en faisant sortir du fond de soi-même », qui par ailleurs donne en français l’hypocrisie. La langue, même inconsciemment, porte souvent témoignage de l’ambiguïté d’une notion pourtant évidente.

Ainsi pourrions-nous jouer avec l’orthographe du verbe interpréter. Accent aigu ou circonflexe ? Interpréter ou inter-prêter ?

Comme si on s’échangeait la parole, on se prêtait des mots. Si on y regarde bien, l’interprétation suppose l’écoute vigilante de la parole de l’autre qu’on accueille sans parti pris. Pour en percevoir la saveur spécifique, afin de ne pas la trahir. On s’apprête à en inférer un sens nouveau et original, issu de la collision, confrontation, acceptation d’une pensée autre. Et, de ce contact inédit, vont naître d’autres associations, singulières, avec leur richesse insoupçonnée jusqu’alors.

Interpréter, c’est jouer avec les mots, la variété de leurs sens, leur polyphonie, leur polysémie. Il ne s’agit pas de « faire du mot-à-mot » mécanique, et c’est là toute la difficulté de la chose, saisir à l’oreille des mots, en comprendre le sens, voire les sens dans une première formulation, pour immédiatement – sans espace au milieu -, par l’entremise d’une intelligence de la langue, en donner une autre version qui ne soit pas trahison. Une forme de dédoublement mental dans la simultanéité.

On en admire d’autant plus la vélocité propre à l’interprète.

Interpréter, faire commerce de mots entre nous, à l’intérieur de nos deux espaces, sur un seuil entre les deux tenants de cette parole échangée, de l’espace de l’un vers l’espace de l’autre. Prêter l’oreille aux mots échangés et aux sens qu’ils véhiculent, se montrer prêt à en recevoir la nouveauté. S’investir dans cet échange, tout en préservant son quant-à-soi. Car on prête ses mots, on ne les donne pas, on n’en est pas privé, spolié, sauf si l’autre hypocritement s’apprête à en dérober le trésor.

Ainsi apporter sa contribution à l’édifice commun, à cette universalité de la pensée et de la réflexion à laquelle on croit. Contribuer à sa construction et à son enrichissement.

L’interprétation de chacun, dans le grand théâtre du monde, est un ajout, à l’inflexible condition qu’il écoute les voix alentour, qu’il y mêle la sienne en recherchant l’harmonie de significations à affiner pour une compréhension de l’individu, de la société dans laquelle il est inséré, pour ouvrir un espace commun et non pas se refermer sur la pureté supposée et illusoire de sa propre langue comme unique clef d’interprétation de l’histoire individuelle et de l’Histoire. Traduire, se traduire dans une lisibilité partagée, pour accueillir les ambivalences et les ambiguïtés, non comme des dangers, mais comme des richesses à venir. En résonance.

C’est pourquoi on interprète et inter-prête les symboles… Pour échapper au dogmatisme d’une parole figée et à la langue-de-bois. Pour préserver sa fresque imaginative tout en respectant la rigueur de sa raison.

Difficile et périlleux funambulisme… Le bien commun est à ce prix.

Annick DROGOU

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Un mien ami chef de chœur me racontait qu’il avait constaté une différence de vingt minutes dans l’exécution du Requiem de Mozart entre Herbert von Karajan (cinquante minutes) et Karl Böhm (une heure dix minutes). Choquant ? Non, une telle différence entre les deux célèbres chefs d’orchestre, au sommet de la maîtrise de leur art, illustre parfaitement la liberté de l’interprète. L’interprète ne se contente pas de copier, de reproduire passivement, il participe de la création et n’en est pas moins fidèle à l’œuvre. 

L’interprète, c’est aussi le nom donné au traducteur, tant il est vrai que notre interprétation ne concerne pas nos seules individualités mais ce que nous traduisons et transmettons. Je peux transmettre correctement, seulement ce que j’ai reçu au préalable, que j’ai tenté d’intérioriser et qui a fait ce que je suis devenu. Fidélité et liberté, c’est le message croisé de Böhm et de Karajan.

« J’aurais voulu être un artiste… » Nous sommes tous appelés à devenir des interprètes. Interprètes ou perroquets ? Toute vie pleinement accomplie est une toile tissée de liberté et de fidélité. Interpréter, c’est essayer de comprendre, de rentrer dans le mystère de la vie-même et d’y trouver sa liberté. Mais c’est aussi révéler la puissance créatrice et libératrice de ce mystère et de lui être irrémédiablement fidèle. Comme dans des liens qui nous libèrent, c’est dans la fidélité à la source que s’expriment la puissance de l’intériorisation et la liberté révélée. Il n’y a là rien de contradictoire, seulement la clé de toute transmission réussie.

Jean DUMONTEIL

31/05/24 : Ihab Radwan Interviendra chez « Les Amis du Creuset » à Paris

« Une histoire à l’orientale. Les maqâms et leurs notes qui expriment des sentiments »

La Loge Les Amis du Creuset organise une réunion publique le :

31.05.2024 à 20H00
18, rue Ramus. 75020 PARIS

Ihab RADWAN est Directeur de l’académie de Oud BES Academy & Chargé de l’enseignement de la musique orientale au Conservatoire de Montpellier. Ihab est un maître qui transmet l’enseignement du OUD. La musique orientale avec ces noms des gammes qui sont des phrases poétiques évocatrices de l’ambiance sonore qu’elle soutient. Elles font résonner des souvenirs lorsque nous les écoutons

Comment exprimer des sentiments ou exprimer un état psychique à travers ces gammes orientales. L’approche des anciens maîtres des musiques orientales et leur technique d’improvisation.

Ihab jouera et chantera quelques pièces choisies pour montrer les différents styles de la musique orientale. Ihab a travaillé avec le célèbre compositeur égyptien Fathy Salama, récompensé dans la catégorie meilleur album de musique du monde lors des Grammy Awards pour l’album : «Egypt», du chanteur Youssou N’Dour. 

Il a présenté le spectacle « Magic Lutes » à Qatar pour l’ouverture du musée d’art islamique, où il a collaboré avec Hughes Du Courson en tant que conseiller et soliste.
Il a enregistré plusieurs albums en France et en Egypte. Il a écrit la musique pour le film: “Love Improvisations », primé au Festival de Film de Dubai en 2012 et en en 2014 au London Film Festival.

Il est aussi le directeur artistique et soliste d’Oud dans le projet « Mozart l’égyptien », vendu à plus de trois millions d’albums en France.
Ihab Radwan travaille avec le jazzman reconnu Michel Godard, et ont sorti leur disque “Doux Désirs” en février 2017.

Enfin, il est le fondateur et professeur de Oud, à l’Académie d’Oud à Paris et professeur et responsable de département de la musique modale au conservatoire de Montpellier.

29/06/24 : Estivales Maçonniques en Pays de Luchon, 2e édition

En 2021 déjà, nous avions largement annoncé et rendu compte des Estivales Maçonniques en Pays de Luchon (EMPL).

Puis, en 2022, comme un pont entre des Estivales passées et celles à venir la ville de Bagnères-de-Luchon (Haute-Garonne), « reine des Pyrénées », avait accueilli une grande conférence publique baptisée « Causerie initiatique des Estivales » sur le thème : « Des corporations d’antan à la Franc-Maçonnerie d’aujourd’hui ».

Mais surtout le 19 novembre 2023, 450.fm avait lancé, pour la deuxième édition, un « Réservez la date ! »

Dans le cadre majestueux du Casino de Luchon, véritable institution depuis le XIXe siècle, et dans cet écrin magnifique qu’est le théâtre, dit à l’italienne et de style Napoléon III classé monument historique, venez nombreux assister à cette belle journée fraternelle sur la thématique suivante :

« Franc-maçonnerie : le mythe des origines ? Templiers-Cathares-Compagnonnage-Rose+Croix »

Une manifestation parrainée par Franc-Maçonnerie magazine – Histoire de la franc-maçonnerie, traditions, sagesse, spiritualité, philosophie… Une autre manière de nourrir ses réflexions et d’enrichir ses connaissances – et votre journal numérique, 450.fm.

Après les premières Estivales, grand succès post Covid de juillet 2021, nous avons l’immense plaisir de vous convier à cet événement unique que sont les Estivales 2024, deuxième édition !

Blason de la ville de Luchon

Une célébration grandiose de la culture et de l’esprit. Rejoignez-nous pour une expérience inoubliable où l’histoire prend vie et où la spiritualité élève l’âme. Venez partager avec nous des moments d’apprentissage, de découverte et de réflexion profonde.

Cette année, les Estivales explorerons le thème fascinant « Franc-Maçonnerie : le mythe des origines », avec un focus particulier sur le Catharisme, les Templiers, le Compagnonnage et la Rose-Croix.

Ces sujets seront abordés par des conférenciers de renom tels que :

Olivier Cèbe

M. Olivier Cèbe (directeur des Cahiers d’Études Cathares), sur le catharisme

Historien de l’art et médiéviste, spécialiste des courants de pensée au Moyen Âge et à la Renaissance, Olivier Cébe est aussi l’auteur d’ouvrages de poésie et d’histoire.

Passionné par l’étude des œuvres d’art, de la mythologie, des interférences entre histoire et légendes, de la symbolique, il poursuit la restauration du château de Ferrières (Tarn), maison familiale d’époque Renaissance dont il est le conservateur.

Il propose des conférences et s’investit dans l’écriture, notamment au sujet du Chemin de Saint-Jacques de Compostelle, dont il est un expert reconnu, des mouvements religieux et philosophiques depuis l’Antiquité – en particulier de la gnose et du catharisme – et plus largement sur les relations entre le patrimoine et les évolutions culturelles de nos sociétés occidentales jusqu’à nos jours.

En effet, ses recherches sur les héritages du passé orientent son regard sur le monde actuel et lui permettent de s’investir dans des initiatives du milieu associatif et des collectivités locales, autant en France que dans les pays d’Europe du sud, et à ce titre il est délégué territorial de la Fondation du Patrimoine.

Roger Dachez, sur les Templiers

Médecin et universitaire, Roger Dachez a été chargé d’enseignement à l’Université Paris 7- Denis-Diderot et président de l’Institut Alfred Fournier à Paris. Président de l’Institut Maçonnique de France depuis sa fondation en 2002, il est aussi membre du Comité scientifique du musée de la Franc-Maçonnerie à Paris et Contributing Member de la Scottish Rite Research Society (Washington). Parallèlement, il dirige depuis 1992 la revue d’études maçonniques Renaissance Traditionnelle, créée en 1970.

Considéré comme un historien majeur de la franc-maçonnerie, il est l’héritier de la méthode historique appliquée par son maître et père spirituel René Guilly (René Désaguliers). Depuis près de trente ans, il a présenté de nombreuses conférences en France et en Grande-Bretagne et il est l’auteur de nombreux articles de recherche sur les origines historiques et les sources traditionnelles de la franc-maçonnerie, publiés dans des revues françaises ou étrangères. Nous lui devons une vingtaine d’ouvrages, et notamment : L’Invention de la franc-maçonnerie (Véga, 2008), Régularité et reconnaissance, histoire et postures (Conform, 2015), mais également plusieurs volumes de la Collection « Que sais-je ? » aux Presses Universitaires de France – dont : Histoire de la franc-maçonnerie française (2003), Les 100 mots de la franc-maçonnerie (avec Alain Bauer, 2007), Le Rite Écossais Rectifié (avec Jean-Marc Pétillot, 2010). Plus récemment il a publié un important volume sur la Nouvelle histoire des francs-maçons en France avec Alain Bauer (Tallandier, 2020) ainsi que Les francs-maçons en 100 questions (Talllandier, 2021), une Histoire illustrée du Rite Écossais Rectifié (Dervy, 2021), un Précis de maçonnerie de la Marque (La Tarente, 2021) et son De Salomon à James Anderson – L’invention de la franc-maçonnerie (Dervy, 2023).

Jean-Michel Mathonière, sur le Compagnonnage

Jean-Michel Mathonière, né en 1958 à Montluçon, est un essayiste et historien français spécialisé dans l’étude des compagnonnages et tout particulièrement des compagnons tailleurs de pierre. Après une formation technique en dessin de bâtiment et génie civil, il s’oriente vers l’édition, la librairie, puis le graphisme, tout en menant des recherches historiques.

Spécialiste reconnu des compagnonnages, il est invité en 2015 à la conférence mondiale sur le mutualisme et la franc-maçonnerie à la Bibliothèque nationale de France et participe régulièrement à cette manifestation. À cette occasion, il a reçu en 2022 de la fondation académique américaine Policy Studies Organization le Regulus Award pour le service rendu par ses recherches à la communauté savante. Il a également donné une conférence en 2018 à l’Académie des sciences sur la transmission des connaissances géométriques chez les compagnons.

Jean-Michel Mathonière est coéditeur de la traduction française de Études sur les marques des tailleurs de pierre de Franz Ržiha et il a contribué à la publication du Tarot des tailleurs de pierre.

Il organise des expositions sur la stéréotomie et les compagnonnages. Il a été commissaire de l’exposition « La règle et le compas » au musée de la franc-maçonnerie en 2013 et collabore à Franc-Maçonnerie magazine.

Il est membre de l’Académie de Vaucluse et de l’Association francophone des historiens de la construction. À ce titre, il participe régulièrement à des colloques et journées d’étude touchant à ses spécialités. Il est, en 2021, récipiendaire du Prix Paul de Faucher de l’Académie du Vaucluse « pour ses recherches sur les compagnonnages et la transmission des savoirs ».

Henri-Étienne Balssa, sur les Rose-Croix

Ancien consultant dans le domaine de la santé, Henri-Étienne Balssa connu pour sa bienveillance et son dévouement envers les autres, est aujourd’hui mandataire judiciaire à la protection des majeurs (MJPM), ayant pour mission d’assister ou de représenter des personnes majeures qui, en raison de leur âge, d’une maladie ou d’un handicap, ne sont plus en mesure de gérer leurs affaires personnelles et/ou patrimoniales. Passionné d’histoire des sociétés secrétés, il est juriste de formation et titulaire d’un Master de l’Université de Toulouse Capitole.

Sur le plan maçonnique,

Par ailleurs, vous pouvez suivre sur le Facebook Estivales Maçonniques en Pays de Luchon – EMPL pour plus de détails.

Nous espérons vivement que vous pourrez vous associer à cette belle manifestation, reflétant l’engagement commun à promouvoir la culture et l’histoire dans notre belle région.

Un grand merci aux auteurs présents, à Jean-Pierre Marson de Cépaduès, à Sophie Dufor de la librairie luchonnaise Au Cœur à l’Ouvrage et au Groupement International de Tourisme et d’Entraide (G.I.T.E.), association interobédientielle.

BIENVENUE AU CŒUR DES PYRÉNÉES ET DE LA FRANC-MAÇONNERIE !

Infos pratiques

Samedi 29 juin 2024 – Casino et théâtre, Place Richelieu – 31110 Bagnères-de-Luchon

Entrée libre et gratuite et pour tout public

Pour toute demande de renseignements complémentaires, n’hésitez pas à contacter l’équipe des EMPL au 06 15 14 87 22 ou par courriel à estivales2024@gmail.com.

Luchon vous attend et balise déjà, avec ses planimétres, nos Estivales !
Théâtre, Casino de Luchon – Bagnères-de-Luchon