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Grande Loge de France : troisième et dernier mandat pour le Grand Maître Thierry Zaveroni

Situés au cœur du dynamique quartier de Bercy, les Salons de l’Aveyron Paris Bercy ont accueilli ce week-end le Convent 6024 de la Grande Loge de France (GLDF), au cours duquel Thierry Zaveroni a été réélu Grand Maître de la Grande Loge de France.

Fort de ce nouveau mandat, Thierry Zaveroni poursuivra son action en vue de renforcer l’attrait de la franc-maçonnerie auprès des jeunes adultes. Son objectif est que les valeurs cultivées dans les loges incitent un plus grand nombre de jeunes gens à s’engager dans la démarche initiatique.


Pour cela, il met l’accent sur l’écoute des jeunes. Thierry Zaveroni souligne également l’importance de démystifier la franc-maçonnerie et de promouvoir une image positive auprès du grand public. Il est convaincu qu’une action culturelle exigeante et bien ciblée peut contribuer à modifier l’opinion publique sur la franc-maçonnerie, et sur la Grande Loge de France en particulier.

Si l’on veut présenter succinctement le bilan de ce Convent, on peut dire qu’il s’agit bel et bien d’un bilan… succinct ! En effet, si le Grand Maître a été reconduit dans des conditions honorables (de l’ordre de 70 % de votes favorables) sans obtenir pour autant un score de maréchal soviétique, les propositions qu’il conduisait n’ont pas toutes été approuvées par le Convent, loin s’en faut. Ainsi, de la prolongation de la durée du mandat du Grand Maître et de celle des principaux Grands Officiers, au motif du temps nécessaire à la menée à bien des différents projets dont ils ont la charge, mais également de la transformation de la Tenue de Grande Loge, de son format actuel en un rendez-vous avec les Vénérables Maîtres en chaire, comme d’éventuelles règles de plafonnement budgétaire, qu’il s’agisse de dépenses de fonctionnement (masse salariale) ou de dépenses d’investissement (immobilier). Rien de tout cela n’a reçu l’aval du Convent, alors même qu’aucune majorité qualifiée n’était nécessaire et qu’une majorité absolue des suffrages exprimés suffisait…

On pourrait s’en réjouir, sans considérer le fond des choses, en y voyant seulement un signe robuste de la santé démocratique de l’Obédience. C’est sans doute le cas mais c’est aussi l’indice d’une insuffisante préparation aux difficultés des temps car il est indéniable que se pose aujourd’hui aux différents organismes maçonniques, comme, au demeurant, à tous les échelons de la société, des questions de redimensionnement des moyens d’action. Rien ne semble aujourd’hui résolu à cet égard, à la Grande Loge de France. Nul doute que, d’une manière ou d’une autre, il faudra y revenir bientôt car, là comme ailleurs, plus on retarde l’échéance, plus l’heure de vérité sonnera durement.

Il reste, au moins, au plan des publications, que la belle revue Points de vue initiatiques s’est vue confirmée dans sa mission d’ouverture au monde profane, comme porteuse de valeurs maçonniques, tandis que verra le jour une revue en ligne spécialement consacrée au grade de maître, à diffusion cette fois-ci interne.

ILS ONT VOTÉ : Yves Pennes, sera le futur Grand Maître de la GLNF

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Le Souverain Grand Comité (SGC) de la Grande Loge Nationale Française (parlement de l’obédience) qui s’est réuni, vendredi après-midi à Paris, pour désigner son candidat à la prochaine Grande Maîtrise, a choisi l’actuel Député Grand Maître (n° 2) pour succéder à Jean-Pierre Rollet.

Deux candidats étaient en présence. 454 frères ont pris part au vote sur un total de 533 membres du Souverain Grand Comité, soit un taux de participation de 85,18 %. Ils ont respectivement obtenu :

  • Yves Pennes, 387 voix (85,24 %) ;
  • Emmanuel Stene (Ancien Grand Maître Provincial), 65 voix (14,32 %) ;
  • 2 votes nuls (0,44 %) ont été enregistrés.

Yves Pennes a donc été désigné à une très large majorité candidat élu à la Grande Maîtrise.

L’actuel Grand Maître sortant Jean-Pierre Rollet, satisfait de ce résultat a déclaré à la rédaction de 450.fm :

Jean-Pierre Rollet (Photo GLNF)

« C’est pour moi, une grande satisfaction, Yves Pennes, est un homme de cœur et d’esprit, fidèle aux valeurs et aux règles qui constituent notre idéal. »  

Ce choix du SGC, conformément à l’Article 9 du Règlement Général, sera soumis à ratification des représentants des loges (Vénérables Maîtres en chaire et Premiers Surveillants), « … lors de l’Assemblée Maçonnique triennale de Grande Loge, afférente à la Tenue annuelle obligatoire qui suit… », qui se déroulera le 14 décembre prochain à Paris.

Franc-maçonnerie et Libre Pensée, des alliées dans la quête de liberté

La Raison nous offre un beau dossier s’intitulant « Franc-maçonnerie et Libre Pensée ». Il s’ouvre sur la réflexion de Christophe Bitaud qui, par son parcours personnel, se fait l’incarnation du lien entre ces deux courants philosophiques et idéologiques. L’auteur, franc-maçon depuis 33 ans et membre de la Fédération Nationale de la Libre Pensée depuis 25 ans, propose de mettre en perspective ce qu’il qualifie de « deux engagements complémentaires ». Cette introduction met en lumière une complémentarité évidente pour l’auteur, mais aussi les nuances nécessaires pour éviter les confusions.

Dès le début, la citation d’Antoine de Saint-Exupéry (« Si tu diffères de moi, mon frère, loin de me léser, tu m’enrichis ») établit une base de respect mutuel et d’enrichissement réciproque à travers les divergences. C’est une invitation à examiner ce qui semble séparer ces deux courants tout en reconnaissant ce qu’ils partagent.

La franc-maçonnerie : une société discrète mais agissante

L’auteur nous rappelle que la franc-maçonnerie est avant tout une association discrète, tournée vers l’accomplissement d’un travail moral sur ses membres, qui peuvent ensuite appliquer cette réflexion dans leurs vies respectives. On retrouve ici l’idée d’un développement personnel guidé par un cadre philosophique spécifique, celui du symbolisme maçonnique et de ses rites, comme l’illustrent les références à des penseurs illustres tels que Robert Boyle ou encore la Royal Society.

La Libre Pensée, quant à elle, se présente comme une association ouverte, politique par son essence même, et majoritairement athée de nos jours. Ce qui distingue les deux, c’est le cadre institutionnel : la Libre Pensée est plus offensive dans son rejet de la religion et de tout cléricalisme, là où la Franc-maçonnerie opère de manière plus philosophique et ésotérique, souvent en silence.

Un patrimoine commun enraciné dans la Renaissance et les Lumières

L’analyse du lien historique entre la Libre Pensée et la franc-maçonnerie se poursuit avec une exploration des origines de ces mouvements, tous deux issus d’un creuset philosophique commun : la Renaissance et l’esprit des Lumières. On y retrouve une filiation directe avec les sociétés savantes de l’époque, comme la Royal Society, ou encore les figures maçonniques influentes telles que John Evelyn ou Isaac Newton.

Blason Royal Society

Ces références soulignent que la quête de vérité, de progrès scientifique, et d’émancipation intellectuelle étaient au cœur des préoccupations de ces deux courants, dès leurs origines. L’auteur ne manque pas de rappeler l’influence persistante de la devise de la Royal Society, Nullius in verba (ne croire personne sur parole), qui résonne fortement avec la volonté de s’affranchir des dogmes religieux et des autorités infondées. Ce principe fondateur reste un pilier pour les deux courants, même si leurs pratiques divergent parfois.

Convergences dans la lutte pour la laïcité

Le dossier met également l’accent sur la lutte commune pour la laïcité, un thème récurrent qui a rapproché les francs-maçons et les libres penseurs, en particulier au moment de la loi de séparation des Églises et de l’État en 1905. Cette période est marquée par une intense collaboration entre les membres de la Libre Pensée et les députés francs-maçons, comme le souligne l’implication des figures telles que Aristide Briand.

L’auteur évoque avec force le Congrès de Rome de 1904, qui fut un tournant majeur dans cette lutte pour l’émancipation humaine, avec des prises de position résolument anticléricales et un appel énergique à la laïcisation de la société. Cet événement est un symbole fort de la convergence des idées, et d’une victoire pour les deux courants, malgré leurs divergences sur d’autres aspects.

Défense de l’indépendance et vigilance face à l’ingérence religieuse

Blason du Vatican

Toutefois, malgré cette lutte commune, les francs-maçons et les libres penseurs ont dû parfois défendre leur indépendance respective. La Libre Pensée s’est toujours opposée à toute forme de cléricalisme, et ce dossier rappelle l’animosité qui a longtemps existé entre l’Église et ces mouvements. Les condamnations pontificales, comme celle de 1983, qui stipule que l’appartenance à la franc-maçonnerie est un péché grave, soulignent la tension historique entre ces groupes et l’Église catholique, apostolique et romaine.

La publication du dossier sur l’emprise judéo-maçonnique sur l’Éducation nationale dans les années 1940, illustrée ici, montre combien les discours réactionnaires et antisémites ont alimenté cette méfiance envers les francs-maçons. En ce sens, l’auteur dénonce les fausses accusations et les campagnes de désinformation qui ont souvent visé ces associations, accusées à tort de complots ou d’alliances occultes. Ce rejet des tentatives d’ingérence et de manipulation idéologique est un point commun fondamental aux deux courants, qui s’efforcent de préserver la liberté de pensée et d’action.

Vers un avenir de collaboration vigilante

Dans sa conclusion, l’auteur insiste sur la nécessité de maintenir une vigilance active contre toute forme de retour à un ordre clérical et réactionnaire. La Libre Pensée et la Franc-maçonnerie, avec leurs nuances respectives, sont appelées à continuer leur lutte commune pour défendre les principes de laïcité, d’émancipation sociale, et de justice. L’article 2 de la loi de 1905, qui stipule que l’État ne salarie ni ne subventionne aucun culte, est aujourd’hui plus que jamais bafoué selon l’auteur, et nécessite une réaffirmation vigoureuse.

Ce dossier se veut donc non seulement une réflexion historique sur les liens entre ces deux associations, mais aussi un appel à l’action pour l’avenir. Si la collaboration passée entre les francs-maçons et les libres penseurs a permis d’importantes victoires, il est essentiel de ne pas baisser la garde face aux nouvelles menaces qui pèsent sur les libertés publiques et la laïcité.

Note analyse

Ce dossier, riche en détails historiques et philosophiques, présente une vision équilibrée des relations entre la franc-maçonnerie et la Libre Pensée, tout en soulignant leurs différences fondamentales. La principale leçon à en tirer est que, bien que leurs approches diffèrent – la franc-maçonnerie privilégiant un cheminement intérieur et symbolique, la Libre Pensée s’inscrivant dans un cadre militant et politique – ces deux courants partagent une même quête de liberté de conscience et de vérité, affranchie des dogmes religieux et des autorités oppressives.

L’auteur, Christophe Bitaud, maîtrise habilement la nuance en rappelant que ces deux mouvements, bien qu’issus du même terreau philosophique, ont su s’enrichir mutuellement à travers leurs divergences. Ce dossier n’est pas seulement une analyse théorique, mais un manifeste pour la défense continue de la laïcité et de l’émancipation humaine, un appel à la vigilance dans une époque où ces acquis sont plus que jamais menacés.

Le ton engagé et érudit de ce texte en fait une lecture captivante pour quiconque s’intéresse à la philosophie politique, à l’histoire des idées et aux luttes pour la liberté de conscience. L’auteur nous rappelle que l’émancipation humaine est une quête continue, nourrie par le dialogue, la critique constructive, et une collaboration vigilante entre ceux qui, comme les francs-maçons et les libres penseurs, cherchent à libérer l’esprit humain des entraves dogmatiques.

La Libre Pensée, en savoir plus

Sa librairie, 10 rue des Fossés Saint-Jacques – 75005 Paris

La Raison-Mensuel de la Libre PenséeN° 694 – Septembre 2024, Fructidor CCXXXIIFNLP, 2024, 36 pages, 3,50 €

21/09/24 : L’Académie Maçonnique invite Jean-Laurent Turbet sur « Le Maître se crée »

Dans le cadre du cycle 2024-2025 « Ésotérisme et Initiations » l’Académie Maçonnique vous invite à assister, en distanciel via un webinaire Zoom, à une conférence captivante intitulée « Le Maître se crée », donnée par Jean-Laurent Turbet. Inscrit dans cette thématique, cet événement s’annonce comme une véritable plongée dans les mystères de la création intérieure, mais aussi comme une réflexion profonde sur le parcours initiatique. Ce thème interpelle dès le titre, en suggérant que la création du Maître relève d’une dynamique personnelle et active, renvoyant directement à l’évolution spirituelle et symbolique de tout initié.

Jean-Laurent Turbet

Jean-Laurent Turbet : un passeur de savoirs maçonniques et spirituels

Jean-Laurent Turbet, blogueur réputé pour son site « Le Blog des Spiritualités », se positionne comme une figure incontournable de la franc-maçonnerie contemporaine. Son travail ne se limite pas aux frontières maçonniques ; il explore des thèmes aussi divers que l’ésotérisme, la Gnose, l’hermétisme, la Kabbale, le martinisme ou encore le symbolisme. Ce faisant, il relie des traditions spirituelles et initiatiques qui, malgré leurs différences, partagent des valeurs et des finalités communes : la recherche de la vérité, de la connaissance cachée et de l’accomplissement spirituel.

Cahier Jean Scot Érigène

En tant qu’ancien Vénérable Maître de la Loge de Recherche Jean Scot Érigène n° 1000 et ancien Grand Maître adjoint de la Grande Loge de France (GLDF), Jean-Laurent Turbet possède une vision à la fois historique et pratique de la franc-maçonnerie. Cette double expertise – académique et initiatique – fait de lui un orateur idéal pour traiter d’un sujet aussi complexe que celui de la création du Maître.

Johannes Scottus Eriugena

« Le Maître se crée », une métamorphose initiatique

L’intitulé de cette conférence joue sur une subtilité de langage qui mérite d’être explorée. Le mot « crée » renvoie ici à un processus actif et personnel : le Maître, dans sa quête initiatique, n’est pas simplement le récipiendaire d’un savoir ou d’une autorité extérieure, mais il devient l’artisan de sa propre transformation. Cette idée rejoint directement les fondements mêmes de l’initiation maçonnique, où chaque degré franchi marque un nouveau pas dans la quête de la lumière, mais où c’est surtout le travail sur soi qui est au centre de cette progression.

Il est également intéressant de noter l’écho subtil au « Maître Secret », le 4e degré du Rite Écossais Ancien et Accepté (REAA). Ce jeu de mots résonne avec une profondeur particulière, car le Maître Secret est lui-même un symbole puissant de la continuité et du devoir de silence et de réflexion intérieure. En effet, au 4e degré, l’initié est appelé à contempler en silence les mystères qui lui ont été révélés, à travailler dans l’ombre, à observer et à méditer avant de prendre des actions éclairées. Il se distingue par la discrétion et la sagesse, mais surtout par la nécessité de s’accomplir par soi-même, dans un cheminement personnel.

Tablier 4e degré – DETRAD

En ce sens, « se créer » évoque non seulement la nécessité d’une transformation intérieure, mais aussi la profondeur de l’introspection que requiert la maîtrise secrète. Le Maître Secret devient ainsi celui qui comprend que la vraie création vient de l’intérieur, qu’elle ne dépend pas des honneurs ni des titres, mais d’un travail discret, profond et continu sur soi-même.

Un voyage spirituel au-delà des frontières maçonniques

La création du Maître dépasse d’ailleurs le seul cadre maçonnique. Dans d’autres traditions spirituelles et ésotériques, cette idée de transformation et de recréation intérieure est omniprésente. En Kabbale, par exemple, l’initié est appelé à réparer et perfectionner son âme à travers le Tikkun, un travail de correction spirituelle. De la même manière, les adeptes de l’hermétisme cherchent à atteindre l’unité avec le divin par le biais de l’alchimie intérieure, où l’être humain, tel un métal imparfait, est purifié par les épreuves de la vie pour devenir « or spirituel ».

Jean-Laurent Turbet, en croisant les perspectives maçonniques et ésotériques, invite à une réflexion élargie sur le rôle de l’initié dans son propre cheminement. Ce dernier n’est pas passif, il est l’artisan de sa propre transformation. Ainsi, le parcours initiatique, que ce soit dans la franc-maçonnerie ou d’autres courants spirituels, exige de l’initié un engagement profond dans sa quête de la vérité et de la lumière.

Le format distanciel : ouverture et partage des savoirs

Cette conférence, qui se tiendra via un webinaire Zoom, reflète également une modernisation des modes de transmission. Le distanciel permet d’ouvrir ce type d’événement à un plus large public de Sœurs et Frères, tout en préservant l’intimité et la fraternité propres aux échanges maçonniques. Ce format, bien que différent de la traditionnelle tenue maçonnique en loge, reste fidèle à l’esprit de partage et de transmission qui caractérise l’initiation.

Conclusion : la création du Maître comme quête intérieure

La conférence de Jean-Laurent Turbet, avec sa thématique de « Le Maître se crée », promet d’être une exploration profonde des mécanismes intérieurs qui mènent à la maîtrise spirituelle. À travers son approche transversale, croisant les savoirs maçonniques, ésotériques et historiques, il offre aux initiés une perspective précieuse sur ce que signifie véritablement « se créer » en tant que Maître, tout en faisant écho à la symbolique du Maître Secret du REAA.

C’est une invitation à poursuivre la quête initiatique, à travailler sur soi dans le silence et la méditation, afin de forger son propre chemin vers la lumière.

Réchauffement maçonnique

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Et là, c’est chaud ?

On ne parle pas encore d’empreinte maçonnique, mais peut-être faut-il déjà s’y préparer. Les Francs-maçons sont écolos par définition et ils le prouvent par l’Initiation, en nous rappelant les notions d’air, d’eau, de feu et de terre.

« ET POURQUOI PAS UN QR CODE AUSSI ! »

Le Grand René qui a réussi à remonter de son 33è sous-sol nous en parle dans cette nouvelle vidéo ci-dessous:

Relativité n’est pas relativisme

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(Les « éditos » de Christian Roblin paraissent le 1er et le 15 de chaque mois.)

Nous sommes naturellement incapables d’embrasser le réel dans sa totalité, ne serait-ce que celui qui nous entoure. C’est pourquoi notre intellect, jamais purifié de tous nos affects, l’interprète en fonction de l’expérience que nous en avons et de l’opinion que nous nous en faisons, selon la variabilité des circonstances et sur la base de nos ressentis positifs ou négatifs, conditionnés eux-mêmes par des grilles culturelles teintées de préjugés.

En fait, nous recomposons constamment nos images de la réalité, y attachant une attention plus ou moins vive et plus ou moins nouvelle – plus ou moins changeante, il faut bien le dire, plus ou moins confiante également et, en définitive, plus ou moins scrupuleuse…

Or, dans ce même bain de réalités, d’autres que nous sont plongés et réagissent aussi. Sous diverses influences et au gré de l’évolution de nos intérêts mutuels ou respectifs, nos perceptions, nos intentions et nos actions diffèrent. Bref, faute d’aucune objectivité humainement accessible, diverses formes d’intersubjectivité se métamorphosent en permanence, qu’on les entende tantôt comme des relations instables de personne à personne, fondées sur les qualités propres à chaque sujet pensant, tantôt, à l’inverse, comme des compréhensions communes suffisamment ressemblantes pour nous permettre d’échanger. Le terme d’intersubjectivité, comme on le voit, comporte par lui-même deux acceptions fort distinctes, qui signent jusque dans la langue le statut ambigu de nos consciences sous l’emprise de nos diverses réflexions. Et il nous faut à nouveau rebondir en soulignant, dans la même veine, que le mot même de réflexion renvoie aussi bien à des représentations élémentaires de ce que nous croyons être de stricts reflets du monde qu’au mûrissement de nos pensées quand nous nous efforçons d’examiner plus à fond les situations que nous agençons dans notre esprit.

Vous me pardonnerez de vous avoir infligé d’aussi pompeuses banalités et je m’en serais volontiers abstenu si je n’observais constamment qu’on tirait bien peu de conséquences de tels truismes. Nous pénétrer de la relativité de nos impressions et de nos jugements devrait spontanément nous conduire à accepter de confronter avec méthode et sincérité nos différences voire nos oppositions, en vue de les concilier pour mieux vivre ensemble et agir de concert. Il s’agit, d’ailleurs, de processus dynamiques où nous prenons en compte le bénéfice des découvertes qui se déclarent alors et qui nous font avancer en nous-mêmes aussi. Or il me semble qu’on s’efforce de moins en moins de rechercher des coexistences harmonieuses. L’ère du soupçon et du conflit se déploie sans vergogne à tout propos, comme si nous poursuivions, dans l’espace social et avec la même intensité, des scènes virtuelles de jeux vidéo. N’a-t-on pas le sentiment que les empreintes caricaturales gagnent partout du terrain ?

La relativité liée au caractère imparfait et limité des connaissances humaines devrait stimuler notre appétit pour des enrichissements pluriels et un tantinet paradoxaux. Il ne s’agit pas de réputer l’égalité des opinions, ce qu’on appelle « l’équipollence », mais l’égalité des droits à l’opinion, pour autant qu’on accepte de se livrer à des discussions loyales et argumentées, en gardant à l’esprit qu’au cours du temps, bien des audaces sont devenues des poncifs, sans pour autant congédier toujours l’ancien pour le nouveau. Certes, tout ne se vaut pas mais rien a priori n’est à rejeter en bloc. La relativité de nos conceptions ne saurait nous inciter à tout confondre, à verser dans une sorte de relativisme désenchanté mais bien plutôt à définir des voies prospectives à des exigences façonnées en commun, certes vouées à être reprises indéfiniment dans cette dialectique inhérente au mouvement même de l’Histoire. Il ne faut pas s’y tromper ni vouloir tromper son monde, en usant abusivement d’inflexions péjoratives : au sens où je l’entends ici, relativité n’est pas relativisme.

Match numérique contre humains : 1-0, mais pourquoi ?

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Nos besoins génétiques ou actuels trouvent leur satisfaction dans le modèle actuel des plateformes. Le comprendre permettra de réagir. Les milliers d’années d’évolution qui nous ont précédés ont gravé quelques points-clé de l’espèce dans nos gènes. Le cerveau humain est programmé pour poursuivre quelques objectifs essentiels, basiques, liés à sa survie à brève échéance : manger, se reproduire, acquérir du pouvoir, le faire avec un minimum d’efforts et glaner un maximum d’informations sur son environnement.

Ces cinq objectifs sont désignés comme « renforçateurs primaires ». Le mécanisme passe par le « circuit de la récompense » et implique la dopamine. Nous en parlions plus longuement dans un article précédent.

Ces automatismes sont exploités par les concepteurs des grandes plateformes (GAFAM et autres) afin d’en faire des addictions. Un mécanisme central est la captologie, ensemble des techniques utilisées pour prolonger au maximum notre présence sur un site internet. Et tant pis (pour nous) si notre attention moyenne retombe à quelques secondes, tels des poissons rouges. Adultes, nous n’avons qu’à nous en prendre à nous-mêmes. Mais pour les enfants on assure que les dégâts seront plus longs à réparer, si on y arrive.

De nombreux essayistes, sociologues, psychologues, etc. se sont penchés sur ces mécanismes.

Gérald Bronner fut un de premiers à tirer la sonnette d’alarme avec sa « démocratie des crédules », suivi par Bruno Patino et sa «  civilisation du poisson rouge ». Une première réaction intéressante fut la montée des sites de vulgarisation scientifique focalisés sur le « débunkage » des vérités approximatives qui gangrènent internet. Là encore, les inquiétudes concernent surtout les jeunes. Anciennement l’éducation comportait une bonne partie de données culturelles (histoire, géo, bio, littérature) à ingurgiter. Beaucoup s’apitoyaient donc sur ce traitement inhumain et manipulatoire dont on farcissait ces pauvres têtes blondes. Résultat, actuellement, tous savent que Wikipedia contient pas mal de choses à peu près correctes, mais bien peu de jeunes y vont. Et ces pages blanches se jettent donc sur l’océan de contre-vérités, fake news et propagandes insidieuses que l’on trouve sur TikTok

Alain Damasio, auteur de SF, sait quels récits captent l’attention.

Il sait aussi que le futur fait toujours recette. Il a voulu comprendre comment fonctionne le business dans la Silicon Valley. Son voyage d’étude et son œil averti lui a inspiré son «  la vallée du silicium ». Il ne perd pas de vue que nos siliceux ne s’intéressent qu’aux processus rentables. Comment faire ? Il s’agit de susciter de gros volumes d’échanges entre les internautes, en se plaçant toujours entre eux. Il s’agit donc de créer des communautés dans lesquelles les individus ont un certain plaisir de groupe, mais sans que les rapports soient étroits. En effet, si les gens se rencontrent physiquement ensuite, pas de rentrée d’argent pour la plateforme !  Et, deuxième sanction, pas de data enregistrée à exploiter pour le profit de demain. Pour obtenir cela, on va au besoin prendre des pans entiers de vécu et les simuler (cas des jeux vidéo ou du Métavers). Il faut à tout prix que cela passe par une plateforme qui touchera des bénéfices, à la vente du matériel, à son usage en ligne, à la revente de votre profil. Pour vous convaincre que c’est la bonne façon de faire, on vous rappellera que tout ce paradis est portable via votre smartphone.

Les addictions sont créées le plus rapidement et profondément si elles impliquent les renforçateurs primaires évoqués ci-dessus. Le porno est bien sûr celui qui est lié au besoin de reproduction et aux plaisirs dont l’évolution nous a dotés pour faire la promotion de la chose. Les inconvénients de la reproduction on les découvre plus tard.

Les jeux vidéo permettent de croire un instant que le pouvoir nous appartient, ou au moins que le plaisir du jeu est présent, permettant par occupation constante d’oublier un peu notre environnement angoissant.

Obtenir des plaisirs sans effort c’est la promesse permanente de la technologie.

Elle nous augmente nos périodes d’oisiveté et/ou de boulimie, flattant  les renforçateurs correspondants, car l’évolution ne nous a pas avertis génétiquement des dangers de l’obésité et du diabète. Remarque en passant : tout à notre désir d’oisiveté, nous avons aussi négligé le fait qu’à chaque sous-traitance supplémentaire vers les machines, nous perdons un savoir-faire et un savoir, et augmentons notre dépendance. Les suites de l’intelligence artificielle risquent d’être douloureuses, surtout si nous retournons dans des situations de guerre.

Acquérir toujours plus d’info fait aussi partie du package de nos renforçateurs. Le réseau X (ex-Twitter) marche toujours bien, on peut y rajouter bien d’autres plateformes, dont les diffuseurs de nouvelles complotistes, permettant aux adeptes de se voir dans le petit cercle des initiés. Tiens, initiés ? Soyons en certains, le parfum de secret (affadi, depuis le temps) a joué en rôle dans la pérennisation de notre ordre. Bref, tout est en place pour que ce phénomène des plateformes survive pour un bon moment.

Il correspond aux besoins du business, on l’a vu.

Il matche avec nos faiblesses génétiques, on l’a vu également. Et un troisième trait apparaît : le modèle des bulles permet un communautarisme, mais permet aussi de maintenir la distance entre individus, angoisses sécuritaires et sanitaires obligent. À moins qu’il ne s’agisse que de l’individualisme qui a tout envahi ? Ce modèle réduit aussi progressivement le besoin de déplacements physiques :  ne travaillerons-nous demain qu’à domicile ? Et idem pour les consultations médicales ? Et pareil pour les loisirs ? C’est déjà un peu le cas avec notre société « Netflixée ».

Il est peut-être temps de faire la liste des soumissions auxquelles nous avons consenti et de réexaminer les coûts/bénéfices associés à chacune et à leur total. La formule «  c’est qui le patron » suppose qu’on aime le confort de la maîtrise. Pour cela, il faut obligatoirement passer par les stades d’apprenti  (sage) et de compagnon (nage).

Musée de la franc-maçonnerie : Mystères et surréalisme aux JEP 2024

Le musée de la franc-maçonnerie ouvre ses portes à l’occasion des Journées Européennes du Patrimoine, les 21 et 22 septembre 2024, pour des visites guidées tout au long de la journée, sans réservation.

Musée de la Franc-maçonnerie

Venez découvrir l’univers fascinant des temples maçonniques et explorez leurs mystères, entre tradition séculaire et idées nouvelles. Une opportunité unique de plonger dans l’histoire et la symbolique de la franc-maçonnerie.

En point d’orgue, ne manquez pas l’événement théâtral « Le Trésor des Jésuites », une pièce surréaliste coécrite par André Breton et Louis Aragon, qui parodie le Grand Orient de France avec malice et fantaisie, tout en révélant une grande érudition littéraire derrière son ton satirique.

Cette œuvre sera mise en scène sous forme de théâtre de papier, sous la direction d’Éric Poirier et Yoan Armand Gil, et sera présentée lors de quatre représentations le dimanche 22 septembre 2024 (11h, 14h, 15h30, 17h).

Plongez dans cet univers onirique et satirique pour un moment unique d’évasion et de réflexion. L’événement est gratuit et ouvert à tous.

Infos pratiques

Dates : Samedi 21 septembre 2024, de 10h à 19h/Dimanche 22 septembre 2024, de 10h à 18h – Lieu : Musée de la franc-maçonnerie 16 rue Cadet – Paris IX

Musée de la Franc-Maçonnerie
Musée de la franc-maçonnerie

Pour plus d’informations, rendez-vous sur le site du musée

12/09/24 : Réélection du Grand Maître National Sylvain Zeghni

Fédération Française de l’Ordre Maçonnique Mixte International LE DROIT HUMAIN

Ce jeudi 12 septembre 2024, Sylvain Zeghni a été réélu Grand Maître National de la Fédération française de l’Ordre Maçonnique mixte international LE DROIT HUMAIN. « C’est un témoignage de confiance des membres du Conseil National, signe d’une adhésion forte au projet que nous avons porté » a déclaré Sylvain Zeghni. En effet, l’année 2023 – 2024 a vu aboutir une réforme en profondeur de l’organisation de notre Fédération.

Les projets sont nombreux pour cette nouvelle mandature, avec un esprit de renouveau et de modernité :

  • soutenir une dynamique régionale adaptée aux spécificités des bassins en facilitant les initiatives locales,
  • développer le travail, les réflexions et les actions inter-obédientielles,
  • retrouver et valoriser l’essence de notre mixité originelle, en l’ouvrant aux mixités en général pour construire une pensée commune sans nier l’autre,
  • faire vivre davantage l’aspect international de notre Ordre,
  • proposer de nouveaux outils (vidéo, podcasts, webinaires…) permettant à la fois aux Frères et Sœurs d’enrichir leur expérience et leur réflexion,
  • permettre aux profanes de mieux connaître notre travail et l’esprit propre à notre Fédération et à notre Ordre avec des cycles de conférences.
Sylvain ZEGHNI

« Nous pouvons pour tout cela nous appuyer sur la force de notre Fédération, liée à son identité propre, à une organisation désormais plus appropriée et à l’implication de ses membres. Il nous faut toujours veiller à développer un esprit de nuance, essentiel pour être des acteurs de la réconciliation et rétablir la concorde qu’il faut faire rayonner dans la société ».

Est-ce vraiment en Franc-maçonnerie que règnent la Concorde et la Fraternité ?

Selon le Larousse (c’est toujours bien de démarrer par un morceau de définition), la concorde vient du latin « concordia ». C’est l’union des cœurs et des volontés. Elle produit la paix, l’entente et elle appelle discernement comme bienveillance… Fraternité.

Et oui, en franc-maçonnerie, nous prônons la fraternité universelle. Entre parenthèses, comment expliquer que certaines obédiences masculines qui les visitent refusent encore l’inverse pour les femmes ? Trêve de sarcasme facile (oui, c’était facile), la fraternité universelle c’est aussi user d’un ton juste et avoir une posture bienveillante. Chassons les mauvaises pensées !

La franc-maçonnerie nous apprendrait la tolérance, la concorde et la fraternité : il ne devrait donc pas s’installer de débat en loge, ni de désaccord ! La concorde ne se parerait-elle alors pas, quelquefois, d’un manteau de bienveillants sourires… Factices ? D’aucuns disent qu’enveloppante et trop affective, elle infantilise plus que ce qu’elle n’élève…Quant au concept de tolérance… Est-elle une pierre angulaire qui ne se fende jamais, même sous le poids des situations les plus contestables ou des blagues les plus lourdes ?

La tolérance ? C’est comme un plat de lentilles, on sait que c’est bon pour la santé mais ça pourrait avoir meilleur goût ! La Concorde ? Comme le sel ! Bien dosée ça rehausse le plat, trop, le tensiomètre explose !

L’engagement se concevant dans le temple et hors du temple, délestés de ses métaux, cela va de soi, il est tellement plus sage d’osciller la tête, souriant, à la façon du Dalaï Lama…

Alors n’oublions pas une recette du bonheur : un peu de concorde assaisonnée de fraternité et d’un zeste de tolérance avec beaucoup (mais alors beaucoup) de chocolat ! La vie sera douce, même si parfois, c’est bien qu’elle soit un peu, beaucoup, à la folie, passionnément… Salée !