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29/06/24 : Estivales Maçonniques en Pays de Luchon, 2e édition

En 2021 déjà, nous avions largement annoncé et rendu compte des Estivales Maçonniques en Pays de Luchon (EMPL).

Puis, en 2022, comme un pont entre des Estivales passées et celles à venir la ville de Bagnères-de-Luchon (Haute-Garonne), « reine des Pyrénées », avait accueilli une grande conférence publique baptisée « Causerie initiatique des Estivales » sur le thème : « Des corporations d’antan à la Franc-Maçonnerie d’aujourd’hui ».

Mais surtout le 19 novembre 2023, 450.fm avait lancé, pour la deuxième édition, un « Réservez la date ! »

Dans le cadre majestueux du Casino de Luchon, véritable institution depuis le XIXe siècle, et dans cet écrin magnifique qu’est le théâtre, dit à l’italienne et de style Napoléon III classé monument historique, venez nombreux assister à cette belle journée fraternelle sur la thématique suivante :

« Franc-maçonnerie : le mythe des origines ? Templiers-Cathares-Compagnonnage-Rose+Croix »

Une manifestation parrainée par Franc-Maçonnerie magazine – Histoire de la franc-maçonnerie, traditions, sagesse, spiritualité, philosophie… Une autre manière de nourrir ses réflexions et d’enrichir ses connaissances – et votre journal numérique, 450.fm.

Après les premières Estivales, grand succès post Covid de juillet 2021, nous avons l’immense plaisir de vous convier à cet événement unique que sont les Estivales 2024, deuxième édition !

Blason de la ville de Luchon

Une célébration grandiose de la culture et de l’esprit. Rejoignez-nous pour une expérience inoubliable où l’histoire prend vie et où la spiritualité élève l’âme. Venez partager avec nous des moments d’apprentissage, de découverte et de réflexion profonde.

Cette année, les Estivales explorerons le thème fascinant « Franc-Maçonnerie : le mythe des origines », avec un focus particulier sur le Catharisme, les Templiers, le Compagnonnage et la Rose-Croix.

Ces sujets seront abordés par des conférenciers de renom tels que :

Olivier Cèbe

M. Olivier Cèbe (directeur des Cahiers d’Études Cathares), sur le catharisme

Historien de l’art et médiéviste, spécialiste des courants de pensée au Moyen Âge et à la Renaissance, Olivier Cébe est aussi l’auteur d’ouvrages de poésie et d’histoire.

Passionné par l’étude des œuvres d’art, de la mythologie, des interférences entre histoire et légendes, de la symbolique, il poursuit la restauration du château de Ferrières (Tarn), maison familiale d’époque Renaissance dont il est le conservateur.

Il propose des conférences et s’investit dans l’écriture, notamment au sujet du Chemin de Saint-Jacques de Compostelle, dont il est un expert reconnu, des mouvements religieux et philosophiques depuis l’Antiquité – en particulier de la gnose et du catharisme – et plus largement sur les relations entre le patrimoine et les évolutions culturelles de nos sociétés occidentales jusqu’à nos jours.

En effet, ses recherches sur les héritages du passé orientent son regard sur le monde actuel et lui permettent de s’investir dans des initiatives du milieu associatif et des collectivités locales, autant en France que dans les pays d’Europe du sud, et à ce titre il est délégué territorial de la Fondation du Patrimoine.

Roger Dachez, sur les Templiers

Médecin et universitaire, Roger Dachez a été chargé d’enseignement à l’Université Paris 7- Denis-Diderot et président de l’Institut Alfred Fournier à Paris. Président de l’Institut Maçonnique de France depuis sa fondation en 2002, il est aussi membre du Comité scientifique du musée de la Franc-Maçonnerie à Paris et Contributing Member de la Scottish Rite Research Society (Washington). Parallèlement, il dirige depuis 1992 la revue d’études maçonniques Renaissance Traditionnelle, créée en 1970.

Considéré comme un historien majeur de la franc-maçonnerie, il est l’héritier de la méthode historique appliquée par son maître et père spirituel René Guilly (René Désaguliers). Depuis près de trente ans, il a présenté de nombreuses conférences en France et en Grande-Bretagne et il est l’auteur de nombreux articles de recherche sur les origines historiques et les sources traditionnelles de la franc-maçonnerie, publiés dans des revues françaises ou étrangères. Nous lui devons une vingtaine d’ouvrages, et notamment : L’Invention de la franc-maçonnerie (Véga, 2008), Régularité et reconnaissance, histoire et postures (Conform, 2015), mais également plusieurs volumes de la Collection « Que sais-je ? » aux Presses Universitaires de France – dont : Histoire de la franc-maçonnerie française (2003), Les 100 mots de la franc-maçonnerie (avec Alain Bauer, 2007), Le Rite Écossais Rectifié (avec Jean-Marc Pétillot, 2010). Plus récemment il a publié un important volume sur la Nouvelle histoire des francs-maçons en France avec Alain Bauer (Tallandier, 2020) ainsi que Les francs-maçons en 100 questions (Talllandier, 2021), une Histoire illustrée du Rite Écossais Rectifié (Dervy, 2021), un Précis de maçonnerie de la Marque (La Tarente, 2021) et son De Salomon à James Anderson – L’invention de la franc-maçonnerie (Dervy, 2023).

Jean-Michel Mathonière, sur le Compagnonnage

Jean-Michel Mathonière, né en 1958 à Montluçon, est un essayiste et historien français spécialisé dans l’étude des compagnonnages et tout particulièrement des compagnons tailleurs de pierre. Après une formation technique en dessin de bâtiment et génie civil, il s’oriente vers l’édition, la librairie, puis le graphisme, tout en menant des recherches historiques.

Spécialiste reconnu des compagnonnages, il est invité en 2015 à la conférence mondiale sur le mutualisme et la franc-maçonnerie à la Bibliothèque nationale de France et participe régulièrement à cette manifestation. À cette occasion, il a reçu en 2022 de la fondation académique américaine Policy Studies Organization le Regulus Award pour le service rendu par ses recherches à la communauté savante. Il a également donné une conférence en 2018 à l’Académie des sciences sur la transmission des connaissances géométriques chez les compagnons.

Jean-Michel Mathonière est coéditeur de la traduction française de Études sur les marques des tailleurs de pierre de Franz Ržiha et il a contribué à la publication du Tarot des tailleurs de pierre.

Il organise des expositions sur la stéréotomie et les compagnonnages. Il a été commissaire de l’exposition « La règle et le compas » au musée de la franc-maçonnerie en 2013 et collabore à Franc-Maçonnerie magazine.

Il est membre de l’Académie de Vaucluse et de l’Association francophone des historiens de la construction. À ce titre, il participe régulièrement à des colloques et journées d’étude touchant à ses spécialités. Il est, en 2021, récipiendaire du Prix Paul de Faucher de l’Académie du Vaucluse « pour ses recherches sur les compagnonnages et la transmission des savoirs ».

Henri-Étienne Balssa, sur les Rose-Croix

Ancien consultant dans le domaine de la santé, Henri-Étienne Balssa connu pour sa bienveillance et son dévouement envers les autres, est aujourd’hui mandataire judiciaire à la protection des majeurs (MJPM), ayant pour mission d’assister ou de représenter des personnes majeures qui, en raison de leur âge, d’une maladie ou d’un handicap, ne sont plus en mesure de gérer leurs affaires personnelles et/ou patrimoniales. Passionné d’histoire des sociétés secrétés, il est juriste de formation et titulaire d’un Master de l’Université de Toulouse Capitole.

Sur le plan maçonnique,

Par ailleurs, vous pouvez suivre sur le Facebook Estivales Maçonniques en Pays de Luchon – EMPL pour plus de détails.

Nous espérons vivement que vous pourrez vous associer à cette belle manifestation, reflétant l’engagement commun à promouvoir la culture et l’histoire dans notre belle région.

Un grand merci aux auteurs présents, à Jean-Pierre Marson de Cépaduès, à Sophie Dufor de la librairie luchonnaise Au Cœur à l’Ouvrage et au Groupement International de Tourisme et d’Entraide (G.I.T.E.), association interobédientielle.

BIENVENUE AU CŒUR DES PYRÉNÉES ET DE LA FRANC-MAÇONNERIE !

Infos pratiques

Samedi 29 juin 2024 – Casino et théâtre, Place Richelieu – 31110 Bagnères-de-Luchon

Entrée libre et gratuite et pour tout public

Pour toute demande de renseignements complémentaires, n’hésitez pas à contacter l’équipe des EMPL au 06 15 14 87 22 ou par courriel à estivales2024@gmail.com.

Luchon vous attend et balise déjà, avec ses planimétres, nos Estivales !
Théâtre, Casino de Luchon – Bagnères-de-Luchon

Les marques, la Marque… Des origines à maintenant

Du site de la blog-glif.fr

Notre Très Cher Frère Marc Bianchini ouvre la connaissance de cette Maçonnerie, quelque peu mystérieuse aux autres rites que ceux anglo-saxons. Issue de la Maçonnerie opérative où tout Compagnon recevait une marque pour identifier son travail. Cette forme de Maçonnerie ne manque pas de charme ni de profondeur. Il écrit :

Il est un degré bien spécifique des Rites anglo-saxons, celui de la Marque. Il est à très forte connotation opérative et à ce titre mérite que l’on essaye de comprendre s’il y a une filiation entre la signification d’une Marque d’opératif et cette cérémonie de la Marque pratiquée par des Loges de Francs-Maçons. Il est donc nécessaire d’évoquer ces Marques dans l’histoire de la construction, ce sera la première partie de ce travail. Puis nous essayerons de comprendre l’interrelation ou pas avec le Rituel de la Marque, ce qui sera la seconde partie.

1.     Petite histoire des Marques.

a.     Les signes gravés sur la pierre…..ou autre.

De tous temps, les hommes ont toujours aimé les signes pour laisser leur empreinte, pour transmettre. On peut remonter à la préhistoire pour trouver des signes peints, gravés ou sculptés sur divers supports : os, pierre, ivoire, murs. On en a retrouvé en Grèce Antique ou provenant de l’époque romaine, disparaissant par la suite pour réapparaitre au Haut Moyen Age, faiblir, changer et revenir au Bas Moyen Age au début du 12ème siècle. L’apparition de ce qu’on appelle les marques lapidaires[1] des tailleurs de pierre, n’est que la suite de ce besoin d’identification, très humain et ce, en particulier, à une époque où l’homme de la construction ne savait « ni lire, ni écrire ». Vous l’avez compris nous remonterons plus particulièrement à cette époque qui nous intéresse, c’est-à-dire le Moyen Age, et en particulier, pour débuter, le Moyen Age central, c’est-à-dire de la fin du 11ème siècle au 14ème siècle. Ce choix peut sembler arbitraire mais il correspond au début de l’art Roman et par conséquent nous laisse, par l’ampleur de cette architecture, des témoignages plus nombreux mais aussi une vision plus large sur nombre de pays et presque toutes les régions de France. Il est à noter que la construction des premières abbayes du Haut Moyen Age était plutôt confiée à des gens d’Église : des convers[2] pour le travail manuel et les abbés pour la conception donc il n’était quasiment pas retrouvé de Marques. Nous verrons aussi que la tradition de « marquer » s’est perpétuée jusque très récemment.

Le sujet s’avère tellement vaste que nous essaierons de brosser une esquisse de ces signes qui ont traversé le temps. Ces marques ne nous donnent que peu ou pas de noms quant à leurs auteurs. La signature, telle que nous la connaissons aujourd’hui, n’existait pas chez ces artisans qui ne connaissait pas l’écriture ; la transmission des savoir-faire était surtout orale et seulement au sein d’une même corporation. Seuls les gens d’église, les clercs, les abbés avaient la connaissance de la lecture et de l’écriture.

b.     Quels signes ?

Ces signes n’avaient rien de hasardeux. Ils étaient assez hétérogènes et témoignaient même de différents niveaux de culture au sein même de l’artisanat. Certains étaient d’une très grande simplicité, en particulier en cette période du Moyen Age, et allèrent au fil des ans vers une plus grande complexité en faisant preuve parfois d’un goût évident pour un certain symbolisme pour arriver au 19ème siècle, par exemple, à la signature du nom du tailleur de pierre.

Il s’agissait de figures géométriques telles que des triangles, des pentagones, des croix, des lettres[3], comme des initiales de noms. Il est étonnant de constater que suivant les pays ou les régions, certaines formes se répètent souvent quand d’autres sont totalement absentes. Dans certains pays (Ecosse, Royaume Uni) on ne trouve que des lignes brisées quand dans d’autres régions, on retrouve aussi des lignes courbes. Cela dépend aussi des époques et ce qui était valable pour l’Ecosse, l’Allemagne, l’Italie ne l’était pas forcément pour la Bourgogne, l’Alsace, l’Aquitaine ou la Provence pour la France.                                             

Marques identitaires de tailleurs de pierre.

Ces Marques n’étaient d’ailleurs pas toujours l’œuvre d’une seule personne et pas forcément d’un tailleur de pierre. Il pouvait s’agir d’un groupe de travail mais aussi du Maitre d’une carrière ainsi que d’un architecte. Dans tous les cas, ces signes étaient le plus souvent identitaires. On a aussi retrouvé des Marques chez les charpentiers.

c.     Types de Marques.

a.     Marques de positionnement ou utilitaires.

Elles n’ont rien à voir avec l’identité mais étaient un moyen de transmission des consignes entre le tailleur de pierre et le maçon, le poseur. C’était une sorte de traçabilité de la pierre, terme bien de notre époque. On pouvait identifier la provenance, mais aussi le sens de pose, l’orientation, l’ordre de pose pour les voûtes etc. Ces marques sont actuellement et la plupart du temps invisibles car noyées dans l’ouvrage et n’apparaissent souvent que lors de démolitions ou étaient effacées en arrivant sur le chantier pour la taille finale.

Elles étaient simplement tracées soit avec un crayon, une mine de plomb ou griffée avec la pointe d’un outil et pouvaient représenter un simple trait orienté, une flèche ou des chiffres romains, par exemple pour les claveaux d’une voûte.

b.     Marques identitaires.

Elles sont visibles sur les parements des pierres, mais pas toujours car parfois recouvertes d‘enduit. Elles identifiaient donc l’artisan (en terme de responsabilité) en servant aussi de preuve pour être rémunéré, rémunération le plus souvent à la tâche[4], mais aussi d’« anti vol », l’usurpation d’identité existant déjà à l’époque !! On a pu retracer le parcours et les voyages de ces compagnons par le biais des Marques laissées sur les différents ouvrages auxquels ils participèrent.

Différents types de Marque au travers de l’Europe.

 

Mais alors, quel est le point de jonction entre cette « historiette » des Marques et le Rituel de la Marque tel que pratiqué en Franc-Maçonnerie actuellement ?

 

2.     Petite histoire de la Marque.

Essayons maintenant de faire une transition entre ces Marques d’opératifs médiévaux et ces Marques de spéculatifs de la Renaissance pour arriver à l’apparition de la Marque actuelle.

En Ecosse, il est de tradition d’initier un candidat en automne, de le passer en hiver, de l’élever au printemps et de lui proposer de déposer sa Marque en Mai. Tout l’apprentissage maçonnique se fait donc en une année, sans planche, en donnant au maçon et avec l’aide de ses Frères, tous les outils propres à l’élaboration de son chemin personnel. Cet apprentissage se fait par la connaissance du rituel par cœur, tel que présenté dans ses Statuts par William Schaw (1598 et surtout 1599) en adéquation avec l’Art de la Mémoire sur lequel était évalué un candidat au degré d’apprenti entré et de compagnon du métier. Il est question également dans ces mêmes Statuts d’une présentation de la Marque par le maçon. Si de nombreuses Marques d’opératifs de l’époque en Ecosse nous sont connus grâce à l’étude des procès-verbaux de Loge de l’époque[5], une des premières et peut être la connue d’un maçon spéculatif, fut celle de Robert Moray.

Ecossais, catholique, intellectuel, il fut initié au sein de Mary’s Chapel. Nous sommes en 1641 et beaucoup d’érudits de la Renaissance se découvrent un attrait puissant, pour l’ésotérisme, l’hermétisme, les préceptes des traditions antiques et de la Rose Croix. Il fit de son symbole personnel, le pentacle, sa Marque de Maçon. Il transforma cette étoile à cinq branches en une signature symbolique en y ajoutant 5 lettres formant le mot AGAPA. Cette idée marque une étape entre un simple signe d’identification d’un maçon opératif et la volonté d’exprimer au travers d’une Marque, le symbolisme des vertus attachées à cette même Marque. Même si Robert Moray ne fut pas le premier spéculatif, il marque une étape dans la pénétration des idéaux de la Renaissance, vers les Loges opératives. Ces nouveaux maçons spéculatifs arrivant dans les Loges écossaises du 17ème siècle, étaient invités à déposer une Marque comme leurs Frères opératifs.

 

Marque de Robert Moray

Il existe donc bien des Marques des premiers maçons spéculatifs mais quid du degré de la Marque ?

Comme pour de nombreux degrés maçonniques, l’origine et la datation sont souvent très mal connues. Il en va de même pour le degré de la Marque. Certes de nombreux documents tant écossais qu’anglais attestent des présentations de Marques mais aucun rituel n’est avéré ni connu.

La maçonnerie anglaise, depuis son unification en 1813 entre Modernes et Anciens, avait pour précepte que « la pure et ancienne maçonnerie consiste exclusivement en trois degrés, apprenti, compagnon et maitre ainsi que le sublime degré de l’Arche Royale mais cet article n’est pas prévu pour empêcher une loge ou un chapitre de pratiquer tout grade de la chevalerie » …. La G.L.U.A[6]. a beaucoup de mal, ainsi que nombre « d’historiens » anglais, à admettre que l’histoire de la maçonnerie britannique a des liens étroits avec l’Ecosse et pour cause quand on connait tout ce qui a opposé ces deux nations au travers des siècles. Dans les années qui suivirent, ni la Grande Loge ni le Chapitre de l’Arche Royale ne mirent en application la fin du précepte ci-dessus et la Marque fut quasiment oubliée du moins en Angleterre !!!

La Marque, entre 1817 et 1850, ne pouvait donc que disparaitre ou exister « à côté ». C’est ce qui arriva par la suite avec la création d’un Grande Loge des Maîtres Maçons de Marque, qui existe toujours, ce qui donne également l’expression « Side Degrees » pour la Marque anglaise et autres degrés.

Avant cette époque, on pratiquait sûrement tant en Ecosse qu’en Angleterre, une « cérémonie » d’attribution de ce degré mais sans précision aucune. Tout au moins la présentation de sa Marque en Ecosse se perpétua mais sans trace d’un rituel dédié.

L’Arche Royale, elle, se pratiquait au sein de Chapitres en dehors des attributions des Grandes Loges. Mais en Ecosse, la Marque était pratiquée dans les Chapitres d’Arche Royale et était un prérequis pour y entrer. Il l’est toujours. Mais suite à des évènements troubles et incertains (c’est aussi cela l’histoire de la Maçonnerie !), la Marque fut et est aussi pratiquée en Ecosse au sein des Loges du Craft[7]. On peut considérer qu’elle est un « intermédiaire » entre Compagnon et Maître et, sans rien dévoiler, une partie, celle de Compagnon détermine un Maçon de Marque, l’autre partie, celle de Maitre, déterminant un Maître Maçon de Marque. Elle est actuellement attribuée après la Maîtrise . Tout en faisant partie (ou non) des degrés du Craft, elle permet l’accès aux premiers degrés « Beyond the Craft » du Chapitre « au-delà du Métier » et non « à côté ».

Au milieu du 19ème siècle, un chapitre d’Aberdeen accorda des patentes à des Loges anglaises, sans l’accord du Suprême Grand Chapitre d’Ecosse qui les déclara quelques années plus tard illégales. Puis la G.L.U.A. et l’Arche Royale anglaise décidèrent de rejeter définitivement la Marque. Déçus par ces décisions, de nombreux maçons londoniens demandèrent directement au Suprême Grand Chapitre d’Ecosse la création d’une Loge sous l’autorité de celui-ci, ce qui fut accepté non sans provoquer dans les années qui suivirent, de nombreux troubles dans les rapports anglo-écossais des hautes sphères maçonniques !!!

Pour finir et dans la pratique, cette cérémonie garde une réelle imprégnation opérative comme les deux premiers degrés et procède toujours de la construction du Temple de Salomon. Elle peut être pratiquée, comme à la G.L.I.F., en Loge de Métier, mais peut également être pratiquée au sein d’un Chapitre souché sur la même Loge. Elle se positionne de manière assez pédagogique dans la chronologie de la maçonnerie salomonienne pour une meilleure compréhension du parcours d’un frère du Standard d’Ecosse.

MB, 05/2024

[1] La glyptographie, partie récente de l’histoire et de l’archéologie, est l’étude des gravures sur pierre.

[2] Dans la première Église, moine entré en religion à l’âge adulte, dévolu à des tâches manuelles.

[3] Certains y virent des alphabets secrets !!!

[4] D’où le nom également de Marques de « tâcherons ».

[5] « Les origines de la Franc Maçonnerie, Le siècle écossais », Davis Stevenson, Ed. Télètes Paris 1993.

[6] Grande Loge Unie d’Angleterre.

[7] Ou Loge symbolique ou Loge de Métier ; les loges dites bleues sur le continent.

Les Amis du Musée de la Franc-Maçonnerie : devenez membre !

Les Amis du Musée de la Franc-Maçonnerie (AAMFM) est une association loi de 1901 créée pour soutenir et promouvoir le Musée de la Franc-Maçonnerie, situé à Paris. Ce musée, situé au siège du Grand Orient de France, est l’un des plus importants au monde consacrés à l’histoire et à la culture maçonniques.

Les objectifs de l’Association

L’association Les Amis du Musée de la Franc-Maçonnerie a plusieurs objectifs principaux :

1. Soutien au Musée :

   – Fournir un appui logistique et financier pour les activités et le développement du musée.

   – Aider à l’acquisition de nouvelles pièces pour les collections du musée.

2. Promotion de la Culture Maçonnique :

   – Promouvoir la connaissance de l’histoire, des traditions et des valeurs de la franc-maçonnerie auprès du public ;

   – Organiser des événements, des conférences et des expositions pour sensibiliser le public à l’importance de la franc-maçonnerie ;

Marianne maçonnique

3. Diffusion des Connaissances :

   – Publier des ouvrages, des articles et des études sur des sujets liés à la franc-maçonnerie. Ainsi qu’une lettre d’information ;

   – Faciliter la recherche académique et la publication de travaux historiques et culturels sur la franc-maçonnerie.

Activités de l’Association

Les Amis du Musée de la Franc-Maçonnerie organise diverses activités pour accomplir ses objectifs :

Épée du marquis de La Fayette, détail

1. Événements et Conférences :

   – Organisation de conférences et de débats sur des sujets maçonniques, souvent en collaboration avec le musée,

   – Accueil de conférenciers éminents, experts en histoire maçonnique, pour des présentations et des discussions.

2. Expositions Temporaires :

   – Partenariat avec le musée pour monter des expositions temporaires thématiques, qui mettent en valeur des aspects spécifiques de l’histoire maçonnique.

3. Publications et Recherches :

   – Soutien à la publication de livres, de catalogues d’exposition et de recherches académiques sur la franc-maçonnerie,

   – Encouragement des recherches et études par des bourses et des subventions pour les chercheurs.

Tablier de Voltaire

4. Visites Guidées et Éducatives :

   – Organisation de visites guidées du musée, spécialement pour les membres de l’association et le grand public,

   – Programmes éducatifs pour les écoles et les groupes d’étudiants afin de promouvoir la connaissance de la franc-maçonnerie.

Adhésion et Bénévolat

L’adhésion à l’association Les Amis du Musée de la Franc-Maçonnerie est ouverte à tous ceux qui souhaitent soutenir le musée et ses activités. Les membres bénéficient de divers avantages :

Accès privilégié : accès privilégié à certaines expositions et événements organisés par le musée.

Informations exclusives : réception d’informations exclusives, de newsletters et de publications sur les activités du musée et de l’association.

Participations : opportunité de participer activement aux projets de l’association et de contribuer au développement du musée.

Pour devenir membre (20 €/an), c’est ICI.

Le bénévolat* est également encouragé, permettant aux passionnés de s’impliquer directement dans les activités de l’association et de contribuer à la promotion de la culture maçonnique.

Les Amis du Musée de la Franc-Maçonnerie jouent un rôle crucial dans le soutien et la promotion du Musée de la Franc-Maçonnerie à Paris. Par leurs diverses activités, ils contribuent à préserver et à diffuser l’héritage culturel et historique de la franc-maçonnerie. Leur engagement et leurs initiatives permettent de rendre accessible à un large public la richesse et la diversité de cette tradition séculaire.

*Bénévolat, le terme trouve ses racines dans le latin et est lié à des concepts de bonne volonté et de volontariat. Voici une explication détaillée de son origine et de son évolution :

-Origine Latine : Bene et Voluntas. Bene, ce préfixe latin signifie bien ou bon. Voluntas, ce terme latin signifie volonté ou désir.

L’association de ces deux racines donne une notion de bonne volonté ou de désir de bien faire.

Évolution du Terme

En latin classique : le terme latin benevolus se traduit par bienveillant ou de bonne volonté. Il est utilisé pour décrire une disposition d’esprit positive envers autrui, un état d’esprit généreux ou altruiste.

En français, le terme bénévole apparaît au XVIIe siècle, avec un sens proche de celui de bienveillant. Il évolue ensuite pour désigner une personne qui accomplit une action par pure générosité, sans rechercher de rémunération.

Au XXe siècle, le mot bénévolat se structure pour désigner spécifiquement l’action de s’engager volontairement dans une activité non rémunérée au service d’une cause, d’une organisation ou d’une communauté. Aujourd’hui, ce terme bénévolat désigne une participation libre et volontaire à des activités ou à des actions sans recherche de profit personnel. Et un service gratuit se caractérisant par des activités réalisées de manière désintéressée, souvent pour le bien-être de la communauté, pour des causes humanitaires, culturelles, sociales, sportives, etc.

Douze épopées familiales au fil de l’Histoire de France

Nicolas Saudray, pseudonyme sous lequel opère un ancien haut fonctionnaire, est une personnalité aux multiples facettes. Son parcours professionnel l’a conduit à occuper des postes de haute responsabilité, notamment à la présidence de la Bibliothèque nationale de France, où il a laissé une empreinte significative.

Au-delà de sa carrière dans la fonction publique, Nicolas Saudray est également un écrivain talentueux, distingué à plusieurs reprises pour son œuvre littéraire. En tant que romancier, il a été récompensé par des prix prestigieux tels que le prix Méditerranée et le prix Maurice Genevoix, ce qui témoigne de la qualité et de la portée de son travail dans le domaine de la fiction.

Parallèlement à son activité romanesque, Nicolas Saudray est également un dramaturge prolifique, ayant écrit plusieurs pièces de théâtre qui ont rencontré un franc succès auprès du public et de la critique.

Cependant, c’est dans le domaine de l’exploration historique que Nicolas Saudray se distingue particulièrement. Son ouvrage majeur, intitulé Nous les dieux, essai sur le sens de l’histoire, a été couronné par le prix Édouard Bonnefous en 2015. À travers cet essai, il offre une réflexion profonde sur la signification de l’histoire humaine, explorant les grandes forces et les motifs sous-jacents qui ont façonné le cours des événements à travers les âges.

Son dernier opus, L’Histoire de France vécue par douze familles-Quand la petite histoire se marie à la grande, s’inscrit dans la continuité de cette approche exploratoire de l’histoire. Dans cet ouvrage captivant, Nicolas Saudray éclaire la grande histoire à travers le prisme des destins individuels, en se concentrant sur douze familles emblématiques. Cette approche novatrice permet au lecteur de plonger au cœur de l’histoire de France de manière immersive et authentique, car chaque récit est ancré dans des faits réels et documentés.

Nicolas Saudray incarne la quintessence de l’intellectuel engagé, combinant une carrière remarquable dans la fonction publique avec une passion pour l’écriture et l’exploration des méandres de l’histoire humaine.

L’auteur nous entraîne donc à travers les siècles en suivant le destin de douze familles françaises. Ces familles, témoins et acteurs de leur époque, nous permettent de plonger au cœur des événements marquants de l’histoire de France.

Chaque famille représente une période spécifique, et leurs récits se croisent pour former une fresque vivante et immersive. De la guerre de Cent Ans à la Révolution française, en passant par les deux guerres mondiales, ces familles nous offrent un regard unique sur les bouleversements politiques, sociaux et culturels qui ont façonné notre pays.

À travers ces récits familiaux, L’Histoire de France vécue par 12 familles nous rappelle que derrière les grandes dates et les figures emblématiques se cachent des individus ordinaires, avec leurs joies, leurs peines, leurs espoirs et leurs luttes. Une lecture enrichissante qui nous permet de redécouvrir notre passé sous un angle nouveau.

L’expression « la petite histoire nourrit la grande » souligne l’importance des récits individuels et familiaux dans la compréhension des événements historiques plus larges, souvent décrits dans les manuels d’histoire. Ce concept est particulièrement pertinent dans le contexte du livre où la vie et les expériences desdites familles sont utilisées pour éclairer et donner vie à l’histoire nationale de la France.

Chaque petite histoire, en enrichissant la grande, permet une compréhension plus riche et plus nuancée de note Histoire de France, avec un grand « H ». Elle aide à combler le fossé entre le passé et le présent, montrant que l’histoire n’est pas seulement faite de grands noms et de dates, mais aussi des expériences quotidiennes des individus ordinaires.

Nous retenons le troisième chapitre « Noblesse de cloche, noblesse d’office, noblesse d’Empire – Les Haussy de Péronne en Picardie », souhaitant surtout expliquer surtout ce qu’est cette noblesse. En effet, la noblesse de cloche et celle d’office sont deux formes de noblesse qui ont émergé en France avant la Révolution française.

La noblesse de cloche désigne les personnes qui ont accédé à la noblesse grâce à des charges municipales, notamment celle de maire ou d’échevin dans certaines villes. Le terme « cloche » fait référence à la cloche utilisée pour convoquer les assemblées municipales. Cette forme de noblesse a été obtenue par des bourgeois qui, en occupant certaines charges municipales (comme maire, échevin, capitoul, etc.) dans des villes ayant ce privilège, se voyaient octroyer la noblesse. Elle est transmissible héréditairement.

Quant à la noblesse d’office, celle-ci concerne les personnes qui accèdent à la noblesse après l’exercice de certaines charges publiques ou officielles. Ces charges incluent des offices judiciaires (comme les magistrats des parlements), des offices financiers (fermiers généraux, trésoriers, etc.), et d’autres charges administratives ou militaires. Pour devenir noble, le titulaire devait souvent occuper l’office pendant une durée déterminée, généralement 20 ans, ou payer une taxe appelée « droit de noblesse ». Elle est généralement héréditaire après une ou plusieurs générations.

Ces deux formes de noblesse montrent l’évolution sociale de la France d’Ancien Régime, où les distinctions nobles ne reposaient plus uniquement sur la possession de terres ou les exploits militaires, mais également sur l’acquisition d’offices et de charges municipales.

Les Haussy (ou de Haussy) étaient une famille noble française originaire de Péronne, une ville située en Picardie. Une famille dont les premières mentions de cette famille remontent au Moyen Âge.

Mais avec cet ouvrage, l’auteur nous emmène également à travers une exploration géographique tout aussi fascinante de la France. Chacune de ces douze familles sert de prisme à travers lequel Nicolas Saudray présente succinctement l’histoire de différentes régions. Il nous conduit à la découverte de régions tels le nord du Cotentin, dans la Manche, en Normandie, le canton des Grisons, situé dans l’est de la Suisse, avec son histoire riche en raison de sa diversité culturelle et linguistique, le pays de Penthièvre, en Bretagne, dans la Somme, en Picardie, en Haute-Saône, en Île-de-France, berceau historique de Paris, et en Beauce, grenier à blé de la France, dans le Rouergue, situé dans l’actuel département de l’Aveyron, etc. Toutes ces belles régions de France sont au cœur du livre. Nicolas Saudray réussissant à nous faire ainsi découvrir la diversité géographique, culturelle, et historique de la France en mêlant subtilement anecdotes familiales et événements nationaux.

Nous retenons que chaque chapitre s’ouvre sur une introduction contextuelle qui situe les familles dans leur époque respective, offrant ainsi un aperçu des conditions sociales, économiques, et politiques de l’époque. Le livre illustre la manière dont chaque famille a été influencée par les grands mouvements de l’histoire, des guerres et des révolutions aux changements sociaux et économiques. L’auteur utilise une approche narrative pour raconter ces histoires, mélangeant faits historiques rigoureusement recherchés avec une prose captivante qui donne vie aux personnages et aux époques qu’ils ont traversées. L’ouvrage est enrichi d’arbres généalogiques qui aident le lecteur à suivre les liens familiaux et leur évolution à travers les siècles.

L’Histoire de France vécue par douze familles est plus qu’un simple livre d’histoire, c’est une exploration profonde de l’humain à travers le temps. Nicolas Saudray réussit à montrer que l’histoire n’est pas seulement faite de dates et d’événements mais aussi de personnes et de familles qui ont chacune contribué à façonner le cours de l’histoire de leur pays. Au-delà d’une réussite remarquable, – augmentée des illustrions des couvertures et rabats de Pierre Collier – l’ouvrage est indispensable pour tous ceux qui s’intéressent à l’histoire française sous un angle plus personnel et intime. Passionné(e) d’histoire ou simplement curieux(se) de mieux comprendre les racines de la France, la lecture du dernier opus de Nicolas Saudray vous comblera.

L’Histoire de France vécue par douze famillesQuand la petite histoire se marie à la grande

Nicolas SaudrayediSens, 2024, 496 pages, 29 €

La Bible, une histoire de frères ennemis (Par Laurent Ridel)

Du site de Laurent Ridel decoder-eglises-chateaux

L’Ancien Testament s’étale sur plusieurs milliers d’années, remplit plusieurs centaines de pages d’où une profusion de personnages à l’intérieur. Certains sont obscurs à moins que la Bible soit votre livre de chevet.  Or, en tant que visiteurs d’églises ou de musées, vous vous retrouvez peut-être devant des œuvres mettant en scène un de ces personnages. Comment s’y retrouver ?  L’historien de l’art Jean Wirth propose une première clé : lire l’Ancien Testament comme une succession d’histoires de frères qui ne s’aiment pas ou que Dieu favorise ou maudit.  L’idée, provocante, a quelques fondements.  
Les frères ennemis les plus connus.
Commençons par les deux enfants d’Adam et Ève : Abel et Caïn. Leur conflit a pour origine une offrande à Dieu, comme le rappelle ce chapiteau roman.
À droite, l’agriculteur Caïn (son nom se devine dans le coin au-dessus) offre une gerbe de blé de mauvaise qualité tandis que l’éleveur Abel remet un agneau, le premier-né de son troupeau. Dieu accepte ce dernier don. Sa main sort des nuées pour bénir l’éleveur. L’offrande de Caïn est par contre refusée. Sur le chemin du retour, Caïn, jaloux, tue son frère.  C’est le premier meurtre de la Bible. 
Un échangisme qui tourne mal
Tournons les pages pour arriver à Abraham. Ce patriarche se désespère de ne pas avoir de descendance avec sa femme Sara. Se croyant stérile et approchant de la vieillesse, cette dernière se résout à laisser sa place au lit à la servante Agar. Son sacrifice fonctionne : Agar donne naissance à Ismaël.  L’affaire se complique lorsque Dieu permet finalement à la vieillissante Sara d’enfanter à son tour. Abraham se retrouve avec deux fils : Ismaël et Isaac. Forte de son statut d’épouse et de mère, Sara oblige le patriarche à chasser la servante et son fils. Ils erreront dans le désert.
Anonyme, La Répudiation d’Agar, musée du Prado, Madrid, XVIIe siècle
La tromperie de Jacob
Sur ce chapiteau de l’abbatiale de Vézelay, on retrouve à gauche Isaac, le fils d’Abraham. Il est devenu vieux et aveugle (regardez ses yeux bridés). À sa droite, son fils Jacob qui est en train de le berner sous les yeux de sa mère.  Profitant de la cécité de son père, Jacob se fait passer pour son frère aîné Ésaü. Isaac le bénit, lui conférant la prospérité et la domination sur son frère. Lorsqu’Ésaü découvre la supercherie, il est trop tard. Furieux d’avoir été lésé de son droit d’aînesse, il jure de tuer Jacob. Mais l’histoire ne termine pas comme entre Abel et Caïn. L’imposteur fuit chez son oncle et sauve sa vie.
Joseph et ses 11 frères
Une fratrie si nombreuse risque de devenir un panier de crabes. Les 12 sont précisément les enfants de Jacob qu’on vient de quitter. Parmi eux se distingue Joseph, le préféré et enfant d’un second lit. Les ingrédients sont là pour susciter la jalousie.  Les frères complotent pour se débarrasser du jeune Joseph. Après avoir pensé à le tuer (décidément !), ils se résolvent à l’enfermer dans une citerne. Cet épisode se devine sur le vitrail de la cathédrale de Chartres : Joseph est glissé dans un trou. 
Ayez une pensée pour l’embarras du peintre-verrier : représenter les 12 frères dans un petit compartiment de vitrail. Il y a renoncé 🙂. Ensuite, selon les versions de la Bible, le malheureux Joseph est soit vendu soit secouru par des marchands.  Les frères s’en retournent auprès de leur père Jacob. Pour cacher leur forfait, ils lui justifient l’absence de Joseph en avançant l’hypothèse d’un meurtre. À l’appui de leur version, ils tendent sa tunique ensanglantée. En vérité, le sang d’un bouc leur a servi à fabriquer cette preuve. 
Alors que Jacob pleure ce fils adoré, Joseph se retrouve esclave en Égypte. Heureusement, ses qualités d’administrateur et d’interprète de rêves le font remarquer du pharaon. Il sauve notamment le royaume d’une famine grâce aux importants stocks de grain qu’il a commandé lors des années fastes.  Justement, un jour, Joseph voit arriver à la Cour ses frères menacés à leur tour par la pénurie. Aucun ne le reconnaît. Joseph en profite pour leur faire subir quelques épreuves. Il glisse par exemple une coupe dans les bagages d’un frère puis le fait arrêter pour vol. 
Finalement, touché par la solidarité entre les frères, Joseph se fait reconnaître et accueille toute sa famille en Égypte, la mettant à l’abri de la famine.
Un geste à la source d’une discorde
À la génération suivante, les conflits reprennent. À son tour, Joseph a deux fils : Manassé et Ephraïm. Les deux frères semblent s’entendre. Aucun ne cherche à se débarrasser de l’autre. Enfin ! Mais le grand-père Jacob met un peu de fiel dans la relation. Au moment de les bénir, il pose sa main droite sur la tête du cadet, Ephraïm, et sa main gauche, sur la tête de l’aîné Manassé. Or la main droite prime toujours symboliquement.  Regardez la bénédiction croisée de Jacob sur cette sculpture de la cathédrale d’Amiens. 
Si on ne connaît pas l’histoire, on ne peut pas comprendre ce geste apparemment maladroit (Jacob semble agir comme un DJ qui mixe). En fait, par ce geste à l’encontre de l’ordre généalogique, Jacob favorise volontairement le cadet. Cela peut vous sembler anodin, mais il y a des conséquences : la descendance et la tribu d’Ephraïm seront effectivement plus prospères que celle de Manassé.  Ces cinq histoires fraternelles, voire fratricides, vous font entrer dans les nombreux imbroglios familiaux de la Bible et vous dessinent quelques branches d’un foisonnant arbre généalogique. Cet angle laisse par contre dans l’ombre les femmes. À ma connaissance, l’Ancien Testament ne rapporte aucun conflit entre sœurs, aucune sororicide (le terme existe). Avez-vous des contre-exemples ?
Décoder les abbayes et monastères : point d’avancée du livre
Le mois dernier, je vous ai promis de partager le processus d’écriture de mon livre consacré aux abbayes et monastères.  12 relecteurs m’accompagnent dans ce projet. Nous nous sommes réunis au cours d’une visioconférence. Actuellement, ils discutent de ma table des matières. Leurs premières remarques m’incitent à faire comme certains candidats de « Qui veut gagner des millions ? » : demander l’avis du public. Sur certains points, je ne suis pas sûr de la direction à prendre et vous allez m’éclairer.  Mieux, vous allez résoudre ma crise existentielle d’auteur. Dimanche dernier, je me suis en effet interrogé sur la forme et le style du livre. Il était temps : j’en avais écrit environ 20 % ! Pour le moment, je rédige à la manière de ce que vous lisez habituellement dans cette infolettre et mes articles : de la narration et des images. Mais peut-être préférez-vous une autre recette que j’avais expérimenté sur un précédent livre numérique, Comment regarder les sculptures médiévales.  Dans ce livre, l’écriture est plus descriptive et efficace que narrative. Surtout, la mise en page est plus graphique. En voici deux pages :

RÉVÉLATIONS : Bardella et Attal sont tous deux Francs-maçons, les preuves évidentes…

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Comme vous le savez, la rédaction de 450fm est toujours en quête de preuves et de scoops, surtout quand il s’agit de débusquer tous les allumés de la conspiration maçonnique. Cette semaine, nous avons découvert un spécimen qui dévoile les poignées de mains des Francs-maçons au travers de deux politiciens bien connus de notre actualité politique française. Nous vous laissons savourer ces 5 minutes de délire.

Comme vous le constaterez, nous avons choisi de placer cet article dans la rubrique humour plutôt que dans celle de l’antimaçonnisme. Vous comprendrez pourquoi très vite…

9 juin 2024 – La commission Europe de la Fédération française du Droit Humain appelle à voter aux élections européennes

Le 9 juin prochain, les 359 millions d’électeurs européens sont appelés à élire au suffrage universel direct à un tour leurs représentants au Parlement européen pour les cinq prochaines années.

Ce rendez-vous démocratique est essentiel pour répondre aux besoins d’un monde coopératif et solidaire, digne et respectueux, juste et inclusif, autant qu’aux défis de notre temps : défense des droits fondamentaux, respect de la démocratie, mise en œuvre de mesures sociales, question migratoire, enjeux climatiques, souverainetés, santé, défense…

L’Union européenne est la seule échelle pertinente et en capacité à répondre à ces défis.

Face à la montée historique des nationalismes et des extrémismes, le futur Parlement européen devra travailler à des propositions ambitieuses pour tous les États membres.

Fidèles aux valeurs qui ont permis la construction européenne, nous désirons une Europe forte et « unie dans la diversité ».

Dans un contexte de montée des populismes de tous bords, la Fédération Française du DROIT HUMAIN, attachée aux valeurs d’humanisme et de fraternité, appelle au vote – notamment des jeunes ! – lors des élections européennes du dimanche 9 juin 2024.

Ne vous abstenez pas. Exprimez-vous, VOTEZ et incitez votre entourage à en faire de même !

Le 24 mai 2024.

La commission Europe de la Fédération Française de l’Ordre Maçonnique Mixte International LE DROIT HUMAIN

Les mystérieux secrets des bâtisseurs du sacré…

Dans son troisième volume des « Bâtisseurs du sacré-Des mégalithes aux édifices religieux », Éric Charpentier abordant, cette fois-ci, les « Mégalithes oubliés du sud Lyonnais – De Saint-Martin de Cornas à Saint-Vincent d’Agny », se concentre spécifiquement sur Saint-Vincent d’Agny, une localité du sud Lyonnais.

À une vingtaine de kilomètres au sud de Lyon, le Plateau Mornantais est parsemé de menhirs, formant l’un des principaux sites mégalithiques du département du Rhône. Toutefois, malgré la présence du dolmen de Mornant, ces pierres n’ont jamais suscité l’intérêt des scientifiques, ce qui leur vaut le nom de « mégalithes oubliés du Sud Lyonnais« . Ce troisième tome de la série d’Éric Charpentier explore ces pierres mystérieuses, en les replaçant dans le contexte des sites sacrés et religieux de la région, et en les reliant aux pratiques d’une science de l’arpentage multimillénaire.

Saint-Vincent d’Agny

Éric Charpentier introduit le site de Saint-Vincent d’Agny en détaillant sa situation géographique et historique. Le plateau est décrit comme un lieu riche en histoire, avec des traces d’occupation humaine remontant à des millénaires. Il commence par situer le village et son église, soulignant l’importance des alignements de menhirs et de pierres levées dans le paysage.

L’auteur examine les différents mégalithes présents à Saint-Vincent d’Agny. Il décrit en détail les structures, leur disposition et les matériaux utilisés. L’auteur souligne que ces pierres ne sont pas disposées de manière aléatoire, mais suivent des alignements précis, ce qui témoigne d’une connaissance approfondie de la géométrie et de l’astronomie par les anciens bâtisseurs.

Chapelle Saint-Vincent de Saint-Laurent-d’Agny

Éric Charpentier se penche ensuite sur les édifices religieux de la région, notamment l’église de Saint-Vincent d’Agny. Il établit des parallèles entre la disposition des mégalithes et celle des bâtiments religieux. Il met en lumière les symboles cachés dans l’architecture de l’église et leur lien avec les anciennes traditions mégalithiques. La thèse de l’auteur est que les bâtisseurs de ces édifices possédaient une science sacrée de l’arpentage et de la géobiologie, qu’ils ont appliquée à la fois aux structures mégalithiques et aux constructions religieuses.

Éric Charpentier approfondit l’idée que les bâtisseurs anciens étaient à la fois géomètres, géobiologues et médecins de la Terre. Il explique comment cette science ancestrale est comparable à celle utilisée dans des sites mégalithiques célèbres comme Carnac, Stonehenge ou New Grange. L’auteur développe l’idée que les positions des mégalithes et des édifices religieux étaient intentionnellement choisies pour créer des lieux de puissance et de guérison.

L’ouvrage se conclut par une réflexion sur l’héritage des bâtisseurs du sacré et l’importance de redécouvrir et de préserver ces connaissances anciennes. Charpentier invite les lecteurs à considérer ces sites sous un nouveau jour, non seulement comme des vestiges du passé, mais comme des témoignages d’une science et d’une spiritualité profondément connectées à la Terre.

1re de couv., détail

Les bâtisseurs du sacré – Des mégalithes aux édifices religieux – Tome 3 est une œuvre qui explore les liens mystérieux et souvent oubliés entre les mégalithes et les édifices religieux du sud Lyonnais. En se concentrant sur des sites comme Saint-Vincent d’Agny, Éric Charpentier nous offre une vision renouvelée de ces lieux, mettant en lumière leur importance historique et spirituelle. Le livre est une invitation à redécouvrir et à préserver ces témoignages d’un savoir-faire ancien, où science, spiritualité et architecture se rejoignent.

Le livre est riche en descriptions détaillées et en analyses profondes, ce qui en fait une ressource précieuse pour les amateurs de mégalithes et d’histoire religieuse. Toutefois, certains lecteurs pourraient trouver les théories de Charpentier sur la science sacrée des bâtisseurs un peu spéculatives. Néanmoins, son approche passionnée et érudite offre une perspective fascinante sur ces monuments anciens. La préface de Pierre-Alexandre Nicolas ajoute une dimension supplémentaire, en apportant un éclairage sur les enjeux actuels de la préservation du patrimoine mégalithique.

Mégalithes de Saint-Vincent d’Agny – Source http://regardsdupilat.free.fr

Dans cette œuvre magistrale, un aspect enchanteur capte tout particulièrement notre attention et émerveille notre esprit curieux : les très nombreuses illustrations, cartes et plans, si minutieusement détaillés. Chaque page tournée est une nouvelle invitation au voyage, une incursion dans un monde ancien rendu palpable par la richesse visuelle qui accompagne le texte.

Les illustrations, avec leur précision et leur délicatesse, semblent presque vivantes, comme si les pierres et les édifices qu’elles représentent s’animaient sous nos yeux. Les cartes, véritables œuvres d’art, tracent avec une exactitude remarquable les contours de ce territoire mystérieux, nous guidant à travers les méandres de l’histoire et de la géographie du sud Lyonnais. Quant aux plans, leur clarté et leur complexité nous plongent au cœur même de la science de l’arpentage des bâtisseurs du sacré, révélant des secrets longtemps enfouis sous la terre et le temps.

Deux villages, deux chapelles – Source http://regardsdupilat.free.fr

C’est un plaisir rare et précieux que de se perdre dans ces illustrations, de laisser notre regard vagabonder sur les détails infinis, chaque trait et chaque ombre racontant une histoire. Elles enrichissent le récit, le complètent, le transcendent même, offrant une dimension supplémentaire à la prose déjà envoûtante d’Éric Charpentier. Grâce à ces visuels, le lecteur n’est plus simplement un observateur distant, mais devient un explorateur actif, déchiffrant les mystères des mégalithes oubliés et des édifices religieux avec une nouvelle acuité.

Pierre-Alexandre Nicolas

Éric Charpentier

À 52 ans, père de deux enfants, Éric Charpentier vit dans les monts du Lyonnais et travaille dans le domaine de l’architecture. Avec son œil de professionnel, il détecte entre les sites mégalithiques et religieux une organisation intentionnelle et énigmatique

Quant à Pierre-Alexandre Nicolas, le préfacier, il dirige la Société Géobiologia SARL, et est un spécialiste en géobiologie et en bien-être qui opère dans le domaine de l’habitat depuis 1995.

Les bâtisseurs du sacré-Des mégalithes aux édifices religieux-Tome 3-Mégalithes oubliés du sud Lyonnais-De Saint-Martin de Cornas à Saint-Vincent d’Agny

Chapitre IV-Saint-Vincent d’Agny

Éric Charpentier – Préface Pierre-Alexandre Nicolas

Alkémia éditions, 2024, 258 pages, 30 €

08/06/24 : L’Académie Maçonnique de Lille propose de cheminer à travers le Sacré

Dans cadre de son cycle annuel de conférences sur le thème « L’Homme et le sacré », L’Académie Maçonnique de Lille vous invite à découvrir son programme :

9h30 : Introduction par le Président

9h45 : L’Amour : Chemin vers le Sacré par Sophie Mondoré, GLFF ; membre de la loge de recherche Bathilde Vérité, Professeur de philosophie – Nombreuses publications : Tolkien, premier penseur d’une mythologie universelle ?, Rituel, Vérité et Licornes, Le meurtre d’Hiram, une lecture hermétique.

Gaston-Paul Effa

11h00 : Le Sacré dans tous ses états par Gaston-Paul Effa, GL-AMF, Professeur de philosophie, Vénérable Maître de la Loge de Recherche Nationale de L’Alliance et auteur de romans dont : Le Livre de l’alliance (en collaboration avec André Chouraqui),

Le dieu perdu dans l’herbe : L’animisme, une philosophie africaine (Presses du Châtelet, 2015), prix littéraire de l’Institut Maçonnique de France (IMF) 2016, catégorie Essai – Symbolisme, L’enfant que tu as été marche à côté de toi (Gallimard, Coll. Continents Noirs, 2021).Gallimard

12h00 : Dédicace de Livres et de revues par les conférenciers

Site de la Grande Loge de France, Ronchin (Nord)
Site de la Grande Loge de France, Ronchin (Nord)

Infos pratiques

Conférences réservées aux sœurs et frères maîtres maçons

Samedi 8 Juin 2024 de 9h30 à 12h

Ronchin 59790, dans les locaux de la Grande Loge de France (GLDF)

Patrick Weslink

Participation : deux journées (juin et novembre) avec les Annales : 35€/journée seule 20 €

Règlement : chèque à l’ordre de :      Le Cercle de l’Acacia

Adresse : Patrick Weslinck, 27 Impasse de la Forge – 59190 MORBECQUE

Ou par virement sur le compte : asso le cercle de l’ acacia  FR76 16706000215395557953073. AGRIFRPP867

Pour tous renseignements.

Le Dessin de Jissey : « Initiation »

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Il y a quelques jours, Alain Graesel – Grand Maître des Loges Unies d’Europe, nous a parlé de travail maçonnique. Un hiérarque qui ne manque pas d’humour puisqu’il a accepté de préfacer le prochain livre de JISSEY ( Grains de Sel pour un Monde Maçonnique Mystérieux) à paraitre en novembre chez Dervy. C’est donc avec un sourire facétieux que notre ami dessinateur a pensé que la fabrication du pavé mosaïque pouvait être un travail initiatique !