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Selon l’ancien magistrat : « Pour combattre les puissances occultes il faut des personnes incorruptibles et autonomes »

De notre confrère antimafiaduemila.com – Source : Agenparl

« Souvent la ‘Ndrangheta et la franc-maçonnerie déviante fusionnent, surtout aux plus hauts niveaux, là où passent les fils de haute tension. C’est dans ces domaines que s’opère l’union entre la franc-maçonnerie déviante et la ‘Ndrangheta de dernière génération. Il ne s’agit plus de simples infiltrations : le but est de devenir un État. Nous ne sommes plus dans la saison des collusions, un saut qualitatif a été fait : l’ambition est d’entrer au cœur de l’État ».

L’ancien magistrat Luigi de Magistris* l’a dit dans une longue interview. Maire de Naples de 2011 à 2021, avec deux mandats consécutifs, de Magistris a évoqué les affinités qui lient la ‘Ndrangheta à la franc-maçonnerie déviante.

Des liens qui existent depuis des décennies et qui se sont aujourd’hui enracinés avec une ampleur sans précédent. « La franc-maçonnerie déviante, les maçomafias, s’étendent partout. Ils opèrent politiquement de manière absolument transversale, tout en entretenant un fort lien noir-criminel historiquement très proche de la droite néofasciste. La franc-maçonnerie déviante – a souligné de Magistris* – sait aussi être écologiste, si cela est utile pour faire des affaires et consolider le pouvoir. Un impact très fort est enregistré dans le contrôle des dépenses publiques et des flux d’argent public européen, national et régional. Dans l’économie, la présence maçonnique est très forte, notamment dans les secteurs stratégiques pour le pays. La franc-maçonnerie déviante s’efforce toujours de construire des relations étroites et opaques entre le public et le privé. Mais ce qui est le plus frappant, c’est l’infiltration des loges occultes également dans l’appareil de contrôle : justice, police, forces armées, services secrets. Ce ne sont pas simplement des pommes pourries, mais tout un verger contaminé.

L’objectif des francs-maçons déviants – a précisé l’ancien magistrat – est d’influencer les institutions démocratiques, de prendre des décisions dans des lieux séparés et de les ratifier dans des cadres institutionnels. Un véritable gouvernement occulte de la République, en place depuis au moins la fin des années 1960 et aujourd’hui plus fort que jamais. Pour neutraliser les honnêtes serviteurs de la République, ils n’utilisent plus la TNT, mais la légalité formelle et les balles institutionnelles ».

De Magistris* ne manque pas de dénoncer la présence d’un « gouvernement caché » qui opère au sein de l’État, parvenant à influencer de manière significative la politique, l’économie et les institutions. Pour l’ancien magistrat, la franc-maçonnerie déviante, avec la ‘Ndrangheta, a atteint un tel niveau de pouvoir qu’elle est même capable de contrôler, ou du moins d’exercer une influence sur l’appareil de contrôle de l’État, comme la justice et la police.

« Il a toujours existé, dans le monde de la franc-maçonnerie déviante et des loges occultes, de Gladio à P2 jusqu’à Calabre, un niveau supérieur caractérisé par un degré absolu de confidentialité, où mafias, francs-maçonneries déviantes et morceaux d’État se soudent de manière égale et de manière plus forte. Pour combattre ces forces, l’État doit disposer de soldats capables et disposés à le faire – a réaffirmé de Magistris – car le prix à payer est élevé. Nous avons besoin de personnes formées et incorruptibles, capables d’enquêter de manière autonome et indépendante . » 

Pour cette raison – a-t-il poursuivi – il est nécessaire de « renforcer la législation qui, en 1982, après le scandale P2, a introduit le délit d’association secrète. Il faut augmenter les sanctions et mieux préciser l’affaire pénale. En outre, l’autonomie et l’indépendance du pouvoir judiciaire ne doivent pas être compromises, sinon il sera impossible d’enquêter dans cette direction. Ce n’est pas un hasard si la subordination du ministère public au pouvoir exécutif était l’un des points centraux du « plan de renaissance démocratique » de la Loge Propaganda 2, et aujourd’hui le gouvernement Meloni semble vouloir mener à bien ce plan. » – continue-t-il –

« L’Italie est une démocratie formelle mais pas substantielle . Les puissances occultes, souvent étroitement liées aux services secrets étrangers pour préserver le Pacte atlantique – a conclu Luigi de Magistris – sont celles qui gouvernent de facto, et maintenant aussi formellement, le pays. Les décisions prises dans les lieux de franc-maçonnerie déviante sont ratifiées dans les instances constitutionnelles. »

* Luigi de Magistris

Luigi de Magistris, ex maire de Naples

Né le 20 juin 1967 à Naples, est un ancien magistrat et un homme politique italien, maire de Naples de 2011 à 2021. Fondateur du parti Democratie et Autonomie, il prend en 2022 la tête de l’Union Populaire, coalition de gauche écosocialiste.

Carrière de magistrat
Après des études de droit, Luigi de Magistris devient magistrat en 1993. Il travaille auprès du procureur de la République à Naples entre 1998 et 2002, avant de devenir substitut du procureur de la République au tribunal de Catanzaro.

Député européen
En juin 2009, Luigi de Magistris est élu député européen en tant que membre du parti de l’Italie des Valeurs, affilié au groupe Alliance des démocrates et des libéraux pour l’Europe (ADLE). Il est président de la commission du contrôle budgétaire et membre de la conférence des présidents de commissions au Parlement européen.

Maire de Naples
En mai 2011, il remporte l’élection municipale et devient maire de Naples en battant au premier tour le candidat du Parti démocrate. Il quitte Italie des valeurs pour créer le Mouvement orange, qui participe à la coalition électorale Révolution civile lors des élections générales de 2013. Le 1er janvier 2015, il accède également à la fonction de maire de la ville métropolitaine de Naples, nouvellement créée, qui remplace la province du même nom.

Il parvient à améliorer la qualité de vie à Naples durant son premier mandat, mettant fin à la crise des déchets, relançant l’activité touristique et développant des projets sociaux et culturels. Le taux de chômage dans la ville reste cependant, en 2016, l’un des plus élevés de la péninsule.

En conflit avec le président du Conseil, Matteo Renzi, il est réélu maire de Naples le 19 juin 2016, avec 67 % des voix au second tour.

Les clés du savoir caché : Plongez dans l’univers ésotérique…

L’ouvrage de Jean-Marc Font, L’ésotérisme : toutes les clefs pour comprendre, est une exploration érudite et réfléchie de l’univers ésotérique, un domaine souvent considéré comme mystérieux, voire hermétique.

Avec une écriture à la fois accessible et riche en références historiques et symboliques, l’auteur s’attache à démystifier l’ésotérisme, le définissant non pas comme un ensemble de pratiques occultes éloignées du rationalisme moderne, mais comme une voie de connaissance parallèle, subtilement tissée à travers les âges et les cultures.

Dès l’introduction, Jean-Marc Font nous plonge dans une réflexion profonde sur le concept de « rien » et du « tout », notions clés dans la compréhension de l’ésotérisme. La phrase de l’homme d’État Georges Clémenceau (1841-1929), « un polytechnicien sait tout mais rien d’autre », prend ici une dimension nouvelle. L’auteur questionne notre rapport à la connaissance et au sens, en insistant sur le fait que l’ésotérisme s’intéresse précisément à ce qui échappe au savoir purement rationnel, à ce « rien d’autre » qui peut en réalité contenir le « tout ». Cette introduction nous invite à un voyage intellectuel où le vide se révèle être plein de possibilités, une exploration des limites de la connaissance humaine.

Jean-Marc Font répond à la question « qu’est-ce que l’ésotérisme ? » en décrivant cet univers comme un ensemble de courants spirituels qui se développent en marge des religions établies. Cette définition élargie de l’ésotérisme le présente comme un chemin de connaissance parallèle, une approche du monde où se croisent mystère et rationalité. Le livre de Jean-Marc Font est par ailleurs solidement documenté, s’appuyant sur une multitude de sources historiques, symboliques et philosophiques.

Antoine Faivre (OE) – Source BAGLIS TV

Les références à l’historien Antoine Faivre (1934-2021), directeur d’études émérite de l’École pratique des hautes études (EPHE) et un des maîtres à penser de l’ésotérisme, et à la Gnose, par exemple, montrent bien l’étendue et la profondeur de la réflexion.

L’auteur dévoile tous les enjeux initiatiques de l’ésotérisme et en distingue quatre caractéristiques essentielles selon Antoine Faivre : l’existence de correspondances universelles, la nature comme un être vivant, la médiation entre les différents niveaux de réalité, et l’expérience de la transformation intérieure ou « transmutation spirituelle ». Ces quatre axes sont développés tout au long de l’ouvrage, chacun servant de clé pour ouvrir les différentes serrures de la compréhension ésotérique.

Dans ce contexte, l’ésotérisme n’est plus perçu comme un simple « flirt de l’esprit » ou un passe-temps pour amateurs de mystères, mais comme une véritable quête de sens qui rejoint l’histoire même de l’humanité. Le livre nous transporte ainsi dans une promenade érudite à travers les âges, des mystères de l’Égypte ancienne à la Renaissance, en passant par les traditions hermétiques de l’Occident et les voies spirituelles orientales comme le Taoïsme. Chaque étape de ce voyage est l’occasion de découvrir les apports diversifiés des traditions ésotériques au développement de la pensée humaine.

Jean-Marc Font nous offre un panorama des grandes écoles ésotériques, de la Kabbale juive et chrétienne à la magie naturelle et l’alchimie, en passant par la franc-maçonnerie, le martinézisme, et les théosophies occidentales et orientales. Il met en lumière la richesse symbolique de ces courants, soulignant leur impact profond et durable sur les sciences et les arts.

La dimension opérative du livre est également mise en avant par la présence de chapitres dédiés à la pratique de l’ésotérisme. L’auteur ne se contente pas de proposer une réflexion théorique, il invite le lecteur à s’engager dans une démarche active, à expérimenter par lui-même les rituels, les visualisations, et les méditations qui jalonnent le chemin ésotérique. Ces pratiques sont présentées comme des moyens de « se reconstruire soi-même », de développer une nouvelle relation au monde et à soi, en accord avec les rythmes universels et les mouvements de l’âme.

Patrick Lelong

La préface, rédigée par Patrick Lelong, apporte une profondeur supplémentaire à l’ouvrage. Initié en 1981 à la Grande Loge de France au sein de la loge « Arts et Progrès », il a poursuivi son parcours maçonnique au Rite Écossais Rectifié aux « Amis Bienfaisants ».

Journaliste réputé dans le domaine de la gestion de patrimoniale, intervenant dans de nombreux média financiers et à la radio, il a écrit plusieurs ouvrages sur ces sujets mais également sur la franc-maçonnerie dont le Petit dictionnaire énervé de la franc-maçonnerie (éditions de l’Opportun), également en version poche. Patrick Lelong apporte un éclairage sur la relation entre ésotérisme et franc-maçonnerie, soulignant comment ces deux domaines s’enrichissent mutuellement dans la quête de connaissance et de sagesse.

Illustration 1re de couv., par MAUVE, détail

L’œuvre se clôt sur une réflexion sur l’importance du symbole et du trait dans l’ésotérisme. Jean-Marc Font y explore l’idée que tout symbole ésotérique est une porte vers une autre forme de rationalité, une invitation à dépasser les apparences pour accéder à des niveaux de signification plus profonds. La couverture de l’ouvrage elle-même, réalisée par l’artiste Mauve, est analysée dans ce cadre. Le trait, élément fondamental du dessin et de l’écriture, devient ici une métaphore de la connexion entre l’intérieur et l’extérieur, entre le visible et l’invisible. Le point, la ligne, la courbe se transforment en autant de voies pour comprendre et ressentir le monde ésotérique.

Jean-Marc Font – Source BAGLIS TV

Jean-Marc Font, polytechnicien de formation, se révèle être un guide éclairé dans ce domaine complexe. Son parcours initiatique riche et diversifié lui permet d’aborder l’ésotérisme avec la rigueur d’un scientifique tout en conservant l’ouverture d’esprit nécessaire à l’exploration des mystères. Jean-Marc Font invite le lecteur à une découverte personnelle de l’ésotérisme, à une initiation qui ne se limite pas à l’acquisition de connaissances théoriques, mais qui englobe également une transformation intérieure, un éveil spirituel. Nous lui devons l’anthologie Les grands textes de l’ésotérisme(Éd., Trajectoire, 2007).

La collection La parole circule des éditions Le compas dans l’œil – maison d’édition du groupe V Publications diffusée par Editis-Interforum, un des plus importants diffuseurs en France – s’inscrit dans cette démarche d’ouverture et de partage. Elle accueille des ouvrages qui, tout en étant ancrés dans la tradition maçonnique, s’adressent à un public plus large, désireux de comprendre les enjeux de l’ésotérisme et de la spiritualité contemporaine. Cette collection se distingue par son approche humaniste et sa volonté de faire circuler la parole, de créer des passerelles entre les disciplines, les époques, et les cultures.

En conclusion, L’ésotérisme : toutes les clefs pour comprendre de Jean-Marc Font est une œuvre dense et enrichissante, une clé pour ceux qui cherchent à ouvrir les portes d’un univers complexe et fascinant. L’ouvrage se démarque par sa capacité à rendre accessible un domaine souvent considéré comme difficile d’accès, tout en conservant la profondeur et la rigueur nécessaires à une véritable exploration ésotérique. Ce livre est un véritable guide pour les néophytes comme pour les initiés, une invitation à découvrir et à comprendre le monde caché de l’ésotérisme.

L’ésotérisme : toutes les clefs pour comprendre

Jean-Marc Font Le compas dans l’œil, coll. La parole circule, 2024, 180 pages, 22 €

Le site Le Compas dans l’œil

19/09/2024 : Les Chevaliers de Baphomet – L’ombre des templiers – Sortie annoncée

De notre confrère cowcotland.com

Le jeu Les Chevaliers de Baphomet – L’ombre des templiers sera disponible le 19 septembre 2024 sur les plateformes PC, PlayStation, Xbox et Nintendo Switch. Le tarif n’est pas encore annoncé.

Il s’agit tout simplement d’un remake du fabuleux titre Les Chevaliers de Baphomet, le projet est développé et édité par le mythique studio Revolution Software Ltd. Des centaines de dessins originaux ont été scannés, afin d’être colorisés à nouveau, avec des palettes plus étendues et un rendu haute définition. Les animations ont été retravaillées, avec la capacité de s’affranchir des limites techniques de l’époque, le gameplay évolue également, dans le but de coller au mieux aux attentes des joueurs contemporains. Les plus mélancoliques pourront basculer entre la version originale et la version remake, avec un simple bouton.

Sillonnez les rues de Paris dans « Les Chevaliers de Baphomet : version optimisée », une version fortement améliorée de cette aventure culte primée à de nombreuses reprises. Plongez dans un périple passionnant à travers le monde dans lequel l’intrépide américain George Stobbart et la journaliste téméraire Nico Collard explorent des lieux exotiques, résolvent d’anciens mystères et déjouent de sombres conspirations afin de découvrir les secrets arcaniques des Templiers.

Que ce soit votre première fois ou que vous revisitiez un classique qui vous est cher, préparez-vous à vous régaler avec le magistral « Les Chevaliers de Baphomet : version optimisée » !

Caractéristiques principales:

  • – Un scénario captivant : plongez dans un récit passionnant plein de rebondissements et de révélations inattendues. Rejoignez George et Nico dans leur enquête sur une série de mystères qui les mène des rues animées de Paris vers des lieux exotiques en Europe et au Moyen-Orient.
  • – Un gameplay point-and-click classique : redécouvrez la joie du mécanisme classique de point-and-click en résolvant des énigmes, en rassemblant des indices et en interagissant avec des personnages hauts en couleur. Plongez dans une expérience de jeu intuitive et engageante.
  • – Entièrement doublé : laissez-vous emporter par l’atmosphère du jeu avec des dialogues entièrement doublés et des performances captivantes qui donnent vie à de merveilleux personnages hauts en couleur.
  • – Des énigmes difficiles : mettez votre intellect à l’épreuve avec des énigmes stimulantes qui nécessitent observation, déduction et créativité. Du déchiffrement des codes à la manipulation d’objets, chaque défi vous rapproche de la découverte des secrets arcaniques.

Caractéristiques optimisées:

  • – Visuels 4K remastérisés : découvrez la magie du jeu original avec des graphismes haute définition améliorés qui donnent vie aux paysages pittoresques, à l’animation détaillée des personnages et aux complexes environnements dans une superbe édition 4K pour la toute première fois
  • – Audio amélioré : Revolution offre à vos oreilles la version la plus époustouflante à ce jour de l’aventure originale de George et Nico, avec l’incroyable bande originale du compositeur de renommée mondiale Barrington Pheloung

Grande Loge de France – Une approche de la fraternité avec Alexandre de Vitry

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De notre confrère France Culture

À l’occasion de la parution de son nouvel ouvrage, Le droit de choisir ses frères ? Une histoire de la fraternité (Gallimard, coll. « Bibliothèque des Idées », 2023), Alexandre de Vitry interroge la notion de fraternité : l’histoire de cette métaphore et sa place aujourd’hui.

Alexandre de Vitry, dont l’histoire et la littérature sont les champs d’actions et de réflexions, interroge ici le concept de fraternité. Au-delà du mot et de la métaphore, il revient sur la formule empruntée à Charles Baudelaire « Le droit de choisir ses frères » : y a-t-il une fraternité choisie, une fraternité élue ? quelle est l’histoire de cette notion et ses paradoxes ? s’agit-il d’une simple solidarité ou d’une utopie ? comment l’initiation sous toutes ses formes et la reconnaissance peuvent définir la fraternité ?

Alexandre de Vitry est normalien, maître de conférences en littérature française à la Faculté des lettres de Sorbonne Université.

Il a publié notamment L’invention de Philippe Muray (2011), Conspirations d’un solitaire : l’individualisme civique de Charles Péguy (Les Belles Lettres, 2015). Il a réuni dans une édition annotée les principaux essais de Péguy, sous le titre Mystique et politique (Robert Laffont, Bouquins, 2015).

Son dernier ouvrage :

Quelles relations entre Mussolini et les Francs-Maçons ? : Reportage de la RTBF

De notre confrère belge rtbf.be – Par Valentine Rasquin

Forts, puissants, sûrs d’eux, porteurs d’une vérité absolue. Ce sont Hitler, Mussolini et Franco. Des hommes terribles, mais rendus fragiles par une obsession qui les a hantés jusqu’à leurs derniers jours : la Franc-Maçonnerie.

Un pays fort, soudé, réuni derrière un seul leader, c’est le rêve de tout dictateur. Pour Hitler, Mussolini et Franco, toute contestation de l’ordre établi devait être réprimée. Socialistes, communistes, anarchistes, tziganes, homosexuels, juifs… Tous ont représenté, à un moment de l’histoire, des ennemis pour ces célèbres dictateurs.

Adolf Hitler en 1938

Bien qu’ils soient rarement mentionnés comme tels dans les livres d’histoire, les Francs-Maçons étaient eux aussi redoutés par ces dirigeants extrêmes. Que manigancent ces hommes dans leurs temples ? Quel complot préparent-ils contre la nation ? Telles sont les questions qui ont perturbé les dictateurs, dont Mussolini, à propos de la Franc-Maçonnerie.

Qui sont les Francs-Maçons ?

La Franc-Maçonnerie est une association initiatique officiellement fondée à Londres en 1717, bien que certains documents suggèrent qu’elle existe depuis bien plus longtemps. À ses débuts, l’association ne comptait que des hommes. Ses membres s’engagent à s’améliorer personnellement et à œuvrer pour le bien de leur société, dans le respect des lois de leur pays.

La confrérie s’est rapidement propagée dans le monde entier, prônant des valeurs de liberté, d’égalité et de fraternité, similaires à celles portées par les Révolutions française et américaine, et défendues par la Charte des droits de l’homme.

Dans ce contexte, le conflit avec l’Église catholique était inévitable. En 1738, soit 21 ans après la fondation officielle de l’association, le Pape Clément XII condamne la Franc-maçonneriepar une bulle papale. C’était une punition sévère pour ce que l’Église considérait comme une menace sérieuse contre son autorité.

L’âge d’or en Italie

En Italie, la Franc-Maçonnerie connaît un âge d’or à la fin du 19e siècle, jouant un rôle crucial dans l’unification du pays en 1870 et contribuant à la chute du pouvoir politique de l’Église. Des plaques ou des statues commémorant les Francs-Maçons, comme celle de Giuseppe Garibaldi à Rome, témoignent de leur influence croissante sur le peuple italien.

Statue du Franc-Maçon Giuseppe Garibaldi à Rome, en Italie. © 2019/Chris Hellier

Mais après la Première Guerre mondiale, la Franc-Maçonnerie italienne se trouve confrontée à deux ennemis majeurs : l’Église catholique et le socialisme. Dans ce contexte de rivalités, Benito Mussolini émerge avec les faisceaux de combat, un mouvement politique qui prône la violence pour atteindre ses objectifs.

Mussolini réussit son coup d’État et, en 1922, il introduit le fascisme en Italie. Le Duce peut compter sur le soutien de plusieurs groupes, y compris certains membres influents de la Franc-Maçonnerie, qui voyaient en lui un moyen de contrer le socialisme et l’influence de l’Église.

Benito Mussolini – Tempo, 26 octobre 1939

L’opportunisme de Mussolini

Cependant, Mussolini, bien qu’anticlérical de longue date, comprend rapidement que pour consolider son pouvoir, il a besoin de l’Église. Il trouve alors un accord avec l’Église catholique, signant les accords de Latran en 1929 qui font du catholicisme la religion d’État en Italie. Pour sceller cette alliance et empêcher toute menace à son autorité, il adopte une loi interdisant les associations secrètes, dont la Franc-Maçonnerie. Ceux qui avaient soutenu Mussolini se retrouvent trahis et persécutés. Les loges sont fermées, leurs membres pourchassés.

Bien que la Franc-Maçonnerie soit dès lors officiellement interdite, elle continue d’exister de manière clandestine. Cependant, avec leurs deux ennemis au pouvoir, la capacité des Francs-Maçons à influencer la société italienne est considérablement réduite. Sous le régime fasciste, la répression est impitoyable, et les Francs-Maçons doivent se cacher ou s’exiler.

La chute de Mussolini et le retour de la Franc-Maçonnerie

Lorsque la Seconde Guerre mondiale éclate, le régime fasciste commence à s’effondrer. En 1943, Mussolini est déposé et arrêté après des défaites militaires, et l’Italie plonge dans le chaos. Une guerre civile éclate entre les partisans du régime et les forces de la Résistance, parmi lesquelles se trouvent de nombreux anciens Francs-Maçons. Après la guerre, la Franc-Maçonnerie est rétablie en Italie.

Les personnages décapités devant les églises (Par Laurent Ridel)

Du site de Laurent Ridel decoder-eglises-chateaux.fr

Je vous invite aujourd’hui sur un sujet macabre, mais nécessaire si vous visitez les églises. Qui sont les personnages décapités que vous voyez en statue, sur les vitraux ou les peintures ? Ils sont plus nombreux que vous le pensez dans le christianisme. Je vous aide à les différencier.

Le suspect n°1

Le plus connu est probablement saint Denis, premier évêque de Paris. Il vit au IIIe siècle alors que les autorités romaines désapprouvent la religion chrétienne et en particulier les prêches du saint. Accompagné de ses compagnons Rustique et Eleuthère, Denis est arrêté et condamné à mort. La légende raconte sa décapitation sur la colline de Montmartre. Puis, miraculeusement, le saint se relève, ramasse sa tête et marche. Il s’écroule quelques kilomètres plus au nord, à l’endroit où on élèvera la fameuse basilique Saint-Denis.

De cette fin saugrenue, les sculpteurs ont tiré la figuration de Saint Denis en céphalophore (« porteur de tête »). Vous ne pouvez pas la manquer, comme au portail de la cathédrale de Paris.

Selon l’historienne de l’art Claire Boisseau, la céphalophorie — le miracle de porter sa tête — sert à « témoigner de la victoire du martyr, qui, bien que terrassé physiquement, triomphe de la mort elle-même ». Cependant, cette légende de Denis apparaît tardivement, environ 600 après sa mort. La chercheuse se demande si la céphalophorie n’a pas été inventée par les moines de Saint-Denis pour justifier la présence des reliques dans leur basilique : le saint se serait déplacé lui-même pour choisir le lieu de sa sépulture et donc son lieu de culte. La basilique peut se prévaloir d’être bâtie sur le site qui a eu la prédilection du saint.

Le second suspect

Si le décapité n’est pas mitré, vous devez vous tourner vers une autre identification. Le candidat le plus probable est saint Jean Baptiste. Cousin de Jésus-Christ, il est célèbre pour avoir annoncé la venue du Messie et pour avoir baptisé Jésus dans le Jourdain. Habituellement, on reconnaît ce saint au fait d’être vêtu d’une peau de chameau et d’être accompagné d’un agneau, symbole du Christ qu’il a baptisé.

Saint Jean-Baptiste sur le retable de l’église de Saint-Jean-de-Luz, XVIIe siècle

Cependant, les images médiévales aiment aussi le figurer décapité en référence à sa fin tragique. Selon les Évangiles de Matthieu et de Marc, Jean dénonçait ouvertement les actions immorales du roi Hérode Antipas, particulièrement son mariage avec Hérodiade, sa belle-sœur.

Le point culminant de l’histoire est la danse de Salomé, fille d’Hérodiade. Lors d’un banquet pour l’anniversaire d’Hérode, Salomé exécuta une danse si captivante qu’Hérode lui promit de lui accorder tout ce qu’elle demanderait. Influencée par sa mère, Salomé demanda la tête du calomniateur Jean Baptiste sur un plateau. Hérode, bien qu’attristé, se sentit obligé de tenir sa promesse.

La mort de saint Jean-Baptiste, haut-relief dans la cathédrale d’Amiens, vers 1500

Salomé porte la tête de Jean Baptiste sur un plateau d’argent. Faites attention à la version plus épurée, visible par exemple dans l’abbaye de Fécamp (Seine-Maritime).

La tradition chrétienne rapporte que la tête de saint Jean Baptiste continuait à parler pour faire des reproches à Hérodiade. Encore une façon de montrer la survivance du saint au-delà de la mort.

À travers les cas de saint Denis et de saint Jean Baptiste, vous êtes bien armés pour reconnaître les personnages décapités. Mais les images médiévales proposent aussi quelques « sans-têtes » qui ne sont pas des saints. Pour les comprendre, il faut alors chercher dans la première partie de la Bible.

Les méchants de l’Ancien Testament

Holopherne est un général assyrien envoyé par le roi Nabuchodonosor pour conquérir la terre d’Israël. Assiégée, la ville de Béthulie est prête à tomber. Une veuve juive, Judith, ne voit plus qu’une solution pour sauver son peuple. Elle passe dans le camp ennemi et séduit Holopherne. La nuit, alors que le général ivre est endormi, elle prend son épée et le décapite d’un coup net. Sa tête est ensuite ramenée à Béthulie comme un trophée de guerre, provoquant la panique et la déroute des Assyriens.

J’avoue n’avoir jamais vu cette scène représentée dans les églises, mais elle est célèbre dans la peinture, notamment à travers cette œuvre dramatique du Caravage.

Judith et Holopherne, huile sur toile, vers 1600, galerie d’art ancien, Rome

Avant l’épisode de Judith et Holopherne, on trouve un autre décapité célèbre dans l’Ancien Testament : Goliath. Ce géant philistin — il mesure plus de deux mètres — défie les soldats israélites qui en sont terrifiés. David, un jeune berger, se porte volontaire pour l’affronter. Armé seulement d’une fronde et de quelques pierres, il frappe le géant, lui emprunte son épée puis le décapite.

Cette victoire improbable devient un symbole de la puissance de la foi et de l’intelligence face à la force physique. Dans les églises, vous repérerez la scène par le contraste de taille entre les deux protagonistes, comme ci-dessus dans la basilique de Vézelay. David a dû trouver des appuis pour s’élever au niveau de son adversaire.

Les pièges

On a fait le tour des suspects ? Pas totalement, car l’histoire de Denis de Paris a nourri l’imaginaire si bien que l’Église a appliqué le motif de la céphalophorie à la fin d’autres saints. Le christianisme en compterait plus de 120 !

Méfiez-vous donc. Selon la région que vous visitez, des saints porteurs de têtes sont plus populaires que saint Denis. Dans le nord-est et le nord, pensez par exemple à saint Nicaise. On le devine sur ce panneau funéraire dans la cathédrale de Saint-Omer (Pas-de-Calais).

Ailleurs, vous rencontrerez saint Marin (en Savoie), saint Lucien (à Beauvais), saint Clair (en Normandie)…

Dans quelques cas, nous pouvons être choqués par la crudité de certaines scènes : la tête est tranchée, les chairs découpées sont apparentes, le sang jaillit du cou.

En revanche, les artistes témoignent d’une certaine réserve dans l’horreur quand il s’agit de femmes. Plusieurs saintes, à l’exemple de sainte Catherine d’Alexandrie, ont subi la décapitation lors de leurs martyres sans pour autant être représentées la tête décollée. L’épée mise dans la main de sainte Catherine suffit à suggérer la décapitation. Mais j’ai trouvé le cas dissonant de sainte Valérie dans l’église abbatiale de Chambon-sur-Voueize (Creuse).

Wikimedia Commons

La légende explique que, décapitée, Valérie saisit sa tête comme saint Denis et l’apporta à l’évêque de Limoges Martial pendant la messe. Le genre de cadeau encombrant.

Vous voilà familiarisé avec le peuple des « sans-têtes ». François Hollande aurait sûrement préféré vous parler des « sans-dents ».

Améliorez-vous !
Si vous avez apprécié cette exploration, j’ai une bonne nouvelle pour vous ! Pour ceux qui souhaitent aller encore plus loin et affûter leur regard sur les images et les symboles présents dans les églises, je vous invite à découvrir ma formation « Décoder les images des églises ». Dans cette formation numérique, vous apprendrez à :Identifier et comprendre les symboles utilisés dans l’art chrétien.Reconnaître les attributs des saints et autres figures bibliques.Interpréter les scènes bibliques et hagiographiques représentées sur les vitraux, les peintures, et les sculptures.Apprécier la richesse iconographique des églises et améliorer vos visites.
Afin de ne pas vous farcir la tête (que vous avez bien sur les épaules, à la différence de saint Denis), je traite uniquement des 120 personnages, symboles et scènes les plus courants. La formation est conçue pour être accessible à tous, que vous soyez novice ou déjà passionné par le patrimoine religieux. Pour vous entraîner, je joins plus de 200 images que vous devrez décoder. Attention, l’offre promotionnelle de la formation se termine aujourd’hui, dimanche 4 août. Ne manquez pas cette chance de donner plus de sens à vos visites d’églises ou de musée. Pour en savoir plus et vous inscrire, rendez-vous sur ce lien.  Exceptionnellement, il n’y aura pas d’infolettre la semaine prochaine. Je vous donne donc rendez-vous le dimanche 18 août.  
Laurent Ridel, le décodeur d’églises et de châteaux 

Des archéologues ont fouillé un tunnel « maçonnique » vieux de plusieurs siècles sous un palais en Pologne

De notre confrère Russe planet-today.ru

Des archéologues de Varsovie ont récemment découvert un mystérieux système de tunnels sous Gucin Gaj, un parc historique situé dans la région de Mokotów et longtemps entouré de spéculations et de folklore.

Ce tunnel voûté en forme de U, d’environ 60 mètres de long, est situé près du palais de Wilanów et de l’église Sainte-Catherine et a suscité un regain d’intérêt en raison de ses liens potentiels avec la franc-maçonnerie et d’autres objectifs historiques remontant au XVIIe siècle.

Autrefois partie du palais royal de Wilanów, le manoir Gucin Gaj a une riche histoire étroitement liée à l’héritage de Stanisław Kostka Potocki, un éminent noble polonais, homme d’État et fervent franc-maçon. Potocki a acquis le domaine au début du 19ème siècle et a aménagé un complexe de parc, l’appelant Gutsin en l’honneur de son petit-fils August.

Potocki était une figure clé de l’histoire polonaise, occupant des postes tels que président du Conseil d’État du duché de Varsovie et ministre des Cultes religieux et de l’Instruction publique, où il a défendu la réforme sociale et l’éducation. Sa profonde implication dans la franc-maçonnerie, qui lui a permis d’obtenir finalement le titre de Grand Maître du Grand National de l’Est de la Pologne, a ajouté un élément d’intrigue au domaine.

Le tunnel lui-même, désigné dans le registre officiel des monuments polonais sous le nom de « tombes maçonniques », a donné lieu à des rumeurs selon lesquelles il servait de lieu de rencontre secret pour les cérémonies maçonniques. Malgré le manque de sources contemporaines liant définitivement le tunnel aux rituels maçonniques, les légendes persistantes et les niches ressemblant à des catacombes découvertes à l’intérieur du tunnel n’ont fait qu’accroître la curiosité. Ce folklore, combiné à l’importance historique du domaine, a fait du site un centre de recherche historique et archéologique.

Des fouilles récentes ont été menées par l’Institut d’archéologie de l’Université Cardinal Stefan Wyszynski en collaboration avec le Bureau du Conservateur des monuments de Varsovie. Les archéologues ont fouillé une zone de 5 x 5 mètres couvrant l’entrée du tunnel et une partie de l’intérieur, révélant des murs du XIXe siècle qui marquaient l’entrée depuis l’époque de Potocki, ainsi que des structures en briques antérieures remontant au XVIIe siècle. Les découvertes comprenaient des pièces de monnaie du XVIIe siècle et des reliques du début du Moyen Âge, qui contribuent à établir une chronologie historique plus large du site.

Une théorie suggère que le tunnel faisait à l’origine partie d’un réservoir d’eau ou d’un glacier construit pour alimenter le palais voisin de Wilanów. Les notes d’Augustin Lozzi, architecte de la cour du roi Jean III Sobieski, décrivent la construction d’une prise d’eau et d’un glacier sur le versant nord du mont Sluzhewska, à proximité de Gucin Gaya. Selon ces archives, le roi lui-même a testé l’eau et a ordonné qu’elle soit livrée au palais de Wilanów pour irriguer les jardins. La présence d’un étang à proximité conforte l’idée que le tunnel aurait pu être utilisé pour stocker la glace coupée de l’étang en hiver, ou dans le cadre d’un système de collecte d’eau.

Après la mort de Potocki en 1821, son épouse Alexandra transforma le domaine en un bosquet commémoratif dédié à la mémoire de son défunt mari. C’est durant cette période que le tunnel acquiert son lien avec la franc-maçonnerie, un lien qui perdure malgré le manque de preuves concrètes.

Le couloir a également fait l’objet de diverses légendes locales, notamment d’histoires selon lesquelles il aurait servi de refuge pendant la Seconde Guerre mondiale et même de rumeurs selon lesquelles il s’étendrait jusqu’à Czersk. Aujourd’hui, le tunnel sert de site d’hivernage aux chauves-souris et a été déclaré monument naturel.

Les fouilles ont révélé des découvertes importantes, mais une grande partie du tunnel reste enfouie, laissant de nombreuses questions sans réponse. Les recherches en cours viseront à découvrir davantage de secrets du tunnel, notamment s’il s’agissait véritablement d’un site de rituels maçonniques ou si sa fonction première était plus utilitaire.

La franc-maçonnerie à Castillonnès au cœur d’une conférence

De notre confrère sudouest.fr – Par Delphine Van Hooren

Une conférence sera tenue par Jean-Louis de Biasi sur la franc-maçonnerie à Castillonnès, samedi 24 août, à 17 heures. Auteur, conférencier, philosophe et professeur de yoga, il connaît bien le village pour y avoir habité durant son enfance et y avoir encore sa famille. Amoureux de la bastide et de son histoire, il a écrit « Histoire des ‘‘vrais amis’’ de Castillonnès ».

Au début du XIXe siècle, plusieurs habitants, déjà initiés dans la franc-maçonnerie, se rassemblèrent dans la ville pour créer une loge. Elle exista entre les années 1805 et 1831. Un nom qui a inspiré Jean-Louis de Biasi, fondateur de la Confrérie des vrais amis de Castillonnès. Cette association a pour vocation de promouvoir la gastronomie locale et la préservation de tout ce que représente le fait de partager un repas.

Un musée

Aujourd’hui, il a pour projet avec sa compagne, Patricia Bourin, de créer un Musée international de la franc-maçonnerie (MIFM) à Castillonnès, afin de présenter la société secrète de ses origines à nos jours, telle qu’elle existe à travers le monde et ses diverses organisations, sans être affilié à aucune d’entre elles. Il se concentrera donc sur la dimension culturelle et universelle de cette importante tradition. Le lieu proposera des collections d’objets et documents provenant d’organisations maçonniques de plusieurs pays, des visites immersives ludiques et pédagogiques, une bibliothèque, un centre culturel, un mithraeum (espace souterrain), et une boutique.

La bastide se prête à un tel projet grâce à son histoire et son patrimoine. La partie de la ville dans laquelle se trouve le bâtiment qui est en procédure d’achat pour abriter le futur musée, était une partie de l’immense château médiéval.

La conférence de samedi portera sur l’histoire de la loge Les vrais amis de Castillonnès, la franc-maçonnerie contemporaine et le projet du musée. Entrée libre. Rendez-vous au 37 rue du Marché.

Corps, Âme, Esprit : Une exploration initiatique à travers les Ordres de Sagesse

Les Cahiers de la Sagesse, publication du Grand Chapitre du Rite Français (GCRF), nous gratifie d’un second numéro qui plonge au cœur d’une réflexion métaphysique et spirituelle essentielle, celle du Corps, de l’Âme et de l’Esprit. Cet ouvrage, fruit d’une collaboration riche et intense entre les membres du GCRF, est le résultat des travaux entrepris lors de l’Université d’automne 2023 qui s’est tenue à Lyon les 18 et 19 novembre dernier.

Il ne s’agit pas simplement d’une compilation de textes, mais bien d’un tissage minutieux de pensées, de recherches et de méditations qui résonnent avec la profondeur des rituels des 4 ordres de Sagesse du Rite Français.

Dès les premières pages, l’ouvrage s’ouvre sur les mots du Suprême Commandeur, Hervé Haouy, dont l’introduction pose les fondements de la réflexion qui suivra. On y perçoit une volonté de guider le lecteur dans une exploration philosophique et initiatique qui ne peut laisser indifférent.

Vincent Amat

Cette introduction est rapidement suivie par la présentation de Vincent Amat, Précédent Suprême Commandeur, qui replace ce numéro dans la continuité du premier, tout en soulignant les spécificités et les enjeux de cette nouvelle réflexion.

Le texte de Michel Fromaget, donné en conférence à Nîmes et repris ici, constitue un point d’orgue de cet ouvrage. Auteur de plusieurs ouvrages de référence, Michel Fromaget, avec une érudition exemplaire, expose une anthropologie ternaire qui fait écho à une longue tradition philosophique et religieuse, tout en y ajoutant une touche de modernité et de pertinence face aux questionnements actuels. Ce texte, fondé sur une réflexion anthropologique profonde, jette les bases d’une compréhension renouvelée de la structure humaine, divisée en corps, âme et esprit.

Les chapitres suivants, qui constituent le cœur de l’ouvrage, sont un voyage à travers les différents Ordres de Sagesse du Rite Français grade par grade : Élu Secret, Grand Élu Écossais, Chevalier d’Orient, Chevalier Rose-Croix. Chaque chapitre s’attache à décortiquer et à analyser les notions de corps, d’âme et d’esprit à la lumière des rituels propres à chaque Ordre. Le lecteur est invité à un cheminement initiatique – comme au grade de Chevalier Rose-Croix et « La préparation au cheminement christique » –, à travers des questions et des réflexions qui touchent autant à la pratique rituelle qu’à la méditation philosophique. Ces passages – au 4e Ordre, passage de la première à la quatrième chambre –, denses et détaillés, témoignent d’une volonté de relier l’expérience humaine à une quête de compréhension profonde de soi-même et du monde qui nous entoure.

Un des points forts de cet ouvrage réside dans l’approche collective des réflexions. Contrairement à ce que l’on pourrait attendre d’un tel ouvrage, ce ne sont pas des idées figées qui nous sont présentées, mais bien une diversité de points de vue, parfois contradictoires, mais toujours complémentaires. Cette richesse de perspectives est à la fois la force et la particularité de cet ouvrage, offrant au lecteur un éventail de pensées dans lequel chacun peut puiser selon sa sensibilité et son avancée dans la quête spirituelle.

L’une des contributions les plus remarquables est celle de Pierre Pelle Le Croisa, avec son texte « Corps, Coeur, Esprit et Âme », qui sera prochainement publié chez Numérilivre. Par sa plume délicate et incisive, il parvient à relier des concepts abstraits à des réalités tangibles, offrant ainsi une passerelle entre la réflexion intellectuelle et l’expérience vécue. Sa contribution est un véritable joyau, qui enrichit l’ensemble de l’ouvrage tout en lui apportant une dimension supplémentaire.

Les dessins de François Morel, qui accompagnent les textes, méritent également une mention spéciale. Ces illustrations ne sont pas de simples ornements, mais bien des œuvres à part entière qui viennent renforcer et prolonger les réflexions présentées. Leur symbolisme subtil et leur esthétique raffinée en font des compagnons de lecture indispensables, qui ajoutent une profondeur supplémentaire à la lecture.

En conclusion, ce deuxième numéro des Cahiers de la Sagesse est une œuvre qui ne s’adresse pas seulement aux membres des Ordres de Sagesse du Rite Français, mais aussi à tous ceux qui s’engagent dans une quête spirituelle, cherchant à comprendre et à intégrer les enseignements des rituels dans leur vie quotidienne. Cet ouvrage est un trésor de réflexions, d’idées et de perspectives, qui mérite d’être lu, relu et médité.

Le travail collectif réalisé ici est une véritable démonstration de la vitalité et de la richesse du GCRF, et cet ouvrage en est la preuve éclatante. Le lecteur ressortira de cette lecture avec une compréhension renouvelée et enrichie des notions de corps, d’âme et d’esprit, ainsi qu’avec une admiration profonde pour le travail de ceux qui ont contribué à la réalisation de cet ouvrage. Les Cahiers de la Sagesse, numéro 2, est sans aucun doute une référence incontournable pour toute personne intéressée par les mystères de l’existence et la quête de la sagesse.

Les Cahiers de la Sagesse Numéro 2 – Le Corps, l’Âme et l’Esprit

Grand Chapitre du Rite FrançaisAmazon, 2024, 196 pages, 12 €

À commander ICI. 

31/08/24 : Conférence « La Violence et le Sacré » à l’Académie Maçonnique de Bourgogne

Pour sa session d’été, l’Académie Maçonnique de Bourgogne vous invite à une réception interobédientielle sur le thème de

« La Violence et le Sacré ».

Le programme

9h00 : Café et accueil des maîtres visiteurs

9h30 : Conférences sur le thème « La Violence et le Sacré », inspiré par l’œuvre majeure de René Girard et ses théories sur le sacrifice du bouc émissaire.

– « Parcours de René Girard – Bibliographie succincte », par René-Alexandre Spitz.

– « La Théorie de René Girard : du désir mimétique au Bouc émissaire », par Romain Bertrand.

– « Anthropologie universelle des rites sacrificiels des boucs émissaires », par René-Alexandre Spitz.

– « Les boucs émissaires dans la Bible (d’Abel à Jésus…) », par Dominique Dechen.

– « Hiram : Bouc émissaire ? », par Pascal Massip.

– « Conclusions : Avons-nous besoin d’un Bouc émissaire ? », par Rémi Carriel

12h15 : Apéritif offert par l’Académie

12h30 : Agapes conviviales, sur place  (Triangle 22 €)

IMPORTANT : L’Académie vous prie de bien vouloir confirmer votre présence, qu’elle soit positive ou négative, par retour de mail. Merci d’avance.

Inscription à la session d’été du 31 août 2024

Nom : Prénom : Mobile : Loge : Obédience :  

Adresse mail : …………………………………………@…………. 

  • Je suis adhérent 2024 de l’Académie Maçonnique de Bourgogne
  • Je participerai à la session d’été du 31 août 2024 (gratuit)
  • Je participerai à la conférence du 31 août 2024 
  • Je suis non-adhérent et souhaite adhérer à l’Académie Maçonnique de Bourgogne. (Veuillez remplir le bulletin d’adhésion en pièce jointe / 35,00 € pour 2024)
  • Je serai accompagné(e) de :
  • RL : ………………………… ayant le grade de Maître pour l’accès aux conférences (adhésion à l’Académie obligatoire ou paiement d’une participation de 20 € pour la matinée).

– Je participerai au déjeuner du 31 août 2024 à 12h30 (Montant à régler, en espèces ou par chèque, sur place directement, Triangle 22 €) Accompagné(e) de ……… personne(s) 

  N.B. : Les conjoint(e)s, même non-maçon(ne)s, sont les bienvenu(e)s au repas.

NDLR : René Girard, la bio

René Girard (1923-2015) est un intellectuel français dont les travaux ont profondément marqué les domaines de la littérature, de la philosophie, de l’anthropologie, et de la théologie. Sa pensée originale, notamment autour des concepts de désir mimétique, de violence et de sacré, a suscité des débats passionnés et influencé de nombreuses disciplines.

René Girard en 2007

Né à Avignon, René Girard poursuit des études d’histoire à Paris avant de s’exiler aux États-Unis, où il enseigne la littérature française. C’est lors de son séjour aux États-Unis qu’il développe ses théories sur la littérature et l’anthropologie, puis se tourne progressivement vers l’analyse des textes sacrés et des mythes.

Dans cet ouvrage fondateur, Girard expose pour la première fois sa théorie du désir mimétique. Selon lui, les grands auteurs de la littérature (Cervantès, Stendhal, Flaubert, Dostoïevski, Proust) ont révélé, à travers leurs œuvres, que les désirs humains ne sont pas spontanés mais sont imités, entraînant ainsi des rivalités. Ce concept de désir mimétique devient central dans toute son œuvre.

La Violence et le Sacré (1972) est un ouvrage marquant un tournant dans la pensée de René Girard, où il explore la manière dont les sociétés humaines utilisent la violence rituelle pour maintenir la cohésion sociale. Il y introduit la notion de bouc émissaire, un individu ou un groupe désigné pour endosser la responsabilité des tensions collectives et sacrifié pour restaurer la paix. Girard montre comment ce mécanisme de la violence est à l’origine du sacré et des religions.

Dans Le Bouc émissaire (1982), René Girard explore les exemples historiques et littéraires de boucs émissaires, analysant comment des communautés en crise unissent leurs forces contre une victime innocente pour restaurer l’ordre social. Il propose que la compréhension de ce mécanisme soit essentielle pour dépasser la violence dans les sociétés contemporaines.

L’œuvre de René Girard a suscité un large débat dans le monde universitaire, influençant des domaines aussi divers que l’anthropologie, la psychanalyse, la théologie, et la théorie littéraire. Ses concepts ont été utilisés pour analyser des conflits modernes, des phénomènes de violence collective, et des mécanismes sociaux. Son impact se fait encore sentir aujourd’hui, tant dans les études académiques que dans les réflexions sur la société contemporaine.

René Girard (La Libre) ©DR
René Girard (La Libre) ©DR

René Girard reste une figure incontournable pour quiconque souhaite comprendre les mécanismes de la violence et du sacré dans les sociétés humaines. Son parcours intellectuel, riche et complexe, continue de nourrir la réflexion sur la condition humaine.

Infos pratiques

Session d’été de l’Académie Maçonnique de Bourgogne

Samedi 31 août 2024 à 9h00, la matinée de conférences réservée aux SS & FF maîtres (et +) Réception interobédientielle

Dress code (code vestimentaire) : tenue de ville simple

Lieu : Club House Privé du Tennis Club Dijonnais (19 Boulevard Voltaire, Dijon – Parking privé dans la cour)