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La carte postale ancienne (CPA) maçonnique du dimanche 25 août 2024

Cette CPA intitulée « Un repêchage laborieux » par Achille Lemot est une illustration satirique imprégnée d’un discours profondément critique et cynique à l’égard de la politique française du début du XXe siècle, particulièrement en ce qui concerne l’art royal.

Pour une avant-dernière fois, nous allons chercher à décortiquer les multiples couches de signification de cette image en s’appuyant sur les éléments visuels, textuels et contextuels.

« Un repêchage laborieux »

L’image, manifestement une caricature, est une critique acerbe des luttes de pouvoir au sein des institutions politiques françaises. Le titre « Un repêchage laborieux » suggère d’emblée une difficulté extrême, voire une lutte désespérée, pour se maintenir ou accéder à une position de pouvoir. Cette notion de repêchage évoque un sauvetage in extremis, ce qui en soi, pose un regard ironique sur la situation politique dépeinte.

Les personnages représentés

Ils sont vraisemblablement des figures politiques de l’époque, aux prises avec les méandres du pouvoir. Au sommet de l’illustration, le mot « Présidence » et la sonnette associée symbolisent l’apogée de la hiérarchie politique, une position que tout le monde semble vouloir atteindre ou conserver (Tiens, tiens… déjà ! Même en franc-maçonnerie, nous en connaissons un autre qui s’accroche ! Ou bien, veut-il désigner à l’avance sa marionnette pour continuer à tirer les ficelles ?!).

La scène principale, où un homme, visiblement âgé et affaibli, est repêché par deux autres hommes à l’aide de crocs, est particulièrement éloquente. Le visage de l’homme, ses vêtements humides et sa posture vulnérable accentuent l’idée d’un individu exténué, à bout de forces, qui n’arrive à se maintenir qu’avec l’aide d’autres personnes, symbolisant peut-être les alliances et les manipulations nécessaires pour rester au sommet dans un système corrompu.

Le personnage central vêtu d’un tablier maçonnique

Le personnage qui tient une pancarte indiquant « 2 VOIX » renforce l’idée de la précarité de la position de l’homme, suggérant qu’il s’accroche au pouvoir avec une majorité fragile. Cette idée est encore soulignée par l’inscription « URNE » sur le pot en dessous, rappelant la fragilité de la démocratie et les manipulations électorales qui peuvent l’accompagner. Le jeu de mots avec « URNE » renvoie aussi à l’idée de mort et de destruction politique.

Détaillons…

L’image centrée sur l’homme âgé suspendu par des crocs offre une richesse de détails symboliques qui méritent une attention particulière. Ce personnage, manifestement dans une posture de grande faiblesse, est une représentation caricaturale de l’instabilité et de la précarité du pouvoir politique.

L’homme, vêtu d’un habit vert et d’une chemise rouge, tient dans sa main droite un carton sur lequel est inscrit « 2 VOIX ». Ce détail est essentiel car il renvoie à une notion de fragilité politique. Obtenir seulement deux voix dans une élection, particulièrement au sein d’une assemblée législative ou d’un comité, souligne une position incroyablement instable et une légitimité presque inexistante. Cette mention critique implicitement les élections ou les nominations truquées où des figures politiques sont maintenues en place malgré une faible approbation, ce qui reflète une certaine dérision envers la démocratie représentative.

L’expression du personnage, avec son visage ridé et fatigué, ses cheveux clairsemés et son regard abattu, renforce l’idée de décrépitude et d’épuisement, non seulement physique mais aussi moral. Il est probable que ce personnage soit une représentation d’un politicien âgé qui s’accroche désespérément au pouvoir, malgré sa déconnexion apparente avec le soutien populaire.

La bouée (de sauvetage ?) qu’il tient de sa main gauche semble marquée « L A G », pourrait probablement faire référence à la franc-maçonnerie, un thème récurrent dans la critique politique de l’époque. « L A G » pourrait être une abréviation, possiblement pour « Loge Anti-Gouvernementale », ou une autre entité fictive utilisée pour symboliser les forces occultes ou secrètes qui tirent les ficelles derrière les scènes politiques…

En vérité, il semble inscrit la mention « La Gaité »

Le fait que cette bouée, de couleur jaune tout comme le tablier, porte cette inscription ajoute une dimension supplémentaire à la satire. Signifiant joie ou encore allégresse, cela contraste fortement avec l’expression abattue et la posture désespérée du personnage. Ce contraste ironique souligne encore plus l’absurdité de la situation : le personnage, clairement en difficulté, semble s’accrocher à un dernier vestige de bonne humeur ou de positivité, représenté par cette bouée.

Dans ce contexte, « La Gaité » pourrait être interprétée comme une sorte de façade ou de masque que ce personnage politique tente de maintenir, malgré la gravité de sa situation. La bouée, normalement un symbole de secours et de survie, devient ici une représentation du fait que ce personnage s’accroche à une forme superficielle de bien-être ou d’optimisme, tandis que tout dans son attitude et la situation décrite dans l’image indique le contraire.

Le fait que la bouée ne soit pas ceinturée autour de son corps, mais qu’elle ne semble pas l’aider réellement à rester à flot, renforce l’idée que cette gaité est illusoire. C’est une allusion amère à la manière dont les politiciens peuvent essayer de maintenir une image publique positive ou joyeuse même lorsqu’ils sont en difficulté, soulignant le décalage entre l’image publique et la réalité.

Le tablier maçonnique, symbole de travail et de pureté

Il est ici visible sur l’homme âgé. C’est un élément central de la caricature qui revêt ainsi une importance symbolique considérable dans la lecture de cette image. Le tablier jaune (cette couleur reprise sous le terme « canari » est utilisé pour désigner les dignitaires du Grand Orient de France), vêture maçonnique emblématique, est ici dépeint de manière à accentuer les critiques de l’époque à l’égard des francs-maçons, souvent perçus comme une force occulte et influente dans la politique française.

Ce tablier est marqué par des symboles et des inscriptions qui, dans ce contexte satirique, pourraient être destinés à ridiculiser ou à dénoncer les prétentions morales des francs-maçons. Le fait que le personnage soit représenté avec un tablier, mais dans une posture humiliante et dépendante, souligne l’idée que l’influence maçonnique est perçue ici non pas comme une force noble, mais comme une nécessité pour ceux qui n’ont pas d’autre moyen de s’accrocher au pouvoir, tient encore…).

La franc-maçonnerie, souvent la cible de théories du complot et de critiques virulentes, est ici dépeinte comme un soutien indispensable mais aussi illégitime pour se maintenir au pouvoir

Les deux crocs qui tiennent l’homme par le col, actionnés par des mains anonymes, symbolisent l’intervention de forces extérieures dans le maintien de sa position. Ces forces peuvent représenter les manipulations politiques, les alliances secrètes, ou encore l’appui de groupes d’influence, tels que les loges maçonniques. Ces crocs, outils habituellement utilisés pour soulever des poids lourds, soulignent le caractère artificiel de son maintien au pouvoir, un fardeau qu’il ne peut porter seul.

L’inscription « URNE » en dessous de lui, vers laquelle il semble être suspendu, ajoute une dimension cynique à la scène. En politique, l’urne symbolise la démocratie et le processus électoral, mais ici, elle semble plutôt représenter une sorte de fosse ou de piège dans lequel il est sur le point de tomber. L’humidité visible sur ses vêtements, avec des gouttes qui tombent, peut être interprétée comme une allusion à sa sueur, symbole de la peur ou de l’anxiété, ou encore à une immersion dans une situation désespérée.

Enfin, les ombres dans l’arrière-plan renforcent le caractère sinistre et manipulateur de la scène. Elles suggèrent la présence invisible de personnages ou d’entités qui tirent les ficelles dans l’ombre, renforçant le sentiment de complot et de manipulation.

L’homme dans la partie inférieure de l’image

Il est en train de ramper ou de tomber, est peut-être une allusion à ceux qui échouent dans cette lutte acharnée pour le pouvoir. Le palmier et la cloche associée à la vice-présidence illustrent peut-être un poste moins prestigieux, mais néanmoins convoité. La difficulté apparente de l’individu pour s’accrocher à ce palmier souligne le caractère chaotique et aléatoire des carrières politiques.

L’élection du bureau de la Chambre

L’inscription en bas de l’image, où l’on parle de « l’élection du bureau de la Chambre » et de « M. Jaurès battu par le député des nègres de la Guadeloupe », révèle un discours raciste et méprisant, typique des préjugés coloniaux de l’époque. La référence à « l’abbé Delsor » et son expulsion de France par M. Combes en raison de son statut d’« Alsacien » souligne également les tensions régionales et religieuses. L’accumulation de stéréotypes et de clichés dans cette caricature reflète une société française profondément divisée, où le racisme, l’anticléricalisme, et les discriminations régionales alimentent les discours politiques.

Cette carte postale n’est pas seulement une illustration humoristique ; elle est un document historique révélateur des courants de pensée de l’époque, illustrant les tensions sociales, politiques, et religieuses qui traversaient la France. Elle met en lumière la lutte féroce pour le pouvoir au sein d’une élite politique décrite comme corrompue, manipulatrice, et sans scrupules, tout en exacerbant les préjugés et les discriminations qui imprégnaient la société française au début du XXe siècle. Le travail d’Achille Lemot ici n’est pas seulement de faire sourire, mais aussi de dénoncer, avec un cynisme mordant, la réalité politique de son temps.

Pour (re)découvrir Achille Lemot, auteur de cette CPA, relisez notre article du 7 juillet dernier… Si tel est votre désir !

AchilleLemot-Autoportrait

Les « Widows Sons » franchissent la barre des 100 000 $ de collecte de fonds

De notre confrère mychamplainvalley.com – Par Malachy Flynn

Le groupe de motocyclistes maçons, les « Widows Sons » a organisé dimanche sa 15e randonnée annuelle pour les vétérans afin de collecter des fonds pour les programmes destinés aux vétérans proposés par l’hôpital de l’Association des vétérans. 

La section du Vermont (USA) des Widows Sons a commencé à collecter des fonds pour les vétérans en 2009 lorsqu’un membre a suggéré d’organiser une randonnée caritative en moto. Depuis, l’événement annuel a pris de l’ampleur, dépassant les 100 000 $ de fonds collectés cette année. 

Le trajet a commencé à P&H Truck Stop à Wells River et a suivi la route 14 jusqu’au centre médical VA à White River Junction, où les motards ont été accueillis avec une présentation du prix de collecte de fonds et un barbecue pour célébrer leurs efforts. 

Karen Campbell, chef du service bénévole au centre médical VA, a déclaré que les dons annuels des Widows Sons rendent possibles de nombreux programmes de l’hôpital. 

« Ils soutiennent notre thérapie récréative, notre équipe d’aide aux sans-abri. Les dons au fil des ans ont totalisé plus de 90 000 $. Je ne sais donc pas ce que nous apportera le total d’aujourd’hui, mais nous allons organiser un grand barbecue en guise de remerciement », a déclaré Campbell. « Nous ne pourrions pas faire ce que nous faisons pour les vétérans sans leur aide. »

Le groupe a récolté un peu plus de 39 000 $ cette année, portant le montant total recueilli à près de 130 000 $ sur 15 ans. 

Chad Bell, président de la section du Vermont de Widows Sons, a déclaré que cette randonnée est l’un des plus grands événements annuels de collecte de fonds du groupe. Il a souligné que de nombreux membres de Widows Sons, sont eux-mêmes des vétérans et que le fait d’aider d’autres vétérans rend la cause particulièrement personnelle. 

« Nous devons beaucoup à nos vétérans, nous leur devons tout, et c’est une petite façon de les aider pour tout ce qu’ils ont fait pour nous », a déclaré Bell. « Je fais partie des chanceux, je suis revenu entier, ce qui n’est pas arrivé à eux, alors si je peux les aider, je le ferai et nous le ferons. »

La première édition de la course des vétérans de Widows Sons en 2009 n’a réuni que deux douzaines de participants et a permis de récolter un peu plus de 1 000 dollars, mais l’événement s’est depuis élargi pour inclure des membres des sections de Widows Sons du New Hampshire et du Maine. Bell espère continuer à développer l’événement et à récolter davantage de fonds pour développer les programmes pour vétérans du VA. 

Lire les autres articles sur les Widows Sons

Voyage philosophique : À la rencontre des grands penseurs

Le 16 avril dernier, nous vous présentions la nouvelle collection « Rencontres Philosophiques » des éditions ancrages. Aujourd’hui, nous mettons en avant quatre nouveaux ouvrages disponibles dès le 19 septembre prochain.

Cette maison d’édition vous propose une exploration en profondeur des grandes figures philosophiques à travers des ouvrages concis, mais riches en réflexion et en sagesse. Chaque livre de cette collection vise à rendre accessible la pensée des philosophes à un large public, tout en conservant la profondeur nécessaire pour les lecteurs plus avertis.

La collection « Rencontres Philosophiques »

Cette collection se distingue par sa volonté de rendre la philosophie accessible à un large public tout en préservant la profondeur et la rigueur nécessaires pour aborder les œuvres des grands penseurs. Chaque volume de cette collection est une invitation à explorer les réflexions de figures majeures de la philosophie à travers une approche pédagogique qui allie clarté et richesse intellectuelle. Sous la plume de Brigitte Boudon, une spécialiste aguerrie en Sciences Humaines, et du philosophe Fabien Amouroux ces textes prennent une dimension à la fois didactique et introspective, offrant une lecture enrichissante pour les amateurs de philosophie comme pour les novices désireux de découvrir des concepts fondamentaux.

Montaigne, l’homme de toujours

Michel de Montaigne est présenté non seulement comme une figure emblématique de la Renaissance, mais aussi comme un penseur dont la pertinence traverse les siècles. Brigitte Boudon souligne avec finesse la simplicité apparente et la complexité sous-jacente des essais de Montaigne, qui sont autant d’invitations à une introspection sincère et à une méditation sur l’existence. L’auteur montre comment Montaigne, par son scepticisme modéré et son humanisme profond, propose une manière d’être au monde qui conjugue lucidité et tolérance, doute et acceptation. Montaigne nous apprend à vivre avec nos imperfections, à embrasser notre humanité dans toute sa diversité et à trouver une forme de sagesse dans l’acceptation de la nature humaine. Son approche du monde, empreinte de relativisme et de bienveillance, résonne particulièrement dans notre époque où le dogmatisme et la polarisation semblent régner en maîtres.

Les Stoïciens, l’âme tranquille

Les Stoïciens, figures centrales de la philosophie antique, sont revisités sous un angle résolument contemporain. Brigitte Boudon dévoile la sagesse intemporelle de ces penseurs qui, malgré les siècles, offrent des enseignements d’une étonnante actualité. L’ouvrage met en lumière comment la philosophie stoïcienne, centrée sur l’idée d’accepter ce qui est hors de notre contrôle et de cultiver la vertu comme seul bien véritable, peut servir de guide dans notre quête moderne d’équilibre et de paix intérieure. Les Stoïciens nous rappellent que la sérénité réside dans la maîtrise de nos réactions face aux événements, dans le développement de la résilience face aux aléas de la vie. À travers une exploration des textes de Sénèque, Épictète, et Marc Aurèle, Boudon démontre que le stoïcisme n’est pas seulement une philosophie de la résignation, mais un appel à une vie de responsabilité et de liberté intérieure. Ce livre est une véritable bouffée d’air frais pour ceux qui cherchent à naviguer dans les tempêtes de l’existence avec une âme tranquille.

Jung, la philosophie des contraires

Carl Gustav Jung est abordé sous un angle qui dépasse largement sa renommée de psychologue pour le présenter comme un véritable philosophe des contraires. Brigitte Boudon explore avec brio comment Jung intègre dans sa pensée l’idée que la psyché humaine est un lieu de tensions et de dualités, où chaque individu doit reconnaître et réconcilier ses aspects opposés pour atteindre un état d’équilibre et d’individuation. La théorie jungienne des archétypes, des ombres et de l’inconscient collectif est ici éclairée sous un jour philosophique, offrant une grille de lecture originale pour comprendre les profondeurs de l’âme humaine. L’auteur démontre que, loin d’être purement théoriques, les concepts de Jung sont des outils pratiques pour naviguer dans les complexités de l’existence, pour comprendre les luttes internes et les paradoxes qui nous habitent. Ce livre est une invitation à embrasser nos contradictions, à voir en elles non pas des faiblesses, mais des sources potentielles de croissance et d’épanouissement.

Brigitte Boudon

L’auteure de ces trois ouvrages n’est autre que Brigitte Boudon qui nous offre une porte d’entrée captivante dans l’univers de la philosophie. Docteure en Sciences humaines, cofondatrice des éditions ancrages et des Jeudis Philo à Marseille, elle est attachée à rendre accessible et vivant le message des philosophes. Elle explore également les sagesses des mythes et les religions du monde afin d’en extraire le sens et les précieux enseignements pour notre vie quotidienne.

Nietzsche, le tragique

Friedrich Nietzsche, philosophe controversé et inclassable, est ici présenté sous l’angle du tragique, une notion centrale dans sa pensée. Fabien Amouroux nous guide à travers les méandres de cette réflexion où Nietzsche, tiraillé entre le désir de transcender les limites humaines et l’acceptation de leur inévitable tragédie, développe une vision du monde marquée par la confrontation avec l’absurde et la souffrance. Ce livre explore comment Nietzsche, tout en rejetant les idéaux traditionnels de la morale et de la religion, embrasse le tragique comme une force créatrice, un moteur pour l’affirmation de la vie malgré son caractère souvent douloureux. La dualité du tragique chez Nietzsche est à la fois une malédiction et une source de puissance, une tension entre la destruction des illusions confortables et la naissance d’une nouvelle forme de grandeur. La lecture de cet ouvrage incite à une réflexion profonde sur la condition humaine, sur la nécessité de trouver un sens là où, à première vue, il n’y en a peut-être pas.

Fabien Amouroux

La biographie de Fabien Amouroux

C’est un philosophe contemporain et auteur spécialisé dans l’étude des grandes figures de la philosophie occidentale. Titulaire d’un doctorat en philosophie, ses recherches se concentrent principalement sur la pensée de Friedrich Nietzsche, un domaine dans lequel il s’est distingué par ses analyses approfondies et novatrices. FabienAmouroux est reconnu pour sa capacité à rendre accessible les idées complexes de Nietzsche, tout en conservant la profondeur et la rigueur académique nécessaires pour traiter des sujets aussi exigeants.

Brigitte Boudon et Fabien Amouroux, à travers ces quatre ouvrages, nous offre une porte d’entrée captivante dans l’univers de la philosophie. Leur capacité à rendre clairs des concepts complexes sans jamais les appauvrir est un véritable tour de force. La collection Rencontres Philosophiques » se révèle être une ressource précieuse pour tous ceux qui souhaitent s’immerger dans la pensée des grands auteurs, tout en restant accessibles et engageants. Chaque livre de cette collection est une invitation à réfléchir, à débattre, et surtout à explorer les idées qui ont façonné notre monde et qui continuent de l’influencer profondément.

Ces ouvrages sont bien plus que des introductions à la philosophie; ils sont des compagnons de route pour quiconque cherche à comprendre le monde, et surtout, à se comprendre soi-même.

Le mystérieux Chevalier de Ramsay

Du site nos-colonnes.com

Quel franc-maçon n’a entendu le nom du Chevalier Michel de Ramsay ne serait-ce qu’une fois ? Le Chevalier de Ramsay et son fameux discours (en fait ses deux discours) est un incontournable de la mythologie maçonnique. L’a-t-on lu ? Pas forcément. Mais on en fait le principal inspirateur des hauts grades chevaleresques qui vont se développer dans la franc-maçonnerie française dès les années 1740. Les francs-maçons savent-ils cependant qui était le Chevalier de Ramsay, quelle fut sa vie et quelle était sa pensée ? Partons à la découverte de l’intriguant personnage que fut le Chevalier de Ramsay.

Histoire d’Andrew Michael Ramsay

L’origine d’Andrew Michael Ramsay, connu surtout en France comme Michel de Ramsay, ou le Chevalier de Ramsay, est controversée. On a longtemps affirmé qu’il était né à Ayr (sud-ouest de l’Écosse) en 1686 et que son père était boulanger. Une lettre de Ramsay, publiée seulement en 2018, tendrait à prouver qu’il était né en 1693 à Abbotshall (sud-est de l’Écosse), et que son père était pasteur. Son père était-il vraiment issu des Ramsay de Dalhousie et sa mère des Erskine de Mar, deux grandes familles de la noblesse écossaise ? Cela restera sans doute un mystère, mais c’est bien ce qui sera inscrit sur la patente que lui accorda en 1723 le Prétendant Jacques François Stuart (« The Old Pretender », le fils du roi déchu Jacques II, 1688-1766).

Si Ramsay était bien fils de pasteur, cela explique mieux pourquoi il suivit des études de théologie à l’Université d’Edimbourg, dont il sortit Maître ès Arts en 1707. Mais cette date nous amène à remettre en question sa naissance en 1693, comme le prétend la lettre mentionnée ci-dessus : est-il vraisemblable que Ramsay ait terminé ses études universitaires à l’âge de 14 ans ? Bien des mystères entourent ce personnage…

Ramsay fut le tuteur des enfants du comte de Wermyss jusqu’en 1709 et se rendit alors aux Pays-Bas pour rencontrer le pasteur et théologien calviniste Pierre Poiret (1646-1719), avec qui il correspondait. Puis on le retrouve en 1710 à Cambray, auprès de Fénélon (1651-1715), alors archevêque de la ville. Alors qu’il était jusque-là plutôt déiste, Ramsay se convertit au catholicisme. Fénelon lui fit rencontrer Mme Guyon (1648-1717), alors à Blois, l’inspiratrice du Quiétisme français, un courant mystique mettant l’accent sur l’expérience spirituelle intérieure plutôt que sur la pratique extérieure de la religion. En 1714, Ramsay devint le secrétaire de Mme Guyon.

Mme Guyon

En 1715, Ramsay retourna en Écosse pour s’engager dans un régiment jacobite (c’est-à-dire fidèle à la dynastie des Stuart, détrônée en 1688), qui fut battu lors de la bataille de Preston en novembre de la même année. Il fut déporté aux Caraïbes, mais le bateau qui l’y emmenait avec d’autres condamnés fit l’objet d’une mutinerie et finit par accoster en France en septembre 1716. En 1717, il était à Blois pour la mort de Mme Guyon. Il entra alors au service d’une famille noble de l’entourage de la grande mystique, au titre de précepteur de leur fils cadet, poste qu’il occupa jusqu’en 1722.

Il s’installa alors à Paris et devint très actif dans les cercles jacobites. Pour récompenser son zèle et son dévouement, Jacques François Stuart (« The Old Pretender », le fils du roi déchu Jacques II, 1688-1766) le recommanda au Régent du Royaume de France, Philippe d’Orléans (1674-1723), pour qu’il soit fait Chevalier de St-Lazare. La cérémonie d’adoubement eut lieu le 20 mai 1723, et le Régent lui accorda une rente annuelle de 2000 livres (environ 17.000 €). L’Ordre de St-Lazare, qui remonte aux Croisades, était devenu en France un ordre honorifique permettant à la couronne de récompenser ses plus fidèles serviteurs, et il fallait présenter huit quartiers de noblesse pour être admis Chevalier de Justice, le rang le plus commun. Par dérogation, ceux qui ne pouvaient pas prouver huit quartiers pouvaient être reçus Chevalier de Grâce, pour services rendus.

Or Ramsay fut reçu Chevalier de Justice, sans pouvoir prouver le moindre quartier de noblesse, ce qui est pour le moins étrange. Mais le 23 mai 1723, soit trois jours après la cérémonie d’adoubement, Jacques Stuart délivra à Ramsay une patente le reconnaissant descendant des Ramsay de Dalhousie et des Erskine de Mar. Nous ne saurons jamais si c’était vrai, ou s’il s’agissait d’une simple faveur accordée à un fidèle partisan…

Les honneurs s’enchaînèrent alors pour Ramsay, que Jacques Stuart  nomma en 1724 tuteur de son fils Charles Édouard (« The Young Pretender », ou affectueusement « Bonnie Prince Charlie », 1720-1788) alors âgé de trois ans et demi, et lui ordonna de se rendre à Rome, où demeurait l’enfant. Des conflits au sein de la communauté jacobite en exil à Rome l’amenèrent à retourner en France.

De 1729 à 1730, Ramsay séjourna en Angleterre pour y diffuser ses écrits et fut nommé à la prestigieuse Royal Society, en même temps que Montesquieu. De retour en France, il tenta sans succès d’entrer à l’Académie Française.

En juin 1735, il se maria avec Mary Nairne, fille du Sous-Secrétaire de Jacques Stuart, et eut deux enfants. Son fils mourut malheureusement en bas âge et sa fille à l’âge de 19 ans. Trois mois avant le mariage, il avait reçu le titre héréditaire de Baronet d’Écosse.

Ramsay mourut en 1743, probablement d’une attaque cérébrale, et fut enterré dans l’église de Saint-Germain-en-Laye, au cœur du fief Jacobite en France.

Qui était vraiment Ramsay ?

L’histoire de Ramsay est assez rocambolesque quand on connaît l’incertitude qui plane autour de son origine familiale. Et l’on peut à bon droit se demander comment cet homme, dont l’origine noble (si elle est avérée) ne fut reconnue qu’en 1723, parvint à recevoir tant d’honneurs de la part des grands de ce monde, au point de devenir la coqueluche des Jacobites et le protégé du Cardinal de Fleury (1653-1743), qui sera l’homme fort de la France à partir de 1724 ? Dans tous les cas, le contexte historique fut certainement déterminant : quelle que soit leur naissance, Jacques François Stuart avait besoin de tous les hommes de qualité qui pouvaient le servir, et par ricochet, les Français soutenaient tout ce qui pouvait aider les Jacobites et nuire l’Angleterre hanovrienne.

Mais il faut aussi relever que Ramsay eut l’intelligence de mener l’essentiel de sa carrière en France et non en Écosse ou en Angleterre, où il lui aurait été beaucoup plus difficile de se prétendre noble s’il ne l’était pas. Les exilés jacobites étaient certainement plus à même que les Français de se prononcer sur l’extraction sociale de Ramsay, mais la reconnaissance de son ascendance par Jacques Stuart en 1723 reste mystérieuse. Pourquoi ne la délivrer que trois jours après sa réception comme Chevalier de St-Lazare ?

Chevalier de St Lazare

Le mystère s’épaissit encore quand l’on apprend que l’on ne connaît aucun portrait de Ramsay. C’est très étonnant pour un aristocrate, même de noblesse récemment acquise. En 1921, Arthur Waite, dans sa « New Encycopaedia of Freemasonry », présenta comme portrait de Ramsay le dessin d’un Chevalier de St-Lazare inspiré de celui qui figure dans la monumentale histoire des Ordres religieux du Père Hélyot, publiée entre 1714 et 1748. C’est cette image que vous pouvez contempler ci-dessus. Les traits du personnage ne sont pas les mêmes que sur le dessin de l’ouvrage d’Hélyot, mais sont-ils ceux de Ramsay ? Un mystère de plus.

Ramsay franc-maçon 

Officiellement, Ramsay fut initié à la Loge Tavern Horn de Westminster en 1730, lors de son séjour anglais de 1729-1730. Mais cette date semble fort tardive, tant étaient nombreux les francs-maçons dans les rangs jacobites. Il est beaucoup plus probable qu’il avait déjà été reçu franc-maçon dans une Loge jacobite en France, peut-être dès 1715. Dans ce cas, sa réception à Londres en 1730 n’aurait servi qu’à le régulariser aux yeux de la franc-maçonnerie « officielle » anglaise, qui ne reconnaissait pas les loges jacobites. Là encore, le mystère règne.

On sait par ailleurs assez peu de choses de la carrière maçonnique de Ramsay, mais on constate qu’il était en 1736 Grand Orateur de la première Grande Loge de France, sous la Grande Maîtrise de Charles Radcliffe Lord Derwentwater (1693-1748), qui sera d’ailleurs l’un des signataires de son acte de décès et assistera à ses funérailles en 1743.

Le fameux discours de 1736 fut prononcé par Ramsay devant la Loge St Thomas n°1 à Paris, composée surtout de Frères anglais. Il devait prononcer une version modifiée de ce discours l’année suivante devant la Grande Loge, mais il souhaita d’abord demander l’avis et la bénédiction du Cardinal de Fleury, son protecteur. Le Cardinal lui intima l’ordre de ne pas le prononcer, et après ce désaveu, il semble que Ramsay ait cessé toute activité maçonnique.

La pensée de Ramsay et les deux discours 

Si l’histoire de Ramsay est pleine de mystère, sa vie intérieure et intellectuelle est elle aussi l’expression d’une personnalité complexe, en quête de paix spirituelle. Il semble qu’il était déiste quand il débarqua en Europe en 1709, ce qui n’est pas étonnant, car cette position était très fréquente dans les facultés de théologie protestante au XVIIIe. Mais il était manifestement en recherche spirituelle, comme l’atteste sa correspondance avec Pierre Poiret, pasteur et théologien calviniste de tendance mystique. C’est lui qu’il rencontra en premier sur le continent. Puis, probablement sur les conseils du pasteur Poiret, il se rendit auprès de Fénélon, chez qui il se convertit au catholicisme, et de Mme Guyon.

Ces trois personnes que Ramsay rencontra sont au centre d’une constellation dominée par la figure de Mme Guyon. Il s’agit du quiétisme, qui enseignait le pur abandon à l’amour de Dieu, dans une attitude de simple réceptivité, sans aucune pratique extérieure. Ce mouvement fut condamné par l’Église Catholique, qui y voyait une forme de contestation des sacrements et de la discipline ecclésiastique, et ne survécut que dans le protestantisme, notamment grâce au pasteur Poiret, et influença fortement les Quakers, les Méthodistes de John Wesley et le piétisme allemand.

L’influence du Quiétisme fut majeure dans la pensée de Ramsay. Il lui doit sa conception d’un Christianisme universaliste, pour lequel les différences confessionnelles n’ont aucune importance. En cela, la sensibilité quiétiste rejoignait le volonté clairement exprimée dans les Constitutions d’Anderson, qui entendaient faire de la franc-maçonnerie le lieu de réunion d’hommes de confessions différentes, pourvu qu’ils fussent hommes de bien.

Discours de Ramsay

C’est cela qu’exprime Ramsay dans son discours, aussi bien dans la version de 1736 que dans celle de 1737. Et son universalisme spirituel le fait largement dépasser les limites du christianisme. Sa pensée est enracinée dans un ésotérisme d’abord biblique et Salomonien qui embrasse ensuite les initiations antiques, notamment grecques et égyptiennes. Ramsay était un vrai Noachites, convaincu de l’existence d’une forme de spiritualité universelle qui remonterait symboliquement à Noé et transcenderait les religions apparues plus tard parmi les humains. Il convient de préciser que l’allusion au noachisme du discours de 1736 précède de deux ans l’introduction de cette notion dans les Constitutions d’Anderson, dans son édition de 1738. Anderson a-t-il sur ce point été influencé par Ramsay ? Si tel est le cas, le discours de Ramsay serait un texte fondateur de la franc-maçonnerie universelle et non seulement de la franc-maçonnerie française.

On retient généralement du discours de Ramsay qu’il fut le premier à établir un lien entre la franc-maçonnerie et les Croisades, ouvrant ainsi la voie au développement des hauts grades chevaleresques et templiers. C’est surtout la seconde version, celle de 1737, qui développa ce thème. Ce discours ne fut jamais prononcé, mais fut probablement diffusé par écrit. Il était adressé à un auditoire surtout français, alors que le premier avait été adressé à une Loge à majorité anglaise. Si le contenu central est le même, le premier discours de 1736 restait plus proche de l’esprit des Constitutions d’Anderson de 1723, insistant avantage sur la symbolique Salomonienne de l’art gothique, les Arts Libéraux et les thèmes bibliques. Les Croisades n’y sont qu’un épisode, à la fin du discours, expliquant le nom de Loge de St Jean par l’alliance avec les Hospitaliers de St Jean de Jérusalem. Dans le second discours de 1737, ce thème est amplifié et placé en deux endroits du texte. 

On a le sentiment que Ramsay comprenait que les francs-maçons français seraient moins attirés par la symbolique biblique et opérative de la franc-maçonnerie de métier que leurs homologues anglais, et seraient plus séduits par une origine chevaleresque. La suite de l’histoire allait lui donner raison.

Savez-vous démêler les mots d’Adélaïde Della Langoust ?

Cette semaine, Adélaïde a mêlé quelques mots choisis au hasard. Saurez-vous trouver la bonne réponse ? Pour cette dernière série du mois d’août, tentez de résoudre cette épreuve. Bonne chance à vous… Ah oui, une dernière chose, entre le jeu et sa réponse, vous pouvez vous détendre avec la blague de la semaine.

Si vraiment, vous perdez patience, les réponses sont ci-dessous… mais auparavant, voici une histoire « drôle » pour vous éviter de regarder la réponse trop rapidement et faire durer le plaisir….

L’associé du G:.A:.D:.L:.U:.

Une nuit, lassé des querelles de personnes et des luttes d’egos surdimensionnés au sein de la Franc-maçonnerie, le Grand Architecte de l’Univers décide de rappeler à Lui les Grands Maîtres des trois  principales Obédiences françaises. Au premier, Il demande :
– « Que crois-tu ? »
La main droite à l’ordre, le Grand Maître murmure d’une voix tremblante :
– « A la Sagesse, la Force et la Beauté. »
– « Prends place à ma droite », dit le G:.A:.D:.L:.U:., avant de se tourner vers le second Grand Maître, à qui Il demande :
– « Et toi, que crois-tu ? »
La main sur le cœur, d’une voix indignée de nature, le Grand Maître s’exclame :
– « A la défense de l’humanisme, au combat pour la laïcité… »
Mais avant qu’il ne se lance dans un interminable discours, le G:.A:.D:.L:.U:. l’interrompt :
– « Toi, tu t’installes à ma gauche. »
Reste le dernier Grand Maître…
A la différence des deux autres, il porte tous ses décors. Il est vrai que des mauvaises langues prétendent qu’il dort avec.
Le G:.A:.D:.L:.U:. le regarde avec curiosité…
– « Le voilà donc, ce Grand Maître qui défraye la chronique, encombre les prétoires et vide les Loges. »
 – « Et toi, que crois-tu ? »
Le torse bombé, le troisième Grand Maître n’hésite pas un instant :
– « Moi, je crois que tu es assis à ma place ! »

(Cette histoire est née au début des années 2010 suite à des conflits nés dans une grande Obédience française à cette époque)

Voyons maintenant la réponse :

Grande Loge Nationale Française : Hommage à Didier Gomez, frère exemplaire

C’est avec une profonde tristesse que nous apprenons le départ vers l’Orient Éternel du très respectable frère Didier Gomez, survenu le 21 août 2024. Didier Gomez était bien plus qu’un membre de la Grande Loge Nationale Française (GLNF) ; il était un pilier de sagesse, de dévouement, et d’engagement envers l’obédience et ses frères.

Initié le 11 mars 1988, Didier Gomez a commencé son parcours maçonnique au sein de la respectable loge « La Pierre du Jébusien » n° 501, à l’orient de Marseille. Sa progression a été rapide et marquée par un engagement sans faille, ce qui l’a conduit à devenir vénérable maître de sa loge en 1992. Didier Gomez a toujours montré une curiosité insatiable pour les différents rites pratiqués dans la GLNF, s’affiliant à d’autres loges, à Marseille comme à Paris, pour partager ses connaissances et son soutien.

En 1995, il a intégré l’Arche Royale, au chapitre « Lacydon » n° 37, où il a continué à se distinguer par son énergie et son sérieux. Sa réputation de maçon rigoureux et fiable l’a naturellement conduit aux plus hautes fonctions au sein de notre obédience. Il a occupé divers rôles de grande responsabilité, dont celui de grand surintendant provincial de Provence, grand inspecteur provincial, et garde des sceaux, fonction qu’il a assumée de 2012 à 2021. En tant que membre à vie du Souverain Grand Comité, Didier a également contribué de manière significative à l’élaboration du nouveau Règlement Général et des Statuts de la GLNF, un travail crucial pour l’institution fondée en 1913.

Notre très cher frère Didier Gomez était aussi passionné par les aspects techniques et artistiques de l’art royal, notamment en graphisme et héraldique. Il s’est investi dans de nombreuses commissions et a aidé à la formation de ses frères, toujours avec un sens aigu du devoir et de l’innovation. Son amour pour la Grande Loge Nationale Française et son désir de la voir prospérer étaient évidents dans chacune de ses actions.

Malheureusement, Didier Gomez nous a quittés à l’âge de 66 ans, après avoir courageusement combattu une longue maladie. Il laisse derrière lui un héritage de dévouement, d’humour et de fraternité qui continuera d’inspirer ceux qui ont eu la chance de le connaître.

Puissions-nous honorer sa mémoire en poursuivant avec le même sérieux et la même passion qu’il a manifestés tout au long de sa vie. Que le Grand Architecte de l’Univers accueille Didier en Sa demeure céleste, où il reposera en paix.

« Gémissons, Gémissons mais Espérons. Espérons, Espérons en confiance, Espérons en confiance et en sérénité ! »

La cérémonie funèbre aura lieu le lundi 26 août à 13h00, en l’église de Sainte-Marguerite, 20 place Antide Boyer à Marseille, dans le 9e arrondissement.

Les Francs-Maçons de Sion sortent  » un peu » de l’anonymat pour leurs 10 ans

De notre confrère suisse rhonefm.ch – Par Oriane Binggeli

La Franc-maçonnerie compte des dizaines d’adeptes en Valais (Suisse). Et le mouvement s’est taillé une place durable dans la région. La plus jeune loge fête ses 10 ans. Un anniversaire dont ils espèrent transformer en petite vitrine pour se faire connaitre.

Elle se nomme Ataraxie. C’est la plus jeune loge maçonnique du canton. Née à Sion en 2014, elle compte aujourd’hui 25 membres – appelés dans le lexique maçonnique des « Frères ».

Son 10e anniversaire est annoncé cet automne, avec un rituel, prévu au Temple maçonnique de Bex, une commune suisse du canton de Vaud, située dans le district d’Aigle. Jusque-là, rien d’inhabituel. Sauf que la loge a choisi de faire une entorse à la traditionnelle discrétion qui accompagne la pratique de la franc-maçonnerie, en accueillant des profanes. Attention, il ne s’agira pas d’une cérémonie tout public. « Nous accueillerons essentiellement nos familles et amis de confiance », explique le vénérable maître de la loge — l’équivalent du président de l’association, qui ne préfère d’ailleurs pas dévoiler son nom. « L’idée est de leur faire découvrir notre activité, de la rendre plus concrète. » 

« Ni une religion, ni une secte »

Pourquoi pas aussi actionner le levier de la transparence, pour casser les clichés qui ont la peau dure. « L’oppression a commencé il y a des siècles », analyse le Franc-maçon. « La Franc-maçonnerie ayant toujours rejeté les dogmes, l’Eglise nous a accusés de pécho mortel. Mais il n’y a aucun complotisme dans la démarche. »

Sur la forme, le Vénérable maître décrit la confrérie comme une association. Et sur le fond, comme un espace de rencontres et de travail sur soi. Entre lectures, débats et rituels, on philosophe sur les grandes questions de l’humanité. Le tout sans prosélytisme ni sectarisme. « Nous débattons de sujets de société, comme tout le monde, dans le respect de la parole et des croyances de l’autre », insiste-t-il. « Simplement, il s’agit d’aller peut-être plus loin ou plus intellectuellement dans ces thématiques, qu’on le ferait lors de discussions entre amis. » 

Loge ouverte à la relève

Enfin, la démarche tend peut-être aussi à intéresser de nouveaux aspirants. Puisque si Ataraxie a su garder un nombre de membres stable depuis 2019, la franc-maçonnerie a accusé une baisse de succès ces dernières décennies. De 7’500 en 1980 à 3’500 en 2020. Notre interlocuteur estime le nombre de francs-maçons en Valais à 150, voire 200, en comptant le Chablais vaudois.  

« On veut croire que la franc-maçonnerie en Valais a encore de beaux jours devant elle », confesse le vénérable maître , qui note que la loge reçoit deux à trois contacts par année, surtout via son site internet. « Ça parait peu, mais c’est un nombre tout à fait correct pour le bassin de population que nous avons. Et qui est similaire aux autres loges. » La Franc-maçonnerie s’est taillée une place durable en Valais. La plus jeune loge, à Sion, fête ses 10 ans.

Comment devient-on franc-maçon ?

Autre différence notable entre une loge maçonnique et une secte : « On y entre difficilement alors qu’il est très simple d’en sortir. Tout le contraire d’une secte », appuie le Vénérable maître d’Ataraxie. Ne devient donc pas franc-maçon qui veut. 

La tradition veut qu’un aspirant soit introduit par un franc-maçon agréé. Aujourd’hui, la prise de contact se fait essentiellement sur internet. Il s’agit d’abord d’enchaîner une série de rendez-vous avec des Frères, et d’effectuer quelques travaux écrits. « L’idée est de jauger la capacité de réflexion, d’observation et d’interrogation de l’aspirant. » Si l’exercice est validé, une séance plénière est mise sur pied, avec un vote. 

Et quelles sont les prédispositions pour prétendre au statut de Franc-maçon ? « Dans les loges dites régulières, comme Ataraxie, seuls les hommes sont admis », note le Vénérable, qui précise qu’il existe aussi plusieurs loges mixtes, voire exclusivement féminines en Suisse. « Pour le reste, il s’agit surtout d’être adulte, idéalement avec une certaine expérience de la vie. Curiosité, ouverture d’esprit et désintérêt personnel sont aussi des valeurs essentielles. »

Ababouiné : La rébellion silencieuse contre l’obscurantisme religieux

Le film Ababouiné, réalisé par André Forcier, est un drame sorti en salles au Québec le 23 août 2024. Et en France aussi ! Ce long-métrage de 94 minutes se déroule en 1957 dans le Faubourg à m’lasse, un quartier ouvrier de Montréal, et suit les aventures de jeunes joueurs de baseball confrontés à l’autorité rigide de l’Église catholique, apostolique et romaine.

Le terme Ababouiné fait référence à un voilier arrêté en pleine mer, faute de vent, symbolisant une situation de blocage ou d’impuissance, une métaphore centrale dans l’intrigue du film.

Le film met en scène Michel Paquette, un garçon de 12 ans atteint de polio, et ses amis, qui s’opposent à la domination cléricale représentée par le Vicaire Cotnoir. En parallèle, le professeur Rochette, un anarchiste, est renvoyé en raison de ses idées subversives, ce qui pousse les élèves à se mobiliser pour publier son recueil de poèmes.

navire ababouiné, Antoine Roux – Wikimedia Commons

Au nom de 450.fm, nous tenons à exprimer notre profonde gratitude à André Forcier et à toute son équipe pour avoir organisé cette projection privée de Ababouiné.

Votre générosité et votre engagement envers le cinéma québécois nous inspirent profondément. Ce fut un honneur de découvrir, en avant-première, cette œuvre riche en symbolisme et en émotions. Nous vous remercions chaleureusement pour cette opportunité unique et pour votre contribution inestimable à la culture cinématographique du Québec.

Les acteurs principaux du film

Éric Bruneau

Dans Ababouiné, Éric Bruneau incarne un personnage clé de l’histoire. Éric Bruneau est un acteur québécois reconnu pour sa polyvalence et son charisme, ayant joué dans de nombreux films et séries télévisées au Québec. Il est particulièrement apprécié pour ses performances dans des productions comme « Coroner » et « Le jeu ».

Rémi Brideau – Agence Laffond.com

Rémi Brideau

Rémi Brideau joue un rôle important aux côtés des autres protagonistes. Il est un acteur émergent sur la scène québécoise, apportant une fraîcheur et une intensité à chacun de ses rôles. Bien que moins connu que ses collègues, Rémi Brideau se distingue par son approche naturelle et authentique.

Rémy Girard – Source Allociné

Rémy Girard

Rémy Girard, l’un des acteurs les plus respectés du Québec, joue un rôle majeur dans Ababouiné. Avec une carrière impressionnante, Rémy Girard est reconnu pour ses performances dans des films emblématiques comme « Les invasions barbares » et « Le déclin de l’empire américain ». Sa présence dans le film apporte une profondeur supplémentaire à l’histoire.

Maïla Valendir – Photo UDA Canada.

Maïla Valentir

Maïla Valentir, une jeune actrice prometteuse, incarne un personnage crucial dans l’intrigue de Ababouiné. Bien qu’elle soit au début de sa carrière, Maïla Valentir a déjà capté l’attention du public grâce à son talent brut et sa capacité à interpréter des rôles complexes.

Gaston Lepage, en 2024

Gaston Lepage

Gaston Lepage, un vétéran du cinéma québécois, apporte son expérience et son expertise au film. Connu pour son humour et sa capacité à jouer des rôles variés, il est un acteur polyvalent qui a su se réinventer tout au long de sa carrière, marquant ainsi de nombreuses générations de spectateurs.

Ces acteurs, par leur talent et leur engagement, jouent un rôle central dans la réussite de Ababouiné, en incarnant des personnages riches et nuancés qui donnent vie à cette histoire complexe et symbolique.

Notre regard maçonnique sur Ababouiné

La quête de liberté et laïcité

Le film illustre la lutte pour la liberté de pensée contre le dogmatisme religieux. Michel, malgré sa maladie, incarne cette quête de liberté en s’opposant à l’autorité du Vicaire Cotnoir. Cette opposition à l’autorité cléricale reflète la tension entre la religion et la laïcité, un thème cher à la franc-maçonnerie, qui prône la séparation de l’Église et de l’État et la liberté individuelle. La franc-maçonnerie valorise la liberté de conscience et l’émancipation des esprits, ce qui est au cœur du conflit dans Ababouiné.

Éducation et transmission de connaissances

L’importance de l’éducation est soulignée par le personnage de Rochette, qui incarne le mentor maçonnique, transmettant des connaissances essentielles malgré l’opposition de l’Église. La franc-maçonnerie valorise l’éducation comme un moyen de progression individuelle et collective, et cette dynamique est clairement visible dans le film, où les élèves prennent en main la publication du recueil de leur professeur.

Drapeau de la Cité du Vatican

Lutte contre l’obscurantisme religieux

Blason de la Cité du Vatican

La confrontation entre le clergé et les jeunes personnages symbolise la lutte contre l’obscurantisme, un principe fondamental de la franc-maçonnerie. Le film critique l’influence étouffante de l’Église sur la société québécoise de l’époque, une époque marquée par la Grande Noirceur, où la domination cléricale empêchait toute forme de pensée indépendante.

Symbolisme et allégories

Le titre Ababouiné lui-même est une métaphore puissante. Comme un bateau arrêté en mer sans vent, les personnages du film sont bloqués par les structures rigides de la société. D’un point de vue maçonnique, cela peut représenter l’aspiration à un nouvel élan de liberté et de lumière, contrastant avec l’immobilisme et l’obscurité imposés par l’autorité religieuse.

 « Les veritez catholiques… » Pierre Guiffart (1597-1658)

Personnages et archétypes maçonniques

Michel Paquette peut être vu comme un apprenti maçon, cherchant à surmonter les obstacles de la vie (représentés par sa maladie et l’oppression religieuse) pour atteindre une forme de vérité et de liberté. Archange Saint-Amour, l’éditeur du pamphlet anticlérical, représente quant à lui le maître maçon, guidant les jeunes dans leur quête de justice et de connaissance.

André Forcier

En conclusion

Ababouiné d’André Forcier, au-delà de sa trame narrative, offre une réflexion profonde sur la liberté, l’éducation, et la lutte contre l’obscurantisme, des valeurs fondamentales en franc-maçonnerie. Le film, à travers ses personnages et ses symboles, propose une critique de l’autorité religieuse et une célébration de la libre pensée, des thèmes qui résonnent fortement avec l’idéal maçonnique de l’émancipation de l’esprit humain.

En explorant la tension entre tradition et modernité, Ababouiné s’inscrit dans la continuité des œuvres critiques qui questionnent l’influence des institutions religieuses sur la société, tout en rendant hommage à la résistance des esprits libres face à l’oppression.

Ababouiné | André Forcier | Bande-Annonce officielle

L’État de la Cité du Vatican est une monarchie absolue, de droit divin et élective, dirigée par le Pontife romain et évêque de Rome, c’est-à-dire actuellement le pape François, élu le 13 mars 2013, à la suite de la renonciation de Benoît XVI, le 28 février de la même année. Le pape y exerce souverainement le triple pouvoir exécutif, législatif et judiciaire.

Les ombres du passé : Complots et mystères à travers l’Histoire

Depuis quelque temps, les intrigues et querelles intestines des francs-maçons, autrefois marquées par des affaires de pouvoir, des rivalités d’influence, et des guerres picrocholines du type « je suis plus régulier que toi » ou « je fais pipi plus loin que toi » sur le mode « j’ai plus de frères que toi, tralala ! », ne retiennent plus autant l’attention. Les nouveaux marronniers se tournent désormais autour des complots. Ce sont ces complots silencieux et les mystères non résolus de l’Histoire qui captivent l’attention des médias, plongeant le public dans un univers où le passé ressurgit avec une aura d’intrigues et de secrets encore plus troublants.

Une augmentation notable du nombre de magazines traitant de théories du complot

En effet, au cours des trois dernières années, on a observé une augmentation notable du nombre de magazines traitant de théories du complot, de complotisme, des Illuminati, et autres récits liés. Cette tendance s’inscrit dans un contexte plus large où les théories conspirationnistes ont gagné en popularité, souvent alimentées par des événements mondiaux comme la pandémie de COVID-19 et les tensions politiques. Les sujets tels que les Illuminati et le Nouvel Ordre Mondial sont fréquemment abordés, avec un intérêt renouvelé pour les mythes entourant ces groupes prétendument secrets, en partie grâce à la diffusion rapide d’informations via Internet et les réseaux sociaux.

Dans notre note de lecture et analyse du 43e numéro de Secrets d’Histoire, intitulé « De l’Antiquité à nos jours – Complots et mystères de l’Histoire », Stéphane Bern, figure incontournable des médias français, nous plonge dans un univers où les récits historiques se mêlent aux mythes et aux intrigues qui ont façonné le destin de grandes figures et événements à travers les âges. Ce numéro captivant nous invite à redécouvrir l’Histoire sous l’angle fascinant des complots et des mystères non résolus, révélant les zones d’ombre qui continuent de hanter notre imaginaire collectif. Parfois

Stéphane Bern, en 2012

L’éditorial de Stéphane Bern donne le ton, soulignant comment l’Histoire a souvent été manipulée par des rumeurs qui alimentent les peurs, déclenchent des guerres ou provoquent la chute de figures puissantes. Sa réflexion nuancée sur les conséquences de ces rumeurs résonne tout au long des pages de ce numéro, offrant un portrait sombre mais réaliste de la manière dont l’Histoire est souvent écrite dans l’ombre.

Chaque chapitre – 15 au total – de ce numéro propose une plongée profonde dans différentes périodes et aspects de l’Histoire. Le magazine commence par un voyage réflexif dans les « Rendez-vous de l’Histoire », commémorant le 500e anniversaire de la naissance de Pierre de Ronsard. Ronsard, le « prince des poètes », est célébré non seulement pour sa contribution à la langue française mais aussi pour la manière dont son œuvre a survécu aux vicissitudes du temps, tout comme l’architecture gothique de Notre-Dame de Chartres, dont les trésors sont également revisités dans cette édition.

Ronsard par Benjamin Foulon

L’article sur le poète de la Renaissance, associé à l’exploration des artefacts historiques, prépare le terrain pour une discussion plus large sur la manière dont les efforts culturels et artistiques résistent et transcendent parfois les bouleversements historiques qui les menacent.

Le chapitre « Rumeurs, complots, secrets d’État », véritable dossier spécial, plonge le lecteur dans les aspects plus sombres de l’Histoire, en explorant des conspirations comme celle de Catilina dans la Rome antique, la guerre civile entre Bourguignons et Armagnacs en France, et les complots qui ont entouré des figures telles qu’Henri III et Henri IV. Chaque récit est minutieusement reconstitué, s’appuyant à la fois sur des faits historiques et des éléments spéculatifs qui ont transformé ces événements en légendes durables.

Le Masque de Fer

Notamment, l’analyse du Masque de Fer – le mystérieux prisonnier qui reste une énigme à ce jour – est emblématique de la manière dont les secrets d’État peuvent parfois donner naissance à des mythes plus puissants que la vérité elle-même. Cette réflexion est renforcée dans la discussion sur l’affaire des Poisons, où les lignes entre manœuvres politiques et pratiques occultes se brouillent, donnant naissance à un récit qui traite autant du contrôle et du pouvoir que de la superstition. Le dernier article est consacré à « L’attentat de Clamart : On a tiré sur le Général » par Coline Bouvart. Une analyse minutieuse de l’une des tentatives les plus audacieuses pour assassiner le général de Gaulle.

Cet événement, survenu le 22 août 1962, est le point culminant des tensions violentes qui entourent la guerre d’Algérie et l’opposition féroce à la politique d’indépendance menée par de Gaulle. En vérité, l’attentat du Petit-Clamart, désigné par ses auteurs sous le nom d’opération Charlotte Corday, et orchestré par l’Organisation de l’armée secrète (OAS), une organisation terroriste clandestine farouchement opposée à l’abandon de l’Algérie française, a été l’un des moments les plus critiques de la présidence de de Gaulle, marquant à la fois la vulnérabilité du chef de l’État et sa détermination inébranlable à poursuivre sa vision politique.

Le général de Gaulle, en 1961

Coline Bouvart retrace avec précision les faits, explore les motivations des conspirateurs, et analyse les répercussions de cet acte manqué sur la politique française de l’époque, offrant ainsi un éclairage fascinant sur cet épisode dramatique de l’histoire contemporaine.

Le magazine ne se prive pas de se concentrer sur l’individu et l’insolite. Le chapitre « Au cœur d’une vie », que nous devons à la plume de Philippe Séguy,  offre un portrait intime de personnages comme l’Abbé de Choisy, dont la vie oscille entre le baroque et l’excentrique. Ce segment, tout comme les articles sur Léopold II et Blanche Delacroix, révèle l’intersection entre les passions personnelles et le pouvoir politique, montrant comment les vies privées des figures historiques entraînent souvent des répercussions publiques.

Violette Morris, chanteuse, garconne en 1926

De manière similaire, l’article sur Violette Morris (1893-1944) dite « la Morris », dans le chapitre « Faits divers » est un rappel brutal de la manière dont des individus peuvent devenir emblématiques de forces plus larges et plus sinistres à l’œuvre. Violette Morris, championne – records du monde du lancer du disque et du lancer du poids et remporte dans les deux disciplines les premières Olympiades féminines en 1921 et 1922 – devenue collaboratrice, incarne les complexités morales d’une époque où les choix personnels pouvaient entraîner des conséquences publiques dévastatrices. Elle est abattue par des maquisards.

Le numéro revisite également certains des mystères les plus perplexes de l’Histoire, comme le Manuscrit de Voynich, dont les origines et la finalité restent aussi insaisissables que jamais.

Manuscrit de Voynich
Michał_Wojnicz, c. 1885

C’est l’un des livres les plus énigmatiques de l’Histoire. Découvert par un marchand de livres anciens, Wilfrid Voynich, en 1912, ce manuscrit, rédigé dans une langue ou un code encore indéchiffré, a fasciné et frustré chercheurs, linguistes, cryptographes et amateurs d’énigmes depuis plus d’un siècle. Daté du XVe siècle, le manuscrit est rempli de dessins de plantes étranges, de diagrammes astrologiques et d’illustrations de femmes nues, ce qui a conduit à de nombreuses théories sur son contenu, allant d’un traité médical ou botanique, à un texte alchimique ou ésotérique, voire à un simple canular.

Manuscrit de Voynich

Malgré les nombreuses tentatives pour percer son secret, le Manuscrit de Voynich reste un mystère insoluble, alimentant un large éventail de spéculations et de légendes. Aujourd’hui encore, il demeure un sujet de fascination pour les chercheurs, qui continuent de travailler à la déchiffrer, sans succès certain, contribuant à sa réputation de l’un des plus grands mystères littéraires et historiques de tous les temps. Cela est emblématique de l’approche plus large du magazine : présenter l’Histoire non pas comme une série de récits résolus, mais comme une tapisserie complexe, souvent contradictoire, où de nombreux fils restent inachevés.

Михаил Тимофеевич Калашников

Le magazine propose une série de récits passionnants, tels que « ‘’La Kalash’’ de l’oncle Micha », explorant l’icône russe Mikhaïl Kalachnikov (1919-2013) et de sa célèbre « arme de paix pour défendre sa patrie », ou « Un ‘’missel’’ policier pour la Commune », une analyse fascinante sur le fichage judiciaire durant la Commune de Paris.

Le saccage de la Folie Titon, le 28 avril 1789.

On retrouve également la rubrique « Des mots, des histoires », qui, sous la plume érudite de l’écrivain et historien Jean-Christian Petitfils, nous offre l’article « L’affaire Réveillon – Une fin de régime annoncée », une affaire survenue en avril 1789. Un événement précurseur de la Révolution française, marquant le début de la colère populaire qui allait bientôt embraser Paris.

Jean-Christian Petitfils en 2012.jpg

Ce soulèvement éclate à la suite de rumeurs selon lesquelles Jean-Baptiste Réveillon, un riche fabricant de papiers peints, aurait proposé de baisser les salaires des ouvriers. Ce malentendu, attisé par les tensions sociales croissantes, conduit à une violente émeute qui se solde par des dizaines de morts. Cet épisode est souvent vu comme un présage de la fin imminente de l’Ancien Régime, illustrant la montée d’une contestation populaire irrépressible qui allait bientôt changer le cours de l’Histoire.

La Villa Bague

Puis, « La Ville Bague, une grande histoire d’une malouinière ». Située dans l’arrière-pays malouin, la Ville Bague est l’une des plus emblématiques malouinières, ces demeures élégantes construites par les riches armateurs et corsaires de Saint-Malo au XVIIIe siècle. Une chronique intitulée « Fiction ou réalité » aborde le film « Le Jeu de la reine », questionnant son rapport à l’Histoire, la vie n’étant pas toujours du cinéma…

Enfin, il est annoncé que le prochain numéro, prévu pour le 13 novembre prochain, sera consacré à Marie, mère de l’humanité, elle qui fut choisie entre toutes pour une mission unique : permettre à Dieu de s’incarner en portant son Fils.

Ce qui rend ce numéro particulièrement captivant, c’est sa capacité à lier ces mystères historiques à des questions contemporaines de pouvoir, d’identité et de vérité. L’exploration historique n’est pas simplement une question du passé, mais aussi de la manière dont ces histoires continuent de façonner notre compréhension du présent.

Secrets d’Histoire est une véritable leçon de narration historique, tissant ensemble le personnel et le politique, le factuel et le spéculatif, en un récit cohérent qui pousse le lecteur à reconsidérer ce qu’il sait de l’Histoire. La curation minutieuse des articles par Stéphane Bern et sa voix éditoriale réfléchie créent une publication qui porte autant sur les mystères non résolus que sur l’importance de remettre en question les récits que nous tenons pour acquis.

Pour tout passionné d’Histoire, ce numéro est un rappel des complexités qui définissent notre compréhension du passé et des façons dont ces complexités continuent de résonner dans le présent. Le lecteur en ressort avec une appréciation plus profonde des énigmes qui persistent et un sens plus aigu du pouvoir que l’Histoire exerce sur notre imagination et notre réalité.

Secrets d’Histoire

De l’Antiquité à nos jours – Complots et mystères de l’Histoire Uni_média, N°43, Septembre/Octobre/Novembre 2024, 114 pages, 5,95 €

Lieu symbolique : Le Château de Commequiers (Vendée)

Le Château de Commequiers, mentionné dès le XIe siècle, est situé dans la commune de Commequiers, en Vendée en région des Pays de la Loire et dans la province historique du Poitou.

La Vendée, dans un premier temps…

Située dans les Pays de la Loire, la Vendée est un département riche en histoire et culture. Bordée par l’océan Atlantique, elle offre des paysages variés, des plages aux bocages et marais.

Marquée par les Guerres de Vendée (1793-1796), elle a un passé médiéval et révolutionnaire notable. La région est connue pour ses châteaux, églises romanes, et traditions festives, comme le Puy du Fou

(cf. notre « Lieu symbolique : Le Puy du Fou – commune des Épesses – Vendée » du 29 mars 2024). Le patois vendéen y est encore présent, préservant une partie de son identité culturelle.

Blason de la ville de Thouars (Deux-Sèvres)

Le premier seigneur

Le premier seigneur connu est Urvoidus (ou Urvoy), vassal des Thouars, mentionné en 1093 lors de la fondation du prieuré Saint-Nicolas à la Chaize-le-Vicomte. Urvoidus est également baron de Commequiers en 1099, dominant les paroisses de Soullans, Saint-Christophe-du-Ligneron, Maché, et le Perrier, ainsi que cinq châtellenies, dont La Vérie près de Challans.

En rouge, le département de la Vendée

La maison de Montaigu

Au XIIe siècle, par mariage, la seigneurie passe à la maison de Montaigu. Brient I de Commequiers et Agathe (Icostima) de Montaigu en sont les figures notables. Leur fils, Maurice Ier de Montaigu, soutient les Plantagenêts contre le roi de France, une position maintenue par leurs descendants.

Carte du département de la Vendée (1790 – 1793)

Au XIVe siècle, Josselin Ier de La Forest-sur-Sèvre acquiert Commequiers, suivi par les Jousseaume au siècle suivant. En 1440, Jeanne Jousseaume hérite du château et épouse Louis de Beaumont-Bressuire, initiateur de la grande reconstruction du château à la fin du XVe siècle.

Louis de Beaumont reconstruit le château en pierres blanches de Sallertaine, créant une enceinte octogonale avec des tours rondes. En 1628, après le combat de Riez, le château est démantelé sur ordre du cardinal de Richelieu.

La seigneurie passe ensuite aux Montmorency-Luxembourg puis est vendue vers 1780 à Jean-Charles Le Roux des Ridellières. En 1926, le château est inscrit au titre des monuments historiques. En avril 2023, un arrêté classe le donjon annulaire du château.

Anne Charles Sigismond de Montmorency-Luxembourg, par Louis Carrogis dit Carmontelle

Vous avez dit Montmorency-Luxembourg ?

Une famille qui n’est pas inconnue du maçon en général et de celui du GODF en particulier. En effet, Anne Charles Sigismond de Montmorency-Luxembourg (1737 – 1803), né à Paris, était un marquis de Royan, comte d’Olonne, et duc de Piney-Luxembourg. Héritier d’une ancienne famille noble, il devient lieutenant général des armées du roi en 1784. Franc-maçon influent, il fonde la loge aristocratique « Saint-Jean de Montmorency-Luxembourg » et est administrateur général du Grand Orient de France, jouant ainsi un rôle significatif dans le développement de la franc-maçonnerie en France.

Sous la grande maîtrise de Louis-Philippe d’Orléans, il a contribué à structurer et réformer la première obédience maçonnique française. Son influence a permis l’émergence d’une franc-maçonnerie bourgeoise et aristocratique, ainsi que la création de loges d’adoption, intégrant des femmes sous tutelle des loges d’hommes. Son travail a donc fortement marqué le paysage maçonnique français. Une loge portant son nom à la matricule du Grand Orient.

Élu représentant de la noblesse en 1789, il émigre en Angleterre lors de la Révolution française, puis se retire au Portugal où il meurt. Marié à Madeleine Suzanne Adélaïde de Voyer de Paulmy d’Argenson, il a quatre enfants, dont Charles Emmanuel Sigismond, 11e duc de Piney-Luxembourg.

La structure médiévale du château

Le château initial était une motte castrale, construite vers le XIe siècle. Le château reconstruit au XVe siècle est de forme octogonale irrégulière, avec huit tours circulaires reliées par des courtines. Conçu pour l’usage des armes à feu, chaque tour possède des ouvertures canonnières et des latrines se déversant dans les douves.

Côté architecture et défenses

Les tours sont couvertes de toits coniques et probablement surmontées de mâchicoulis. La base évasée (glacis) des tours permet de renforcer les maçonneries et de défendre contre les assaillants.

Quid du symbolisme et des légendes

Le château de Commequiers, par sa structure octogonale et ses tours, représente un exemple typique de l’architecture militaire de la fin du Moyen Âge, symbolisant le pouvoir féodal et la défense militaire avancée de l’époque.

Les récits entourant le château incluent des histoires de combats médiévaux, de sièges et de défenses héroïques. La transition entre les familles nobles et les alliances matrimoniales ajoute une dimension légendaire à l’histoire du château.

Les animations du temps présent…

Chaque année, l’association des Amis du vieux château de Commequiers organise diverses manifestations, dont les « Médiévales », qui se tiennent le premier week-end d’août. Plus de 500 figurants en costumes d’époque participent à des campements, marchés médiévaux, tournois équestres et d’archerie, combats à l’épée, spectacles, jeux pour enfants, théâtre, marionnettes, défilés, banquets, tavernes, et crêpes vendéennes, recréant l’ambiance médiévale pour les visiteurs.

Le Château de Commequiers est un monument historique qui illustre l’évolution de l’architecture militaire et les dynamiques féodales de la région de Vendée. Son histoire riche et ses légendes en font un site important pour la culture et le patrimoine local, célébré chaque année lors des festivités médiévales. Sources photos : Wikimedia Commons ; Tripadvisor