Si on admet que le terme « franc-maçonnerie » désigne une organisation sociale et que la gouvernance concerne « l’ensemble des processus de gouvernement, aux institutions et aux processus et pratiques en matière de prise de décision et de réglementation concernant les questions d’intérêt commun » (Sources : Nations Unies), il est normal que l’on puisse examiner la pratique actuelle pour essayer d’en dégager les éléments les plus caractéristiques pour les comparer à ce qui se passe dans d’autres organisations.
Les faits :
Trois éléments sociaux peuvent être relevés en ce qui concerne l’organisation sociale de la franc-maçonnerie dans le monde.
Une base institutionnelle spécifique : la loge
Un regroupement associatif et/ou institutionnel aléatoire des loges en une multitude d’obédiences,
Un investissement personnel d’un certain nombre de personnalités maçonniques au travers de structures sociales diverses et variées.
Si l’on se réfère à la gouvernance maçonnique , stricto sensu, seules les loges maçonniques sont concernées dans la mesure où le mode de gouvernance est très spécifique et obéit à différentes particularités :
Absence de démocratie directe globale avec le vote par « collèges » et des conditions strictes de participation,
Rôle prépondérant des clans,
Prérogative de certaines fonctions,
Dirigisme du fonctionnement avec un grand nombre d’interdits !
En ce qui concerne la gouvernance obédientielle , l’exemple de la plus grande obédience mondiale (la Grande Loge Unie d’Angleterre) est transposable aux autres petites obédiences nationales :
L’absence d’organisation démocratique favorise le développement des clans
Hyper pouvoirs dévolus aux conseils de l’ordre
Assemblées au rôle passif d’acceptation disciplinée
Relative discrétion des dirigeants choisis par co-optation
En ce qui concerne les structures indépendantes, la gouvernance se réduit à des initiatives personnelles diverses et variées dans des domaines économiques ou caritatifs.
Gouvernance et lieux de pouvoirs :
Les lieux de pouvoirs concernent principalement :
Le vénéralat pour les loges
La grande maîtrise pour les obédiences
La célébrité médiatique pour les structures indépendantes.
Pour le vénéralat des loges, l’absence d’organisation démocratique rend le processus très dépendant de l’influence des clans. Les querelles peuvent aboutir à des perturbations diverses et variées voire à des scissions de loges.
Pour la Grande Loge Unie d’Angleterre, la gouvernance de la Grande Maîtrise est sous la dépendance d’un nombre très réduit d’acteurs.
Pour les autres obédiences, on retrouve les querelles d’influences claniques qui permettent des alliances conjoncturelles pour faire élire des personnalités en demi-teinte !
En ce qui concerne les structures indépendantes, la gouvernance concerne surtout les structures commerciales liées à l’activité maçonnique : vente de décors et d’accessoires, éditions de livres et revues, recettes publicitaires, vente de produits dérivés : dans ce domaine c’est la loi du marché qui impose ses règles !
Un enjeu qui interroge !
Institution historique, sociale, intellectuelle et philosophique, bien que réduite a peu de choses aujourd’hui du fait des divisions, incompétences et querelles diverses, la franc-maçonnerie est toujours surveillée avec attention par les sociologues qui se posent souvent la question : et si elle se réveillait ?
Si, au lieu d’être dans les mains de « bras cassés », elle était inspirée par une jeunesse exigeante et motivée ?
Peut-être que pour en arriver là, il faudrait mettre un peu d’ordre dans les règles de gouvernance aussi bien au niveau des loges que dans les autres structures associatives ?
Peut-être aussi que le désordre actuel permet aux contempteurs de la franc-maçonnerie de se féliciter qu’elle ne reste que l’ombre d’elle-même ?
Quelle gouvernance pour une franc-maçonnerie moderne et exemplaire ?
Je suis convaincu que c’est au niveau de la loge qu’une gouvernance moderne et exemplaire mériterait d’être mise en place car c’est le seul niveau institutionnel spécifique de la démarche maçonnique !
Trois principes me sembleraient fondamentaux
Ne pas confondre gouvernance de la loge et processus initiatique
Instituer un conseil des sages possédant un avis consultatif non décisionnaire
Renforcer la gouvernance collective spécifique de la démarche maçonnique.
Ci-dessous un lien vers le site « Masonic Find » qui reprend quelques fondamentaux !
Liste non exhaustive (par ordre alphabétique des adresses http) des sites Internet des obédiences maçonniques et des associations maçonniques.
https://alliance.fm/ – Un des sites de la Grande Loge de l’Alliance Maçonnique Française créée en 2012. Très beau site avec des pages d’informations sur la franc-maçonnerie et l’obédience .
https://ame-ema.eu/fr/ – Site de l’Association Maçonnique Européenne – Cette association regroupe actuellement 33 obédiences européennes de 14 pays ; elle est officiellement reconnue comme lobbyiste au niveau des institutions européennes. Son siège est situé en Belgique . Son rôle est exclusivement consacré à réaliser des interventions auprès des institutions européennes en rapport avec des sujets impliquant la liberté de conscience, la laïcité ou les libertés. NDLR : Site peu dynamique – Liste des obédiences membres – quelques communiqués de presse – Des anciennes annonces de réunions.
https://cglem.org/ – Site de la “Confederation of the Grand Lodges of Europe and the Mediterranean” qui regroupe la Grande Loge Nationale des Francs-Maçons d’Italie, la Grande Loge Maçonnique du Portugal, la Grande Loge Traditionnelle & Moderne de France, le Gran Oriente de Espana, la Grande Loge Régulière des Francs-Maçons de Grèce, la Grande Loge Nationale de Bulgarie, la Grande Loge Maçonnique de Serbie, la Grande Loge Maçonnique d’Autriche, la Grande Loge Nationale Marocaine, la Grande Loge de Nouvel Eclairage in Romania et la Grand Lodge Jérusalem des Anciens et Francs-Maçons Acceptés de l’Etat d’Israël. A noter les pages en italien et en français.
https://clipsas.org/ – Site de l’association » Centre de Liaison et d’Information des Puissances maçonniques Signataires de « l’Appel de Strasbourg » créé en 1961 et regroupant l’essentiel des obédiences maçonniques dites libérales. Le Grand Orient de France qui était membre fondateur a démissionné en 2019 pour des raisons de mésentente. Le Président actuel est M. Louis Daly. Le site n’est pas à jour ; le dernier post date de 2019. Intérêt : 2
https://glanicanada.com/ – Site de la Grande Loge ANI du Canada. « Lorsque nos Pères fondateurs ont créé notre Obédience au début des années 1980, celle-ci était de souche Arménienne anglaise. Elle tire son nom de la ville de Ani, ancienne capitale de l’Arménie aujourd’hui en ruine maintenant Patrimoine mondial de l’UNESCO. À travers le temps, elle a évolué et ses membres portent aujourd’hui l’empreinte du multiculturalisme. » La GL ANI du Canada est membre du CLIPSAS et du COMAM.
https://glef.fr/ – Site de la grande Loge Ecossaise de France, obédience créée en 2019 qui comprend une dizaine de loges pratiquant le REAA et le RER.
https://www.gl-fm.org/– Site de la Grande Loge franco-Maltaise qui travaille au Rite Moderne d’Ecosse – A noter une page du site consacrée à la revue de la GL-FM, « Pierres de Lumière ».
https://glmn.eu/– site de la Grande Loge Mixte Nationale « créée le 31 juillet 2010 par des Francs-Maçons expérimentés, désireux de créer une Obédience dont l’objectif est le respect de la Tradition Maçonnique, telle que nous l’ont léguée nos Anciens. Elle se situe actuellement au rang des dix premières obédiences françaises. ».
https://glquebec.org/Site de la Grande Loge du Québec fondée en 1869 qui regroupe plus de 70 loges.
http://glti.eu/– Site de la Grande Loge Traditionnelle Initiatique. « La GRANDE LOGE TRADITIONNELLE INITIATIQUE est un espace de réflexion et de travail. Elle offre à ses membres une authentique recherche spirituelle avec pour piliers la fraternité et l’éthique. Elle pratique exclusivement le Rite de Memphis-Misraïm. Elle est composée de Loges masculines, féminines et mixtes, travaillant au Rite Ancien et Primitif de Memphis-Misraïm, avec une authentique transmission. » La GLTI a été créée en 2014 suite à une scission de la GLSF (Grande Loge Symbolique de France). Elle comporte actuellement sept loges. Le Grand Maître actuel de la GLTI est Patrick LONGUET.
https://gltmf.eu/ Site de la Grande Loge Traditionnelle et Moderne de France créée en 2003 suite à une scission de la GLNF.
https://glmu.fr/– site de la grande Loge Mixte Universelle ; obédience créée en février 1973 suite à une scission du Droit Humain
https://glrb.net/ Site de la Grande Loge Régulière de Belgique. « La Grande Loge régulière de Belgique est une obédience maçonnique belge fondée en 1979, la seule Grande Loge Belge reconnue. À ce jour, elle est reconnue comme « régulière » par la Grande Loge unie d’Angleterre. Elle adhère aux « Anciens Landmarks » et aux principes basiques édictée par la GLUA en 1929. »
https://gltmf.eu/ – Site de la Grande Loge Traditionnelle et Moderne de France fondée le 30 novembre 2003. Signalons sue cette obédience possède 3 loges en Thaïllande et une loge en Russie. La GLTMF a formé avec la Grande Loge Nationale des Francs-Maçons d’Italie, la Grande Loge des communautés d’Andalousie, la Grande Loge Régulière du Portugal et la Grande Loge du Maroc, la « Confédération de l’Europe et de la Méditerranée ».
https://gltf.fr/ – Site de la Grande Loge Traditionnelle de France – obédience créée en 2013 se réclamant de la « tradition ». Le Grand Maître actuel est le TRF Mario Piromalli. Le siège de l’obédience se trouve à Marseille.
http://grande-loge.lu/ Site de la Grande Loge du Luxembourg, obédience régulière ; à signaler la page « liens » particulièrement bien fournie.
https://ofu-fm.fr/ – Site de l’obédience de la fraternité universelle; « L’Obédience de la Fraternité Universelle a vu le jour le 8 janvier 6013, par la propre volonté de Frères, appartenant à des Loges Libres et Souveraines du Limousin. » ; l’obédience est basée à Limoges (France). elle se réclame de « la franc-maçonnerie de tradition » ; Elle est composée d’une dizaine de loges !
https://oimre.org/ – Site de l’organisation « Ordres Initiatiques Maçonniques des Rites Égyptiens » animé par Gérard Baudou-Platon qui regroupe l’UME (Union Maçonnique Européenne), Sah-Sopdet, l’OIAPMM (Ordre Initiatique Ancien et Primitif de Memphis Misraïm), l’OMRA (Ordre Maçonnique des Rites Anciens), l’Ordre des Rites de Venise, le Grand Prieuré Souverain de France.
https://sc33reaa.fr/ Site du Suprême Conseil pour la France ; uniquement accessible aux membres.
https://sgcsarjplf.org/supreme-grand-chapitre/ site du Suprême Grand Chapitre de la Sainte Arche Royale de Jérusalem Pour La France. « Si une Obédience maçonnique a pleine autorité sur les trois premiers Degrés ou Grades symboliques — et sur eux seuls —, la tradition et les us veulent que les Frères puissent pratiquer l’Arche Royale au sein d’une structure intégrée à leur Obédience ou, a minima, ayant contracté des liens indéfectibles avec elle. Aujourd’hui, le SGCSARJ accueille exclusivement des hommes, principalement des Frères Maîtres du Rite de style Émulation, dont l’Arche Royale anglaise de style Émulation est le Suprême Degré, mais également des Frères Maîtres issus d’autres Rites mais ayant à cœur de découvrir la richesse ascétique du “par cœur” et l’intérêt indéniable de son contenu. Principalement « souché » sur la Grande Loge de l’Alliance Maçonnique Française, le SGCSARJPLF s’est ouvert aux obédiences spiritualistes non mixtes telles que la GLTSO, la GLIF ou la GLDF.«
https://uefm.wordpress.com/ Pierre Dutron – Site de l’union européenne franc-maçonnique (association acceptant les inscriptions individuelles ou collectives)
https://www.ame-ema.eu/fr/ – Site de l’Alliance Maçonnique Européenne qui regroupe 35 obédiences européennes. « L’Alliance Maçonnique Européenne a pour but la diffusion et la promotion des valeurs et principes dont la Franc-Maçonnerie est l’héritière vigilante, en particulier la liberté de conscience, les idéaux de démocratie, de fraternité, et de dignité humaine. «
http://www.climaf.eu/ Site du Centre de Liaison International de la Maçonnerie Féminine qui regroupe les Grandes Loges féminines d’Allemagne, Belgique, Espagne, France, Italie, Portugal, Roumanie, Suisse et Turquie. Ces neuf obédiences représentent plus de 20 000 soeurs. Peu d’informations.
http://www.clsap.be/ma/ Site, sous forme de document pdf, présentant le Souverain Collège du Rite Ecossais pour la Belgique
http://www.comam.info/index.html – Site officiel (trilingue) de la Conférence maçonnique américaine, COMAM qui regroupe 20 obédiences du continent américain. « Cette organisation maçonnique, formée par les Grandes Loges et des Grands Orients du continent américain, a été fondée à Santiago du Chile dans le but de servir et de créer des liens Fraternels entre les Obédiences libérales et adogmatiques, des Obédiences masculines, féminines ou mixtes et qui travaillent pour la de perfection de la personne dans liberté absolue de conscience.«
http://www.directoirerectifiedefrance.org/ – « Le Directoire National Rectifié de France -Grand Directoire des Gaules (D.N.R.F.-G.D.D.G.), constitué le 15 décembre 2012 à Lyon, a réveillé le Grand Directoire des Gaules, fondé à l’initiative de Camille Savoire (1869-1951) sous les auspices du Grand Prieuré Indépendant d’Helvétie en mars 1935. »
http://www.droit-humain.be, Site de la fédération Belge du droit Humain, site ne semblant pas à jour de l’actualité.
https://www.fm-gliff.org/ Site de l’obédience GRANDE LOGE INITIATIQUE FÉMININE FRANCOPHONE créée en 2017 suite à une scission de la Grande Loge Féminine de France
https://www.fmtl.fr/ – site de la Franc-Maçonnerie Traditionnelle Libre, une des composantes de LNFU
https://www.gl-amf.fr/ – Site de la Grande Loge de l’Alliance Maçonnique Française – la page d’accueil est un portail vers des pages réservées aux adhérents . Un lien dirige vers le site https://alliance.fm/ site très bien fait avec des informations sur la franc-maçonnerie et l’obédience et sur l’achat des revues de l’obédience.
https://www.gl-fm.org/– Site de la Grande Loge franco-Maltaise qui travaille au Rite Moderne d’Ecosse – A noter une page du site consacrée à la revue de la GL-FM, « Pierres de Lumière »
https://www.glcifm.org/ – Site de la Grande Loge de Côte d’Ivoire créée en 1989 – Grande Loge régulière reconnue par la Grande Loge Unie d’Angleterre.
http://www.glcs.fr – Site de l’obédience Grande Loge des Cultures et de la Spiritualité, « la seule obédience française théiste, laïque et mixte » créée en 2003.
https://www.gldf.org/ Site de l’obédience La Grande Loge de France ; site à la présentation très dynamique
http://www.glef.eu : Site de la Grande Loge Européenne de la Fraternité Universelle créée en 2013 suite à une scission de certaines loges de la GLNF et à une fusion de la Grande Loge d’Europe Fédérale (GLEF) avec l’Obédience de la Fraternité Universelle (OFU). La GLEU regroupe des loges indépendantes de toute obédience et qui souhaite cultiver leur indépendance.
https://www.glfg-suisse.com– « Ce site est consacré à la présentation de la seule Loge Féminine grecque travaillant en français et tenant ses réunions à Genève. » La constitution de la Grande Loge Féminine de Grèce date de 2012.
https://www.gl-fm.org/ – site de la Grande Loge Franco-Maltaise (Rite Moderne d’Ecosse). « La Grande Loge Franco-Maltaise a été fondée à Béziers le 19 février 2019 par les Vénérables Maîtres de trois loges. Elle exerce sa juridiction sans partage sur les grades d’Apprenti, de Compagnon, de Compagnon de la Marque et de Maître.«
Comme chacun le sait, du moins ceux qui nous lisent, 450.fm est un Journal d’information maçonnique en ligne, on ne peut plus jaloux de son indépendance. En fonction des alertes que nous recevons, nous sommes parfois amenés à attirer l’attention sur des faits que diverses instances préféreraient garder sous le boisseau. Sociétés discrètes, les obédiences ont plus qu’une légère tendance à affectionner le secret, ayant, en général, pour premier réflexe, de cacher la poussière sous le tapis et, comme seconde réaction, de régler leurs comptes à couvert.
Sans aucunement nous ériger en arbitres des élégances, nous nous efforçons, quand nous disposons de preuves suffisamment précises et étayées, de les rappeler à des règles élémentaires de bonne gouvernance qui reposent, en tout premier lieu, sur la transparence des opérations de gestion qu’elles sont appelées à conduire. Leurs exécutifs ont des mandants et ils sont les mandataires du regroupement des loges qu’ils représentent. À ce titre, ne serait-ce qu’au nom des principes qu’ils ne cessent de proclamer partout, ils se doivent au moins de rendre compte des réalités avec un peu d’honnêteté. Or il est à craindre que certains, du moins, ne soient guère étranglés par leur duplicité. Bien plus que sur le fond, ce sont ces mœurs déshonorantes que nous dénonçons. Elles ne sont ni à l’image de l’idéal que nous professons ni même à celle des pratiques débonnaires que nous observons d’habitude entre sœurs et frères.
Nous n’avons d’autre objectif que d’informer, de permettre à ceux qui y ont un intérêt légitime, d’avoir les cartes en main. En cela, nous suppléons des carences qui constituent des vices de fonctionnement. Nous restons dans notre rôle. Nous ne sommes pas des justiciers, même si, parfois, nos propos ne manquent pas de véhémence, quand nous sommes confrontés au mensonge et à l’effronterie. Sophocle recommandait déjà de ne pas tuer le messager. Mais, à rebours de l’antique proverbe, la tentation perdure, chez certains frères ou chez certaines sœurs, de sacrifier le porteur de message ! Or celui qui trahit les principes inlassablement répétés de nos serments comme les valeurs comportementales dont il devrait être le premier garant, c’est l’auteur des faits… qui espère bien, cependant, échapper à la condamnation, sous le glacis des convenances et la menace voilée d’un antimaçonnsime rampant. Ce ne devrait être qu’une protection dérisoire pour ceux qui prétendent être des esprits libres adeptes de la vérité et qui savent d’évidence que ne peuvent affaiblir la voie initiatique que ceux qui s’en écartent. Soyons un peu plus concrets et illustrons ce marasme.
Dans les deux cas, nous disposons des pièces sur lesquelles sont fondés nos arguments. Nous nous faisons forts de les produire en justice si nous y sommes poursuivis en diffamation or ce n’est pas cette voie qui risque d’être empruntée. Le résultat en serait trop piteux pour les prétendus plaignants. Sans jamais répondre de façon circonstanciée aux questions que nous soulevons, ils préféreront plus insidieusement chercher à nous désarçonner par un ostracisme belliqueux, donnant leurs instructions à la ronde voire, le cas échéant, se rassemblant en meute.
Mes Très Chères Sœurs, Mes Très Chers Frères, nous avons changé de siècle. Il serait temps de s’en aviser.
François Koch, avec sa haute exigence journalistique, nous avait ouvert la voie, grâce à son blog : « La Lumière ». À l’heure où Internet se répand dans tous les usages sociaux, la protection hiérarchique de l’information vole en éclats. Attendu la moyenne d’âge de nos assemblées, le phénomène prendra sans doute un peu plus de temps qu’ailleurs.
En tous cas, ne comptez pas sur nous pour continuer à confondre solidarité et complicité !
L’ouvrage Sources 14 – Violence et Franc-maçonnerie s’inscrit dans une longue tradition de publications rigoureuses orchestrées par l’Aréopage de recherche du Grand Collège des Rites Écossais – Suprême Conseil du 33e degrés en France 1764-1804 Grand Orient de France. Cet Aréopage, dédié aux investigations académiques et aux réflexions philosophiques, s’efforce de fournir une documentation aussi complète que possible sur les thèmes soumis par le Grand Collège des Rites.
Dans ce quatorzième numéro, les travaux se concentrent sur une thématique aussi intemporelle qu’urgente : la violence, explorée sous ses multiples formes et implications, tant dans le contexte sociétal que maçonnique.
Ce dernier opus s’articule autour d’une structure en quatre parties distinctes, chacune offrant une exploration approfondie et nuancée d’une facette particulière de la violence en lien avec la franc-maçonnerie. Cette division méthodique permet de déployer une analyse complète qui aborde tour à tour l’homme et la violence, la violence au sein de la société, les défis posés par les nouvelles technologies, et enfin, la manière dont la violence se manifeste dans les pratiques et rituels maçonniques.
L’Homme et la violence
L’ouverture de l’ouvrage est marquée par une exploration des racines de la violence humaine, abordées sous différents angles culturels et psychologiques. Spécialiste des civilisations anciennes et chercheur dont les travaux se focalisent sur les dynamiques culturelles et les comportements humains à travers l’histoire, Jean Druart, dans son article « Violence et passion : des Aztèques aux youtubeurs », dresse un parallèle audacieux entre les sacrifices rituels des Aztèques et les dynamiques de violence symbolique présentes dans le monde moderne des réseaux sociaux, notamment chez les youtubeurs. Cette analyse souligne l’évolution, mais aussi la permanence des mécanismes violents au sein des sociétés humaines, leur passage de l’espace physique à l’espace virtuel, sans pour autant perdre en intensité.
René Girard en 2007
Auteur spécialisé dans les études culturelles et religieuses, Gilles Sintes, dans son exploration du « Bouc émissaire », revisite ce concept théorisé par René Girard (1923-2015). Il démontre comment ce mécanisme continue d’opérer dans les sociétés contemporaines, où la violence est souvent détournée vers des individus ou des groupes spécifiques, transformés en victimes expiatoires pour résoudre des tensions sociales. Gilles Sintes éclaire les continuités entre les pratiques anciennes et les phénomènes modernes, soulignant ainsi la persistance de la violence sacrificielle dans des formes parfois inattendues.
Violence et société
La deuxième partie élargit la perspective en abordant des manifestations de la violence dans le cadre institutionnel et écologique. Jean-Claude Couturier, dans « Violence d’État », analyse la manière dont la violence peut être systématiquement utilisée par les États pour maintenir l’ordre ou imposer des politiques, soulevant des questions sur la légitimité et les limites de cette violence institutionnalisée.
Denis Colongo, quant à lui, traite de « La violence de l’économie dignité de l’Homme ». Il explore les relations entre les dynamiques économiques globales et la dignité humaine, montrant comment l’exploitation économique et les inégalités systémiques peuvent engendrer des formes subtiles, mais non moins destructrices, de violence.
Michel Lagarde introduit une dimension écologique avec son article sur la « Violence de l’homme dans la biosphère », où il discute des impacts délétères des activités humaines sur la nature, soulignant que la destruction de l’environnement constitue une forme de violence envers la planète, mais aussi envers les générations futures.
Michel Dillenschneider, spécialiste en sciences sociales et écologiques, aborde un thème d’actualité avec « Violence et précarité énergétique ». Il montre comment l’accès inégal à l’énergie, bien essentiel, peut devenir une source de conflit et de souffrance, révélant ainsi la complexité des enjeux énergétiques contemporains et leur potentiel à exacerber les tensions sociales.
Didier Desor, expert en éthique, justice et psychologie, et Jean-Pierre Debruille, psychiatre et chercheur, dans leur article « Faut-il juger les fous violents ? », interrogent la frontière entre la folie et la criminalité, une réflexion qui touche aux fondements mêmes de la justice et de l’éthique dans le traitement des individus violents souffrant de troubles mentaux. Cette question est d’une pertinence capitale dans un contexte où la psychiatrie et le droit peinent à trouver des réponses équilibrées.
Professeur honoraire à l’université Paris-Saclay, Alain Cordier, figure centrale de cette édition, explore les interactions entre « Violence et recherche scientifique », un sujet qui met en lumière les tensions inhérentes à la quête de savoir et les responsabilités éthiques des chercheurs face à l’utilisation potentiellement destructrice de leurs découvertes.
Yves Giraudon nous entraîne dans une réflexion sur « Violence et expression musicale symbolique ». Il explore comment la musique, en tant que forme d’art et de communication symbolique, peut à la fois canaliser et exprimer des tensions violentes, soulignant le pouvoir cathartique et transformateur de la musique dans l’expérience humaine.
Historien militaire et franc-maçon, Claude Vautrin clôt cette partie avec « Un franc-maçon dans la guerre », une perspective personnelle et historique qui examine les dilemmes et les choix auxquels sont confrontés les maçons lorsqu’ils sont pris dans les tourments de la guerre. Ce récit enrichit la réflexion sur la violence en introduisant une dimension vécue et personnelle.
Violence et nouvelles technologies
La modernité n’est pas exempte de nouveaux défis, comme le démontre la troisième section dédiée à la violence et aux nouvelles technologies. Sociologue et spécialiste des nouvelles technologies, Philippe Rivet aborde « La radicalité de l’individualisme et la violence symbolique des réseaux sociaux », où il dépeint un tableau inquiétant de l’impact des technologies numériques sur les relations humaines, exacerbant l’individualisme et engendrant de nouvelles formes de violence symbolique qui peuvent avoir des conséquences profondes sur la société.
Victor Mastrangelo et Jean Schmets, chercheurs en intelligence artificielle et éthique technologique, examinent le thème « Violence et Intelligence Artificielle ». Leur contribution souligne les risques liés à l’essor des IA dans des domaines sensibles comme la sécurité ou la gestion des conflits, posant des questions éthiques cruciales sur la responsabilité humaine face à des machines de plus en plus autonomes.
Enfin, Bernard Zappoli, expert en cybersécurité et sociologie numérique, dans « La violence en ligne de la cour de récréation à la cyber guerre », explore comment le cyberespace est devenu un champ de bataille, où la violence prend des formes inédites, depuis le harcèlement en ligne jusqu’aux cyberattaques à grande échelle. Son analyse met en lumière les dangers d’un monde de plus en plus interconnecté, mais aussi les défis pour réguler ces nouvelles formes de conflits.
Violence et maçonnerie
Le dernier chapitre de l’ouvrage, consacré à « Violence et maçonnerie », ramène la discussion au cœur même de la pratique maçonnique. Psychologue et maçon expérimenté, Michel Lebey s’interroge sur « Violence et psychologie dans l’initiation maçonnique, intérêt, risques », offrant une perspective critique sur les rituels d’initiation, qui, bien que symboliques, peuvent engendrer des tensions psychologiques significatives chez les initiés.
Daniel Comino, dans « La violence dans les rituels », approfondit cette réflexion en examinant comment les rituels maçonniques, bien que conçus pour être des vecteurs de sagesse et d’éthique, peuvent parfois être perçus ou vécus comme des formes de violence rituelle, nécessitant une réévaluation de certaines pratiques.
Auteur notamment de Les origines anglaises de la franc-maçonnerie moderne–Au cœur de la galaxie hétérodoxe (Éd. Maïa, 2022), Richard Bordes explore ici « Le serment maçonnique entre promesse et malédiction », une analyse des engagements solennels pris par les maçons, qui oscillent entre un idéal élevé de fidélité et le poids parfois écrasant des obligations symboliques qu’ils impliquent.
Sociologue et franc-maçon, Jean-Jacques Chauvin aborde « La violence au travers des pratiques et récits maçonniques », une étude des narratives internes à la franc-maçonnerie, qui parfois véhiculent des éléments de violence symbolique, soulignant la nécessité d’une réflexion continue sur les traditions et les pratiques.
Enfin, Didier Desor clôt l’ouvrage avec une analyse poignante des « réticences à la mixité dans les loges–Une déclinaison de la violence envers les femmes » et des formes subtiles de violence envers les femmes qui peuvent en découler. Cette contribution met en lumière les défis contemporains auxquels est confrontée la franc-maçonnerie dans son chemin vers l’égalité et l’inclusion.
Sources 14. Violence et Franc-maçonnerie est bien plus qu’un recueil d’articles ; c’est une réflexion collective d’une profondeur remarquable sur la nature et les manifestations de la violence dans ses multiples dimensions. L’ouvrage parvient à tisser des liens entre des sujets aussi variés que la psychologie, la technologie, l’écologie, et les pratiques maçonniques, offrant au lecteur une compréhension élargie des défis éthiques et sociaux de notre temps. La richesse des contributions, couplée à la rigueur académique des auteurs, en fait une lecture essentielle pour quiconque s’intéresse à la franc-maçonnerie, mais aussi plus largement à l’étude de la violence et de ses impacts sur nos sociétés.
Conformément à nos us et coutumes, nous vous présentons l’éditeur et la collection Sources
La revue Sources est un organe de publication émanant de l’Aréopage National de Recherches du Grand Collège des Rites Écossais – Suprême Conseil du 33e degrés en France 1764-1804 Grand Orient de France. Ce dernier se distingue par son engagement à promouvoir des travaux de recherche rigoureux et académiques, issus de diverses commissions scientifiques spécialisées. Chaque numéro de la revue est le fruit d’une réflexion collective et d’un travail approfondi, visant à apporter un éclairage nouveau sur des thèmes d’actualité ou des sujets d’intérêt maçonnique. Le volume 14, consacré à la violence, s’inscrit dans cette tradition d’excellence en offrant des analyses pertinentes, souvent inédites, sur un sujet complexe et multidimensionnel.
La collection Sources
La collection Sources se déploie comme un vaste fleuve de pensée, serpentant à travers les méandres des réflexions maçonniques et des explorations intellectuelles. Née sous les auspices du Grand Collège des Rites Écossais du Grand Orient de France, cette collection incarne le fruit d’un dialogue incessant entre le passé et le présent, entre les traditions rituelles et les questionnements contemporains.
Chaque volume de cette collection se présente comme un ouvrage précieux, tissé de savoirs et de recherches approfondies menées par les commissions scientifiques de l’Aréopage. Ces volumes sont des fenêtres ouvertes sur des mondes de pensée où se côtoient l’histoire, la philosophie, et la sociologie, éclairées par la lumière singulière de la franc-maçonnerie.
Les volumes publiés dans la collection Sources
Le premier volume, État des travaux de l’Aréopage 5977-5980, ouvre la voie, établissant les fondations d’une œuvre monumentale. Il est suivi par État des travaux de l’Aréopage 5980-5986, qui poursuit cette exploration minutieuse des travaux maçonniques.
Avec le volume 3 Rituel et esprit maçonnique dans la franc-maçonnerie d’aujourd’hui, le lecteur est invité à pénétrer dans les arcanes des pratiques rituelles contemporaines, une plongée dans l’âme même de la maçonnerie moderne.
Les volumes suivants, État des travaux de l’Aréopage 5986-5992, État des travaux de l’Aréopage 5992-5999 et État des travaux de l’Aréopage 5999-6007 s’enchaînent comme les chapitres d’un grand livre d’histoire maçonnique, retraçant avec précision les évolutions et les débats qui ont animé les loges au fil des décennies.
Le volume 7 État des travaux de l’Aréopage 6007-6012 marque une pause réflexive, une sorte de palier où l’on contemple le chemin parcouru avant de se lancer dans des explorations plus profondes avec les volumes suivants.
Avec le volume 8 Regards maçonniques sur l’être humain (Tome 1 : L’individu), la collection amorce une réflexion plus intime, plus introspective, scrutant l’individu maçon à travers le prisme de ses rituels et de ses valeurs. Ce voyage se poursuit avec volume 9 Voyages dans les rituels du 18e grade – Chevalier Rose-Croix, où les arcanes des degrés supérieurs de la franc-maçonnerie sont dévoilés dans toute leur complexité et leur splendeur symbolique.
Le volume 10 Regards maçonniques sur l’être humain (Tome 2 : Aspects sociétaux) élargit le cadre, passant de l’introspection individuelle à une réflexion sur l’homme dans la société, un regard posé sur les dynamiques collectives qui animent les loges et le monde extérieur.
Enfin, les volumes 11 Nouvelles lumières sur le Chevalier Kadosh, 12 Cheminements initiatiques au sein des Loges de Perfection et 13 Aspects initiatiques de la chevalerie Kadosh viennent clore ce premier cycle de réflexion, apportant une lumière nouvelle sur des degrés initiatiques complexes, des étapes cruciales dans le parcours de tout maçon cherchant à s’élever spirituellement.
Les volumes Les Rencontres Sources
À côté de ces volumes riches et denses, la série Les Rencontres Sources se distingue par son exploration des thèmes fondamentaux du pouvoir, de l’autorité et de la grandeur. Chaque volume de cette série est une quête, une recherche des fondements de l’autorité dans le cadre maçonnique.
Volume 1 : Auctoritas et Potestas aborde la dualité entre l’autorité spirituelle et le pouvoir temporel, un thème intemporel revisité à travers le prisme des traditions maçonniques.
Volume 2 : Hiérarchie et initiation nous guide à travers les labyrinthes de l’organisation maçonnique, dévoilant les strates de la hiérarchie et les mystères des processus initiatiques.
Volume 3 : Du souverain à la souveraineté traite des concepts de souveraineté, tant dans la gouvernance des loges que dans la maîtrise de soi, offrant des réflexions qui résonnent avec les préoccupations des maçons de tous horizons.
Volume 4 : Des Grands et des grandeurs couronne cette série en examinant les figures emblématiques de la maçonnerie, ceux qui, par leur sagesse ou leur puissance, ont marqué l’histoire de cette noble tradition.
La collection Sources et ses séries associées représentent bien plus que de simples ouvrages académiques. Elles sont le reflet d’une quête perpétuelle de savoir, un témoignage vivant de l’effort maçonnique pour comprendre, transmettre, et sublimer les connaissances acquises. Chaque volume est une pierre ajoutée à l’édifice immense de la réflexion maçonnique, un chapitre dans le grand livre de la tradition écossaise, écrit pour éclairer, inspirer, et guider les générations futures.
Sources-Aéropage de recherche–Violence et franc-maçonnerie
Collectif–A.M.H.G., N°14, 2024, 396 pages, 20 €
À commander ICI. Estimation des frais de port 4 €.
En savoir plus, la brochure du Grand Collège des Rites Écossais consultable ICI.
La Rédaction sélectionne régulièrement des articles issus de sites complotistes ou antimaçonniques. Cette semaine, notre choix s’est porté sur un influenceur Internet particulièrement gratiné. Nous vous laissons juge…
Dans une publication, l’entrepreneur camerounais, Dr Claudel Noubissie dévoile les propositions qu’il a eues au Cameroun, afin de rejoindre la grande loge maçonnique du pays.
Dans un de ses ouvrages, feu Dr Ateba Eyene affirmait que le Cameroun est l’un des pays où il y avait trop de sectes. Des loges et des sectes friandes de sacrifices humains et qui recrutent de plus en plus de jeunes.
Dr Noubissie vient de confirmer cette information dans sa publication ci-dessous:
« J’ai décidé d’avouer ce secret aujourd’hui parce que ça me fait trop de peines quand je vois beaucoup de jeunes vivre la même chose que moi. Lorsque je commençais la Startup Academy en février 2016, j’ai été en contact avec un homme d’affaires camerounais très prospère que vous connaissez probablement grâce à un de ses collaborateurs.
Étant un jeune entrepreneur très dévoué, j’ai donc dit que c’était l’opportunité de m’accrocher à lui et d’évoluer, mais le monsieur m’a poussé à vendre ma vie. J’ai gardé ce secret pendant maintenant 08 ans, mais aujourd’hui, je me sens mal dans ma peau.
Le monsieur en question m’a donc donné un rendez-vous le 05 janvier 2017, après pratiquement 01 an d’existence de la startup Academy sans grand succès. C’était précisément chez lui, à la maison, dans une chambre réservée aux affaires secrètes.
Dans cette chambre, il m’a fait sortir une liste comportant le nom et la signature de plusieurs grands hommes, à savoir ; des grands footballeurs, hommes d’affaires, artistes, etc. Il me sort également une bague d’alliance spirituelle en me demandant de signer un document à la suite duquel ils feront un examen pour m’initier à devenir FRANC-MAÇON.
Afin d’être aussi prospère que les autres et de faire prospérer la Startup Academy, ma décision était catastrophique. Car je voulais forcément trouver une spiritualité élevée pour mes affaires, donc je lui ai demandé 05 jours pour réfléchir et mieux décider.
Pendant ces 05 jours de réflexion, j’ai contacté un aîné qui est un grand industriel pour me rassurer de ma décision. J’étais déçu lorsque ce grand industriel que j’admirais tellement, m’a révélé qu’il a lui-même à son actif une secte et que je pouvais transformer la startup Academy en une secte aussi. Mais une secte dans laquelle, l’objectif n’est pas de boire du sang, mais d’utiliser notre matière grise pour montrer aux yeux du monde que l’Afrique peut créer l’excellence, l’Afrique peut se réinventer.
Mon frère, tu n’as pas besoin de te laisser berner par des pratiques occultes, des loges ou la franc-maçonnerie pour être riche. Il suffit d’être dans une communauté qui vise le même centre d’intérêt que toi et je sais que toi aussi tu as cette rage de vaincre ».
La revue Epistolae, désormais accessible à un public plus large après plus de cinquante ans de discrétion, représente une véritable odyssée au cœur des valeurs et des questionnements maçonniques. Longtemps réservée aux membres de la Grande Loge Traditionnelle et Symbolique Opéra (GLTSO), cette revue trimestrielle s’ouvre enfin à l’ensemble des francs-maçons de toutes les obédiences françaises, marquant ainsi un événement significatif dans le paysage maçonnique. Une ouverture, aussi, vers le monde profane !
Couv. 3 D, Conform édition
La revue Epistolæ se distingue par une profonde exploration des thèmes essentiels à la réflexion maçonnique, se positionnant non seulement comme une source de savoir, mais aussi comme un guide philosophique et symbolique pour ceux qui cherchent à approfondir leur compréhension des mystères et des traditions maçonniques. Dans ce numéro inaugural de la nouvelle ère, le dossier principal s’intitule « Que transmettons-nous ? », une interrogation fondamentale qui résonne avec toute la profondeur de l’engagement maçonnique. Le grand maître, Philippe Cangémi, signe l’éditorial. Il déclare sur leur site:
« La Franc-maçonnerie est aujourd’hui la seule société initiatique occidentale authentique. Dans une époque en quête de sens, c’est une école de vertu et de sagesse.»
Philippe Meyer ouvre ce grand dossier avec une introduction qui met en perspective la complexité et la richesse du concept de transmission. Philippe Meyer invite à une réflexion sur la nature de ce que les maçons sont appelés à transmettre, non seulement à travers les rituels, mais aussi par le biais de l’exemplarité, de la continuité des valeurs, et de la quête perpétuelle de la vérité.
Pierre Franceschi approfondit ce thème en soulignant que la transmission dépasse les simples rituels ou enseignements ; elle est un processus vivant, en constante évolution, qui se nourrit des expériences individuelles et collectives des maçons. La transmission est ici envisagée comme une chaîne ininterrompue de savoirs et de pratiques, qui traverse les générations et lie les membres de la fraternité dans une continuité spirituelle et philosophique.
Philippe Cangémi, grand maître de la GLTSO
Patrick Coulon et Dominique Jardin poursuivent cette exploration en posant la question « Que venons-nous faire en loge ? ». Patrick Coulon propose une réflexion introspective, amenant chaque frère à se confronter à ses motivations profondes, tandis que Dominique Jardin élargit la perspective en interrogeant les finalités ultimes de la transmission maçonnique. Qu’est-ce qui est véritablement transmis ? Est-ce une simple tradition ou quelque chose de plus intangible, de plus universel ?
Pascal Berjot, ancien grand maître
Le dossier se poursuit avec une analyse symbolique autour du nombre trois, un chiffre sacré et omniprésent dans la tradition maçonnique. Alain Mucchielli introduit cette section en évoquant la signification trinitaire de ce nombre, qui, dans la vision de Saint Thomas d’Aquin, représente l’équilibre parfait entre les forces. Pierre Franceschi poursuit avec une analyse du symbolisme du chiffre trois, tandis que Pascal Berjot, ancien grand maître, offre une interprétation personnelle, reliant le trois à la structure même de la pensée et de l’univers maçonnique.
Les variations symboliques s’étendent également à la figure de la pierre brute, avec Rabih Abi Aad et Angelo Charbel, qui rappellent que le travail sur soi, à l’image du travail sur la pierre, est une métaphore centrale de l’initiation maçonnique. Cette pierre brute, imparfaite et non polie, symbolise l’apprenti, en quête de perfectionnement et de connaissance.
Présentation de la revue Epistolæ…
La revue Epistolæ s’impose aujourd’hui comme un vecteur de savoir et de réflexion, embrassant à la fois la tradition et la modernité. Sous la direction de Conform Édition, elle a su se professionnaliser tout en restant fidèle à ses origines, offrant désormais à ses lecteurs des contenus rigoureux et enrichissants.
… Et de la GLTSO
La Grande Loge Traditionnelle et Symbolique Opéra (GLTSO), quant à elle, est une obédience maçonnique française qui, depuis sa création, s’est distinguée par sa fidélité aux rites traditionnels et par une recherche constante de la spiritualité et de l’authenticité dans la pratique maçonnique. Réputée pour son attachement aux rituels anciens, la GLTSO se veut le gardien d’un héritage initiatique qui plonge ses racines dans les mystères les plus profonds de l’humanité.
La Grande Loge Traditionnelle et Symbolique Opéra (GLTSO), quant à elle, est une obédience maçonnique masculine qui a vu le jour en 1958, suite à une séparation d’avec la Grande Loge Nationale Française (GLNF) – nous reviendrons, le moment venu, sur cette scission, qui inaugure une grande série de départs ! S’inscrivant dans la lignée de la franc-maçonnerie traditionnelle, cette obédience se distingue par son attachement aux pratiques initiatiques et à la rigueur rituelle.
Comptant environ 4200 membres répartis dans 250 loges en France métropolitaine, outre-mer et en Europe, la GLTSO se caractérise par sa diversité rituelle. Bien que le Rite Écossais Rectifié soit prédominant, l’obédience pratique également cinq autres rites, reflétant ainsi la richesse et la variété de la tradition maçonnique.
La GLTSO se démarque par son approche spiritualiste et humaniste, mettant l’accent sur le développement personnel de ses membres et leur engagement envers des valeurs telles que la fraternité, la tolérance et la bienfaisance. Elle accueille des hommes « libres et de bonnes mœurs » croyant en la transcendance de l’être humain, indépendamment de leurs opinions politiques ou religieuses. Elle est de plus en plus présente sur sa page Facebook.
« Mémoire… », 1re de couv., détail
Avec la Grande Loge Nationale Française, la Grande Loge Traditionnelle et Moderne de France (GLTMF) et deux évêques délégués autorisés par le Président de la Conférence des Evêques de France, la GLTSO est signataire, le 15 novembre 2017, du Mémoire pour un accueil pastoral des membres des grandes loges françaises de la franc-maçonnerie régulière et de tradition dans l’église catholique.
L’ouverture de Epistolæ à un public plus large marque un tournant important, non seulement pour la revue elle-même, mais aussi pour la diffusion des idées maçonniques en France. En permettant à un plus grand nombre de francs-maçons, mais aussi de profanes, d’accéder à ses contenus, la revue contribue à l’enrichissement et à la transmission des savoirs, tout en renforçant les liens entre les différentes obédiences et en soutenant la quête collective de vérité et de sagesse.
Bien évidemment, nous reviendrons sur ce bel évènement exceptionnel !
Les conditions d’achat de la revue Epistolæ, nouvelle formule !
Achat au numéro : prix 14 € + frais de port. Disponibilité : Vous pouvez commander uniquement le numéro 68, ce qui correspond à la nouvelle formule de la revue.
Abonnement annuel : prix : 39 € TTC pour quatre numéros (soit une remise de 40 % par rapport à l’achat à l’unité). Parutions : Les numéros paraissent trimestriellement, les 15 septembre, décembre, mars et juin. Mode de réception : Les revues sont envoyées sous pli neutre et opaque. Avantages : En vous abonnant, le premier numéro servi sera le numéro 68. Commande à passer chez Conform édition.
Retrouvez la GLTSO aux prochaines Rencontres Culturelles Maçonniques 2024 se dérouleront les 12 et 13 octobre 2024 dans le Centre Culturel de Villeurbanne.
(Le droit de réponse du Grand Maître de la GLNF suit cet article ci-dessous)
Les faits, rien que les faits…
La cyberattaque qui a frappé la Grande Loge Nationale Française (GLNF), orchestrée par le groupe LockBit, a révélé bien plus que des failles de sécurité ; elle a mis en lumière un jeu de dissimulation et de tromperie qui ébranle aujourd’hui les fondements mêmes de l’institution. Le 26 juillet 2024, un courriel rassurant est envoyé à tous les membres : la GLNF n’aurait subi aucune cyberattaque, aucune rançon ne lui aurait été demandée. Pourtant, cette assurance se révèle être un masque derrière lequel se cachait une réalité bien plus sombre.
Quelques jours plus tard, le 29 juillet, l’histoire commence à se fissurer. La GLNF admet finalement qu’une boîte mail privée a été piratée, exposant ainsi des informations sensibles de plusieurs membres. Mais, même à ce moment-là, la gouvernance actuelle s’accroche à une forme de déni, affirmant que la base de données principale, Regius, n’a pas été touchée. Ce qui était initialement une tentative de protéger l’image de l’institution se transforme rapidement en un boomerang destructeur lorsque des preuves commencent à circuler sur les réseaux sociaux, contredisant la version officielle et exposant la gravité de la situation.
S.A.X.X.
La gestion de cette crise, marquée par une communication initiale opaque, a laissé des cicatrices profondes dans la confiance que les membres pouvaient avoir en leur institution.
La révélation publique de cette attaque, via X anciennement Twitter notamment, a gravement terni la réputation de la GLNF.
Plusieurs comptes Twitter, dont ceux de S.A.X.X. (27 000 abonnés) ICI, ICI et ICI ou Laura Py, ICI, ont divulgué publiquement la brèche et la fuite de données, fournissant des preuves que les données de la GLNF avaient effectivement été compromises, contredisant ainsi le démenti initial.
Laura Py, compte X
Les informations divulguées, incluant des noms, coordonnées et des documents internes sensibles, sont désormais disponibles sur le dark web, accessibles à quiconque possède la somme adéquate en cryptomonnaie. Ces fuites massives plongent la GLNF dans une situation de vulnérabilité sans précédent, les données de ses membres circulant désormais hors de tout contrôle.
Dans un effort pour contrôler les dégâts, la GLNF a renforcé ses mesures de sécurité, introduisant l’authentification à deux facteurs pour l’accès à Regius et insistant sur l’importance de mots de passe forts. Mais ces actions, tardives, apparaissent comme une reconnaissance tardive des failles initiales. La perception publique de cette gestion chaotique ne peut qu’en pâtir, et la divergence entre les déclarations initiales et la réalité de la brèche a profondément érodé la confiance.
Pour les membres dont les informations ont été exposées, la situation est encore plus alarmante. Se sentant vulnérables et trahis, certains pourraient se tourner vers des actions en justice si leur vie privée n’est pas restaurée et protégée. Cette situation délicate nous rappelle l’adage : « Le mensonge donne des fleurs, mais pas de fruits. » Une leçon que la GLNF, et d’autres associations, devront méditer pour l’avenir.
Enfin, la complexité des nouvelles procédures d’accès à Regius, perçue par beaucoup comme une véritable « usine à gaz », risque de décourager même les membres les plus patients. La mise en place de ces mesures, bien que nécessaire, semble refléter une réaction plus qu’une prévention, une course pour rattraper des failles déjà exposées au grand jour.
Le rôle de la directrice des services informatiques, elle-même liée à l’ancienne société du grand maître Jean-Pierre Rollet, suscite également des questions. Peut-on vraiment concilier une telle double casquette avec l’impartialité nécessaire à la gestion d’une crise de cette ampleur ? Cette situation, combinant tromperie et tentative de rançonnage, fait naître de sérieux doutes sur la capacité de la GLNF à protéger ses membres et leurs informations les plus précieuses.
Les frères de cette Grande Loge, confrontés à une situation de plus en plus préoccupante, se demandent aujourd’hui où se trouve réellement la sécurité qu’on leur avait promise. La confiance, une fois brisée, est difficile à restaurer, et les fruits amers de cette affaire risquent de hanter l’institution bien au-delà des dommages immédiats.
Cyberattaque et tromperie : La GLNF ébranlée par LockBit
Droit de réponse article « Cyberattaque et tromperie : La GLNF ébranlée par LockBit »
« A la suite de la publication le 20 août dernier d’un article en ligne intitulé « Cyberattaque et tromperie : La GLNF ébranlée par LockBit », le Très Respectable Grand Maître de la Grande Loge Nationale Française, M. Jean-Pierre ROLLET, entend préciser que ces affirmations selon lesquelles « La cyberattaque qui a frappé la Grande Loge Nationale Française (GLNF), orchestrée par le groupe LockBit, a révélé bien plus que des failles de sécurité ; elle a mis en lumière un jeu de dissimulation et de tromperie qui ébranle aujourd’hui les fondements mêmes de l’institution » sont erronées, et ne reposent sur absolument aucun élément concret susceptible d’étayer ces propos. De ce fait elles relèvent d’un caractère diffamatoire dont la Grande Loge Nationale Française se réserve de solliciter réparation devant les juridictions judiciaires.
En effet, et contrairement à ce qu’il est insinué, « les données de la GLNF » n’ont pas été « compromises », et aucune « faille de sécurité » n’a été révélée au sein de la Grande Loge Nationale Française ; la base de données des Frères de la GLNF n’a pas été attaquée et ne présente aucune fragilité. Une vérification complète de sécurité a été effectuée sur tous les systèmes et services de la GLNF, qui a permis de constater que les systèmes d’information gérés par le siège de l’obédience n’ont fait l’objet d’aucune intrusion ni d’aucune fuite, même partielle.
Seul l’ordinateur personnel d’un membre de l’obédience a été piraté, et seuls les documents de différentes natures (correspondances, convocations, quitus …) dont disposait ce membre sur son ordinateur, dans le cadre des fonctions occupées dans Loges et Juridictions dont il est membre, ont pu être récupérés par les pirates et partiellement divulgués ensuite sur le « dark web ».
La GLNF a immédiatement informé ce membre, et l’a accompagné dans ses démarches pour porter plainte en tant que victime, prévenir les membres éventuellement exposés de ses Loges, et effectuer les déclarations nécessaires auprès des organismes officiels concernés.
Les mesures de protection, intégrées dès l’origine par la Grande Loge Nationale Française dans le cahier des charges de son outil «propriétaire» Regius, faisant régulièrement l’objet de tests d’intrusion menés par des structures spécialisées et indépendantes, et mises en œuvre en concertation avec les autres Obédiences maçonniques, sont donc efficaces et portent leurs fruits, et la GLNF ne se trouve aucunement dans « une situation de vulnérabilité sans précédent », contrairement ce que cet article allègue de manière infondée, et la sécurité des Frères de la GLNF n’est en rien compromise de son fait ».
Les Entretiens d’Été du Collège Maçonnique, qui se dérouleront le jeudi 22 août 2024 à 19h30, vous invitent à une conférence exceptionnelle. Cet événement se propose de questionner la pertinence et l’actualité des vertus dans notre société contemporaine, avec une attention particulière portée à la Bienveillance, une vertu centrale dans la tradition bouddhique.
Christophe Richard
Christophe Richard : Un passeur de sagesse bouddhique
Christophe Richard, Docteur en Philosophie, est un éminent enseignant de philosophie au lycée et intervient régulièrement dans plusieurs universités. Dès son plus jeune âge, il se passionne pour le Bouddhisme, et devient l’un des disciples du Vénérable Nehnang PAWO Rinpotché, qui lui transmettra les enseignements bouddhiques ainsi que l’initiation à cette voie spirituelle profonde.
Centre d’études et de pratiques du Bouddhisme Tibétain Dachang Vajradhara-Ling
Stupa, Dachang Vajradhara-Ling
Fort de cette riche expérience, Christophe Richard consacre aujourd’hui une grande partie de son temps à transmettre la sagesse du Bouddha au Centre d’études et de pratiques du Bouddhisme Tibétain Dachang Vajradhara-Ling, un centre de l’école kagyupa ayant statut de congrégation, situé à Aubry-le-Panthou dans l’Orne, près de Mortagne-au-Perche, en Normandie.
Auteur prolifique, il a rédigé plusieurs ouvrages, tous chez L’Harmattan, une maison d’édition française renommée fondée en 1975, qui explorent et vulgarisent les enseignements bouddhiques, parmi lesquels : D’un reflet à l’autre, Et si on méditait vraiment !, Ce que n’est pas le Bouddhisme, Bouddha, vie d’un homme, Pour une éducation matérialiste, Bouddha et Épicure, Le Bouddhisme, Philosophie ou Religion ?, Bouddhisme et franc-maçonnerie.
Ses interventions, tant dans la presse que sur Internet, sont nombreuses et toujours très attendues, contribuant à faire rayonner la pensée bouddhique auprès d’un large public.
« La Bienveillance Bouddhique » : Une réflexion pour notre temps
Lors de cette conférence, Christophe Richard nous invitera à réfléchir sur la Bienveillance Bouddhique en tant que vertu applicable et essentielle dans notre monde moderne. Ancrée dans la tradition du Bouddhisme, la Bienveillance est bien plus qu’une simple attitude ; elle constitue un véritable mode de vie, une voie vers la paix intérieure et la compassion universelle. Dans un contexte où les relations humaines sont souvent marquées par l’avidité, la colère et l’ignorance, cette vertu apparaît comme un antidote précieux aux maux de notre époque.
À travers l’analyse des Quatre Nobles Vérités et de l’Octuple Sentier, Christophe Richard exposera comment la Bienveillance Bouddhique peut être perçue non seulement comme un idéal éthique, mais aussi comme une réponse concrète aux défis actuels. Il mettra en lumière la manière dont cette vertu, lorsqu’elle est cultivée, contribue à la transformation personnelle et collective, rapprochant ainsi les enseignements millénaires du Bouddha de nos préoccupations contemporaines.
Les modérateurs de la soirée
Martine Leimbach
– Martine Leimbach : Juriste de renommée internationale, avec une vaste expérience dans les domaines des droits de l’homme et des affaires internationales qui a exercé ses talents au sein d’un groupe possédant le plus grand réseau de banques coopératives et mutualistes au monde et 1re bancassureur européen.
– Alain Boccard : Photographe de renom, Président de l’Académie Maçonnique de Provence, et Ancien Grand Orateur de la Grande Loge de France.
Les organisateurs
– Alain-Noël Dubart – Ancien Grand Maître de la Grande Loge de France
– Marie-Thérèse Besson – Ancienne Grande Maîtresse de la Grande Loge Féminine de France
La prochaine conférence sera donnée le jeudi 29 août à 19h30. Avec, comme invité, Damien Mougin, sur le thème « Albert Schweitzer : Le courage au service de la fraternité. »
Nous vous invitons à rejoindre cette soirée de réflexion, d’échanges et de partage, qui promet d’être riche en enseignements.
Inscription
Pour participer à cette conférence, l’inscription est obligatoire. Vous pouvez vous inscrire ICI. Le site du Collège Maçonnique.
Louella Boulland, dans son article « Livres audio au volant : les 10 romans jugés « dangereux », publié sur Actualitté le 16 août dernier, nous entraîne dans une réflexion sur les nouvelles habitudes de consommation littéraire à l’ère du numérique et de la mobilité.
Alors que le livre audio connaît une ascension fulgurante, éclipsant parfois la musique traditionnelle pendant nos trajets en voiture, une question se pose : ces récits, qui captivent nos esprits, ne risquent-ils pas de nous détourner de la route, de ce monde tangible qui défile sous nos yeux ?
Loin des récits ésotériques ou initiatiques qui peuplent parfois les classements littéraires, cet article se concentre sur des œuvres contemporaines, des fictions qui, par leur intensité narrative et émotionnelle, pourraient bien représenter une menace silencieuse pour les conducteurs. Avec une plume alerte, Louella Boulland expose les résultats d’une étude américaine qui a mesuré le rythme des livres audio les plus populaires, révélant ainsi que certains titres sollicitent une attention si intense qu’ils deviennent potentiellement dangereux pour ceux qui les écoutent en conduisant.
Les romans sentimentaux, souvent riches en rebondissements dramatiques et en émotions fortes, dominent ce classement. Des auteures comme Colleen Hoover et Sarah J. Maas, dont les œuvres ont déjà conquis des millions de lecteurs, se retrouvent en tête de cette liste de titres jugés « à risque ». Leurs histoires, captivantes à souhait, s’avèrent si immersives qu’elles peuvent détourner l’attention des conducteurs, les entraînant dans des mondes imaginaires au détriment de la réalité du trafic.
Louella Boulland décrit avec finesse comment la voix des narrateurs, portant ces récits à un rythme soutenu, peut devenir une douce mélodie hypnotique qui nous transporte, mais qui, paradoxalement, peut aussi nous éloigner de la concentration nécessaire à la conduite. Les mots, soigneusement choisis par les auteurs, sont ici des armes à double tranchant : ils enrichissent nos trajets mais peuvent aussi nous envoûter au point de nous faire oublier la route.
Ce phénomène n’est pas anodin. Avec le marché du livre audio en pleine expansion, atteignant des sommets inégalés tant en Europe qu’aux États-Unis, la popularité de cette forme d’écoute risque de transformer nos manières de voyager. Pourtant, à l’ère où la technologie permet de consommer la culture en tout lieu et en tout temps, il devient impératif de rappeler les dangers que cela peut entraîner.
Ainsi, cet article se veut autant un avertissement qu’une réflexion sur notre rapport à la littérature et à la technologie. Louella Boulland nous invite à savourer ces récits, mais avec prudence, nous rappelant que, même si les mots peuvent être des compagnons de route enchanteurs, ils ne doivent jamais nous détourner du chemin qui s’étend devant nous.
Les dix romans audios jugés « « dangereux »
Icebreaker est le premier tome de la série Maple Hills écrite par Hannah Grace et publiée par BMR (Hachette Livre). Ce roman, traduit en français par Madeleine Petit, s’inscrit dans le genre Young Adult. L’histoire se concentre sur Anastasia Allen, une patineuse artistique vedette de l’équipe de Maple Hills. Anastasia est décrite comme une athlète déterminée qui « vit pour gagner » et dont l’emploi du temps est extrêmement chargé.
À tout jamais est un roman de Colleen Hoover, traduit en français par Pauline Vidal et publié aux éditions Hugo Roman. Ce livre est la suite du roman Jamais plus et poursuit l’histoire de Lily. Désormais mère d’une petite fille nommée Emerson, Lily est déterminée à briser le cycle de la violence dans sa famille. Elle a pris la décision difficile de divorcer de Ryle, le père d’Emerson, pour protéger sa fille et elle-même.
Tout ce que je sais sur l’amour de Dolly Alderton. Ce livre autobiographique raconte avec humour et franchise les expériences amoureuses et amicales de l’auteure dans sa vingtaine. Dolly Alderton y partage ses réflexions sur les relations, l’amitié et la découverte de soi.
Un palais d’épines et de roses de Sarah J. Maas. Premier tome d’une série de fantasy, ce roman suit Feyre, une chasseuse humaine emmenée dans un royaume féerique après avoir tué un loup. Elle y découvre un monde magique et dangereux, ainsi qu’une romance interdite.
Un palais de cendres et de ruines, là aussi de Sarah J. Maas. Suite directe du précédent, ce deuxième tome poursuit l’histoire de Feyre alors qu’elle doit faire face aux conséquences de ses actes et naviguer les intrigues de la cour féerique.
Jamais plus de Colleen Hoover. Ce roman aborde le thème des violences conjugales à travers l’histoire de Lily, qui tente d’échapper à une relation abusive. Il explore les cycles de violence et le courage nécessaire pour y mettre fin.
Le Guide du voyageur galactique de Douglas Adams. Classique de la science-fiction humoristique, ce roman suit les aventures absurdes d’Arthur Dent à travers la galaxie après la destruction de la Terre. Il est rempli d’humour britannique et de situations loufoques.
Yellowface de Rebecca F. Kuang. Ce thriller littéraire suit une écrivaine blanche qui usurpe l’identité d’une auteure asiatique décédée pour publier son manuscrit. Il aborde les questions d’appropriation culturelle et d’éthique dans le monde littéraire.
Funny Story d’Emily Henry (non traduit). Roman de comédie romantique sur deux écrivains forcés de partager un bureau pendant un été, mêlant rivalité professionnelle et attirance personnelle.
Fairy Tale de Stephen King. Ce roman fantastique suit Charlie, un adolescent qui hérite d’une propriété cachant un portail vers un monde magique menacé par un tyran. Il mêle conte de fées et horreur typique de King.
« Si vous pensez que l’aventure est dangereuse, je vous propose d’essayer la routine… Elle est mortelle. » Paulo Coelho
Du site blog-glif.fr – Du Frère Jean G. de la GLIF
Notre Très Cher Frère Jean G. s’est penché sur la geste du Patriarche Abraham. Il en a déduit une vision originale au travers le regard du mythe. Compte tenu de la richesse du contenu, son texte est publié en deux parties. Il écrit :
Giovanni Francesco Barbieri (1657).
Abraham est le premier des Patriarches. À ceux-ci, succéderont les Juges puis les Rois. Ces Rois sont ceux de la terre. Ils prennent possession de la matière, en véritables gestionnaires, au risque de perdre l’Esprit caché derrière l’image de la terre. Et les Rois s’éteindront. La suite des Patriarches et des Juges correspond à une longue période de maturation, de réflexion voire d’hésitation, même peut-être à un refus d’accepter notre appartenance à ce monde, dans la nostalgie de l’Au-delà. En parallèle il y eût des Prophètes. Dès le début Abraham est accompagné par « le dire » prophétique. C’est Sarah qui prophétise dans de nombreuses circonstances. Les Prophètes disent, sans répéter stricto sensu la Parole du Livre. Leurs propos sont inclus dans le Livre mais y échappent aussi. Le prophète est plus habité par son dire, qu’il ne le contrôle intellectuellement. D’une certaine manière il ne sait pas ce qu’il dit. Il évoque constamment un Monde au-delà de lui-même. La geste d’Abraham est une sorte de procrastination, devant la fatalité de prendre pied dans la manifestation, d’accepter de quitter la seule spiritualité, de fonder l’Histoire.
Abraham dans l’Histoire.
L’existence historique d’Abraham semble infirmée par toutes les recherches. Sa saga aurait été créée vers le VIèmesiècle av JC dans une perspective post exodique, alors que les Juifs étaient déportés à Babylone. Dans cette optique le long chemin d’Abraham, d’Ur à Haran vers les sources de l’Euphrate, puis vers Sichem, puis en Égypte et retour vers Canaan (environ 3 500 km) serait paradigmatique du destin des Juifs exilés.
Le périple d’Abraham.
Quoi qu’il en soit, l’historicité d’Abraham est une énigme, dont la résolution est hors de portée. Mais que les textes en fassent une histoire est d’importance. Ce qui importe est la charge de sens inépuisable de cette aventure, qui se confond en fait avec le destin de chacun.
Nous ferons « comme si » Abraham avait existé (pour s’accorder respectueusement avec le dogme) et de toute façon, nous chercherons quelle est la signification (uniquement à notre avis) de la geste Abrahamique. Nous relèverons de très riches symboles qui pour avoir été cités sans doute bien avant nous, sont intéressants à repérer, répéter ou à souligner.
Le contexte géographique.
La naissance d’Abraham se situerait vers 1800 av JC, selon la tradition juive. Il est né en territoire sumérien à Ur (Our) près du delta de l’Euphrate et du Tigre, à 150 kms à l’ouest de la ville de Bassora actuelle, en Irak, dans une région à l’époque fertile, dépendant des crues très variables, voire tumultueuses, des deux fleuves, luttant contre des marées parfois envahissantes de la mer du Golfe Persique. L’origine des peuples sumériens est inconnue. Ils viendraient des Monts Zagros situés à l’Est du delta des deux fleuves. Les sumériens ne sont pas des sémites comme les akkadiens.
D’autres hypothèses évoquent une parenté avec les peuples de l’Indus, dravidiens dont sont issus les habitants actuels du sud de l’Inde. Certains parlent pour ces populations d’une ascendance homo sapiens africaine qui aurait migré vers cette région de l’Indus il y a 60 000 ans. D’autres parlent d’un peuplement Kousch, c’est-à-dire éthiopien, s’appuyant sur la citation de la Genèse en 10, 8-12 « Kouch engendra aussi Nemrod, celui qui le premier fut puissant sur la terre. » Sargon 1er akkadien qui vainquit les sumériens vers 3000 avant notre ère, se proclame en parlant de ces derniers comme « souverain des têtes noires », ce qui pourrait confirmer une origine lointaine africaine, soit par le détour de l’Indus, soit par celui de l’Éthiopie. De nos jours le sujet dépasse les débats de l’Ethnologie ou des sciences, pour n’être pas exempt de passion plus ou moins communautariste.
Les Sumériens dépendaient intimement de l’eau. Ils avaient su drainer les terres par des canaux d’irrigation complexes. C’est sans doute la clef de leur prospérité. Mais c’est aussi une dépendance qui explique peut-être en partie leur chute. Le déluge qui apparaît pour la première fois dans une tradition écrite, en est un signe.
Le déluge narre une préoccupation vitale pour les sumériens, voire un événement en forme de catastrophe naturelle par submersion, inondation, tsunami, salinisation de terres fertiles par la montée des eaux de la mer ou au contraire retrait des eaux douces et des bassins d’alluvions.
Il est possible que la salinisation des eaux par la montée de la mer qui a dû se produire à cette époque géologique, ce qui semble attesté, entraîne une mise en danger de l’agriculture et de l’irrigation complexe à laquelle les sumériens devaient leur opulence.
La naissance d’un mythe.
Quand un sujet est tant évoqué par des hommes c’est qu’il les préoccupe et est imprimé profondément dans la mémoire collective même des siècles après. Un événement de type catastrophe écologique en rapport avec l’eau a possiblement marqué la vie des sumériens. Un mythe, est né, qui donne sens pour expurger toute la charge émotionnelle, mortifère et anxiogène. Les hommes ont vu dans le déluge la punition ou le courroux des dieux, justes ou pas, mais ils ont décidé de l’expliquer, sinon de le justifier.
La XIème tablette de la version de Ninive de l’Épopée de Gilgamesh,
Cette région prospère vit la naissance de l’écriture, dans un alphabet cunéiforme. Ainsi nous est parvenu le mythe de Gilgamesh créé à partir de l’histoire d’un roi attesté d’Ourouk dont la prospérité fut antérieure à sa voisine Ur vers 2500 ans av JC. L’Épopée de Gilgamesh nous livre une des premières théogonie et cosmogonie qui nous soient parvenues. La saga narre le passage de l’homme à la vie sédentaire, à l’agriculture, à la culture, à la fondation du concept de ville. En même temps s’organise un panthéon divin qui offre aux hommes une espérance face à l’angoisse de mort qui torture le héros. Dans le récit est conté un déluge, fruit de la colère des dieux, dont est sauvé un ancêtre de Gilgamesh grâce à une embarcation qui protégera de l’extinction la vie humaine et animale en abritant des spécimens de chaque espèce.
Dans l’Épopée de Gilgamesh, les dieux anthropomorphes ne sont pas justes, ils sont capricieux, violents, lubriques et parmi eux règnent des figures exemptes de sagesse.
Généalogie d’Abraham.
Abraham est un sumérien, descendant de Noé par son père Terah. Il épousera Sarah, qui est, soit sa sœur, soit une demi-sœur (du même père) soit sa nièce, fille de Haran qui meurt dans un brasier, ayant refusé d’être idolâtre à l’instar de son père, haut dignitaire d’Ur.
Terah, dignitaire au service du roi d’Ur, adhère d’abord au culte local.
Si des exodes, d’Abram ou de peuples sumériens ont existé, quelles en sont les causes ? Autour de – 2500 ou – 2000, les cités sumériennes déclinent. Après Ourouk, Ur (ou Our), Éridou, les royaumes du sud s’affaiblissent. Babylone, plus au nord et Ninive s’affirment. Ces nouveaux peuples, dits akkadiens prennent le dessus sur les sumériens. Les Akkadiens viennent de Syrie, sont Amorites, peuple sémitique. Leur langue va se brasser avec le sumérien.
En tout cas les villes du sud sont supplantées par celles du centre du bassin de l’Euphrate, progressivement à partir du deuxième millénaire. Sont-t-elles balayées par la conquête militaire ? Il y a-t-il des changements écologiques importants ? Il y-a-t-il conjonction de plusieurs facteurs ?
Des envahisseurs ont peut-être profité de la situation. Ainsi les populations locales soumises à de nouveaux princes ou victimes de famines se sont-elles mises en marche pour chercher des terres plus hospitalières ou ont été déportées en esclavage ? Aujourd’hui nous parlerions d’immigration climatologique et de luttes ethniques de voisinage.
La conversion d’Abram.
Selon le Midrash Bereshit Rabbah 38 19, Abram n’adhère pas à la religion des idoles et du feu, à laquelle son père Thera et son ami et souverain Nemrod (ou Nimrod) adhèrent. Abram brise les idoles et son père le dénonce au roi. Ce dernier jette Abram dans le feu, qui en ressort miraculeusement indemne. Le frère d’Abram Haran[1] se jette dans le feu pour prouver qu’il partage les idées de son frère plus jeune. Il est brulé. Thera et Abram, Loth le fils d’Haran et leurs commensaux partent. Ils gagnent Haran (curieuse homonymie avec le nom du frère). C’est là que Thera mourra, faisant d’Abram, alors âgé de 70 ans, le chef de famille. À ce moment, Dieu se manifestera pour la première fois à Abram.
Dans la Genèse, Abram, « le Père est exalté » deviendra Abraham, « père d’une multitude de nations »
Le passage du nom : d’Abram à Abraham.
Le terme Abram est en rapport avec l’exaltation, soit pour lui-même soit vis-à-vis d’un Père exalté ou à exalter. Ce mot est d’une grande force et polysémique. C’est à la fois élever, parfois au point de risquer, la démesure, le délire, voire la folie peut-être. « Contrôlée », l’exaltation a une dimension prophétique. Dans une acception chimique voire alchimique, c’est augmenter l’activité d’une substance sous l’action d’un catalyseur (cela n’identifie pas la nature de ce catalyseur, le divin peut-être). C’est aussi s’élever en esprit.
Abram devenant Abraham, le père d’une multitude, accède à un espace de réalité quasi matérielle. Il s’agit d’expandre sa « trace » sur la terre et de prendre possession de celle-ci. La réalisation est une nécessité, un passage obligé, mais ne constitue-t-elle pas une diminution de la dimension de notre héros ? D’Abram à Abraham n’y-a-t-il pas rétrécissement de l’amplitude des domaines, un passage de la puissance à la substance, du divin à l’humain ?
Ce passage de l’un à l’autre, longtemps refusé à Abraham par dieu lui-même comme s’il voulait le retenir ou nous faire comprendre que la vérité et la grandeur étaient dans Abram et non dans Abraham, dans l’esprit plus que dans la matière, se produit en plusieurs étapes et par l’entremise du féminin, dans sa dimension prophétique.
Alors qu’une grande descendance est promise à Abraham puis à Isaac, leur femme respective sont stériles. Alors qu’une terre est promise, ils restent nomades et plus ou moins chassés des pays qu’ils convoitent. Avant de devenir Abraham, l’homme est dans le manque (de terre, de descendance). Il n’est pas accompli, pas réalisé (au sens strict, c’est-à-dire pas de plein pied avec la réalité) ou plutôt a quitté paradoxalement la plénitude de l’exaltation.
Gn 11 ; 26 : Térach, âgé de soixante-dix ans, engendra Abram, Nachor et Haran (Haran).
Gn 11 ; 27 : Voici la postérité de Térach. Térach engendra Abram, Nachor et Haran (Haran). -Haran (Haran) engendra Lot.
Gn 11; 28 : Et Haran (Haran) mourut en présence de Térach, son père, au pays de sa naissance, à Ur en Chaldée
Gn 11 ; 29 : Abram et Nachor prirent des femmes : le nom de la femme d’Abram était Saraï, et le nom de la femme de Nachor était Milca, fille d’Haran (Haran), père de Milca et père de Jisca.
Gn 11 ; 31 : Térach prit Abram, son fils, et Lot, fils d’Haran (Haran), fils de son fils, et Saraï, sa belle-fille, femme d’Abram, son fils. Ils sortirent ensemble d’Ur en Chaldée, pour aller au pays de Canaan. Ils vinrent jusqu’à Charan, et ils y habitèrent.
1 Chroniques 23 ; 9 : Fils de Schimeï : Schelomith, Haziel et Haran (Haran), trois. Ce sont là les chefs des maisons paternelles de la famille de Laedan.