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Frédéric Estèbe (1863-1936) appartient à cette génération d’administrateurs coloniaux que la IIIe République a portés aux plus hautes charges. Né à Buenos Aires, formé à l’École normale de Toulouse, il gouverne plusieurs territoires d’Afrique équatoriale puis l’île de La Réunion. En 1930-1931, il préside le Conseil de l’Ordre du Grand Orient de France, dans l’intervalle de deux mandats d’Arthur Groussier.
De l’école normale à l’administration coloniale

Né à Buenos Aires en 1863, Frédéric Estèbe arrive en France avec sa famille en 1871. Il est formé à l’École normale de Toulouse et commence sa carrière comme instituteur dans cette ville, à l’école Bayard. Ce premier métier d’enseignant, très républicain par son esprit, marque la suite de son parcours.
Il part ensuite pour Madagascar, où il sert de 1888 à 1891 à Nosy Be, auprès de la vice-résidence, notamment pour l’enseignement du français. Revenu sur la Grande Île lors de la seconde expédition de 1895-1897, il est remarqué par Gallieni, qui lui confie des fonctions d’administrateur, puis d’administrateur-maire de Tananarive.
Gouverneur en Afrique équatoriale et à La Réunion
Sa carrière se poursuit dans le corps des gouverneurs. En 1911, il est placé à la tête de l’Oubangui-Chari ; à partir de 1913, il occupe le secrétariat général de l’Afrique-Équatoriale française, dont il assure ensuite la direction. Au début de la Première Guerre mondiale, il veille à la sécurité des liaisons entre Brazzaville et la frontière du Cameroun allemand et participe à la préparation de la campagne du Kamerun.
De 1920 à septembre 1922, il est gouverneur de La Réunion. Admis à la retraite avec le titre de gouverneur honoraire, il fut un temps associé à tort, dans la presse, à une affaire de vols de colis survenue dans l’île ; plusieurs journaux rétablirent les faits.
Le président du Conseil de l’Ordre
Au fil de ses affectations, Frédéric Estèbe côtoie de nombreux francs-maçons de l’administration coloniale, parmi lesquels Félix Éboué. Les sources accessibles ne permettent pas de préciser sa loge d’initiation ni la date de son entrée en maçonnerie.
En 1930, le Convent l’élève à la présidence du Conseil de l’Ordre, fonction qui fait de lui le premier responsable du Grand Orient de France. Son mandat d’un an s’insère entre deux présidences d’Arthur Groussier, figure tutélaire de l’obédience dans l’entre-deux-guerres. En 1931, il est par ailleurs associé, comme commissaire, à l’Exposition coloniale internationale de Paris.
Postérité toulousaine
Frédéric Estèbe meurt à Montauban en 1936 ; ses obsèques sont relatées par la presse toulousaine. La ville de Toulouse a donné son nom à une avenue et, jusqu’en 2005, à un collège, rebaptisé depuis collège Claude-Nougaro. Son parcours illustre les liens étroits qui unissaient alors l’école républicaine, l’administration coloniale et le Grand Orient.
Repères
- Naissance : 1863, Buenos Aires (Argentine)
- Décès : 1936, Montauban
- Profession : Instituteur, puis administrateur colonial et gouverneur
- Obédience : Grand Orient de France
- Fonction : Président du Conseil de l’Ordre (grand maître)
- Mandat(s) : 1930-1931
- Fonctions profanes : Gouverneur de l’Oubangui-Chari (1911), secrétaire général puis chef de l’AEF, gouverneur de La Réunion (1920-1922)
Voir aussi dans le glossaire : Grand Maître, Conseil de l’Ordre (Conseil), Grand Orient.
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