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Inspiré du segment le plus célèbre de Fantasia, lui-même tiré d’une ballade de Goethe, L’Apprenti sorcier (2010) réunit de nouveau Jon Turteltaub, Jerry Bruckheimer et Nicolas Cage. Un sorcier millénaire, disciple de Merlin, y forme un étudiant new-yorkais qui ignore tout de son héritage. Sans aucune loge à l’écran, le film met en scène la relation de maître à apprenti, chère à toute tradition initiatique.
De quoi parle L’Apprenti sorcier ?
Au VIIIe siècle, Merlin est trahi par l’un de ses trois disciples, rallié à la sorcière Morgane. Avant de mourir, il charge le fidèle Balthazar de retrouver son héritier, le seul capable de vaincre définitivement Morgane, emprisonnée avec ses partisans dans une poupée gigogne enchantée.
Des siècles plus tard, à Manhattan, Balthazar croit reconnaître cet héritier en Dave, un garçon de dix ans entré par hasard dans sa boutique d’antiquités. La rencontre tourne mal. Dix ans après, Dave, devenu étudiant en physique timide et maladroit, voit ressurgir le sorcier, qui entend enfin lui enseigner son art avant le retour des ennemis de Merlin.
Le film s’inspire de Fantasia (1940), où Mickey animait des balais sur la musique de Paul Dukas, elle-même inspirée de la ballade écrite par Goethe en 1797. Disney en tire une comédie fantastique familiale, avec Jay Baruchel, Alfred Molina et Monica Bellucci.
Une transmission plutôt qu’une société secrète
Rien de maçonnique ici : la magie de Merlin n’est pas une loge, et le film ne s’en cache pas. Il figure dans la filmographie parce qu’il illustre un schéma initiatique universel, celui de l’apprentissage : un savoir qui ne se prend pas, mais se reçoit d’un maître, au prix de la discipline et de la patience.
Le film puise aussi dans le folklore arthurien et dans une imagerie ésotérique de pacotille, cercles tracés au sol et grimoires anciens, qui sert d’abord le spectacle. Il ne faut pas y chercher plus de rigueur ; il serait tout aussi vain d’y voir une révélation sur des confréries réelles.
Le personnage de l’ancien disciple passé à l’ennemi apporte une autre résonance : celle du savoir détourné de sa fin, mis au service de l’ambition plutôt que de la transmission. L’opposition entre les fidèles de Merlin et ceux de Morgane n’est pas celle de deux sociétés secrètes rivales, mais de deux usages d’un même héritage. On y retrouve une question que toute école initiatique se pose : à qui confier un enseignement, et à quelles conditions ?
Le maître, l’apprenti et la maîtrise de soi
La leçon de Goethe traverse le film : l’apprenti qui veut user d’un pouvoir avant de le comprendre déchaîne des forces qu’il ne contrôle plus. La célèbre scène des balais, revisitée, rappelle que la technique sans la sagesse conduit au désordre.
Balthazar enseigne surtout la confiance en soi, la concentration et la responsabilité. La relation entre le maître et l’élève, d’abord heurtée, devient une véritable transmission. Que l’étudiant mobilise aussi ses connaissances scientifiques montre, à sa manière, que la tradition et la raison peuvent se répondre.
Le film rappelle aussi que l’apprenti n’est pas un simple exécutant : sa maladresse, ses doutes et ses erreurs font partie du chemin. Le maître lui-même apprend à faire confiance.
Fiche technique
- Titre original : The Sorcerer’s Apprentice
- Année : 2010
- Pays : États-Unis
- Réalisation : Jon Turteltaub
- Scénario : Doug Miro, Carlo Bernard, Matt Lopez
- Production : Jerry Bruckheimer
- Interprètes : Nicolas Cage, Jay Baruchel, Alfred Molina, Teresa Palmer, Monica Bellucci
- Genre : Fantastique, comédie
Voir aussi dans le glossaire : Apprentissage, Maître, Initiation.
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