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Réalisé par Alex Proyas en 2009, Prédictions met Nicolas Cage, astrophysicien rationaliste, face à une suite de nombres griffonnée en 1959 qui semble annoncer les catastrophes du demi-siècle suivant. Aucune loge dans ce thriller de science-fiction, mais une question qui parle au lecteur maçon : le monde obéit-il au hasard ou à un ordre caché, et que faire de ce que l’on découvre ?
De quoi parle Prédictions ?

En 1959, une école du Massachusetts enterre une capsule temporelle remplie de dessins d’enfants imaginant l’avenir. Une fillette solitaire, Lucinda, n’y dépose qu’une page couverte de chiffres. Cinquante ans plus tard, la feuille échoue entre les mains de Caleb, fils de John Koestler, professeur d’astrophysique au MIT et veuf inconsolé.
Koestler, homme de science, y repère d’abord par jeu une séquence qui correspond à la date et au nombre de victimes des attentats du 11 septembre 2001. Puis d’autres dates, d’autres bilans, d’autres coordonnées. Certaines catastrophes listées n’ont pas encore eu lieu. Tandis que d’inquiétants inconnus rôdent autour de son fils, il cherche à comprendre qui était Lucinda.
Le film, coproduit entre les États-Unis et le Royaume-Uni et tourné en Australie, mêle thriller, film catastrophe et fable métaphysique, dans la manière visionnaire du réalisateur de Dark City.
Un ordre caché, sans Franc-maçonnerie
Prédictions ne parle pas de Franc-maçonnerie. Il entre dans la filmographie par un autre chemin : la fascination pour les nombres porteurs d’un sens dissimulé et l’idée qu’un ordre secret se cache derrière le chaos apparent. Ce sont des thèmes que l’ésotérisme, la numérologie et, plus loin, le complotisme exploitent volontiers.
Le film puise aussi dans l’imagerie biblique, en particulier la vision du char d’Ézéchiel telle que la représente une gravure ancienne de Matthäus Merian. Il ne prétend rien révéler sur une organisation réelle : sa prophétie relève de la fable, et c’est comme telle qu’il faut la recevoir, à l’abri des lectures qui voient partout des signes codés.
Le lecteur maçon connaît bien, lui, la place des nombres dans le symbolisme des loges : trois, cinq ou sept y désignent des étapes, des rapports ou des vertus, jamais des dates de catastrophes. Le nombre y est un support de méditation, non une clé divinatoire. Prédictions montre au contraire la tentation de faire parler les chiffres pour conjurer l’angoisse, une tentation que la démarche symbolique, fondée sur le libre examen, invite précisément à tenir à distance.
Hasard ou dessein : une question de conscience
Au début du film, Koestler expose à ses étudiants les deux visions du monde qui s’affrontent : tout arrive-t-il par hasard, ou selon un dessein ? Son parcours le contraint à remettre en cause ses certitudes de rationaliste, sans pour autant lui offrir de réponse confortable.
Pour le Franc-Maçon, la question n’est pas étrangère : elle traverse le débat ancien sur le Grand Architecte de l’Univers, que chacun interprète en liberté de conscience. Le film a au moins le mérite de montrer qu’une telle interrogation engage la vie entière, et pas seulement l’intellect : un père y apprend à transmettre et à lâcher prise.
Fiche technique
- Titre original : Knowing
- Année : 2009
- Pays : États-Unis, Royaume-Uni
- Réalisation : Alex Proyas
- Scénario : Ryne Douglas Pearson, Juliet Snowden, Stiles White
- Interprètes : Nicolas Cage, Rose Byrne, Chandler Canterbury, Lara Robinson, Ben Mendelsohn
- Durée : 2 h 01
- Genre : Science-fiction, thriller
Voir aussi dans le glossaire : Nombres, Apocalypse et complot, Ésotérisme et fantasme.
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