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Daniel F∴ Pourquoi j’ai changé d’obédience ?

Initié en 1977, Daniel a eu un parcours maçonnique pas vraiment linéaire. Quelques fois déçu, parfois désenchanté, de temps en temps désabusé, mais jamais découragé, jamais détourné de son chemin maçonnique. Il a tout simplement changé de route à la croisée de certains chemins.

450FM – C’est en vous mariant que vous « épousez » en même temps, peut-on dire, une famille de maçons. Que savait, l’homme jeune que vous étiez alors, de la franc-maçonnerie ? Aviez-vous déjà pensé au mot initiation ? Autant de questions qui vous ont certainement été posées.

D.F – Évidemment, j’ignorais tout de la franc-maçonnerie, tout comme j’ignorais que j’allais me trouver immergé dans cette culture. Car au fil du temps, je peux affirmer que la franc-maçonnerie est à la fois, une véritable source de culture intarissable et une méthode qui participe de la construction de l’être humain. J’ai très vite remarqué que Jean était un homme pas ordinaire, tout comme son épouse. Que dire de mon ressenti à vivre à côté de ce couple sans savoir, à l’époque ce que pouvait être la franc-maçonnerie et qu’ils étaient l’un et l’autre maçons ? Lorsque nous étions tous réunis, ensemble autour d’une table, tous les sujets étaient permis, pas de tabou. Beaucoup de tolérance et d’ouverture d’esprit, une véritable curiosité d’apprendre, de comprendre de savoir. J’ignorais tout de ce que pouvaient cacher ces comportements, ce lien familial si fort, on sait très bien que le mot famille résonne de façon différente chez chacun. J’ai découvert une notion de la famille construite à partir du Nous, un Nous qui devient l’identité, la référence des êtres vivants ensemble dans un groupe et là il s’agissait d’un groupe familial. Ce que je dis là peut sembler décalé par rapport à la question posée, mais ce ressenti, très fort a certainement impacté mes choix, bien plus tard et continue aujourd’hui à éclairer mon chemin de vie. Avec le recul, ce couple a été pour moi un exemple, ni moraliste, ni idéaliste, simplement par leur comportement quotidien. L’exemplarité joue un rôle essentiel dans quasiment tous les domaines, qu’il s’agisse d’éducation, de management, d’autorité… Ne dit-on pas aux maîtres d’avoir un comportement exemplaire face aux nouveaux jeunes apprentis ?  Aujourd’hui, j’avoue que l’initiation, mon initiation était une évidence, inévitable et naturelle. En 1977, me voilà donc, parrainé par Jean, initié à la GLDF (Grande Loge de France) à l’Orient de Montpellier, là où nous vivions mon épouse et moi-même.  Ma belle-mère, Sœur de la GLFF (Grande Loge féminine de France) sera le guide de sa fille peu de temps après moi.

450FM – Vous avez une image plutôt très positive de la franc-maçonnerie et presque idéale si vous vous en tenez au prisme par lequel vous l‘observez ?

D.F – Jamais je n’aurai pensé ou imaginé ce que j’allais découvrir en mettant mes pas sur ce chemin inconnu. L’initiation ? Une découverte de moi-même tout d’abord au cours de mon apprentissage que l’on peut considérer comme une éducation, une instruction. L’image que j’avais de la franc-maçonnerie ? Aucune, je n’ai jamais imaginé, ni fantasmé sur le sujet, sur ce que les détracteurs appellent « secret » avec en fond des mots moins usités : « occulte, caché, mystérieux… » avec toutes les connotations négatives jusqu’au mot secte ! Je ressens et j’ai toujours ressenti une forme de fierté de participer à cette chaîne universelle, à célébrer le travail. Une chose continue à me fasciner, à m’interpeller : le binôme qui vit au fond de tous les hommes et de tous les maçons : un être solitaire qui travaille sur lui-même et celui qui participe et travaille au sein du collectif de façon collégiale.  

Voilà deux facettes d’un même personnage, facettes dont je n’avais aucun doute avant. Je me pensais monolithique, simple et finalement … je ne cesserais plus jamais de me poser des questions quant au bien-fondé de ma démarche. 44 ans de maçonnerie… jamais je n’aurais imaginé vivre aussi longtemps cette belle histoire qui a pourtant eu de grandes turbulences, des coups de colères, des tempêtes et en 2021, je suis toujours là et heureux !

450FM – Vous ne pensiez certainement pas changer de route, de chemin, et encore moins d’obédience, si l’on en croit votre discours.

D.F – En effet, loin de moi toute pensée allant dans ce sens. Je vivais la franc-maçonnerie comme une immense association au sein de laquelle, femmes et hommes, Sœurs et Frères vivaient avec la même sensation d’appartenance. Dans ma belle-famille, sans se voir très souvent, j’ai toujours senti une immense liberté d’expression qui conduisait souvent à des discussion, des argumentations, des débats interminables mais chacun pouvait exprimer sa pensée sans jamais porter de jugement sur la parole des autres. Mes premières lectures, très formatrices, furent les œuvres de Jean Verdun « La réalité maçonnique » notamment, puis d’autres s’en sont suivies qui m’ont permis de ne pas idéaliser, de ne pas rêver à une maçonnerie utopiste et irréaliste. Pourtant, je restais très étonné que la GLDF ne reçoivent pas les Sœurs et ne les reconnaissent pas en tant que telles. Oui, cela change petit à petit et cela enfin aller vers une unité humaine. La franc-maçonnerie étant Une et Universelle, si l’on en croit les écrits historiques ! Nous en sommes encore loin me semble-t-il ! Certes la mixité comporte ses détracteurs et ses défenseurs mais tout de même on peut recevoir les Sœurs en visite, partager certaines cérémonies. IL existe des obédiences qui offrent le choix de la mixité ou non, ce qui permet de vivre sereinement son parcours sans oublier l’un des deux pôles de la société. A la GLDF, nous ne recevons pas les Sœurs et pour autant nos frères se retrouvent souvent sur les colonnes de loges féminines, lors de certaines tenues à la GLFF, à la GLFMM, au DH… Peut-être un jour faudra-t-il se poser la bonne question et accepter d’ouvrir les portes de nos temples aux Sœurs, sans pour autant aller jusqu’à la mixité.

Ce sera un événement très particulier qui m’a profondément choqué qui m’a profondément bousculé : la tenue funèbre de Jean, mon parrain et guide. Son épouse et sa fille, Sœurs de la GLFF, se sont vues refuser l’entrée du temple pour cette cérémonie funèbre qui était tout de même un hommage à leur époux et père ! Une cérémonie forte, dont elles ses sont vues exclues. Pour moi, cela n’était pas possible, cela ne correspondait pas à l’universalisme dont parlent les francs-maçons, ni de la tolérance, pas plus que de la fraternité… Un déclic décisif.

450FM – 1995, l’année où vous faites le grand pas. Vous quittez la GLDF pour une loge mixte, la GLTM. Vous n’y trouverez pourtant pas ce que vous cherchez.

D.F – Comme vous pouvez l’imaginer, on ne quitte pas sa loge d’origine facilement. Un peu comme un déchirement, un abandon car la loge mère reste toujours très chère à mon cœur et jamais rien n’effacera ce que j’y ai vécu. A ce jour tant d’années après, mes amis toujours fidèles étaient mes premiers compagnons de route sur le chemin de la franc-maçonnerie. Si la Grande Loge m’avait un peu déçu quant à l’acceptation des Sœurs et à ce comportement lors de la tenue funèbre de mon parrain, ce sera vers la mixité que je me tourne, la Grande Loge Traditionnelle Mixte. Me voilà encore face à un autre constat et une grande interrogation sur la mixité ! Un paradoxe que de quitter une obédience qui n’accepte pas les femmes et me rendre compte que la mixité génère des comportements différents. Une impression de sentir le profane entrer dans la loge lors des tenues. Certes, cette sensation n’engage que moi.

Le prise de parole semble moins libre, une forme de timidité, peut-être de gêne, la peur du jugement, du regard de l’autre, la séduction…. Rapidement je me suis rendu compte que mon chemin maçonnique ne passerait pas par la mixité, avec la conviction bien ancrée en moi, les femmes, les « Sœurs sont des frères comme les autres » et pourtant travailler ensemble régulièrement… non, oui aux visites, aux voyages, aux partages, mais ponctuellement. Vous imaginez que j’ai quitté aussi la GLTM !!! Peut-être suis-je un franc maçon instable, infidèle qui ne tient pas son engagement ? C’est à la GLMT que je continue mon chemin, la Grande Loge Méditerranéenne de Tradition. Nous recevons les Sœurs avec beaucoup de plaisir, sur invitations ou pour des cérémonies particulières et j’y ai découvert le rite de Memphis Misraïm. Un rite très symbolique qui s’inspire et puise dans le REAA auquel se rajoute toute la symbolique égyptienne. Je me sens très heureux dans cette obédience où je ressens une véritable tolérance, une solidarité une harmonie. Peut-être, me direz-vous, l’obédience est toute petite et donc plus facile à gérer.

450FM – Alors pourquoi changer d’obédience, pourquoi rester en FM ?

D.F – Personnellement le pourquoi rester ne peut donner que des réponses positives : la construction de soi, l’acceptation d’être ce que l’on est, le côté fraternel et amical qui se tricote au fil du temps entre les membres d’une loge. Un peu comme dans une famille. Je garde des souvenirs incroyables de nos sorties familiales cette façon de vivre ensemble sans jamais se soucier de qui était qui, qui faisait quoi, quelle obédience… Nous passions des moments très forts d’amitié. Ce type de relation laisse des traces indélébiles qui nous unies malgré les aléas de la vie. Tout ce que nous avons en commun, quel que soit le chemin choisit, un lien, difficilement explicable, nous relie.

450.FM – Malgré un chemin particulier vous restez fidèle à votre initiation et à la franc-maçonnerie. Il y a bien d’autres chemins pour aller vers plus de spiritualité pourquoi ne pas avoir tenter une autre route ?

D.F. – Une réponse très simple : Si les francs-Maçons ne sont que des êtres humains ordinaires capables du pire et du meilleur, la Franc-Maçonnerie reste, à mes yeux, le transmetteur, le messager de valeurs fondamentales dont la société a besoin. Comme dit un frère « les maçons peuvent décevoir, la FM, jamais ne te décevra. Et la FM ne m’a jamais déçu, 44 ans après je reste un cherchant toujours dans le questionnement.  Le miracle de la franc-maçonnerie : jamais le chemin ne se terminera.

Trois points et puis c’est tout ∴

Pourquoi trois points ?

Dans les arcanes spirituelles, on trouve les trois points en kabbale où ils sont utilisés triangulés, en remplacement parfois du tétragramme (des 4 lettres, ils n’en retiennent que 3 primordiales, la lettre hé apparaissant deux fois, le targoum chaldaïque le rend  par trois yod, ייי). Dans l’alphabet hébraïque, le ségol est la voyelle «é» écrite par 3 points (אֶ se prononce [ɛ], comme brève). Cette structure qui n’est pas une lettre, symbolise par sa forme (un triangle dont le sommet se dirige vers le bas) le parfait équilibre de l’être au sein de l’harmonie universelle. Le Ségol inversé (un triangle dont le sommet se dirige vers le haut) est appelé le ségoltah, il forme avec le ségol la Maghen David, l’étoile ou le bouclier de David, symbole du libre-échange entre notre monde et les Mondes spirituels[1].

Pour Reuchlin, les trois points sont à mettre en relation avec les trois plus hautes séphiroth de l’Arbre de vie, Kéther, Hochmah et Binah. Le mysticisme maçonnique les identifie au ternaire Sagesse, Force, Beauté.

Cependant, Albert G. Mackey écrit dans son Encyclopédie de la Franc-MaçonnerieLes trois points  ne sont pas un symbole, mais simplement une marque d’abréviation. La tentative, donc, pour le faire remonter aux trois yods hébreux, un signe kabbalistique du Tétragramme, ou tout autre symbole ancien, est futile. Il est une abréviation, et rien de plus ; bien qu’il soit probable que l’idée était suggérée par le caractère sacré du nombre trois comme nombre maçonnique, et ces trois points pourraient faire référence à la position des trois officiers d’une loge française. Pourquoi pas ? Mais s’ils ne sont qu’abréviation, alors il y a contradiction dans le propos d’Albert Mackey qui suppose également qu’ils renverraient à un sens sous-jacent et donc symbolique ! On n’échappe pas en Franc-Maçonnerie au symbolisme ! Alors place des officiers, ternaire SFB, ou plutôt delta lumineux ?

Les trois points disposés en triangle équilatéral, ou triponctuation sont encore aujourd’hui employés pour identifier une signature comme celle d’un franc-maçon, ce qui a valu aux maçons d’être appelés «frères trois points».

Les trois points proviendraient du compagnonnage où ils paraissent avoir symbolisé le triangle. L’Union Compagnonnique a conservé l’usage des trois points en triangle, alors que la Fédération Compagnonnique utilise les trois points placés en équerre. Enfin, l’association Ouvrière a abandonné la triple ponctuation pour un point unique après chaque initiale.

La forme des trois points n’est pas toujours en triangle dans les signatures des francs-maçons, notamment on note trois points en ligne entre deux traits en 1760 (les deux traits représenteraient les 2 colonnes)[3]. Cependant dès 1701, à Brest, l’huissier René Le Corre signe avec trois points en ligne entre deux traits[4].

Ragon dit que la marque a d’abord été utilisé par le Grand Orient de France dans une circulaire du 12 août 1774, dans laquelle on lit « G∴O∴ de France. »[2]

En 1764, le 18ème jour de la 3ème semaine de mai, sur le Livre des registres de la respectable loge de la Concorde à l’Orient de Beaucaire, la triponctuation apparaît déjà pour abréger des mots[5]. Mais l’orientation de la forme triangulaire n’est pas fixée, le sommet est dirigé tantôt vers le haut, tantôt vers le bas. À la même époque, en Italie on utilise seulement deux points à cet usage[6]. Qu’importe la forme pourvu qu’il y ait des points !

En même temps qu’il devenait l’un des éléments de la  signature, ce ponctème fut fixé en forme triangulaire, sans doute pour des raisons d’ordre symbolique[7] (comme on le voit sur  la signature de Lafayette sur le tableau de la loge Les Trois Jours, 1832 ; on remarquera l’abréviation du mot loge  sous forme de rectangle)

Cette figure a été introduite dans les imprimés à partir de 1775, (après être apparue vers 1771 et sera généralisée à partir de 1820), pour marquer une abréviation de certains mots appartenant, certes, au vocabulaire profane mais qui sont utilisés de manière spécifique en Franc-Maçonnerie.

Il est d’usage, dans l’échange écrit, d’utiliser, pour les mots symboliques, des abréviations, écrites avec majuscules et suivies de trois points disposés en triangle. Les initiales doivent être réservées aux mots symboliques. Pour marquer le pluriel, on double la lettre initiale : Frères, Sœurs : FF∴, SS∴Ainsi, les officiers apparaissent dans les textes comme : Vén∴ (Vénérable), Orat∴ (Orateur), Secr∴ (secrétaire), Surv∴ (Surveillant), Gr∴ Exp∴ (Grand expert), M∴des Cér∴ (Maître des Cérémonies), Très∴ (Trésorier), Hosp∴ (Hospitalier), Couv∴ (Couvreur). En signe de grand respect envers les dignitaires, on triple les premières  lettres, exemple : Très Puissant Grand Commandeur : TTT∴ PPP∴GGG∴CCC∴

On trouve même la triponctuation associée avec  l’abréviation du mot Loge (sous forme de rectangle) comme sur la tombe de Théodore Verhaegen[8]

Au «Rite Moderne d’Adoption» les trois points sont remplacés par cinq points.


[1] Éric Daniel El-Baze, Les Racines de l’existence, La Kabbale du dévoilement, à partir de la p.55 :  idoc.pub/documents/idocpub-klzoo5d15g4g

[2] P. 785 : archive.org/details/MackeyAGEncylopediaOfFreemasonryVols121914_201705/Mackey A G – Encylopedia Of Freemasonry Vol 2

[3] à partir de la page 283 de La franc-maçonnerie en France des origines à 1815 de Gustave Bord : gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k57547726/f315.item

[4] André Kervella, Aux origines de la Franc-Maçonnerie française, 1889-1750 : persee.fr/doc/dhs_0070-6760_1997_num_29_1_2208_t1_0618_0000_4

[5] P. 5 : archives-pierresvives.herault.fr/ark:/37279/vtaa740c6ab547f24cf/daogrp/0 .  

[6] Ibid, p. 39

[7] Probablement issues du delta lumineux.

[8] mvmm.org/c/docs/verhaegenf.html

À propos de la raison

par Serge Toussaint, Grand Maître de l’Ordre de la Rose-Croix

Par définition, la raison est la faculté qui permet à tout être humain de réfléchir, d’analyser, de se faire des opinions, de distinguer le vrai du faux, etc. D’une manière générale, c’est cette faculté qui nous permet de penser d’une manière cohérente, de communiquer sciemment avec autrui, et d’agir en connaissance de cause.

Tout individu qui en est privé suite à des désordres mentaux devient incapable de mener une vie autonome et responsable. Tel est malheureusement le cas des personnes dont on dit qu’elles « ont perdu la raison » ; on les place généralement dans des structures d’accueil adaptées à leur état, afin de les empêcher de se nuire à elles-mêmes comme à autrui.

Raison et raisonnement

La raison est indissociable d’une autre faculté qu’elle utilise pour s’exprimer sur le plan objectif : le raisonnement. Mais comme cela est expliqué dans les enseignements de l’A.M.O.R.C., celui-ci opère à travers trois processus complémentaires : déductif, inductif et syllogistique. Que nous en ayons conscience ou non, nous utilisons chaque jour ces trois formes de raisonnement pour interpréter ce que nous voyons, entendons, touchons, etc., pour résoudre les problèmes qui se posent à nous dans la vie quotidienne, pour comprendre les informations multiples qui nous parviennent continuellement, pour anticiper l’avenir ou imaginer ce qu’il pourrait être… Raisonner est donc le propre de la raison et constitue sa fonction première.

Précédemment, j’ai précisé que l’on pouvait être privé de la raison suite à des désordres mentaux. Cela étant, des personnes « saines de corps et d’esprit » sont susceptibles également de la perdre momentanément. Ce peut être sous l’effet de l’alcool, de la drogue, de médicaments, d’un stress excessif, d’un choc émotionnel intense… Ce peut être aussi sous l’effet d’une manipulation mentale. Tel est le cas de certains adeptes de sectes avérées, qui donnent alors le sentiment de ne plus penser par eux-mêmes et d’avoir perdu tout esprit critique. Dans une moindre mesure, il en est ainsi également des membres les plus dogmatiques de certains partis politiques, qui semblent eux aussi endoctrinés et incapables de prendre du recul sur le plan idéologique.

Le bon sens

Nombre de philosophes ont exalté la raison et en ont fait la faculté la plus fiable et la plus utile. Certes, son usage est indispensable pour mener une vie équilibrée, constructive et responsable, mais encore faut-il qu’elle soit raisonnable et pas trop raisonnante. En effet, ne jurer que par elle, comme ont tendance à le faire les rationalistes “purs et durs”, ne me semble pas être une bonne chose. Ainsi que le prouve l’expérience, nos différentes formes de raisonnement sont faillibles et nous induisent souvent en erreur. Il arrive même aux plus grands penseurs et aux plus grands scientifiques de se tromper dans leurs domaines respectifs. J’ajouterai que si la raison était la panacée pour être toujours dans la vérité, il n’y aurait pas autant d’avis contradictoires sur autant de sujets. Combien de personnes ayant affirmé qu’elles avaient raison à propos de tel point avaient pourtant tort ?

Pour que la raison soit à la fois un bon guide et un bon protecteur, elle doit s’appuyer sur un bon raisonnement, un bon esprit critique et ce que l’on appelle communément le « bon sens ». Il faut aussi qu’elle intègre deux vertus essentielles : l’humilité et la tolérance. Cela suppose d’avoir toujours conscience que nous sommes imparfaits, que nous ne détenons pas la vérité, et que nous sommes sujets à l’erreur. C’est en ayant cela à l’esprit que nous devons en faire usage au quotidien. De surcroît, l’idéal, me semble-t-il, est de la mettre au service de nobles idéaux, ce qui fit dire à Francis Bacon, éminent Rose-Croix du XVIe siècle : « Peu utilisent le don divin de la raison dans l’intérêt de l’humanité. »

par Serge Toussaint, Grand Maître de l’Ordre de la Rose-Croix

CAMEROUN : « Les francs-maçons africains ne bâtissent pas, ils détruisent » – Calixthe Beyala

De notre confrère camerounais actucameroun.com

L’écrivaine dénonce la perception que certains africains ont de cette loge qui dans le fond n’aide pas le continent berceau de l’humanité.
Dans une récente sortie ce mardi 13 juillet 2021, l’écrivaine Calixthe Beyala, fait une étude comparative entre la loge maçonnique en Afrique et en Occident. Pour elle, en occident, la loge contribue à bâtir des villes et par ricochet bataille pour la bonne organisation de la société.

« L’Afrique et ses loges maçonniques à la noix. Les maçons en Occident bâtissent leur pays, construisent des cathédrales, veillent au bon fonctionnement de la société, en améliorent les règles, proposent des lois avant-gardistes pour le bien de tous »

a publié l’écrivaine, qui pensent comparativement que les maçons africains ne contribuent en rien au développement de notre continent.

Les maçons font des rites

« En Afrique, les maçons ne bâtissent rien : ils détruisent. Ils détruisent les sociétés originelles sans proposer d’alternative ; ils construisent des écoles poubelles et des entreprises qui maltraitent leurs employés. Ils obligent des jeunes à poser des actes honteux pour leur donner le moindre job… En Afrique, les maçons confisquent les pays. Le pouvoir économique, politique et le tout à l’avenant sans se soucier du bien-être des populations »,

ajoute l’auteure de « l’homme qui m’offrait le ciel ».

« En réalité, la maçonnerie africaine est constituée de crapules dont le seul but est de s’enrichir, de dominer les populations, de les affamer, de les réduire en esclavage, presque. En Afrique, les maçons font des rites, des rites de sorcellerie qui n’ont rien à voir avec ce qui se pratique en Europe. Les maçons en Afrique sont dans une secte qui n’a de la franc-maçonnerie que le noble nom »

a-t-elle conclu.

CUBA : La dictature castriste persécute la franc-maçonnerie

De notre confrère argentin infobae.com

La police politique a interrogé le chef de la Grande Loge de Cuba. Le franc-maçon José Ramón Viñas Alonso, grand secrétaire général du Conseil suprême de l’île, a fait l’objet d’une garde à vue pendant plusieurs heures, après avoir publié une lettre adressée à Miguel Díaz-Canel dénonçant la répression brutale de la semaine dernière contre les manifestants.

José Ramón Viñas Alonso, grand secrétaire général du Conseil suprême du 33e degré de la franc-maçonnerie à Cuba, a été interrogé vendredi dernier pendant plusieurs heures par trois agents de la police politique de la dictature de Castro dans une unité de la police nationale révolutionnaire de la municipalité de la Plaza de la Revolución, à La Havane.

L’interrogatoire était une réaction du régime cubain à la sévère lettre du Conseil suprême maçonnique de Cuba qui portait la signature de Viñas Alonso et qui était adressée au dictateur Miguel Díaz Canel. Dans la lettre, José Ramón Viñas Alonso condamne les arrestations et les violences contre « des manifestants pacifiques et des citoyens qui s’opposent au système ».

En outre, il constate que l’explosion sociale sur l’île « montre le mécontentement manifeste dans lequel vit le pays » et accuse la dictature de recourir aux excuses habituelles en pointant comme responsables de la crise des « raisons externes sans reconnaître la responsabilité et l’inefficacité » du régime lui-même.

Comme le révèle CubaNet, les agents des forces cubaines « ont rmis en cause la position de la franc-maçonnerie face aux protestations et lui ont suggéré d’écrire une lettre « sur le vaccin et d’autres réalisations ».

« J’ai proposé une invitation au Conseil suprême, je leur ai dit qu’on serait trois pour trois dans une véritable égalité », a révélé Viñas Alonso après l’interrogatoire intimidant. En sortant, il a connu l’une des « plus grandes joies » de sa vie lorsqu’il a rencontré plusieurs frères maçons qui l’attendaient à la porte de l’unité de police au mépris du couvre-feu. « J’ai ressenti une fierté maçonnique », a-t-il assuré.

La position du Conseil suprême de la franc-maçonnerie est intervenue après une déclaration de la Grande Loge de Cuba qui a jugé comme « préoccupante l’utilisation excessive de la force par les responsables de l’ordre ». « Aujourd’hui, nous voyons avec tristesse qu’une réaction qui venait du mécontentement et des carences parmi la population, s’est matérialisée en manifestations dans tout le pays », a déclaré la Grande Loge et a défini comme « inacceptable l’appel à une confrontation entre Cubains ».

Les maçons ont également déclaré qu’ils étaient « du côté du peuple cubain » et ont plaidé « pour la paix, l’harmonie et la justice sociale ». « Nous demandons instamment que la tolérance, la recherche de la vérité et l’amour fraternel soient la devise qui prévaut dans toutes les circonstances. »

Selon le média cubain 14yMedio du blogueur dissident Yoani Sánchez, les francs-maçons ont eu une importante présence dans l’histoire cubaine, notamment dans les luttes pour l’indépendance. La plupart des héros étaient francs-maçons , comme Máximo Gómez et Antonio Maceo. Même le statut de franc-maçon de José Martí, mis en doute pendant des décennies, a finalement été confirmé.

Mais avec les ans et l’arrivée de la dictature castriste, le rôle politique des francs-maçons a considérablement diminué. À l’heure actuelle, on estime qu’il y a un peu plus de 27 000 maçons répartis dans 320 loges à travers l’île.

L’interrogatoire du responsable franc-maçon s’ajoute à une vague d’arrestations et de persécutions de la dictature cubaine en raison des manifestations historiques et spontanées qui ont eu lieu dans toute l’île le 11 juillet dernier.

Jusqu’à présent, les organisations de défense des droits humains et les mouvements dissidents ont réussi à définir 382 arrestations depuis dimanche dernier et 28 disparus. Les arrestations ont été effectuées par les forces du régime, pour la plupart des agents en civil, qui ont commencé leurs descentes après que le dictateur Miguel Díaz Canel ait appelé les « révolutionnaires communistes » à sortir pour combattre ceux qui protestaient, dans un acte de désespoir et d’impunité qui l’a placé sous les projecteurs de l’actualité mondiale.

Parallèlement aux arrestations, la dictature contrôlait les données des réseaux mobiles : sans accès aux réseaux sociaux, les manifestants ne pouvaient ni être informés par les autres manifestations, ni diffuser ce qui s’y passait.

Comme pour les francs-maçons, Díaz-Canel s’est aussi tourné vers la presse : il a tenté de faire taire les correspondants, ses forces de choc ont tabassé un photographe de l’agence AP et ont même arrêté en direct une influenceuse au moment où elle donnait une interview à la TV espagnole.

Mais, malgré les violences répressives, et contrairement aux marches précédentes – comme celles des Dames en blanc (groupe de mères et épouses de prisonniers politiques) et du Mouvement de San Isidro (artistes qui revendiquent la liberté d’expression) – ces manifestations s’étendent partout. Les Cubains sont donc allés au delà de leur peur.

PORTUGAL : Transparence Obligation de se déclarer Franc-maçon

absDe notre confrère portugais publico.pt – par Maria Lopes

Les députés approuvent l’obligation pour les hommes politiques de déclarer leur appartenance à des associations telles que la franc-maçonnerie ou l’Opus Dei.
Le parti social démocrate portugais reformule la proposition visant à contourner l’inconstitutionnalité de cette obligation et prévoit que les informations ne pourront être consultées que dans les locaux de la Cour constitutionnelle ou de la future entité de la transparence.

Si la Cour constitutionnelle n’intervient pas, les hommes politiques et hauts fonctionnaires devront même déclarer leur « appartenance, participation ou exercice de toutes fonctions dans toutes entités associatives » exercées au cours des trois années précédant leur entrée en fonction ou qu’ils exercent cumulativement avec le mandat. La proposition PSD a été approuvée ce mercredi après-midi par les députés de la Commission de la transparence et du statut des députés et couvrira ceux qui appartiennent aux entités de la franc-maçonnerie ou de l’Opus Dei , mais aussi tout ce qui est une association ou un club sportif. Seul le Parti Socialiste a voté contre (il considére toujours le projet inconstitutionnel) – PSD, Bloc de gauche, Parti Communiste Portugais, CDS-PP (centre droite) et PAN (parti animaliste) ont voté pour.

La proposition du PSD, qui avait déjà été présentée pour rendre obligatoire une revendication PAN , mais qui la proposait comme facultative, a cependant été modifiée il y a quelques jours pour tenter de contourner les incertitudes constitutionnelless soulevées par les organismes consultés mais aussi par diverses partis politiques. A cet effet, les sociaux-démocrates ont ajouté que cette déclaration n’est obligatoire qu’à condition qu' »elle ne soit pas de nature à révéler des données protégées par la Constitution telles que celles relatives à la santé, à l’orientation sexuelle, à l’appartenance syndicale ou aux convictions religieuses ou politiques, auquel cas une telle mention est simplement facultatif ».

Les députés ont également approuvé la règle transitoire sur l’entrée en vigueur de ce nouveau régime, qui résulte d’une proposition du PAN et qui prévoit que le nouveau régime s’appliquera cinq jours après la publication de la loi dans le Journal officiel de la République (s’il passe le contrôle du Président de la République) pour les postes qui débutent ou renouvellent le mandat. Ce qui, en pratique, signifiera que l’Assemblée de la République, par exemple, pourra avoir des députés couverts par un régime plus restrictif : les députés qui prendront la relève après l’entrée en vigueur de la loi devront faire cette déclaration, à tandis que les autres qui ont assumé le mandat à partir de 2019 n’ont pas à le faire. Il en sera de même lors d’un remaniement gouvernemental, par exemple.

Cette déclaration sera identique à celle que doivent faire les politiques — des maires au Président de la République — et les hautes fonctionnaires publics à la Cour constitutionnelle (et cela passera à moyen terme à la future Entité de la Transparence ), où un registre des intérêts ainsi que des revenus et patrimoine est déjà existant.

Actuellement les participations dans des entreprises doivent déjà être déclarés : les données sur les activités professionnelles, les fonctions publiques, privées et sociales et autres fonctions exercées au cours des trois années précédant l’entrée dans le nouveau poste et celles qui demeureront cumulées ; des informations indiquant s’il s’agissait de fonctions rémunérées ou non rémunérées et si la personne reçoit un « soutien ou un avantage » pour mener à bien les activités ; une description des autres services fournis ; et ils reçoivent également (la personne ou son conjoint ou toute entreprise dans laquelle ils ont une part) des subventions ou un soutien financier.

Au cours de son cheminement, la proposition initiale du PAN pour la déclaration facultative d’appartenance à des sociétés secrètes ou discrètes, a été reprise par le PSD. Et au passage, il y a eu aussi la proposition d’amendement du PCP (avec les votes contre du PS, PSD, BE et CDS et le PAN s’abstenant) qui prévoyait que cette déclaration d’appartenance à des associations à caractère associatif resterait réservée et accessible uniquement « aux fins de constater la responsabilité pénale, civile ou disciplinaire ou pour l’application des règles prévues par le statut des députés et par le régime d’exercice des fonctions des titulaires de mandats politiques et de hautes fonctions publiques ». Cependant, il prévoyait également que le titulaire pouvait déclarer s’il souhaitait que ces informations soient librement accessibles.

URUGUAY : La Grande Loge maçonnique Uruguayenne a officialisé l’appartenance de l’ancien président Tabaré Vázquez à la Franc-maçonnerie

De notre confrère uruguayen elpais.com.uy

La franc-maçonnerie « continue de promouvoir et d’œuvrer pour une culture de liberté, de tolérance et de fraternité », a déclaré le Grand Maître José Garchitorena.Le président actuel, Lacalle Pou a participé à l’événement.

La Grande Loge de la Franc-Maçonnerie d’Uruguay a officialisé ce lundi lors d’une cérémonie publique pour son 165e anniversaire que l’ancien président Tabaré Vázquez était un frère. A travers une vidéo réunissant les principales figures de la Grande Loge, on y retrouvait l’ancien président uruguayen, décédé en décembre 2020. Les règles maçonniques établissent que son initiation ne peut être révélée qu’à sa mort.

Le président Luis Lacalle Pou était présent à cet événement,commémorant la fondation de la Franc-maçonnerie en Uruguay le 17 juillet 1856. La cérémonie se déroulait sous l’égide du Grand Maître, José Garchitorena , qui est également ministre de la Cour électorale. Le président a reçu une plaque et un stylo dans ce cas.

Soulignant les « institutions politiques solides, conformes à la loi et responsables de leurs actes », Garchitorena a appelé à « empêcher la polarisation, issue dans de nombreux cas de l’indignation et de l’impuissance, de finir par affaiblir l’expérience partagée de la citoyenneté et de remettre en cause les fondements mêmes de la légitimité du système démocratique. Bref, porter atteinte à la coexistence et à l’esprit démocratique « .

« Présents depuis l’époque coloniale, de nombreux francs-maçons ont été protagonistes du processus d’indépendance, ont contribué à l’établissement et à la construction de la République et ont contribué à forger l’identité nationale », a souligné Garchitorena dans son discours, devant le président et les hautes autorités gouvernementales.

Plusieurs anciens présidents de la République étaient francs-maçons. Ce jour-là, il a été officialisé l’appartenance du premier président de gauche uruguayen à la Grande Loge.

« La maçonnerie, qui a émergé telle que nous la connaissons, en Angleterre en 1717, mais fait remonter ses origines au XIVe siècle et ses traditions, mythes et légendes à des temps encore plus anciens, continue de promouvoir et d’œuvrer pour une culture de liberté, de tolérance et de fraternité, société de personnes libres et solidaires », a ajouté le Grand Maître, qui occupe ce poste depuis 2017.

Garchitorena a assuré observer avec « préoccupation comment la postmodernité repense des débats que nous considérions réglés, remettant en cause le sens, la portée et l’importance de concepts tels que la liberté individuelle, la tolérance, la liberté de penser et de s’exprimer, la démocratie, la laïcité et le sens de la communauté ».

Il a ajouté que ces questions « dans de nombreux cas, fondées sur le mépris de la raison et de l’esprit rationnel, conduisent à des propositions qui nous ramènent à la pré-modernité ».

« Nous qui croyons en la liberté comme pierre angulaire de l’existence, à l’égalité comme exigence du développement intégral des personnes et à la fraternité comme condition de coexistence, doivons participer et contribuer aux débats de la société mondialisée d’aujourd’hui », a ajouté Garchitorena, qui a souligné que « les États, interpellés par la société civile, les capitaux transnationaux et les organisations supranationales de la communauté internationale, n’ont pas fini de repenser leur rôle ».

ALLEMAGNE : La loge maçonnique « Au Drey Huegeln an der Traun » fête ses 25 ans

De notre confrère allemand traunsteiner-tagblatt.de

Ses principes directeurs sont : la liberté, l’égalité, la fraternité, la tolérance et l’humanité. Comme dans de nombreux endroits dans le monde, les francs-maçons travaillent également à Traunstein. « Nous sommes une alliance éthique fondée sur les valeurs de l’inviolabilité de la dignité humaine », déclare Englbert Rottenmoser. Il est le Vénérable Maître de la Loge « To the Drey Huegeln an der Traun ».

La première Grande Loge de Francs-Maçons a été créée à Londres en 1717, suivie par la première en Allemagne en 1737 – à Hambourg. Les francs-maçons de Traunstein suivent également cette tradition, établie à l’époque. Le vendredi, ils célèbrent – comme on dit – le « Festival de la Fondation » : la fondation de la loge il y a 25 ans. La fête commence à 19 heures dans le club house de la Traunerstraße, le conférencier principal est le Dr. Bärbel Kofler, membre du Bundestag et commissaire du gouvernement fédéral à la politique des droits de l’homme et à l’aide humanitaire. La célébration est publique, tant qu’il y a des places disponibles, les visiteurs peuvent être invités.

Les racines du lodge de Traunstein remontent aux années 1990. Tout d’abord, les francs-maçons ont fondé une association en 1994. Avec « l’Allumage des feux », ils ont créé le lodge en 1995. Avec elle, ils ont comblé le fossé géographique qui séparait les communautés de Rosenheim, Salzbourg et Bad Reichenhall.

La loge comprend actuellement 40 francs-maçons. Ils se retrouvent dans un bâtiment à l’arrière de la Maximilians strasse. Ils ne révèlent pas qui vient aux Tenues ni de quoi ils discutent. Selon la tradition, ils veulent rester anonymes et ne pas être vus sur les cartes. Ils veulent rester à l’arrière-plan en tant que personnes. Ils préfèrent travailler pour les bonnes œuvres.

La liste des dons qu’ils ont utilisé à des fins caritatives au cours des 25 dernières années est longue. Les francs-maçons ont beaucoup fait – à petite comme à grande échelle. Par exemple, en 2014, ils ont offert une allocation de repas pour un écolier d’un montant de 40 euros. Et en 2020, ils ont remis 6 500 euros : 3 000 chacun au centre d’assistance civile du bureau de district de Traunstein et à l’association Vergissmeinnicht Chiemgau, ainsi que 500 euros pour l’organisation d’une excursion « accrobranches ». Au total, les francs-maçons ont fait des dons pour environ 33 000 euros au fil des ans – et ils souhaitent continuer à promouvoir des causes caritatives à l’avenir.

« Nous n’avons pas de structure d’enseignement dogmatique ni d’idéologie à laquelle les membres doivent adhérer« 

explique Englbert Rottenmoser pour lui-même et sa famille. « Les francs-maçons ne se considèrent pas comme des missionnaires, mais chacun travaille pour lui-même sur sa propre personnalité et a ainsi un effet dans son environnement personnel et aussi par l’engagement social. »

Chaque franc-maçon est libre de penser et d’agir. Il est uniquement attaché aux principes directeurs humanistes de liberté, d’égalité, de fraternité, de tolérance et d’humanité. Alors que le « Maître de la Chaire » continue, ces principes d’action humaine ont grandi au siècle des Lumières dans la « lutte contre le trône et l’autel » – contre l’État et l’église – avec leur prétention à gouverner « par la grâce de Dieu ». Et selon Rottenmoser, ces idéaux n’ont rien perdu de leur pertinence à ce jour.

On pourrait penser que les principes directeurs des francs-maçons sont depuis longtemps devenus réalité car ils font partie de la Loi fondamentale, selon Rottenmoser. « Cependant, tout le monde sait que la réalité exige un travail constant pour mettre en pratique ces droits fondamentaux et les obligations associées. »

« Nous ressentons de l’insécurité, de l’insatisfaction et de la peur de perdre », déclare Rottenmoser. Dans cet environnement, les francs-maçons sont appelés à se poser des questions : des questions sur le rapport entre liberté et responsabilité, sur la plus grande participation possible des citoyens à la communauté et sur la conception contemporaine de l’Europe. Le « maître de la chaire » souligne : « Nous ne devons pas agir en cavaliers de principes avec une prétention absolue à la vérité.

Les francs-maçons ne doivent pas se laisser « perturber par des opinions bruyantes », mais doivent être guidés par la demande d’Emmanuel Kant : « Osez savoir ! Ayez le courage d’utiliser votre propre intelligence ». Rottenmoser : « Chacun doit se débarrasser de l’esclavage intérieur des préjugés et se défendre contre le paternalisme, d’où qu’il soit. Cela inclut le courage et la confiance en votre propre force et votre capacité à penser. »

ESPAGNE : Le Diable joue-t-il de la musique ? Luis Antonio Muñoz en a fait un livre…

De notre confrère espagnol lne.es (La Nueva Espana) – Journaliste Saul Fernández

« Dans le monde du rock, chaque fois que le diable est de la partie, le groupe vend plus de disques ».
« Mozart était un franc-maçon et une grande partie de sa musique est conditionnée par son appartenance à la franc-maçonnerie »

Le musicien madrilène Luis Antonio Muñoz (1971) a publié l’année dernière « Histoire occulte de la musique » (La sphère des livres). Il s’agit d’une étude historique des adorateurs du malin, maçons ou « Illuminati », tous ceux qui se sont attelés à étudier le côté le plus obscur de la musique. Lors de la venue de Luis Antonio Muñoz, au Festival Celsius 232 de littérature fantastique, de science-fiction et d’horreur, il a évoqué la présence du mal dans les partitions.

LES RELATIONS :

Templiers, Francs-maçons et les livrets musicaux

Pour certains, la musique du Diable est celle qui résonne lorsque vous mettez le disque à l’envers.

Pourtant, presque toutes les images que nous avons du Diable en musique viennent du monde du rock. Les motivations viennent des origines. Pour être très schématique, dans le monde du rock, mentionner le Démon est vendeur. Chaque fois que le diable est impliqué, le groupe vend plus de disques.

Les majestés sataniques. (les groupes les plus célèbres)

L’exemple type est représenté par les Rolling stones. Un Démon qui crée une esthétique à la fois sur les pochettes des albums et sur le contenu lui-même.

Parlons du « Heavy Metal ».

Autre exemple « Black Sabbath ». Leur premier album est très lugubre et ouvre une porte vers le Malin. Ce qui se passe, c’est que les gens restent dans le monde du rock, mais ne savent pas quelle est l’histoire de toute cette relation, entre la musique et le démon.

Les premiers rapports du Diable avec la musique remontent au Moyen Âge. Il y a une notion que les théoriciens de l’époque reliaient au Malin : la laideur. Les mauvaises sonorités qui étaient liées au mal.

  • Mais la musique a rapproché les âmes de Dieu. N’est ce pas?

– Remarquez que Saint Augustin met en garde contre le plaisir excessif que peut engendrer la musique. En d’autres termes, le problème survient car certains tenants de la foi suggèrent que lorsque la musique passe de la prière à Dieu (n’importe quel dieu) il à un acte agréable. Un pape avait même recommandé de ne pas faire de polyphonie, parce que la polyphonie était si belle qu’elle transcendait le sens du plain-chant traditionnel. Alors, attention au trop beau et passons au plus simple qui est vraiment la prière. Et cela rejoint d’autres concepts comme celui qui s’appliquaient aux enfants difformes au Moyen Âge : les enfants du Diable. L’association entre la laideur et l’influence du Diable a également affecté la musique. Il y a des intervalles qui, par une question conventionnelle, étaient considérés comme laids.

  • Comme le « diabolus in musica ».

– Voilà. C’est un triton qui était esthétiquement considéré comme laid et même désagréable.

  • Ce qui frappe, c’est que le Démon n’était pas musicien.

– Il n’était pas musicien, mais dans certains procès inquisitoriaux la voix de Satan est décrite, ainsi que les instruments dont il jouait : en Italie et en Espagne, la guitare ; et en Angleterre, avec la harpe. Ce qui en découlait, ce n’était pas que le Démon était un musicien, mais plutôt que l’acte de jouer pour le plaisir était une influence démoniaque. Dans la procédure inquisitoriale, bien sûr, il y avait de la torture et sous la torture on disait bien évidement ce que le bourreau voulait entendre.

  • Est-ce que la musique diabolique à un moment donné a été la « bonne » ?

– Peu de gens ont osé faire la suggestion suivante : « appelons cela « bonne » ou « mainstream » et j’adhère à celle-ci parce qu’elle appartient au Diable. Cela n’a jamais été fait. Cependant, cette approche a créé des courants esthétiques, certains très forts. Je parle, par exemple, de Goethe et de son « Faust ». Sur ce dernier, de nombreuses œuvres ont été écrites, offrants différentes lectures du démoniaque. Il y a environ 550 opéras sur Faust. Surtout aux XVIIIe et XIXe siècles. Il y en a même un qui se nomme « Si Faust était Faustine ».

  • Tout le monde a-t-il voulu vendre son âme au diable?

– Le thème original de « Faust » vient de la nécromancie médiévale. C’est que Goethe qui lui donne une dimension philosophique le mêlant au christianisme. Faust ne veut pas être éternel, ce n’est pas son objectif principal. Ce que Faust veut, c’est la connaissance, mais pour l’avoir, il a besoin de temps, il sacrifie pour cela son âme et pour cette raison, il est puni comme Prométhée.

  • Qu’étudiez-vous maintenant?

– Aujourd’hui, je travaille sur Goethe, qui appartenait aux « Illuminati » de Bavière. Toutes les analyses de ses oeuvres l’ont toujours été faites de manière universitaire.

  • Que voulez-vous dire?

– Lorsque une œuvre est étudiée, elle ne l’est pas à partir des croyances de l’auteur. Le grand public ne sait pas vraiment que Mozart était franc-maçon. Pourtant, une grande partie de sa musique est conditionnée par son appartenance à la franc-maçonnerie et les relations qu’il a eues dans les dernières années de sa vie : il est passé par les principales loges à Vienne et en Allemagne. Il y rencontra beaucoup de monde qui, en plus d’être francs-maçons, appartenaient à l’ordre des « Illuminati ».

LETTONIE : Un musée de la Franc-maçonnerie devrait ouvrir bientôt

De notre confrère Russe bloknot-voronezh.ru

Nous sommes là tranquillement et ne savons pas qu’un natif du pays de Voronej, Konstantin Rubakhin, est en train d’installer un musée de la franc-maçonnerie mondiale dans la capitale de la Lettonie.

Le musée n’est qu’à l’état de projet. Il devrait ouvrir à la fin de l’automne. Mais le 7 juillet, une interview a été publiée sur Youtube, dans laquelle Konstantin est déjà appelé le fondateur du musée de la franc-maçonnerie mondiale de Riga.

Ce dernier est diplômé de la Faculté de journalisme de l’Université d’État de Moscou. Depuis 2001, il s’est engagé professionnellement dans les relations publiques politiques, et a travaillé pour divers partis. Mais, un tournant dans sa vie s’est produit après qu’il a agi en tant que l’un des organisateurs d’une manifestation anti-nickel dans la région de Voronej, où la compagnie minière et métallurgique de l’Oural (UMMC) de l’oligarque Iskander Makhmudov a tenté de commencer à développer le nickel. Certains des militants anti-nickel se sont retrouvés sur le banc des accusés et Konstantin Rubakhin s’est enfui vers la capitale de la Lettonie.

Il se présente comme un chercheur de l’héritage maçonnique. Selon les entretiens, Konstantin s’est intéressé aux franc-maçons depuis son enfance à Voronej.

  • Le premier ouvrage que j’ai lu sur les maçons c’est chez ma grand-mère paternelle, c’était dans un livre pré-révolutionnaire présentant les maçons, – déclare-t-il dans la vidéo. – C’était dans le village d’Alferovka (district de Novokhopyorsk, région de Voronej – éd.).

Konstantin est revenu sur le sujet qui le fascinait déjà dans sa période de lettone : « lors de mon voyage de noces aux États-Unis en 2017, j’ai acheté une cruche maçonnique, et c’est devenu la première pièce d’exposition du musée ».

Lors de l’interview, l’animateur lui a demandé qui sont les maçons aujourd’hui ? Par ailleurs, comment Rubakhin lui-même se rattache à eux ?

Le fondateur du futur musée répond que pour lui, la franc-maçonnerie est avant tout associée à la recherche des savoirs anciens.

« Pour les Russes, c’est un choc, quelque chose d’indécent à ce jour« , répond Konstantin. – Mais tout ce complot est juste de la paresse intellectuelle… Vous savez, maintenant beaucoup d’africains viennent sur notre compte Facebook et demandent à être admis chez les francs-maçons.

  • Mais, vous n’êtes pas Franc-maçon ?
  • Non, un musée est un musée, pas une Loge. A l’intérieur du musée il y aura une salle, qui s’appellera – Le Temple maçonnique, toute la base du rituel y sera visible…En principe nous sommes enclins à alimenter les loges qui veulent y travailler avec cet espace. Ce sera un plaisir pour les maçons en exercice de travailler au sein d’une telle abondance d’histoire maçonnique.

Depuis le début de sa carrière professionnelle, Konstantin Rubakhin s’est engagé dans les relations politiques. Il a participé à la création et à la promotion du parti « Patrie », a travaillé dans le Parti de la Vie, sur la Première Chaîne sous la direction de Marat Helman, au Ministère des Transports de la Fédération de Russie, où il a travaillé dans la presse. Puis, selon certaines sources, il a été membre du Conseil du « Front de gauche » de Sergei Udaltsov. Il a participé aux rassemblements « White Ribbon » « For Honest Elections » à Moscou fin 2011 – début 2012. Sa spécialité était la couverture et la promotion dans le domaine de l’information des mouvements de protestation et de l’opposition. Dans le même temps, Rubakhin était assistant du député de la Douma d’Etat de la Fédération de Russie Ilya Ponomarev, qui s’est enfui en Ukraine.

De notre confrère Russe bloknot-voronezh.ru – Par Egor Yabarov