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La compétition au GADLU qui lave plus blanc que blanc

Comme le rappelle à juste titre notre Frère José Perez[1] du Grand Orient de Belgique, de nombreux Francs-maçons sont à l’origine d’innovations technologiques ou d’avancées sociales : Le basket, le pneu, le cognac, La Marseillaise, la montgolfière, la pénicilline, Bambi ou Corto… et enfin, n’oublions surtout pas le contrôle des naissances et de la contraception. La liste pourrait être encore très longue. Doit-on en déduire pour autant que la Franc-maçonnerie est un incontournable pour rejoindre le cénacle très fermé des puissants de ce monde ? Nous allons voir qu’il n’en est rien !!

Si on se penche dans l’univers profane, de très nombreux entrepreneurs à succès sont aussi des champions de golf. Cette activité serait-elle donc le tremplin pour devenir le roi des affaires ? En d’autres termes, est-ce que l’appartenance au Golf Club de Saint-Nom-la-Bretèche permet de contrôler le monde ?

Cette question est à l’image de l’œuf et de la poule. Nous pouvons aussi prendre comme métaphore le célèbre Coq Chantecler d’Edmond Rostand. Pour mémoire : « Sur une basse-cour règne un coq, Chantecler, tellement convaincu de son importance qu’il s’imagine, par son chant, faire se lever le soleil. Mais l’arrivée d’une poule faisane bouleverse sa vie, lui révélant l’amour, de telle sorte qu’il en oublie de chanter. L’astre du jour étant cependant apparu, Chantecler devient la risée de tous les animaux domestiques et sauvages, et surtout des hiboux, créatures de la nuit qui le détestent, et le contraignent à accepter un combat public avec un autre coq. Le combat se déroule dans le salon littéraire de la Pintade. »

Pour conclure avec ce sujet de l’influence de la FM sur le monde, prenez une simple feuille de papier et un crayon.  Ca y est, vous êtes prêts ?

  • Notez sur la colonne de gauche la liste des Sœurs et Frères qui comme le Dalaï-lama ou à l’image de Platon ont atteint selon votre observation la sagesse qui sert de modèle à nos jeunes apprentis.
  • Ensuite, reportez sur la colonne de droite la liste des réalisations concrètes de la Franc-maçonnerie. Je ne vous parle pas de créations individuelles, émanant de Francs-maçons devenus célèbres, mais bien de la Franc-maçonnerie, c’est à dire une action qu’une Obédience seule ou associée aurait pu réaliser.

Je dois vous avouer que j’ai participé avec une dizaine de membres à cette expérience et les feuilles sont toutes revenues vierges. La raison est assez simple, aux dernières nouvelles, la FM n’est pas une voie d’éveil ou d’extase. Il est donc assez rare d’y croiser des êtres humains qui grâce à 4 heures de pratique mensuelle atteignent le nirvana ou tutoient les Dieux. Comme je l’ai écrit récemment, si le maçon doit être comparé avec le bouddha c’est uniquement par son apparence physique, mais certainement pas par son esprit. Je ne parle que de ceux qui abusent des agapes bien arrosées, évidement.

Pour ce qui est de la colonne de droite de notre feuille, chacun aura bien noté que les Obédiences ne reçoivent aucun mandat de leurs membres pour entreprendre des actions sociales ou économiques. Il est demandé au Grand Maître et à son grand collège d’administrer la structure durant 3 ans afin que les Loges (souveraines) puissent prospérer durablement. Nous n’avons pas encore vu d’Obédience dont les membres auraient confié la mission au GM de transformer la maison mère maçonnique en société d’investissement ou en parti politique avec un programme d’action sociale.

Par conséquent, à quoi sert la Franc-maçonnerie en 2021 ?

C’est justement la question que se posent tous les postulants, les profanes curieux… mais aussi, de très nombreux Francs-maçons démissionnaires car déçus d’être rentrés pour de mauvaises raisons.

Je vais donc tenter de donner une réponse qui sera la bonne, puisque c’est la mienne.

Avant de parler de pratique maçonnique, il serait utile d’en donner une définition incontestable. Sans trop prendre de risque, nous pouvons affirmer que la maçonnerie est : « Une pratique initiatique qui a pour but la connaissance de soi grâce au langage symbolique et à la géométrie sacrée. » En effet, qu’on soit membre de n’importe quelle Obédience, l’entrée en Loge s’effectue par une Initiation. Par ailleurs, chaque Loge, quel que soit le Rite, cultive le « Connais-toi toi-même ». Ensuite, tous les maçons travaillent sur des mythes, des légendes et des symboles. Et enfin, l’équerre et le compas sont bien des éléments de traçage dans le domaine de la construction sacrée. Lorsque je dis sacrée, il ne s’agit nullement d’une référence déiste, mais du lien qui existe entre nos Rites et les lois immuables de notre Univers (Lumière, gravité, dualité…). Par conséquent, nous pouvons considérer que notre Art permet à ses pratiquants de sortir du monde matériel afin d’élever leur conscience pour eux-mêmes, pour et avec les autres. D’où le sacro saint principe de Fraternité, car reconnaissons que la maçonnerie ne se pratique jamais seul.

Si tous les maçons de l’hexagone prenaient subitement conscience de cette définition, nous verrions probablement des démissions  en cascade. Car tous ceux qui sont entrés pour de mauvaises raisons demanderaient immédiatement le remboursement de leur capitation. J’ai nommé :

  • Ceux qui viennent pour y chercher un illusoire pouvoir
  • Ceux qui veulent changer le monde extérieur et surtout… transformer les autres
  • Ceux qui viennent en Loge saisir une deuxième chance en devenant des êtres importants et hautement gradés, après avoir bien souvent échoué dans le monde professionnel.
  • Ceux qui veulent cultiver l’entre-soi en se protégeant de l’extérieur. J’ai nommé les spécialistes de la discrimination qui pensent ainsi se couper de leurs ennemis (hommes, femmes, profanes et autres étrangers qui viennent leur rappeler qu’on est toujours l’étranger de quelqu’un d’autre)

Une fois la cérémonie des adieux passée avec ceux qui se sont trompés de voie, les maçons qui restent pourraient continuer paisiblement leur travail sans repos.

Arrive enfin la question de l’influence sur les événements actuels. En quoi les maçons pourraient-ils jouer un rôle ?

Si on place cette question sur le registre de l’influence politique ou sur celui du pouvoir financier, force est de reconnaître que nous ne pesons pas très lourd dans la balance sociale ou économique. Si on aborde maintenant, le registre des idées, je crains fort que le résultat soit le même. De nos jours, tout le monde a des idées. Il vous suffit d’entrer dans un bistro ou de consulter votre mur Facebook pour constater qu’ils regorgent de très grands spécialistes politiques, financiers et médicaux qui s’expriment sur tout et surtout sur rien. Pour parler maintenant de nos Loges, pour être très honnête, combien de fois vous est-il arrivé de tomber à la renverse en écoutant une planche ou lors d’une conférence ? Tout cela pour confirmer que la Loge n’est certainement plus le lieu de culture que nos ancêtres du 18è siècle ont connu. Il faut dire qu’à cette époque les 2/3 de la population vivaient de l’agriculture. Ça laisse peut de temps pour aller en Tenue le lundi soir.

En revanche, si on considère qu’un maçon sérieux et consciencieux a étudié et compris le symbolisme, qu’il a du faire un profond travail d’introspection qui lui permet d’être aligné comme le fil à plomb de son surveillant de l’époque. Ensuite, qu’il à du apprivoiser les Art Libéraux et manier la relation Fraternelle grâce à son pas de côté. On peut en conclure que cela l’a ancré dans le monde matériel avec une sagesse qui lui donne le recul sur les événements. Et enfin, l’union de l’esprit du premier degré et de la matière du second, ont du lui permettre d’appréhender son élévation à la maîtrise. C’est ainsi, qu’affranchi d’instructeur, il a pu devenir enfin Maître de ses passions et de lui-même afin d’ériger des Temples à la vertu.

Accordons-nous un instant à rêver, oublions cet orgueil du temps passé de la troisième république où les maçons donnaient des ordres au pouvoir législatif, et reconnectons-nous à notre époque actuelle. Imaginons un instant que tous ensemble, j’ai nommé les Francs-maçons, les martinistes, les bouddhistes, les rosicruciens, les pratiquants de la méditation de pleine conscience… si tous les cultivateurs de la VRAIE Sagesse se donnaient tous la main afin de redonner de la plénitude à notre monde devenu fou et malade. Songez un instant, si nous abandonnions un instant notre orgueil spirituel et notre compétition au GADLU qui lave plus blanc que blanc, afin de tous nous unir en fraternité. Alors là en effet, les maçons pourraient marquer une nouvelle page d’histoire dont les Sœurs et Frères des générations futures pourraient être fiers !

Il ne tient qu’à nous pour que cela change. Nous avons le pouvoir, il nous manque uniquement le vouloir et la sagesse.

Lorsqu’on a demandé à Mère Theresa lors de la remise du Nobel comment elle avait fait pour aider tous ces gens, sa réponse fut très courte et très simple. Elle répondit : « un par un ».

A nous de commencer en étant le premier à initier ce changement.

Bon courage mes Sœur et mes Frères.

Franck Fouqueray

[1] « Inventeurs et créateurs Francs-maçons » Ils ont contribué au progrès de l’humanité (José Perez) EME éditions – Collection : Explorations maçonniques

Les maçons égyptiens perdent leur Grand Hiérophante

Par un courrier du Suprême Conseil des Rites Confédérés et de L’Ordre des Rites Unis de Memphis et Misraïm, le Régent International de l’Ordre Henri RACCASI a annoncé le décès du Président de l’Ordre et Grand Hiérophante Joseph CASTELLI.

Les termes de cette annonce sont les suivants :

C’est avec tristesse et douleur que nous vous faisons part du décès de notre Très Illustre Frère Joseph CASTELLI, Grand Maître Général de l’Ordre des Rites Unis de Memphis et Misraïm, Grand Hiérophante et Président du Suprême Conseil des Rites Confédérés, survenu le Lundi 28 juin 2021.

À la suite de son AVC, survenu le 14 juin 2020, notre frère Joseph à combattu avec persévérance et volonté, mais le Grand Architecte de l’Univers a décidé de le rappeler auprès de lui, afin de lui confier d’autre tâche.

Dés plus informés nous vous ferons part des date et lieu des obsèques.
Le Conseil Secret de la Grande Hiérophanie, se réunira dans la quinzaine suivant les obsèques de notre Très Illustre Frère Joseph CASTELLI, et procédera à l’élection de son successeur à la Grande Hiérophanie en application des articles 27 et suivants des grandes Constitutions et Règlements généraux, et à la mise en place des Très Illustres Frères en charge de la gestion de l’Ordre des Rites Unis de Memphis et Misraïm,

Dans l’attente de cette réunion le Très Illustre Frère Henri RACCASI continuera d’assurer, en sa qualité de Régent International de l’Ordre et TPSGC du Suprême Conseil des Rites Confédérés et de l’Ordre Intérieur du Souverain sanctuaire des Chevaliers de Palestine, la Charge de Grand Maître Général et TPSGC du Souverain Sanctuaire International de l’Ordre des Rites Unis de Memphis et Misraïm.

Le Très Illustre Frère François BOURSIER est d’ores et déjà en charge des fonctions de Grand Maître pour la France et TPSGC du Souverain Sanctuaire National de France de l’Ordre des Rites Unis de Memphis et Misraïm Afin d’accompagner notre Très Illustre Frère Joseph CASTELLI vers sa nouvelle demeure

GEMISSONS, GEMISSONS, GEMISSONS…… MAIS ESPERONS

Au nom du Suprême Conseil des Rites Confédérés et de L’Ordre des Rites Unis de Memphis et Misraïm

Chercher la Lumière ou réduire ses parts d’ombre

Tous les Francs-maçons se gaussent de chercher la lumière ! Cela dure depuis 4 siècles. Il serait quand même temps de rétablir la vérité afin qu’un des nôtres trouve au minimum l’interrupteur. Il est inhumain de laisser des Sœurs et des Frères dans les ténèbres aussi longtemps.

Avant de partager avec vous mon point de vue (très éclairé ça va de soi), j’aimerais faire une remarque. Vous avez très certainement quelques anciens maçons dans votre entourage. Vous savez ces anciens qui vous font négligemment remarquer qu’ils ont acquis les 33 degrés et qu’ils sont au sommet. Je vous propose une expérience quasi scientifique. Réunissez dans une même pièce 50 de ces vieux sages qui tutoient les cimes. Faites un bref discours sans intérêts pour l’expérience en question, puis annoncez ensuite que le buffet est à leur disposition au fond de la salle.

Vous verrez alors une horde d’affamés se jeter comme des sauvages sur les petits fours, telle une nuée de mouches sur un camembert de 7 jours. Une sorte de Black Friday maçonnique en quelques sortes.

Essayez, vous verrez, ça marche à tous les coups. Alors la question qui se pose. Ont-ils reçu la Lumière pour être aussi instinctivement spontanés dès qu’on sert un truc à grignoter ? Est-ce que la Lumière ouvrirait l’appétit ou est-ce que les 33 degrés n’ont aucune influence sur les bas instincts ? En résumé, est-ce qu’un sage avec 30 ans de pratique devient juste une sorte de profane avec quelques manières en plus ?

En fait, j’ai longuement réfléchi et sans réponse précise, j’ai à nouveau sollicité ce vieux maçon dont je vous ai déjà parlé, vous savez, Monsieur Roger D.

Il m’a enfin éclairé. Il affirme qu’on dit chercher la Lumière, mais ce n’est pas vrai du tout (surtout, gardez cela pour vous, sinon je risque d’avoir la gorge tranchée, etc.). Il semblerait en réalité que le travail du maçon consiste uniquement à explorer ses parts de ténèbres pour révéler en lui la Lumière qui a toujours été là.

Fort de cette découverte, j’ai la nette impression que la maçonnerie est divisée en deux parties. Il a ceux qui s’agitent en cherchant la Lumière et les autres, ceux qui bossent sur le dedans avec quelques outils symboliques afin de dépoussiérer les zones d’ombre.

Je suis quand même très ennuyé car depuis toujours, à propos de la mort, mon père me disait que personne n’était revenu du paradis ou de l’enfer pour nous raconter ce qui s’y passe. Or, là, on voit nettement chez nos hauts gradés que la gourmandise ne s’apaise pas avec la sagesse. Et puis, on peut aussi parler de quelques anciens qui n’ont pas dompté leur égo. Je ne donnerai pas de nom, mais je me suis laissé dire qu’il existe même des anciens maçons très hauts gradés qui se battent pour occuper des charges pendant des décennies.

J’ai beau chercher et me questionner à propos de cette fameuse Lumière, je ne suis pas certain d’avoir plus de réponse quant à savoir si on la trouve un jour. Une chose est cependant certaine, à force de manger des petits fours et des gâteaux, nos 33ème degrés, eux finissent pour certains par ressembler à des ampoules. Je ne parle pas de la clarté, je parle juste de la forme.

Bonne soirée à bientôt

Franck Fouqueray

LA BOULOMIE une loge en 2050

« Boulomie » est un néologisme maçonnique : « La loge où l’on veut, comme l’on veut ». Or la Voie maçonnique malgré tous ses tics de soumission, recèle toujours en elle des trésors de l’humanité : ses valeurs, mythes, rites et symboles en belle harmonie. Ce trésor superbe fait d’elle un espoir, du moins pour ceux et celles qui ne sont pas écrasés(es) par leur besoin avachi de sécurité intérieure.

Site Internet pour commander cet l’ouvrage : www.laboulomie.com

Depuis130 ans environ, les sciences humaines ne nous apportent-elles pas leur lot de découvertes sur cet « humanimal » de meute, comme l’écrivait, avec acuité, Daniel Beresniak ? Or les 9/10ème des Maçons vivent dans la sécurité que procurent les fadaises imaginatives de l’historicité, dans lesquelles le Siècle des Lumières a bon dos ! Pourquoi ne pas tenir compte de ces avancées majeures, comme le rôle de la gratitude, l’intelligence émotionnelle, la vie des groupes, le conformisme humain ? En frémissements d’émotions, dans l’attente du renouveau de l’humanité, celle que nous annonçons en oubliant la pesanteur de notre moutonnerie écrasante, celle qui exalte l’obéissance aux obédiences, aux rites…« Réfléchissons donc enfin sur ce que nous savons des profondeurs de l’humain », pourraient énoncer les Maçons soudainement conscients et effrayés par notre fixisme séculaire. C’est presque trop tard ! Il ne nous reste guère de temps quand on constate que les prémices des révolutions sont déjà en œuvre : la politique, la publicité, les entreprises, les médias, eux, ont déjà, non point tant réfléchi, mais mis en œuvre, à notre grand dam inconscient et soumis, des outils de manipulation de nos comportements.La majorité de la communauté scientifique et pensante l’annonce depuis 1970, et le reprend sans cesse depuis. Enfin un peu plus lucides, nous craignons pour nos enfants ; notre système démographique[2], social, économique et sociétal va provoquer, dans les décennies à venir un grand « effondrement » de la vie actuelle sur la planète.Que faisons-nous ? des planches, des planches, toujours lues avec componction. Quand on songe que tant initiés(es) comparent les rites, cherchent les origines de l’initiation[3], se jettent dans les grotesques anathèmes que se lancent des obédiences, la ridicule « régularité ». Que ces règles de l’obéissance obédientielle, de la croyance en nos anciens « sages », de la soumission au détail rituels, aux dates-fétiches… se terrent et laissent leur place au grand vent qui se lève et va balayer tout cela… peut-être… si l’Ordre veut survivre. Quelques initiés(es) ont su déverrouiller les portes de leur vielle prison maçonnique. Et défilent sous nos yeux souvent écarquillés, les changements, les ruptures inévitables pour notre survie. Par exemple, l’ordre des trois degrés, un bégaiement historique. La place des officiers, si on se réfère à l’enfant que nous fûmes et qui n’a pas besoin de secrétaire à l’Orient. Avec notre goût natif pour la nature qui est déjà porté par les tricentenaires Forestiers. Cessons de chanter notre indignation devant les errements du monde, sans presque rien faire dans sa Loge. Créons des comités, comme le propose, entre autres, l’ouvrage pour agir. En se masquant hypocritement dans le « Ce n’est pas le rôle d’une Loge ! ». Alors, que naissent, dans le sillage de quelques Loges une « spiritualité pour agir ». Au-delà des prêches de repentance sur les malheurs d’une humanité souffrante. Comment sortira-t-elle des millions de morts qui s’annoncent dans la violence ? La Boulomie fait un pari délirant, bizarre et visionnaire. L’avenir passera par le génie toujours inexploité de la plupart des femmes et certains hommes. Monogenre ? bien sûr ; mixité, mais oui… à la condition que les Sœurs ne se contentent pas de bêler avec les mâles si souvent animalement dominateurs. Elles valent cent fois plus que cela. Plusieurs exemples de Loges mixtes où le rite tient compte des spécificités réceptives, aimantes, paisibles, circulaires, animent beaucoup de femmes et quelques hommes. Par exemple La Boulomie revoit ainsi l’élévation au 2e degré, l’ex 3e degré.Mais comment se fait-il que les mythes féminins de l’Antiquité aient sombré dans les fosses des mâles conquérants ? Parce que c’est une loi de la meute humaine plus proche de celle des chimpanzés que de celle des bonobos. Alors que les mystères féminins de l’Antiquité sont des trésors ?La Boulomie s’attarde même dans des chemins hasardeux et rutilants : comment des Sœurs et certains Frères dessineraient elles une Loge ? Raide comme un piquet, ce qu’elle est ou variable, alvéolée, comme dans une ruche ? Ce sont surtout des lectrices et quelques lecteurs qui pourront ainsi non pas panser les plaies mais remettre à plat. Collecter et s’appuyer sur les pépites rituelles de la superbe Voie maçonnique, celles de demain, que l’Ordre possède déjà en son sein. Reconstruire sur les ruines vieillottes des Maçonneries savantes. Alors là, puisqu’il s’agit de redistribuer les rôles, que les Maçons commencent à agir pour les enfants, les initiés(es) qui nous relaieront. Et une éducation radicalement différente. Décrite d’ailleurs par quelques grands pédagogues dont quelques Maçons justement ! La dégoulinade des savoirs et des enseignements dans les culs de bas de fosse des technologies où tout s’y trouve et annonce la grande dévalorisation des connaissances scolaires. Aristote aurait dit que l’humain est un animal à deux pattes sans plumes. Il pourrait ne plus l’être et se revêtir du plumage de l’affection. Qui réalisera d’ici 2050 ce projet imaginé par Jacques Fontaine ? La BOULOMIE , une joyeuse et enthousiaste expérience initiatique

Site Internet pour commander cet l’ouvrage : www.laboulomie.com

*aux édition LOL – sur Amazon ou chez votre libraire le plus proche


[3] Il n’y en a pas, les anthropologues le savent bien !

Qui va là ? Des profanes handicapés qui demandent l’entrée du temple.

Parcours très initiatique de profanes en situation de handicap

« Celui qui diffère de moi, loin de me léser m’enrichit ». Cette phrase vous la connaissez par cœur, tant elle a été entendue des milliers de fois. N’a t-elle pas été trop utilisée sans être véritablement appliquée ? Est-elle applicable, « pour de vrai », dans les temples de nos obédiences  pour les profanes, sœurs et frères, en situation de handicap ?

Remontons  le temps de quelques mois :

Luc, Sarah et Sofiane font parvenir leurs lettres de motivations au Vénérable Maître d’une Loge  proche de leur domicile et correspondant à leurs attentes intellectuelles.

Après avoir reçus, lus les courriers et fait voter la première attache, il déclenche la procédure habituelle. Il va donc rencontrer chacun d’eux.

Ces premiers rendez-vous sont une surprise. Luc est en fauteuil roulant électrique,  Sarah est non voyante, elle a un chien d’assistance et Sofiane est sourd. Les entretiens sont très positifs, les impétrants très motivés et de très bons éléments en perspectives pour le groupe ;mais comment annoncer cela aux membres de l’atelier ? Rien n’est prévu pour les initiations, le temple est mal accessible.

Lors de la tenue suivante, le Vénérable Maître, donne aux membres de la loge ses impressions sur les profanes et  délègue les 3 enquêtes. Se faisant, il prévient les soeurs et frères, qu’il va certainement y avoir quelques problèmes à surmonter ensemble, si l’on veut faire entrer dans la chaîne d’union ces 3 profanes de grande qualité. S’instaure donc immédiatement un long, très long débat sur la faisabilité  et l’accessibilité à la fois pour le passage sous le bandeau, mais aussi et surtout pour l’initiation.

Pour Sarah, il faudra prévoir un casque audio pour compenser la vision.  Pour Luc, il faudra trouver des frères ou sœurs bien musclés pour porter le fauteuil ou  trouver un deuxième fauteuil plus léger pour le temple, pour Sofiane, un membre de l’atelier propose de trouver une solution avec un masque ou lunette de réalité virtuel faisant défiler du texte. Dans tous les cas,  il faudra adapter le rituel d’initiation.

Voilà,  ce que l’on pourrait  proposer aujourd’hui pour accueillir de futurs frères et sœurs en situation de handicap, mais toutes les loges n’ont pas ces possibilités.

Les questions suivantes se posent : comment chaque atelier peut-il adapter son rituel et ses usages pour accueillir la pierre brute qui est porteur d’un handicap ? Faut-il que les obédiences se saisissent de la question au risque de trop contraindre à travers un cadre pré-défini ou bien considérer que chaque loge saura faire le nécessaire au cas par cas ?

Si nous avons la capacité de nous adapter, être solidaire et fraternel, il n’en est pas moins vrai que les obédiences devraient pouvoir être un guide et, quand la situation le nécessite,  accorder une aide financière à l’achat de matériel.

Que proposent les obédiences aujourd’hui ? : frapper au hasard au risque d’être éconduit, (ce qui ajoute au traumatisme du handicap), ? Avoir la chance de connaître un franc-maçon qui saura orienter le profane. ?

Comment, sans être discriminatoire, intégrer cette notion de handicap quand le premier contact se fait « au hasard », afin de mieux orienter vers la Loge se réunissant dans un temple de proximité et accessible ? Une personne en situation de handicap peut elle se présenter en loge sans avoir prévenu, si une tenue l’intéresse ? (hors covid).

Autant de questions qui mériteraient que des commissions spécifiques voient le jour dans les obédiences et avancent concrètement sur ces questions, avec une mise à l’ordre du jour des congrès et convent sous la responsabilité des grands hospitaliers.

Avançons dans le temps. Le jour des initiations de Luc, Sarah et Sofiane est arrivé. Les sœurs et frères de l’atelier se sont tous mobilisés afin d accueillir dignement ces trois nouveaux maillons de qualité. Ils ont activé toutes les forces vives et fraternelles opératives, pour que les 3 voyages soient suffisamment symboliques et sécurisés. Les futurs frères et sœur font maintenant partie intégrante de l’atelier, les différences sont  invisibles et  leur entrée en franc-maçonnerie sera un  bon souvenir.

Le Vénérable Maître : qui va là ?

Le grand expert :  des  profanes  qui demandent l’entrée du temple.

Juliette Deboezen.

La librairie maçonnique en temps de covid : pleins feux sur Detrad

En cette période de pandémie actuelle, nous évoquons régulièrement différents secteurs d’activités tel que la restauration et la culture, tout en gardant une vision assez globale, parfois floue, de ces différents métiers, ainsi que des impacts réels qu’ils ont subis.
Aujourd’hui nous mettons en lumière le métier de libraire, direction la librairie Detrad, rue Cadet.


Laurent tu es employé à la librairie, pourrais-tu nous tisser un portrait de la situation de la librairie avant la pandémie ?

Si tracer un portrait idyllique serait abusif, néanmoins la librairie se portait plutôt bien. Malgré le développement du numérique et des grosses librairies en ligne qui ont évidemment rogné l’activité au fil du temps, nous restions (et restons) une force de conseil et d’orientation d’un lectorat que nous connaissons bien et qui nous accorde sa confiance. Nous avions également des marges de manœuvres financières suffisantes pour rechercher et proposer des titres intéressants, parfois inattendus, mais toujours de très bon niveau (voire pointus), qui permettaient d’enrichir le lecteur sur les marges et les franges de la culture maçonnique : Kabbale chrétienne, Hermétisme renaissant, philosophie, etc… ainsi qu’un vaste pan de littérature initiatique, d’ici et d’ailleurs… Ce qui a permis à de nombreux Frères et Sœurs de faire de belles découvertes ! Malheureusement, la baisse d’activité depuis le premier confinement nous a contraint à nous recentrer sur la littérature maçonnique pure, le « socle », disons, et tempérer notre esprit d’aventure !



Lors du premier confinement, les librairies ont dû fermer. Comment vous-êtes vous adaptés ?
Nous avons été contraints de fermer les boutiques « physiques » (Cadet et Puteaux) ; donc l’adaptation a plutôt consisté à répondre aux demandes de la clientèle qui se sont reportées sur le site detrad.com. Mais le conseil du libraire manquait ! Dès que la réouverture a été possible, ça a été un grand bol d’air pour tout le monde… Même si la situation a imposé une réduction des heures d’ouverture.

Detrad c’est aussi un centre de production de décors maçonniques, avez-vous poursuivi l’activité ? De manière différente ?
L’activité de fabrication de décors s’est poursuivie, mais au ralenti, avec une partie du personnel en chômage partiel. Nos collègues de l’atelier (l’occasion de rappeler que Detrad est le seul fabricant à réellement produire en France – en l’occurrence en Picardie, où l’aventure a commencé il y a environ quarante ans) se sont retrouvées à deux ou trois pour poursuivre à leur rythme la réalisation des décors.

Est-ce que internet et les outils numériques sont apparus comme des outils pouvant vous aider ?
Heureusement que notre site internet, avec son côté un peu artisanal, lui aussi, a permis de poursuivre au mieux l’activité au service des SS et FF. L’outil était bien connu des Maçons de province, d’Outre-mer et de l’étranger. Les habitants de la région parisienne ont pu le découvrir à leur tour !

Comment s’est passée la réouverture ?

Nous étions ravis de réouvrir… Seul souci : inconfort de la situation, crainte du virus (il y beaucoup de FF et SS assez âgés), et surtout fermeture partielle ou totale des locaux des grandes obédiences, la clientèle n’a pas forcément suivi autant que nous l’espérions. Mais nous étions, et demeurons, fidèles au poste.

Sens-tu une évolution dans le profil des clients fréquentant la librairie ?
Si la clientèle maçonnique reste la base inaltérable largement majoritaire, la situation nous a également permis de gagner une clientèle « profane » de quartier, avec un certain nombre de clients fidélisés par l’accueil (chaleureux et décontracté, comme on sait) et, je l’espère, la qualité de notre service. Nous ne faisons pas de « cliquer et collecter » ; en revanche, les commandes d’ouvrages font l’objet d’un suivi personnalisé attentif.



As-tu vu une modification dans la façon d’acheter des clients ? Paniers moins conséquents ou au contraire volonté de renouveler la bibliothèque épuisée pendant les confinements ?


Oui, certains ont pu être pris d’une fringale de lectures nouvelles à la sortie de ces temps carcéraux (il faut bien les qualifier !); d’autres au contraire se concentrent sur les « valeurs sures » de la littérature maçonnique, essentiellement pour des cadeaux aux candidats, nouveaux initiés ou « augmentés » de grade. Il faut aussi avoir à l’esprit que les maisons d’édition ont retardé la sortie d’un certain nombre de nouveaux titres, ce qui a pu ralentir certains achats.



Y a-t-il d’autres points que tu souhaites aborder que tu n’aurais pas eu l’occasion de développer dans les questions précédentes ?


Maintenant que l’horizon se dégage, mes SS et FF, prenez vos petits pieds et revenez faire un tour dans votre librairie préférée pour y rassembler à nouveau ce qui était épars : les membres jeunes et vieux, petits et grands, de notre Ordre bien-aimé !

Remerciements à Laurent et la patronne de Detrad Christine Ribes pour cette interview.

Les francs-maçons éprouvés par la crise sanitaire : « un désastre » pour ses 160 000 membres

Article de notre confrère le www.sudouest.fr

La franc-maçonnerie a été éprouvée par la crise sanitaire mais tente de rebondir avec notamment des rituels réinventés.

Avec une activité suspendue ou réduite, la franc-maçonnerie a été éprouvée par la crise sanitaire mais tente de rebondir avec ici des rituels réinventés, là une émission de radio, ou en s’interrogeant sur la société post-Covid. Trois confinements dont un avec fermeture totale des temples. Et un couvre-feu de plus de six mois. Voilà qui a fortement empêché les francs-maçons de se réunir en « tenues », ces rencontres rituelles et d’échanges à huis clos entre « frères » et « soeurs » d’une même loge qui sont l’essentiel de la vie maçonnique et ont lieu habituellement en soirée.

Depuis le début de la crise du Covid, « les loges maçonniques ont eu une activité contrariée », résume Georges Sérignac, grand maître du Grand Orient de France (GODF), principale obédience. Roger Dachez, historien de la franc-maçonnerie « va jusqu’à parler de « désastre »»…

Des effectifs en légère baisse

La crise sanitaire a eu un autre effet : les “initiations” – cérémonie lors de laquelle un nouveau franc-maçon est accueilli – ont pour partie été stoppées. Sylvianne (prénom modifié) en a fait les frais, elle qui devait être “initiée” dans une loge du GODF au printemps 2020. “On m’a dit que c’était un moment très fort, où un lien direct doit se créer avec les frères et soeurs de la loge. Ça ne peut se vivre qu’en leur présence”, dit-elle. L’horizon de septembre lui a été promis.

A cela s’ajoutent des décès dus au Covid parmi les plus âgés – la pyramide des âges étant assez supérieure à 50 ans en franc-maçonnerie. Si bien que les effectifs, en hausse ces dernières années, diminuent. Au GODF, plus grosse obédience avec quelque 55.000 membres, Georges Sérignac observe pour 2020 une “baisse d’1,8 %”, “pas très significative” selon lui “dès lors que les initiations vont probablement pouvoir avoir lieu cette année”. Idem à la GLDF (un peu moins de 34.000 membres), qui enregistre une perte de 600 membres, en raison du retard d’initiations. Des effectifs en baisse de “3 ou 4 %” mais beaucoup d’initiations en attente sont aussi constatés à la GLMF (5.300 membres).

“On n’a pas vu un départ important des loges, parce que l’économie est encore perfusée. Mais avec la fin des aides financières, on est en droit de craindre une désertion plus massive d’une certaine proportion de francs-maçons dans les prochaines années”, met en garde Roger Dachez. La cotisation peut atteindre 400 euros l’année. La visioconférence a permis de maintenir le lien. Ou de travailler des “planches” (exposés). Mais Georges Sérignac est catégorique : “à distance, ce n’est pas de la pensée franc-maçonne”. C’est plutôt “un cercle philosophique, citoyen, ou politique”. « Le rituel ne se met pas en visio. Une tenue, c’est un espace concret dans lequel tout le monde doit être en communion », abonde Georges Voileau (Droit Humain, 16.000 membres).

Un autre outil a permis “de continuer le travail”, affirme Elise Ovart Baratte, conseillère à la GLMF, à l’origine du lancement d’une émission hebdomadaire, “Pierres de touche”, sur RadioDelta, une webradio maçonnique. Chroniques, débats : 53 émissions ont été été diffusées à ce jour, faisant notamment participer des frères et soeurs de toutes obédiences. Enfin, la réflexion sur la société post-Covid anime plusieurs obédiences. Le GODF a produit un Livre blanc («Après ») sur de nombreux sujets – “dette Covid”, “libertés individuelles et collectives”, “repenser la solidarité”… La GLDF a intitulé le sien “Le futur de nos loges”.

“La crise nous pousse aussi à nous demander comment agir sur des enjeux concrets tels que les enjeux écologiques et environnementaux, la démocratie… “, souligne Edouard Habrant. “Les repères sont remis en cause mais les fondamentaux sont là », assure un “frère” à la GLDF à Lille, alias “Vordonis”, 66 ans.

Accéder à l’intégralité de l’article sur le site www.sudouest.fr

« Estivales Maçonniques en Pays de Luchon », le 17 juillet 2021 – L’Orchestre Mozart de Toulouse

« Estivales Maçonniques en Pays de Luchon », le 17 juillet 2021 – L’Orchestre Mozart de Toulouse

Dans ce véritable joyau qu’est le théâtre, dit à l’italienne et de style Napoléon III, de Luchon, samedi 17 juillet 2021, à 21h, vivez un moment inoubliable avec l’Orchestre Mozart de Toulouse !

  • Le cocktail dînatoire

À 19h30, venez au cocktail dînatoire en compagnie des auteurs, des conférenciers et des officiels. Avec la remise du blason des « Estivales Maçonniques » de Jean-Luc Leguay à Monsieur le Maire de Luchon, Monsieur Éric Azémar. Une agape fraternelle… dans le respect des règles sanitaires en vigueur en Haute-Garonne.

  • Le concert

À 21h, un événement majeur. Pour la première fois à Bagnères-de-Luchon, le concert sous la direction de Claude Roubichou. L’Orchestre Mozart de Toulouse (OMT) est un ensemble au répertoire très riche entre orchestre de chambre et orchestre symphonique. Un vrai patrimoine musical.

Cocktail + concert : 25 €

Réservation obligatoire auprès de l’Office du Tourisme de Luchon :

18, Allée d’Étigny – 31110 Bagnères-de-Luchon

Tél. 05 61 79 21 21

www.pyrenees31.com

BIENVENUE AU CŒUR DES PYRÉNÉES !

BIENVENUE AU CŒUR DE LA FRANC-MAÇONNERIE !

Les émotions ? Mais non voyons ! les Maçons sont des gens raisonnables !

C’est une expression que l’on entend souvent sur les colonnes « Un-e franc-maçon-ne doit savoir gérer ses émotions » ; et si on demande comment, la réponse « raisonnable » fuse : « Etre Maître de soi » ! Le problème c’est que ce n’est pas si simple !

La fraternité ? L’alpha et l’oméga de cette Voie maçonnique superbe qui est en train de prendre forme dans notre Franc-maçonnerie latine du XVIIIème siècle. Nous en sommes les bagagistes plus ou moins éclairés. Mais cela importe peu. Si nous ne portons pas le bagage, nous aurons failli et notre serment ne se révèlera que de paille !

Quel que soit notre voyage vers nous-même, il partira nécessairement de ma relation à l’autre : je l’aime ou/et je comprends ce qu’il dit ? Plus notre équipement sera partagé, plus nous avancerons sur ce beau chemin. Mais que portes-tu dans ton bagage quand tu es en tenue ? Cet article va pouvoir t’accompagner, je l’espère, sur le chemin de la fraternité, celui qui conduit à la Voie.

La raison ? Une affaire qui date !

Chaque jour ou presque, un article sur la raison !  C’est vrai que nous sommes dans le pays de Descartes ! Nous en sommes pétris. On dirait maintenant que nous en sommes «pétrifiés» avec la part belle réservée à l’économie et au déferlement des technologies dans tous les domaines. Il semble bien que nous passions à côté de l’essentiel, le développement qualitatif de l’Être.

Notons tout de même, qu’en plein XVIIIe, Voltaire affirmait qu’il sanglotait devant un beau coucher de soleil, et Jean-Jacques Rousseau rêvait de l’amour éperdu pour la Nouvelle Héloïse.

Si, en qualité de franc-maçons, nous sommes et restons des gardiens sourcilleux de l’approche rationnelle, nos textes, rituels et autres, ne sont-ils pas trop secs ? Ils ne nous incitent pas à nous laisser aller dans les pays enchantés de l’intuition, de l’imagination et des émotions.

Quelle place donnes-tu aux émotions, dans ton développement ?

L’affectif, cause perdue pour les Francs-Maçons ? Ce serait dramatique pour notre mouvement.

Depuis les travaux de Salovey et Mayer, en 1990, l’intelligence émotionnelle est pourtant aussi importante dans la réussite sociale que l’intellect et la raison ! Ils nous apprennent qu’elle est plus pertinente dans l’approche des problèmes humains, essentielle dans les échanges, omniprésente dans les relations entre nous.

Martin Seligman, chercheur en psychologie et professeur à l’Université de Pennsylvanie, distingue six valeurs multimillénaires et qui pourraient bien caractériser les sociétés humaines. Il s’agit de sagesse/connaissance, courage, humanité, justice, tempérance, transcendance. Il est intéressant de croiser ces valeurs purement humaines avec celles de la Voie maçonnique.

Au revoir le QI, bonjour le QE(Quotient émotionnel) !

N’oublions pas, avec les conclusions du père de la psychologie positive, Martin Seligman, dans ces années 90, que nos valeurs s’appuient sur un socle émotionnel !

D’ailleurs, la psychanalyse, et quoi que tu en penses, affirme que la raison n’est que rationalisme ; en vérité ce sont les désirs et les peurs qui mènent, en sourdine, la danse.

Conclusion : le développement du potentiel de l’Homme, passe autant, sinon plus, par son intelligence émotionnelle, que par sa rationalité.

Qu’est-ce à dire ? L’essentiel, ne serait-il pas d’acquérir la capacité de nommer ses propres émotions et d’identifier les émotions de l’autre ?

Témoignage d’un Frère handicapé

Je suis atteint d’une paraplégie incomplète depuis 1969. J’ai marché avec une canne basse pendant des années, puis deux cannes et je suis désormais en fauteuil roulant.

J’ai été initié en 1986 à la GLNF, au Rite écossais ancien et accepté. Je conserve de la cérémonie un très vif souvenir, comme tout maçon, mais aussi parce qu’à cette époque je marchais avec une canne. Les voyages ont été une véritable épreuve physique et deux frères ont dû me soutenir de bout en bout. J’ai vécu ces moments comme l’expression de la fraternité en actes.

Parvenu à la maîtrise, je suis passé dans un Orient voisin dans la loge mère de la GLNF dans la région. C’est là que j’ai fait mon parcours maçonnique en tant qu’officier. Second, puis Premier Surveillant, Vénérable Maître, Couvreur, Orateur. Le temple était situé en sous-sol. Lorsque j’ai accédé au vénéralat, j’ai pu garer ma voiture à proximité d’une entrée directe dans les locaux, de plain-pied.

En tant qu’officier marchant (premier, second) les déplacements avec une canne basse étaient difficiles mais réalisables sans trop de fatigue. Lorsque j’ai été élu Vénérable Maître, je pouvais encore monter à l’Orient sans aide.

La version du REAA que nous pratiquions impliquait parfois plusieurs montées et descente de l’Orient au cours d’une même tenue, ce que je réussissais encore à faire. Au cours de mon vénéralat, j’ai procédé à bon nombre d’élévations au grade de Maître et j’ai souvenir que le relèvement du nouveau Maître était assez acrobatique.

En 2004, j’ai rejoint le GOdF. A cette époque je marchais encore avec une canne. Le temple est situé sur deux niveaux. Le nouveau temple est de plain-pied, donnant sur un parking extérieur. Le temple ancien est à l’étage, il est désormais desservi par un fauteuil monte-escalier. Les toilettes du rez-de-chaussée ont été agrandies pour permettre l’accès en fauteuil roulant.

Avant les travaux d’aménagement, il est arrivé que les frères me portent à l’étage en fauteuil. Actuellement, lorsque j’arrive sur le parking, j’appelle les frères ou les sœurs présents, qui viennent m’aider à sortir et à déplier mon fauteuil roulant.

Sur le plan rituel, au fil des années, j’ai progressivement cessé de me lever pour me mettre à l’ordre et je demeure sur ma colonne pour présenter une planche.

Propos recueillis par Juliette DEBOEZEN