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Le tournant POLITIQUEMENT CORRECT de la Grande Loge Unie d’Angleterre

Les temps du changement sont là, et si certains sont bien décidés à y résister, d’autres cèdent à ses appels… Pour preuve, la Grande Loge Unie d’Angleterre, la toute puissance obédience, qui seule, se prétend capable de reconnaître les obédiences régulières de tous les pays, subit un bouleversement de certaines de ses pratiques ancestrales.

Le recrutement est désormais actif ; avec une grande campagne de séduction des jeunes qui est en cours, notamment dans les universités anglaises. Des stands sont ainsi tenus par des frères soucieux de rajeunir leurs effectifs, au sein des universités. Cela semble bel et bien nécessaire, quelques 150,000 membres ayant disparu au travers des dernières décennies. Restent actuellement 190.000 membres, dont l’âge moyen continue d’augmenterr.

La campagne de séduction des jeunes est accompagnée par une communication très intense sur tous les actions charitables de l’Ordre. Il semble que celle-ci porte ses fruits : d’après un sondage récent de l’Ordre, les moins de 35 ans ont désormais la meilleure opinion de la maçonnerie Anglaise, toutes les catégories d’âge confondues.

Mais à quel prix ? Afin de séduire les jeunes, d’autres changements ont été nécessaires : sont désormais invités à rejoindre les transgenres se reconnaissant comme hommes. De même, l’organisation passe beaucoup de temps à tenter de s’éloigner de l’image admise d’un club d’octogénaires blancs, même s’il est hors de question d’accepter les femmes. Ainsi, sont énergiquement invités toutes les « minorités » à candidater – musulmans, hindous et autres, ainsi que toutes les personnes de toutes les sensibilités ou identités.

Intérieur d’un Temple anglais (libre de droit)

Les dirigeants de la GLUA ont même écrit à une commission gouvernementale anglaise chargée de l’égalité dans la société, se plaignant de discriminations ! Cela fut suivi par la publication de pages entières dans les journaux, rejetant les vielles rumeurs sociales désobligeantes et stigmatisantes envers les francs-maçons. Ces communications eurent comme titre : « Enough is Enough », (c’est assez) une expression signifiant le ras-le-bol de l’obédience.

A été aussi publié le premier rapport public de l’histoire de l’obédience, qui permet à tout profane ou initié d’étudier en détail ses activités et ses finances. Du jamais vu, pour un Ordre qui, jusqu’à peu, se voulait plutôt conservateur et très discret. Ces changements ne se font pas sans opposition, certains refusant fondamentalement ce qu’il considère comme une politisation croissante, comme si le politiquement correct s’invitait désormais dans les loges.

Reste à connaître l’impact de ces mutations dans les autres Ordres réguliers des autres pays ; la GLNF suivra-t’elle un chemin similaire ?… Difficile d’imaginer cette fière obédience communiquer à outrance, en achetant des pages de journaux et en invitant les transgenres à la rejoindre.

C’est peut-être pour cette raison qu’il existe le GODF…

Un article très complet sur le virage politiquement correct de la GLUA (en anglais) est disponible sur le lien suivant : https://www.telegraph.co.uk/news/0/millennials-vegans-welcome-have-freemasons-gone-woke/

ESPAGNE : La persécution des Franc-maçons sous Franco

Article de GUILLERMO MARTINEZ de Publico.es

Le Centre Documentaire de la Mémoire Historique de Salamanque est le point central de la conservation de milliers de documents sur la dictature et ses responsables. Deux bâtiments abritent les archives et une bibliothèque qui ne cessent de croître grâce à ses acquisitions propres et aux dons privés, la dernière en date, la bibliothèque de Santiago Carrillo. (ancien secrétaire général du PC Espagnol)

Toute personne fichée par la police politique franquiste se trouve dans ces docuements. De Buenaventura Durruti à Francisco Franco lui-même, le fichier conserve les informations d’environ trois millions de personnes qui, au minimum, ont fait l’objet d’une enquête des policiers de l cette dictature. Témoins de cette période tragique ces fiches sont désormais consultées par les parents et amis des personnes concernées pour connaitre dans le passé. Ils veulent savoir ce qui est arrivé à leurs proches, qu’ils étaient, pour s’en souvenir. Ce lieu, le Centre documentaire de la mémoire historique (CDMH), à Salamanque, conserve l’histoire qui a secoué le XXe siècle espagnol. Ce fond documentaire comprend les saisies prises sur les insurgés pendant la guerre civile et la documentation judiciaire répressive, comme le Tribunal spécial pour la répression de la franc-maçonnerie et du communisme et le Tribunal de l’ordre public.

José Luis Hernández, sous-directeur des archives du CDMH, feuillete le fichier de la Causa General franquista. Ses doigts, habillés de minces gants de coton, glissent rapidement dans les tiroirs. « C’était un outil de répression de première ligne. Être inscrit sur la liste pouvait vous coûter la vie ou la saisie de vos biens » dit-il. Dans cette même salle se trouve également le fichier de l’épuration des chemins de fer qui a été menée à la fin du conflit et un autre plus spécial : celui des miliciens qui ont combattu dans le 5ème Régiment républicain. Là, il y a une fiche, sur la fiche une photographie et sur la photographie un nom qui attire le regard : Miguel Hernández.

« Nous conservons tous les documents de la « Causa General del franquismo », provenant des Archives Historiques Nationales (AHN), ils n’ont pas de rapport avec es procès proprement dits mais sont une véritable source d’informations, une opération gigantesque de la part du franquisme pour justifier le coup État militaire en 36. Il y a 4 000 cartons de doccuments », explique Hernández. Outre l’AHN, d’autres centres comme les Archives générales de l’administration (AGA) ont également envoyé une partie de leurs fonds à Salamanque : « C’est ainsi que nous recevons tout ce qui concerne le Tribunal national des affaires politiques,ainsi que ce qui concerne le Tribunal de l’ordre public », ajoute l’archiviste.

La Délégation Nationale des Affaires Spéciales, qui poursuivait la franc-maçonnerie et les organisations proches de la République, envoyait ce qui avait été réquisitionné à Salamanque

Des milliers de dossiers concernant les francs-maçons, (qui le seraient pour le régime franquiste), sont conservés dans des armoires en bois. D’un coté, un classeur vert avec les condamnés, et sur chaque étagère de tiroir, une barre avec des cadenas que le régime utilisait pour s’assurer qu’aucun document ne pourrait sortir. Le bâtiment, situé dans la Calle Gibraltar, est construit sur le mur d’origine pré-romaine qui entourait la ville. Dans les salles de conservation, des milliers de documents comme ceux provenant du Cabinet d’identification des cadavres, montrent des images particulièrement macabres de visages récemment assassinés, de part et d’autre. Ce n’est qu’une partie des archives.

C’est en 1937 que le futur dictateur décida de créer la première instance consacrée à la récupération de toutes les archives, de la propagande,des bibliothèques, des institutions, des partis politiques et syndicats partisans de la République, y compris de la franc-maçonnerie. Quelque temps plus tard, une délégation de l’État a été créée pour la récupération des documents, la saisie et la confiscation des biens. « Cette délégation nationale aux affaires spéciales, s’est notamment attaquée à la franc-maçonnerie et aux organisations liées à la République, et envoyait ce qui avait été réquisitionné à Salamanque », précise Manuel Melgar , le directeur du CDMH.

Le fichier de la répression
La Délégation Nationale des Services Documentaires était ensuite chargée d’organiser la documentation et de fournir toutes les informations enregistrées à Salamanque, aux différents organes répressifs de la dictature.  » Nous l’appelons le fichier de la répression, mais beaucoup de gens de la Phalange y figurent aussi. Ce que voulait le pouvoir, c’était de contrôler les gens afin de transmettre leurs données aux cours martiales, aux tribunaux chargés des affaires politiques et aux responsables de la répression. Il s’agissait d’un service documentaire efficace », poursuit Melgar. Le nom a été changé en Service documentaire, dépendant de la présidence du gouvernement, et a demeuré sous cette forme pendant la dictature. Après la Transition, en 1979, les fonds ont dépendu des Archives nationales où une section spécifique est créée : « Guerre Civile ».

Article intégral sur le site publico.es

ITALIE : UN COMPLOT le symbole, sur le logo arc en ciel de la Série A de foot , serait maçonnique!!!

Article de notre confrère giornalettismo.com

En réalité, cela ne change pas grand-chose (sinon l’arrière-plan, en fait) par rapport au logo le plus récent du championnat de football. Mais, à juste titre, la nouvelle ne fait que se répandre maintenant qu’on parle d’initiatives pro LGBT.

L’initiative de la Serie A a fait parler ces derniers jours évinçant les débats sur les autres championnats européens – en ajoutant un drapeau arc-en-ciel dans la dernière version son l’emblème. Certains ont évoqué une réaction, par rapport à la polémique qui a caractérisé les matchs des championnats d’Europe à Budapest, dans la Hongrie de Viktor Orban, qui a montré à plusieurs reprises un réel mépris pour les droits LGBT. Dans tous les cas, le logo de la Serie A a été modifié, acec ces éléménts arc en ciel en référence aux LGBT ce qui a entraîné une forte adhésion à cette campagne. Cette polémique serait donc finie? Pas du tout : lles souverainistes italiens s’opposent à cette décision et, par conséquent, des comparaisons ont immédiatement commencé – qui, comme nous le verrons, sont totalement fausses – entre Logo de la Serie A et la Franc-Maçonnerie.

Logo Serie A et Franc-Maçonnerie, une comparaison complotiste qui ne tient pas debout. Selon diverses informations polémistes liées à la droite ultra-conservatrice en Italie, il y aurait des similitudes évidentes entre le nouveau logo Serie A avec l’arc-en-ciel en arrière-plan et le symbole traditionnel qui distingue historiquement la franc – maçonnerie , fait de l’union de l’équerre et du compas.

Cependant, il faut noter que la Serie A n’a pas trop changé son logo par rapport à sa dernière version. Simplement, l’ancien arrière plan a été effacé pour être remplacé par le drapeau arc-en-ciel, le symbole distinctif de la communauté LGBT. Le logo avec le A en évidence et une sorte de pointe de diamant en bas (qui, selon les théoriciens du complot, rappelleraient le compas et l’équerre) remonte à 2019, lorsque la Serie A a décidé de refaire le look, faisant appel de l’agence Ragù Communication.

En clair, l’utilisation du lancement d’une campagne en faveur des droits LGBT – et la prétendue similitude entre le logo de la Serie A et le symbole de la franc-maçonnerie semble décidément n’être qu’un prétexte. Une tentative de délégitimation d’une campagne qui – étant donné l’importance du sport dans la société – est essentielle pour sensibiliser les amateurs de football à la grave discrimination dont sont victimes les membres de la communauté LGBT.

Lire l’intégralité sur le site de notre confrère giornalettismo.com

Ethique et Comics : le cas Batman

Il est toujours intéressant d’analyser les comics: on y découvre que les meilleurs personnages ne sont pas toujours, ceux que l’on croit.

Depuis ma plus tendre enfance, je suis un grand lecteur et consommateur des aventures de Batman, qui a fêté récemment ses 80 années de parution. J’en ai quelques mètres linéaires (ce qui fait ressembler ma bibliothèque à un repère de geek, si on les met en perspective avec ma collection de mangas).

Les aventures de Batman constituent un mythe contemporain, ancré dans l’inconscient populaire de l’Occident, au même titre que Tintin, Superman, Spirou, San Goku, Lara Croft ou les Bisounours.

Créées par Bob Kane et Bill Finger, les aventures de Batman racontent l’histoire d’un homme, le milliardaire Bruce Wayne. Ce dernier est hanté par le meurtre de ses parents, dont il a été témoin enfant. Depuis ce moment, il ne vit que par et pour la vengeance. C’est au nom de cette vengeance, qu’il arpente les toits de Gotham City sous le masque et l’armure de Batman et qu’il met des criminels hors d’état de nuire, en l’absence complète de mandat. Les aventures de Batman ont été écrites, dessinées par un certain nombre de scénaristes et de dessinateurs, des plus humbles aux plus illustres. Sous autant de plumes, il s’est développé un univers incroyablement riche et complexe. Et je ne parle pas des adaptations cinématographiques ou télévisées, des meilleures (celles de Tim Burton) aux pires (le Batman & Robin de 1997) ,sans compter la série et le long-métrage de 1967 avec feu Adam Sandler.

Batman pourrait sembler au premier abord être un héros à l’éthique conséquentialiste : un homme animé par un devoir de justice, soucieux d’éviter à d’autres de connaître la même tragédie que lui. Mais rien n’est moins vrai. Batman utilise les moyens des entreprises Wayne pour parvenir à ses fins, qui incluent la surveillance généralisée de la population (le projet Œil). Batman prétend agir pour la justice en se substituant à une autorité qu’il juge corrompue, à tort ou à raison selon les scénaristes et le cycle en cours. Mais, sa seule présence est choquante : l’un des fondements du droit et du maintien de la paix est que nul ne peut se substituer à la justice ni à la loi. Or que fait-il ? Il remplace les policiers, hors de toute procédure et de garantie de l’équité du droit. Certes, les « méchants » qu’il met sous les verrous le méritent peut-être. Mais le message passé, est qu’un homme peut se substituer à la loi et agir contre elle pour faire respecter la sienne.

Au fond, Batman ne fait qu’entretenir un système, dont il jouit particulièrement. En tant que Bruce Wayne, il pourrait utiliser ses moyens pour aider la police et la justice. Mais, au lieu de payer ses impôts et contribuer ainsi au bien commun, il préfère se déguiser en chauve-souris et risquer sa vie (et celle d’autrui), et finalement jouir de sa vengeance et de son désir au dépens de ses adversaires. Ce qui fait de lui un personnage sans éthique. L’anthropologue David Graeber le qualifiait volontiers de super-héros conservateur. En fait, Batman-Bruce Wayne est la déclinaison de l’anarcho-capitalisme : je suis riche au point que c’est mon super-pouvoir, j’ai les moyens que je veux, donc je fais régner ma loi et tant pis pour la communauté qui n’aura pas d’autre choix de m’obéir. Pas très éthique comme position, non ?

Mais au-delà des différents Batmen (Bruce Wayne, mais aussi Dick Grayson et Terry Mac Ginis), ce sont d’autres éléments qui m’intéressent.

Je n’évoquerai pas ici la Némésis de Batman, le fameux Joker. Un personnage aussi riche et complexe nécessite un peu plus de volume pour en prendre la mesure.

En fait, le personnage qui m’intéresse le plus est le Commissaire James Gordon. Ce dernier est le chef de la police de Gotham City. Flic aussi intègre qu’incorruptible (chose rare à Gotham City), il est le seul à avoir une éthique. Celle-ci est purement déontologique : le commissaire Gordon accomplit son devoir de policier, qui est de protéger et servir, même si ce devoir doit le mettre en danger. Mais le point intéressant est que même si le monde s’effondre autour de lui, James Gordon reste un flic, un bon flic. Le moment le plus poignant est dans Batman : Killing Joke d’Alan Moore. Dans cet épisode, James Gordon voit sa fille Barbara enlevée, violée et mutilée par le Joker et ses hommes. Lui-même est torturé par le Joker, qui veut démontrer qu’une mauvaise journée (un bad day) peut faire basculer le meilleur des hommes dans le mal et la folie. Si Batman, en voyant son ami ainsi traité devient fou de colère et est prêt à abattre le Joker une fois pour toutes, le commissaire Gordon l’enjoint de ne surtout pas le faire et de ne pas lui donner ce qu’il attend. Autrement dit, tel Job, le commissaire Gordon, humilié, bafoué, torturé reste ce qu’il est : un flic, un homme de devoir. Un homme, qui malgré tout ce qui peut lui arriver, reste fidèle à ce devoir.

En fin de compte, la force de James Gordon est bien supérieure à celle de Bruce Wayne. Quels que soient les traumatismes qu’il a pu subir depuis son arrivée à Gotham City, il reste un homme intègre et ne fuit pas son traumatisme ou ses blessures en se déguisant en Chevalier Noir. Son éthique est bien plus puissante que celle de Batman. En effet, Gordon renonce toujours à ses pulsions de vengeance ou de violence pour ne pas se mettre au niveau de ceux qu’il pourchasse. Ce renoncement pulsionnel en fait un véritable personnage éthique (ce qui est pour Freud et Lacan l’exacte définition de l’éthique). Batman, au contraire, est dévoré par sa pulsion de vengeance (qu’il présente comme désir de justice) et se ment à lui-même quand il prétend protéger les innocents.

A un certain degré de nos rites, il est beaucoup question de devoir, à accomplir parce qu’il est le Devoir et ce, quel que soit le prix à payer et sans garantie de réussite. Ainsi, parmi les criminels que le commissaire Gordon peut arrêter, combien s’en sortiront ? Ce pourrait être très décourageant (et en réalité, ça l’est), mais malgré cela, le commissaire Gordon reste sur sa ligne, son éthique : faire son devoir, et ne jamais en déroger.

Le personnage de James Gordon est ainsi l’exacte définition de l’éthique : modérer son action en renonçant à la satisfaction immédiate de nos pulsions. Celle-ci reste toujours dictée par son devoir : toujours rester du bon côté de la loi et veiller à ne pas passer à l’acte quand celui-ci n’est pas motivé par la déontologie du policier. Le devoir donne un cadre, dans lequel peut s’exercer la liberté de l’action. Si Gordon est en apparence lié par son engagement de flic, il est bien plus libre que Batman, prisonnier de ses pulsions et rendu hors-la-loi par ses choix. Le personnage de James Gordon est ainsi un bien meilleur franc-maçon (fût-il sans tablier) que Bruce Wayne et Batman réunis.

Je vous embrasse.

REPUBLIQUE TCHEQUE : Fondation d’une société secrète : les fainéants non autorisés…

De notre confrère Tchèque epochaplus.cz

Un tailleur de pierre anglais regarde un homme qui prétend être son pair . Pour s’assurer qu’il dit la vérité, il lui pose quelques questions. Si ces réponses lui donnent satisfaction, il le reconnaitra comme tel et le considérera comme son égal.

 » Connaissez-vous le nom du premier bâtisseur ? « lui demande t-il. « C’est l’apôtre Jean », lance le jeune homme sans réfléchir. Après quelques questions similaires, e tailleur de pierre découvre qu’il a affaire à un nouveau compagnon récemment formé au métier de tailleur de pierre.

Il vient de plus de la même région que lui et a fait son apprentissage de tailleur de pierre dans la même chantier de bâtisseurs. Il appartient donc vraiment à leur fraternité.

D’une loge de bâtisseur à une association spirituelle

« L’art de l’architecture s’est transmis de génération en génération et il était nécessaire d’empêcher les profanes non autorisés d’entrer dans la guilde », explique aujourd’hui l’auteur Michael Borovička. Les loges de tailleurs de pierre créent leurs salutations, la manière de serrer la main et les mots de reconnaissance.

La marque du tailleur de pierre est également importante. Le tailleur de pierre l’obtient juste après l’apprentissage et est également enregistré dans le livre d’accompagnement. Cette marque personnelle figure sur chaque pierre qui passe entre ses mains.

Nous rencontrons pour la première fois le terme lodge en 1278, mentionné dans un document sur la construction d’une abbaye anglaise à Vale Royal dans le Cheshire (éd.) En 1375, nous avons mention pour la première fois des francs-maçons dans les procès-verbaux de la réunion des guildes londoniennes (association fédérale médiévale de commerçants ou d’artisans).

Le passage de la franc maçonnerie opérative à spéculative, amenant la transformation de diverses confréries de tailleurs de pierre en une grande et forte organisation maçonnique, ne se produit qu’au début du XVIIIe siècle. À cette époque, ses membres comprenaient non seulement des bâtisseurs, mais aussi des personnes d’horizons différents qui travaillent pour leur élévation spirituelle.

Le Bâtisseur aime plaisanter

Le 24 juin 1717, quatre loges réunies dans la taverne de l’oie et du gril à Londres décident de fusionner. ils s’unissent pour que cette grande loge devienne le centre de l’Union.

Le premier Grand Maître de ce nouvel organisme, qui prendra le nom de Grande Loge, est Anthony Sayer (ca. 1672 – ca. 1742) dont on ne connaît presque rien.

Le troisième Grand Maître de la Loge, Jean Théophile Desaguliers (1683-1744), élu en 1719, devient une figure maçonnique majeure. D’origine Française, il a du fuir son son pays natal en raison de ses croyances Huguenot, il a obtenu deux doctorats en droit, mais son plus grand intérêt dans la vie est la physique.

Alors que dans la vie de tous les jours, il ressemble à un homme sérieux, en privé, il se révèle. « Versez le vin », dit-il aux domestiques lors d’une des réunions. Un liquide de qualité délie la langue de tout le monde, après un certain temps. Desaguliers se retrouve mis en avant. Il parle de différents sujets, il plaisante, et quand ça lui va, il chante. Parmi les francs-maçons, il porte régulièrement des toasts et des santés qui dureront des siècles après sa mort. « Il a fait un travail de transformation des guildes artisanales originales en véritables loges de francs-maçons, où il ne travaillait plus avec une pierre, mais avec un homme », écrit Borovička.

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Les CONSTITUTIONs D’ANDERSON

« Réécrivez l’ancienne constitution des loges pour nos besoins »,telle fût la demande du cinquième Grand Maître des francs-maçons au pasteur écossais James Anderson (1679-1739) en 1721. Anderson se met au travail et, bientôt, il présente une proposition de nouveaux statuts et règlements à la Commission maçonnique.

La Commission approuve sa proposition le 25 mars 1722. L’année suivante, celle-ci est publiée sous le titre Les Constitutions des Francs-Maçons et devient la base du fonctionnement de la franc-maçonnerie. « Un maçon est lié par une affiliation à un ordre et a le devoir d’obéir à la loi morale, s’il comprend correctement l’art, il ne sera jamais un athée stupide ou un libertin (libre-penseur) sans religion », dit le premier chapitre des statuts.

Selon la constitution, tout maçon doit également se conformer inconditionnellement aux lois du pays dans lequel il vit et aux autorités…

Lire l’article original sur epochaplus.cz

Protestation électorale

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le billet écrit par Jacques et dessiné par François

Seul 30% des français ont voté au premier tour et seul 35% au second. Il parait que les départements  les plus abstentionnistes,  comme la Seine St Denis,  sont ceux où la jeunesse l’emporte. Sachant que 78% des 19-30 ans se sont abstenus, peut- on transposer à la Franc-Maçonnerie ?  Selon les statistiques du Grand Orient de France,  30% des maçons ont plus de 65 ans. Faut-il en déduire que 70% des jeunes maçons ne seraient plus concernés par leur devoir républicain ? Et si l’abstention du peuple était un symbole d’opposition au gouvernement ? Et s’il  devenait urgent, comme le disait Bertolt Brecht : « de dissoudre le peuple » … faudrait-il cesser de recruter, en Franc-Maçonnerie républicaine ,  des profanes de moins de 65 ans ? JC

Save the date ! « Les Entretiens Pic de la Mirandole », samedi 6 novembre 2021

Save the date ! « Les Entretiens Pic de la Mirandole », samedi 6 novembre 2021

Initialement prévus en mars 2020 et reportés pour cause de crise sanitaire, nous vous invitons, dès maintenant, à réserver cette date. Le samedi 6 novembre, à 14h, en l’Hôtel de la Grande Loge de France 8, rue Puteaux Paris XVIIe, sous la haute bienveillance et en présence de Pierre-Marie Adam, Grand Maître de la GLDF et de Jean-Pierre Rollet, Grand Maître de la GLNF, se tiendront les premiers « Entretiens Pic de la Mirandole », dont le thème est « Temps des Hommes, Temps de la Nature ».

○ Pourquoi Jean Pic de la Mirandole (1463-1494) ?

Parce que celui qui se faisait aussi appeler Comte de la Concordia (la Concorde) fut l’un des hommes les plus célèbres par la précocité et l’étendue de son esprit.

Philosophe et théologien humaniste italien, Pic de la Mirandole étudia et synthétisa les principales doctrines philosophiques et religieuses connues à son époque, notamment le platonisme, l’aristotélisme, la scolastique. Il est le fondateur de la kabbale chrétienne.

Sources :

Grande Loge Nationale Française – Grande Loge de France

ESPAGNE : Une copie d’une pièce volée : le retour du Graal (maçonnique)

De notre confrère espagnol La Nueva Crónica

PATRIMOINE L’ermitage de Robledo de Omaña a été cambriolé en 2018, le chercheur, David Gustavo López, une pierre gravée d’une grande valeur symbolique a été emportée. Cette pièce est toujours disparue, mais l’école de tailleur de pierre de Cantería  a fait une copie et l’a déjà placée dans l’ermitage

Un des trop nombreux vols d’objet du patrimoine nous a emmené en 2018 à l’ ermitage privé à Robledo de Omaña , qui est abandonné, mais une pierre gravée précisément qui avait été la base d’un intéressant travail de recherche —et un livre postérieur— de David Gustavo López. Le chercheur inquiet expliquait,  » j’ai été frappé par un relief situé dans la clé de voûte de l’arc de la porte, bien qu’à ce moment-là je n’aie pu l’interpréter. Mais chez moi, avec les photographies prises et en étudiant le sujet en profondeur, j’ai constaté qu’il s’agissait d’un symbole maçonnique et d’une représentation du Graal ».

C’était l’époque où le Graal était dans l’air du temps, mais David Gustavo López n’est pas entré dans ce débat, mais plutôt dans l’explication des résultats. «L’important est qu’il s’agit d’un symbole maçonnique, qui a fait et fait encore partie de l’histoire, comme la lionne, et donc c’est un chapitre de plus, justement peu étudié car considéré comme tabou. Le Graal est autre chose, une relique quètée à travers les âges qui, si elle existe, ne nous est toujours pas connue. Différente est la littérature légendaire qui s’est créée autour d’elle et les rêves qu’elle a éveillés. Carl Gustav Jung a écrit à son sujet : « La légende du Graal a toujours été en contact avec les couches les plus profondes de la psyché humaine.

Cette découverte, non étudiée auparavant car seul Francisco de Cadenas avait écrit quelques lignes sur ce symbole et en le réduisant à « une sorte d’ornement », pourtant quelques mois plus tard, il a été volé. Le côté positif de ce vol est que les photos que David Gustavo López a prises et toute la documentation ont permis de réaliser une copie exacte qui a déjà été placée au même endroit que l’original dérobé.

L’association Pro Monumenta, dont David Gustavo López est le directeur, a annoncé la bonne nouvelle à travers une déclaration, dans laquelle il a expliqué comment la reconstitution du symbole a été possible. «Pro ​​​​Monumenta, grâce à son partenaire l’association Anselmo Reguera, a ensuite des démarches auprès de l’école de tailleurs de pierre communale Canteria, située à Puente Castro, et a obtenu que ladite école s’engage à faire une copie de la pierre volée, en prenant comme une référence une photographie de notre collègue David Gustavo López ».

Une reporduction a donc été réalisée et la pierre est déjà placée dans l’arc où se trouvait l’original. « Une fois la reproduction terminée, l’Ecole des tailleurs de pierre elle-même s’est chargée de placer la pierre à l’endroit où elle se trouvait, la clef de voûte de l’arc de la porte d’accès à l’ermitage, opération qui n’était pas du tout aisée puisque toutes les pierres de l’arc étaient elles délogées.’

Et une fois le symbole et la porte reconstitués, une autre partie de l’enquête menée par David Gustavo López se porta sur ce qu’il a appelé une curieuse orientation, qu’il a expliquée en présentant le livre précité : ‘ La Clé du Graal : L’énigme d’Omaña’: «Dans cette étrange orientation, il pourrait y avoir un point de connexion avec le supposé Saint Graal de San Isidoro. C’est presque certainement une coïncidence comme tant d’autres, qui se produisent dans les études d’archéo-astronomie. L’ermitage est orienté de telle manière que la ligne qui relie le relief de la clé de la gravure de la porte avec le point où le soleil apparaît le jour du solstice d’hiver nous donne la clé de l’endroit où se trouve le Graal . C’est la double clé qui m’a aidé à titrer le livre. Mais comment le prétendu Maçon qui a construit son temple dans cette partie reculée d’Omaña savait-il où se trouvait le Graal ?A ma conviction est qu’il s’égit d’une pure coïncidence. Mais c’est ainsi que naissent les mythes.

López insiste sur le fait que ce qu’il voulait, c’était poser plus de questions que donner des réponses.

L’école de tailleurs de pierre a également retrouvé une autre pierre manquante, dans l’arc de l’autel, et sur laquelle figurait la date de sa construction : 1723.

Et le dernier « côté positif » de cette histoire est que les propriétaires de l’ermitage ont été ravis d’apprendre cette histoire et ont manifesté leur intérêt à le restaurer.

Article original sur La Nueva Crónica

ITALIE : Un toast autour d’une bière

La franc-maçonnerie est née dans une taverne.
Pour les nobles de l’époque, c’était un passe-temps
singulier.

De notre confrère Giorgio Enrico Cavallo de cronacaqui.it

Un toast à la bière : La Franc – maçonnerie , la plus célèbre des sociétés secrètes de tous les temps, est née de cette façon. Ce baptême singulier fût donné par un groupe de gentilhomme anglais, désireux de faire quelque chose de novateur.. Et oui : la Franc – maçonnerie est née le 24 juin 1717, jour de la Saint-Jean-Baptiste, dans la taverne Goose and Gridiron (littéralement l’Oie et le Gril), près de la cathédrale Saint-Paul , sous le règne du roi Georges Ier.

Avec l’histoire du roi Salomon, des Templiers et autres belles légendes romanesques, les francs-maçons du XVIIIe siècle ont hérité du langage symbolique des loges médiévales, ainsi que l’art du secret et de l’entraide. Cependant, ils n’appartenaient pas à la « franc-maçonnerie opérative » du passé : dans leur grande majorité, les maçons des Lumières étaient nobles et, pour eux, rejoindre la nouvelle société était une sorte de passe-temps original, un divertissement pour briser la routine de leur quotidien. Pour le dire dans le langage technique de l’époque, ces messieurs avec l’argent constituaient les frères « acceptés ».

Au cours des XVIe et XVIIe siècles, les guildes et corporations médiévales étaient en crise, faute de liquidités et de membres. Cependant, elles avaient derrière elles une histoire prestigieuse, qui remontait à plusieurs siècles. En faire partie était devenu un privilège convoité. Ainsi, les corporations en crise ont ouvert leurs portes aux nobles pour résoudre leurs problèmes économiques et humains. Le symbolisme des anciens métiers est resté, mais un souffle de mystères de plus en plus grand entrait dans les loges, tout à fait étranger à l’art ancien des maîtres bâtisseurs de cathédrales, mais très cher aux gentilshommes désoeuvrés de l’époque. Ce sont selon toute probabilité ces Maçons spéculatifs qui ont introduit les philosophies subversives dans les loges : à l’intérieur d’elles, ils trouvèrent leur « deuxième maison ». Ils constituaient un groupe d’individus passionnés par l’occultisme, l’alchimie, le spiritisme et en lutte contre l’Église. Le 24 juin 1717, avec la création de la Grande Loge de Londres, un tournant important se produisit : les loges se réunirent sous une même entité, dotée d’une Constitution qui fût rapidement adoptée pour unifier la franc-maçonnerie européenne conformément au principe de fraternité et d’égalité inspirant la Révolution française.

Rapidement, malgré les excommunications répétées des papes, la Franc-maçonnerie devient un cercle incontournable à la mode pour la noblesse du Vieux Continent. Tous les nobles aux idées plus progressistes en faisaient partie et, pour des raisons politiques, même les têtes couronnées entrèrent dans les loges, toujours pour le plaisir, bien sûr. Comme le disait d’ailleurs, Marie-Antoinette, il n’y avait rien de mal dans la Franc-maçonnerie : « on mange, on boit et ceux qui mangent et boivent dans la joie ne conspirent pas ». La Révolution française, en 1789, désavoua la reine. Mais c’est une autre histoire.

Article source sur cronacaqui.it

La légende de la quête intérieure

Je m’apprêtais à sortir quand je suis tombé sur une phrase de Saint-Augustin : « Noli foras ire, in teipsum redi; in interiore homine habitat veritas. », « Ne t’en va pas au-dehors, rentre en toi-même ; c’est à l’intérieur de l’homme qu’habite la vérité ». La vérité ? Diable (que le saint me pardonne) savoir où habite la vérité, c’est tout de même quelque chose ! Depuis belle lurette je voulais la voir, la vérité, d’autant plus qu’elle est nue en sortant du puits, comme chacun sait. C’est sacrément engageant, non ? Merci Saint Augustin !

Bref, me voilà me recroquevillant, me rabougrissant, me minimisant, accomplissant des efforts considérables pour rentrer en moi-même. Je tenais absolument à trouver le puits, mettez-vous à ma place ! Mais se rapetisser n’est pas une mince affaire. C’est très douloureux, surtout au niveau du crâne. On se demande même si on va pouvoir garder ses pensées. Heureusement qu’elles n’étaient pas bien grandes ni très nombreuses, mes pensées…

Pourtant, il est absolument nécessaire de devenir tout petit petit car il n’y a pas beaucoup d’espace de libre à l’intérieur de soi. Sans compter que le cœur, ça fait un de ces boucans ! Tout assourdi je me rapprochai du poumon et là il y avait un courant d’air à vous plaquer contre les parois pour ne pas être expulsé. Il fallait s’accrocher aux petites aspérités comme un escaladeur de l’extrême.

J’arrivai, non sans mal, au plexus solaire pour observer le soleil de minuit qui ne s’y couche jamais. Quel spectacle ! On voyait arriver les émotions par trains entiers, les wagonnets les déchargeaient et elles se bronzaient quelque temps avant de repartir, toutes guillerettes, vibrant et se trémoussant avec une lascivité qui faisait penser que l’amour existe.

Mais toujours pas de puits.

Soudain je l’ai vue, la vérité. Mon cœur battait la chamade ; heureusement qu’il était loin. J’écarquillais les yeux, car c’était dans un espace en clair-obscur, qui me semblait très vaste, l’estomac sans doute. J’ai pu m’y étirer à mon aise avant d’accoutumer mes yeux à la pénombre. Elle était là sur la margelle, revêtue de la beauté d’Aphrodite, avec des seins de Vénus de Milo et des hanches pleines, comme celles des Grâces de jadis. Une vraie femme, me suis-je dit. Pas étonnant que la vérité soit courtisée ; avec un tel corps ! Elle s’approcha de moi, me prit la main et me regarda. À mon grand étonnement, elle avait des yeux totalement transparents. Approchant ses lèvres, elle m’embrassa alors d’un baiser profond et brûlant qui me fit chavirer d’un coup et je tombai dans le puits en n’écoutant que l’écho de mes cris.

Jean François Maury