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Interview du Grand Maître de la Grande Loge de Russie : « Nous ne régnons pas sur le monde ! »

De notre confrère Russe krasnodarmedia.su

Le Grand Maître de la Grande Loge de Russie a dissipé les mythes et a parlé de la réalité.
Pourquoi une organisation « fermée » fait-elle sa promotion sur les réseaux sociaux, mais n’admet pas de femmes dans ses rangs?

Récemment, les maçons du monde entier ont célébré la Saint Jean correspondant au solstice d’été – qui est l’une des fêtes les plus importantes de l’une des organisations les plus mystérieuses et les plus influentes et qui attire l’attention des observateurs depuis des siècles. Qui sont les francs-maçons aujourd’hui, quels secrets gardent-ils, comment sont-ils liés à la politique et pourquoi n’admettent-ils toujours pas les femmes dans leurs rangs ? Le Grand Maître de la Grande Loge de Russie Andrei Bogdanov a répondu à ces questions à la demande de KrasnodarMedia.

-Bonjour, Andrei Vladimirovitch! Que représente la franc-maçonnerie en Russie aujourd’hui ? Quel rôle y joue la Grande Loge de Russie ?

– La franc-maçonnerie russe est une représentation de la société russe. La Fraternité se compose de politiciens et d’hommes d’affaires, de scientifiques et de policiers, de chanteurs d’opéra et de militaires, d’étudiants et de retraités, de professeurs d’université et de membres du clergé. La Grande Loge de Russie est la seule obédience maçonnique régulière de la Fédération de Russie. La Grande Loge de Russie étend également sa juridiction aux pays où il n’y a pas encore de Grande Loge, mais où des Loges régulières fonctionnent déjà – puisque une Loge régulière ne peut pas exister en dehors d’une Grande Loge. Nous supervisons et aidons à développer les Loges régulières de Biélorussie et du Kirghizistan.

Глава Великой ложи России рассказала о современном масонстве
  • Pouvez-vous dire combien la Grande Loge de Russie regroupe de frères ? Combien de villes ont des loges maçonniques ?

-La Grande Loge de Russie compte actuellement plus de 1000 de ses membres dans toutes les villes de notre patrie de Kaliningrad à Vladivostok. Cependant, des Loges ne sont pas encore présentes dans toutes les grandes villes. En 2021, nous avons traversé l’Oural pour la première fois et créé des Loges permanentes à Novossibirsk et Tioumen.

Comment interagissez-vous avec la Grande Loge Unie d’Angleterre et d’autres organisations internationales ?

-La Grande Loge de Russie, que je dirige, appartient à la franc-maçonnerie régulière (on l’appelle aussi anglaise), qui remonte à 1717, après la création de la première Grande Loge en Angleterre. Chaque Grande Loge est indépendante dans ses activités, guidée uniquement par les les Landmarks de la maçonnerie traditionnelle. La Grande Loge Unie d’Angleterre est l’ancêtre de toutes les loges maçonniques, mais ne les dirige pas et ne donne d’instructions .

Глава Великой ложи России рассказала о современном масонстве

-Comment commenteriez-vous, la croyance persistante selon laquelle les francs-maçons font partie d’un « monde secret » censé gouverner le monde ?

-Je m’empresse de vous décevoir : nous ne gouvernons pas le monde, et de plus, les discussions sur la politique, comme les discussions sur la religion, sont interdites dans les travaux des Loges. Tout ce qui sépare les Frères doit être laissé à l’extérieur du Temple maçonnique. La tendance observée selon laquelle de nombreux politiciens éminents et membres des organes dirigeantseuropéens sont des maçons est plutôt un signe de la qualité de la société maçonnique, qui attire des personnes réfléchies et installées.

-Nous discutons avec vous le jour de la Saint-Jean, qui est considéré comme l’une des principales fêtes de la franc-maçonnerie. Parlez-nous de sa signification et de sa signification.

-La Saint-Jean, ou Jean d’été, est célébrée le jour le plus long de l’année et est dédiée au jour de Jean-Baptiste, né exactement six mois avant la naissance de Jésus-Christ. Ce jour-là, la diminution de la lumière commence, contrairement au solstice d’hiver, quand à Noël, la date de la naissance de Jésus-Christ selon le calendrier grégorien, la lumière commence à progresser : « Il doit grandir, mais je dois diminuer » (Evangile de Jean , chapitre 3, verset 30). Ce jour symbolise la plénitude de la lumière, et avec elle – la vérité, la paix et la créativité que nous nous efforçons d’atteindre. C’est ce même jour de 1717 que la première Grande Loge de Londres a été fondée.

Глава Великой ложи России рассказала о современном масонстве

Qu’est-ce que, en principe, les francs-maçons peuvent et ne peuvent pas dire aux laïcs ? Quels types de secrets sont conservés au sein de votre organisation ?

-Les noms et prénoms des Frères, ainsi que les mots de passe, mots sacrés, poignées de main et marques d’identification et autres attouchementq utilisés dans les travaux de la Loge doivent demeurés secrets. En même temps, un Franc-maçon a le droit de dire qu’il est lui-même Frranc-maçon. Mais, il doit respecter ses Frères et garder leur appartenance secrète, jusqu’à ce que ceux-ci eux-mêmes révèlent leur appartenance.

-La Franc-maçonnerie classique est connue pour sa passion pour la tradition. Pourquoi en a-t-elle besoin encore au 21e siècle? Exclure les femmes est-il encore pertinent?

– La tradition est une garantie de qualité de nos travaux, confirmée au cours du temps, qui distingue la franc-maçonnerie de nombreuses autres organisations publiques. La Fraternité maçonnique a survécu aux révolutions européennes, aux périodes de persécution et aux camps de concentration nazis. Nos traditions vivent encore et nous aident à construire notre Fraternité comme nos ancêtres l’ont fait au XVIIIe siècle. Pour la même raison, nous n’acceptons toujours pas les femmes. Avec tout le respect que je dois au genre féminin, la franc-maçonnerie régulière est un « club d’hommes » où les Frères peuvent parler de n’importe quel sujet (sauf politique et religion) dans le respect de tous. Cependant, il existe des organisations para-maçonniques de femmes, telles que l’East Star, où les femmes peuvent étudier la philosophie maçonnique dans une structure féminine.

Глава Великой ложи России рассказала о современном масонстве
  • Aujourd’hui, les francs-maçons sont présents sur divers sites Internet. La page VLR fonctionne sur Facebook (12+). Et récemment, votre frère Sergey Belyavsky a ouvert un compte sur Tik Tok (12+) . Pourquoi l’une des organisations les plus fermées au monde a-t-elle décidé de s’extérioriser d’une manière aussi voyante ?
  • – L’existence de la franc-maçonnerie depuis plusieurs siècles n’est pas un secret. Nous ne prétendons pas que nous avons cessé d’être une société secrète, car c’est effectivement ce que nous sommes, notre objectif est « rendre une personne de qualité encore meilleure », améliorer l’homme pour améliorer l’humanité.
  • -De quoi une personne a-t-elle besoin pour devenir franc-maçon et quels sont les frais d’adhésion dans votre organisation !
  • -Croire en un Dieu unique et à l’immortalité de l’âme, être du sexe masculin, avoir atteint l’âge de 21 ans, être libre et de bonnes mœurs, fidèle aux autorités du pays. Les frais d’adhésion s’élèvent en moyenne à 15 000 roubles par an (soit environ 175€), le montant exact dépend de sa respectable Loge.
  • -L’un des principaux objectifs déclarés de la franc-maçonnerie est la solidarité. Pouvez-vous nous parler de cet aspect de votre travail ?
  • -Nous essayons d’aider les pauvres et les nécessiteux. Une personne qui cherche être meilleure a besoin d’améliorer la vie de ceux qui l’entourent. Par conséquent, même pendant le coronavirus, le programme caritatif de la Grande Loge a continué. Les Frères de la respectable Loge « Araragat » №42 du nom de Vahagn Nazaryan, à l’est de Moscou, organise des événements caritatifs pour aider les enfants placés dans un orphelinat.
  • Les frères de la respectable Loge Phoenix n°16 organisent des actions de soutien scolaire auprès des enfants d’un orphelinat de la région de Moscou. Les enfants achètent tout ce dont ils ont besoin pour étudier d’après une liste qui leur est remise. A coté, la respectable Loge Phoenix n°16 organise des campagnes de collecte de dons de sang pour les hôpitaux de Moscou. Les frères de la respectable loge « Concorde » No. 53 à l’Est de Rostov-on-Don ont organisé un événement caritatif – ils ont donné 1 500 roses aux médecins des hôpitaux de Rostov-on-Don. Personnellement, au plus fort de la pandémie, j’ai livré à plusieurs reprises des colis alimentaires à des patients pauvres et âgés du service de soins infirmiers
  • de Poretsk à l’hôpital du district de Mozhaisk.
Андрей Богданво на встрече с принцом Эдвардом, герцогом Кентским, главой Объединённой великой ложи Англии
Andrei Bogdanov lors d’une rencontre avec le Prince Edward, duc de Kent, chef de la Grande Loge d’Angleterre Photo : facebook.com/GLofRussia
  • Pouvez-vous nous parler de la loge maçonnique à Krasnodar. Depuis combien d’années est-il en activité ? Combien y a-t-il de frères ?
  • -La respectable loge Delta No. 35 opère à Krasnodar, c’est une Loge importante, qui apporte la lumière dans le sud de la Russie depuis le 6 mars 2011. Il se compose de plus de deux douzaines de Frères. Avec la participation active des Frères du « Delta » le 1er août 2020, l’installation de la nouvelle respectable loge Hyperion » n°60 a eu lieu à Anapa.
  • Vous êtes un homme politique et un technocrate bien connu, dans le passé vous vous êtes présenté à la candidature de président de la Russie, vous avez été à l’origine de plusieurs partis. La franc-maçonnerie entrave-t-elle ou aide-t-elle vos activités ?
  • -Je ne peux pas dire que la franc-maçonnerie et l’activité politique se chevauchent vraiment.
  • -Votre collègue Sergueï Smirnov travaille dans l’administration présidentielle depuis plusieurs années. Y a-t-il d’autres maçons actifs et ayant fait partie du gouvernement fédéral actuel ?
  • -Dans les règles de la franc-maçonnerie, on ne donne jamais les noms des frères, sauf dans le cas où ils ont eux-mêmes pris l’initiative et annoncé publiquement leur initiation dans l’ordre des francs-maçons. Comme je l’ai déjà dit, la franc-maçonnerie représente un large échantillon de notre société. Il y a moins de maçons au gouvernement fédéral qu’on ne le croit généralement.

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Estivales Maçonniques en Pays de Luchon, 17 & 18 juillet 2021 – Demandez le programme !

Estivales Maçonniques en Pays de Luchon, les 17 & 18 juillet prochains, la suite… Des conférences, des tables rondes, des auteurs en dédicace, l’atelier d’enluminure de Jean-Luc Leguay, concepteur de l’affiche officielle des Estivales, une exposition d’art – peintures et sculptures -, l’Orchestre Mozart de Toulouse, etc.

Le 16 juin dernier, nous vous annoncions cette grande et belle manifestation post- confinement…

Désormais, vous pouvez prendre connaissance du programme !

Les organisateurs (Grande Loge Provinciale d’occitanes – GLNF -, l’Institut Toulousain d’Études Maçonniques (ITEM) – regroupant 12 obédiences – et la mairie de Luchon vous attendent aussi nombreux que des épis de blé. Une rencontre entièrement gratuite ouverte à toutes et à tous.

À très bientôt donc à Bagnères-de-Luchon, en occitan gascon Luishon ou Banhèras de Luishon, « reine des Pyrénées » depuis 1834 !

Singuliers pluriels

Dans les Traditions, le pluriel intervient de façon prépondérante dans le nombre de présents indispensables pour effectuer certains rituels : 7 francs-maçons  rendent une loge juste et parfaite. 10 hommes (miniam) attestent la suffisance d’un groupe d’hommes de bonnes mœurs pour pratiquer certaines prières, représentant un niveau de pureté suffisante. 36 justes est l’ouverture minimale de l’humanité à l’accueil du Messie.

Jusqu’environ 1726, la régularité d’une Loge dépendait à la fois d’une situation particulière et d’un quorum qualifié. Ainsi trouve-t-on, à la question  «qu’est-ce  qu’une  vraie  Loge  parfaite ?», différentes réponses dans les catéchismes traditionnels de l’époque (true prefect lodge) : Les statuts de 1670 de la loge d’Aberdeen prescrivent que les tenues aient lieu «au milieu des champs», et que les réceptions d’apprentis se fassent «dans l’ancienne loge des champs» sur une paroisse rurale des environs (Miller, Notes on the early history and records of the Lodge Aberdeen, 1 ter) ; à une journée de marche (de voyage) d’une localité, hors (de portée) de l’aboiement d’un chien ou du chant d’un coq (Manuscrit Édinburgh Register  House 1696) ; sur la plus haute colline ou la plus profonde vallée du monde,  hors (de portée) du chant d’un coq ou de l’aboiement d’un chien (Manuscrit Sloane 1700) ; sur les montagnes les plus hautes ou (dans) les vallées les plus profondes du monde (The Grand Mystery of Free-Masons Discovered 1724) ; le centre d’un cœur vrai (Manuscrit Graham 1726).

Le quorum, quant à lui, était le nombre exigé de maçons ayant divers degrés maçonniques. Les différences retrouvées dans les divulgations tiennent comptent d’une époque où il n’existait encore que deux degré, puis d’une graduation sur le qualificatif de la loge : simple, formée ou composée ; juste, composée ou gouvernée ; parfaite ou juste et parfaite. Le plus souvent comme aux RÉR, RF, REAA : – Qu’entendez-vous par une loge juste et parfaite ? –  Trois la forment, cinq la composent (ou l’éclairent) et sept la rendent juste et parfaite. Mais on trouve aussi : n’importe quel nombre impair de 3 à 13 (Graham) ; ou encore 5 compagnons et 7 apprentis (A Mason’s Confession).

Le Manuscrit d’Edimbourg, 1696, dans le dialogue d’allumage des Feux ou de consécration de Loge pratiqué par le REAA de l’Ordre du Royal Secret enseigne : «Le TIF Grand Orateur : Pour qu’une loge soit juste et parfaite, il faut sept Maîtres, cinq Apprentis entrés, à un jour de marche d’un bourg, là où on n’entend ni un chien aboyer, ni un coq chanter. T.P.S.G.C. Un nombre plus petit ne peut-il rendre une loge juste et parfaite ? Le TIF Grand Orateur : Oui, Très Puissant Souverain Grand Commandeur : Cinq Maîtres maçons et trois Apprentis entrés. T.P.S.G.C. Et à moins encore ? Le TIF Grand Orateur : Plus on est nombreux, plus on est joyeux, moins on est de convives, meilleure est la chère ![1]»

Des variations existent cependant sur les degrés de chacun de ces groupes : en quoi consistent-ils ? Trinity  College  (1711)  : Trois  maîtres,  deux Compagnons et  trois apprentis (8  membres)  A Masons ‘s Examination (1723) : Un maître, deux surveillants, quatre compagnons, cinq apprentis (12 membres). The Grand Mystery of Free-Masons Discover’d (1724) : Cinq ou sept droits et parfaits maçons (5 ou 7 membres). Graham MS (1726) : N’importe quel nombre impair de 3 à 13 ; l’explication est donnée : «à  la référence à la Trinité bénie, à la venue du Christ avec ses 12 apôtres». Willkinson MS (1726) : Un maître, deux surveillants, deux compagnons et deux apprentis (7 membres). Masonry Dissected (1730) et apparition d’un 3e Degrés structuré : Un maître, deux surveillants, deux compagnons et deux apprentis (7 membres). On remarquera qu’à l’approche d’un 3e Degré depuis 1724 le nombre de membres pour constituer une Loge Juste et Parfaite passe à 7 en maçonnerie anglaise. Rapporté en 1736 dans Cérémonies et coutumes religieuses de tous les peuples du monde: sept personnes, à savoir le maître, deux inspecteurs, deux frères et deux apprentis forment une loge2.

La Maçonnerie française reprendra les mêmes ingrédients.

Le Secret des Francs-Maçons (1742), Le catéchisme des Francs-Maçons (1744), L’Ordre des Francs-Maçons trahi (1745), le Sceau rompu (1745), La Désolation des entrepreneurs modernes du Temple de Jérusalem (1747), Le Nouveau catéchisme des Francs-Maçons (1747) indiquent : Le Grand-Maître, le premier et le second Surveillant, deux Compagnons et deux Apprentis (7 membres). Mais ici, nous avons la progression 3,5,7 : Trois la forment, cinq la composent et sept la rendent parfaite. Même chose avec Le recueil précieux de la Maçonnerie Adonhiramite de1786 (- Quels sont les trois Maçons de la Loge simple ?- Un Vénérable et deux Surveillants.- Quels sont les cinq de la juste ?- Ce sont les trois premiers et deux  Maîtres. – Quels sont enfin les sept qui rendent la Loge parfaite ? – Un Vénérable, deux Surveillants, deux Maîtres, un Compagnon et un Apprenti).

Au Rite Écossais Rectifié on retrouve les mêmes dispositions. Au Rite Français (1785-1786) qu’on retrouve dans Le Régulateur du Maçon de 1801, de même, au REAA, nous avons : – Trois la dirigent, cinq l’éclairent, sept la rendent juste et parfaite. -Expliquez cette réponse. – Les Trois sont le V\M\et les deux surveillants. Ces Officiers avec l’Orateur et le Secrétaire sont les cinq Lumières de la Loge. Mais il faut que Sept membres de la Loge, au moins, soient réunis pour pouvoir procéder à des Travaux réguliers. Dans cette nouvelle progression 3,5,7, les 5 qui éclairent et dirige la Loge sont invariablement des Maîtres, les deux autres membres sont donc 1 Apprenti et 1 Compagnon si l’on suit la logique des premiers catéchismes. Dans le Manuel du Vénérable des 6 premiers grades de l’Ordre Illustre de la Stricte Observance, p.104, il est écrit : «9 la rendent parfaite lorsqu’elle a été légalement constituée par la Grand Maître Provincial et que son Vénérable a été dûment installé».

En conclusion, s’il n’y a pas d’Apprentis ou de Compagnons sur les Colonnes, la Loge ne  peut être ouverte, même s’il y a 7 Maîtres. Par contre s’il y a 5 Maîtres, 1 Apprenti et 1 Compagnon, les Travaux peuvent être ouverts.

On retiendra, dans la définition d’une loge juste et parfaite, que l’exigence de la présence de sept (7) maçons est générale3.

Cependant, si un quota autorise les tenues en loge, l’isolement par lequel passent les impétrants est tout aussi indispensable en Franc-Maçonnerie : cabinet de réflexion, bandeau des ténèbres, et surtout silence de l’apprenti. La quête se fait à la fois par des méditations solitaires et à travers le groupe initiant. Les étapes de l’initiation font alterner des périodes appartenant à l’horizontalité (dans la recherche de savoir et de rencontres) et des périodes de verticalité où s’effectuent les transformations qui aboutissent à la connaissance.

Nous avons conscience de venir d’ailleurs et d’être poursuivis par cet ailleurs qui complète l’ensemble de nos références. L’initiation qui est un effort vers le haut, vers le Soi, vers un changement d’état, ne s’accomplit pas pour tous au même rythme, mais va faire interférer la modification avec les autres membres du groupe. Cela montre que l’homme n’est jamais un individu, il est le noyau d’un ensemble, celui du passé et celui du présent. La chaîne d’union, par le tissage des bras et des mains, nous fait vivre l’achronie dans le torrent de la réciprocité de la présence, unis par un lien ineffable. À la rupture de la chaîne, ne reste-t-il que  la  solitude ? Dans le voyage initiatique ou les 33 degrés de la sagesse, Christian Jacq nous répond : «Tu seras seul, mais pas isolé comme quelqu’un qui ne connaît rien d’autre que lui- même. Tu seras seul face au Principe. Seul, tout en étant habité par la communauté des hommes avec lesquels tu voyages sur le chemin de l’initiation».

Le symbolisme est l’instrument par excellence de l’intégration, de la rupture d’avec l’isolement. Il ne peut y avoir de solidarité qu’entre individus partageant un système symbolique qui rend possible un consensus sur le sens du monde. Le symbolisme est interprétation en reprenant au passé ce que d’autres avaient déjà sédimenté et en  l’embellissant par la spécificité de l’intuition de celui qui le complète. Cette recherche, de ce que nous sommes au plus profond de l’être, le moi dépouillé du vieil homme et re-né en Soi, requiert les autres mais aussi la solitude; solitude qui nous protège de tous les totalitarismes.

1 rudyard-kipling.fr/Textes-archives-edimbourg.html

2 p.252 : sur gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k1511257f/f301.item

3 p. 21,47, 77, 103, 134, 154, 160, 166sur : theeducator.ca/wp-content/uploads/2018/02/The- Early-Masonic-Catechisms-by-Harry-Carr.pdf

Illustration : sculpture de Nicola Rosini Di Santi


Historique des croyances sur l’acte sexuel et sa sacralisation

La sexualité du monde vivant en général est habituellement comprise comme la condition de la reproduction, nécessaire à la pérennité des espèces. Chez les êtres humains la sexualité a une dimension supplémentaire : un plaisir pour les profanes, une recherche ésotérique pour les initié-e-s.

Après l’exposé des motivations de cette réflexion qui était l’objet du premier article, dans cette deuxième partie nous aborderons :

  • Un récapitulatif non exhaustif des croyances et des avancées cognitives en rapport avec la sexualité
  • La place de la sexualité ésotérique dans les savoirs traditionnels,
  • La sexualité dans les conceptions « habituelles » de la démarche maçonnique

A – Récapitulatif non exhaustif des croyances et des avancées cognitives en rapport avec la sexualité

Ce récapitulatif a pour objet de visualiser l’évolution des différentes approches de la sexualité ésotérique :

  1. Croyances concernant les menstruations de la femme : synonymes d’impureté de la femme ; elles persistent encore aujourd’hui dans de nombreuses religions et traditions.
  2. 3ème millénaire avant JC : Mariage sacré ou hiérogamie à Sumer (Mésopotamie) (inspiration probable du Cantique des cantiques)
  3. Première description de l’impuissance : Egypte ancienne, papyrus de Kahun, 2000ans avant JC
  4. Conceptions sexuelles de l’Egypte antique : les Égyptiens pensaient que la moelle osseuse descendait de la colonne vertébrale vers les testicules et ressortait par le phallus sous la forme du sperme. La semence dans le corps de la femme formait alors les os de l’enfant, les humeurs féminines formant les chairs.
  5. -500 av. JC  – Chine – publication du Sou Nu King, traité taoïste de la sexualité : quand il s’agit de récupérer l’énergie yang de la jeune femme ;
  6. Début du Vème siècle av. JC, Grèce, Parménide : théorisation de l’origine de la « semence » ; elle est considérée comme masculine par l’hémato-genèse « Certains forment l’hypothèse que la semence de l’animal aussi est essentiellement l’écume du sang qui, sous l’effet de la chaleur naturelle du mâle et des secousses de l’accouplement, bouillonne, se change en écume et se répand dans les veines séminales. C’est la raison pour laquelle Diogène d’Apollonie veut que l’on ait donné le nom d’aphrodisia aux plaisirs d’Aphrodite ».
  7. Hippocrate au Ve siècle av. JC : description anatomique et première conception d’une origine maternelle et paternelle de la « semence » : « Tantôt la sécrétion de la femme est plus forte, tantôt plus faible ; il en est de même pour celle de l’homme. L’homme possède à la fois la semence femelle et la mâle ; la femme également » (De gen., VI, 1)
  8. Aristote (384 av. J.-C. -322 ) met en cause l’âme, ombre invisible dont le souffle (pneuma) anime le corps humain : l’érection du pénis est produite par de l’air sous pression ; la semence est d’origine sanguine et paternelle. (Il faudra attendre le XVIIème siècle pour retrouver une origine maternelle à la « semence »)
  9. Vers 300 ans av. JC  – Ancien testament – Genèse – Mythe de l’arbre de vie et du fruit défendu ;
  10. Vers 270 ans av. JC : Le cantique des cantiques ; inclus dans le Canon juif vers le Ier siècle ap. JC ; interprétation kabbalistique de l’amour sacré ;
  11. VIème siècle ap. JC premières traces du Shivaïme au Cachemire avec le  Vijnana Bhairava Tantra (tradition orale pouvant remonter à plusieurs milliers d’années) ; élaboration des 112 méditations tantriques  (dont 2 à connotation sexuelle) :  » L’acte érotique ne doit jamais s’achever par l’émission du sperme qu’il faut immobiliser » sinon le Yogi tombe dans la débauche, ce qui représente une régression beaucoup plus grave pour lui que pour un profane » (extrait de la « Voie du Yoga » par Jean Papin).
  12. VIIIème siècle ap. JC – Pérou – culture mochica du Pérou : céramiques « huacos érotiques » :  la sexualité « sans tabou » dans le contexte d’une recherche de l’immortalité.
  13. XVème siècle – civilisation inca : les « vierges du soleil », esclaves sexuelles de l’empereur inca.
  14. Léonard de Vinci, 1504, premier texte sur la physiologie vasculaire de l’érection (longtemps resté méconnu).
  15. 1585, Ambroise Paré précise l’anatomie et des mécanismes de l’érection ; décrit les troubles de l’érection : organiques, asthéniques, liés à l’hypogonadisme ainsi que le priapisme.
  16. XXème siècle : découverte de l’hormonologie permettant d’expliquer le cycle menstruel.
  17. 1948 : Alfred Kinsey, américain, (1894-1956), études sur le comportement sexuel féminin et masculin, description des réactions sexuelles physiques et psychologiques.
  18. 1968, William Masters (1915-2001), gynécologue, et Virginia Johnson (925-2013), psychologue : publications sur le comportement sexuel.
  19. Hélène Singer Kaplan (1929-1995) sexologue américaine – travaux sur le désir féminin avec la mise en évidence des trois phases : le désir, l’excitation et l’orgasme.
  20. 2000 – Rosemary Basson, actuellement professeure au département de psychiatrie et directrice du programme de médecine sexuelle de l’université de Colombie Britannique (Canada) conceptrice de la présentation circulaire des trois phases de la sexualité féminine (voir schéma ci-dessous).

B – La place de la sexualité ésotérique dans les savoirs traditionnels,

Dans les savoirs traditionnels, la sexualité ésotérique apparaît dans trois grandes catégories de situations :

  • Les mythes des communautés,
  • Les coutumes des cultures traditionnelles des communautés ; cela concerne tous les membres de la communauté,
  • Les pratiques initiatiques réservées à certains membres des communautés.

B1 – La sexualité dans les mythes

C’est un sujet qui mériterait de longs développements et la lectrice et le lecteur comprendront que je me limiterais à ne citer que quelques exemples. On distinguera ce qui appartient à l’histoire de la mythologie de ce qui existe dans les mythologies contemporaines.

1/ La sexualité dans les anciennes mythologies :

Dans la plupart des mythes, l’acte sexuel est magnifié pour symboliser la puissance, la richesse et la force. Dans cet acte sexuel symbolique, le phallus prend le rôle principal et le vagin se contente du rôle de réceptacle.

Ce symbolisme de la sexualité explique aussi les déviances orgiaques des fêtes rituelles ; elles ont toujours bénéficié d’une grande tolérance dans les différentes cultures du Monde même si certains discours religieux tentent de brider cette liberté reconnue aux peuples.

A tout seigneur, tout honneur, c’est à la mythologie grecque qu’il faut d’abord se référer pour comprendre cette relation particulière entre l’érotisme et l’ésotérisme.

Rappelons que dans son premier sens, l’ésotérisme désigne le processus qui permet de comprendre « de l’intérieur », et donc dans le cadre d’une initiation, les connaissances complexes voire cachées. 

La mythologie grecque nous donne la clé de la place de l’être humain face aux « Mystères » :

  • pour les profanes, les récits mythologiques donnent à voir une logique explicative de la vie avec ses interdits et le chemin à suivre pour éviter les dangers ;
  • pour l’initié(e) il existe un autre sens qui, s’il est compris, peut lui permettre d’accéder au « Royaume des Dieux » !

La place d’Eros dans la mythologie, dieu de l’Amour ou du désir amoureux, n’est pas univoque.  On retrouve dans le Banquet de Platon, avec ses sept éloges, différentes interprétations du rôle d’Eros et en particulier cette action de réunir les deux éléments de la parthénogenèse de l’être hermaphrodite initial.

L’érotisme ésotérique n’a naturellement rien à voir avec l’érotisme contemporain qui s’apparente plus à la pratique des jeux sexuels. La jouissance sexuelle, dans la mythologie grecque, on la retrouve plutôt avec Bacchus et la mise en valeur du phallus, c’est à dire du sexe masculin en érection.

Mircea Éliade affirme dans son article « Chasteté, sexualité et vie mystique chez les primitifs » (1952), que « la sexualité est considérée comme une force sacrée et par là même soumise à de nombreux tabous et réglementations diverses. »

On sait aussi que la sexualité influe sur le fonctionnement global de l’organisme et en particulier sur sa stabilité émotive et aussi sur le fonctionnement cérébral. L’insatisfaction sexuelle affecte les comportements : tristesse, mélancolie, irritabilité, violence, addictions,  pathologies chroniques, ont souvent une origine dans l’incapacité à vivre une sexualité épanouie.

Il est banal de rappeler que le plaisir sexuel et l’orgasme qui l’accompagne, quand il est vécu, correspondent au summum des sensations éprouvées par les êtres humains ; mais chacun sait aussi que ce plaisir sexuel ne s’éprouve pas systématiquement à l’occasion de chaque acte sexuel ; dans ces conditions, il est compréhensible qu’à toutes les époques, dans toutes les cultures, la sexualité ait été magnifiée dans l’espace sacré et que la quête du sacré a inévitablement intégré une composante érotique. Il y aurait aussi beaucoup à dire sur ce miroir que représente la sexualité pour celle ou celui qui veut se connaître, mais que bien souvent on n’ose pas regarder, tellement il pourrait être « destructeur » de « légendes ».

« La Bible et les textes talmudiques et midrachiques décrivent la relation entre Dieu et le peuple juif – désigné parfois comme Communauté d’Israël – comme une relation respective entre mari et femme. » (Moshé Idel)

2/ La sexualité dans les mythologies contemporaines :

Les mythologies contemporaines concernent essentiellement :

  • Les « grandes » et « petites » religions pratiquées : Certaines en donnent un contenu explicite (comme par exemple l’islam qui propose une sexualité « expansive » au paradis), d’autres se cantonnent à une allusion symbolique (comme la religion catholique avec le contenu ambivalent du symbole de la rose). Le bouddhisme est une des rares religions qui développe le mythe de la perversité de l’acte sexuel.
  • La culture animiste de certaines populations : le contenu symbolique de la sexualité est souvent vécu dans le cadre de cérémonies rituelles destinées à produire un état de transe où l’acte sexuel a une dimension initiatique.
  • Les populations des sociétés occidentales dans leur rapport avec l’irrationnel :
    • Le mythe du pouvoir phallique masculin ; la capacité d’être en érection signe le statut du mâle ! La femme, femelle, est souvent réduite à la soumission au mâle.
    • Le mythe de l’hétérosexualité : la raison d’être de l’hétérosexualité, c’est la reproduction de l’espèce.

B2 – La sexualité dans les coutumes traditionnelles

Elle s’explique par des croyances communautaires qui lui font jour un rôle dans ce que l’on pourrait comprendre comme la recherche d’une « harmonie » dans la communauté. 

Un exemple parmi d’autres peut illustrer ce thème :  la pratique du « nettoyage sexuel » au Malawi ; ce « nettoyage sexuel » consiste à l’obligation sociale d’avoir recours à un rapport sexuel dans certaines situations avec un homme de l’ethnie pour qui c’est la fonction rituelle. cf https://www.bbc.com/afrique/36901061

B3 – La sexualité comme élément d’une démarche initiatique

Chacun sait qu’il n’y a pas qu’une démarche initiatique ; les nombreuses variantes témoignent de leurs spécificités.  Il est normal que la sexualité ésotérique se décline différemment.

C’est dans le rite de passage de l’adolescence au stade adulte que la sexualité prend une place primordiale (voir à ce sujet le chapitre « Rites de passage et sexualité », dans l’ouvrage de Charles-Henry Pradelles de Latour, « Victime-Agresseur ». Tome 2 – 2002). Dans certaines peuplades, la « féminisation » de l’impétrant (c’est-à-dire sa réduction à un rôle sexuel passif) constituait un premier stade de l’initiation qui pouvait s’accompagner d’une pénétration anale par le ou les maîtres initiateurs.

Dans les rites d’appartenance à une corporation, la sexualité peut avoir une connotation d’épreuve sacrificielle comme dans le viol « initiatique », que l’on retrouve dans certains bizutages.

Les rites de chefferie mettent en exergue la force initiatique qui a naturellement une déclinaison dans la « force » sexuelle.

Les rites de sacralisation : on en voit une illustration dans l’érotisme mystique et le « pur amour ».  

C – La sexualité dans les conceptions « habituelles » de la démarche maçonnique : un sujet tabou ?

C’est un sujet pratiquement inexploré par les auteurs maçonniques et on pourrait croire qu’il n’en est pas question dans la démarche maçonnique. Celle-ci rentre dans le cadre des démarches ésotériques communautaires utilisant un rituel d’appartenance.  La communauté maçonnique (en l’occurrence la loge et plus largement l’ordre maçonnique) a vocation à former des initiés capables de comprendre « les mystères ».

Si on admet que tout ce qui touche à la sexualité rentre dans la catégorie des « mystères » et que le propre des « mystères » se trouve dans la difficulté de les appréhender, on comprend que la sexualité fasse partie de « l’innommable » l

Pour approcher la place de la sexualité dans la démarche initiatique maçonnique, la connaissance du langage symbolique est la clé indispensable.

C1 – De quelques symboles à connotation sexuelle 

On pourrait presque remarquer que tous les symboles ont une connotation sexuelle mais certains sont beaucoup plus utilisés et compris dans cette approche :

La grenade : La grenade était un fruit sacré pour les Assyriens. La déesse de l’Amour, Ishtar, est parfois représentée avec une grenade à la main. Le fruit était censé attirer le regard des hommes sur les jeunes filles qui en consommaient le jus en invoquant la déesse. La grenade symbolise la Force sexuelle, mais aussi la résurrection.

La pomme :   Elle est devenue le symbole biblique de l’objet interdit offert par une femme, Eve, à un homme, Adam, avec la conséquence de son bannissement de l’Eden.

La rose : C’est le symbole de l’amour et aussi du vagin.

Les symboles phalliques : ils sont très nombreux et parmi eux on retrouve en loge :

– L’épée

– Les colonnes

– Le pilier Djed

– Le bâton du compagnon

– L’iris (le lys héraldique)

La ceinture : symbolisme en relation avec la croyance ancienne que l’énergie sexuelle provenait des lombes ; pour la femme, la ceinture symbolise aussi la virginité.

La clef, symbole du clitoris : Le Talmud dit des petites lèvres qu’elles sont la porte dont les grosses lèvres sont les montants et le clitoris la clé.

Le fruit du myrte, consacré à Vénus : les Grecs y voyaient une image du clitoris.

Le labrys en grec signifie «double hache». Arme ou outil, elle appartient aux peuples des Amazones . Dans la mythologie grecque et romaine, il est associé aux amazones, ainsi qu’à diverses déesses comme Laphria, Artémis et Déméter. Dans les années 1970, les personnes lesbiennes l’ont adopté comme un symbole représentant le féminisme lesbien. Il n’est pas inintéressant de noter que labrys et labyrinthe ont une parenté étymologique et aussi symbolique.

La licorne : Dans la mythologie gaélique et écossaise, la licorne symbolise l’innocence, le pouvoir de guérison, la joie et la vie. Animal mystique, il est également un symbole de virilité et de puissance. Rappelons que ce symbole a été incorporé au symbolisme maçonnique

C2 : La sexualité en franc-maçonnerie avec la Bible, la Kabbale et l’Occultisme : l’androgynie et le pouvoir phallique.

Si la sexualité en franc-maçonnerie est encore aujourd’hui innommée, on retrouve sa trace à partir des sources qui inspirèrent la démarche maçonnique ; ce sont d’abord la Bible et secondairement la kabbale et l’occultisme.

Ces apports traditionnels convergent pour donner différentes lectures, conscientes ou non, du mythe de l’androgyne !

Il est clair que dans l’inconscient collectif de certains francs-maçon-ne-s d’aujourd’hui, ce mythe perdure ; en particulier, on pourrait retrouver son influence dans la « bizarrerie » d’imposer la règle du genre masculin « neutre » ! Cette aberration lexicale semble adoptée par la « pesanteur sociologique » des différentes obédiences au prix d’un déni de la féminité !

Mais ce mythe de l’androgynie n’est pas exclusif ; le mythe du Héros qui, lui, est par essence une expression du mythe du pouvoir phallique, inspire largement une interprétation ancienne de la démarche maçonnique ; elle est encore bien vivace dans certaines loges et obédiences en particulier celles qui refusent la mixité.

Dans un troisième article, je vous proposerai une conceptualisation contemporaine de l’érotisme ésotérique pour l’initié-e.


Pour aller plus loin :

  • L’érotisme maternel et son sens aujourd’hui, par JULIA KRISTEVA , 2017, Editions « Les Rencontres Philosophiques de Monaco »
  • Eve Eros Elohim, La femme, l’érotisme, le sacré, par Patrick Houque, Editions Denoël – Gonthier
  • Les sexualités initiatiques – LA RÉVOLUTION SEXUELLE N’A PAS EU LIEU
    • Auteurs : Thierry Goguel d’Allondans
    • Editeur Belin
    • COLLECTION : Nouveaux Mondes (Collection dirigée par David Le Breton)
  • LA BIBLE DE LA SEXUALITÉ SACRÉE
    • Auteur : Cassandra Lorius
    • Editeur : Tredaniel Bible… 2 Mars 2012
  • Amour et la sexualité dans la bible
    • Auteur : Pierre Debergé
    • Editions : Nouvelle Cite Racines 15 Septembre 2001
  • Le mythe de la virilité. Un piège pour les 2 sexes,
    • Auteur : Olivia Gazalé
    • Editions : Robert Laffont, 2017
  • Sexualités bouddhiques – entre désirs et réalités
    • Auteur : Bernard Faure
    • Editions du Rocher – 1994
  • Homosexualité et initiation chez les peuples indo-européens
    • Auteur : Bernard Sergent
    • Editions Payot – 1996
  • L’érotique de la kabbale
    • Auteur : Georg Nordekhai Langer
    • Traduit de l’allemand –1992
    • Editions Solin
  • Les pratiques érotiques des grands mystiques

Don Juan l’initié – III

LES DÉFIS DE L’HOMME

Il n’y a pas de liberté en soi, il n’y a de liberté qu’en être.

La liberté à l’égard de la mort est libération de la vie

En quoi la mort donne-t-elle un sens à la vie ?

Montaigne apporte une première réponse, c’est celle de la liberté. Il perçoit que la liberté est d’abord libération ; et, qu’en ce sens, elle ne peut être adhésion, mais refus : la liberté ne s’apprend pas, c’est la servitude qui se dés-apprend.

Il entrevoit ensuite qu’elle est une intention : elle se prémédite.

Il pressent enfin, bien avant Don Juan, le lien intime et étroit qui l’unit dans ce qu’elle a d’absolu à l’absolu de la mort. Et il infère, perspicace : « Le but de nostre carriere, c’est la mort, c’est l’object necessaire de nostre visée : si elle nous effraye, comme est il possible d’aller un pas en avant, sans fiebvre ? Le remede du vulgaire c’est de n’y pas penser. Mais de quelle brutale stupidité luy peut venir un si grossier aveuglement »[1] ?

Ne craignons pas la mort : la peur de la voir nous empêche de vivre ; la voir au contraire nous donne envie de mieux vivre et de nous réaliser dans l’existence.

Ce n’est pas la mort qu’il faut tuer, mais notre peur. La peur qu’elle inspire : elle s’insinue et s’installe au tréfonds de nous.

La boutade de Marc Dugain, si vraie ! tourne en dérision la phobie du trépas : « En théorie, je pense qu’on a tort de craindre la mort parce qu’on a été mort très longtemps avant de naître et qu’on n’en garde pas, a priori, de très mauvais souvenirs[2]. »

Montaigne insiste : « Aprenons à le soutenir de pied ferme [l’ennemy qu’est la mort], et à le combattre. Et pour commencer à luy oster son plus grand advantage contre nous, prenons voye toute contraire à la commune. Ostons luy l’estrangeté, pratiquons le, accoustumons le, n’ayons rien si souvent en la teste que la mort. […] Il est incertain où la mort nous attende, attendons-la partout. La premeditation de la mort est premeditation de la liberté. Qui a appris à mourir, il a desapris à servir. Le sçavoir mourir nous afranchit de toute subjection et contrainte[3] » ; car sans risque de mourir, il n’est pas de liberté à vivre : vouloir vivre libre, c’est donc pouvoir se libérer de la mort.

Une liberté relative

Si la liberté absolue peut être posée, elle ne peut pas être vécue. Ne serait-ce que parce que les autres nous rappellent à leur liberté en circonscrivant la nôtre.

Même Don Juan met un terme à sa liberté absolue pour ne pas mettre un terme absolu à sa vie : « Bien lointaine est votre échéance[4] ! », répète-t-il à longueur de temps. Il louvoie sans cesse. Ainsi rend-il inopérante la justice des hommes. Et il ne reste plus que la justice de Dieu à lui opposer.

Tous ceux qui ont sacrifié leur existence, et surtout celles des autres, pour un absolu qui n’existe pas, se sont pris pour des êtres absolus, tels les dieux antiques qui ont l’éternité devant eux : Hitler avec sa réécriture d’une histoire qui exaltait la race aryenne, Mussolini avec la réécriture d’une histoire qui prônait les ligues et les faisceaux des légions de l’empire romain, Staline et l’avènement du prolétaire ouvrier qui, à la suite d’Hegel et de Marx, devait signer, avec la clôture de l’Histoire, la fin des temps…

Mais, les hommes que nous sommes sont des êtres relatifs, finis et imparfaits qui n’ont que le temps de leur vie pour comprendre qu’ils sont de passage sur cette terre. Il n’y a pas de liberté en soi, il n’y a de liberté qu’en être. Poser une liberté absolue en-dehors de l’être qui la porte n’aurait pas de sens. Que signifierait, en effet, une liberté désincarnée ?

Il lui faut un support : il n’y a pas de liberté sans corps.

Une liberté en temps et en lieu

L’homme est un être fini, déterminé, relatif – et Don Juan l’a oublié. S’il est le support de sa liberté alors, par construction, sa liberté est relative, comme lui. Elle est d’abord relative à lui, à ce qu’il est (en tant qu’être) ; elle est aussi relative aux autres (qui sont comme lui). D’ailleurs, dans un contexte social, toute liberté individuelle de l’homme est limitée par la liberté collective de ses semblables. Il ne s’agit pas simplement d’un principe constitutionnel, mais de la loi du groupe qui rejette systématiquement celui qui refuse aux autres (en l’occurrence la liberté) ce qu’il s’accorde à lui-même.

La liberté de Don Juan se heurte ainsi aux contraintes des autres et de leurs transcendances. Elle n’est pas le droit de se permettre de tout faire : ce serait être liberticide envers ses congénères. C’est au contraire le devoir de permettre à chacun de se faire ; car il ne peut y avoir de liberté pour soi sans autoriser autrui à bénéficier des mêmes droits.

Mais, s’il faut s’inquiéter des autres pour savoir jusqu’où nous pouvons exercer notre liberté, c’est-à-dire si elle est bordée, bornée, encadrée dans des limites… existe-t-elle encore ? Faut-il conclure que la liberté n’est jamais infinie, mais aussi finie que l’homme qui la revendique ? D’ailleurs, elle s’arrête avec la mort, et Don Juan nous le prouve.

En conclusion, relative à soi (limitée à son existence) et aux autres (limitée par leurs existences), il n’y a de liberté qu’en situation. Et c’est d’autant plus vrai qu’il n’est pas possible d’exercer sa liberté en tout lieu et en tout temps ; car il est évident qu’en prison (lieu) et sous un régime dictatorial (temps), l’homme est sous contrainte.

Les espaces de liberté

Il nous faut donc l’admettre : nous ne sommes pas totalement libres. Notre condition fait que notre liberté est conditionnelle, par nature.

Nous constatons d’abord que notre espace de liberté est considérablement réduit par l’environnement dans lequel il s’inscrit. Le droit de cité – qui définit la citoyenneté – le soumet à des contraintes éducatives, professionnelles, économiques, politiques et, plus généralement, sociales qui restreignent sa portée ; si bien que nous pourrions nous demander si elle a toujours quelque sens ! Circonscrite à un cercle de relations (qui la conditionne – ce sont les espaces de liberté des autres), elle a son rayon d’action (celui de l’homme parmiles autres).

Mais, si la liberté de la mort, telle que la conçoit Montaigne, n’apporte rien à l’homme, où va-t-il trouver sa liberté de vie ?

Récapitulons.

Il va d’abord la trouver dans l’acceptation de sa condition : c’est un être fini, sa liberté l’est aussi, elle a son espace.

Ensuite, c’est un être relatif, sa liberté l’est aussi (par rapport à celle des autres), elle a son cercle de relations (avec eux).

Enfin, c’est un être d’action, sa liberté doit être, elle aussi, agissante : une liberté qui n’aurait aucun champ où s’appliquer porterait-elle encore le nom de liberté ? Elle a son rayon d’action.

La liberté de vie, pour l’homme, est donc une liberté finie, relative et agissante.

Le rayon d’action de la liberté

Enfermée dans un espace qui la restreint, dans un cercle qui la circonscrit et pour un rayon qui la limite, elle conduirait l’homme qui voudrait vivre comme Don Juan soit à la folie, soit à des conciliations, soit au renoncement : au mieux, serait-il contraint à toutes les compromissions (comme le Dom Juan de Molière avec son  hypocrisie[5]), à la ruse et au déguisement (comme le Don Giovanni de Mozart[6]) et probablement à l’abandon de sa propre liberté dans une fin de vie recluse (comme le Don Miguel de Maraña de Prosper Mérimée[7])…

Alors, y a-t-il une autre solution ?

Oui. Il suffit de mettre bon ordre dans son espace de vie, de l’organiser à l’intérieur de son cercle de relations et de donner une orientation, un sens à son rayon d’action. Il faut donc s’aménager de petits espaces de liberté pour se les approprier et les vivre au quotidien.

Comment ?

En appliquant d’abord sa liberté au seul bien sur lequel il peut avoir une action – comme le disait Épictète – ; c’est-à-dire à « ce qui dépend de lui[8] ».

Et qu’est-ce qui dépend de lui ?

D’abord, la liberté de penser (réfléchir, méditer).

Ensuite, en l’appliquant à ce qui dépend des autres : la liberté d’expression (parler, revendiquer).

Enfin, en l’appliquant à ce qui dépend de lui et des autres : la liberté de réunion (s’associer, se solidariser) et la liberté d’action (manifester, refuser).

Nous avons ainsi ouvert notre espace de liberté à tout le champ de notre vie. Hommes relatifs au quotidien, loin de ces êtres absolus qui se veulent et se croient totalement libres, nous avons troqué cette fausse liberté absolue pour un absolu de liberté (la volonté d’y croire et de la défendre, coûte que coûte).

Dès lors, peut-être faudrait-il renoncer à tout idéal de liberté absolue et se contenter de ces petites libertés, non plus seulement relatives aux autres, mais relatives à nous aussi, tout simplement ? Serait-ce parce qu’une liberté absolue ne peut jamais être qu’il ne faudrait pas toujours chercher à se libérer ? Et plutôt que de vouloir conquérir un monde de liberté, pourquoi ne pas se contenter d’en occuper les petits espaces ordinaires ?

Vivons donc notre vie dans les espaces et les temps qui nous sont donnés, en affirmant notre liberté, par droit mais surtout par devoir.

Pierre PELLE LE CROISA,

le 23 mai 2021


[1] MONTAIGNE, Essais, livre premier, ch. XX, p. 96 (éd. N.R.F., Bibliothèque de la Pléïade, Paris, 1939).

[2] DUGAIN M., En bas, les nuages, p. 263-264 (éd. Gallimard, coll. Folio, Paris, 2010).

[3] MONTAIGNE, Essais, livre premier, ch. XX, op. cit., p. 99.

[4] MOLINA T. de, L’abuseur de Séville et l’invité de pierre.

[5] MOLIERE, Dom Juan ou le Festin de Pierre.

[6] MOZART W.-A., Don Giovanni. Dramma giocoso in due atti – Poesia di Lorenzo da Ponte.

[7] MÉRIMÉE P., Les âmes du Purgatoire in Romans et nouvelles.

[8] ÉPICTÈTE, Manuel (éd. Garnier-Flammarion, coll. Philosophie, le Livre de Poche, 1999).

MEXIQUE : Guanajuato accueillera un congrès maçonnique

De notre confrère mexicain periodicocorreo.com.mx

Guanajuato.- Du 9 au 11 juillet, l’État de Guanajuato accueillera le 128 ème Congrès national maçonnique de la Confédération des grandes loges régulières des États-Unis du Mexique , de sorte que les principaux dirigeants du pays assisteront à cette manifestation pour discuter de questions portant sur la santé, l’éducation, l’insécurité, entre autres.

Le Parc du Bicentenaire de Guanajuato est le lieu prévu pour ce congrès de nouveau réuni, puisque, depuis sa création, le 16 février 1994, la Grande Loge de Guanajuato a déjà organisé des événements de ce type, qui sont appelés « congrès hermétiques ».

A cette occasion, environ 250 personnes assisteront à l’événement à Guanajuato, réunissant les représentants des loges de chacun des États participants. Au final, la «Charte de Guanajuato» qui sera rédigée sera finalement remise au gouverneur de l’État, Diego Sinhue , ainsi qu’aux différents gouverneurs du pays et au président du Mexique, Andrés Manuel López. Obrador.

«La question de l’éducation sera abordée. Nous traiterons également de la question de la santé, de l’économie et de l’emploi, qui sont des sujets qui nous concernent tous. La question de l’insécurité que la franc-maçonnerie ne peut ignorer sera débattue», a déclaré Israel Hernández Arriaga, chef de la Grande Loge de l’État de Guanajuato, à propos de cet événement qui implique les membres de la Confédération des Grandes Loges Régulières de Mexique.

La maçonnerie a grandi et compris.

Alors que d’aucuns lient la franc-maçonnerie au satanisme, et même au sacrifice humain, engagement des maçons démontre que la préoccupation de la Franc-maçonnerie porte sur les faits de société. Dans le même temps, le travail dans les États du pays – comme Guanajuato – a été plus fructueux.

« Des progrès ont été faits. Oui il y a beaucoup de questions d’ignorance de ce qui se fait en franc-maçonnerie, car malheureusement toutes les histoires qui ont été inventées à son propos comme celles où elle vénérerait Satan, ou pratiquerait des sacrifices d’enfants ou d’animaux sont totalement fausses. Notre travail porte sur des sujets d’étude, sur la façon d’être de meilleurs citoyens, de meilleures personnes et sur notre participation active dans divers domaines au progrès de l’Humain », a déclaré Israel Hernández.

Justement, on estime qu’à Guanajuato il y a 450 personnes pratiquant la franc-maçonnerie à ses différents degrés, alors qu’au niveau national il y aurait environ 200 mille personnes à travers les loges.

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ARGENTINE : Le grand Carlos Gardel, Maître Maçon ?

De notre confrère argentin eltribuno.com

La question de savoir si Carlos Gardel était ou non membre de la franc-maçonnerie est quelque chose qui est en discussion depuis plusieurs décennies. Des personnalités telles que l’éminent José Gobello (de l’Academia del Lunfardo) ainsi que le journaliste argentin Roberto Cassinelli, du magazine de Buenos Aires « Cantando », ont traité – à l’époque – de la question. Aquiles Echeverri M. dans le livre de sa paternité « Gardel, son histoire et la cause de sa mort » occupe quelques lignes pour faire référence au moment où le sillage complet de la Grive Criollo est entré dans « un groupe de maçons ».

L’historien colombien Mario Arango Jaramillo (qui reconnaît publiquement son appartenance à Universal Masonry, c’est-à-dire quelqu’un qui parle « de l’intérieur »), dans son ouvrage publié en 2006, intitulé « Masonería y Partido Liberal » inclut la mémoire de la présence maçonnique nocturne pendant cette veillée.

Le 26 juin 2005, et puisque la mort de Morocho del Abasto avait soixante ans, l’écrivain et journaliste d’Antioquia Juan José Hoyos a publié dans le journal El Colombiano (publié à Medellín) une chronique détaillée du service funéraire effectué à le corps par Carlos Gardel confirmant la présence de maçons.

Oscar Uribe Arcila, dont le frère au moment du tragique accident était Grand Maître de la franc-maçonnerie d’Antioquia – le très respectable frère Rubén Uribe Arcila, qui est resté dans l’histoire comme un éminent médecin, intellectuel et homme politique – avant la réquisition faite pour Arango Jaramillo a rappelé que son frère aîné – à l’époque Grand Maître de l’Ordre, comme indiqué ci-dessus – lui avait fait remarquer qu’en juin 1935 la Franc-Maçonnerie a tenu un hommage funèbre à Carlos Gardel dans le Grand Temple maçonnique de Medellín; et qu’elle avait eu lieu quelques jours après ses funérailles. Si ces propos reflètent la vérité alors tout doute sur l’affiliation maçonnique de Carlos Gardel se dilue depuis une « Fête funéraire »

Quelques références sur ces événements faites par des journalistes et des personnes intéressées par la vie de Gardel nous viennent en aide. Ainsi, par exemple, nous avons l’information que le propriétaire du théâtre Junín avait offert son hall pour être utilisé comme salle mortuaire à la fois pour le Zorzal Criollo et Alfredo Le Pera, Celedonio Palacio, José Corpas Moreno et Guillermo Barbieri ; mais que le prêtre Enrique Uribe Ospina a offert une résidence près du théâtre, où la veillée a finalement eu lieu.

C’est dans ce bâtiment où – toutes les informations coïncident – fit son apparition le groupe de personnes qui, se faisant appeler maçons et affirmant verbalement que Gardel en était aussi un, voulurent prendre le cercueil avec le cadavre pour le surveiller dans une loge, selon certains disent tandis que d’autres soulignent que la seule chose qu’ils ont demandée était une cérémonie discrète juste là. Il existe les deux versions. Roberto Crespo, l’une des personnes présentes lors de ces événements, qui a pu être interviewée des années plus tard, a raconté en détail comment – selon lui – les événements se sont déroulés : « La première mesure s’est limitée à trouver un endroit pour installer la chapelle ardente , où veiller sur les restes de Carlos Gardel et de ses compagnons.

L’attitude généreuse du chanoine Enrique Uribe, curé de La Metropolitana, la principale basilique de Medellín, a résolu les difficultés initiales en offrant une cinquième maison inhabitée, située sur l’Avenida de la Quebrada Arriba, entre Junín et le pont Baltasar Ochoa  » L’enterrement a commencé vers dix heures du matin le mardi 25 juin, date à laquelle Crespo indique : « Avant de partir, une curieuse cérémonie a eu lieu sur le cercueil de Gardel. Un groupe de maçons a entouré le cercueil et a commencé à frapper sur le couvercle. Puis la marche vers l’église de La Candelaria a commencé. »

Este comentario es muy importante y serviría para confirmar la condición masónica de Gardel, pues realmente el ritual de despedida a un miembro muerto de la hermandad incluye « rodear el féretro » formando algo así como una cadena humana en su perímetro y « dar unos golpes sobre le couvercle ». La partie la plus notable de cette cérémonie ne pourrait être mieux décrite.

Deux objections ont été faites à l’affiliation maçonnique de la Grive Criollo. Nous allons analyser chacune.

1) Les enquêteurs n’ont trouvé dans les archives de la Grande Loge d’Argentine des Maçons Libres et Acceptés aucun document prouvant que le chanteur appartenait à l’ordre. Cela en soi semblerait seulement prouver que Gardel ne faisait pas partie de ce groupe maçonnique. Gardez à l’esprit qu’il existe actuellement plus d’une dizaine de grands « lodges » en Argentine, chacun composé de plusieurs ateliers et, pour certains, très réservés, pour ne pas dire -directement- secrets.

Dans le même temps, les archives de la Grande Loge d’Argentine ne disposent en aucun cas d’informations complètes sur qui étaient les francs-maçons au cours du 20ème siècle. Il faut aussi tenir compte du fait qu’un homme aussi voyageur que celui qui nous occupe aujourd’hui, qui a passé beaucoup de temps aux États-Unis, aurait pu être initié comme Frère Maçon dans l’une des nombreuses loges qui sont dispersées sur le face de la Terre.

2) Une objection répétée est qu’il est impossible pour Morocho del Abasto d’être maçon puisqu’il assistait souvent à la messe et communiquait. Il s’agit d’un argument erroné que l’on entend assez fréquemment appliqué au Père de la Nation, le général José de San Martín et le général Manuel Belgrano. Cela vient de la conviction que quiconque entre dans la maçonnerie prend ses distances à jamais avec sa religion et avec un autre préjugé qui est l’hypothèse que les francs-maçons pratiquent l’athéisme. Tout le contraire! Une personne pour entrer dans cet ordre doit avoir foi en l’existence d’un Être Supérieur que la Maçonnerie Universelle appelle le Grand Architecte de l’Univers.

Et bien que pendant des siècles les francs-maçons aient été excommuniés par l’Église catholique pour le simple fait de l’être, il est très fréquent que leurs membres qui pratiquent cette foi mettent cela de côté et continuent à participer à la sainte messe. Les deux objections ne tiennent donc pas. Par contre, il y a un fait favorable à l’idée que Gardel était un maître maçon et c’est le fait que son cadavre n’était pas voilé dans l’Église puisque ce que le prêtre offrait était une résidence, ce qui reste suggestif.

C’est la raison pour laquelle les restes de Manuel Belgrano se trouvent dans le patio avant de la basilique Notre-Dame du Rosaire et du couvent de Saint-Domingue et le mausolée du général San Martín à l’extérieur de la nef de la cathédrale métropolitaine avec deux autres noms célèbres. Des francs-maçons tels que les généraux Tomás Guido et Juan Gualberto Gregorio de Las Heras. L’Église les garde à proximité, mais ne leur permet pas de s’asseoir sur un terrain sacré.

Enfin, pour préciser qu’il peut attirer l’attention – à ceux qui ne savent pas en profondeur comment fonctionne la franc-maçonnerie dans le monde – qu’un artiste populaire comme Gardel a été admis dans son giron ; mais ce n’est pas comme ça, au contraire, il existe d’innombrables exemples de personnes du spectacle qui ont participé à des loges maçonniques. Francisco Petrone, Lucas Demare, Florencio Sánchez, Emilio Onrubia, Roberto Casaux, Enrique García Velloso, Enrique Muiño, Homero Manzi étaient des maîtres maçons.

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Pourquoi et comment apprendre les rituels ?

La collection « Les outils maçonniques du XXIe siècle », dirigé par Jacques Carletto, nous offre ici son vingt-septième opuscule : Pourquoi et comment apprendre les rituels ? Telle est la question…

Bien sûr, nous ne pouvons faire l’impasse sur le France A. Yates The Art of Memory (University of Chicago Press, 1966) et publié chez Gallimard sous le titre L’art de la mémoire dans la collection « Bibliothèque des Histoires » en 1975 et réédité en 1987. Un ouvrage qui retrace l’histoire de la pratique de la mnémotechnique et de l’art de la mémoire depuis l’Antiquité.

Notons d,’entrée que les rituels développés sont ceux du Rite Écossais Ancien et Accepté tel qu’il est pratiqué au sein de la Grande Loge de France.

Sans introduction et entrant immédiatement dans le vif du sujet, François Bénétin pose la question, pourquoi apprendre par cœur les rituels et de nous offrir après la citation de Confucius « Il est bon de suivre les rites », quelques croustillantes anecdotes, qu’il a vécues ou qu’on lui a rapportées

Comme toujours, cette collection très pédagogique nous instruit sur la façon de faire. Mais surtout, l’auteur nous guide quant aux textes à apprendre du premier au troisième degré symbolique.

Un ouvrage qui s’adresse, non seulement à tous les Frères, mais aussi à celles et ceux qui tiendront des fonctions particulières au sein d’une Loge, notamment le Premier Maillet, l’Orateur ou encore le Frère Expert.

Et de conclure avec un chapitre intitulé « La mémoire est-elle un art ? » Un ouvrage qui, n’en doutons pas, apportera de nombreuses réponses et solutions à ceux qui ont toujours du mal avec le par cœur, même s’ils le disent avec le cœur. Dans tous les cas, fort utile pour la transmission

François Bénétin est diplômé de HEC et il est le fondateur et le Président de l’Institut Mens Sana, organisme pour l’entretien et le développement des capacités cérébrales, dans les domaines de la mémoire, de la logique et de l’expression orale et élabore des programmes d’entretien et de stimulation cérébrale dans ces trois secteurs. Ancien membre du comité de rédaction de la revue Points de Vue Initiatiques, il a également écrit deux ouvrages que sont Le pion des Dieux (Ivoire-Clair, Coll. « Le Moulin à Paroles », 2003) et Dans le Secret des Mots, dictionnaire pratique des 150 mots clés et plus de la Franc-maçonnerie (Ivoire-Clair, Coll. « Les architectes de la connaissance », 2006).

Nuit des musées 2021 au Musée de la Franc-maçonnerie

De notre confrère Laurent P. de sortiraparis.com

Le musée de la Franc-Maçonnerie participe à la Nuit des Musées, le samedi 3 juillet 2021, offrant ainsi l’occasion de découvrir l’influence de la franc-maçonnerie sur l’évolution de la société !
Pour la Nuit des Musées, le musée de la Franc-Maçonnerie ouvre ses portes gratuitement en nocturne, le 3 juillet 2021 pour nous faire découvrir l’histoire de cette organisation initiée en 1778 par Benjamin Franklin. On y retrouve des milliers de documents témoignant du rôle joué par les loges dans l’histoire de la République, notamment lors du choix de ses valeurs : la tolérance, la laïcité et la solidarité.

Ainsi, plus de deux siècles d’histoire sont présentés dans 400 mètres carrés ; on découvre des décors et objets rituels ayant appartenu aux loges et aux maçons, ainsi que des sceaux, bijoux, médailles, manuscrits, gravures et livres d’architecture. Aussi, de nombreuses photographies éclairent le quotidien des franc-maçons.

Et au programme, pour cette 17e édition, une visite du musée, de 19h à 22h30, à la découverte des temples maçonniques : leur huis clos abritant à la fois les échos des idées nouvelles et les éléments de tradition séculaires. Et l’occasion également de découvrir ce musée des plus curieux sous un autre regard, en nocturne, pour laisser planer encore plus de mystère. À noter que malgré le Covid, l’entrée est libre, sans réservation. On le note dans son agenda, les amis ?

Accéder à l’article :

https://www.sortiraparis.com/actualites/nuit-des-musees/articles/116008-nuit-des-musees-2021-au-musee-de-la-franc-maconnerie

Sous le Bandeau #53 – L’expérience maçonnique

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Parlant de leur propre recherche, les membres de l’équipe de l’émission Sous le Bandeau partagent leurs vécus et posent la question : Est-ce que l’expérience est le vrai secret de la Franc-Maçonnerie ?

La méthode de travail se caractérise par son orientation humaniste et ses fondements traditionnels. A cel, il faut ajouter la spécificité ésotérique de sa démarche, d’après ses principales composantes : l’initiation, le symbolisme, l’utilisation de la parole, la transmission de la tradition maçonnique, et l’enseignement résultant du travail en loge.

L’équipe des interviewers-chroniqueurs Sous le Bandeau présente pour cette journée : Franco H., Sylvain, Claudia et Shawn. Merci à nos Patrons (https://www.patreon.com/SousleBandeau)

Pierres brutes: le Fat Pack – Podcast et Gloria E.
Auditeurs flamboyants: Michael S., Cyndie, Carl-Henri, Vincent R. et Thomas D.
Maîtres podcasteurs: Éric B., Raymond N., KapJazz, Dominique L., Michel B., Laurent, Cedric T., Thibault Adam S., Ronan G., Joe A., Shawn Q. et Sylvain C.
Très Illustre Patron: Pierre D.

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