La franc-maçonnerie « continue de promouvoir et d’œuvrer pour une culture de liberté, de tolérance et de fraternité », a déclaré le Grand Maître José Garchitorena.Le président actuel, Lacalle Pou a participé à l’événement.
La Grande Loge de la Franc-Maçonnerie d’Uruguay a officialisé ce lundi lors d’une cérémonie publique pour son 165e anniversaire que l’ancien président Tabaré Vázquez était un frère. A travers une vidéo réunissant les principales figures de la Grande Loge, on y retrouvait l’ancien président uruguayen, décédé en décembre 2020. Les règles maçonniques établissent que son initiation ne peut être révélée qu’à sa mort.
Le président Luis Lacalle Pou était présent à cet événement,commémorant la fondation de la Franc-maçonnerie en Uruguay le 17 juillet 1856. La cérémonie se déroulait sous l’égide du Grand Maître, José Garchitorena , qui est également ministre de la Cour électorale. Le président a reçu une plaque et un stylo dans ce cas.
Soulignant les « institutions politiques solides, conformes à la loi et responsables de leurs actes », Garchitorena a appelé à « empêcher la polarisation, issue dans de nombreux cas de l’indignation et de l’impuissance, de finir par affaiblir l’expérience partagée de la citoyenneté et de remettre en cause les fondements mêmes de la légitimité du système démocratique. Bref, porter atteinte à la coexistence et à l’esprit démocratique « .
« Présents depuis l’époque coloniale, de nombreux francs-maçons ont été protagonistes du processus d’indépendance, ont contribué à l’établissement et à la construction de la République et ont contribué à forger l’identité nationale », a souligné Garchitorena dans son discours, devant le président et les hautes autorités gouvernementales.
Plusieurs anciens présidents de la République étaient francs-maçons. Ce jour-là, il a été officialisé l’appartenance du premier président de gauche uruguayen à la Grande Loge.
« La maçonnerie, qui a émergé telle que nous la connaissons, en Angleterre en 1717, mais fait remonter ses origines au XIVe siècle et ses traditions, mythes et légendes à des temps encore plus anciens, continue de promouvoir et d’œuvrer pour une culture de liberté, de tolérance et de fraternité, société de personnes libres et solidaires », a ajouté le Grand Maître, qui occupe ce poste depuis 2017.
Garchitorena a assuré observer avec « préoccupation comment la postmodernité repense des débats que nous considérions réglés, remettant en cause le sens, la portée et l’importance de concepts tels que la liberté individuelle, la tolérance, la liberté de penser et de s’exprimer, la démocratie, la laïcité et le sens de la communauté ».
Il a ajouté que ces questions « dans de nombreux cas, fondées sur le mépris de la raison et de l’esprit rationnel, conduisent à des propositions qui nous ramènent à la pré-modernité ».
« Nous qui croyons en la liberté comme pierre angulaire de l’existence, à l’égalité comme exigence du développement intégral des personnes et à la fraternité comme condition de coexistence, doivons participer et contribuer aux débats de la société mondialisée d’aujourd’hui », a ajouté Garchitorena, qui a souligné que « les États, interpellés par la société civile, les capitaux transnationaux et les organisations supranationales de la communauté internationale, n’ont pas fini de repenser leur rôle ».
Ses principes directeurs sont : la liberté, l’égalité, la fraternité, la tolérance et l’humanité. Comme dans de nombreux endroits dans le monde, les francs-maçons travaillent également à Traunstein. « Nous sommes une alliance éthique fondée sur les valeurs de l’inviolabilité de la dignité humaine », déclare Englbert Rottenmoser. Il est le Vénérable Maître de la Loge « To the Drey Huegeln an der Traun ».
La première Grande Loge de Francs-Maçons a été créée à Londres en 1717, suivie par la première en Allemagne en 1737 – à Hambourg. Les francs-maçons de Traunstein suivent également cette tradition, établie à l’époque. Le vendredi, ils célèbrent – comme on dit – le « Festival de la Fondation » : la fondation de la loge il y a 25 ans. La fête commence à 19 heures dans le club house de la Traunerstraße, le conférencier principal est le Dr. Bärbel Kofler, membre du Bundestag et commissaire du gouvernement fédéral à la politique des droits de l’homme et à l’aide humanitaire. La célébration est publique, tant qu’il y a des places disponibles, les visiteurs peuvent être invités.
Les racines du lodge de Traunstein remontent aux années 1990. Tout d’abord, les francs-maçons ont fondé une association en 1994. Avec « l’Allumage des feux », ils ont créé le lodge en 1995. Avec elle, ils ont comblé le fossé géographique qui séparait les communautés de Rosenheim, Salzbourg et Bad Reichenhall.
La loge comprend actuellement 40 francs-maçons. Ils se retrouvent dans un bâtiment à l’arrière de la Maximilians strasse. Ils ne révèlent pas qui vient aux Tenues ni de quoi ils discutent. Selon la tradition, ils veulent rester anonymes et ne pas être vus sur les cartes. Ils veulent rester à l’arrière-plan en tant que personnes. Ils préfèrent travailler pour les bonnes œuvres.
La liste des dons qu’ils ont utilisé à des fins caritatives au cours des 25 dernières années est longue. Les francs-maçons ont beaucoup fait – à petite comme à grande échelle. Par exemple, en 2014, ils ont offert une allocation de repas pour un écolier d’un montant de 40 euros. Et en 2020, ils ont remis 6 500 euros : 3 000 chacun au centre d’assistance civile du bureau de district de Traunstein et à l’association Vergissmeinnicht Chiemgau, ainsi que 500 euros pour l’organisation d’une excursion « accrobranches ». Au total, les francs-maçons ont fait des dons pour environ 33 000 euros au fil des ans – et ils souhaitent continuer à promouvoir des causes caritatives à l’avenir.
« Nous n’avons pas de structure d’enseignement dogmatique ni d’idéologie à laquelle les membres doivent adhérer«
explique Englbert Rottenmoser pour lui-même et sa famille. « Les francs-maçons ne se considèrent pas comme des missionnaires, mais chacun travaille pour lui-même sur sa propre personnalité et a ainsi un effet dans son environnement personnel et aussi par l’engagement social. »
Chaque franc-maçon est libre de penser et d’agir. Il est uniquement attaché aux principes directeurs humanistes de liberté, d’égalité, de fraternité, de tolérance et d’humanité. Alors que le « Maître de la Chaire » continue, ces principes d’action humaine ont grandi au siècle des Lumières dans la « lutte contre le trône et l’autel » – contre l’État et l’église – avec leur prétention à gouverner « par la grâce de Dieu ». Et selon Rottenmoser, ces idéaux n’ont rien perdu de leur pertinence à ce jour.
On pourrait penser que les principes directeurs des francs-maçons sont depuis longtemps devenus réalité car ils font partie de la Loi fondamentale, selon Rottenmoser. « Cependant, tout le monde sait que la réalité exige un travail constant pour mettre en pratique ces droits fondamentaux et les obligations associées. »
« Nous ressentons de l’insécurité, de l’insatisfaction et de la peur de perdre », déclare Rottenmoser. Dans cet environnement, les francs-maçons sont appelés à se poser des questions : des questions sur le rapport entre liberté et responsabilité, sur la plus grande participation possible des citoyens à la communauté et sur la conception contemporaine de l’Europe. Le « maître de la chaire » souligne : « Nous ne devons pas agir en cavaliers de principes avec une prétention absolue à la vérité.
Les francs-maçons ne doivent pas se laisser « perturber par des opinions bruyantes », mais doivent être guidés par la demande d’Emmanuel Kant : « Osez savoir ! Ayez le courage d’utiliser votre propre intelligence ». Rottenmoser : « Chacun doit se débarrasser de l’esclavage intérieur des préjugés et se défendre contre le paternalisme, d’où qu’il soit. Cela inclut le courage et la confiance en votre propre force et votre capacité à penser. »
De notre confrère espagnol lne.es (La Nueva Espana) – Journaliste Saul Fernández
« Dans le monde du rock, chaque fois que le diable est de la partie, le groupe vend plus de disques ». « Mozart était un franc-maçon et une grande partie de sa musique est conditionnée par son appartenance à la franc-maçonnerie »
Le musicien madrilène Luis Antonio Muñoz (1971) a publié l’année dernière « Histoire occulte de la musique » (La sphère des livres). Il s’agit d’une étude historique des adorateurs du malin, maçons ou « Illuminati », tous ceux qui se sont attelés à étudier le côté le plus obscur de la musique. Lors de la venue de Luis Antonio Muñoz, au Festival Celsius 232 de littérature fantastique, de science-fiction et d’horreur, il a évoqué la présence du mal dans les partitions.
LES RELATIONS :
Templiers, Francs-maçons et les livrets musicaux
Pour certains, la musique du Diable est celle qui résonne lorsque vous mettez le disque à l’envers.
Pourtant, presque toutes les images que nous avons du Diable en musique viennent du monde du rock. Les motivations viennent des origines. Pour être très schématique, dans le monde du rock, mentionner le Démon est vendeur. Chaque fois que le diable est impliqué, le groupe vend plus de disques.
Les majestés sataniques. (les groupes les plus célèbres)
L’exemple type est représenté par les Rolling stones. Un Démon qui crée une esthétique à la fois sur les pochettes des albums et sur le contenu lui-même.
Parlons du « Heavy Metal ».
Autre exemple « Black Sabbath ». Leur premier album est très lugubre et ouvre une porte vers le Malin. Ce qui se passe, c’est que les gens restent dans le monde du rock, mais ne savent pas quelle est l’histoire de toute cette relation, entre la musique et le démon.
Les premiers rapports du Diable avec la musique remontent au Moyen Âge. Il y a une notion que les théoriciens de l’époque reliaient au Malin : la laideur. Les mauvaises sonorités qui étaient liées au mal.
Mais la musique a rapproché les âmes de Dieu. N’est ce pas?
– Remarquez que Saint Augustin met en garde contre le plaisir excessif que peut engendrer la musique. En d’autres termes, le problème survient car certains tenants de la foi suggèrent que lorsque la musique passe de la prière à Dieu (n’importe quel dieu) il à un acte agréable. Un pape avait même recommandé de ne pas faire de polyphonie, parce que la polyphonie était si belle qu’elle transcendait le sens du plain-chant traditionnel. Alors, attention au trop beau et passons au plus simple qui est vraiment la prière. Et cela rejoint d’autres concepts comme celui qui s’appliquaient aux enfants difformes au Moyen Âge : les enfants du Diable. L’association entre la laideur et l’influence du Diable a également affecté la musique. Il y a des intervalles qui, par une question conventionnelle, étaient considérés comme laids.
Comme le « diabolus in musica ».
– Voilà. C’est un triton qui était esthétiquement considéré comme laid et même désagréable.
Ce qui frappe, c’est que le Démon n’était pas musicien.
– Il n’était pas musicien, mais dans certains procès inquisitoriaux la voix de Satan est décrite, ainsi que les instruments dont il jouait : en Italie et en Espagne, la guitare ; et en Angleterre, avec la harpe. Ce qui en découlait, ce n’était pas que le Démon était un musicien, mais plutôt que l’acte de jouer pour le plaisir était une influence démoniaque. Dans la procédure inquisitoriale, bien sûr, il y avait de la torture et sous la torture on disait bien évidement ce que le bourreau voulait entendre.
Est-ce que la musique diabolique à un moment donné a été la « bonne » ?
– Peu de gens ont osé faire la suggestion suivante : « appelons cela « bonne » ou « mainstream » et j’adhère à celle-ci parce qu’elle appartient au Diable. Cela n’a jamais été fait. Cependant, cette approche a créé des courants esthétiques, certains très forts. Je parle, par exemple, de Goethe et de son « Faust ». Sur ce dernier, de nombreuses œuvres ont été écrites, offrants différentes lectures du démoniaque. Il y a environ 550 opéras sur Faust. Surtout aux XVIIIe et XIXe siècles. Il y en a même un qui se nomme « Si Faust était Faustine ».
Tout le monde a-t-il voulu vendre son âme au diable?
– Le thème original de « Faust » vient de la nécromancie médiévale. C’est que Goethe qui lui donne une dimension philosophique le mêlant au christianisme. Faust ne veut pas être éternel, ce n’est pas son objectif principal. Ce que Faust veut, c’est la connaissance, mais pour l’avoir, il a besoin de temps, il sacrifie pour cela son âme et pour cette raison, il est puni comme Prométhée.
Qu’étudiez-vous maintenant?
– Aujourd’hui, je travaille sur Goethe, qui appartenait aux « Illuminati » de Bavière. Toutes les analyses de ses oeuvres l’ont toujours été faites de manière universitaire.
Que voulez-vous dire?
– Lorsque une œuvre est étudiée, elle ne l’est pas à partir des croyances de l’auteur. Le grand public ne sait pas vraiment que Mozart était franc-maçon. Pourtant, une grande partie de sa musique est conditionnée par son appartenance à la franc-maçonnerie et les relations qu’il a eues dans les dernières années de sa vie : il est passé par les principales loges à Vienne et en Allemagne. Il y rencontra beaucoup de monde qui, en plus d’être francs-maçons, appartenaient à l’ordre des « Illuminati ».
Nous sommes là tranquillement et ne savons pas qu’un natif du pays de Voronej, Konstantin Rubakhin, est en train d’installer un musée de la franc-maçonnerie mondiale dans la capitale de la Lettonie.
Le musée n’est qu’à l’état de projet. Il devrait ouvrir à la fin de l’automne. Mais le 7 juillet, une interview a été publiée sur Youtube, dans laquelle Konstantin est déjà appelé le fondateur du musée de la franc-maçonnerie mondiale de Riga.
Ce dernier est diplômé de la Faculté de journalisme de l’Université d’État de Moscou. Depuis 2001, il s’est engagé professionnellement dans les relations publiques politiques, et a travaillé pour divers partis. Mais, un tournant dans sa vie s’est produit après qu’il a agi en tant que l’un des organisateurs d’une manifestation anti-nickel dans la région de Voronej, où la compagnie minière et métallurgique de l’Oural (UMMC) de l’oligarque Iskander Makhmudov a tenté de commencer à développer le nickel. Certains des militants anti-nickel se sont retrouvés sur le banc des accusés et Konstantin Rubakhin s’est enfui vers la capitale de la Lettonie.
Il se présente comme un chercheur de l’héritage maçonnique. Selon les entretiens, Konstantin s’est intéressé aux franc-maçons depuis son enfance à Voronej.
Le premier ouvrage que j’ai lu sur les maçons c’est chez ma grand-mère paternelle, c’était dans un livre pré-révolutionnaire présentant les maçons, – déclare-t-il dans la vidéo. – C’était dans le village d’Alferovka (district de Novokhopyorsk, région de Voronej – éd.).
Konstantin est revenu sur le sujet qui le fascinait déjà dans sa période de lettone : « lors de mon voyage de noces aux États-Unis en 2017, j’ai acheté une cruche maçonnique, et c’est devenu la première pièce d’exposition du musée ».
Lors de l’interview, l’animateur lui a demandé qui sont les maçons aujourd’hui ? Par ailleurs, comment Rubakhin lui-même se rattache à eux ?
Le fondateur du futur musée répond que pour lui, la franc-maçonnerie est avant tout associée à la recherche des savoirs anciens.
« Pour les Russes, c’est un choc, quelque chose d’indécent à ce jour« , répond Konstantin. – Mais tout ce complot est juste de la paresse intellectuelle… Vous savez, maintenant beaucoup d’africains viennent sur notre compte Facebook et demandent à être admis chez les francs-maçons.
Mais, vous n’êtes pas Franc-maçon ?
Non, un musée est un musée, pas une Loge. A l’intérieur du musée il y aura une salle, qui s’appellera – Le Temple maçonnique, toute la base du rituel y sera visible…En principe nous sommes enclins à alimenter les loges qui veulent y travailler avec cet espace. Ce sera un plaisir pour les maçons en exercice de travailler au sein d’une telle abondance d’histoire maçonnique.
Depuis le début de sa carrière professionnelle, Konstantin Rubakhin s’est engagé dans les relations politiques. Il a participé à la création et à la promotion du parti « Patrie », a travaillé dans le Parti de la Vie, sur la Première Chaîne sous la direction de Marat Helman, au Ministère des Transports de la Fédération de Russie, où il a travaillé dans la presse. Puis, selon certaines sources, il a été membre du Conseil du « Front de gauche » de Sergei Udaltsov. Il a participé aux rassemblements « White Ribbon » « For Honest Elections » à Moscou fin 2011 – début 2012. Sa spécialité était la couverture et la promotion dans le domaine de l’information des mouvements de protestation et de l’opposition. Dans le même temps, Rubakhin était assistant du député de la Douma d’Etat de la Fédération de Russie Ilya Ponomarev, qui s’est enfui en Ukraine.
L’homme est le seul être à pouvoir penser sur sa pensée, c’est ce qui fait sa spécificité.
La spiritualité est un attribut de sa condition : elle est tout simplement la vie de l’esprit.
Avant de tenter de la définir, un préalable s’impose : celui qui consiste à distinguer le savoir profane (la « doxa ») de la connaissance initiatique (la « gnôsis »).
Le savoir se comprend (par la raison, le « noüs » grec), s’apprend (par l’intelligence) et se retient (par la mémoire), il est un objet d’étude que l’esprit incorpore.
La connaissance s’expérimente (par l’action, « ergôn » en grec – qui a donné « ergonomie » en français) et s’éprouve (par la « psychè » grecque, les sentiments) : elle est un sujet d’expérience que l’esprit s’incorpore.
Si les savoirs (scientifiques, surtout) s’éloignent de l’expression des sentiments (et cherchent même à les neutraliser pour préserver une certaine objectivité), à l’inverse la connaissance a toujours besoin de s’appuyer sur les savoirs (pour ne pas risquer de s’égarer) : c’est la raison pour laquelle en franc-maçonnerie, la kinesthésie rituelle est systématiquement accompagnée de messages performatifs[1] qui explicitent le sens dans lequel il faut entendre le scénario initiatique.
Le savoir (raison) ne se confond pas avec le croire (sentiments) : il se veut objectif ; ce qui n’interdit pas que l’esprit puisse croire (et qu’il doive même croire) aux savoirs de la «doxa».
La connaissance, en revanche, ajoute un vécu aux savoirs ; en ce sens, elle est subjective : il faut croire pour connaître. Elle est la façon, dont l’adepte cherche à mettre ces savoirs en pratique dans son existence, à les internaliser dans son être total (corps, âme et esprit).
De la connaissance à la spiritualité
Dans ce canevas, que devient la spiritualité ?
C’est l’esprit qui s’interroge et qui interroge le monde ; et c’est l’ensemble des réponses qu’il apporte à ces questions. La spiritualité est un vecteur de sens. Mais elle est plus encore : c’est la capacité de l’homme à dépasser la finitude de son corps et de sa vie pour s’élever, par la pensée, à l’infini et à l’éternité.
À la lumière des connaissances qui l’éclairent, contrairement à la démarche religieuse pour laquelle le dogme et la révélation sont les modalités de la foi, le Franc-maçon va chercher une Vérité qui n’est pas révélée,mais qui reste entièrement à découvrir dans sa relation à lui-même et aux autres. Et pour cela, il n’impose aucune limite à sa recherche…
Mais où trouver la « Vérité » ?
Poser le problème ainsi, c’est le transférer d’un mot (« spiritualité ») à un autre (« Vérité » – entendue comme un absolu -) ; et rien n’est résolu.
Toute religion est spirituelle. Mais peut-il y avoir une spiritualité sans Dieu ?
Il peut y avoir une spiritualité non-religieuse comme il y a d’ailleurs une morale laïque ,qui n’est pas très éloignée de la morale chrétienne – sans s’y assimiler. Donc, il peut y avoir une spiritualité sans Dieu.
Quelles sont les caractéristiques de cette spiritualité sans Dieu ?
C’est celle de la devise de la République (et de la franc-maçonnerie) : « Liberté, Égalité, Fraternité » : elle se réfère à une spiritualité du genre humain, qui repose sur la liberté de choix, la tolérance réciproque et le respect des uns envers les autres.
Pour la spiritualité non-religieuse, deux critères sont privilégiés :
la conscience intérieure (ou ésotérique) est inhérente à l’être ;
et c’est à partir d’elle que l’appréhension du monde extérieur (exotérique) se fait.
La franc-maçonnerie affirme « la primauté du spirituel sur le temporel[2] ». Elle précise aussi que « la démarche initiatique ne peut être que spirituelle. Il s’agit bien de spiritualité et non de religion. Il ne s’agit pas d’acquérir, de consommer ou d’apprendre une spiritualité, mais bien de construire sa propre spiritualité dans un cheminement intime et personnel. En ce sens, elle se définit comme une école de spiritualité et de réflexion[3]. »
Alors, qu’est-ce que la spiritualité maçonnique ?
Comte-Sponville, dans un article intitulé : Rien n’est jamais ni passé ni futur, tout est présent, définit cette spiritualité de la manière suivante : il s’agit – dit-il – d’« une spiritualité très singulière, parce que sans promesse, sans foi, sans espérance. Rien n’est à croire : tout est à connaître. Rien n’est à espérer : tout est à aimer. Nous sommes déjà sauvés : le salut, c’est ici et maintenant[4]. »
De la spiritualité à la croyance
Cette définition est vraie… mais seulement en partie : car le Franc-maçon revendique sa promesse (il s’engage à chaque grade de son rite), sa foi et son espérance (avec la charité – les trois vertus théologales -) comme Chevalier Rose-Croix du Rite Écossais Ancien et Accepté.
Ainsi, à chaque degré de son parcours initiatique s’engage-t-il en tant qu’homme : il croit en sa démarche. Et d’ailleurs, comment pourrait-il en être autrement s’il veut continuer à progresser dans son rite ?
Imaginons que des profanes, ignorants du sens de nos pratiques, assistent à une initiation. Pour eux, la planche à boules, la planche à bascule, l’éventail, le seau d’eau et le chalumeau garni de poudre de lycopode que l’on fait subir au récipiendaire ne seraient vraisemblablement rien d’autre que des épreuves conçues par des esprits perturbés qu’il faudrait enfermer !
Mais c’est parce que la planche à boules et la planche à bascule, dans cette « ascension suivie d’une chute qui aurait pu être mortelle », signifient « les obstacles presque insurmontables que l’homme rencontre sur son chemin et qu’il ne peut vaincre ou surmonter qu’autant qu’il acquiert l’énergie morale et les connaissances qui lui permettent de lutter contre l’adversité » ; c’est parce que l’éventail, qui « constitue l’épreuve de l’air des anciens Mystères » – qu’on ne lui explique pas mais auxquels on lui demande d’adhérer en confiance -, l’incite « à la sagesse dans ses desseins et à la prudence dans ses élans » ; c’est parce que le seau d’eau représente « l’épreuve de l’eau des anciens Mystères » – que l’on n’explique toujours pas -, mais qui aplanit les obstacles s’il « persévère dans les sentiers de la Vertu » ; et c’est parce qu’enfin le chalumeau garni de poudre de lycopode figure le feu, dont les flammes, « quatrième élément symbolique des Anciens » se « transmue dans son cœur en un amour ardent pour ses semblables[5] » ; c’est parce que l’on a mis derrière ces symboles les mots qui expliquent toutes ces idées qu’il peut choisir (ou non) de les faire siennes, suivant le libre arbitre qu’il en a et la décision qu’il assume, seul.
Et pourquoi le fait-il ?
Parce qu’il n’assimile pas ce qu’il voit à ce qui est (lors de la prochaine initiation à laquelle il assiste), mais parce qu’il associe ce qu’on lui dit à ce qui est : il le com-prend (du latin « cum prendere », c’est-à-dire qu’« il le prend avec lui », il s’en approprie le discours). Il se projette dans ce qu’il entend parce qu’il veut y croire, même si la raison le lui dément dans ce qu’il voit. Le langage symbolique est performatif parce que son usage expressif le rend auto-implicatif[6] : il répond, par l’idée qu’inspirent les mots, à une espérance d’idéal auquel aspire celui qui l’interroge.
De surcroît, il est toujours nécessaire de croire à ce que l’on fait pour vouloir le faire, de croire aux mots qui sont prononcés pour vouloir agir ; sinon, pourquoi faire et pourquoi agir si l’on n’accorde pas de crédit aux idées qui nous y incitent à travers les mots qui nous y poussent ?
S’il en allait autrement, pourquoi le Franc-maçon s’intéresserait-il aujourd’hui à la scolastique médiévale sous l’égide des arts libéraux du Compagnon, au soi-disant architecte Hiram qui n’est en fait que le décorateur du temple de Jérusalem ? Dans le monde réel dans lequel il évolue, comment pourrait-il accorder crédit à des légendes comme celle des Trois Mages, de Noé, de la tour de Babel, du serpent d’airain, etc. ? Ou comment, en toute logique, pourrait-il penser qu’au cours de sa progression, il ait franchi trois cieux et sept planètes ? Et comment pourrait-il accepter de comparer sa loge à l’Éden, de vivre au milieu de chérubins et de sylphes, et de confondre son président avec Adam ?…
Ces fictions, pour le commun des mortels, n’ont pas de sens ; mais c’est justement , parce qu’elles ont un sens pour l’initié qu’il y agrée, qu’il y croit – non pas réellement, mais spirituellement, justement -.
Dans une perspective analogique, il est possible de dire que, si pour le chrétien le Christ fait sens puisqu’il est « la Voie, la Vérité et la Vie[7] », pour l’initié c’est le sens qui donne une voie à la vérité de sa vie.
De la croyance à la foi
Qu’en conclure ? Quelle est la différence entre croyance et foi ?
Croire, c’est faire soi-même un choix : l’adepte décide de croire. Il opte pour un système de pensées, un contenu spirituel, une spiritualité.
Par exemple, celui qui choisit la franc-maçonnerie adopte l’un de ses rites, le pratique, y progresse et se réalise – parce qu’il y croit, c’est-à-dire qu’il tient sa démarche pour vraie (sans quoi il n’y resterait pas).
Croire relie donc un être à une spiritualité (qui peut être aussi bien profane, initiatique que religieuse) par une relation de choix individuel.
La révélation, celle qui consiste à « enlever le voile » qui recouvre nos yeux, transforme notre désir de spiritualité en foi.
La conversion de Paul sur le chemin de Damas en est le meilleur exemple : En pourchassant les chrétiens, Saül est convaincu de faire son devoir ; et il le fait avec d’autant plus de conviction que son esprit, sa spiritualité, est entièrement tourné vers les anciens dieux. Il lutte donc de toutes ses forces contre ce dieu qui vient troubler le bel équilibre du monde romain dans lequel il croit.
Mais l’appel du Christ sur le chemin de Damas, en le culbutant de son cheval le renverse dans son en-soi, le retourne intérieurement : il n’est plus le même, Dieu est entré en lui, il l’a changé. Et ce qu’il croyait auparavant, la spiritualité qu’il s’était forgée a disparu au profit d’une foi qui l’inonde et le transporte : ce qu’il condamnait avant est devenu ce qu’il défend aujourd’hui[8].
Pour Don Miguel de Mañara Vicentelo de Leca, le coup qu’il reçut à la tête et la perte de connaissance qui s’ensuivit (au propre comme au figuré, et aux sens physique, psychique et spirituel) furent les éléments déclencheurs de sa conversion.
Que devient la raison face à la prépotence de la foi ?
Les avancées de la science nous ont exhortés à avoir foi en l’intelligence. Pour la dépasser et nous dépasser, nous nous sommes orientés vers une intelligence de la foi : « L’usage de la raison précède la foi et nous conduit à elle à l’aide de la révélation et de la grâce[9] », concède l’Enchiridion symbolorum.
Si l’on peut avoir foi en la raison, il n’y a pas de foi dans la raison (c’est le domaine de la science). À l’inverse, il n’y a pas de raison à la foi ; mais nous pouvons mettre de la raison dans la foi (c’est le domaine de la théologie).
Ainsi, après avoir servi l’intelligence, la foi est enfin servie par elle.
Que recherche l’esprit au travers de la foi ?
Il recherche un monde inconnu qui libère l’homme de sa finitude, de ses doutes, de ses vices et de ses imperfections (pas seulement ceux du corps, mais autant – sinon plus – ceux de l’esprit).
Parce que l’initié croit au sens spirituel de ses rituels, il a foi en la franc-maçonnerie au-delà de sa spiritualité d’homme. Il vit son rite dans la foi maçonnique.
Quant au croyant, il a foi en un monde meilleur où règneraient pour l’éternité la perfection, la vérité, et la vertu qu’il recherche ici-bas.
Si la croyance est liée à la spiritualité, la foi est reliée à la grâce. On peut croire sans avoir la foi, mais on ne peut pas avoir la foi sans croyance.
De la foi à la grâce
Dans le monde profane, la grâce se traduit par des fulgurances. Il n’est donc pas nécessaire d’être croyant pour avoir des illuminations : l’homme de génie ou le poète ont parfois des éclairs de surconscience ; l’homme de foi, lui, vit dans la lumière de la grâce.
La révélation vient donc à nous et nous retient. Mais qu’est-ce que la révélation ?
« Révéler », c’est « re-véler » (avec « re- », préfixe latin signifiant « revenir à un état antérieur » – ici, avant celui du « voilement » -), autrement dit il s’agit de « revenir à un état antérieur à celui du voile » sur les yeux.
La « révélation » prend alors la forme d’une grâce qui se donne à nous (du radical latin « gratus », « qui reçoit bon accueil, qui est bienvenu », avec pour déverbal : « gratia », « manière d’être agréable qui se trouve dans autrui et qui se manifeste à nous » [premier sens], et « remerciement » [second sens] ; d’où, en français : « gracier », « remercier[1] » : « Dius en soit grassiés ! » et « aide de Dieu[2] ») : « Que la grâce du Seigneur Jésus-Christ, l’amour de Dieu, la communication du Saint-Esprit soient avec vous tous[3] ! », ponctue Saint Paul. Celui qui reçoit la grâce, la reçoit avec l’aide de Dieu. Puis il fait alliance avec l’Éternel.
Les Jansénistes ont pensé que la grâce n’était donnée qu’à quelques-uns, que Dieu aurait choisis[4]. C’était ignorer la participation de l’être à sa grâce.
L’homme ne cherche que ce qui lui manque. Et le manque est désir de plénitude ; car c’est le désir qui pousse à combler le manque. Il est puissance d’agir, donc puissance de vie[5] pour Spinoza.
Si celui qui cherche trouve et si celui qui demande reçoit, cela signifie qu’il ne suffit pas de se tourner vers l’inconnu, l’invisible pour que la grâce illumine l’être ; recevoir ce don est une chose, vouloir l’accueillir en est une autre : « C’est bien par la grâce que vous êtes sauvés, à cause de votre foi. Cela ne vient pas de vous, c’est le don de Dieu. Cela ne vient pas de vos actes, il n’y a pas à en tirer orgueil[6]. »
Les œuvres sont des actes, la grâce est une illumination (ce don émané de Dieu, donc extérieur à l’homme) ; mais elle-même n’est possible qu’à la condition, que celui qui en bénéficie, ait la foi.
Elle présuppose cinq critères d’accomplissement :
d’abord une forte spiritualité (comme quête de connaissance au-delà des savoirs) ;
ensuite une démarche de sens (comme voie de dépassement de soi-même) ;
couplée à une pratique vertueuse (comme principe d’une vie bonne et exemplaire) ;
puis la foi (comme ouverture de soi au divin) ;
et enfin la grâce (comme don extérieur de Dieu pour soi).
Croyance et spiritualité, foi et grâce : à chacun sa voie, son choix et son ouverture d’esprit…
Pierre PELLE LE CROISA, le 14 juin 2021
[1] SAINT ALEXIS, Fille du comte de P., poème du XIème siècle (BNF, f° 11 v-19 v, siglé A) :
[2]Le Roman d’Énéas (anonyme du XIIème siècle), apud. DUFOUMET J., Relire le Roman d’Énéas (éd. Champion, Paris, 1985).
[3] SAINT PAUL, Seconde épître aux Corinthiens, XIII, 13.
Une nouvelle alerte de l’Organisation non gouvernementale islamique Jamra. Selon un communiqué de Mame Mactar Guèye et Cie, la loge maçonnique sénégalaise est en conclave cette semaine à Ngor les 16 et 30 juillet à 20h.
Tentative de tenir un “congrès inédit”…
“Ils avaient mis les bouchées doubles dans leur tentative de tenir un “congrès inédit”, les 02 et 03 février 2018, à l’Hôtel King Fahd Palace, devant regrouper pas moins de 600 loges maçonniques d’Afrique et de Madagascar. Il s’agissait des REHFRAM (Rencontres humanistes et fraternelles d’Afrique francophone et de Madagascar), le fameux rassemblement annuel de la Conférence des puissances maçonniques africaines et malgaches, concentrant les francs-maçons africains francophones”, rappelle Mame Mactar Guèye.
Le parrain de ces assises…
D’après le vice-président de l’Ong islamique, le parrain de ces assises n’était autre que le “Grand-Orient” de France, réputée être la loge maçonnique la plus islamophobe d’Europe. Et la plus ancienne (fondée en 1776), et forte aujourd’hui de ses 50.000 membres, répartis dans 1.200 loges, dont elle parraine les activités, et contribue à leur financement.
Le nouveau Grand Maître de la Grande Loge du Sénégal…
“Sous le label de la “Grande Loge du Sénégal”, les francs-maçons sénégalais sont revenus en force. Leur “Grand Maître”, le célèbre avocat du Barreau de Dakar, Maître Yérim Thiam, avait informé ses “Bien Aimés et Très Chers Frères”, par courrier en date du 1er juin dernier, de la tenue imminente de leur “Assemblée générale”. Laquelle serait précédée de la cérémonie d’intronisation du «Frère» Charles Médor, en qualité de nouveau Grand Maître de la “Grande Loge du Sénégal”. C’est chose faite. Me Yérim Thiam et Charles Médor ont procédé à leur passation de pouvoir depuis le samedi le 05 juin 2021, à 15h00″, révèle Jamra.
Convoquer et de présider les travaux de la RL…
Selon l’Ong islamique, le nouveau “Khalife général koullou Francs-maçons du Sénégal”, Charles Médor, n’a pas perdu de temps. Et en vertu de l’article 35 du Règlement Général de la “Grande Loge du Sénégal”, il vient d’instruire le VF (“Vénérable Frère”, dans le lexique maçonnique), Christian Norgaard, de convoquer et de présider les travaux de la RL (“Respectable Loge”), “Terre Sacrée” jusqu’à l’installation du nouveau VM (“Vénérable maître”). A l’en croire, c’est finalement en leur Temple de Ngor que se dérouleront leurs travaux maçonniques, les 16 et 30 juillet à 20h.
Les manœuvres multiformes de vassalisation de nos mœurs…
L’Ong islamique Jamra et l’Observatoire de veille et de défense des valeurs culturelles et religieuses, MBAÑ GACCE, se font ainsi le devoir “d’alerter sur les manœuvres multiformes de vassalisation de nos mœurs socio-religieuses. Lesquelles stratégies se précisent chaque jour davantage, tantôt sous la forme d’un diktat maçonnique néocolonial, porté par le Grand Orient de France. Où sous les apparences d’une propagande insidieuse de lobbies LGBT français, dans l’espace public sénégalais”.
Comme le mentionne l’Est Républicain dans son édition du 14 juillet 2021 : « La promotion de la Légion d‘honneur a été publiée au Journal officiel de ce même jour, « Par décret du Président de la République en date du 13 juillet 2021, pris sur le rapport du Premier ministre et des ministres…« . Elle distingue 467 personnes. On y découvre quelques lignes plus bas que sur le contingent du ministère de l’Intérieur, il est nommé : M. Hubsch (Jean-Philippe), courtier en assurances, ancien Grand-Maître d’une obédience maçonnique ; 35 ans de services, au grade de chevalier. (toujours cette ambiguïté gouvernementale assimilant la Franc-maçonnerie à un quasi culte, le ministère de l’intérieur étant aussi celui des cultes).
Et bien sûr, on ne sait pas, si c’est en tant qu’assureur ou ex Grand-Maître qu’il a bénéficié de cette promotion. Nous pouvons imaginer que les 35 ans de service en question, ce n’est pas en qualité de Grand-Maître.
En 2011, du côté de la GLNF, Jean Eugène Murat, (ancien professeur de chirurgie, ancien chef de service hospitalier, médecin de réserve), un opposant au Grand Maître de l’époque (Stifani), le 27 avril 2011 avait reçu dans les salons du restaurant du Sénat, les insignes de Commandeur dans l’Ordre National de la Légion d’Honneur. Nous pouvons affirmer que ce n’est pas en qualité d’opposant de Stifani ou encore de Grand maître (qu’il n’a jamais été), qu’il a été promu commandeur, mais bien au titre de son passé de médecin, de général.
Retour au GOdF, l’ancien Grand-Maître Philippe Guglielmi (1997 – 1999) s’est vu remettre en 2008, le grade de chevalier de la Légion d’honneur. Il est à noter que ce n’est pas en tant que Grand-Maître du GODF, mais comme adjoint au maire de Romainville ( Seine-Saint-Denis ), pour ses 28 ans de services civils, militaires et ses fonctions électives. Sans oublier, que Philippe Guglielmi, est un ancien officier de carrière lui-aussi, il a été blessé au Liban et il est titulaire de nombreuses décorations militaires. Il a été depuis nommé officier de la légion d’honneur en janvier 2017.
Il ne faudrait pas oublier non plus, la nomination en tant que chevalier de la Légion d’honneur de Daniel Keller, Grand-Maître de 2013-2016, décret du 18 avril 2014, mais cette fois en tant que « capitaine d’industrie » contingent du premier ministre, directeur général de société ; 33 ans de services.
Passons maintenant à la GLdF, le lundi 11 juin 2018, Hubert Germain Grand-Maître Honoris Causa, avait reçu des mains du Président de la République de l’époque, un certain Emmanuel Macron, le cordon de Grand Croix dans l’Ordre de la Légion d’Honneur, dans la cour des Invalides à Paris. Mais là-aussi, sans relation commune avec son caractère de Franc-maçon, uniquement en tant que dernier compagnon de la libération. Un homme au parcours particulièrement riche. Après avoir été député, il fût ministre de Pierre Messmer de 1972 à 1974. Il est aujourd’hui âgé de 100 ans.
On peut le constater, être Grand Maître ou Haut dignitaire maçonnique n’emporte pas nécessairement le ruban rouge. Nous avons effectué quelques recherches et n’avons pas trouvé d’attribution automatique de la précieuse récompense aux anciens Grands-Maîtres. Le débat est ouvert, si nos lecteurs ont des informations sur le sujet…
Associer le texte à l’image est une démarche, que notre civilisation rationnellement hypertrophiée, craint parfois d’emprunter. Les démarches de sagesse, comme l’ALCHIMIE, s’en servent pour masquer les secrets initiatiques aux profanes. Ainsi du processus de transformation de la matière illustré par le MUTUS LIBER. Il n’était donc pas anormal, qu’un auteur spécialiste de l’ALCHIMIE, rencontre un spécialiste de l’ENLUMINURE. L’observation fine des œuvres du peintre suggère, à celui qui a des yeux pour voir, combien celles choisies se réfèrent au grade d’apprenti maçonnique. Une espèce de QUIZ est ainsi offerte à ceux qui voudraient frapper à la porte de l’initiation maçonnique. Et cela peut aussi servir de rappel mémoriel à ceux qui sont sur le sentier.
LES AUTEURS
Alain Quéruel auteur d’une série d’ouvrages sur l’alchimie et la Franc-Maçonnerie a publié chez de nombreux éditeurs
De l’alchimie à la Franc-Maçonnerie
L’alchimie opérative
Alchimie et Rose-Croix
La Franc-Maçonnerie sous Napoléon III
Echecs et Franc-Maçonnerie
Le Grand Livre de la Franc-Maçonnerie
L’alchimie
Jean Luc Leguay est tombé en admiration devant les manuscrits médiévaux de la bibliothèque royale de Turin et a décidé de suivre la formation d’ENLUMINEUR de Tradition
Ses tableaux sont signés HERACLIUS, clin d’œil probable à Rome et à Athènes pour leurs mythologies. Il est également chorégraphe et directeur de danse dans des compagnies de renom. Il a créé des ballets pour l’Opéra de Paris, le Bolchoï, l’Américan Ballet, La Scala de Milan et Stuttgart.
On pourrait résumer une partie de football, comme une confrontation entre deux équipes avec l’objectif de mettre le plus de buts possibles dans le filet de l’équipe adverse. Mais, si on allait plus loin ?
Le récent championnat d’Europe 2020, (joué en 2021) nous rappelle la ferveur extraordinaire de tous les peuples du monde, qui entoure ce sport, la gloire des meilleures équipes et le statut de héros mythique accordé aux meilleurs joueurs ; tout cela ne peut que nous interroger.
Le football ne serait-il pas autre chose ? Ne pourrait-on pas l’aborder avec une lecture symbolique ?
Il y a plusieurs éléments qui méritent toute notre attention :
Tout d’abord le terrain : Ne serait-ce pas un carré long ?
le ballon de football associe deux caractéristiques : c’est une approche sphérique et son dessin l’apparente à un pavé mosaïque avec une association de pentagrammes et d’hexagrammes qui lui donne un contenu symbolique céleste. Le ballon est l’objet central du jeu ; il suscite l’attraction et oblige à son éjection ; il doit être capté par une des deux équipes avec l’objectif final de le déposer à un endroit précis. Le ballon nous relie au XVIIIème siècle anglais (même si on retrouve en Chine – voir l’image ci-dessus – un jeu qui s’y apparente) et nous évoque le pavé mosaïque en lui donnant aussi un autre sens : celui d’objet de dévotion, que l’on se doit de déposer dans l’espace sacré.
les poteaux de la cage délimitent l’espace sacré. Les poteaux ne font-ils pas aussi penser aux deux colonnes d’un temple.
la barre latérale au-dessus qui relie les deux poteaux (3ème colonne) pour assurer non seulement l’équilibre et la stabilité des deux poteaux, mais participe aussi à la délimitation de l’espace sacré du goal.
Ensuite le filet du but : bien qu’il y ait deux filets, dans leur symbolique ils ne sont qu’un ! Le filet joue le rôle de l’accès à l’espace sacré dans lequel on doit déposer le ballon ou plutôt ce qu’il représente ! On retrouve le contenu symbolique du filet, en particulier son sens d’accès vers le mystère de l’univers, tel qu’il est utilisé dans de nombreuses religions.
L’équipe composée de 11 joueurs ,mais que l’on pourrait analyser comme 10 joueurs plus un ; ce dernier, le gardien de but, a un statut particulier qui en fait plus qu’un joueur ordinaire ; il est le seul qui est autorisé à prendre le ballon dans ses mains. Parmi les 10 autres joueurs, chacun a une fonction précise de sorte que l’équipe doit être capable de se coordonner et d’aboutir à une cohésion parfaite ; 10, c’est aussi le nombre des officiers dans une loge.
Les arbitres : ils ont un rôle accessoire, mais symbolisent le respect des règles et donc de l’ordre.
Les maillots et shorts peuvent être analysés dans leurs éléments décoratifs et leurs couleurs.
La durée du match : deux mi-temps de 45 mn espacées de 10 mn : en franc-maçonnerie, 45, c’est le nombre de degrés pour l’ouverture du compas ! La signification de ce nombre implique un rapport en évolution entre l’esprit et la matière.
Le rôle décisionnel des tirs au but en cas d’égalité montre bien où se trouve l’essentiel du contenu symbolique.
Tout se passe, comme si le match de football était une épreuve rituelle permettant à une équipe de réaliser un rite de dévotion ; à ce titre on pourrait faire un parallèle avec la corrida, qui elle concerne un rite sacrificiel !
Dans les deux cas, la réalisation du rituel est conditionnée au dépassement d’un obstacle qu’il faut franchir :
dans la corrida, c’est le taureau sacrificiel,
au football, tout se passe comme si chaque équipe jouait un double jeu de rôle : une démarche rituelle pour essayer de déposer l’objet sacré (le ballon) dans l’autel (la cage) et une deuxième posture qui, elle, s’oppose à la démarche rituelle de l’équipe adverse et donc de nature diabolique.
Dans cette logique, il est normal que l’équipe qui gagne soit portée au pinacle alors que l’équipe vaincue rejoigne l’enfer !
Dans cette lecture symbolique, on retrouve des archaïsmes culturels présents dans toutes les cultures. N’est-ce ce pas ce contenu archaïque (au sens mythique du terme) qui explique la ferveur de ce sport sur tous les continents ?
Une question me taraude. Lors de l’initiation, on prête un serment irrévocable pour l’éternité. Comme le rappelle Woody Allen, « L’éternité, c’est long, surtout vers la fin ». En constatant le nombre de maçons aux trois grades qui repartent déçus (et certains, déjà en arrivant), on peut se demander si la valeur d’une initiation ne se mesure pas à la capacité à rompre ce serment ?
Cette idée peut sembler saugrenue et pourtant ! Que vaut, le oui sans l’autorisation de dire non, le mariage sans possibilité de divorce ou la vie… sans la mort ? Initier, du latin initium, signifie commencer un chemin ; Lorsqu’on commence un voyage, qu’est-ce qui empêche le pèlerin de faire demi-tour ? En somme, on peut démarrer une route et naturellement on devrait pouvoir revenir au point de départ et se libérer de son obligation si on le souhaite. Toute voie initiatique qui enferme et cloître, pour toujours ses adeptes, annihile toute idée d’élévation de ses membres au motif d’un pacte d’éternité qu’elle instaure avec ses « initiés ».
La Franc-maçonnerie aurait-elle peur de la valeur de son initiation ou de la fidélité de ses participants pour les enchaîner à perpétuité dans le serment éternel ?
Vous ne le savez peut-être pas, mais chaque année, plus de 1000 personnes se font débaptiser[1]. Je ne parle pas d’apostasie, mais bien de dé-baptême. Pourquoi ne pas instaurer une forme de dés-initiation chez les Maçons par une simple cérémonie de rupture du serment ? Nous nous plaisons à affirmer que la différence entre la Maçonnerie et une secte, c’est que la secte fait entrer ses membres sans difficulté et les emprisonne à la sortie, alors que la Franc-maçonnerie fait le contraire. Cela pourrait-être totalement vrai, si l’adepte est en mesure de se purifier des engagements pris initialement !
Certains vont se demander si je ne suis pas tombé sur la tête avec cette idée étrange. Voici quelques points d’argumentation qui méritent une réflexion :
Tout d’abord, il me semble fondamental qu’une pratique initiatique tende à libérer ses fidèles. Comment prétendre les émanciper si la porte est verrouillée pour toujours ? La démission dès la moindre déception devient alors la seule option possible.
Beaumarchais dit : « Sans la liberté de blâmer, il n’est point d’éloge flatteur ». Cela s’applique à la Franc-maçonnerie, « Sans liberté de rupture du serment, point de fidélité sincère et durable ». Prendre conscience à tout moment de notre liberté de quitter l’Ordre rend notre présence plus intense par notre choix intégral.
Sachant que chaque année, des milliers de Francs-maçons qui avaient prêté le fameux serment quittent la Maçonnerie et démissionnent de leur Loge, ils deviennent de fait des parjures. Comment peut-on permettre d’hypothéquer ainsi le futur de ses Frères qui démissionnent sans leur donner la liberté de se dégager de leur serment en cas de changement de leur conscience vis à vis de la Fraternité ? Cette condamnation à perpétuité est-elle réellement conforme à l’idéal maçonnique ?
Bon nombre de pratiquants croient en une vie après la vie, paradis pour les uns, réincarnation pour les autres. Qu’en est-il de l’énergie des serments éternels passés dans les Loges ?
A l’époque où nous vivions 40 ans, le mariage éternel à 20 ans, engageait pour une vingtaine d’années. Il était donc concevable de passer 2 décennies avec son conjoint ou sa conjointe. Si l’on retire les périodes de grossesse, 14 heures de travail quotidien, le temps passé sur les champs de bataille dans les périodes guerres… le mariage éternel était tout à fait supportable. La durée de vie effective était aussi longue que celle d’aujourd’hui. Un pacte d’éternité était nettement moins engageant que de nos jours ou l’humain s’apprête à vivre plus de 1000 ans grâce aux GAFA[2] qui préparent au rêve d’éternité transhumaniste.
Je propose donc que nos serments soient révisés au plus tôt et qu’on remplace certaines clauses léonines :
Celle qui permettrait d’écrire, buriner, graver, sculpter ou reproduire car avec plus de 11 000 ouvrages maçonniques en circulation, ce serment n’a plus aucun sens.
Une autre aussi qui s’est vidée de son essence : « Je promets d’aimer mes Frères, de les secourir et de leur venir en aide… ». A considérer la faible motivation de solidarité fraternelle, plutôt la retirer. Car une minorité de Francs-maçons la respectent, d’autres se sont empressés de l’oublier.
Et enfin, il conviendrait de clarifier la notion d’appartenance à la Fraternité. Le Maçon ne change pas d’identité, mais de groupe d’appartenance. C’est rappelé très justement par Michel Serres[3] qui avait clarifié ce point de confusion générale avec brio en répondant à la question :
Le journaliste : « Faites le point sur la différence entre identité et appartenance, une confusion quotidienne qui conduit au racisme ».
Michel Serres : « Être un individu de sexe masculin, caucasien, mesurant 1,80 mètre, et s’appelant Michel Durand ne correspond pas à votre identité. Tout ceci est un carrefour d’appartenances. Mais en aucun cas il ne vous donne votre identité.
Ainsi, parler d’identité nationale, religieuse, culturelle conduit le plus souvent à des dérives. Si nous devions qualifier notre identité, elle se résumerait à notre code ADN, unique à chacun. »
Nous ne sommes peut-être pas Francs-maçons par la simple cérémonie d’Initiation… En revanche, nous le devenons lors de notre passage à l’Orient Eternel, au terme d’une pratique assidue et respectueuse. En attendant, nous « maçonnons », et nous nous initions au quotidien en travaillant. C’est pourquoi, il me semble crucial de libérer ceux qui veulent se libérer de tout passage dans l’Art Royal. Nous y gagnerons tous !