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ITALIE : « LES MYTHES FONDATEURS DE LA FRANC-MAÇONNERIE » (Entretien avec les professeurs Nicolai et Pruneti)

De notre confrère italien L’OPINION DES LIBERTÉS – Interview de Pierpaola Meledandri

Professeur Maria Concetta Nicolai (*) , qu’est-ce que le groupe d’étude « Ninnia Primilla » et pourquoi porte-t-il ce nom ?

La Ninnia Primilla est en fait une loge appartenant à l’ Ordre maçonnique Traditionnel Italien, composée uniquement de sœurs qui se présentent au monde profane comme un groupe d’étude de la condition féminine dans les mythes et la culture classique. Il tire son nom d’une pierre tombale d’une jeune prêtresse de Cérès qui vécut dans les Abruzzes à la fin du IIe siècle av.

Professeur Nicolai, que la franc-maçonnerie doit-elle à la composante mythologique ?

Si ce n’est toute la structure, du moins la philosophie qui la soutient. Après tout, la Franc – Maçonnerie , après avoir réuni, comme dans un grand récipient, les mythes que l’humanité a produits à diverses époques et cultures, et après les avoir traduits dans le langage symbolique universel, a inventé un immense théâtre de l’imaginaire, où l’initié, dans son hic et nunc très personnel et irremplaçable, est le héros, protagoniste de toutes les histoires qui y sont représentées. En réalité, chaque situation est une navigation avec le navire des Argonautes à la conquête de la Toison d’Or .

Professeur Nicolai, parmi les divers mythes maçonniques, lequel trouvez-vous le plus actuel et le plus fascinant ?

Celui qui est peut-être le moins visible, tant il est caché par la lumière de l’étoile pythagoricienne et l’allégorie de l’homme de Vitruve. Je parle de l’homo faber qui « a la beauté de l’imagination, ajoute la force de l’intellect » un archétype qui accompagne l’évolution humaine depuis ses débuts. Le passage de la Perpendiculaire au Niveau, qui symbolise l’élévation au rang de compagnon a, signifie projeter l’œuvre de la dimension sensible de la technè, à la dimension métaphysique du sacré qui caractérise la création. En un mot, parmi tous les rituels, celui que je préfère, est celui de compagnon avec ses codes et ses enseignements. D’ailleurs, Gilbert Durand se pose comme le premier mythe fondateur de la franc-maçonnerie celui de la reconstruction permanente du Temple .

Professeur Nicolai, les mythes maçonniques correspondent-ils à des archétypes et si oui lesquels ?

Les mythes sont nés précisément pour répondre aux archétypes que l’homme a en lui, et ils le font très bien depuis de nombreux siècles. Si je devais dire quels mythes répondent directement aux archétypes de l’homme occidental, alors je dois avoir recours aux mythes préhelléniques, annoncés dans les hymnes orphiques et dans la Théogonie d’Hésiode, comme Phánēs, le premier né de l’œuf cosmique et Gaïa qui engendre seule ses fils.

Professeur Nicolai, quelle lecture anthropologique Durand propose-t-il du célèbre mythe de l’architecte Hiram ?

Celui de la mort injuste. Et en ce sens, toujours selon Durand, plus qu’à celui d’Osiris ou des nombreuses divinités mortes et ressuscitées, ou enfin de Jacques de Molay évoquée par la vulgate maçonnique, les très catholiques Jacobites, qui dans la première moitié du XVIIIe siècle en ont fait l’élément central du rite écossais ancien et accepté , en s’inspirant directement de celle du Christ .

Professeur Nicolai, quel rapport existe-t-il entre mythe et symbolisme ?

Le symbole est le langage iconique et universel du mythe. La relation est née de la primauté absolue du mythe sur le symbole. A titre d’exemple, les nombreux symboles du travail qui ont traversé l’anthropologie politique du XIXe siècle n’auraient pas eu la même valeur universelle, s’ils n’étaient tous issus du mythe de l’homo faber, en premier lieu de celui de Prométhée pour nous Occidentaux. .

Professeur Nicolai, selon vous, égalité et hiérarchie peuvent-elles cohabiter ?

A condition que les notions d’égalité et de hiérarchie soient bien comprises. L’égalité n’est pas une homologation horizontale, dépourvue de toute identité individuelle, et la hiérarchie n’est pas une position de pouvoir, mais la première est la valeur universelle de l’humanité et la seconde indique les étapes d’un cheminement personnel au sein d’une certaine communauté qui le reconnaît et le partage.

Professeur Luigi Pruneti, pourquoi avoir donné à votre préface un titre très original : « Durand et le chaman » ?

Car la conception de Durand de la franc-maçonnerie me rappelle un peu la conception cosmologique chamanique de l’univers : un pilier central, un poteau, un arbre qui soutient la création. Pour Durand, cette épine dorsale est le mythe. De plus, les chamanes croient que, grâce à un soutien central, ils sont autorisés à visiter les trois royaumes. De même Durand, à travers le mythe, explore toute la planète maçonnique. Les chamanes utilisent le tambour pour voler, Durand, l’anthropologie et sociologie culturelle.

Professeur Pruneti, Durand et Guénon, deux noms célèbres, deux auteurs importants pour la Franc-Maçonnerie. Qu’est-ce qui les unit et qu’est-ce qui les sépare ?

Tous deux sont des traditionalistes qui dénoncent la décadence de l’Occident, souffrant de dérives en tous genres et de perte d’identité, alors entre la conception traditionnelle de Guénon et celle religieuse de Durand, il y a certaines différences.

Professeur Pruneti, dans votre préface vous déclarez être en désaccord avec Durand sur l’interprétation de la franc-maçonnerie. Vous avez écrit, en effet : « La franc-maçonnerie n’est pas seulement celle mythologie et sacrée de Durand, mais aussi l’«acide », rationaliste et valorisant avec une empreinte des Lumières et positiviste. Quelle est votre conception de la Franc-Maçonnerie « qui vous permet de comprendre le présent et de regarder vers l’avenir, sans oublier le passé » ?

Durand a une conception monolithique de la franc-maçonnerie, mythologique et sacrée, il en exclut la version rationaliste, « froide », fille des Lumières et du positivisme. Cette dernière, en revanche, est une maçonnerie libre à part entière ; une vision n’exclut pas l’autre. La franc-maçonnerie est d’abord confrontation, coexistence des diversités, dans une vision dynamique du devenir de l’homme et de la société.

Les mythes fondateurs de la Franc-Maçonnerie Gilbert Durand, organisé par le Groupe d’ étude  » Ninnia Primilla  » , Introduction par Maria Concetta Nicolai, préface de Luigi Pruneti, – Mimesis Édition / La Flûte enchantée , 177 pages , 18 euros.

(*) Après avoir obtenu une licence en lettres classiques, puis une spécialisation en histoire des religions , obtenue à l’ Institut d’études supérieures du Tessin (Lugano 1971-1973) et spécialisation en anthropologie culturelle des sociétés complexes , (Université Sapienza, avec Tullio Tentori 1989 ) elle s’est consacrée à l’enseignement, à la recherche et à l’édition, en tant que rédactrice en chef de Rivista D’Abruzzo et directrice éditoriale de la maison d’édition Menabò. elle a à son actif de nombreuses publications relatives à l’anthropologie religieuse ( cent cinquante fêtes antiques, pain des hommes, pain de Dieu, un saint pour chaque clocher, etc.). Parmi ses dernières œuvres se trouve la première traduction italienne et le commentaire de « Les mythes fondateurs de la Franc-maçonnerie » (Éditions Dervy, Paris 2002) de Gilbert Durand et parmi celles en préparation Le rôle des femmes dans le contexte des religions ésotériques du monde antique.

Comment devenir célèbre ?

Être célèbre n’est pas difficile ; ce qui est difficile, c’est de le rester. Il n’y a que les génies qui y parviennent, mais tous les génies sont morts et je ne vais tout de même pas me singulariser — se disait-il résigné.

Oui, il savait qu’il ne se singulariserait pas, mais ce qui lui manquait c’était, malheureusement, le génie. De temps en temps il avait le sentiment qu’il lui chatouillait l’intelligence, mais il s’échappait presque aussitôt dans la médiocrité des jours. Ah, s’il pouvait l’avoir là, bien à lui, en lui, la renommée serait assurée. La postérité défie la mort et change une vie en destin. Mais comment diable l’acquérir, ou le conquérir, être reconnu enfin pour ce qu’il était dans son for intérieur, un génie ?

Cette question le taraudait, il n’en dormait plus. Un héros, se disait-il, c’est un moment d’audace, souvent insensée, un coup de folie, ça dure peu, le temps d’une bataille, de sauver un enfant du feu ou de la noyade, mais, au bout du compte, ça fait quelques lignes dans le journal et encore quand il y a un journaliste, et après l’histoire l’efface aussitôt, mais le génie, ah le génie !, c’est raffiné, c’est le prix d’excellence de l’au-delà, c’est ça oui, ça tutoie l’éternité… Et il en avait des rêves plein les cils.

Une nuit d’insomnie, lui revint en mémoire un roman dont il avait oublié l’auteur. Le héros du livre venait de prendre sa retraite. Quelle vie avait été la sienne ! Il pouvait en être fier. Que de souvenirs, d’expériences, de voyages, elle avait été riche sa vie, surtout quand il la comparait à celle des autres — les autres je n’en dirai rien, mais tout de même… D’ailleurs, comme il allait avoir, désormais, du temps pour lui, la retraite c’est fait pour ça, il allait le mettre à profit pour écrire ses mémoires. Quelle excellente idée, il en était tout émoustillé ! Aussitôt dit aussitôt fait, après les préparatifs indispensables le voilà assis devant sa machine à écrire, insérant religieusement la feuille de papier et tapant ses premiers mots en y mettant tout un cérémonial d’onction et de défi. Très vite, la passion de l’écriture le saisit. Ces mémoires seraient l’œuvre de sa vie. Elles le rendraient aussi immortel que Saint-Simon, Chateaubriand ou Casanova. Et il écrivait, écrivait, exalté, fiévreux, prenant à peine de temps de manger, ah ! c’était merveilleux, tout remontait à la surface, et comme il changeait le nom des gens qu’il avait côtoyés (on n’est jamais à l’abri d’une coquetterie d’auteur), sa mémoire pouvait se concentrer sur les tranches de vie qui revenaient avec fluidité. Ses jours passaient à une vitesse folle et ses nuits étaient au service du récit. Au bout de quelques petits mois de ce travail acharné, il se rendit compte qu’il en était arrivé au point actuel, celui où il se décrivait lui-même, face à sa machine, en train de rédiger ses mémoires. Il compta les pages qu’il avait écrites. Un peu plus de quatre-vingts… À peine… Ce n’était donc que ça, une vie ? Le désespoir remplit tout soudain le grand vide intérieur laissé par cette terrible découverte. Abattu, désemparé, il regardait d’un œil éteint sa feuille à moitié écrite, qui pendait de la machine comme une déchéance. Soudain lui vint l’idée de génie qui l’illumina d’un coup. Ça y est ! Il allait écrire ses mémoires du lendemain. Et tout ragaillardi, le cœur léger, il se mit à taper enthousiasmé ce qu’il n’avait pas (encore ?) vécu.

Voilà une façon superbe d’entrer dans la légende, se disait-il. Mais le hic, c’est que sa propre vie, tout bien considéré, n’avait pas été extraordinaire, tant s’en faut, et qu’il n’avait pas grand-chose à écrire. « Ah ! que la Vie est quotidienne », s’exclamait Jules Laforgue. Et en plus, écrire demande du talent, même si de nos jours, quand on voit le nombre de bouquins qui sortent tous les ans… Le mieux serait d’entrer directement dans le vif du sujet et d’écrire mes mémoires de l’au-delà. Car finalement, le véritable héros c’est celui qui transforme un instant en éternité. Ah, si je parvenais à dépasser le présent, j’entrerais dans la légende ! Pour ça, il faut fabriquer le hasard et lui donner ma dimension, toute ma dimension légendaire. Et il regardait d’un air apitoyé les gens qu’il croisait, les dévisageant pour détecter leur génie, mais ils avaient le nez collé sur l’écran de leur téléphone, un casque sur les oreilles, et ils passaient hagards, soumis, esclaves sans perspective, bien mauvais augure pour leur destinée…

En baguenaudant, il longea un vieux cimetière de centre-ville. Il y entra. J’y serai au calme pour réfléchir. C’était le cas. Des oiseaux pépiaient, des fleurs poussaient entre les tombes contrastant avec les bouquets fanés laissés par les vivants. Machinalement, il lisait les inscriptions sur les pierres tombales. C’était d’un pauvre ! Pas la moindre trace d’humour ni d’humanité. Rien que des larmoiements d’une banalité affligeante. Il se souvenait d’une épitaphe qui l’avait marqué : « Je vous avais bien dit que j’étais malade » ! Il en riait encore quand il sortit du cimetière et se retrouva dans un quartier qu’il ne connaissait pas. Tout en marchant dans son rêve, il tomba sur un bouquiniste. Probablement inspiré par la proximité des lieux, il proposait, entre autres, un ouvrage sur des épitaphes célèbres. Une l’amusa de nouveau : « Paix à mes cendres : ne pas éternuer ! » une autre l’interpella personnellement : « On peut s’éteindre sans avoir été une lumière »… Mais une autre l’enchanta :

« De l’Empereur Hadrien pour lui-même.

Petite âme, insaisissable et caressante,

hôte et compagne de mon corps,

en quels lieux vas-tu t’en aller,

pâlotte, tendue, toute nue

où, contrairement à ton habitude, tu ne pourras plus plaisanter ? »

Finalement, se dit-il, il me faut écrire une épitaphe… définitive, une épitaphe qui m’ouvrira les portes de la célébrité et fera de moi un génie posthume. Mais comme on ne devient posthume qu’en ayant été anthume, je vais écrire une maxime et la faire graver sur ma pierre tombale. J’y mettrai la frustration de ne pas avoir été reconnu à ma juste grandeur, mais je le ferai de façon élégante, avec humour, afin d’accrocher le regard des passants. Il s’attela à la tâche et inscrivit sur un carnet douze épitaphes, au fil des inspirations. La bonne ferait certainement de lui un héros. Les voici :

  • Mourir fait un peu mal sur le coup, mais après, on ne s’en souvient plus.
  • Quand je ressusciterai, je me demande si on me réclamera l’impôt sur le revenu.
  • C’est chez moi : Inutile de frapper avant d’entrer.
  • On ne devient pas un mort sans y mettre du sien.
  • Ce sommeil me fatigue terriblement.
  • Je ne sais pas si je vais m’en sortir de celle-là.
  • Ça commence à devenir long. Vous n’auriez pas un raccourci ?
  • Mon amour, si tu me cherches, je suis où tu m’avais laissé la dernière fois.
  • Quand vous mourrez, ouvrez l’oeil ! Prenez garde de ne pas tomber dans un trou.
  • Le sceptique est dans la fosse.
  • Ici gît un époux marié sous le régime de la concession à perpétuité.
  • Le gros avantage d’être mort, c’est qu’on ne manque de rien. Pensez-y !

Laquelle auriez-vous choisie, vous ?

*          *          *

La Chaîne d’Union – « Loge maçonnique : Trois la dirigent »

La Chaîne d’Union

Collectif

Conform édition, 2021, N° 97, 96 pages, 15 €

La Chaîne d’Union est la revue trimestrielle d’études maçonniques, philosophiques et symboliques du Grand Orient de France. Une revue entièrement vouée à la réflexion maçonnique et créée en 1864 à Londres par des francs-maçons français exilés, fuyant le régime autoritaire de Napoléon III.

Au sommaire du dossier de ce numéro de juillet, nous trouvons le traditionnel « Matières à débat », le « Dossier » intitulé « Loge maçonnique : Trois la dirigent », « Études et recherches, ainsi que les « Notes de lecture ».

Au sommaire : Le dossier de ce numéro est consacré à « Qu’est-ce que le secret maçonnique ? ».

Rappelons que le prix de vente inclut le port de la revue.

Le dossier inaugure-t-il une série qui pourrait s’intituler « 3 la dirigent, 5 l’éclairent et 7 la rendent juste et parfaite » ?

Ce dossier va nous offrir un éclairage sur une partie de nos rituels qui disent :

« Q : Où avez-vous été reçu Maçon ?

R : Dans une loge juste et parfaite.

Q : Que faut-il pour qu’une loge soit juste et parfaite ?

R : Trois la dirigent, cinq l’éclairent et sept la rendent juste et parfaite.

Q : Expliquez cette réponse.

R : Les trois sont le Vénérable Maître et les deux Surveillants… »

Au sommaire :

ÉDITORIAL

Jacques Garat

MATIÈRE À DÉBATS

L’art ésotérique et les racines spirituelles de l’humanité (Pierre Mollier)

Jazz et spiritualité (Naudot Taskin)

Rassembler ce qui est épars (Naudot Taskin)

D’une guerre à l’autre…Entre République école et Maçonnerie (Estelle Prouhet)

DOSSIER : LOGE MAÇONNIQUE : TROIS LA DIRIGENT

– Trois Grands Maîtres (Roger Dachez)

– De la triangulation symbolique en franc-maçonnerie (Daniel Comino)

– « Le miroir de la Sagesse » de David Rosenberg (Pierre Mollier)

– « Trois la dirigent » (Henri Krys)

– Le Vénérable Maître en chaire (Marc Fiszman)

– Un tandem indissociable : les deux Surveillants de la loge (Irène Mainguy)

ESSENTIELLEMENT PHILOSOPHIQUE « Préparer la concorde universelle » : idée mobilisatrice ou mythe ? (Pierre Rabaté)

ÉTUDES ET RECHERCHES

Quelques aspects d’un ésotérisme musical

II. Des chiffres et des lettres (Naudot Taskin)

NOTES DE LECTURE

Philippe Foussier

Yonnel Ghernaouti

À retrouver sur : https://bit.ly/36IX1EY

Panama : La Franc-maçonnerie fête ses 200 ans : comment ça marche ?

De notre confrère panaméen panamaamerica.com.pa – Par Karol Elizabeth Lara

Líctor Reyna, Maître de la Grande Loge de Panama, passe en revue les contributions de la franc-maçonnerie à la société panaméenne, qui célèbre aujourd’hui deux siècles d’existence dans le pays.

Sur les franc-maçons, il y a un voile de polémiques et de mythes : ils contrôleraient le monde, influencent les décisions les plus importantes et vivent dans le secret.

Mais, la réalité est totalement différente de ce qui est propagé par les légendes. Líctor Reyna, Grand Maître de la Panama Lodge , a évoqué avec notre journal « Panama America » de ce que la franc-maçonnerie implique vraiment et de sa contribution au pays.

Ce 14 juillet, la franc-maçonnerie fête ses 200 ans d’arrivée au Panama. Reyna souligne que tout au long de son séjour sur l’isthme, ses contributions ont été importantes et que des Panaméens distingués se démarquent parmi ses membres.

Qu’est-ce que la franc-maçonnerie ?
La franc-maçonnerie est une institution fraternelle d’hommes, qui a des aspects très importants. Les aspects de philosophie, de philanthropie, de civisme et à travers nos activités en loge, l’institution nous fournit des outils pour que les hommes bons soient meilleurs. Nous utilisons ces outils pour le bien de notre famille et de notre société en général, ayant une société meilleure comme principe fondamental.

Comment la franc-maçonnerie est-elle arrivée au Panama ?
Le 14 juillet 1821, la première loge du Panama est constituée. Nous faisions encore partie de l’empire espagnol. Elle se développe au Panama à la suite de l’afflux de mouvements de liberté dans toute l’Amérique latine. La « meilleure Union » est créée comme une méthode pour essayer d’unir les idées de ceux, qui pensaient que continuer à faire partie de l’empire espagnol était une bonne idée et de ceux, qui avaient des aspirations à la liberté. A tel point que le président de l’Audience royale d’Espagne au Nouvel Empire, le vice-roi général Mourgeon, est l’un des parrains de la loge pour qu’il y ait la paix.

Comment la franc-maçonnerie a-t-elle influencé l’indépendance du Panama vis-à-vis de l’Espagne ?
Pour l’Espagne, la création de la loge n’était pas une bonne idée. A partir de la loge, les premiers mouvements avec la plus grande force d’indépendance ont été créés. En fait, un frère de cette loge, José María Goytía, est celui qui amène la première presse à imprimer au Panama. De l’imprimerie, les premières brochures qui demandaient la libération du Panama du royaume espagnol ont commencé à être imprimées et l’acte d’indépendance y a été imprimé.

Quels Panaméens connus ont été des francs-maçons ?
Au cours de ces 200 ans, en plus des contributions de la première loge, appelée la « Meilleure Union », il est important de souligner la participation de grands Panaméens. Il y a des noms aussi importants que José Agustín Arango, Tomás Arias, Guillermo Andreve, Manuel Espinosa Batista, Carlos Antonio Mendoza, Pablo Arosemena, Eusebio Morales, José Daniel Crespo, Belisario Porras, Ricardo Miró, parmi beaucoup d’autres noms.

Comment est le travail actuel de la franc-maçonnerie au Panama ?
La franc-maçonnerie moderne a 300 ans. Elle est encore très actuelle, car chaque jour la société mondiale, notamment la nôtre, est confrontée à des défis importants pour que les hommes qui veulent faire partie de la construction d’un pays puissent y participer à travers la civilité, la morale et l’éthique. Nous sommes environ 550 Maçons, qui se réunissent dans 18 Loges, sous la juridiction de la très respectable Grande Loge de Panama.

Comment fonctionne la franc-maçonnerie ?
Elle dispose d’un organigramme dans lequel se déroule toute son activité administrative. Trois loges se trouvent à Chiriquí, deux à Colón et les autres à Panama City. Chacune a un conseil d’administration.

Comment gérez-vous les mythes et légendes entourant la franc-maçonnerie ?
C’est quelque chose qui nous fait parfois rires car il y a toujours des histoires de complot par rapport à nos activités. Mais la vérité est que nous nous consacrons discrètement à notre travail et je dis cela parce qu’on dit toujours que nous sommes une secte, un groupe secret ou une religion. Mais ni l’un ni l’autre. Un franc-maçon est un homme qui croit en un être supérieur, que certains appellent Dieu. Il y a des Chrétiens, des Juifs, des Bouddhistes et des Musulmans. Nous nous réunissons en reconnaissant que cet être suprême est le donneur de vie et à qui nous devons nos actions pour être meilleur. Nous faisons fi de ces histoires. Rien de ce qui est écrit dans la fiction n’est la réalité. Nous nous rencontrons pour étudier la philosophie et discuter de notre but sur terre.

Que faut-il pour être franc-maçon ?
Il y a un certain nombre d’exigences. L’essentiel est d’être un homme libre de bonnes moeurs. Une autre est de croire en un être supérieur et nous devons croire en l’immortalité de notre âme. En d’autres termes, nous ne sommes pas sur le plan où tout est fini, il doit y avoir un but qui transcende. Après cela, celui qui veut nous rejoindre doit frapper à la porte, nous ne faisons pas de prosélytisme. La personne doit posséder la flamme pour s’améliorer. Lorsque vous frapperez à la porte, la loge vous enquêtera et si vous répondez aux critères, vous serez reçu.

Quels sont les niveaux de la franc-maçonnerie ?
La Franc-Maçonnerie Universelle a trois niveaux : Apprenti, Compagnon et Maître. Chaque personne avance en fonction de son engagement. Plus tard, il y a des degrés philosophiques, qui sont des degrés d’approfondissement et d’analyse.

Qu’est ce qu’un rite maçonnique ?
Les rites sont des moyens par lesquels la franc-maçonnerie utilise des symboles et des allégories pour envoyer un message sur un enseignement. Ils correspondent à une manière d’enseigner quelque chose. Au Panama, il existe trois rites de base, certains sont très histrioniques, d’autres sont plus formels et éducatifs. Chacun a sa particularité.

Quelle a été la clé pour rester active pendant 200 ans au Panama ?
L’essentiel est que les enseignements que nous recevons ne soient pas laissés à l’inteieur du temple, nous les appliquons en permanence dans les lieux où nous agissons : famille, travail, en société. Comme les gens voient ce que nous faisons, cela se reproduit chez les autres. Cela fait 200 ans que nous sommes au Panama, mais cela fait 303 ans que la franc-maçonnerie moderne a été fondée en Angleterre. Je crois que la société telle qu’elle est avec tant de situations qui demandent à chacun d’être meilleur, nous réserve l’éternité, car la franc-maçonnerie servira toujours.

Daniel F∴ Pourquoi j’ai changé d’obédience ?

Initié en 1977, Daniel a eu un parcours maçonnique pas vraiment linéaire. Quelques fois déçu, parfois désenchanté, de temps en temps désabusé, mais jamais découragé, jamais détourné de son chemin maçonnique. Il a tout simplement changé de route à la croisée de certains chemins.

450FM – C’est en vous mariant que vous « épousez » en même temps, peut-on dire, une famille de maçons. Que savait, l’homme jeune que vous étiez alors, de la franc-maçonnerie ? Aviez-vous déjà pensé au mot initiation ? Autant de questions qui vous ont certainement été posées.

D.F – Évidemment, j’ignorais tout de la franc-maçonnerie, tout comme j’ignorais que j’allais me trouver immergé dans cette culture. Car au fil du temps, je peux affirmer que la franc-maçonnerie est à la fois, une véritable source de culture intarissable et une méthode qui participe de la construction de l’être humain. J’ai très vite remarqué que Jean était un homme pas ordinaire, tout comme son épouse. Que dire de mon ressenti à vivre à côté de ce couple sans savoir, à l’époque ce que pouvait être la franc-maçonnerie et qu’ils étaient l’un et l’autre maçons ? Lorsque nous étions tous réunis, ensemble autour d’une table, tous les sujets étaient permis, pas de tabou. Beaucoup de tolérance et d’ouverture d’esprit, une véritable curiosité d’apprendre, de comprendre de savoir. J’ignorais tout de ce que pouvaient cacher ces comportements, ce lien familial si fort, on sait très bien que le mot famille résonne de façon différente chez chacun. J’ai découvert une notion de la famille construite à partir du Nous, un Nous qui devient l’identité, la référence des êtres vivants ensemble dans un groupe et là il s’agissait d’un groupe familial. Ce que je dis là peut sembler décalé par rapport à la question posée, mais ce ressenti, très fort a certainement impacté mes choix, bien plus tard et continue aujourd’hui à éclairer mon chemin de vie. Avec le recul, ce couple a été pour moi un exemple, ni moraliste, ni idéaliste, simplement par leur comportement quotidien. L’exemplarité joue un rôle essentiel dans quasiment tous les domaines, qu’il s’agisse d’éducation, de management, d’autorité… Ne dit-on pas aux maîtres d’avoir un comportement exemplaire face aux nouveaux jeunes apprentis ?  Aujourd’hui, j’avoue que l’initiation, mon initiation était une évidence, inévitable et naturelle. En 1977, me voilà donc, parrainé par Jean, initié à la GLDF (Grande Loge de France) à l’Orient de Montpellier, là où nous vivions mon épouse et moi-même.  Ma belle-mère, Sœur de la GLFF (Grande Loge féminine de France) sera le guide de sa fille peu de temps après moi.

450FM – Vous avez une image plutôt très positive de la franc-maçonnerie et presque idéale si vous vous en tenez au prisme par lequel vous l‘observez ?

D.F – Jamais je n’aurai pensé ou imaginé ce que j’allais découvrir en mettant mes pas sur ce chemin inconnu. L’initiation ? Une découverte de moi-même tout d’abord au cours de mon apprentissage que l’on peut considérer comme une éducation, une instruction. L’image que j’avais de la franc-maçonnerie ? Aucune, je n’ai jamais imaginé, ni fantasmé sur le sujet, sur ce que les détracteurs appellent « secret » avec en fond des mots moins usités : « occulte, caché, mystérieux… » avec toutes les connotations négatives jusqu’au mot secte ! Je ressens et j’ai toujours ressenti une forme de fierté de participer à cette chaîne universelle, à célébrer le travail. Une chose continue à me fasciner, à m’interpeller : le binôme qui vit au fond de tous les hommes et de tous les maçons : un être solitaire qui travaille sur lui-même et celui qui participe et travaille au sein du collectif de façon collégiale.  

Voilà deux facettes d’un même personnage, facettes dont je n’avais aucun doute avant. Je me pensais monolithique, simple et finalement … je ne cesserais plus jamais de me poser des questions quant au bien-fondé de ma démarche. 44 ans de maçonnerie… jamais je n’aurais imaginé vivre aussi longtemps cette belle histoire qui a pourtant eu de grandes turbulences, des coups de colères, des tempêtes et en 2021, je suis toujours là et heureux !

450FM – Vous ne pensiez certainement pas changer de route, de chemin, et encore moins d’obédience, si l’on en croit votre discours.

D.F – En effet, loin de moi toute pensée allant dans ce sens. Je vivais la franc-maçonnerie comme une immense association au sein de laquelle, femmes et hommes, Sœurs et Frères vivaient avec la même sensation d’appartenance. Dans ma belle-famille, sans se voir très souvent, j’ai toujours senti une immense liberté d’expression qui conduisait souvent à des discussion, des argumentations, des débats interminables mais chacun pouvait exprimer sa pensée sans jamais porter de jugement sur la parole des autres. Mes premières lectures, très formatrices, furent les œuvres de Jean Verdun « La réalité maçonnique » notamment, puis d’autres s’en sont suivies qui m’ont permis de ne pas idéaliser, de ne pas rêver à une maçonnerie utopiste et irréaliste. Pourtant, je restais très étonné que la GLDF ne reçoivent pas les Sœurs et ne les reconnaissent pas en tant que telles. Oui, cela change petit à petit et cela enfin aller vers une unité humaine. La franc-maçonnerie étant Une et Universelle, si l’on en croit les écrits historiques ! Nous en sommes encore loin me semble-t-il ! Certes la mixité comporte ses détracteurs et ses défenseurs mais tout de même on peut recevoir les Sœurs en visite, partager certaines cérémonies. IL existe des obédiences qui offrent le choix de la mixité ou non, ce qui permet de vivre sereinement son parcours sans oublier l’un des deux pôles de la société. A la GLDF, nous ne recevons pas les Sœurs et pour autant nos frères se retrouvent souvent sur les colonnes de loges féminines, lors de certaines tenues à la GLFF, à la GLFMM, au DH… Peut-être un jour faudra-t-il se poser la bonne question et accepter d’ouvrir les portes de nos temples aux Sœurs, sans pour autant aller jusqu’à la mixité.

Ce sera un événement très particulier qui m’a profondément choqué qui m’a profondément bousculé : la tenue funèbre de Jean, mon parrain et guide. Son épouse et sa fille, Sœurs de la GLFF, se sont vues refuser l’entrée du temple pour cette cérémonie funèbre qui était tout de même un hommage à leur époux et père ! Une cérémonie forte, dont elles ses sont vues exclues. Pour moi, cela n’était pas possible, cela ne correspondait pas à l’universalisme dont parlent les francs-maçons, ni de la tolérance, pas plus que de la fraternité… Un déclic décisif.

450FM – 1995, l’année où vous faites le grand pas. Vous quittez la GLDF pour une loge mixte, la GLTM. Vous n’y trouverez pourtant pas ce que vous cherchez.

D.F – Comme vous pouvez l’imaginer, on ne quitte pas sa loge d’origine facilement. Un peu comme un déchirement, un abandon car la loge mère reste toujours très chère à mon cœur et jamais rien n’effacera ce que j’y ai vécu. A ce jour tant d’années après, mes amis toujours fidèles étaient mes premiers compagnons de route sur le chemin de la franc-maçonnerie. Si la Grande Loge m’avait un peu déçu quant à l’acceptation des Sœurs et à ce comportement lors de la tenue funèbre de mon parrain, ce sera vers la mixité que je me tourne, la Grande Loge Traditionnelle Mixte. Me voilà encore face à un autre constat et une grande interrogation sur la mixité ! Un paradoxe que de quitter une obédience qui n’accepte pas les femmes et me rendre compte que la mixité génère des comportements différents. Une impression de sentir le profane entrer dans la loge lors des tenues. Certes, cette sensation n’engage que moi.

Le prise de parole semble moins libre, une forme de timidité, peut-être de gêne, la peur du jugement, du regard de l’autre, la séduction…. Rapidement je me suis rendu compte que mon chemin maçonnique ne passerait pas par la mixité, avec la conviction bien ancrée en moi, les femmes, les « Sœurs sont des frères comme les autres » et pourtant travailler ensemble régulièrement… non, oui aux visites, aux voyages, aux partages, mais ponctuellement. Vous imaginez que j’ai quitté aussi la GLTM !!! Peut-être suis-je un franc maçon instable, infidèle qui ne tient pas son engagement ? C’est à la GLMT que je continue mon chemin, la Grande Loge Méditerranéenne de Tradition. Nous recevons les Sœurs avec beaucoup de plaisir, sur invitations ou pour des cérémonies particulières et j’y ai découvert le rite de Memphis Misraïm. Un rite très symbolique qui s’inspire et puise dans le REAA auquel se rajoute toute la symbolique égyptienne. Je me sens très heureux dans cette obédience où je ressens une véritable tolérance, une solidarité une harmonie. Peut-être, me direz-vous, l’obédience est toute petite et donc plus facile à gérer.

450FM – Alors pourquoi changer d’obédience, pourquoi rester en FM ?

D.F – Personnellement le pourquoi rester ne peut donner que des réponses positives : la construction de soi, l’acceptation d’être ce que l’on est, le côté fraternel et amical qui se tricote au fil du temps entre les membres d’une loge. Un peu comme dans une famille. Je garde des souvenirs incroyables de nos sorties familiales cette façon de vivre ensemble sans jamais se soucier de qui était qui, qui faisait quoi, quelle obédience… Nous passions des moments très forts d’amitié. Ce type de relation laisse des traces indélébiles qui nous unies malgré les aléas de la vie. Tout ce que nous avons en commun, quel que soit le chemin choisit, un lien, difficilement explicable, nous relie.

450.FM – Malgré un chemin particulier vous restez fidèle à votre initiation et à la franc-maçonnerie. Il y a bien d’autres chemins pour aller vers plus de spiritualité pourquoi ne pas avoir tenter une autre route ?

D.F. – Une réponse très simple : Si les francs-Maçons ne sont que des êtres humains ordinaires capables du pire et du meilleur, la Franc-Maçonnerie reste, à mes yeux, le transmetteur, le messager de valeurs fondamentales dont la société a besoin. Comme dit un frère « les maçons peuvent décevoir, la FM, jamais ne te décevra. Et la FM ne m’a jamais déçu, 44 ans après je reste un cherchant toujours dans le questionnement.  Le miracle de la franc-maçonnerie : jamais le chemin ne se terminera.

Trois points et puis c’est tout ∴

Pourquoi trois points ?

Dans les arcanes spirituelles, on trouve les trois points en kabbale où ils sont utilisés triangulés, en remplacement parfois du tétragramme (des 4 lettres, ils n’en retiennent que 3 primordiales, la lettre hé apparaissant deux fois, le targoum chaldaïque le rend  par trois yod, ייי). Dans l’alphabet hébraïque, le ségol est la voyelle «é» écrite par 3 points (אֶ se prononce [ɛ], comme brève). Cette structure qui n’est pas une lettre, symbolise par sa forme (un triangle dont le sommet se dirige vers le bas) le parfait équilibre de l’être au sein de l’harmonie universelle. Le Ségol inversé (un triangle dont le sommet se dirige vers le haut) est appelé le ségoltah, il forme avec le ségol la Maghen David, l’étoile ou le bouclier de David, symbole du libre-échange entre notre monde et les Mondes spirituels[1].

Pour Reuchlin, les trois points sont à mettre en relation avec les trois plus hautes séphiroth de l’Arbre de vie, Kéther, Hochmah et Binah. Le mysticisme maçonnique les identifie au ternaire Sagesse, Force, Beauté.

Cependant, Albert G. Mackey écrit dans son Encyclopédie de la Franc-MaçonnerieLes trois points  ne sont pas un symbole, mais simplement une marque d’abréviation. La tentative, donc, pour le faire remonter aux trois yods hébreux, un signe kabbalistique du Tétragramme, ou tout autre symbole ancien, est futile. Il est une abréviation, et rien de plus ; bien qu’il soit probable que l’idée était suggérée par le caractère sacré du nombre trois comme nombre maçonnique, et ces trois points pourraient faire référence à la position des trois officiers d’une loge française. Pourquoi pas ? Mais s’ils ne sont qu’abréviation, alors il y a contradiction dans le propos d’Albert Mackey qui suppose également qu’ils renverraient à un sens sous-jacent et donc symbolique ! On n’échappe pas en Franc-Maçonnerie au symbolisme ! Alors place des officiers, ternaire SFB, ou plutôt delta lumineux ?

Les trois points disposés en triangle équilatéral, ou triponctuation sont encore aujourd’hui employés pour identifier une signature comme celle d’un franc-maçon, ce qui a valu aux maçons d’être appelés «frères trois points».

Les trois points proviendraient du compagnonnage où ils paraissent avoir symbolisé le triangle. L’Union Compagnonnique a conservé l’usage des trois points en triangle, alors que la Fédération Compagnonnique utilise les trois points placés en équerre. Enfin, l’association Ouvrière a abandonné la triple ponctuation pour un point unique après chaque initiale.

La forme des trois points n’est pas toujours en triangle dans les signatures des francs-maçons, notamment on note trois points en ligne entre deux traits en 1760 (les deux traits représenteraient les 2 colonnes)[3]. Cependant dès 1701, à Brest, l’huissier René Le Corre signe avec trois points en ligne entre deux traits[4].

Ragon dit que la marque a d’abord été utilisé par le Grand Orient de France dans une circulaire du 12 août 1774, dans laquelle on lit « G∴O∴ de France. »[2]

En 1764, le 18ème jour de la 3ème semaine de mai, sur le Livre des registres de la respectable loge de la Concorde à l’Orient de Beaucaire, la triponctuation apparaît déjà pour abréger des mots[5]. Mais l’orientation de la forme triangulaire n’est pas fixée, le sommet est dirigé tantôt vers le haut, tantôt vers le bas. À la même époque, en Italie on utilise seulement deux points à cet usage[6]. Qu’importe la forme pourvu qu’il y ait des points !

En même temps qu’il devenait l’un des éléments de la  signature, ce ponctème fut fixé en forme triangulaire, sans doute pour des raisons d’ordre symbolique[7] (comme on le voit sur  la signature de Lafayette sur le tableau de la loge Les Trois Jours, 1832 ; on remarquera l’abréviation du mot loge  sous forme de rectangle)

Cette figure a été introduite dans les imprimés à partir de 1775, (après être apparue vers 1771 et sera généralisée à partir de 1820), pour marquer une abréviation de certains mots appartenant, certes, au vocabulaire profane mais qui sont utilisés de manière spécifique en Franc-Maçonnerie.

Il est d’usage, dans l’échange écrit, d’utiliser, pour les mots symboliques, des abréviations, écrites avec majuscules et suivies de trois points disposés en triangle. Les initiales doivent être réservées aux mots symboliques. Pour marquer le pluriel, on double la lettre initiale : Frères, Sœurs : FF∴, SS∴Ainsi, les officiers apparaissent dans les textes comme : Vén∴ (Vénérable), Orat∴ (Orateur), Secr∴ (secrétaire), Surv∴ (Surveillant), Gr∴ Exp∴ (Grand expert), M∴des Cér∴ (Maître des Cérémonies), Très∴ (Trésorier), Hosp∴ (Hospitalier), Couv∴ (Couvreur). En signe de grand respect envers les dignitaires, on triple les premières  lettres, exemple : Très Puissant Grand Commandeur : TTT∴ PPP∴GGG∴CCC∴

On trouve même la triponctuation associée avec  l’abréviation du mot Loge (sous forme de rectangle) comme sur la tombe de Théodore Verhaegen[8]

Au «Rite Moderne d’Adoption» les trois points sont remplacés par cinq points.


[1] Éric Daniel El-Baze, Les Racines de l’existence, La Kabbale du dévoilement, à partir de la p.55 :  idoc.pub/documents/idocpub-klzoo5d15g4g

[2] P. 785 : archive.org/details/MackeyAGEncylopediaOfFreemasonryVols121914_201705/Mackey A G – Encylopedia Of Freemasonry Vol 2

[3] à partir de la page 283 de La franc-maçonnerie en France des origines à 1815 de Gustave Bord : gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k57547726/f315.item

[4] André Kervella, Aux origines de la Franc-Maçonnerie française, 1889-1750 : persee.fr/doc/dhs_0070-6760_1997_num_29_1_2208_t1_0618_0000_4

[5] P. 5 : archives-pierresvives.herault.fr/ark:/37279/vtaa740c6ab547f24cf/daogrp/0 .  

[6] Ibid, p. 39

[7] Probablement issues du delta lumineux.

[8] mvmm.org/c/docs/verhaegenf.html

À propos de la raison

par Serge Toussaint, Grand Maître de l’Ordre de la Rose-Croix

Par définition, la raison est la faculté qui permet à tout être humain de réfléchir, d’analyser, de se faire des opinions, de distinguer le vrai du faux, etc. D’une manière générale, c’est cette faculté qui nous permet de penser d’une manière cohérente, de communiquer sciemment avec autrui, et d’agir en connaissance de cause.

Tout individu qui en est privé suite à des désordres mentaux devient incapable de mener une vie autonome et responsable. Tel est malheureusement le cas des personnes dont on dit qu’elles « ont perdu la raison » ; on les place généralement dans des structures d’accueil adaptées à leur état, afin de les empêcher de se nuire à elles-mêmes comme à autrui.

Raison et raisonnement

La raison est indissociable d’une autre faculté qu’elle utilise pour s’exprimer sur le plan objectif : le raisonnement. Mais comme cela est expliqué dans les enseignements de l’A.M.O.R.C., celui-ci opère à travers trois processus complémentaires : déductif, inductif et syllogistique. Que nous en ayons conscience ou non, nous utilisons chaque jour ces trois formes de raisonnement pour interpréter ce que nous voyons, entendons, touchons, etc., pour résoudre les problèmes qui se posent à nous dans la vie quotidienne, pour comprendre les informations multiples qui nous parviennent continuellement, pour anticiper l’avenir ou imaginer ce qu’il pourrait être… Raisonner est donc le propre de la raison et constitue sa fonction première.

Précédemment, j’ai précisé que l’on pouvait être privé de la raison suite à des désordres mentaux. Cela étant, des personnes « saines de corps et d’esprit » sont susceptibles également de la perdre momentanément. Ce peut être sous l’effet de l’alcool, de la drogue, de médicaments, d’un stress excessif, d’un choc émotionnel intense… Ce peut être aussi sous l’effet d’une manipulation mentale. Tel est le cas de certains adeptes de sectes avérées, qui donnent alors le sentiment de ne plus penser par eux-mêmes et d’avoir perdu tout esprit critique. Dans une moindre mesure, il en est ainsi également des membres les plus dogmatiques de certains partis politiques, qui semblent eux aussi endoctrinés et incapables de prendre du recul sur le plan idéologique.

Le bon sens

Nombre de philosophes ont exalté la raison et en ont fait la faculté la plus fiable et la plus utile. Certes, son usage est indispensable pour mener une vie équilibrée, constructive et responsable, mais encore faut-il qu’elle soit raisonnable et pas trop raisonnante. En effet, ne jurer que par elle, comme ont tendance à le faire les rationalistes “purs et durs”, ne me semble pas être une bonne chose. Ainsi que le prouve l’expérience, nos différentes formes de raisonnement sont faillibles et nous induisent souvent en erreur. Il arrive même aux plus grands penseurs et aux plus grands scientifiques de se tromper dans leurs domaines respectifs. J’ajouterai que si la raison était la panacée pour être toujours dans la vérité, il n’y aurait pas autant d’avis contradictoires sur autant de sujets. Combien de personnes ayant affirmé qu’elles avaient raison à propos de tel point avaient pourtant tort ?

Pour que la raison soit à la fois un bon guide et un bon protecteur, elle doit s’appuyer sur un bon raisonnement, un bon esprit critique et ce que l’on appelle communément le « bon sens ». Il faut aussi qu’elle intègre deux vertus essentielles : l’humilité et la tolérance. Cela suppose d’avoir toujours conscience que nous sommes imparfaits, que nous ne détenons pas la vérité, et que nous sommes sujets à l’erreur. C’est en ayant cela à l’esprit que nous devons en faire usage au quotidien. De surcroît, l’idéal, me semble-t-il, est de la mettre au service de nobles idéaux, ce qui fit dire à Francis Bacon, éminent Rose-Croix du XVIe siècle : « Peu utilisent le don divin de la raison dans l’intérêt de l’humanité. »

par Serge Toussaint, Grand Maître de l’Ordre de la Rose-Croix

CAMEROUN : « Les francs-maçons africains ne bâtissent pas, ils détruisent » – Calixthe Beyala

De notre confrère camerounais actucameroun.com

L’écrivaine dénonce la perception que certains africains ont de cette loge qui dans le fond n’aide pas le continent berceau de l’humanité.
Dans une récente sortie ce mardi 13 juillet 2021, l’écrivaine Calixthe Beyala, fait une étude comparative entre la loge maçonnique en Afrique et en Occident. Pour elle, en occident, la loge contribue à bâtir des villes et par ricochet bataille pour la bonne organisation de la société.

« L’Afrique et ses loges maçonniques à la noix. Les maçons en Occident bâtissent leur pays, construisent des cathédrales, veillent au bon fonctionnement de la société, en améliorent les règles, proposent des lois avant-gardistes pour le bien de tous »

a publié l’écrivaine, qui pensent comparativement que les maçons africains ne contribuent en rien au développement de notre continent.

Les maçons font des rites

« En Afrique, les maçons ne bâtissent rien : ils détruisent. Ils détruisent les sociétés originelles sans proposer d’alternative ; ils construisent des écoles poubelles et des entreprises qui maltraitent leurs employés. Ils obligent des jeunes à poser des actes honteux pour leur donner le moindre job… En Afrique, les maçons confisquent les pays. Le pouvoir économique, politique et le tout à l’avenant sans se soucier du bien-être des populations »,

ajoute l’auteure de « l’homme qui m’offrait le ciel ».

« En réalité, la maçonnerie africaine est constituée de crapules dont le seul but est de s’enrichir, de dominer les populations, de les affamer, de les réduire en esclavage, presque. En Afrique, les maçons font des rites, des rites de sorcellerie qui n’ont rien à voir avec ce qui se pratique en Europe. Les maçons en Afrique sont dans une secte qui n’a de la franc-maçonnerie que le noble nom »

a-t-elle conclu.

CUBA : La dictature castriste persécute la franc-maçonnerie

De notre confrère argentin infobae.com

La police politique a interrogé le chef de la Grande Loge de Cuba. Le franc-maçon José Ramón Viñas Alonso, grand secrétaire général du Conseil suprême de l’île, a fait l’objet d’une garde à vue pendant plusieurs heures, après avoir publié une lettre adressée à Miguel Díaz-Canel dénonçant la répression brutale de la semaine dernière contre les manifestants.

José Ramón Viñas Alonso, grand secrétaire général du Conseil suprême du 33e degré de la franc-maçonnerie à Cuba, a été interrogé vendredi dernier pendant plusieurs heures par trois agents de la police politique de la dictature de Castro dans une unité de la police nationale révolutionnaire de la municipalité de la Plaza de la Revolución, à La Havane.

L’interrogatoire était une réaction du régime cubain à la sévère lettre du Conseil suprême maçonnique de Cuba qui portait la signature de Viñas Alonso et qui était adressée au dictateur Miguel Díaz Canel. Dans la lettre, José Ramón Viñas Alonso condamne les arrestations et les violences contre « des manifestants pacifiques et des citoyens qui s’opposent au système ».

En outre, il constate que l’explosion sociale sur l’île « montre le mécontentement manifeste dans lequel vit le pays » et accuse la dictature de recourir aux excuses habituelles en pointant comme responsables de la crise des « raisons externes sans reconnaître la responsabilité et l’inefficacité » du régime lui-même.

Comme le révèle CubaNet, les agents des forces cubaines « ont rmis en cause la position de la franc-maçonnerie face aux protestations et lui ont suggéré d’écrire une lettre « sur le vaccin et d’autres réalisations ».

« J’ai proposé une invitation au Conseil suprême, je leur ai dit qu’on serait trois pour trois dans une véritable égalité », a révélé Viñas Alonso après l’interrogatoire intimidant. En sortant, il a connu l’une des « plus grandes joies » de sa vie lorsqu’il a rencontré plusieurs frères maçons qui l’attendaient à la porte de l’unité de police au mépris du couvre-feu. « J’ai ressenti une fierté maçonnique », a-t-il assuré.

La position du Conseil suprême de la franc-maçonnerie est intervenue après une déclaration de la Grande Loge de Cuba qui a jugé comme « préoccupante l’utilisation excessive de la force par les responsables de l’ordre ». « Aujourd’hui, nous voyons avec tristesse qu’une réaction qui venait du mécontentement et des carences parmi la population, s’est matérialisée en manifestations dans tout le pays », a déclaré la Grande Loge et a défini comme « inacceptable l’appel à une confrontation entre Cubains ».

Les maçons ont également déclaré qu’ils étaient « du côté du peuple cubain » et ont plaidé « pour la paix, l’harmonie et la justice sociale ». « Nous demandons instamment que la tolérance, la recherche de la vérité et l’amour fraternel soient la devise qui prévaut dans toutes les circonstances. »

Selon le média cubain 14yMedio du blogueur dissident Yoani Sánchez, les francs-maçons ont eu une importante présence dans l’histoire cubaine, notamment dans les luttes pour l’indépendance. La plupart des héros étaient francs-maçons , comme Máximo Gómez et Antonio Maceo. Même le statut de franc-maçon de José Martí, mis en doute pendant des décennies, a finalement été confirmé.

Mais avec les ans et l’arrivée de la dictature castriste, le rôle politique des francs-maçons a considérablement diminué. À l’heure actuelle, on estime qu’il y a un peu plus de 27 000 maçons répartis dans 320 loges à travers l’île.

L’interrogatoire du responsable franc-maçon s’ajoute à une vague d’arrestations et de persécutions de la dictature cubaine en raison des manifestations historiques et spontanées qui ont eu lieu dans toute l’île le 11 juillet dernier.

Jusqu’à présent, les organisations de défense des droits humains et les mouvements dissidents ont réussi à définir 382 arrestations depuis dimanche dernier et 28 disparus. Les arrestations ont été effectuées par les forces du régime, pour la plupart des agents en civil, qui ont commencé leurs descentes après que le dictateur Miguel Díaz Canel ait appelé les « révolutionnaires communistes » à sortir pour combattre ceux qui protestaient, dans un acte de désespoir et d’impunité qui l’a placé sous les projecteurs de l’actualité mondiale.

Parallèlement aux arrestations, la dictature contrôlait les données des réseaux mobiles : sans accès aux réseaux sociaux, les manifestants ne pouvaient ni être informés par les autres manifestations, ni diffuser ce qui s’y passait.

Comme pour les francs-maçons, Díaz-Canel s’est aussi tourné vers la presse : il a tenté de faire taire les correspondants, ses forces de choc ont tabassé un photographe de l’agence AP et ont même arrêté en direct une influenceuse au moment où elle donnait une interview à la TV espagnole.

Mais, malgré les violences répressives, et contrairement aux marches précédentes – comme celles des Dames en blanc (groupe de mères et épouses de prisonniers politiques) et du Mouvement de San Isidro (artistes qui revendiquent la liberté d’expression) – ces manifestations s’étendent partout. Les Cubains sont donc allés au delà de leur peur.

PORTUGAL : Transparence Obligation de se déclarer Franc-maçon

absDe notre confrère portugais publico.pt – par Maria Lopes

Les députés approuvent l’obligation pour les hommes politiques de déclarer leur appartenance à des associations telles que la franc-maçonnerie ou l’Opus Dei.
Le parti social démocrate portugais reformule la proposition visant à contourner l’inconstitutionnalité de cette obligation et prévoit que les informations ne pourront être consultées que dans les locaux de la Cour constitutionnelle ou de la future entité de la transparence.

Si la Cour constitutionnelle n’intervient pas, les hommes politiques et hauts fonctionnaires devront même déclarer leur « appartenance, participation ou exercice de toutes fonctions dans toutes entités associatives » exercées au cours des trois années précédant leur entrée en fonction ou qu’ils exercent cumulativement avec le mandat. La proposition PSD a été approuvée ce mercredi après-midi par les députés de la Commission de la transparence et du statut des députés et couvrira ceux qui appartiennent aux entités de la franc-maçonnerie ou de l’Opus Dei , mais aussi tout ce qui est une association ou un club sportif. Seul le Parti Socialiste a voté contre (il considére toujours le projet inconstitutionnel) – PSD, Bloc de gauche, Parti Communiste Portugais, CDS-PP (centre droite) et PAN (parti animaliste) ont voté pour.

La proposition du PSD, qui avait déjà été présentée pour rendre obligatoire une revendication PAN , mais qui la proposait comme facultative, a cependant été modifiée il y a quelques jours pour tenter de contourner les incertitudes constitutionnelless soulevées par les organismes consultés mais aussi par diverses partis politiques. A cet effet, les sociaux-démocrates ont ajouté que cette déclaration n’est obligatoire qu’à condition qu' »elle ne soit pas de nature à révéler des données protégées par la Constitution telles que celles relatives à la santé, à l’orientation sexuelle, à l’appartenance syndicale ou aux convictions religieuses ou politiques, auquel cas une telle mention est simplement facultatif ».

Les députés ont également approuvé la règle transitoire sur l’entrée en vigueur de ce nouveau régime, qui résulte d’une proposition du PAN et qui prévoit que le nouveau régime s’appliquera cinq jours après la publication de la loi dans le Journal officiel de la République (s’il passe le contrôle du Président de la République) pour les postes qui débutent ou renouvellent le mandat. Ce qui, en pratique, signifiera que l’Assemblée de la République, par exemple, pourra avoir des députés couverts par un régime plus restrictif : les députés qui prendront la relève après l’entrée en vigueur de la loi devront faire cette déclaration, à tandis que les autres qui ont assumé le mandat à partir de 2019 n’ont pas à le faire. Il en sera de même lors d’un remaniement gouvernemental, par exemple.

Cette déclaration sera identique à celle que doivent faire les politiques — des maires au Président de la République — et les hautes fonctionnaires publics à la Cour constitutionnelle (et cela passera à moyen terme à la future Entité de la Transparence ), où un registre des intérêts ainsi que des revenus et patrimoine est déjà existant.

Actuellement les participations dans des entreprises doivent déjà être déclarés : les données sur les activités professionnelles, les fonctions publiques, privées et sociales et autres fonctions exercées au cours des trois années précédant l’entrée dans le nouveau poste et celles qui demeureront cumulées ; des informations indiquant s’il s’agissait de fonctions rémunérées ou non rémunérées et si la personne reçoit un « soutien ou un avantage » pour mener à bien les activités ; une description des autres services fournis ; et ils reçoivent également (la personne ou son conjoint ou toute entreprise dans laquelle ils ont une part) des subventions ou un soutien financier.

Au cours de son cheminement, la proposition initiale du PAN pour la déclaration facultative d’appartenance à des sociétés secrètes ou discrètes, a été reprise par le PSD. Et au passage, il y a eu aussi la proposition d’amendement du PCP (avec les votes contre du PS, PSD, BE et CDS et le PAN s’abstenant) qui prévoyait que cette déclaration d’appartenance à des associations à caractère associatif resterait réservée et accessible uniquement « aux fins de constater la responsabilité pénale, civile ou disciplinaire ou pour l’application des règles prévues par le statut des députés et par le régime d’exercice des fonctions des titulaires de mandats politiques et de hautes fonctions publiques ». Cependant, il prévoyait également que le titulaire pouvait déclarer s’il souhaitait que ces informations soient librement accessibles.