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(Éphéméride) 30 novembre 1900 : Passage à l’Orient Éternel d’Oscar Wilde

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Le 30 novembre 1900, à Paris, meurt l’écrivain irlandais Oscar Wilde dont le nom complet est Oscar Fingal O’Flahertie Wills Wilde. Né le 16 octobre 1854 à Dublin au sein d’une famille bourgeoise, le poète suit des études brillantes (scolarité à Oxford), avant de se lancer dans une carrière littéraire. On lui doit notamment, publié dans sa première version le 20 juin 1890, Le Portrait de Dorian Gray (The Picture of Dorian Gray), ou encore Le Fantôme de Canterville et autres nouvelles (Lord Arthur Savile’s Crime and Other Stories), à partir de 1887.

Sa vie a été ponctuée par le scandale Queensberry. Il est condamné à la peine maximale de deux ans de travaux forcés en 1895.

Il repose depuis 1909 au cimetière du Père-Lachaise, division 89. Son tombeau surmonté d’un monument s’inspirant d’un taureau ailé assyrien conservé au British Museum. Il est l’œuvre du sculpteur expressionniste Sir Jacob Epstein.

Oscar Wilde, son parcours maçonnique :

Oscar Fingal O’Flahertie Wills Wilde (Dublin, 1854 – Paris, 1900) a été approché en février 1875 par John Edward Courtenay Bodley pour rejoindre Apollo University Lodge # 357. Wilde était lui-même en excellents termes avec le prince Leopold (1853-1884), duc d’Albany et comte de Clarence, membre de la famille royale britannique, initié au sein de la même Loge en 1874 et qui en devint 1er Surveillant en 1875, année qui le vit également accéder à la charge de Grand Maître Provincial de l’Oxfordshire.

Le père d’Oscar Wilde, sir William Robert Wills Wilde avait lui-même été un franc-maçon actif en Irlande. Il avait été initié à la « Shakespeare Lodge » #143 à Dublin en 1838 (Compagnon et Maître en 1839, Vénérable Maître en 1841).

Ce fut donc le 16 février 1875 qu’Oscar Wilde fut proposé à l’ « Appolo University Lodge » par Sinclair Franklin Hood et John Edward Courtenay Bodley. Le vote revint favorable. Wilde dut bénéficier d’une dérogation car il avait moins de 21 ans. Il fut initié la semaine suivante.

Il passe au deuxième grade le 24 avril 1875 et est élevé à la Maîtrise le 25 mai de la même année. Il rejoignit la « Churchill Lodge » en novembre 1875. Il y remplit des charges de Inner Guard, c’est à dire garde intérieur, en 1876 et de Junior Deacon, second diacre, en 1877. Membre affilié au « Oxford University Chapter » n° 40, qui travaille au REAA, il devint, par la suite, Rose-Croix , soit 18e dégré.

La carrière maçonnique d’Oscar Wilde commença et se termina au Magdalen College d’Oxford. Elle dura donc quatre années pendant lesquelles il participa à de nombreuses cérémonies. En fait, il ne payait plus son dû à l’ « Appolo University Lodge » et fut expulsé de la « Chruchill Lodge » pour les mêmes raisons financières.

Son œuvre ne contiendrait qu’une allusion maçonnique dans le 1er acte de « Vera of the Nihilists » avec un échange de mots de passe lors d’une réunion de conspirateurs.

Illustration : Oscar Wilde par Napoléon Sarony, 1882 – Crédits : Napoléon Sarony/Wiki

Source : L’internaute histoire

ROUMANIE : Drapeaux et lettres au musée de la franc-maçonnerie

De notre confrère roumain erdon.ro

Depuis quelques jours et jusqu’au 30 septembre 2022, le grand public pourra voir l’exposition temporaire au Musée de la franc-maçonnerie d’Oradea (n°4 Rulikowski / rue Armatei Române) montrant les deux drapeaux originaux de la Loge nationale roumaine de 1923 et la correspondance du roi László d’Oradea, quelques documents sont exposés à côté des pièces de l’exposition permanente.

Un vernissage a eu lieu pour la presse jeudi après-midi, en présence du dr. Cristian Anița, directeur des Archives nationales roumaines et Arina Moș, adjointe au maire d’Oradea. Les hôtes ont été accueillis par Angela Lupșea, présidente de la Bihor County Monument Protection Foundation. Il a été dit que de nombreux documents de la loge du roi László sont conservés dans les archives du comté, dont certains ont été restaurés et sont maintenant exposés.Angela Lupșea a annoncé qu’une conférence internationale sur la loge du roi László se tiendra à Oradea le 2 février de l’année prochaine. L’adjointe au maire Arina Moș a félicité les créateurs de l’exposition et a fait remarquer qu’en ces temps « intéressants », la culture ne devrait pas disparaître de nos vies, au contraire, car de nombreux beaux événements sont nécessaires, et la municipalité d’Oradea continuera à soutenir des collaborations similaires et événements.

Inauguration musée de la maçonnerie à Bucarest

La coopération

Cristian Anița a déclaré que les deux drapeaux actuellement exposés saupoudraient les archives nationales depuis près de soixante-dix ans depuis que la Grande Loge de Bucarest a suspendu ses activités. Le directeur s’est félicité que ces drapeaux soient exposés pour la première fois à Oradea, d’autant plus que le premier musée du pays à présenter le mouvement maçonnique y avait ouvert ses portes. Il a ajouté que 350 dossiers liés à la franc-maçonnerie peuvent être étudiés à Bucarest, mais un certain nombre de documents peuvent également être trouvés au Service territorial du comté de Bihor. A propos de ce dernier Mihai Gheorghiță, le comtéle responsable des archives a déclaré que plus de 16 000 pages de documents étaient conservées sur la loge du roi László, dont la plus ancienne date de 1872 et concerne la fondation de la loge. La grande majorité des documents ont été rédigés en hongrois, mais il existe également des documents en allemand et en français, ainsi que des lettres en roumain. Les documents sont en cours de restauration et seront disponibles pour étude dans la salle de lecture des archives dans deux ans au plus tard. A l’issue de l’événement, la Fondation pour la protection des monuments et les Archives nationales ont signé un accord de coopération par lequel elles s’engagent à poursuivre leur coopération, qui a débuté en janvier de cette année.

Musée de la Franc-maçonnerie à Bucarest

Documents

Dans HBVs de Spite que les documents délivrés restauration subirent, de nombreux cas d’affichage placés derrière le document est pas du tout ou seulement difficile à lire. L’un des documents les plus intéressants que j’ai lu est la demande de lettre de l’écrivain Géza Tabéry et la lettre de la loge maçonnique d’Oradea, qui a repris ses activités après le changement d’empire, à l’Église réformée d’Oradea en 1929, demandant au église pour rendre les objets de valeur. , et les actifs de fondation de Zsigmond Várady. L’exposition, qui s’ouvre désormais, est ouverte jusqu’au 30 septembre 2022. L’entrée est de 10 lei pour les adultes et de 5 lei pour les groupes de plus de 10 personnes. Heures de visite : du mardi au dimanche, de 10 h à 18 h.

«Quel monde laisserons-nous demain ?» Dîner de la Grande Loge de France 2021

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La dixième édition du Dîner de la Grande Loge de France s’est tenue au siège de l’Obédience à Paris le samedi 27 novembre 2021 avec un thème d’actualité :

« Quel Monde laisserons nous demain ? »

L’assemblée d’une centaine de personnes, d’une belle mixité, constituée de nombreuses personnalités du monde maçonnique, mais aussi de responsables engagés dans la vie de la cité a pu apprécier la qualité des différents intervenants, après l’introduction du Très Respectable Grand Maître, Pierre-Marie ADAM,

Etienne KLEIN, physicien de renom, ouvrait la soirée avec son plaidoyer :

« Avons-nous gardé le gout du vrai ? »

Puis, ce fut au tour de Lydie LESCARMONTIER, glaciologue, de plancher sur :

« Le Flocon de Kepler ».

Ces interventions ont su captiver l’auditoire par la qualité de leur érudition et la justesse de leur propos.

Madame Emmanuelle WARGON, ministre déléguée auprès de la ministre de la transition écologique, chargée du Logement a su également séduire les participants par la mise en abîme de sa fonction avec le rôle de bâtisseur dont la Franc-maçonnerie s’inspire dans ses travaux.

Ce fut une très belle soirée, qui permit à chacun de comprendre un peu mieux l’engagement que doit avoir le franc-maçon dans le monde auquel nous appartenons, ainsi que la nécessité que nous avons de saisir d’où nous venons, pour pouvoir agir sur ce que nous faisons et sur ce que nous sommes.

La clef pour fermer

La clef, c’est la forme exquise de la serrure, elle ouvre et ferme en rendant compte, en plein, du creux auquel elle s’adapte[1].

La clef est l’un des symboles les plus anciens de la Franc-Maçonnerie[2], même si certains rituels n’y font plus référence. Que ce soit en maçonnerie opérative ou spéculative, la clef telle qu’elle est évoquée donne l’idée qu’elle est cachée et sans la possession de laquelle on ne saurait avoir accès à un secret ou un mystère conservé tantôt dans un lieu à ouvrir (la loge) tantôt dans une partie du corps (cœur, poitrine,…).

On comprend que garder les secrets du métier dans la maçonnerie opérative était très important, la clef prend naturellement comme allégorie la langue et la boîte d’os les dents. Dans A Mason’s Confession de 1727, on lit  : «Q. Où gardez-vous la clé de votre loge? R. Entre ma langue et mes dents, et sous un repli de mon foie, où se trouvent tous les secrets de mon cœur; car si je dis quoi que ce soit dans la loge, ma langue doit être retirée de sous mon palais et mon cœur le sera de sous mon aisselle gauche, et mon corps doit être enterré dans la marque de la mer, où il reflue et coule deux fois en vingt-quatre heures. Q. Quelle est la clé de votre loge? A. Une langue bien accrochée.»(pglforfarshire.org/1727_Dundee_Manuscript.html)

L’endroit où trouver la clef a des variantes selon les catéchismes maçonniques. Cela est évoqué dès le premier degré jusqu’en 1745 où elle apparaît dans les catéchismes de compagnon puis de maître. Il s’agit tantôt «dans une boîte d’os, placée soit à un pied et demi de la porte de la loge», soit  «dans une boîte close ou sous un pavage à trois coins soit à un pied et demi de la porte de la loge», soit «dans une boîte d’os avec un poil hérissé» dans un coffre de corail[3].

Sur de nombreux anciens tracés de tableau de loge, la clef est montrée suspendue à l’échelle de Jacob. Cela l’associe clairement avec les vertus de la Franc-Maçonnerie représentées par les échelons. «Q. Avez-vous des secrets de maçons? R. Ils en ont, beaucoup de précieuses. Q. Où les gardent-ils? Répondez dans leurs cœurs. Q. À qui les révèlent-ils? Ne répondez à personne mais aux frères et aux francs-maçons. Q. Comment les révèlent-ils? Répondez par des signes, des jetons et des mots particuliers. Q. En tant que maçons, comment espérons-nous les atteindre? R. À l’aide d’une clé…. Q. Pourquoi la préférence est-elle accordée à la suspension? R. Elle doit toujours être suspendue pour la défense d’un Frère et ne jamais mentir à ses préjugés. Q. Qu’est-ce que ça tient? R.e Le fil de la vie, dans le passage de l’énoncé, entre Guttural et Pectoral. Q. Pourquoi si proche du Cœur? R. Étant un index de l’esprit, il ne doit prononcer rien d’autre que ce que le cœur dicte vraiment. Q. C’est une curieuse clé, de quel métal est-elle composée? R. Pas de métal, c’est la langue du bon rapport.»[4]

La clef prend le sens de discrétion (garder le secret), de clef de lecture pour comprendre le texte sacré, une promesse et une espérance d’un accès possible vers le Mystère. L’espérance, cette vertu théologale,  symbolisée par l’ancre tenue de la main gauche par l’allégorie féminine, est associée à la clef suspendue sur le tableau de Loge du 1er degré peint par Josiah Bowring en 1819. «L’homme doit être fixé à cette espérance comme l’ancre est elle-même attachée au vaisseau. Mais il y a cette différence entre l’ancre et l’espérance, que la première est jetée au fond de la mer, tandis que la seconde est accrochée en haut, c’est-à-dire en Dieu»[5].

Peut-être cette clef est-elle en rapport avec la clef de David, la référence christique se trouve en Apocalypse 3, 7 : Et à l’ange de l’Église qui est à Philadelphie, écris : Voici ce que dit le Saint, le Véritable, Celui qui a la clef de David ; Celui qui ouvre et personne ne fermera, et qui ferme et personne n’ouvrira. C’est dire que la foi en Jésus est la clef car en Jean 10, 7, 9 il est écrit : « 7 Jésus dit encore: «Oui, je vous le déclare, c’est la vérité: je suis la porte de l’enclos des brebis. 9 Je suis la porte. Celui qui entre en passant par moi sera sauvé.

On peut, aussi, lire dans la Masonery disséquée de Prichard en 1730[6] : «Où gardez-vous ces secrets ? A. Sous mon sein gauche. Q67 Avez-vous une clé de ces secrets ? R. Oui. Q68 Où le gardez-vous ? A. Dans une boîte en os qui ne s’ouvre ni ne se ferme mais avec des clés en ivoire. Q69 Est-ce qu’il pend ou est-ce qu’il ment ? R. Il pend. Q70 À quoi s’accroche-t-il ? A. Une ligne de remorquage de 9 pouces ou une portée. Q71 De quel métal est-il ? A. Aucune manière de Métal du tout, mais une Langue de Bon Rapport est aussi bonne derrière le Dos d’un Frère que devant son Visage..»

Le secret trouvé grâce à la clef est la Connaissance des signes paroles et attouchements qui permet d’ouvrir les portes de toutes les loges des 3 premiers degrés et, dès l’apparition du 3ème degré, le secret sera la parole perdue.

De nos jours, la clé n’est rencontrée que comme le joyau du trésorier, vraisemblablement pour l’encourager à garder les fonds de la Loge en sécurité. La clef d’ivoire n’apparaît comme symbole qu’au 4ème degré du Rite Écossais Ancien et Accepté, elle est posée sur le Livre de la Loi sacrée, et pend à l’extrémité du sautoir du Maître Secret.

En alchimie, les opérations de solve et coagula, correspondent à ce que la tradition chrétienne désigne comme le «pouvoir des clefs» ; celui de lier et de délier (potestas ligandi et solvendi). Leur pouvoir est celle d’une clé en or (correspondant au pouvoir spirituel) et une clé en argent (correspondant au pouvoir temporel).

La clé d’or et la clé d’argent furent les emblèmes de Janus, le dieu romain, gardien des portes. Ces clés ouvraient entre-autres, les portes solsticiales, c’est-à-dire l’accès aux phases ascendante (clef des cieux en or) et descendante (clef des homme en argent) du cycle annuel qui trouvent leur équilibre aux équinoxes.

Un mot de passe laisse supposer un dedans  et un dehors, quelque chose qui permet l’ouverture, l’accès. N’est-il pas une clé ? Suite dans un prochain article…


[1] Comme le dit Michel Serres.

[2] Mentionné dans l’Edinburgh Register House Manuscript de 1696 : « Q: 13 where shall I find the key of your lodge, yes [? = Ans] Three foot and an half from the lodge door under a perpend esler, and a green divot. But under the lap of my liver where all my secrets of my heart lie Q: 14 Which is the key of your lodge Ans: a weel hung tongue Q: 15 where lies the key Ans: In the bone box » : archive.org/details/EdinburghRegisterHouseMS1696/

[3] Hugues Berton et Christelle Imbert, Les enfants de Salomon, éd. Dervy, 2015, p.366, 478 et suivantes, 906, et surtout p.913.

[4]Catéchisme Émulation

[5] Saint Thomas d’Aquin

[6] http://freemasonry.bcy.ca/ritual/prichard.pdf

Joséphine Baker « panthéonisée » était aussi franc-maçonne !

De notre confrère frequenceterre.com – Animé par Pierre Guelff

Étrange et inquiétant que la plupart des médias occultent l’appartenance de Joséphine Baker à la Franc-Maçonnerie, dont elle mit en pratique les concepts hautement humanistes ! J’ai eu beau signaler, rappeler, insister auprès de certains confrères qui avaient publié ou préparaient des articles et reportages sur l’entrée de Joséphine Baker au Panthéon, c’est encore et toujours l’omerta à ce sujet.

Ainsi, on ne retient principalement de Joséphine Baker (1906-1975) qu’elle dansa et chanta au Casino de Paris les seins nus et la taille entourée d’une ceinture de bananes, et qu’elle fut agent du contre-espionnage et œuvra dans les services secrets de la « France Libre » (régime de résistance extérieure fondé à Londres par le général de Gaulle lors de la Seconde Guerre mondiale), s’acquittant de missions importantes pour transmettre, au risque de sa vie, des messages secrets (microfilm d’une liste d’espions nazis, entre autres) à l’adresse d’agents britanniques.

Par après, elle milita contre le racisme et pour les droits civiques de la communauté noire aux États-Unis.

Je me suis rendu au Château des Milandes dans le Périgord, une demeure de Joséphine Baker transformée en musée, afin de réellement me rendre compte de cet engagement humanitaire, elle qui, avec son mari, Jo Bouillon, accueillit douze enfants de toutes origines et qui, en 1963, participa à la Marche sur Washington organisée par Martin Luther King.

L’accueil de ces enfants abandonnés, « ma tribu arc-en-ciel », comme elle aimait dire, se fit dans le cadre de leur volonté de créer un « Village du Monde, capitale de la Fraternité universelle ».

Je fus étonné de ne pas y trouver des informations concernant l’appartenance de Joséphine Baker à la Franc-Maçonnerie, où elle fut initiée le 6 mars 1960 à la Grande Loge Féminine de France, et, avant de boucler la présente chronique de constater que le site dudit château n’en touchait toujours pas un mot.

Pourtant, il aurait été légitime de spécifier que Joséphine Baker mit en pratique durant des décennies les principes de fraternité chers à cette idéologie non dogmatique :

« Tous les hommes n’ont pas la même couleur, le même langage, ni les mêmes mœurs, mais ils ont le même cœur, le même sang, le même besoin d’amour. »

Bien avant l’accueil des enfants, et quasiment au début de sa carrière, lorsqu’elle faisait salle comble avec la « Revue Nègre » au Théâtre des Champs-Élysées à Paris, qu’elle y dansait et se dandinait pratiquement nue dans un décor de savane, c’était une manière de dénoncer le colonialisme français, quand, après le succès de sa chanson J’ai deux amours, elle aida des œuvres caritatives et déclara qu’il n’existait qu’une seule race, « la race humaine », tout ceci témoignait des valeurs maçonniques.

Celles de la Grande Loge Féminine qui clame que « L’initiation est un véritable chemin de vie et une vision non restrictive du monde. »

ITALIE : Les femmes et la franc-maçonnerie

De notre confrère italien expartibus.it – Par Rosmunda Cristiano

L'intuition d'une femme est plus proche de la vérité que la certitude d'un homme.
Rudyard Kipling

Dans l’opinion publique séculière, et aussi dans l’esprit de bon nombre de frères francs-maçons avec peu de préparation historique et théorique sur les fondements de l’ésotérisme et de la tradition de la franc-maçonnerie elle-même, tant en Italie qu’ailleurs, il y a la fausse idée que les « femmes » sont interdit en franc-maçonnerie.

Ou que leur admission n’est permise que dans les Communions et Obédiences « irrégulières et fallacieuses », alors que l’authentique « orthodoxie » latomiste ne permettrait pas, pour de prétendues raisons spirituelles, le mélange participatif entre hommes et femmes dans les loges.

Or, outre le fait qu’il n’y a pas d' »orthodoxie » et de « régularité » maçonniques et que ceux qui les citent ou les englobent dans leur propre raisonnement confondent en réalité la franc-maçonnerie – école de libre pensée, d’hétérodoxie et d’hérésie féconde – avec quelque Église ou La confession dogmatique, aux origines de la franc-maçonnerie moderne Les femmes ont joué un rôle très important et, à l’époque contemporaine, de la fin du XVIIIe siècle à nos jours, ce rôle s’est également amplifié.

La franc-maçonnerie est une école initiatique. En faire partie, c’est entreprendre un voyage pour sa propre croissance et, de fait, contribuer à la croissance de la société humaine. Par conséquent, les raisons d’entrer dans la franc-maçonnerie sont et restent personnelles.

Contrairement à ce qu’on entend souvent, la femme peut entrer dans la franc-maçonnerie sans que cela soit en contradiction avec les enseignements initiatiques. Formellement il peut vous rejoindre depuis 1893, lorsque Maria Deraismes et Georges Martin ont donné vie à l’Ordre Maçonnique Le Droit Humain précisément pour permettre l’égalité de l’homme et de la femme sur la base de fondements ésotériques clairs et irréfutables.

Les deux ont ainsi créé la première structure qui accueillerait les femmes et les hommes, sans distinction, tout en respectant la qualité morale et éthique qui est exigée de ceux qui comprennent bien le Progrès de l’Humanité, qui est la finalité centrale du travail maçonnique.

Maria Deraismes a instruit un premier groupe de femmes qui figurent parmi les fondatrices de l’Ordre aux valeurs maçonniques puis de nombreuses autres. Tous étaient intellectuels, écrivains, journalistes, bienfaiteurs engagés dans des œuvres de charité encore visibles aujourd’hui, enseignants, éducateurs, philosophes et artistes.

Chaque protagoniste dans son domaine, a démontré ensemble la très haute valeur de la recherche spirituelle qu’ils portaient dans leur cœur et avec laquelle ils ont donné une impulsion à la croissance d’un Ordre international qui, tout en se transformant au cours de ses plus de cent ans d’histoire pour faire face avec les temps qui changent, a su maintenir la marque avec un caractère éthique et moral profond pour l’établissement de la liberté, de l’égalité et de la fraternité dans le monde.

Cela ne veut pas dire que pour entrer dans la franc-maçonnerie, il est nécessaire de posséder des compétences extraordinaires. Beaucoup de ces figures illustres ont en effet développé leurs qualités personnelles après avoir reçu l’initiation.

La franc-maçonnerie réveille les vertus endormies de l’être humain et nous pouvons tous nous améliorer au point de retrouver notre centrage intérieur stable et devenir un point de référence pour les autres.

Surtout, ce processus d’éveil de la conscience se déroule de la manière la moins envahissante dans le plein respect des personnalités individuelles, voire en les exaltant, mais pas de manière égoïste.

En parlant du rôle des femmes dans la franc-maçonnerie, il a été souligné combien cette institution est toujours apparue comme un lieu de réflexion exclusivement masculine.

Tout en se définissant comme

un chemin personnel, de type ésotérique et initiatique, qui a pour but l’amélioration de ceux qui le font

La franc-maçonnerie vise l’amélioration de l’individu comme prémisse de celle de tout le pays et de l’ensemble de l’humanité : éléments partagés, dans les demandes et les actions, par de nombreuses femmes, dont la position au sein de l’Institution a toujours été complexe et controversée.

La franc-maçonnerie en Italie est divisée en diverses obédiences qui font référence à différentes organisations maçonniques dans le monde et à différents rituels. Les deux plus grandes sont : le Grand Orient d’Italie Palazzo Giustiniani, qui, tout en n’admettant pas de femmes, prévoit des formes mixtes d’association appelées « Étoile de l’Est », et la Grande Loggia d’Italie Palazzo Vitelleschi, la seule obédience qui accepte et admet les femmes au sein de leurs ateliers sans aucune forme de séparation : ils peuvent marcher et arpenter la pyramide maçonnique jusqu’à n’importe quel niveau.

Dans le débat qui a eu lieu lors de la conférence de Cagliari, ‘Isis Dévoilée – L’initiation des femmes’ , en 2011 représentant l’Obéissance, le Souverain Grand Commandeur, Grand Maître de la Grande Loggia d’Italie Palazzo Vitelleschi, Luigi a pris la parole. Pruneti qui souvenir :

Même dans notre institution, pendant des siècles, les femmes étaient interdites d’entrée, mais leur présence s’accroît et nombre d’entre elles jouent des rôles de grande importance. D’autre part, une association, comme l’est la franc-maçonnerie, ne peut être définie comme universelle si elle discrimine alors sur la base du sexe.

Il y a quelques siècles, il était peut-être évident l’interdiction de leur permettre d’entrer dans la franc-maçonnerie, puisque la femme n’était pas libre, mais soumise à une protection paternelle ou conjugale ; depuis quelque temps pourtant, les choses ont changé et si le féminin a un potentiel et des aspirations identiques au masculin il est absurde de lui refuser la possibilité d’une croissance initiatique.

De plus, souvent et à tort, une motivation ésotérique a également été invoquée basée sur le caractère solaire, c’est-à-dire masculin, de l’initiation, attitude qui persiste encore dans la franc-maçonnerie d’influence anglo-saxonne d’interdire l’entrée à la gent féminine.

Je crois que la franc-maçonnerie est traditionnelle et non traditionnelle, une modalité qui confine souvent à des attitudes préjudiciables, complètement aux antipodes de notre communion.

L’exclusion de la femme, donc, comme exemple de traditionalisme, de cet état d’esprit qui tend, par inertie, à tout conserver, même les aspects les plus extérieurs qui ont été modelés en vertu des périodes historiques et qui, jamais comme dans cette dernière période, devrait être révisé.

Heureusement, même si lentement, on assiste à un renversement de tendance et, de plus en plus souvent, le dualisme homme-femme cède la place à l’unicité de l’individu, dépassant l’appartenance au genre, focalisant l’attention sur l’essence de la personne plutôt que sur le « sexe ».

Il reste un fait que les femmes qui entrent dans la franc-maçonnerie, en plus de partager ses valeurs et ses principes, ont une plus grande attention et sont plus sensibles à l’aspect initiatique – ésotérique : faire partie d’une institution qui leur est interdite depuis des siècles et qui a représentait un véritable tabou et cela constitue un autre aspect d’attraction et de conquête particulière.

La réalité est que la Franc-Maçonnerie et ses valeurs universelles tendent à l’amélioration de l’Homme entendu dans son sens le plus large, où chacun est, en effet, doit être appelé à participer, sans aucune forme de discrimination, afin que chacun puisse apporter sa contribution à la croissance. et au progrès individuel et social de la communauté.

Je termine cette réflexion par une citation de Lydia Genzardi contenue dans un article paru dans le Catena Journal, n.12, 1969 intitulé « Présence active des femmes dans la société et la franc-maçonnerie » :

Parmi toutes les associations créées par des hommes, je crois que les femmes peuvent trouver une pleine compréhension et collaboration dans la mise en œuvre de ces idéaux précisément et uniquement dans la franc-maçonnerie.

La franc-maçonnerie est progressiste, elle aspire donc à créer un monde social meilleur, son triple but est l’union, la perfection et le bonheur de l’humanité.

Si par perfection nous entendons le masculin et le féminin, comme l’obéissance particulière à laquelle nous avons l’honneur d’appartenir, quelle autre association peut être plus agréable que celle-ci ?

Angleterre : Le château historique d’Appleton et ses salles secrètes.

De notre confrère anglais eu.postcrescent.com – Par Roshaun Higgins

Ce château historique d’Appleton a autrefois organisé une réception au premier étage pour John F. Kennedy alors qu’il faisait campagne pour la présidence. Mais même Kennedy n’avait pas accès lors de sa visite au deuxième étage, qui était interdit à quiconque sauf aux propriétaires du château – les francs-maçons – pour y organiser leurs réunions secrètes.

Plus de 35 ans après que le château a été vendu et est devenu un musée d’histoire, les conservateurs ne savent toujours pas exactement ce qui s’est passé dans toutes les pièces de ce bâtiment historique à huis clos. Au cours de la « visite curieuse du château » du musée d’histoire du château, ils tentent d’expliquer certains de ces mystères.

« L’une des questions les plus fréquemment posées est : « Quel était ce bâtiment » ou :« Oh, mon Dieu, quels sont les symboles sur le sol », a déclaré Erin Comer, responsable de l’éducation et des collections. « Nous avons pensé que nous pourrions aussi bien en faire une visite guidée. »

Le musée d’histoire du château est détenu et exploité par la société historique du comté d’Outagamie. Mais l’origine du château de briques remonte aux années 1850, lorsque les francs-maçons de la région de Fox Valley ont commencé à se réunir dans la région.

Mais ce n’est qu’en 1924, lorsque leur nombre a augmenté, que les francs-maçons ont pu collecter 100 000 $ pour construire le château qui se trouve toujours au 330 East College Avenue, en face de l’Université Lawrence. 

La franc-maçonnerie ou les francs-maçons font référence à une organisation fraternelle qui privilégie la croyance en un pouvoir supérieur et le pouvoir de la fraternité. Elle s’enracine dans les pratiques de la maçonnerie médiévale.

La loge maçonnique – à l’époque connue sous le nom de Waverly Freemasons – a utilisé le château comme base d’opérations jusqu’à ce que l’adhésion et les cotisations baissent, forçant les francs-maçons à vendre le château en 1985.

Les personnes qui participent à la visite sont informées du symbolisme que l’on peut trouver dans l’architecture et la conception du bâtiment, ainsi que de certains artefacts laissés sur place ou donnés par des maçons qui vivent dans la région d’Appleton.

« Les poignées de porte étaient même équipées d’un » G « , d’un compas et d’une équerre. Le compas et l’équerre sont les principaux outils qu’un maçon utiliserait », a déclaré Comer. « Les francs-maçons tirent beaucoup de sens allégorique de tout type d’outils que les maçons auraient utilisé. »

Le « G » a cependant des significations différentes, selon la personne à qui vous demandez. Beaucoup disent que le « G » signifie dieu, tandis que d’autres disent géométrie ou grand architecte.

Au-delà du mystère persistant du « G », les invités de la tournée ne sont toujours pas tout à fait sûrs de ce qui s’est passé dans les salles de réunion du deuxième étage. Ils savent que la « salle du tuileur » est l’endroit où le tuileur de la loge montait la garde devant la salle de réunion de la loge, une pièce sombre où les francs-maçons avaient des cérémonies secrètes, y compris des initiations.

« Les portes sont en quelque sorte équipées de ces petits judas », a déclaré Comer. « C’est ainsi que le tuileur pouvait communiquer à l’intérieur et à l’extérieur. »

La salle principale du club possède également un faux mur qui cache une scène qui aurait pu accueillir des actes musicaux lorsque la salle était utilisée comme salle de danse. À l’époque, le temple maçonnique était l’un des rares centres civiques de la région – ce qui explique probablement pourquoi Kennedy l’a choisi pour sa fin de campagne. 

Selon les historiens, la visite de Kennedy a attiré 1 500 personnes dans le temple maçonnique. Son événement de campagne dans la salle du club était peuplé d’étudiants de Lawrence, de démocrates de la région et de quelques citoyens républicains curieux.

La tournée « Castle Curious » faisait partie de la série de tournées « Get Up & Go » du musée d’histoire du château. La série de visites comprend principalement des visites à pied du centre-ville. 

La visite du 10 novembre a montré quelle histoire du temple maçonnique les conservateurs du musée ont rassemblée. La tournée de cette année était limitée à 20 billets car elle se déroule à l’intérieur et en tenant compte des restrictions/sécurité du COVID-19. L’événement a fait salle comble.

Cependant, le musée d’histoire prévoit d’avoir une autre visite du château dès ce printemps.

ARGENTINE : La Plata est la capitale de la province de Buenos Aires. Ville maçonnique !

De notre confrère argentin provinciaradio.com.ar – Par Margarita Torres

L’histoire de la ville est abordée sous les aspects politique, urbain et maçonnique.

Sebastián Díaz est le réalisateur du documentaire « La Plata a compté », dans lequel il aborde l’histoire de la capitale de la province de Buenos Aires sous trois dimensions : politique, urbaine et maçonnique.

Cela a été avancé en dialogue avec Superlógica, sur Radio Provincia, où il a souligné le caractère « rationnel » de la ville car « son agencement est parfait selon les concepts d’hygiénisme ».

La Plata « est un repère urbain argentin et à l’échelle mondiale et l’influence des loges de la franc-maçonnerie dans la mise en place du projet ne peut être ignorée« , a déclaré le documentariste.

Gare à Ciudad de La Plata

Suivi, il a rapporté que dans l’enquête, il y avait des contributions de personnes qui travaillent comme guides touristiques dans le cimetière local et du personnel des archives et du musée Dardo Rocha.

Interrogé sur l’influence des loges, Díaz a rappelé que « l’élite dirigeante qui projetait la ville, la grande majorité était originaire de Buenos Aires et appartenait aux différentes loges de Buenos Aires. À La Plata, il y avait les loges d’immigrants, de type mutualiste, qui était l’un des courants de la franc-maçonnerie ».

En ce sens, il a ajouté que « l’autre courant maçonnique était celui de l’élite politique et commerciale qui s’était installée à La Plata », comme Luz y Verdad et La Plata 80.

Concernant les mythes, il a soutenu que « même si dans le documentaire nous en mentionnons certains, nous essayons de démystifier, car il y a des enjeux politiques qui se cachent derrière le mythe ».

Par exemple, « le mythe de la ville maudite est né d’une dispute entre Rocha et Roca, puis les mythes viennent essayer d’injurier la ville de La Plata et Buenos Aires parce qu’elles sont nées comme villes rivales« , a-t-il expliqué.

Pour accéder au documentaire audio en espagnol cliquez ici

Humanisme – Dossier : Regards profanes

Revue des francs-maçons du Grand Orient de France

Collectif – Conform édition, novembre 2021, N° 333, 128 pages, 15 € port compris

Le sommaire :

Éditorial :

Christophe Devillers : La vocation d’Humanisme

Vitriol

Giorgio Gelsi : Vous avez dit : « Expert » ?

Actualité des Lumières

Cécile Révauger : Et si l’on oubliait Ramsay pour ne se souvenir que de son discours ?

Evénement (1)

Georges Sérignac : Discours au Mur des Fédérés, 29 mai 2021

Evénement (2)

Laurent Kupferman : Osez Joséphine

Hommage

Samuël Tomei : Hommage à Alexandre Dorna (ancien rédacteur en chef d’Humanisme)

Anniversaire (1)

Dominique Papon : Pierre Leroux, sa mort, sa vie

Anniversaire (2)

André Combes : Radicaux et maçons jusqu’à la fondation du Parti radical

Idées

Stéphane François : L’irrationalisme dans l’écologie

Dossier : Regards profanes

– Grégor Tacite : Que le risque soit la clarté

– Christiane Taubira : Une institution capable d’inspirer La flûte enchantée conserve son utilité

– Stéphane Rozès : Rallumer les Lumières

– Boualem Sansal : De la peur de vivre à la peur de la vie ou l’échec des médiateurs autoproclamés

– Marcel Gauchet : Donner un sens supplémentaire à une riche histoire

– Cédric Villani : Maçons, si vous pouvez aider…

– Roland Cayrol : Deux ou trois choses que je crois savoir (ou pas) de vous…

– Nathalie Heinich : Axiologie de la franc-maçonnerie

Littérature

Damien Cesselin : Une fresque humaniste : les Rougon-Macquart,

La Conquête de Plassans (4/20)

Chroniques humanistes

Charles Conte : Panique morale aux USA

Musique

Jean Kriff : Un aventureux compositeur, Gaspare Spontini (1774-1851)

7e art

Jean-Louis Coy : Filmer « Dune », réussir une gageure

Livres

Rachel Kahn : Racée

Paul Baquiast & Bertrand Sabot : Emmanuel Arago (1812-1896) ou le roman de la République

Revue Cités : La langue sous contrôle ?

Marie-Monique Robin : La Fabrique des Pandémies

André Bellon & Jean-Pierre Crépin : Pour la souveraineté du peuple [nous sommes tous des constituants]

Jean-Michel Décugis – Pauline Guéna & Marc Leplongeon : La Poudrière

[NDLR : Nous apprenons qu’Humanisme, en la personne de Christophe Devillers, a un nouveau rédacteur en chef. Dans son éditorial, il met en avant que la revue « a toujours incarné la quintessence de ce qu’était l’obédience », rendant aussi hommage à tous ces prédécesseurs. Le dossier spécial intitulés « Regards profanes » est, bien évidemment, écrits par des profanes qui, dans notre esprit, n’a rien de péjoratif puisqu’issu du latin profanus, de pro « devant » et fanum « lieu consacrés » signifiant « celui qui n’est pas initié », dont Christophe Devillers souligne « Majoritairement sans complaisance pour l’Ordre, ils sont cependant unanimes à louer la qualité de l’écoute et de la parole qui prévaut en loge et la capacité sans égale de la franc-maçonnerie à poser les bases de l’échange respectueux d’arguments affûtés ».

La 4e de couverture :

Le dossier du numéro que vous avez entre les main, Regards profanes, est original à plus d’un titre. Car en dehors du coordonnateur du dossier, nul n’est francs-maçons parmi les signataires. Dans sa volonté de dialogue avec le monde extérieur, le Grand Orient de France a interrogé une dizaine de personnalités, parmi celles qui l’invite régulièrement dans ses temples, sur leur vision de la franc-maçonnerie. Celles qui se sont prêtées au jeu l’on fait avec plaisir, et leurs mots à eux, acérés ou complices, mais sans complaisance.

Les textes qui se succèdent indique au lecteur l’ampleur de la tâche qui reste à accomplir. Car au fond, le monde profane (lorsqu’il est édifié et se tient loin des haines complotistes ancestrales) attend beaucoup des francs-maçons.

Quand Stéphane Rozès part de la franc-maçonnerie et de ses combats universalistes pour rappeler et analyser les atteintes du moment à l’humanisme, Marcel Gauchet espère de la franc-maçonnerie qu’elle soit plus que jamais un lieu de formation pour les citoyens éclairés. Cédric Villani ne dit pas autre chose, après s’être livré à une comparaison originale entre pratiques maçonnique et mathématique.

Sans doute Roland Cayrol, rétif au rituel, et Christiane Taubira, égale à elle-même, sont-ils les plus critiques. Le premier, même s’il apprécie la qualité des débats lorsqu’il est invité en loge, extrapole les risques de favoritisme auquel mène la solidarité maçonnique. La seconde, qui entre dans l’arène l’exégèse de l’article premier de la constitution du Grand Orient de France, entreprend avec habileté une critique par ricochet de la franc-maçonnerie au travers de son engagement laïque.

Pourtant à mille lieues l’un de l’autre, Boualem Sansal et Nathalie Heinich convoquent respectivement la littérature et l’axiologie pour conclure pareillement à un devoir de vocation spirituelle de la franc-maçonnerie.]

ARGENTINE : Un nouveau temple à Santiago

De notre confrère argentin elliberal.com.ar

Les plus hautes autorités de la Grande Loge d’Argentine des Maçons Libres et Acceptés se sont rendues à Santiago pour poser la première pierre du futur temple qu’elles construiront dans le quartier de Los Flores, au sud de la ville. Pablo Lázaro, Grand Maître ; Ramiro Dall’Aglio, Pro-Grand Maître et Norberto Rossini, Souverain Grand Commandeur, dans une interview avec EL LIBÉRAL ont parlé de l’expansion qu’ils ont dans la province et des projets à développer.

La construction d’un temple à Santiago est-elle le signe d’une croissance de la franc-maçonnerie?

LAZARE : En effet. Nous sommes ici précisément dans le cadre d’un fait historique qui est le début de la construction d’un nouveau siège où il y a plus de quatre-vingts ans il n’y avait aucune activité maçonnique. C’est la première fois qu’il y aura un siège de la Grande Loge d’Argentine des Maçons Libres et Acceptés à la suite du travail des frères maçonniques de Santiago del Estero.

Combien de Loges fonctionnent, toutes ces Loges convergeant vers le même endroit ?

Cinq Loges travaillent dans la Capitale de Santiago. Elles participent à la construction de ce nouveau siège et, éventuellement, elles y travailleront physiquement.

Quelles sont les caractéristiques d’un temple maçonnique ?

DALL´AGLIO : Au centre, la possibilité d’avoir notre propre espace physique, c’est pourquoi tant de frères travaillent ici dans la capitale de Santiago, mais aussi à La Banda et dans tout l’intérieur de Santiago del Estero, donne la tranquillité d’un espace où chacun des réunions des Loges ont lieu. Chaque Loge a une réunion un jour différent. Les Loges ont les « Mesures », dit-on à la rencontre avec un développement de sujets sur lesquels elles discutent, sur lesquelles elles travaillent, sur lesquelles elles se forment. Par conséquent, la question la plus importante que se pose la franc-maçonnerie est que ce n’est pas tant ce que j’apprends en m’écoutant mais en écoutant le reste des frères avec une position, plusieurs fois, antithétique à ce que je pense, qui peut aussi avoir un tradition religieuse absolument différente de la mienne, une tradition politique différente de la mienne et une tradition partisane différente de la mienne. Cela donne la possibilité de croissance. Nous avons dans la province de Santiago del Estero, mais particulièrement à Santiago Capital, une croissance très importante, mais nous savons que lorsque ce temple sera terminé, l’impact qu’il aura sur l’effectif de Santiago del Estero sera exponentiel.

Début et inauguration

Aujourd’hui, ils posent la première pierre du futur temple. Combien de temps faudra-t-il pour le construire et quand pensez-vous l’inaugurer officiellement ?

LAZARE : La pose de la pierre est le point d’union où toutes les Loges laissent leurs vœux et leurs projets. Nous comprenons qu’il y a une première phase d’une année où les premiers bâtiments seront réalisés. C’est un projet beaucoup plus long car il prévoit d’être un siège pour les frères maçonniques d’autres parties de la province afin qu’ils aient un endroit où dormir lorsqu’ils sont de passage ou de visite.

DALL´AGLIO : Il est important de noter que cela dépendra également des ressources obtenues. Ce qui est clair, c’est que tous les frères de Santiago del Estero vont contribuer de leurs ressources patrimoniales à la construction. La Grande Loge va le faire, mais on sait aussi qu’il y aura des invitations aux entreprises, aux institutions et pourquoi pas aussi à l’Etat à tous les niveaux pour collaborer à la construction d’une propriété qui appartient à une association civile qui génère, par Santiago del Estero, tolérance, débat et croissance pour la société de Santiago qui mérite que non seulement les individus et les entreprises puissent collaborer, mais aussi que l’État puisse aider ce travail à se faire avec plus de ressources et plus rapidement.

Ils travaillent avec des Youtubers et des Influenceurs

A quoi attribuent-ils la croissance de la franc-maçonnerie ?

LÁZARO : Nous sommes tous en croissance et en amélioration communicationnelle. Nous comprenons que la Franc-Maçonnerie n’a rien à cacher mais, au contraire, beaucoup à communiquer, à donner. Nous avons pris des mesures de directives concrètes. Lorsque nous avons pris nos fonctions, nous avons transformé un secrétariat de presse historique en un secrétariat de communication qui englobe de nombreuses autres activités, telles que les réseaux sociaux, la communication avec toutes les institutions intermédiaires, institutionnelles et gouvernementales, etc. A partir d’un changement de message, où l’on montre tout ce que la franc-maçonnerie a fait et ce que nous faisons, nous atteignons les jeunes, chaires de la libre pensée. Récemment, nous avons commencé à travailler avec des YouTubers, avec des Influenceurs. Il y a plusieurs canaux où nous avons commencé à apparaître pour diffuser ce qu’est la franc-maçonnerie.