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(VIDEO) Chamans, les maitres du désordre

Depuis des millénaires, les chamans ont toujours eu une place à part. Si le chamanisme figure parmi les médecines les plus ancestrales, il est aussi l’un des premiers moyens développés par l’homme pour entrer en contact avec l’invisible et le sacré. Ces pratiques n’ont pas disparu, bien au contraire. Pour tenter d’en comprendre les fondements, le réalisateur Jean-Michel Corillion est parti au Maroc pour un voyage initiatique « en pays chaman ». Dans ce monde mystérieux et troublant, il a rencontré des « possédés » et des mystiques, tel Abdellah. Ce chaman, connu de tous dans la région, a gagné sa « baraka » dans l’initiation et l’errance. Il défie aujourd’hui les reptiles les plus dangereux au monde. Mais vaincre les serpents n’est pas son seul pouvoir. Abdellah soigne les « malades » et apaise, lors de cérémonies spectaculaires, les djinns, ces esprits maléfiques qui investissent le corps des hommes en exerçant sur eux leur pouvoir pernicieux. Pourquoi, au XXIe siècle, certains envisagent-ils la guérison en se tournant vers le chamanisme et la transe ? Ce documentaire en propose une étonnante et fascinante réponse… Auteur-réalisateur Jean-Michel Corillion Production Shoot Again Productions, en partenariat avec le musée du Quai Branly, avec la participation de France Télévisions

Auteur-réalisateur Jean-Michel Corillion Production Shoot Again Productions, en partenariat avec le musée du Quai Branly, avec la participation de France Télévisions

Projet d’attentat d’un groupuscule néonazi : ce que l’on sait des 5 individus en garde à vue

De notre confrère cnews.fr

Cinq personnes ont été placées en garde à vue en début de semaine dans le cadre d’une enquête sur le groupuscule néonazi «Honneur & Nation», qui projetait une «action violente».

Ce groupuscule ultranationaliste est soupçonné de vouloir s’en prendre au ministre de la Santé Olivier Véran, à des centres de vaccination ainsi qu’à une loge de la Franc-maçonnerie en Moselle, révèle Le Parisien.

Dans ce dossier, trois membres du groupuscule néonazi avaient déjà été mis en examen en mai dernier pour «association de malfaiteurs terroriste criminelle». A l’époque, les enquêteurs avaient relevé que les suspects avaient effectué des recherches sur d’éventuels explosifs et avaient réalisé des repérages. Lors des perquisitions, les enquêteurs avaient par ailleurs retrouvé un exemplaire de «Mein Kampf » et un t-shirt à l’effigie d’Hitler.

MOUVANCES NÉONAZIE ET COMPLOTISTE

Dans le détail, les cinq personnes interpellées par la DGSI sont âgées de 23 à 58 ans et évoluent dans la mouvance néonazie ou appartiennent à la mouvance complotiste française inspirée du mouvement américain QAnon, à l’origine notamment de l’attaque contre le Capitole en janvier dernier.

Trois des cinq suspects ont été interpellés dans la Nièvre, en Charente-Maritime et dans les Hauts-de-Seine tandis que les deux derniers ont été extraites de prison.

Ces deux personnes, un pianiste parisien de 58 ans et un homme de 23 ans bénéficiaire de l’allocation adulte handicapé, étaient incarcérées et mises en examen dans le cadre de l’enquête sur l’enlèvement en avril dernier de la petite Mia, révèle le quotidien.

Sur les cinq interpellés, figurent également le fondateur du groupuscule «Honneur & Nation», Sébastien D., ancien secrétaire départemental du Front national de la jeunesse de la Corrèze. L’homme de 29 ans avait été condamné en 2018 à trois mois de prison avec sursis pour avoir posté sur Facebook une photo d’une femme violée par un migrant.

Depuis 2017, six enquêtes portant sur des projets d’attentats de l’ultra-droite ont été ouvertes par le parquet antiterroriste.

«LA MENACE EST RÉELLE»

Interrogé dans la Matinale de CNEWS mercredi, Laurent Nuñez, coordonnateur national renseignement et lutte contre le terrorisme, avait précisé que ces six cellules clandestines démantelées «avaient des intentions de passer à l’acte». «La menace est réelle, il faut vraiment la prendre au sérieux», avait-il souligné, évoquant des «groupes qui vont s’inscrire dans la clandestinité avec des velléités de s’en prendre aux institutions démocratiques représentatives». «Aux Etats-Unis, ces dix dernières années, il y a plus de victimes du terrorisme d’ultra-droite que du terrorisme islamiste sunnite», avait-il ajouté. 

Accéder à l’intégralité de l’article sur cnews.fr

À la Source de la Fraternité

Essai sur l’archétype des relations entre Salomon et Hiram dans la construction du Temple de Jérusalem

Jean Bartholo – Éditions Télètes, 2021, 44 pages, 10 €

Présentation de l’éditeur :

Cet essai n’aborde pas l’architecture du Temple de Jérusalem, de nombreux ouvrages y ont été consacrés. Jean Bartholo, en s’appuyant sur le Livre des Rois, concentre sa réflexion sur la relation entre Salomon et Hiram. Le roi Salomon construit le Temple, le roi de Tyr Hiram et l’architecte Hiram, tous deux païens viennent à son aide et entraînent tous les incirconcis. Tels sont les évènements uniques, les faits mythiques et symboliques où, pour accomplir un projet divin, il faut faire appel à l’ensemble de l’humanité. Perspective tout à fait étonnante ?! C’est dans le Temple de Jérusalem -Temple primordial et essentiel pour lire l’architecture du monde – que culmine le symbolisme de cette plénitude où tous entrent simultanément, égaux et distincts, et chargés de leur histoire, et en même temps librement unis. La Franc-Maçonnerie, en se référant au Temple de Jérusalem, a fondé sa symbolique et son enseignement. Le Temple, à l’image de l’Homme et de l’Univers, permet d’accéder à la connaissance du Temple spirituel. Les loges maçonniques « habitant » des temples regroupent des femmes et des hommes issus de toutes origines, croyants ou athées, qui vont concourir à la construction du Temple à l’instar des bâtisseurs de celui de Jérusalem. La tenue maçonnique est un temps d’arrêt avant un autre départ. Les sœurs et les frères se trouvent dans « l’être » et non dans le « faire ». Le travail libère : on regarde l’autre dans la fraternité, on quitte le pouvoir de domination que l’on peut exercer dans la société et les différences sociales s’estompent. La construction du Temple de Jérusalem permet aux êtres humains de se retrouver dans une œuvre universelle qui dépasse l’humanité entière et qui va unir les croyants, les idolâtres et les athées. Il s’agit d’une œuvre cosmique qui est en définitive la rencontre du sacré et du profane.

[NDLR : Fidèle aux Éditions Télètes, Jean Bartholo est l’auteur de nombreux ouvrages sur la Franc-Maçonnerie dont, en 2020, Un Franc-Maçon lit l’Evangile de Jean et, en 2019 notamment, La Promesse initiatique maçonnique ou la progression spirituelle. Un ouvrage que l’on caresse et du regard – une belle couleur de papier vergé ivoire – et avec ses mains tellement le grain du papier est agréable au toucher. Après cette mise en bouche, deux de nos sens ayant été aiguisés, il ne reste plus qu’à s’imprégner du texte. Pour le Maçon, le titre lui-même est un appel à parcourir, à comprendre et surtout à mettre en œuvre cette Fraternité. Après tout la Franc-Maçonnerie n’est-elle pas une association d’hommes libres et indépendants, en quête d’élévation spirituelle et de perfectionnement moral, qui mettent en pratique un idéal de paix, d’amour et de fraternité. Et en connaître la source ne peut être que bénéfique, dans ce monde un peu désenchanté que nous traversons actuellement. Jean Bartholo aborde, avec force et vigueur, la valeur du symbolisme, la question de l’histoire et de sa signification, la célèbre triade, homme-temple-cosmos ainsi que la construction du Temple. Comprendre et méditer, voilà finalement ce que nous propose l’auteur. L’ouvrage s’achève en traitant de fraternité maçonnique, car la fraternité n’est-elle pas une utopie, à l’image de l’homme ?]

Justice : vers plus de responsabilité ?

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La mise en examen de personnes politiques dont l’action a provoqué des préjudices graves nous rappelle que la décision est soumise à une certaine éthique de responsabilité et que le décisionnaire est amené à répondre de ce qu’il a commis devant l’autorité.

Il existe une sensation honteuse, tellement honteuse qu’il n’en existe même pas un mot français : le Schädefreude. Vous connaissez forcément cette joie mauvaise, qui consiste à se réjouir du malheur d’autrui. Et je le confesse humblement, j’ai éprouvé avec force cette bien vilaine sensation qui n’élève pas l’âme. Ouh que j’ai honte. Je mériterais de faire une marche de la honte, en défilant tout nu dans une rue avec une religieuse qui sonne une cloche en déclamant shame. J’ai honte, mais parfois, la honte a du bon. Mais qu’est-ce qui a bien pu déclencher une telle ambivalence chez un sujet aussi équilibré que votre serviteur ? Hé bien, il s’agit de la mise en examen de la précédente Ministre de la Santé par la Cour de Justice de la République.

J’en entends déjà pousser les habituels cris d’orfraie : « gnagnagna politique, gnagnagna judiciaire, gnagnagna populiste, gnagnagna jeu des extrémistes ». Bon, les plus criards sont aussi ceux qui sont proches de notre gouvernement de « droite extrême » (expression honteusement pompée à Frédéric Lordon dans le Monde Diplomatique), pitoyables courtisans dévolus à leurs Mauvais Compagnons.

En résumé, la passée Ministre de la Santé est mise en examen pour mise en danger de la vie d’autrui, et placée sous le statut de témoin assisté pour abstention volontaire de combattre un sinistre.

Les idiots utiles et autres lèche-bottes de notre classe politique de petits caqueux hurlent à la « République des Juges », au populisme ou à l’ingérence de la justice en politique. Visiblement, nos beaux parleurs médiatiques ont oublié un principe porté par un grand Franc-maçon (en l’occurrence Montesquieu) : la séparation des pouvoirs. Cette séparation, on le sait depuis Lycurgue et la Constitution de Sparte est nécessaire pour maintenir un régime politique. Or, ces dernières années, on a plutôt vu l’exécutif prendre trop de poids sur les deux autres. Le rééquilibrage risque d’être douloureux… Mais pourtant salutaire.

Par ailleurs, il me paraît important de rappeler que dans le privé, dans l’entreprise (qui est l’alpha et l’oméga du projet politique d’une clique d’abrutis dévoyés), un patron qui ne respecte pas les règles les plus élémentaires de sécurité va en prison, après un procès. Aurait-on oublié par exemple le procès France Télécom l’an dernier ? Ou encore le nombre de morts durant leur temps de travail (cf. le compte Tweeter DuAccident) ? Si une personne politique, au commande d’un service ou d’une administration prend une décision qui a pour effet de provoquer la mort de personnes (comme à la Faute sur Mer, engloutie après la tempête Xynthia en 2010), il me semble normal que cette personne rende des comptes et donc réponde de son action. Cela s’appelle de l’éthique de responsabilité.

On a beaucoup évoqué cette notion au début des années 1990, lors d’une tristement célèbre affaire, durant laquelle des personnes au pouvoir ont sciemment ordonné que soient administrées à des patients hémophiles des poches de sang contaminé par le VIH, malgré des mises en garde diverses. C’est d’ailleurs à cette occasion que l’on a proféré le célèbre « responsable mais pas coupable ». C’est d’ailleurs pour ce type d’affaires qu’a été créée la Cour de Justice de la République.

Reste à savoir si le fiasco de cette crise relève de l’erreur ou de la faute. L’erreur est une mauvaise décision, prise en fonction de paramètres mal mesurés ou mal interprétés (parfois les deux), mais sans réelle intention de mal agir. La faute, elle, implique une intention ou une négligence. Provoquer un accident de la circulation parce qu’on n’a pas vu le cycliste qui a brûlé un feu rouge relève de l’erreur d’appréciation. Provoquer un accident en ayant une forte alcoolémie relève de la faute. La responsabilité n’est pas du tout la même selon que l’on a commis une faute ou une erreur, même si les conséquences sont les mêmes. C’est d’ailleurs à cela que servent les tribunaux et les jugements : déterminer les responsabilités et les éventuelles culpabilités des uns et des autres et sanctionner lorsque c’est nécessaire.

Dans le cas qui nous intéresse, il reste à qualifier l’ensemble des infractions. La gestion des masques, erreur ou faute ? La communication erratique et mensongère, erreur ou faute ? Le fiasco des commandes de matériel (et plus généralement de la gestion du matériel), erreur ou faute ? Et ainsi de suite. Les conséquences de ces actions ont provoqué des drames humains et des dommages irréparables.

Symboliquement, la justice est représentée par une balance. Plus largement, chez les Grecs, la déesse de la Justice est la Titanide Thémis, aveugle et portant une balance à deux plateaux. Elle symbolise l’équilibre nécessaire à la stabilité du monde. La délégation de la justice à un tiers est un marqueur de civilisation, puisqu’elle évite le cycle éternel des vengeances, qui, symboliquement, déséquilibrent la balance d’un côté comme de l’autre.
Fait intéressant, les conseils de discipline maçonniques sont constitués de Frères portant un sautoir orné d’une balance. Quand les préjudices ont entraîné un déséquilibre de ladite balance, celle-ci doit être rééquilibrée. C’est le rôle de l’autorité de justice : elle est le tiers fondé à réparer le préjudice subi, sanctionner le déséquilibre et remettre les plateaux d’aplomb.

En fait, toute décision susceptible d’avoir un effet direct sur la vie d’une ou plusieurs personnes entraîne la responsabilité du décisionnaire. On ne peut pas jouer impunément avec des vies. Le registre de cette gestion lamentable de crise n’est pas politique, il est pénal dans le sens où des morts auraient pu, auraient dû être évitées. La sanction ne doit pas être une banale élection mais bien une sanction pénale. Quiconque a lu L’Art de la Guerre sait que quand l’armée se plante, c’est le général qui en subit les conséquences et qui saute. Et c’est là le sens de ces actions judiciaires : nos politiques ne doivent pas oublier qu’ils sont responsables devant la loi des décisions qu’ils prennent et qu’ils peuvent être sanctionnés lorsque leurs décisions provoque une catastrophe.

Mettre en danger la vie d’autrui est un crime, qui doit être sanctionné par l’autorité compétente. Nul ne peut, ni ne doit se substituer à la justice, et ce n’est pas aux électeurs de le faire. Ceux qui ont mal agi doivent répondre des conséquences de leur action. C’est d’ailleurs une partie du symbolisme de certains degrés en maçonnerie.

Le pouvoir n’est ni absolu, ni illimité et encore moins impuni quand on en abuse. Là est l’éthique de responsabilité. Cette lamentable affaire a le bon goût de nous le rappeler.

Je vous embrasse.

Zen et Art Martial par Georges Charles

En l’an 526 se présente à la résidence de Leung Wudi, Empereur de Chine, résidant à Luoyang dans la Province du Henan, un curieux personnage qui demande audience. Il présente une lettre d’accréditation attestant qu’il est le fils du roi de Sughanga, royaume situé dans le sud de l’Inde qui est, depuis, devenu le Kérala.

Ce roi est considéré comme le vingt-septième descendant du Bouddha et, par conséquence Bodhidharma, ce qui signifie « L’Illuminé », est donc le « Vingt-huitième Patriarche ». L’empereur décide donc de le recevoir. Dans la compréhension ésotérique chinoise vingt-sept (2+7 =9) représente la toute puissance céleste, l’apogée de la grandeur. Mais vingt-huit (2+8= 10 =1) représente le « retour à l’Unité ».

Bodhidharma s’est donc donné comme mission de convaincre l’empereur de Chine de retrouver cette Unité. L’entrevue est quelque peu orageuse car Bodhidharma explique que l’authentique bouddhisme consiste à s’asseoir et à méditer. Et non à gesticuler dans tous les sens en brandissant des oriflammes et en jouant de la flute et du tambour. L’empereur lui rétorque qu’il a permis de fonder une soixantaine de temples et fait reproduire des textes sacrés. Bodhidharma lui rétorque que ce ne sont là que des spéculations foncières et matérielles puisque ces temples ont été construits dans des montagnes où il n’y avait auparavant que des singes et des tigres et que chaque pèlerin reverse une obole qui enrichit les caisses de l’Empire et qu’il en est de même pour les images sacrées qui sont également taxées. Cela peut aider à améliorer le Karma mais c’est sans aucun mérite. Bodhidharma ajoute qu’il n’y a pas de noble vérité autre que le vide.

L’Empereur se fâche pour de bon et demande

« Mais qui es-tu pour affirmer cela ? »

A quoi Bodhidharma répond

« Je ne le sais pas moi-même ! ».

L’Empereur le fait jeter dehors et Bodhidharma n’a la vie sauve que grâce à son statut royal. Furieux de son échec il se réfugie au Temple de Shaolin, le « Monastère de la Petite Forêt » situé non loin de Luoyang sur le Mont Song. Ce monastère existait déjà sous une forme primitive au premier siècle de notre ère car il avait été fondé par le moine Baotuo considéré comme la « Premier Ancêtre ». C’est lui, en effet, qui fit connaître le Bouddhisme Dhyana qui deviendra en Chine le Chan’na, en Corée le Son’na et au Japon le Zen’na. Qui deviendront le Dyan, le Chan (ou Tchan), le Sôn et le Zen. Pas grand-chose à voir avec le désormais fameus « J’suis Zen ! ».

Quoi qu’il en soit la légende dorée affirme qu’il s’agenouilla (ou s’assit suivant les versions !) face à un mur et qu’il médita neuf années. Et qu’il atteint l’Illumination. Il décida de partager et de transmettre son expérience aux moines. Mais eut déjà quelques peines à se relever. Il s’adossa donc à la muraille et se souvint d’une forme particulière de « gymnastique » (ce qui en grec ancien signifie « se mettre nu » donc « se dépouiller d’artifices ») que lui avait transmis son père et qui appartenait à la Caste des Rois Guerriers et des Chevaliers, les Kshatriyas.

Par la suite cette forme particulière, qui se transmet toujours sous différentes formes, se nomma «Yi Jin Jing Xi Sui Jing » ou « Eiki Kinkyo » en japonais. Soit « Nettoyage Muscles Tendons Purification Moelles Quintessence ». Avec souvent une magnifique erreur de traduction de l’anglais vers le français où « Sinews » ne représente pas les « sinus » mais la « quintessence – Cinquième Essence – qui est liée à tout ce qui peut modifier le comportement humain donc tout le système hormonal  lié aux « glandes » que sont la thyroïde, les surrénales, la pituitaire, les gonades le système endocrinien sympathique, para sympathique et orthosympathique.

Mais dans sa vision chinoise !  Le travail sur « La » moelle (les moelles cérébrales, vertébrales et osseuses dans notre vision des choses) permet, affirme-t-on la « régénération du sang ». Donc une pratique qui dépasse, et de loin, la simple gymnastique de bien-être. Une fois remis en marche, Bodhidharma décide d’initier les moines à la méditation assise (Zuo Chan). Il constate qu’ils sont dans l’impossibilité de demeurer immobiles et silencieux. Il décide donc de leur faire pratiquer le fameux « Yi Jin Jing Xi Sui Jing » qui devient, de par le fait, de la méditation debout ou active (Zhan Chan). Il retrouve les principes essentiels transmis en Inde où il existe la « méditation » (Dhyana) et la « méditation assise » (ou en posture) (Dhyana Asana). Depuis, normalement, l’une ne va pas sans l’autre. La forme « active » consistant, dans un temple, à s’occuper de celui-ci, de cultiver le jardin, d’aller puiser de l’eau à la source, de polir les parquets de bois, à préparer les repas etc. Tout cela étant fait on peut alors passer à la phase « passive » ou « assise ». Inutile de dire qu’actuellement on a plutôt tendance à garer la voiture, à prendre l’ascenseur et à utiliser les services de techniciens de surface et d’un traiteur. On s’assoit et basta.


Au Japon on retrouve le même principe entre Ritsu Zen (la forme debout ou active allant jusqu’au Tir à L’arc – Le Zen dans l’Art Chevaleresque du Tir à l’Arc de Eugen Herrigel… Le Yiquan est l’une de ces formes du Ritsu Zen. J’en sait quelque chose puisque j’ai été DTN de la FFRZ Fédération Française de Ritsu Zen dans les années 70) et Zazen où l’on s’assoit pour méditer. Les deux n’étant surtout pas incompatibles ni irréconciliables.

 
Bodhidharma sa tâche enfin accomplie dans la transmission décida de continuer son périple et disparut dans la nature. Et les moines continuèrent à pratiquer debout et assis.

Et l’Art Martial dans tout cela ?

Là cela se complique un peu car, bien qu’issue d’une caste guerrière, la forme transmise par Bodhidharma ne consistait pas à casser des briques, des planches ou des pains de glace, à faire le grand écart latéral ou à se produire dans une cage pour tenter de gagner une ceinture dorée et un titre ronflant. Mais l’imagination chinoise n’ayant pas de limite et la réputation du « Premier Monastère sous le Ciel », donc de Shaolin Shi, étant grande grâce à Bodhidharma, alias Putitamo, alias Tamo, alias Damo (au Japon !), les autorités ecclésiastiques décidèrent de créer une « franchise » et, ainsi, de permettre à plusieurs autres monastères de se nommer Shaolin en toute légalité.

En Chine notamment le Shaolin (Siu Lim) du Julianshan dans le Fujian, juste en face de Taiwan. Au Vietnam le Thieu Lam dans le nord du pays, en Malaisie avec le Saolim de Penang du Révérent Sik Ko Sum et même au Japon avec le Shorinji Kempo (en chinois Shaolin Quanfa) du Maître Doshin So sur l’Ile de Shikoku à Tadotsu. C’est d’ailleurs ce dernier qui remettra aux autorités chinoises une très importante somme qui servit à restaurer le Temple du Henan. Décédé d’un infarctus lors d’un entraînement, c’est sa fille, Sôku, qui apportera le magot en 1981. A cette occasion la première démonstration fut effectuée devant le Temple par des Japonais en costume d’époque devant une foule chinoise et hilare. Il faut simplement dire que le fameux temple était en très mauvais état puisque lourdement dégradé par les Gardes Rouges puis abandonné. 

Avant Doshin So c’est, paradoxalement Richard Nixon qui lors de sa visite en Chine en 1972 mettra le doigt sur l’abcès en demandant à visiter le Temple puisqu’il passait à Luoyang. Son conseiller spécial Robert Smith, l’un des meilleurs spécialistes mondiaux dans les Arts du Poing Chinois lui glissa à l’oreille cette requête : visiter le berceau des Arts Martiaux Chinois était pour lui un rêve d’enfance. Nixon en fit donc la demande aux autorités chinoises quelque peu gênées. Il y avait des tas d’autres temples à visiter donc le fameux Monastère du Cheval Blanc (Ba Mai Si) dans la région. Nixon insista et on dut faire venir un régiment chinois pour dégager la route et pour ouvrir, de force, les grandes portes du Temple. Le spectacle fut terrible car tout était sans dessus-dessous et couvert d’inscriptions dignes des toilettes d’une gare. La honte totale pour les autorités qui promirent de restaurer le site. Ce qui fut fait en partie avec l’argent des Japonais !

Et Shaolin rentra de plein pied dans les grands projets touristiques. Les deux vieux moines qui résidaient encore dans un ermitage de la montagne, Shi Deshan et Shi Dehu, pas trop représentatifs, furent rapatriés et on les remplaça par des militaires et des acteurs plus ou moins connus et dument rasés et tatoués. On recréa à peu près de toutes pièces une pratique assez chorégraphiée mais réalisée par des professionnels de la voltige aérienne n’ayant pas grand-chose à voir avec les « anciens styles ». Mais qui plait bien aux touristes venus de Chine et du monde entier. Et on arriva assez rapidement à un magnifique « Kung-fu Land » avec hôtels, salons de massages et cours collectifs et particuliers.

Et les Arts Martiaux dans tout cela ?

Ils proviennent en réalité, mais ne le répétez pas surtout aux Chinois, du Monastère de Julianshan dans le Fujian (Fukien) qui utilisa, pour des raisons de protection et d’auto défense, des paysans costauds, l’équivalent de nos moines « portiers » ou « convert » (rien à voir avec la couleur !) qui constituèrent une milice à l’origine entraînée par cinq moines compétents dans l’Art du Poing (et du pied, et du gourdin…), lesquels se nommaient Hung, Mo, Li, Liu, Chow. Le Temple rentra en rébellion contre les Qing, donc les Mandchous, lors que leur prise du pouvoir avec le mot d’ordre « Fan Ming Fu Qing » soit « Restaurons les Ming, Chassons les Qing ». Ce qui déplut en haut lieu. Une armée impériale détruisit le temple, dont il ne reste que quelques ruines et les Cinq Moines s’échappèrent fondant à la fois des Ecoles de Kung-Fu Wushu et des sociétés secrètes. Les deux étant parfois liées jusqu’assez récemment.

Le Patriarche de l’Ecole Hung Gar (Shaolin du Sud) Yuen Yik Kai (Yuan Cixi – 1909 1984) fut placé en résidence surveillé par les autorités britanniques de Hong Kong qui étaient persuadées qu’il était un personnage important des fameuses « Triades » qui en chinois se nomment Hung ou Hong. Un peu comme si on suspectait un boulanger de fabriquer du pain avec de la farine. A partir de là de nombreuses légendes virent le jour avec des souterrains, le fameux « chemin de Shaolin » semé d’embuches, des rites d’initiation, des chaudrons de bronze qu’il fallait saisir et qui laissaient sur les avants bras un « tatouage » d’un tigre et d’un dragon et des tas de fadaises romantiques à la chinoise. Une certaine réalité mais lourdement agrémentée pour plaire aux touristes et aux adolescents boutonneux. Ce que je fus, d’ailleurs.

Rien que le terme Arts Martiaux, avec ou sans majuscule, nous est débarqué des USA où le « Martial Art » et le « Martial Artist » font florès. Mais finalement Mars à Rome, Arès, chez les Anciens Grecs, n’est qu’un psychopathe égorgeur en jupette de cuir. Et si on s’en réfère à l’Iliade, un sacré looser qui est toujours du côté du plus fort qui va se prendre une trempe, pour être poli. Pas le meilleur exemple qui soit pour notre jeunesse.  Il y a la Musique, la musique militaire et, encore, la musique martiale. Pour la seconde on peut apprécier en rentrant tard le soir, seul, en voiture pour rester éveillé. Pour la troisième le spécimen le plus représentatif est « L’entrée des gladiateurs » (op 68) par le compositeur tchèque Julius Ernest Wilhelm Fucik.

De la joie et de la bonne humeur mais évoquant quand même un peu le cirque et les clowns. Ne méprisons pas ces derniers qui dépendent, quand même, du ministère de la Culture alors que les arts martiaux dépendent du ministère des Sports, où l’un de ses divers avatars. Rien à voir avec Zavatta. C’est pourquoi, par principe et par raison, je préfère utiliser le terme Chevaleresque. Arts Chevaleresques c’est suranné mais c’est « autre chose ». Et j’évite même « Chinois ». Plus on en rajoute plus on affaiblit le propos. Ce qui serait dommage. 

Le symbolisme du boiteux

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De notre confrère le Dictionnaire des Symboles

Le boiteux est bancal. Boiter est le contraire de marcher droit. Le boiteux marche de travers, à moins qu’il ne se serve d’un bâton pour rétablir l’équilibre.

Le Sphinx posa cette énigme à Œdipe : « Qui marche à quatre pattes le matin, à deux pattes à midi, et à trois pattes le soir ? ». Œdipe répondit : « l’homme » et c’était effectivement la bonne réponse. Enfant, il se traîne à quatre pattes, puis il marche sur ses deux pieds, et, à la fin de sa vie, l’homme vieux et infirme s’aide d’une canne. Comme le boiteux, le vieillard est bancal, il a besoin d’une troisième jambe pour avancer droit. Ces trois « jambes » sont à rapprocher du symbolisme du Trépied, du Caducée, et des Trois Piliers maçonniques (à ne pas confondre avec les deux colonnes d’airain). Tous sont des représentations symboliques de l’affrontement de deux forces contraires équilibrées par une troisième force qui stabilise l’ensemble.

Les mythes

Les mythes antiques mettent en scène des héros et des dieux boiteux. Dionysos, Héphaïstos, Harpocrate boitent. Jason dans sa quête de la Toison d’or, devient boiteux en perdant sa sandale gauche après avoir aidé Héra déguisée à traverser une rivière en crue. Héra, en échange, lui accorda sa protection [1]. Œdipe boite également, et il est fils d’un gaucher et petit-fils d’un boiteux [2]. Héphaïstos (Vulcain pour les Latins) est décrit dans l’Iliade (XVIII, 412) comme un être monstrueux, laid et bancal. Il est forgeron. Il possède la connaissance du Feu intérieur — donc de l’alchimie —. Il est devenu boiteux après un corps à corps avec Zeus, son père, qui le précipita hors de l’Olympe, sur la terre. Héphaïstos devint le maître du feu, maître de la Forge. De la matière brute, le fer informe et disgracieux, et à l’aide du feu dont il possède le secret depuis son combat et sa chute, il façonne des armes admirables, des glaives, des sceptres et des boucliers pour les dieux. L’estropié, le difforme, se reconstruit lui-même quotidiennement  dans le monde souterrain où couve le feu sacré.

Héphaïstos, lorsqu’il est sous terre, symbolise le soleil d’hiver dont la plus grande partie de sa course se situe sous la ligne d’horizon. « En symbolique, boiter, c’est être faible, c’est finir ou commencer » [3].  Le soleil devient faible à partir du solstice d’été jusqu’au solstice d’hiver qui est la nuit la plus longue de l’année. Alors, jeune nouveau-né, le soleil commence sa course ascendante et, de plus en plus fort, il culmine au solstice d’été, dernier jour avant sa lente descente hivernale.

Judéo-christianisme

L’affrontement des deux forces antagonistes évoqué plus haut, est également illustré par un épisode de la Genèse (Genèse 32, 24-32), dans lequel un homme lutte dans un corps à corps d’une extrême violence avec Jacob jusqu’au lever du jour. Constatant qu’il ne peut le vaincre, l’homme frappe Jacob à l’emboiture de la hanche et celle-ci se démet. Jacob devient boiteux. En fait, c’est Dieu qui est descendu sur terre sous une forme  humaine. Après le combat, il donne à Jacob le nom d’Israël. Dans les textes vétéro et néotestamentaires, le changement de nom intervient toujours après une initiation ou une élection. Jacob est l’élu de Dieu, comme Simon est l’élu du Christ dans les évangiles. A cette occasion, Simon prend le nom de Képhas — Pierre —. Dans la Genèse, l’initiation de Jacob s’accompagne de la vue du visage de Dieu — une transgression en quelque sorte —. Le prix à payer pour avoir dérober par la force (le combat) la Connaissance, est la claudication.

Le Talmud et les Toledoth Jechou rapportent que Jésus boitait [4]. Il se serait estropié en essayant de voler. Robert Graves, dans son livre Le Roi Jésus, suggère l’hypothèse que cette tradition serait en fait « une allusion à une cérémonie secrète du couronnement sur le Mont Thabor. Jésus y serait devenu le nouvel Israël après avoir été rituellement rendu boiteux au cours d’une lutte » [5]. Il est donc le successeur de Jacob dans la nouvelle alliance. De même qu’Israël eut douze fils, chefs des douze tribus, le Christ choisit douze apôtres (les Douze) pour lui succéder.

En outre, il semble que le dieu des Hébreux IHVH ait été identifié dès l’antiquité avec Dionysos Sabazius, un dieu qui boite aussi [6].

Selon une croyance populaire, le diable serait boiteux. Le diable est de double nature, du ciel — c’est un ange déchu — et du monde infernal. Il possède les deux forces antagonistes en lui, ce qui le rend boiteux au mettre titre que Vulcain / Héphaïstos.

Initiation

Selon Marguerite Loeffer-Delachaux, un personnage boiteux dans un mythe, un conte ou un récit initiatique désigne toujours :

— En symbolique exotérique : le pâle soleil du début ou de la fin de l’année.

— En symbolique ésotérique : le moment où le futur initié commence ou termine un cycle initiatique [7].

La Descente aux Enfers décrite par Apulée en est  l’illustration la plus citée. On peut y lire :

« Quand une bonne partie de la route infernale sera faite, tu rencontreras un âne boiteux chargé de fagots et un ânier qui boite comme lui. » [8]

En Franc-maçonnerie, le Profane est déchaussé du pied gauche pour être mis en état de boiter. Il va en boitant jusqu’à ce qu’il soit reconnu Apprenti [9].

Dans le monde

Nous retrouvons la symbolique de la boiterie ou de la claudication dans toutes les parties du monde, sous des formes diverses comme par exemple, des danses à pas boités. Selon Curt Sachs, elles auraient pour origine la Chine antique [10]. M. Loeffler-Delachaux rapporte cet autre exemple particulièrement significatif : Au Siam, chaque année, on nommait pour trois jours une sorte de « ministre de l’agriculture » qu’on appelait le Roi Bancal et qui était Seigneur des Armées célestes. Pendant une cérémonie qui durait trois heures, il devait se tenir sur une seule jambe sans tomber ni poser le second pied à terre, en quel cas, il était dépouillé de ses biens et sa famille entrait en esclavage. Ce roi bancal avait pour mission de rappeler aux agriculteurs que labourage et semailles doivent s’accomplir sous le règne du soleil déclinant, donc boiteux [11].

Exclusion

Certains ordres religieux catholiques n’acceptent pas les boiteux ni ceux qui présentent une déficience physique commençant par la lettre B [12]. Au XVIIIe siècle, ce sont les Francs-maçons qui reprennent cette règle des B (B comme bancal, bâtard, bègue, bigle, boiteux, borgne, bossu, bougre). Les infirmités physiques seraient perturbatrices du psychisme et constitueraient un obstacle à l’initiation [13].

Les rêves

Dans les rêves, la boiterie symbolise l’exclusion, la solitude, mais aussi l’ombre, les éléments insolites, inadaptés de notre personnalité [14].

Notes et références

____________________

[1] Roger Richard, Dictionnaire maçonnique, Dervy, Paris, 2002, p. 72.

[2] Henry Lenormand, Dictionnaire des symboles universels, Dervy, Paris, 2005, tome 1.

[3] Marguerite Loeffler-Delachaux, Le Cercle, un symbole, Editions du Mont-Blanc, Genève, p. 23.

[4] Robert Graves, La Déesse blanche, édition du Rocher, Monaco, 1979, p. 388.

[5] Ibid.

[6] Ibid. p. 389. En témoignent : Plutarque (Questions autour de la Table) ; Tacite (Histoire V, 5) ; l’historien Valerius Maximus.

[7] Marguerite Loeffler-Delachaux, op. cit. p. 24.

[8] Ibid.

[9] Roger Richard, Dictionnaire maçonnique, op. cit. p. 71.

[10] Curt Sachs, Histoire de la danse, Gallimard, Paris, 1938, p. 76.

[11] Marguerite Loeffler-Delachaux, op. cit. pp. 24-25.

[12] Henry Lenormand, Dictionnaire… op. cit.

[13] Roger Richard, Dictionnaire maçonnique, op. cit. p. 49.

[14] Nadia Julien, Dictionnaire des symboles, Marabout (Belgique), 1989.

22 septembre 2021, c’est l’équinoxe d’automne : origines, histoire et traditions

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L’équinoxe se définit comme chacun des deux moments de l’année où, le soleil se trouvant, au cours de sa trajectoire apparente sur la sphère céleste, dans le plan de l’équateur, le jour a une durée égale à celle de la nuit sur toute la surface de la terre.

Du latin aequinoctium, de aequi égal et de nox nuit, l’équinoxe correspond aux positions pour lesquelles les deux hémisphères de notre planète bleue sont éclairés de la même façon par l’astre Soleil.

En pénétrant dans l’équinoxe de l’automne le 22 septembre, jour de la partition entre le haut, monde des vivants, et le bas, monde des morts, nous retrouvons à nouveau cet état d’équilibre entre la durée du jour et de la nuit. Pour les francs-maçons, cela peut être considéré comme l’égalité entre le blanc et le noir du pavé mosaïque nous invitant ainsi à accepter en nous notre lumière sans renier nos ténèbres, pour concilier, réunir, harmoniser toutes les facettes de notre être.

Dans toutes les traditions spirituelles on retrouve l’importance de célébrer ce que l’on appelle la roue de l’année. C’est à dire d’accompagner par des actes symboliques les changements qui s’opèrent dans la Nature au cours d’une année : changement de végétation, de température et de luminosité. Honorer ces changements, c’est aussi se synchroniser avec la Nature et pouvoir à son tour changer, évoluer et donc progresser.

Avec l’arrivée de l’automne la durée des jours va continuer de diminuer et l’obscurité va gagner du terrain, cette cérémonie permet également de trouver les ressources en soi pour pouvoir faire face à notre côté sombre qui commence à se dévoiler en cette saison.

Équinoxe d’automne : origines, histoire et traditions

En France, l’équinoxe d’automne est lié à un moment majeur de l’histoire. Le calendrier républicain, établi pendant la Révolution française, prenait l’équinoxe d’automne comme principal repère : il marquait alors le début de la nouvelle année. Cette organisation fut adoptée en 1792 et abandonnée en 1806 par Napoléon. À l’origine de ce nouveau calendrier, on trouve deux décisions des députés de la Convention. Le 21 septembre 1792, ils votent l’abolition de la royauté en France puis décrètent que les actes publics seront désormais datés « à partir de l’an I de la République ». C’est donc par accident et non par calcul que l’évènement astronomique devint la date clef du calendrier. Cependant, à partir de l’année suivante, le début de l’année fut fixé à l’équinoxe vrai à Paris (entre le 21 et le 24 septembre dans le calendrier grégorien).

Le poète Fabre d’Eglantine (1750-1794), auteur de la célèbre romance « Il pleut, il pleut, bergère », nomma les mois, qui démarraient avec Vendémiaire, période des vendanges. Traduit dans notre calendrier, il débutait donc le plus souvent le 22 septembre. C’est le cas en 2016. Le calendrier républicain, qui comptait 360 jours était complété par cinq à six jours complémentaires, sur le même modèle que les années bissextiles, nommés sans-culottides. Ils rendaient hommages aux sans-culottes, frange antiaristocratique et radicale du peuple. Ces jours se glissaient à la toute fin de l’année républicaine, après le douzième mois, fructidor. Chômés, ils marquaient donc la période de l’équinoxe d’automne en célébrant la vertu, le génie, le travail, l’opinion et les récompenses. Tous les quatre ans, un sixième jour s’ajoutait : le jour de la Révolution. Il donnait lieu à des réjouissances et marquait la fin d’une franciade (période de 4 ans).

L’équinoxe d’automne fut longtemps celle où les élèves retrouvaient les bancs de l’école. En effet, jusqu’aux années 1960, la rentrée scolaire était fixée entre le 20 septembre et le 30 septembre. Cette reprise tardive permettait aux enfants d’assister leurs parents dans les tâches agricoles (moissons, vendanges, etc.), alors qu’une majorité de la population habitait encore dans les campagnes.

Ailleurs dans le monde, de nombreux événements sont liés à l’équinoxe d’automne :

Au Mexique, les Mayas attribuaient une grande importance à cette période où les jours et les nuits ont la même longueur. La pyramide d’El Castillo, sur le site de Chichén Itzá, a été conçue de manière à ce que, lors des équinoxes, les ombres portées évoquent la silhouette d’un serpent glissant le long de ses escaliers.

En Asie, la classification des saisons diffère de celle utilisée en occident. Ainsi, l’équinoxe marque dans le calendrier chinois la fête de la mi-automne (et non du début de l’automne). Elle a toujours lieu lors d’une nuit de pleine lune proche de l’événement astronomique : cette année, la date est fixée au 27 septembre.

Autrefois, les pâtissiers préparaient des gâteaux en forme de lune et toute une panoplie de friandises sucrées, comme en témoigne cette photographie prise dans la rue du sucre à Hanoï dans les années 20.

Elle célèbre également la fin des récoltes et constitue l’une des périodes de congés les plus importantes de l’année en Chine, à Taïwan, au Vietnam. Traditionnellement, il était d’usage d’organiser les mariages à cette période de l’année. La confection de gâteaux en forme de lune ou de lanternes font partie des rituels pratiqués à l’occasion de la fête de la mi-automne.

Dans la tradition celtique, qui fête ce moment de passages et de transformation, d’un temps à un autre ou d’un état à un autre, l’équinoxe d’automne est un jour de remerciement à la Déesse Mère, pour les cadeaux de la moisson et les fruits de la terre qu’elle nous a procurée. C’est aussi un moment de préparation à la pénombre de l’hiver, l’occasion de nous débarrasser de ce qui nous entrave, nous retient à un passé qui n’est plus, l’occasion de couper nos « vieilles branches ».

Pour l’Homme, en général :

Période favorisant l’évocation, la réflexion, la synthèse de l’expérience de  l’été, elle est propice à la chaleur du souvenir, au retour sur l’année écoulée et sur l’ensemble de notre vie.

À l’automne, la terre et la végétation entrent en sommeil ; les graines n’ont plus de vie active. L’être humain doit aller à l’essentiel, il doit passer de l’avoir à l’être et sacrifier tout ce qui n’est pas indispensable au maintien de la vie.

Il doit préparer son sol pour abriter les graines reçues, ainsi qu’une terre meuble et souple qui pourra donner la chaleur et l’humidité nécessaire à leur éclosion future. Il est de sa responsabilité de faire fructifier les graines qu’il a reçues : personne d’autre que lui, ne le pour

Pour le franc-maçon, en particulier :

L’équinoxe, période propice à la réflexion et à l’intériorisation, est un moment privilégié pour nous de faire un bilan devant la Justice, symbolisée par le premier signe de l’Automne, la Balance qui marque le point du juste milieu autour duquel tout oscille. Ce juste milieu n’est-il pas la place que se doit d’occuper, en permanence, le maçon ?

Cette période où le jour et la nuit s’équilibrent, témoigne du balancement entre un automne extérieur et l’aurore d’un printemps intérieur.  Le Soleil traverse l’Équateur et se dirige vers le Sud annonçant ainsi la fin des jours longs et chauds de l’été et le début du temps de l’hiver : il a entrepris sa descente annuelle et son règne s’achève, mettant en évidence la vie, la mort et la renaissance.

Le temps est venu de passer dans l’autre sens la Porte que nous avons franchie lors de l’équinoxe de printemps et d’accueillir de nouveau la Déesse qui viendra doucement nous guider dans le silence de la nuit.  Dame Nature couverte d’un manteau pourpre, prend peu à peu l’apparence de la mort. Pour nous autres francs-maçons nous savons que la mort n’existe pas. Elle n’est qu’illusion, un Frère part, un autre le remplace, et le chantier se poursuit sans interrompre l’Œuvre.

o   La Chaîne continue…

De l’équinoxe d’automne au solstice d’hiver, demain sera un nouveau jour, et après minuit, il sera midi.

yonnel ghernaouti

 

Sources :

Le symbolisme des équinoxes et des saisons – La Parole Circule…

Automne : une date de l’équinoxe 2016 plus tardive que d’habitude ? – lintern@ute

Chichén Itzá – Wikipédia

Fête des enfants ! – Paris – Saigon, vivre en Asie du Sud Est

La fête de la Mi-Automne – Vietnam

La Déesse Mère – Wikipédia

Pros and Cons – Vladimir Kush

FRANCE 3 – Secrets d’Histoire : Les secrets des Templiers

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présenté par : Stéphane Bern – 102 min – diffusé le lun. 20.09.21 à 21h10 – disponible ci-dessous jusqu’au 27.10.21

Le 11 mars 1314, Jacques de Molay, Grand Maître de l’Ordre du Temple, périt sur un bûcher dressé à Paris, sous les yeux du roi Philippe le Bel, responsable de sa chute. Parmi les légendes qui gravitent autour de cet ordre militaro-religieux, celle du trésor des Templiers anime toutes les passions.

https://www.france.tv/france-3/secrets-d-histoire/2759591-philippe-le-bel-et-l-etrange-affaire-des-templiers.html

PVI – Franc-Maçonnerie et bouddhisme

Points de Vue InitiatiquesVivre la tradition

Revue de la Grande Loge de France

Franc-Maçonnerie et bouddhisme

GLDF, N° 201, septembre 2021, 120 pages, 8 €

Présentation de la GLDF :

Ne manquez pas ce numéro passionnant sur l’un des principaux courants des spiritualités orientales, le bouddhisme.

Pourquoi ce numéro consacré à Franc-maçonnerie et bouddhisme, une première ? De nombreux francs-maçons ont été attirés et ont développé une double pratique qui s’est maintenant inscrite dans le temps, sans y vivre les effluves du New Age. Nous les croisons en loge, ils partagent ici leur parcours comme leurs réflexions, leur expérience et leurs regards qui s’appuient souvent sur le vécu plus que les concepts. Il n’y a évidemment pas de source bouddhique, ou plus largement extrême-orientale, dans nos rituels. Ce numéro est donc l’occasion de découvertes, mais aussi de rappeler ce que les hommes ont tous en commun dans leur démarche spirituelle, dans leur engagement, même si les chemins sont multiples.

Pour s’abonner : https://boutique.gldf.org/6-abonnement-pvi

Au sommaire :

Éditorial de Olivier Balaine,

Le mot du Grand Maître, Pierre-Marie Adam.

Bouddhisme et franc-maçonnerie : deux voies initiatiques parallèles, Jean-François Drocourt,

Méditation et réflexion : quelle différence ?, Jean-Émile Biancchi,

Jésus et Bouddha, Alain-Noël Dubart,

Maîtres et disciples : transmission bouddhique et maçonnique, Christophe Picot,

Entretien

Bouddhisme, la voix japonaise, Taishin Sômyo, propos recueillis par Jean-Yves Bassuel,

Un Maître authentique en Occident, Lama Jigmé Rinpoché,

Se transformer soi-même pour transformer le monde, Philippe de Grimal,

Le bouddhisme : une religion ?, Jean Michel Valla,

De la parole aux mantras, Jean-Luc Perbet

Le mandala : architecture ésotérique des tantras, Philippe Boché,

Rapport de la Déité dans la franc-maçonnerie et le bouddhisme, Cédric Zago,

Petit glossaire du bouddhisme préparé par Jean-Michel Valade.

Histoire

Kipling, bouddhisme et franc-maçonnerie : la synthèse d’une inspiration littéraire, Jean-Pierre Thomas,

Portrait d’initié

Alexandra David-Néel : l’aventure de la sagesse, Robert de Rosa,

D’Orient et d’Occident

Bouddhisme et franc-maçonnerie en Asie du Sud-Est : le cas du Vietnam et du Cambodge, Jean-Philippe Filippi,

Arrêt sur image

Zounya Wang, ici et maintenant, de Daniel Sygit,

Le quiz de Patrick

Le quiz de Patrick, Patrick Joinié-Maurin,

L’air du temps

Le felinobouddhisme, Robert de Rosa,

Recension

Bulletin d’abonnement

Le sommaire du n° 202, décembre 2021 : Nature, spiritualité et initiation

Le chant du poète

[NDLR : Une polémique quant à l’appartenance à la Franc-Maçonnerie d’Alexandra David-Néel (1868-1969), orientaliste et exploratrice, surgit actuellement à l’occasion de conférences données en son hommage. L’article que lui consacre à Robert de Rosa nous donne quelques pistes…]

ITALIE : Franc-maçonnerie : quand la tradition devient archaïque…

De notre confrère italien expartibus.it

Dans un monde pandémique où les talibans conquièrent le pouvoir en Afghanistan en outrageant le féminin sacré, en créant un nouveau désordre mondial, la nouvelle règle est : diviser pour mieux régner .

Dans un monde où la puissance du néolibéralisme déchaîne ses attaques les plus féroces et où l’homme ravage la nature et le climat.

Dans un monde, comme l’écrivait prophétiquement Pessoa, dépourvu de fondements pour celui qui a un coeur et un cerveau, et qui n’offre aucune sécurité sur le plan religieux, aucune aide sur le plan moral, aucune tranquillité sur le plan politique.

Dans un monde où celui qui se cherche est considéré comme une personne trompée sinon un idiot et le Bouddha est devenu un auxiliaire futile et utile ou une statuette porte-bonheur, les francs-maçonneries, mais j’espère pas toutes, se préparent à lustrer les vieilles médailles, à marcher sur les vieux chemins, à dépoussiérer les vieux bijoux de famille.

Vous verrez combien de souvenirs chers seront tirés de la naphtaline : la brèche de Porta Pia, Garibaldi, les héros du Risorgimento, avec l’assaisonnement habituel des plus larges références aux gloires habituelles du passé : Voltaire, Franklin, Mozart, Wilde, Fleming, Ellington, Fermi, Totò, De Amicis…

Mais où sont « maintenant » les grands et petits illustres francs-maçons contemporains?

Où est le son vital, actif et opérationnel des Officines sacrées à l’œuvre?

Vous verrez, en grande partie le XX septembre ira ainsi. Avec une vraie paix de l’ésotérisme chrétien et païen. Tandis que Perséphone dans l’équinoxe d’automne s’enfonça dans l’Hadès pour caresser son amant violeur glacial et obscur. Maître de ces enfers où la belle acceptera imprudemment de goûter 6 graines de grenade. Et tandis que le symbole et le mythe tenteront encore de nous parler pour nous aider à reconstituer notre décomposition cosmique, le poix noir du Kali Yuga asphyxiera les cœurs et les sens subtils de ceux qui ne veulent pas voir. Aucune Isis ne leur réapparaîtra, patiente, pour recoudre les morceaux de son époux. Le phallus n’engendrera plus le fils fécond de l’hiéroglymie entre Féminine et Masculine. Et l’initiation seulement « solaire », trop ensoleillée, brûlera la terre sous les pieds des vainqueurs. Et la bureaucratie grise et embrouillée gagnera, peut-être gagnera-t-elle, m. Au prix de se dessécher irrémédiablement elle-même.

Tandis que Perséphone à l’équinoxe d’automne s’enfoncera encore dans l’Hadès pour caresser son amant violeur froid et sombre. Maître de ces Enfers où la belle accepte imprudemment de goûter 6 graines de grenade. Tandis que le symbole et le mythe tenteront encore de nous parler pour nous aider à recomposer notre décomposition cosmique, la poix noire du Kali Yuga asphaltera les cœurs et les sens subtils de ceux qui ne veulent pas voir.

A eux aucune Isis ne reparaîtra, patiente, pour raccommoder les morceaux de son mari. Le phallus n’engendrera plus le fils fécond de la hiérogamie entre le Féminin et le Masculin. La seule initiation « solaire », pour trop de soleil, brûlera la terre sous les pieds des vainqueurs. La bureaucratie grise et enchevêtrée gagnera, peut-être qu’elle gagnera mais au prix d’un tarissement irrémédiable.

Mais nous ne devons pas trop nous attrister . La vie est continuellement spoliation. Nous mourrons tous, vous le savez, ce n’est qu’une vieille et banale habitude. Une vulgaire patacca antique ressemblant à la Tradition éternelle qui se détend dynamique, incontestable et irréductible entre le passé, le présent et l’avenir. Et au-delà.

le Phoenix renaît. Sans cesse. Lentement. Soudainement…