mer 27 octobre 2021 - 13:10

22 septembre 2021, c’est l’équinoxe d’automne : origines, histoire et traditions

L’équinoxe se définit comme chacun des deux moments de l’année où, le soleil se trouvant, au cours de sa trajectoire apparente sur la sphère céleste, dans le plan de l’équateur, le jour a une durée égale à celle de la nuit sur toute la surface de la terre.

Du latin aequinoctium, de aequi égal et de nox nuit, l’équinoxe correspond aux positions pour lesquelles les deux hémisphères de notre planète bleue sont éclairés de la même façon par l’astre Soleil.

En pénétrant dans l’équinoxe de l’automne le 22 septembre, jour de la partition entre le haut, monde des vivants, et le bas, monde des morts, nous retrouvons à nouveau cet état d’équilibre entre la durée du jour et de la nuit. Pour les francs-maçons, cela peut être considéré comme l’égalité entre le blanc et le noir du pavé mosaïque nous invitant ainsi à accepter en nous notre lumière sans renier nos ténèbres, pour concilier, réunir, harmoniser toutes les facettes de notre être.

Dans toutes les traditions spirituelles on retrouve l’importance de célébrer ce que l’on appelle la roue de l’année. C’est à dire d’accompagner par des actes symboliques les changements qui s’opèrent dans la Nature au cours d’une année : changement de végétation, de température et de luminosité. Honorer ces changements, c’est aussi se synchroniser avec la Nature et pouvoir à son tour changer, évoluer et donc progresser.

Avec l’arrivée de l’automne la durée des jours va continuer de diminuer et l’obscurité va gagner du terrain, cette cérémonie permet également de trouver les ressources en soi pour pouvoir faire face à notre côté sombre qui commence à se dévoiler en cette saison.

Équinoxe d’automne : origines, histoire et traditions

En France, l’équinoxe d’automne est lié à un moment majeur de l’histoire. Le calendrier républicain, établi pendant la Révolution française, prenait l’équinoxe d’automne comme principal repère : il marquait alors le début de la nouvelle année. Cette organisation fut adoptée en 1792 et abandonnée en 1806 par Napoléon. À l’origine de ce nouveau calendrier, on trouve deux décisions des députés de la Convention. Le 21 septembre 1792, ils votent l’abolition de la royauté en France puis décrètent que les actes publics seront désormais datés « à partir de l’an I de la République ». C’est donc par accident et non par calcul que l’évènement astronomique devint la date clef du calendrier. Cependant, à partir de l’année suivante, le début de l’année fut fixé à l’équinoxe vrai à Paris (entre le 21 et le 24 septembre dans le calendrier grégorien).

Le poète Fabre d’Eglantine (1750-1794), auteur de la célèbre romance « Il pleut, il pleut, bergère », nomma les mois, qui démarraient avec Vendémiaire, période des vendanges. Traduit dans notre calendrier, il débutait donc le plus souvent le 22 septembre. C’est le cas en 2016. Le calendrier républicain, qui comptait 360 jours était complété par cinq à six jours complémentaires, sur le même modèle que les années bissextiles, nommés sans-culottides. Ils rendaient hommages aux sans-culottes, frange antiaristocratique et radicale du peuple. Ces jours se glissaient à la toute fin de l’année républicaine, après le douzième mois, fructidor. Chômés, ils marquaient donc la période de l’équinoxe d’automne en célébrant la vertu, le génie, le travail, l’opinion et les récompenses. Tous les quatre ans, un sixième jour s’ajoutait : le jour de la Révolution. Il donnait lieu à des réjouissances et marquait la fin d’une franciade (période de 4 ans).

L’équinoxe d’automne fut longtemps celle où les élèves retrouvaient les bancs de l’école. En effet, jusqu’aux années 1960, la rentrée scolaire était fixée entre le 20 septembre et le 30 septembre. Cette reprise tardive permettait aux enfants d’assister leurs parents dans les tâches agricoles (moissons, vendanges, etc.), alors qu’une majorité de la population habitait encore dans les campagnes.

Ailleurs dans le monde, de nombreux événements sont liés à l’équinoxe d’automne :

Au Mexique, les Mayas attribuaient une grande importance à cette période où les jours et les nuits ont la même longueur. La pyramide d’El Castillo, sur le site de Chichén Itzá, a été conçue de manière à ce que, lors des équinoxes, les ombres portées évoquent la silhouette d’un serpent glissant le long de ses escaliers.

En Asie, la classification des saisons diffère de celle utilisée en occident. Ainsi, l’équinoxe marque dans le calendrier chinois la fête de la mi-automne (et non du début de l’automne). Elle a toujours lieu lors d’une nuit de pleine lune proche de l’événement astronomique : cette année, la date est fixée au 27 septembre.

Autrefois, les pâtissiers préparaient des gâteaux en forme de lune et toute une panoplie de friandises sucrées, comme en témoigne cette photographie prise dans la rue du sucre à Hanoï dans les années 20.

Elle célèbre également la fin des récoltes et constitue l’une des périodes de congés les plus importantes de l’année en Chine, à Taïwan, au Vietnam. Traditionnellement, il était d’usage d’organiser les mariages à cette période de l’année. La confection de gâteaux en forme de lune ou de lanternes font partie des rituels pratiqués à l’occasion de la fête de la mi-automne.

Dans la tradition celtique, qui fête ce moment de passages et de transformation, d’un temps à un autre ou d’un état à un autre, l’équinoxe d’automne est un jour de remerciement à la Déesse Mère, pour les cadeaux de la moisson et les fruits de la terre qu’elle nous a procurée. C’est aussi un moment de préparation à la pénombre de l’hiver, l’occasion de nous débarrasser de ce qui nous entrave, nous retient à un passé qui n’est plus, l’occasion de couper nos « vieilles branches ».

Pour l’Homme, en général :

Période favorisant l’évocation, la réflexion, la synthèse de l’expérience de  l’été, elle est propice à la chaleur du souvenir, au retour sur l’année écoulée et sur l’ensemble de notre vie.

À l’automne, la terre et la végétation entrent en sommeil ; les graines n’ont plus de vie active. L’être humain doit aller à l’essentiel, il doit passer de l’avoir à l’être et sacrifier tout ce qui n’est pas indispensable au maintien de la vie.

Il doit préparer son sol pour abriter les graines reçues, ainsi qu’une terre meuble et souple qui pourra donner la chaleur et l’humidité nécessaire à leur éclosion future. Il est de sa responsabilité de faire fructifier les graines qu’il a reçues : personne d’autre que lui, ne le pour

Pour le franc-maçon, en particulier :

L’équinoxe, période propice à la réflexion et à l’intériorisation, est un moment privilégié pour nous de faire un bilan devant la Justice, symbolisée par le premier signe de l’Automne, la Balance qui marque le point du juste milieu autour duquel tout oscille. Ce juste milieu n’est-il pas la place que se doit d’occuper, en permanence, le maçon ?

Cette période où le jour et la nuit s’équilibrent, témoigne du balancement entre un automne extérieur et l’aurore d’un printemps intérieur.  Le Soleil traverse l’Équateur et se dirige vers le Sud annonçant ainsi la fin des jours longs et chauds de l’été et le début du temps de l’hiver : il a entrepris sa descente annuelle et son règne s’achève, mettant en évidence la vie, la mort et la renaissance.

Le temps est venu de passer dans l’autre sens la Porte que nous avons franchie lors de l’équinoxe de printemps et d’accueillir de nouveau la Déesse qui viendra doucement nous guider dans le silence de la nuit.  Dame Nature couverte d’un manteau pourpre, prend peu à peu l’apparence de la mort. Pour nous autres francs-maçons nous savons que la mort n’existe pas. Elle n’est qu’illusion, un Frère part, un autre le remplace, et le chantier se poursuit sans interrompre l’Œuvre.

o   La Chaîne continue…

De l’équinoxe d’automne au solstice d’hiver, demain sera un nouveau jour, et après minuit, il sera midi.

yonnel ghernaouti

 

Sources :

Le symbolisme des équinoxes et des saisons – La Parole Circule…

Automne : une date de l’équinoxe 2016 plus tardive que d’habitude ? – lintern@ute

Chichén Itzá – Wikipédia

Fête des enfants ! – Paris – Saigon, vivre en Asie du Sud Est

La fête de la Mi-Automne – Vietnam

La Déesse Mère – Wikipédia

Pros and Cons – Vladimir Kush

Yonnel Ghernaouti
Yonnel Ghernaouti, membre de la Respectable Loge Le Centre des Amis N° 1 de la Grande Loge Nationale Française et Chapelain de la Loge Nationale de Recherches Villard de Honnecourt, est désormais, après six ans passés en qualité de Député Grand Archiviste, responsable, dans le cadre de la culture et de la communication, de l'organisation des salons maçonniques et de l’éditorial des réseaux sociaux. Membre du bureau de l'Institut Maçonnique de France, il est le chroniqueur littéraire de la G.L.N.F., écrit aussi dans La Chaîne d’Union du Grand Orient de France et collabore à de nombreux ouvrages.

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