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RUSSIE : Francs-maçons en Russie

De notre confrère russe ryb.ru

Les francs-maçons sont apparus en Russie au milieu du XVIIIe siècle. Pendant longtemps, l’ordre est resté majoritairement une organisation composée d’étrangers.

Les loges, composées d’Allemands, de Français et de Britanniques, fonctionnaient selon des rituels différents, et les quelques Russes qui y ont été initiés se sont retrouvés au sein de différentes structures maçonniques. Des nobles russes ont rejoint les loges maçonniques à l’étranger, comme, par exemple, Alexander Vasilyevich Suvorov, qui a été admis à la Loge des Trois Globes de Berlin le 16 mars 1761. Et le comte Alexandre Sergueïevitch Stroganov – un célèbre collectionneur, président de l’Académie des arts et directeur de la Bibliothèque publique, l’un des premiers membres du Conseil d’État – occupait une position très élevée dans la franc-maçonnerie française. En 1771, il devient le fondateur de la loge Les Amis Réunis à Paris et y reste jusqu’en 1788, et continua ensuite en Russie jusqu’à sa mort en septembre 1811.

Dans la seconde moitié du XVIIIe siècle, lorsque la franc-maçonnerie russe proprement dite se répandit de plus en plus dans la société, les loges commencèrent à s’unir en diverses obédiences. L’une des plus importantes était l’alliance de stricte observance sous l’égide de la Grande Loge de Suède. En février 1788, le Chapitre du Phénix, le suprème conseil, débuta ses travaux à Saint-Pétersbourg, et en mai 1779 la Grande Loge Nationale fut créée pour regrouper toutes les loges du système suédois en Russie. Toutes les actions du Chapitre du Phénix, selon les termes de l’accord, étaient subordonnées aux autorités maçonniques suédoises et personnellement au grand maître provincial. En 1780, l’union se composait de 21 loges.

D’où viennent les francs-maçons en Russie ? Les francs-maçons de Moscou préférèrent recevoir les patentes de la stricte observance de Berlin, et en 1779, en vertu d’un brevet délivré par le Grand Maître de la Loge des Trois Globes, le duc Ferdinand de Braunschweig, la Loge Mère Écossaise des Trois Bannières fut établie. Et à la fin de 1781, la loge de Laton Nikolai Novikov a reçu le même statut.

Mais la patente du rituel de l’Ordre de la Rose croix (Rosicruciens), qui a commencé à se former dans cette loge en 1766, reçue du maître local de la Loge des Trois Globes Welner, étaient d’une bien plus grande importance. Cet événement a divisé toute la structure des organisations maçonniques russes en deux courants pratiquement indépendants l’un de l’autre : la franc-maçonnerie traditionnelle et la franc-maçonnerie du cercle rosicrucien. Parmi les dirigeants de l’Ordre rosicrucien en Russie se trouvaient Nikolai Novikov et Ivan Lopukhin.

Catherine II, qui d’abord se moquait des francs-maçons, a commencé au fil du temps à se montrer insatisfaite de la subordination de ses sujets à des dirigeants étrangers et des activités sociales actives des francs-maçons. L’union des loges suédoises fut la première à souffrir en 1780 d’être trop proche de leurs dirigeants à Stockholm. Alors commencèrent des obstructions aux activités de Novikov et la fermeture de loges rosicruciennes évidentes. Bientôt, en raison des événements de la Révolution française, la plupart des francs-maçons russes ont également du cesser de se rassembler.

L’activité maçonnique n’a repris qu’après l’avènement d’Alexandre Ier. Le 10 juin 1802, le vénérable Alexandre Zherebtsov à Saint-Pétersbourg, selon les actes français qu’il a reçus à Paris, a ouvert la loge des Amis unis, qui dans les premières années était secrètement rassemblé dans le donjon de l’église maltaise. D’anciennes loges ont également repris, dont l’une, la Charité pour le Pélican, rouverte en 1805 sous le nom d’Alexandre de la Charité pour le Pélican couronné sous la houlette d’Ivan Beber.

Mais la méfiance du gouvernement envers les sociétés secrètes persiste, et pendant la guerre avec la France en 1805-1807, une traduction russe du livre Notes sur les Jacobins d’Augustin Barruel, révélant toute la malveillance à l’encontre des chrétiens et les mystères des loges maçonniques ayant un impact sur toutes les puissances européennes , a commencé à être publié. Il est curieux qu’à partir du début de 1806, Maxim Nevzorov, franc-maçon et rosicrucien du cercle de Novikov, soit devenu directeur de l’imprimerie de l’Université de Moscou, dans laquelle le livre a été imprimé.

Le sort du livre s’est avéré ambigu : dans la lutte politique du XIXe siècle, il est devenu non seulement un avertissement sur les dangers des sociétés secrètes, mais aussi un manuel de complot. Le grand pouvoir destructeur que Barruel attribuait aux Illuminati sembla extraordinairement attrayant pour de nombreuses organisations révolutionnaires de la nouvelle ère et, en particulier, contribua à l’attrait à leurs yeux des symboles et de l’attirail maçonniques. Mikhail Orlov, l’un des fondateurs de l’organisation secrète Union des chevaliers russes et membre de l’Union de la prospérité, possédait un exemplaire des Notes de Barruel et qui fut lu par nombre de ses connaissances.

Avec le changement de la situation politique après la conclusion de la paix de Tilsit en 1807 et la réunion des empereurs à Erfurt en 1808, une croissance rapide de la franc-maçonnerie a commencé en Russie, en particulier « française », et en 1809 Zherebtsov a fondé la deuxième loge -Palestine. L’expansion de l’ordre a été facilitée par le fait que Napoléon, à la demande d’Alexandre Ier, a envoyé un grand nombre de spécialistes (ingénieurs, docteurs en médecine, etc.) dans le pays, dont beaucoup étaient des francs-maçons.

En 1810, la loge des Amis Unis avait ses propres locaux, son orchestre bien organisé des frères de l’harmonie, et même une collection imprimée de chansons avec des notes « Hymnes et cantates pour la Loge des Amis Unis à l’Est de Saint-Pétersbourg. » La musique a été écrite par Adrien Boaldier et Caterino Cavos, les paroles par Honoré Joseph Dalmas et Vasily Lvovich Pouchkine, l’oncle du poète. Les œuvres de la loge ont été rédigées en français, mais il y avait aussi des versions russes des chansons :

Le franc-maçon connaît la sagesse.
Il aime Dieu et le Roi,
Il est calme dans la tempête,
Avec l’amour est pur chagrin.
C’est un vrai héros dans la bataille,
Et dans le monde il est l’ami le plus gentil ;
Il tend les mains aux pauvres,
C’est un chevalier, c’est un franc-maçon !

Les discours prononcés en réunion par tous les membres de la loge, à l’exception du véénrable maître, étaient soumis à une censure préalable, pour laquelle des frères spéciaux étaient nommés. Un rapport du ministre de la police de 1810 indique que la loge Amis Unis comptait 50 membres à part entière et 29 membres honoraires (532 actuellement connus). Au même endroit il est écrit : « Dans cette loge, il doit y avoir cinq sortes de réunions : 1) réception; 2) familial, ou gestion des affaires courantes ; 3) éducatif ; 4) festif; 5) funèbres. Au crédit de ces frères, je dois dire qu’ils font beaucoup de bonnes actions, visitent les prisons, aident les pauvres, etc. »

En juin 1810, la loge des Amis Unis connut un succès important. Alexandre Balachov, gouverneur général militaire de Pétersbourg, et l’oncle de l’empereur, le prince Alexandre de Wurtemberg, gouverneur général biélorusse, invités par les « frères français » à diriger les loges en Russie, sont invités à ses réunions. Balachov a présenté ce plan à l’empereur et, la même année, le gouvernement a créé un comité spécial pour examiner les actes maçonniques, dont l’un des membres était Mikhail Speransky. L’empereur Alexandre Ier lui a même promis de signer un décret sur la subordination de tous les autres ateliers de francs-maçons à sa loge « étoile du nord », mais la situation a rapidement changé radicalement.

Après le rapprochement d’Erfurt entre Alexandre Ier et Napoléon de fin 1810 à début 1811, la question de la prochaine guerre franco-russe se repose à l’ordre du jour. D’autre part, en décembre 1810, une alliance entre la Russie et la Suède a commencé à prendre forme, où après la révolution de 1809, le Riksdag a élu le duc Karl Södermanland comme roi sous le nom de Charles XIII -chef des maçons suédois et chef des frères russes du système suédois au XVIIIe siècle. Et en août 1810, grâce aux efforts des maçons, le maréchal de France Jean-Baptiste Bernadotte, qui n’aimait pas Napoléon, fut élu prince héritier de Suède, qui devint de facto chef de l’État. Du coup, le gouvernement russe a misé sur le rapprochement avec les « frères suédois », alors que les « Français » sont en disgrâce.

En 1811, l’autorisation de poursuivre les travaux est donnée à l’union suédoise de la Grande Loge de Vladimir, les loges françaises sont contraintes de s’y joindre, et dès lors la Franc-Maçonnerie est sous le contrôle du Ministère de la Police.

Même avant la Seconde Guerre mondiale, les futurs décembristes ont rejoint la loge des Amis unis : Pavel Pestel, Sergei Volkonsky, Pavel Lopukhin et autres. En 1812, la loge initie l’organisation de loges militaires lors des campagnes, ce qui augmente sa popularité auprès des jeunes soldats. Dans la période d’après-guerre, selon l’homme d’État et franc-maçon Sergueï Lansky, « la piété externe est devenue à la mode, et la tolérance discrète du gouvernement pour les loges maçonniques et ll’affection de l’empereur Alexandre pouf certains écrivains mystiques a donné lieu à à penser qu’il appartenait à la confrérie », la franc-maçonnerie a considérablement changé … La Loge des Amis Unis est devenue une organisation amorphe, un lieu de rassemblement et de festivités pour les jeunes gardes majoritairement militaires. De somptueux banquets supplantèrent peu à peu les œuvres maçonniques proprement dites. Elle perdit sa grandeur maçonnique vers 1816-1817 et se scinda pour créer la loge des astres unis.

Les désaccords entre les loges de Saint-Pétersbourg ont commencé en 1814 sur les principes de l’ordre : de nombreux francs-maçons étaient mécontents du système suédois basé sur le principe de l’autocratie, la nomination et l’inamovibilité des autorités et la subordination inconditionnelle dans les loges juniors et des nouveaux membres à leurs aînés. Ils n’étaient pas satisfaits du manque de reddition des comptes de la direction de l’ordre, y compris les dépenses de fonds. Un compromis n’a pu être trouvé et le 30 août 1815, la Loge d’Astréa a été créée, dont les principales différences étaient l’élection des officiers de l’ordre et l’égalité des différents rites maçonniques.

Les tenants de l’ancien système, après beaucoup d’hésitations, fondèrent la Grande Loge provinciale en novembre 1816, mais ils restèrent minoritaires. Les querelles internes n’ont pas contribué à la popularité de la franc-maçonnerie, entre-temps, l’attitude du gouvernement envers les francs-maçons a changé: les sentiments réformistes dans de nombreuses loges et sociétés secrètes des futurs décembristes ont commencé à énerver l’empereur. Après 1820, la franc-maçonnerie passe progressivement d’un mouvement libéral à une société fermée. Une variété d’approches et de recherches n’est plus une caractéristique de la franc-maçonnerie, et après son interdiction en 1822, seul un petit cercle de véritables adeptes des valeurs de « l’art royal » a continué à se rassembler secrètement sous le règne de Nicolas Ier.

Les lois russes interdisant les activités des sociétés secrètes étaient cependant ambivalentes : elles n’interdisaient pas la participation aux sociétés secrètes étrangères et aux loges maçonniques. Et les sujets russes ont continué à participer aux réunions des loges à l’étranger jusqu’au début des années 1840. Une fois de plus, l’intérêt pour l’Ordre des Francs-Maçons est née parmi les émigrés politiques dans les années 1870 et 1880, et ce sont les Francs-Maçons russes des loges françaises qui ont relancé l’Ordre maçonnique en Russie au début du 20ème siècle.

Mauvais temps pour les licornes !

La licorne nous est connue ! Sa corne sur le front lui donne une identité reconnaissable, outre la beauté du pelage, la profondeur du regard et le déploiement de ses ailes lors de son envol vers les cieux. Mais de bien mauvais temps menacent nos paisibles compagnes …

Dans le bestiaire symbolique, la licorne a pris place avec un  corps équin, une barbiche de bouc, des sabots fendus et cette longue corne pointue au milieu du front, droite et spiralée. À l’époque des grandes explorations, des navigateurs assuraient en avoir vues pas mal ; ils en réalisaient des portraits très précis, mais souvent contradictoires. Soit ils ont fait douter de leur existence, soit ils les apparentaient à des races différentes. Heureusement, nous possédons au Musée Cluny à Paris, une tapisserie ancienne qui atteste, à côté d’une belle jeune femme au teint pâle, de la présence de la licorne aux yeux doux !

Une récente enquête menée par un institut réputé pour le sérieux de ses méthodes d’investigation et la rigueur de ses résultats, suscite un grand émoi chez les amoureux de ces êtres hybrides : le parc des licornes affiche un nombre de plus en plus décroissant, d’année en année et cela concerne autant la licorne comme animal de compagnie que la licorne hôte de nos rêves. Autant la rareté de leurs présences chez soi que dans les songes ajoutés à la reprise de la chasse à la licorne dans nombreuses zones boisées, constituent désormais un péril sociologique associé à une inquiétante désinformation du public !

De longue mémoire, prendre une licorne comme animal de compagnie a toujours été un moyen fiable pour obtenir un sentiment de quiétude intérieure. Près d’elle, se calment les angoisses mieux que sous l’effet des anxiolytiques ! Mais, devenir l’heureux propriétaire de cet animal fabuleux s’avère de plus en plus difficile, en dépit même de l’allongement de la durée de vie des humains. S’il est établi qu’il vaut mieux avoir une certaine aisance financière pour accueillir ou sur recommandation, ou sur cooptation, ou par la voie d’un héritage, une licorne,  (rappelons- le), peut vivre plus de mille ans ! Cette espérance de vie oblige les propriétaires à passer quelques arrangements de leur vivant : notamment à contracter une couverture d’assurance pour « Entretien-gardiennage-succession de Licorne » pour s’affranchir des affres de la temporalité. Malheureusement le coût d’une telle assurance est de plus en plus cher et cette capitation décourage les engagements  à long terme !

Comme la licorne ne peut pas se passer de ballades au clair de lune, rechercher des lieux retirés pour satisfaire son besoin d’évasion et d’atmosphère onirique, devient de plus en plus compliqué : au-delà de la qualité des séries TV qui effritent le sens du devoir de quelques propriétaires en les retenant sur le sofa du salon, la pollution des cieux autant que la traque des licornes par des braconniers sont des dangers qui pèsent sur la vie de ces bêtes féériques ! Les meilleurs endroits pour amener promener sa Licorne et lui apporter une énergie vitale se font rares : d’ailleurs, ces géo-localisations ne se livrent plus que sous le sceau du secret entre les membres de discrètes  « fraternelles » du sublime équidé !

Autre écueil : pour séduire l’animal énigmatique, son propriétaire (et nécessairement ami), doit avoir un esprit de mélomane averti. La licorne apprécie profondément la musique. Des textes très anciens trouvés dans de célèbres bibliothèques, informent qu’elle sait chanter, d’autres sources prétendent qu’elle préfère écouter. De toute façon, les deux options restent vraisemblables : à chaque fois il a été vérifié que la licorne manifeste un grand contentement à l’écoute des lieds, et lorsqu’elle est en confiance, elle se risque souvent avec une voix de mezzo-soprano sur de grandes œuvres de musique classique ! Certains vous confieront que ce serait la musique des sphères qui calmerait plutôt son éventuelle intrépidité et certifierait un égrégore parfait entre l’homme et l’animal. Hélas, trois fois hélas, les fêtes de la musique successives dans notre pays ont affadi le sens musical de la population désormais plus réceptive aux sons électro-acoustiques, au rock et  folk ou hard métal, que sur la connaissance des sonates et autres symphonies sublimes.

Quant aux songes, les êtres imaginaires les désertent de plus en plus… Excepté des dragons pervers- narcissiques qui s’agrippent fermement, des psychologues et psychanalystes, dans leurs cabinets auprès de leur patientèle et à travers leurs confidences, notent qu’il n’y a plus aucune mention de licornes ! L’explication tiendrait à cette frénésie quotidienne qui oppresse nos sociétés et qui compromet la vacuité du temps. Qui prend encore le loisir à fréquenter les cercles érudits des alchimistes, des mages, voire des loges maçonniques ? Par suite, une parole sottement perdue pour l’ésotérisme ou  oublieuse de symbolisme revêt des incidences fâcheuses en terme d’imagination !

Le fait le plus dramatique touche le phénomène de chasse contre lequel les défenseurs des unicornes sont vent-debout. Depuis qu’une nouvelle légalisation permissive dans toutes les zones forestières de la planète a été adoptée, les battues en forêts se multiplient. La prolifération de ces activités meurtrières est soutenue par la puissance du lobbying international des chasseurs attachés au commerce de la corne et du sang de licorne. Pour ces produits réputés comme excellents anti-poisons,  les pisteurs passent de plus en plus de contrats sur les têtes de licorne avec des médecins-apothicaires ou des grands laboratoires pharmaceutiques qui vendent ces médications à un prix fou ! Pour ce commerce sans honneur, on déplore même l’ouverture de formations spécialisées pour apprendre l’affût et le maniement des équipements à vision nocturne ! Des sociétés privées de chasses extraordinaires traitent directement avec les grands canaux d’information en  leur délivrant des soi-disantes  études scientifiques quant à la nocivité des licornes sur l’humanité du fait d’un trop plaisant voisinage. Ainsi  les cerveaux des humains seraient-ils devenus indisponibles et pour produire et pour investir. Cette « désinformation » nous vaut d’être saoulés par cette affirmation récurrente : « Ne prenez pas les licornes pour des stocks options » !

Vraiment ce siècle est sans amour et sans tendresse ! Comment sortir  de cette période désastreuse pour l’imaginaire des enfants, mais aussi pour ceux d’adultes sensibles, d’aimables savants comme les théologiens, les historiens et les symbolistes et les psychanalystes … ? Que faire ?  Revenir régulièrement, au Musée Médiéval de Cluny, pour contempler cette chanceuse Dame à la Licorne ? Possible à titre individuel !

Plus solidairement, pétitionner sur ce site en laissant « noms et e-mails » ! Notre « newsletter », vous tiendra informés de l’avancée de notre engagement pour le retour dans nos vies de ces créatures si fascinantes et bienfaisantes.

Le mauvais esprit : l’esprit de la division maçonnique ! Comment y mettre fin ?

La franc-maçonnerie fonctionne sur un mode particulier et original : une communauté de frères et/ou de sœurs et un rituel forment une loge, élément fondateur d’un ensemble plus large, l’ordre maçonnique. Mais tout se complique avec l’intervention d’un mauvais esprit !

L’ordre maçonnique, bien qu’ayant une réalité virtuelle, correspond à cet ensemble des loges maçonniques mondiales qui fonctionnent sur un même mode, avec des symboles partagés dans une perspective de réflexion éthique sur l’existence humaine.

Depuis le début du 18ème siècle, partout dans le monde, les francs-maçons fonctionnent sur ce modèle. C’est grâce à cette permanence, que l’on peut dire que la franc-maçonnerie est universelle.

Depuis leurs origines, les loges ont voulu s’associer pour former des « grandes loges », encore appelées obédiences, et c’est ainsi que le mauvais esprit de la division s’est inséré dans le vécu maçonnique. Une grande loge, c’est toujours des obligations spécifiques supplémentaires et des interdits.

Dans la Bible, le mauvais esprit, ou esprit satanique, est l’œuvre de Dieu qui ainsi souhaite faire prendre conscience des péchés effectués.

Dans l’animisme, le « mauvais esprit », c’est tout ce qui fait obstacle au non-respect des rites et traditions, à l’ordre établi par les ancêtres, sacré et social.

On pourrait aussi assimiler ce mauvais esprit à l’incapacité de se reconnaître qui habite Jacob et Esaü jusqu’à leur réconciliation.

Aujourd’hui, pour ce qui nous concerne, on voit bien que cet esprit de division maçonnique est l’œuvre d’êtres humains qui recherchent une forme de pouvoir, principale motivation de la création d’obédience.

Dans tous les pays, et à toutes les époques, le nombre des grandes loges n’a cessé d’augmenter. Pour différents prétextes, quelques loges faisaient dissidence et formaient une autre grande loge.

Le résultat ne se fit pas attendre : querelles, exclusions, rupture des liens, concurrence malsaine.

Aujourd’hui, si l’attirance pour le travail maçonnique en loge ne faiblit pas, force est de constater que l’élan initial a perdu de sa vitalité. Les obédiences continuent de fonctionner sur un mode administratif qui leur permet de perdurer, en particulier grâce à leur puissance immobilière, mais elles n’ont plus aucune crédibilité. Leurs activités rentrent dans le cadre de l’occupationnel ; la participation des loges aux activités obédientielles est devenue formelle et ne concerne qu’une minorité des loges de chaque obédience ; les convents sont des chambres d’enregistrement où les débats sont devenus des simulacres de démocratie.

Si les dirigeants des obédiences ne sont pas personnellement en cause, ils semblent être des pantins impuissants à incarner une dynamique collective et figés dans des habitudes.

Tout cela existe grâce à la force de ce mauvais esprit, cet esprit de la division maçonnique, qui est tellement ancré dans les mentalités que le discours de certains vont même jusqu’à le justifier : quelle médiocrité !

Par quel mécanisme pourrait-on espérer combattre ce mauvais esprit ?

A mon humble avis, tout est possible si on redonne aux loges maçonniques leur autorité.

Alors que ce sont les loges qui forment les grandes loges, celles-ci les traitent comme de simples exécutants soumis à des obligations qui leur sont imposées par la super structure !

La loge, théoriquement libre et souveraine, n’est pas, aujourd’hui dans la grande majorité des cas, dans la mesure d’être un ferment de vitalité pour la simple raison qu’elle s’imagine incapable de lutter contre ce mauvais esprit qui l’amène à privilégier des faux débats et des réflexions imposées.

Déresponsabilisée par l’inflation de commissions, des questions techniques et conversations de comptoir, la loge s’est repliée sur un mode administratif qui favorise l’absentéisme et les démissions.

Chaque loge, quels que soient son effectif, sa localisation, son obédience et son ancienneté, doit assumer cette part d’autorité de l’ordre maçonnique qui lui revient de droit. Privilégier une réflexion interne sur ce qui lui paraît fondamental me semble le passage obligé pour combattre cet esprit de division, dont l’effet délétère dénature notre justification.

Au-delà du rituel et du travail maçonnique, une loge c’est avant tout une communauté d’êtres humains qui ont décidé de se rassembler, de réfléchir ensemble et de partager une partie de leurs destinées.

Périodiquement, reposer collectivement les questions afférentes (pourquoi ? Comment ?) et élaborer une réponse consensuelle sont indispensables pour permettre à la loge de se réapproprier les raisons d’existence de cette communauté.

Une loge maçonnique a tous les droits, à la simple condition qu’elle accepte que d’autres loges choisissent des options différentes des siennes. La reconnaissance maçonnique est fondée sur le respect des différences ; ce qui est vrai au niveau des relations interpersonnelles doit aussi se vérifier au nveau des relations inter-loges. L’important est simplement de conserver le mode de fonctionnement commun qui signe l’appartenance maçonnique : une communauté de participants suivant un rituel pour former une loge.

Si partout dans le monde, un certain nombre de loges effectuaient cet exercice, on peut penser que le mauvais esprit perdrait de sa virulence !

ITALIE : Les origines maçonniques des témoins de Jéhovah !

De notre confrère italien informazione.it

note de la rédaction : ce texte est la meilleure traduction possible d’un article de ce journal italien, il vise uniquement à relayer un des nombreux écrits antimaçonniques ou complotistes circulant sur la toile

  • Les Témoins de Jéhovah attribuent leur naissance à la providence divine, mais leurs origines semblent plus humaines. Derrière une activité apparemment théocratique, il y a un empire financier dont les racines plongent dans la franc-maçonnerie américaine, très active dans les années où les Témoins de Jéhovah naquirent et prospéraient. Une franc-maçonnerie, qu’il faut le signaler, n’a jamais été amie de la religion chrétienne, mais qui a toujours poursuivi des buts beaucoup plus terrestres et beaucoup plus « païens ».

    Charles Taze Russell lui-même, le pasteur adventiste qui a fondé ce mouvement, était un franc-maçon. Né en 1852, à l’âge de vingt ans, il créa un groupe d’étudiants bibliques composé de personnes comme George Stetson, George Storrs, Henry Grew et William Miller, tous parfaits francs-maçons, appartenant à l’ordre des Rosicruciens. En 1931, l’écrivain Edith Star Miller, dans son livre, The Occult Theocracy , publia une liste d’éminents francs-maçons comprenant le nom de Charles Taze Russell en tant que membre de la Grande Loge de Pennsylvanie, promu au dixième degré de Chevalier Templier , qui est, le plus élevé.

Russell n’a jamais nié son appartenance à la franc-maçonnerie. En effet, dans un article du magazine des témoins de Jéhovah, la Tour de Garde, il a remercié publiquement ses bienfaiteurs, à savoir les banquiers John David Rockefeller et le baron Edmund de Rothschild, deux francs-maçons bien connus qui dans l’histoire ont financé des événements tels que la guerre de Sécession, les deux guerres mondiales … et la révolution bolchevique de 1917. Des gens qui ont du sang sur les mains, en somme. Ce sont eux qui ont financé le développement de la Société Tour de Garde qui, entre autres, avait sur sa couverture le symbole maçonnique de la Croix dans la Couronne , emblème des Templiers.

Le nom même donné à l’entreprise, « Tour de Garde », a une origine maçonnique. La langue des francs-maçons, en effet, repose sur un alphabet composé de soixante-douze lettres. Ces derniers permettent de communiquer avec un univers parallèle qui se divise en quatre régions. Chacun d’eux est communément appelé la « Tour de guet ». Ils viennent dans cet ordre : Ethereal (Tour de Guet de la Terre) ; Astral (Tour de Guet de l’Eau) ; Mental (Tour de Guet de l’Air) et Causal (Tour de Guet du Feu).

Russell n’était pas le seul maçon de la Tour de Garde. Son successeur était également un franc-maçon, l’avocat Joseph Rutherford, qui a inventé le nom de « Témoins de Jéhovah » et a lancé une campagne de dénigrement contre l’Église catholique, ennemie de la franc-maçonnerie, et qui pendant 16 ans a utilisé le symbole de la Croix dans la Couronne, montrant que lui aussi, tout comme Russell, appartenait aux Templiers. Sauf qu’il a mis de côté toutes les doctrines de Russell pour en créer de nouvelles et a fondé l’instance dirigeante dans le but de concentrer entre ses mains un pouvoir absolu qui a soulevé de nombreuses objections au sein de la société ; des différends aplanis par la franc-maçonnerie, qui a également payé la caution pour les faire sortir de prison après avoir été emprisonné pour propagande subversive.

Son successeur, Nathan Homer Knorr, qui n’était pas un franc maçon, devint le troisième président de la tour de Garde juste au moment où les Témoins de Jéhovah connaissaient un développement planétaire sans précédent dans l’histoire, avec l’ouverture d’écoles, de succursales et de congrégations, réparties un peu partout dans le monde. Une évolution inattendue si l’on considère qu’après la mort de Rutherford, le nombre de fidèles (100 000 unités) était insuffisant pour supporter des dépenses aussi onéreuses. Un signe que l’argent provenait de sources occultes.

Nathan Knorr fit redessiner le sceau officiel de la Société tour de garde dans le style maçonnique et, dans le magazine « réveillez-vous » du 8 août 1958, écrivit un article très enthousiaste sur la franc-maçonnerie, peut-être en remerciement pour le financement abondant reçu, déclarant que la franc-maçonnerie travaillait pour l’établissement dans le champ politique et religieux d’un seul Ordre Mondial. Il est à noter que c’est lui qui a institué la pratique de l’ostracisme, isolant les exclus pour qu’ils ne nuisent pas à une organisation qui prenait peu à peu les allures d’une secte autoréférentielle et totalitaire.

Le quatrième président de la tour de garde, Frederick Franz, qui a succédé à Knorr, était également maçon et s’est vu offrir la prestigieuse bourse Rhodes. Une bourse créée par Cecil Rhodes, roi des diamants et éminent franc-maçon, qui a permis au candidat, soigneusement sélectionné par les agents des familles Rothschild et Rockefeller, de travailler à la réalisation du plus majestueux projet maçonnique : le Nouvel Ordre Mondial. Et le fait que Franz ait été choisi pour cette initiative montre que le nouveau président des Témoins de Jéhovah était un franc-maçon à part entière et de haut rang.

Sous sa présidence, l’organisation consolide son pouvoir sur les fidèles selon un schéma cher à la franc-maçonnerie : le contrôle de l’individu. Franz, en effet, a complètement réorganisé la Société, a profondément changé les intentions bibliques, a créé une gestion politique dans laquelle la liberté individuelle a été abolie et la Tour de Garde devait devenir la conscience collective de chaque Témoin de Jéhovah. Sous sa direction, une dictature s’est formée qui s’est étendue à toutes les congrégations du monde grâce au contrôle assidu exercé par les responsables locaux. La Tour de Garde est ainsi devenue le modèle de la soumission absolue. Un outil maçonnique, un laboratoire d’expérimentation idéologique, une application directe et à grande échelle du lavage de cerveau et du conditionnement humain.

Cependant, tout ne s’est pas bien passé. En 1983, des images subliminales d’un personnage maçonnique ont été découvertes dans les publications des Témoins de Jéhovah. Tous les Témoins de Jéhovah qui ont découvert celles-ci ont d’abord été ridiculisés puis, parce qu’ils ont insisté à demander une explication, ont été expulsés afin que la diffusion de cette histoire ne cause pas de préjudice à l’organisation. Robin de Ruiter a décrit ces images comme des signes ou des messages codés que seuls les « initiés » pouvaient interpréter correctement. Le plus incroyable est que certains d’entre eux représentaient des personnages mystiques de la franc-maçonnerie, comme Saint Jean (Climaque). Ce qui a amené certains à penser que les véritables destinataires de ces publications étaient les frères francs-maçons.

En tout cas, jusqu’à la mort de Frédéric Franz, l’organisation prospéra et vit le nombre de ses fidèles croître sans cesse. Ces derniers temps, cependant, les choses ont changé. Surtout pour les Témoins de Jéhovah qui pendant des années avaient bénéficié de subventions d’origines humaines qui n’ont rien à voir avec des sources divines. Selon un universitaire, Fritz Springmeyer, à la mort de Franz en 1992, la franc-maçonnerie a progressivement abandonné les Témoins de Jéhovah car de nouveaux mouvements, comme la Scientologie et les sectes évangéliques, ont surgi à l’horizon, permettant d’obtenir de meilleurs résultats en des temps plus courts.

Une préférence qui, selon certains, serait à l’origine des difficultés financières et organisationnelles que rencontrent les Témoins de Jéhovah ces dernières années, car les banques Maçonniques ont fermé les robinets de la tour de garder, laissant l’organisation à son sort. Un destin qui ne semble plus aussi radieux que par le passé, compte tenu également des problèmes d’image et de crédibilité que traversent les Témoins de Jéhovah grâce aux médias et aux réseaux sociaux qui mettent la vie, la mort et les miracles de ce mouvement sur la table. Un avenir qui apparaît actuellement bien sombre, même si seul le temps nous dira comment les choses vont évoluer.

BRESIL : Le « Club Militaire » soutient une lettre de réprobation de la franc-maçonnerie demandant à Bolsonaro d’opposer son veto à l’augmentation du financement des campagnes électorales

De notre confrère brésilien revistaforum.com.br – Par Plinio Théodore

Dans une note officielle, le Grand Orient du Brésil demande aux «frères élus » de « dépasser leurs clivages politiques pour qu’une fois mis le veto, celui-ci soit effectivement maintenu, évitant son annulation par des membres du Congrès insensibles aux problèmes rencontrés au Brésil ».

Le Club militaire de Rio de Janeiro, l’un des principaux groupes militaires, a repris sur son site Internet une lettre de réprobation dans laquelle l’institution maçonnique Grande Oriente do Brasil demande à Jair Bolsonaro (pas de parti) d’opposer son veto à la hausse du fonds électoral et appelle à « tous nos frères » à «dépasser les clivages politiques, pour q’une fois le veto opposé, le VETO soit effectivement MAINTENU, empêchant son annulation par des membres du Congrès, insensibles aux problèmes rencontrés au Brésil ».

« Le Club Militaire, en affichant ci-dessous la Note de la Grande Oriente do Brasil, apporte son soutien à cette Institution traditionnelle et honorée en ce moment critique de l’histoire de notre pays. Des positions comme celle-ci amèneront notre pays à sa vraie place sur la scène mondiale », dit le texte signé par Club Militaire à la suite de la note.

Dans le document appelant au veto sur l’augmentation du financement des campagnes électorales passant de 1,8 milliard de reais à 5,7 milliards de reais, les francs-maçons affirment que « notre Congrès national, de manière sournoise et irresponsable, a cherché à profiter du moment d’instabilité politique et de crise sanitaire pour décider cette augmentation immorale, manquant de respect à la Société, montrant que notre classe politique a encore beaucoup à évoluer dans le sens humanitaire, elle exprime la position ferme du Grand Orient du Brésil face à cet abus évident et insultant contre notre population (SIC) ».

« En raison de cela, nous demandons au président de la République de faire respecter sa prérogative constitutionnelle et de poser son véto face à l’augmentation de ce financement contraire à l’intérêt général »…

Grande Oriente do Brasil – NOTA DE REPÚDIO DO GRANDE ORIENTE DO BRASIL AO AUMENTO DO FUNDO ELEITORAL (gob.org.br)

Passe, ça n’itère la fin du monde

On m’avait demandé d’arrêter avec nos politiques, mais le problème est que ces derniers n’arrêtent pas. Ce n’est pas comme s’ils venaient de pourrir le quotidien de millions de personnes avec des mesures coercitives et contraignantes prises à la va-vite et sans concertation préalable. On devrait pourtant être habitué, depuis quelques temps. Le Grand Vizir Iznogoud, source intarissable du génie politique des marcheurs ne procède pas autrement…

Deux de nos sémillants dirigeants s’étaient engagés « les yeux dans les yeux » à ce que le dispositif de passe sanitaire ne soit pas utilisé pour tous les actes de la vie quotidienne. Et puis, le 12 juillet dernier, patatra, le robot ménager en chef dit exactement le contraire. Et ce, à la surprise générale, car tel est le bon plaisir du prince… Une fois de plus, nous allons tous subir les effets des caprices des sales mioches au pouvoir, pour notre SE-CU-RI-TE.

Je ne suis pas épidémiologiste, et il ne m’appartient certainement pas de me prononcer pour ou contre la vaccination. C’est à un médecin de le faire pour son patient. Le reste n’est que bruit.

Toutefois, du point de vue de l’éthique, l’imposition unilatérale de mesures sécuritaires et autoritaires sans s’être préalablement renseigné sur la faisabilité de l’application desdites mesures me paraît plus que dangereux. On n’impose pas des résultats sans se donner préalablement les moyens de les atteindre. Ou alors on est un pignouf (ou un énarque, ce qui revient au même). Et si on agit ainsi en connaissance de cause, la décision relève de la légèreté blâmable, voire de la faute. Et l’exhibition forcée de données relevant du secret médical à des tiers n’ayant pas habilitation à y accéder constitue aussi une faute grave. Je serai curieux d’avoir l’avis des juridictions compétentes à ce propos… Notons que toute la population va subir ces examens incohérents (et ces discriminations inutiles) pour environ 22 000 contaminations quotidiennes.

Et là, je pose cette autre donnée pour relativiser : chaque année, 300 000 femmes tombent enceintes, et ces dernières ne peuvent être vaccinées contre quoi que ce soit. Par conséquent, pas de passe pour elles. Elles vont donc, pour chaque acte quotidien, y compris les examens médicaux inhérents à leur état, devoir subir les tests antigéniques bientôt payants… C’est fou comme les femmes enceintes sont les grandes perdantes dans cette histoire ! A croire que nos dirigeants ne les aiment vraiment pas.

Attention toutefois, je ne m’inscris absolument pas dans l’analogie écoeurante que certains font avec la Deuxième Guerre mondiale et le port de l’étoile jaune. Ce n’est absolument pas le même registre. Et faire cette analogie est un crachat à la mémoire des victimes de la Shoah, indigne de ce que nous voulons représenter.

Mais plutôt que d’aborder ces histoires de passe sanitaire et taper sur nos dirigeants (et de toute façon, leur bêtise va plus vite que mon rythme d’écriture), je me suis penché sur un sujet plus léger et plus facile pour moi: la fin du monde.

« Nous autres civilisations savons que nous sommes mortelles » s’exclama Paul Valery face aux boucheries de la Première Guerre mondiale. Et ces temps de pandémie gérée à la Française ont bien failli avoir raison de nous tous. Je me suis même demandé si nos institutions maçonniques tiendraient le coup, malgré le couvre-feu de 18 heures…

La fin du monde n’a pas eu lieu, me dit-on. Et telle la Guerre de Troie, elle n’aura pas lieu. Certes, je me réjouis que nous retrouvions une activité presque normale, comme « avant ». Aller au théâtre, au cinéma, en Loge, voyager, ça m’avait manqué. Par contre, les contrôles de sac et autres mesquineries, non. Au point que j’en viens à me demander si je vais continuer de fréquenter les musées, j’en ai marre de me faire fouiller et contrôler comme un criminel. Et avec le passe sanitaire, ça ne va pas s’arranger…

En fait, je crains que ce ne soit Houellebecq qui ait raison : le monde d’après sera comme celui d’avant, mais en pire. On continue de surconsommer, de puiser dans les ressources, et surtout, de mal les répartir. Ou de les vendre à la Chine. Cette course au profit à court terme sera catastrophique à moyen et court terme. Comme nous perdons nos savoir-faire, nos entreprises industrielles ferment, au profit d’autres, localisées en des endroits moins regardants sur le droit du travail ou de le devoir de préservation de l’environnement. Pas de fin du monde ? Je ne suis pas sûr que ce soit l’avis de ceux qui ont perdu leur outil de travail, leur usine, leur PME ces derniers temps. Et le pire, c’est qu’on le savait ! Ainsi, déjà dans les années 90, Pierre Bourdieu avait prévu les ravages que causeraient les décisions politiques orientées vers le profit à tout prix de quelques uns. Il avait ainsi anticipé les mouvements indigénistes, les révoltes des oubliés de la mondialisation (les fameux Gilets Jaunes) et les autres crises que nous traversons. Son œuvre est terrifiante de clarté, mais sa voix ne fut qu’un cri dans le désert.

Et pendant que nous glosons, des espèces disparaissent. Pour elles, il s’agirait plutôt de leur fin dans le monde… Avec la chute de la biodiversité, c’est notre fin à long terme que nous programmons.

Hans Jonas avait énoncé dès les années 70, face au commencement de la prise de conscience des dégâts de l’industrialisation le fameux principe dignité : « Agis de façon que les effets de ton action soient compatibles avec la permanence d’une vie authentiquement humaine sur Terre ».

Or, de récents papiers issus du GIEC (non officiels, car il s’agit de versions de travail pour un rapport à paraître en 2022) sonnent l’alarme : l’humanité n’est pas prête à endurer le changement brutal à venir.

En fait, nous sommes devenus la seule espèce vivante capable de jouer avec sa propre survivance. Le XXe siècle naissant a vu l’émergence de la guerre moderne : les armes automatiques, les armes à longue portée, les armes aéroportées et bien sûr les gaz de combat. Le même siècle a vu l’avènement de deux singularités particulièrement puissantes : Auschwitz (et plus largement, la Shoah) et Hiroshima. Tout cela avait été décrit par Gunther Anders, dans son obsolescence de l’Homme.

Je me demande ce qu’Anders aurait pensé de la télé-réalité, des influenceurs (y compris celui de la rue du Faubourg Saint Honoré), de l’écologie politique ou de l’Europe de Bruxelles (j’exagère, il n’y a pas que du mauvais à Bruxelles… Enfin, je suppose, je cherche encore). La gestion des crises récentes et les bourdes commises n’aident pas à penser autrement, il est vrai.

Parlant de bourde, le fondateur de l’aïkido, Morihei Ueshiba O-Sensei expliquait volontiers à ses élèves que l’échec était la clé du succès et que chaque erreur nous apprenait quelque chose. Avec les différents fiascos que nous avons contemplés en témoins impuissants, nous devrions donc être des gens superbement instruits, non ? Je vous laisse méditer sur la question.

La fin du monde n’aura pas lieu, certes. La planète, la vie n’ont pas besoin de nous et se réinventeront sans l’humanité. Je vous invite à lire l’excellent ouvrage d’entretien de l’artiste Enki Bilal pour compléter mon propos.

Mais qu’en est-il de nous, de notre civilisation ? Nous avons inventé des armes de destruction massive : l’arme nucléaire, l’arme bactériologique, les réseaux sociaux ou les normes européennes. Des boute-feu en mal de notoriété appellent à la croisade contre les mahométans et réciproquement. D’autres appellent à se replier et prendre les armes, les survivalistes. Abstraction, pas chez nous ? Hum, quid des dégradations de temples ou des projets d’attentats par des sympathisants de mouvements d’extrême-droite ?

Certes, nous goûtons une liberté presque retrouvée et fragile (et mise à mal par une décision technocratique inepte). Mais de sombres forces attendent le bon moment pour nous assaillir. Nous avons échappé à cette fin du monde, mais échapperons-nous à la prochaine ? La fin de notre monde n’a pas encore eu lieu, mais peut-être que pour que nous puissions continuer à vivre une vie digne d’être vécue comme le dit Hans Jonas, il est peut-être temps d’en finir avec ce monde et de se donner les moyens d’en créer un autre, plus juste, plus propre, avec une meilleure répartition des ressources. D’ailleurs, n’était-ce pas le projet de nos prédécesseurs, ceux-là même qui rêvaient de liberté, d’égalité, de fraternité ? Ceux qui se sont battus pour abolir l’esclavage, obtenir le droit de vote pour tous, ou le droit aux femmes de disposer de leurs propres corps ? Nos combats ont souvent été des combats d’avant-garde, peut-être est-il temps de reprendre ces bonnes vieilles habitudes ?

D’où ces mots qui me viennent, tout droit issus du Cabinet de Réflexion : VIGILANCE & PERSEVERANCE.

Je vous embrasse et vous souhaite de bonnes vacances.

ITALIE : Franc-maçonnerie – une lettre ouverte d’un frère en crise

De notre confrère italien expartibus.it

Les francs-maçons auraient de facto appuyé sans le savoir sur le bouton d’autodestruction de l’Ordre.


Alain Bauer – Le crépuscule des frères : La fin de la franc-maçonnerie ?

La franc-maçonnerie est née pour être une avant-garde spirituelle de l’humanité : elle risque aujourd’hui de constituer un fardeau anachronique plutôt qu’un moteur évolutif.
Hermeticus – Les dix portes

Cher Frère, je me réfère à votre phrase chirurgicale et incontestable en réponse à Frère V. :

L’eggregore lui-même ne peut pas contenir de maillons dans la chaîne contraire à ses énergies.

Excusez la franchise fraternelle, mais un niveau initié de ton niveau, après avoir exposé certaines réflexions partagées, par souci de cohérence, devrait tirer des décisions concrètes et opérationnelles.

Il faut espérer que les « Francs-Maçonneries » les plus connues entrent joyeusement dans une phase de crise et d’élaboration profonde. Et sérieusement commencer à laver leur linge en famille. Surtout dans les étages supérieurs, même si les vrais étages supérieurs de la Franc-Maçonnerie sont les Loges bleues, pas les Grandes Loges.

La franc-maçonnerie est une école initiatique mais, à quelques exceptions près, son « personnel enseignant » est aujourd’hui dans des conditions misérables. Surtout si l’on considère que dans une école ésotérique, ce ne sont pas les discours ou les leçons théoriques qui comptent, mais surtout les exemples concrets et opérationnels.

Les comportements de vie que tout « simple » frère plus âgé témoigne et propose comme modèle aux néophytes. Comme un bon père devrait toujours le faire envers ses enfants. Mais la classe actuellement dominante, en contraste avec tant de frères inestimables et merveilleux, vous le savez mieux que moi, est composée d’une multitude de ratés, d’arrivistes, de petits bureaucrates, de narcissiques, de carriéristes, de bourgeois et de patients. avec des  » tabliers « .

Il est temps que la franc-maçonnerie historique passe des paroles aux actes. Sinon, dans les prochaines décennies, ils seront les oubliés de l’histoire. Changer est fatigant. L’inconnu fait peur. Vous connaissez. Notre inséparable gardienne du seuil est toujours à l’affût pour nous empêcher, par des résistances infinies et « séculaires », de transcender notre ego malade. Ainsi, à la suite de dystoniques, de sommation égrégoriques, certaines institutions nobles tombent également malades. Et, en fait, ils s’opposent à ce processus inévitable de nettoyage, de réforme et de renouveau qui traverse le monde souterrain maçonnique depuis un certain temps .

Les sujets à l’ordre du jour sont toujours les mêmes. J’en ai parlé plusieurs fois mais cela vaut la peine de les résumer. L’éveil initiatique au centre de la mission, une sélection rigoureuse des impétrants, la suppression des prérogatives et des prébendes, car l’initiation et le sacré ne sont pas des biens, l’élimination de toute bureaucratie oppressive, la véritable récupération de la souveraineté de la loge, la liberté de renouvellement rituel, le thème central des opérations maçonniques, (ce qui compte ce n’est pas ce que tu dis), l’application concrète du principe de Fraternité Universelle, avec la possibilité de « circuler » librement en tant que visiteurs dans les différents Ordres, au-delà de reconnaissances officielles.

Il y a ceux qui font déjà ce travail extraordinaire avec humilité et sans proclamation. Dans le secret expérimental de nouvelles chaînes initiatiques. Mais les soi-disants « grands » ne remarquent ou ne veulent rien remarquer et la majorité des Frères qu’ils « administrent » – quelle vulgarité ! – ils continuent à vivre dans les quartiers confortables de lieux confortables et/ou prestigieux, jouant à la lyre des histoires mythiques auto-gratifiantes habituelles. Faire beaucoup de bla bla autour de débats culturels, ou pseudo-tels, centrés sur des thèmes (profanes) en tous genres. De l’épigénétique, aux ovnis, aux exploits de d’Annunzio et à l’ésotérisme des Schtroumpfs.

Autore Hermes

Je suis un franc-maçon quelconque. Fièrement placé à la base de la Pyramide. De temps en temps je me lève vers le sommet pour me dégourdir les jambes. Et il me vient à l’esprit des réflexions, des méditations, des pensées que je couche ensuite sur la feuille.

ITALIE : La construction du Temple Intérieur

De notre confrère italien : expartibus.it – Par Rosmunda Cristiano

Trois personnes étaient au travail sur un chantier de construction. Ils avaient la même tâche, mais lorsqu’on leur a demandé quel était leur travail, les réponses étaient différentes. « tailler des pierres » répondit le premier. « Je gagne ma vie », répondit le second. « Je participe à la construction d’une cathédrale », a déclaré le troisième.
Peter Schultz

Tout ce que l’homme édifie est destiné, tôt ou tard, à se détériorer au cours du temps, perdant ainsi la mémoire de celui qui avait travaillé sur ces œuvres qui semblaient défier les siècles.

Il faut donc penser un peu plus à façonner dans l’enveloppe périssable de notre corps quelque chose que nous ne toucherons certainement pas avec nos mains, qui ne se manifestera pas visiblement, mais qui sera intemporel et capable de vivre sans nous et au-delà de nous : ériger notre temple intérieur et donc notre sacralité, tout le soin et l’attention que nous consacrons à la construction matérielle.

La franc-maçonnerie enseigne comment s’élève le temple de l’esprit individuel et universel, avec une terre, un matériau, un architecte et un ouvrier qui sont une personne, lui-même, responsable de lui-même et de lui-même, qui, après avoir appris l’usage des outils doit avoir la volonté, la force et le courage de ne jamais les abandonner, car c’est un travail qui ne s’achève jamais.

Le franc-maçon oeuvre en permanence, il enlève les débris, renforce, répare, essaie d’ajouter quelque chose.

Mais ce n’est pas le supplice angoissant de Sisyphe, cela ne crée pas le sentiment d’inutilité et de frustration, puisque tout est le résultat d’un libre choix et, malgré les moments d’impasse, l’inattendu, comme dans toutes les œuvres, le franc-maçon perçoit la réalisation, dont la lente progression, qu’il sent constante, le rassure, lui donne l’idée de stabilité.

La course et l’essoufflement ne génèrent pas de structures solides ni même belles, aucun chef-d’œuvre ne s’est formé en peu de temps et seuls la machine et les moules produisent, en série et rapidement, toutes les mêmes choses, non pas des filles d’art, d’amour, de patience, mais aussi des échecs et des erreurs.

Aucun tailleur de pierre n’a vu la cathédrale achevée, mais sa pierre est là pour témoigner de la vie et de la contribution qu’il a pu donner et sans lesquelles la grande structure n’aurait pas vu le jour.

A tel point que John Ruski aimait répéter :

La meilleure reconnaissance de l’effort fourni n’est pas ce que vous en retirez, mais ce que vous devenez grâce à lui.

L’Apprenti qui écoute en silence et apprend le langage des symboles et celui de son esprit, le Compagnon qui sait déjà manier les outils et le Maître qui enseigne, contrôle, et continue d’approfondir et d’étudier, ne peuvent qu’imaginer la réalisation du grand oeuvre auquel ils vont s’attaquer.

Réfléchir à la construction de soi, n’est pas seulement le droit-devoir du franc-maçon ; il doit forger le monde environnant avec le feu de la purification et la force des idéaux.

La franc-maçonnerie l’a formé aux valeurs d’égalité, de liberté, de fraternité, du respect de la dignité de l’homme et de son environnement, la vie de tous les êtres.

Le travail dans le temple le prépare à écouter et à parler et l’amène à retracer un rythme millénaire qui ne s’arrête jamais, même pas avec la mort.

Le profane devient franc-maçon, il se transforme, il change au cours du parcours initiatique et avec lui aussi son être dans la Fraternité.

Quand dans le monde profane, il est d’usage de regarder avec méfiance tout ce qui est collectif, car on craint souvent à juste titre un nivellement et un anéantissement des personnalités individuelles, l’union des francs-maçons consiste dans la force d’un idéal commun, dans la pleine liberté que chacun doit expliquer et appliquer sa méthode, son art et son style.

L’initiation offre à tous ceux qui la reçoivent des règles et des exemples, que chacun doit développer selon ses capacités et ses aptitudes.

Alors le reflet dans le monde profane sera une œuvre aux mille facettes, un joyau taillé d’où resplendissent les couleurs qui forment la lumière qui rayonne autour de lui.

Sur cette route
il n’y a pas de commencement, pas de mouvement, pas de paix, pas de fin,
seulement du bruit sans mots et de la nourriture sans goût.

Sans tarder, sans hâte, nous
construirons le début et la fin du chemin.
(Thomas Stearns Eliot)

Autore Rosmunda Cristiano

l’Auteure Rosmunda Cristiano
Je m’appelle Rosmunda. Je vis la Vie avec Passion. J’ai un défaut : je suis un Libre Penseur. J’ai un mérite : je suis un Libre Penseur.

ARGENTINE : Ils rendront hommage à deux femmes de Tucumán

De notre confrère argentin lagaceta.com.ar

Honoria Zelaya recevra le prix « Femmes qui écrivent l’histoire ». Le souvenir de Lola Mora

Dans le cadre du 19e anniversaire de la Grande Loge Féminine d’Argentine, fondée le 9 juin 2003, la semaine de la franc-maçonnerie féminine se déroule dans tout le pays et au Paraguay.

Deux femmes de Tucumán seront reconnues lors d’un événement virtuel, qui aura lieu aujourd’hui à 19h00 : Lola Mora et le Dr Honoria Zelaya , qui seront présentes à la réunion pour être honorées. Le respectable loge Jardín de Granadas numéro 17, qui opère à Tucumán, les a choisis pour recevoir la reconnaissance « Femmes qui écrivent des histoires » pour leurs carrières exceptionnelles. L’événement est ouvert au public sur la plate-forme Zoom, avec un accès au numéro de réunion 850 9812 8107, Clave Jardín.

Dolores Candelaria Mora Vega de Hernández , plus connue sous le nom de Lola Mora, est née le 17 novembre 1866 et décédée le 7 juin 1936. Son lieu d’origine est à l’origine d’un vieux différend entre Salta et Tucumán, au-delà des documents qu’ils prouvent leur naissance sur le sol de la province. L’artiste s’est fait remarquer dans des espaces généralement interdits aux femmes et a été le sculpteur argentin le plus flatté de la fin du XIXe et du début du XXe siècle. Son œuvre la plus connue est la Fuente de las Nereidas, un complexe sculptural en marbre de Carrare inauguré en 1903 à Buenos Aires. Il a consacré sa vie à lutter contre la censure de l’époque et à défendre la création artistique.

Dr. Zelaya accrédite cinq décennies d’expérience en matière de littérature pour enfants à partir d’un profil multiforme : création littéraire, recherche, enseignement, journalisme culturel, conseil aux parents, aux enseignants et aux institutions. Elle a été directrice de la culture municipale, où elle a fondé la bibliothèque pour enfants et jeunes et le wagon-bibliothèque « La Estación de la Alegre », entre autres réalisations; et a créé le Centre d’information et de recherche en littérature pour enfants et adolescents de l’UNT.

ESPAGNE : « L’humanité a de plus en plus besoin de fraternité » – Interview de Audrey Desplanques Conseiller de l’ordre du GODF

De notre confrère espagnol elfarodeceuta.es

Audrey Desplanques, conseiller de l’Ordre du Grand Orient de France, auquel appartient le Triangle d’Hercule de Ceuta, visite notre ville.

Cette franc-maçonne, psychologue clinicienne, est la responsable du Grand Orient de France chargée des questions humanitaires. Particulièrement liée à Ceuta (qu’elle a déjà visitée), cette française connaît déjà le Triangle d’Hercule de Ceuta et ses membres.

En plus du contact avec la formation maçonnique de Ceuta, dépendante de la Loge maçonnique Héraclès de Malaga, Audrey Desplanques s’est rendue dans la Cité Autonome pour constater in situ la réalité de l’immigration dans la région du détroit de Gibraltar.

El Faro : Pourquoi la Franc-maçonnerie s’intéresse-t-elle à Ceuta?

– La Franc-maçonnerie, et en l’occurrence le Grand Orient de France (GODF), s’est toujours sentie liée à Ceuta, et les raisons ne manquent pas. Ceuta peut être décrite comme une ville dans laquelle la franc-maçonnerie avait une implantation très importante. Avant le coup d’État de 1936, il y avait à Ceuta quatre loges maçonniques ayant leur siège dans la rue Lieutenant Pacheco où se tenaient les tenues [réunions de maçons], et tout cela pour une population de 50 000 habitants. De plus, Ceuta regorge de symboles maçonniques dans tous les coins où que vous regardez, de l’ancienne salle plénière en passant par la Maison des Dragons, dans les vieux lampadaires ou la statue de notre frère « Grecia » à Gran Vía, tout nous rappelle le lien privilégié avec la franc-maçonnerie. De plus, il y a quelques années, un Triangle [structure maçonnique de base] a été créé ici, avec le nom d’Hercule au sein du Grand Orient de France. Le Triangle d’Hercule est venu prendre le relais de la loge qui fut celle d’Antonio López Sánchez-Prados. Il est clair que la maçonnerie a des raisons plus que fondées de s’intéresser à Ceuta.

Ceuta est l’un des carrefours de l’immigration…

  • C’est l’une des raisons de ma visite à Ceuta. Bien sûr, le phénomène de l’immigration n’est pas une chose qui ne concerne que Ceuta, loin de là. Nous ne pouvons pas transformer Ceuta en une île, comme le sont Malte ou Lampedusa, en un no man’s land que l’Europe ne veut pas regarder parce que la question est génante ou difficile à résoudre. En dehors de cette considération, que je considère importante pour le GODF, la question humanitaire est une priorité. En effet, le GODF apporte une aide économique importante aux pays touchés par des catastrophes naturelles et/ou une aide humanitaire (entre autres actions à travers sa Fondation). Revenons à la question de l’immigration dans la zone du détroit de Gibraltar, force est de rappeler que, précisément dans ce morceau de mer où se rencontrent la Méditerranée et l’Atlantique, c’est aujourd’hui l’un charnier les plus importants au monde. Ici, malgré les efforts du Secours Maritime, de la Garde Civile ou de la Croix Rouge, un nombre important de personnes meurent dans un cruel anonymat à la recherche d’un monde meilleur. Nous ne pouvons, ni ne voulons rester impassibles face à ce génocide social qui se déroule quotidiennement, et je suis là pour recueillir des informations de première main.

-L’immigration à Ceuta est-elle une solution ?

  • Tout d’abord, je voudrais souligner qu’on ne peut pas trouver de solution à quelque chose qui n’est pas un problème, mais un phénomène. Les phénomènes migratoires sont à l’origine de la fondation de ce que nous appelons l’humanité. Les êtres humains ont toujours migré : pour découvrir de nouveaux territoires, pour exporter et échanger leurs découvertes et leurs connaissances, pour améliorer leurs conditions de vie, ou simplement pour pouvoir survivre. Depuis, rien n’a changé.

Ce qui nécessite une intervention urgente, ce sont les conditions de vie de ces personnes, et il est clair que la ville de Ceuta est impliquée dans ces améliorations, mais elle ne peut pas être laissée seule sur ces questions. Il faut ici plus de moyens pour s’occuper de ces personnes car une chose est claire, elles continueront à venir car dans leurs pays d’origine les conditions de vie sont nettement pires que les nôtres. Évidemment, il faudra faire le nécessaire pour que, dans les territoires d’origine de ces personnes, les conditions de vie soient suffisamment décentes pour que ces femmes et ces hommes n’aient pas à risquer leur vie pour survivre. Transmettre cette idée et y travailler fait partie de notre mission de francs-maçons.

Vous avez pu voir à quoi ressemble l’immigration Ceuta …

  • J’ai été frappé par la Ceuta solidaire, la Ceuta qui se donne à l’aide, la Ceuta qui s’engage, la Ceuta qui comprend, la Ceuta humanitaire. Cette ville a un taux impressionnant de volontariat et de volontaires. Mes sœurs et frères, tous impliqués d’une manière ou d’une autre dans tout ce qui touche à l’immigration, m’avaient déjà transmis à ma demande des informations sur ce qui se passait ici dès le premier instant, y compris la crise migratoire de mai dernier. De plus, j’ai visité les campements où les gens vivent mal, en attente d’une place dans les abris, et les abris eux-mêmes ouverts par la Ville autonome et gérés par la Croix-Rouge. Je dois redire à ce sujet que Ceuta est un modèle de la manière dont il faut affronter avec humanité une crise comme celle-ci, à laquelle qui est venu se mêler le Covid et la fermeture de la frontière.

Comment le GODF compte-t-il y contribuer?

  • Les Francs-Maçons du GODF n’ont pas attendu un positionnement de l’Obédience pour se mettre au travail en citoyens et citoyens qu’ils sont, et le Triangle d’Hercule en est une bonne preuve. Non seulement ils ont rapporté de manière très précise et objective ce qui se passe ici, mais ils ont aussi été là où se trouvent toujours les membres de la Franc-Maçonnerie : en première ligne pour la défense des Droits de l’Homme. Au delà de cette situation, au Grand Orient de France nous menons depuis de nombreuses années une réflexion approfondie, afin de pouvoir apporter notre contribution spécifique sur ces questions. Indépendamment de ce que nous pouvons élaborer organiquement, notre première mission est, et restera, de mettre en lumière ces problèmes pour que tout le monde les connaisse, au-delà de la première explosion émotionnelle. Pour le GODF , nous le répétons encore, rien de la souffrance humaine ne nous est étranger, et ce depuis la création en 1728.

Considérez-vous que la Franc-Maçonnerie est nécessaire au XXIe siècle, en pleine ère numérique ?

  • La franc-maçonnerie est le plus grand représentant de la liberté et le moteur de la séparation des pouvoirs. Si l’on part du constat que la liberté doit être conquise au quotidien et que la séparation des pouvoirs est le fondement de toute société démocratique, la franc-maçonnerie est plus que jamais nécessaire. Que nous soyons au milieu de l’ère numérique, comme vous le soulignez, ne rend pas la franc-maçonnerie inutile, bien au contraire. Nous constatons le danger du contrôle que les ordinateurs peuvent exercer sur la population, si les garanties nécessaires ne sont pas exigées, et pour cela nous devons avoir une fédération de pensée, capables d’analyser, de réfléchir, de se soulever contre l’oppression et de démontrer l’injustice. Voici comment fonctionne la franc-maçonnerie depuis sa création

-Certaines publications du GODF suggèrent que la Franc-Maçonnerie est particulièrement soucieuse de l’environnement…

  • C’est tout à fait exact. L’environnement n’est pas le défi des générations futures, c’est un problème qui nous concerne tous, ici et maintenant. La crise du changement climatique a de multiples facettes, dont l’une est précisément l’immigration. La défense énergique de l’environnement est une question de survie, et la franc-maçonnerie ne peut et ne doit pas l’ignorer. Nous y travaillons à travers des études et des commissions, il y a de nombreuses loges et des centaines de Frères et Sœurs qui y participent, préparent des propositions et montrent la situation dramatique que vit la planète au bord du point de non-retour. C’est quelque chose qui me concerne directement, et je me sens très impliquée dans ces questions comme le reste de mes sœurs et frères. C’est une question vitale pour l’Humanité. Tout doit être repensé d’un point de vue humaniste et non consumériste, d’une vision rationaliste et non du marché. L’humanité a de plus en plus besoin de Fraternité, et cela en est une bonne preuve.

« La franc-maçonnerie est le plus grand représentant de la liberté et le moteur de la séparation des pouvoirs »

-GODF accepte les femmes…

  • Il y a deux réponses. L’une très évidente, et l’autre encore plus. La première est qu’il est normal qu’une femme travaille au sein de l’exécutif de l’Obédience, comme c’est mon cas. La seconde est que, contrairement à d’autres obédiences (et si je peux me permettre d’autres institutions) le GODF comprend que 50% de l’humanité ne peut être évincée de ses loges. Expliquer à ce stade l’égalité des droits qui devrait exister entre les femmes et les hommes est une idée datant au plus tard du XIXe siècle. Dans le GODF, contrairement aux autres Obédiences, nous ne faisons pas de différences ou de discriminations.

-La franc-maçonnerie est-elle utopique ?

  • Je dirais que la Franc-Maçonnerie défend une utopie différée, et je m’explique. En Espagne, notre frère Ferrer i Guardia a été fusillé pour avoir défendu une école laïque dépourvue de dogmes, mais moins de 100 ans après sa mort, ses théories sont non seulement mises en pratique dans de nombreuses écoles, mais sont aussi enseignées à l’université. Si l’utopie est de défendre quelque chose qui sera tôt ou tard la réalité, nous sommes bien des utopistes. Nous défendions l’avortement légal, la contraception, le divorce, la sécurité sociale ou, à l’époque, la séparation des pouvoirs et la séparation des Églises de l’État avant l’heure et nous avons oeuvré pour sa réalisation, certains au prix de leur vie. Comme le disait Eduardo Galeano, l’utopie sert à avancer… et nous n’avons cessé de le faire depuis la création de la franc-maçonnerie.

Pourquoi la franc-maçonnerie est-elle toujours entourée de tant de mystère et de secret ?

Il n’y a ni mystère ni secret. La franc-maçonnerie est discrète, jamais secrète. En fait, s’il était secret, le GODF n’aurait pas de quartier général ouvert, entre autres. Les francs-maçons sont des libres penseurs, nous rejetons les dogmes… et cela déplait souvent à ceux qui détiennent le pouvoir. Historiquement, il en a toujours été ainsi, en particulier dans les régimes dictatoriaux. Mussolini, Hitler, Pétain, Franco, l’Union soviétique et bien d’autres ont vu un danger dans la maçonnerie car elle représente une véritable école de citoyens, dans laquelle on leur apprend à penser par soi-même, ou à comprendre qu’une différence, loin de nous gêner enrichit. Le chemin maçonnique est initiatique, nous venons des bâtisseurs de cathédrales, de ceux qui ont fait du savoir un trésor et c’est pourquoi pour nous, culture et savoir sont fondamentaux, sans distinction de race, de sexe,

Nous passons notre vie à acquérir des connaissances et à nous améliorer en tant qu’être humain parce que nous aspirons à une société dans laquelle l’être humain est lui-même et, évidemment, nous diffusons ces valeurs. Est-il vraiment possible que quelqu’un ne soit pas d’accord avec les principes du GODF, auxquels j’ai fait allusion plus tôt ? Quelqu’un qui défend des positions démocratiques peut-il prendre position contre la liberté, l’égalité ou la fraternité ? Est-ce mystérieux de défendre ces termes?La réponse est si évidente…

  • On dit aussi que la franc-maçonnerie est élitiste ?

-Pas du tout; Les femmes et les hommes qui composent nos loges ont des origines sociales très diverses et toutes les professions sont représentées ; on ne peut le concevoir autrement. La franc-maçonnerie n’accorde aucune importance à leurs métiers respectifs mais seulement aux sentiments sociaux qu’ils nourrissent. Si quelque chose n’est pas élitiste, c’est la franc-maçonnerie.

elle est aussi stigmatisée comme sectaire…

– Cela n’a aucun sens parce que nous sommes à l’opposé. Dans une secte, il est très, très facile d’entrer et extrêmement difficile d’en sortir, quand ce n’est pas impossible. En Franc-Maçonnerie, il est difficile d’entrer, car la personne qui manifeste son intérêt à entrer est soumise à plusieurs entretiens et à un long processus pour, enfin, être soumise au vote de tous les membres de la Loge pour son admission. Au contraire, partir est aussi simple que de franchir la porte. Sans plus. Nous sommes un pari pour la liberté, pas pour les barreaux.

Un pari pour la liberté, dans quel sens ?

  • Le Grand Orient de France se soucie de ce qui se passe dans la société, mais jamais de manière partisane. Qu’il s’agisse de choix politiques ou de convictions religieuses, la liberté de conscience est essentielle. La franc-maçonnerie a vocation à réunir des hommes et des femmes d’opinions différentes et toutes les sensibilités sont ici représentées, sauf celles qui se positionnent contre la Déclaration universelle des droits de l’homme ou en faveur de la haine ou de la xénophobie.

Si vous deviez résumer la Franc-Maçonnerie… ?

  • Sans hésiter, je le ferais avec l’article premier de notre Constitution : « La franc-maçonnerie, institution essentiellement philanthropique, philosophique et progressiste, a pour objet la recherche de la vérité, l’étude de la morale et la pratique de la solidarité. Ses principes sont la tolérance mutuelle, le respect d’autrui et de soi-même et la liberté absolue de conscience. Considérant que les conceptions métaphysiques sont du domaine exclusif de l’appréciation individuelle de leurs membres, elle se refuse à toute affirmation dogmatique. Elle attache une importance fondamentale à la laïcité ». Il n’y a pas de meilleure façon d’exprimer ce que nous sommes et ce à quoi nous aspirons.

L’article intégral en espagnol