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Homéopathie et autre mémoire d’eau

On pourrait se demander ce que vient faire une réflexion sur l’Homéopathie en maçonnerie. Plusieurs réponses à cela. Trouver un traitement efficace à sa maladie a de tout temps vivement intéressé l’Humain, et le bien-être de l’Humain intéresse les maçons.

Sur l’homéopathie (comme sur pas mal d’autres sujets médicaux), on a tout entendu et il serait utile de séparer le bon grain de l’ivraie.

Deuxièmement en maçonnerie, laboratoire d’idées s’il en est, nous apprenons à tailler notre pierre, c’est-à-dire à débattre d’idées, que l’on laisse macérer pour ensuite en diffuser le résultat parmi nos sœurs et nos frères et puis autour de nous dans le monde profane. Hahnemann, le père de l’Homéopathie, par sa curiosité d’esprit, son refus d’en rester aux choses établies aurait mérité d’être maçon.

Hahnemann, Christian Friedrich Samuel, est né le 10 avril 1755 à Meissen, en Saxe

À l’âge de dix ans, il entre à l’école princière de Saint Afra, où il apprend l’anglais, le français, le latin, le grec et l’hébreu, puis, il entreprend des études de médecine à Leipzig.

Passionné, il commence un important travail de traduction et écrit de nombreux articles. Dans la Méthode pour traiter soigneusement les vieilles plaies et les ulcères putrides, il dénonce le manque de rigueur dans la démarche diagnostique des médecins de l’époque, ainsi que l’incohérence et le danger des traitements alors proposés.

Contrairement à la pratique de ses contemporains, Hahnemann ne prône l’utilisation que de quelques médicaments. Il est bien entendu vivement contesté par le corps médical, mais il continue à mettre en avant, l’hygiène de vie, le régime alimentaire, l’exercice physique et l’air pur et repousse les traitements toxiques de son époque

Au cours d’une de ses traductions, Hahnemann apprend qu’un médecin écossais guérit une fièvre intermittente chez un sujet malade en lui administrant du quinquina à forte dose mais que, ce même remède, chez un sujet sain, occasionne cette même fièvre !

Il a donc l’idée de tester sur lui-même (sujet sain) différentes substances ou extraits de plantes (Quinquina, Arsenica, Artemisia etc…) à petites doses et de noter les maladies ainsi provoquées. Il va  ensuite traiter les sujets porteurs de ces maladies en leur administrant ces substances dûment listées, en petite quantité. Il constate que des guérisons surviennent, avec tout de même une aggravation passagère.

Pour éviter ces aggravations, il a l’idée de diminuer les posologies et réalise des dilutions successives : 2 gouttes (ou 2 grammes) de la substance dans 1 litre d’eau, ensuite 2 gouttes du mélange dans un autre litre d’eau, et ainsi de suite, 5 fois 10 fois 15 fois et plus ! il en arrive ainsi à une solution à très haute dilution où il n’y a plus de trace de la substance initiale ; pas même UNE molécule ! (voir le nombre d’Avogadro)

Et pourtant ces solutions apportent les guérisons attendues.

Hahnemann, bien heureux et encouragé par les résultats obtenus, s’intéresse à découvrir d’autres substances spécifiques à chacune des maladies connues. Il établit le principe qu’une substance nocive à forte dose, apporte la guérison à très faible dose.

Aller plus loin dans la recherche du « pourquoi il en est ainsi« , les connaissances de l’époque ne le permettent pas. Sa démarche tient donc du tâtonnement pragmatique raisonné.

Et voilà qu’en juin 1988 le Dr Jacques Benveniste, Directeur de recherche depuis 10 ans au sein de l’INSERM, et en qui nombre d’éminents collègues voient un futur prix Nobel, annonce que l’expérience qu’il vient de réaliser montre que « l’eau a une mémoire » et démontre scientifiquement ce que Hahnemann affirmait depuis plus de 2 siècles.
En d’autres termes, il vient de démontrer que de nombreuses substances en solution, même à très haute dilution continuent à avoir le même effet que la substance d’origine.

Rappelons qu’à l’époque d’Hahnemann, ses détracteurs prétendent que ses hautes dilutions, ne contenant plus aucune molécule de la substance initiale, ne pouvaient rien guérir du tout puisque ce n’était, somme toute que de l’eau ! et si guérison il y avait ce n’était dû qu’à l’effet placébo…

Et voilà qu’en 1988, à l’issue de son expérience Jacques Benveniste laisse entendre que tout se passe comme si la substance initiale (quinine, arsenic, etc…) laissait « une trace » de son passage dans cette eau ; une eau qui en garderait la mémoire… De quelle façon ?

La littérature regorge de détails sur l’expérience de Jacques Benveniste et sur d’autres, similaires effectuées en Italie, au Canada et en Israël.

Pour faire simple disons que ces chercheurs mettent en lumière une propriété essentielle et primordiale des molécules d’eau ; chacune d’elle est entourée d’un petit champ magnétique (spin) qui est modifié de façon spécifique par chacune des substances mise en solution (on ne sait pas encore comment). La molécule d’eau garderait donc dans son spin, comme une sorte d’empreinte spécifique du passage de la quinine, d’arsenica, etc…

L’expérience célèbre de Jacques Benveniste elle-même, repose sur la réaction, que la présence d’allergènes déclenche habituellement chez les globules blancs (Basophiles) ; un lâcher d’Histamine (cause des signes d’allergie). Et là, cette solution d’allergènes bien qu’étant très diluée, provoque toujours la même réaction de la part des globules blancs. Pour démontrer l’implication du spin, Jacques Benveniste soumet cette même solution diluée à un champ magnétique et constate qu’elle ne déclenche plus la libération d’Histamine par les globules blancs ; tout se passe comme si le champ magnétique avait remis les spins des molécules à zéro, et que l’eau avait ainsi « perdu la mémoire » du passage des allergènes.

Le concept de « mémoire de l’eau » surprend fortement vu l’absence de support biologique comme neurones, voire cerveau.

Pourtant, dire qu’une chemise froissée garde en mémoire « le passage du fer chaud » puisqu’elle reste « repassée » longtemps après, ne nous heurte pas…

Le principal argument sinon l’unique, des détracteurs de l’Homéopathie est que la solution de Quinine ou d’Arsenica, obtenue après de multiples dilutions ne contient plus aucune molécule de ces substances (ce qui est exact) et donc il ne peut y avoir d’influence, sous-entendu d’influence chimique ! Mais dans notre univers n’y’a-t-il d’influence que par voie chimique ? Qu’en est-il de l’influence par voie physique et des effets à distance de certaines forces comme l’électromagnétisme ? (voir TSF, gravitation et autre radiation)

Le niveau nucléaire de la matière où l’on a plongé pour la première fois il y a à peine un siècle, n’a pas encore livré tous les secrets. L’eau elle-même bien que liquide le plus répandu sur la terre et dans le vivant, reste très atypique. Elle bout à 100° alors qu’elle aurait dû le faire à 80°. Ses glaçons flottent sur l’eau, alors que les glaçons des autres liquides tombent au fond (observer bouteille d’huile par grand froid). C’est bienheureux concernant l’eau, car autrement il n’y aurait pas de vie sous-marine… ni de vie tout court.

Soit dit en passant, expliciter le phénomène à la base de l’Homéopathie, ne vient en rien cautionner ou non le raisonnement diagnostique des homéopathes. Cela reste un tout autre débat.

L’histoire de l’Humanité nous apprend que certains de ses membres ont tenu à débrider leur curiosité afin d’explorer d’autres sphères ; qui, par un travail de recherche long et ardu comme Kepler, et qui, par des expériences de pensée improbables comme Einstein, pour ne citer que ceux-là.

Il est regrettable que les bastions de la Médiocrité réussissent trop de fois à imposer leur myopie (ou leur dogme) à l’ensemble.

Il est aisé et reposant de s’appuyer sur les choses établies. Mais accepter que notre curiosité puisse être débridée vers des champs non ou mal explorés, voilà une pierre qu’il nous reste à tailler nous, maçons.

Haïm COHEN

Petit livre de la grande histoire de l’initiation

Les mythes de la tradition remonteraient à 70 000 ans. Ces mythes, bien que couverts par le secret, nos symbolismes initiatiques actuels peuvent nous permettre de les décoder. Cette faculté nous offre ainsi la possibilité de surmonter les crises majeures : écologiques, sanitaires et géopolitiques que nous sommes en train de traverser

   Évitons d’avoir de la Tradition une vision passéiste : ce sont les arbres les mieux enracinés qui portent les meilleurs fruits et sont garants d’une plus grande longévité.

    La Tradition initiatique remonte à l’origine de l’humanité pensante. Jusqu’à Adam, selon les Grandes Constitutions, mais c’est évidemment une origine mythique ; oublions également la représentation fantasmatique de Guénon : il suffit de suivre les traces archéologiques que nous en avons.

      La première trace manifeste connue se trouve à Circé, et date d’au moins 70.000 ans. (Néandertal). Ensuite, les grottes ornées du paléolithique supérieur, Lascaux, Altamira, véritables temples souterrains, nous livrent les secrets de l’initiation de nos ancêtres cueilleurs- chasseurs- pécheurs. Le néolithique plus discret, nous présente pourtant des cromlechs, Stonehenge ( 4.000 ans), Göbekli Tepee (Chaldée,  7.500 ans) dont certains sont fort significatifs, ainsi que des graffitis instructifs (Fontainebleau).

  Enfin, les civilisations agraires, puis urbaines nous offrent la floraison des initiations antiques, (égyptiennes puis grecques) dont nous avons connaissance grâce l’écriture, ainsi que l’édification de Temples, qui, tous, quelle qu’en soit la religion, élèvent sur le sol, le même discours architectural ésotérique.   Transmises dans le secret, dès avant l’invention de l’écriture, les cérémonies initiatiques sont demeurées secrètes et, donc, difficiles à comprendre.  Peu d’historiens s’y sont aventurés, ce que nous sommes peut-être les mieux placés pour ce faire, car nous en comprenons le langage (symbolique) et nous pouvons supposer que nombre de mythes qui nous sont parvenus, sont en fait les scenarii de cérémonies initiatiques. C’est notamment le cas, pour celui de Déméter et de sa fille Perséphone, ((Eleusis, (- 70 + 319 Théodose 1er, dont l’importance considérable n’a pas finie d’être décelée et explorée. (Platon[1], christianisme naissant : évangiles écrits en Grec, celui de St Jean).   Ces traditions initiatiques nous ont été transmises par les corporations de métiers, notamment celles de constructeurs, mais aussi des principaux artisans, notamment orfèvres et artistes ( Dürer),  avant d’être reprises et codifiées par la Franc-Maçonnerie.

   A la lumière de notre propre expérience, nous pouvons donc relever les constantes de la progression initiatique, et de voir si ces pratiques, telles qu’elles nous ont été transmises, traversant tous les âges, toutes les crises, les guerres et autres bouleversements de civilisation, peuvent, nous permettre d’affronter et surmonter les crises majeures qui s’annoncent, et à quelles conditions.

  1. Traits dominants :
  • De forme :
  • (secret absolu) celui des symboles, (interprétation libre)
  • métier ou activité requérant apprentissage,
  • science ;
  • De fond
  • Dieu = mystère,
  • unité de la Totalité, (Cosmos)
  • immortalité de l’âme.

Ces points fondamentaux, contestés par la science du XVIIIème au XXème siècle, paraissent au contraire justifiés à la lumière des nouveaux paradigmes scientifiques :

  • Bigbang  ® » information » (= Parole »)
  • Écologie scientifique
  • Point de vue holistique
  • Mécanique quantique. ( La réalité des corps physiques n’est pas  celle des éléments subatomiques  qui les composent)
  • – La FM, héritière de ces vielles pratiques, à l’origine de toute science, de toutes religions, de toutes les civilisations, de toute culture, pourra-t-elle survivre aux menaces et bouleversements qui s’annoncent ?

                        Nous sommes sans doute à la veille de crises majeures :

  • La catastrophe écologique, les grandes pandémies
  • Les menaces de guerre généralisée
  • Le capitalisme fou ®  déculturation + déséquilibres inacceptables  ® révolutions
  • Le « transhumanisme » et les nouvelles idéologies mortifères : Primauté absolue de l’individu, égalitarisme + infantilisme, ultra féminisme, promotion des minorités sexuelles, etc.

                Raisons de penser que la FM est la mieux placée pour les dominer :

« le trésor caché « de la Franc-Maçonnerie selon notre F.°. Michel Maffesoli

  • A surmonté toutes les crises, les guerres, les révolutions, politiques et idéologiques, a suivi les progrès de la science, et les évolutions de mœurs,
  • Correspond aux aspirations fondamentales et éternelles de l’humanité : (notamment jeunes)
  • Refus des dogmes figés (notamment religieux)
  • Besoin de spiritualité, de dépassement de soi ;

(On peut penser que la manière de satisfaire ces besoins n’est pas la plus heureuse…mais le besoin n’en est pas moins décelable)

  • Besoin de fraternité :  (œuvres caritatives, grandes manifestations collectives)
  • Rejet du sexisme et du racisme
  • Grand recrutement de la Franc-Maçonnerie européenne et avec des jeunes de mieux en mieux formés, et de plus en plus talentueux.
  • Offre surtout le cadre et la méthode la plus adaptée à une réflexion libre et autocritiquée dans l’immédiat, à l’abri des modes et pressions extérieures, qui porte, plus que sur des sujets d’actualité, sur la réflexion à moyen et long terme, ce que.
  • Mais à certaines conditions absolument impératives :
  •   Qu’elle surmonte ce qui la rend inaudible :

         – Sa division qui la discrédite

         – les réserves à l’encontre de la reconnaissance de la Maçonnerie féminine

L’opposition entre FM traditionnelle et FM « moderne » dépassée :

  • La FM « traditionnelle » pas si traditionnelle que cela : Réduit la Tradition aux « Landmark », en les ignorant d’ailleurs (reconnaissance des « sœurs » 3 fois dans le « Regius » = prière à Ste Marie)

Ignore Éleusis, essentiellement féminine, à la base du Christianisme.

  • La FM « moderne » pas si moderne que cela :

                      Référence à science du XIXème siècle et, plutôt aux modes américaines, (volonté d’être à la page, au risque de confondre modernité et panurgisme).

                                         Les conditions d’une réunification :

Ce qui divise la F.M. :   la question du G.A.D.L.’U. Dieu = mystère : ainsi dès l’origine

   Les paradigmes de la science actuelle permettent de dépasser toutes les oppositions de principe antérieures.

  • Bigbang ®  information primordiale
  • Écologie scientifique ® Unité cosmique
  • Physique quantique ®  réalité subatomique n’est plus exclusivement matérialiste : Parole

Principes à sauvegarder :

1. Une seule Maçonnerie, (au niveau Européen ?), avec des subdivisions selon affinités, comme les Rites actuellement ;

2. Secret ; discipline de parole ;( maitrise)

3. Pas de prise de parole publique pour problèmes publics, (en dehors de défense de la laïcité, progrès absolu de civilisation), chaque Maçon étant libre de se prononcer en son nom sans se découvrir et n’engageant que lui-même.

4.Adoption par toutes les Loges de la dernière phrase de l’Initiation de la GLFF


[1] « Celui qui est descendu dans les Enfers sans avoir connu l’Initiation aux Mystères tombera dans la fange, tandis que celui qui aura été purifié par l’Initiation vivra parmi les dieux »

MEXIQUE : Qu’est-ce que la franc-maçonnerie ? Est-il vrai qu’ils sacrifient des animaux ?

De notre confrère mexicain periodicocorreo.com.mx

Guanajuato.- Ce week-end, le 128ème Congrès National Maçonnique de la Confédération des Grandes Loges Régulières du Mexique aura lieu dans le Parc du Bicentenaire. Cet événement a suscité l’ inquiétude des Guanajuatenses qui spéculaient sur la nature de cet événement qui serait satanique .

Mais qu’est-ce que la franc – maçonnerie ?

C’est une institution qui pratiquent l’initiation (activités qui marquent un passage d’un état à un autre) ; philanthropique, c’est-à-dire qu’ils aiment l’être humain ; symbolique, philosophique, discret, harmonieux , sélectif, hiérarchique, international, humaniste et fondé sur une structure fédérale qui prône la fraternité .

Que croient les francs-maçons ?

Ils sont à la recherche de la vérité, de l’étude philosophique du comportement humain, de la science, de l’art et du soutien au développement social et moral des hommes et des femmes.

ils cherchent à s’améliorer dans tous les aspects de leur être et autour d’eux.

Ils développent leurs enseignements basés sur des symboles et des allégories de la maçonnerie et de la pierre.

Quand la franc-maçonnerie a-t-elle commencé au Mexique ?

Cette pratique a commencé au XVIIIe siècle, lorsque les premiers immigrants français accompagnant le Vice-roi;ils ont fondé en premier la loge « Architecture Morale ».

La « boîte noire » de la franc-maçonnerie

La franc-maçonnerie est une « boîte noire » avec des flux entrants de profanes et des flux sortants d’initiés initiants.

Commençons par ce qui paraît le plus simple a priori : la démarche maçonnique elle-même. Étudions-la très schématiquement, en analyse systémique. Si nous utilisions la méthode de G.-B. Dantzig, l’algorithme du simplexe en programmation linéaire, nous dirions : Chaque rite est un ensemble à prendre dans sa totalité en tant que tel (une « boîte noire » que nous n’ouvririons pas pour le moment) avec des flux entrants d’un côté (les profanes) et des flux sortants de l’autre (les initiés qui retournent dans le monde profane pour transmettre à leur tour à d’autres entrants ce qu’ils ont reçu de la « boîte noire »). C’est donc, comme on le voit, un système qui boucle sur lui-même.

Dans une conférence sur le thème « Du temple de l’homme à celui de l’humanité », j’abordais ce sujet, sans le développer :

« Dans un premier temps, je poserai le cadre de cette étude.

Pour aborder ce thème, nous commencerons par nous demander quelles sont les étapes qui marquent la progression du temple de l’homme au temple de l’humanité, ce qui les relie entre elles et ce qui les délimite.

Le cheminement du temple de l’homme au temple de l’humanité entre dans un processus plus large : c’est précisément celui de la méthode maçonnique. Et ce processus comporte quatre phases :

  1. L’homme est d’abord hors du temple (c’est un profane).
  2. Puis, l’homme est dans le temple (il devient initié).
  3. Ensuite, le temple est dans l’homme (il accomplit une démarche spirituelle).
  4. Enfin, l’homme sacralisé retourne au-dehors du temple (vers les profanes).

Passer du temple des hommes (profanes) au temple de l’homme (initié), puis du temple de l’homme (initié) au temple de l’humanité (initiable), c’est passer des autres à soi-même, puis de soi-même à tous. Autrement dit, je ne peux construire le temple de l’homme en moi que si, au préalable, j’ai construit avec d’autres initiés ce temple des hommes qu’est la loge ; et je ne peux construire le temple de l’humanité initiable pour tous que si j’ai construit en moi mon temple d’homme. Toutes les phases de la méthode maçonnique sont interdépendantes.

Ceci étant dit, comment s’effectue le passage d’une étape à l’autre ?

De profane, l’homme devient initié dans le temple – un temple extérieur à soi (c’est celui de la loge). Là, il est d’abord Apprenti, puis Compagnon, enfin Maître : avec la mort symbolique du corps de l’initié s’achève le temps de la matérialité. Par une approche spirituelle qu’il poursuit dans les hauts grades, il élève son temple intérieur par l’esprit, l’âme et le cœur. Il va pouvoir désormais faire rayonner à l’extérieur, dans l’humanité, ce temple intérieur qui l’éclaire.

Mais par quels ponts franchit-il ces différentes étapes qui constituent le processus de la démarche maçonnique ?

Entre le hors du temple profane et le temple de l’initié, le pont est celui de l’initiation. Entre l’intérieur du temple et le temple intérieur, le pont est celui du sacrifice (d’Hiram). Entre le temple intérieur et le temple spirituel (des hauts grades), le pont est celui du relèvement (du Maître). Et enfin, entre le temple dans l’homme et le temple de l’humanité, le pont est celui de la transmission par l’exemple (qu’allégorise le mythe d’une « chevalerie spirituelle »)[1]. »

Dans cette présentation sommaire, j’évoquais les flux entrants et les flux sortants de la « boîte noire », mais aussi les principales phases de transformation à l’intérieur de cette « boîte noire ».

« Soit. Mais enfin – me direz-vous -, pour faire le parallèle avec cette présentation de la franc-maçonnerie, par quel mythe culturel allez-vous bien pouvoir illustrer cette démarche ? »

« J’ai retenu celui de Don Juan », ai-je répondu.

Aussitôt vous vous récriez : « Don Juan ? Vous avez dit : Don Juan ?… Bizarre ! Bizarre ! Comme c’est bizarre !… Moi, j’ai dit bizarre, bizarre, comme c’est étrange ! Pourquoi aurais je dit bizarre, bizarre ?[2] »

« Eh bien, non, ce n’est pas bizarre », ai-je conclu. « Et je m’en expliquerai dans un prochain article… »

À suivre.

Pierre PELLE LE CROISA,

Le 26 avril 2021


[1] PELLE LE CROISA P. « Du temple de l’homme au temple de l’humanité », conférence pour « l’Académie Maçonnique de Paris », tenue d’été 2015.

[2] PRÉVERT J., dialogues du film « Drôle de Drame » de Marcel Carné (1937).

Comment reconnaître les mauvais FF… et surtout comment s’en débarrasser ?

Il parait qu’en maçonnerie, on aurait identifié, il y quelques années, 3 mauvais compagnons qui perturbaient fortement les travaux. Cela m’a donné l’idée de réfléchir à ce thème des mauvais Frères. Je ne parle pas de ceux avec lesquels on a des frictions. Si on y réfléchit bien, ces contacts parfois un peu maladroits ou brutaux sont souvent très enrichissants, surtout si on fait le pas de côté. Il arrive que nous adaptions notre Pierre grâce ces expériences inattendues. Si les 2 parties savent transformer cette friction en richesse, tout le monde en ressort plus fort et grandi en sagesse.

Mon propos concerne bien les « vrais » très mauvais maçons. Ceux qui sont mauvais chez nous et qui auraient été mauvais dans toute autre voie d’élévation, car leur conscience reste définitivement orientée vers les ténèbres.

Vous allez me dire : « Mais, comment peut-on les reconnaître? C’est quoi être mauvais ? »

Prenons quelques exemples, que nous connaissons tous. Est-ce qu’on peut affirmer qu’un mauvais maçon c’est :

  • 1 Vénérable maître qui s’accroche à son maillet ?
  • 2 Frères (ou Sœurs) qui se chamaillent pour un plateau ?
  • 1 Frère qui agace tout le monde en prenant la parole de manière intempestive ?
  • 1 Sœur qui n’a pas payé ses capitations depuis 2 ans ?

Ma réponse est sans aucune hésitation  : NON !

Ces exemples sont uniquement des expériences de Loges qui nous permettent de nous frotter et nous nourrir. Comme je le disais plus haut, ce sont des prétextes pour vivre des expériences humaines grâce à nos outils maçonniques. Que ferions-nous en Loge si nous étions dans un état de béatitude permanent ? C’est donc bien par le travail sur soi, par la confrontation, avec les autres que nous pouvons nous élever en sagesse.

Mon propos d’aujourd’hui, concerne bien les « très mauvais maçons ». Ceux dont la Franc-maçonnerie ferait bien de se débarrasser au plus vite, si elle ne veut pas se gangrener. Définissons donc le portrait robot du mauvais Frère :

  • Il abuse de son autorité auprès d’une jeune Sœur pour obtenir des avantages inavouables
  • Il profite de sa pseudo supériorité pour extorquer des sommes d’argent et se faire payer sa voiture
  • Il s’imagine que sa fonction lui donne des droits systématiques sans les devoirs
  • … ces exemples pourraient se décliner à l’infini.

Mon propos assez direct pourrait en choquer quelques-uns. J’aimerais juste rappeler cette phrase du Rituel : « Creuser des tombeaux pour les vices et ériger des autels à la vertu ». En fait, tout est résumé dans cette sentence !!!

Tous les Francs-maçons du monde se retrouvent sur 2 points communs, et ce, quel que soit le lieu ou le Rite : « l’Initiation et la culture des vertus ».

Vous conviendrez que pour être reconnu comme tel, il faut préalablement être passé par la case initiation ?

Pour ce qui est du second point, nous ne nous attarderons pas sur la liste complète des vertus selon les influences ou les rites (sensibilité, courage, tempérance, justice, prudence, charité, générosité, gratitude…). Nous nous limiterons dans ce propos à opposer ce que certains cultivent comme le cercle vertueux, lorsque d’autres préfèrent nourrir le cercle vicieux. Chacun étant libre de ses choix de conscience, tant que ce choix n’engendre aucun préjudice, la maçonnerie ne peut en aucun cas s’ériger en juge qui condamne ou exclut. En revanche, il est légitime de s’interroger sur l’intérêt de garder dans notre Fraternité des producteurs et des cultivateurs de ténèbres ? Aurions-nous si peu de courage que nous préférons courber l’échine et fermer les yeux en attendant que d’autres fassent la sale besogne de purification ?

Lorsque des suspicions sérieuses existent, et que des Frères ou des Sœurs, voire des Obédiences, se rendent complices par leur silence de ces tristes individus, nous érigeons alors des autels aux vices et notre Art se pervertit. Si les meneurs sont de nature vicieuse, je doute fort que la maçonnerie puisse un jour les éveiller à une autre réalité vertueuse. On ne change pas un être contre son gré. Il convient tout simplement de l’exclure au plus vite, afin d’assainir nos Ateliers et nos Obédiences.

Quant aux complices, qu’en est-il ?

Lorsque la lâcheté et l’acédie sont aux commandes, alors les vicieux ont de beaux jours devant eux et tous les Frères et Sœurs vertueux ou de bonne volonté ont du souci à se faire. Chacun sait qu’un seul œuf pourri peut gâcher tout le gâteau. Combien de fois avons-nous vu des Ateliers ou des Obédiences vaciller sur leur base du fait d’un seul personnage malfaisant. Des expériences obédientielles récentes ont démontré qu’un dirigeant ou un petit groupe peut anéantir en quelques mois des décennies de construction et faire fuir des centaines de maçons. Il m’avait pourtant semblé que c’était la Lumière, qui chassait les ténèbres et non le contraire !

Je ressens toujours une forme de fascination pour ces grands malades atteint d’hybris chronique. Nos livres d’histoire sont d’ailleurs remplis de leurs aventures et nous en avons fait les héros de notre nation. Quel drôle de paradoxe quand même. Cependant, je dois vous avouer que j’ai un profond mépris pour les petits collabos. Ceux qui dans l’ombre participent par leur action ou leur inaction. Aucun de nos tyrans n’aurait pu s’élever dans les sphères du pouvoir s’il n’avait eu la complicité silencieuse de ces sous-fifres, de ces subalternes, de ces riens du tout. La soumission par le silence est aussi une forme de collaboration qui autorise les pires exactions. Le maçon vient justement en Loge pour cultiver le juste et le vrai.

L’auteur Max Frisch avec sa célèbre phrase : « Pire que le bruit des bottes, le silence des pantoufles » résume parfaitement la source du mal. Pour conclure peut-être pourrions-nous donner un conseil aux endormis de la conscience qui se reconnaîtront : « Mon Frère, Ma Sœur, réveille toi, pendant qu’il est encore temps. Ceux qui pensent que c’est impossible sont priés de ne pas déranger ceux qui essaient ».

Franck Fouqueray

ANNEXE 1 (petit rajout provenant de mon Frère Thierry – Merci à toi)

Catéchisme selon un certain Fanisti

V : F premier surveillant qu’est-ce qu’un maçon ?

1er : C’est un homme libre, également ami du riche et du très riche, si ils sont magouilleurs.

V : Que venons-nous faire en loge ?

1er S : Assouvir nos passions, soumettre les volontés des autres, et faire mienne la Maçonnerie.

V :  F second Surveillant, où avez-vous été reçu ?

2nd : S Dans une loge juste et parfaite pour moi

V : Que faut-il pour qu’une loge soit juste et parfaite ?

2nd S : un la gouverne et les autres se prosternent.

V : F premier surveillant, depuis quand êtes vous Maçon ?

1er S : Depuis que j’ai reçu les ténèbres.

V : F premier expert, à quoi reconnaîtrai-je que vous êtes maçon ?

1er  : ex : A rien

V : Comment se font les signes de Maçon ?

1er : ex : Par suspension, radiation et élimination.

V : Donnez-moi le signe d’Apprenti.

1er   : Que je préfèrerais trancher la gorge des autres (il fait le signe) à quitter mon poste.

  le prend) le premier surveillant dit

1er : C’est pas juste, très Vénérable

V : F second surveillant donnez moi la parole.

2nd : Vous n’avez rien à dire  vous ne pouvez que m’écouter et exécuter mes ordres.

V : F premier Surveillant que signifie ce mot ?

1er S : Guide spirituel ; c’est le nom que vous devez vénérer par-dessus tout.

V  : Donnez-moi le mot de passe d’apprenti.

1er S : Capitations

V : Que signifie t il ?

1er S : C’est le doux nom qui me permet d’acheter les métaux sans travailler.

V : Pourquoi vous êtes-vous fait recevoir Maçon, Frère Second surveillant ?

2nd S : Parce que je n’étais pas assez puissant et que j’ai désiré de l’être davantage.

V : Qui vous a présenté en loge ?

2nd S : Un ami affairiste, que j’ai ensuite reconnu pour associé.

V : Dans quel état étiez vous, quand on a présenté en loge ?

2nd : Ni nu ni vêtu, mais cela n’allait pas durer, dépourvu de tous scrupules, parce qu’ils sont l’emblème d’une conscience que l’on doit éviter si l’on veut réussir.

V : comment avez-vous introduit en loge, F premier surveillant ?

1er S : Par trois grands coups

V : que signifient ces trois coups ?

1er S : Demandez vous recevrez une lettre de suspension, Cherchez, vous trouverez mon avocat ; Frappez, et l’on vous radiera.

V : Que vous ont produit ces trois coups ?

1er S : Un Expert qui m’a demandé mon nom, mon prénom, mon âge, mon pays et si c’était bien ma volonté de dominer les maçons.

V : Que vous est il arrivé ensuite ?

1er:  Le Maître de la loge a du consentement unanime de tous les Frères fait une grosse bêtise.

V : Comment vous a-t-il reçu F premier Surveillant ?

Avec toutes les formalités que j’ai écrites.

V : Quelles sont ces formalités ?

1er S : J’avais le genou droit nu sur le coffre, la main droite sur le chéquier posé sur le volume des extraits de comptes sacrés ; de la gauche, je tenais un ordre de virement en blanc, la signature appuyée sur la mamelle gauche qui palpitait.

V : Qu’avez-vous fait dans cette posture ?

1er S : J’ai prêté l’Obligation de tout garder.

V : Qu’avez-vous vu lorsque vous êtes entré en loge, F second surveillant ?

2nd : rien très Vénérable.

V : Qu’avez-vous vu lorsqu’on vous a donné la lumière ?

2nd : toujours rien très Vénérable.

V : Quel rapport peut il y avoir entre rien et le maitre de la loge ?

2nd : Comme le maitre de la loge préside les capitations de sa loge, moi je préside les maitres pour récupérer.

V : Où se tient le maitre de la loge, F premier Surveillant ?

1er S : au garde à vous

  1. Pourquoi ?

1er De même que les dictateurs tiennent leurs peuples par la peur et la propagande, la maitre se tient au garde à vous si, il veut faire carrière.

V : Où se tiennent les surveillants ?

1er : Le premier S sous mes ordres.

V : Pourquoi F second Surveillant ?

2nd : Pour aider le Vénérable à bien voter.

V : Où se tiennent les apprentis ?

2nd : Pas loin de leurs chéquiers, pour payer les capitations.

  1. Comment s’appelle votre loge ?

2nd :  La loge Saint Jean ai marre.

l’initiation maçonnique vécue à travers un rêve

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Il était une fois… Voici le conte. Un pas en avant, on franchit la ligne du rêve. Un après…

Il était une fois de gentils compagnons, qui rêvaient d’expression libre et féconde, en Maçonnerie transversale et universelle. Oui, nous irons en chemin, se disaient-ils, les lecteurs trépignent déjà de répondre à l’appel, à la pelle… Alors ils réunirent un petit comité qui ne demandait qu’à s’accroître de compétences plurielles.

Une ambition à concrétiser, une ambiance joyeuse, un tempo andante. Comment doser subtilement la concomitance, sur un même circuit, de ces scribes en idéal ? Nulle prétérition, choses vues, lues, perçues, seraient dites avec douce franchise. Des choix à faire, l’issue et la réussite seraient à ce prix, exit l’atermoiement, sous peine de dépérir, voire de périr ! Ainsi, quasi en transes, sans transition superflue, les complices tracèrent l’itinéraire…

Que d’italiques ! Eh oui, ces mots participent d’un même sémantisme, dont le latin a fait ses choux gras, même hétéroclites. Un florilège loin d’être exhaustif. En son cœur, maître-mot de la Maçonnerie, l’initiation, dont on subit les épreuves. L’entrée en chemin est individuelle dans une loge qui s’est créée et entretient sa fécondité selon le critère du commencement. *Cum-in-itiare, commencer une aventure spirituelle « avec » d’autres, qui en ont déjà devancé l’expérience. Démarche solitaire et intime, mais parcours collectif revécu à chaque réitération du rituel.

Toujours même et différente. Chaque initiation est à l’aube d’un sentier de vie, chaque initiant recommence cette aube.

Annick DROGOU

Initiation : derrière ce beau mot qui évoque l’acte initial, il y a la promesse d’une aube, un commencement. Mais cela n’est rien si ce n’est que cela. « Dans les sociétés traditionnelles, l’initiation seule peut donner la connaissance qui est une prise de conscience de l’être et des origines mystiques du groupe », décryptait l’ethnologue Jean Servier, ajoutant que « l’Invisible explique l’homme des civilisations traditionnelles comme l’air explique l’oiseau. La mort lui paraît aussi familière que le coucher du soleil, aussi nécessaire au cycle de sa rédemption que la naissance. »

Nous ne sommes pas nés dans une de ces sociétés traditionnelles que décrivent les ethnologues. Nos savoirs actuels ignorent les processus traditionnels jusqu’à notre rencontre avec la Franc-maçonnerie, dernière voie initiatique d’Occident, si elle est en capacité de transmettre son enseignement sur l’essentiel et l’ultime ; si le nouvel initié est en capacité de le recevoir. Car l’initiation est d’abord réception, le mot tout simple qu’on emploie encore dans certains rites pour désigner la cérémonie d’initiation.

Contrairement aux pratiques modernes où on s’initie au dessin, au macramé ou à la philosophie Zen, qu’on zappe après une découverte superficielle, l’initiation maçonnique exige l’approfondissement, l’effort de la patience et de la longue distance. Processus permanent de transformation et d’émancipation de tous les conditionnements, cette initiation est apprentissage d’humilité. Humilité, non de faiblesse, mais d’intelligence du réel.

Jean DUMONTEIL

COTE D’IVOIRE : après Bakayoko, la Grande Loge de Côte d’Ivoire perd un autre pilier

Source de notre confrère Jeune Afrique

Le décès du Grand maître David Mignonsin, quatre mois après celui d’Hamed Bakayoko, est un nouveau coup dur pour la GLCI. Et il provoque une nouvelle bataille fratricide.

Moins de quatre mois après la perte du Grand maître Hamed Bakayoko, le professeur de médecine David Mignonsin, l’un des piliers de la GLCI, est décédé fin juin à Abidjan. Il avait le statut de Grand maître et présidait le Suprême Conseil maçonnique, lequel gère les rites et les hauts grades. Le défunt occupait donc l’une des fonctions décisionnaires de la Grande loge, dont il avait gravi tous les échelons.

SERBIE : Le roi préféré des Serbes est né un 29 juin… il était Franc-maçon

De notre confrère Serbe srbijadanas.com

Monté sur le trône après l’assassinat d’Alexandre Ier, Tito l’appréciait, et comme lui, il était Franc-maçon. Pierre Ier régna pendant 18 ans suivantes , réformant la Serbie , les Balkans et subit la Première Guerre mondiale.

Le 29 juin 1844, le roi serbe Pierre Ier Karađorđević naquit. Petit-fils du Chef Karađorđe, il est resté de 18 ans sur le trône de Serbiet. Après que l’Assemblée de Saint-André eut renversé son père, le prince Alexandre, en 1856, Pierre Ier dut quitter le pays alors qu’il était enfant, et il monta sur le trône de Serbie après l’attentat qui coûta quarante sept ans plus tard la vie aux derniers descendants de la dynastie Obrenović, le roi Alexandre et la reine Draga.

Bien que partie prenante dans la conspiration, Petar ne souhaitait pas que ses prédécesseurs soient tués,mais il n’y avait pas d’autre solution selon Dragutin Dimitrijević Apis et ses compagnons d’armes.

La vie du petit-fils de Karadjordj est pleine de secrets et d’anecdotes qui font qu’il est considéré comme le monarque serbe préféré de l’histoire récente.

Maçon et légionnaire
Il a servi dans la Légion étrangère française, avec laquelle il a combattu avec bravoure et courage, notamment dans les Balkans. De nombreux historiens prétendent qu’il était franc-maçon.

Paysan et philosophe
Bien que l’Europe le considérait comme le roi des « paysans » et le souverain du peuple, Pierre Ier a fait de multiples actions pour la pensée politique serbe. Il a traduit dans notre langue le célèbre ouvrage « On Freedom », du philosophe anglais John Stuart Mill, qui sert toujours de base aux études de science politique sur le libéralisme. Près d’un siècle et demi plus tard, ce même ouvrage a été traduit en serbe par l’ancien Premier ministre Zoran Djindjic.

En outre, il est intéressant de noter que, selon Tatomir Buidisavljević, Josip Broz(Tito) lui-même a parlé positivement du roi Pierre, soulignant qu’il était un monarque humain et un vrai démocrate.

Découvrir l’article en version originale Serbe srbijadanas.com

La légende de l’ombre

Je ne sais pas si ça vous est arrivé, mais il n’y a rien de pire que de se faire agresser par son ombre. On est là, tranquille, au coin du feu, elle danse gentiment autour de vous, on s’y habitue tant et si bien qu’on n’y prête plus attention, et puis, subrepticement, elle passe par derrière et hop ! elle vous prend au collet et vous fait un chaud-froid, de type omelette norvégienne, qui vous colle un torticolis pendant des jours et des jours. Une calamité ! D’autant que, parlons bas, ombre c’est féminin et depuis qu’on ne peut plus rien dire contre ce genre, ni sur le genre mixte, ni sur…, d’ailleurs, genre, pourquoi c’est masculin ? Vous vous êtes posé la question ? Bon, passons… Mais quelle vie ! Aujourd’hui, à la moindre parole, une main sort de l’ombre et elle vous traite de « …ciste », « …phobe », « révisionniste », « extrême truc », « manipulateur », « perturbateur de l’ordre établi », « empêcheur de penser en rond », « faiseur de fake news » et j’en passe ! La malveillance est d’une créativité qui n’a d’égale que celle du Ministère des Finances pour de nouveaux impôts…

J’en étais là de mes réflexions, tout contorsionné dans mon genre neutre, me reprochant à moi-même de ne l’être pas assez, lorsqu’une ombre s’accrocha à moi. Il suffisait de la regarder du coin de l’œil pour se rendre compte qu’elle était pleine d’idées noires. Je sais comme vous qu’on n’est jamais à l’abri de ses idées ; j’en ai vécu, des ombres ! Et de toutes les nuances de noir : des idées noires, de sombres jours, des zones d’ombre, des arrières boutiques obscures, des cheminées de suie, et bien d’autres qui se cachent dans l’ombre.

Mais celle-ci m’attaqua d’un air insidieux :

— Ça ne vous ennuie pas d’être sans génie ?

— Et vous d’être d’une platitude de style administratif ? Vous parlez d’une présence qui n’existe que le jour et encore quand il y a du soleil ! Les ombres ne sont que les pointillés du temps…

— L’ombre échappe au temps, pas à la mémoire – me rétorqua-t-elle d’un ton pincé.

— Où voulez-vous en venir ? – lui dis-je en faisant semblant de ne pas avoir remarqué sa perfidie.

J’ajoutai toutefois, pour la piquer au vif :

— On ne me la refait pas, je connais la vie instable des ombres. Vous êtes à ras de terre, invariablement plates, et être sans relief, je regrette de vous le dire, ce n’est pas un compliment ! D’ailleurs personne n’a jamais écrit de roman sur vous, pas d’études universitaires sur votre compte, rien, c’est dire combien vous êtes dérisoires. Et ne faites pas l’étonnée, c’est à vous que je m’adresse, vous savez, moi, les vierges effarouchées, c’est pas mon affaire… fichez-moi la paix !

— En vous écoutant monter sur vos grands chevaux, je me demandais s’il vaut mieux être à moitié intelligent ou à moitié idiot. Finalement, tout ce qui est dans le relatif me semble vous correspondre ! Ne voyez-vous pas que nous sommes tous relatifs, vivants ou morts, relatifs à nos zones d’ombre, relatifs à notre ombre portée ? Vous savez, l’ombre porte énormément de choses, c’est pour ça qu’on est hanté par ses ombres. Tenez, je vais vous apprendre quelque chose ! Vous savez pourquoi les fantômes sont blancs ? Eh bien, pour se détacher de l’ombre !

Et elle partit d’un grand éclat de rire. Ce genre de blague devait être de son monde. Moi, j’esquissai un sourire à la limite du rictus, mais elle ne s’en aperçut pas. Et elle ajouta, soudain radoucie, car rien ne vaut de parler de soi pour trouver son interlocuteur intelligent :

— L’ombre, c’est la vie !

Après un moment de silence, tandis que je cherchais ce que je pourrais bien lui répondre, elle ajouta :

— Si vous voulez passer de l’autre côté pour vous en rendre compte par vous-même.

— Et… je reviendrai après ? – fis-je d’une voix qui se voulait ferme, enfin… presque…

— Oui, bien sûr, ce n’est qu’une visite de courtoisie.

Elle me prit par la main et nous voilà partis. Je me sentais léger comme un soupir et j’arrivai dans le monde du plat, à une seule dimension. Pour que les gens se détachent, tout était peint en blanc. Je compris sa blague sur les fantômes. En fait, le décor hésitait entre l’hôpital et la caverne de Platon.

— Autrement dit – lui susurrai-je à mi-voix, car dans ces endroits on a comme une peur instinctive de l’écho – ici, c’est le Centre de l’Idée ?

— Non, l’Idéarium n’est pas ici. On verra ça une autre fois… peut-être…

— Alors, c’est l’Ombréarium ?

J’avais dit ça pour me moquer, en fait j’avais fait mouche.

— Vous êtes moins bête que je ne croyais, me répondit-elle avec cet air de condescendance qui m’exaspérait depuis le début.

Je fis celui qui n’avait rien entendu, ma curiosité était plus forte que ma susceptibilité et je lui demandai, toujours à mi-voix :

— Comment la fabrique-t-on l’Ombre qui rassemble toutes les autres, la quintessence ombreuse, celle qui peut rendre les gens ombrageux, les bancs ombragés et les arènes d’ombre et de lumière ?

Elle me considéra comme si j’avais découvert le mouton à cinq pattes et le trèfle à sept feuilles.

— Venez ! – me dit-elle sur un ton radouci, en me guidant vers un lieu retranché que je n’avais pas aperçu tant il faisait noir. Sans peinture blanche qui aurait donné un peu de relief, l’endroit était sinistre. Je finis par distinguer un grand bâtiment tout noir, qui semblait être un hangar ou, plutôt, une dépendance probablement construite en pierre de lave. L’intérieur était faiblement éclairé par des lampes rouges de laboratoire photo. Le silence était sépulcral et je me dis que le silence intérieur devait être nécessaire à la fabrication des ombres extérieures, après tout on devient ce que l’on voit. Je clignai plusieurs fois des yeux pour accommoder et finis par distinguer des ombres qui tartinaient à grands coups de pinceaux trempés dans des bidons de peinture noire, des sortes de boules de toutes les tailles, tandis que d’autres, un peu plus loin, les emboîtaient les unes dans les autres comme des poupées russes.

— Qu’est-ce qu’elles font ? – demandai-je perplexe.

Et j’ajoutai, hésitant :

— C’est ça (j’allais dire ce n’est que ça), l’Ombréarium ?

— J’ai bien vu que vous ne saviez pas réfléchir, mais en plus vous ne savez même pas observer — me répliqua-t-elle, toujours aussi méprisante.

Cette morgue m’exaspérait, pour qui se prenait-elle cette suiveuse minable qui n’a d’autre identité que de s’agripper aux godasses des gens et de s’adapter à tous les contours en prenant les positions les plus acrobatiques ? Mais vu le lieu il valait mieux filer doux ; je n’avais aucune envie d’y rester et je me demandais même pourquoi je m’étais engagé dans cette aventure. Aussi est-ce d’un ton doucereux et d’une humilité de Tartuffe que je lui dis :

— Ça mérite bien une explication, non ?

— C’est pourtant simple ! On met de l’ombre dans chaque personnalité de l’individu, et on n’en manque pas de personnalités : celle de la rue, celle du bureau, celle du conjoint, celle des enfants, celle de la belle-famille, celle des amis… tout le monde sait qu’elles sont emboîtées les unes dans les autres, et que chacune a besoin d’avoir sa zone d’ombre, car, voyez-vous (et sa voix devint un chuchotement) si on était totalement dans la lumière, Dieu n’aurait plus sa place…

— Je comprends, fis-je pensif… Et Dieu a une ombre ?

Elle ne répondit pas. J’insistai :

— C’est le diable ?

Je sentis plus que je ne vis, l’ombre du doute voler au-dessus de nous enveloppée dans ses nuages noirs. L’orage tomba d’un coup, dru comme une tignasse. Je me réfugiai dans mon ombre. On n’y pense pas, mais finalement, c’est bien utile…

Jean François Maury

Réflexion sur l’idée du VRAI pouvoir

Cette vaste question devrait systématiquement être précédée d’un article pluriel. En effet, il n’existe pas un pouvoir mais des pouvoirs. Nous pourrions citer pour l’exemple le pouvoir du philosophe, celui du politicien, les pouvoirs publics, celui du sociologue ou encore le pouvoir du droit.  Chacun de ces pouvoirs considère la chose sous un angle différent. J’essaierai donc de centrer mon propos sur celui de l’Homme nu, hors de toute structure sociale, politique ou théologique.

La question fondamentale du pouvoir de l’humain repose sur le sens que prend ce pouvoir. Est-ce pour diriger l’autre, tel Alexandre le Grand ou encore Napoléon avec leurs armées respectives, ou bien est-ce plutôt celui de Diogène le Cynique qui vivait en totale autarcie dans un tonneau et ordonna à l’Empereur Alexandre de « dégager de son soleil » ? Ces trois hommes possédaient un pouvoir. En revanche, il est indéniable que les deux premiers dépendaient d’une organisation sociale et matérielle qui les rendait autant puissants que dépendants. Nous pourrions donc considérer que cette forme de pouvoir engendre des faiblesses dont les études martiales se nourrissent pour permettre à leurs prédateurs de trouver la faille dans la cuirasse qui les fera devenir à leur tour des êtres de pouvoir jusqu’à ce qu’un plus fort les détrône. Ce pouvoir là est donc temporaire et illusoire.

Le pouvoir ne dépend donc pas nécessairement du rayonnement sur l’autre. Il trouve sa source dans la puissance intérieure de l’Homme pour permettre à ce dernier de s’affranchir de toute dépendance de son environnement afin de la remplacer par la gratitude. Dépendance aux éléments, dépendance aux tentations de ce monde… et surtout dépendance au pouvoir lui-même (le fameux hybris). Nous parlons alors non plus de contrôle, qui est un ersatz de pouvoir mais bien de maîtrise.

Il semble que le vrai pouvoir s’affranchit précisément de tout besoin extérieur, afin de rayonner dans un total esprit de liberté. Celle-ci étant mue par le désir de satisfaire les besoins personnels de son propre ressenti. Il convient pour cela d’avoir atteint un niveau de sagesse suffisant pour tempérer ses passions et être devenu maître de soi-même. Ainsi, l’Homme accompli trouve la pensée juste, le mot juste et le geste juste. Alors le pouvoir habite cet Homme qui s’affranchit de toute influence superflue et peut alors trouver la totale harmonie de son existence. Cet homme là ne dépend plus de ses passions. Il rayonne du pouvoir supérieur de l’homme libre et accompli.

Il est tellement dommage de constater que bon nombre de cherchants se trompent de pouvoir !