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Témoignage : « Monde de merde ! »

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Note pour les pisse-vinaigre, peine-à-jouir et puritains incultes : le titre est une citation extraite de l’excellent film de Michel Hazanavicius, la Classe Américaine. Elle constitue le point de départ de l’enquête journalistique que narre le film: pourquoi Georges Abitbol, l’homme considéré comme le plus classe du monde, a prononcé ces mots comme derniers mots.

En ce moment, je vis la pire épreuve à laquelle un homme puisse être confronté. J’attendais un heureux événement pour la fin de l’année 2021. Cet heureux événement s’est transformé en drame : ma fille Athénaïs est née sans vie un terrible jour de décembre 2021.

Mon temps, mon monde se sont arrêtés depuis, et je déploie des efforts terribles pour ne pas sombrer.

Les loges dont je suis membre, mais aussi des Frères et des Soeurs de loges que j’ai fréquentées nous ont particulièrement soutenus, et continuent de nous soutenir.

Sans le soutien de mes Loges, mais aussi de tous nos proches, camarades, collègues, copains et amis, Loges, nous aurions probablement basculé du côté sombre de nos âmes, comme Arthur Heck, Jack Napier ou Johan « Monster » Liebert. Merci à vous tous pour votre soutien en ces heures très sombres.

L’initiation maçonnique est un processus qui nous permet d’envisager la fin de notre propre existence, puisque nous mourons à nous-même pour mieux être relevés. Mais en aucun cas, nous ne sommes préparés à vivre la mort d’un proche, très proche, et encore moins celle d’un enfant. Nous craignons la mort, au point de la nier et de nous cacher derrière des illusions. Il n’y a qu’à voir les publicités pour produits anti-âge ou l’investissement dans la recherche sur la Singularité en Californie. On fuit la mort, on surveille la vie, parfois au point de l’empêcher, mais au final, nous mourons tous un jour. Tout ce que nous faisons n’est qu’un leurre pour ne pas voir l’inévitable.

En attendant, puisque nous parlons de mort, je me demande si nous ne nous dirigeons pas vers un suicide collectif sous le commandement de très Mauvais Compagnons.

Jugez-en : un chef d’État dont l’ambition est, je cite, d’emmerder les opposants à sa politique, un écrivaillon appuyé par un milliardaire conservateur dont le message se résume à « haïssez-vous les uns les autres », des ministres dont la seule apparition provoquerait une augmentation mesurable du nombre de tentatives de suicide, la guerre qui se profile sur le territoire ukrainien sans compter ce qui se trame au large de la Chine, cette folie collective qu’est la campagne présidentielle qui se profile, où le choix se résumera entre droite dure, droite extrême ou extrême droite… Les changements d’alliance, les ralliements de tel ou telle personnalité au camp susceptible de gagner et donc les trahisons induites en disent long sur la nature de nos politiques : une classe d’opportunistes méprisables sans âme et sans honneur, simplement préoccupés par leur minable petite personne et leurs intérêts personnels.

Je ne parlerai même pas de l’autre camp, la gauche auto-proclamée, dont les dirigeants, possédés par leurs démons d’ignorance, de fanatisme et d’ambition se dirigent vers une catastrophe politique, où tout le monde sera perdant.

J’ai vu aussi des journalistes et des militants se faire menacer de mort pour avoir fait leur travail et défendu des valeurs républicaines. Des voyous prônant une idéologie ennemie profitent de l’anonymat du Web pour proférer des menaces à l’endroit de leurs opposants. Et on trouve ça presque normal…

Je ne parlerai même pas du comportement woke mais de droite, qui pousse des Etats à interdire la diffusion du roman graphique Maus, d’Art Spiegelmann au motif d’images choquantes. Moins choquantes que les décisions de ces censeurs autoproclamés, mais bon…

Je reste perplexe devant des messages publicitaires de propagande écologiste (ou green washing) diffusés sur des écrans lumineux en pleine nuit dans les rues, ou dans les lieux publics. Je suis aussi effaré devant les terrasses extérieures chauffées en plein hiver, surtout au prix de l’énergie et des matériaux… On a les priorités qu’on peut, mais je reste perplexe.

Le déploiement coûteux de la fameuse 5G pour que nos cafetières communiquent avec nos congélateurs me rend sceptique sur le bien-fondé du scientisme, surtout quand le véritable enjeu est de pouvoir accéder aux chaînes de vidéo à la demande plus rapidement ou d’améliorer ses performances à Angry Birds.

J’aurais aimé développer le comportement de ceux qui « emmerdent », qui, bien que se prenant pour des hommes d’État ne sont jamais que de minables voyous en col blanc, qui partagent un point commun avec la racaille minable des territoires perdus de la République : la lâcheté. Lâcheté appuyée par une absence de volonté de lutter contre les propagandistes de désinformation, prêcheurs de haine et autres charlatans faisant gagner du terrain à des idéologies complotistes aux relents haineux et incitant davantage aux passages à l’acte. Dois-je rappeler les récentes dégradations de temples maçonniques, tagués de slogans tirés des délires de Qanon ?

Quant au passe vaccinal, produit de la lâcheté et de l’inconséquence de nos dirigeants, il reste une grave entrave au droit à l’anonymat et au maintien du secret médical. Mais il a été voté par une large majorité de députés – présents, ce qui est assez rare pour être souligné !

Les catastrophes environnementales continuent, alors que d’autres se préparent.

Les dividendes versés aux actionnaires atteignent des records pharamineux, auxquels l’apport d’argent public n’est pas étranger, vous apprécierez l’euphémisme. Pas d’argent magique pour l’hôpital, hein ? En même temps, que peut-on attendre d’un exécutif devenu exécuteur de services publics ? Et rappelons que dans la psyché des sociopathes au pouvoir, les pauvres sont pauvres parce qu’ils ne savent pas gérer leur argent, qu’ils ne veulent pas travailler et qu’au fond, ils méritent bien leur sort.

D’ailleurs, des très riches patrons tentent de dicter leurs propres règles à des Etats ou des collectivités pour des buts bien dérisoires, comme faire passer un bateau sous un pont

Malgré des chiffres économiques étonnamment hauts, les inégalités se creusent encore plus, poussant la classe naissante du précariat à se tourner vers les seuls qui l’écoutent : les démagogues populistes.

Le contexte me rappelle une citation de La guerre de Troie n’aura pas lieu, de Giraudoux : « le privilège des grands, c’est de voir les catastrophes d’une terrasse ». Tous ces braves gens se croient à l’abri, protégés par leur tas d’or virtuel et leurs mercenaires dans leurs ghettos du gotha. Peut-être ont-ils oublié qu’ils vivent aussi sur cette planète que leurs décisions et leur soif inextinguible de profits rendent chaque jour plus sale et plus invivable. Qui leur rappellera « qu’on ne fait pas d’économies sur une planète morte » ?

En résumé, notre monde va mal, très mal, au point que l’association des savants atomistes a maintenu son heure sur l’Horloge de la Fin du Monde. Nous sommes restés à cent secondes avant l’apocalypse.

Toutefois, quand je vois la laideur du monde à venir, quand je vois ce que nous laissons s’installer, quand je vois l’incurie de nos dirigeants plus au service du capital que du peuple qui les a pourtant choisis, quand je vois partout la haine qui s’installe, quand je vois que les rares personnes incarnant des idées progressistes sont contraintes au silence par des média et des banques dans l’indifférence générale, quand j’entends nos dirigeants qui refusent d’admettre les errements de leurs séides et traiter leurs concitoyens comme moins que de l’excrément (montrant de facto leur incapacité à diriger), quand des Etats autorisent la construction de complexes hôteliers de luxe impliquant la destruction d’un récif corallien, quand je vois que nous nous dirigeons aveuglément vers une fin violente et que nous sommes impuissants à endiguer la catastrophe à venir, en fait, je suis presque rassuré que ma fille n’ait pas à contempler ce spectacle désastreux.

Ma petite Athénaïs me manque terriblement. J’ai un vide terrible et effrayant au fond de moi. Mais pour sa mémoire, pour mes autres enfants à venir, pour l’avenir, je continuerai à me battre. Car c’est là le devoir de l’Initié : accomplir son devoir parce qu’il est le Devoir.

Je vous embrasse.

Conférence GODF à Lyon – Samedi 5 mars 2022 (Cycle Les Dignités Humaines) « Peuples migrants »

Samedi 5 mars 2022 à 18h30, dans les salons de l’Hôtel de Ville, Place de la Comédie à Lyon (1er) se déroulera une conférence publique ayant pour thème (dans le cadre du cycle les Dignités Humaines) : les Migrants.

Cette conférence se tiendra sous la présidence d’honneur, de Grégory DOUCET, Maire de Lyon.

En présence de Sylvie TOMIC, adjointe au Maire de Lyon déléguée à l’accueil, l’hospitalité et au tourisme responsable

Le propos d’ouverture de la conférence sera tenu par Audrey DESPLANQUES, Conseillère de l’Ordre du Grand Orient de France, Grand Officier en charge de l’Europe.

Intervenante : Catherine WIHTOL de WENDEN, Politologue, Directrice de recherche émérite au CNRS

Echanges avec le public

Conclusion de Georges SERIGNAC, Grand Maître du Grand Orient de France

l’inscription est obligatoire : Conférences du GODF – Réservations

https://reservation.godf.org

GLDF : L’ancien Grand Maître Alain GRAESEL sur France Culture

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Rendez-vous dimanche 20 février à 9 h 42, sur France Culture pour une nouvelle émission de « Divers Aspects de la pensée contemporaine ».

Perry WILEY, Grand Maître Honoris Causa de la GLDF, recevra Alain GRAESEL, Grand Maître de la Grande Loge de France de 2006 à 2009.

Thématique : « La Spiritualité en Grande Loge de France »

Retrouvez toutes nos émissions en podcast sur www.gldf.org et/ou sur  www.franceculture.fr

GLDF : Cérémonie de Réception des Sœurs et Frères des Obédiences Amies.

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Le Jeudi 17 mars 2022 à 20h00 en l’Hôtel de la GLDF.

PAROLES INACTUELLES SUR L’ANTISEMITISME ET LE RACISME

La Respectable Loge N°1589 l’Audace Initiatique de la Grande Loge de France organise le jeudi 17 mars 2022 à 20h00 dans le Temple Pierre Brossolette une Cérémonie de réception des Sœurs et Frères des Obédiences amies, sur le Thème très actuel de :

PAROLES INACTUELLES SUR L’ANTISEMITISME ET LE RACISME.

En présence du Grand Maitre de la GLDF, Pierre-Marie ADAM, de l’Inspecteur de la Loge, d’une délégation du Conseil Fédéral de la GLDF et de Dignitaires des Obédiences amies.

Accès : Conformément aux consignes gouvernementales, l’accès à cet événement nécessite la présentation d’un passe vaccinal et le port du masque est obligatoire.

GODF : Conférence publique – «Féminisme et laïcité» – mardi 8 mars 2022 à 19h00

rue Cadet – Paris et sur la chaine Youtube du GODF

Georges SERIGNAC
Grand Maître du Grand Orient de France
et les membres du Conseil de l’Ordre
vous invitent à la
Conférence publique

Féminisme et laïcité


Mardi 8 mars 2022 à 19 h
Grand Orient de France (Temple Arthur GROUSSIER)
16, rue Cadet – 75009 PARIS

Pour des raisons de sécurité et d’accueil,
l’inscription pour assister à la conférence
est obligatoire sur

https://reservation.godf.org

www.youtube.com/GrandOrientdeFranceOfficiel

Mais où est donc caché le trésor des Templiers ?

De notre confrère pointdevue.fr – Par Pierre Castel

Les Templiers et leurs prétendus mystères ont aiguisé la curiosité de nombreuses générations. Oubliant les vœux des « Pauvres Chevaliers du Christ », des cohortes de chercheurs de l’impossible se sont lancé sur la piste de leur improbable trésor sans jamais le découvrir. 

Du palais du roi Salomon aux souterrains de Gisors, les histoires les plus folles gravitent autour du trésor des Templiers. Ce légendaire magot fascine depuis la mort de Jacques de Molay. Plusieurs pistes mèneraient à cette fortune colossale.

Les Templiers formaient un ordre militaro-religieux ayant pour mission de protéger les Lieux saints et les chrétiens désireux de se rendre à Jérusalem. Dépendants du pape Clément V et non du roi de France, ils sont quelque dix mille moines chevaliers pour servir cette cause.

Au fil du temps, l’institution deviendra l’une des plus riches d’Europe, et la première puissance militaire et financière d’Occident. En effet, l’ordre fonctionne comme une gigantesque banque. Les Templiers pratiquent l’usure –bien que l’Ancien Testament l’interdise. Ils inventent la lettre de change et prêtent de l’argent aux croisés, marchands, pèlerins, congrégations monastiques ou encore au clergé. Les chevaliers possèdent vingt mille commanderies dans le seul royaume de France.

Ainsi, l’ordre est opulent, mais les Templiers pauvres car ils ne dépensent presque rien des sommes qu’ils amassent. Philippe IV le Bel convoite cette fortune. Au terme d’un procès inique, il finira par s’emparer de ces commanderies et de leurs vastes domaines agricoles. Mais on prétend qu’une partie au moins de l’incommensurable trésor monétaire des Templiers reste introuvable. Où donc est-il caché?

L’incommensurable trésor des Templiers est-il caché au château de Gisors? 

Labyrinthe
Labyrinthe

Suivons d’abord la piste du Vatican. Les archives secrètes de l’Église catholique recèlent un document dans lequel le templier Jean de Châlons relate que frère Gérard de Villiers, précepteur de France, aurait été averti de l’imminence de l’arrestation massive. Il se serait alors enfui avec cinquante chevaux et aurait pris la mer sur dix-huit galères.

Le visiteur de France, Hugues de Pairaud, aurait également fait disparaître une somme importante. Les Templiers étant gardiens
d’insignes reliques, on peut penser que des objets religieux ont été emportés puis cachés au moment de leur arrestation. Cette piste reste ouverte, mais le pactole se trouve possiblement au fond de l’eau…

Au début des années 1960, Gérard de Sède, baron de Lieoux, issu de la petite noblesse du Comminges, journaliste et auteur reconverti dans l’agriculture, engage un dénommé Roger Lhomoy comme jardinier. Ce dernier a été guide touristique au château de Gisors, en Normandie. Il prétend avoir découvert une salle secrète de 30 mètres sur 9, et d’une hauteur de 5 mètres, dissimulée dans le donjon.

De Sède, intéressé, s’y rend avec Lhomoy. Les deux hommes affirmeront ensuite –notamment au cours d’une émission de télévision– avoir vu dix-neuf sarcophages de pierre. L’information arrive aux oreilles d’André Malraux, alors ministre de la Culture, qui ordonne des fouilles dans le château. Malgré trois mois d’effort, les soldats du 5e régiment du génie de Rouen ne trouvent rien. Pas plus que les archéologues qui les avaient précédés.

Il n’y a aujourd’hui aucun rapport disponible, mais la mairie de Gisors est formelle: la motte féodale a été retournée à plusieurs reprises, et elle n’a jamais rien révélé. Pourtant, si trésor il devait y avoir, le lieu n’était pas mal choisi!

Au début du XIVe siècle, la forteresse est transformée en prison. Nombre de templiers y séjourneront, dont le propre grand maître, Jacques de Molay, Hugues de Pairaud et plusieurs précepteurs de l’ordre.

Cependant, le château de Gisors étant à l’époque la propriété du roi Philippe le Bel, on peut penser improbable que les Templiers y aient caché quoi que ce soit. Gérard de Sède en tirera toutefois un livre promis à un beau succès: Les Templiers sont parmi nous ou l’énigme de Gisors.

L’abbé Saunière a longtemps semé le doute sur l’origine de sa fortune

Dirigeons-nous vers le Languedoc, dans un petit village qui ne compte aujourd’hui qu’une soixantaine d’habitants, mais qui est pourtant très célèbre: Rennes-le-Château. En 1885, un prêtre du nom de Bérenger Saunière devient curé de la paroisse. L’église du village, qui remonte au VIIIe siècle, est délabrée.

À l’occasion de travaux de rénovation, l’abbé Saunière aurait découvert des parchemins, ainsi qu’un tombeau. Peu après, il se met à creuser dans le cimetière voisin et à fouiller l’église, nuit et jour. Dès lors, lui qui vivait plutôt dans la pauvreté commence à dépenser sans compter. Il restaure le sanctuaire selon ses goûts –un style baroque saint-sulpicien– et choque certains ecclésiastiques par ses extravagances. Il achète ensuite plusieurs terrains.

D’où lui vient sa fortune si rapidement acquise? Un fabuleux trésor expliquerait tout. L’évêque de Carcassonne s’intéresse à son cas et le soupçonne de trafic de messes.

L’historien Jean-Jacques Bedu a étudié les livres de comptes du prêtre. Il en ressort effectivement l’existence de ce coupable négoce, teinté de simonie. L’abbé Saunière aurait ainsi perçu des rémunérations pour cent mille messes en vingt-trois ans, soit vingt fois le nombre d’offices qu’il aurait pu célébrer! Finalement, Rennes-le-Château aboutit à une impasse…

Il serait judicieux de se rendre dans le Larzac pour mettre la main sur le trésor

Casque de Templier
Casque de Templier

Ne désespérons pas et rendons-nous maintenant en Champagne, à Payns. C’est dans ce village de l’Aube qu’un certain Bernard
Delacourt a eu la chance formidable de déterrer, en 1998, un lot de 708 pièces d’argent datant de la fin du XIe siècle. L’heureux « inventeur » en est certain: c’est le trésor de la commanderie templière.

Hugues de Payns, fondateur de l’ordre, en a été le premier maître, au début du XIIe siècle. Il était propriétaire du domaine de Payns. Sans correspondre à proprement parler au fantasmagorique trésor des Templiers, ces centaines de pièces rarissimes découvertes si longtemps après leur enfouissement laissent quelque espoir aux passionnés.

Mais pourquoi ne chercherait-on pas le trésor de Salomon? En effet, les Templiers avaient effectué des fouilles –eux aussi!– sous leur établissement à Jérusalem, à la recherche de fragments de textes bibliques. Certains auteurs murmurent qu’ils auraient découvert le fameux trésor du roi d’Israël. Bien sûr, l’histoire n’a jamais été avérée. Le trésor dort donc toujours.

Si l’on devait poursuivre les recherches aujourd’hui, il serait probablement judicieux de se rendre dans le Larzac. Sur ce haut plateau du Massif central, les Templiers se livraient à l’élevage des ovins sur une grande échelle. Leur commanderie de Sainte-Eulalie et ses annexes étaient extrêmement florissantes. Pourtant, au Larzac comme ailleurs, les explorateurs en herbe sont toujours revenus les mains vides!

La fortune des Templiers pourrait-elle se confondre avec le Saint-Graal? 

La fortune des Templiers doit cependant se trouver quelque part, si l’on admet que Philippe IV n’a pas tout raflé! Outre les revenus de leurs domaines et commanderies, ils bénéficiaient de nombreuses donations et legs testamentaires. Avant de partir pour l’Orient, les croisés effectuaient également des dépôts auprès des chevaliers. D’aucuns arguent que leur trésor était surtout agraire. Ainsi, il ne serait pas question d’or ou d’argent, mais simplement de récoltes agricoles.

Les plus optimistes espèrent que le magot est encore à découvrir. Il pourrait s’agir du trésor des Wisigoths, ou encore de celui de saint Louis, grand-père de Philippe le Bel… pour peu qu’ils aient vraiment existé! Les amateurs de spiritualité pensent qu’il pourrait se confondre avec le Saint-Graal.

C’est le poète Chrétien de Troyes, initiateur de l’épopée arthurienne, qui le premier, évoque l’objet mythique, vers 1180, dans son roman Perceval. Il ne s’agit alors que d’un simple plat qui contiendrait une hostie conférant l’immortalité. Plus tard, le Graal prend la forme d’une pierre précieuse, puis celle, définitive, d’un calice divin ayant contenu le sang du Christ recueilli au pied de la croix.

Le XIIIe siècle, c’est aussi l’âge d’or des Templiers. On imagine qu’ils se soient emparés du vase sacré. Chargés de défendre le Saint-Sépulcre, n’aurait-il pas été de leur devoir de le protéger, envers et contre tout? Ou peut-être que, comme disait Cocteau, « un dragon veille sur nos trésors »? 

Retrouvez aussi les premiers épisodes de notre saga sur les Templiers: 

La naissance de l’ordre des Templiers 

La malédiction de Jacques de Molay

11/03/2022 : « Pourquoi être Franc-maçon au 21e siècle ? » par le GM de la GLDF

« À ceux d’entre vous qui voulaient en savoir davantage sur la Franc-maçonnerie et qui regrettaient nos conférences publiques, soyez prêts, la Grande Loge de France organise au mois de février et en mars des événements partout en France. À vos agendas… »

Telle est l’en-tête de la Newsletter GLDF n°105 – Février 2022, source de ce post.

Quand : Vendredi 11 mars 2022 à 18 heures

Avec : Pierre-Marie ADAM, Grand Maître de la Grande Loge de France

Palais des congrés – Rochefort

: Salle de l’Auditorium du Palais des Congrès – 73, rue Toufaire* – 17300 ROCHEFORT

Le CV du GM…

Rappelons que Pierre-Marie Adam, qui succède à Philippe Charuel en qualité de Grand Maître, est âgé de 75 ans et a été initié à la Grande Loge de France en 1983 à l’Orient de Maubeuge au sein de la Loge « Les Droits de l’Homme ».

Dans la vie civile, Pierre-Marie Adam a occupé les postes de fonctionnaire de Police aux Renseignements Généraux puis de chargé de mission Sécurité/Prévention dans le Nord et de directeur de cabinet en Lorraine. Aujourd’hui à la retraite, il continue de remplir des missions ponctuelles pour les organismes de formation (CNFPT), l’administration pénitentiaire ou l’Éducation nationale (D.D.E.N). Pierre-Marie Adam mettra entre parenthèse le temps de son mandat ses divers engagements pour se consacrer totalement à la Grande Loge de France et aux nombreux projets qu’il souhaite mettre en œuvre.

Il entend perpétuer les valeurs de Tradition, de Spiritualité et d’Humanisme qui sont les fondements de la Grande Loge de France et il souhaite que les Frères puissent se concentrer pleinement au travail initiatique en Loge. Enfin, tel qu’il l’a annoncé dans son programme, il les appelle à se mobiliser face aux enjeux contemporains qu’il résume par la devise : « Aller vers l’Idéal et comprendre le réel ».

Infos pratiques :

Conformément aux consignes gouvernementales, l’accès à cet événement nécessite la présentation d’un passe vaccinal et le port du masque est obligatoire.

Source : Grande Loge de France

Pierre Toufaire

*Pierre Toufaire (1739-1794) est un ingénieur de la Marine et architecte français. Au début de la Révolution française, il travaille à l’hôpital du Port-des-Barques et à la construction de cales pour les vaisseaux et dessine une immense porte pour l’entrée de la ville de Rochefort mais il meurt à Toulon le 3 septembre 1794. Le Temple maçonnique de Rochefort le cite comme Franc-Maçon https://bit.ly/3gF4QQS

Temple maçonnique de Rochefort – YB des Terres du Temple

La Loge « Accord Parfait » qui occupe ces locaux a été fondée en 1774. Elle est aujourd’hui la plus ancienne Loge de la Grande loge de France en activité. Ce temple maçonnique est classé monument historique.

Temple maçonnique de Rochefort – YB des Terres du Temple

ESPAGNE : Cinq sociétés secrètes que vous ne connaissiez pas

De notre confrère espagnol larazon.es – Par GEORGE SMITH

Les « Illuminati », les « Templiers » ou la « Franc-maçonnerie » ne sont que quelques-unes des nombreuses organisations clandestines qui ont existé à travers l’histoire

Une société secrète est une organisation qui oblige ses membres à cacher certaines activités , telles que les rites d’initiation des candidats ou les objectifs de ceux-ci. Les « Illuminati », les « Templiers » ou la « Franc-maçonnerie » ne sont que quelques-unes des nombreuses organisations clandestines qui ont existé tout au long de l’histoire, bien que la popularité de ces clubs secrets ait atteint son apogée aux XVIIIe et XIXe siècles . À l’époque, bon nombre de ces sociétés servaient dedes espaces sûrs pour un dialogue ouvert , loin du regard restrictif des institutions religieuses et de l ‘ État . Voici quelques-uns des plus importants :

« L’Ordre Bienveillant et Protecteur Amélioré du Cerf »

Le maire John F. Collins lors d'une célébration de "l'Ordonnance de protection bienveillante renforcée pour l'orignal du monde"
Le maire John F. Collins lors d’une célébration de l' »Ordonnance de protection renforcée pour les orignaux du monde » PHOTO : LA RAZÓN (CRÉDIT PERSONNALISÉ)

En 1907 , le Seattle Republican Daily rapporta sur l’Ordre des Élans, écrivant que « les membres et les officiers affirment qu’il s’agit de l’une des sociétés secrètes les plus prospères parmi les Afro- Américains de cette ville ». Selon les archives, l’ ordre fraternel a été fondé à Cincinnati , dans l’ Ohio , en 1899 après que deux hommes noirs se soient vu refuser l’ admission à l ‘ » Ordre bienveillant et protecteur du cerf « , qui est toujours populaire aujourd’hui. Les deux hommes décident de prendre le nom de l’ordre et de créer leur propre club. Formellement appelé « The Improved Benevolent and Protective Order of Deer », l’ordre a été pendant un certain temps considéré comme le centre de la communauté afro-américaine . À l’ époque de la ségrégation , son siège était « l’un des rares endroits où les hommes et les femmes afro-américains pouvaient socialiser », écrit le  » Pittsburgh Post-Gazette « . Cependant, ces dernières années, la « Post-Gazette » a commenté que l’organisation avait du mal à rester pertinente . Pourtant, la société continue de parrainer des programmes de bourses d’études , des camps d’ alphabétisation pour les jeunes , des défilés et des activités caritatives. service communautaire dans le monde entier.

« Grande Loge d’Orange »

Défilé de "La Grande Loge d'Orange" à Castlederg
Défilé de « La Grande Loge d’Orange » à Castlederg PHOTO : LA RAZÓN (CRÉDIT PERSONNALISÉ)

La « Grande Loge d’Orange », plus communément appelée « l’Ordre d’Orange », tire son nom du prince Guillaume III , prince d’Orange , et a été fondée après une bataille à l’extérieur d’une petite ville de l’actuelle Irlande du Nord nommée Loughgall . Son but était de « protéger les protestants » et c’est pourquoi, en 1849 , le Lord Lieutenant d’Irlande , George William Frederick Villiers , s’attira les foudres du « Waterford News » de Dublin .pour soutenir la société. Le journal écrivait : « Lord Clarendon est en communication avec une société illégale à Dublin depuis plus de dix jours. La Grande Loge d’Orange, avec ses signes secrets et ses mots de passe, a conspiré avec Votre Excellence tout au long de cette période. Cela peut sembler étrange, mais c’est un fait… » À l’époque, les sociétés secrètes étaient interdites en Irlande parce qu’elles auraient agi contre la « Earth League », une organisation politique irlandaise de la fin du XIXe siècle qui cherchait à aider les locataires pauvres , les registres irlandais officiels expliquent.

La « Grande Loge d’Orange » a encore plusieurs branches en Irlande, ainsi que dans d’autres parties du monde. Quant à la question de savoir s’ils sont des « anti-catholiques romains », leur site officiel précise qu’« ils sont une force positive plutôt que négative, ne nourrissant ni ressentiment ni intolérance. La condamnation de l’idéologie religieuse est dirigée contre la doctrine de l’Église et non contre les membres individuels.

« L’Ordre indépendant des Odd Fellows »

Logo de "L'Ordre Indépendant des Odd Fellows"
Logo de « L’Ordre Indépendant des Odd Fellows » PHOTO : LA RAZÓN (CRÉDIT PERSONNALISÉ)

Il faut peut-être être membre de la société connue sous le nom de  » l’Ordre indépendant des Odd Fellows  » pour savoir avec certitude quand ce club a commencé, mais la première trace écrite de l’ordre date de 1812 et fait référence au roi britannique George IV . Avant même d’être nommé prince régent du Royaume-Uni , George IV avait été membre de la franc- maçonnerie , mais selon l’histoire, lorsqu’il voulut qu’un de ses proches soit admis dans la société sans avoir à endurer la longue initiation , la demande fut refusé .. A cette époque, George IV quitta l’ordre et déclara qu’il établirait un club rival, selon une histoire de « l’Ordre indépendant des Odd Fellows » publiée par le  » Philadelphia Evening Telegraph  » en 1867 . Cependant, le site officiel de l’ordre date les origines de cette société bien plus tôt, plus précisément en 1066 . Quelle que soit son origine, le roi exauça son souhait. « L’Ordre Indépendant des Odd Fellows » existe encore aujourd’hui et dans les temps anciens comptait parmi ses rangs d’illustres personnages historiques tels que les premiers ministres britanniques Winston Churchill et Stanley Baldwin . « The Odd Fellows », comme ils s’appellent eux-mêmes, sont basés sur les idéaux desl’ amitié , l’amour et la vérité . Détail curieux, selon un article publié par le « Washington Post » en 2001 , de véritables squelettes existent dans les loges de l’ordre et sont utilisés lors des initiations pour rappeler aux membres leur mortalité .

« Les chevaliers de Pythias »

Plaque d'un des quartiers généraux des "Chevaliers de la Pythie"
Plaque de l’un des quartiers généraux des « Chevaliers de la Pythie » PHOTO : LA RAZÓN (CRÉDIT PERSONNALISÉ)

Les Chevaliers de Pythias ont été fondés par Justus H. Rathbone , un employé du gouvernement à Washington DC , en 1864 . Puisque le pays était au milieu de la guerre civile, il sentait qu’il y avait un besoin moral pour une organisation qui pratiquait «l’amour fraternel». Le nom fait référence à la légende grecque de « Damon et Pythias », l’idéal pythagoricien de l’amitié. Tous ses membres fondateurs ont travaillé pour le gouvernement dans une certaine mesure, et c’était le premier ordre fraternel autorisé par une loi du Congrès , écrit le site officiel de l’ordre. Les couleurs des « Chevaliers de la Pythie » sont le bleu, le jaune et le rouge. Le bleu signifie l’ amitié _ _Charité jaune et bienveillance rouge , a écrit le North Carolina Evening Chronicle en 1914 , dans une édition spéciale célébrant le 50e anniversaire du club . « Les Chevaliers de Pythias » sont toujours actifs et étaient associés des  » Boy Scouts of America « , la deuxième organisation à recevoir l’autorisation du Congrès des États-Unis.

« L’ancien ordre des forestiers »

Écharpe de "l'ancien ordre des forestiers"
Écharpe de « L’ancien ordre des forestiers » PHOTO : LA RAZÓN (CRÉDIT PERSONNALISÉ)

Connu aujourd’hui sous le nom de « Foresters Friendly Society « , l' »Ancient Order of Foresters » a été initialement créé en 1834 , explique le site Web de la société, bien que sous un nom légèrement différent. « The Old Order », comme on l’appelait, a été créé avant qu’il n’y ait une assurance maladie en Angleterre , de sorte que le club offrait des prestations de santé à ses membres, dont la plupart appartenaient à la classe ouvrière. En 1874 , les branches américaines et canadiennes quittent le « Old Order » et fondent « l’Independent Order of Foresters ». LesLes candidats à l’admission au club devaient « passer un examen par un médecin compétent, qui est tenu de l’effectuer par son lien avec l’ordre », écrivait le  » Boston Weekly Globe  » en 1879 . La société offre toujours des polices d’assurance à ses membres, qui participent également à diverses activités de service communautaire.

UK : Le cousin de la reine à la tête d’une organisation mystérieuse – et il n’est pas le seul membre de la famille royale à en faire partie

De notre confrère britannique mirror.co.uk – Par Paige Hollande Rédacteur d’audience Showbiz & Ertan Karpazli

Le franc-maçon le plus puissant d’Angleterre et du Pays de Galles est le cousin germain de la reine, le prince Edward, duc de Kent – et il est le responsable le plus ancien, sa nomination date de 55 ans.

Les francs-maçons se décrivent comme une « organisation sociale et caritative laïque » qui aide les membres à « nouer de nouvelles amitiés, à se développer et à contribuer aux causes caritatives ».

Cependant, l’organisation fait souvent l’objet des fameuses théories du complot développées par des personnes qui prétendent que les francs-maçons dirigent secrètement le pays ou changent le monde à leur profit.

Certains pensent que le groupe cache une partie de ses rituels, coutumes ou activités au public, mais il faut constater le franc-maçon le plus puissant d’Angleterre et du Pays de Galles est peu secret.

Selon My London , le premier dirigeant de la grande loge, que les membres appellent le «grand maître», n’est autre que le cousin germain de la reine, le prince Edward , le duc de Kent.

Nommé en juin 1967, Edward est au service de la loge depuis près de 55 ans, faisant de lui le responsable le plus ancien.

Edward, 86 ans, est le fils de l’oncle paternel de la reine, le prince George. En d’autres termes, le père d’Edward était le frère du roi George VI.

Il est devenu duc de Kent alors qu’il n’avait que six ans après la mort de son père dans un accident d’avion en 1942.

Il exerce ses fonctions royales depuis l’âge de 16 ans – d’abord en marchant derrière le cercueil de son oncle le roi George VI en 1952, puis en rendant hommage à la reine lors de son couronnement en 1953.

Il a également été impliqué dans plus de 140 organisations caritatives, y compris les francs-maçons, où une grande partie de son travail caritatif tourne autour du souvenir de guerre, de la technologie et de la croissance de l’industrie britannique.

Bien qu’Edward soit le chef de la United Grand Lodge of England, il n’est pas le chef de tous les francs-maçons du monde.

Il y a environ 5 millions de francs-maçons dans le monde, dont 200 000 vivent en Angleterre et au Pays de Galles.

Le frère du duc, le prince Michael de Kent , est également franc-maçon et est grand maître de la grande loge de Mark Master Masons et grand maître provincial de la grande loge provinciale de Middlesex.

Le prince Philip, duc d’Édimbourg était également un franc-maçon ayant été initié à la franc-maçonnerie en 1952 à l’âge de 31 ans par son beau-père le roi George VI. Au cours de ses 99 ans, il a été associé à quelque 992 organismes de bienfaisance, soit comme président, président d’honneur ou comme membre honoraire. Le Prince a soutenu des organisations caritatives dans les domaines de la recherche et du développement scientifique et technologique, de l’encouragement du sport, du bien-être des jeunes, de la conservation et de l’environnement.

Des Druides et celtisants contemporains parlent : « la wicca celtibera », religion wiccanne celtibère

De notre confrère agoravox.fr – par Jérémy Cigognier (son site)

La wicca a été fondée comme un occultisme en Grande Bretagne, au début du siècle dernier, et passe pour une fantaisie néo-traditionnelle, excentrique comme les Grands Bretons ont la réputation de pouvoir être excentriques… un occultisme convoquant les figures d’une Grande Déesse trine (jouvencelle, mère et sage) et d’un Dieu Cornu (Cernunnos) d’inspirations celtes. Le tout dans un éclectisme sans nom, amalgamant pêle-mêle toutes les divinités du monde pour des avatars de la Déesse et du Dieu, diffusés en autant de variantes qu’il y aurait de wiccans, d’abord adeptes de la série Charmed et des films Harry Potter. La wicca est mondialisée, au moins dans les pays occidentaux.

Une réputation certainement rude pour les wiccans les plus assidus, mais surtout une réputation impossible à vérifier avec la wicca celtibera, religion wiccanne celtibère, du moins celle de l’Ordre Sacré de Beltane. Lisez plutôt à quel point ils sont reconstructionnistes, et sans vouloir être « cultiste » – discriminant par les cultes – on souhaiterait ainsi tous les wiccans. Comme quoi, on ne se méfiera jamais assez des étiquettes, surtout devant l’Ordre Sacré de Beltane.

Une interview dont les réponses sont forcément plus harmonieuses à lire que précédemment avec les druides (12), puisque tous les participants viennent du même ordre.

0. Bonjour ! Quel est votre surnom wiccan ?

Bile : Mon surnom wiccan est Bile.

Carlos : Salut. Je suis nouveau dans la guilde, donc je n’ai pas encore de « surnom ». Le nom me sera attribué par mon guide, tout au long de ma première année d’apprentissage.

Fernando : Généralement, le nom sous lequel je suis connu dans mon Culte est celui de la fonction sacerdotale que j’occupe : Kombalkores (Kombalkores Bintoi) c’est-à-dire haut magistrat du conseil des sages ou juges, en celtibère reconstitué.

Marga : Marga Wicca Celtibera.

Pilar : Je n’ai pas de surnom.

Retukerdos : Salut ! Dans notre cas, plus qu’un surnom, c’est un nom. Nom religieux, mais nom. Dans mon cas, ce nom religieux, Retuderkos (Celui qui suit la loi, la tradition) m’a été offert comme nom par le Grand Prêtre de notre culte, le Kombalkores Bintoi Fernando González, et par mon guide.


1. Pouvez-vous vous présenter globalement ? Qui êtes-vous au quotidien ?

Bile : Je me présente : dans la vie de tous les jours, je travaille dans une entreprise que j’ai créée avec deux autres personnes également en ville, faisant des travaux pour les particuliers. Je m’implique dans des recherches à caractère archéologique, ethnographique, mythologique. Et je ne peux pas concevoir la vie sans vivre des aventures et des expériences.
Je suis devenu wiccanne, parce que j’ai réalisé que la culture celtique est celle avec laquelle je me sens le plus en commun. Mais aussi, parce que sa mythologie me semble très belle.

Carlos : Je m’appelle Carlos, j’ai 28 ans, j’ai un diplôme en environnement et j’étudie actuellement en master à l’université.

Fernando : Je suis un religieux ordinaire, qui se consacre à son Culte depuis plus de 40 ans, et actuellement je ne me consacre qu’à mes tâches religieuses. Je vis à Madrid en Espagne, et je suis d’origine galicienne, ce dont je suis honoré de me souvenir chaque fois que je le peux.

Marga : Je m’appelle Margarita Hernández García. Je vis dans une ville de Castilla y la Mancha, appelée Tomelloso. Je travaille comme assistante gériatrique.

Pilar : Je m’appelle Pilar, j’habite à Pinto (Madrid) et au quotidien je me consacre à mon travail de domestique.

Retukerdos : Eh bien, dans ma vie de tous les jours ? Ce n’est pas exactement que nous avons une double vie, comme Spiderman ou Batman 
Mon travail, puisque nous ne percevons aucun revenu économique du culte religieux, et que nous devons manger et payer des factures, est celui d’un agent de sécurité, me consacrant à répondre aux alarmes. Avant cela, j’étais dans l’armée espagnole dans l’unité d’opérations spéciales n°13-GOE-OOMM-I (UOE 13-GOE I). Je suis marié, père de deux enfants (fille et garçon), trois fidèles amis à fourrure…
Un homme normal, avec une profession normale et des croyances religieuses qui devraient être considérées comme normales.


2. Comment et pourquoi êtes-vous devenu(e) wiccan(ne) ?

Bile : Je suis devenu wiccanne, d’une manière qui semble vraiment magique : j’étais de mauvaise humeur, j’avais rompu avec la religion de mon enfance, et je cherchais ma place spirituellement.
Un jour, je naviguais sur Facebook, quand j’ai vu le profil d’une femme wiccanne qui a attiré mon attention, mais je l’ai laissé passer. Quelques jours plus tard, ce profil m’envoie une demande d’ami, et je l’accepte.
Elle me dit qu’elle a été attirée vers mon profil, car elle a senti qu’elle me connaissait d’une autre vie. Notre amitié est devenue plus forte et plus spéciale et, avec le temps, elle est devenue ma guide, parce que le conseil des maîtres en a décidé ainsi.
J’ai reçu mon baptême en tant que wiccanne (Óspitum) grâce à ma guide dans une forêt idyllique. Je ne suis jamais devenue officiellement wiccanne, mais j’y suis restée fidèle.

Carlos : Il y a des années, je me suis intéressé aux religions polythéistes européennes. Au début, je m’intéressais au polythéisme nordique. J’ai rejoint la wicca celtibère parce que je sentais que j’avais besoin de revenir à mes racines et de revenir à l’ancienne religion de la terre à laquelle j’appartiens.

Fernando : En 1980, je suis entré dans un cercle (« coven ») de sorcellerie traditionnelle reconstructrice et de tradition religieuse celtique, celtibère, à Madrid, que j’ai rencontré dans l’une des rares librairies ésotériques qui existaient alors, c’est ainsi qu’ils se connaissaient et se contactaient, à cette époque, entre groupes, covens et confréries païennes et occultes.
Quand j’ai commencé à entendre parler de la wicca, et bien que beaucoup de gens qui la soutenaient ici n’aient pas bonne réputation, j’ai étudié l’origine du mot et j’ai compris que, quel que soit l’usage inapproprié qu’on pouvait en faire, il représentait vraiment tout ce qui l’Ancienne Religion contient, j’ai donc décidé de l’utiliser pour nommer ma Tradition, qui commence avec la fondation de mon clan, coven de l’Ordre Sacré de Beltane, en 1983. Ce fut la naissance de la wicca celtibère.
Plus tard, il nous a fallu des décennies pour nous légaliser, car l’une de nos prémisses était d’avoir la capacité minimale nécessaire pour subvenir à nos besoins, et finalement, nous avons été légalement reconnus comme religion par l’État espagnol en 2011, et par l’État portugais en 2012.

Marga : Ma famille m’a inculqué la religion chrétienne depuis que je suis toute petite, mais dès mon plus jeune âge, j’ai réalisé que ce n’était pas la religion à laquelle je m’identifiais et j’ai commencé à chercher des informations sur d’autres religions, jusqu’à ce que j’arrive à la wicca celtibère. et depuis plus de 10 ans que je suis au sein de la Wicca celtibère, je sais que c’est ma voie.

Pilar : Eh bien, ma première religion était catholique, dans laquelle mes parents m’ont éduqué, mais au fil du temps, je lisais et découvrais une vérité que je pouvais voir et qui était plus proche de ma façon de voir et de ressentir.

Retukerdos : Dans mon cas, venant d’une famille chrétienne (baptisé, communié et confirmé), étudiant dans un centre éducatif appartenant aux salésiens, depuis que j’étais petit, j’ai senti que ce à quoi j’étais éduqué ne me satisfaisait pas, ne donnait pas sens à ce que je percevais et ressentais. Cela m’a amené à lire sur d’autres cultes religieux (bouddhisme, islam, cultes nordiques) et sur la wicca, trouvant dans cette dernière, le culte lié à ce que je ressentais comme vrai.


3. Qu’est-ce que la wicca ? Quels sont ses liens avec la tradition celtique, voire nordique, et la tradition des sorcières ?

Bile : La wicca celtibère est particulière, en ce qu’elle se concentre sur la tradition celtique de la péninsule ibérique, qui est en fait une extension de la tradition celtique du reste de l’Europe occidentale, puisque les Celtes étaient une civilisation très connectée.
[Comme leur nom l’indique, les Celtibères sont les Celtes de la péninsule ibérique. C’est-à-dire de la péninsule sur laquelle vivaient les Ibères : de l’actuel Languedoc français à l’actuelle Andalousie, tout le long de la Méditerranée et en remontant l’Ebre jusqu’à l’actuelle Gascogne sous la Garonne, dont pays basque. Gascogne qui en a hérité des particularités (le basque descend de l’ibère, influençant le gascon).
C’est la Gaule aquitaine, qui porta ainsi le flambeau d’une Celtibérie libre. Celtibérie gauloise, jusqu’à la conquête romaine de l’Hexagone, quelques décennies après la conquête romaine de la Péninsule – ndt.]


Carlos : Wicca est un terme qui a ses racines dans l’origine de la culture européenne ancienne. Sa racine renvoie à la fois au « sacrifice » et à « celui qui accomplit le sacrifice », c’est-à-dire « l’officiant religieux ». Par conséquent, wicca serait un terme applicable à toutes les religions indigènes de la sphère indo-européenne [l’immense majorité des wiccans, et le terme de « wicca » justement, réfère en fait à la racine indo-européenne pour tout ce qui concerne le savoir – ndt].
La wicca actuelle est constituée d’une série de phases historiques : les religions de l’âge de pierre, celles de l’âge de fer (parmi lesquelles les Celtes), la romanisation, le passage au secret dû à l’imposition du christianisme (dans ce contexte s’est développée la sorcellerie médiévale et moderne, héritière des vestiges des cultes antérieurs) et enfin la résurgence du dernier demi-siècle due à l’accroissement des libertés religieuses. Toutes ces « couches » historiques font partie de ce que nous appelons la wicca [au sein de la wicca celtibère en Espagne, indifférente à la réinitialisation néopaïenne britannique de Gerald Gardner – ndt].
Ainsi wicca signifierait « culte indigène européen » [pour la wicca celtibère, comme on l’a vu à l’instant – ndt], et celtibera que notre branche en particulier est culturellement celtique et typique de la péninsule ibérique.

Fernando : Wicca (*ueik) est le nom – au moins l’un d’entre eux – par lequel la pratique religieuse est déjà connue chez les peuples proto-indo-européens. C’est un terme polysémique, lié à la pratique sacerdotale, aux sacrifices, aux Dieux, qui a des références parmi les langues indo-européennes, et qui par extension, désigne les spécialistes/intermédiaires du/avec le sacré (wiccans) : les prêtres. [C’est une généralisation terminologique – ndt.]
Cette vieille religion européenne, proto-indo-européenne, hérite des cultes néolithiques, du culte mégalithique, et des particularités de chaque peuple indo-européen, donnant plus tard naissance aux premières religions d’Europe, qui avec le Temps et ses idiosyncrasies, les particularités géographiques, l’identité de ces peuples, ont donné naissance aux religions celtiques, germaniques, grecques, romaines, etc., de telle sorte que je peux dire que ma religion est la celtibère, à l’intérieur et peut-être à l’origine du celtique, comme l’indiquent les mythes, les légendes, l’archéologie, la philologie, l’histoire et la science (génétique), et mes racines sont dans la wicca, cette ancienne religion proto-indo-européenne formée à partir du culte mégalithique et de cultes indo-européens au chalcolithique [le chalcolithique succède au néolithique, où l’on découvre l’usage d’un métal fragile : le cuivre – ndt], et dont tous sont issus.
Wicca est donc un titre d’identité religieuse des peuples indo-européens, et wiccan l’un des mots par lesquels leurs prêtres étaient à l’origine connus. C’est pourquoi, puisque la mienne est une religion celtique (celtibère) ne nous en cachons pas, qui plus est, démarquons-nous et récupérons le patronyme paneuropéen de wicca.
Un nom, qui dans l’un de ses sens sera utilisé par les Romains, plutôt que païen, pour désigner les fidèles des anciennes religions agraires et primitives et des peuples colonisés (Celtes, Germains, etc.), qui s’opposaient à la religion des Villes (Rome), aussi obstinés à suivre ces anciens cultes (superstitio), et qui se produisaient dans les plus petites unités de population, dans les uici, donc appelés uicani (wiccans) et que les chrétiens utilisaient, après païens, pour les désigner dans les langues indigènes aux croyants polythéistes, animistes et idolâtres lors de l’évangélisation de l’Europe.
À titre d’exemple, le terme latin victime a une origine religieuse qui vient de la wicca (uictima, *ueik/uictima). En fait, le terme anglais witchcraft (wicce-kræfte) est né de wicca, la Pratique ou l’Office de la Wicca (sic), lorsqu’ils expliquent aux Anglo-Saxons que leurs pratiques sont païennes, comme on peut le lire, pour exemple, dans les Homélies anglo-saxonnes d’Abad Elfrico (Xème siècle), l’un des documents les plus anciens où se trouve le terme wicca et qui est clairement lié aux cultes pré-chrétiens (paganisme).
Ainsi, le terme wicca, en espagnol sorcellerie [Fernando utilise le terme de « brujería », dont l’étymologie se perd, quoiqu’elle puisse faire référence à l’énergie et la chaleur… à distinguer de la « hechicería », étymologiquement reliée au verbe « faire » latin, plus proche de la sorcellerie sortilège : la « brujería » se rapprocherait de la pratique rituelle – ndt]… ainsi, le terme wicca, en espagnol sorcellerie [brujería] (mot d’origine pré-romaine, sûrement celtique, que les chrétiens assimilent comme synonyme de sorcellerie), fonde notre sorcellerie [brujería], étant, ensuite, Sorcellerie [Brujería], Pratique de la Wicca.
Cela signifie que le sens originel de wiccan est celui de païen, religieux polythéiste des cultes pré-chrétiens, et donc étranger ou parallèle à celui de sorcier [hechicero]. En fait, ce seront les chrétiens qui tenteront pendant mille ans d’assimiler la sorcellerie rituelle [brujería] à la sorcellerie sortilège [hechicería] pour la dépouiller de sa valeur religieuse, la stigmatiser et justifier sa persécution en raison de son caractère nocif (diabolique) pour le peuple.
Par conséquent, il ne peut y avoir de sorcellerie rituelle [brujería] qui ne soit wiccanne, ni bien sûr étrangère aux cultes pré-chrétiens, pour la même raison qu’il ne peut y avoir de sorcellerie wiccanne présumée, en tant que pratique étrangère à la religion. La sorcellerie rituelle [brujería] est une religion, la religion est la wicca. Et la sorcellerie sortilège [hechicería] est autre chose, des techniques de partout qui utilisent n’importe quelle religion pour leurs rites.
J’espère que vous pourrez excuser ce résumé très limité, mais la question permet une réponse beaucoup plus large. Bien sûr, tout ce qui précède est documenté académiquement.
[En effet, Fernando fait preuve d’érudition, et son mouvement mérite d’être interrogé et mis en avant, néanmoins sa définition de la wicca décroche de la wicca vingtiémiste, née de Gerald Gardner, et rendue fameuse via Aleister Crowley, et Fernando se sert du mot « wicca » comme d’un terme syncrétique, certes légitimement syncrétique, par rapport à la sincérité de sa recherche : en France, nous lui préférons la notion « d’ancienne coutume ou voie ». Disons que la notion de « wicca » permet de la réactualiser fameusement l’ancienne coutume ou voie dans la popularité, justement, de la wicca. Reste, comme dit un ami : « qu’ancien ne signifie pas mort » – ndt.]

Marga : La wicca et la sorcellerie rituelle [brujería] sont liées car elles signifient la même chose (l’ancienne religion).
La tradition celtique ou plutôt la religion celtique est européenne et vient de la péninsule ibérique. Selon des études d’historiens, les Celtes adoraient déjà des dieux et des déesses et possédaient des panthéons.
La religion nordique ou wicca nordique, n’a aucun lien avec la wicca celtique ou la religion celtique.

Pilar : Wicca : c’est une branche religieuse archaïque qui a ses premiers antécédents au chalcolithique, et qui est une conséquence de la symbiose entre les peuples néolithiques et indo-européens. Les liens avec la tradition celtique sont le polythéisme, le culte des cycles de la nature (roue de l’année), etc. Le mot sorcellerie rituelle [brujería] est un mot pré-romain, qui est apparenté à la racine celtique *brough (ce qui est en haut, élevé) comme une appellation pour les sages chargés du Culte, ceux qui pratiquaient et officiaient dans l’antiquité pré-romaine et pré-chrétienne : c’est notre lien avec les sorcières, les prêtres et les prêtresses qui suivent le culte de l’Ancienne Religion.

Retukerdos : On sait que le terme indo-européen *weik désignait le sacré, l’objet du sacrifice religieux et le sacrifiant. De là vient le terme wicca, avec lequel diverses branches des cultes celtiques sont définies.
Ainsi, le lien avec la tradition celtique est évident, voire le lien avec la tradition nordique, qui ont un socle de croyances très proches des nôtres, au-delà du traitement plus proche (« mondain ») qu’elles accordent à leurs divinités, puisque la croyance (polythéiste, animiste, idolâtre), le symbolisme (Crann Bethadh – Yggdrasil, par exemple), le culte des ancêtres, le culte de la nature… sont présents aussi bien dans les cultes asatruars [nordisants] que wiccans.
En ce qui concerne le lien avec la tradition des sorcières, il convient de noter que la wicca est la tradition des sorcières. L’erreur de confondre la sorcellerie sortilège [hechicería] avec la sorcellerie rituelle [brujería] est courante, car depuis le christianisme, les chrétiens se sont consacrés avec élan à mélanger les deux termes.
Cependant, si nous regardons l’étymologie de la sorcellerie, nous verrons que l’anglais witch dérive de wicce et, à son tour, ceci de *weik ; de même, artisanat dérive du proto-germanique kræft (art ou domaine), donc la witchcraft (brujería) est l’art ou le domaine du sacré.
Numance

4. Votre wicca est-elle liée à Gerald Gardner (Britannique, fondateur officiel de la wicca, début XXème siècle, d’abord reconnue pour religion en Grande Bretagne comme le druidisme) ou Aleister Crowley (Britannique, occultiste sulfureux, fréquentant la première wicca) ? Comment vous positionnez-vous face à eux ?

Bile : Non. Aleister Crowley et Gerald Gardner viennent bien après la tradition sorcière, et ainsi que la tradition celtique [Gerald Gardner se prétendait néanmoins initié par un « coven » (une assemblée) de sorcières traditionnelles, avant d’en faire un néopaganisme – ndt]. La wicca celtibère suit cette dernière tradition, de sorte que les traditions de Gardner et Crowley, ainsi que les sociétés discrètes et secrètes des XVIème au XXème siècles, sont totalement en dehors de la tradition wiccanne celtibère.

Carlos : La réponse courte est non. Je ne connais pas en profondeur la figure de Crowley, je sais qu’il était l’une des figures les plus marquantes de l’ésotérisme et de la sorcellerie européenne du XXème siècle, mais il n’a rien à voir avec la wicca. M. Gardner, pour sa part, est apparenté à la wicca, mais à la branche anglo-saxonne, donc il n’a rien à voir directement avec nous, bien que nos cultes soient apparentés.
[Pourtant Gerald Gardner et Aleister Crowley sont clairement les hommes, sans lesquels on n’aurait jamais entendu parler de wicca de nos jours. Néanmoins, que nos Celtibères contemporains l’ignorent ou se situent parallèlement à l’origine moderne de la wicca, et justement ce qui fait leur valeur à nos yeux, et tout l’intérêt de les laisser s’exprimer sur leur pratique – ndt.]

Fernando : Étant de Tradition différente, sans contact physique ni croisement, nous avons beaucoup de choses en commun et bien d’autres choses différentes avec les Gardneriens. Nous sommes certes unis par des principes communs à cause de nos racines communes, mais notre développement religieux est parallèle. Avec l’Occultisme, l’Aube Dorée ou Crowley, nous ne sommes unis que par ce qu’ils ont puisé dans nos traditions pré-chrétiennes, pour compléter leurs doctrines spiritualistes et hermétiques. [C’est manifeste, et c’est ce qui fait que la wicca celtibera entretient une certaine confusion terminologique, à disputer la notion de « wicca » à Gardner et autres ésotéristes de type Crowley… mais c’est bien cette différence qui rend la wicca celtibera valeureuse, au regard reconstructionniste de l’ancienne coutume ou voie.
Il est d’ailleurs peu probable que Fernando et son ordre changent de terminologie, mais au compte de l’Ordre Sacré de Beltane, ceux qui ont une éthique de la reconstitution de l’ancienne coutume ou voie, voudrons bien se dire wiccans une seconde – ndt.]


Marga : La seule relation que nous avons avec Gerald Gardner et Aleister Crowley, est que les trois religions sont polythéistes, les païens et les wiccans. Nous, wiccans celtibères, avons sauvé l’ancienne religion, c’est pourquoi nous nous appelons celtibères.

Pilar : Notre lignée ne descend pas de Gerald Gardner, le fondateur de la wicca garderienne à la fin des années cinquante du siècle dernier, mais de Fernando González, le fondateur de la Wicca celtibère au milieu des années 80 du siècle dernier. La wicca garderienne incorpore des emprunts cabalistiques et de la magie cérémonielle, tandis que la wicca celtibère tente de récupérer de la sorcellerie traditionnelle [brujería], le cérémonial et les ressources des peuples ibériques et celtiques, et plus particulièrement des Celtibères.

Retukerdos : Gerald Gardner, qui, soit dit en passant, prétendait avoir été initié à un culte religieux dans lequel ses membres se reconnaissaient ou s’appelaient wiccans (il ne lui était donc guère possible de créer ledit culte wicca, comme certains le soutiennent encore aujourd’hui) a fait un travail énorme en essayant de combler les lacunes qu’il a trouvées, après l’obscurantisme forcé par la persécution religieuse, le manque d’accès à l’information et aux études sérieuses concernant les cultes et coutumes païens.
Pour tenter de combler ces lacunes, il a recouru à ce qu’il pouvait et, à son avis, était approprié, recourant entre autres à Aleister Crowley (alors ancien membre de l’Ordre hermétique de la Golden Dawn, de l’Astrum Argentum, de l’Ordo Templi et membre honoraire de beaucoup d’autres), fondateur de la philosophie religieuse de Thelema.
Cependant, la branche wiccanne à laquelle j’appartiens, ayant de nombreux points communs avec la branche qu’il a initiée, diffère également sur de nombreux aspects, dont beaucoup en raison des sources historiques, archéologiques, astro-archéologiques et même linguistiques où elle puise : c’est la branche celtibère à laquelle j’appartiens et à laquelle il n’avait pas accès.
Pour cette raison, ma position à leur égard est celle du respect du travail effectué, des connaissances fournies et de l’intention en faveur du paganisme.


5. Quelle est la particularité de la wicca celtibère ? Quelle différence avec le nordisme ?

Bile : La wicca celtibère est en fait l’héritage des croyances et des cultes sorciers en Espagne, durant nos jours. À leur tour, la wicca celtibère et la tradition sorcière, sont les héritières directes de la tradition celtique, puisque les cultes et les croyances sont les mêmes.
La tradition nordique n’est pas la même que la celtique, mais comme toutes deux sont d’origine indo-européenne, elles sont étroitement liées et, par extension, il existe une relation de points communs avec toutes les cultures anciennes.

Carlos : Pour moi, j’essaie humblement d’être l’héritier des cultes polythéistes de la péninsule ibérique, qui est ma terre et celle de mes ancêtres.

Fernando : C’est la tradition religieuse des Celtes de la péninsule ibérique. [Et clairement pas un ésotérisme néopaïen de sorcellerie sortilège (« hechicería »), mais bien un reconstitutionnisme d’ancienne coutume ou voie de « sorcellerie » ou pratique rituelle (« brujería ») – ndt.].

Marga : Ce n’est pas que la wicca celtibère est spéciale. Ce qui nous différencie des autres wiccans, c’est que nous avons sauvé l’ancienne religion grâce aux historiens et que nous basons nos croyances religieuses sur eux.

Pilar : La wicca celtibera répond à un modèle traditionnel et à un système hermétique, mystérieux et initiatique, qui vient de la Sorcellerie Traditionnelle Ibérique, elle est reconstructionniste et suit les modèles celtiques et ibériques.

Retukerdos : Chaque culte religieux est spécial, parce que chaque culte religieux a quelque chose de singulier ou de particulier qui le différencie d’un autre. Quelle est la particularité de la wicca issue de la tradition celtibère ? Je vous encourage à entrer sur le blog de notre culte pour vérifier la rigueur historique et religieuse sur laquelle nous nous basons pour être reconnus comme un culte sérieux et reconstructionniste. Enfin, au-delà de l’avis d’un membre (chacun dira que son culte est spécial de la même manière) peut-être celui d’un non-membre serait-il plus impartial dans son appréciation.


6. La magie fonctionne-t-elle ? Comment et pourquoi ? Quel genre de magie pratiquez-vous ?

Bile : La magie n’est pas ce que les gens imaginent. Il ne s’agit pas de dire quelques mots-clés, et soudain des événements très marquants se produisent. Normalement, la magie se manifeste lorsque les événements s’alignent de manière inattendue, pour que les choses se passent d’une certaine manière, généralement bénéfique pour nous. En tant que telle, je ne pratique pas la magie, mais je prie simplement les dieux pour les remercier de certaines choses ou leur demander de l’aide, à travers des prières et des rituels : c’est une religion, un culte, pas simplement de la sorcellerie.

Carlos : Beaucoup de choses peuvent être comprises par « magie ». Pour nous, lorsque nous effectuons un rituel et consacrons l’espace et les offrandes, c’est magique. C’est la magie que je pratique, celle de – par des rituels – communiquer avec mes dieux. Et ça fonctionne. On pourrait l’appeler « magie rituelle ».
Une autre chose est la sorcellerie [Carlos utilise en espagnol le mot « hechicería », étymologiquement relié au verbe « faire » latin– ndt] qui consiste à modifier le cours des événements en canalisant sa volonté, c’est-à-dire des sortilèges. Ou les mancies, comme la divination avec le tarot. Je n’en pratique aucune, mais je connais des gens, wiccans et non wiccans, qui les pratique.

Fernando : Clairement ! Les techniques rituelles fonctionnent, elles le font depuis que nous en sommes conscients. Nous sommes des hominidés qui se sont adaptés selon des principes évolutifs, et l’un d’entre eux est de ne pas retenir ce qui ne nous sert pas pour notre survie, notre adaptabilité et notre amélioration. Si la religion ou les pratiques que nous appelons à tort « magiques » ne fonctionnaient pas, nos ancêtres les auraient déjà rejetées il y a des milliers d’années.
Ces techniques, je les utilise pour ma dévotion et mon culte… mais si vous voulez dire si je connais les pratiques de sorcellerie sortilège (la sorcellerie [hechicería], comme pratiques de consommation sociale), oui, la sorcellerie sortilège [hechicería] traditionnelle existe aussi. Les Dieux nous ont appris à communiquer avec eux, mais ils nous ont aussi appris à ne pas en avoir besoin pour les choses du monde (1er sens du Dictionnaire de la langue espagnole, RAE).
Notre culte est religieux, la sorcellerie sortilège [hechicería] n’est pas pratiquée, mais nous savons comment nous pouvons obtenir ce dont nous avons besoin, comme dans toute autre religion.

Marga : Je ne sais pas si la magie fonctionne, car dans notre religion, ce que nous faisons, c’est honorer nos dieux et nos déesses.

Pilar : Oui, la magie fonctionne en fonction des énergies et de l’intensité que vous y mettez.

Retukerdos : Nous retrouvons ici une autre pierre d’achoppement due à ce qui a été acquis après des siècles de contresens. Quel genre de magie est-ce que je pratique ? Il y a des cours ? Faîtes-vous référence à la magie blanche, noire, rouge… grise ?
Depuis l’Empire romain, le terme veneficium [qui donne nos « bénéfice, bienfait » – ndt] a été utilisé pour désigner la magie, bien que le mot magicien, celui qui pratiquait la magie en dehors de la sphère religieuse, ait commencé à signifier enchanteur, maleficus. Ainsi, en lisant le procès public contre Apulée pour crimen magicae (accusation de magie) au milieu du IIème siècle de notre ère, on peut trouver : « […] magicien est dans la langue des Perses ce que, dans la notre on nomme prêtre, quel défaut y a-t-il finalement d’être prêtre, de connaître, selon le rituel, et de connaître et maîtriser les règles des cérémonies, les préceptes de les sacrifices, les lois religieuses ? […] »
Alors, si la magie relève de la religion, de la théurgie (pratique par laquelle il s’agit d’établir une communication avec les divinités et de faire des prodiges), quel genre de magie est-ce que je pratique ? Une magie religieuse. La magie se concentrait précisément là-dessus, sur la communication avec les divinités.
Ça marche ? D’après mon expérience oui. Demandez à un prêtre chrétien si la magie qu’il pratique quand, après un rituel, il effectue la transsubstantiation du pain et du vin dans le corps et le sang du Christ, fonctionne ou non. Il dira sans doute oui, comme n’importe quel adepte de cette secte.
Mais j’imagine que cela fait référence à des problèmes plus « proches ». La réponse reste la même. Oui. Ça marche. Si c’est fait correctement, à la fois rituellement et spirituellement, et tout cela conformément à la bonne intention, oui.


7. Pouvez-vous nous raconter une anecdote rituelle ?

Bile : En guise d’anecdote rituelle : lors de l’Óspitum, ma guide et moi avons demandé aux Dieux de m’aider dans ma nouvelle voie. Les jours suivants, j’ai eu beaucoup de problèmes à la maison, car j’ai commencé à montrer que je n’étais pas d’accord avec la religion où j’étais. J’ai trouvé le courage d’ouvrir la voie à mes parents pour qu’ils s’habituent à ce que je ne sois plus aux réunions et aux activités de la congrégation.
En traversant une forêt en solitaire, où j’avais l’habitude d’aller, un pigeon sans tête tombe soudainement à mes pieds. Je ne pouvais pas voir l’animal, je suppose un oiseau de proie, qui en était la cause : ma guide m’a dit que c’était un signe clair, que je devais dire clairement que je ne voulais plus faire partie de ma religion précédente, je ne pouvais pas être hypocrite en assistant à deux offices différents sans rien mentionner de l’actuel au premier.
Cela indiquait également ma guerre, tout comme les cartes l’indiquèrent à mon professeur. Et il s’est passé la même chose, j’ai eu beaucoup de soucis, et une très mauvaise période, mais au final j’ai vu que la tempête s’est calmée, et mes projets de vie se sont réalisés un à un, puisqu’ils avaient stagné à cause de ma propre stagnation.

Carlos : Je ne suis ici que depuis peu de temps, donc je n’ai pas beaucoup d’expériences. Je peux seulement dire que lorsqu’on participe à un rituel et qu’on se met au diapason de ce qui se fait et se dit, on peut ressentir beaucoup de choses.

Fernando : Non.

Marga : Non, je ne peux vous raconter aucune anecdote d’aucun rituel, puisque nous sommes une religion hermétique.

Pilar : Non.

Retukerdos : Permettez-moi de vous rappeler que « tout ce qui se passe à Vegas, reste à Vegas ».


8. Comment vous positionnez-vous face à d’autres mouvements païens, disons plus authentiques ou qui se disent plus authentiques, comme le druidisme ?


Bile : Concernant d’autres mouvements soi-disant plus authentiques, comme le druidisme, je dois dire qu’ils ne sont pas authentiques du tout, puisqu’ils sont plus concernés par commercer la religion que par la religion elle-même. De plus, ils accordent plus d’attention focale à la spiritualité ou à la sensation spirituelle qu’à la connaissance de l’histoire, ce qui les aiderait à être plus exacts dans leur culte.

Carlos : J’imagine que dans ce cas la question fait référence à plus de « reconstructionnistes » [c’est-à-dire les plus sérieux – ndt]. Il est vrai qu’il existe des cultes wiccans plus laxistes ou syncrétiques, mais précisément le nôtre accorde une grande importance aux sources historiques et à la reconstruction des croyances anciennes. Je pense donc que la seule chose qui nous sépare vraiment des druides et d’autres cultes païens similaires est la terminologie, car nous nous ressemblons beaucoup. [Manifestement, la wicca celtibera est dans la meilleure des démarches reconstructionnistes – ndt.]

Fernando : Il est courant de confondre la wicca historique avec la néo-wicca ou pire encore, la pseudo-wicca.
La wicca historique est traditionnelle, reconstructrice et bien sûr authentique. Je ne me sens pas moins authentique que nos frères druides, et plus encore compte tenu de ces références directes anciennes, dans le pire des cas avant le Xème siècle. Peu de gens peuvent dire la même chose, qu’ils ont été identifiés comme tels, avec leur même nom, depuis si longtemps, et qu’ils ont également eu une continuité jusqu’à aujourd’hui (comme sorcellerie rituelle [brujería]).
Je me place, en égal, dans un Culte Celtique, une religion Celtique de plus, avec sa doctrine, ses traditions et ses pratiques ancestrales aussi originales les unes que les autres, avec son Sacerdoce Celtique. La wicca celtibère n’a inventé aucune de ses pratiques, mais les récupère et les exécute, vénère les mêmes dieux et garde ses mêmes fêtes qu’avant cette ère et pratiquement de la même manière, bien que beaucoup reste à reconstruire.
Avec nos frères druidiques, par exemple, nous nous entendons particulièrement bien, nous travaillons ensemble pour revendiquer des droits communs et en tant que religion légalisée en Espagne et au Portugal, nous avons des liens directs avec les ordres druidiques légalement reconnus comme religion en Espagne. Bien que ce ne soit pas quelque chose dont nous soyons totalement satisfaits, nous avons beaucoup plus de relations avec les druides et les asatruars [nordisants] qu’avec d’autres cultes wiccans ou des personnes qui se disent wiccannes [Fernando fait sûrement référence à ce qu’il nomme néo-wiccans et pseudo-wiccans, entre filiation gardnerienne et autres quidams enthousiastes – ndt]. Nous sommes traditionnels, et cela pèse autant que cela dérange beaucoup de gens, qui ont décidé au-delà de notre réalité et des faits ce que nous ne pouvons pas être et ce que nous devrions être. [C’est tout le problème que je relevai, en effet, d’utiliser la notion de « wicca » en tant que syncrétisme de l’ancienne coutume ou voie, quoique cette wicca celtibera-là est à honorer. Après tout, il n’y a pas que des druides, dans la vie, ou bien ? – ndt.]

Marga : Je respecte toutes les branches wiccannes et païennes, mais nous nous concentrons sur le culte de l’ancienne religion ou la sorcellerie rituelle [brujería], peu importe comment vous voulez l’appeler.

Pilar : Avec respect, chacun a ses croyances et nous devons respecter le chemin que chacun veut ou sent devoir suivre.

Retukerdos : Ou qui prétendent être plus authentiques, j’ajouterai.
Au-delà des éventuels heurts dialectiques, par contre peu fréquents, entre certaines branches wiccannes avec certaines branches druidiques, la relation entre les membres et l’organisation religieuse de la wicca celtibera et les branches druidiques est excellente : en effet, nous travaillons main dans la main, à travers la Plateforme en faveur de la liberté religieuse du paganisme, avec l’Association religieuse des druides Fintan et la Confrérie des druides Dun Ailline, ainsi qu’en collaborant avec l’Ordre des druides Mogor, l’Ordre des Druides Galiciens, et le Nouvel Ordre des druides du Vrai Sentier, par exemple en adhésion au Manifeste pour la protection et la reconnaissance des lieux sacrés de la tradition celtique.
Un Ibère

9. Voulez-vous ajouter quelque chose librement ?


Bile : La dernière chose que j’ajouterai, c’est que trouver la wicca celtibère a été et reste la clé pour réaliser tous mes projets : cela m’a libéré de ces choses qui m’empêchaient de progresser, cela satisfait mon besoin spirituel, je me sens plus unie à notre communauté celtique, nos racines culturelles. Ce que j’ai appris, contient le moyen de résoudre des inconnues qui sont très importantes pour moi. Et j’ai rencontré ma guide, une personne merveilleuse.

Carlos : Merci de l’intérêt que vous portez à nos croyances et sachez que je serai toujours prêt à répondre à toute question, tant que je connais la réponse.
Que les dieux et vos ancêtres veillent toujours sur vous.
À la prochaine !

Fernando : Merci, j’espère que m’interviewer vous a été utile et j’espère qu’un jour je vous compterai parmi mes amis, et permettez-moi de vous dire adieu avec notre Bénédiction : « Que le soleil t’illumine / Que la Lune te garde / Que l’arbre te guide. » – Ferdinand Gonzalez, – Kombalkores Bintoi monati – Confession religieuse Wiccanne [« « « « « Wicanne » » » » » – ndt] – Tradition Celtibère.

Marga : Félicitations pour ce travail que vous faites, pour la wicca celtibera c’est un grand honneur que notre religion soit étudiée.

Pilar : Oui, nous nous rencontrons fréquemment et apprenons à nous connaître.

Retukerdos : Merci pour l’effort et le temps passé et votre travail communicatif.
Embrassades.


10. Merci, c’était un plaisir. Naturellement, les propos en italique et entre crochets [notes du traducteur, ndt] n’engagent que moi.