jeu 01 décembre 2022 - 11:12

Des Druides et celtisants contemporains parlent : « la wicca celtibera », religion wiccanne celtibère

De notre confrère agoravox.fr – par Jérémy Cigognier (son site)

La wicca a été fondée comme un occultisme en Grande Bretagne, au début du siècle dernier, et passe pour une fantaisie néo-traditionnelle, excentrique comme les Grands Bretons ont la réputation de pouvoir être excentriques… un occultisme convoquant les figures d’une Grande Déesse trine (jouvencelle, mère et sage) et d’un Dieu Cornu (Cernunnos) d’inspirations celtes. Le tout dans un éclectisme sans nom, amalgamant pêle-mêle toutes les divinités du monde pour des avatars de la Déesse et du Dieu, diffusés en autant de variantes qu’il y aurait de wiccans, d’abord adeptes de la série Charmed et des films Harry Potter. La wicca est mondialisée, au moins dans les pays occidentaux.

Une réputation certainement rude pour les wiccans les plus assidus, mais surtout une réputation impossible à vérifier avec la wicca celtibera, religion wiccanne celtibère, du moins celle de l’Ordre Sacré de Beltane. Lisez plutôt à quel point ils sont reconstructionnistes, et sans vouloir être « cultiste » – discriminant par les cultes – on souhaiterait ainsi tous les wiccans. Comme quoi, on ne se méfiera jamais assez des étiquettes, surtout devant l’Ordre Sacré de Beltane.

Une interview dont les réponses sont forcément plus harmonieuses à lire que précédemment avec les druides (12), puisque tous les participants viennent du même ordre.

0. Bonjour ! Quel est votre surnom wiccan ?

Bile : Mon surnom wiccan est Bile.

Carlos : Salut. Je suis nouveau dans la guilde, donc je n’ai pas encore de « surnom ». Le nom me sera attribué par mon guide, tout au long de ma première année d’apprentissage.

Fernando : Généralement, le nom sous lequel je suis connu dans mon Culte est celui de la fonction sacerdotale que j’occupe : Kombalkores (Kombalkores Bintoi) c’est-à-dire haut magistrat du conseil des sages ou juges, en celtibère reconstitué.

Marga : Marga Wicca Celtibera.

Pilar : Je n’ai pas de surnom.

Retukerdos : Salut ! Dans notre cas, plus qu’un surnom, c’est un nom. Nom religieux, mais nom. Dans mon cas, ce nom religieux, Retuderkos (Celui qui suit la loi, la tradition) m’a été offert comme nom par le Grand Prêtre de notre culte, le Kombalkores Bintoi Fernando González, et par mon guide.


1. Pouvez-vous vous présenter globalement ? Qui êtes-vous au quotidien ?

Bile : Je me présente : dans la vie de tous les jours, je travaille dans une entreprise que j’ai créée avec deux autres personnes également en ville, faisant des travaux pour les particuliers. Je m’implique dans des recherches à caractère archéologique, ethnographique, mythologique. Et je ne peux pas concevoir la vie sans vivre des aventures et des expériences.
Je suis devenu wiccanne, parce que j’ai réalisé que la culture celtique est celle avec laquelle je me sens le plus en commun. Mais aussi, parce que sa mythologie me semble très belle.

Carlos : Je m’appelle Carlos, j’ai 28 ans, j’ai un diplôme en environnement et j’étudie actuellement en master à l’université.

Fernando : Je suis un religieux ordinaire, qui se consacre à son Culte depuis plus de 40 ans, et actuellement je ne me consacre qu’à mes tâches religieuses. Je vis à Madrid en Espagne, et je suis d’origine galicienne, ce dont je suis honoré de me souvenir chaque fois que je le peux.

Marga : Je m’appelle Margarita Hernández García. Je vis dans une ville de Castilla y la Mancha, appelée Tomelloso. Je travaille comme assistante gériatrique.

Pilar : Je m’appelle Pilar, j’habite à Pinto (Madrid) et au quotidien je me consacre à mon travail de domestique.

Retukerdos : Eh bien, dans ma vie de tous les jours ? Ce n’est pas exactement que nous avons une double vie, comme Spiderman ou Batman 
Mon travail, puisque nous ne percevons aucun revenu économique du culte religieux, et que nous devons manger et payer des factures, est celui d’un agent de sécurité, me consacrant à répondre aux alarmes. Avant cela, j’étais dans l’armée espagnole dans l’unité d’opérations spéciales n°13-GOE-OOMM-I (UOE 13-GOE I). Je suis marié, père de deux enfants (fille et garçon), trois fidèles amis à fourrure…
Un homme normal, avec une profession normale et des croyances religieuses qui devraient être considérées comme normales.


2. Comment et pourquoi êtes-vous devenu(e) wiccan(ne) ?

Bile : Je suis devenu wiccanne, d’une manière qui semble vraiment magique : j’étais de mauvaise humeur, j’avais rompu avec la religion de mon enfance, et je cherchais ma place spirituellement.
Un jour, je naviguais sur Facebook, quand j’ai vu le profil d’une femme wiccanne qui a attiré mon attention, mais je l’ai laissé passer. Quelques jours plus tard, ce profil m’envoie une demande d’ami, et je l’accepte.
Elle me dit qu’elle a été attirée vers mon profil, car elle a senti qu’elle me connaissait d’une autre vie. Notre amitié est devenue plus forte et plus spéciale et, avec le temps, elle est devenue ma guide, parce que le conseil des maîtres en a décidé ainsi.
J’ai reçu mon baptême en tant que wiccanne (Óspitum) grâce à ma guide dans une forêt idyllique. Je ne suis jamais devenue officiellement wiccanne, mais j’y suis restée fidèle.

Carlos : Il y a des années, je me suis intéressé aux religions polythéistes européennes. Au début, je m’intéressais au polythéisme nordique. J’ai rejoint la wicca celtibère parce que je sentais que j’avais besoin de revenir à mes racines et de revenir à l’ancienne religion de la terre à laquelle j’appartiens.

Fernando : En 1980, je suis entré dans un cercle (« coven ») de sorcellerie traditionnelle reconstructrice et de tradition religieuse celtique, celtibère, à Madrid, que j’ai rencontré dans l’une des rares librairies ésotériques qui existaient alors, c’est ainsi qu’ils se connaissaient et se contactaient, à cette époque, entre groupes, covens et confréries païennes et occultes.
Quand j’ai commencé à entendre parler de la wicca, et bien que beaucoup de gens qui la soutenaient ici n’aient pas bonne réputation, j’ai étudié l’origine du mot et j’ai compris que, quel que soit l’usage inapproprié qu’on pouvait en faire, il représentait vraiment tout ce qui l’Ancienne Religion contient, j’ai donc décidé de l’utiliser pour nommer ma Tradition, qui commence avec la fondation de mon clan, coven de l’Ordre Sacré de Beltane, en 1983. Ce fut la naissance de la wicca celtibère.
Plus tard, il nous a fallu des décennies pour nous légaliser, car l’une de nos prémisses était d’avoir la capacité minimale nécessaire pour subvenir à nos besoins, et finalement, nous avons été légalement reconnus comme religion par l’État espagnol en 2011, et par l’État portugais en 2012.

Marga : Ma famille m’a inculqué la religion chrétienne depuis que je suis toute petite, mais dès mon plus jeune âge, j’ai réalisé que ce n’était pas la religion à laquelle je m’identifiais et j’ai commencé à chercher des informations sur d’autres religions, jusqu’à ce que j’arrive à la wicca celtibère. et depuis plus de 10 ans que je suis au sein de la Wicca celtibère, je sais que c’est ma voie.

Pilar : Eh bien, ma première religion était catholique, dans laquelle mes parents m’ont éduqué, mais au fil du temps, je lisais et découvrais une vérité que je pouvais voir et qui était plus proche de ma façon de voir et de ressentir.

Retukerdos : Dans mon cas, venant d’une famille chrétienne (baptisé, communié et confirmé), étudiant dans un centre éducatif appartenant aux salésiens, depuis que j’étais petit, j’ai senti que ce à quoi j’étais éduqué ne me satisfaisait pas, ne donnait pas sens à ce que je percevais et ressentais. Cela m’a amené à lire sur d’autres cultes religieux (bouddhisme, islam, cultes nordiques) et sur la wicca, trouvant dans cette dernière, le culte lié à ce que je ressentais comme vrai.


3. Qu’est-ce que la wicca ? Quels sont ses liens avec la tradition celtique, voire nordique, et la tradition des sorcières ?

Bile : La wicca celtibère est particulière, en ce qu’elle se concentre sur la tradition celtique de la péninsule ibérique, qui est en fait une extension de la tradition celtique du reste de l’Europe occidentale, puisque les Celtes étaient une civilisation très connectée.
[Comme leur nom l’indique, les Celtibères sont les Celtes de la péninsule ibérique. C’est-à-dire de la péninsule sur laquelle vivaient les Ibères : de l’actuel Languedoc français à l’actuelle Andalousie, tout le long de la Méditerranée et en remontant l’Ebre jusqu’à l’actuelle Gascogne sous la Garonne, dont pays basque. Gascogne qui en a hérité des particularités (le basque descend de l’ibère, influençant le gascon).
C’est la Gaule aquitaine, qui porta ainsi le flambeau d’une Celtibérie libre. Celtibérie gauloise, jusqu’à la conquête romaine de l’Hexagone, quelques décennies après la conquête romaine de la Péninsule – ndt.]


Carlos : Wicca est un terme qui a ses racines dans l’origine de la culture européenne ancienne. Sa racine renvoie à la fois au « sacrifice » et à « celui qui accomplit le sacrifice », c’est-à-dire « l’officiant religieux ». Par conséquent, wicca serait un terme applicable à toutes les religions indigènes de la sphère indo-européenne [l’immense majorité des wiccans, et le terme de « wicca » justement, réfère en fait à la racine indo-européenne pour tout ce qui concerne le savoir – ndt].
La wicca actuelle est constituée d’une série de phases historiques : les religions de l’âge de pierre, celles de l’âge de fer (parmi lesquelles les Celtes), la romanisation, le passage au secret dû à l’imposition du christianisme (dans ce contexte s’est développée la sorcellerie médiévale et moderne, héritière des vestiges des cultes antérieurs) et enfin la résurgence du dernier demi-siècle due à l’accroissement des libertés religieuses. Toutes ces « couches » historiques font partie de ce que nous appelons la wicca [au sein de la wicca celtibère en Espagne, indifférente à la réinitialisation néopaïenne britannique de Gerald Gardner – ndt].
Ainsi wicca signifierait « culte indigène européen » [pour la wicca celtibère, comme on l’a vu à l’instant – ndt], et celtibera que notre branche en particulier est culturellement celtique et typique de la péninsule ibérique.

Fernando : Wicca (*ueik) est le nom – au moins l’un d’entre eux – par lequel la pratique religieuse est déjà connue chez les peuples proto-indo-européens. C’est un terme polysémique, lié à la pratique sacerdotale, aux sacrifices, aux Dieux, qui a des références parmi les langues indo-européennes, et qui par extension, désigne les spécialistes/intermédiaires du/avec le sacré (wiccans) : les prêtres. [C’est une généralisation terminologique – ndt.]
Cette vieille religion européenne, proto-indo-européenne, hérite des cultes néolithiques, du culte mégalithique, et des particularités de chaque peuple indo-européen, donnant plus tard naissance aux premières religions d’Europe, qui avec le Temps et ses idiosyncrasies, les particularités géographiques, l’identité de ces peuples, ont donné naissance aux religions celtiques, germaniques, grecques, romaines, etc., de telle sorte que je peux dire que ma religion est la celtibère, à l’intérieur et peut-être à l’origine du celtique, comme l’indiquent les mythes, les légendes, l’archéologie, la philologie, l’histoire et la science (génétique), et mes racines sont dans la wicca, cette ancienne religion proto-indo-européenne formée à partir du culte mégalithique et de cultes indo-européens au chalcolithique [le chalcolithique succède au néolithique, où l’on découvre l’usage d’un métal fragile : le cuivre – ndt], et dont tous sont issus.
Wicca est donc un titre d’identité religieuse des peuples indo-européens, et wiccan l’un des mots par lesquels leurs prêtres étaient à l’origine connus. C’est pourquoi, puisque la mienne est une religion celtique (celtibère) ne nous en cachons pas, qui plus est, démarquons-nous et récupérons le patronyme paneuropéen de wicca.
Un nom, qui dans l’un de ses sens sera utilisé par les Romains, plutôt que païen, pour désigner les fidèles des anciennes religions agraires et primitives et des peuples colonisés (Celtes, Germains, etc.), qui s’opposaient à la religion des Villes (Rome), aussi obstinés à suivre ces anciens cultes (superstitio), et qui se produisaient dans les plus petites unités de population, dans les uici, donc appelés uicani (wiccans) et que les chrétiens utilisaient, après païens, pour les désigner dans les langues indigènes aux croyants polythéistes, animistes et idolâtres lors de l’évangélisation de l’Europe.
À titre d’exemple, le terme latin victime a une origine religieuse qui vient de la wicca (uictima, *ueik/uictima). En fait, le terme anglais witchcraft (wicce-kræfte) est né de wicca, la Pratique ou l’Office de la Wicca (sic), lorsqu’ils expliquent aux Anglo-Saxons que leurs pratiques sont païennes, comme on peut le lire, pour exemple, dans les Homélies anglo-saxonnes d’Abad Elfrico (Xème siècle), l’un des documents les plus anciens où se trouve le terme wicca et qui est clairement lié aux cultes pré-chrétiens (paganisme).
Ainsi, le terme wicca, en espagnol sorcellerie [Fernando utilise le terme de « brujería », dont l’étymologie se perd, quoiqu’elle puisse faire référence à l’énergie et la chaleur… à distinguer de la « hechicería », étymologiquement reliée au verbe « faire » latin, plus proche de la sorcellerie sortilège : la « brujería » se rapprocherait de la pratique rituelle – ndt]… ainsi, le terme wicca, en espagnol sorcellerie [brujería] (mot d’origine pré-romaine, sûrement celtique, que les chrétiens assimilent comme synonyme de sorcellerie), fonde notre sorcellerie [brujería], étant, ensuite, Sorcellerie [Brujería], Pratique de la Wicca.
Cela signifie que le sens originel de wiccan est celui de païen, religieux polythéiste des cultes pré-chrétiens, et donc étranger ou parallèle à celui de sorcier [hechicero]. En fait, ce seront les chrétiens qui tenteront pendant mille ans d’assimiler la sorcellerie rituelle [brujería] à la sorcellerie sortilège [hechicería] pour la dépouiller de sa valeur religieuse, la stigmatiser et justifier sa persécution en raison de son caractère nocif (diabolique) pour le peuple.
Par conséquent, il ne peut y avoir de sorcellerie rituelle [brujería] qui ne soit wiccanne, ni bien sûr étrangère aux cultes pré-chrétiens, pour la même raison qu’il ne peut y avoir de sorcellerie wiccanne présumée, en tant que pratique étrangère à la religion. La sorcellerie rituelle [brujería] est une religion, la religion est la wicca. Et la sorcellerie sortilège [hechicería] est autre chose, des techniques de partout qui utilisent n’importe quelle religion pour leurs rites.
J’espère que vous pourrez excuser ce résumé très limité, mais la question permet une réponse beaucoup plus large. Bien sûr, tout ce qui précède est documenté académiquement.
[En effet, Fernando fait preuve d’érudition, et son mouvement mérite d’être interrogé et mis en avant, néanmoins sa définition de la wicca décroche de la wicca vingtiémiste, née de Gerald Gardner, et rendue fameuse via Aleister Crowley, et Fernando se sert du mot « wicca » comme d’un terme syncrétique, certes légitimement syncrétique, par rapport à la sincérité de sa recherche : en France, nous lui préférons la notion « d’ancienne coutume ou voie ». Disons que la notion de « wicca » permet de la réactualiser fameusement l’ancienne coutume ou voie dans la popularité, justement, de la wicca. Reste, comme dit un ami : « qu’ancien ne signifie pas mort » – ndt.]

Marga : La wicca et la sorcellerie rituelle [brujería] sont liées car elles signifient la même chose (l’ancienne religion).
La tradition celtique ou plutôt la religion celtique est européenne et vient de la péninsule ibérique. Selon des études d’historiens, les Celtes adoraient déjà des dieux et des déesses et possédaient des panthéons.
La religion nordique ou wicca nordique, n’a aucun lien avec la wicca celtique ou la religion celtique.

Pilar : Wicca : c’est une branche religieuse archaïque qui a ses premiers antécédents au chalcolithique, et qui est une conséquence de la symbiose entre les peuples néolithiques et indo-européens. Les liens avec la tradition celtique sont le polythéisme, le culte des cycles de la nature (roue de l’année), etc. Le mot sorcellerie rituelle [brujería] est un mot pré-romain, qui est apparenté à la racine celtique *brough (ce qui est en haut, élevé) comme une appellation pour les sages chargés du Culte, ceux qui pratiquaient et officiaient dans l’antiquité pré-romaine et pré-chrétienne : c’est notre lien avec les sorcières, les prêtres et les prêtresses qui suivent le culte de l’Ancienne Religion.

Retukerdos : On sait que le terme indo-européen *weik désignait le sacré, l’objet du sacrifice religieux et le sacrifiant. De là vient le terme wicca, avec lequel diverses branches des cultes celtiques sont définies.
Ainsi, le lien avec la tradition celtique est évident, voire le lien avec la tradition nordique, qui ont un socle de croyances très proches des nôtres, au-delà du traitement plus proche (« mondain ») qu’elles accordent à leurs divinités, puisque la croyance (polythéiste, animiste, idolâtre), le symbolisme (Crann Bethadh – Yggdrasil, par exemple), le culte des ancêtres, le culte de la nature… sont présents aussi bien dans les cultes asatruars [nordisants] que wiccans.
En ce qui concerne le lien avec la tradition des sorcières, il convient de noter que la wicca est la tradition des sorcières. L’erreur de confondre la sorcellerie sortilège [hechicería] avec la sorcellerie rituelle [brujería] est courante, car depuis le christianisme, les chrétiens se sont consacrés avec élan à mélanger les deux termes.
Cependant, si nous regardons l’étymologie de la sorcellerie, nous verrons que l’anglais witch dérive de wicce et, à son tour, ceci de *weik ; de même, artisanat dérive du proto-germanique kræft (art ou domaine), donc la witchcraft (brujería) est l’art ou le domaine du sacré.
Numance

4. Votre wicca est-elle liée à Gerald Gardner (Britannique, fondateur officiel de la wicca, début XXème siècle, d’abord reconnue pour religion en Grande Bretagne comme le druidisme) ou Aleister Crowley (Britannique, occultiste sulfureux, fréquentant la première wicca) ? Comment vous positionnez-vous face à eux ?

Bile : Non. Aleister Crowley et Gerald Gardner viennent bien après la tradition sorcière, et ainsi que la tradition celtique [Gerald Gardner se prétendait néanmoins initié par un « coven » (une assemblée) de sorcières traditionnelles, avant d’en faire un néopaganisme – ndt]. La wicca celtibère suit cette dernière tradition, de sorte que les traditions de Gardner et Crowley, ainsi que les sociétés discrètes et secrètes des XVIème au XXème siècles, sont totalement en dehors de la tradition wiccanne celtibère.

Carlos : La réponse courte est non. Je ne connais pas en profondeur la figure de Crowley, je sais qu’il était l’une des figures les plus marquantes de l’ésotérisme et de la sorcellerie européenne du XXème siècle, mais il n’a rien à voir avec la wicca. M. Gardner, pour sa part, est apparenté à la wicca, mais à la branche anglo-saxonne, donc il n’a rien à voir directement avec nous, bien que nos cultes soient apparentés.
[Pourtant Gerald Gardner et Aleister Crowley sont clairement les hommes, sans lesquels on n’aurait jamais entendu parler de wicca de nos jours. Néanmoins, que nos Celtibères contemporains l’ignorent ou se situent parallèlement à l’origine moderne de la wicca, et justement ce qui fait leur valeur à nos yeux, et tout l’intérêt de les laisser s’exprimer sur leur pratique – ndt.]

Fernando : Étant de Tradition différente, sans contact physique ni croisement, nous avons beaucoup de choses en commun et bien d’autres choses différentes avec les Gardneriens. Nous sommes certes unis par des principes communs à cause de nos racines communes, mais notre développement religieux est parallèle. Avec l’Occultisme, l’Aube Dorée ou Crowley, nous ne sommes unis que par ce qu’ils ont puisé dans nos traditions pré-chrétiennes, pour compléter leurs doctrines spiritualistes et hermétiques. [C’est manifeste, et c’est ce qui fait que la wicca celtibera entretient une certaine confusion terminologique, à disputer la notion de « wicca » à Gardner et autres ésotéristes de type Crowley… mais c’est bien cette différence qui rend la wicca celtibera valeureuse, au regard reconstructionniste de l’ancienne coutume ou voie.
Il est d’ailleurs peu probable que Fernando et son ordre changent de terminologie, mais au compte de l’Ordre Sacré de Beltane, ceux qui ont une éthique de la reconstitution de l’ancienne coutume ou voie, voudrons bien se dire wiccans une seconde – ndt.]


Marga : La seule relation que nous avons avec Gerald Gardner et Aleister Crowley, est que les trois religions sont polythéistes, les païens et les wiccans. Nous, wiccans celtibères, avons sauvé l’ancienne religion, c’est pourquoi nous nous appelons celtibères.

Pilar : Notre lignée ne descend pas de Gerald Gardner, le fondateur de la wicca garderienne à la fin des années cinquante du siècle dernier, mais de Fernando González, le fondateur de la Wicca celtibère au milieu des années 80 du siècle dernier. La wicca garderienne incorpore des emprunts cabalistiques et de la magie cérémonielle, tandis que la wicca celtibère tente de récupérer de la sorcellerie traditionnelle [brujería], le cérémonial et les ressources des peuples ibériques et celtiques, et plus particulièrement des Celtibères.

Retukerdos : Gerald Gardner, qui, soit dit en passant, prétendait avoir été initié à un culte religieux dans lequel ses membres se reconnaissaient ou s’appelaient wiccans (il ne lui était donc guère possible de créer ledit culte wicca, comme certains le soutiennent encore aujourd’hui) a fait un travail énorme en essayant de combler les lacunes qu’il a trouvées, après l’obscurantisme forcé par la persécution religieuse, le manque d’accès à l’information et aux études sérieuses concernant les cultes et coutumes païens.
Pour tenter de combler ces lacunes, il a recouru à ce qu’il pouvait et, à son avis, était approprié, recourant entre autres à Aleister Crowley (alors ancien membre de l’Ordre hermétique de la Golden Dawn, de l’Astrum Argentum, de l’Ordo Templi et membre honoraire de beaucoup d’autres), fondateur de la philosophie religieuse de Thelema.
Cependant, la branche wiccanne à laquelle j’appartiens, ayant de nombreux points communs avec la branche qu’il a initiée, diffère également sur de nombreux aspects, dont beaucoup en raison des sources historiques, archéologiques, astro-archéologiques et même linguistiques où elle puise : c’est la branche celtibère à laquelle j’appartiens et à laquelle il n’avait pas accès.
Pour cette raison, ma position à leur égard est celle du respect du travail effectué, des connaissances fournies et de l’intention en faveur du paganisme.


5. Quelle est la particularité de la wicca celtibère ? Quelle différence avec le nordisme ?

Bile : La wicca celtibère est en fait l’héritage des croyances et des cultes sorciers en Espagne, durant nos jours. À leur tour, la wicca celtibère et la tradition sorcière, sont les héritières directes de la tradition celtique, puisque les cultes et les croyances sont les mêmes.
La tradition nordique n’est pas la même que la celtique, mais comme toutes deux sont d’origine indo-européenne, elles sont étroitement liées et, par extension, il existe une relation de points communs avec toutes les cultures anciennes.

Carlos : Pour moi, j’essaie humblement d’être l’héritier des cultes polythéistes de la péninsule ibérique, qui est ma terre et celle de mes ancêtres.

Fernando : C’est la tradition religieuse des Celtes de la péninsule ibérique. [Et clairement pas un ésotérisme néopaïen de sorcellerie sortilège (« hechicería »), mais bien un reconstitutionnisme d’ancienne coutume ou voie de « sorcellerie » ou pratique rituelle (« brujería ») – ndt.].

Marga : Ce n’est pas que la wicca celtibère est spéciale. Ce qui nous différencie des autres wiccans, c’est que nous avons sauvé l’ancienne religion grâce aux historiens et que nous basons nos croyances religieuses sur eux.

Pilar : La wicca celtibera répond à un modèle traditionnel et à un système hermétique, mystérieux et initiatique, qui vient de la Sorcellerie Traditionnelle Ibérique, elle est reconstructionniste et suit les modèles celtiques et ibériques.

Retukerdos : Chaque culte religieux est spécial, parce que chaque culte religieux a quelque chose de singulier ou de particulier qui le différencie d’un autre. Quelle est la particularité de la wicca issue de la tradition celtibère ? Je vous encourage à entrer sur le blog de notre culte pour vérifier la rigueur historique et religieuse sur laquelle nous nous basons pour être reconnus comme un culte sérieux et reconstructionniste. Enfin, au-delà de l’avis d’un membre (chacun dira que son culte est spécial de la même manière) peut-être celui d’un non-membre serait-il plus impartial dans son appréciation.


6. La magie fonctionne-t-elle ? Comment et pourquoi ? Quel genre de magie pratiquez-vous ?

Bile : La magie n’est pas ce que les gens imaginent. Il ne s’agit pas de dire quelques mots-clés, et soudain des événements très marquants se produisent. Normalement, la magie se manifeste lorsque les événements s’alignent de manière inattendue, pour que les choses se passent d’une certaine manière, généralement bénéfique pour nous. En tant que telle, je ne pratique pas la magie, mais je prie simplement les dieux pour les remercier de certaines choses ou leur demander de l’aide, à travers des prières et des rituels : c’est une religion, un culte, pas simplement de la sorcellerie.

Carlos : Beaucoup de choses peuvent être comprises par « magie ». Pour nous, lorsque nous effectuons un rituel et consacrons l’espace et les offrandes, c’est magique. C’est la magie que je pratique, celle de – par des rituels – communiquer avec mes dieux. Et ça fonctionne. On pourrait l’appeler « magie rituelle ».
Une autre chose est la sorcellerie [Carlos utilise en espagnol le mot « hechicería », étymologiquement relié au verbe « faire » latin– ndt] qui consiste à modifier le cours des événements en canalisant sa volonté, c’est-à-dire des sortilèges. Ou les mancies, comme la divination avec le tarot. Je n’en pratique aucune, mais je connais des gens, wiccans et non wiccans, qui les pratique.

Fernando : Clairement ! Les techniques rituelles fonctionnent, elles le font depuis que nous en sommes conscients. Nous sommes des hominidés qui se sont adaptés selon des principes évolutifs, et l’un d’entre eux est de ne pas retenir ce qui ne nous sert pas pour notre survie, notre adaptabilité et notre amélioration. Si la religion ou les pratiques que nous appelons à tort « magiques » ne fonctionnaient pas, nos ancêtres les auraient déjà rejetées il y a des milliers d’années.
Ces techniques, je les utilise pour ma dévotion et mon culte… mais si vous voulez dire si je connais les pratiques de sorcellerie sortilège (la sorcellerie [hechicería], comme pratiques de consommation sociale), oui, la sorcellerie sortilège [hechicería] traditionnelle existe aussi. Les Dieux nous ont appris à communiquer avec eux, mais ils nous ont aussi appris à ne pas en avoir besoin pour les choses du monde (1er sens du Dictionnaire de la langue espagnole, RAE).
Notre culte est religieux, la sorcellerie sortilège [hechicería] n’est pas pratiquée, mais nous savons comment nous pouvons obtenir ce dont nous avons besoin, comme dans toute autre religion.

Marga : Je ne sais pas si la magie fonctionne, car dans notre religion, ce que nous faisons, c’est honorer nos dieux et nos déesses.

Pilar : Oui, la magie fonctionne en fonction des énergies et de l’intensité que vous y mettez.

Retukerdos : Nous retrouvons ici une autre pierre d’achoppement due à ce qui a été acquis après des siècles de contresens. Quel genre de magie est-ce que je pratique ? Il y a des cours ? Faîtes-vous référence à la magie blanche, noire, rouge… grise ?
Depuis l’Empire romain, le terme veneficium [qui donne nos « bénéfice, bienfait » – ndt] a été utilisé pour désigner la magie, bien que le mot magicien, celui qui pratiquait la magie en dehors de la sphère religieuse, ait commencé à signifier enchanteur, maleficus. Ainsi, en lisant le procès public contre Apulée pour crimen magicae (accusation de magie) au milieu du IIème siècle de notre ère, on peut trouver : « […] magicien est dans la langue des Perses ce que, dans la notre on nomme prêtre, quel défaut y a-t-il finalement d’être prêtre, de connaître, selon le rituel, et de connaître et maîtriser les règles des cérémonies, les préceptes de les sacrifices, les lois religieuses ? […] »
Alors, si la magie relève de la religion, de la théurgie (pratique par laquelle il s’agit d’établir une communication avec les divinités et de faire des prodiges), quel genre de magie est-ce que je pratique ? Une magie religieuse. La magie se concentrait précisément là-dessus, sur la communication avec les divinités.
Ça marche ? D’après mon expérience oui. Demandez à un prêtre chrétien si la magie qu’il pratique quand, après un rituel, il effectue la transsubstantiation du pain et du vin dans le corps et le sang du Christ, fonctionne ou non. Il dira sans doute oui, comme n’importe quel adepte de cette secte.
Mais j’imagine que cela fait référence à des problèmes plus « proches ». La réponse reste la même. Oui. Ça marche. Si c’est fait correctement, à la fois rituellement et spirituellement, et tout cela conformément à la bonne intention, oui.


7. Pouvez-vous nous raconter une anecdote rituelle ?

Bile : En guise d’anecdote rituelle : lors de l’Óspitum, ma guide et moi avons demandé aux Dieux de m’aider dans ma nouvelle voie. Les jours suivants, j’ai eu beaucoup de problèmes à la maison, car j’ai commencé à montrer que je n’étais pas d’accord avec la religion où j’étais. J’ai trouvé le courage d’ouvrir la voie à mes parents pour qu’ils s’habituent à ce que je ne sois plus aux réunions et aux activités de la congrégation.
En traversant une forêt en solitaire, où j’avais l’habitude d’aller, un pigeon sans tête tombe soudainement à mes pieds. Je ne pouvais pas voir l’animal, je suppose un oiseau de proie, qui en était la cause : ma guide m’a dit que c’était un signe clair, que je devais dire clairement que je ne voulais plus faire partie de ma religion précédente, je ne pouvais pas être hypocrite en assistant à deux offices différents sans rien mentionner de l’actuel au premier.
Cela indiquait également ma guerre, tout comme les cartes l’indiquèrent à mon professeur. Et il s’est passé la même chose, j’ai eu beaucoup de soucis, et une très mauvaise période, mais au final j’ai vu que la tempête s’est calmée, et mes projets de vie se sont réalisés un à un, puisqu’ils avaient stagné à cause de ma propre stagnation.

Carlos : Je ne suis ici que depuis peu de temps, donc je n’ai pas beaucoup d’expériences. Je peux seulement dire que lorsqu’on participe à un rituel et qu’on se met au diapason de ce qui se fait et se dit, on peut ressentir beaucoup de choses.

Fernando : Non.

Marga : Non, je ne peux vous raconter aucune anecdote d’aucun rituel, puisque nous sommes une religion hermétique.

Pilar : Non.

Retukerdos : Permettez-moi de vous rappeler que « tout ce qui se passe à Vegas, reste à Vegas ».


8. Comment vous positionnez-vous face à d’autres mouvements païens, disons plus authentiques ou qui se disent plus authentiques, comme le druidisme ?


Bile : Concernant d’autres mouvements soi-disant plus authentiques, comme le druidisme, je dois dire qu’ils ne sont pas authentiques du tout, puisqu’ils sont plus concernés par commercer la religion que par la religion elle-même. De plus, ils accordent plus d’attention focale à la spiritualité ou à la sensation spirituelle qu’à la connaissance de l’histoire, ce qui les aiderait à être plus exacts dans leur culte.

Carlos : J’imagine que dans ce cas la question fait référence à plus de « reconstructionnistes » [c’est-à-dire les plus sérieux – ndt]. Il est vrai qu’il existe des cultes wiccans plus laxistes ou syncrétiques, mais précisément le nôtre accorde une grande importance aux sources historiques et à la reconstruction des croyances anciennes. Je pense donc que la seule chose qui nous sépare vraiment des druides et d’autres cultes païens similaires est la terminologie, car nous nous ressemblons beaucoup. [Manifestement, la wicca celtibera est dans la meilleure des démarches reconstructionnistes – ndt.]

Fernando : Il est courant de confondre la wicca historique avec la néo-wicca ou pire encore, la pseudo-wicca.
La wicca historique est traditionnelle, reconstructrice et bien sûr authentique. Je ne me sens pas moins authentique que nos frères druides, et plus encore compte tenu de ces références directes anciennes, dans le pire des cas avant le Xème siècle. Peu de gens peuvent dire la même chose, qu’ils ont été identifiés comme tels, avec leur même nom, depuis si longtemps, et qu’ils ont également eu une continuité jusqu’à aujourd’hui (comme sorcellerie rituelle [brujería]).
Je me place, en égal, dans un Culte Celtique, une religion Celtique de plus, avec sa doctrine, ses traditions et ses pratiques ancestrales aussi originales les unes que les autres, avec son Sacerdoce Celtique. La wicca celtibère n’a inventé aucune de ses pratiques, mais les récupère et les exécute, vénère les mêmes dieux et garde ses mêmes fêtes qu’avant cette ère et pratiquement de la même manière, bien que beaucoup reste à reconstruire.
Avec nos frères druidiques, par exemple, nous nous entendons particulièrement bien, nous travaillons ensemble pour revendiquer des droits communs et en tant que religion légalisée en Espagne et au Portugal, nous avons des liens directs avec les ordres druidiques légalement reconnus comme religion en Espagne. Bien que ce ne soit pas quelque chose dont nous soyons totalement satisfaits, nous avons beaucoup plus de relations avec les druides et les asatruars [nordisants] qu’avec d’autres cultes wiccans ou des personnes qui se disent wiccannes [Fernando fait sûrement référence à ce qu’il nomme néo-wiccans et pseudo-wiccans, entre filiation gardnerienne et autres quidams enthousiastes – ndt]. Nous sommes traditionnels, et cela pèse autant que cela dérange beaucoup de gens, qui ont décidé au-delà de notre réalité et des faits ce que nous ne pouvons pas être et ce que nous devrions être. [C’est tout le problème que je relevai, en effet, d’utiliser la notion de « wicca » en tant que syncrétisme de l’ancienne coutume ou voie, quoique cette wicca celtibera-là est à honorer. Après tout, il n’y a pas que des druides, dans la vie, ou bien ? – ndt.]

Marga : Je respecte toutes les branches wiccannes et païennes, mais nous nous concentrons sur le culte de l’ancienne religion ou la sorcellerie rituelle [brujería], peu importe comment vous voulez l’appeler.

Pilar : Avec respect, chacun a ses croyances et nous devons respecter le chemin que chacun veut ou sent devoir suivre.

Retukerdos : Ou qui prétendent être plus authentiques, j’ajouterai.
Au-delà des éventuels heurts dialectiques, par contre peu fréquents, entre certaines branches wiccannes avec certaines branches druidiques, la relation entre les membres et l’organisation religieuse de la wicca celtibera et les branches druidiques est excellente : en effet, nous travaillons main dans la main, à travers la Plateforme en faveur de la liberté religieuse du paganisme, avec l’Association religieuse des druides Fintan et la Confrérie des druides Dun Ailline, ainsi qu’en collaborant avec l’Ordre des druides Mogor, l’Ordre des Druides Galiciens, et le Nouvel Ordre des druides du Vrai Sentier, par exemple en adhésion au Manifeste pour la protection et la reconnaissance des lieux sacrés de la tradition celtique.
Un Ibère

9. Voulez-vous ajouter quelque chose librement ?


Bile : La dernière chose que j’ajouterai, c’est que trouver la wicca celtibère a été et reste la clé pour réaliser tous mes projets : cela m’a libéré de ces choses qui m’empêchaient de progresser, cela satisfait mon besoin spirituel, je me sens plus unie à notre communauté celtique, nos racines culturelles. Ce que j’ai appris, contient le moyen de résoudre des inconnues qui sont très importantes pour moi. Et j’ai rencontré ma guide, une personne merveilleuse.

Carlos : Merci de l’intérêt que vous portez à nos croyances et sachez que je serai toujours prêt à répondre à toute question, tant que je connais la réponse.
Que les dieux et vos ancêtres veillent toujours sur vous.
À la prochaine !

Fernando : Merci, j’espère que m’interviewer vous a été utile et j’espère qu’un jour je vous compterai parmi mes amis, et permettez-moi de vous dire adieu avec notre Bénédiction : « Que le soleil t’illumine / Que la Lune te garde / Que l’arbre te guide. » – Ferdinand Gonzalez, – Kombalkores Bintoi monati – Confession religieuse Wiccanne [« « « « « Wicanne » » » » » – ndt] – Tradition Celtibère.

Marga : Félicitations pour ce travail que vous faites, pour la wicca celtibera c’est un grand honneur que notre religion soit étudiée.

Pilar : Oui, nous nous rencontrons fréquemment et apprenons à nous connaître.

Retukerdos : Merci pour l’effort et le temps passé et votre travail communicatif.
Embrassades.


10. Merci, c’était un plaisir. Naturellement, les propos en italique et entre crochets [notes du traducteur, ndt] n’engagent que moi.

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