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UK : Les francs-maçons font don d’un précieux équipement au nouvel hospice de Winchester

De notre confrère anglais hampshirechronicle.co.uk – Par Andrew Napier

Les FRANC-MAÇONS ont financé un précieux « lit douillet » pour le nouvel hospice de Winchester , permettant à leurs proches de passer des moments ensemble.

La Burrell House du Royal Hampshire County Hospital a été convertie en Winchester Hospice et a ouvert ses portes en septembre à la suite d’une campagne de collecte de fonds de 4,4 millions de livres sterling.

L’hospice dispose de 10 lits douillets qui font une grande différence pour les patients et leurs proches – d’une simple pression sur un bouton, les lits s’ouvrent pour faire de la place à deux.

Les francs-maçons locaux ont fait un don de 18 000 £ et 2 000 £ ont été obtenus de leur organisme de bienfaisance national, la Masonic Charitable Foundation (MCF).

Nick Vaughan, président de la Winchester Hospice Fundraising Charity, a déclaré : « Nous sommes très reconnaissants aux francs-maçons d’avoir financé notre dernier « lit douillet ».

« Nous en avons maintenant une dans chacune des 10 chambres, créant un environnement confortable comme à la maison pour chacun de nos patients.

« Alors que nous poursuivons la campagne de financement de l’organisme de bienfaisance pour assurer la prestation de soins et de soutien améliorés aux patients et à leurs proches, les fonds supplémentaires que nous avons reçus des francs-maçons sont très appréciés.

«Ce soutien permettra également à l’équipe de soins palliatifs d’employer les compétences spécialisées d’un art-thérapeute qui fournira une forme précieuse de soutien psychothérapeutique.»

Jon Whitaker, qui dirige les francs-maçons du Hampshire et de l’île de Wight, a déclaré : « Les francs-maçons de tout le pays soutiennent le mouvement des hospices depuis de nombreuses années.

« Je suis ravi que les francs-maçons du Hampshire et de l’île de Wight – et en particulier de Winchester – aient pu montrer leur soutien d’une certaine manière au nouvel hospice local. »

Alors que Winchester Hospice Fundraising Charity a collecté plus de 4,4 millions de livres sterling grâce à des dons de bienfaisance, elle doit continuer à collecter des fonds pour aider le personnel à fournir des soins et un soutien améliorés aux patients et à leurs proches.

Winchester Hospice est géré par le Hampshire Hospitals NHS Foundation Trust, qui possède des hôpitaux à Winchester, Basingstoke et Andover.

ITALIE : manger et boire comme un franc-maçon

De notre confrère italien expartibus.it – Par Hermes

Le dicton bien connu « manger et boire comme un franc-maçon » nous ramène à 1700, lorsque les premières loges maçonniques modernes se sont réunies dans les pubs et les tavernes de Londres avec les noms les plus étranges et les plus fascinants tels que « Al melo », « Alla corona », ‘Al verre et aux raisins’.

La fusion de quatre lodges préexistants différents a eu lieu le 24 juin 1717, le jour de la Saint-Jean-Baptiste, à la taverne Goose & Gridiron, ‘All’Oca e alla Graticola’, un restaurant londonien situé près de l’église de St Paul qui avait comme enseigne un cygne et une lyre.

Il semble que le vin de banquet, ou plutôt Agape, soit venu d’Italie et ait été expédié de Livourne.
Hermès

La rivière secrète est derrière mon épicerie. Je vois. Il coule chamaniquement sur les étagères de belles bouteilles bien alignées. Je les boirai toutes. De A à Zeta. De l’Albana sec, doux et sucré, au Zinfandel californien, qui n’est rien de plus qu’un « Primitivo », comme nos rouges des Pouilles.

Je bouge, je le sens : un parfum pénétrant et épicé de saucisses et de fromage se répand dans l’air. Un parfum de bienvenue qui vous attire comme le son du cornemuseur parmi la vache rouge Parmigiano, le Cheddar jaune de la ferme, Podolici Caciocavalli, Montebore piémontais, Pecorini di Fossa. Somptueux Gorgonzola. Puzzoni di Moena.

Et puis les jambons de Parme, Cinta Senese, Sauris et Pata Negra. Et mortadelle, capocolli des Pouilles, ciauscoli et salami de toutes sortes, du nord au sud, y compris la sauce à l’ail et le piment vibrant aux graines de fenouil. Ici et là, des figues vertes des Marches se balancent prêtes à faire la fête.

L’alchimie en cuisine est un art de l’équilibre et des combinaisons. Ou de contrastes. Nourriture de la terre, de l’eau, de l’air et du feu. Mais sans quintessence, vous ne pouvez pas cuisiner.

Le plat doit être senti, palpé, caressé, goûté, soigné. Regardé aussi. Pensez-vous que le regarder ne compte pas ? Vous avez tort. Une cuisine simple et complexe se touche et se fond en une seule.

Au ‘Lingotto di thon avec sauce poutargue, oignon rouge acidulé et épices péruviennes’ je réponds avec Friselle et tomates. Devant le ‘Risotto opuntia, coques et câpres’ j’ai aligné une belle assiette de spaghettis aux palourdes.

A l’appétissant et très bon ‘Risotto al graukase avec oignon braisé, vinaigre de poire et croustillant puccia’ de Niederkofler j’oppose une carbonara faite avec des attributs, en premier lieu du bacon .

Contre « l’anguille laquée au saba, le concentré de pomme Campanina et une crème de polenta Bottura grillée, je « tire » une pâte napolitaine au four avec des macaronis, des boulettes de viande, un œuf dur, des morceaux de salami et du provolone.

Et le vin ? Le vin est du vin.

Je suis né entre une flaque de vin et la mer.

Ainsi nous avons été enchantés par un grand professeur au cours de sommelier . Je n’ai jamais oublié cette phrase. Une ouverture qui dans sa simplicité signifiait beaucoup de choses. Ce vin est nature, ce vin est culture, ce vin est poésie. Ce vin, aux bonnes doses, peut vous aider à mieux vivre.

Je ne parle pas de l’ivresse alcoolique, ou pire, de l’âne, même si beaucoup en ont fait l’expérience au moins une fois dans leur vie pour le plaisir, l’ennui ou le désespoir. Je parle d’un état d’esprit fluide et ouvert qui vous prédispose au lâcher prise.

Freud a dit

le Superium est soluble dans l’alcool.

Quelle phrase !

Je parle du plaisir de la dégustation. C’est-à-dire de cet art magique, incarné par le prêtre – sommelier qui permet d’amplifier les sensations olfactives, visuelles et gustatives en plus.

Certes beaucoup retracent des lieux communs sans vraiment en écouter la saveur ou ils inventent tout. Et ils tirent des bêtises.

Dans ce rouge on perçoit des notes de fraises des bois au coucher du soleil avec de légères notes de cacao de Madagascar…

Oublie. C’est du fanatisme, de la pure rationalité. Mais, cependant… avec un peu de technique et beaucoup d’entraînement il est possible de saisir dans le vin, celui bien fait, beaucoup de vraies veines olfactives. Et à partir de là, vous pourrez profiter d’une véritable évocation qui peut vous entraîner dans un souvenir ancien ou vous projeter vers une nouvelle aventure passionnante.

L’union entre le vin, la poésie et la philosophie est très étroite. Il suffit de penser au Symposium, cette pratique conviviale de la Grèce antique qui suivait le banquet au cours duquel les convives buvaient selon les prescriptions du symposiarque, chantaient des chansons et se consacraient à des divertissements de toutes sortes : récitation de poèmes, danses, conversations, jeux. Érotisme.

Pour Platon, la découverte du vin par l’homme représente la ligne de partage entre l’état de Nature et l’état de Civilisation. Socrate, son maître, considérait l’ivresse non comme un délire, mais comme un état transitoire, qui permettait à notre être une ouverture authentique et profonde sur nous-mêmes et sur les autres.

À ce stade, j’ai eu un petit creux. Veuillez accueillir une libation festive pour célébrer les vacances à venir.

Ah, j’oubliais, les abstinents se consolent. Cependant, je les embrasse idéalement tous.

Mais je leur dédie, avec une gentillesse absolue, la même réponse que Nino Manfredi, dans le film Pane e Cioccolata, a donnée à un commissaire allemand qui lui a demandé s’il était italien :

Personne n’est parfait!

RUSSIE : Les élus Cohen… de l’Univers

De notre confrère russe gorky.mediaExtrait du livre de John Dicky sur les francs-maçons

« Freemasons » est un nouveau livre de John Dickey, expert britannique de l’histoire des gated communities. Aujourd’hui « Gorki » vous propose de lire un extrait du chapitre « Paris. A bas le culte du Christ, à bas le pouvoir des rois. » – John Dickey. Francs-maçons : comment les francs-maçons ont façonné le monde moderne. M. : CoLibri, Azbuka-Atticus, 2021. Traduit de l’anglais par V.I.Frolov.

Il y avait à peu près autant de mystiques parmi les maçons français que de scientifiques. Beaucoup étaient enclins à croire que de siècle en siècle dans les loges maçonniques non seulement certains principes moraux étaient transmis, mais aussi les connaissances ésotériques les plus importantes. Et Jean-Baptiste Villermoz est devenu un exemple vivant du contact de « l’art » avec les sciences occultes. Il est né en 1730 à Lyon, est devenu marchand de soie, s’est engagé dans des œuvres caritatives, était un homme d’affaires impeccable, et est devenu franc-maçon par désir de s’élever dans les hautes sphères. Les bonnes gens de Lyon ne savaient pas que Villermoz étudiait avidement les aspects les plus mystiques de la science maçonnique et correspondait avec des maçons ésotériques et des philosophes de divers pays, dont la Russie, la Suède et l’Italie. A trente-cinq ans environ, Villermoz avait déjà été initié à plus de soixante degrés différents.

En visite régulière à Paris pour affaires, Villermoz essaie de se rapprocher au plus près des secrets maçonniques. C’est dans la capitale en 1767 qu’il rencontre le visionnaire et kabbaliste Martinez de Pasqually, qui étudie les nouveaux mondes de la sagesse. Il croyait que toutes les personnes de naissance sont des demi-dieux et que les rituels maçonniques sont capables de restaurer cet état aux élus. Martinez de Pasqually a créé l’Ordre des Chevaliers-Maçons du cohen choisi de l’univers pour invoquer les pouvoirs divins à travers l’utilisation de cercles vicieux, les noms d’anges et l’astrologie. On croyait que minuit le jour de l’équinoxe de printemps était particulièrement propice à la sorcellerie : après de longs préparatifs spirituels, les maçons sélectionnés restaient pieds nus, la tête les poings fermés et communiquaient avec l’Être suprême par le biais de la soi-disant réintégration.

Villermoz devient l’adepte de Martinez de Pasqually et devient bientôt le chef de l’antenne lyonnaise des « Choisis Cohen ». Après chaque équinoxe de printemps, il continuait d’espérer, même si la réintégration n’avait pas eu lieu. Beaucoup commençaient déjà à râler, car, trouvant à chaque fois de nouvelles excuses, Pasqually lui-même ne venait jamais à Lyon pour conduire le rituel selon toutes les règles. Villermoz ne perd pas confiance, même lorsqu’en 1772 on apprend que Martinez de Pasqually quitte la France pour toujours, allant recevoir un héritage dans les lointaines Antilles.

Pendant ce temps, Villermoz absorbait les dernières influences allemandes – des mises à jour du rite écossais, qui étaient bientôt destinées à devenir extrêmement populaires parmi tous les francs-maçons. Il s’est avéré qu’en Terre Sainte, les secrets des anciens maçons ont été découverts non seulement par les croisés, mais par les frères de l’ordre des pauvres chevaliers du Temple de Jérusalem, ou les Templiers. Cet ordre de moines guerriers a été créé au XIIe siècle. En Terre Sainte, ils ont réussi à s’enrichir considérablement, et après la fin des croisades, l’ordre a commencé à regarder de plus en plus avec envie. En 1307, le Pape a publié un décret arrêtant l’élite dirigeante des Templiers, les accusant d’actes abominables, y compris l’infanticide et le culte de l’idole à tête de bouc Baphomet. Le chef de l’Ordre, Jacques de Molay, a été brûlé vif juste devant la cathédrale Notre-Dame.

Mais même des siècles après la dissolution de l’ordre, les Templiers ne furent pas oubliés. Pour les fidèles catholiques, c’étaient des apostats justement punis. D’autres les considéraient comme des victimes de la cupidité et de la tromperie de l’Église. Il y avait des rituels d’initiation dans l’ordre, et le chef des Templiers s’appelait le Grand Maître, Grand Maître ou Grand Maître. Ces coïncidences suffisaient à Villermoz et à d’autres pour n’avoir aucun doute sur les origines maçonniques des Templiers. En 1774, Villermoz, avec un groupe de personnes partageant les mêmes idées, fonde le « Chapitre des Templiers » à Lyon. Quatre ans plus tard, à la suite de l’union de cette société avec les « élus cohen », la charte des Chevaliers Bienfaisants de la Ville Sainte est créée.

Dans les années 1780, l’infatigable Villermoz picorait une énième innovation. Peu de temps avant cela, le médecin viennois Franz Mesmer a fait une découverte historique : la même force gravitationnelle qui fait tourner les corps célestes traverse les organismes vivants sous la forme d’un fluide spécial, qu’il a appelé magnétisme animal. Chez l’homme, le blocage de ce magnétisme animal provoquait toutes sortes de maux. Heureusement, Mesmer avait un don pour accumuler et diriger les fluides. Au cours des séances, il a touché des zones magnétiques spéciales sur le corps du patient, les injectant dans une transe et une guérison. Mesmer arriva à Paris en 1778 et bientôt, démontrant son don partout, trouva de nombreux adeptes. 

Passionnés de mesmérisme, les gens ont fondé la « Loge de l’Harmonie », une organisation quasi-maçonnique dont les tâches étaient d’étudier en profondeur les méthodes de Mesmer et de garder ces secrets. Bientôt des succursales de cette loge firent leur apparition dans toute la France. Villermoz réussit aussi à les intégrer dans sa charte des Chevaliers Bienfaisants de la Ville Sainte.

Jean-Baptiste Villermoz poursuit sa quête spirituelle jusqu’à sa mort en 1824. Il était peut-être l’enthousiaste le plus omnivore et le plus persistant de la franc-maçonnerie mystique de la seconde moitié du XVIIIe siècle. Le développement des branches occultes de la franc-maçonnerie ne pouvait que donner naissance à de nombreux charlatans. Le plus célèbre d’entre eux est Giuseppe Balsamo, qui est entré dans l’histoire sous le nom d’emprunt de comte Cagliostro. Il est né en 1743 à Palerme dans une famille pauvre. Au cours de sa vie, il a voyagé dans toute l’Europe, falsifiant des documents et vendant sa femme. En 1777, après avoir purgé une peine dans une prison de Londres, il est ensuite accepté dans les rangs des frères-maçons au pub « Soho ». De nouvelles opportunités se sont ouvertes pour l’aventurier. Il a recommencé à errer sous le nom de « Grande Veste » (ce degré il s’est présenté dans le « rituel égyptien » inventé par lui). Cagliostro le franc-maçon possédait de nombreux secrets supérieurs,

Il nous est bien sûr facile de considérer la franc-maçonnerie occulte de la seconde moitié du XVIIIe siècle comme une drôle de curiosité historique, et des personnages comme Pasqually, Villermoz, Mesmer et Cagliostro comme des excentriques ridicules. Mais l’histoire ne doit pas être prise à la légère. Ainsi, par exemple, le mesmérisme a été pris au sérieux par les principaux esprits de l’époque, parce que des phénomènes comme le magnétisme animal commençaient tout juste à être étudiés. Grâce à Newton et Franklin, l’humanité a appris comment fonctionnent la force de gravité et l’électricité, mais on ne savait toujours pas ce que c’était, en substance.

L’émergence de la « franc-maçonnerie révélatrice », poursuivie par Villermoz, est très symptomatique dans le contexte de l’affaiblissement du rôle de la religion institutionnelle en France dans la seconde moitié du XVIIIe siècle. Le troupeau s’éclaircissait, les fonds de l’Église diminuaient. Au lieu de rejoindre des confréries catholiques, les bons bourgeois français entrèrent en masse dans des loges maçonniques, dans lesquelles ils firent, en fait, la même chose, mais seulement en dehors de la structure hiérarchique de l’église, à savoir, ils communiquaient, faisaient des œuvres de charité et cherchaient une expérience mystique collective. Comme en Angleterre, la France subit une transition vers une société laïque, et la franc-maçonnerie a contribué à adoucir cette transition.

Malgré la désapprobation du Pape, de nombreux membres du clergé se sont également lancés dans l’art. Selon un rapport, environ 35 % des frères maçons d’Angers et du Mans étaient prêtres et curés. En même temps, ils étaient très différents par les maçons. En 1778, treize des cent cinquante membres de la prestigieuse loge scientifique des Neuf Sœurs étaient membres du clergé. En 1752, dans la loge parisienne, Casanova fit la connaissance d’un gros bon vivant de Bologne, qui se révéla être un cardinal, et d’ailleurs un légat du pape. Ensemble, ils ont dégusté « de délicieux repas, accompagnés de charmantes demoiselles ».

Bref, la conclusion est que la franc-maçonnerie française était le reflet de la société française dans son ensemble – ou plutôt de ses couches privilégiées. Il était si bigarré qu’il n’est pas surprenant que ce soit en France que l’un des francs-maçons les plus mystérieux et les plus extraordinaires de l’histoire soit destiné à apparaître.

Chevalier d’Eon

Charles de Beaumont, dit Chevalier d’Eon, était un avocat, soldat, diplomate et agent infiltré français. En 1763, il vint en Angleterre et fit immédiatement sensation. Même en France, le chevalier était connu comme un gaspillage de l’argent de l’État et un duelliste, et en Angleterre, les dettes envers les prêteurs londoniens s’ajoutaient aux obligations envers les gens sérieux de Versailles. En octobre 1764, d’Eon, armé jusqu’aux dents, riposte aux créanciers d’une maison transformée en bastion à Soho. En fin de compte, il a réussi à s’échapper, alors qu’il était hors-la-loi. Il a fait chanter les autorités françaises en menaçant de divulguer des documents secrets. L’imprudente « carrière diplomatique » du chevalier d’Eon ne dura pas moins de treize ans.

Ce qui le distinguait de beaucoup d’autres aventuriers, c’est qu’il s’habillait souvent d’une robe de femme, et le vrai sexe du chevalier n’était connu de personne. Dans une conversation privée avec un agent secret français, d’Eon a avoué qu’il était une femme.

En 1768, au plus fort des polémiques et des ragots, le chevalier d’Eon est ordonné franc-maçon à la couronne et à l’ancre de la rue Strand. Après un an et demi, il était déjà officier de loge. Devenu franc-maçon, le chevalier rassure provisoirement ceux qui se disputent sur son sexe. Le rite d’initiation impliquait d’exposer les seins, et apparemment aucun caractère sexuel féminin n’a été trouvé.

La nouvelle que d’Éon avait rejoint les rangs des Frères-Maçons amusait tout Londres. Les estampes satiriques ridiculisaient impitoyablement « l’art » qui avait terni sa réputation. L’un d’eux représente deux délégations. Les premiers – maçons embarrassés – demandent au chevalier de ne révéler à personne les secrets de son sexe. Ces derniers acceptent les paris sur l’argent, ils veulent dissiper tous les doutes une fois pour toutes et demandent au Chevalier de passer par la procédure standard d’approbation de genre, que le pape élu est censée suivre. Deux traits portent la même chaise vaticane, sur laquelle ils sont testés pour l’appartenance au sexe masculin (un trou a été fait au milieu du siège), et le prêtre attend déjà qu’il se glisse dessous.

Le chevalier lui-même, bien sûr, aimait son autre image, plus flatteuse, à tel point qu’il en acheta dix exemplaires d’un coup. Il montre une figure de genre indéterminé dans une robe, mais avec des attributs masculins comme une épée, une canne et des décalcomanies maçonniques. En arrière-plan se trouvent des images d’imposteurs célèbres.

En 1777, la discussion de Paul Chevalier d’Eon reprit. Cette fois, il est venu au tribunal, dans lequel la version du genre féminin a été confirmée par deux témoins. L’un d’eux est un chirurgien qui a prescrit des médicaments pour la maladie « féminine » du Chevalier. Le second est un journaliste, qui a même déclaré avoir noué une relation intime avec le chevalier. La polémique s’est poursuivie sur le fait que des témoins pouvaient être achetés. Cependant, peu de temps après, le chevalier lui-même, alors âgé de quarante-neuf ans, se déclara femme. La nouvelle dame d’Eon allait rentrer en France.

En même temps, elle continuait à traiter la franc-maçonnerie avec le plus grand sérieux. Les liens avec les frères-maçons restèrent même lorsqu’elle dut quitter Paris et rentrer chez elle dans la lointaine Bourgogne. Les maçons étaient son cousin, plusieurs amis proches et un perruquier pour elle.

Plus surprenant, la loge de Tonneres, la ville natale de d’Eon, la considérait comme un membre à part entière. En août 1779, le « Grand Orient » n’est pas d’accord pour l’accepter, ce qui provoque l’indignation des Maçons de Tonner : « Malgré la transformation qui s’est opérée [en femme], nous n’avons pu que l’accepter dans nos rangs, car sinon nous aurions trahi notre sang et nos vœux fraternels. » … Oui, d’Eon est devenu une femme, mais elle a continué à être un « frère ».

Comment expliquer une vision aussi large des Maçons Tonner ? Peut-être étaient-ils simplement respectueux envers cet homme, alors que quelqu’un continuait simplement à le considérer comme un homme, même s’il préférait marcher en vêtements de femme. Mais ce n’est pas seulement une question d’intercession secrète. Si en Angleterre les femmes parmi les maçons n’apparaissaient que dans des sketches satiriques, alors en France les dames en zapon étaient déjà là – les plus réelles.

La Magie et l’Hypnose

Papus – Éditions Alliance Magique, Coll. Les Incontournables de l’ésotérisme, 2021, 472 pages, 22 €

Présentation de l’éditeur :

Papus, illustre médecin, philosophe et occultiste considéré comme le plus emblématique magiste du 19ème siècle, se penche dans ce livre sur la question de l’hypnose et de son application en tant que support magique.

Véritable préquel du développement personnel dans sa dimension mystique et occulte, il fait de cet ouvrage un incontournable pour tous ceux qui voient en l’hypnose un élément essentiel à leur accomplissement et à leur réussite personnelle. Apprenez à hypnotiser et à gérer l’hypnose d’une personne, pas à pas, à l’aide de méthodes expliquées et décryptées par un médecin qui contribua grandement à l’expansion de cette discipline alors naissante.

Découvrez enfin les arcanes ésotérique de l’hypnose, moins connu de nos jours, mais dont les applications concrètes et pratiques vous permettront de développer dans un objectif magique votre sensibilité et vos capacités et d’explorer l’astral et les mots qu’il recèle.

Un ouvrage de la collection « Les Incontournables de l’ésotérisme ».

La biographie de l’auteur :

Gérard Anaclet Vincent Encausse (1865-1916), dit Papus, est un médecin et occultiste français, cofondateur de l’Ordre Martiniste avec Augustin Chaboseau. Il a été une des figures pittoresques et hautes en couleur de la Belle Époque. Il s’est défendu d’être un thaumaturge ou un inspiré et s’est présenté comme un savant, un expérimentateur.

Avant même de terminer ses études, dès 1886 environ, il se donne pour tâche de lutter contre le scientisme de l’époque en diffusant une doctrine synthétisant divers aspects de l’ésotérisme occidental d’alors, représenté par le chimiste Louis Lucas, le mathématicien Wronski, l’alchimiste Cyliani, le pythagoricien Lacuria, le magnétiseur Hector Durville, Antoine Fabre d’Olivet, Alexandre Saint-Yves d’Alveydre. Encausse se fait appeler Papus d’après le nom d’un esprit du Nuctaméron, attribué à Apollonius de Tyane. La pensée de Louis-Claude de Saint-Martin a laissé sur lui une trace profonde à partir de 1889 environ, peu après sa rupture (1890) avec la Société Théosophique de Mme Blavatsky.

Papus fut même surnommé le « Balzac de l’occultisme » – cf. Philippe Encausse, Docteur en médecine et fils de Gérard Encausse dans son livre « Papus » (Paris, Belfond, 1979). 

[NDLR : Papus aurait-il plus d’un tour dans son sac pour nous faire entrer dans ce domaine si mystérieux qu’est celui de la magie… Au sens figuré, cet art de l’illusionniste, est un effet qui semble surnaturel, irrationnel, mais c’est surtout un art fondé sur une doctrine qui postule la présence dans la nature de forces immanentes et surnaturelles, qui peuvent être utilisées par souci d’efficacité, pour produire, au moyen de formules rituelles et parfois d’actions symboliques méthodiquement réglées, des effets qui semblent irrationnels.

Quant à l’hypnose, cet état de passivité semblable à celui du sommeil, artificiellement provoqué, chez un sujet qui reste en partie conscient. Alors oui, nous sommes en état de passivité car nous subissons, même après tant d’année après la première édition, le pouvoir de fascination, voire d’envoûtement qu’exerce Papus sur le lecteur !

Le sous-titre nous le dit, il s’agit bien d’un « ‘’Recueil de faits et d’expérience justifiant éprouvant les enseignements de l’occultisme’’ par Papus – Docteur en médecine de la faculté de Paris – Docteur en kabbale – Président du groupe indépendant d’études ésotérique – Avec 8 planches phototypiques ».

N’oublions pas que Papus est aussi l’auteur de L’Almanach du magiste : contenant agenda magique

pour tous les jours de l’année… l’hypnotisme pratiqué en quatre leçons… le résumé de la doctrine de l’occultisme sur l’âme et son évolution… publié par un groupe d’occultistes sous la direction de Papus, dont la première année remonte à 1894.

Dans son avant-propos Papus, en mars 1896, nous précise le rôle de l’occultiste. Rôle qui est bien plus philosophique qu’expérimental. Des expériences servant à démontrer la réalité des théories de la science ésotérique. L’occultisme est en effet et avant tout scientifique. Papus répond à une demande de ses lecteurs qui, à l’appui des théories exposées, souhaitent voir aborder un certain nombre de faits. C’est l’origine de ce travail dont l’auteur rend compte, de façon utile, de la manière dont le hypnose et la télépathie se rattachent à l’occultisme et à la magie.

Gérard Encausse par Eugène Pirou
  • La table des matières :

Préface

Avant-propos

Première partie

Chapitre I : L’homme astral

Chapitre II : Magie et suggestions

Chapitre III : De l’hypnose à l’envoûtement

Chapitre IV :  Magie et spiritisme

Deuxième partie

Chapitre V : La partie invisible de la nature

Chapitre VI : Des êtres qui habitent le plan astral

Chapitre VII : De l’élémentaire

Chapitre VIII : Les images astrales

Chapitre IX : Des élémentaux

Troisième partie

Chapitre X : La magie]

Pour bien ranger vos peluches et doudous (symboliques)

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Une des phrases importantes de la franc-maçonnerie concerne la notion de secret : les francs-maçons ont-ils des secrets ? Réponse : «oui, en très grand nombre et de très grande valeur.»

Si vous voulez comprendre cette phrase, vous pouvez remplacer «secrets» par «peluches» ou «doudous». Les francs-maçons ont-ils des peluches ? Oui, en très grand nombre et de très grande valeur. Voilà que les choses s’éclairent !

Cette petite métaphore innocente permet de rappeler que la peluche n’a de valeur que pour celui qui la chérit, puisqu’il projette sur elle un sens qu’il est seul à connaître. Il veut bien, à la limite, la partager avec son petit frère ou sa grande sœur, dans la mesure où ils acceptent de reconnaître cette projection comme valide. L’adulte, qui ne voit dans la peluche qu’un vague rhinocéros, pas très propre, fabriqué à Taïwan, est un vulgaire profane : il ne comprend pas que dans l’esprit de son enfant, cette peluche c’est « le roi de la jungle du dessous du lit« .

C’est un profane, il est gentil, mais jamais il ne sera autorisé à entrer dans le grand récit mythique, tant pis pour lui. On l’entend dire : «Range ta chambre et après tu me raconteras tes petites histoires de jungle», en soupirant sans bruit. Le pauvre s’il savait…

A tribute to Gilbert Durand

Gilbert Durand peut éventuellement aider cet adulte désemparé par les récits de l’imaginaire.

Il y a trois bonnes raisons de s’intéresser à G. Durand cette année, d’abord c’est un philosophe et je reprendrai volontiers ici (en le transformant quelque peu) le mot de la chorégraphe Pina Bausch «philosophez, sinon nous sommes perdus !».

Ensuite nous fêtons cette année son centenaire : Gilbert Durand est né en 1921, eut une vingtaine d’années pendant la guerre, fut résistant, dirigea un réseau de résistance, reçut après la guerre la médaille des justes de Yad Vashem… Il soutint, après la guerre, ses différentes thèses dont l’une fut dirigée par Gaston Bachelard. À son tour, il dirigera des thèses, dont celle de Michel Maffesoli : voilà une filiation établie !

Enfin, parce que ce philosophe fut aussi franc-maçon.

C’est ainsi que son ouvrage le plus connu, «Les structures anthropologiques de l’imaginaire» peut nous aider à ranger nos peluches et nos doudous dans notre chambre à symboles.

Au passage je signale que je n’ai aucune des qualités requises pour parler de ce grand homme. Je l’ai lu (mais pas tout, car il a beaucoup écrit), j’ai rencontré certains de ses élèves (dont tous et toutes ont l’œil qui pétille soudain quand ils parlent de leur maître)… Jamais le temps ne me sera donné pour approfondir réellement cette pensée si complexe, si détaillée, si dynamique également. Je suis un modeste passeur qui cherche à vous mettre l’eau à la bouche, et je renverrai, en fin d’article, les plus courageux à quelques références.

Les aventures de Madame Olga Kapteyn-Fröbe

Avant de commencer le rangement, parlons un peu du cercle Eranos. Une dame britannique et distinguée, dont l’un des ancêtres avait fait quelque découverte dans le freinage des trains, et donc relativement richissime, se toqua d’une auberge dans le Tessin, la partie italienne de la Suisse. Entre autres choses, elle créa une rencontre annuelle de chercheurs sachant chercher, autour du symbolisme, des mythes, des études comparées des récits religieux. Elle y reçut, entre autres personnalités, Martin Buber, Gershom Scholem, Mircea Eliade, Pierre Hadot, Erik Hornung, Henri-Charles Puech, Henri Corbin, et d’autres (Wikipédia vous aidera à découvrir l’ampleur de ce beau projet). C’est Henry Corbin qui fait entrer Gilbert Durand dans ce cercle, dans le début des années soixante.

La localisation d’Eranos ne s’était pas faite au hasard, un certain Carl Gustav Jung habitait justement la région. Il vint donc, à plusieurs reprises assister aux rencontres du cercle Eranos, en voisin. Il aura, je pense, une grande influence sur G. Durand.

Carl Gustav Jung aux réunions du cercle Eranos.

Passons au rangement…

Donc vous avez une chambre avec des peluches-symboles et vous ne savez pas trop comment les ranger. Les peluches sont des personnages que l’on aime câliner, mais ce sont surtout des prétextes à raconter des histoires : quand l’hippopotame du dessous du lit rencontre les 3 Ninjas de l’étagère qui lui tendent un piège pour obtenir de lui le mot de passe secret et sacré, l’histoire se termine très mal… ou pas d’ailleurs, c’est selon. Les histoires de peluches changent au gré des humeurs, et la même histoire peut être vue d’une manière très différente. En bref, les symboles servent à écrire des mythes et les mythes sont des histoires déformables, plastiques, qui se réinventent à chaque narration.

Gilbert Durand nous propose de ranger tout cela en deux catégories :

  • les symboles du jour (diurnes),
  • les symboles de la nuit (nocturnes).

Jusque là, c’est simple… après, cela se complique à peine : les nocturnes vont se diviser en deux sous-parties, mais enfin rien de bien calamiteux.

Le monde du jour…

Dans le monde « du jour », vous allez mettre tous les héros que l’on appelle souvent héros positifs dans les manuels d’écriture de scénario. Ceux qui sauvent leur pays, le monde, voire la galaxie. Les héros se battent seuls contre l’adversité, certains sont nantis de pouvoirs extraordinaires, parfois simplement de leur volonté de vaincre, de leurs valeurs. Leur posture c’est d’être des hommes ou des femmes debout. Leur symbole premier, c’est le glaive. C’est le rangement idéal pour Superman et tous ses collatéraux.

Le ou les mondes de la nuit…

Dans la partie nocturne, vous allez aménager deux sous-parties. La première va s’appeler Nocturne Mystique, en référence aux « mystères ». La seconde, celle qui nous donnera un peu plus de fil à retordre, sera appelée Nocturne Synthétique, ou Dramatique.

Dans la première partie, le nocturne aux mystères, vous rangerez les héros sombres, les romantiques torturés. C’est le lieu des forêts denses, des frayeurs enfantines, des ombres projetées la nuit sur le mur, que l’on regarde, fasciné. Vous rangerez ici le petit Poucet, l’histoire de Jonas dans sa baleine. Personnellement, je rangerais volontiers ici l’histoire d’un certain Hiram, cet architecte chef de chantier grand artiste, mais pas très doué dans les négociations salariales…

Les héros, nous l’avons vu, sont dans la posture de l’humain debout, les nocturnes mystiques sont dans la posture de l’humain qui absorbe, qui digère, qui « s’introspecte ». C’est le lieu des retours sur soi, de la recherche d’un fil à plomb intérieur. Les symboles de cette classe (Gilbert Durand parle de « régimes ») sont la coupe, le réceptacle, mais aussi la tombe.

La troisième classe de rangement est la plus complexe, mais elle est faite, selon mon point de vue, justement pour y ranger les symboles et les récits complexes. Nous sommes encore dans le nocturne, mais dans une obscurité qui autorise la synthèse des contraires, d’où le terme de synthétique ; thèse en antithèse se rejoignent, du moins elles peuvent être vues selon un point qui les concilient.

C’est le lieu des échanges, mais également du doute, du déracinement, où toute certitude peut être remise en question par un autre point de vue. Celles et ceux qui ont lu et aimé les ouvrages de Daniel Béresniak se sentiront ici en terrain connu : pas de dogmes dans ce lieu, mais une « liberté créative où tous les liens sont possibles » (M. Jacquet-Montreuil) ; c’est le lieu de prédilection pour les alchimistes..

La posture physique n’est plus celle de l’être debout, ou de l’être qui digère, qui absorbe. Nous voilà ici dans la posture de la copulation, de la sexualité, de la circulation des hormones dans le corps, des rythmes du corps et du cosmos…

Nous rangeons ici les récits circulaires : le mythe de l’éternel retour, la Tétralogie wagnérienne qui commence par le vol de l’or maudit et se termine par son retour, au même endroit, dans le Rhin. Beaucoup de récits religieux, de mythes, entrent également dans cette case.

Quelques images ?

Bien entendu je n’oublie que j’ai promis à ce journal de tenir une rubrique qui renvoie avant toute chose sur des images. Je vais donc, en bon cinéphile, vous proposer un ou plusieurs films par catégorie.

Dans le régime diurne, celui du héros et du glaive, la liste est longue puisque tous les super héros peuvent s’y ranger en ordre de bataille. Dont tous ceux qui émargent chez Marvel (il sera intéressant un jour de rappeler que le prototype du héros marvellien est le Golem. L’une des premières publications en bande dessinée de Marvel raconte cette légende de la vieille Europe et tous les super héros Marvel dérivent de ce moule premier, mais ceci est une autre histoire…)

Il n’y a pas que des super héros dans cette catégorie, tous les films où l’on séduit une femme impossible à séduire (ou vice et versa) sont de très bons candidats ; j’y mettrais volontiers certains films d’Hitchcock, comme «la Mort aux trousses» où le sémillant Gary Grant traverse tout le film dans d’élégants costumes à peine froissés même lorsqu’il se roule dans un champ d’épis de maïs pour échapper à un avion meurtrier : on est un héros ou pas…

Greed (Les Rapaces), d’Erich von Stroheim, avec l’une de ses actrices fétiches, l’immense tragédienne Zazu Pitts.

Dans le régime nocturne mystique nous rangerons les chevaliers maudits comme ceux du «Septième sceau» de Bergman, les fresques crépusculaires comme «Blade Runner», les films de vampire, les amours malheureuses qui jamais ne se terminent, les ambitions et les ambitieux rongés de l’intérieur, comme dans le sulfureux « Greed », de Von Stroheim, où deux hommes s’entretuent dans le désert de Moraje, le mourant refermant sur son tueur une paire de menottes qui condamne le survivant à mourir accroché à celui qu’il vient de tuer (si tu es scénariste et que tu trouves une fin aussi belle et forte que celle-là, le journal t’enverra une boite de chocolat…)

Et dans la dernière case, celle des nocturnes dramatiques ou synthétiques ? Je mettrais volontiers le film « Ad Astra » ou « The Lost city of Z », deux films du même réalisateur James Gray, où les pseudo héros sont rongés par le doute de leur mission. Pour faire bon poids ajoutons « Apocalypse Now » dont la version longue nous permet de voir que le colonel Kurtz, alias Marlon Brando, a de saines lectures dans la jungle, puisqu’un exemplaire du « Rameau d’or », de James Frazer, trône à côté de son lit. Pourquoi ce film dans cette case ? La version « Final Cut », récemment diffusée, m’a conforté dans l’idée que, pour le réalisateur F.F. Coppola, celui qui va tuer le Mal, devient le Mal… Méditons…

N’oublions pas, pour concluire, l’excellent et récent film « Dune ». Par ailleurs plusieurs séries sont de bonnes candidates pour cette case mystérieuse : la série nous fait passer du monde du héros solitaire au monde complexe, le nôtre, où tout personnage peut être héros ou vilain, selon les épisodes… Changement d’époque dont nous verrons, un jour, à quel point il suit la ligne de sécation entre le 20° et le 21° siècle…

Notons pour finir que Gilbert Durand plaçait dans cette case «le Roi du monde» un ouvrage beau, mais énigmatique (et beau parce qu’énigmatique) de René Guénon, qui fera un tabac le jour où il sera adapté au cinéma (avis aux scénaristes qui recherchent des sujets).

Bon d’accord, mais autrement…

Maintenant concluons et pour conclure, regardons cette classification durandienne d’une autre façon, d’une façon linéaire, déroulée dans le temps. J’emprunte ce nouveau schéma à une chercheuse, Michelle Jacquet-Montreuil.

Premier temps : je suis face à un problème que j’essaie de résoudre et pour cela je l’identifie, je me confronte à lui.

Deuxième temps : j’opère un retour sur moi, je descends en méditation, je m’interroge en silence. Je digère…

Troisième temps : c’est le temps de la reliance, de la médiation après la méditation, je lie les informations extérieures aux ressentis intérieurs, j’effectue la coïncidence des opposés. Je m’ouvre sur le groupe dans une phase de dissémination, je recherche la circulation et l’équilibre.

Beau trajet en trois temps qui devrait rappeler quelques souvenirs à quelques-uns : n’est pas ainsi que l’on travaille dans certains lieux clos pour approcher les symboles, les mythes, et tenter de saisir quelques étincelles d’infini ?

« Le symbole n’est pas du domaine de la sémiologie, mais du ressort d’une sémantique spéciale, c’est-à-dire qu’il possède plus qu’un sens artificiellement donné, mais détient un essentiel et spontané pouvoir de retentissement » (Les structures anthropologiques de l’imaginaire, p.26, souligné par moi). Tout est dit, lisons ou relisons les nombreux ouvrages de Gilbert Durand…

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A lire :

  • Les Structures anthropologiques de l’imaginaire, Dunod, 1992 (11ème réédition)
  • L’imagination symbolique, PUF, 1984 (ré-édition de 1964)
  • Les mythes fondateurs de la franc-maçonnerie, DERVY, 2002

  • Article : Michelle Jacquet-Montrueil, L’Imaginaire : un passage incontournable de la vie mentale, 2005.

Très insolite : Dans la France des templiers d’extrême droite en guerre contre l’Islam

NOTE DE LA REDACTION : L’article qui va suivre sera pour certains lecteurs provocateur ou choquant. Avant de décider de le partager avec vous, nous avons consulté la hiérarchie française des templiers réguliers afin de recueillir leur avis sur cet article. Ils nous ont précisé être absolument en opposition avec cette mouvance et tiennent à souligner qu’ils ne sont absolument pas solidaires, ni dans la pratique, ni dans l’esprit de ce mouvement.

Chez 450.fm nous prenons le parti d’être totalement transparents et ouverts à toutes les pratiques, afin de vous informer à 360° + 90°. Il va sans dire que notre rédaction ne cautionne aucunement les pratiques qui s’écartent de ligne du juste milieu et de la fraternité. Cela ne nous empêche aucunement de partager en toute transparence, les informations de tous horizons.

De notre confrère vice.com – Par Charles de Quillacq et Adrien Giraud

Sur les hauteurs du Puy-en-Velay, douze hommes vêtus de blanc traversent en colonne une cour d’école avant de s’installer en silence dans une chapelle exiguë. Le prêtre et le maître se placent devant l’hôtel, les commandeurs sur les côtés et les deux novices restent au seuil. Devant, une épée est dressée à la verticale, le pommeau vers le ciel. Derrière, un Christ surveille l’assemblée, accroché au mur. Ces douze hommes font partie d’un groupe de néo-templiers: la Fraternité des Templiers catholiques du Monde. Durant ce week-end de novembre, ils se réunissent pour une « retraite templière » dans un lycée privé de la ville. Au programme : capes et épées, mais surtout le portrait d’un groupuscule d’extrême droite, petite chapelle parmi d’autres d’une mouvance plus vaste, sous les radars et fasciné par la croix et la bannière. 

Crédit photo Adrien Giraud

FRÈRE WILLY ET FRÈRE RAPHAËL

Alain, le maître, prend la parole en premier dans la chapelle consacrée du lycée. Il rappelle que « la vocation de la milice est de protéger l’Église catholique et que les frères de l’ordre doivent tout faire pour accomplir cette mission ». Il fait venir les frères Dominique et Raphaël, les deux nouveaux templiers de la fraternité. Pendant la cérémonie, ils vont passer du statut de novice à celui de commandeur.

Beaucoup d’entre eux sont des anciens militaires, policiers ou agents de sécurité attirés par la structure hiérarchique et l’esprit de caserne viril qui règne dans le groupe

L’imposant Frère Willy bande les yeux de Frère Dominique et l’emmène devant l’hôtel où il pose un genou à terre. Ce travailleur social doit d’abord jurer fidélité à l’Église catholique, une main sur la bible. « Sire, je suis venu devant Dieu et devant vous et devant mes frères et je vous prie et vous requiers pour Dieu que vous m’accueillez en votre compagnie ». Patrick est adoubé par Alain qui se penche vers lui avec son épée et Frère Willy l’enveloppe de la cape blanche des templiers.

Après quoi, c’est au tour des épées d’être bénies. Frère Patrick, un ancien policier bruxellois s’approche de l’hôtel avec son arme et pose un genou à terre. Le Père Philippe, le prêtre de la fraternité se tourne vers la lame « Nous nous adressons à toi seigneur, et nous demandons, qu’avec ta dextre, tu bénisses cette épée avec laquelle ton serviteur Patrick désire être ceint afin qu’il puisse défendre églises, veuves et orphelins ». Patrick regarde son épée, le visage fier.

Crédit photo Adrien Giraud

FRÈRE RAPHAËL

Créée en 2019 par Alain, la Fraternité des Templiers catholiques du Monde est une association, déclarée en préfecture à Périgueux, là où vit le maître. Ce retraité, ancien musicien, est passé par les groupes templiers italiens avant de concevoir sa propre assemblée. L’ordre rassemble une quarantaine de personnes dispersées sur une vingtaine de départements français et trois autres pays : Belgique, Canada et Ukraine. Beaucoup d’entre eux sont des anciens militaires, policiers ou agents de sécurité attirés par la structure hiérarchique et l’esprit de caserne viril qui règne dans le groupe. Comme frère Willy, 1,92 et 105 kg, ancien de l’armée de terre. Pour d’autres, le Moyen-Âge fait ici office de décor pour porter un discours sur la supposée perte des « vraies valeurs chrétiennes », car si certains templiers affichent un apolitisme de façade, d’autres s’enorgueillissent d’un profond dégoût profond pour l’islam, le féminisme ou les francs-maçons, comme Hervé, le Sénéchal et « référent historique du groupe». 

Crédit photo Adrien Giraud

Plus tôt dans la matinée, cet ancien cadre chez Monoprix a tenu à nous emmener dans la librairie Arts enracinés « une librairie d’extrême droite fasciste »  a-t-il jasé. La librairie est modeste, mais bien implantée dans le cœur de la ville. Une semaine auparavant, elle a accueilli une conférence avec Yvan Benedetti, ancien président de l’Oeuvre française, plusieurs fois condamné, notamment pour des propos antisémites. En réaction, un pavé a été jeté dans la vitrine avant que celle-ci ne soit taguée d’une croix gammée et d’une mise en garde « attention facho ». Ce matin, Hervé nous fait visiter la librairie, pointe du doigt les livres dans les rayons et nous prend à témoin avec une curieuse ironie « et ça, c’est d’extrême droite ? ». Sur les étagères, on peut apercevoir la revue Rivarol, les livres d’Alain Soral, ou de Robert Brasillach, figure de l’antisémisme français et collaborationniste. 

« On est en terre chrétienne ici. C’est pas l’Islam » – Frère Jean-Baptiste

Le Sénéchal du groupe voit l’ordre comme un moyen de militer. « Il y a un côté politique dans la fraternité. On se dirige vers la guerre civile et moi je suis en résistance ». Il se voit bien prendre la succession d’Alain. Grâce à ses ascendances aristocratiques, il a été nommé chevalier. Un privilège rare dans la fraternité dont seuls bénéficient le Maître et le Commandeur de Belgique. Hervé ne cache pas son engouement pour « les théories du grand-remplacement ». Une théorie complotiste et raciste popularisée par l’écrivain Renaud Camus qui défend l’idée d’un nationalisme ethnique, blanc et chrétien.

Crédit photo Adrien Giraud

Comme Hervé, les autres membres de la fraternité sont persuadés que la religion catholique est menacée. Un sous-texte pour s’en prendre aux musulmans. Lors d’une réunion, frère Jean-Baptiste se tourne vers nous et glisse, « On est en terre chrétienne ici. C’est pas l’Islam ». Convaincus de leur combat, ces templiers s’organisent en milice pour occuper le terrain. Ils se postent au fond des églises, à plusieurs, pour surveiller des messes. « Le Père Hamel, si on avait été là, ça ne serait jamais arrivé », nous explique Alain, en référence à l’assassinat du prêtre Hamel à St-Etienne-du-Rouvray en 2016. C’est dans ce but que le Maître tente de recruter de nouveaux adhérents. Le sexagénaire envisage même de professionnaliser son activité pour monter un véritable service d’ordre aux services des églises. 

« Je dis aux autres, attention à ce que vous postez sur les réseaux sociaux, car nous sommes surveillés » – Maître Alain

Selon les calculs du Maître, « il faudrait 76 000 templiers pour protéger toutes les églises de France ». Si pour l’instant son organisation est loin d’être aussi importante, l’engouement autour des groupes de néo-templiers est réel. L’année dernière, Alain a reçu plus de 150 candidatures sur la page Facebook du groupe. Si la plupart restent sans suite, c’est selon Alain, à cause de la discipline et de la rigueur qui règne dans la fraternité « Nous sommes très à cheval sur la moralité de nos gens, mais les candidats préfèrent se tourner vers des groupes moins exigeants, moins soucieux de respecter les vrais codes des templiers ». Le Maître juge que cette conduite permettrait de ne retenir que les candidats réellement motivés par des raisons spirituelles « Les groupes templiers, ça attire des dingues. Mais nous, nous sommes là pour le respect et l’honneur » jure-t-il. Son bras droit, l’ancien militaire Willy, abonde dans ce sens « On ne peut pas se permettre d’avoir des extrémistes ». Le Maître s’efforce de donner une image respectable à la fraternité. « Je dis aux autres, attention à ce que vous postez sur les réseaux sociaux, car nous sommes surveillés ». 

Crédit photo Adrien Giraud

Samedi soir. Les templiers sont attablés dans la cantine du lycée. Au programme : hachis parmentier, saucissons et vin rouge. En face de nous, le frère Jean-Baptiste se contente d’une maigre salade. Ce chauffeur de car est arrivé dans la fraternité il y a un an. Il raconte avoir grandi dans l’Aube sous l’emprise d’une mère violente et incestueuse. Il brosse le portrait d’une enfance ou les viols se succèdent aux séquestrations. Adolescent paumé, il s’amuse à profaner des tombes et à casser les vitraux des églises. La révélation à lieu en 2019, à la mort de sa mère « Elle s’est suicidée. J’ai vu son âme s’élever au-dessus de son corps étendu sur le sol. Un démon est arrivé et l’âme de ma mère l’a combattu. Soudain j’ai aperçu Jésus Christ descendre du ciel pour venir chercher son âme et remonter avec elle ». Jean-Baptiste est persuadé de ce qu’il a vu. Cette vision a eu un immense impact sur son comportement. « Depuis ce jour, je ne m’appartiens plus. J’appartiens au Seigneur Jésus-Christ et c’est lui qui me guide » insiste-t-il. Après cet événement, il se prend en main, trouve un travail et lors d’un rendez-vous chez Pôle Emploi, il découvre internet. « Avant je n’avais jamais mis les pieds sur Internet. Je n’aimais pas ça ». En une semaine, il pénètre dans la fachosphère avec les vidéos du Youtubeur Baptiste Marchais, les groupes SOS Calvaire, Protège ton église et… La Fraternité Templière. « Internet c’est l’outil du diable, mais ça m’a permis de rencontrer mes frères ». Depuis, il se compare à St-Paul et déclare être en mission pour sauver son âme et celle de sa mère. 

Crédit photo Adrien Giraud

Jean-Baptiste porte un lourd traumatisme. Cela fait de lui une personne fragile, vulnérable à l’emprise sectaire. Dans la soirée, les templiers se rassemblent pour la veillée de prière. Les novices doivent rester debout, en silence et dans le noir, pendant plusieurs heures. Un an auparavant c’était Frère Jean-Baptiste qui faisait la sienne, afin de devenir commandeur de Savoie. Selon les autres templiers, Jean-Baptiste s’est effondré en larmes pendant la cérémonie «Je n’ai jamais vu quelqu’un pleurer comme ça. On aurait dit qu’il se vidait, c’était choquant » se souvient le Frère Thierry. Ce nouveau statut et ce lien fort avec la Fraternité changent le comportement du conducteur de bus. Lui qui était timide et réservé devient sociable, joyeux et même blagueur. Mais ce lien s’accompagne aussi d’une dépendance vis-à-vis des autres templiers, dont certains membres profitent. 

Selon Alain, il y aurait au moins « 1 500 groupes de templiers actifs en France »

Tard dans la nuit, Jean-Baptiste discute avec le frère William dans l’une des salles du collège. Ce trentenaire à la voix douce et chantante est convaincu d’être un médium. Il a fait croire à Jean-Baptiste qu’il pouvait communiquer avec sa mère et lui transmettre des messages. Le chauffeur de car ne cesse de l’interpeller « J’ai sauvé l’âme de ma mère hein. Dis-moi que j’ai sauvé l’âme de ma mère ». Le médium préfère changer de sujet. Il lui fait miroiter qu’il sait qui sera le prochain Maître de la fraternité et qu’il pourrait bien s’agir de Jean-Baptiste. Plus tard, dans une autre salle, l’ambitieux Frère Sébastien, un comptable du Nord qui excelle pour ramener de nouveaux adhérents s’adresse discrètement à deux templiers « C’est un bon petit soldat. On en fera ce qu’on veut » lâche-t-il en parlant du chauffeur de car. 

Crédit photo Adrien Giraud

FRÈRE PATRICK, FRÈRE DOMINIQUE, FRÈRE RAPHAËL ET FRÈRE JEAN-BAPTISTE.

Comme Jean-Baptiste, les autres membres de la Fraternité ont découvert les néo-templiers via Internet, sur Facebook notamment ou des milliers de pages pullulent. Sur les groupes publics, les internautes partagent et commentent des publications aussi diverses que des montages de templiers virils, d’éphémérides ou des photos de châteaux forts. Dans les groupes privés, les sujets de conversation s’orientent vers la politique avec l’Islam comme antagonisme principal. Ces réseaux sont la première étape de la socialisation avant une potentielle adhésion au groupe de templiers. Selon Alain, il y aurait au moins « 1 500 groupes de templiers actifs en France ».

La suite de l’article sur le site vice.com

Brian, Laurent et Jean-Michel en dédicace chez DETRAD samedi 18 décembre…

Samedi 18 décembre 2021, à partir de 15h30, venez à la rencontre des auteurs Laurent Kupferman, Jean-Michel Roche et Brian Bouillon-Baker.

  • Laurent Kupferman pour son ouvrage Rassembler – La franc-maçonnerie : une voie vers soi et vers les autres (Éditions Dervy, 2021). Laurent Kupferman est l’auteur de plusieurs ouvrages remarqués sur la franc-maçonnerie. Essayiste Laurent Kupferman a coécrit avec Jean-Louis Debré Trois minutes pour comprendre l’histoire, les fondements et les principes de la République française » (Le Courrier du Livre, 2017). Il est à l’initiative de la pétition « Osez Joséphine au Panthéon ! »

Retrouvez notre article du 6 septembre dernier https://bit.ly/32dgKgT

  • Jean-Michel Roche que Jissey avait interviewé le 6 juillet https://bit.ly/3e0PIvW pour son roman L’affaire Montmartel : Gentilhomme Gascon (DETRAD, 2021). Auteur de nouvelles et de romans policiers, Jean-Michel Roche est guide-conférencier au musée de la franc-maçonnerie. Passionné par le XVIIIe siècle, il nous entraîne, dans son dernier opus, dans une aventure historique, pleine de rebondissements, d’intrigues et de complots.
  • Brian Bouillon-Baker pour son livre Joséphine Baker, l’universelle (Éditions du rocher, 2021). Il est le seul des douze enfants de la tribu « arc-en-ciel » de la star des années folles engagée dans la résistance, que fut Joséphine Baker, véritable incarnation de la fraternité, à avoir embrassé une carrière d’artiste. Comme elle. Il a été adopté par Joséphine Baker et Jo Bouillon en 1957. Artiste et écrivain, il a milité pour l’entrée de sa mère au Panthéon. Son livre publié cette année aux éditions du Rocher est un magnifique témoignage.

DETRAD vous propose aussi son service de « DÉDICACE EN LIGNE » et recevez votre ouvrage dédicacé par l’auteur. Rendez-vous sur www.detrad.com

Infos pratiques

DETRAD – 18, rue Cadet 75009 PARIS

Le Tarot des Alchimistes

Jean Beauchard – Dervy, 2021, coffret 78 lames couleur et livre 208 pages, 32 €

Présentation de l’éditeur :

Un magnifique coffret qui mêle l’histoire du tarot et celle de l’alchimie

Le Tarot des Alchimistes de Jean Beauchard se compose de 78 lames magnifiquement illustrées ainsi que d’un livre de 208 pages, destinés à mettre à découvert les arcanes de la Science hermétique. L’auteur a passé plus de 30 années à concevoir et à dessiner ce tarot qui, nous faisant passer  » de l’épais au subtil « , nous conduit par la main jusqu’à l’inaltérable perfection.

Le livre retrace l’histoire du Tarot et de l’Alchimie, puisant aux racines de la tradition et de l’hermétisme. En nous livrant les différentes méthodes de tirage, l’auteur nous aide alors à découvrir et connaître notre véritable nature.

Bibliographie de l’auteur :

Jean Beauchard est professeur honoraire, agrégé de l’université et diplômé de l’Ecole Nationale Supérieure des Arts Décoratifs. Peintre, graphiste et écrivain, ses œuvres sont présentes dans de multiples collections publiques et privées en Europe, en Afrique, et sur tout le continent américain. Nous lui devons déjà La voie de l’initiation maçonnique (Éditions Véga, 2004).

[NDLR : Dervy, une marque du groupe Guy Trédaniel – d’ailleurs, si vos pas vous même jusqu’à la capitale, n’hésitez pas à venir visiter le show-room au 19 rue Saint Séverin à Paris, dans le 5e arrondissement – réédite Le Tarot des Alchimistes publié initialement chez Véga en 2006. Excellentissime idée ! Un très beau cadeau à offrir et à s’offrir.

En 1988, puis 1998, Jean Beauchard, qui signe ses illustrations J.B., publiait chez Arkhana Vox son Tarot maçonnique – Histoire et symbolisme, une étude établissant le parallélisme entre ce jeux de cartes, dont il est dit qu’il possède aussi un usage occulte et mystique, et la Franc-Maçonnerie, mettant en exergue le langage symbolique commun. Des interprétations qui, déjà en son temps, nous plongeaient, lame par lame, au plus profond des traditions grecques, égyptiennes, orientales ou encore kabbalistiques.

Tarot maçonnique

Jean Beauchard et aussi l’auteur d’un jeu de tarot maçonnique, véritable jeu initiatique de 78 cartes toujours chez Arkhana Vox, malheureusement en rupture de stock…

Ce jeu mettait en avant le « Connais-toi toi-même… », si cher au Maçon. Pour l’auteur Tarot et Franc-Maçonnerie véhiculent une même pensée traditionnelle apportant à la personne humaine des clés la compréhension de son Être propre.

Dervy est-il devenu un spécialiste des coffrets concernant le Tarot ? Sans aucun doute ! En 2019, nous lui devions un magnifique coffret Le Tarot pas à pas – Iconographie, histoire, interprétation, lecture de Marianne Costa, écrivaine et comédienne qui a coécrit avec Alejandro Jodorowsky La Voie du tarot (Albin Michel, 2004).

Sommaire :

Avant-propos

Qu’est-ce que l’alchimie ?

Naissance et évolution de la pensée alchimique

Rose croix, franc-maçonnerie et hermétisme

L’image : lieu de rencontre entre tarot et alchimie

Laboratoire et/ou Oratoire

Le tarot

Connaissance et re connaissance des arcanes majeurs

Les arcanes mineures

Utilisation du tarot alchimique

Conclusion

Annexe

La tradition maçonnique, imprégnée d’alchimie

Bibliographie commentée

L’avant-propos nous informe que, nous citons, « Ce livre est une voie de ‘’connaissance’’ de compréhension de soi et du monde suivant la démarche de l’alchimie en tant que processus de transformation et de transmutation pour aller de l’épais au subtil et vers la perfection inaltérable. Le tarot est utilisé ici pour structurer cette démarche ».

Sont définis ensuite l’alchimie qui est un ensemble de pratiques et de spéculations en rapport avec la transmutation des métaux. L’un des objectifs étant le grand œuvre, c’est-à-dire la réalisation de la pierre philosophale permettant la transmutation des métaux, principalement des métaux « vils », comme le plomb, en métaux nobles comme l’argent ou l’or.

Puis le tarot. Sans doute la plus ancienne forme de jeu de cartes, généralement au nombre de 78, le tarot est souvent employé comme art divinatoire. Il remonterait a priori au XVe siècle en Europe.

Alchimie et Tarot plongent leurs racines dans la philosophie hermétique.

Le Monde

Quelques noms emblématiques de lames, livrées sous sac pochette gris satin : L’Adepte, les 4 Éléments, Isis, Sapientia, Adam, les Amoureux, Le char d’Hermès, Le Monde, L’Athanor, Thémis…

L’Athanor

Ce livre consacré au Tarot des Alchimistes a son identité propre. Les cartes, au format 8,5 x 16,5 cm, sont remarquablement belles.]

La question du mal : Franc-maçonnerie et radicalisation

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Il y a parfois des concepts un peu fourre-tout, qu’on emploie tellement à tort et à travers que non seulement ils en perdent leur sens initial, mais encore servent aussi à marquer d’infamie ceux qu’on en frappe. Ce peut être par exemple le « raciste », le « pervers narcissique », l’ « islamo-gauchiste », le « radicalisé » ou encore le « woke ». Si ces concepts sont moralement discutables, voire injustifiables, la vraie perversion est de leur faire perdre leur sens initial. Ainsi, dans les années 80, on pouvait taxer un instituteur de « raciste » s’il avait le malheur de sanctionner un élève « racisé » qui se comportait mal… Et à cette époque, être marqué du sceau du racisme, c’était être condamné à la mort sociale. Mais ce n’est pas le plus intéressant, loin de là. Ce qui est plutôt intéressant, c’est le comportement de celui qui frappe du sceau d’infamie et la conviction qu’il a de représenter le Souverain Bien. C’est là qu’on peut commencer à parler de radicalisation.

En psychanalyse ou en psychologie, on désigne par « radicalisation » un comportement autocentré et fusionnel. Le radicalisant (le sujet en cours de radicalisation) a un rapport organique à l’objet de son désir. D’une manière ou d’une autre, il cherche à fusionner, faire corps avec cet objet, qui peut être une personne, un groupe de personnes, une idéologie etc. Par cette construction, le radicalisant voit le monde en binaire : lui et l’extension de son corps psychique ont raison et les autres, ceux qui sont en dehors de ce cercle ont forcément tort. En termes de psychanalyse, on parle d’un rapport à la mère : le radicalisant cherche à refaire corps avec la vision qu’il a de la figure maternelle, dans le but de retrouver la sensation de toute-puissance d’un bébé. Bien évidemment, en tant que lien à une figure de mère, le corps symbolique doit demeurer immaculé et inattaquable. Par conséquent, autrui, s’il est différent constitue une menace : celle d’endommager le corps inattaquable.

Ainsi, dans le comportement radicalisé, le rapport à l’Autre pose un gros problème : l’Autre est différent de soi, donc il a tort par construction et constitue un ennemi. L’altérité est donc inaccessible à un radicalisant, qui voit en tout Autre différent une potentielle pénétration de l’enceinte sacrée de sa psyché. Le corps symbolique doit rester pur et immaculé, d’où une certaine obsession de la pureté.

Il faut bien noter que ce comportement n’est pas propre à un embrigadement religieux. Il peut se retrouver dans bien des situations : en couple, où le radicalisant tend à se comporter en « pervers narcissique », à l’occasion d’un engagement politique, en famille, où l’on évite tout mélange avec l’Autre etc. L’écrivain et psychanalyste Thomas Bouvatier en donne une description très complète dans son Petit manuel de contre-radicalisations.

Le radicalisant a un rapport au mal très particulier : le mal est vu comme matière contaminante et contagieuse. Dans son obsession de pureté, le radicalisant va chercher à se prémunir de ce mal contagieux et contaminant, en l’éliminant. Bien évidemment, toute ressemblance avec une pandémie serait purement fortuite… ou pas. Le vaccin et le gel hydro-alcoolique ne sont-ils pas des formes d’onction contre un mal pour le coup réel ? Et l’Autre un vecteur de contamination dont il faudrait se protéger ?

Pour en revenir au comportement radicalisé, le pire est d’être contaminé par le mal, donc tout ce qui est différent. Le mal doit donc être détruit, annulé. Ou « cancelled » comme disent les anglo-saxons. De là à penser que cette forme radicale de militantisme, la « cancel culture » ou « culture woke » est liée au processus de radicalisation, il n’y a qu’un pas, et je vais le franchir. Les militants de la cause lambda ont tendance à se croire investis d’une mission au nom d’un Souverain Bien. Le combat (généralement la défense des droits d’une minorité) est certes noble, mais ceux qui le mènent peuvent-ils en dire autant ? Ainsi, dans la récente affaire de l’autodafé canadien, les plus acharnés ont été des allochtones et non des autochtones (qui en aucun cas ne demandaient qu’on en arrive à brûler des livres pour enfants). De la même manière, les féministes engagées se sont fourvoyées et confondent désormais défense des droits élémentaires des femmes et haine des hommes, qui par définition, ne sont pas comme elles. Plus généralement et très simplement, le radicalisé considère que sa loi est supérieure aux autres. On imagine ce que peut donner cette éthique de conviction…

Et quand deux radicalisés de bords différents se rencontrent, que se racontent-ils ? Généralement rien. Par contre, que de mots d’oiseaux ! La confrontation de deux radicalités mène nécessairement à la violence. Le phénomène a toujours existé, certes, mais je serai curieux de savoir à quel point les réseaux sociaux jouent le rôle d’une cavité résonnante au phénomène, dans la mesure où ils permettent à des radicalisés isolés de se regrouper en un même corps organique virtuel.

Et nous, Francs-maçons, sommes-nous menacés par la radicalisation ? Honnêtement, du haut de ma décennie et plus de pratique, j’en doute, tant la démarche de questionnement est grande. Par contre, nous ne sommes pas à l’abri que des membres de Loge ne se radicalisent en se laissant aller à écouter leurs Mauvais Compagnons. C’est à cela que servent par exemple nos enquêtes : détecter un éventuel risque, que ce soit pour la Loge ou le Frère.

Par ailleurs, la pratique du silence, obligatoire pour les Apprentis, oblige à accepter l’altérité et donc l’existence d’un autre différent, mais égal, ce qui doit constituer un rempart contre la radicalisation.

Malheureusement, les comportements déviants existent aussi : ainsi, des auteurs membres d’obédiences « régulières » vont affirmer que des obédiences libérales ou mixtes sont, je cite, des « fumisteries » et renier ainsi l’existence de ces Frères et Soeurs. En fait, toute société, toute culture comporte ses marges radicales. De ce fait, nous ne sommes pas à l’abri de ce phénomène. D’où la nécessité de la vigilance, celle-là même qui est inscrite dans nos Cabinets de Réflexion.

Du coup, j’en viens à me poser une question : je passe beaucoup de temps en Loge et dans des organismes para-maçonniques, j’écris des ouvrages maçonniques et je fréquente un certain nombre de Frères et de Soeurs. A quel point de radicalisation en suis-je ?

Je vous embrasse

(VIDEO) Patrick BURENSTEINAS Alchimie conférence à la GLNF – (1h42)

Conférence de Patrick BURENSTEINAS du 18 juin 2015 à la GLNF