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Alain Graesel : Comment la spiritualité peut-elle se comprendre en Grande Loge de France ?

De notre confrère rezonodwes.com – Par Rezo Nòdwès

« Le concept donne à connaître, le symbole donne à penser »

Samedi 19 mars 2022 (rezonodwes.com) – Antoine de Saint-Exupéry écrivait : « Nous n’héritons pas de la terre de nos ancêtres, nous l’empruntons à nos enfants ». De même, dans sa démarche spirituelle pour mieux connaitre son être, l’initié ne peut oublier sa relation au monde. Au cours de l’histoire, reproduit France Culture, le génie humain s’est exprimé au moins de trois façons : la rationalité, l’éthique et la spiritualité. Alain Graesel choisit de définir le dernier concept et comment peut-il se comprendre en Grande Loge de France ?

L’auteur explique que la spiritualité ne concerne ni la rationalité intellectuelle ni l’éthique du vivre ensemble mais elle traduit la volonté des êtres humains à considérer que leur vie ne se réduit pas uniquement aux deux premiers domaines mais aussi à ce qui en eux-mêmes les dépasse, les fonde et fait signe vers un au-delà de l’humain. Il montre les différences entre la spiritualité et les religions.

En effet une confusion pourrait être entretenue entre la liturgie des religions, et les rituels maçonniques, confie Graesel. Les religions sont associées à des dogmes, qu’il faut accepter et croire, alors que la spiritualité en G.L.D.F. n’impose rien, et permet aux croyants et non croyants de poursuivre leur propre quête.

La spiritualité est une expression culturelle avant d’être cultuelle. La spiritualité est la forme que revêt la réflexion des êtres humains lorsqu’ils réfléchissent à des notions que l’on peut penser mais non connaitre.

Alain Graesel rappelle l’évolution de la dénomination « Grand Architecte de l’Univers » au cours du temps, et quelle acception est faite en Grande loge de France de nos jours. Il est un symbole pour le Franc Maçon de la G.L.D.F. et il évoque la pensée de Paul Ricœur : 

« Le concept donne à connaître, le symbole donne à penser »

Il est temps de sortir l’homme de l’aveuglement qui lui fait croire qu’il pouvait s’affranchir de tout ce qui l’avait jusqu’alors constitué. Il y a donc urgence à retisser des liens avec soi-même, les autres et enfin le monde.

Bibliographie

  • La Grande Loge de France, 3e édition – 1re éd. 2014 – dans la Collection « Que sais-je ? », n° 3791, des Presses Universitaires de France.

Source : France Culture

La parole fondatrice

Si, sur la longue durée, la démarche maçonnique fut suspectée, inquiétée, voire pourchassée, c’est parce que son hétérodoxie est quelque peu insolente envers les idées convenues. Et c’est, ainsi, que d’une part elle répond à la tradition immémoriale et que, d’autre part, elle peut être en phase avec le non conformisme propre aux valeurs postmodernes.

         Mais pour saisir cela, il faut mettre en œuvre une pensée exigeante. Comme le remarquaient les Anciens, celle-ci n’est pas un « lectulus florulus », ce petit lit tout fleuri, dans lequel se prélassent, en pérorant, ceux qui n’ayant rien à dire le disent bruyamment. Si l’on reprend la métaphore de la « quête du Graal », celle de la « parole perdue » a la même ambition : inventer la vie.

C’est-à-dire faire venir à jour ce qui est là. Dé-couvrir ce que l’on a quelque crainte à voir. C’est cela le chemin périlleux de la vérité ; « l’a-letheia » comme dé-voilement. Ce n’est pas de tout repos. Car au-delà ou en deçà des certitudes lénifiantes de la doxa, cela nous force à ressentir, sans trop d’effroi, les insuffisances de la vie, tout en les acceptant. C’est cette amère sagesse, évitant l’écueil de la révolte comme celui de l’assoupissement, est au cœur de l’humanisme maçonnique.

Mais ce n’est jamais une réponse. Toujours une question. La question qui est, selon Heidegger, « promesse de la pensée », consiste à creuser profond dans cet « humus » propre à notre humanité afin d’en déceler les trésors enfouis. Le mythe de la « parole perdue » trouve là sa plus simple justification : une recherche continuelle dans l’intériorité de la langue. Et, ainsi, tenter de retrouver derrière la langue parlée la langue parlante. Retrouver en deçà des mots (usés, creux, vides, sclérosés, etc.) la parole fondatrice. Soubassement de tout vivre-ensemble.

De Joseph de Maistre à Michel Foucault, nombreux sont les esprits aigus qui mirent l’accent sur le rapport étroit existant entre les « mots et les choses », qui soulignèrent que « c’est une énorme puissance que celle des mots ». Ne peut-on pas parler, à cet égard, d’une véritable « onomaturgie » ? Celle des mots-passions suscitant l’énergie humaine, c’est-à-dire l’inlassable activité propre à une société vivante.

C’est ce questionnement constant qui fait que la pensée maçonnique, c’est-à-dire la démarche initiatique, ne pourrait, en aucune manière, être confondue avec une simple « ingénierie » sociale, ou une action politicienne sans lendemain, dont on la soupçonne souvent. Sa philosophie « progressive », toujours en mouvement, se contente d’accompagner le bouillonnement de la puissance sociétale. Et ce en mettant le feu aux broussailles de ce qu’il est convenu de nommer les « questions d’école » propres aux dogmatiques de tous les temps. C’est cela même qui permet d’établir un lien entre la vie et la connaissance de la vie.

Cette recherche têtue de la parole perdue, c’est à direde la parole fondatrice, il est un mot, bien galvaudé de nos jours, qui pourrait la résumer : sociétal. Je l’avais, pour ma part repris,  dès les années soixante-dix, afin de désigner ce qui ne le réduisait pas au simple rationnel propre au contrat social.

Au social, le vivre-ensemble purement rationnel tel qu’il s’élabore dans la modernité. Au sociétal, un ensemble bien plus complexe où l’imaginaire, le ludique, l’onirique, occupent une place de choix. Une nappe phréatique irrigant, en profondeur, la vie des sociétés. Un invisible confortant le visible. Ce prix des choses sans prix constituant, l’on s’en rend de plus en plus compte, le qualitatif d’une existence ne pouvant être réduite au simple quantitatif.

Ce qui revient à dire que l’humanisme véritable, c’est-à-dire l’humain en son entièreté, ne se résume pas à des préoccupations utilitaires. On ne peut plus envisager l’homme à partir d’un matérialisme désuet, ce dont l’économie est la parfaite expression. Jean Baudrillard avait, à sa manière, évoqué ce passage du besoin au désir. Relation éminemment complexe rendant attentif à la force de l’immatériel. L’homme du désir mettant en jeu une raison sensible est le cœur battant de l’ordre symbolique cher à la Franc-Maçonnerie.

Entièreté de l’être en appelant au constant éveil de l’intelligence. Intelligence qui, au plus près de son étymologie, consiste à rapprocher les morceaux disparates du monde. Comprendre constituant à « rappeler ce qui est épars ». Là encore un souci maçonnique constant : non pas celui de l’unité réductrice, mais celui de l’unicité bien plus féconde en ce qu’elle intègre, avec constance, les éléments les plus divers de la pluralité humaine, de la diversité sociale. Toutes choses caractérisant la richesse anthropologique de l’humanité.

Donc, comprendre et humanisme vont de pair. D’où l’appel lancinant à la lecture que l’on retrouve dans tous les rites maçonniques, et qui constitue la voie royale dans la « quête » (Graal, parole perdue) dont il a été question. En témoigne, a contrario, cet avertissement que, prophétiquement, faisait Fichte à ces lecteurs qui « ne lisent plus de livres, mais seulement ce que les journaux disent des livres, et à qui cette lecture narcotique finit par faire perdre toute volonté, toute intelligence, toute pensée, et jusqu’à la faculté de comprendre ».

L’appartenance à la maçonnerie de ce philosophe est connue. Ainsi que son attachement à la pensée qui en est issue. Ce qui est, ici, indiqué, c’est que le comprendre, tout comme le questionner, est la tâche essentielle de notre humaine nature. Il s’agit non d’accuser, de vitupérer, mais d’accompagner, par la connaissance, ce qui est. Ce qui  n’est pas sans danger, en tout cas sans effort, car comprendre toutes choses, c’est accepter aussi bien les vices que les vertus : l’humus dans l’humain.

Ce qui implique, et c’est là l’honneur de la démarche de l’apprenti initié, que progressivement l’on arrive à la conclusion que rien ne peut se conclure, que les problèmes ne sont pas à résoudre, mais à savoir les bien poser. Ce qui, bien évidemment, fait que la recherche n’est pas faite pour tous. Les écrits ne s’adressant, dès lors, qu’à quelques uns : ceux qui peuvent les comprendre. Là encore, faut-il le rappeler, il s’agit d’une attitude renvoyant à l’aristocratie de l’esprit.

Était-il, dès lors, paradoxal de souligner le rapport étroit existant entre le comprendre et le mystère ? La docte ignorance de l’initié sachant, progressivement, que l’on s’élève d’autant plus haut que l’on ignore où la déambulation existentielle pourra nous conduire. En effet, le sachant ou ne le sachant pas, la quête propre à « Homo viator » consiste à ignorer, voire à refuser les sentiers battus qui conduisent à des buts connus. Ce qui est le propre des certitudes de l’opinion commune ou, même, de l’érudition sans horizon. À cela la vraie recherche consiste à emprunter le chemin abrupt, étroit. Celui menant à l’inconnu auquel aspire l’homme du désir.

Ainsi le comprendre est une lutte constante qui doit, à tout moment, s’arracher aux routines philosophiques, aux conforts des dogmatismes et aux assurances tous risques. Évidences du moment qui, d’une manière sournoise, envahissent le domaine public. Là encore, écoutons J. de Maistre : « les fausses opinions ressemblent à la fausse monnaie qui est frappée d’abord par de grands coupables et dépensée ensuite par d’honnêtes gens qui perpétuent le crime sans savoir ce qu’ils font ».

Templiers et Cathédrales – Le Film de divulgation qui change la donne

Pagan TV proposait il y a peu un film sur les Templier, les Vikings et les Cathédrales qui se voulait de « divulgation » et de « ré-information ». Il annonçait des faits et des pièces à conviction, jusqu’ici restés dans l’ombre. Selon Pagan TV, ce film était censé dévoiler pour la toute première fois au public la VERITE !

Ce film rencontra un très GRAND succès, puisque plus de 600 000 personnes sont venues visionner ce film de 1h36 que nous vous présentons ci-dessus.

Fort de ce succès, le chroniqueur Laurent Ridel, bien connu pour l’animation de son blog decoder eglises chateaux, s’est employé, avec le sérieux que nous lui connaissons à décrypter la vidéo ci-dessus afin de rétablir la vérité.

Nous vous proposons de profiter de son travail.

L’origine des scouts et de la franc-maçonnerie : similitudes et différences

De notre confrère lmneuquen.com – Par Santiago Rose

Avec des symboles similaires, le mystère réside dans le fait que le créateur de l’organisation de jeunesse était un franc-maçon.

Qui sont les scouts ? On sait que leur phrase la plus connue est « Toujours prêt », qu’ils défilent en uniforme avec des bonnets et des écharpes autour du cou, prêts à se lancer dans l’aventure de la nature et qu’ils portent des bannières chargées de symboles et d’attributs trop particuliers, mais pourraient-ils être apparentés dans leurs origines à la Franc-Maçonnerie Universelle ?

L’historien et chercheur spécialisé dans l’histoire de l’ésotérisme, Felipe Stelzer, qui fait également partie de l’équipe du musée Paraje Confluencia, a expliqué à LM Neuquén que Baden-Powell , fondateur des scouts en 1907, était un soldat anglais qui avait participé aux Boers guerre (dans les colonies anglaises d’Afrique) et aurait été initié à la franc-maçonnerie par le Duc de Connaught, ce dernier étant Grand Maître de la United Grand Lodge of England, initié en 1874 dans la Prince of Wales Lodge n° 259 et qui en 1886 est devenu le Grand Maître provincial de Sussex.

Une autre version est que Baden-Powell a été incorporé à la franc-maçonnerie dans certains des pays où il était stationné en tant que membre de l’armée anglaise. Après son expérience sur les lignes de front et voyant la nécessité de contenir une jeunesse oisive, il demande à se retirer de l’armée pour se consacrer exclusivement à son organisation de jeunesse, qui s’est rapidement propagée à travers le monde.

Le mot « Scout » vient du terme anglais « scouting » qui signifie explorer , et pointe vers la recherche des valeurs nobles représentées par la nature, plus que tout dans les activités de plein air et les milieux naturels.

Cette activité vise le développement physique, mental et spirituel des enfants et des jeunes. Son objectif initial, lors de sa création au début du XXe siècle, était d’atténuer la délinquance juvénile dans les banlieues anglaises grâce à un programme d’inspiration militaire qui pourrait transformer ces jeunes oisifs en « bons citoyens ».

« Beaucoup de gens ignorent qu’il existe une série d’institutions qui ont été créées grâce aux francs-maçons qui partagent des éléments avec les rites et les symboles de la loge », a ajouté Stelzer. « En ce sens, c’est le maçon d’origine suisse Henry de Dunant, qui a créé la Croix Rouge Internationale et Pierre de Coubertin qui a refondé les Jeux Olympiques. Dans le cas de la Croix-Rouge, il s’agit d’une allégorie claire du drapeau que les Templiers utilisaient depuis l’époque des croisades », a déclaré le chercheur.

Dans le cas des Scouts , l’un des symboles les plus notoires adoptés par Baden-Powell est la « Fleur de Lys » qui, bien qu’elle ait toujours été associée à la royauté française, a des origines aussi lointaines que l’ancienne Mésopotamie, l’Égypte des Pharaons. et la Grèce minoenne. « C’est une fleur à caractère symbolique et aux réminiscences ésotériques. Les cérémonies d’initiation scoute constituent un autre des parallèles que l’on peut tirer dans la similitude des deux organisations, bien qu’en raison du secret de la franc-maçonnerie elles ne pouvaient pas trop en dévoiler », a-t-il détaillé. .

Felipe de Senillosa , Vénérable Maître de la Respectable Loge Vérité 341 et Respectable Frère Grand Hospitalier de la Patagonie Argentine, voix autorisée et représentant de la franc-maçonnerie locale, a fait remarquer à LM Neuquén qu’il n’y a pas de documents connus qui soutiennent l’affiliation maçonnique de Baden-Powell, mais la proximité La similitude des postulats scout et maçonnique est indéniable, sans compter le grand nombre de membres des deux organisations qui ont milité dans les deux institutions.

« Le duc de Connaught est censé avoir initié Baden Powell à la franc-maçonnerie. Il est très significatif que la même personne ait été président des Scouts d’Angleterre et en même temps Grand Maître de la Grande Loge unie d’Angleterre », a-t-il déclaré.

– Y a-t-il des symboles ou des cérémonies communs entre les deux institutions ?

Il n’a pu révéler aucun symbole ou cérémonie de signification similaire. Je commettrais un acte d’indiscipline. Ce qui est indiscutable, c’est qu’aujourd’hui comme par le passé dans le monde entier, les loges maçonniques parrainent les activités des groupes scouts.

Les deux Ordres respectent les lois du pays où ils résident et exhortent leurs membres à être de bons citoyens. Les scouts et les maçons ont des poignées de main secrètes afin de se reconnaître.

Le scoutisme (un mot dérivé à son tour du «scoutisme» avec lequel il est plus formellement connu) en Argentine a commencé au début de 1908, un an après sa fondation internationale avec un siège dans certaines écoles anglaises de la capitale. À la fin de 1917, le président Hipólito Yrigoyen (un autre franc-maçon) a reconnu le scoutisme comme une institution nationale par un décret présidentiel. En 1937, certains groupes parrainés par l’Église catholique ont formé l’Union des scouts catholiques argentins (USCA).

À la fin de 1996, l’unification de l’Association scoute d’Argentine et de l’USCA a lieu dans notre pays, d’où surgissent de nouvelles associations qui ne partagent pas les programmes de cette association unifiée. Dans la province de Buenos Aires, par exemple, le groupe scout Bernardino Rivadavia n ° 13 opère. Gabriel Palma, l’une de ses plus grandes références, a commenté ce qui suit sur les débuts de cette institution :

Vu le nombre de membres scouts qui appartiennent à notre Ordre maçonnique d’août, nous ressentons le besoin de fonder une Loge dans laquelle un grand nombre de nos membres sont des scouts.

Son objectif est de fournir un cadre adéquat aux Hommes Libres de Bonnes Habitudes, pour mener à bien leur chemin d’amélioration au service des autres.

Comprenant que le parallélisme entre les deux institutions (Franc-Maçonnerie et Scoutisme) nous avons cru nécessaire que son nom soit celui du fondateur des Boy Scouts, Robert Baden-Powell.

– Baden-Powell était-il franc-maçon ?

Pour commencer à répondre à la question de savoir si Robert Baden-Powell appartenait à la franc-maçonnerie, on pourrait répondre par un oui catégorique, il ne fait aucun doute que son œuvre la plus achevée comporte de nombreux symbolismes étroitement liés à notre auguste Ordre, nous pouvons affirmer que le répétition de certaines cérémonies ou moments sont identiques, bien sûr chacun avec les modifications appropriées pour les membres qui les intègrent.

Concernant l’affiliation maçonnique de Baden Powell, si nous allons aux données réelles, il n’y a aucune information convaincante qui confirme son lien, s’il y a des milliers de sites et de documents qui spéculent qu’il l’était, mais cela, clairement, ne nous suffit pas. Il est vrai que peut-être, s’il l’avait été, étant un soldat de l’armée britannique, il était courant que dans les régiments qui seront formés « Military Lodge », il aurait donc pu être initié dans l’un d’eux, le sujet de ce type des loges qui est un sujet à approfondir dans un autre ouvrage, mais en résumé pour présenter un problème, c’est qu’en raison de leur constitution, en plus d’être secrètes, elles ne laissent pas de traces, alors, il n’y aurait même aucun moyen de prouver la existence de ce type de lodges et que Baden-Powell se trouvait dans certains d’entre eux.

La réponse exacte nous est parvenue il y a quelque temps de l’un de ses petits-fils, Michael Baden-Powell, lors d’une conférence virtuelle avec l’équipe de communication nationale de l’Union des scouts traditionnels. Dans l’une des questions, il a confirmé que son grand-père n’avait aucun lien avec l’Ordre maçonnique universel, et la question lui semblait même étrange.

– Existe-t-il alors des points de contact dans l’esprit des deux institutions ?

Il existe de nombreux points de rencontre entre la franc-maçonnerie et le mouvement scout, si nous pouvons être sûrs d’une chose, c’est que bon nombre des membres fondateurs du mouvement scout étaient des francs-maçons, de plus, dans la croissance et le développement rapides et efficaces du mouvement scout. dans tous les pays du globe, la franc-maçonnerie a joué un rôle fondamental, donc au-delà du fait que Baden Powell était ou non membre de la franc-maçonnerie, il ne fait aucun doute qu’elle influence la genèse du scoutisme, donnant un sens, un symbolisme et fondamentalement une forme à la finalité du mouvement . La franc-maçonnerie est comme l’université et le scoutisme est comme l’école primaire ou secondaire.

La même méthode maçonnique invite tous ses membres à être des acteurs de premier plan dans la transformation de nos réalités, il existe de nombreux exemples où des initiés s’associent à différents laïcs et créent des organisations de la société civile laissant en coulisses l’empreinte de la franc-maçonnerie, et cela ne veut pas dire que l’Ordre a une participation directe à ces travaux, de même que le transfert de Robert Baden Powell, il n’a pas besoin d’avoir été maçon pour porter la mission de l’ordre dans le monde.

Un fait de plus que l’on peut ajouter au plus grand plaisir des lecteurs de livres d’aventures juvéniles est que l’auteur des Livres de la jungle , Rudyard Kipling, a rencontré Baden-Powell en Afrique du Sud en 1906, venant travailler en étroite collaboration avec lui.

L’origine des scouts

Kipling avait été initié à Hope and Perseverance Lodge n ° 782 à Lahore, Punjab, Inde. On peut trouver dans cet ouvrage des lignes directrices et des signes de la sagesse maçonnique ainsi que des réminiscences d’anciens secrets que la nature peut encore livrer à ceux qui ont le courage de la vivre librement et pleinement.

Franc-maçonnerie : à chacun sa star

De notre confrère italien Expartibus

Un initié sait qu’il doit simplement devenir ce qu’il est. Essayer de monter l’Arbre de Vie verticalement selon les chemins établis par les plans divins. Chaque homme, chaque femme est une star, a déclaré Aleister Crowley. Jamais comme aujourd’hui, dans cette phase de décadence spirituelle et d’évolution technologique passionnante, il n’y a le risque de se perdre. Et avec la mort de notre essence, contribuer à l’extinction de toute l’Humanité.

Parce que chaque homme est un ruisseau qui alimente la mer de la vie. Mais notre eau est polluée, empoisonnée par les jeux de pouvoir obscurs qui se déroulent en nous. Pas un reflet miroir du Ciel mais une fosse lunaire de poix noire. Sombre, désireux de consommer et d’anéantir la Lumière.

Chaque jour, nous risquons d’être littéralement aspirés par l’énergie, la liberté, la lumière de l’intellect des mille tourbillons qui gardent l’éther invisible, sifflant silencieusement dans l’air.

Seul le troisième œil peut les voir, seule la troisième oreille peut les confondre. Il y a un bruissement inaudible. Des battements sourds d’ailes noires confondus dans la masse sonore de cet air méphitique. Médias de masse, inconstants, au volant, chaotiques, désordonnés. Sale de bruit et de tous les mensonges que nous nous racontons.

Notre propre esprit est une installation étrangère. Superbe, luciférienne, ennemie du cœur. Toujours prêt à juger la réalité. Pour nous distraire, nous égarer, nous confondre, créer des objections à la discipline, nous éloigner du dharma. Inventer de nouveaux alibis, jusqu’à projeter des films de complots sombres et d’ennemis cruels. Toujours toujours dehors. Au lieu de les voir et de les prendre en flagrant délit en nous-mêmes.

Les petites paroles d’un voyageur insignifiant de cette immense galaxie perdue parmi des centaines de milliards d’autres galaxies, ne peuvent rien ou presque contre la déchéance générale.

Mais je sais que je suis un centre. 

Centre de conscience et de Lumière, fait à l’image et à la ressemblance de Dieu, et c’est à ma source que je veux être réuni. C’est de la combinaison de quatre éléments que je suis né et ces mêmes éléments que je devrai traverser à nouveau pour atteindre la Quintessence. Et puis je serai à nouveau brisé par les mêmes briques avec lesquelles j’ai été créé : la terre, l’air, l’eau, le feu et le souffle divin.

Personnellement, je ne peux rien vous promettre. Je ne sais pas comment m’aider moi-même et encore moins comment je pourrais aider ou même sauver quelqu’un d’autre. Mais je sais que parfois je lève la tête quand l’amour me submerge et l’emporte. Et je vois tout comme je devrais toujours le voir.

Puis je me rendors et rêve comme Zhuangzi que je suis un papillon, un papillon flottant qui bat des ailes, content de lui-même et libre de faire ce qu’il veut, qui ne sait pas qu’il est Zhuangzi. Moi aussi, comme ce rêveur, je n’ai jamais compris si je rêvais vraiment d’être un papillon, ou était-ce le papillon qui avait rêvé d’être un « franc-maçon ordinaire ».

Je crains la seconde mort mais j’aime profondément la vie et je voudrais, ici-bas, en faire un Temple plein de délices, de champs de blé et de coquelicots, de voluptés gracieuses et de caresses érotiques. Mais je sais que ce n’est pas le cas. Du moins pas entièrement.

Néanmoins, même si j’étais resté le dernier relayeur sur terre, je voudrais encore porter le flambeau pour témoigner maintenant et toujours de mon attirance magnétique secrète : je n’ai jamais cessé de suivre cette éternelle Comète. Je m’attache à sa queue. Au prix de me brûler les mains. Et je le chevauche comme un poulain exultant pour découvrir les routes infinies de la Création.

Pour cela, je souhaite à tous Sagesse, Force et Beauté. Que seraient-ils s’il n’y avait pas d’Amour.

Je souhaite à chaque lecteur de 2022 d’être saisi par l’émotion dévastatrice de la création. Et d’obtenir la libération instantanée, qui le fera quitter le monde, pour revenir aussitôt après plein de trésors, de joie, d’idées pour l’avenir, de l’envie de construire. Animé par une vraie jeunesse, au-delà de l’âge chronologique.

En même temps, je souhaite que le « vieil homme » en chacun de nous meure et je souhaite que chacun apprenne à nouveau à s’étonner et à se surprendre avec des blagues et des points de vue troublants.

Et encore une fois, je souhaite que ce garçon devienne un homme et nous aide à réinventer la politique, la science, l’art, la sagesse. Le monde a besoin de mourir, de briser le moule et de concevoir de nouveaux horizons créatifs.

Enfin, j’espère que les sociétés dites initiatiques, qui prêchent mais ne pratiquent pas la véritable Fraternité Universelle, seront réduites en cendres ! En un instant, depuis l’éclair de Zeus !

BRESIL : Maison de retraite maçonnique – Persévérance

De notre confrère brésilien folhadolitoral.com.br

La mi-mars est une étape importante pour la franc-maçonnerie de Parnaguara, en particulier pour les membres de la loge Perseverance, en raison du 14e anniversaire de la fondation du Lar dos Idosos Perseverança, qui célèbre en 2022 ses 82 ans d’existence. Notre loge maçonnique, l’une des plus anciennes, des plus traditionnelles et des plus respectées du Brésil, aura 158 ans en mai prochain, ce qui signifie que plus de la moitié de son existence a été consacrée à l’accueil et à l’assistance aux nécessiteux à travers l’institution anniversaire. 

En 1940, des hommes dignes ont décidé que Paranaguá avait besoin d’un endroit avec une vision philanthropique pour aider les personnes socialement vulnérables de la ville. Et le 14 mars de cette année-là, un jeudi, ils créèrent l’institution initialement appelée Société d’assistance aux nécessiteux. Depuis, l’entité a cultivé des histoires, des souvenirs et le passage de nombreuses personnes, non seulement celles qui ont été accueillies mais aussi les membres de la Loge qui l’entretient et les professionnels qui s’occupent des démunis qui arrivent au Foyer. Souvent avec d’immenses difficultés, ces personnes ont conçu et dessiné au quotidien les chemins que nous connaissons et que nous partageons avec la société.

La Maison de retraite porte bien son nom « Persévérance », et fête ses 82 ans en accueillant et entretenant 64 personnes âgées, assistées en permanence par 50 salariés dont 45 permanents et 5 stagiaires. Cette équipe de professionnels formés quotidiennement renforce l’entité en tant que marque d’assistance sociale dans le traitement des personnes âgées, une entité qualifiée pour le travail qu’elle effectue. 

Les chiffres ont varié au cours de tant d’années, en fonction de la possibilité d’entretien caractéristique de chaque saison, parfois précaire. Mais le fait est que l’histoire d’une institution n’est pas seulement représentée par son ancienneté. La série d’événements successifs le long de sa trajectoire est marquée par des événements de grande importance qui, ensemble, apportent une harmonie dans ses objectifs.

Pour cette raison, le maintien de l’histoire et l’appréciation de la mémoire sont alignés sur l’engagement envers l’excellence dans le travail et les soins aux personnes âgées. La Maison a toujours survécu, avec l’aide généreuse de la société parnaguara, grâce aux dons, en comptant également sur le soutien inestimable des sphères politiques et commerciales de la municipalité. Ainsi, il est devenu un symbole de contribution sociale à toute la côte du Paraná, ayant comme pilier de ces 82 années la participation de tous ceux qui font partie de notre histoire, contribuant à l’objectif de mieux prendre soin de nos personnes âgées défavorisées.

Nous avons déjà exprimé ici que la philanthropie est l’un des piliers de l’essence de la vie maçonnique. Le but principal de la franc-maçonnerie est que les hommes soient libres, égaux entre eux et se traitent comme des frères. Elle se définit officiellement comme « une institution essentiellement initiatique, philosophique, philanthropique, progressiste et évolutionniste, dont les fins suprêmes sont : Liberté, Égalité et Fraternité ». 

Pour cette raison, la philanthropie maçonnique n’est pas un objectif en soi, ni n’est destinée à être la solution aux problèmes sociaux, qui ne sont pas rares. La finalité se trouve dans son sens étymologique. Issu des mots grecs pour amour (philos) et homme (anthropos), il représente littéralement la manifestation du maçon de ce qu’il cherche à perfectionner : l’amour profond pour l’humanité ; détachement, générosité envers les autres; la charité. « Toutes sortes d’œuvres, dispersées dans tous les pays où fleurit la franc-maçonnerie, prouvent la solidarité humaine des francs-maçons. Ils soutiennent ces œuvres humanitaires avec soin et souvent avec sacrifice, comme c’est leur devoir ». 

Responsable : Loja Masônica Perseverança – Paranaguá – PR (loja159@fgsia.com)

Tout savoir sur Machiavel et «Le Prince»

Pourquoi Machiavel est entré dans la légende ?

Maintes fois disséquée depuis des siècles, l’œuvre de Machiavel (1469-1527) a des allures de cadavre décharné. Si Le Prince fut son œuvre la plus commentée à la Renaissance, elle fut aussi contredite au siècle des Lumières par Frédéric II de Prusse et Voltaire avec la publication de l’Anti-Machiavel. À tort ou à raison? Car dans le machiavélisme, il y a le machiavélisme de l’auteur, celui de ses disciples, celui de ses contradicteurs et enfin celui de ceux qui n’ont jamais ouvert un livre de Machiavel. Autopsie du Prince et de sa prodigieuse lignée ; pour enfin tout savoir sur Machiavel.

Quand Le Prince s’inscrit dans l’ennemi de l’homme : l’ennui

Il est une chose qui m’a toujours frappé, sans m’étonner plus que de raison, c’est qu’à chaque fois qu’un homme se trouve acculé sous le poids de l’ennui, seul et peut être amer, son esprit a besoin de s’évader en d’autres lieux. De cet exil forcé, de cette mise au repos, voire de confinement contraint, les heures creuses ont ainsi tout pouvoir de s’anoblir en heures pleines, brisant les herses de l’état végétatif contre un élan plus profitable, le souffle de l’esprit créatif. Avec plus ou moins de bon ou de mauvais desseins. Car voyez-vous chers lecteurs, Nicolas Machiavel est un homme d’action avant tout. Et se retrouver mis aux fers dans un sombre cachot, torturé, car suspecté de trahison, en cette funeste année 1513, après quatorze années au service des affaires politiques de Florence, lui donne matière à réfléchir.

Tombé en disgrâce au retour de la monarchie des Médicis, lui, l’ancien secrétaire de la République florentine, tout au fond de sa geôle fait le bilan quant à l’idée d’un pouvoir réaliste et pragmatique. Lui, le défenseur de la liberté, de l’humanisme (tel qu’il se définissait à l’époque de la Renaissance), se retrouve spolié de ses biens, contraint d’écrire non sans une certaine aigreur, l’œuvre diplomatique occidentale la plus brillante et la plus controversée : Le Prince, nommée initialement : les Principautés.

Le Prince : genèse d’une œuvre d’un maître à son disciple

À sa libération, ayant prouvé son innocence, et tout au long de sa retraite ordonnée, Machiavel termine et envoie à Julien de Médicis un exemplaire de ses Principautés. D’assez mauvaise grâce, contraint par la nécessité. Il écrit à son ami François Vettori : « la nécessité qui me poursuit me force à donner mon opuscule des Principautés à Julien de Médicis, parce-que je me consume et que je ne peux rester ainsi sans que la pauvreté me rende méprisable. »

En réalité, Le Prince devait permettre à Machiavel un retour en grâce et un emploi sous la monarchie. Et ce fut de son vivant un grand affront, car jamais les Médicis ne liront son œuvre, malgré la dédicace au futur Laurent de Médicis (à ne pas confondre avec Laurent le Magnifique), qu’il espérait somme toute, instruire et prémunir du despotisme. Le Prince est donc en premier lieu, un manuel d’instruction pour les futurs princes. Mais Machiavel restera loin des postes subalternes assujettis au pouvoir. Après l’achèvement de son chef-d’œuvre, sa place sera désormais derrière un écritoire et jusqu’à la fin de sa vie, dans la proscription, sans que le regard du Prince ne daigne se lever vers lui. Il finira sa vie esseulé et pauvre.

Les œuvres essentielles de Machiavel

Machiavel a vu tant d’horreurs perpétuées en son siècle sur le sol des petites gouvernances éclatées de l’Italie, que l’idée lui vint spontanément de disséquer les différents archétypes de gouvernants. Observateur et critique de ceux qu’il conseilla en missions au nom de la République florentine, un homme l’inspira davantage qu’un autre: Cesare Borgia, fils d’Alexandre VI, le pape le plus controversé de l’histoire du catholicisme. Le Cesare Borgia ! Sanguinaire, roublard, subversif, manipulateur, cruel. Mais tant de défauts ne peuvent faire un seul homme sans risquer de le rendre inhumain, ce qui n’est pas dans la nature de l’homme en soi, il lui faut donc quelques qualités: courageux, intuitif, courageux, vif…

French edition of Nicolo Machiavelli’s The Prince of 1646

Bref, à la somme de se qualités et défauts, Cesare Borgia est l’incarnation parfaite du Prince machiavélien. Et le fossoyeur de la morale privée qui fait naitre la Raison d’Etat. Donnant aussi naissance à La virtù machiavélienne que l’on retrouve aussi dans les discours sur la première décade du Tite Live et l’Art de la guerre, deux œuvres succédant au Prince, le best seller de philosophie politique que vous pouvez télécharger gratuitement par le biais de la BnF (Cliquez ici)

Le concept philosophique de la virtù machiavélienne

Si la raison étatique doit faire l’objet d’une prise de position dont on ne peut prévoir à l’avance si elle sera bonne ou mauvaise, le pragmatisme et le réalisme doivent résister à tout principe moral pour sauver un état menacé. La virtù machiavélienne fait donc référence à une notion toute darwinienne: l’homme le plus heureux n’est pas le plus riche ou le plus beau, c’est celui qui sait s’adapter aux coups du sorts et savoir en profiter pour dominer.

Considérant que par nature, l’homme n’est ni bon ni mauvais, la virtù et censée remplacer la morale privée pour asseoir coûte que coûte le pouvoir d’un état républicain (ou de droit divin de préférence) et en paix, quitte à payer le prix fort. La virtù est considérée par Derôme en 1888 dans son introduction du Prince, comme une vertu de résistance au scepticisme et une nécessité d’avoir un coup d’avance sur l’adversaire, mais pour le coup qui implique de se référer à la vertu… du hasard.

L’humanisme machiavélien : se faire craindre ou se faire aimer ?

Sa philosophie politique se veut en rupture avec le modèle philosophique des Anciens. Néanmoins tourné vers Thucydide et Tacite, dont il retravailla librement toutes les maximes, Machiavel ne pouvait qu’offrir aux princes de toute génération confondue, un Manuel parfait et une idéation du support étatique. Un prince pour gouverner a le devoir de paraitre parfait en toutes circonstances, sans obligatoirement l’être dans la réalité.

Cette notion d’hypocrisie est sans aucun doute celle la plus interprétative qui vaut au machiavélisme, soit d’être impropre à la morale, soit de faire preuve de génie dans le rapport de force. Mais, en lisant attentivement Le Prince, on ne peut que se rendre compte que Machiavel ne donne jamais de mode d’emploi précis pour se faire craindre ou aimer. Il dresse simplement un constat des comportements des gouvernants et dans le rapport de force avec ses ennemis pour servir son peuple. Amelot de la Houssaye un de ses commentateurs pensait que Machiavel détestait Cesare Borgia et sa tyrannie, du simple fait que dans ses discours du Tite Live il désapprouve les tyrans. Or, la tyrannie c’est ce qui a fait passer Machiavel à la postérité, à cause entre autres, d’un de ces passages dans Le Prince assez sibyllin :

«  Cesare Borgia passa pour cruel, mais c’est à sa cruauté qu’il dut l’avantage de réunir la Romagne à ses états et de rétablir dans cette province la paix et la tranquillité, dont elle était privée depuis longtemps. Et tout bien considéré, on avouera que ce Prince fut plus clément que le peuple de Florence qui pour éviter de passer pour cruel, laissa détruire Pistole. »

L’art de la guerre à télécharger.

Le Prince de Machiavel

Les anti-Machiavel : Voltaire et Frédéric II

En plein siècle des Lumières, Frédéric II, souhaite plus que tout entrer dans les bonnes grâces intellectuelles des humanistes. Il cultive d’autres paradigmes plus luxuriants que l’art de la guerre. Le siècle des Lumières remet en question les rapports avec la religion, la morale et la politique. Et Frédéric II entend bien bousculer tous les codes et devenir un empereur vertueux. En 1741, aidé par Voltaire, il entreprend de rédiger l’Anti-Machiavel, où il combat la doctrine politique machiavélienne. Et il compte sur Voltaire en bon préfacier pour porter un regard sévère sur la tyrannie machiavélienne. Et ce dernier dénonce les méfaits de la doctrine sur l’esprit juvénile d’un prince soumis à la flatterie :

« Il n’est que trop facile qu’un jeune homme ambitieux, dont le cœur et le jugement ne sont pas assez formés pour distinguer surement le bon du mauvais, soit corrompu par des maximes qui flattent ses passions. » Voltaire-l’Anti-Machiavel.

On ne peut que faire le lien ici avec le pourquoi de l’œuvre machiavélienne: revenir en grâce et sortir de la misère son propre auteur. La faim machiavélienne justifierait-elle les moyens d’entrer par la porte de grands par usage de la flatterie ? Quitte à être prise au pied de la lettre.

Le Prince : l’art de lustrer le lucre des tout puissants

Quel est le point commun entre Henri VIII, Cromwell, Robespierre ou encore Bonaparte ? Tous ont été de fervents disciples de l’œuvre machiavélienne et de sa Raison d’Etat. Tous se sont reconnus dans Le Prince. Comme une eau miroitante lustrant leur égos, Le Prince justifia leurs prises de position et leurs exactions pour certains, sans qu’ils se risquent à y puiser une forme de vertu. C’est à ce titre que le machiavélisme devint un terme populaire pour désigner une entreprise peu scrupuleuse et tyrannique. C’est à ce titre que Gentillet voit Machiavel comme un « enseignant du mal ».

Machiavel au siècle des Lumières

La virtù prône avant tout la défense de la liberté populaire contre les privilèges féodaux et l’arbitraire des grands. Par chance, Montesquieu, Hobbes, comprirent la profondeur de la philosophie politique machiavélienne et l’adoucirent dans sa radicalité. Rousseau s’inspirera du Tite Live pour écrire ses principes qui conduiront à la nécessité de créer une république. Car le philosophe voit dans Le Prince une satyre et non un modèle à imiter.

Montesquieu en réponse aux discours du Tite Live écrira son remarquable esprit des Lois. Machiavel est vu comme un précurseur de Bacon, avec la notion d’empirisme et de la science basée sur des faits réalistes, en vue de relever tous les défis nécessaires à l’instauration de la paix.

John Mearsheimer : le disciple moderne de Machiavel

A la tête de l’école du néoréalisme, John Mearsheimer est un professeur en sciences politiques qui est souvent mis à contribution lors des conflits modernes. Et plus particulièrement actuellement dans le conflit qui opposent la Russie et l’Ukraine. Il est apprécié pour sa vision pragmatique et réaliste qui n’est pas sans rappeler la virtù machiavélienne. Être considéré comme l’héritier de l’œuvre machiavélienne est un lourd héritage… mais, qui pour incarner Le Prince ?

Putin’s Invasion of Ukraine Salon | Ray McGovern, John Mearsheimer – YouTube

Retrouvez ici la chronique de dimanche dernier: Comment interpréter le destin tragique d’Hypatie d’Alexandrie ? – Journal 450.fm

20/03/22 : Équinoxe de Printemps

L’équinoxe de printemps marque la fin de l’hiver, au sens astronomique du terme, et l’entrée dans ce qu’on appelle communément « la belle saison ».

Le mot équinoxe vient du latin et signifie « égalité du jour et de la nuit ». Le soleil se trouve alors directement au-dessus de l’hémisphère, ce qui signifie que les deux moitiés de la Terre sont uniformément exposées aux rayons du soleil, et que la durée du jour et de la nuit est à peu près la même.

À quelques jours près, il cohabite avec l’heure d’été et permet surtout au jour de gagner du terrain sur la nuit. Une durée d’ensoleillement qui ira croissante jusqu’au solstice d’été (20-21 juin), avant de diminuer à nouveau jusqu’au solstice d’hiver (20-21 décembre).

Quelques traditions liées à l’équinoxe

Depuis les premières observations astronomiques il y a des milliers d’années, cette période a été marquée par des rites ou des célébrations. D’autant que dans l’hémisphère nord, fin-mars est souvent marqué par l’apparition des premiers bourgeons et une « renaissance » de la nature. L’équinoxe de printemps est ainsi le premier jour du calendrier iranien traditionnel ou un jour sacré dans le zoroastrisme, ancienne religion des Perses.

Perséphone chez Hadès, médaillon d’un kylix attique, vers 440-430 av. J.-C., British Museum

En cette période, les Grecs célébraient le retour à la surface de la terre pour six mois, de Perséphone. Fille de Zeus et Déméter, elle fut enlevée par Hadès, qui la fit reine des Enfers. Hadès avait conclu un pacte avec Déméter, partageant ainsi son épouse dans le monde de la Lumière et le royaume des Ténèbres. Ce mythe exprime le mouvement de la végétation qui meurt à l’approche de l’hiver pour resurgir à nouveau avec le printemps. Dans le culte, la fête célébrant le départ de Perséphone avait lieu en automne, la belle saison étant associée à son retour.

Quant à l’Église catholique, apostolique et romaine, cette dernière a associé deux fêtes à l’équinoxe de Printemps.

L’Annonciation par Melozzo da Forlì

La première, le 25 mars est la fête de l’annonciation à la Vierge Marie, par l’Archange Gabriel qu’elle attend un enfant, dont la naissance aura lieu 9 mois plus tard, précisément le 25 décembre, jour de Noël.

La deuxième est Pâques célébrant la victoire d’un dieu de Lumière (Jésus) sur les ténèbres (la mort). Cette fête a lieu toujours le premier dimanche qui suit la première pleine lune après l’équinoxe de Printemps

D’ailleurs, jusqu’à la Renaissance, le jour de l’an était souvent fêté le 1er mars en Europe.

Les civilisations précolombiennes avaient également remarqué ce phénomène.

Sur le site de Chichén Itzá, ancienne ville située dans la péninsule du Yucatán, au Mexique et principal centre religieux du Yucatán, les Mayas ont bâti la pyramide d’El Castillo entre le IXe et le XIIe siècle.

El Castillo (pyramide de Kukulcán)

À chaque équinoxe, les rayons obliques du soleil frappant le soleil créent des ombres volontairement crées par les architectes : elles rappellent un serpent grimpant le long du bâtiment.

En Europe, les civilisations nordiques célébraient Dísablót au moment de l’équinoxe de printemps. Mentionnée dans les sagas Hervarar, Víga-Glúms, Egils et Heimskringla, cette fête sacrificielle servait à satisfaire les esprits féminins et favorisait la récolte à venir.

Le dísablót par August Malmström

Sources : lintern@ute ; REFINERY29 ; Wikipédia

Le Camp des Milles reçoit le Grand Orient de France : les 2 et 3 avril

lien pour la retransmission

https://www.youtube.com/c/GrandOrientdeFranceOfficiel

inscription sur :

https://my.weezevent.com/Conferences-2et3-avril-2022

Le camp des Milles,

Ce lieu d’internement rattaché à l’histoire de la seconde guerre mondiale, situé près d’Aix en Provence, a connu trois grandes périodes, de plus en plus terribles.

Dans un premier temps, de 1939 à 1940, jusqu’à la défaite, il servit de camp de rétention aux ressortissants du Troisième Reich, y furent emprisonnés tous ceux qui provenaient d’Allemagne nazie et des pays envahis par cette dernière. La République Française y relégua sans aucune distinction, opposants ayant fui Hitler comme pro-nazi.

Dans un deuxième temps après la défaite, ce lieu se trouvant en zone dite libre, c’est l’État français dirigé depuis Vichy par Pétain et son régime collaborationniste qui y incarcèrent plus de 3.500 personnes qualifiés d’indésirables, républicains espagnols, juifs ayant quitté les pays sous botte nazie notamment, pour atteindre 3.500 internés.

Dans un troisième temps, avant même l’invasion de la zone sud par les allemands, de juillet à septembre 1942, les activités de ce camp sous impulsion de Laval, se tournèrent vers de nouvelles victimes, en devenant un lieu de transit pour la déportation vers les camps de concentration et d’extermination, de juifs de la zone Sud jusque-là plus ou moins préservés, même de jeunes enfants.

Ce lieu hautement symbolique reçoit donc le Grand Orient de France pour une conférence qui n’en doutons pas sera riche d’émotion, mais aussi d’histoire.

Le parcours du profane sans parrain passe par le forum Lebandeau.net

Beaucoup de profanes (non-maçons) cherchent une source fiable d’information sur la franc-maçonnerie : le forum  lebandeau.net (ou le salon), qui existe depuis 2011, est une des solutions éprouvées, en complément des sites des obédiences.

Pendant bien longtemps, ceux qui s’intéressaient à la franc-maçonnerie le faisaient parce qu’il en avaient entendu parler dans un cercle de proches, et souvent la famille. La disponibilité de ceux qui sont à même de répondre du fait de leur proximité fait que c’est toujours le parcours le plus facile pour un profane , et bien souvent il est ensuite contacté par un atelier connu de ceux qui ont au départ répondu à ses questions…bref c’est l’autoroute, certains diraient la voie royale.

Mais, entre autres du fait de l’atomisation des familles, pas mal d’autres ne connaissent pas de personne de confiance, et au fait de la chose, à interroger, donc devant eux se dresse le mur d’un intimidant mystère.

Un mot tel que franc-maçonnerie tapé dans un moteur de recherche retourne d’abord toute une litanie de sites complotistes. Pas né d’hier, le profane intéressé insiste, et rencontre les sites des obédiences : communication léchée, mais avec un petit goût institutionnel, pour ne pas dire administratif. Quelques vidéos apportent une note plus cool, en soulignant aussi les quelques bons côtés accessibles à monsieur ou madame tout-le-monde (qui n’est pas La Fayette ou Washington)  comme la fraternité, la solidarité, le plaisir collectif.

Mais, au-delà de tout cela, il reste quelques questions que l’on n’ose pas poser à voix haute à des inconnus que l’on suppose haut-placés.

Il existe diverses pages Facebook, dont certaines avec des milliers d’inscrits, mais en fait il n’y  a chaque fois qu’un seul fil chronologique, et quand on veut rebondir sur la discussion d’hier qu’on trouvait intéressante, très fréquemment on ne la retrouve plus, ensevelie qu’elle est sous la myriade d’interventions plus récentes.

C’est pour cela qu’ont été inventés il y a une douzaine d’années les forums de discussion :  des sujets ( nommés fils de discussion ) regroupés en rubriques, généralistes pour les débutants, et progressivement plus pointues pour les plus savants, un outil de recherche, et des pseudos pour permettre de poser des questions qui pourraient fâcher.

C’est ainsi que Gizmo, franc-maçon, a lancé le 20 mars 2011 son forum «  le Bandeau sur les yeux » https://www.lebandeau.net. L’inscription est simple et gratuite : un pseudo et une adresse mail suffisent.

En 12 années de fonctionnement, ce sont plus de 126000 messages qui ont été échangés, soit plus de 31 par jour en moyenne, sur plus de 4400 sujets, tous encore en ligne.

Des francs-maçons de toutes obédiences,  soucieux de transmettre en toute transparence se sont relayés pour répondre sans langue de bois ni jargon à des kyrielles de profanes avides de se faire leur propre opinion, y compris une réponse à la lancinante question « la franc-maçonnerie me conviendrait-elle ? »  Inutile de dire qu’une partie a fini par frapper à la porte d’un temple qui leur correspond et continue à présent sa route en faisant partie des initiés.

La rubrique phare reste bien sûr celle regroupant les  « discussions entre maçons et non-maçons », avec d’abord un groupe pour les grands débutants, puis d’autres . Les autres grandes rubriques sont «  cellules grises…maçonniques ou non », « coin détente », « bienvenue/vie du forum et suggestions », et un espace réservé aux maçons, accessible moyennant tuilage.  

Ces autres rubriques ont le même succès que les rubriques dédiées directement à la franc-maçonnerie ; elles montrent que les maçons sont dans la ville et que leur exemplarité est aussi importante que les réponses aux questions.

Depuis 2020 une version smartphone est venue faciliter l’usage du forum internet.

Depuis 2022 le forum se double d’un « salon Discord », technologie plus récente, dérivée des « chats » ;  adresse : https://discord.gg/TYr7XbrN7b .

Vous connaissez des profanes qui vous bombardent de questions ? Envoyez les nous !