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Connais-toi toi-même pour mieux te porter !

La démarche maçonnique qui, dans son rituel, nous renvoie à cette injonction contient un certain nombre d’éléments qui peuvent faciliter cette approche de notre connaissance.

Avec l’expérience que donne l’âge, on comprend vite trois réalités de l’existence :

  • La vie peut être belle et nous combler de joie ;
  • Nous sommes bien souvent maladroits et nos actions nous desservent plus souvent qu’elles nous servent ;
  • Nous mettons du temps à comprendre et lorsque nous commençons à connaître les tenants et aboutissants, la maladie et la perte de vitalité nous font perdre nos moyens.

Mieux se connaître est donc un objectif salutaire pour nous permettre de consacrer un espace-temps de vie harmonieux et plus long.

Pour arriver à cet objectif nous devons comprendre trois contingences :

  • Il n’y a pas de super héros et nous sommes tous très vulnérables ; celles et ceux qui prétendent surpasser les autres le font dans un contexte particulier et pour un temps limité ; bien souvent, ils ou elles sont amené-e-s à prendre des risques qui les rendent encore plus vulnérables ;
  • Se connaître c’est avant tout connaître sa vulnérabilité que cela soit au niveau psychologique ou au niveau organique.
  • Se connaître c’est aussi apprendre à éviter le piège du transfert !

La démarche maçonnique nous offre des outils pour mieux nous connaître !

Premier outil : La Sagesse que nous transmet la Tradition !

La franc-maçonnerie est porteuse des valeurs de la Tradition ; celle-ci nous a transmis un certain nombre de principes de bon sens qui méritent d’être suivis ; pour ce sujet, trois me semblent mériter d’être pris en considération:

  • Le respect du temps d’observation avant de démarrer l’action : c’est un temps de réflexion, ou de simple de sommeil qui permet de prendre du recul avant l’engagement.
  • La nécessité d’éviter de succomber à l’emportement passionnel et pulsionnel : nous sommes tous soumis à une spontanéité pulsionnelle qui peut être source de problèmes importants ! Etre capable de les contrôler n’est pas chose facile.
  • L’importance de l’apprentissage pour acquérir la connaissance. C’est la base de la recherche de la connaissance ; cela suppose une grande humilité et beaucoup de persévérance. Dans ce domaine de l’apprentissage, on doit prendre en compte la capacité de tout individu à comprendre comment le corps humain fonctionne, quels sont nos facteurs de risque (sur communication de son médecin traitant) et comment les modérer.

Deuxième outil : La création d’un univers symbolique protecteur !

Chaque franc-maçon-ne peut le faire ; il s’agit de sélectionner un certain nombre de symboles parmi tous ceux que l’on utilise en loge. Cette sélection est personnelle et est fondée sur une attirance instinctuelle non raisonnée. Les symboles sélectionnés forment ce que l’on appelle l’univers symbolique protecteur qui symboliquement est amené à nous protéger contre les agressions éventuelles que nous pourrions subir.

La pertinence de cet outil est la conséquence d’une part de l’enseignement traditionnel mais aussi des connaissances de la psychologie contemporaine.

Dès qu’un individu quitte sa zone de confort, il devient vulnérable ; la manière la plus simple de se protéger est d’utiliser la pensée symbolique ; bien souvent cela se fait inconsciemment ! En pratiquant de façon consciente on améliore encore plus son intérêt !

L’absence ou la mauvaise compliance de l’univers symbolique protecteur peut expliquer les phobies.

Troisième outil : L’enseignement des erreurs commises par les sœurs et frères qui se sont fourvoyé-e-s dans les pièges du miroir aux alouettes !

Un miroir aux alouettes est un leurre traditionnel pour la chasse aux oiseaux migrateurs. Il est généralement en bois et se trouve orné de petits éclats de miroir, de métal ou de strass colorés. La chasse au « miroir » attire les alouettes au moment de leur migration. Le même miroir qui nous incite à nous découvrir peut être un leurre. Dans le cas qui nous intéresse, il suffit simplement d’observer celles et ceux qui ont succombé.

Observer comment les êtres humains vivent est toujours source d’enseignement ; d’autant plus quand ils ou elles se fourvoient dans des labyrinthes de fausses routes.

Il suffit d’attendre pour qu’immanquablement le spectacle de la déconfiture produite par l’erreur fatale saute aux yeux. Que cela soit le spectacle affligeant de la personnalité imbue de sa personne et maniant les jugements méprisants à l’égard de ses petits camarades que des mythomanes adeptes des scénarios où leur narcissisme peut s’exprimer avec une belle candeur, sans parler des vautours qui tournent autour des têtes en attendant de se jeter sur la proie facile, il y a matière à réflexion à observer l’attitude de certain-e-s sœurs et frères qui elles et eux n’ont pas vraiment fait la démarche ! Il faudrait un La Bruyère franc-maçon pour croquer toutes ces dérives du comportement humain dans les loges et en-dehors !

Le quatrième outil n’est pas spécifiquement maçonnique : éviter le piège du transfert !

C’est peut-être l’opération la plus délicate ; cela suppose en particulier de ne pas se croire obliger de prendre la place de l’autre, ce que généralement le désir de convaincre pousse invariablement à faire ! Idéalement, cela supposerait un accompagnement mais si on accepte de se remettre en cause on peut y arriver seul-e. Le transfert explique l’implication maladroite dans un interventionnisme de mauvais aloi !

Arts libéraux

Se connaître, c’est indéniablement améliorer sa ZDC aussi bien loge que dans la vie profane !

En franc-maçonnerie on pourrait isoler plusieurs sous-chapitres :

  • se connaître pour échapper à l’influence de pseudo-gourous (et cela ne manque pas), (voir aussi un article sur l’influence)
  • se connaître pour éviter de rentrer dans un clan,
  • se connaître pour rester exigent-e, refuser la recherche d’intérêt financier et ne pas succomber à la facilité !

Dans la vie profane on retrouvera des sous-chapitres connus :

  • se connaître pour éviter le piège des addictions,
  • se connaître pour cultiver la bienveillance et l’humilité,
  • se connaître pour apprécier la beauté de la Nature.

D’autres articles sur ce sujet :

Se connaître et se réaliser

How do you know yourself to be one?

Se connaître soi-même : 5 actions pour atteindre la connaissance de soi

Know Yourself? 6 Specific Ways to Know Who You Are

Le Printemps des Francs-maçonnes…

Deux conférences publiques de la Grande Maîtresse de la Grande Loge Féminine de France Catherine Lyautey se sont tenues le matin et l’après midi du dimanche du 20 mars à la Cité du Couvent à Paris (11e).

 « Aujourd’hui, avec le printemps qui revient », voici le temps prévu par la G.L.F.F. et les Francs-maçonnes pour faire savoir aux profanes en quoi la démarche initiatique constitue un chemin de vie pour des femmes en quête de sens et de cohérence.

Pour ces deux premières conférences à Paris, un public d’intéressées fut très attentif aux propos de la Grande Maîtresse sur ce qu’il en est de la voie initiatique : une chance que toute femme peut s’offrir à elle-même, la maturité aidant pour se poser des bonnes questions sur l’orientation à donner à sa vie, une recherche passionnante pour des femmes de toutes conditions… Elle a souligné l’atout de la laïcité comme étant un atout pour les femmes ; également insisté sur l’enjeu d’une éducation qui permet à une parole et à une sensibilité féminine de s’établir dans un monde où l’émancipation des femmes reste dépendante de leurs propres engagements…

Ce printemps des Francs-maçonnes initialisé par la Grande Maîtresse avec l’appui des représentantes de la G.L.F.F. devrait se poursuivre en régions…

Parallèlement, sur les ondes, l’émission de France Culture Divers aspects de la pensée contemporaine continue de témoigner que l’initiation par les femmes et pour les femmes reste la clé de leur autonomie et de leur émancipation sans que soit oubliée l’existence du  pôle masculin dans l’humanité…

À DÉCOUVRIR : les podcasts de France Culture : Divers aspects de la pensée contemporaine

23/03/22 : Conférence publique – «Protestantisme et Franc-Maçonnerie : de la connivence aux fâcheries» à Sciences Po Aix

Avec Yves Hivert- Messeca, Professeur Honoraire d’Histoire et Michel Miaille, Professeur Émérite de Droit et de Science Politique Université Montpellier 1. Le modérateur est Franck Frégosi, Directeur de recherche CNRS (UMR GSRL)/Chargé de cours à Sciences Po Aix.

Yves Hivert-Messeca

Au cours de cette conférence à deux voix, organisée par l’Association des Amis de Bruno Etienne (OE), les intervenants analyseront à partir du cas français, les nombreuses interactions ayant existé entre le monde protestant et celui de la Franc-Maçonnerie.

Une manifestation à caractère profane, destinée à un large public et en libre d’accès.

Franck Frégosi
  • Infos pratiques :

Horaires : de 18h15 à 20h00

Lieu :  Institut d’Etudes Politiques d’Aix-en-Provence, 25 Rue Gaston de Saporta

13625 Aix en Provence – Face à la cathédrale Saint-Sauveur

Amphi René Cassin – 1er étage

Logo Institut d'études politiques Aix
Logo Institut d’études politiques Aix

Si le sujet vous intéresse, vous pouvez aller plus loin en lisant « Protestants et francs-maçons en pays de France » d’Yves Hivert-Messeca (postface de Jacques-Noël Pérès, préface de Valentine Zuber) publié en février 2020 chez Dervy, une marque du groupe Guy Trédaniel, dans la collection L’univers maçonnique.

«La mémoire volée des francs-maçons» enfin rediffusée !

Pillées en 1940, conservées et étudiées à Berlin par des nazis fascinés, les archives de la franc-maçonnerie ont été récupérées par les Russes à la fin de la guerre. Après des négociations diplomatiques, elles ont repris le chemin de la France en 2000. Toute la mémoire de la franc-maçonnerie a ainsi réapparu, éclairant deux siècles d’histoire de France et d’Europe. Mais ont-elles toutes été restituées ?

Produit en 2015, « La mémoire volée des francs-maçons » est un documentaire de 55 minutes que nous devons à Jean-Pierre Devillers.

Les prochaines diffusions sur « Toute L’Histoire » :

  • mercredi 23 mars 2022 à 16:31 ;
  • jeudi 24 mars 2022 à 10:36 ;
  • samedi 26 mars 2022 à 23:08 ;
  • lundi 28 mars 2022 à 08:34.

Source : Ouest France – programme TV

La Franc-maçonnerie est-elle une Tradition ?

Parce que la Franc-maçonnerie est souchée sur une histoire de plusieurs siècles, parce qu’utilisant des référents plus ou moins constants, on peut se demander en quoi elle participe des diverses définitions du mot «tradition». La tradition maçonnique est à entendre comme transmission. Le verbe latin tradere, qui a donné à la fois les mots tradition et trahison, signifie avant tout : transmettre. Et ce qui est transmis c’est à la fois un contenu et des modes opératoires. Les cerner, c’est comprendre ce qui est offert, ce qui est retenu. Nous nous poserons deux questions : La Franc-Maçonnerie est-elle une tradition ? Et si oui, est-ce une tradition particulière ?

La Franc-Maçonnerie est-elle une tradition ?

Nous allons tenter d’y répondre en confrontant l’esprit de la Maçonnerie avec les définitions du dictionnaire.

. Selon une 1ère définition :

«La tradition désigne une doctrine, pratique religieuse ou morale, transmise de siècle en siècle, originellement par la parole et par l’exemple». La Franc-Maçonnerie ne  répond qu’en partie à cette définition. Si notre culture est orale, nos rituels, eux, sont des catéchismes écrits ; si nous connaissons les vertus de l’exemplarité, on ne peut toutefois considérer qu’elle transmet une doctrine. Il appert que sa principale caractéristique tient à l’assertion bien connue : «la Franc-Maçonnerie n’invoque aucun dogme». En corollaire : la Franc-Maçonnerie n’est pas dogmatique.

Contrairement à ce que l’on entend quelquefois dans l’un ou l’autre morceau d’architecture, la Franc-Maçonnerie n’est pas une doctrine car une doctrine présuppose une transmission des dogmes. La Franc-Maçonnerie transmet des questions et elle laisse à chacun le soin d’apporter ses réponses et son argumentation. Les plus grands philosophes sont ceux qui n’ont cessé de douter d’eux-mêmes et de se renouveler tout au long de leur carrière. La loge est le réceptacle à l’intérieur duquel peuvent mûrir des pensées grâce aux ferments irremplaçables de la liberté et des échanges. Cet héritage, ce sont aussi les valeurs auxquelles nous restons attachés, tout en les relativisant: la vérité, le sens, la dialectique historique porteuse d’espérance, le progrès, la liberté de conscience, le sens critique, la raison, la science, le respect d’autrui, la fraternité. Ces ferments de l’éthique maçonnique, ce sont eux, qui nous ont attirés vers elle. Peut-on les considérer comme un corps de doctrine ?

. Selon une 2ème définition :

«la tradition c’est une information, plus ou moins légendaire relative au passé, transmise, d’abord oralement, de génération en génération». Les champs synonymiques de «légende» et de «mythe» placent d’emblée la Franc-Maçonnerie au cœur de cette définition. Les références au temple de Salomon, à ses colonnes, à son architecte Hiram, indiquent clairement des sources légendaires. À noter que ce n’est qu’en 1730, sur fond d’opposition religieuse, que la Grande Loge d’Angleterre, en majorité anglicane, remplace la légende du relèvement du corps de Noé par ses fils évoquée par les presbytériens dans le manuscrit Graham de 1726, par celle d’un meurtre, celle d’Hiram.

. Selon une 3ème définition de l’Encyclopédie Universalis :

«La tradition est l’héritage par lequel le passé se survit dans le présent». Les psychodrames des rituels d’initiation mettent en scène des temps mythiques, ceux des commencements. Dans la démarche cyclique, les faits se réalisent à nouveau réellement. Ce n’est pas une simple commémoration, mais une réitération. Les personnages du mythe ou de la légende sont rendus présents, on devient leur contemporain.

. Selon une 4ème définition:

«la tradition c’est une manière de penser, de faire ou d’agir qui est un héritage du passé». Elle est alors liée à la coutume, à l’habitude voire à l’usage. Le formalisme de nos rituels pourrait être de cette tradition-là car il permet d’actualiser par le présent ce qui vient d’avant. Toutefois, tout en étant semblable ce n’est plus tout à fait la même chose, comme le fruit n’est plus la fleur qui l’a porté.La tradition, ce n’est pas un passé irréductible à la raison et à la réflexion de ceux qui nous ont précédés, qui nous contraindrait de tout son poids ; pour nous c’est le processus par lequel se constitue une expérience vivante et adaptable. L’homme libéré n’a pas de modèle préexistant, parce qu’il n’existe que par une actualisation sans cesse renouvelée de son devenir.

Qu’est-ce que la tradition initiatique ?

Ce serait abuser étrangement que croire en la possibilité de ramener, à un concept unique et transcendant, les variétés d’initiations, bien que cette idée d’une unité ne soit pas absente de certains textes fondateurs de la Maçonnerie. Les rites ne sont que des voies particulières de la démarche, ils peuvent différer, le processus initiatique se développera sur des multiples plans, moraux, intellectuels, psychologiques, spirituels, intérieurs et extérieurs. Mais, il est indéniable qu’il y a des fondements communs constitutifs de la Franc-Maçonnerie qui nous sont transmis : l’initiation, la tolérance et la fraternité. Rappelons-les en quelques mots.

L’initiation qui veut nous faire passer de l’homme de la nature à l’homme de la culture, du vieil homme à l’homme nouveau, elle veut susciter une nouvelle naissance et la rendre possible. Pour atteindre ce but, elle doit utiliser certains moyens, se soumettre à certaines conditions : la première condition, extrinsèque de toute initiation aux «mystères de la Franc-Maçonnerie», est d’être un homme «né libre et de bonnes mœurs «. La deuxième condition, intrinsèque celle-là, est la mort symbolique du sujet à initier, comme le rappelle Eliade, «la majorité des épreuves initiatiques impliquent une mort rituelle, suivie d’une nouvelle naissance».

La tolérance et la fraternité, ces deux notions vont pouvoir révéler ce qu’elles sont à celui qui, comme Rabelais le préconise, ose rompre l’os pour en déguster la «substantifique moelle».

Il en ressort que la tolérance consiste à accepter que ceux, qui sont comme nous en quête de leur Graal, poursuivent une voie aussi valable que la nôtre, quelle que soit la direction qu’ils empruntent, car la même quête de la Lumière nous unit… pour autant que nous cherchions tous la lumière. Ce qui permet aux compagnons de la quête de se séparer sans dommage, est le fait que tous sont unis, vivifiés par la même Tradition.

La fraternité c’est quand «l’autre», l’ennemi potentiel, est considéré comme une modalité de ce qui est, une part du Tout dont nous sommes aussi une partie. Alors, une fraternité profonde, ce que les bouddhistes appellent «compassion», marquera de plus en plus toute notre vie de son sceau. Ce ne sera plus un code comportemental exotérique qui guidera nos actions, mais ces dernières deviendront l’expression d’une conscience, d’une intériorité. Nous serons en marche, véritablement, dans une voie ésotérique.

La spécificité de la Franc-Maçonnerie s’appuie-t-elle sur une tradition particulière ?

Son universalisme en récuse l’idée. Si, à n’en pas douter, les sources des textes fondateurs de la Maçonnerie écossaise sont théistes et ceux de la Maçonnerie anglaise sont déistes, l’ouverture de la Franc-Maçonnerie à l’universalisme a développé un intérêt pour l’étude des religions, qui peut n’être qu’historique ; comprendre diverses approches spirituelles permet souvent de mieux comprendre sa propre spiritualité.

Il existe un temps propre à la Tradition maçonnique, mais ce temps-là, indéfinissable, c’est un temps de vie dans l’immédiat, un temps apodictique énoncé par le rituel, aux trois premiers grades, entre midi et minuit. La Tradition maçonnique serait alors un éternel recommencement qui nous obligerait ainsi à sortir de l’historicité. Cette Tradition implique nécessairement la résistance aux modes, facteurs de datation et de fragilité. Sortir du temps classique et de l’historicité, est-ce à dire que la Tradition se soit refermée sur elle-même, sourde et aveugle aux mouvements de la société profane, ou qu’elle soit inaccessible à tous changements ? Certes, elle ne peut pas être passéiste, ce serait réintroduire le temps profane mais on pourrait être tenté de lui reprocher son fixisme, son conservatisme ou son immobilisme. Comme ce serait mal la connaître !

La Tradition c’est le noyau peu altérable qui fonde la Franc-Maçonnerie. Elle en assume la solidité et la continuité, la pérennité, la transtemporalité. Mais entendons-nous bien, Tradition n’est pas traditionalisme. Ce serait la réduire à «un attachement aux valeurs, aux croyances du passé transmises par une seule tradition», comme en donne la définition du Robert. Les croyances sur lesquelles furent fondées les différentes obédiences, à travers l’histoire de la Maçonnerie spéculative, ont non seulement évoluées mais se sont inspirées de philosophies et de spiritualités souvent opposées les unes aux autres. Quelle source oserait se prévaloir sur les autres ? Pire encore si on considère le traditionalisme en tant que «doctrine d’après laquelle on doit conserver les formes politiques et religieuses traditionnelles, alors même qu’on ne saurait les justifier intellectuellement». La Tradition maçonnique n’est pas dans de tels contenus car elle n’est surtout pas dogmatique ni étroitement prescriptive.

La tradition maçonnique est mouvement, démarche, méthode au sein des loges, au moyen des rituels. La Loge maçonnique veut donner à l’homme d’aujourd’hui, comme elle a donné à celui d’hier, les outils symboliques qui lui permettront de se retrouver dans sa vérité et de se conquérir dans sa liberté. L’initiation maçonnique nous permettra d’entrer dans la voie.  Mais c’est à nous seul qu’il appartient de suivre la voie, à nous seul qu’il appartient par notre effort et notre patience, notre intelligence et notre volonté, de passer de l’initiation «virtuelle» à l’initiation «réelle», de transformer une promesse en une réalité, une espérance en une certitude, un chemin de connaissance en un chemin de vie ; c’est une invitation au travail qui incombe au maçon.  

Regarder la conférence d’Yves Hivert-Messeca

Le rituel, quant à lui, induit des postures cognitives telles que les secteurs de la réalité et du savoir, qui sont concernés par l’attitude, constituent avant tout des mystères construits par lui ; ces mystères donnent un sens à l’individu, au monde qui l’entoure et qu’il transformera, selon son appropriation, à travers ses activités maçonniques et profanes.  

Et c’est dans la chaîne d’union que se reçoivent et se déversent, dans la posture physique de l’entrelacs des mains, ce flux d’augmentation de l’être obtenu au cours des tenues.

 Tel est l’esprit de la tradition de la Franc-Maçonnerie. L’intelligence spirituelle viendra ôter le voile de la lettre, ou le voile qu’est la lettre, afin d’en dégager l’esprit. Alors qu’importe la lettre ?

Sans présumer d’une spécificité unique de la Tradition maçonnique, nous pouvons dire que celle du Droit Humain se situe sur le terrain de l’éthique et de l’humanisme. Les épreuves spéculatives ne sont à considérer que comme l’indication que pour être conforme à ce que nous promettons dans les temples, il faudra déployer de réels efforts dans le monde profane et s’y sentir particulièrement responsables. Arrêtons-nous un instant, avec Annick de Souzenelle, sur ce dernier terme, «responsable», pivot de l’éthique, dont l’échelle des valeurs est le moyen. Laissons-le se révéler. «Responsable», contient deux sens cachés : res-ponsa que l’on peut rendre par «quelque chose qui a du poids, du prix, de l’importance», et res-ponsa qui est «ce que l’on épouse, ce à quoi l’on est uni par amour».  Au cœur de la responsabilité, il y a donc le prix et l’amour, la valeur et la joie.  C’est à un rapport à la Création riche de ces qualités que conduit une échelle des valeurs harmonieuse et cohérente avec le réel.

Pour conclure, au regard des définitions, la Franc-Maçonnerie serait, dirions-nous, une Tradition non traditionaliste. C’est dans la déclaration des principes des obédiences que se retrouve ce fond sur lequel se fait le consensus d’une manière d’être franc-maçon et que nous pourrions appeler la Tradition maçonnique.

Quand les MOF invitent les MAF

Ou quand les « Meilleurs Ouvriers de France » (MOF) invitent « Les Meilleurs Apprentis de France » (MAF) à Bourges (Cher)

Pins MAF réalisé par Valentine

La Ville de Bourges accueille depuis 1995 un musée unique en France, le musée des Meilleurs Ouvriers de France (MOF), témoin d’une volonté locale de montrer l’excellence de plus de deux cents métiers de l’artisanat, du commerce et de l’industrie.

Ce musée est installé dans l’enceinte de l‘ancien palais archiépiscopal https://bit.ly/3Cxl0WK, à une centaine de mètres au sud de la cathédrale Saint-Etienne https://www.ville-bourges.fr/site/cathedrale et qui servit d’Hôtel de Ville de 1910 à 1995.

Présentées sur deux niveaux, les collections de chefs d’œuvre primés, souvenirs et médailles évoquent l’histoire du mouvement des Meilleurs Ouvriers de France depuis sa création en 1924 par le gouvernement.

La grande salle du rez-de-chaussée accueille chaque année une exposition temporaire liée au travail des Meilleurs Ouvriers de France et la mezzanine présente les collections permanentes issues de dons et dépôts de MOF.

La collection des MOF se chiffre à 200 acquisitions, sans compter les 113 œuvres déposées.

Diplôme MOF 1924

Rappelons que les candidats au concours « un des Meilleurs Apprentis de France » sont des jeunes âgés de 16 à 21 ans, élèves dans des lycées professionnels ou dans des Centres de Formation à l’Apprentissage.

Le concours MAF 2020

C’était 10 groupes de métiers, ainsi que des épreuves ponctuelles dans les spécialités suivantes : hôtellerie-restauration, jardins et espaces verts, métiers du service et métiers de la maintenance.

Parmi les 4732 candidats qui se sont présentés au concours de 2020, 564 ont été sélectionnés pour les finales nationales et 277 d’entre eux ont obtenu le titre de « Un des Meilleurs Apprentis de France ». En outre, ce concours a nécessité la mobilisation de 750 établissements scolaires et de 3000 bénévoles.

La répartition femmes/hommes au sein du concours MAF

En 2018 : 314 lauréats …. 101 femmes soit 32 %

En 2019 : 353 lauréats …. 130 femmes soit 36 %

En 2020 : 277 lauréats …. 99 femmes soit 35 %

Une belle mise en lumière des métiers de l’artisanat, du geste technique ainsi que de la transmission des savoirs !

L’historique du musée https://bit.ly/3CxZvoE

Infos pratiques

Du 11 mars 2022 au 3 janvier 203

Musée des Meilleurs Ouvriers de France

Musée MOF Bourges

Ancien palais archiépiscopal – Rue Victor Hugo, 18000 Bourges

Tél : 02 48 57 82 45 – accueil-museemof@ville-bourges.fr

Ouverture : 10h-12h (sauf le dimanche) et 14h-18h/Fermé les mardis et les 1er janvier, 1er mai, 1er novembre, 25 décembre – Accessible aux personnes handicapées

Tarifs : plein : 3,00 €/4,00 € – réduit : 2,00 €/3,00 € ; si expo temporaire ou non

Boutique du musée des Meilleurs Ouvriers de France https://bit.ly/35NtkFX

Depuis le lundi 8 novembre 2021 – raisons liées à la crise sanitaire – le musée est ouvert :

  • Le matin uniquement pour les groupes scolaires ;
  • L’après-midi pour le grand public.

Templiers post tenebra lux : des justiciers à moto qui luttent contre le harcèlement et les abus d’enfants

De notre confrère suisse 24heures.ch – Par Joel Espi

Ils font usage de leur look de mauvais garçons à grosses cylindrées pour désamorcer les violences. Les Templiers post tenebra lux accompagnent les victimes de violences, que cela soit de façon spectaculaire à leur école, ou dans l’intimité de drames familiaux.

Gilets en cuir marqués d’un écusson à l’imagerie médiévale, bottes de moto, blue-jeans et, surtout, quelques grosses Harley-Davidson… On entendrait presque «Back in Black» d’AC/DC en fond sonore. Le 11 mars dernier, une dizaine de balèzes ont mis leur image de motard au service d’une cause.

Une Valaisanne de 12 ans, en surpoids et malvoyante, n’en pouvait plus des quolibets dans le bus qu’elle empruntait de chez elle à son école. Escortée par deux membres des Templiers post tenebra lux, suivie par une dizaine de bécanes rugissantes, la jeune fille a retourné la honte contre ses harceleurs. (suite sur 24heures)

VENEZUELA : Les Ouvriers d’Hiram Abiff – Le Travail Maçonnique

De notre confrère vénézuélien elnacional.com – Mario Munera Muñoz PGM

Avant d’aborder le sujet du travail maçonnique, regardons le concept qui se tient à propos de la franc-maçonnerie. Qu’est-ce que la franc-maçonnerie ? : C’est une auguste institution philosophique et initiatique. Son objectif principal est de « sensibiliser« , mais tout son processus repose sur la transformation du maçon en un être « libre » des dogmes, du fanatisme et des préjugés. Il apprend à bien penser. 

C’est un processus de transformation de changements internes, à l’intérieur de l’être. Dans l’initiation, vous recevez une « transmission spirituelle« , qui, si vous êtes qualifié, vous expérimentez des changements biologiques, psychiques et surtout vous commencez à révéler au sein de votre être la Lumière qui vous fera observer l’Univers sous une lumière différente. Quand j’insiste autant sur la « qualification », c’est parce que pour être « maçon« , il faut avoir une vocation et une prédisposition à ouvrir sa conscience par « l’art véritable« . travaux maçonniques, Nous avons dit précédemment que son fonctionnement peut être envisagé depuis que le premier être humain a ouvert la conscience. On considère que la prise de conscience commence lorsque l’on se pose les trois questions fondamentales : d’où je viens ?, quel est mon but dans le présent ?, et où est-ce que je retourne ? L’être humain est le seul être conscient de l’existence d’une divinité et de la mort. On peut situer ce processus de travail maçonnique (je ne dis pas diviser, car la franc-maçonnerie ne divise pas, ajoute-t-elle) en quatre parties : premièrement, la loge. Deuxièmement, l’individu. Troisièmement, la société. Et quatrièmement, la Grande Loge. Dans ces quatre points un membre de la franc-maçonnerie se déplace. Quel est mon objectif dans le présent et où dois-je retourner ? L’être humain est le seul être conscient de l’existence d’une divinité et de la mort. On peut situer ce processus de travail maçonnique (je ne dis pas diviser, car la franc-maçonnerie ne divise pas, ajoute-t-elle) en quatre parties : premièrement, la loge. Deuxièmement, l’individu. Troisièmement, la société. Et quatrièmement, la Grande Loge. Dans ces quatre points un membre de la franc-maçonnerie se déplace. Quel est mon objectif dans le présent et où dois-je retourner ? L’être humain est le seul être conscient de l’existence d’une divinité et de la mort. On peut situer ce processus de travail maçonnique (je ne dis pas diviser, car la franc-maçonnerie ne divise pas, ajoute-t-elle) en quatre parties : premièrement, la loge. Deuxièmement, l’individu. Troisièmement, la société. Et quatrièmement, la Grande Loge. Dans ces quatre points un membre de la franc-maçonnerie se déplace.

La première étape d’un laïc est d’être initié dans une loge. Ici commence votre processus au sein de l’institution. La loge maçonnique est un groupe de frères maçonniques qui travaillent ensemble pour des objectifs et des idéaux. Le temple maçonnique est le lieu où se réunissent les maçons, c’est très particulier, car il y a tous les « symboles« , qui contiennent le savoir et la sagesse de l’Ordre franc-maçon. Le mot loge vient du grec « logos », défense ou argumentation, mais il vient aussi du sanskrit « loká ».», qui se traduit par local, monde, qui représente le monde matériel. En bref : la loge est un groupe de frères qui la constituent. Les réunions sont dites « tenues », qui se tiennent dans une chambre maçonnique ou un temple, ce qui signifie qu’il s’agit d’un temple érigé à la sagesse. Pas religieux. Dans le temple « la loge » se réunit selon un système de réunions, que nous appelons « rite ». C’est un système très semblable aux réunions d’une chambre législative profane, dans lesquelles chacun a le droit de parler et l’exercera quand celui qui le dirige le lui permettra. Nous appelons cela le droit parlementaire. Dans ce processus de travail maçonnique, la loge est d’une importance primordiale. Là, vous exprimez votre point de vue sur un sujet proposé, en tant que contribution au sujet, et un franc-maçon ne dit jamais à un autre franc-maçon : vous vous trompez.

Il y a plusieurs postes à pourvoir dans les réunions, ce qui permet à la réunion d’être démocratique. Les réunions de loge sont la nourriture de l’esprit du maçon. Il vous libère des carcans physiques du monde profane, vous libère de l’agitation quotidienne. Cela renforce spirituellement. En lodge, détaché du monde profane, vous pourrez penser sereinement et apprécier la condition humaine. Vous vous libérez des pensées et des sentiments qui altèrent notre être. La sagesse est sereine et vous prenez votre vie en main. Polir la pierre brute, c’est rechercher l’harmonie, l’ordre dans le chaos. A l’intérieur de la chambre, en loge, le franc-maçon est modeste et détaché de la vanité, de l’égoïsme et de l’orgueil. Les symboles vous donnent les repères pour travailler sur vous-même : se connaître. Assister au travail en loge, c’est apporter des contributions qui enrichissent l’atelier, et c’est pour aider tes frères à grandir. Tous les points précédents sont développés car lorsque nous entrons dans le temple ou la chambre maçonnique, c’est comme passer dans une autre dimension, où une série d’énergies que nous appelons l’agrégat maçonnique opèrent et influencent tous les participants.

Pour le franc-maçon, il est essentiel de se réunir dans une loge de la chambre ou du temple : lorsqu’il y a une bonne entente entre les frères, tous sortent spirituellement renforcés pour leur processus de travail maçonnique. La franc-maçonnerie est une institution spirituelle et initiatique qui, outre le processus interne d’ouverture de conscience, les francs-maçons sont également une réflexion pour la transformation de la société avec leurs vertus et leurs connaissances. Les réunions de loge marquent le cours de la vie maçonnique, car des changements commencent à se produire dans votre être, ce qui n’est rien d’autre qu’une prise de conscience. Lorsqu’il y a harmonie dans la chambre, une placidité spirituelle est ressentie, où vous ressentez et comprenez les messages des symboles, où habite le secret maçonnique si mal compris.

« Anne de France 1522 – 2022 – Femme de pouvoir, princesse des arts »

Le Musée Anne-de-Beaujeu de Moulins, dans l’Allier, présente la première exposition majeure consacrée à Anne de France.

Du 18 mars au 18 septembre 2022, le musée départemental de l’Allier programme une exposition entièrement dédiée à Anne de France (1461-1522) – pour les 500 ans de sa mort – en dévoilant le rayonnement extraordinaire de cette femme de pouvoir et mécène à l’aube de la Renaissance, qui n’a encore jamais fait l’objet d’une rétrospective de grande envergure.

Anne de France, une grande princesse au pouvoir

Anne de France et sa fille Suzanne de Bourbon, priant

Née vers 1461, cette fille aînée du roi Louis XI et de la reine Charlotte de Savoie a épousé Pierre de Beaujeu, duc de Bourbonnais et d’Auvergne dès 1488.

À la mort de son père en 1483, elle s’impose au pouvoir, gouvernant le royaume en quasi-régente pour seconder son jeune frère, le roi Charles VIII, trop jeune pour régner seul. Sans être reine de France, elle dispose d’un pouvoir inégalé.

Anne de France influence le souverain jusqu’à la mort de ce dernier en 1498 et demeure une princesse incontournable à la cour de France sous les règnes de Louis XII et de François Ier.

Femme de pouvoir, mécène avisée, éducatrice modèle et femme de lettres, Anne de France est l’une des personnalités marquantes de la fin du 15e et du début du 16e siècle. L’exposition ambitionne de dévoiler au public deux facettes trop peu connues d’Anne de France : sa puissance politique et l’influence qu’elle a exercée sur de très nombreuses reines, princesses et nobles dames de la Renaissance en France et en Europe.

La rétrospective accordera également toute sa place à la commande artistique de la princesse qui domina et influença les arts dès la fin du 15e siècle. Son goût pour les enluminures, la peinture, les tapisseries, les émaux, l’orfèvrerie et son grand intérêt pour les livres ont constitué un élément décisif de l’introduction de l’art de la Renaissance italienne en France.

En sa cour ducale de Moulins, elle s’est entourée de grands artistes tels que Jean Colombe, Jean Hey, Jean de Chartres ainsi que d’artistes italiens.

La capitale du duché de Bourbon est ainsi devenue sous son influence la première cour française à développer l’art de la Renaissance italienne, comme en témoignent les formes architecturales du pavillon qui abrite aujourd’hui le musée Anne-de-Beaujeu.

Trésors des ducs et duchesses de Bourbon

Parallèlement à l’exposition « Anne de France », grâce à une aide exceptionnelle de la part de la Bibliothèque nationale de France dans le cadre du dispositif « Dans les collections de la BnF », une deuxième exposition, toujours au musée Anne-de-Beaujeu, sera consacrée de juin à septembre 2022 aux plus beaux manuscrits enluminés ayant fait partie de la collection des ducs et des duchesses de Bourbon.

Ce partenariat, réalisé sous le commissariat de Maxence Hermant, conservateur à la Bibliothèque nationale de France, permettra le retour au palais de Moulins d’un ensemble exceptionnel de manuscrits ayant appartenu aux ducs de Bourbon, parmi lesquels les splendides Heures de Louis de Laval et le seul manuscrit enluminé par le Maître de Moulins, Les Statuts de l’Ordre de Saint-Michel. Ce projet majeur, intitulé « Trésors des Bourbons dans les collections de la BnF » se tiendra au musée Anne-de-Beaujeu de juin à septembre 2022.

Infos pratiques :

Blason de la ville de Moulins

Du vendredi 18 mars jusqu’au dimanche 18 septembre 2022

Exposition « Anne de France : 1522-2022 »

Musée Anne-de-Beaujeu de Moulins

Tarif d’entrée au MAB : 5€ le plein tarif. 3€ le tarif réduit sous conditions. C’est gratuit pour les mineurs.

Jours et horaires d’ouverture : du mardi au samedi, entre 10h et midi et entre 14h et 18h et les dimanches et jours fériés entre 14h et 18h. Fermeture le lundi, le 1er janvier, le 1er mai et le 25 décembre.

loge de la ville de Moulins

Pour plus d’informations sur cette exposition, vous pouvez appeler le musée Anne-de-Beaujeu de Moulins au 04.70.20.48.47 ou vous pouvez aller sur le site : www.musees.allier.fr.

Source : http://musees.allier.fr/1212-exposition-anne-de-france.htm

Alain Graesel : Comment la spiritualité peut-elle se comprendre en Grande Loge de France ?

De notre confrère rezonodwes.com – Par Rezo Nòdwès

« Le concept donne à connaître, le symbole donne à penser »

Samedi 19 mars 2022 (rezonodwes.com) – Antoine de Saint-Exupéry écrivait : « Nous n’héritons pas de la terre de nos ancêtres, nous l’empruntons à nos enfants ». De même, dans sa démarche spirituelle pour mieux connaitre son être, l’initié ne peut oublier sa relation au monde. Au cours de l’histoire, reproduit France Culture, le génie humain s’est exprimé au moins de trois façons : la rationalité, l’éthique et la spiritualité. Alain Graesel choisit de définir le dernier concept et comment peut-il se comprendre en Grande Loge de France ?

L’auteur explique que la spiritualité ne concerne ni la rationalité intellectuelle ni l’éthique du vivre ensemble mais elle traduit la volonté des êtres humains à considérer que leur vie ne se réduit pas uniquement aux deux premiers domaines mais aussi à ce qui en eux-mêmes les dépasse, les fonde et fait signe vers un au-delà de l’humain. Il montre les différences entre la spiritualité et les religions.

En effet une confusion pourrait être entretenue entre la liturgie des religions, et les rituels maçonniques, confie Graesel. Les religions sont associées à des dogmes, qu’il faut accepter et croire, alors que la spiritualité en G.L.D.F. n’impose rien, et permet aux croyants et non croyants de poursuivre leur propre quête.

La spiritualité est une expression culturelle avant d’être cultuelle. La spiritualité est la forme que revêt la réflexion des êtres humains lorsqu’ils réfléchissent à des notions que l’on peut penser mais non connaitre.

Alain Graesel rappelle l’évolution de la dénomination « Grand Architecte de l’Univers » au cours du temps, et quelle acception est faite en Grande loge de France de nos jours. Il est un symbole pour le Franc Maçon de la G.L.D.F. et il évoque la pensée de Paul Ricœur : 

« Le concept donne à connaître, le symbole donne à penser »

Il est temps de sortir l’homme de l’aveuglement qui lui fait croire qu’il pouvait s’affranchir de tout ce qui l’avait jusqu’alors constitué. Il y a donc urgence à retisser des liens avec soi-même, les autres et enfin le monde.

Bibliographie

  • La Grande Loge de France, 3e édition – 1re éd. 2014 – dans la Collection « Que sais-je ? », n° 3791, des Presses Universitaires de France.

Source : France Culture