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De l’universalisme au sacré

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Je suis doublement un enfant du XVIIIe siècle : je me suis baigné dans sa langue et dans sa littérature, puis – et plus encore – dans ses pensées et dans ses idéaux. C’est là que, la République aidant, j’ai puisé aux sources de l’universalisme, comme si les chartes, les harangues, les philosophies, qu’après-guerre, l’Occident a brandies à la face du monde pour exorciser les maux qui l’avaient ravagé dans la première moitié du XXe siècle, devaient imposer à la terre entière et sans discussion leur suprématie, alors même que les promoteurs de ces idées généreuses continuaient de fermer les yeux, de-ci, de-là, sur leurs vains combats pour le maintien de certaines colonies…

Je relis tous ces textes impeccables et grandioses où Rousseau, Locke, Kant, Montesquieu, Tocqueville et combien d’autres rivalisent d’excellence et je me revois, depuis tant d’années, dans ma Loge symbolique, proclamant l’universalité de la Franc-maçonnerie. Peu à peu, conscient du creuset culturel où se purifient nos convictions, j’en suis venu à considérer, non point que nos valeurs devaient, par construction, s’étendre à l’humanité, mais que nous devions modestement nous attacher à enrichir nos colonnes de toute la diversité qui compose d’ores et déjà nos sociétés. Je vous laisse le soin de me murmurer à l’oreille qu’on en est encore loin…

On le voit bien, la projection de l’universalisme tourne court dans de très nombreuses contrées et notre simple universalisme d’accueil rencontre bien des freins, de nos frontières à nos foyers. Faut-il, pour autant, abandonner tout projet universel ? Bien sûr que non ! Il nous faut travailler avec les méthodes éprouvées que nous connaissons et qui commencent par l’écoute, le partage et la coopération. Évitons de stigmatiser l’autre dans ses croyances et nouons le dialogue sur ce qui nous appartient en commun : une exigence de dépassement par le haut, le sacré.

ARGENTINE : Que font les francs-maçons et les francs-maçonnes à Mendoza: du mystère et du machisme à la sororité

De notre confrère argentin memo.com.ar – Par Ángeles Acosta

Pablo Lázaro et María Elena Castillo sont les grands maîtres de la franc-maçonnerie argentine, respectivement masculin et féminin. Ce week-end à Mendoza, ils ont raconté ce que sont les loges et la raison pour laquelle elles sont passées du secret aux réseaux sociaux.

« L’espèce humaine tout entière est une seule famille dispersée sur la face de la terre ; tous les peuples sont frères et doivent s’aimer comme tels. Malheureux sont les méchants qui cherchent une cruelle gloire dans le sang de leur frère ! », peut-on lire sur le site de la Grande Loge d’Argentine des Maçons Libres et Acceptés.

Historiquement, la franc-maçonnerie était un grand mystère. Enveloppé dans une sorte de secret, des milliers de mythes, de faussetés et d’idées fausses ont été générés au fil des années autour d’elle. Peut-être que la fameuse « peur de l’inconnu » provoque encore une certaine peur sociale concernant qui sont les maçons et ce qu’ils font de leur vie.

Mais, l’une des principales devises du journalisme est d’aller à la source, de consulter, de découvrir et de lever tous les doutes. C’est précisément pour cette raison que Memo a profité de la visite à Mendoza de Pablo Lázaro, Grand Maître de la franc-maçonnerie masculine,  pour s’entretenir avec lui avec María Elena Castillo, Grand Maître de la franc-maçonnerie féminine,  qui a également participé à l’interview et qui est également  Mendoza. Les deux principaux référents de l’Argentine ont décortiqué chacune de nos questions.

Entretien avec Pablo Lazaro

-Qu’est-ce que la franc-maçonnerie et que sont les loges ?

-C’est un lieu où se rassemblent des gens qui pensent totalement différemment mais qui essaient de parvenir à des accords pour parvenir à une société plus fraternelle. C’est une société philosophique, philanthropique, laïque et progressiste.

Nous comprenons que nous avons besoin de ce que nous appelons en interne « toutes les aventures de l’esprit ». Autrement dit, vous devez être prêt à vous asseoir à côté de quelqu’un qui est à l’opposé de votre façon de penser ; être radical, péroniste, socialiste, juif, catholique, agnostique, etc. Ce que nous essayons de représenter, c’est l’ unité de travail intégrée par toutes les idéologies.

La Fédération, chacune avec une conformation spécifique, sur l’ensemble du territoire national est celle qui compose la Grande Loge dans laquelle est élu tous les trois ans un président, qui est chargé de diriger.

-Combien de lodges y a-t-il à Mendoza et en Argentine ?

-Je suis le président de la Fédération d’Argentine qui regroupe les grandes loges régulières et qui est uniquement masculin. Mais elle est aussi avec moi aujourd’hui et nous travaillons ensemble, María Elena Castillo, qui dirige la Grande Loge Féminine d’Argentine. Au total, nous avons environ 300 loges dans tout le pays et 32 ​​à Cuyo.

-Quelle est la raison de votre visite à Mendoza ?

-Je suis venu mettre en service les loges de Mendoza, San Juan et San Luis qui changent annuellement d’autorité et prêtent serment. C’est un rite particulier où, outre l’accompagnement politique institutionnel, le plus grand succès est également souhaité à toute la région.

-Quels sont les rituels qu’ils pratiquent ?

-C’est un protocole, une manière de se comprendre partout dans le monde. Quelle que soit la langue, la franc-maçonnerie fonctionne par le symbole, la libre pensée et est interprétée des manières les plus diverses. Le rituel est ce qui fixe les moments où certains sujets ou débats sont abordés.

-C’est-à-dire que selon votre philosophie le malheureusement fameux « crack argentin » n’existerait pas…

Nous disons qu’il n’existe pas. Le véritable adversaire de la franc-maçonnerie est le fanatisme. Les gens qui ne veulent pas écouter quelque chose de différent, s’assoient devant quelqu’un et comprennent que l’autre, c’est soi-même. On prône la tolérance mais ça ne veut pas dire que je dois supporter quoi que ce soit, mais débattre dès la construction. Si nous recherchons des points d’accord, nous serons sûrement une société plus fraternelle. Un exemple concret est qu’en tant que franc-maçonnerie, nous avons présenté un projet de loi sur l’éducation environnementale et obtenu plus de 15 soutiens d’universités nationales de différentes couleurs politiques et de différentes provinces parce que la franc-maçonnerie construit de cette façon.

-Historiquement, c’est une institution avec beaucoup de secret et c’est peut-être pour cette raison qu’ils génèrent une certaine peur dans la société. Qu’est-ce que tu en penses?

-Ce qui est vrai, que nous avons une auréole de mystère que nous essayons justement de lever car nous comprenons que la franc-maçonnerie n’a rien à cacher . Au contraire, il a beaucoup à donner. Et c’est vrai qu’autrefois c’était une société secrète parce qu’en tant qu’institution de libre-pensée qui essaie constamment d’œuvrer pour la liberté absolue de conscience, elle s’est heurtée à tout le monde à travers l’histoire.

C’était secret quand les frères maçonniques risquaient leur vie , comme la liberté de l’Amérique. Dans une démocratie cela devient discret, la propagande ne se fait pas mais elle fonctionne activement et grandit de plus en plus. Notre courant commence en 2008 avec une proposition de communication à forte valeur ajoutée . Aujourd’hui, nous rendons notre histoire disponible, racontant ce que nous faisons et où nous allons.

La franc-maçonnerie fait partie non seulement des processus politiques, comme le cas de San Martín est bien connu , mais aussi des petites choses et pas tellement. Par exemple, la création du club River Plate.

-Ses principes sont : « Liberté, Egalité et Fraternité ». Quel rapport avec la Révolution française ?

-Tout,  la Révolution française reprend la devise de la franc-maçonnerie car près de Napoléon il y avait beaucoup de francs-maçons. En fait, Napoléon serait arrivé au pouvoir par diverses loges en quête de révolution.

Notre devise est liberté, égalité et fraternité. Un vieil enseignant a expliqué : celui qui met l’accent sur l’égalité, peut être plus de centre-gauche ; en liberté, peut-être plus de centre-droit, mais nous convergeons tous vers un axe fondamental c’est ce qui lui donne le tamis et l’importance, la fraternité . C’est le fil conducteur.

Entretien avec Maria Elena Castillo

-Comment es-tu devenue l’institutrice des femmes maçonnes ?

-Le processus institutionnel est similaire à celui décrit par le Grand Maître Lázaro. La Grande Loge Féminine de la République Argentine est prête à célébrer 20 ans de vie institutionnelle et environ 10 ans avant que ne commence tout le processus de conformation des premières loges féminines du pays.

Pour être Grand Maître, vous devez être choisi par des loges à travers le pays , des listes sont présentées et la dernière gestion s’est terminée juste au début de la quarantaine. Ainsi, pour la première fois, l’élection s’est tenue virtuellement et la liste que j’ai parrainée a obtenu 85 % des voix. C’est un peu la continuité de la gestion précédente, avec une plus grande participation de tout l’intérieur du pays et un agenda plus axé sur le développement des subjectivités féminines et l’impact social dans certains espaces. Nous réalisons nos projets en collaboration avec le gouvernement et les organisations de la société civile. A partir de là nous faisons aussi une valeur pour que la société nous connaisse et nous interagisse . Il y a une grande diversité de femmes.

-Quelle vision avez-vous du combat pour l’égalité femmes-hommes ?

-La liste s’appelait Federal Sorority . Nous avons un agenda où nous partons en quête, indiscutablement, de valorisation des subjectivités féminines ; de l’intellectuel, du social, de l’économique. Il y a tout un agenda qui est le nôtre et sur lequel on travaille. Nous sommes un échantillon vivant de ce qui se passe dans la société, il y a donc des problématiques qui nous traversent toutes, d’autres propres aux féminités et d’autres aux masculinités. Mais sur des questions comme l’éducation, la santé, l’environnement, nous travaillons ensemble.

Les temps nouveaux montrent la nécessité d’éliminer la stigmatisation de la franc-maçonnerie , afin qu’ils sachent ce que nous faisons et contribuent ce que nous avons à la société et aux gouvernements.

-Il vaut la peine de dire, alors, qu’ils militent pour les droits des femmes.

-Complètement.

-Thème esthétique, femmes et hommes, s’habillent de tenues spéciales, avec des symboles. Dis nous à propos de cela.

-Nous travaillons à travers le symbole qui est ce qui nous permet de former des penseurs libres car il donne des messages différents ; immédiat et médiat. Ouvrez dans ces espaces différents regards. Les femmes ne portent du noir rigoureux que pour les occasions spéciales et utilisent un tablier et un col qui sont des symboles de travail. Plus tard, ils nous trouveront en jeans, en pantoufles ou « déguisés » en avocats, architectes, femmes au foyer, etc.

Conditions d’appartenance

-Comment une personne doit-elle faire si elle veut faire partie de la franc-maçonnerie ?

-Castillo : Dans la rue Manuel A. Sáez se trouve le temple de Mendoza. Quelqu’un avait l’habitude de vous présenter. Actuellement, nous sommes sur les réseaux et dans les médias. Sur Instagram, comme Mendoza Women’s Masonry ou comme Argentina Women’s Grand Lodge.  Ils se contactent là-bas, un processus d’entretien commence pour faire connaissance avec la candidate et pour qu’elle nous connaisse. Faites-lui savoir ce que nous faisons.

Savoir si cette subjectivité qui va entrer est prête à se transformer, à être un sujet initiable, à vouloir être une meilleure personne et à obtenir la meilleure version d’elle-même. En revanche, nous sommes intéressés à savoir quel est leur engagement social et citoyen car la franc-maçonnerie se caractérise par cela ; progrès spirituel et engagement social. Et une redevance est payée parce que nos institutions sont soutenues par ce que nous produisons nous-mêmes.

-Lázaro : Toute personne de plus de 18 ans qui a l’idée de vouloir se changer, de travailler pour une société plus fraternelle et qui est prête à côtoyer des personnes diverses et à écouter quelque chose de différent, est la bienvenue en franc-maçonnerie. 

VENEZUELA : Les Ouvriers d’Hiram Abiff : Le Travail Maçonnique

De notre confrère vénézuélien elnacional.com – Par Mario Munera Muñoz PGM

Avant d’aborder le sujet du travail maçonnique, regardons le concept qui se tient à propos de la franc-maçonnerie. Qu’est-ce que la franc-maçonnerie ? : C’est une auguste institution philosophique et initiatique. Son objectif principal est de « sensibiliser », mais tout son processus repose sur la transformation du maçon en un être « libre » des dogmes, du fanatisme et des préjugés. Il apprend à bien penser. C’est un processus de transformation de changements internes, à l’intérieur de l’être. 

Dans l’initiation, vous recevez une « transmission spirituelle », qui, si vous êtes qualifié, vous expérimentez des changements biologiques, psychiques et surtout vous commencez à révéler au sein de votre être la Lumière qui vous fera observer l’Univers sous une lumière différente. Quand j’insiste autant sur la « qualification », c’est parce que pour être « maçon », il faut avoir une vocation et une prédisposition à ouvrir sa conscience par « l’art véritable ». travaux maçonniques, Nous avons dit précédemment que son fonctionnement peut être envisagé depuis que le premier être humain a ouvert la conscience. On considère que la prise de conscience commence lorsque l’on se pose les trois questions fondamentales : d’où je viens ?, quel est mon but dans le présent ?, et où est-ce que je retourne ? L’être humain est le seul être conscient de l’existence d’une divinité et de la mort. On peut situer ce processus de travail maçonnique (je ne dis pas diviser, car la franc-maçonnerie ne divise pas, ajoute-t-elle) en quatre parties : premièrement, la loge. Deuxièmement, l’individu. Troisièmement, la société. Et quatrièmement, la Grande Loge. Dans ces quatre points un membre de la franc-maçonnerie se déplace. Quel est mon objectif dans le présent et où dois-je retourner ? L’être humain est le seul être conscient de l’existence d’une divinité et de la mort. On peut situer ce processus de travail maçonnique (je ne dis pas diviser, car la franc-maçonnerie ne divise pas, ajoute-t-elle) en quatre parties : premièrement, la loge. Deuxièmement, l’individu. Troisièmement, la société. Et quatrièmement, la Grande Loge. Dans ces quatre points un membre de la franc-maçonnerie se déplace. Quel est mon objectif dans le présent et où dois-je retourner ? L’être humain est le seul être conscient de l’existence d’une divinité et de la mort. On peut situer ce processus de travail maçonnique (je ne dis pas diviser, car la franc-maçonnerie ne divise pas, ajoute-t-elle) en quatre parties : premièrement, la loge. Deuxièmement, l’individu. Troisièmement, la société. Et quatrièmement, la Grande Loge. Dans ces quatre points un membre de la franc-maçonnerie se déplace.

La première étape d’un laïc est d’être initié dans une loge. Ici commence votre processus au sein de l’institution. La loge maçonnique est un groupe de frères maçonniques qui travaillent ensemble pour des objectifs et des idéaux. Le temple maçonnique est le lieu où se réunissent les maçons, c’est très particulier, car il y a tous les « symboles », qui contiennent le savoir et la sagesse de l’Ordre franc-maçon. Le mot loge vient du grec « logos », défense ou argumentation, mais il vient aussi du sanskrit « loká ».», qui se traduit par local, monde, qui représente le monde matériel. En bref : la loge est un groupe de frères qui la constituent. Les réunions sont dites « tenues », qui se tiennent dans une chambre maçonnique ou un temple, ce qui signifie qu’il s’agit d’un temple érigé à la sagesse. Pas religieux. Dans le temple « la loge » se réunit selon un système de réunions, que nous appelons « rite ». C’est un système très semblable aux réunions d’une chambre législative profane, dans lesquelles chacun a le droit de parler et l’exercera quand celui qui le dirige le lui permettra. Nous appelons cela le droit parlementaire. Dans ce processus de travail maçonnique, la loge est d’une importance primordiale. Là, vous exprimez votre point de vue sur un sujet proposé, en tant que contribution au sujet, et un franc-maçon ne dit jamais à un autre franc-maçon : vous vous trompez.

Il y a plusieurs postes à pourvoir dans les réunions, ce qui permet à la réunion d’être démocratique. Les réunions de loge sont la nourriture de l’esprit du maçon. Il vous libère des carcans physiques du monde profane, vous libère de l’agitation quotidienne. Cela renforce spirituellement. En lodge, détaché du monde profane, vous pourrez penser sereinement et apprécier la condition humaine. Vous vous libérez des pensées et des sentiments qui altèrent notre être. La sagesse est sereine et vous prenez votre vie en main. Polir la pierre brute, c’est rechercher l’harmonie, l’ordre dans le chaos. A l’intérieur de la chambre, en loge, le franc-maçon est modeste et détaché de la vanité, de l’égoïsme et de l’orgueil. Les symboles vous donnent les repères pour travailler sur vous-même : se connaître. Assister au travail en loge, c’est apporter des contributions qui enrichissent l’atelier, et c’est pour aider tes frères à grandir. Tous les points précédents sont développés car lorsque nous entrons dans le temple ou la chambre maçonnique, c’est comme passer dans une autre dimension, où une série d’énergies que nous appelons l’agrégat maçonnique opèrent et influencent tous les participants.

Pour le franc-maçon, il est essentiel de se réunir dans une loge de la chambre ou du temple : lorsqu’il y a une bonne entente entre les frères, tous sortent spirituellement renforcés pour leur processus de travail maçonnique. La franc-maçonnerie est une institution spirituelle et initiatique qui, outre le processus interne d’ouverture de conscience, les francs-maçons sont également une réflexion pour la transformation de la société avec leurs vertus et leurs connaissances. Les réunions de loge marquent le cours de la vie maçonnique, car des changements commencent à se produire dans votre être, ce qui n’est rien d’autre qu’une prise de conscience. Lorsqu’il y a harmonie dans la chambre, une placidité spirituelle est ressentie, où vous ressentez et comprenez les messages des symboles, où habite le secret maçonnique si mal compris.

08/04/22 : «La Franc-maçonnerie aujourd’hui», une conférence publique à Lons-le-Saunier, en présence du Grand Maître du GODF

A la recherche d’un
progrès qui profite à
tous »

Première obédience maçonnique de France, le GODF s’inscrit dans une continuité historique mais aussi internationale.

À la suite d’hommes et de femmes qui tous ont œuvré, à leur manière, au progrès et à l’amélioration de l’Humanité, le Grand Orient de France est un promoteur actif des principes contenus dans sa devise qui est aussi celle de la République « Liberté, Égalité, Fraternité ».

Le Grand Orient de France est fortement attaché au principe constitutionnel de laïcité, qui offre aux citoyens la liberté de croire ou ne pas croire, la liberté absolue de conscience étant en effet garantie par la laïcité des institutions. Bien sûr, il s’oppose tout aussi énergiquement au racisme, aux fondamentalismes religieux et aux adversaires de la démocratie.

Nous travaillons à la propagation et à l’approfondissement de l’Humanisme des lumières en abordant de nombreux sujets sociétaux. Dans le cadre de questions thématiques proposées chaque année à toutes les Loges, nous pouvons citer le planning familial, la jeunesse, la bioéthique, l’éducation nationale, les enjeux républicains, la paix, les solidarités, les libertés, la fin de vie dans la dignité, l’école laïque, la faim dans le monde, la démocratie, la différence, l’incivisme, la mondialisation, le partage des richesses, toutes questions contribuant à construire un humanisme et une fraternité à l’échelle de la planète,…

Ces travaux sont disponibles dans la synthèse annuelle des « Questions à l’Étude des Loges » éditée sous forme de recueil. Chez Conform édition: « Questions à l’étude des loges » du N°1 au N°8 – 1876 pages https://bit.ly/3NjsWzR

05/04/22 : Conférence «Voyages en mixités» à Orléans par le Droit Humain

Éloge de la transgression en franc-maçonnerie ! Il y a tout juste 140 ans, le 14 janvier 1882, une première femme, Maria Deraismes, était initiée aux mystères de la franc-maçonnerie dans une loge de la région parisienne, et ce, en pleine égalité de droits et de devoirs avec les hommes. C’était 62 ans avant le droit de vote accordé aux femmes, et l’évènement n’était pas dénué de radicalité, de courage… et d’oppositions !

Une utopie démocratique de mixité, autrement dit : l’égalité et la fraternité à l’œuvre. Une réalité vécue dans les temples maçonniques, véritables laboratoires d’idées pour des réalités à venir dans la société. Dans un milieu initiatique strictement réservé aux hommes en cette fin du 19siècle, nait ainsi une obédience unique par son ADN : le Droit Humain, obédience maçonnique fondée sur la mixité. A l’avant-garde de combats sociétaux, hommes et femmes ENSEMBLE, ses membres pionniers ont donné à leurs héritiers d’aujourd’hui l’impulsion et l’inspiration pour un travail toujours inachevé au service du progrès de l’humanité.

Le Droit Humain en France a rapidement traversé les frontières pour devenir l’Ordre Maçonnique Mixte International Le Droit Humain, première organisation maçonnique mixte au monde qui s’honore, en 2022, de réunir près de 32 000 hommes et femmes œuvrant dans leurs temples répartis dans plus de 60 pays ! De Montréal à Yaoundé, de Reykjavik à Tokyo, de Tahiti à Orléans (depuis 1973), Sœurs et Frères d’horizons sociaux, culturels, professionnels, linguistiques différents travaillent unis en mixité pour le même idéal progressiste qu’ils veulent atteindre grâce aux vertus initiatiques d’un rituel constructeur d’individualités libres et engagées…

La pandémie qui sévit depuis deux années a provoqué un retour sur soi et un questionnement encore plus vif sur notre modèle sociétal. Les bouleversements géopolitiques mettent à présent en danger la paix mondiale et les libertés fondamentales. Pour les francs-maçons du Droit Humain, un nouveau chantier s’ouvre pour redéployer avec force les principes de liberté, d’égalité et de fraternité qui fondent les valeurs de la République Française, et d’une laïcité respectueuse de la sphère individuelle de chaque être humain. Quels enjeux pour le Droit Humain au XXIe siècle ?

Des éléments de réflexion seront présentés lors de cette conférence organisée à l’initiative de 3 loges orléanaises (« Lumière et joie », « Humanisme et évolution », « Une pierre à l’édifice »). « Ici tout est symbole. Demande et on te répondra » nous dit le rituel d’initiation du Droit Humain…. Le débat est donc ouvert avec Amande PICHEGRU, ce mardi 5 avril !

Amande PICHEGRU – Grand Maître National de la Fédération française de l’Ordre Maçonnique Mixte International LE DROIT HUMAIN

ARGENTINE : Anniversaire de la première loge de la franc-maçonnerie féminine à Jujuy

De notre confrère argentin las24horasdejujuy.com.ar

Le 22 mars 2015, l’érection des colonnes de la première Loge de la franc-maçonnerie féminine a eu lieu dans la province de Jujuy, sous les auspices du Grand Orient symbolique féminin de la République argentine.

Raison pour laquelle une série d’activités étaient prévues cette semaine, parmi lesquelles une conférence sur la Franc-Maçonnerie Féminine par Mme Verónica Pereyra et la signature d’un accord pour la création de la Chaire de Libre Pensée dans le cadre de l’Université Nationale de Jujuy.

Cela a eu lieu le mercredi 23, à partir de 19h00 au Centre culturel macédonien, situé à Lamadrid Esquina Güemes dans la capitale.

Les activités étaient présidées par la présidente du Grand Orient Symbolique Féminin de la République Argentine (GOSFRA), Verónica Sato et les autorités de la Loge « Mères du Pays » n° 14, les invités spéciaux et le grand public.

En premier lieu, il était prévu la conférence « Franc-maçonnerie féminine« , qui était donnée par Verónica Pereyra, avec une carrière internationalement reconnue, qui permettra de connaître le travail fondamental pour le développement des sociétés de femmes qui sont devenues des protagonistes et un exemple pour nouvelles générations; surtout en période de changement de paradigme.

L’activité sert également de cadre pour la signature d’un accord entre le Grand Orient Symbolique Féminin de la République Argentine (GOSFRA), la Grande Loge d’Argentine des Maçons Libres et Acceptés et l’Université Nationale de Jujuy, pour la mise en œuvre d’un chaire de Libre Pensée qui se veut un espace de débat et de diffusion d’idées qui promeuvent les principes élémentaires de Liberté, Égalité et Fraternité dans le domaine académique et envers l’ensemble de la société.

Enfin, et dans le cadre d’un vin d’honneur à partager avec les invités spéciaux, il y a eu une reconnaissance de ceux qui ont commencé les travaux pour réaliser la fondation historique de la Première Loge de la Franc-Maçonnerie Féminine dans la province.

Ceux qui souhaitent obtenir plus d’informations sur la Maçonnerie Féminine et la Respectable Loge « Mères du Pays » n°14, peuvent contacter via les réseaux sociaux : maçonnerie féminine (Facebook et Instagram) ou sur le site www.masoneriafemenina.com.ar

Nantes. Ce bâtiment confié aux Francs-maçons divise la majorité municipale

De notre confrère Ouest-France – Par Claire DUBOIS

À Doulon, un bâtiment historique de 400 m² va être dédié par la Ville à l’association Les Colonnes nantaises, liée au Grand Orient de France, pour les 40 prochaines années. Pas du goût des élus Verts, qui ont voté contre, en conseil municipal.

C’est une délibération de fin de conseil municipal. La numéro 27, arrivée sur la table, ce vendredi 18 mars, vers 18 h, après exactement 7 h 33 de débats, sous l’intitulé « transactions immobilières diverses »… Il s’agissait d’acter le devenir des bâtiments de l’ancien Creps, 2 800 m² au cœur de Doulon, devenus disponibles après le déménagement des sportifs à La Chapelle-sur-Erdre.

Trois bâtiments du XIXe siècle qui abritaient
l’hôpital Broussais

Ces trois bâtiments du XIXe siècle, anciennement hôpital Broussais, sont considérés comme « protégés au patrimoine nantais ». Le plus grand, le C, accueille aujourd’hui 80 migrants, en partenariat avec l’Anef-Ferrer. La Ville prévoit d’y lancer, d’ici douze à dix-huit mois, un appel à projet pour de l’hébergement et « un projet social et écologique » encore à préciser. Le bâtiment A, à l’entrée du parc, sera dédié aux associations du quartier.

C’est le bâtiment B, au milieu des deux, qui fait polémique entre les élus. Et ça ne date pas d’hier… Car cette délibération figurait déjà à l’ordre du jour du conseil municipal il y a un an, avant d’être retirée…Nantes. Ce bâtiment confié aux Francs-maçons divise la majorité municipale…

Ésotérisme de bon aloi ? Grigris et autres plantes magiques

De notre confrère ça m’intéresse – par Audrey Chabal

Ce mois-ci, le magazine de vulgarisation des savoirs ça m’intéresse se consacre aux superstitions par les objets ou par les plantes. Ce marché est en pleine explosion. On y trouve le pire comme le meilleur. Cet article nous dévoile les arcanes de ce marché.

Des herbes et fleurs séchées, quelques cristaux translucides, des bocaux à sorts (sic), des sels de bain, de l’encens, des huiles d’onction, un morceau de ficelle et un cube de charbon : le tout est joliment présenté et envoyé dans une starter box (comprendre une « boîte de démarrage »), accompagné de fiches explicatives. Son prix : 86 euros. Etsy, la plate-forme de vente en ligne pour créateurs indépendants, regorge de ce type de witch box, littéralement, « boîtes de sorcière ». Longtemps cantonnés aux boutiques ésotériques, les objets de sorcellerie investissent massivement les sites de commerce en ligne. De véritables marques, lancées avec des packagings et un marketing qui n’a rien à envier aux grandes, ont même vu le jour. Ainsi, version chic et glamour, le site Womoon se flatte d’entretenir une communauté de « sorcières » bienveillantes. Il propose « de beaux outils dédiés à la spiritualité moderne et au féminin sacré », en l’occurrence des rites autour de la lune et du cycle menstruel joliment imprimés. Tout aussi soignée, la boutique de Flos et Luna et ses produits « inspirés par les magies blanche et verte » (entendre « les plantes »).

Cet engouement n’étonne pas Agnès Blain, une professeure de yoga qui se qualifie également de witch, « le terme anglais étant moins connoté que celui de sorcière ». Sur Instagram, elle partage des rituels, des photos accompagnées de citations inspirantes. La jeune femme, qui a grandi en Bretagne, terre fertile du merveilleux, et a été baignée de pop culture dans les années 2000, vient de publier Être sorcière aujourd’hui. Rituels et outils magiques pour transformer sa vie et créer le monde de demain. Et n’a eu aucune difficulté pour convaincre la maison d’édition généraliste First de lui faire confiance. L’éditeur n’est d’ailleurs pas le seul sur le créneau. Marabout, Hachette ou Larousse par exemple ont succombé aux sortilèges, et impriment à la pelle grimoires, livres de recettes… Et, si les éditeurs spécialisés, comme Arnaud Thuly, fondateur d’Alliance magique, se plaignent d’une « concurrence croissante sur un sujet qui reste de niche », ils reconnaissent que les grandes maisons d’édition ont contribué à élargir le rayon ésotérisme. Le succès est au rendez-vous : La Cuisine wiccane , Herbier des sorcières ou Magie verte, parus chez Danaé entre 2017 et 2018, se sont écoulés entre 10000 et 20 000 exemplaires.

Dans ce fourre-tout, certains produits sont parfois douteux

Gare cependant à ces nouveaux marchands du temple. Ni écolo ni spirituel, le commerce en ligne attire de nouveaux adeptes à qui l’on vend un fourre-tout de produits parfois douteux. « Depuis peu, les sorcières occidentales se passionnent pour la sauge blanche. Or, celle-ci provient d’Amérique latine et y a été interdite précisément parce qu’elle était associée à des pratiques de sorcellerie. Aujourd’hui en l’important, nous faisons monter les prix, au risque de voir cette plante disparaître », constate Agnès Blain. Elle a aussi interpellé sa communauté sur le sujet de la lithothérapie : les pierres telles que le quartz rose ou l’améthyste, très à la mode, seraient extraites sans respecter la nature. Plus grave, la jeune femme estime que le milieu est gangrené par « des dérives sectaires et de l’antiscience ». Un cocktail explosif pour soutirer de l’argent à des personnes vulnérables.

Les Français y croient

58% des Français ont déclaré croire à au moins une discipline de parascience : l’astrologie (41%), les lignes de la main (29%), la sorcellerie (28%), la voyance (26%), la numérologie (26%) et la cartomancie (23%). Ifop Fondation Jean-Jaurès 2020

De notre confrère ça m’intéresse – par Audrey Chabal

HONGRIE : Peintres – maçons

De notre confrère hongrois kanadaihirlap.com – Par András Révay

Surprenante pour beaucoup, une exposition étonnamment inhabituelle s’est ouverte à Budapest à la Galerie du Prophète. Ce n’est pas la nouveauté ou la façon dont les objets sont fabriqués qui est intéressante, mais plutôt le choix du sujet qui mérite une attention absolue. Il y a un mot dans le titre de l’exposition que la personne moyenne, même si elle a peut-être entendu, en sait probablement peu – peut-être est-elle mauvaise. Le titre est révélateur, indiquant que les artistes sont tous membres d’un même groupe : les « Peintres maçonniques ».

Parlant des créateurs et des œuvres, le critique Eszter Götz a déclaré : Cette exposition soulève un thème inhabituel : on peut voir sur les murs des œuvres d’artistes qui ont entrepris et s’engagent encore à appartenir à l’ordre des francs-maçons. Soit dit en passant, c’est un anniversaire à peu près rond: il a 150 ans (c’est-à-dire 151, car il serait tombé d’ici 2021), donc la loge de la franc-maçonnerie Nagyoriens en Hongrie a été créée il y a environ 150 ans.

Nous savons plus ou moins par les livres d’histoire, la littérature ou l’histoire culturelle qui étaient les francs-maçons : des hommes – et des femmes pendant des centaines d’années – qui ont vécu les événements d’une cérémonie d’initiation restée inchangée pendant des siècles. Leurs idéaux sont guidés par le triple concept de « liberté, égalité, fraternité ». Ils n’attendent pas des avantages de l’appartenance à l’ordre, mais un apprentissage et un développement. Ils travaillent à affiner leur personnalité et leur état d’esprit. 

Pendant qu’ils sont occupés à faire cela dans leurs loges, ils portent un tablier. Ce tablier fait également référence au travail, le tablier des corporations de bâtisseurs médiévaux. Dans les tabliers ornés de la première salle, nous ne pouvons reconnaître que la forme des tabliers de maçonnerie d’origine, mais leurs broderies, figures et scènes sont déjà des éléments picturaux des traditions maçonniques. Colonnes, épée, chaîne, jardin, lettres grecques, église, triangles et compas. Les mêmes signes se retrouvent dans la plus grande salle, dans les peintures, avec un peu de recherche. Mais ce ne sont que des signes. Qui sont les francs-maçons ? 

Nous pourrions parler de nombreuses grandes personnalités bien connues, de George Washington à Lajos Kossuth, de Ferenc Kazinczy à Kosztolányi. Je ne les donnerais pas en exemple maintenant, mais un homme qui fut le héros de la guerre d’indépendance de 1848 célébrée il y a quelques jours et qui semble avoir été oublié ces derniers temps. István Türr, lieutenant général de Garibaldi, qui à partir des années 1880 est devenu un fervent partisan de la paix mais de la paix. 

Lorsque toute la Hongrie a brûlé dans la fièvre du millénaire en 1896, ici à Budapest, en tant que président du Congrès mondial de la paix, il a lancé l’appel que le Congrès a envoyé aux chefs d’État, aux dirigeants, aux présidents et au chef de l’Église catholique Église : paix. Dépensons les dépenses militaires pour construire des écoles, des hôpitaux, aider les pauvres et les nécessiteux, répandre le bien commun, répandre l’éducation. La conscience publique hongroise a oublié István Türr, mais pas les francs-maçons : chaque 15 mars, une nouvelle couronne est placée sur sa plaque commémorative dans la rue de Budapest portant son nom.

 Mais revenons aux peintres maçonniques. Qu’est-ce qu’ils ont en commun? Des symboles et des paysages, une image de genre villageoise et une grande course urbaine, des chevaux et des anges nous entourent sur des toiles. Où peuvent-ils avoir quelque chose en commun ? C’est difficile, mais ce ne serait pas plus facile même si nous recherchions d’autres branches de l’art. Car quel est le point commun entre Kipling et Áron Tamási, Ferenc Móra et Lajos Kassák ? Ou dans la musique de Mozart et Duke Ellington, Franz Liszt et Nat King Colé ? Ils portaient tous les tabliers des francs-maçons et professaient leurs principes. Il y avait ceux qui montraient ouvertement le mystère de l’initiation et de l’initiation, comme Mozart, et il y avait ceux qui étaient explorés par la recherche, comme dans le coffre au trésor de Ferenc Móra. Et de qui voyons-nous ici les œuvres, qui sont-elles et comment se côtoient-elles ? Plusieurs modes de vie, plusieurs façons de penser. 

Ödön Márffy a souvent organisé une exposition de ses œuvres à Paris, puis est devenu membre fondateur du Groupe des Huit Artistes à la maison, qui ont été les premiers représentants de la peinture hongroise moderne. La plupart d’entre nous connaissent ses portraits lyriques de Chinchka, qui a peint et dessiné des dizaines de photos de la veuve d’Ady, qu’il a épousée un an à peine après la mort du poète. Lajos Kassák a écrit à propos des photos de Márffy :« Ils sont presque fabuleux, mais leur lien avec le monde réel est incontestable. Il émane d’eux une lyrique calme et nostalgique, et peut-être la lyrique d’un homme vivant entre réalité et rêve, (…) une nostalgie constante de l’inaccessible. ” Le graphiste et dessinateur à la mode du début du siècle, Tibor Pólya , a également visité Paris, mais il n’était pas attaché au post-impressionnisme doux et lyrique d’Ödön Márffy, il a dépeint la vie quotidienne dans la Grande Plaine avec un humour extraordinaire. Il peint des images de genre, est éditeur d’images pour des journaux hebdomadaires et nombre de ses dessins animés font la une des journaux très en vogue à l’époque. Le fou Istok, ou Jankó des grains de poivre, dans les années 1910 et 1920 était quelque chose comme Charlie Hebdo de la France d’aujourd’hui. La première exposition de György Ruzicskay était à Oradea. Il a fait une tournée en Italie, en France et s’est retrouvé à Szarvas, puis à Budapest. En 1944, il cache plusieurs familles dans le grenier au-dessus de son atelier et étend devant la trappe qui y mène une toile réalisée à l’époque représentant le Christ souffrant sur la croix. Il a sauvé de nombreuses vies et les survivants ne l’ont pas oublié : en 1978, il a reçu le True World Award. Oszkár Papp était résistant pendant l’occupation allemande. Il organisa un groupe de partisans et participa à la démolition de la Statue Sphérique. 

Dans les années 1950, parce qu’il refuse d’accepter l’art social, il est expulsé du Collège des Beaux-Arts. Selon Iván Vitányi, il cherchait la « face cachée de la réalité », l’esprit et les lois de la constante métamorphose du monde. Dans la franc-maçonnerie, il a trouvé le médium spirituel qu’il cherchait,  L’un de ses thèmes de prédilection était le tournesol, une plante qui essaie toujours de se tourner vers la lumière avec ses pétales radieux. Il recommanda le nom de Tournesol à la seule loge maçonnique féminine hongroise encore en activité aujourd’hui. Lors de ses funérailles en 2011, des représentants de tous les ordres maçonniques de Hongrie étaient là et ont formé une chaîne autour de la tombe. Enfin, Tamás Konok, le grand maître de la peinture géométrique hongroise, resserrera les rangs de ses grands prédécesseurs en 2020, avant de rendre l’âme. 

Lui aussi s’imprègne du parfum de l’art libre à Paris. Il a ensuite vécu à Zurich et ne s’est installé en Hongrie que dans les années 1900. Au lieu de la vue, il était excité à l’idée de rendre l’invisible visible. L’essence d’un monde transcendant peut être saisie dans les lignes et les formes géométriques. De nombreux modes de vie, de nombreuses formes d’expression artistique. Et voici les successeurs d’aujourd’hui : peintres, architectes, graphistes, Parfois doux, raconté dans le langage des symboles, avec des allusions mystérieuses, parfois avec l’affichage de symboles maçonniques. Là où on n’en voit pas, on peut aussi découvrir un triangle, une colonne,

une église, ou encore un échiquier, l’un des symboles les plus anciens au monde. Si nous avons regardé attentivement les illustrations sur les tabliers de la première salle, nous n’avons pas eu à chercher longtemps pour trouver les outils et l’équipement pour la construction non plus. Église de la Nature, écrivait Baudelaire. La pierre qui compose le temple est l’homme, selon les francs-maçons. Sa mission est de se construire, de travailler sur lui-même tout le temps. Portant ou sans tablier, et même s’il n’a pas de boussole, de rapporteur, de ciseau, de marteau et de truelle à la main, il est certainement là dans son âme – et dans ses créations.

25/03/22 : Conférence maçonnique de Jean-Claude Sitbon à Marseille

SYMBOLISME ET FRANC-MAÇONNERIE

«  Le symbole ne dit pas le vrai, il offre du sens »

Introduction à la conférence

Le symbolisme constitue un outil pédagogique puissant et fécond dans la formation et le travail maçonniques. Il concoure, pour emprunter cette formule au rituel du 1er grade du Rite Ecossais Rectifié, à « élever notre esprit, nourrir notre cœur et exercer longtemps notre intelligence ».

Le langage symbolique ne « définit » pas, « n’apprend pas« , n’apporte jamais un savoir définitivement constitué. La connaissance (la gnose) ne se donne ni ne se transmet : elle se suscite. Le symbole agit comme un stimulateur. Son objectif est d’inquiéter, de réveiller. Les symboles maçonnique sont des moyens d’attirer l’attention, de la retenir, et de l’inciter à percer l’écorce qui les recouvre. Ils sont une invitation permanente à la réflexion et à la recherche qui caractérisent les « cherchants » que sont censés être les francs-maçons.

Le symbole ne dit jamais totalement quelle est sa signification mais il suggère, il « fait signe« , il questionne. Alain Ouaknin écrit : « La structure de la question introduit la structure du manque, du vide et du désir. » Ce désir fait éprouver en nous-même un appétit, une soif de connaissance. La démarche symbolique nourrit le désir de poursuivre la quête initiatique et éveille la conscience à la perception du mystère…

Présentation de Jean-Claude Sitbon

Jean-Claude Sitbon est auteur et conférencier, spécialiste de l’étude de la symbolique des textes des rituels des rites maçonniques, et plus spécialement ceux du Rite Écossais Rectifié qu’il pratique à Marseille depuis bientôt 30 années. Il a publié, en 2013/2014, « L’aventure du Rite Écossais Rectifié » (deux volumes) aux Éditions de la Tarente ainsi qu’un ouvrage sur Hiram, le héros du mythe fondateur de la franc-maçonnerie.

Il dispose d’un site web www.rite-ecossais-rectifie.com contenant près de 150 articles à caractère maçonnique dont il est l’auteur. Depuis 2015, il donne également des conférences maçonniques en France et à l’étranger. Il a écrit plusieurs articles pour des revues consacrées à la franc-maçonnerie et il fait partie des membres fondateurs de la Loge de Recherches Héritage n°2 créée à Paris en 2019. J.C. Sitbon réalise ses travaux en faisant souvent appel à l’exégèse biblique et à la « science des symboles ».