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(Éphéméride) 6/I/2022 : L’Épiphanie

L’Épiphanie, cette fête serait la christianisation d’une célébration romaine appelée Saturnales, tombe, en 2022, le jeudi 6 janvier. Mais en France, on considère depuis plusieurs années que le jour de la galette des Rois, c’est le premier dimanche de janvier, doit le dimanche 2 janvier dernier.

Abordons cependant l’histoire de ladite galette. Donc, il était une fois…

La naissance de Jésus, suivie de la présentation de l’enfant aux Rois Mages, porteurs de précieux présents, l’or, l’encens et la myrrhe… est commémorée chaque année par les chrétiens, le premier dimanche de janvier, où l’on prit l’habitude de se réunir pour désigner à l’aide d’une fève glissée dans un gâteau un roi ou une reine…

En effet, la légende populaire du XIIIe siècle veut que la première fève ait été une bague royale en or perdue dans la pâte de la galette que confectionnait Peau d’Ane (cf. le conte de Perrault écrit en 1694)… pour le Prince charmant qui la recherchait afin de la soustraire aux incestueux desseins de son père qui s’était mise en tête de l’épouser. L’anneau était tellement fin que le Prince avait fait vœu d’épouser la jeune fille qui pourrait le passer à son doigt étant persuadé qu’ainsi il retrouverait la princesse.

Du coup, la tradition va entraîner l’usage de la fève symbolisant les secrets de la vie, car les gens du peuple ne pouvaient y placer des pièces d’or comme les nobles avaient interprété la légende. Mais la fève fit vite place à de petits objets de porcelaine : roi, reine, petit Jésus, baigneur, étoile, cœur, animaux, etc.

La galette, ronde et plate, à l’origine est faite de pâte plutôt lourde. En Aquitaine, elle devient brioche en couronne truffée de sucre en grains, et dans le Sud-Est, on la trouve également sous forme de pâte briochée (pogne de Romans truffée de praline, pompes à huile de Provence truffée de fruits confits d’Apt).

Puis, petit à petit, elle s’allégea et devint multiple : feuilletée, demi-feuilletée, dite « de plomb », bâtarde, de Madrid, de Suisse, bretonne, normande, fondante, du Périgord, salée…

En 1521, la coutume de l’Epiphanie mit en péril la vie de François Ier au cours d’une « guerre pour rire » pour reconquérir son titre, après que le duc de Saint Pol hérita de la fève. Cette « guerre » fut menée de nuit à coups d’œufs durs et de galettes… jusqu’à ce qu’une torche éclairant le champ de bataille tombât sur la tête du « vrai » roi, le brûlant cruellement.

Ce n’est qu’au XVIIe siècle que l’affinage de la pâte feuilletée fit de la galette des rois un gâteau léger, fleurant bon le beurre et le fondant. Ce fut la seconde épouse d’Henri IV, Marie de Médicis, qui, en quittant l’Italie, se fit remettre la recette d’une crème à la poudre d’amande, élaborée par le cuisinier de son plus proche soupirant, le comte Frangipani. La recette plut à la Cour de France et est toujours appréciée de nos jours.

Louis III, duc de Bourbon, offrait à des enfants pauvres une part de galette contenant la fève, les couronnait, les revêtait d’habits royaux, leur offrait de l’argent et les envoyait à l’école.

« Je serai deux fois roi », murmurait le petit Louis XIV en espérant trouver le petit ornement.

En 1717 même, la galette fut à l’origine d’un différend célèbre entre compagnons pâtissiers et boulangers, et le Parlement, au terme d’un débat juridique important, interdit à ces derniers l’utilisation du beurre et des œufs.

Bien évidemment déclarée « anticivique » sous la Révolution, elle franchit ce cap difficile sous la forme d’un bonnet phrygien… pour reprendre à la première occasion sa forme originelle.

De nos jours, ces nombreuses petites fèves s’illustrent dans de belles collections, pour le plus grand bonheur des « fabophiles ».

Très important : la coutume veut que ce soit la plus jeune personne de l’assemblée qui « tire les rois » et distribue les parts de galette aux convives !

Source : Site l’Amelier

Le fondateur du domaine thermal de Vittel était franc-maçon

De notre confrère vosgesmatin.fr – Par Yannick Antoine

Savez-vous que Louis Bouloumié a découvert la source Gérémoy à Contrexéville alors qu’il était expulsé du territoire ?

Cela peut ressembler à un paradoxe. Mais le fondateur de la dynastie Bouloumié a découvert la source contrexévilloise alors qu’il était condamné à l’expulsion du territoire français et résidait officiellement à Barcelone, suite à son opposition au coup d’État qui a fondé le Second Empire.

Né le 5 février 1812 à Rodez dans l’Aveyron, Louis Bouloumié, le fondateur de la société des eaux de Vittel, a côtoyé au lycée Louis Blanc, l’un des leaders de l’opposition républicaine des dernières années de la monarchie de Juillet. Substitut à Villefranche-de-Rouergue puis à Rodez, il a fréquenté les milieux républicains et ouvriers, est devenu franc-maçon puis a renoncé à la magistrature par idéal politique, afin d’embrasser une carrière d’avocat dans sa ville natale.

Homme de conviction, il fonde, après la révolution de février 1848, le journal L’Aveyron républicain et devient l’un des chefs de file de la gauche de son département. Après avoir soutenu la candidature de Louis Cavaignac, général républicain, contre Louis-Napoléon Bonaparte, lors de l’élection présidentielle de décembre suivant, il s’oppose vivement au coup d’État de ce dernier le 2 décembre 1851, en investissant la préfecture de l’Aveyron au sein de la foule.

Condamné à l’« Algérie plus »

Emprisonné pour cet acte, il est condamné par la commission mixte de son département à la transportation en « Algérie plus », c’est-à-dire à Lambèse, la ville la plus à l’Est du pays. Le verdict d’« Algérie moins » permettait, lui, de s’installer où l’on voulait dans cette colonie. Alors que sa famille se démène pour lui, sa santé se détériore. Il est victime de « néphrite calculeuse et d’un engorgement chronique très volumineux du foie ». Ce qui le ramène à ses séjours en cure à Contrexéville pour des problèmes de calculs durant les deux étés précédents.

Après diverses interventions, la peine de Louis Bouloumié est commuée en expulsion du territoire. Par conséquent, il entreprend de vivre à Barcelone. Toujours malade, il va néanmoins solliciter et obtenir le droit d’effectuer une nouvelle cure à Contrexéville de fin juillet à fin août 1852, mais sous haute surveillance policière. C’est à cette occasion qu’ il va découvrir la source Gérémoy qui va améliorer sa santé. Le début d’une très longue saga…

GODF – Tenues Blanches Fermées : « Les Échanges 2022 »

Depuis toujours, les problèmes de sociaux et sociétaux sont au cœur des préoccupations du Grand Orient de France. Dans le cadre de « Les Grands Échanges 2022 », la plus ancienne Obédience maçonnique française et la plus importante d’Europe continentale reçoit les principaux candidats à l’élection présidentielle 2022. Une tradition…

Après Fabien Roussel, candidat du Parti communiste français (PCF), qui ouvrira « Les Échanges 2022 » le 11 janvier prochain,

cela sera au tour de Valérie Pécresse, candidate Les Républicains (LR) le 27 janvier 2022

 et d’Anne Hidalgo, candidate du Parti socialiste (PS), le 10 février 2022.

Un rendez-vous donné à 19h Temple Groussier, au siège de l’Obédience.

Le tout organisé par un collectif de Loges.

Infos pratiques :

Rappelons qu’il faut s’inscrire en ligne pour participer à la TBF de M. Fabien Roussel, candidat à la présidence de la République

IMPORTANT : Pour assister à la TBF, vous devez présenter votre Passe Sanitaire valide

https://reservation.godf.org/index.php/inscription/evenement/les-grands-echanges-2022-110122

«Machu Picchu et les Trésors du Pérou», save the date ! À partir du 16 avril 2022

Découvrez prochainement une exposition exceptionnelle retraçant les 3000 ans de civilisations Précolombiennes, jusqu’au mystère du Machu Picchu.

Chefs d’œuvre et objets symboliques, c’est plus de 190 pièces originales d’un des plus grands musées péruviens, réunies pour la première fois, dont certaines jamais sorties du Pérou qui seront à découvrir : coiffe frontale, masque funéraire, trousseau impérial, couronne d’argent, l’une des collections d’or les plus impressionnantes jamais exposée.

À partir d’une mise en scène surprenante et immersive, plongez dans l’environnement enchanteur des Incas, héritiers des réussites écologiques, technologiques et artistiques des civilisations de l’ancien Pérou. Au-delà de la traditionnelle exposition de remarquables objets archéologiques, l’exposition est une véritable expérience immersive dans l’univers des sociétés de l’ancien Pérou qui ont façonnées durant plus de 3000 ans la grande histoire de la civilisation andine. En lien avec la volonté de créer des émotions et du sens, l’exposition propose des solutions innovantes pour mieux exposer et communiquer le patrimoine matériel et immatériel que le Pérou et ses musées préservent.

La réalité augmentée, qui intègre des contenus digitaux visuels et audibles (textes, images, vidéos, objets animés en 3D), permet de combiner des objets virtuels et réels ; tandis que la réalité permet littéralement de faire entrer le visiteur dans un environnement monumental virtuel. Vous ne pouvez pas voyager au Pérou, Machu Picchu vient à vous ! L’Expérience propose ainsi la toute première expédition du Machu Picchu en réalité virtuelle.

Un Escape Game, inclus avec l’exposition, sera également proposé. Une enquête permettra aux visiteurs de prolonger l’expérience en découvrant les galeries de la Cité de l’architecture & du patrimoine.

Commissariat : Une exposition produite par World Heritage Exhibitions LLC, avec Cityneon, Museo Larco et Inkaterra.

Partenaires : Avec France tv, France Inter, Le Parisien et Le Journal des Femmes.

Source : https://www.citedelarchitecture.fr/fr/exposition/machu-picchu-et-les-tresors-du-perou

Infos pratiques :

« Machu Picchu et les Trésors du Pérou »

Du 16 avril au 4 septembre 2022

Cité de l’architecture & du patrimoine

Galerie des expositions temporaires – Palais de Chaillot – Trocadéro

1 Pl. du Trocadéro et du 11 Novembre, 75116 Paris

La Cité est ouverte tous les jours de 11h à 19h (sauf le mardi)

Téléphone : +33 1 58 51 52 00

Conditions d’accueil sous Covid-19 https://www.citedelarchitecture.fr/fr/article/reservations-et-conditions-daccueil

Illustration © Exposition-Paris.info

COTE-D’IVOIRE : Franc-maçonnerie coloniale : « Il était considéré que les Noirs n’étaient pas encore initiables »

De notre confrère afriksoir.net – Par Marie Miran-Guyo

Dans un texte de recherche sous forme d’interview (réalisée par Marie Miran-Guyo) accordé à Francis Akindès et intitulé « La franc-maçonnerie en Côte d’Ivoire, brève histoire des enjeux actuels », l’on en sait un peu plus sur le rapport quelque peu raciste de cette organisation, pendant la colonisation. Extrait.

La franc-maçonnerie est venue en Côte d’Ivoire dans la gibecière de la colonisation. L’aventure maçonnique ivoirienne a commencé en 1930 avec la création à Abidjan d’une loge affiliée au Grand Orient de France (GODF), nommée « Fraternité africaine ». La plupart des membres de cette loge étaient des Français, administrateurs, commerçants ou militaires. Tous étaient des colons ou expatriés. À l’époque, en effet, seuls des Européens pouvaient être initiés.

Dans un état d’esprit un peu raciste, il était considéré que les Noirs n’étaient pas encore « initiables ». Ce qui se passait dans la colonie ivoirienne tranchait, de fait, avec ce que l’on observait en métropole car, en France, des Africains comme Blaise Diagne avaient déjà été initiés. Éduqué en France, celui qui fut le premier député africain élu à la Chambre des députés française est connu pour avoir aidé Clemenceau à recruter des tirailleurs sénégalais pendant la Première Guerre mondiale.

Franc-maçonnerie en Côte d’Ivoire

La loge Fraternité africaine peut donc être considérée comme la loge mère de la franc-maçonnerie en Côte d’Ivoire. Son histoire est marquée par deux événements dramatiques. Le premier remonte au 12 janvier 1941. Sur requête du procureur de la République de Vichy, le président du tribunal de Grand-Bassam mit sous séquestre tous les biens de la loge Fraternité africaine. Puis, le 7 mars 1941, tous les emblèmes, décors et autres insignes de l’obédience furent incinérés en public à Abidjan dans une sorte d’autodafé.

Francis Akindès

L’immeuble de la loge fut aussi vendu aux enchères (curieusement, il a été racheté par des sympathisants de la franc-maçonnerie). C’est une part de l’histoire qui est peu connue. Elle a partie liée avec les idéologies vichyste et nazie les nazis occupaient alors la moitié de la France pour lesquelles la franc-maçonnerie, ainsi que le communisme et le socialisme, étaient des mouvements à combattre et à éradiquer. Cette adversité politique s’est conjuguée, en France comme dans les colonies françaises, à l’inimitié séculaire de l’Église catholique vis-à-vis de la franc-maçonnerie. En Côte d’Ivoire, l’hostilité de l’Église romaine contre la franc-maçonnerie ne date pas d’aujourd’hui.

Après la guerre, la loge Fraternité africaine a mis du temps à se remettre sur pied. Elle s’est ensuite reconstituée autour d’un vénérable maître du nom de Villot, un Français, qui tenta de réveiller et de réorganiser la vie maçonnique à Abidjan. Les douloureux événements de 1941, toutefois, ont profondément affecté les francs-maçons de cette époque, qui développèrent une culture de la clandestinité, à l’instar de ce qui se passait d’ailleurs en France.

L’aventure maçonnique ivoirienne a commencé en 1930 avec la création à Abidjan d’une loge affiliée au Grand Orient de France

Ce traumatisme est un élément essentiel pour comprendre la culture de clandestinité des francs-maçons de tradition française. La période entre 1948 et 1958 fut donc ponctuée de difficultés pour ranimer la vie maçonnique et gérer les séquelles de l’hostilité de l’État colonial vichyste. Les francs-maçons de Fraternité africaine affiliés au GODF firent profil bas et continuaient de développer leur sens de la fraternité humaine en s’investissant dans toutes sortes d’associations : la Croix-Rouge, la Ligue des droits de l’homme, la Ligue de l’enseignement, les crèches publiques, les associations de parents d’élèves, le Rotary Club, etc.

Franc-maçonnerie en Côte d’Ivoire, Il était considéré que les Noirs n’étaient pas encore initiables (Francis Akindès)

Dans la période, fait notoire, Niangoran Eyemon devint, en 1953, le premier Ivoirien initié dans la loge Fraternité africaine. S’en suivit un lent processus d’africanisation de la maçonnerie ivoirienne. En 1957, la Grande Loge de France (GLDF) ouvrait une première loge à Abidjan appelée « Concorde universelle ». Avec la GLDF, le Grand Orient de France initia ensuite le projet de faire fusionner leurs loges ivoiriennes. Mais la Grande Loge de France souleva des réticences à ce projet œcuménique, qui s’enlisa. Les querelles maçonniques de France se déportent en terre africaine !

AFRIQUE DU SUD : Le Parlement sud-africain en feu abrite un temple secret franc-maçon

De notre confrère sud africain bulawayo24.com – par Mandla Ndlovu

Le Parlement sud-africain actuellement en feu abrite le Lodge De Goede Hoop, un vieux bâtiment blanc en plâtre qui est le temple de l’une des plus anciennes sociétés secrètes d’Afrique du Sud, les francs-maçons.

Selon la légende, la franc-maçonnerie a été introduite en Afrique du Sud au XVIIIe siècle et les francs-maçons ont vendu le terrain sur lequel le Parlement se tient au gouvernement pour 1 £ à condition que si le Parlement déménageait, le terrain devait être revendu aux francs-maçons pour le même prix

Le pavillon du Parlement, connu sous le nom de temple De Goedehoop, a été construit en 1772 lorsque la maçonnerie a été établie au Cap.

L’opposition sud-africaine Economic Freedom Fighters a appelé le parlement à déménager à Gauteng dans le but d’unir l’administration.

Le bâtiment a été inauguré en tant que premier temple maçonnique en Afrique du Sud en 1803 et est toujours utilisé quotidiennement par ses membres.

Le site Web des francs-maçons décrit le bâtiment comme suit : Les gens disent que les francs-maçons sont sur des terrains parlementaires, mais ce n’est pas vrai. En fait, le Parlement est fondé sur la franc-maçonnerie.

Les gouvernements montent et tombent, mais une chose reste constante dans l’enceinte du parlement au Cap : une loge maçonnique vieille de 235 ans. Peu de gens savent qu’un temple ancien et vénérable de l’ancienne et mystérieuse confrérie des francs-maçons existe dans le complexe parlementaire. Mais le temple De Goede Hoop a été construit bien avant le Parlement.

Le gouvernement du Cap de l’époque et les francs-maçons étaient si étroitement liés que le Parlement du Cap a utilisé la salle de banquet maçonnique comme lieu de rendez-vous de 1854 à 1884 jusqu’à l’achèvement de l’ancienne Chambre d’assemblée.

L’organisation, considérée comme l’une des plus mystérieuses au monde, tourne autour de l’argent, du pouvoir et des poignées de main secrètes, murmurent ses détracteurs. Il existe de nombreuses théories du complot, des liens présumés avec des meurtres et ceux qui croient que les francs-maçons « ont planté les graines » de l’apartheid.

D’autres disent que depuis la création de l’organisation au 14ème siècle, c’est la main secrète qui gouverne tranquillement le monde.

La Bible, la lettre et le nombre – Le code secret enfin déchiffré

Benoît Gandillot – Les éditions du Cerf, 2021, 448 pages, 24 €

Le terme « Volume de la Loi Sacrée » (VLS), uni à ceux d’Équerre et de Compas désigne toujours la Bible, ce recueil des Saintes Écritures comprenant l’Ancien et le Nouveau Testament, considérée comme le livre sacré par excellence. Cette référence à la Bible tient à l’histoire de la Franc-Maçonnerie depuis ses origines et elle doit toujours être présente sur l’Autel. Pour un Frère de confession chrétienne, c’est sur celle-ci qu’il prendra son Obligation. Pour un Frère d’une autre confession, l’Obligation peut être prise sur (ou sous) un autre Livre, mais la Bible sera toujours présente sur l’Autel.

C’est dire combien le Maçon régulier ne peut être qu’attaché à une meilleure compréhension de ce Livre. Lumière fondamentale de la Maçonnerie de tradition, ce livre est un livre saint !

Que de chemin parcouru depuis La Bible, document chiffré. Essai sur la restitution des clefs de la science numérale secrète (Gallimard, Coll. Les Essais, T.1, 1950) de Raymond Abellio… Ici et maintenant, Benoît Gandillot, directeur financier d’un grand groupe français puis directeur d’université d’entreprise, démontre qu’il dispose de plus d’une corde à son arc, en réalisant un travail d’une grande érudition.

Et de commencer dans le prologue à interpréter les âges auxquels sont morts les trois Patriarches Abraham, Isaac et Jacob (175, 180 et 147 ans), dont les racines du peuple hébreu remontent jusqu’à eux.

Bien sûr que l’auteur aborde la gématrie. D’ailleurs, comment pourrait-il en être autrement.

La numérologie de la « Gematria », procédé fréquent dans la Bible et chez les Pères de l’Église, est basée sur un calcul de valeur des lettres d’un nom ou d’un mot. Ce calcul numérologique gématrie consiste à faire la somme des valeurs de chacune des lettres selon le tableau gématrie ou chacune des lettres de l’alphabet hébreux est associée à un nombre entre 1 et 400.

Bien sûr que l’auteur aborde aussi la Kabbale. D’ailleurs, comment pourrait-il en être autrement.

Les Kabbalistes le pensaient, Benoît Gandillot le démontre dans cette étude révolutionnaire : oui, il y a bien un système numérologique derrière le texte biblique. Une merveilleuse manière exégétique de réviser les mirages de l’ésotérisme, tout en découvrant un véritable univers inconnu. Si les Sages se sont servis de plusieurs méthodes pour commenter la Torah et faire en sorte qu’il soit accessible à tous, l’auteur propose un schéma d’investigation de plus utiles.

Benoît Gandillot nous dévoile aussi l’intention des rédacteurs codeurs et leurs techniques de codage. Il analyse aussi la méthode de travail à partir des sources documentaires et des critères utilisés pour nous faire découvrir le rôle symbolique des nombres. Nous avons particulièrement aimé le chapitre 4 qui traite de « L’Alliance Nouvelle et éternelle ». L’auteur aborde le texte et son contexte s’aidant de tableaux et croquis. Il entre dans la symbolique pour permettant de découvrir la Tente de la rencontre, l’Arche d’alliance, coffre qui, selon la Bible, contient les Tables de la Loi – les Dix Commandements – données à Moïse sur le mont Sinaï, mais aussi le bâton fleuri de Moïse ou encore la table des pains de proposition ou la menorah, chandelier à sept branches des Hébreux, un des objets cultuels du Tabernacle et plus tard du Temple de Jérusalem, etc. L’accomplissement des Écritures passe aussi par l’étude de la Nouvelle Alliance et de la présence de Dieu.

Un glossaire complète l’ouvrage nous aidant à mieux décrypter les arcanes de ce recueil des Saintes Écritures qu’est la Bible. Vous ne la lirez plus comme avant.

(Éphéméride) 4/I/1960 : Décès d’Albert Camus

Le philosophe, romancier, nouvelliste et journaliste Albert Camus, âgé de 46 ans, perd la vie dans un accident de voiture, alors qu’il est accompagné de l’éditeur Michel Gallimard, qui survit à l’accident.

Particulièrement admiré des jeunes et des intellectuels, il avait reçu le prix Nobel de littérature en 1957.

Rappelons qu’Albert Camus (1913-1960) est influencé par son oncle, Gustave Acault qui fréquente les Loges maçonniques. Il effectue chez lui de longs séjours. On dit même qu’il l’initiera à la culture et éveilla sa conscience politique. En effet, boucher de métier, Gustave Acaut, anarchiste et aussi voltairien, est un homme cultivé. Il aide son neveu à subvenir à ses besoins et lui fournit une bibliothèque riche et éclectique.

Influencé aussi par ce hussard noir de la République que fut Louis Germain, son instituteur. C’est le 16 juin 1907 qu’il est initié au sein de la Loge « L’Union du Zaccar », à l’Orient de Miliana, en Algérie. Passé Compagnon le 24 juin 1908 puis élevé à la Maîtrise le 8 décembre 1908, Louis Germain est un membre actif de sa Respectable Loge jusqu’au début de la Première Guerre mondiale.

Albert Camus, un auteur qui a marqué l’histoire de la littérature…

Actualité d’Albert Camus

par Christian Roblin

Camus est typiquement un écrivain diachronique et ce à un double titre : au sens où c’est un écrivain qui traverse le temps mais aussi un écrivain qui puise son inspiration à toutes les époques et qui souhaite obstinément s’adresser à l’avenir, en répondant aux urgences de son temps.

C’était sans doute le vœu de Camus de se survivre et de conserver des lecteurs par-delà la mort, comme il en va de tous les grands écrivains sinon ils ne portent pas ce nom-là  et, sous cet angle, sa lucidité, son courage, sa hauteur de vue, son sens du tragique et même de l’absurde – qui n’abolit en rien son exigence éthique, seul repère permettant de maintenir une conscience libre et responsable –,  eh bien tout ce saisissement d’humanité lui confère une sorte d’actualité perpétuelle, qu’il a payée cher en son temps, notamment contre son frère ennemi en littérature, Jean-Paul Sartre qui le vouait aux gémonies, ce dernier ayant encensé, par exemple, un dictateur épouvantable et narcissique comme Mao-Zedong. Ce ne fut jamais le cas de Camus, cet écrivain laïc et fraternel, dont Yonnel Ghernaouti a opportunément rappelé l’environnement maçonnique, dans sa jeunesse.

Que nous apporte aujourd’hui le regard sur le monde de celui qui reçut à 44 ans, en 1957, le prix Nobel de littérature ?

Je crois, tout d’abord, qu’il nous invite à nous imprégner de notre propre culture, des valeurs que nous avons construites dans la douleur, à travers l’Histoire, de revisiter nos mythes fondateurs pour en faire une grille de lecture de nos réalités les plus signifiantes. C’est le contraire de la « cancel culture » qui interdit de parole les contradicteurs. Il partage avec le « wokisme » le souci d’un antiracisme fondamental et d’une volonté de vérité et de justice ; mais il s’en éloigne radicalement, si j’ose dire, par le fait qu’il s’adresse à tous, sans distinction, qu’il ne rejette personne et qu’il combat de plain-pied, en républicain, en démocrate, pour fabriquer chaque jour ensemble une société qui accueille nos différents visages, dans le respect de l’autre et l’espérance d’un partage.

C’est en cela sans doute que sa parole nous est précieuse aujourd’hui, qu’elle nous éduque à une modestie orgueilleuse, si je puis dire. Je forge cet oxymore pour indiquer que, comme simple citoyen, nous ne devons jamais rien lâcher de notre vigilance car c’est à ce seul prix que nous pourrons nous en sortir collectivement. Et on le voit aujourd’hui plus que jamais, par l’interdépendance de nos économies, par les tensions politiques, religieuses et culturelles qui continuent de s’exacerber à travers le monde, et plus encore face aux enjeux de survie que font peser sur nous les risques écologiques que l’on connaît. C’est pourquoi, je pense, qu’au-delà de l’enrichissement littéraire, philosophique et spirituel dont, par son talent, Albert Camus nous fait profiter, se frotter à son œuvre reste utile et formateur, dans une optique humaniste que, tantôt, le métissage, tantôt, la cohabitation des cultures rendent prioritaire voire primordiale.

2022 : Vaste programme !

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Si l’on s’en rapporte à nos usages et même à nos traditions, nous ne pouvons que nous souhaiter de la tempérance.

Le pays est fracturé et il faut à tous crins le briser davantage. C’est la tumultueuse déferlante des réseaux sociaux qui accorde toujours plus d’écho à l’invective et à l’exaspération, tenues pour plus valorisantes qu’un débat argumenté sur un socle de faits vérifiés. Les esprits se montrent immédiatement irritables et incandescents. L’outrance et l’outrage se livrent, à tout sujet, à une surenchère effrénée. L’art de la conversation est en péril. Qui n’est pas soupçonneux devient suspect. Dans le miroir grossissant des médias, nous nous résumons à une société de crises de nerfs.

Et, pourtant, combien sont-ils à faire sagement la queue, une heure durant, avant de passer leur test virologique ! Combien sont-ils à porter sagement leur masque et à éviter de se toucher, en faisant leurs courses ! Combien sont-ils à se réunir sagement à quelques-uns, tous vaccinés, dans un domicile aéré, pour partager de brefs moments de convivialité !

Ce qu’il faut abolir, c’est ce goût d’avoir raison contre l’autre ; ce qu’il faut promouvoir, c’est le désir d’apprendre les uns des autres et d’élaborer ensemble une vérité plus nuancée. En prenant nécessairement plus de temps que dans ces polémiques stériles et cinglantes qui s’enflamment aujourd’hui, à la moindre occasion. Comme francs-maçons, notre rôle n’est-il pas de contribuer à former nos concitoyens à la délibération publique, en ne faisant, après tout, que « poursuivre au-dehors l’œuvre commencée dans le temple » ?

« Vaste programme ! » pourrait-on s’exclamer, à l’instar du Général de Gaulle qui aurait ainsi réagi quand Louis Vallon se serait écrié : « Mort aux cons ! » À cet égard, au demeurant, j’ai l’impression qu’aujourd’hui, plus que jamais, nous sommes cernés, concernés, devrais-je plutôt dire, et même consternés…

En tout cas, en cette année électorale majeure, je nous souhaite une solide santé pour faire face aux défis de toutes sortes que nous devons affronter en ce monde !

Alors, bonne année à toutes et à tous. 2022, double chiffre : double bonheur !

La planche à tracer

En son nom de palette, elle était l’un des attributs de Thot, dieu de l’écriture des paroles divines, les fameux hiéroglyphes.

La planche, du latin  planca, est une pièce de bois sciée, plus longue que large et nettement plus large qu’épaisse. Le travailleur de la pierre y burinait ou y gravait des lettres, des esquisses de plan, en particulier les formes de référence qui permettaient de retrouver l’angle droit.

 La planche à tracer est, également, un rectangle sur lequel sont indiqués les schémas qui constituent la clef de l’alphabet maçonnique.

Évoquant la description du tableau d’apprenti, Jules Boucher nous dit à son propos qu’elle est un rectangle sur lequel sont indiqués les schémas qui constituent la clé de l’alphabet maçonnique.  On peut en déduire que la disposition des dessins sur les tableaux de loge d’apprentis et de compagnons montre que l’écriture sur la planche à tracer, ombre de la lumière passant par les fenêtres grillagées, n’est pas celle de notre stylo ; c’est l’écriture de la lumière. À partir de cette remarque, le rôle de la planche à tracer n’est pas d’écrire un texte ou un discours, mais de découvrir les traces de la lumière autour de nous et en nous. La planche à tracer invite à apprendre à recevoir la lumière, ce qui nécessite une démarche totalement opposée à celle de l’élaboration d’un discours. Et le premier pas pour s’approcher de la lumière est le silence mental.

Dans  la Masonry Dissected[1], la Planche à tracer fait partie des bijoux immobiles (avec la pierre brute et la pierre cubique à pointe) en précisant  leurs usages : «la Planche à Tracer pour que le Maître y trace ses plans, la Pierre Cubique pour que les Compagnons éprouvent leurs outils dessus, et la Pierre dégrossie pour que les Apprentis entrés apprennent à travailler dessus.»

REAA : «Désormais, mon frère [sœur], vous travaillerez sur la planche à tracer et vous recevrez votre salaire dans la Chambre du milieu.» C’est ainsi qu’est désigné le lieu de travail du maître. Là, il modifie le plan selon lequel la construction du temple devra s’effectuer. Cette planche sert en permanence de point de repère pour l’ouvrage qui va être réalisé au fur à mesure de l’avancée des travaux. Lorsque l’ouvrage est terminé, il doit se superposer exactement au tracé qui est sur la planche. Pour éviter toute imprécision, cette planche  n’est pas dessinée au crayon, mais avec l’extrémité d’une pointe d’acier appelée pointe sèche. Cette manière de procéder n’est pas sans analogie avec la loi d’Hermès révélée dès les premières lignes du texte de la Table d’émeraude qui aurait été rédigée par Hermès Trismégiste, l’inventeur mythique ou réel de l’alchimie : «ce qui est en bas (la planche) est comme ce qui est en haut (la pièce qui est posée dessus) et ce qui est en haut est comme ce qui est en bas.»

Le Rite Émulation donne une dimension sacrée à la planche à tracer en faisant un rapprochement avec le Volume de la Sainte Loi. «De même que la Planche à tracer sert au Vénérable Maître pour tracer des lignes et pour dessiner, afin de permettre aux Frères de s’instruire en Franc-Maçonnerie, de même le Volume de la Loi Sacrée peut être considéré avec juste raison comme la Planche à tracer spirituelle du Grand Architecte de l’Univers sur laquelle il a tracé Ses Lois Divines et Ses Enseignements Moraux qui, s’ils nous sont familiers et si nous les appliquons, nous conduiront vers cette Demeure céleste, qui n’est pas faite de main d’homme, Éternelle dans les cieux..»

Au plan métaphorique, comme la planche à tracer doit servir au maître pour concevoir les dessins qu’il donne pour modèle aux ouvriers, de même, le maître maçon devrait diriger sa conduite de manière qu’elle puisse servir d’exemple aux compagnons et aux apprentis.

Aujourd’hui, le papier, devenu support, est la planche à tracer et le verbe écrire est remplacé par l’expression tracer une planche. La planche est le lieu de la quête de l’esprit à partir de la matière.


[1] Samuel Prichard, Q 46 et 47 :

Q46 What are the Immoveable Jewels?

 A. Trasel Board, Rough Ashler, and Broach’d Thurnel.

Q47 What are their Uses?

A.Trasel Board for the Master to draw his Designs upon, Rough Ashler for the Fellow-
Craft to try their Jewels upon, and the Broach’d Thurnel for the Enter’d ‘Prentice to learn to work
upon.

<freemasonry.bcy.ca/ritual/prichard.pdf>