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L’œil qui voit tout

De notre confrère italien expartibus.it – Par Rosmunda Cristiano

L’œil est la lampe du corps. Si ton œil est en bon état, tout ton corps sera éclairé; mais si ton œil est en mauvais état, tout ton corps sera dans les ténèbres. Si donc la lumière qui est en toi est ténèbres, combien seront grandes ces ténèbres !
Matthieu 6 : 22-23

L’œil de la Providence, également connu sous le nom d’œil maçonnique, l’œil qui voit tout. L’œil de Dieu est peut-être le symbole le plus célèbre et le plus reconnu des francs-maçons, mais sa signification n’est probablement pas entièrement comprise.

Divers auteurs et chercheurs pensent qu’il représente le troisième œil présent dans chaque homme et dans chaque femme ; quelqu’un, anatomiquement, l’incarne dans la glande pinéale.

Le célèbre écrivain américain et franc-maçon Mark Twain, en 1899, l’a décrit non pas comme l’œil d’une entité lointaine, mais comme un cadeau tangible que n’importe qui peut utiliser.

L’œil commun ne voit que la partie extérieure des choses, et juge sur la base de celle-ci, l’œil qui voit tout, quant à lui, traverse les choses en lisant cœur et âme, y trouvant des capacités qui ne sont pas perceptibles à l’extérieur et indétectables. par ceux qui sont dépourvus de ce don.
Mark Twain

L’image d’un œil est courante dans les sociétés secrètes occidentales, et est l’un des symboles clés de la franc-maçonnerie : elle est visible gravée ou dessinée dans les temples et sur les tabliers, elle n’indique pas exclusivement Dieu, mais est une référence au Troisième Œil caché au milieu du visage de chaque être humain.

Il a toujours été présent sur les « Planches à tracer » maçonniques, ces dessins didactiques séculaires retrouvés dans toutes les loges, utilisés pour former les initiés.

En tant qu’organe de perception sensible, il est allégoriquement et universellement le symbole de la perception intellectuelle. Il reçoit la Lumière et la retransmet à son tour ; ainsi l’Œil du front, ou troisième Œil de Shiva, représente l’organe de la vision intérieure.

L’œil unique est sans paupière et désigne la connaissance métaphysique. Dans la tradition maçonnique, sur le plan physique c’est le symbole du Soleil visible d’où émanent la Vie et la Lumière ; sur le plan astral intermédiaire, il s’agit du Verbe, du Logos, du Principe créateur ; sur le plan spirituel, du Grand Architecte de l’Univers.

Presque toujours, il se trouve à l’intérieur d’un triangle au-dessus d’une pyramide tronquée, peut-être est-ce une réminiscence des anciennes pyramides et du troisième œil, dont les traces se retrouvent dans presque toutes les ruines antiques des civilisations passées.

Dans le livre  » The Uncommon Vision of Sergei Konenkov, 1874-1971: A Russian Sculptor and His Times «  , publié par Rutgers University Press en 2000, les chercheurs John Bowlt, Wendy Salmond et Marie Turbow lisent :

La Grande Pyramide est un symbole occulte central qui est souvent représenté à côté de l’œil qui voit tout ou du troisième œil en son sein. Sous cette forme, il est le symbole de la franc-maçonnerie mystique.

Aussi belle est la réflexion du Dr Jeffries Joye Pugh :

L’Ordre de la franc-maçonnerie reconnaît l’Oeil qui voit tout comme l’Oeil de la grande sagesse. On dit que cette grande sagesse accorde à ceux qui recherchent les mystères sacrés, l’illumination, la vision de leur propre Soi et la connaissance intuitive.

Le contact avec cette grande sagesse se fait à travers le troisième œil identifié comme déjà mentionné avec la glande pinéale, située à l’intérieur du front.

Est-ce à dire que nous avons tous un troisième œil caché ? Et qu’on peut le réveiller ? Apparemment, oui.

Le Dr Buck en a également donné une description physique et a lié la capacité de le « contrôler » au troisième degré de la franc-maçonnerie. Dans son livre « Mystic Masonry », il déclare :

Il s’appelait « Troisième œil ». Les anciens Hindous l’appelaient l’Œil de Shiva. IL est atrophié et donc latent chez l’individu moyen. L’œil de Shiva est, en fait, un œil qui voit tout ; à travers ce dernier, il est possible d’annuler les concepts d’espace et de temps sur le plan physique. Un vrai Maître Maçon a donc l’Œil de Shiva. La glande pinéale dormante chez d’autres est active en lui.

Si sa théorie était vraie et c’est-à-dire que la pratique d’une doctrine occulte orientale fait partie de l’enseignement maçonnique, le secret forcé auquel la franc-maçonnerie a été contrainte en Europe serait compréhensible. En raison de la puissance et de la brutalité de l’Inquisition, ainsi que de son objectif déclaré de détruire les hérétiques, les francs-maçons ont été contraints de se cacher, afin de préserver leurs traditions, leurs connaissances et leurs rites sur le troisième œil.

Cette doctrine occulte est un « enseignement » très ancien, un « secret » que les ésotéristes ont jalousement gardé au fil des millénaires :

L’objet premier et principal de notre Ordre, le fondement sur lequel il repose.

Dans les temps modernes, des auteurs, peintres et poètes célèbres l’ont décrit comme le « secret perdu » de la franc-maçonnerie.

L’auteur Grace Morey, dans le livre ‘Mystic Americanism’ écrit :

L’oeil qui voit tout… emblème de la glande pinéale ou troisième oeil de l’être humain… a été retrouvé parmi les ruines de toutes les civilisations de la planète, témoignant de l’existence d’une religion universelle, à une époque lointaine.

Albert Pike, dans ‘Legend and Readings of the Ancient and Accepted Scottish Rite of Freemasonry’ note :

C’est dans ses symboles anciens et leur signification occulte que consistent les véritables secrets de la Franc-Maçonnerie. Mais ceux-ci n’ont aucune valeur si l’on ne voit rien dans les symboles de la loge, au-delà des interprétations banales. Les gens ont ignoré la vérité, à savoir que les symboles de l’Antiquité n’étaient pas utilisés pour révéler mais pour « cacher ».

Chaque symbole est une énigme à résoudre et non une leçon à apprendre. Comment le franc-maçon intelligent peut-il ne pas voir que les diplômes ne sont que préparatoires, pour enrôler et rassembler les rangs et les armements de l’armée maçonnique à des fins qui ne leur sont pas révélées, qui sont les moindres mystères dans lesquels les symboles sont utilisés pour cacher la vérité ?

Que savent les francs-maçons modernes de l’Oeil qui voit tout ?

Si autrefois elle était symbole de providence divine, de vérité spirituelle et d’éveil, aujourd’hui que la franc-maçonnerie perd sa précieuse symbolique, elle est souvent mal interprétée voire pas vraiment « considérée ».

L’homme contemporain n’a plus de mythes et de traditions, il a perdu les idées religieuses, et même les symbologies initiatiques sont désormais l’apanage de quelques-uns. Il a remplacé tout cela par ce que lui offrent les médias de masse. Il n’est plus capable de saisir et de comprendre les contenus inconscients.
Massimo Graziani – Psychologie de la franc-maçonnerie symbolique

Tout au long de l’histoire, dans divers continents et dans différentes cultures, il a été beaucoup utilisé pour indiquer une force créatrice et bienveillante, qui regarde au-delà, aidant et protégeant l’humanité et représentant la part spirituelle qui se trouve en chacun de nous.

C’est peut-être à partir de là que nous, francs-maçons, devrions recommencer, en baissant les paupières et en ouvrant notre Troisième Œil, celui qui nous a été « activé » avec l’Initiation et que nous gardons souvent volontairement fermé, oubliant que dans la pensée collective, il donne un ton solennel de pouvoir et de contrôle pour ceux qui « l’utilisent ».

Peut-être que le monde a changé d’apparence, peut-être qu’il a évolué, ou peut-être que le temps vient de passer et que nous avons oublié ; plus on recule, on recule, plus on prend conscience de la tromperie…

Alors faisons de notre mieux pour reprendre possession de ce que nous avions déjà conquis et que, tout simplement, nous avions mis de côté.

Le siècle des Lumières

Jean Vassort – Éditions Ouest-France, 2022, 286 pages, 23 €

Présentation de l’éditeur : Les Lumières, développées notamment en France au XVIIIe siècle, sont un sujet ouvert sur la modernité et qui demeure au cœur des débats contemporains les plus vifs ? Un sujet qui ne relève pas que de l’histoire intellectuelle, mais qui touche aussi les aspects, économiques, politiques et artistiques du XVIIIe siècle ? Un thème cultivé par les philosophes français (Voltaire, Rousseau, Montesquieu, Diderot) et qui rayonne en Europe, mais que contribuent à développer aussi de grands penseurs étrangers, Locke et Newton, Adam Smith et Kant ? Le souci du livre est non seulement de présenter les philosophes et leur pensée, mais encore de les replacer dans l’époque et dans la société au sein de laquelle ils vivent. Les Lumières, ce n’est pas seulement une affaire d’idées : c’est aussi une manière d’être présent au monde et de se le représenter ? Le livre est très attentif à cette dimension concrète, en traitant de manière très illustrée des points aussi divers que la science ou la médecine, le problème du luxe ou celui de la paix et de la guerre.

Biographie de l’auteur : Agrégé d’histoire, docteur d’État, professeur honoraire de khâgne au lycée Descartes de Tours, Jean Vassort a travaillé sur l’histoire sociale et culturelle des provinces ligériennes et a collaboré à de nombreux manuels de l’enseignement secondaire.

Les jardins de France – Une histoire du Moyen Âge à nos jours

[NDLR : Jean Vassort a notamment publié Les jardins de France – Une histoire du Moyen Âge à nos jours (Perrin, 2020), L’histoire des châteaux de la Loire (Ouest-France, 2018), Les châteaux de la Loire (Ouest-France, Coll. Délipoche, 2016) consistant en des fiches illustrées et Les châteaux de la Loire au fil des siècles art, politique et société (Perrin, 2012).

Cette fois-ci, il s’intéresse au siècle des Lumières qui, juste après celui de la Raison – le XVIIe – constitue une transition entre la Renaissance et la Révolution française. Un mouvement des Lumières tirant son nom de la volonté des philosophes européens dudit siècle de combattre les ténèbres de l’ignorance par la diffusion du savoir.

Pour comprendre la genèse de la Franc-Maçonnerie au début du XVIIIe siècle en Angleterre, il faut se tourner – encore une fois – vers le passé. Même proche. Avec l’histoire de ce qui n’est pas encore le Royaume-Uni – le traité d’Union entre l’Angleterre et l’Écosse est signé en 1707, le Royaume-Uni de Grande-Bretagne et d’Irlande naît en 1808 – qui a été fort agitée – nouvelle dynastie, les Stuarts ; tentatives d’établir l’absolutisme ; guerre civile entre partisans du roi et partisans du parlement ; dictature militaire d’Olivier Cromwell, etc.

Pour comprendre la genèse de la Franc-Maçonnerie au début du XVIIIe siècle en France, il faut se pencher sur le siècle des Lumières définit souvent comme celui correspondant à un mouvement littéraire et philosophique qui se développe entre 1715 et 1789 dans toute l’Europe. Mais pas que !

Car il est exact de dire que la Franc-Maçonnerie est l’héritière du siècle des Lumières. Siècle des Lumières qui fut le mouvement intellectuel et philosophique qui domina le monde des idées.

Diderot par Louis-Michel van Loo en 1767 (Musée du Louvre)

D’ailleurs l’« Encyclopédie », dirigée par Diderot et d’Alembert, n’est-elle pas le meilleur symbole de cette volonté de rassembler toutes les connaissances ? Et de les répandre auprès du public, surtout public éclairé.

L’« Encyclopédie » étant cet ouvrage majeur dudit siècle titré exactement « l’Encyclopédie ou Dictionnaire raisonné des sciences, des arts et des métiers », éditée de 1751 à 1772 sous la direction de Denis Diderot (1713-1784) et, partiellement, de Jean Le Rond d’Alembert (1717-1783), avec la contribution de plus de 160 auteurs. Rappelons que cette première encyclopédie française est conçue comme un vaste système de classement, de hiérarchisation et d’appréhension des connaissances humaines. Elle est composée de 17 volumes de texte, dont les 71 818 articles sont classés par ordre alphabétique, et de 11 volumes de planches dessinées par Louis-Jacques Goussier (1722-1799).

De ce siècle des Lumières et de sa philosophie, nous retiendrons sept points :

Isaac Newton – Copie d’une peinture de Sir Godfrey Kneller (1689)

– la primauté de l’esprit scientifique sur la Providence dont la révolution newtonienne est l’illustration la plus marquante. Rappelons-nous que Isaac Newton (1642-1727) fut membre, dès 1762, de la Royal Society, la présidant de 1703 au 20 mars 1727, jour de son décès, faisant, en 1714, élire son « disciple », un certain John Theophilus Desaguliers (1683-1744), par ailleurs membre très actif dans la toute récente Grande Loge de Londres et de Westminster, fondée le 24 juin 1717 selon certains et dont il fut Grand Maître de 1719 à 1721, puis le Député Grand Maître à partir de 1722 ;

– la diffusion et la compréhension du Discours de la Méthode du mathématicien, physicien et philosophe René Descartes (1596-1650) ;

– la réflexion politique marquée par la théorie contractuelle, influencée par les travaux du philosophe anglais John Locke (1632-1704) ;

Pierre Bayle – École allemande (19e siècle)

– les progrès de l’esprit critique à l’œuvre, par exemple, dans le Dictionnaire historique et critique (1697) du philosophe, écrivain et lexicographe Pierre Bayle (1647-1706) et la critique lockienne des idées innées ;

– une première désacralisation de la monarchie dont les Dialogues de M. le baron de Lahontan et d’un Sauvage dans l’Amérique dudit baron sont l’une des manifestations (édition de 1703).

Satiriques et polémiques y annoncent avec vigueur les grands débats philosophiques des Lumières – religion, politique, justice, mœurs – où le contraste du dialogue entre le Sauvage et l’Européen met en cruelle évidence les vices de notre civilisation ;

Gotthold Ephraim Lessing

l’affirmation de l’idée de tolérance dans une Europe marquée par les divisions religieuses dont l’œuvre Nathan le Sage de Gotthold Ephraim Lessing (1729-1781), pièce publiée en 1779 mais représentée pour la première fois à Berlin qu’en 1783, est une brillante illustration ;

– le déisme.

L’ouvrage de Jean Vassort nous conduit à la fois à cette découverte mais aussi nous entraine dans une connaissance de tout l’environnement de siècle en cinq chapitres avec « La progressive affirmation des Lumières », « La présence des Lumières », « Des Lumières en religion et en politique », « Les Lumières et le monde » et, avant l’épilogue, « Les Lumières à la fin du siècle ».

Nous y découvrons volontiers les salons littéraires où se réunissaient hommes et femmes lettrés et beaux esprits.

Nous y découvrons, page 82 et suivantes entre autres, comment la Franc-Maçonnerie apparaît en France en 1725 et se répand tout au long du siècle, au sein de la société française.

Mais aussi comment les Lumières restent essentiellement urbaines et donc limitées à une certaine élite…

De belles illustrations renforcent le texte nous rappelant que la culture visuelle joue un rôle dans notre mémoire.

Un livre éclairant qui nous fait mieux comprendre ce que sont les sciences, la société d’alors, les choix religieux et politiques, mais aussi l’engagement artistique.]

14/05/22 : TBF avec 3 Loges de la GLMF à Paris

La R:.L:. Les Amis du Creuset, organise avec Les RR:.LL:. Excalibur, Au fil du Nil, Arc-en-Ciel sous les auspices de la G:.L:.M:.F:. en association avec les RR:.LL:. L’internationale et Sophia Phronesis du G:.O:.D:.F:.  une Tenue Blanche Fermée avec une Colonne d’Harmonie Vivante formée par 3 joueurs de Fado Lino Ribeiro, Jean-Philippe Vieira et Alexandra Vieira autour du Livre d’Alexandra VIEIRA « Julia Florista » le 14.05.2022  à 9H30 au 5 rue Jules Breton à Paris.

L’inscription  préalable est obligatoire à l’adresse suivante : jp.adoum@gmail.com Mob : 06 02 71 56 17

Un dictionnaire ancien unique qui révèle les rites secrets de la franc-maçonnerie est mis aux enchères au Mexique

De notre confrère mexicain codiceinformativo.com

Il a été offert à Mexico le 26 avril 2022 et a des estimations comprises entre 18 000 et 22 000 pesos mexicains

Le 26 avril à 5 heures de l’après-midi, la maison de vente aux enchères Morton a proposé, dans sa  » Vente aux enchères de livres anciens et contemporains « , un Dictionnaire encyclopédique de la franc-maçonnerie en trois volumes , écrit par Lorenzo Frau Abrines et Aurelio Almeida et publié en 1890.

Il s’agit d’un ouvrage très complet sur la franc-maçonnerie, qui contient non seulement son histoire, mais aussi ses règles, lois, statuts et règlements, biographies de francs-maçons célèbres, science kabbalistique, iconographie, mythologie et statistiques de la population maçonnique. Suivi d’un guide des dignitaires et officiers des loges et d’un recueil de rituels.

Dans sa lecture vous pouvez découvrir des vues, des portraits, des symboles, des cérémonies, des blasons et des scènes historiques de la franc-maçonnerie. Selon les spécialistes et catalogueurs de Morton, son auteur, Lorenzo Frau Abrines , était un maître maçon au 33e degré de l’ancien rite écossais accepté, bien qu’il semble que plusieurs auteurs aient participé à l’élaboration de l’ouvrage ; il a été publié sous la direction de Rosendo Arús y Arderiu, Grand Maître de la Grande Loge Régionale Catalane des Baléares.

Parmi les révélations contenues dans ce dictionnaire, la participation des femmes à la franc-maçonnerie à travers le soi-disant rite d’adoption se distingue, à la fois dans ses degrés symboliques et philosophiques. D’autre part, dans la rubrique « Atelier général de la franc-maçonnerie », la forme et la symbologie des loges maçonniques, leurs liturgies et rituels dans leurs divers degrés sont détaillés. Cet atelier se termine par le développement des principales cérémonies, telles que l’inauguration et la consécration du temple maçonnique, les exigences pour la constitution d’une loge et sa cérémonie d’installation. De même, dans ces volumes, la Bible est expliquée dans sa relation avec les mythes et les traditions de la franc-maçonnerie.

Les francs-maçons sont une fraternité ou une loge considérée comme secrète en raison de la discrétion de leurs pratiques originaires de Londres, en Angleterre, et qui ont des adeptes dans le monde entier depuis plus de 300 ans.

Le prix estimé par les spécialistes de Morton Subastas pour ces trois tomes, marqués du lot 80 de leur catalogue, se situe entre 18 000 et 22 000 pesos. Les parties intéressées pouvaient participer en personne le jour de la vente aux enchères, qui a eu lieu le 26 avril à 17h00 au Cerro de Mayka 115, Lomas de Chapultepec. Ils pouvaient également le faire en ligne sur www.mortonsubastas.com ou en appelant le 5552833140.

1er mai 2022 : allocution du Grand Maître National du DROIT HUMAIN au Mur des Fédérés

Le dimanche 1er mai 2022, la Fédération française du DROIT HUMAIN a été comme chaque année massivement présente avec ses Frères, Sœurs et dignitaires au cimetière du Père-Lachaise lors du rassemblement interobédientiel organisé par le Grand Orient de France et célébrant la Commune de Paris, pour la République et  la défense de la Laïcité.

Un hommage particulier a été rendu sur la sépulture de Nelly ROUSSEL (1878-1922), libre penseuse, féministe, antinataliste, néomalthusienne, femme de lettres libertaire française et franc-maçonne de la Respectable Loge n° 4 du DROIT HUMAIN.

Amande PICHEGRU, Grand Maître National de la Fédération française du DROIT HUMAIN a tenu son allocution devant le mur des Fédérés avec d’autres dignitaires d’obédiences françaises. Vous pouvez la retrouver via ce lien de la chaîne Youtube  du DROIT HUMAIN ou en cliquant sur cette image ci-dessous.

La retranscription complète de cette allocution est également disponible via ce lien

Comment la Perestroïka a restauré la franc-maçonnerie russe en URSS

De notre confrère Russe news.ru

Le 28 avril 1991, la première Tenue de la loge maçonnique restaurée a eu lieu en URSS.

La franc-maçonnerie a rapidement gagné en popularité en Russie au XVIIIe siècle, mais elle n’a pas duré longtemps. La Révolution française de 1789 a miné son influence sur la société russe, le soulèvement décembriste de 1825 a encore stimulé le mouvement de l’État visant à son interdiction totale. La franc-maçonnerie n’est sortie de la clandestinité qu’en 1905, grâce à la première révolution russe. Et tout cela pour disparaître à nouveau après octobre 1917. Seule la Perestroïka a rendu la franc-maçonnerie légale à nouveau. Mais son influence n’a même pas approché les hauteurs qu’elle occupait au XVIIIe siècle.

Développement de la mode

La franc-maçonnerie est entrée en Russie au XVIIIe siècle. Sa propagation rapide a été facilitée par le fait que des personnes particulièrement proches de l’élite du palais se réunissaient dans des loges secrètes. Dans la seconde moitié du siècle, la franc-maçonnerie est devenue une lubie à la mode et a commencé à se répandre comme une traînée de poudre dans les salons de la noblesse. Le siècle des Lumières a fait irruption dans la vie russe de manière abrupte et sans aucun sentimentalisme.

En termes de nombre d’adhérents au statut, la franc-maçonnerie russe n’était pas inférieure aux pionniers – les Français, les Britanniques et les Prussiens. Mais en 1789, la Grande Révolution française a eu lieu, et les autorités ont décidé de regarder de plus près – qui est-ce qui parle de progrès, de bien commun et de dignité humaine, et comment ces tendances se combinent avec la tradition et les liens de l’orthodoxie Empire ?

Il est vite devenu clair que la franc-maçonnerie était plutôt subversive. Au minimum, les maçons s’opposent au servage, et au maximum ils ne sont pas contre une république. En 1791, l’imprimerie Framasonic est fermée. En 1792, Nikolai Novikov, l’un des francs-maçons les plus populaires et des figures des Lumières russes, qui a préparé le premier recueil classique de chroniques russes, a été détenu et emprisonné dans la forteresse de Shlisserburg. Et puis en 1793, le roi Louis XVI a été décapité et la franc-maçonnerie a finalement été interdite.

Heureusement pour les maçons, l’héritier de l’impératrice Catherine II, Paul Ier, entretenait de bonnes relations avec les ordres maçonniques. Il a libéré Novikov, a autorisé l’activité maçonnique. Cependant, elle n’a jamais atteint ce niveau de domination et d’influence sur la morale des nobles, comme c’était le cas avant le début de la persécution.

Ainsi, les activités des loges secrètes se poursuivirent tant bien que mal jusqu’au soulèvement décembriste de 1825, pour ensuite être finalement interdites jusqu’en octobre 1905. La première révolution russe a non seulement donné un lustre constitutionnel à l’empire autocratique, mais a également sorti les activités des francs-maçons de la clandestinité.

Hors de la ville !

C’est alors que la franc-maçonnerie s’est développée, mais pas tout à fait comme ses fondateurs l’avaient imaginé. Le fait est que les loges maçonniques sont rapidement devenues un rassemblement d’hommes politiques, principalement issus de l’intelligentsia démocrate et de gauche. Presque tous les dirigeants du parti cadet ont été députés des loges. L’un des membres de la loge secrète était Alexander Kerensky, l’un des dirigeants de la révolution de février 1917.

Tout cela a conduit au fait que les ordres maçonniques sont rapidement devenus une sorte de rejetons de l’opposition et des partis révolutionnaires. Pour le moins qu’on puisse dire, ils ont été froidement traités à la cour. Mais les Cent-Noirs détestaient les maçons, c’est d’eux que le mythe sauvage et pogrome de la « conspiration maçonnique juive » s’est échappé et a commencé à se promener en Russie.

Les pogroms de la population juive ont également contribué à la diffusion de cette théorie. Le fait est que les Cent-Noirs et autres antisémites aimaient à présenter leurs adversaires comme des francs-maçons. Par exemple, nous sommes ici en train de tuer et de massacrer des non-christs juifs, et vous regardez qui les défend – les maçons ! Il y a certainement un complot.

Les révolutions de février et d’octobre 1917 n’ont en rien refroidi les idées de pogrom. Au contraire, les Cent-Noirs, avec encore plus de zèle, ont commencé à accuser les maçons de menacer l’État. L’une des principales conspirations attribuées aux francs-maçons était, bien sûr, le « renversement » du dernier empereur – Nicolas II.

Après octobre 1917, lorsque le nouveau gouvernement a introduit des lois sévères contre la propagande antisémite et pogrome, les idées de ce type sont passées dans la clandestinité. La direction de l’Union du peuple russe était en fuite ou, comme Alexander Dubrovin, a été exécutée pour meurtre et pogroms. Cela semble avoir permis aux francs-maçons de pousser un soupir de soulagement et de s’intégrer dans la nouvelle réalité révolutionnaire. Mais ce n’était pas là.

Déclin et renaissance

La franc-maçonnerie était considérée par les autorités soviétiques comme un phénomène « étranger de classe ». De plus, les bolcheviks n’allaient pas tolérer certaines organisations semi-clandestines incompréhensibles dans lesquelles se rassemble le public bourgeois, pour la plupart peu fidèle au nouveau gouvernement – et si on y discutait d’un complot ? En 1922, l’organisation nationale « Franc-maçonnerie autonome russe » (RUM) est créée à Petrograd. Formellement, c’étaient « les leurs », des ésotéristes clandestins locaux, mais on ne sait jamais – les maçons russes pouvaient rester en contact avec l’émigration blanche, qui n’était pas non plus étrangère au mouvement maçonnique en Occident. Alors la Tchéka a commencé à regarder sérieusement ce genre d’amateurs de connaissances secrètes.

Cependant, cela n’a pas duré longtemps. En 1925, les forces de l’ordre de la république soviétique ont commencé à persécuter et à envoyer les membres des loges maçonniques dans des camps. Ce qui est le plus intéressant, c’est que la répression des ésotéristes a commencé après que le chef du RUM lui-même est venu à l’OGPU en mai 1925 et a offert sa coopération. En échange, il voulait pouvoir voyager à l’étranger. La coopération n’a pas duré longtemps – en 1926, les membres de l’organisation ont été arrêtés un par un. Ils ont été condamnés à une moyenne de trois ans d’exil administratif pour activités politiques préjudiciables à l’URSS. Plus tard, certains membres du RUM ont été condamnés à plusieurs reprises à 10 ans dans les camps.

Le sort des autres francs-maçons russes s’est développé différemment. Certains d’entre eux ont été pris dans les années 1930, lorsque la méfiance générale régnait au sein de l’élite politique du parti. Et certains ont réussi à entrer dans l’entourage de Gleb Bokiy, l’un des dirigeants du bloc au pouvoir soviétique – il s’avère que même les membres expérimentés du parti n’étaient pas étrangers à l’ésotérisme.

Le biologiste Alexander Barchenko, bien connu dans les cercles étroits, était tellement emporté par des questions secrètes, y compris la télépathie, qu’il a réussi à en convaincre Bokiy. Puis il a transmis à son patron l’idée de rechercher l’Hyperborée dans le nord de la Russie et l’Extrême-Orient. Ces quêtes fascinantes ont été interrompues par la Grande Terreur. Barchenko a été abattu en 1938.

En 1940, il ne restait plus rien de la franc-maçonnerie en URSS, si ce n’est des rumeurs, des études historiques du XVIIIe siècle et des livres de pogrom circulant dans un certain milieu sur la fameuse « conspiration ».

En 1989, le citoyen soviétique Georgy Dergachev a demandé à son ami français de l’accepter comme franc-maçon. Dergachev était philosophe de formation (il a soutenu son doctorat en esthétique) et déjà à cette époque il aimait l’ésotérisme. Les Français se sont assez vite penchés sur la question du dévouement du citoyen Dergachev. Cependant, en 1989, ce n’était pas possible. Ce n’est que le 9 mars 1990 que la loge orientale de la France a accepté Dergachev dans ses rangs. De plus, il fut admis simultanément dans les trois degrés de la franc-maçonnerie (apprenti, compagnon et maître). Et déjà en décembre 1990, Dergachev a recommandé son ami artiste dans une loge.

Après un tel succès, il était déjà possible de parler de la fondation d’une loge maçonnique à part entière en Russie. 

Ainsi, le 28 avril 1991, dans la région de Moscou, en présence de hauts délégués de la loge du Grand Orient de France (VVF), cinq Russes sont initiés à la franc-maçonnerie. Ainsi, la première loge russe est née, qui, par tradition, s’appelait « l’étoile du Nord ».

Les nouveaux francs-maçons russes ne jouissaient d’aucune popularité. Contrairement à leurs adversaires accusateurs, comme Oleg Platonov, la plupart d’entre eux ne voulaient pas se lancer en politique. C’est vraiment un moment incroyable dans le développement de la franc-maçonnerie russe – lorsque tout le monde s’est plongé dans la politique dans les années 1990, la direction de l’Étoile du Nord a quitté le VVF afin de ne pas discuter de politique, de ne pas avoir de liens avec elle et de ne pas y toucher du tout. Seulement ésotérique, seulement hardcore.

En 1996, le VVF a fermé toutes les loges en Russie, examinant comment la plupart de ses membres relevaient de la juridiction de l’aile apolitique de la franc-maçonnerie. Cependant, en 1997, la succursale VVF a rouvert en Russie. Mais en général, comme dans le cas des autres loges maçonniques, tous ces procédés n’ont joué aucun rôle significatif dans la vie politique de notre pays. L’ésotérisme n’était pas l’élite de la nouvelle Russie – il partageait la propriété et le pouvoir – et pour cela, il n’y avait pas besoin d’ordres secrets, de serments et de cérémonies. 

Conférence publique « Pandémie : l’éthique quoi qu’il en coûte » par Emmanuel HIRSCH le 13 mai à Fontenay-le-Comte (Vendée)

C’est à l’invitation de la loge locale « Emancipation vendéenne » de la Fédération Française de l’Ordre Maçonnique Mixte International LE DROIT HUMAIN que le professeur Emmanuel HIRSCH apportera lors de cette conférence publique ses éclairages sur l’éthique en période de pandémie de Covid ce vendredi 13 mai 2022 à 20h à la salle Jean-Jaurès du 32 rue Gaingalet à Fontenay-le-Comte.

Emmanuel HIRSCH est membre de l’académie nationale de médecine, professeur d’éthique médicale à la faculté de médecine de l’université Paris-Saclay. Il est notamment l’auteur des récents ouvrages « Pandémie 2020 – éthique, société, politique » et « Une démocratie confinée – l’éthique quoi qu’il en coûte ». https://emmanuelhirsch.fr/

Place limitées, entrées gratuites sur réservation via conferencedhflc@gmail.com

Qu’est-ce qui arrive à… la Franc-maçonnerie ?

Réflexions à plusieurs mains

Sous la direction de Marc Halévy – Éditions Laurence Massaro, 2022, 2076 pages, 17 €

Présentation de l’éditeur : La Franc-maçonnerie est d’abord l’héritière des pratiques spirituelles et architecturales des corporations de constructeurs médiévaux ; elle en a gardé le sens de la sacralité, du symbole, de l’initiation et de la spiritualité au-delà des religions locales (essentiellement chrétiennes, en ces temps-là).Cette Franc-maçonnerie traditionnelle et intemporelle a été retranscrite aux goûts de la Modernité dès le début du XVIIIe siècle, d’abord en Angleterre (contre l’Irlande, l’Écosse et York), puis en Allemagne et en France (avec toutes les dérives et exubérances que l’on déplore encore actuellement).

Aujourd’hui, le paradigme moderne s’effondre et place le monde profane tout comme la Franc-maçonnerie devant la question d’une renaissance de ses propres fondements.

C’est ce questionnement pleinement d’actualité, que mènent les contributeurs, chacun à sa guise et selon sa sensibilité, dans cet ouvrage, et bien loin des clichés et des caricatures trop souvent véhiculées par des personnages et des médias en quête de gloriole.

Les contributeurs : Ont participé à cet ouvrage sous la direction de Marc Halévy :

Dominique Moreau, Marc Halévy, Éric Jacquot, Francis Bardot, Freddy Malice et RL, Georges Rozan, Jean-Marc Denis, Jiri Pragman, Louis Julien, Maceline Luce, Michel Lecour, Michel Maffesoli, Michel Perry, Olivier Faver et David, Philippe Aubert, Thibaut Paulin et un auteur anonyme.

[NDLR : Marc Halévy, coordonnateur de ce livre, est bien connu de nos lecteurs. À plusieurs reprises nous l’avons présenté, notamment à l’occasion de son récent ouvrage Construire Dieu et le monde-Regards d’un franc-maçon (AMP-Éd. Ubik, 2022). Il est un physicien et philosophe français né à Bruxelles, spécialisé dans les sciences de la complexité ayant également publié de nombreux ouvrages sur la Kabbale dont il est spécialiste, la spiritualité, l’alchimie et l’hermétisme…

Sous sa direction, cet ouvrage paraît chez Laurence Massaro, une jeune maison d’édition créée fin 2013 qui se dit indépendante, dynamique et imprévisible et déclare « Pour moi, le livre doit apporter quelque chose au lecteur et ne doit pas être juste « une surproduction ». C’est justement le cas dans une collection, « Qu’est-ce qui arrive à… » qui, dès 2016, nous parle de la Vieillesse, de la Femme, du Numérique, de la Spiritualité, de la Joie, de l’Europe. C’est désormais au tour de l’Art Royal d’être passé au crible. Un huitième opus où chaque auteur, parfois anonymement, exprime son point de vue. Cette pluralité d’opinions contribue de belle manière au débat et à la réflexion.

Des regards croisés multiples en quelque sorte !

Commençons par les écrits du coordonnateur qui dans son prologue revient que sur des définitions essentielles telles que, entre autres, celles de divinité, spiritualité, initiation, Ordre, rituel, rite, obédiences, reconnaissance, régularité, etc. Comme un lexique à l’usage de…

Nous trouvons parmi la vingtaine de textes soumis à notre sagacité celle de contributeurs comme Jiri Pragman, nom de plume et pseudonyme de Philippe Allard, journaliste et auteur belge. Par ailleurs, Franc-Maçon du Grand Orient de Belgique, il est connu pour être le créateur d’Hiram.be en 2004 ainsi que pour ses ouvrages autour de la Franc-Maçonnerie et d’être à l’origine de Masonica, la première journée du livre maçonnique de Bruxelles.

Ici, dans « ‘’Ma’’ franc-maçonnerie à moi ? Tout seul ? », il développe la thèse des différentes notions des francs-maçonneries et pas seulement de ce que bien souvent le monde profane croît connaître de la franc-maçonnerie…

La contribution de Patrick Van Denhove, ingénieur dans le secteur de l’énergie, est un des nombreux contributeurs au nouveau média maçonnique 450.fm, Journal de la FM sous tous ses angles, se consacrant désormais aux sciences humaines dont sa devise est « Mon moteur est la curiosité, et le doute mon garde-fou ».

Il nous parle de « Où va la franc-maçonnerie ? » avec causticité prenant exemple sur la baisse impressionnante des effectifs dans le monde anglo-saxon. Et de se poser la question de savoir si la Maçonnerie ne va pas dans le mur… Pour s’achever finalement par un « réfléchir à la communication vers les jeunes ».

Tout comme le sociologue Michel Maffesoli – initié en 1972, au GODF à l’Orient de Lyon, au sein de la Loge « Les Chevaliers du Temple et le Parfait Silence Réunis » – professeur émérite à l’université Paris-Descartes, qui développe un travail autour de la question du lien social communautaire, de la prévalence de l’imaginaire et de la vie quotidienne dans les sociétés contemporaines, contribuant ainsi à l’approche du paradigme postmoderne. Son papier nous décrit ce qu’il connaît le mieux « La pensée maçonnique et la postmodernité ». Entre « Idéal communautaire et égrégore maçonnique ». Un article toutefois déjà publié le 19 février 2019 dans la revue Le Courrier des Stratèges.

Retenons aussi l’apport du chef d’orchestre, chanteur et chef de chœur Francis Bardot, rédacteur en chef de la revue Salix, éditée par le Suprême Conseil pour la France (SCPLF) https://agapae.org/9-publications, et Grand Orateur de la Grande Loge de l‘Alliance Maçonnique Française.

« Des obscures lumières à la ténèbres lumineuse », d’oxymore en oxymore, il nous conduit vers tout d’abord une évidente explication de ce qu’il comprend des ténèbres, les définissant même. Dans son développement, il définit ce qu’il faut entendre par spiritualité, tradition, Fraternité et vérité.

Quant à Michel Lecour, historien de formation et directeur des éditions Ubik, qui se déclare volontiers être un passeur passionné et heureux et dont la devise (empruntée à André Suarès) est « Il est possible que le livre soit le dernier refuge de l’homme libre », il nous parle de la fin de la Maçonnerie ou de la Maçonnerie de la fin dans son chapitre intitulé « Déclin ou renouveau ».

Et tant d’autres points de vue qui sonnent comme de justes réponses aux questionnements de notre temps sur le passé, présent et surtout avenir de ce que les Anglais appellent le « Craft », le « Métier ».]

Le muguet, un brin symbolique pour le 1er mai… même pour les Maçons ?

Le 1er mai est traditionnellement l’occasion de rassemblements et de défilés populaires. Mais que commémore-t-on exactement et depuis quand ? Petit retour historique sur les origines de cette célébration et sur ses symboles.

Le 1er mai, il est coutume d’offrir un brin de muguet

Pour les personnes que l’on aime et afin de leur porter bonheur, il est d’usage d’offrir un brin de muguet. Nous vous invitons à découvrir l’origine de cette fleur odorante, son histoire, ses mythes et légendes ainsi que sa symbolique.

Le muguet, son origine

Le nom du muguet est-il « Lillium convallium », « Convallaria majalis » ou muguet de mai ? Bonne nouvelle : tout est possible. Le nom latin était « Lillium convallium » mais désormais, c’est « Convallaria majalis ». « Convallis » signifie vallée et « majalis » du mois de mai. Ces ravissantes petites fleurs font partie des « Liliaceae », ce qui explique son nom anglais et néerlandais de « petit lis des vallées » (lily of the valley, lelietje-der-dalen).

Le muguet de mai n’a pas eu à faire un long voyage car il est originaire d’Europe. Une Europe un peu lointaine, c’est vrai : Caucase et Sibérie occidentale. Dans les jardins des châteaux et domaines de jadis, la présence de ces fleurs odorantes était impérative. Pour d’autres, il est originaire du Japon.

Le muguet, mythes et légendes

Flora and the Zephyrs – John William Waterhouse

Le muguet fleurit quand vient le printemps. Il a donc été depuis l’Antiquité une plante idéale pour célébrer la nouvelle saison, les beaux jours qui reviennent et pour attirer les bonnes grâces pour de futures bonnes récoltes.

Jadis, le « Convallaria majalis », était considéré comme une plante magique hypocrite associée à la magie.

La légende grecque veut que le muguet fût créé par Apollon, dieu du mont Parnasse, pour en tapisser le sol, afin que ses neuf muses ne s’abîment pas les pieds.

Les Romains célébraient au début du mois de mai les Florales, en l’honneur de Flora, la déesse des fleurs.

Le brin de muguet, porte-bonheur a souvent été associé à la Madone, les larmes versées par la Vierge Marie au pied de la croix auraient donné naissance aux fleurs de muguet en forme de clochettes blanches. Toutefois, ses baies rouges contiennent un puissant bouillon d’onze heures.

La déesse mère nordique, célébrée à l’équinoxe de printemps, était associée au muguet. Des « mâts de Mai », ou bien des « arbres de Mai », étaient parfois utilisés dans le cadre des festivités Beltaine, une des quatre fêtes religieuses majeures, déjà mentionnées dans les textes mythologiques irlandais.

Le muguet, sa symbolique

Crédit©Rue des Archives/AGIP

Cette petite fleur est symbole de pureté absolue, de délicatesse, de fragilité, d’honnêteté et de discrétion. Bref, la vie ! Le plus important est qu’elle symbolise également le bonheur. Cette signification particulière la rend tout de suite importante et en fait le bouquet idéal à offrir à celui ou celle que l’on apprécie le 1er mai.

Le muguet, son histoire et sa coutume datant de la Renaissance

Si on s’offrait déjà du muguet en signe d’amour au Moyen-âge, la tradition d’en offrir le 1er mai remonterait à la Renaissance. En 1560, le roi Charles IX (1550-1574), alors en visite dans la Drôme, se serait vu offrir un brin de muguet par le chevalier Louis de Girard de Maisonforte. Touché par ce geste, le monarque aurait perpétué la tradition en offrant du muguet aux dames de la cour à chaque printemps en guise de porte-bonheur.

Le muguet, porte-bonheur de Felix Mayol

Le chanteur de music-hall, Félix Mayol

Puis le muguet revient au goût du jour en 1895. Le 1er mai de cette année, le chanteur toulonnais Felix Mayol (1872-1941), auteur de « Viens Poupoule », débarque à Paris. Son amie Jenny Cook, lui offre alors un bouquet de muguet dont il porte quelques brins à sa boutonnière le soir même, pour sa première sur la scène du « Concert parisien ». Le spectacle étant un triomphe, le chanteur ne se sépare plus de ce muguet porte-bonheur et en fait même son emblème. Très influent à l’époque, il aurait relancé la tradition.

Le muguet, emblème de Dior

La mode a également joué un rôle. Le 1er mai 1900, lors d’une fête organisée par les plus grands couturiers parisiens, toutes les femmes reçurent un brin de muguet.

Séduites par l’idée, les couturières en offrirent depuis chaque année à leurs clientes. Christian Dior (1905-1957) en fit même l’emblème de sa maison de haute couture.

Le muguet remplace l’églantine

Mais ce n’est que sous l’occupation, au XXe siècle, que cette fleur est associée à la Fête du travail. Le 24 avril 1941, le maréchal Pétain instaure officiellement le 1er mai comme la « fête du Travail et de la concorde sociale ». L’églantine rouge, symbole de la journée internationale des travailleurs 1891 et associée à la gauche, est alors remplacée par le muguet.

Le muguet remplace l’églantine

Le 1er mai et les Francs-Maçons

Sauf crise sanitaire, chaque année, à l’initiative du Grand Orient de France, afin de rendre hommage aux Martyrs de La Commune, les Francs-Maçons se réunissent au cimetière du Père-Lachaise. Hommage aussi à tous ceux qui se sont engagés pour que l’idéal de Liberté, d’Égalité et de Fraternité soit bien plus qu’une devise inscrite sur le fronton des édifices publics.

Un rendez-vous désormais traditionnel. Un rassemblement commémoratif fixé à 10 heures à l’entrée principale du cimetière du Père Lachaise, boulevard Ménilmontant à Paris. Le cortège, le Grand Maître, Président du Conseil de l’Ordre du GODF, accompagné de dignitaires d’Obédiences amies et d’une délégation du Conseil de l’Ordre, déposera une gerbe au pied du Mur des Fédérés. Après les discours des Dignitaires et du Grand Maître, sera entonné, à côté de la tombe de Jean-Baptiste Clément (1836-1903) face au mur, « Le Temps des cerises », hymne de la Commune que sifflaient les communards sur les barricades.

La Commune de Paris est le nom donné au mouvement révolutionnaire et au gouvernement insurrectionnel qui fut mis en place dans la capitale entre le 18 mars et le 28 mai 1871.  A l’occasion du 150e anniversaire des événements, la mairie de Paris a prévu plusieurs manifestations culturelle.

L’après-midi, la Grande Loge Féminine de France et sa Commission Nationale d’Histoire et de Recherche Maçonnique, organise, depuis 2012 et à l’initiative de notre très chère Sœur Denise Oberlin, Grande Maîtresse de 2009 à 2012, une cérémonie en hommage à Louise Michel (1830-1905)

– initiée le 13 septembre 1904 au sein de la Loge « La Philosophie sociale » n° 3 de la Grande Loge Symbolique Ecossaise (GLSE) -, à 15 heures au cimetière de Levallois-Perret. Toutes les Sœurs et tous les Frères des Obédiences amies sont invités.

Sources : sudouest.fr ; Muguet de mai – fr.wikipedia.org ; JDD ; site vie-publique.fr

En 1921, le muguet de « Parrain Félix » Mayol devient l’emblème du Rugby club toulonnais (RCT)

Gloire au Travail !

(L’éditorial de Christian Roblin paraîtra, désormais, les 1er et 15 de chaque mois.)

Combien d’entre nous avons si souvent entendu cette acclamation en loge ?

Avant que le travail ne devienne le caractère distinctif, l’essence même de l’humanité et, qu’au-delà  du facteur de production qu’il constitue, il contribue, sinon à une pleine réalisation de soi, du moins à un salutaire épanouissement personnel – notion qui poindra surtout à partir du XIXe siècle –, il aurait plongé ses racines – quoique certains récusent cette origine doloriste – dans une obscure étymologie latine qui désignait un instrument de torture croisant trois barres de bois : le tripalium (littéralement, composé de trois pieux) sur lequel on attachait le supplicié, alors un esclave rebelle ou plus tard un condamné. On s’en servit aussi pour ferrer ou soigner des mammifères d’une autre espèce. Allez savoir si, dans ces époques reculées, on n’aimait pas déjà davantage les animaux que les hommes…

Au XIIe siècle, comme le rappelle le linguiste Alain Rey, travailler signifiait encore tourmenter de cette façon. Ce n’est qu’à la Renaissance, selon l’historien Georges Lefranc, que le mot connaîtra son acception moderne, alors qu’au Moyen Âge, on préférait décalquer du latin deux vocables : labor, labeur, renvoyant au travail pénible, comme un châtiment consécutif au péché, et opus, ouvrage, se référant tantôt à une œuvre de création, tantôt à une activité naturelle.

C’est bien entre ces pôles qu’oscillent, d’un côté, beaucoup de nos contemporains qui se rendent au travail sans gloire[1] et, de l’autre, les francs-maçons qui chantent le travail comme un moteur puissant sur une voie royale…

Quant à la fête du Travail, on en trouve de nombreuses traces en France comme ailleurs[2]. Cette journée des travailleurs est fixée, dès 1793, dans le calendrier républicain de Fabre d’Églantine, au mois de septembre, tandis que Saint-Just, deux ans plus tard, l’institue au 1er pluviôse, soit le 20 janvier, mais l’usage ne survivra que cinq ans. À  New York, en 1885, après des grèves réprimées dans le sang, certaines organisations syndicales optent pour le 1er lundi de septembre, tandis que d’autres, qui l’emporteront, proposent le 1er mai.  Toutefois, c’est en 1920 que la Russie bolchévique décidera – pour le reste du monde, en définitive – que le 1er mai devienne une fête légale et sera, désormais, chômé. Dans un bel œcuménisme, en 1955, après avoir retenu sa ferveur pendant quelque trente-cinq ans, le Vatican, par la voix du pape Pie XII, célèbre, à son tour, Saint Joseph Travailleur, le 1er Mai, au tout début du mois marial.

Quant à nous, Francs-Maçons, nous honorons le travail car nous savons combien il faut se donner de la peine pour le perfectionnement de l’humanité, à commencer par nous-mêmes !


[1] Au-delà de cette expression qui marque ici l’absence d’éclat, la banalité voire l’ennui, la gloire dans la formule d’acclamation reprise en titre célèbre, certes, la splendeur du travail mais on ne saurait oublier que le terme de gloire désigne aussi l’auréole enveloppant le corps du Christ, dans certaines représentations artistiques, tout comme, dans nos temples, cet ornement triangulaire constitué de faisceaux de rayons.

[2] Cf., e. g., Maurice Dommanget, Histoire du premier mai, Éd. de la Tête de feuilles, 1972.