Qu’est-ce que la Franc-Maçonnerie ? Le profane peut se le demander mais il n’est pas rare qu’un franc-maçon se pose lui aussi des questions sur l’étrange matériel qu’il a reçu lors de son initiation. D’où cela sort-il ? Que doit-on en faire ?
L’auteur répond de façon aussi claire que possible, selon ce que son expérience – seulement 50 ans de Franc-Maçonnerie – et son état lui permettent.
Vous trouverez ici ce dont les francs-maçons ne parlent ordinairement pas : en quoi consiste l’initiation maçonnique et quel travail intérieur elle induit. Vous apprendrez que les francs-maçons vivent ce travail d’ordre spirituel, grâce à leur présence en loge. Il est symbolisé par la triade maçonnique : « Sagesse – Force – Beauté ».
Biographie de l’auteur :
Jules Mérias, sous son nom de plume, nous a déjà donné plusieurs livres dont notamment, coécrit avec Laurent Philippe « Études alchimiques – Quatre traités d’Alchimie expliqués par la chimie de leur temps » (Gutenberg Reprint, 2018) où l’on trouvera dans ce précieux et pédagogique ouvrage un exposé en clair des opérations en laboratoire, sans compter sur son « Les trois secrets des francs-maçons – Techniques de transformation dans la tradition maçonnique » (DERVY, 2016) où il nos dévoile les buts de la franc-maçonnerie qui ne sont d’ordre ni productif ni quantitatif, mais moral et spirituel, une organisation qui se différencie donc bien du reste de la société humaine ou encor avec « La voie du franc-maçon – Techniques initiatiques pour la Franc-Maçonnerie spéculative » (DERVY, 2003) où il nous révèle que, dans toutes les traditions, les initiations comportent des méthodes destinées à provoquer la progression de l’initiation virtuelle vers l’initiation effective.
[NRLR : L’auteur pose la question ouverte de savoir ce qu’est la Maçonnerie. Juste interrogation qu’un non-initié, qu’un Frère nouvellement reçu même, est en droit d’approfondir. Multiples peuvent donc être les réponses, même si nous pouvons nous entendre sur ce qu’elle désigne : un ensemble d’espaces de sociabilité recrutant ses membres par cooptation et pratiquant des rites initiatiques.
En réalité, Jules Mérias, franc-maçon depuis plus de 50 ans, tente d’apporter sa pierre de façon claire et explicite en partant de l’évènement fondateur, l’initiation. Initiation qui s’inscrit dans une tradition. Survolant les deux approches, ésotérique et exotérique, notamment du Bouddhisme et des trois religions du Livre, l’auteur affirme que c’est la Loge de saint Jean qui transmet. Passant en revue les Anciens Devoirs, 1717 et l’apparition du premier système obédientiel, il s’arrête sur la religion de Noé apparu dans les Constitutions d’Anderson de 1738 et développe la notion de latitudinarisme qui prône une certaine tolérance, chacun étant libre de choisir la religion qui lui plaît.
Il nous conseille surtout sur ce que nous devons faire s’appuyant sur le triptyque Sagesse (pour inventer), Force (pour diriger), et Beauté (pour orner), voie intégrale et véritable pilier. Des vertus à mentionner dans n’importe quel sens, comme si elles étaient dans un cercle, et surtout à travailler car chassant l’ignorance, la paresse et toutes nourritures de l’ego. Un opuscule empli d’espérance.
Pour les amateurs de la Bande Dessinée « Le Triangle Secret«
Les fans parisiens et marseillais de Didier Convard, auteur de bandes dessinées à succès ont déjà pu profiter de l’exposition itinérante proposée par le Musée Archives Bibliothèque de la Grande Loge de France et BD Empher autour de la célèbre série ésotérique « Le Triangle Secret » composée de sept chapitres et vendue à plus de deux millions d’exemplaires.
L’exposition « Dans les coulisses du Triangle Secret » qui résume cette saga éditoriale avec la présentation des « planches » accompagnées de textes explicatifs restitue le contexte général de la série. Des objets « cultes » qui ont inspiré l’auteur et les dessinateurs seront également disposés dans des vitrines.
C’est désormais à Arras, au Pôle culturel Saint-Vaast, 22, rue Paul Doumer, dans le Pas-de-Calais, que vous pourrez profiter de cette exposition jusqu’au 12 mars consacrée à ce best-seller, précurseur du courant ésotérique des années avant le sacre du « Da Vinci Code », référence de la bande dessinée adulte entre science et occultisme.
Extrait de La Gestuelle maçonnique, éd. Ubik, 2021 par Solange Sudarskis
Dans les sociétés secrètes égyptiennes, le banquet marquait le premier degré de l’initiation. Dans les anciens cultes grecs, et notamment chez les Pythagoriciens, le caractère sacré du banquet était si fort que les adeptes n’étaient admis au repas qu’au bout d’une durée de trois à cinq ans après leur entrée dans l’Ordre.
La Syssitie était un repas au cours duquel, dans une coupe rituelle, les grecs mettaient un peu de farine, un peu de miel, et du vin de Samos. Après avoir bien mélangé, ils déversaient une cuillerée de ce mélange dans le feu sacré, et offraient ainsi à la divinité une part du repas sacré, puis la coupe circulait parmi les célébrants. «Ceux qui auront invités les dieux à leur table», dit Hérodote, seront invités, après la mort au banquet éternel dans les iles des Bienheureux.»
Le banquet était le repas qu’un vassal était obligé de fournir à son seigneur une ou plusieurs fois l’année.
De nombreuses traditions enseignent que la régénération de l’homme déchu se fait par l’administration d’une nourriture ou d’un breuvage. Qu’il s’agisse d’un Élixir, d’une communion ou de l’ambroisie, il semble bien que notre restitution dans notre état antérieur ne soit pas une opération spirituelle et abstraite, mais bien une transformation physique et concrète, provoquée par un aliment. Plusieurs termes employés par différentes traditions ou religions y font allusion : par exemple, le terme latin sapiens, « sage », signifie littéralement « qui goûte », participe de « sapere »[1]. L’art de se tenir à table correspond depuis toujours à l’art de sagesse, à l’art du Verbe. L’initiation ne peut se passer de cet aspect opératif et magique qui associe le partage spirituel à l’échange matériel.
En Franc-maçonnerie, au XVIIIe siècle, cette pratique de la bombance dans les Loges spéculatives était à tel point commune qu’on avait coutume d’appeler les francs-maçons «Frères de l’estomac». On trouve aussi comme moquerie l’expression « Chevaliers de l’estomac[2] ».
On peut lire une philippique de Laurence Dermott (les Ancients), ajoutée primitivement à la 5ème édition de l’ouvrage intitulé The Constitution of Freemason, or Ahiman Rezon[3] évoquant les banquets des Moderns : « On crut convenable d’abolir l’ancien usage de s’occuper en loge de l’étude de la géométrie, et il parut, à quelques-uns des jeunes Frères, qu’un bon couteau et une bonne fourchette dans les mains d’un habile Frère, appliqués sur des matériaux convenables, donneraient une plus grande satisfaction, et ajouteraient à la gaité que l’échelle la plus solide et le meilleur compas… ».
L’ébriété, qui ne manquait sans doute pas lors de ces banquets, était souvent évoquée non seulement par des profanes de l’époque[4], mais aussi dans les divulgations : « si l’heure ne permet pas que l’on fasse l’instruction de la Loge, …Ils enlèvent leurs bijoux et ils se saoulent comme des Francs-Maçons ; Compagnon, comme cela arrive très rarement, alors ils ferment ils chantent et s’enivrent, c’est tout[5]».
Bien sûr, les abus n’étaient pas rares ; ainsi, la gravure satirique de William Hogarth, intitulée La Nuit, montre un franc-maçon sortant d’une taverne dans un état que l’on peut qualifier de « chargé »[6]. Ce personnage est généralement considéré comme le Vénérable de la loge d’Hogart, Sir Thomas de Veil, soutenu par le garde de la loge maçonnique (tyler), identifié comme Andrew Montgomerie, grand fabricant de perruques[7] (Museum of Freemasonry, Londres).
Le fait que les premières loges se soient réunies dans des tavernes – dont elles portaient le nom – peut facilement expliquer cette réputation[8]. «C’est parce que les loges parisiennes ne connurent d’abord d’autre mode de travail que les banquets, qu’elles se réunissaient invariablement chez des restaurateurs. Parmi ceux-ci, il s’en trouva qui cherchèrent à exploiter la situation, en se faisant recevoir Maçons et même en acquérant le droit de tenir loge. Or, le Maître de Loge qui vendait à boire et à manger avait une tendance naturelle à se préoccuper surtout de ses intérêts commerciaux. Sous sa direction, les travaux maçonniques risquaient fort de perdre le caractère de dignité qui leur convient. Cela conduisit, par la suite, à de graves abus. Certaines loges donnèrent lieu, en effet, à des critiques malheureusement trop justifiées. On y admettait n’importe quel candidat, pourvu qu’il fût en état de subvenir aux frais d’initiation ; puis, les « travaux de mastication » devinrent ouvertement la chose essentielle, l’Instruction maçonnique se concentrait avec prédilection sur ce vocabulaire grotesque et aucunement initiatique, dont on persiste parfois à faire usage dans les agapes ou banquets d’ordre[9].»
En réponse aux détracteurs le Chevalier Andrew de Ramsay écrivit notamment : «Nos festins ne sont pas ce que le monde profane et l’ignorant vulgaire s’imaginent. Tous les vices du cœur et de l’esprit en sont bannis et l’on a proscrit l’irréligion et le libertinage, l’incrédulité et la débauche. Nos repas ressemblent à ces vertueux soupers d’Horace où l’on s’entretenait de tout ce qui pouvait éclairer l’esprit, régler le cœur et inspirer le goût du vrai, du bon et du beau[10]»
Il semble qu’à cette époque où les partis politiques et guildes étaient interdits, l’organisation de banquets permettait de se retrouver autour d’un prétexte festif autorisé[11]. Les articles 22 à 27 des Règlements généraux des Constitutions d’Anderson de 1738 évoquent l’organisation d’un banquet annuel, comme l’avaient déjà prévu les articles 22 à 30 des Règlements généraux de 1720[12] de la Grande loge de Londres et de Westminster sous le nom de « festin ». Durant les périodes postrévolutionnaires, alors que la Maçonnerie était en sommeil, le banquet était un moyen parfait de se rencontrer.
Ce qui ne fait aucun doute, c’est la permanence de la pratique du festin parmi les maçons, notamment comme élément de réception[13] puisque, selon les ordonnances royales qui réglementaient le métier, la réception des nouveaux maçons était suivie d’un grand repas pris en commun[14] au cours duquel étaient échangées des accolades fraternelles et faisant circuler le message de paix grâce au pain et au vin. Il y a une ambiguïté dans le texte qui pourrait laisser penser que la cérémonie se déroulait lors du banquet.
La pratique des Banquets d’Ordre est assez peu attestée dans l’histoire de la maçonnerie, contrairement à celle des banquets (agapes)[15]. On ne garde pas véritablement de traces de banquets ordonnés par un rituel spécifique avant le tout début du XIXe siècle ; cette pratique n’est attestée que sur le continent, plus particulièrement en France. Cependant, on trouve, dans le Manuel Maçonnique, ou Tuileur des Divers Rites de Maçonnerie pratiqués en France, dans lequel on trouve l’Étymologie et l’Interprétation Des Noms et Des Mots Mystérieux Donnés Dans chacun des degrés des différents Rites de 1830[16], la description de banquets pratiqués dans les Hauts Grades : « Il y avait, dans l’origine, ce qu’on appelait un réfectoire, où l’on ne mangeait que debout, et où l’on ne servait que des légumes cuits à l’eau… Lorsque le local le permet, on donne à la table la forme d’une croix grecque. Les verres sont nommés calices, la table est désignée sous le nom d’autel. Le surplus des ustensiles a la même dénomination que dans les premiers degrés[17]. »
Les tenues de style Émulation se composent d’une rituélie en loge et d’un banquet protocolaire obligatoire durant lequel il est coutume de livrer les communications ou planches qui pourront faire l’objet de débats fraternels. C’est aussi, dans la bonne pratique, le moment que les Vénérables Maîtres visiteurs choisiront pour donner leurs salutations et impressions.Ce banquet est le strict équivalent de la Chaîne d’Union des rituels continentaux. Ne pas y participer revient à sortir de la chaîne[18].
Le Banquet d’Ordre, ou banquet symbolique, est un repas rituel, considéré comme une tenue d’obligation.
Il est organisé le plus souvent aux alentours des solstices astronomiques, celui d’hiver qui annonce le renouveau (à la Saint-Jean l’Évangéliste, le 27 décembre) mais aussi celui d’été où le soleil approche le zénith (à la Saint-Jean le Baptiste, le 24 juin). La forme des tables est toute astronomique ; au solstice d’été, elle représente la course du soleil dans l’hémisphère supérieur ; au solstice d’hiver, celle dans l’hémisphère inférieur. De ce fait, le Vénérable, qui d’après le rituel maçonnique représente le soleil, occupant l’extrémité, ou point solsticial, est toujours le point le plus élevé, en hiver comme en été.
La salle où se fait le Banquet d’Ordre doit être située de façon à ce que l’on ne puisse rien voir du dehors. La table est en fer à cheval, les officiers y occupent une place précise rappelant celles à l’intérieur du temple. Les apprentis servent les mets ; les compagnons, les vins. Les chandeliers sont placés sur la table. Un ruban délimite le centre de table au long duquel sont alignés les canons (verres) qui, selon le Rite Français Philosophique, doivent être des « verres à feu », c’est‐à‐dire des verres à fond plat, et non des verres à pied[19].
Les travaux detable se composent de sept santés – nombre égal à celui des planètes – (parfois cinq seulement) auxquelles l’Antiquité offrait sept libations que les santés maçonniques ont remplacées.
Des termes de table, la plupart d’origine militaire, parfois alchimique, y sont employés.
Ce n’est plus le tablier, mais la serviette, placée en divers endroits du corps des commensaux, qui est la marque du grade du convive (sur le bras pour l’Apprenti, sur l’épaule pour le Compagnon, autour du cou pour le Maître). C’est avec la serviette que se lie la Chaîne d’Union[20].
Le Banquet d’Ordre est une tenue qui se fait à mains nues, sans tablier, seuls les cordons et sautoirs sont portés.
Les cérémonies de table des Hauts Grades sont quelque peu différentes[21].
Pour évoquer les banquets maçonniques, en l’absence de respect de formes rituelles, les francs-maçons parlent d’agapes[22]. Dans le rituel du dix-huitième degré du RÉAA, on trouve précisé que la réception d’un chevalier Rose-Croix nouvellement consacré porte le nom de «cène» [23]. Au Rite Forestier, le banquet est appelé Vente de table.
[1]À propos de l’acte de «manger», Revue Arca volume1,2016, p.160
[4]. “We make [Masons] for five guineas, the price is but small, and then Lords and Dukes, you your Brother may call, have gloves, a white apron, get drunk and that’s all.” « On vous fait maçon pour 5 guinées, c’est peu cher payé, et ensuite vous pouvez appeler les Lords et Ducs votre frère, vous avez des gants, un tablier blanc, vous vous soulez et voilà c’est tout », paroles de chansonniers des années 1720 évoquées par Pierre Noël dans son article Une initiative pleine d’avenir :
[7]. Cependant, Philippe Langlet dans Lecture d’images de la Franc-Maçonnerie, Dervy, 2013, précise, p. 170, qu’il s’agirait plutôt d’un aubergiste, au vu du ciseau à moucher les chandelles qui pend sur son tablier (et non la clef de la loge), comme il a pu en voir sur une autre gravure d’un aubergiste portant le même tablier.
[11]. « La plupart des Assemblées de Francs-Maçons se tiennent chez des Traiteurs, ou Marchands de Vin. Quelquefois la Réception se fait en maison Bourgeoise, & le repas au Cabaret, & le Cabaret préféré est celui dont l’Hôte, & les Valets sont initiés dans l’Ordre, ce qu’ils croient un abri contre la Police » (p.101), Nouveau catéchisme des francs-maçons. 1440 depuis le Déluge (1740) : <gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k130898h/>.
[14]. Statuts W. Schaw, 1599, « Art. 9. – Il est ordonné, par Monseigneur le Surveillant général, que tous les anciens statuts et règlements, établis par les prédécesseurs des maçons de Kilwinning, soient, à l’avenir, fidèlement observés par les gens du métier, et que tout apprenti ou compagnon ne pourra désormais qu’être reçu dans l’église de Kilwinning uniquement, sa paroisse et seconde loge ; et que tous les banquets de réception des apprentis ou des compagnons se feront dans ladite Loge de Kilwinning : Art. 11. – Tous les apprentis devant être reçus ne le seront que s’ils paient d’abord pour le banquet susdit la somme de six livres, ou bien ils paieront le banquet pour tous les membres du métier appartenant à ladite loge et à ses apprentis.»<anciensdevoirs.com/page-14.html>.
[15]. Une description de banquet, nommé alors « festin », accompagné de chants, est faite au chapitre VIII, intitulé Cérémonie des festins et peines pour fautes commises, p. 101, de la divulgation Nouveau Catéchisme ou La désolation des entrepreneurs modernes du temple de Jérusalem, ou Nouveau catéchisme des francs-maçons, 1744, de L. Travenol (L. Gabanon ? alias Sieur Polichinelle), sur le site numérique de la BNF
[17]. Commandements pour les santés : « Debout, chevaliers ! Le drapeau en sautoir ! La main au calice ! Haut le calice ! On l’élève à la hauteur du front. Vidons le calice en trois temps ! Le calice à l’épaule gauche ! Le calice à l’épaule droite ! Haut le calice ! Posons le calice ! À moi, pour la batterie ! »
[20]. On trouvera des instructions en loge de table ainsi que de nombreuses informations sur ce sujet dans le document du Rite Français Philosophique selon les textes originaux de la Respectable Loge Tolérance (1970-1985) à partir de la page 127 : <en06.fr/wa_files/rituel%20rite%20francais.pdf>.
[22]. L’agape est un amour oblatif, c’est-à-dire donnant priorité aux besoins des autres, sur les siens propres. Un amour dont l’équivalent latin est Caritas, différent de l’Eros charnel, de Philia pour l’amitié et le plaisir de la compagnie, et de Storgê pour l’affection familiale.
[23]. Sublime chapitre Bernard de Clairvaux, « La Cène des Chevaliers Rose-Croix », à partir de la page 63 : <fliphtml5.com/lxqr/xefi/basic>.
Dans le cadre de son cycle de conférences 2021-2022 portant sur « Regard sur quelques fondements maçonniques », le président de l’Académie Maçonnique, qui n’est autre que notre Frère Christian Roblin, directeur d’édition de 450.fm, vous invite le samedi 19 février 2022 à 10h30 (AM heure de Paris) à écouter et à questionner notre Frère Franck Fouqueray, auteur et conférencier maçonnique, sur « L’accomplissement initiatique par le corps en franc-maçonnerie ».
Pour mémoire, Franck Fouqueray est directeur de la publication de 450.fm. Membre de la Grande Loge Mixte de France, il est aussi l’initiateur du 1er Festival d’humour maçonnique de Paris et préside depuis 2017 aux destinées de la célèbre et prestigieuse Fraternelle des Écrivains Maçonniques ainsi que des Éditions L’O.L.http://www.editions-lol.com
Retrouvez-le dans notre présentation de son dernier ouvrage, coécrit avec Solange Sudarskis, le « Manuel de sauvetage pour Compagnon maçon… sans instructeur » https://bit.ly/3sB6Kb0
Avec 17 000 francs-maçons, la région PACA est une place forte de la franc-maçonnerie. Qui sont-ils ? Quel est leur rôle ? Souvent dénoncés pour leur culte du secret ou critiqués pour leurs influences supposées, quels pouvoirs ont-ils réellement ?… Invités : Louis Trébuchet, Ancien Grand Maître Adjoint de la Grande Loge de France, Nadine Agin de la Grande Loge Féminine de France Memphis Misraïm et Philippe Dario de l’Ordre Maçonnique Mixte et International LE DROIT HUMAIN Fédération française.
France 3 Nouvelle-Aquitaine avait fait le déplacement pour faire un reportage sur la Loge de Guéret et interviewer le Grand Maître du GODF de l’époque (Philippe Foussier 2017-2018)
Robert Ambelain est un personnage incontournable du milieu ésotérique français
( 1907- 19997). Dès l’adolescence il se passionne pour l’occultisme. Il publie un premier livre sur l’astrologie en 1936. Il est initié en franc-maçonnerie en 1939. L’époque le projettera sur le devant de la scène : Il reçoit un nombre impressionnant d’initiations. Elevé aux plus hauts grades de Memphis Misraïm, du Rite Ecossais Ancien et Accepté, du Rite Ecossais Rectifié… il sera également Chevalier Bienfaisant de la Cité Sainte, Grand Profès, Réau-Croix, Rose-Croix d’Orient, etc. Il réveillera, par ailleurs, l’Ordre des Elus Coëns, l’Ordre Kabbalistique de la Rose-Croix et fondera l’église Gnostique Apostolique. Il sera, surtout, le Grand Maître Mondial du Rite de Memphis Misraïm durant un quart de siècle.
L’Auteur
Arnaud de l’Estoile, historien et auteur, s’est spécialisé dans l’étude de l’ésotérisme et des sciences occultes tant en ce qui concerne les théories que vers la pratique ( Magie, Alchimie, Kabbale, etc.)
Son cinquième ouvra LE VERITABLE SECRET DES ROIS DE FRANCE est une analyse de l’arrière plan ésotérique de l’œuvre de Maurice Leblanc. Arnaud de l’Estoile est également auteur de la biographie de Plantard de Saint-Clair, ancien Grand Maître du Prieuré de Sion. Enfin il a co-ecrit, aux éditions J’AI LU : DES SOCIETES SECRETES AU PARANORMAL ( 2012) ainsi que LES ILLUMINATI ( 2013)
Casser les préjugés, les idées fausses qui circulent sur la Franc-maçonnerie, c’est l’objectif de notre émission thématique « DE FACTO », qui s’intéresse, dans ce deuxième épisode, à l’une des théories les plus récurrentes sur la prétendue relation entre Illuminati et Franc-maçonnerie.
L’Ordre des Francs-Jardiniers (Order of the Free Gardeners) est une société amicale fondée en Écosse au milieu du XVIIe siècle, et qui s’est par la suite étendue en Angleterre et en Irlande. Comme de nombreuses autres sociétés amicales (friendly societies) de l’époque, son objet principal fut à la fin du XVIIe siècle et durant tout le XVIIIe siècle le partage de connaissances — voire de secrets — liés au métier, ainsi que l’entraide mutuelle.
Armoiries de l’Ordre des francs-jardiniers.
Au XIXe siècle, ses activités d’assurance mutuelle devinrent prépondérantes. À la fin du XXe siècle, elle s’est presque entièrement éteinte. Bien que les francs-jardiniers soient toujours restés indépendants de la franc-maçonnerie, ces deux ordres présentent d’importantes similitudes en ce qui concerne leur organisation et leur développement.
Nous ne manquerons pas de vous tenir informé…
Bijou de franc-jardinier (coll. personnelle)
En savoir plus :
L’Ordre des Francs Jardiniers – Rituels
Sous la direction de Rémi Boyer et Howard Doe – Traduction de l’anglais Yannick Segard, Marie-Françoise Burdin & Michel Piquet
Éditions de la Tarente, 2019, 128 pages, 19 €
Présentation de l’éditeur
Sa parenté et sa proximité structurelle avec la Franc-maçonnerie ne doit pas masquer ce qui fait sa singularité à travers le temps.
Si les rituels primitifs nous sont inconnus, les rituels inspirants mis en œuvre à notre époque, proches de ceux du XIXe siècle, nous permettent de découvrir les métaphores et les mythèmes explorés par les Francs-jardiniers dans un ensemble plein de poésie et de profondeur.
Alors que l’Ordre des Francs-jardiniers avait presque disparu dans la seconde partie du XXe siècle, il connaît aujourd’hui un renouveau discret mais prometteur, significatif des grands enjeux de notre époque troublée.
On peut aussi utilement s’intéresser à l’ouvrage de Robert L.D. Cooper, bibliothécaire et « Curator at The Grand Lodge of Scotland » (conservateur de la Grande Loge d’Écosse), « Les Francs-Jardiniers » (Éditions Ivoire-Clair, Coll. Les Architectes de la Connaissance, 2000) qui, en son temps, était la seule recherche sérieuse sur ce sujet si passionnant.
Le dimanche 1er avril 2000, environ 1 200 personnes se sont réunies pour assister à la convocation du dimanche du millénaire au Morehouse College. L’événement a célébré le mouvement des droits civiques d’Atlanta et le Dr Martin Luther King, Jr. et son héritage. Il a abouti à la dédicace et au dévoilement d’une plaque contenant le texte intégral du discours « I Have a Dream » de King. La veuve de King, Coretta Scott, et son fils Martin Luther King III étaient présents, ainsi qu’environ 200 francs-maçons vêtus de toutes les insignes maçonniques.
Après l’événement, une rumeur a circulé selon laquelle le Très Vénérable Prince Hall Grande Loge de Géorgie, le Grand Maître Benjamin Barksdale, qui avait prononcé une allocution lors de l’événement, avait fait du Dr King un maçon à vue lors de la cérémonie.
Un maçon à vue est un non franc-maçon élevé au grade de maître maçon par l’autorité d’un grand maître.
La nouvelle de la prétendue nomination de King au poste de maître maçon après sa mort a suscité une controverse dans le monde maçonnique, principalement parce qu’une personne décédée n’est pas en mesure d’exercer l’un des principaux principes de la franc-maçonnerie, qui est de se joindre de son plein gré.
Pour devenir franc-maçon, les aspirants doivent généralement passer par un processus par lequel ils atteignent les trois premiers degrés de la franc-maçonnerie. Tout d’abord, les candidats sont initiés et sont connus sous le nom d’apprentis inscrits. Au cours de cette étape, ils apprennent certains des secrets de la franc-maçonnerie et, une fois terminés, ils ont le droit d’être appelés « frère ».
Carte postale photographique en noir et blanc de Daniel Hendricks portant un tablier et un collier maçonniques. (Collection du Smithsonian National Museum of African American History and Culture, don de Robin J. Boozé Miller)
Après l’apprentissage, ils montent au degré suivant, appelé Fellowcraft. Au stade Fellowcraft, les suppliants deviennent des compagnons en quelque sorte, apprenant la sagesse, le symbolisme et la philosophie maçonniques à un niveau supérieur.
Enfin, les aspirants deviennent maîtres maçons lorsqu’ils terminent le troisième degré de la franc-maçonnerie et sont élus membres d’une loge. Les maîtres maçons sont des membres à part entière de l’ordre fraternel et, selon le site Web Be a Freemason, « peuvent jouir à la fois des droits et des responsabilités de l’adhésion » et » visiter des loges à travers le monde ».
Dans un article paru dans The Phylaxis , un magazine de la Phylaxis Society, une organisation composée de francs-maçons de Prince Hall, Barksdale remet les pendules à l’heure.
« Dr. King n’est pas un maçon », a déclaré Barksdale à l’auteur de l’article, frère Burrell Parmer de la Grande Loge Prince Hall du Texas. « On ne peut pas faire d’un mort un franc-maçon. »
« Encore une fois, le Dr King n’a jamais été un maçon de Prince Hall ; cependant, avec la permission de Mme Coretta Scott King, j’ai été autorisé à nommer une bourse du Dr Martin Luther King Jr. pour aider un jeune homme digne à fréquenter le Morehouse College. »
Le temple maçonnique Prince Hall sur Auburn Avenue. (Wally Gobetz via Flickr)
La rumeur a commencé en raison d’un malentendu de la part de certains dans le public lors de l’événement du dimanche du millénaire, a déclaré l’ancien maître Douglas Evans, ancien grand historien de Géorgie, un associé de Barksdale qui était dans le public lors de la cérémonie.
« J’étais dans le public en tant que jeune Mason de cinq ans lorsqu’un honneur a été lu par PGM Barksdale en compagnie de Mme King et King III avec d’autres officiers de la Grande Loge alors que sur scène à l’intérieur de la King Chapel et moi, comme beaucoup d’autres pensaient qu’ils faisaient du Dr King un maçon », a-t-il déclaré.
« Je crois que pendant la cérémonie alors que Mme King était sur scène, c’est lorsque PGM Barksdale et les maçons ont annoncé qu’ils honoraient la mort du Dr King à titre posthume ». Je l’ai pris comme quelque chose avec lequel vous pourriez honorer le gouverneur ou quelqu’un, mais le mot à titre posthume a donné à beaucoup l’impression que le Dr King recevait l’honneur d’être un maçon. J’ai tendance à croire que ce n’était pas l’intention de PGM Barksdale, mais peut-être que le libellé de la déclaration n’a pas été suffisamment filtré ou modifié.
Bien que King n’ait jamais été initié en franc-maçon, Ed Bowen, un franc-maçon du 33e degré et ancien conseiller juridique du temple maçonnique Prince Hall sur Auburn Avenue, pense que cela n’aurait été qu’une question de temps avant que le Dr King n’en devienne un, s’il avait vécu .
Bowen a déclaré que rejoindre une loge maçonnique était un rite de passage pour les professionnels noirs.
« La plupart des ministres d’Auburn Avenue à cette époque étaient des maçons, tout comme les médecins et les avocats les plus en vue », a-t-il déclaré. « La loge maçonnique était l’endroit où vous faisiez des choses. »
La franc-maçonnerie était également présente dans la famille de Martin Luther King Jr. Le père de King, Martin Luther King Sr., était franc-maçon, tout comme son grand-père, le révérend AD Williams. Bon nombre des associés les plus proches de King – Andy Young, Julian Bond, Hosea Williams et John Lewis – étaient tous des francs-maçons.
Le candidat à la mairie Andrew Young discute de l’élection d’Atlanta avec John Lewis, le maire Maynard Jackson et sa femme Jean Childs Young en 1981. Young, Lewis et Jackson étaient des maçons et des membres de la plus vénérable Prince Hall Grand Lodge of Georgia . (Jerome McClendon / Archives AJC à la bibliothèque du GSU AJCP549-016b)
De plus, le siège de l’organisation de défense des droits civiques de King, la Southern Christian Leadership Conference, était situé à l’intérieur de la Grande Loge du Très Vénérable Prince Hall de Géorgie sur Auburn Avenue.
Selon Bowen, une autre chose qui aurait pu inciter King à rejoindre la Grande Loge Prince Hall de Géorgie et à devenir franc-maçon était l’engagement de l’organisation en faveur des droits civils depuis sa création. L’homonyme de l’organisation, Prince Hall, était un homme noir libre qui vivait dans la Nouvelle-Angleterre coloniale. Il devint franc-maçon en 1775. Lorsque les membres des loges blanches du Massachusetts refusèrent d’admettre Hall et ses compatriotes noirs comme membres, Hall et ses compatriotes fondèrent leur propre loge en 1784 avec le soutien des francs-maçons d’Angleterre. Depuis lors, les francs-maçons de Prince Hall sont non seulement devenus la plus grande organisation fraternelle afro-américaine, mais aussi la plus ancienne organisation de défense des droits civiques du pays, ses membres défendant une multitude de droits civils, notamment l’abolition de l’esclavage, l’éducation gratuite pour les enfants et salaire égal pour un travail égal.
Le Dr Martin Luther King, Jr. prend la parole au Prince Hall Masonic Lodge à Columbus, en Géorgie, le 1er juillet 1958. (Columbus Black History Museum)
Selon Christopher Hodapp, l’auteur de Freemasons for Dummies, XL Neal, le Grand Maître du MWPHGLG, avait prévu d’initier King à son retour de Memphis en avril 1968. King s’est rendu dans la région pour apporter son soutien aux travailleurs sanitaires noirs qui protestaient contre les pratiques de travail déloyales dans la ville.
Barksdale atteste de cet arrangement : « À la référence que GM Dr. XL Neal a déclaré qu’il fera du Dr King un Prince Hall Mason at Sight à son retour de Memphis : Ce qui précède est vrai. J’étais Grand Senior Warden lorsque GM Neal a fait la déclaration qui était en présence des membres de la Grande Loge à Augusta, en Géorgie.
En raison de la balle d’un assassin, King n’est jamais revenu vivant à Atlanta.
Il est décédé aux urgences le 4 avril 1968 à l’hôpital St. Joseph de Memphis, une heure après avoir été abattu sur le balcon du Lorraine Motel.
Après un service commémoratif privé à Memphis au RS Lewis & Sons Funeral Home, le corps de King a été ramené à Atlanta. Plus tard, le 9 avril 1968, la famille et les amis proches se sont réunis pour un service funèbre privé à l’église baptiste d’Ebenezer.
Un programme pour les funérailles de Martin Luther King, Jr. à Ebenezer Baptist Church et Morehouse College le 9 avril 1968. (Collection du Smithsonian National Museum of African American History and Culture)
Un mémorial public a suivi les funérailles privées. Le cercueil de King était chargé sur une simple charrette conduite par un mulet. Les mules, Belle et Ada de Gee’s Bend, Alabama, menaient la procession. Alors que le chariot commençait sa randonnée de quatre milles de l’église baptiste d’Ebenezer à sa destination, des milliers de personnes, dont la famille de King, des acolytes, des amis et des partisans, se sont alignées et ont rejoint la procession. Ils marchaient lentement, silencieusement, lugubrement derrière son cercueil, alors qu’il se dirigeait vers Morehouse College. Le révérend Ralph David Abernathy a officié à la fonction publique. Le mentor de King, l’éducateur Benjamin Mays, a prononcé un éloge funèbre intitulé « Aucun homme n’est en avance sur son temps ». D’autres orateurs distingués ont rendu hommage et la légende du Gospel Mahalia Jackson a chanté l’hymne préféré de King, « Take My Hand, Precious Lord ». Les derniers mots de King auraient été une demande pour la chanson.
Vue des personnes en deuil le long des trottoirs pendant le cortège funèbre du Dr Martin Luther King, Jr. (Floyd Jillson Photographs, Kenan Research Center at Atlanta History Center)04/05Vue aérienne d’un service commémoratif devant Harkness Hall sur le campus de l’Université d’Atlanta lors des funérailles du Dr Martin Luther King, Jr. (Floyd Jillson Photographs, Kenan Research Center at Atlanta History Center)05/05Vue de Coretta Scott King (au centre) et de ses enfants lors des funérailles de son mari, le Dr Martin Luther King, Jr., le 9 avril 1968. (Floyd Jillson Photographs, Kenan Research Center at Atlanta History Center)01/05Vue vers l’ouest sur Auburn Avenue lors du cortège funèbre du Dr Martin Luther King, Jr. (Floyd Jillson Photographs, Kenan Research Center at Atlanta History Center)02/05View of the funeral procession on Mitchell Street for Dr. Martin Luther King, Jr. headed by a mule cart carrying his body. (Floyd Jillson Photographs, Kenan Research Center at Atlanta History Center)03/05View of mourners along the sidewalks during the funeral procession for Dr. Martin Luther King, Jr. (Floyd Jillson Photographs, Kenan Research Center at Atlanta History Center)04/05Aerial view of a memorial service in front of Harkness Hall on the campus of Atlanta University during the funeral for Dr. Martin Luther King, Jr. (Floyd Jillson Photographs, Kenan Research Center at Atlanta History Center)05/05View of Coretta Scott King (center) and her children during the funeral for her husband, Dr. Martin Luther King, Jr. on April 9, 1968. (Floyd Jillson Photographs, Kenan Research Center at Atlanta History Center)01/05Vue vers l’ouest sur Auburn Avenue lors du cortège funèbre du Dr Martin Luther King, Jr. (Floyd Jillson Photographs, Kenan Research Center at Atlanta History Center)02/05
Après que les personnes rassemblées aient chanté « We Shall Overcome », un hymne populaire du mouvement des droits civiques, le cercueil de King a été transporté au cimetière South-View, le plus ancien cimetière afro-américain d’Atlanta. Là, il a été inhumé jusqu’à ce que son corps soit transféré dans une tombe au King Memorial en 1982.
Bien que King ne soit jamais devenu un franc-maçon à part entière, Bowen a déclaré qu’il pensait que King incarnait déjà l’esprit de la franc-maçonnerie.
« Tout ce que cela signifie d’être un maçon, il le faisait depuis le début… Donner le bon exemple moral, faire des œuvres caritatives, être un bon citoyen. Il le faisait déjà », a déclaré Bowen.
« Il représentait déjà ce qu’il y avait de mieux dans le caractère d’un homme. »