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« Meurtres, espions et francs-maçons : l’incroyable affaire Athanor » s’invite chez « Complément d’enquête » 

Jeudi 5 mai 2022, après le 21h10 et « Envoyé spécial », ne manquez pas le magazine d’information présenté par Tristan Waleckx

Tristan Waleckx

« Complément d’enquête », de 23h à 00h15, sur « Meurtres, espions et francs-maçons : l’incroyable affaire Athanor ».

Une bande-annonce percutante !

Les fauteuils emblématiques de « Complément d’enquête »

https://www.cesoirtv.com/programme/1082112837/complement-d-enquete.php

Le résumé : « Meurtre, espions et francs-maçons : l’incroyable affaire Athanor » : retour sur une affaire tentaculaire qui mêle des élus, des notables francs-maçons et des agents secrets. La tentative d’assassinat raté d’une formatrice en coaching à Créteil en juillet 2020 et l’arrestation d’un commando appartenant à la DGSE entraînent la découverte de plusieurs projets d’exécution orchestrés par trois membres d’une petite loge des Hauts-de-Seine appelée Athanor. Les trois hommes sont soupçonnés d’avoir organisé et monnayé des « contrats » : surveillances, filatures, passages à tabac et même meurtre. (Source : https://www.cesoirtv.com/)

Une « affaire » qui finalement n’en n’est pas une – car nous trouvons des brebis galeuses partout ! – et dont la presse, papier notamment, s’était déjà fait l’écho l’an dernier…

La liberté de la presse ne s’use que quand on ne s’en sert pas

Sans parler du croustillant article du « Canard enchaîné », grand hebdomadaire de la presse satirique, daté du 24 février 2021 – avec en première page « Les nouveaux exploits des « Blaireaux des légendes » p. 4 » et, à ladite page, nous avons, signé de Christophe Labbé, sur presque une demi-page « Derrière les Blaireaux des légendes, des tentatives d’assassinat en série » ayant pour chapô « La loge Athanor logeait de drôles de frangins à l’origine de plusieurs tentatives de meurtre et autres intimidations musclées ».

À la une, la présentation sur franceinfo https://bit.ly/3OYjYsP

Ainsi que sur le même franceinfo – France Télévisions, mis à jour le 05/05/2022

« C’est une affaire folle qui mêle des élus, des notables et des agents secrets. Tout commence à Créteil un matin d’août 2020 avec l’arrestation de deux agents de la DGSE armés, en planque dans une voiture volée. Ils sont soupçonnés d’avoir voulu éliminer une femme, et affirment être en mission pour le service « action » de la DGSE. En réalité, ils sont au cœur d’un règlement de comptes privé… Tous deux sont francs-maçons, membres d’une petite loge des Hauts-de-Seine appelée Athanor, devenue, selon les enquêteurs, une glaçante officine du crime…« 

Vous y verrez en caméra cachée, ou non, des interviews réalisées à Clichy, dans le département des Hauts-de-Seine, au 6-8 Rue Gesnouin, siège de la Grande Loge de l’Alliance Maçonnique Française (GL-AMF). Et pourquoi pas avec un brin d’antimaçonnisme ?

Guide & Compendium du Franc-Maçon

L’OUVRAGE

Ce compendium se révèle un instrument indispensable pour l’instruction et la formation de tout jeune maçon. Quel que soit son rite ou son obédience, tous les aspects de la vie maçonnique, depuis son histoire ancienne, ses textes réglementaires, son fonctionnement au quotidien sont abordés, avec clarté, avec pédagogie et avec le recul historique qui sied à tout historien digne de ce nom. Quelle que soit la qualité de l’instruction dispensée à tous les Frères d’une loge, Apprenti, Compagnon ou Maître, ces Frères trouveront dans cet ouvrage ce qui leur permettra de faire chaque jour des progrès dans le savoir maçonnique si sérieusement recommandé par le Maître à chaque initié.

NDLR = COMPENDIUM :Terme littéraire dérivé du latin et qui renvoie à un écrit est résumé un ensemble de connaissances. Le plus souvent, ces connaissances concernent un domaine assez précis.

L’AUTEUR

Gérard ICART, Universitaire, a été Professeur de Lettres Classiques ; franc-Maçon régulier depuis 35 ans ; LGR de la Grande Loge Unie d’Angleterre.Auparavant, il eut la charge à la Grande Loge de la formation et de l’instruction des Frères pendant une quinzaine d’années. Maître d’œuvre de la collection TRANSMETTRE L’HISTOIRE, il est Grand Chancelier de la Grande Loge Nationale Française. Il est co-traducteur avec Georges Lamone et adaptateur de l’original compendium écrit par  Bernard Jones en 1950  et enrichi par la loge de recherche de la Grande Loge Unie d’Angleterre N°2076 : QUATUOR CORONATI.Il est auteur d’une dizaine d’ouvrages sur la formation, l’instruction, l’histoire et les origines de la Franc-Maçonnerie de tradition.

07/05/2022 : Le Mans – « Corporations, bâtisseurs de cathédrales et sociétés initiatiques » par Jean-François Blondel

La Grande Loge Nationale Française nous informe de la conférence publique et gratuite de Jean-François Blondel avec un regard tout particulier sur la remarquable cathédrale Saint-Julien du Mans, un des plus grands édifices de l’époque gothique-romane de France et un cas unique dans l’Ouest !

Jean-François Blondel

À l’invitation de la Grande Loge Provinciale de Maine-Atlantique, dont dépend la ville du Mans, venez nombreux profiter de ce bel événement synonyme d’échanges et d’enrichissement !

Infos pratiques : Samedi 7 mai 2022, à 15h00, Espace culturel Henri SALVADOR, 2 rue de la Gironde 72190 Coulaines (Le Mans)

Débit, débats

« Le langage est le lieu même du malentendu ».

Plus que jamais, ce constat de Charles de Talleyrand est d’actualité ! Il n’est qu’à voir ou entendre les « discussions » télévisées ou radiophoniques : parce que personne n’écoute personne, nous assistons, non plus à de vrais dialogues prenant en compte toutes les opinions, mais à de tristes monologues croisés au cours desquels, dans la cacophonie et devant un présentateur vite désespéré, chaque intervenant veut débiter et imposer son point de vue !

On a critiqué en son temps « Droit de réponse », l’émission-chahut de Michel Polac, mais on ne fait guère mieux aujourd’hui, en matière de caquetage, à quelques exceptions près !

C’est ainsi, le vrai débat clairement et rondement mené se perd. Et avec lui disparaît, ou est soigneusement évité dans nombre de groupes, l’usage de toute forme de « poil à gratter ». Qu’il s’agisse de la polémique, la critique, la controverse, la satire, la réplique, la riposte, autant d’arts verbaux – sains et constructifs quand ils ne sont pas méchants – autant d’occasions de « frottements de cervelles » dans lesquels nos aînés excellaient et qui font peur aujourd’hui. Dommage, car si les étincelles brûlent, elles peuvent aussi éclairer !

C’est ainsi, nous vivons l’ère du politiquement correct et de la pensée unique ! Dans « l’associatif », nous n’échappons pas à cette tendance, semble-t-il (Même si en franc-maçonnerie, la parole circule !) Alors que nombre de mouvements auraient besoin de novateurs, d’humoristes, de « dérangeurs » ; alors que maintes sociétés de pensée, sont en recherche – sinon en panne – d’idées et d’expériences nouvelles, leurs membres créatifs, parfois las de parler dans le vide ou ne voulant plus « faire de vagues », par crainte de déplaire, se taisent bien souvent maintenant.

Sans y prendre garde, les groupes sont en train de se réfugier dans une pensée lisse, impersonnelle et surtout improductive. Bref, en ce début de millésime, nous voici, au plan discursif, dans « l’associativement correct ».

Mais point de catastrophisme, il faut l’espoir garder ! Puissent les cercles et forums, colloques et tribunes, assemblées et réunions, permettre à leurs participants de se ressaisir et se rappeler que dans l’authentique et souriant échange – celui dont les paroles vivantes enrichissent locuteurs et auditeurs – l’important n’est pas d’avoir raison mais de raisonner. Encore convient-il que, de leur côté, les meneurs de jeux, l’œil trop fixé sur horloges et chronomètres, se préoccupent moins du temps de parole de chacun que de la forme et du fond de cette parole. Pour faire en sorte que les débatteurs échappent au « tic-tac », et retrouvent… le tac au tac !

Les secrets de la franc-maçonnerie (Podcast)

De notre confrère belge lalibre.be – Par Dorian de Meeûs

Dans ce podcast en 3 épisodes, « Parlons d’Histoire » revient sur les origines de la franc-maçonnerie et ses pratiques. Mais aussi sur ses secrets.

Il y a les symboles, les rites, les pratiques ou encore les ateliers hebdomadaires, mais celles et ceux qui entrent dans la franc-maçonnerie évoquent surtout un « grand voyage » philosophique, intellectuel et finalement très personnel.

Mais pour les autres, qui en restent éloignés, qui observent ou ne se posent pas trop de questions, les loges maçonniques restent un mystère. Un secret bien gardé, ou presque. « Ce qui se dit en loge, ne sera pas répété à l’extérieur… » : voilà pour le dicton.

Dans ce podcast en 3 épisodes, « Parlons d’Histoire » revient sur les origines de la franc-maçonnerie et ses pratiques. Mais aussi sur ses secrets : comment y entre-t-on ? Qui recrute les nouveaux membres ? Et avec quel objectif et quelle volonté d’influence politique, économique ou sociétale ? Enfin, que recouvre réellement le « Secret maçonnique » ?

Pour en parler sans tabou, La Libre reçoit le franc-maçon Hervé Hasquin, ancien Ministre-président (MR) de la Communauté française et ancien recteur de l’Université libre de Bruxelles.

6e « Rencontres Lafayette » : Réservez la date !

C’est à la Grande Loge Nationale Française que revient cette année l’organisation de la sixième « Rencontres Lafayette » le jeudi 2 juin prochain à 20h, Temple Jean Mons, Grand Temple de la Maison des Maçons sise à Paris 17e, 12 rue Christine de Pisan.

Cette sixième édition poursuit l’histoire d’une réflexion commune. En 2015, un véritable dialogue se nouait entre le GODF et notre Grande Loge à l’occasion des « Rencontres Lafayette ». Une première en plus de 100 ans !

Avec la participation du philosophe et écrivain Luc Ferry, ancien ministre.

Sa biographie :

Luc Ferry – Photo fournie par Mme Sylvia Galmot

Agrégé de philosophie, agrégé de science politique, docteur d’Etat en science politique, ancien ministre de la Jeunesse, de l’Education nationale et de la Recherche, Luc Ferry a dirigé un centre de recherche à l’ENS-Ulm, été professeur à l’université de Lyon, puis de Caen, et enseigné à la Sorbonne (Paris I) au niveau du DEA ainsi qu’à Science-Po Paris. Il est l’auteur de très nombreux ouvrages.  Parmi eux, Apprendre à vivre – Traité de philosophie à l’usage des jeunes générations (2006 – Prix Aujourd’hui), La sagesse des mythes Apprendre à vivre II (2008), La Révolution de l’amour – Pour une spiritualité laïque (2010), L’invention de la vie de Bohème, 1830 – 1900 (2012), L’innovation destructrice » (2014), Sagesses d’hier et d’aujourd’hui (2014), Mythologie et Philosophie – collection Le Figaro/Plon en 20 volumes (2015). La Révolution transhumaniste – Comment la technomédecine et l’uberisation du monde vont bouleverser nos vies (avril 2016). 7 façons d’être heureux ou les paradoxes du bonheur (novembre 2016), Le dictionnaire amoureux de la philosophie – Plon 2018. Sagesse et folie du monde qui vient – Comment s’y préparer, comment y préparer nos enfants ? Avec Nicolas Bouzou XO 2019. Les sept écologies – pour une alternative au catastrophisme antimoderne, éditions de l’Observatoire – avril 2021. Propos sur l’école, pour renouer avec le bon sens, Privat, septembre 2021. Luc Ferry est également chroniqueur au Figaro, à Radio Classique et à LCI.

Un belle soirée en perspective autour de la dignité. Quelques définitions …

Déclaration des droits de l'Homme
Déclaration des droits de l’homme

Dignité : Synonymes de grandeur, majesté, noblesse, élévation, situation éminente dans l’ordre naturel. La dignité est le sentiment de ce que l’on doit à soi-même, respect de soi.

Dignité de la personne humaine : fondement de la métaphysique des mœurs. Selon Kant : La personne humaine en tant qu’Être est ce qu’il y a de plus respectable au monde et cette dignité constitue la valeur fondatrice de toute la morale. »

Portrait d’une femme qui a marqué Paris : Maria Deraismes

Le magazine vivreparis.fr propose cette semaine un gros plan sur une femme qui a marqué la franc-maçonnerie.

Féministe, journaliste, franc-maçonne mais aussi artiste… Dès sa jeunesse, la vie de Maria Deraismes n’a pas été de tout repos ! Fervente partisane de l’égalité homme-femme, la féministe n’a cessé de mener ce combat tout au long de sa vie, lui valant notamment une statue à son effigie au cœur du square des Épinettes, dans le 17e arrondissement.

Née de parents fortunés, Maria connait une éducation riche et variée qui la pousse à se poser des questions. Elle acquiert une solide culture générale… Ce qui lui permet de fonder ses valeurs sur l’histoire, les mythes et la littérature !

En grandissant, Maria Deraismes est initiée à la franc-maçonnerie. Cet ordre initiatique est basé sur des normes et des valeurs très strictes. Par ailleurs, les femmes y sont interdites par le pasteur Anderson depuis la création du mouvement. Son initiation n’est pas vue d’un bon oeil, car à l’époque, ces groupes sont uniquement constitués d’hommes ! 

Peu importe, Maria souhaite devenir franc-maçonne… Alors elle crée son propre mouvement ! L’Ordre Maçonnique Mixte et International du Droit Humain devient le premier ordre franc-maçon ouvert aux femmes. En cela, elle devient une icône du féminisme français ! 

Une statue à son effigie 

Maria Deraismes est également à l’origine de la Société pour l’amélioration du sort de la femme et la revendication de ses droits. À sa mort, en 1894, la société décide de dédier une statue à l’effigie de la féministe ! 

Inaugurée en 1898, la statue est réalisée par Louis-Ernest Barrias, un sculpteur parisien de l’époque. L’artiste tient à être fidèle aux idéaux de la féministe, il la représente d’une façon très réaliste en soulignant son engagement et sa détermination

Monument élevé à Paris par souscription publique à Maria Deraismes © Gallica BNF

La statue actuelle n’est malheureusement pas l’originelle… Comme beaucoup d’autres statues, le monument a été fondu sous l’Occupation par le régime de Vichy. L’oeuvre que l’on peut apercevoir au square des Epinettes provient d’un modèle en plâtre conservé par la Ville de Paris ! 

Maria Deraismes 

Radio Canada enquête sur le déclin de la franc-maçonnerie depuis 60 ans ?

De notre confrère canadien ici.radio-canada.ca – Par Axel Tardieu

Le site d’information Radio-Canada, vient de consacrer un article sur ce qu’il nomme le « déclin » de la Franc-maçonnerie depuis les années 60. Elle est présentée comme une « Organisation fraternelle semi-secrète » de 60 000 membres, implantée au Canada depuis le début du XVIIIe siècle. L’article met l’accent sur la difficulté à recruter des jeunes pour l’initiation.

Pour lire l’intégralité de l’article cliquez sur le logo ci-dessous

Propos sur la Morale

La morale pour Platon, c’est la connaissance des règles du jeu qui comprend également la politique et le droit d’une société. Dans La République, Platon explique que la morale consiste, non pas en ce que veut le peuple, mais en ce que le juste et la justice soient ajustés à l’ordre intelligible du cosmos.

Également en référence à Platon, en vue de la reconstruction de la cité, la mystique Simone Weil appelle «le soleil du Bien» à se lever ; pour elle, une nouvelle civilisation, plus humaine, respectant véritablement l’être humain ne peut naître que s’il existe une ferme volonté collective de faire le Bien.

Cette vie morale est indissociable de la liberté. Au-dessus des institutions destinées à protéger le droit, les personnes, les libertés démocratiques, il faut en inventer d’autres, destinées à discerner et à abolir tout ce qui, dans la vie contemporaine, écrase les âmes sous l’injustice, le mensonge et la laideur.

Pour Nietzsche, la morale est la force des faibles coalisés, elle est mortifère car elle interrompt l’élan vital, tout en ne récusant pas l’idée de bon et de mauvais, affaires de circonstances.

Aux exigences des bonnes mœurs citoyennes, la Franc-maçonnerie ajoute des exigences qui lui sont propres, et tout d’abord l’esprit du lien fraternel. «L’Ordre des Free-Maçons fut institué pour former des hommes et des hommes aimables, de bons citoyens et de bons sujets, inviolables dans leurs promesses, fidèles adorateurs du Dieu de l’Amitié, plus amateurs de la vertu que des récompenses… De sorte que notre Institution renferme toute la philosophie des sentiments et toute la théologie du cœur» écrit le Chevalier Michel de Ramsay dans son fameux Discours de 1737.

Car, comme l’écrit Chevillon dans  Le vrai visage de la maçonnerie, «l’amour prend sa source dans l’universelle fraternité des êtres appelés à une même fin. De cet amour résultent la compassion, la miséricorde, la bonté, la charité et toutes les vertus. Par conséquent, le maçon doit déraciner en lui-même l’égoïsme et avec lui tous les vices dont il est le support, cultiver et élargir sans cesse l’amour et les vertus capables de fleurir sur cette tige embaumée».

Le mot hébreu «tsidakati» (צִדְקָתִי), peut se traduire par «ma droiture», sa racine signifie tout à la fois : innocence, justice, vérité, bonté, faveur, grâce, clémence, bienfait, délivrance !

C’est une aspiration vers un état de perfection, une façon idéaliste de concevoir un futur-être pour l’initié et l’humanité, avec ses kyrielles d’utopies sous-jacentes dont le temple idéal de l’humanité. Ce qui lui est particulier c’est le véhicule ; c’est-à-dire le rite initiatique. Ce dernier est en effet une allégorie élaborée de la vie qui engendre, chez l’initié, une profonde méditation, une perception et une action intérieure grâce auxquelles l’homme se révèle à lui-même, dépasse ses propres limites et son soi.

Comme pour Kant, la soumission au précepte moral est d’origine interne et procède de la seule voie de la conscience. La loi morale est obéie par respect pour l’impératif catégorique qui retentit en nous-mêmes : tu dois agir de telle sorte que tu traites l’humanité aussi bien dans ta personne que dans la personne de tout autre, toujours comme une fin et jamais simplement comme un moyen.

Mais, ce qui fonde le jugement de quelque chose comme bien ou mal dépendrait-il des conséquences de cette action ou seulement de son intention ?

Paul Ricœur, définissant l’éthique comme la visée personnelle de l’action qui utilise les outils de la morale, ouvre des questionnements : L’éthique s’appuie-t-elle sur la morale ? Ou bien l’éthique se différencie-t-elle de la morale par le libre choix d’un individu qui est une prise de décision spontanée et libre, conforme à la conception du bien et du mal qu’il se fait, sans référence à une morale? «La morale : c’est un code de la société destiné à permettre la survie de l’individu ; l’éthique : c’est un code individuel destiné à permettre la survie de la société»  (Théodore Sturgeon, Les plus qu’humains, p. 289, 1990).

La définition d’Emmanuel Lévinas éclaire particulièrement ce concept. L’éthique n’est pas seulement un discours formaliste mais une attitude. L’éthique ouvre la possibilité de passer de l’émotion à l’action. Pour Lévinas, on n’est pas homme instinctivement. «On devient homme par la réflexion que l’on a soi-même sur l’homme». Désirer le bien dans l’élan naïf du cœur est nécessaire, mais n’est pas suffisant. La passion, dit-il, doit se méfier de son pathos, devenir et redevenir conscience. Ainsi définie, l’éthique constitue le fait de culture par excellence. Le maître mot de la définition de l’éthique est donné ici à l’étude : la conscience. «L’appartenance à l’homme en tant qu’homme suppose la tradition, la littérature et la science. La justice est difficile à l’ignorant. L’humanisme est une extrême conscience.» L’éthique, c’est «la morale plus l’étude». Nous retrouvons ici l’union de l’âme et du cœur, de l’esprit et du corps. Cette définition s’applique pleinement me semble-t-il à une démarche maçonnique adogmatique et à visée de réflexion sociale. Parler avec son cœur et son vécu émotionnel ne permet pas seul de répondre à la question : «à quoi me servent, en tant que citoyen, les outils symboliques que je manipule ?». De plus, l’émotion ne demeure souvent que le produit de notre vécu et donc de notre égo. L’émotion est furtive, changeante et manipulable, surtout lorsque l’on se déplace sur les questions de politiques et de normes sociales. L’abstraction de la réflexion construit la réflexivité de la perception, le miroir de l’esprit, peut-être est-ce cela la conscience.

Devenir Franc-maçon c’est aussi apprendre, par l’étude analogique des outils symboliques à passer du ressenti à l’engagement. Mais la réflexion en sens inverse est aussi possible : l’émotion est nécessaire, l’intellectualisation extrême ne construit pas le travail de connaissance humaniste de soi. L’identification de la globalité de chaque individu comme phénomène implique le dépassement d’un existant émotionnel non renié, mais assumé[1]

La connaissance de la symbolique des outils, des mythes utilisés et des rituels atteste que la Franc-maçonnerie veut, par leur approfondissement, permettre d’accomplir une œuvre de perfectionnement de soi en favorisant l’ouverture de la conscience. La Franc-maçonnerie se définit elle-même comme un système de philosophie morale,  à visée personnelle, enseigné sous le voile de l’allégorie au moyen de symboles ; elle est une proposition d’éthique.

La Franc-maçonnerie est une pratique des vertus et un idéal avec sa spécificité quant à ses sources, sa finalité, son contenu, son domaine et sa sanction. La Franc-maçonnerie est un syncrétisme des vertus cardinales héritées de la Grèce antique, des vertus théologales obtenues de la chrétienté et des apports moraux des Lumières du XVIIIe siècle, mâtinés de modernité ; elle est une philosophie apportant des réponses à la question de la vie bonne. Pour le franc-maçon, la morale s’apparente au respect d’autrui auquel s’ajoute, surtout, quelque chose de l’ordre de la bonté, de la bienveillance, de la bienfaisance et de la prudence. À creuser un tombeau pour les Vices, on pourrait oublier d’ériger des autels à la Vertu !

«La Maçonnerie trouve dans ses traditions un idéal moral que nous croyons au moins égal sinon supérieur à celui des religions ; cependant, si les maçons disaient qu’il y a parmi eux plus de vertu effective, c’est-à-dire moins de défaillances que dans un groupe quelconque d’honnêtes gens, nous serions les premiers à rire d’une si outrecuidante sottise.» (Pierre Tempels). 

Les Codes maçonniques

Il s’agit de textes où on y entend aussi la notion de préceptes, de devoirs maçonniques

Le Code maçonnique serait d’origine belge (gravé initialement sur une médaille avec le titre de Préc\ maç\)  pour répondre aux accusations d’hérésie, de satanisme et de complotisme des francs-maçons qui ont conduit à leur excommunication de l’église en 1837.  Cependant, ce Code possède une antériorité, maçonnique, dans un texte allemand de 1784, Taschenbuch für Brüder Freymaurer auf das Jahr en 1784 [2] .

Certains ont prétendu que ce code fut repris par Grillot de Givry, ajoutant un texte à la fin, avec des références à l’alchimie et à l’ésotérisme, tranchant avec l’esprit moraliste de l’époque[3]. Dans son ouvrage Grand Œuvre, XII Méditations sur la voie ésotérique de l’Absolu, ne se trouve que cette partie, à la Méditation VI !

Les herméneutiques, les interprétations des mythes prennent plusieurs directions, mais la plus communément admise et la plus répandue est l’herméneutique moralisatrice. Les créateurs du mythe d’Hiram ont voulu enseigner des vérités morales. Cette herméneutique est aussi propédeutique, le mythe maçonnique a des visées pédagogiques ; se perfectionner, pratiquer la bienfaisance et respecter ses engagements sont les piliers sur lesquels s’appuie l’idéal d’un maître…

Le code maçonnique est une doctrine qui trouve tout son sens par l’engagement et le comportement du franc-maçon en loge et dans la vie profane. Le Code maçonnique constitue, surtout, une référence pour appréhender et comprendre  une exigence morale, il est presque une admonition.

Il existe plusieurs codes maçonniques dont les deux exemples ci-dessous montrent le visage spécifique qui différencie sans opposer deux courants : celui qui se réclame de la Régularité de la GLUA (en trois points, croire en Dieu, pas de femme, pas de discussions politiques) et les autres.


[1] Note 17 de l’article La Louve (Lewis) et ses compléments

[2] Remarque faite dans le commentaire 22, par Daxad le 29 mai 2020. Accès réservé aux abonnés.

[3] Robert DUFAUT, Réflexions sur le Code maçonnique.

Gros plan sur le Rite Standard d’Écosse (Podcast de la Loge)

Le Rite Standard d’Écosse est la dénomination retenue en France pour désigner la pratique maçonnique de nos frères de nationalité écossaise. Dans ce second podcast de la saison, découvrez tous les aspects historiques et la pratique grâce à notre passionnant invité Jacques Olivier !

Le Rite standard d’Écosse (RSE) est un rite maçonnique anglo-saxon pratiqué dès le début du XVIIe siècle dans les premières loges écossaises, telles Mary’s Chapel et Kilwinning n°0, fondée avant 1598. Bien qu’issu des prémices de la franc-maçonnerie, le rituel ne sera codifié qu’au XIXe siècle. Le Rite Standard d’Écosse se distingue des autres maçonneries anglophones par sa particularité à être travaillé par cœur par l’ensemble des membres d’une loge, tout comme les tailleurs de pierre des cathédrales ont pu employer la transmission orale afin de protéger leurs secrets du « Métier ». Le RSE se singularise également par le rapport essentiel qu’il entretient avec le grade complémentaire de « Maître de la marque ».