sam 02 juillet 2022 - 16:07

Le Trésor caché – Lettre ouverte aux francs-maçons et à quelques autres

Michel Maffesoli – Éditons Léo Scheer, 2022, 180 pages, 19 €

Présentation de l’éditeur :

Dans Le Trésor caché, Michel Maffesoli dévoile une franc-maçonnerie à l’opposé des clichés habituels qui la cantonnent, au mieux à la défense du progrès et du rationalisme, au pire à un groupement quasi mafieux. Loin d’y voir une survivance de rites et de croyances dépassés, il montre l’extraordinaire actualité de la franc-maçonnerie de tradition : le secret permet le partage de l’intimité et la cohésion du groupe, le rituel nous rattache au passé et manifeste l’union, le penser libre pousse à refuser le dogmatisme et le conformisme. Ce trésor, les francs-maçons doivent le retrouver et l’exposer, représentant ainsi, pour les jeunes générations, une alternative au matérialisme, une quête spirituelle, l’inscription dans une fraternité, seule à même de rompre avec le principe individualiste. Tel est le paradoxe postmoderne : le travail de la loge s’apparente aux pratiques les plus contemporaines du wiki !

Biographie de l’auteur :

Philosophe et sociologue, Michel Maffesoli a consacré son œuvre à l’imaginaire contemporain et à la définition du paradigme postmoderne. Parmi la trentaine d’ouvrages qu’il a écrits, on peut citer Le Temps des tribus (1988), Du nomadisme, Vagabondages initiatiques (1997) ou Les Nouveaux bien-pensants (2014), La France étroite – Face à l’intégrisme laïc, l’idéal communautaire, coécrit avec Hélène Strohl, inspectrice générale des affaires sociales honoraire, La parole du silence (2016), Écosophie : Une écologie pour notre temps (2017), Être postmoderne (2018), La Force de l’imaginaire – Contre les bien-pensants (2019), L’Ère des soulèvements (2021).

[NDLR : Dans « Cent ans de spiritualité maçonnique – Histoire de la Grande Loge Nationale Française » (Dervy, 2015), plus connu sous le titre de « Livre du Centenaire », prix IMF au Salon du Livre Maçonnique de Paris 2015, catégorie Beaux-Livres, Michel Maffesoli signe, sous forme de causerie à trois, en compagnie de Bruno Pinchard – philosophe et actuel Grand Orateur de la GLNF – et Jean-François Variot – Ancien Assistant Grand Maître – la postface. Il nous déclare « Oui. Tout l’art est d’oser dire les mots, de parvenir à trouver les mots qui résonnent. Notre espèce se distingue de l’animal par le besoin de dire les mots pertinents. Si l’on sait dire les mots pertinents, ils opèrent, alors que le mot contrat, le mot progrès, etc. Tout cela ne fonctionne plus, ce sont des mots devenus politiques qui ne sont plus en phase. »

Ici, dans « Le Trésor caché », dont la première édition est publiée en 2015, Michel Maffesoli emploie justes des mots, mais des mots justes !

L’ouvrage débute, en exergue, avec cette citation du philosophe, humaniste et moraliste Michel Eyquem de Montaigne (1533-1592) « Je n’enseigne pas, je raconte ». L’auteur raconte avec liberté, lucidité et vérité.

Si Montaigne créé ce genre littéraire qui est l’essai, l’auteur, lui, le « transforme ».

S’il existe sûrement encore des trésors qui peuvent faire notre fortune matérielle, celui dont nous parle Michel Maffesoli ne demande qu’à être découvert… C’est le Trésor des francs-maçons. Trésor intellectuel s’il en est, un peu oublié depuis le siècle des Lumières.

L’auteur, philosophe et sociologue, a consacré l’essentiel de son œuvre à l’imaginaire contemporain et à la définition du paradigme postmoderne. Michel Maffesoli explique son sous-titre en citant Ainsi parlait Zarathoustra Un livre pour tous et pour personne, poème philosophique de Friedrich Nietzsche. Dès l’introduction, c’est avec un lumineux tableau, d’une clarté biblique, que nous comprenons mieux les grandes fonctions sociétales en les reprenant en ordonnée – socialisation, identité, fondement, principe méthodologique, philosophie, rapport au temps, lien social – et déclinant en abscisse différents aspects avec la modernité XVIIe-XXe siècle, le Trésor caché de la franc-maçonnerie, la postmodernité du XXIe. Entouré de grands Maçons et auteurs du XVIIIe siècle, comme Louis-Claude de Saint Martin et Joseph de Maistre, l’auteur dévoile une Franc-Maçonnerie qui doit nous permettre, par la démarche initiatique, de retrouver un renouveau imaginal, plutôt qu’une abstraite éducation. C’est en essayant de comprendre la relation entre visible et invisible, que Michel Maffesoli nous faisant toucher du doigt que du secret au discret la société maçonnique permet le discernement, véritable enracinement de tout humanisme.

Rappelons ce que nous entendons par postmodernité qui est un concept utilisé pour caractériser l’état actuel de la civilisation occidentale, dans la mesure où elle aurait perdu confiance dans les valeurs de la modernité (progrès, émancipation) qui ont prévalu depuis le XVIIIe siècle. Quant à l’imaginaire contemporain, résumons-le par cette belle formule, André Breton : « L’imaginaire est ce qui tend à devenir réel. »

Si dans l’édition de 2015, Jean-Michel Dardour, désormais ancien président du Cercle d’études et d’expression publique Franc-Maçonnerie et Société (FM&S), premier Think Tank Maçonnique français et ancien Premier Grand-Maître Adjoint de la Grande Loge de France, signait la postface en interviewant l’auteur, il n’en est rien dans cette présente édition.

La table des matières est la suivante :

Avertissement

Introduction

I. Une pensée libre

II. De la parole perdue

1 – Une démarche voilée ; 2 – La vie de l’esprit ; 3 – La « pansophie » initiatique

III. La tradition ou la chaîne du temps

1 – La sagesse incarnée ; 2 – La pensée progressive ; 3 – Un baroque exemplaire

IV. La loi des frères

1 – Un ordre sympathique ; 2 – Le mystère de la Trinité ; 3 – Le retour de l’enfant éternel

V. En guise d’ouverture

Michel Maffesoli, nous apporte des réponses limpides et nous fait retrouver nos fondamentaux.

Michel Maffesoli

Par ailleurs, nous avons la chance et le plaisir de le compter en qualité de chroniqueur pou 450.fm dans « PARLONS DE LA SOCIÉTÉ », rubrique « Sociologie et Franc-maçonnerie », à retrouver avec « Prendre garde à ceux qui prétendent faire le bien » https://bit.ly/3B4TnUq et « La « Progressivité » n’est en rien progressiste » https://bit.ly/3J40bnZ, mais aussi interviewé par J. Carletto pour « L’ère des soulèvements » https://bit.ly/3GwPBEm ou encore son dernier post du 9 février intitulé « L’esprit de tolérance  » https://bit.ly/3skXRSA

Les Éditions Léo Scheer sont une maison d’édition française créée à Paris en janvier 2000 par Léo Scheer. Spécialisée dans la publication de livres de littérature, de sciences humaines, de photographie, elle publie également La Revue littéraire. Né le 29 mai 1947, Léo Scheer, ancien chargé de mission au ministère de l’Équipement et au commissariat du Plan, est un éditeur, sociologue, producteur de télévision et écrivain. Il dirige aussi les Éditions réticulaires – magazine Chronic’art et site Internet chronic’art.com https://www.chronicart.com/.]

Yonnel Ghernaouti
Membre de la Respectable Loge « Le Centre des Amis » N° 1 et du Collège de la Loge Nationale de Recherche « Villard de Honnecourt » N° 81 de la Grande Loge Nationale Française, Yonnel Ghernaouti est chroniqueur littéraire. Dans le cadre de la culture et de la communication, il met en œuvre et collabore à l'organisation de salons maçonniques – notamment celui des Estivales Maçonniques en Pays de Luchon en qualité de Commissaire général - et à la ligne éditoriale de réseaux sociaux. Membre du bureau de l'Institut Maçonnique de France, il coopère également à de nombreux ouvrages maçonniques.

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