sam 02 juillet 2022 - 16:07

ESPAGNE : Le monument de Castelar à Madrid – Un « but » maçonnique

De notre confrère espagnol larazon.es – de RAPHAËL FERNÁNDEZ

Il convient de rappeler que le président de la Première République et l’auteur du monument, Mariano Benlliure, étaient des francs-maçons.

À l’heure de la 5G, des crypto-monnaies, de la durabilité environnementale, des politiques de genre ou de la culture d’annulation, certains débats ou idées d’un passé plus ou moins récent semblent flous. Les concepts ou politiques inspirés de la franc-maçonnerie, qui suscitaient auparavant d’intenses débats, ont été oubliés. Peu de ceux qui côtoient certaines de ces pièces du passé connaissent leur pertinence et le message qu’elles véhiculent. C’est le cas du Monument à Emilio Castelar, situé sur la place du même nom du Paseo de la Castellana de Madrid, à l’intersection du Paseo del General Martínez Campos et de la rue General Oraá.

Détail du monument à Catelar
Détail du monument à Catelar PHOTO : COMMUNAUTÉ DE MADRID

Il faut se rappeler qu’Emilio Castelar et l’auteur du monument, Mariano Benlliure, étaient des maçons. Chose pas rare à l’époque et dans certains milieux. La franc-maçonnerie était répandue dans le monde entier et à ses origines elle avait un caractère secret. De cette composante cryptique surgissent une bonne partie des animosités. La franc-maçonnerie est apparue en France tout au long du siècle des Lumières, en effet le terme vient du mot français « maçon », qui en espagnol signifie aussi « maçon ». Ils se sont déclarés rationalistes, à la suite de quoi la confrontation avec l’Église catholique et d’autres positions politiques a été servie.

monument aujourd'hui
Monument aujourd’hui PHOTO : EFE

Cependant, la franc-maçonnerie, au-delà des idées, était aimée et retrouvée dans la symbologie et dans la liturgie. Et en cela, visuellement et artistiquement, Madrid a d’innombrables exemples. Pour commencer, elle possède un grand nombre d’acacias , un arbre qui est l’un des symboles de la franc-maçonnerie et que de nombreux maires dans l’histoire de la capitale – les maçons – se sont chargés de planter durant leur mandat. Pour les maçons, l’arche de Noé a été construite en bois d’acacia, d’où son importance en tant que symbole, car c’est un matériau incorruptible.

Mais qu’est-ce qu’on va faire. Le monument de Castelar surprend à son apogée. Là-haut, l’artiste a disposé les figures allégoriques des Trois Grâces Mythologiques, nues et les mains entrelacées. La symbolique de ces trois grâces échappe à beaucoup de ceux qui observent l’œuvre. Le sculpteur a voulu évoquer chez les trois femmes les trois vertus maçonniques : la beauté, la sagesse et la force.

Mais il y a plus de signes maçonniques. Au pied du Castelar, par exemple, on trouve la sculpture d’une femme nue qui représenterait la Vérité et trois figures montent vers elle, un ouvrier, un soldat et un étudiant, qui dans la symbolique maçonnique représenteraient le travail, la force et l’atelier.

Emilio Castelar était historien, journaliste et écrivain. Opposant au régime monarchique, il préside pendant quelques mois le gouvernement de la Première République entre 1873 et 1874. Mais ce dont on se souvient le plus, c’est l’éclat de son éloquence. Il n’est pas anodin que Démosthène et Cicéron écoutent son discours à ses pieds. Cela n’a rien à voir avec la franc-maçonnerie, mais plutôt avec l’amour-propre de Castelar ou le désir du sculpteur ou de ses amis de le méditer et de le louer. Il est évident que sans la moindre mesure.

Revenant à la symbolique maçonnique, le monument est visible des quatre côtés, grâce au socle en pierre qui permet de disposer des figures sur chacune de ses faces. L’ensemble a une forme légèrement pyramidale – autre clin d’œil franc-maçon –, avec des figures et des représentations faisant allusion à la vie et aux idéaux du récipiendaire.

Il convient de rappeler que des guirlandes de bronze sont également suspendues au monument, encadrant les armoiries ou symboles de León, Aragon, Castille, Navarre et Grenade, sous un anneau cylindrique sur lequel sont écrits les mots « LIBERTÉ, ÉGALITÉ, FRATERNITÉ » , enlevés pendant le régime de Franco pour «révolutionnaire» et répondu par la démocratie. Un espace madrilène qui rend hommage à un grand homme… avec un message qui n’est pas subliminal.

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