De notre confrère de AuFéminin – Par Maude Sebaihi
Le pendule est un objet mystérieux utilisé pour répondre à des interrogations. Comment le choisir ? Où l’acheter ? Comment utiliser un pendule et l’interpréter ? Andréa Louis, autrice de Initiation à l’art du pendule nous répond.
Le pendule est souvent vu dans les films, les séries ou même dans les magazines. Mais qu’est ce que c’est ? « Le pendule est un objet, un outil capable d’osciller. Il est constitué d’une masse de forme sphérique, pointue ou oblongue d’un certain poids, fabriqué en différents matériaux », explique Andrea Louis. Il n’est pas à confondre avec la pendule, sorte d’horloge murale que vous accrochez au mur en guise de décoration.
« Le pendule peut osciller lorsqu’il est tenu en suspension en l’air grâce à un fil, une chaînette (en argent, en laiton, en métal) ou au lacet de cuir qui lui est attaché, lorsqu’on le tient en main. » Cet objet ésotérique est en mouvement et a plusieurs usages. En ésotérisme, il sert à notamment à :
Localiser des personnes, sources, objets ou animaux
Répondre à des questions
Faire des soins énergétiques
Où acheter un pendule ?
Le pendule ne peut pas être trouvé partout « on peut se fournir en boutique d’ésotérisme, ou encore chez un artisan lapidaire (qui taille les cristaux) ou tourneur sur bois (pour un pendule en bois) », explique l’experte. En effet, dans les boutiques, certains pendules sont en bois tandis que d’autres sont en pierre ou en pierre précieuse comme du quartz rose, en améthyste ou en cristal par exemple. Le pendule peut aussi être en roche naturelle. Vous pouvez aussi vous le procurer sur Amazon si vous n’avez pas de boutique près de chez vous : de nombreux modèles sont vendus. Néanmoins, vous ne pouvez pas les toucher ni les essayer donc vous prenez le risque qu’ils ne conviennent pas.
Vous pouvez trouver des pendules à tous les prix selon les matériaux utilisés. Si vous avez une pierre précieuse ou semi précieuse comme du quartz rose ou de l’améthyste, alors il sera plus cher. Vous pouvez en trouver à partir d’un prix dérisoire : 5 euros.
Est-ce que le pendule est fiable ?
« Le pendule est un formidable outil de développement personnel et spirituel, voire divinatoire, en prenant vos précautions quant au poids que vous donnerez à ses réponses. » Néanmoins, il faut procéder avec précaution. « Si ses réponses peuvent occasionner de gros changements dans votre vie, voyez d’abord si cela résonne en vous. Vous pouvez aussi vous aider de la cartomancie pour confirmer ou affiner vos réponses. N’hésitez en tout cas jamais à confirmer vos réponses, si nécessaire à différents moments sur une certaine durée ! », conseille Andréa Louis.
Qui peut utiliser le pendule ?
Tout le monde peut l’utiliser à condition de respecter les règles d’utilisation que l’experte nous indique :
Etre objectif et impartial
Soigner son environnement : un lieu calme, sai
Veiller à son état physique et émotionnel
Etre ancré
Donner son intention
Etablir une protection
Demander l’autorisation
Programmer son pendule
Etablir les conventions
Poser correctement sa question
Comment le préparer à une séance ? Comment se déroule la séance de pendule?
Une séance de pendule ne se fait pas sur un coup de tête. Il faut réaliser quelques actions : « Avant la première utilisation avec le pendule, il faut établir les conventions entre vous et lui. Cela ne sera pas à réitérer les fois suivantes puisque les conventions seront considérées comme acquises », précise Andréa Louis. « Cependant, vous pourrez toujours reconfirmer les conventions ultérieurement si vous en ressentez le besoin. Si la réponse n’est pas claire, si vous avez besoin de confirmer la réponse, etc. »
Pour pouvoir interroger le pendule et savoir en interpréter les réponses, il faut d’abord le programmer« en établissant les conventions mentales oui/non/peut-être qui seront propres à chacun et qui ne changeront jamais. » Il faut aussi être correctement positionné et tenir le pendule de façon adéquate. Enfin, il faut également poser la question judicieusement : cela doit être une question fermée c’est-à-dire avec réponse par oui ou non et non ouverte, avec une demande à la fois.
Comment choisir son pendule ?
Le choix d’un pendule n’est pas anodin. Andréa Louis livre des conseils pour bien choisir son pendule :
Suivre son intuition
L’essayer pour confirmer
Veiller à son poids : entre 10 et 25 g
Veiller à son équilibrage
Choisir le matériau en fonction de l’usage que l’on souhaite en faire : métallique, en pierre, en bois…
Comment ne pas influencer son pendule ?
Vous devez rester neutre pour accueillir les réponses de façon objective, sans les influencer ni mentalement ni par des mouvements de votre corps. « Vous devez vous efforcer de rester impartial à tout moment de la séance. Cette neutralité vous demandera de l’entraînement pour rester concentré », indique l’experte. Néanmoins, au fur et à mesure des séances, vous pourrez y arriver de mieux en mieux. Ce n’est pas tout de suite un exercice facile.
Quel type de questions poser à son pendule ? Y a-t-il des questions interdites ?
Utiliser son pendule est tout un art. C’est un exercice qui requiert certaines règles. « Vous devez d’abord demander l’autorisation de poser la question », précise Andréa Louis.
Si vous n’utilisez pas de planche de radiesthésie, votre question doit amener une réponse par oui ou non.« Elle peut commencer par « Est-ce que… » et non pas par « Qui » « Quoi » ou « Quand », par exemple. »
Si vous utilisez une planche de radiesthésie, la question sera à formuler en fonction de la planche utilisée. « Par exemple, l’échelle de Bovis. »
Posez une question dont vous ne connaissez pas la réponse de manière évidente, sauf lors de l’établissement des conventions ou de votre entraînement à l’utilisation du pendule. « Le pendule est là pour vous confirmer votre ressenti, vous rassurer, pour amener la réponse de l’inconscient vers le conscient. »
« De façon évidente, ne posez pas de questions qui impliquent trop de changements dans votre vie, comme “est-ce que je dois sauter d’un pont?”. Restez plutôt sur des questions d’ordre émotionnel ou spirituel dans un premier temps. »
Pourquoi le pendule ne répond pas à la question posée ?
Dans certaines conditions, il se peut que le pendule ne donne pas de réponse. « Il reste immobile ou balance de façon anarchique, ne correspondant à aucune convention mise en place au départ ». Cela peut être expliqué par les points suivants :
Il est trop tôt pour que vous puissiez connaitre la réponse, vous l’aurez plus tard
Vous n’avez pas à connaitre la réponse à la question
Vous avez mal posé votre question
Lorsque vous posez une question sur l’avenir, il est possible que vous n’obteniez pas de réponse, ou une réponse qui n’est pas claire. « Le pendule, de façon similaire aux cartes de tarot ou aux oracles, va vous donner une orientation possible, une des options parmi l’infinité des futurs possibles qui s’offrent potentiellement à vous. La réponse n’est en aucune façon immuable et définitive, car votre futur dépend de votre libre arbitre, de la direction que vous allez choisir, du chemin que vous allez décider d’emprunter. »
Comment interpréter le pendule ?
L’interprétation du pendule se fait en fonction des conventions établies ou de la planche de radiesthésie utilisée. « Notons que le choix de suivre les réponses du pendule ne dépend que de vous. Vous seul ferez le choix, avec votre libre arbitre et en votre âme et conscience », conclut Andréa Louis.
Les couleurs visibles à l’œil, ou représentées en esprit, peuvent avoir un effet sur le spirituel, quoique les couleurs elles-mêmes soient physiques. Noir, rouge et blanc, retenues en Franc-maçonnerie dans les trois premiers degrés, sont l’exemple même d’une attention portée à la coloration comme faisant sens. Déjà les initiés du culte de Mithra se vêtaient de couleurs différentes pour indiquer leur degré d’initiation
En Franc-maçonnerie, on aurait tendance à ne retenir que le noir et le blanc.
Bien sûr le pavé mosaïque en est le symbole le plus visible. Cette apparente opposition apparaît également avec la houppe dentelée, souvent symbolisée par une bordure de petits triangles alternativement noir et blanc qui entourent le tapis de Loge. On peut interpréter cette juxtaposition à la fois comme l’opposition entre lumière et ténèbres et comme leur réintégration dans l’unité de leur alternance, comme la dyade métaphysique du yin et du yang (voir l’article Ladyboy ou l’androgynie ?).
La vêture en noir et blanc, que certaines Loges exigent, correspondrait davantage à une tenue correcte, obéissant à des impératifs d’humilité et de respect que l’on doit à soi-même et surtout aux autres. « Les Maçons ne doivent jamais se présenter en loge que vêtus convenablement, et s’y comporter avec la plus rigoureuse décence[1]. » Ainsi, certains ateliers choisissent une tenue sombre qui est un bon moyen pour se confondre dans l’égalité. Le dress code relève plus d’une pratique d’obédience – voire d’atelier – que de rituel mais, toujours, révèle leur identité collective en tant qu’êtres de la Loge..
Les couleurs de Yakin et de Bo’az, le rouge et le blanc, participent également du principe spirituel de dualité.
Les deux colonnes de bronze sont, dans nos temples, coloriées. Par tradition, Jakin, mâle en rouge et Bo’az, féminine, en blanc (ou inversement selon le Rite), bien que le texte biblique soit précis sur ce point : il n’y a pas d’autre couleur que celle du métal coulé !
Alors d’où viendrait ce choix ?
Le temple maçonnique aurait-il retenu pour ses colonnes les couleurs de leur correspondance avec les piliers de l’Arbre des séphiroth, le rouge et le blanc ?
Sur l’arbre des séphiroth, Jakin est le symbole de la sagesse (Hokhmah), la seconde séphira, et Boaz, celui de l’intelligence (Binah). Le Zohar assigne une couleur spécifique à chacune des Séphiroth : le blanc à Hokhmah ; le rouge à Binah[2] ; le vert à Tiphereth et le noir à Malkhuth. Ce système de couleur est mis en parallèle avec celui des 4 Mondes qui se voient également attribués une couleur ; en particulier, le monde d’Atziluth est associé au blanc, le monde de Briah au rouge ; toutefois, ces attributions varient selon les kabbalistes et les systèmes. Traitant du « Grand Visage » et du « Petit Visage », les symboles du Macrocosme et du Microcosme, le Zohar parle du Feu Blanc caché irradiant de ceux-ci, nuit et jour, et qui cependant n’est jamais vu. L’organisme ardent de la Thora qui brûlait en feu noir sur feu blanc devant D. est à comprendre ainsi : le feu blanc est la Thora dans laquelle la forme des lettres n’est pas encore visible, mais qui ne reçoit cette forme des consonnes ou des points-voyelles que grâce à la puissance du feu noir, qui est la Thora écrite.
Comme leur nom dans l’Arbre des séphiroth, dans certains rituels anglo-saxons, on retrouve les colonnes sous les noms de mishpat (la Loi, celle des tables éponymes) et de tsédeq (la Justice, l’équité en son application). Les deux colonnes B\ et J\ sont, avant tout, le rappel de deux des trois fonctions cosmologiques : royale (mishpat) et sacerdotale (tsedeq), la troisième étant la prophétique (shalom) ; royale pour Boaz (aïeul de David et de Salomon), sacerdotale pour Jakin (prêtre assistant lors de la consécration du Temple). Connaissant les deux colonnes, le cadre juridique et normatif est ainsi largement dépassé par le compagnon au profit de notions plus englobantes, faisant intervenir la dimension éthique. En ces sens, Jakin et Bo’az pourraient naturellement être entendues comme rigueur et miséricorde, Le jugement rouge et la miséricorde blanche, car le blanc et l’argent sont les couleurs traditionnellement associées à la gentillesse, le rouge et l’or associés au jugement.
Une remarque : en alchimie Yakin, parce que c’est l’énergie créatrice masculine, la force expansive qui part du centre de tout être, le souffre qui représente le Coagula, le Fixe, c’est-à-dire l’état condensé et corpusculaire de la matière, sa couleur est le rouge. Cependant, Bo’az, quant à elle, c’est la réceptivité féminine, c’est l’énergie qui venant de l’extérieur pénètre toute chose : c’est le mercure, la « mère cure », le Solve, le Volatil, c’est-à-dire l’aspect vibratoire et ondulatoire de la matière, sa couleur est le bleu.
Les couleurs des décors (tabliers et cordons)
Le blanc s’impose d’abord pour le tablier
RÉR, Le Vénérable revêt l’Apprenti du tablier de peau blanche, en lui disant : sa blancheur vous indique la pureté qui est le but de nos travaux, et que nous cherchons à recouvrer ; l’on ne peut y parvenir que par la droiture du cœur et l’innocence des mœurs, ne paraissez donc jamais en Loge sans être décoré de ce tablier blanc.
On retrouve ce thème dans le catéchisme de la divulgation Le sceau rompu : «La lumière est le premier vêtement de l’âme, l’habit qu’on vous a donné n’en est que la figure et sa blancheur en désigne la pureté.»
La Grande Loge du Massachusetts a adopté une loi qui impose que « le tablier d’un Maître maçon sera une simple peau d’agneau blanc, de quatorze pouces de large par douze pouces de profondeur »[3].
Le 27 juin 1726, la Grande Loge d’Angleterre avait ordonné que les maîtres de Loge et les surveillants porteraient les bijoux de la maçonnerie pendus à un ruban blanc passé autour du cou : les maîtres l’équerre, les surveillants le niveau et le fil à plomb. Le 17 mars 1731 ces bijoux devaient être en or ou dorés et le ruban bleu. Cette décision ne fut pas toujours respectée, en 1739 la Loge Antiquity conservait le «cordon vert selon les anciennes coutumes». Pour d’autres il était jaune, et le tablier blanc mais bordé de rouge. Le compas-bijou est signalé dans le Dunfries en 1710 et le frontispice des Constitutions d’Anderson 1723 montrent le Duc de Montagu, Grand Maître de la Grande Loge le passant au Duc de Wharton, son successeur. La couleur des pointes en cuivre du compas et celle du corps en acier détermineront que désormais le collier sera jaune et bleu, ce que le Trahi de 1745 confirme également. Il deviendra bleu par la suite et celui du maître des banquets continuera d’être rouge ainsi que son tablier.
La première vêture maçonnique spéculative est blanche, rubans compris. La couleur bleu ne vint qu’en 1731, soit une quinzaine d’années plus tard à une époque où la maçonnerie anglaise était à son apogée. Les Constitutions de la Grande Loge Unie d’Angleterre de 1815 définissent le format du tablier : pour l’apprenti une peau d’agneau de 35,6cm à 40,6cm de large pour 30,5cm à 35,6cm de haut, coupée à l’équerre et sans aucun ornement. Deux lanières blanches servant d’attaches se lient par un crochet en forme de serpent.
Dans la maçonnerie américaine, Albert G. Mackey dans son Encyclopaedia , au mot « apron », précise que le tablier est le même pour les trois degrés de la maçonnerie bleue, il est fait de peau d’agneau et porte une étroite bordure de ruban bleu. En peau d’agneau, il indiquerait que celui qui le porte est la brebis égarée qui appelle le berger et doit devenir l’agneau de Dieu.
Puis la couleur apporte une distinction honorifique
À l’origine, simple pièce de peau d’agneau blanche bordée, pour les dignitaires, d’un galon de couleur, le tablier s’est progressivement enrichi, aux XVIIIe et XIXe siècles, de symboles peints ou brodés de fils d’or ou d’argent. L’évolution a également porté sur sa forme (rectangulaire, arrondie ou en écusson), ainsi que sur la matière employée (peau, soie, satin, tissu ou même papier).
Pour le compagnon des rites anglo-saxons, le même format que celui des Constitutions de la Grande Loge Unie d’Angleterre de 1815 avec 2 rosettes à fond bleu ciel, 2 lanières blanches terminées par des houppes d’argent. Pour le maitre, toujours le même format que précédemment (ce format est important !) mais avec une doublure bleu ciel, une bordure de 3,8cm de la même couleur et 1 rosette supplémentaire sur une bavette ou un rabat. La couleur bleue ciel des bords du tablier et des rosettes du tablier est le bleu Cambridge. Il est étroitement lié à la couleur du voile de la vierge Marie, lui-même dérivé de la couleur du bleu de la déesse Isis. Ce bleu est la couleur de la bienveillance universelle qui doit rappeler au franc-maçon cette vertu car, comme l’écrivait Albert C. Mackey dans son Encyclopédie de 1884 : «comme c’est la couleur de la voûte du ciel qui embrasse et couvre le monde entier, le bleu rappelle donc que, dans la poitrine de chaque frère, ces vertus devraient être tout aussi étendues» (au mot « blue », à la page 299/2132).
Puisant dans le corpus maçonnique, les artisans et les brodeurs ont utilisé des éléments historiques, sociaux ou symboliques, différents selon les époques et les pays. En France, la fin du XVIIIe siècle voit le recours à la symbolique du Temple, le Directoire à celui de la vogue de l’égyptomanie (sphinx, pyramides,…), l’Empire à celui de l’apparition des abeilles ou de la ruche et la suite du XIXe à celui de la thématique de l’équerre et du compas. Dans les pays anglo-saxons, d’autres symboles ont été utilisés telles l’ancre, l’Arche, les vertus théologales (à partir de l’image 65)
Par ailleurs, la couleur du galon de bordure a changé au fur et à mesure de la création des rites maçonniques : d’un certain bleu pour le Rite Émulation (couleur de l’Ordre de la Jarretière) ; au Rite de Salomon, il est bleu profond ; bleu clair pour le Rite Français et Écossais Rectifié (couleur de l’Ordre du Saint-Esprit) ; rouge pour le Rite Écossais Ancien et Accepté qui, à partir de 1803, préfère la couleur de la Légion d’honneur à celui de l’Ordre du Saint-Esprit.
Le rouge couleur de feu pour ce rite est adopté par le décret du 15 décembre 1808, mais il ne fera son apparition dans les rituels qu’après la reprise en main des degrés symboliques par le Suprême Conseil de France en 1821.
Au xxe siècle, une harmonisation du tablier s’est imposée, avec des décors uniques, dont les seules variations portent sur la couleur du galon qui entoure le tablier, selon le rite, le degré (Apprenti, Compagnon, Maître), ou la fonction du frère qui le porte : Vénérable Maître, Grand Officier provincial ou national… Au grade de Maître, le tablier – en peau ou en satin – est bordé de bleu au Rite Émulation, au Rite Français, Rite Écossais Rectifié ; il est bordé de rouge au Rite Écossais Ancien et Accepté (celui de la Légion d’honneur) et de vert dans la Franc-Maçonnerie du bois.
Au RER, la bordure et la doublure des tabliers de Maître sont bleu pâle, les glands d’argent, montrant que le bleu du ciel commence à apparaître dans la blancheur, que l’innocence cède le pas à la connaissance et que l’obtention de degrés est marquée par plus de couleur et plus de beauté.
D’autres rites indiquent que la bordure doit être rouge, de même que les rosettes. Le tablier standard – tel qu’il a été défini en accord avec les autorités de la GLNF – est orné uniquement du tartan Royal Stuart[4].
Selon Roger Dachez, d’abord le bleu du Grand Maître est le bleu de l’ordre de la Jarretière, mais c’est alors un bleu clair, puis il devient un bleu foncé quand l’Ordre de la Jarretière est modifié par le roi Hanovrien en 1740… et alors l’ancien bleu de la Jarretière – celui qui est clair – devient le bleu des loges symboliques. Pourtant les premiers textes maçonniques indiquent : «je vous décore de l’insigne du maçon, plus ancien et plus honorable que les Chevaliers de la jarretière» (Rituel Simon et Philippe)
Le blanc des gants
Dans le Rituel du marquis de Gages(p.56/72), on instruit le maître : «Je vous donne ces gants qui par leur blancheur dénotent la candeur des maîtres et que vous n’êtes du nombre de ceux qui ont trempé les mains dans le sang de l’innocent.» L’examen des gants et du tablier viendra renforcer cette idée de suspicion, de trahison des engagements et même de meurtre. C’est en souvenir de cela que les maçons portent des gants blancs malgré leur chagrin, afin de proclamer qu’ils sont innocents de la mort du Maître Hiram.
Les gants blancs lissent l’identité commune des francs-maçons. Mettre des gants blancs, c’est glisser sa main dans un athanor qui alchimise l’homme en être fraternel et fait de lui un être de la Loge. Parce que ganté de blanc, le Franc-maçon n’est ni pouvoir ni violence mais fraternité; parce qu’il n’est pas fusion mais relation ; il se dégage d’une assemblée de francs-maçons une impression d’apaisement, de sérénité et d’unité.
Mon article du 27 décembre évoquera davantage le thème des gants portés ou pas en Franc-maçonnerie.
Les couleurs des étoiles
Si le blanc est d’usage le plus courant pour les bougies, il est à remarquer que des bougies de couleurs sont également utilisées. Par exemple au Rite Français Philosophique. Le Jaune, le Rouge et le Bleu sont représentées par les trois bougies disposées rituellement sur le chandelier du Vénérable Maître. La bougie jaune au Nord‐Est ; la rouge, au Sud‐Ouest ; la bleue, au Sud‐Est. Elles correspondent symboliquement aux trois moments qui marquaient la journée d’ouvrage du Maçon opératif d’autrefois ; le jaune au levant, le rouge au couchant et le bleu pour l’entière journée d’ouvrage comprise entre le levant et le couchant (se reporter à l’article Que les lumières soient en loge).
Les couleurs des chambres
Ces couleurs sont à apprécier au regard des consignes pour le décor des tenues surtout dans les Hauts Grades. Sans aborder ici leurs détails, on se reportera, par exemple, aux illustrations de l’ouvrage Manuscrit Complet des 33 D.rs du Rit Ecc∴ Ancet∴ Acté∴, écrit anonyme, non daté, certainement du début de la IIIe République.
Les couleurs dans le catéchisme du Rite forestier des charbonniers
En 1803, le Recueil précieux de la Charbonnerie des premiers tems … (p. 32) évoque les couleurs des rubans des bons cousins. «Qu’est-ce que l’habillement qu’on vous a donné ? Réponse – Il est commun à tous les fr. B. C. [frères bons cousins] ; c’est la livrée de l’Ordre qui est composée de trois rubans, longs chacun de trois piés neuf pouces (à peu près une aune). Les couleurs particulières les distinguent : l’un est bleu de ciel [on trouve aussi blanc dans les sources du Rite], l’autre pouceau ou rouge couleur de feu et le troisième noir («le bleu du ciel désigne la fumée d’un fourneau à charbon. Il est le symbole du brouillard épais qui m’a caché les mystères de notre Ordre jusqu’au moment de la réception. Le rouge pouceau désigne le feu du fourneau; il est le symbole du désir ardent que j’avais de me faire recevoir dans la société des francs Charb. Le noir désigne le charbon. Il est le symbole des ténèbres où j’étais sur tout ce qui concerne la Charbonnerie avant d’être admis dans l’Ordre).» Dans le Catéchisme des bons cousins charbonniers de Naples, on trouve une autre explication : Q – De quelles couleurs sont ces rubans ? R – Bleu, Rouge et Noir. Q – Que signifie le bleu ? R – Le feu du Fourneau. Q – Que signifie le rouge ? R – La flamme du fourneau. Q – Que signifie le Noir ? R – Le charbon du fourneau. Q – Quelle est la signification mystique de chacune de ces couleurs ? R – Le bleu signifie l’Espérance, le Rouge la Charité et le noir la Foi.
On appelle Maçonnerie Bleue la Franc-maçonnerie des trois premiers grades.
On dit aussi les Loges Bleues ou les Loges Symboliques. Les anglo-saxons utilisent surtout les expressions «Craft degrees» et «Craft lodges», c’est-à-dire «les loges et les grades du métier», les Américains ont souvent adopté l’expression «Blue Lodges». L’expression «Maçonnerie bleue» reste essentiellement française.
L’écosse, dont la couleur nationale est le bleu, aurait-elle inspiré l’expression «loge bleue», d’autant qu’elle serait à l’origine de la Franc-maçonnerie spéculative ?
Roger Dachez fait observer que les deux nuances de bleu utilisées sont celles des couleurs emblématiques des deux Universités les plus prestigieuses du pays : l’Oxford-blue – qui est foncé – et le Cambridge-blue – qui est clair. Il est certain que vers 1730-1750, il y avait dans les loges anglaises une foule d’universitaires et de savants de renom, tous issus des ce deux Vénérables institutions et très attachés à leurs traditions. Il n’exclut pas l’hypothèse que dans l’Exode 28,31 on décrit le vêtement du Grand Prêtre du Temple de Jérusalem, la robe de l’éphod, qui est «tout entière de bleu profond». Il n’est pas exclu que l’on ait voulu, avec le bleu comparable des décors maçonniques, évoquer la vocation sacerdotale de la maçonnerie.
Outre dans les trois degrés de l’ancienne Maçonnerie, cette teinture se trouve aussi à plusieurs autres degrés, notamment au Rite écossais où il porte divers symboles : les significations, cependant, sont toutes plus ou moins liées à un caractère original, évoquant amitié universelle et bienveillance.
Pour indication, au REAA, les degrés de 4 à 18 sont dits rouges, de 19 à 30 noirs et de 31 à 33 blancs.
Quelques mots sur les Couleurs compagnonniques.
Les couleurs sont avec la canne les emblèmes du compagnonnage. Ces couleurs ne sont pas dans le sens commun des couleurs, ce sont des rubans aux formes, tailles et couleurs particulières où sont frappés rite, métier, grade et fonction du compagnon ; elles varient selon les sociétés compagnonniques. Elles sont portées chaque jour sur le chantier par le nouveau reçu durant trois mois, puis encore trois autres mois les dimanches et fêtes.
Aujourd’hui, chaque type de métier correspond à une couleur et il y en a cinq. Rouge métiers des métaux, bleu pour les métiers du bois. Et blanc métiers de la Pierre. Elles ont été portées au chapeau, au cou, aux boutonnières, à la ceinture. Chez les anciens dans la corporation du Devoir (Enfants de Maître Jacques) on portait de 3 à 7 couleurs : blanche, bleue, rouge, verte, noire, jaune-orange, violette. Le port des Couleurs et la longueur de la canne du compagnon donnent lieu à d’incessantes contestations provoquant de nombreuses rixes. Ainsi, les forgerons avaient reçu les charrons mais à la condition qu’ils portassent les couleurs à une boutonnière plus basse ; les charrons avaient accepté mais n’avaient pas tenu promesse, portant les couleurs aussi haut que les forgerons. Il en a été de même pour les tanneurs qui voulurent arborer leurs couleurs au chapeau comme les charpentiers… Ceci suffisait à provoquer inimitiés et querelles interminables.
Il y a des couleurs de ville, de corporation, de deuil. «Que l’on m’apporte à l’instant mes couleurs. Je veux les voir avant de rendre l’âme. Chers Compagnons placez les sur mon cœur afin qu’elles me servent d’oriflamme», (E. Colomb). L’écharpe, c’est-à-dire de la «couleur» en velours que l’Aspirant reçoit lors de son «adoption» est ensuite, à la seule Association ouvrière des Compagnons du Devoir, frappée à chaud de symboles complémentaires.
Dans son livre le Compagnonnage, son histoire, ses coutumes, ses règlements et ses rites (p.260 : <archive.org/details/lecompagnonnages00martuoft/page/260/ >), Martin Saint-Léon explique les cinq couleurs associées au Maître Jacques, le chef des compagnons Tailleurs de pierre : «Que signifie la blanche ? – Les larmes que Maître Jacques a versées pour nous. – Que signifie la rouge ? – Le sang qu’il a versé pour nous. – Que signifie la bleu ? – Les coups qu’il a reçus pour nous. – Que signifie la jaune ? – La Persévérance. Que signifie la verte ? L’Espérance.»
[2] Sur le symbolisme de la couleur, nous retenons : Le blanc est la substance de Hokhmah, qui est Miséricorde. Par contre, au sujet de Binah, sa substance est rouge qui est Rigueur.
En fait, les couleurs retenues pour les séphiroth sont : Kether (Couronne) – blanc invisible ; Hokhmah (Sagesse) – une couleur qui inclut toutes couleurs; Binah (Compréhension) – jaune et vert; Hessed (Bonté) – blanc et argent ; Guebourah (Force) – rouge et or ; Tifereth (Beauté) – jaune et violette ; Netzach (Victoire) – rose clair; Hod (Splendeur) – rose sombre; Yessod (Fondation) – orange ; Malkhut (Royaume) – Bleu.
L’évêque du diocèse de Konongo-Mampong de l’Église catholique au Ghana, Mgr Joseph Osei-Bonsu, a réprimandé le député d’Efutu, Alexander Kwamena Afenyo-Markin, pour avoir déclaré que les catholiques sont libres de rejoindre la franc-maçonnerie.
Alexander Afenyo Markin, qui a révélé qu’il est membre de la société fraternelle, les francs-maçons, a déclaré que les enseignements et les valeurs de l’organisation n’entrent pas en conflit avec ses principes et son éducation catholiques.
S’adressant à Bola Ray sur Starr Chat, le législateur a déclaré que la franc-maçonnerie enseigne à ses adeptes Dieu et les principes de la vie.
« Je suis maçon et je n’ai pas été sanctionné par l’Église catholique. La franc-maçonnerie est une société fraternelle qui croit en Dieu Tout-Puissant et suit certains principes qui guident la vie d’un homme, et cela ne va pas à l’encontre de mes croyances en tant que catholique. Le président Kufuor est un maçon et un catholique »
a-t-il déclaré.
Réagissant à cela dans un article du Catholic Standard, Mgr Joseph Osei-Bonsu, a déclaré que les opinions du député sur l’Église catholique et les francs-maçons sont malheureuses.
Selon l’évêque, l’enseignement de l’Église catholique désapprouve la franc-maçonnerie depuis la création de la société fraternelle en 1717.
« Ces derniers temps, le député d’Efutu dans la région centrale, l’hon. Alexander Afenyo-Markin, dans une interview à la radio en direct, a déclaré qu’il est un fier membre de la Loge, et que son église, l’Église catholique, ne désapprouve pas que ses membres rejoignent la Fraternité. »
« Il est regrettable que l’Honorable Parlementaire ne connaisse pas l’enseignement de son Église à ce sujet. Contrairement à ce que croit l’honorable Alexander Afenyo Markin, la franc-maçonnerie n’est pas approuvée par l’Église catholique. En effet, il est interdit aux catholiques de devenir francs-maçons. »
« L’Église catholique s’est opposée à la Loge presque depuis la naissance de la franc-maçonnerie moderne en 1717. Depuis la fondation de la Grande Loge d’Angleterre, onze papes ont explicitement condamné la franc-maçonnerie ou les principes maçonniques », lit-on dans l’article des évêques. »
Lisez l’article ci-dessous :
EXTRAITS DE PEUT-ON UN CATHOLIQUE ÊTRE FRANC-MAÇON PAR MOST REV. JOSEPH OSEI-BONSU ÉVÊQUE DE KONONGO-MAMPONG
INTRODUCTION Beaucoup de gens considèrent la franc-maçonnerie comme une organisation bienveillante et caritative, quelque peu similaire au Rotary et aux Lions Clubs, aux Chevaliers de Marshall, aux Chevaliers de Saint-Jean International ou aux Chevaliers de Colomb. C’est sans doute pour cette raison que certains catholiques rejoignent cette fraternité.
Ces derniers temps, le député d’Effutu dans la région centrale, l’hon. Alexander Afenyo-Markin, lors d’une interview à la radio en direct, a déclaré qu’il est un fier membre de la Loge, et que son église, l’Église catholique, ne désapprouve pas que ses membres rejoignent la Fraternité. Il a ajouté : « Je suis maçon et je n’ai pas été sanctionné par l’Église catholique. La franc-maçonnerie est une société fraternelle qui croit en Dieu Tout-Puissant et suit certains principes qui guident la vie d’un homme et cela ne va pas à l’encontre de mes croyances en tant que catholique » (https://newsghana.com.gh/is-afenyo-markin-a -vrai-catholique/)
Il est regrettable que l’Honorable Parlementaire ne connaisse pas l’enseignement de son Église à ce sujet. Contrairement à ce que croit l’honorable Alexander Afenyo Markin, la franc-maçonnerie n’est pas approuvée par l’Église catholique. En effet, il est interdit aux catholiques de devenir francs-maçons.
LA FRANC-MAÇONNERIE ET L’ÉGLISE CATHOLIQUE L’ Église catholique s’est toujours opposée à la franc-maçonnerie dès sa naissance en 1717. Depuis la fondation de la Grande Loge d’Angleterre, onze papes ont explicitement condamné la franc-maçonnerie ou les principes maçonniques. Ces papes sont : le pape Clément XII (28 avril 1738) ; le pape Benoît XIV (18 mai 1751) ; Pie VII (13 septembre 1821) ; le pape Léon XII (13 mars 1825) ; le pape Pie VIII (24 mai 1829) ; Pape Grégoire XVI (15 août 1832); Pie IX (entre 1846 et 1873) ; Léon XIII (15 février 1882 ; 20 avril 1884 ; 1887 ; 15 octobre 1890 ; 18 décembre 1892 ; 20 juin 1894) ; le pape Pie IX (1907) ; Pape Pie X (1907); Pape Pie XI (1924).
Une condamnation récente de la franc-maçonnerie est contenue dans la « Déclaration sur les associations maçonniques » publiée par la Congrégation pour la doctrine de la foi le 26 novembre 1983, déclarant que les principes maçonniques sont inconciliables avec la doctrine de l’Église et que l’appartenance catholique à la franc-maçonnerie reste interdite. .
La position de l’Église est que la franc-maçonnerie est une religion à part entière avec ses propres doctrines, qui ne sont pas compatibles avec les croyances chrétiennes. Pour cette raison, on ne peut pas être à la fois chrétien et franc-maçon. Ce qu’il enseigne sur ce qui suit est inconciliable avec les croyances chrétiennes, c’est-à-dire Dieu, le Christ, la négation du rôle de la grâce et du Christ dans le salut, la morale, son attitude envers la Bible, l’eschatologie, les serments maçonniques , la notion de renaissance et de lumière. Pour cette raison, on ne peut pas être à la fois catholique et franc-maçon, de même qu’on ne peut pas être catholique et être musulman, hindou, shintoïste ou pratiquant de religion traditionnelle africaine. Il faudra faire un choix entre catholicisme et franc-maçonnerie.
CONCLUSION Permettez-moi de conclure en attirant l’attention sur la DÉCLARATION DE LA CONFÉRENCE DES ÉVÊQUES CATHOLIQUES DU GHANA SUR LES SANCTIONS POUR LES CATHOLIQUES QUI REJOIGNENT DES ASSOCIATIONS MAÇONNIQUES, publiée le 7 mai 2009. Entre autres, il est dit :
1) Tout catholique qui est membre d’une association maçonnique et participe à ses programmes, ou promeut ses opinions, ou occupe une fonction dans celle-ci, et refuse de renoncer à cette adhésion malgré au moins un avertissement (cf. Canon 1347) doit être puni avec un interdit (cf. Canon 1347), c’est-à-dire :
a. Il n’est pas autorisé à recevoir la Sainte Communion et les autres sacrements (cf. Canon 1332).
b. Il lui est interdit d’agir comme parrain dans le Baptême et la Confirmation.
c. Il n’est pas admis comme membre des structures paroissiales ou diocésaines.
d. Il doit se voir refuser les rites funéraires, à moins qu’il ne montre quelques signes de repentance avant la mort (Canon 1184 §1, n° 3).
e. Lorsque les rites funéraires sont autorisés par l’évêque, aucun service maçonnique ne sera autorisé dans l’église ou le cimetière immédiatement avant ou après les rites de l’église afin d’éviter le scandale public (cf. Canon 1184, §1, n° 3, et Canon 1374)
Tout catholique qui est membre convaincu d’une association maçonnique et adhère notoirement à la vision maçonnique est déjà considéré comme ayant encouru l’excommunication automatique (cf. Canon 1364). Cela signifie que les censures décrites au Canon 1331 prennent automatiquement plein effet sur cette personne. Selon le canon 1331 §1, il est interdit à l’excommunié : I. D’avoir une quelconque participation ministérielle à la célébration de l’Eucharistie ou à toute autre cérémonie quelconque de culte public.
II. Célébrer les sacrements et les sacramentaux et recevoir les sacrements.
III. Pour s’acquitter de tous offices, ministères ou fonctions ecclésiastiques, ou pour placer des actes de gouvernement.
Il est possible que certains catholiques aient rejoint la franc-maçonnerie sans savoir qu’elle est interdite aux catholiques. Ces personnes sont invitées à voir leurs prêtres ou leurs évêques qui les aideront à renoncer à la franc-maçonnerie et éviteront d’encourir les sanctions qui leur seront imposées si elles ne renoncent pas à la franc-maçonnerie.
Très vite, dès l’enfance, nous pouvons prendre conscience de l’emprise de la pensée collective communautaire ! Intuitivement elle nous influence et constitue un marqueur. L’entrée dans une loge maçonnique nous confronte à une autre logique plus ou moins éloignée de notre environnement, selon le pays où on habite et le milieu culturel d’évolution !
Chacun, chacune, recherche une cohérence qui permettrait de donner un sens à cette existence : la coexistence du Bien et du Mal, les notions de corps, d’âme et d’esprit, l’échelle individuelle et la dimension collective dans un contexte de connaissances variées sur notre place dans l’univers, alimentent notre réflexion !
L’exigence du regard maçonnique nous donne une liberté incomparable pour peu qu’on l’utilise.
Comment ne pas ressentir une certaine désillusion sur des discours philosophiques qui ne semblent pas apporter beaucoup de sagesse à la communauté humaine?
Les loges ronronnent et les travaux maçonniques ne semblent pas avoir beaucoup d’échos ! On se complait dans des redites de discours romanesques permettant de revivre un moyen-âge délicieux dans sa quête des mystères. On se plait dans des jeux de rôle qui font oublier une certaine médiocrité !
Seule la dimension individuelle de la réflexion permet à des individualités de produire des travaux qui suscitent une attention particulière.
Dans ces conditions, comment s’étonner que le fossé se creuse entre une minorité qui a accès au savoir et à la connaissance et une majorité d’acteurs du quotidien plus préoccupés par la jouissance et la consommation de biens matériels !
On peut bien sûr continuer comme cela et accepter que nos obédiences surnagent dans une bulle d’autosatisfaction et de déni de la réalité ; on peut aussi souhaiter un réveil des consciences, le refus de la soumission intellectuelle à une idéation de convenance et l’émulation vers une pensée qui puisse répondre aux interrogations qui nous taraudent.
Pour prendre un exemple, examinons les concepts du corps, de l’âme et de l’esprit.
« Le corps est le tombeau de l’âme »
a dit Platon (428- 348 av. J.-C.)
Pour Empédocle (v. 490-430 av. J.-C.), l’âme est un mélange des quatre éléments, feu, air, eau et terre.
Pour la Bible, L’homme est une personne indivisible dans laquelle corps et âme sont liés.
Pour Jérôme Baschet, (chercheur à l’École des hautes études en sciences sociales) « une cohorte de traités sur l’âme et le corps répètent que la personne humaine est formée par la conjonction d’une âme, incorporelle, rationnelle et immortelle, et d’un corps, matériel et périssable. »
Que d’interprétations entre l’âme et le corps : l’église catholique projette fait une analogie entre le corps soumis à l’âme et les fidèles, attachés aux choses terrestres, assujettis aux clercs de l’Eglise.
René Descartes (1596-1650) affirme : « Parce que d’un côté j’ai une claire et distincte idée de moi-même, en tant que je suis seulement une chose qui pense et non étendue, et que d’un autre j’ai une idée distincte du corps, en tant qu’il est seulement une chose étendue et qui ne pense point, il est certain que ce moi, c’est-à-dire mon âme, par laquelle je suis ce que je suis, est entièrement et véritablement distincte de mon corps, et qu’elle peut être ou exister sans lui. » (« Les Méditations métaphysiques » 1641)
Avec l’Europe des Lumières, le corps reprend des « couleurs » : siège des émotions, doué de capacités multiples, influençant l’idéation, etc. !
En ce qui concerne la franc-maçonnerie, les premiers textes, avec la triangulation, incorpore l’esprit qui impose sa loi au corps et à l’âme (voir schéma ci-dessous).
Le corps et l’âme sont sous surveillance, présents et indispensables mais sous l’influence spirituelle !
La démarche maçonnique impose la rigueur au corps et fait taire les passions de l’âme, allant jusqu’à interdire la présence féminine ! L’esprit, c’est une part de l’esprit sain qui habite chacun d’entre nous (cf VITRIOL) et que l’on doit magnifier. Le corps c’est l’équerre, l’esprit, le compas et l’âme c’est le volume de la loi sacrée (la Bible pour ne pas la nommer).
Comment concilier une interprétation poétique, apparemment logique mais passéiste avec une pensée moderne ?
On touche là du doigt la contradiction entre des rituels d’un autre âge et une pensée philosophique moderne !
Aujourd’hui, un esprit libre ne peut accepter les rituels maçonniques actuels que comme un cadre général témoignant d’une certaine filiation ! Conceptuellement, ils se sont vidés de leur substance !
Philosophiquement, l’anthropocentrisme a vécu ! Toute la pensée traditionnelle place l’être humain comme le sujet essentiel de toute préoccupation. Aujourd’hui nous savons que nous ne sommes qu’une partie des êtres vivants qui eux-mêmes ne sont qu’une composante de notre univers !
Même le pape François en vient dans son encyclique « Laudato Si » à critiquer cet anthropocentrisme !
L’essentiel de l’approche philosophique se veut d’abord critique mais ne pourrait-on pas susciter une réflexion philosophique qui se fonde sur des réalités contemporaines fondées sur la connaissance ?
Parmi tous les philosophes contemporains, Bernard Stiegler (1952-2020) me semble celui dont les préoccupations se rapprochent le plus des nôtres.
Aujourd’hui, l’esprit sain apparaît comme un concept imaginaire issu de notre activité cérébrale ; esprit, âme et corps ne sont plus que trois facettes de notre individualité.
Si on veut conserver une représentation symbolique de ces trois concepts, on pourrait les visualiser ainsi : Le corps, au final, domine l’âme et l’esprit même si une interaction se produit inévitablement.
Mais si on voulait aller plus loin ne pourrait-on pas se référer à une symbolisation de notre univers conceptuel qui fasse intervenir les quatre atomes fondamentaux que sont le carbone, l’oxygène, l’azote et l’hydrogène, à la base de la vie ?
Symboliquement, la vie suppose la combinaison de ces quatre éléments qui , en quelque sorte créent une mixité biologique prélude à la mixité sociale et culturelle. Mais il y a aussi la spécificité des êtres vivants avec les trois expressions de la vie : l’imaginaire, l’affection et l’engagement !
Ces trois engagements individuels génèrent les mêmes trois engagements à l’échelle collective : que ce soit une loge, une obédience ou la franc-maçonnerie dans sa globalité, c’est la nature et la qualité de ces trois productions qui permettent de juger de leurs crédibilités !
« Au commencement était le Verbe », disent les premiers mots de la Bible. Il est certain que les valeureux bâtisseurs du Moyen Âge n’auraient pas pu lancer les cathédrales vers le ciel sans les techniques de construction, entre autres, méditerranéennes. Or, pour beaucoup, elles leur ont été transmises oralement par les « œuvriers » manuels en provenance de l’Europe du sud. Et aussi par les chevaliers, retour de croisades. Formés au contact des constructeurs de mosquées et minarets, certains maniaient la truelle aussi bien que l’épée ! Voûtes d’arêtes, berceaux, arcades, croisées d’ogives, arcs boutants, autant de savoir-faire, autant de secrets de fabrication rapportés des provinces romaines et du Moyen-Orient…. et communiqués alors par la parole !
Cette franc-maçonnerie dite « opérative », organisée en confréries de métiers du bâtiment, ne travaillait pas que la pierre. La réflexion et les échanges verbaux occupaient aussi les soirées des hommes de chantiers, dans les loges adossées aux monuments religieux. Entre autres, les fameux manuscrits anglais Regius (1390) et Cook (1410) en témoignent.
Manuscrit Regius, vers 71 à 97, avec le début du premier article des Devoirs
La plus ancienne copie des statuts et règlements des maçons médiévaux
Manuscrit Regius, entre 1390 et 1425, vers 71 à 97, avec le début du premier article des Devoirs.
Certains d’entre nous, hyper-passionnés par le passé maçonnique, jusqu’à devenir des « glaneurs » en bibliothèques ou chez les bouquinistes, collectionnent ce type de documents (lettres, comptes rendus, livrets de loge) qui ont fleuri, surtout après l’invention de l’imprimerie (1454). S’il ne faut pas leur accorder valeur de vérité absolue, nous le répétons, ils ont toutefois le mérite d’être les « cailloux blancs » qui jalonnent le chemin de la maçonnerie de la pierre et sa lente métamorphose dans le temps, depuis la construction de l‘abbaye de Westminster (1065) jusqu’à l’instauration de la Grande Loge de Londres et de Westminster (1717). Précisément !
Même s’il est affirmé aujourd’hui par les historiens – qui se sont auto-spécialisés « ès maçonnerie » et l’ont scindée arbitrairement en opérative et spéculative – que les deux entités n’ont rien de commun, ledit chemin entre elles existe bel et bien ! Il serait difficile de croire que les deux pasteurs James Anderson et Jean-Théophile Désaguliers ont créé spontanément la seconde, sans lien aucun avec la première ! Et que les premières Constitutions sont sorties, sans matériaux préparatoires, de l’imagination d’Anderson. Notons que celui-ci, né en Ecosse et fils d’un vitrier – donc opératif et lui-même membre de la loge maçonnique d’Aberdeen – apporte la preuve de cette filiation avec la maçonnerie de métiers.
Si ces Constitutions originelles peuvent paraître simplistes à nos yeux contemporains, en faisant d’Adam le premier des francs-maçons, elles ont installé la notion de transmission, donc de « tradition » (du latin tradere, transmettre) …qui a traversé le temps. En effet, les Grandes Loges françaises, s’en réclament toutes encore aujourd’hui en se qualifiant d’Ordre traditionnel ! Il n’est donc pas inutile d’explorer ce mot « tradition » auquel plusieurs sens sont donnés, jusqu’aux plus fantaisistes !
La nature a doté l’Homme – avec sa faculté d’inventer et de créer – du privilège de penser, donc de se souvenir. En se développant, son appareil psychique s’est ainsi enrichi d’une mémoire. Et celle-ci, chargée de « façons de faire », de règles de conduite, de pratiques magiques, de rites païens et religieux, de recettes diverses, s’est transmise, de générations en générations. S’est instaurée ainsi, par le jeu de l’imagination, de la répétition et de l’imitation – caractéristique humaine – la coutume de la transmission des acquis, des techniques et des savoirs. Des croyances, ont surgi des conventions, des superstitions et aussi des représentations mentales qui ont produit l’art : dessins, peintures, sculptures. De la réflexion, assortie d’émotions et de sentiments, est née la poésie, ce don du langage pour exprimer les émotions et les sentiments, les rêves, les visions, les couleurs, les sons et les rythmes du monde. Et avec elle s’est imposé le récit, mélange de réalités et de constructions mentales, qui a produit les mythes, les légendes, les contes, les fables.
Autant de mots qui, ajoutés les uns aux autres, forment la grande chaîne de la parole qui unit l’homme à un autre homme, aux hommes, à l’humanité. Autant d’idées, d’affects, d’images, immense réservoir bouillonnant auquel s’abreuve chacune, chacun de nous, pour étancher sa soif de fictions, sans lesquelles la vie n’aurait pas beaucoup d’intérêt. Autant de pensées devenant au final signifiantes, porteuses à la fois d’irrationalité comme de raison mais donneuses de sens à cette vie qui n’en a pas. C’est la tradition ! Un véhicule mental lesté des cultures de la planète qui suit sa trajectoire. Pour le croyant, le fil conducteur d’une « cause première », de l’ordre de l’univers, d’une volonté divine. Et pour tout dire, d’un déterminisme. La tradition, « majusculée », devient alors la Tradition.
Certes, nous sommes ici à l’opposé de tout concept scientifique ! La pensée traditionnelle est, par définition libre et sans limites. Sans vérification possible, il s’agit pour « l’usager », non de tenir pour vrai, mais de faire confiance aux vecteurs de cette tradition. Il en devient lui-même à son tour, le transmetteur. Ainsi fonctionne la franc-maçonnerie.
Une histoire grandiose
Illustration légendée « Salomon construit un temple »
L’instauration du degré de Maître, dans les années 1730 – qui transporte soudain le « Compagnon spéculatif » d’Europe en Judée – transporte aussi les imaginations ! Des cathédrales, le temple de Salomon. Ce « déplacement » coïncide avec la naissance des Hauts-Grades. Il a pu ainsi faire dire que ledit degré de Maître est le premier d’entre eux. Mais surtout, cet « atterrissage » dans le bassin méditerranéen permet la mise en place du théâtre symbolique de l’Art Royal et l’entrée en scène des traditions empruntées localement. De ce corpus traditionnel vont naître les rites et leurs envolées lyriques ! Et les Hauts Grades précités, dont l’échelonnement, selon chacun, en 7, 18, 33 et 99 degrés, avec des titres ronflants, dénotaient et dénote encore, pour nombre d’observateurs extérieurs qui s’intéressent à la franc-maçonnerie… une « folle exubérance » loin de toute spiritualité !
Il faut comprendre que les membres de ces nouvelles loges de réflexion, composées « d’acceptés », c’est à dire de gens étrangers aux métiers du bâtiment (hommes de loi et gens de robe, apothicaires, marchands, numérologues, astrologues, alchimistes, etc.) – donc peu soucieux des techniques de la pierre et des constructions monumentales – désiraient plutôt ouvrir leur imaginaire aux mystères et fictions méditerranéennes !
Pour partager un temps convivial en loge, et « rêver éveillés » ensemble, quoi de mieux, comme support de réflexion, que d’entrer dans l’univers traditionnel de ce bassin enchanteur ?! Nous avons évoqué plus haut la poésie de ces traditions, et il n’est pas inutile d’y revenir : la manière utilisée par les premiers maçons spéculatifs pour interpréter chacune d’elles est vraiment particulière !
Qu’il s’agisse des traditions biblique, égyptienne, gréco-romaine, ésotériques, kabbalistique, alchimique, compagnonnique, chevaleresque …il n’est pas question d’une reproduction à l’identique des textes « historiques », mais plutôt d’une « réécriture » avec, notamment, de nouveaux rôles donnés aux personnages.
Le plus surprenant est évidemment le changement opéré dans la tradition biblique, avec Hiram, qui de simple artisan bronzier, se trouve métamorphosé en architecte du roi Salomon ! Le procédé, peut sembler relever du fantasme ou d’une fantaisie. En réalité, il s’agit pour les rédacteurs des rites, à la fois de raconter une histoire grandiose et de la terminer par une morale. En ce sens, la Bible fourmille de personnages, de situations et d’évènements (souvent plus tragiques que joyeux !) à même de fournir des « séquences sociales » à suspense ! Il est pourtant souvent dit aujourd’hui qu’il y a, avec ces « emprunts » un manque de créativité, par définition. Et partant d’originalité, en constatant que la légende d’Hiram qui a donc été tirée de la Bible, finalement, est assez pauvre en soi. Par ailleurs, certains frères et sœurs, juifs ou catholiques, respectueux de l’orthodoxie de leur religion, reprochent carrément aux rites maçonniques « emprunteurs », à la fois copie et falsification des textes sacrés !
Vendredi 13 la Cène avec le Christ – Crédit photo Pixabay
Il est vrai que retrouver dans la « scénographie maçonnique » les œuvres johanniques, l’Apocalypse, la Cène et la résurrection du Christ (même présentés en l’occurrence avec d’autres mots) peut surprendre ! Il y a là, entre la méthode maçonnique, ici proche de la parodie – et la théologie, une opposition évidente. Il n’est pas surprenant, même si le climat est aujourd’hui apaisé – et que la Bible n’est pas un titre de propriété – que la maçonnerie ne soit pas « en odeur de sainteté » dans la cité vaticane. Gageons que ses bonnes grâces ne sont pas pour demain, vu l’attitude « réservée » des papes successifs !
Partant, la question est clairement posée d’une réforme des rituels de certains rites maçonniques.
Le Rite Écossais Ancien et Accepté, par exemple, fait encore et toujours polémique, lorsque son 18e degré (selon les interprétations) présente une dramaturgie transformant la résurrection christique en une renaissance – par le biais d’une rose – qui ne trompe personne. La cérémonie de la Cène, symbolisée par le partage du pain et du vin, bien que portant en gloire l’Amour entre les humains, peut être choquante – en tout cas gênante – pour les maçons et maçonnes catholiques (qui plus est, excommuniés par l’église du fait de leur appartenance !).
Par deux fois, en quarante ans de maçonnerie, j’ai pu vérifier la puissance, en l’occurrence négative, des traditions véhiculées par les « Livres saints ». Et en même temps de la force du sentiment de culpabilité en l’homme qui le vit. Lors d’une tenue au 18e degré, j’ai été témoin du malaise physique qui a saisi un frère, lors de son élévation à ce degré. Catholique fervent, il n’avait manifestement pas été informé de la symbolique en cause. Il a subi un malaise physique, imposant son évacuation, lors de la cérémonie de la Cène. Il s’est considéré en « état de sacrilège » et de trahison de sa religion !
Dans un autre contexte, j’ai vu un frère musulman, involontairement trompé par la nourriture servie, lors d’un repas maçonnique traditionnel. Une violente indisposition gastrique l’a saisie, l’obligeant à quitter la table. Ces deux incidents m’ont rappelé, avec le respect des cultures, que tradition rime avec précaution. Et information !
De Jérusalem à Athènes
Premier sanctuaire dit Temple de Salomon, construit par les Israélites pour abriter l’arche d’Alliance
Malgré ces risques éventuels de la tradition et du symbolisme – à considérer sans généraliser – ce qui peut paraître étonnant, c’est la quantité de ces pratiques qui peuplent l’univers maçonnique ! A celles énumérées ci-dessus, il faut notamment ajouter, à partir de la philosophie de Pythagore, l’intérêt porté aux chiffres et aux nombres, dont les propriétés supposées ont toujours fasciné les civilisations antiques. Celles-ci voyaient en eux, au-delà même de leur utilisation pratique, un « contenu spirituel », manifestation de l’ordre cosmique, pour ainsi dire un mystère d’essence divine !
L’héritage technique des maçons opératifs qui pratiquaient la géométrie par métier – et pour leur part, avec la rigueur rationnelle qu’impose l’élévation de la pierre – n’est certainement pas étranger non plus à cet engouement pour la numérologie.
Constitutions d’Anderson
Le pasteur Anderson y a cédé lui-même dans ses Constitutions de 1723, pour numéroter les années et désigner les mois : En adoptant la théorie du prélat anglican James Uscher, lequel, sur le postulat de la création du monde 4000 ans avant JC (selon la Genèse), augmenta d’autant le millésime en cours, pour créer le calendrier maçonnique !
Une façon, à l’époque, de se distinguer des codes religieux. D’après ce calendrier, nous sommes ainsi actuellement dans les années 6000 de la Vraie Lumière, par rapport à « l’année vulgaire » (calendrier habituel) !
L’intérêt des maçons pour la numérologie a suivi « la poésie andersonnienne », d’où – selon le même processus fantasmatique – l’âge mythique de chaque degré des rites maçonniques puis l’âge des maçons (respectivement trois, cinq, sept ans pour l’Apprenti, le Compagnon et la Maître). Ces âges correspondraient aux dimensions en coudées du cercueil d’Hiram, selon la trouvaille d’une imagination créative du début de l’époque spéculative ! Pensée magique, quand tu nous tiens !
À ces fantaisies arithmétiques, s’ajoutent les traditions kabbaliste hermétiste, alchimique et rosicrucienne, lesquelles utilisent également les nombres. On peut souligner le symbolisme de la Table d’émeraude, célèbre texte de la littérature alchimique et hermétique. Parmi les douze formules qui le composent, celle relatant la correspondance entre le microcosme et le macrocosme a fait florès : « Ce qui est en bas est comme ce qui est en haut, et ce qui est en haut est comme ce qui est en bas, afin d’accomplir les miracles de la chose Une ».
Hermès Trismégiste, littéralement « Hermès trois fois le plus grand »
Selon la légende, elle présente l’enseignement de Hermès Trismégiste, fondateur mythique de l’alchimie (un nom de code qui impliquerait plusieurs rédacteurs, dit une autre légende !) et aurait été retrouvée dans son tombeau – gravée sur une tablette d’émeraude – au creux de la grande pyramide de Gizeh (Khéops) au Caire. Parmi ses nombreuses interprétations, le maçon, la maçonne, y voient bien sûr l’humilité, notamment en ce qui concerne – selon l’image pyramidale même ! – leur ascension de l’échelle des degrés des rites !
La tradition chevaleresque – qui nous renvoie au Chevalier de Ramsay et aux Croisades – est certainement la plus enrichissante au niveau de la pensée logique, donc du raisonnement. Même si l’histoire nous indique que le bien et le mal ont chacun leur logique ! Selon certains historiens, précisément, la première Croisade (Urbain II en 1090) aurait reculé de trois siècles la prise de Constantinople par les Ottomans et permis à la civilisation occidentale de se constituer, grâce à l’apport hellénique. Selon d’autres, nous l’avons dit plus haut, l’ensemble des Croisades a constitué, à la lumière contemporaine, une catastrophe politico-ecclésiale, dont l’Occident paie le prix aujourd’hui.
D’une logique, l’autre. La franc-maçonnerie des années 1730, très au-dessus du cadre guerrier et reprenant l’image du Chevalier dispensant le Bien et terrassant le Mal, en a fait le héros (voire le Zorro !) de ses Hauts Grades (au REAA). Foi dans l’homme et son potentiel, Espérance dans la continuité de l’action, Charité dans son don de l’Amour universel. Tel est l’idéal de la Chevalerie de l’Esprit, sur la base chrétienne d’alors, comme en témoignent les trois vertus théologales ci-dessus !
Statue de Socrate à l’Académie d’Athènes, œuvre du sculpteur néoclassique grec du XIXe siècle Leonidas Drose
Certes, elle aurait pu s’appuyer sur d’autres références historiques, comme la Grèce ou la Rome antiques, ces deux pays ne manquant, ni de dieux puissants, ni de mythologies grandioses, ni de Sages illustres. La première avec ses philosophes spéculatifs (Socrate, Platon, Aristote, entre autres) la seconde avec ses penseurs de sagesse pratique (Sénèque, Epicure, Marc-Aurèle, entre autres). Il faut reconnaître ici que le « Connais-toi toi-même » emprunté à Chilon par Socrate reste théorique, alors que les trois romains précités proposent discours et méthode. Il n’est pas dit que ces philosophies n’inspirent pas les systèmes de Hauts-Grades en réseaux qui naissent dans l’Hexagone (Provence, Aquitaine, Normandie, Hauts de France, etc.) et pourraient bien annoncer un renouveau de la pensée maçonnique dite encore aujourd’hui « juridictionnelle ». En tout cas, enrichir la palette traditionnelle avec de nouvelles nuances intellectuelles et une idée neuve en maçonnerie : l’Antiquité européenne !
N’est-il pas temps que l’Art Royal contemporain, né au siècle des Lumières, se souvienne, d’idées en pensées, de réflexions en traditions, qu’il doit autant à Athènes et à Rome qu’à Jérusalem ?
A l’initiative du cercle Bordelais “Maria Deraismes” du DROIT HUMAIN, Amande PICHEGRU, Grand Maître National de la Fédération française animera une conférence-débat sur le thème “Voyages en mixités” le samedi 10 décembre 2022 à 16h à Mérignac.
Lieu : Maison des Associations – 55 avenue du Maréchal de Lattre de Tassigny – Mérignac
L’entrée est libre et un pot de convivialité clôturera cet évènement.
Le superbe article de Solange Sudarskis du 29 novembre nous en a fait voir « de toutes les couleurs » – Jissey toujours un peu malicieux s’interroge sur le rouge des flammes de l’enfer.
La rédaction va de découverte en découverte. En effet, même les sites de bricolage deviennent des supports d’information de la Franc-maçonnerie. Pour preuve, le site Bricolage Plus propose cette semaine à ses abonnés un exposé sur l’Art Royal. Il faut toutefois noter l’aspect bienveillant et informatif de l’article. Cela nous change des articles made in africa qui nous accusent d’égorger des chats ou des vierges.
Croyances des francs-maçons : à quoi croient les maçons ?
Croyances et philosophie franc-maçonnique
Les maçons apprennent que l’homme peut devenir autodidacte jusqu’à l’illumination. Aussi connu sous le nom d ‘«illumination», le nouvel initié doit s’élever à travers les 33 degrés de la franc-maçonnerie (de rite écossais). Chaque degré maçonnique révèle plus de connaissances mystiques secrètes que le précédent. Ils utilisent des symboles pour transmettre une signification par analogie.
Les francs-maçons croient en une fraternité entre les hommes, qui relèvent tous de la souveraineté d’un créateur suprême. Cela dit, ils ne s’associent à aucune confession ou à aucun système religieux particulier. Alors qu’ils prétendent n’être rien de plus qu’un ordre fraternel qui encourage la philanthropie, leur histoire d’intrigues, de conspirations, de meurtres, les preuves de leur implication dans le renversement de gouvernements et leur bannissement de certains pays crient tous qu’une vérité plus profonde doit être révélée .
Les francs-maçons croient en trois grands principes : 1) l’amour fraternel, 2) le soulagement, 3) la vérité.
Quelle est la vérité sur les croyances franc-maçonniques ?
L’une des croyances les plus fondamentales et les plus évidentes du franc-maçon est le concept de dualisme. Le dualisme est la croyance que l’univers est composé d’opposés ; l’homme et la femme, le ying et le yang, le noir et le blanc, le bien et le mal, mais que ces opposés, tout en partageant des différences évidentes, sont égaux l’un à l’autre. Les francs-maçons apprennent à croire que les contraires comme le bien et le mal sont des forces complémentaires ou co-dépendantes.
Autrement dit, nous ne savons ce qui est bien que par opposition à ce qui est mal, nous savons ce qui est noir uniquement par opposition à ce qui est blanc. Mais le dualisme va plus loin et enseigne que la relation entre ces opposés est secondaire par rapport à la nature unitaire ou complémentaire qu’ils partagent. Le résultat de ceci peut conduire à la croyance que les actes mauvais sont nécessaires pour mettre l’accent sur les bons actes ou que « la fin justifie les moyens ».
Les francs-maçons croient-ils en Dieu ?
En un mot, oui (en surface du moins) c’est une façon dont l’adhésion est justifiée pour les hommes de toutes confessions dans un esprit de fraternité. La seule exigence pour être membre (en plus d’être un homme !) Est la croyance en un créateur suprême, ils ne se soucient pas de la forme que prend ce créateur. A partir de cette acceptation initiale d’un « créateur suprême », le maçon est formé et éduqué vers une compréhension de la nature du créateur aux yeux du franc-maçon.
L’« œil qui voit tout » est utilisé pour symboliser l’œil de Dieu qui voit toutes les choses dans l’univers. Ce symbole se trouvera toujours autour de la porte de la grande salle de toute loge franc-maçonne et surplombe le grand maître et le rassemblement des maçons. Les francs-maçons apprennent que grâce à la connaissance, ils deviendront éclairés à la vérité et deviendront eux-mêmes divins. Il y a des francs-maçons qui sont également des membres dévots de leurs propres religions respectives et ne voient aucune incompatibilité.
Conclusion
Il y a eu beaucoup de spéculations sur ce que croient vraiment les francs-maçons et au fil des ans, beaucoup de vérité a été mêlée de mensonges et de désinformation. Les véritables croyances des francs-maçons de haut niveau peuvent être découvertes et ont été révélées par d’anciens membres et des chercheurs diligents, dont beaucoup ont été assassinés ou ont disparu au cours du processus. Des sites Web ont été connus pour fermer pendant la nuit sans explication. Il semble que, quoi que croient vraiment les francs-maçons, certaines personnes ne veulent pas que la vérité sorte.
En fonction de ton engagement maçonnique, je crois que tu peux faire éviter une croyance nuisible qui se répand dans la Franc-maçonnerie française. On entend, en effet, de plus en plus, cette affirmation : « On ne remercie pas en Franc-maçonnerie ». Comme si cela ajoutait à la qualité de notre travail. Cette idée nous vient d’un grand maître mal à l’aise dans ses relations avec ses obligés, et par-là, avec lui-même, bloqué dans la froideur, qu’il croit libératrice. Contresens énorme dans un groupe épris de fraternité. L’absence de « merci » authentique est un poignard de l’égrégore.
Or cette croyance est à l’inverse complet de ce qui est vérifié par la recherche en psychologie humaniste Maslow dès 1970, Bloom, Rogers…, et en neurophysiologie, sur les effets de la gratitude, concept clef, pour ce courant, de la qualité des relations fraternelles, empathiques, affectueuses…. « Merci ! » est un mot quasi magique. Sur le site « Positivia.fr » sont recensés les 10 effets bénéfiques de la gratitude provoquée par des « merci » sincères, vérifiés par plusieurs recherches citées. Les voici :
• La gratitude rend plus heureux
• La gratitude rend moins envieux
• La gratitude augmente le degré d’empathie
• La gratitude favorise les émotions positives
• La gratitude améliore la qualité du sommeil
• La gratitude renforce les relations
• La gratitude réduit le stress et l’anxiété
• La gratitude améliore la santé
• La gratitude réduit le risque de dépression
• La gratitude augmente l’espérance de vie
Ce n’est pas tout ! En neurophysiologie, les chercheurs ont découvert la preuve organique du double effet de la gratitude : le système neuronal de bien-être est déclenché chez celui, celle qui remercie et chez celui, celle qui est remercié(e). En un mot, dire « merci » est un puissant ferment de fraternité. Interdire de le faire nuit gravement à la relation d’affection fraternelle des Frères, des Sœurs. Or un des génies de la Voie maçonnique est de développer en loge la fraternité pour la diffuser à l’extérieur.
Je crois que cette erreur grave provient de la confusion entre le remerciement et le jugement : féliciter ou blâmer. Ce dernier, en effet, tend à rendre dépendante la personne jugée. Oui, cela est à éviter si nous visons la libération de l’individu.
Mais attention : le « merci » doit être sincère et ne pas être machinal, encore moins hypocrite. A travers les mimiques envoyées dans ces cas par l’émetteur, le récepteur, spontanément, saisit vite l’indifférence ; voire la tromperie. Merci, oui mais dans la sincérité de l’élan du cœur.
Ainsi donc, l’authenticité ne nous oblige en aucun cas à dire « merci ». Notre sincérité et notre envie décident. Nous sommes libres. Enfin… Et si les petits mercis maçonniques, après tout, ne nous aidaient-ils pas à nous faire avancer sur la Voie ?
Un prolifique sémantisme, très ancien, étendu dans tout le domaine indo-européen.
Le sanskrit Veda désigne l’ensemble des textes de la tradition révélée, dont l’origine remonterait au moins au deuxième millénaire avant l’ère chrétienne.
Le grec *oida, *idein fait référence au savoir en tant que connaissance théorique, d’où l’idée, dans le domaine philosophique, l’idéologie plutôt politique, ou encore l’idole religieuse. Avec une légère modification orthographique, l’histoire définit l’enquête, dont l’historien Hérodote (480-425 av.JC.) offre la première rédaction, parce qu’il porte témoignage de ce qu’il a vu par lui-même au cours de ses nombreux voyages dans l’espace méditerranéen. Il est au sens propre celui qui sait pour l’avoir vu, *istôr.
Le latin *videre reprend la même idée de connaissance, qui est bien plus que le simple acte de voir.
Le champ lexical qui en est issu est très vaste, vidéo,bévue et entrevue, voyeurisme. Voici le belvédère.Voilà bien des visions dignes d’un voyant !
*Visus désignela vision, faculté de voir ou d’être vu, ce qui est visuel, visible, l’aspect, l’apparence.
Par les yeux, évidemment. Au milieu du visage, en vis-à-vis de l’autre qu’on envisage, avec les réflexions à tous sens du terme qui accompagnent ce regard appuyé. Au point de le dévisager, jusqu’à en endommager les traits, à le défigurer, comme si cette insistance excessive tentait de le priver de visage.
Cette tonalité maligne se retrouve dans le latin *invidia, l’envie qui est une sorte de mauvais oeil que l’on jette par jalousie, un sort funeste.
La *providentia a toujours une connotation religieuse, parce qu’elle s’apparente à la prophétie, au don de double vue, puisqu’elle se porte sur le futur dont on n’a aucune connaissance tangible. Comment en effet prévoir les aléas qui surgissent à l’improviste sur le chemin, même si, par prudence, on est enclin à certaines précautions ?
Réduit à un « pourvu que… » bien hasardeux, à une improvisation sans garantie.
De quoi souvent réviser ses avis péremptoires sur les gens, les circonstances et autres.
La visite, qui fait banalement partie du vocabulaire contemporain, a perdu sa valeur ecclésiastique première. En effet, elle décrivait naguère l’attitude presque suspicieuse des hommes d’Eglise qui avaient l’œil sur leurs ouailles pour les contrôler, éventuellement les châtier en cas de manquement aux règles. La visite, au XIXe siècle, devient une manie de courir la ville et les salons, visites en passant dont on ne laissera que la trace de sa « carte de visite » justement. Un geste dénué de sincérité, puisqu’il ne s’agit en réalité que de se faire remarquer, de faire croire à un carnet d’adresses bien rempli, à une riche vie sociale, un peu à l’aune des « like » sur réseaux sociaux… Il existe même une fonction de « poseur de cartes », que remplit un domestique. Un jeu de convenances hypocrites dont personne n’est vraiment dupe, mais qui dispense d’envisager concrètement quelqu’un.
Pourtant le visage, n’est-ce point ce qui délimite les contours d’autrui qui me regarde et que je regarde, anatomique par les yeux, le nez, la bouche qui le composent, expression plurielle des sentiments qui l’animent ? Envisager l’autre, n’est-ce point m’offrir sans prévention ni défense à l’autre qui accepte la réciprocité ? N’est-ce point y puiser les sources de l’identité et de l’humanité en chacun ?
Annick DROGOU
*Weid- englobe le champ de la vision en tant qu’elle sert à la connaissance.
À force de circuler, les mots s’usent comme de vieux billets de banque et, s’ils donnent encore le change, ils sont bien dévalués. Aurions-nous oublié la force du mot envisager ?
Retour à la simplicité. Retrouvons le sens des mots : pour l’homme du XVIe siècle, envisager, c’est regarder le visage de l’autre. On envisage quelqu’un, on le prend en considération. Mais, engoncés dans l’individualisme moderne et cadenassés derrière nos peurs contemporaines, nous n’osons plus envisager quiconque, sauf à le dévisager ou l’envisager comme le prédateur se projette sur sa proie. On connaît le mot de Sacha Guitry et sa réponse à une femme qu’il regardait lourdement : « Monsieur, arrêtez de me dévisager.
– Madame, je ne vous dévisage pas, je vous envisage ».
Non, envisager celui ou celle qui est en face de moi, qui me présente sa face et à qui, à mon tour, je fais face, c’est contempler son mystère. Rien d’intrusif. C’est prendre l’autre au sérieux dans cette altérité qu’a si bien décrite Emmanuel Levinas, ici davantage poète que philosophe. Ô visage, miroir de l’âme ! Que dire du regard que nous portons sur le visage de l’autre, ce que nous voulons y lire de son mystère et de notre humanité commune, de nos fêlures et de nos plénitudes au-delà de tout masque. Envisager en se rappelant les mots de la Genèse : « Dieu créa l’homme à son image, à l’image de Dieu il le créa » (Gn. 1,27), ce qu’André Chouraqui a traduit : « Elohîms crée le glébeux à sa réplique, à la réplique d’Elohîms, il le crée ». Envisager, c’est donc répliquer, entrer dans un dialogue silencieux, un échange sacré, une triangulation d’amour où s’orienter, comme dans ces mots de Max Picard, le grand poète du visage : « Quand deux hommes parlent ensemble, il y en a toujours un troisième parmi eux : le silence qui écoute ».
On conseille aux sportifs de visualiser l’épreuve qu’ils vont vivre pour entrer dans sa pleine réalité. Le champion se fait visionnaire, présent à ce qui va advenir, jusqu’à en devenir un élément, ne faire qu’un avec cette réalité. Être pleinement humain, c’est avoir le courage, la force du cœur, de visualiser. Pour envisager la réalité, et même l’envisager jusqu’à la réalité ultime qu’on ne peut voir. C’est ne jamais baisser les yeux. Et accepter d’être soi-même à visage découvert.