La faculté du raisonnement est au service de nos désirs, mais cela n’entraîne pas que nous soyons dominés par nos instincts. Le raisonnement est pourtant un outil social essentiel, y compris en matière de progrès humain. Explications.
Dans un précédent papier nous signalions que la célèbre théorie de Kahneman ( système 1 intuitif / système 2 raisonnement ) colle avec nos souhaits de francs-maçons. En effet l’équilibre cœur/raison est souvent mis en avant dans nos textes et chez de nombreux penseurs et philosophes. Mais nous signalions que la « théorie argumentative du raisonnement » de Hugo Mercier et Dan Sperber bouscule cet équilibre fantasmé.
En compactant l’idée, on retient que le cortex est un sous-traitant servile de nos désirs, et pond à la demande arguments et justifications.
Le désir serait donc le patron ? Ben c’est en fait conforme à ce que Sigismond Freud a toujours affirmé. Serait-ce la fin du match cœur vs. raison ? Voilà qui serait trop simple ! C’est sûr pourtant, une dissymétrie fondamentale existe. Le désir est la pointe émergée de l’inconscient, qui ne révèle ses mécanismes qu’au cours d’interminables thérapies. Et encore, on ne trouve que des cas particuliers, les généralités restent discutables et discutées : le surmoi existe-t-il vraiment ? Thanatos existe-t-il vraiment ? Et en face de cette masse obscure, nous avons les dialogues et interactions sociaux, dans la clarté et la transparence.
Jung disait : « Nous mettons la moitié de notre vie à nous construire un égo solide, puis l’autre moitié à nous en débarrasser. » En langage à la mode on dirait déconstruire. Remarquons toutefois que le point d’inflexion entre les deux périodes pourrait être l’entrée en franc-maçonnerie, l’initiation qui signe la volonté de se changer. Pour se construire, le jeune a besoin de trouver du sens à sa vie. Et le sens de la vie, le jeune l’obtient en se dotant d’un panorama du monde ( cosmogonie etc. ) dans lequel s’inscrit son récit personnel. Son récit personnel sera composé en cohérence avec les croyances qu’il s’est forgé au départ des injonctions reçues dans l’enfance puis des expériences de vie.
Le gardien efficace de l’ensemble est le biais de confirmation.
D’une part, il s’agit de renforcer l’assise de croyances et la force dynamique du récit en puisant dans les événements des faits qui vont dans le bon sens. D’autre part, il faut aussi filtrer ( ignorer, réfuter…) les faits qui vont à l’encontre de nos croyances.
C’est là que le raisonnement fait son boulot : émettre des arguments expliquant la justesse de nos vues, mais aussi des justifications a posteriori de nos actions . Dans les deux cas il s’agit de convaincre les autres : le raisonnement est d’abord un outil social. Cet outil est particulièrement utile chez l’humain, qui a une richesse de communication très supérieure à celle des autres animaux : langage, capitalisation des connaissances, capacité de conceptualiser. C’est ce qui explique probablement pourquoi le raisonnement s’est fort développé chez l’humain et bien moins chez l’animal.
Mais nous savons aussi que le raisonnement n’a pas une fiabilité très élevée. La première cause en est son usage subjectif au service des désirs : filtrer les éléments indésirables et pondre des arguments pour convaincre incite à faire peu de cas de la vérité. Zut alors, se disent les francs-maçons qui déclarent se consacrer à la recherche de la vérité. Nos esprits affûtés par le travail sur soi sont capables de prendre du recul, de se placer au second degré, certes, mais cette capacité dégringole bien vite dès que nos intérêts, ou nos croyances, sont en jeu.
Avez-vous remarqué que beaucoup d’entre nous manient brillamment les concepts philosophiques et moraux mais que, quand il s’agit d’appliquer, il y a beaucoup moins de monde ?
Par exemple, combien de chantres de la démocratie ne supportent aucune contradiction ? Entre nous, c’est pour cela que j’ai un peu lâché la philo.
Lors d’un dialogue, nous avons rapidement la réaction de notre interlocuteur, et nous corrigeons aisément l’argumentaire. Seuls devant notre feuille blanche ou notre ordi, emportés par notre biais de confirmation, il est bien plus difficile de détecter la grosse erreur que nous commettons. Et les idiots d’algorithmes internet ne nous mettent quasiment en rapport qu’avec des gens qui pensent comme nous ! Dire qu’on appelle ça de l’intelligence artificielle. Bref, il est clair que c’est de la confrontation des idées, puis des arguments qui les soutiennent, que la sélection des meilleures peut s’opérer. Pas de vérité trouvable sans travail collectif !
Faisons un petit détour par le « pessimiste vs. optimiste ». Comme nous l’avons vu, convaincre passe souvent par un argumentaire un peu ciselé pour emporter l’adhésion. Les différentes formes de sympathie ou séduction peuvent être convoquées pour atteindre l’objectif. Dans l’autre sens, pour accepter une proposition, il faut souvent un certain taux de confiance dans la personne avec laquelle on dialogue. Les pessimistes, méfiants, auront tendance à rejeter souvent les propositions. Ce faisant, ils peuvent passer à côté d’une opportunité excellente. Les optimistes, au prix de quelques déceptions, ne louperont pas la bonne idée ou occasion. Il y a un nom pour ça : la bienveillance !
Conclusion : une riche vie est indissociable de l’utilisation sociale du raisonnement. Cette faculté humaine donne tous ses apports lorsqu’assise sur la bienveillance et l’ouverture d’esprit et le progrès en sont les beaux fruits.
PS : arrêtons d’opposer le cœur et la raison, les deux sont indispensables !
La loge des francs-maçons d’Einbeck « Georg zu den Drei Pillen » donne un aperçu de leur travail à l’occasion de leur 225e anniversaire
Les membres de la Loge franc-maçonne d’Einbeck « Georg zu den Drei Pillen » à la mairie de Northeim ont donné un aperçu rarement accordé de leurs traditions. Le 225e anniversaire de la loge y a été célébré. Sous la direction du Maître de la Chaire, Jörg Dodenhöft, les invités ont vécu une cérémonie qui a ramené à la maison le travail spirituel des francs-maçons dans leur « Temple de l’Humanité », à la lumière des bougies de la beauté, de la force et de la sagesse. Selon Jörg Dodenhöft, une vision similaire ne sera à nouveau possible que dans 25 ans, à l’occasion du 250e anniversaire.
Convaincu de l’idée que l’homme est un être rationnel qui peut vivre et se développer dans la paix et la coopération avec les autres, la première loge est fondée en Angleterre en 1717. La première fondation en Allemagne a eu lieu 20 ans plus tard, à la fin du XVIIIe siècle à Einbeck ; c’est donc l’un des plus traditionnels d’Allemagne et le plus ancien club de la ville.
Outre des frères et sœurs, des fils et des filles, des personnes d’Einbeck et de Northeim qui se sont distinguées par leur engagement bénévole ont également été invitées. Dodenhöft a expliqué qu’ils voulaient l’honorer avec l’invitation et respecter son modèle.
La franc-maçonnerie est une association éthique et fraternelle qui transcende les frontières idéologiques, politiques, nationales et sociales. C’est là que sont réunies des personnes qui ne se rencontreraient pas autrement. Les francs-maçons sont attachés à la démocratie et à une société ouverte.
Dans son discours, le frère de loge Marc Hainski a abordé le thème de la « communauté ». La Loge Einbecker a été fondée peu après la Révolution française, dirigée par les francs-maçons Danton et l’abbé Sieyès. Liberté, égalité, fraternité, chute des monarchies absolutistes : ce n’est pas un hasard historique si les Lumières ont été essentiellement initiées ou aidées à façonner par les francs-maçons. L’activité maçonnique concerne aussi l’individu et son rôle dans la communauté : comment l’individu peut-il s’améliorer pour faire partie de la communauté ? Les instruments des Lumières semblaient plus que jamais d’actualité. Cependant, il est devenu normal d’écouter les autres avant tout pour répondre. Apparemment, il s’agit de clarifier votre propre point de vue, au lieu de traiter les « arguments stupides » de l’autre personne. Cette culture de la conversation est renforcée par l’anonymat d’internet et des réseaux sociaux : « Les esprits faibles prennent le pouvoir. » Cette plus grande concentration sur soi est préoccupante.
« Notre communauté n’est pas aussi forte que nous osons l’être », a averti Hainski, cela demande des valeurs et du courage. Quelque chose de précieux est partagé dans la communauté des francs-maçons : Dans la zone protégée des loges, on peut parler librement. On peut changer d’avis si on est convaincu par des arguments. Les mots sont des armes, et le danger que quelqu’un se sente blessé par des mots fait que beaucoup se taisent ou se replient sur des phrases vides de sens. Vous n’aimez pas vous rendre vulnérable. Le prétendu politiquement correct change le langage, la pensée et la joie d’écouter. Avec les francs-maçons, il ne s’agit pas de convaincre l’interlocuteur de sa propre position, mais d’écouter et de se développer davantage. Quelque chose de liberté, d’égalité, de fraternité serait le bienvenu dans la culture de discussion d’aujourd’hui.
Aussi positive que soit l’idée de communauté, elle peut encore être mal utilisée, car dans la communauté il y a aussi des « mauvais esprits » avec le nationalisme, l’isolement et l’exclusion. Malgré toute la démarcation, il existe un élément de connexion pour tous les peuples – ils font partie d’une communauté mondiale, et la vie sur cette planète ne fonctionne que si vous vous en tenez aux règles humanitaires.
Il aime s’associer aux francs-maçons du monde entier, aux « frères ». C’est à vous de travailler dans la tradition, y compris maçonnique. Il est utile de jeter un coup d’œil à l’histoire si les problèmes actuels prennent le dessus. Des leçons peuvent être tirées du passé, comme la nécessité de tenir tête aux agresseurs.
Exclure les autres est plus pratique que de changer votre propre façon de penser. Mais ce qui est important, c’est ce qui rapproche les gens, pas ce qui les sépare. La cohésion sociale d’aujourd’hui, difficilement acquise, est fragile et l’humanité reste l’objectif, comme il y a 225 ans. Les francs-maçons l’ont compris. Pour leur chemin, ils avaient besoin de sérénité, de tolérance et de constance. « Repoussez l’injustice partout où elle apparaît. Ne tournez jamais le dos à la misère, faites attention à vous-mêmes ».
Lutz Dietrich a félicité le district pour l’anniversaire. À 225 ans, cette loge est une institution qui enrichit la vie sociale, enseigne l’éthique et encourage les membres à travailler dans la société. Ils auraient rendu des services à la communauté, aussi socialement et culturellement, par exemple à travers le Johannisstift fondé en 1897, la maison de retraite, unique pour l’époque. La loge fait partie intégrante et indispensable de la ville. Il souhaitait que l’on puisse continuer à aider à rendre le monde un peu plus humain.
Le maire de Northeim, Simon Hartmann, a déclaré qu’il avait pris l’encouragement à la discussion de la conférence. La Loge Northeim a été fondée en 1876. Après une histoire mouvementée, il a dû fermer en 1999. Certains des frères ont rejoint la Loge Einbecker. Les francs-maçons sont exposés au préjugé du secret, mystiques et inconnus leur sont associés. C’est bien que les loges deviennent plus visibles et ouvertes et qu’elles participent à la vie sociale. Leurs préoccupations – tolérance, humanité et justice – sont des questions publiques. Les connaissances auto-acquises sont importantes pour les francs-maçons, le maire d’Einbeck, le Dr. Sabine Michelek. Liberté, égalité et fraternité en sont les fondements, le respect mutuel est le fil conducteur de l’action. Ils voulaient apporter leurs valeurs dans la société. La démocratie moderne est basée sur la séparation des pouvoirs instaurée par les Lumières. Seule une démocratie forte permet une coexistence pacifique et respectueuse.
Leurs défenseurs sont souvent trop discrets, laissant l’espace public aux frustrés. Il faut s’y opposer de manière non violente et objective, car la philanthropie, le cosmopolitisme et la tolérance restent la base du vivre ensemble. La Loge Einbeck, fondée le 29 août 1797 avec sept frères, comptait le découvreur de morphine Sertürner dans ses rangs en 1807. La maison de retraite existe toujours, avec un parrainage différent. Les 40 frères actuellement ont cultivé leurs traditions, mais ils ont également milité pour l’ouverture idéologique et la coexistence sans préjugés, et ils se sont ouverts de plus en plus à la société de la ville. Elle souhaite à la loge que cette idée d’humanité perdure encore longtemps, ainsi le maire.
« Les célébrations de l’indépendance du Brésil doivent avoir lieu dans toutes les écoles, entités et institutions publiques et privées »
La franc-maçonnerie (Loja União e Caridade IV avec 110 ans d’existence) célèbre chaque année le 7 septembre à Mogi das Cruzes. Le 7, ce magasin a réuni plus de deux cents personnes et entités (scouts, Projeto Desbravadores, Tiro de Guerra, représentants de la police militaire, des pompiers et de la garde civile métropolitaine). Des jeunes liés à des parents de la franc-maçonnerie tels que les Demoley et les filles de Job étaient également présents. Les drapeaux du Brésil, de l’État de São Paulo et de la municipalité de Mogi das Cruzes ont été hissés.
Tous ont chanté les hymnes nationaux et de l’indépendance accompagnés par le Mario Portes Symphonic Band qui a produit un véritable spectacle. Toutes les personnes présentes étaient heureuses, fraternisées et montraient une ferveur pour le Brésil. Ces activités de commémoration de l’indépendance du Brésil doivent être menées dans toutes les écoles, entités et institutions publiques et privées. Les Brésiliens et la population en général devraient hisser un drapeau brésilien chez eux le 7 septembre.
Malheureusement, elle n’est plus célébrée dans aucune école et les jeunes ne savent même pas chanter l’hymne national. Revenir à l’époque du haut niveau de patriotisme et de citoyenneté est aujourd’hui un défi pour le Brésil. Dans le passé, les étudiants assistaient en uniforme, les hymnes étaient répétés et tout le monde était content des membres de sa famille qui assistaient également aux cérémonies.
La Loge maçonnique União e Caridade IV laisse un exemple de patriotisme, de citoyenneté et de culture à ceux qui arrêtent un pays développé, de paix et d’amour pour tous. Dans d’autres institutions telles que les communautés, les églises, les organisations de la société civile, les familles, les mouvements sociaux, les politiciens, bref, les associations des types les plus variés, peuvent également éduquer et stimuler la conscience de la citoyenneté. Les autorités encouragent les célébrations de dates qui honorent la nation.
Plus aucun défilé n’a lieu dans la région. C’est triste, car les autorités n’investissent pas dans la citoyenneté et n’encouragent pas le patriotisme. Aimer votre terre, respecter les lois du pays où vous vivez (tant que les lois sont éthiques) et extrêmement nécessaires pour les Brésiliens. En avant le Brésil !. Quiconque aime cette patrie enviée par de nombreux pays devrait être fier du Brésil.
Olavo Arruda Câmara est professeur, avocat, maître et docteur en droit et politique.
Cette nouvelle année maçonnique 2022-2023 marquera le 130ème anniversaire de la création le 4 avril 1893 par le DROIT HUMAIN de la première loge mixte de l’histoire de la franc-maçonnerie universelle, en pleine égalité entre hommes et femmes. Un riche calendrier d’évènements publics est l’occasion de revisiter et de présenter au grand public la modernité originelle du DROIT HUMAIN à l’aune de nouveaux enjeux contemporains. Voici quelques évènements publics organisés en septembre et en octobre 2022 à l’initiative de loges et de la Fédération française du DROIT HUMAIN.
A vos agendas !
CONFERENCES PUBLIQUES DU GRAND MAITRE NATIONAL
Amande PICHEGRU, Grand Maître National de la Fédération française du DROIT HUMAIN donnera des clés au grand public pour mieux comprendre « La franc-maçonnerie du DROIT HUMAIN » et les « Voyages en mixités » vécus dans les loges grâce aux vertus initiatiques d’un rite universel constructeur d’individualités libres et engagées.
– à Belfortle vendredi 16 septembre à 18h à la Maison du Peuple, – à Cahors/Pradinesle samedi 24 septembre à 18h30 à la salle culturelle de la Prade, – à Remiremontle vendredi 30 septembre à 20h à l’Hôtel de Ville, – à Mulhouse/Kingersheimle samedi 1er octobre à 18h à la Maison de la Citoyenneté, – àVesoulle mardi 4 octobre à 20h à l’Hôtel de Ville, – à Toulon le samedi 8 octobre à 10h (renseignements et inscriptions via compagnonsdelarche1730@gmail.com), – à Brestle vendredi 14 octobre à 19h à l’auditorium des Capucins, – à Verdun le mercredi 19 octobre à 19h30 au Centre Mondial de la Paix, – au Puy-en-Velayle vendredi 28 octobre à 18h au Centre Pierre Cardinal.
AUTRES CONFERENCES
Le samedi 17 septembre à Hay-les -Roses (Val de Marne), Sylvain ZEGHNI, 1er Vice-Président de la Fédération française du DROIT HUMAIN et Annick DROGOU, auteure et membre de la Commission Histoire du DROIT HUMAIN interviendront respectivement sur les thématiques :
Environnement et économie décarbonée
L’histoire des mixités au DROIT HUMAIN
En savoir plus sur cet évènement interobédientiel GODF / DH via ce lien.
« Pourquoi être franc-maçon au XXIème siècle ? »
Le samedi 1er octobre à Pornic-Préfailles à 15h, une conférence-débat répondra à cette interrogation sous la houlette de Georges VOILEAU, ancien Grand Maître National de la Fédération française de l’Ordre Maçonnique Mixte International LE DROIT HUMAIN. Entrée libre. Un pot convivial clôturera cette conférence-débat.
Une conférence sur Louis Goaziou (fondateur du DROIT HUMAIN aux USA) organisée par la Loge quimpéroise « Ar men » et l’association « Les amis de Louis Goaziou » aura également lieu à Briec-Quimper le mardi 27 septembre à 20h en présence de Danièle Juette, Michel Meley, Anne-Marie Moody et Jesùs Calle. Places limitées. Renseignements et réservations via lesamisdelouisgoaziou@gmail.com.
SALONS du LIVRE MACONNIQUE
Des membres du DROIT HUMAIN interviendront en qualité d’auteurs, de conférenciers et débatteurs dans les salons du livre maçonnique de Nantes (15 et 16 octobre) et de Lyon (22 et 23 octobre).
Suivez l’évolution de l’agenda des prochaines conférences via le site internet et les réseaux sociaux Facebook, Twitter et Instagram de la Fédération française du DROIT HUMAIN
Les Conférences de Midi à Minuit, jeune association cadurcienne très dynamique, organise une grande conférenceinterobédientielle et gratuite le lundi 31 octobre prochain, à Cahors, dans le Lot.
Pierre Mollier, historien, conservateur du musée de la franc-maçonnerie et rédacteur en chef de la revue d’études maçonniques Renaissance Traditionnelle interviendra sur
« L’itinéraire exceptionnel d’un Franc-Maçon lotois : Étienne MORIN »
Étienne Morin, le maçon
Né dans le Lot, vers 1717, Étienne Morin sera initié en 1744 aux mystères de la « Perfection écossaise« , selon les termes de l’époque. Le 27 août 1761, il reçoit une patente le nommant « Grand Inspecteur pour toutes les parties du Monde ». À ce titre, il créera des Loges dans toutes les Antilles. C’est à partir de ces Loges, de leurs rituels de hauts grades et de la patente de Morin qu’Henry Andrew Francken transmettra l’ancêtre du Rite Écossais Ancien et Accepté (REAA) aux Amériques avant que celui-ci ne soit complété, plus tard, par les 3 premiers degrés symboliques.
Une autre façon de connaître tous les secrets du REAA… ou presque !
Une conférence suivie d’une dédicace et d’un buffet fraternel (15 €).
De nos jours, le mot “magie” fait volontiers penser à quelque tour de prestidigitation, et l’on voit aussitôt s’envoler des colombes d’un chapeau !
Il ne vient pas immédiatement à l’esprit que la magie, bien avant d’être un art d’illusionniste, fut la première forme de réflexion humaine et qu’en cela, elle est à jamais liée à l’histoire du descendant des primates.
Où est née cette “pensée magique”, comment, pourquoi ? Questions préliminaires qu’il convient de se poser pour vraiment l’appréhender.
Nous vous invitons à en découvrir le parcours, à la fois dans l’espace et dans le temps. Nous découvrirons ainsi, la fantastique influence originelle de l’invisible, sur l’homme et son destin. S’il était en quelque sorte naturel que son « délire initial » introduise la notion de sacré et avec elle la religion, il est beaucoup plus étonnant que de la magie primitive soient ensuite nés l’alchimie, puis la technique, la science et l’art !
C’est pourtant le merveilleux enchainement qui s’est produit d’âge en âge pour aboutir à la modernité que nous vivons aujourd’hui.
Voulez-vous que nous traversions ensemble ces millénaires ?
Place à la magie !
1. L’HOMME, ÊTRE DE CROYANCES – LA FOLIE DES GRANDEURS
Qu’est-ce que la magie ?
Voyons d’abord l’origine du mot.
Si l’on en croit l’histoire, le mot magie viendrait au plus loin, il y a quelque quatre mille ans, du chaldéen magdin (signifiant science) puis, plus près de nous, du grec mageia et du bas latin magia (au sens de religion) devenu magie en français. Ce retour aux sources ne manque pas d’intérêt lorsqu’on sait que la Chaldée fut le berceau reconnu de l’occultisme et de l’astrologie, deux “arts” diffusés ensuite par les Grecs et les Romains dans tout le bassin méditerranéen. Consultons maintenant les dictionnaires.
Définition du Robert :
« La magie est l’art de reproduire par des procédés occultes des phénomènes inexplicables ou qui semblent tels ».
Définition du Larousse :
« Ensemble de croyances et de pratiques reposant sur l’idée qu’il existe des puissances cachées dans la nature, qu’il s’agit de se concilier ou de conjurer, pour s’attirer un bien ou susciter un malheur, visant ainsi à une efficacité matérielle ».
Ange en action sur terre
A l’ère de l’atome et de l’astrophysique, des moyens de transport à grande vitesse, de l’image, de l’ordinateur et du téléphone sans fil, bref, à notre époque hyper-communicante et si ancrée dans le réel, l’évocation de forces obscures et d’actes magiques prête volontiers à sourire et à douter.
Pourtant, les quelque 50 000 occultistes qui officient en France sous des appellations diverses (mages, médiums, marabouts, désenvoûteurs, parapsychologues, etc) auxquels s’ajoutent largement autant de thérapeutes “parallèles” en tous genres (guérisseurs, magnétiseurs, rebouteux, radiesthésistes, etc) prouvent qu’il existe un immense marché de l’irrationnel. Et par là, qu’en ce début du XXIème siècle, le camp des « j’y crois » est aussi important que celui des « j’y crois pas » ! Un phénomène, notons-le, que l’on retrouve dans la plupart des pays du monde.
Quelle différence y-a-t-il entre « magie » et « illusion » ?
Pour les esprits cartésiens, c’est clair : s’il y a “magie”, elle ne peut être aujourd’hui que de salon ou de music-hall ! A l’évidence, il ne s’agit – des classiques tours de cartes du prestidigitateur en gala aux sidérantes illusions à grand spectacle de David COPPERFIELD – que de l’art du trucage ! Ces artistes n’ont finalement l’intention que d’étonner et d’amuser, grâce à leur dextérité et à d’ingénieux moyens techniques. “Ya un truc”, et tout le monde le sait !
Ce que l’on sait moins, de fait, c’est que la “magie de divertissement” découle de la “magie “occulte”. Les premiers illusionnistes sont apparus au Moyen Âge pour distraire les banquets du pouvoir en place. Ils ont créé à leur tour (irruption, disparition ou déplacements d’objets, jeux de lumière, silhouettes monstrueuses) précisément inspirés par l’étrangeté des pratiques magiques, avec les matériaux utilisés alors par les mages (chandelles, mercure, salpêtre, encres, tissus de couleurs) et sont ainsi devenus des “magiciens” pratiquant la “magie de scène”.
Comment est née la magie « primitive » ?
La magie que nous abordons à présent, l’authentique, n’a que faire du progrès et ne relève pas, elle, d’un savant tour de passe-passe, genre “rien dans les mains, tout dans les manches”. Si elle a un point commun avec la prestidigitation, ce ne peut être que le secret, qui, par définition, ne doit pas être dévoilé !
Aussi curieux que cela puisse paraître, la magie “primitive” traverse le temps. Avec ses formules mystérieuses, ses incantations et ses fameux “abracadabra”, elle se permet même, de faire un pied de nez aux sciences modernes.
Pour bien l’appréhender, il faut remonter quelques instants à la préhistoire, quarante ou cinquante mille ans en arrière. Après tout, ce n’est pas si loin, sur une planète ne datant que de cinq milliards d’années !
Imaginons notre semblable de l’époque, l’hominidé, autrement dit cet homme capable, comme nous, de penser, de réfléchir, et qui cherche à comprendre le milieu environnant, en se mettant debout à la sortie de sa caverne. Que peut ressentir un être nu, conscient de sa vulnérabilité, devant cette gigantesque nature menaçante, sinon une peur intense et de tous les instants ?
A la totale merci des éléments, il est immédiatement amené à croire à l’existence de puissances supérieures invisibles, aux commandes de l’univers. A coup sûr, elles sont à même, soit de lui nuire dans le plus mauvais cas, soit de le protéger dans le meilleur !
Croire, c’est imaginer. Et son cerveau fabrique vite des représentations d’êtres surnaturels, bons génies ou affreux démons qui ne peuvent être que célestes. Le soleil, la lune, les nuages, ne sont-ils pas des entités agissant sur sa vie ? Ne convient-il pas de les « amadouer », de les « mettre de son côté », comme lui indique son instinct de conservation ?
Mais s’il parvient à échanger avec ses congénères, de quelle façon communiquer avec ces créatures cachées ? Comment leur répondre aussi, quand elles se manifestent par des coups de tonnerre et des éclairs qui zèbrent la nuit ?
Il tente bien, en précurseur des jeux du stade, d’envoyer des lances de bois vers l’azur. Ou même, dès qu’il fabrique un arc, d’expédier quelques flèches vers les cumulo-nimbus pour les intimider. Mais peine perdue ! L’orage tonne lorsque bon lui semble, la pluie surgit à sa guise et le soleil luit quand il veut !
Notre ancêtre se souvient tout-à-coup qu’il bouge et qu’il parle. Il sait que des gestes accordés à ses appels ou à ses onomatopées, modulés selon les circonstances, attirent ou éloignent ses frères et les animaux, à la demande. Alors, tout naturellement, les lève-les-yeux et les bras au ciel, puis dans son langage, enjoint d’une voix ferme les forces mystérieuses de l’écouter…et de lui obéir ! Au fur et à mesure qu’il prononce ses premières incantations, il se persuade de son pouvoir et…suprême satisfaction, se rassure en même temps.
Euréka ! L’homme de Cro-Magnon vient d’inventer la magie !
Qu’appelle-t-on « pensée magique » ?
Lorsque notre prédécesseur de l’âge de pierre, “personnalise” son environnement, il attribue aux choses visibles comme invisibles, la faculté de penser et d’agir. En cela sa raison « déraisonne » d’entrée, avec une perception fausse du monde. Sa compréhensible ignorance l’empêchant d’étudier logiquement les phénomènes cosmiques – démarche que la science fera beaucoup plus tard -, c’est son imaginaire qui les explique sur le champ !
On peut donc dire qu’une forme de délire, de “rêve éveillé”, de folie des grandeurs en quelque sorte, a constitué la première manifestation de la pensée humaine, entièrement appuyée sur la croyance, et ce, dans toutes les cultures primitives. Cette vision de la nature, où lesdits phénomènes se produisent comme par enchantement, et sur lesquels l’homme prétend agir de même, avec la force de sa seule parole, permet ainsi d’évoquer l’intervention de la pensée magique.
Aujourd’hui, notre connaissance sans cesse plus approfondie de la matière et de ses lois, peut nous faire juger ces conduites ancestrales bien naïves. Pourtant, nous ne devrions jamais oublier que, comme chaque être humain, notre esprit est passé par ce stade de la vision magique du petit enfant. Puis de cet enchantement au « pré-logique » avant d’accéder au rationnel. Nous gardons sans nul doute une part de ce rêve primordial dans un coin de notre tête !
Les avatars du progrès – pour ne pas dire ici les désenchantements – sont même en train de lui redonner force et vigueur. Au début du troisième millénaire, la pensée magique perpétuée se nomme, au gré de sa large palette, sciences occultes, arts divinatoires, médecines parallèles, sociétés ésotériques, sectes diverses, qui, chacune à leur façon, conjuguent le verbe croire.
Comment la pensée magique s’est-elle matérialisée à l’origine ?
Le constat de sa solitude, la crainte des éléments et du milieu, la peur d’une mort imminente, ont d’évidence été les angoisses premières de l’homme. C’est de leur terrible pression que sont nées la magie et ses pratiques exutoires.
L’ethnologie a pu observer, dans toutes les peuplades du monde, un même “système de sauvegarde” qui a franchi les millénaires. Le descendant des primates a directement subordonné sa survie à des :
– cérémonies conjuratoires diurnes et nocturnes
– chants et danses rituelles
– déguisements et maquillages
– offrandes de fleurs
– combustions de résines aromatiques (encens, myrrhe, balsamine)
– sacrifices d’animaux
Autant “d’opérations” créatives et mises en place progressivement, en mesure, dans son esprit, de lui garantir la bienveillance et la protection des forces supérieures.
Un autre exercice primitif mérite une attention particulière : les représentations picturales. Comment ne pas être ému et émerveillé par les peintures à flanc de roche datant de vingt, trente aux quarante mille ans qui décorent de nombreuses grottes sur le territoire européen, et que les spéléologues découvrent encore de nos jours (Grotte Cosquer près de Cassis en 1991). Ces dessins d’animaux, devenus objets d’étude, n’ont pas livré tous leurs secrets, mais une signification d’ordre magique est fort probable.
Les spécialistes s’accordent à penser que la caverne peut symboliser le ventre maternel. Il convient d’ailleurs de remarquer que les lieux sont souvent sectorisés en zones de quadrupèdes mâles d’un côté et femelles d’un autre. Dessiner mammouths, rennes et bisons des deux sexes sur les parois, n’équivalait-il pas à en faciliter la chasse ? Ou à les faire se reproduire pour être assuré d’une nourriture permanente ?
Une telle technique indique en tout cas, avec une disposition à l’autosuggestion, la puissance imaginative de nos ancêtres et déjà la naissance de l’art.
Le parcours magique
Dans quels pays la magie « primitive » fonctionne-t-elle encore ?
“Objets inanimés, avez-vous donc une âme ?”
A n’en pas douter, les hommes préhistoriques ne se posaient pas cette question, comme longtemps après eux, le poète Lamartine ! Ils étaient bien persuadés, pour leur part, que les pierres, les plantes, le soleil ou la lune, possédaient une conscience et à leur image, une force vitale. N’est-il pas remarquable que cette croyance – base de l’animisme, lui-même précurseur des religions – ait existé sur tous les continents en même temps, à une époque sans moyens de communication, cela va sans dire ? Elle est d’ailleurs encore largement répandue chez les aborigènes demeurés attachés à des coutumes archaïques, tels les Papous de Nouvelle-Guinée ou des îles Fidji.
L’idée d’une force surnaturelle, donc mystérieuse, parait imprimée dans l’inconscient collectif polynésien depuis le fond des âges. Sous l’appellation demana, elle représente pour plusieurs groupes d’autochtones des archipels (Iles Marquises, Tuamotu, Tonga et autres) une mystérieuse source locale d’énergie, où les sorciers puisent magiquement leurs pouvoirs salutaires au service de la communauté.
Certaines peuplades primitives australiennes, qui vivent dans les grandes étendues désertiques, continuent d’attribuer des influences magiques à un long bâton de bois percé d’une façon particulière. Le toundoun, c’est son nom, vient lui aussi de l’aube des temps, selon les ethnologues. Seuls, les “initiés” ont le droit de le posséder et de le faire tournoyer sans témoins au bout d’une corde, avec un rituel approprié. Sa rotation rapide émet un sifflement, dont les modulations sont interprétées comme le langage d’un esprit. Celui-ci est en l’occurrence fécondant, puisque cette pratique prétend favoriser la fertilité des couples.
En Afrique centrale, les rituels incantatoires exercés par les marabouts pour obtenir un bienfait, sont éventuellement assortis d’un « potion magique » à leurs patients. Que ce soit pour soigner un mal de dents ou d’amour, le mage devient alors guérisseur en préconisant une recette qu’il tient de ses aïeux par la tradition orale. Il peut prescrire un mélange de plantes forestières aux réelles vertus pharmacologiques. Comme il lui est loisible de recommander une mixture ou une poudre (en général peu appétissante !) à base d’insectes écrasés dont l’effet est purement psychologique !
On retrouve ce même usage ancestral des plantes dans quelques tribus des forêts amazoniennes, ainsi qu’au Brésil et aux Antilles, où peuvent également se mêler médecine et magie traditionnelles. Par exemple, quand il s’agit pour le sorcier ou « l’officiant » de soigner une morsure de serpent avec des applications de feuilles d’ambiza (à l’action reconnue) ou de stimuler une virilité défaillante… avec une simple décoction de thym (à consommer au clair de lune) !
Peut-on évoquer un “itinéraire de la magie” dans le bassin méditerranée ?
Cette question nous fait bondir d’un trait de la Préhistoire à l’Antiquité.
S’il est effectif que la pensée magique a concerné, dès leur origine, toutes les civilisations du globe, c’est autour de la mer méditerranée qu’elle a véritablement pris son essor, environ trois mille ans avant Jésus-Christ. Penser “magiquement” revient à se projeter vers l’avenir.
Sur le plan de notre culture, tous les historiens s’accordent pour affirmer que ce désir de savoir aujourd’hui de quoi demain sera fait et d’agir sur lui, est né dans l’esprit curieux des Chaldéens. Ceux-ci ont de plus affirmé un formidable génie créatif, par rapport aux autres peuples, en développant une pensée rationnelle aux côtés de la pensée magique et prenant du même coup le relais de l’animisme. Ainsi de leur patiente observation de l’univers et de ses cycles a d’abord surgi la science de l’astronomie, puis dans la foulée, l’astrologie et pratiquement toutes les formes de divination.
Ce mélange étonnant d’empirisme et de méthodisme qui imprégnait un pays aussi privilégié, n’a pas manqué d’en franchir les frontières. Il s’est à son tour combiné avec les savoirs des régions voisines aux noms de légendes – Sumerie, Mésopotamie, Babylonie, Perse – pour offrir au monde avec les sciences occultes, des arts aussi précieux que l’écriture et la littérature, les mathématiques, la musique, ou l’architecture.
N’est-ce pas à Babylone – c’est-à-dire actuellement dans les environs de Bagdad en Irak – que l’extraordinaire Tour de Babel, construite par les fils de Noé pour atteindre le ciel, nous dit le Bible ? Et ne nous reste-t-il pas aujourd’hui, avec les somptueux temples grecs et les fantastiques pyramides égyptiennes, la preuve matérielle de cette volonté de communication avec le céleste ? Le témoignage, aussi, d’une profonde communion entre le magique et le réel !
Qui parle de magie antique, parle également de sorcellerie. Autrement dit, les babyloniens qui se croyaient entourés de forces du bien et de forces du mal, se tournaient vers leurs représentants terrestres, selon le besoin. Aux mages de solliciter pour leurs consultants les faveurs des nombreux dieux existants – amour, santé, biens matériels…les demandes sont toujours les mêmes de nos jours ! – aux sorciers d’entretenir commerce avec les démons, pour nuire à l’ennemi de leur client, voire le tuer, à l’aide d’incantations funestes.
Avec les divinités et les démons, on voit poindre les religions, avec les superstitions.
A cette époque, demander une faveur à un dieu signifiait, outre réciter des suites de litanies, lui faire des offrandes, qu’il s’agisse de bijoux, de mets rares ou…d’adolescentes, par l’intermédiaire du prêtre ! Et exercer une inimitié consistait à remettre au sorcier pour “traitement à visée maléfique”, des lambeaux de vêtements, mèches de cheveux ou fragments d’ongles, subtilisés à la personne « ciblée ».
Les mêmes pratiques de sollicitations divines et d’ensorcellement existaient en Égypte, avec des variantes. Ce sont les papyrus retrouvés qui le disent : les prêtres tout puissants y officiaient avec une technique plus affirmée que celle des Chaldéens. Carrément « armés » de bâtons de commandement au cours de leurs séances magiques, et faisant usage de multiples talismans, amulettes et résines aromatiques consumées, ils “ordonnaient” aux puissances célestes, plus qu’ils ne les imploraient, d’exaucer leurs vœux divers. Autres caractéristiques, ces prêtres étaient à la fois mages et guérisseurs puisqu’ils prescrivaient des médications naturelles aux malades, à base de plantes, en véritables précurseurs de la phytothérapie.
On connait aussi leurs talents dans l’art divinatoire. La légende nous dit qu’ils savaient faire parler le Sphinx, au pied des Pyramides, et une chose est probable, le “tarot égyptien”, utilisé par des générations de cartomanciennes, date de cette époque.
Comment se développa la magie en Grèce et dans l’Empire ottoman ?
Alors que les Égyptiens déifiaient toutes les composantes de la nature – minéral, végétal, animal – les Grecs pour leur part, choisirent de vénérer plusieurs milliers de dieux et déesses, par eux créés, et calqués sur l’homme. La mythologie grecque n’a-t-elle enchanté nos années d’école et, avec sa magnifique représentation statuaire, ne fait-elle toujours référence dans le monde entier ?
Il était bien logique que ce peuple raffiné et sensible, si prompt à la poésie, accueille avec intérêt « la chose magique » en provenance d’Égypte.
Les grands philosophes, tels Platon et Pythagore, qui croyaient à la survie de l’âme, se firent presque naturellement les promoteurs des pratiques magiques. Ce, d’autant mieux que les Pythonisses en poste, qui prédisaient l’avenir en observant le vol des oiseaux ou…le foie de génisses mortes, avaient habitué chacun au surnaturel, en Thessalie comme dans le Péloponnèse !
Les mages grecs – dénommés hiérophantes – n’eurent donc aucune peine à répandre dans la péninsule, les rites magiques, sortilèges et autres envoûtements d’amour comme de haine.
Et ce qui devait arriver, arriva : la magie prit vite place dans le grand catalogue mythologique avec, entre autres, l’irruption de Circé et Médée, les deux célèbres magiciennes pour ne pas dire sorcières, qui, selon la légende, ne firent pas précisément les beaux jours d’Ulysse et de Sisyphe !
Quant aux Romains, on peut avancer qu’ils reçurent le savoir magique en cadeau.
Ce sont en effet les Etrusques, précédents habitants de l’Italie qui leur transmirent leur religion, pour ainsi dire « clés en main » compose à la fois de pratiques incantatoires, supposés provenir d’Orient. Les prêtres romains vénéraient les génies célestes en sacrifiant moult volailles préalablement consacrées, et des vertus magico-divinatoires étaient attribuées aux instruments agraires. N’est-ce pas dans le reflet des outils tranchants comme la hache ou la faucille, à la manière d’une boule de cristal, que surgissaient les images du futur ?
Les augures des Romains se nommaient les Sybilles, qui, comme les Pythonisses, leurs “collègues” grecques, interprétaient le vol des oiseaux. Avec toutefois, un “plus” notable, puisqu’elles déchiffraient également leurs cris, comme autant de messages.
Les Romains empruntèrent aussi aux Etrusques une sinistre réjouissance, avec les jeux de l’arène, dont les premiers chrétiens – opposés sans défense à des lions – furent malheureusement les victimes par milliers. L’histoire a peu rapporté que ces sacrifices humains, pour le plaisir malsain de la foule, avaient le plus souvent valeur d’adorations de dieux divers.
Il est intéressant de noter que l’empire romain fut une sorte de plaque tournante pour les arts magiques et divinatoires. Les Romains ont non seulement subi l’influence asiatique, grecque, égyptienne, mais ils en ont ensuite répandu le produit vers l’Europe du Nord.
Les Hébreux ont-ils contribué à la propagation de la magie ?
Si l’on en croit la loi hébraïque, la pratique de la magie était interdite au peuple juif.
Seul le prophétisme lui était permis, que les porteurs accrédités de la bonne parole voulaient à toute force distinguer de la divination, pratique de leurs collègues et néanmoins “concurrents” , les prêtres chaldéens.
Pourtant, il est bien certain que les Hébreux, au fil même de leur exode, d’Égypte en Palestine, n’ont pas manqué d’observer les exercices magiques dans les régions traversées, de s’en imprégner et de les colporter.
Moïse, le premier d’entre eux, ne fut-il initié à “l’utilisation du surnaturel”, après avoir été recueilli nouveau-né – flottant dans une corbeille de jonc sur les eaux du Nil – et élevé à la cour du Pharaon ? Et ne prouva-t-il ensuite ses fantastiques dons de mage, en ouvrant la mer rouge, pour conduire ses compatriotes vers la terre promise ?
Après lui, le roi Salomon, expert également en rituels magiques, savait, dit-on, se rendre invisible. Et grâce à des incantations qu’il avait personnellement rédigées, se permettait d’asservir les démons !
Pourquoi dans ces conditions, proscrire la magie au peuple, alors qu’elle était permise aux chefs suprêmes, dont les exploits en la matière durent d’ailleurs valorisés par la Bible ? Peut-être parce que les Hébreux n’en avaient que trop bien retenu le mauvais côté, à savoir la magie noire et la sorcellerie, pratiques où ils excellaient et qu’ils utilisaient fréquemment entre eux, où à l’encontre des autochtones, dans les pays traversés !
Bravant l’interdiction reçue, ils ont en tout cas réussi à confirmer leur véritable “génie de l’occulte” en concevant la Kabbale, cette fascinante philosophie qui leur permettait de communiquer avec les esprits. Aujourd’hui encore, elle ne semble pas avoir livré tous ses secrets, même aux initiés !
Quelle fut l’influence arabe ?
A la même époque – charnière entre la préhistoire et l’Antiquité – nait une civilisation en Arabie « anté-islamique ». Sous l’influence gréco-romaine, s’ouvre le commerce caravanier et le pays est parcouru en tous sens par des tribus nomades.
Chacune d’elles vénère ses dieux et ses fétiches. Les Bédouins, sous l’autorité des cheikhs – qui ont aussi la fonction de chefs spirituels – croient à des êtres invisibles peuplant le désert, les djinns, autant adorés que craints du fait de leurs pouvoirs supposés, et les Ifrits, démons réputés hostiles à l’Homme. Comment bénéficier des premiers et tenir les seconds à distance, sinon, là encore, en pratiquant des rites magiques ?
Aux étapes, les groupes se réunissent autour des bétyles, grandes pierres levées (comparables aux menhirs bretons) ou dans des temples (dont les ruines ont été retrouvées) pour invoquer les forces du bien et repousser celles du mal. A grand renfort de talismans et d’amulettes, mais aussi, malheureusement, de sacrifices d’enfants. Ainsi, malgré les diverses croyances pratiquées, l’existence d’un dieu “supérieur” nommé est reconnue, bien avant l’intervention du prophète Mahomet.
C’est au VIIème siècle que celui-ci, lancera son message à La Mecque où il est né. Il persuadera progressivement toutes les tribus de ne croire qu’en un seul dieu et de se tourner vers la même religion, l’Islam, dont il a personnellement reçu les règles de l’archange Gabriel, et qui se matérialisera par les versets du Coran.
Puis il s’agira de porter ce nouveau culte hors des frontières et commencera alors une guerre sainte qui durera quelque sept cents ans ! Les nomades devenus conquérants, occuperont entre autres pays, l’Arménie, la Perse, l’Égypte, l’Espagne. Une occupation à l’origine d’un extraordinaire brassage de populations et qui favorisera l’échange des cultures. Les arabes diffuseront leurs savoirs magiques mais aussi la science alchimique, dont ils sont les inventeurs. Ils auront accès en retour aux techniques astrologiques et divinatoires, qui seront propagées vers l’Europe à la faveur des croisades.
DE LA GAULE A LA FRANCE
Comment se manifestait la pensée magique chez nos ancêtres les Gaulois ?
Nous devons revenir mille ans avant Jésus-Christ, pour rencontrer les Celtes, ce groupe de peuples venus de l’est, qui a envahi le sol gaulois, mais aussi l’Espagne, l’Italie et les îles britanniques.
On ne saura sans doute jamais s’ils étaient partis d’Asie ou du sud de l’Allemagne, les deux provenances divisant toujours les historiens. Le fait est qu’ils s’exprimaient dans une langue indo-européenne, dont quelques grands-mères bretonnes en coiffe de dentelle prononcent encore parfois des bribes avec malice, dans les villages côtiers du Finistère. Précisément là où finit la terre, là où ces solides guerriers ont, par force, arrêté leur longue course.
Animistes convaincus, les Celtes sédentarisés – devenus ainsi les Gaulois – vénéraient l’air, l’eau, la terre, le feu. C’est-à-dire, qu’à travers les quatre éléments, ils adoraient le vent, les fleuves et les rivières, les montagnes et les plaines, le soleil, la lune et les étoiles. Comme les Arabes, ils pensaient le monde peuplé d’esprits fantastiques, que les contes ont perpétués avec les lutins, les fées, les nains et autres farfadets, dont les aventures continuent d’endormir les petits enfants en pays d’Armor.
De croyances en rituels est née une religion, le druidisme. Basé sur l’affirmation de l’éternité de l’âme, il permettait à ses prêtres et prêtresses tout-puissants, aussi bien de pratiquer des sacrifices humains que de guérir des maladies, au cours de cérémonies magiques (et orgiaques) dans les forêts sous le signe du gui. Plante sacrée, le gui était en effet censé favoriser la fécondité et soigner en même temps tous les maux. Ce qui n’empêchait pas certaines “druidesses” mal intentionnées de confectionner des poisons avec ses fleurs, aux fins d’expédier quelques gêneurs au cimetière. Une consolation pour les victimes, quand elles étaient prévenues – suprême raffinement – de leur mort prochaine : le gui, plante à tout faire, symbolisait aussi la réincarnation !
La mort, assortie d’une promesse de vie recommencée, semblait beaucoup fasciner les Gaulois, ce qui peut expliquer le volontariat de certains pour être trucidés et offrir leurs entrailles aux devins, chargés d’y lire l’avenir !
On ne peut quitter la Gaule druidique – païenne – où, à la fin de l’époque celte, le pire que nous venons de voir, y côtoie le meilleur – les Gaulois ne sont-ils les inventeurs du tonneau comme de la charrue à roue, et des artistes en poterie et émaillerie ? – on ne peut la quitter, sans évoquer Merlin l’Enchanteur. Magicien et poète, à la fois angélique et diabolique, puisque fils d’un démon, Myrrdin, de son “nom de guerre”, le dernier des druides gaulois, n’est-il rattaché à l’histoire de la Table ronde, fondée par le roi Arthur
Pour rechercher le Saint- Graal, calice ayant recueilli le sang du Christ ?
Mensonge ou vérité ? Fiction ou réalité ?
Pour que les légendes ne meurent pas, il faut sans cesse les réinventer !
A l’occasion des Journées du Patrimoine ces samedi 17 et dimanche 18 septembre 2022, vous pouvez visiter exceptionnellement à Chessy (Val d’Europe – Val de Marne) la maison des époux André et Amélie GEDALGE, respectivement compositeur et parolière de l’hymne officiel du DROIT HUMAIN.
Tous deux sont inhumés dans le cimetière local de Chessy. Membre de la loge n°1 du DROIT HUMAIN « Maria Deraismes » et 33ème du Rite Ecossais Ancien et Accepté, Amélie GEDALGE (1865-1931) fut par ailleurs au début des années 1920 la première femme à écrire des manuels interprétatifs sur le symbolisme maçonnique. En savoir plus via ce lien
Correspondant Local à ESCLASSANS près d’AUCH du quotidien LA DEPECHE, Guy Chabas est diplômé d’un master II : Histoire de la philosophie à la Sorbonne . Il a déjà publié en octobre 2020 : Pythagore, Kabbale et Symbolisme maçonnique » aux éditions Maison de Vie et Giordano Bruno Franc-Maçon sans tablier ? aux Editions Champs Elysées Deauville.
L’Ouvrage
La vie de Pythagore puise dans la philosophie et la métaphysique tout en s’appuyant sur le parcours du personnage principal, le légendaire PYTHAGORE. Après avoir été en contact avec la majorité des religions antiques et initiées aux mystères grecs, babyloniens et égyptiens. Il a créé son école initiatique. L’auteur nous plonge dans le projet de cet illustre penseur qui a œuvré pour l’universalité de la connaissance et de la sagesse.
L’événement des francs-maçons recueille des fonds indispensables pour les banques alimentaires. Le samedi 3 septembre, la loge locale des francs-maçons, Caledonia Lodge numéro 68, a organisé une grande rencontre au centre maçonnique, Sociedad Compas, Quesada.
L’événement a été bien suivi par de nombreux maçons, y compris le Grand Maître provincial, RW Bro Rodney Bignell, et plus de quatre-vingt-dix frères et leurs invités.
L’animation de l’après-midi a été assurée par Carla Stone.
Cet événement, qui a été très apprécié de tous, avec des rouleaux de rôti de porc, de nombreuses salades estivales et de délicieux desserts, a eu lieu pour amasser des fonds pour soutenir les organismes de bienfaisance de la banque alimentaire du Grand Maître provincial.
La tombola a été bien encadrée , et un gros Teddy Bear a été mis aux enchères en fin d’après-midi.
Au total, 1 000 € ont été récoltés pour les associations caritatives des banques alimentaires.
Si vous souhaitez rejoindre la franc-maçonnerie, veuillez envoyer un e-mail à : sec@glpvalencia.com
Lieu atypique ! En passant devant la façade anonyme du 63 avenue La Fayette à Rochefort, nul doute que se trouve l’un des plus beaux Temples francs-maçons classé à l’inventaire des Monuments historiques. Alors ne manquez pas l’occasion de visiter ce bijou du patrimoine maçonnique lors des Journées européennes du patrimoine !
Au programme :
– Visite d’un Temple maçonnique unique en France, possédant encore un ensemble de décors maçonniques classiques datés et complets. La Loge qui s’y réunit est nommée L’Accord Parfait. Fondée en 1776, elle a été un acteur important de l’essor de la Franc-maçonnerie dans l’Hexagone, car située dans un port maritime. Certains disent même que la Loge aurait été fréquentée par un certain La Fayette…
Quand ? Samedi 17 et dimanche 18 septembre 2022 :10h00 à 11h00 – 11h00 à 12h00 – 14h00 à 15h00 – 15h00 à 16h00 – 16h00 à 17h00 – 17h00 à 18h00 – 18h00 à 19h00.