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Diner de clôture du Convent de la Grande Loge des Cultures et de la Spiritualité (GLCS) dans les salons du restaurant du Sénat samedi 15/10/2022

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La GLCS a selon l’usage en Franc – Maçonnerie pu organiser enfin cette année son Convent et reproduire cet événement tant attendu qu’est son diner de clôture, en présence des dignitaires des obédiences amies, ainsi que de nombreux invités.

Elle a accueilli près de 200 convives dans les prestigieux salons du restaurant du Sénat pour un moment fort, placé sous le signe des retrouvailles et de la fraternité au sein de cette grande famille que représente la Franc-Maçonnerie Universelle.

Le Grand Maître Christine Sauvagnac élue à l’unanimité pour effectuer une dernière année de mandat a mentionné dans son discours la reconduction de son Grand Collège et la présence à ses côtés comme Député Grand Maître de Pierre Lacagne, qui l’accompagne dans le développement de la GLCS. Comme dans toutes les obédiences la COVID, ne nous cachons pas, a laissé comme dans la vie profane, des traces ; mais la fraternité et la solidarité, l’ADN de la Franc-Maçonnerie Universelle a permis de surmonter ces épreuves et la Chaine d’Union s’en est trouvé renforcée.

Cette dernière qui a clôt avec beaucoup d ‘émotion notre soirée a d’ailleurs saluée de manière très appuyée lors du toast du tuileur du Souverain Grand Commandeur Marcel Laurent, les sœurs et les frères absents et passés à l’Orient Éternel.

Vous trouverez ci-dessous de cours extraits du discours du Grand Maître Christine Sauvagnac qui illustrent le propos précédent.

« La voie initiatique de la GLCS est Spirituelle à l’exemple des 4 millions de Francs-Maçons dans le monde, mixte et non mixte. Cette quête de Spiritualité au sein de notre Ordre, à l’inverse des religions ne promet pas le bonheur éternel, mais elle permet, ici et maintenant, de découvrir la véritable signification des relations personnelles, avec l’autre »

« Alors, que nous manque-t-il, pour créer du lien ? Tout simplement : « La Confiance » ; d’abord en nous, ensuite pour et envers autrui. C’est pourquoi, nous avons retenu pour cette année maçonnique le thème de la Confiance.

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Christine Sauvagnac – Grand Maître de la GLCS

Quelle valeur plus importante à développer en conscience que la confiance pour reprendre le cours de notre vie d’avant, qui a été mise entre guillemets ! Nous avons perdu ce qui faisait nos repères et le rythme de la vie que nous avions n’est plus ; nous sommes passés à autre chose à vitesse grand V, dans un monde qui s’ubérise et se blablacardise. Reste à nous ré-inventer, nous transformer pour retrouver l’équilibre en responsabilité entre nous-même et les autres. »

« Alors, maintenant, la Franc-Maçonnerie doit impérativement rester ouverte aux évolutions, promouvoir le changement des Humains et de notre société. Ayons confiance en notre devenir, travaillons en loge pour nous construire, et nous construire ensemble.

Je ne peux pas m’empêcher de penser qu’il faut y aller avec la fraîcheur d’un enfant, faire confiance, se laisser guider. Rentrer nos aspérités, nos appréhensions, faire taire nos craintes, en somme apprendre à faire confiance et aimer. Tel est le chemin emprunté par notre Obédience. »

« Je reviens à notre Obédience ; je devrais dire à cette grande famille qu’est la GLCS, où chacun à un rôle essentiel à jouer.

Que de moments de bonheur ! Que de joies, mais aussi, bien sûr, des hauts et des bas, mais il est clair que ce qui nous a permis de surmonter les bourrasques, ce sont nos valeurs de bienveillance et de travail où chacun se reconnaît dans la fraternité.

Car ce qui nous réunit, c’est un amour fraternel qui n’est pas un vain mot, une confiance entre les frères et les sœurs avec ce que ça comporte de loyauté, d’espérance et de volonté. C’est cette fraternité véritable qui préside depuis 20 ans chacun de nos Convents et dans le prolongement lors de cette soirée.

Remercions le GADLU de nous rencontrer et de travailler ensemble pour le bien de chacun et celui de l’humanité »

« La Franc-Maçonnerie nous libère, elle nous permet un temps de recul », Hervé Garnier, Grand Maître adjoint du Grand Orient de France

De notre confrère de France 3 france3-regions.francetvinfo.fr – Par Dolores Mazzola et Nadjette Maouche.

Les rencontres culturelles maçonniques lyonnaises ont lieu le samedi 22 et dimanche 23 octobre à Villeurbanne. « Ces rencontres sont l’occasion de mieux nous faire connaître du grand public, et de faire la part des choses », explique Hervé Garnier, membre du Grand Orient de France. En préambule, il revient sur les valeurs de la franc-maçonnerie, entre engagement et solidarité.

« Nous sommes certes discrets, mais la franc-maçonnerie n’est pas secrète, au sens propre du terme. Nous choisissons d’ouvrir nos portes une fois par an. Mais d’une manière générale, on ne se cache pas », explique Hervé Garnier, l’un des trois grands maîtres adjoints du Grand Orient de France.

La franc-maçonnerie, trop secrète pour être honnête?

La franc-maçonnerie fait l’objet de fantasmes, d’idées reçues, de soupçons. Pour le grand public, elle apparaît teintée de mystères. Objet de critiques, parfois de rejet et surtout de méconnaissance, autrefois de persécutions, la franc-maçonnerie n’en finit pas de faire couler de l’encre. Un bon vieux marronnier pour la presse. Et pourtant, dans les rangs des différentes obédiences, on se défend de vouloir rester dans l’ombre.

Les obédiences maçonniques ne sont ni des partis politiques, ni des syndicats, ni des groupes de pression ou des groupes d’influence.Hervé Garnier

« Les obédiences maçonniques d’une manière générale organisent régulièrement des conférences, des débats qui sont ouverts au grand public », assure Hervé Garnier. A Paris comme en province. Des conférences et débats accessibles aussi sur la grande toile ! « Chaque obédience a un site internet qui permet de trouver l’information que l’on souhaite et également de nous contacter, » ajoute Hervé Garnier.

Les 22 et 23 octobre prochain à Villeurbanne (CCVAS) ont lieu les rencontres culturelles maçonniques lyonnaises. Cet événement libre et gratuit prend le relais de l’ancien salon du livre maçonnique dont la première édition a vu le jour en 2009. C’est surtout une occasion de se faire une idée par soi-même de la franc-maçonnerie, loin des préjugés, clichés ou « fake news », selon le grand maître adjoint du Grand Orient de France.

Etre franc-maçon au XXIe siècle…

Hervé Garnier a été « initié », il y a plus de 30 ans, en 1989. Il avait une trentaine d’années. Pourquoi s’est-il tourné vers la franc-maçonnerie ? « J’étais élu local et j’avais besoin d’aller vers d’autres rencontres, vers d’autres horizons, avec une réflexion à la fois philosophique et une recherche aussi de travail sur soi-même. J’ai trouvé justement cette possibilité de se dépasser en franc maçonnerie. C’est au Grand Orient de France que j’ai pu dépasser ce cadre et aller beaucoup plus loin dans ma recherche d’une certaine vérité et d’une recherche sur moi-même ». 

L’un des fondements de la franc-maçonnerie, c’est la solidarité, elle s’impose à nous aujourd’hui. (…) Car dans notre démarche, nous ne pouvons pas rester spectateur, mais nous devons aussi être acteur.

L’engagement dans la société est aussi ce qui caractérise la franc-maçonnerie. Pas d’entre soi. Hervé Garnier explique : « un grand nombre de nos membres, de frères et de sœurs sont engagés dans la vie de la société, soit à travers des engagements associatifs, soit des engagements syndicaux, voire des engagements politiques, tant au niveau municipal, départemental, régional ou national ». 

Pour vivre heureux, vivons cachés ? 

La question de la discrétion de la franc-maçonnerie est souvent au cœur du questionnement des non-initiés. Elle intrigue. « Cette discrétion est due en partie à notre histoire, car dès sa création, la franc-maçonnerie s’est heurtée à l’hostilité des pouvoirs. En partie parce que ces pouvoirs ne pouvaient pas contrôler la franc-maçonnerie. Mais aussi parce qu’elle remettait en cause un système, une société qui avait tendance à classer les individus, les personnes en fonction de leur origine ». 

Les persécutions subies lors de la 2e Guerre mondiale ont joué. La discrétion reste la règle aujourd’hui encore.  » Il faut reconnaître que les francs-maçons ont été soient persécutés, torturés, déportés. Si je prends par exemple la région Lyonnaise, dans la loge de Vienne, un nombre important de frères et de frères sont morts en déportation, ont été torturés pour leur appartenance à la franc-maçonnerie, » rappelle Hervé Garnier. « Encore aujourd’hui j’ai souvent des frères et des sœurs qui nous disent « Je ne veux surtout pas que l’appartenance à la franc-maçonnerie soit connue de mon patron ».

Avec l’église catholique, une cohabitation impossible ? « L’Église catholique dès 1738 a émis une bulle papale qui spécifiait que tout catholique franc-maçon pouvait être excommunié. Aujourd’hui, cette règle est toujours de vigueur : on constate encore l’incompatibilité entre être franc-maçon et être catholique. »

Les cathédrales – Le compagnonnage

De notre confrère pressenza.com – Ginette Baudelet

Auguste Rodin :

« O raisonneurs ! Un simple compagnon de jadis trouvait tout de suite, en lui-même et dans la nature, cette vérité que vous cherchez dans les bibliothèques. Et cette vérité, c’était Reims, c’était Soissons, c’était Chartres, c’étaient les rocs sublimes de toutes nos grandes villes… Je rêve souvent que je les vois, que je les suis de ville en ville, ces pèlerins de l’œuvre, en mal ardent de création. Je m’arrête avec eux chez la Mère, qui réunit les Compagnons du Tour de France… J’aimerais m’asseoir à la table de ces tailleurs de pierre. » [1]

Avant d’aller plus loin dans la découverte des cathédrales et de leurs mystères, faisons écho à l’enthousiasme de Rodin pour lier connaissance avec ces bâtisseurs du Moyen Age, et l’esprit dans lequel ils ont œuvré, qui n’est jamais le fait du hasard. Comme déjà dit, nous laisserons de côté le thème de l’art Roman pour aborder celui du Gothique, où la construction s’affine, où les murs épais disparaissent afin de laisser la lumière pénétrer à flot.

Le compagnonnage est fondé au moment des Croisades, pour servir le génie militaire sous le nom de Saint Devoir . Les compagnons ont apporté la main d’œuvre indispensable aux Templiers, les moines-soldats, durant les Croisades. On leur doit entre autres le fameux Krak des Chevaliers en Syrie. Les compagnons les plus instruits rapportent de Terre Sainte une nouvelle géométrie, celle du Trait dont le fondement du tracé s’appuie sur le nombre d’or la divine proportion, une science déjà connue dans l’Égypte antique. C’est le secret central des compagnons. L’application du Trait sera à l’origine d’une véritable révolution technique en architecture.

Tous les chantiers des cathédrales ont commencé presque en même temps… Nous avons vu qu’elles ont été construites sur des lieux où les forces telluriques étaient renforcées par des cavernes ou des sources.

1. Le chantier

Il est le plus souvent commandité par un évêque, ou un abbé, tandis que l’assemblée des chanoines (le chapitre) surveille le suivi des travaux. Les financements curieusement dénommés la fabrique proviennent majoritairement de dons, de quêtes, mais aussi de la vente d’objets de culte, de la saisie des biens des paroissiens décédés sans héritiers, ou encore des amendes infligées aux fidèles sous le fallacieux prétexte de sauver ainsi leur âme. Malgré tout, les difficultés financières venaient cependant paralyser les travaux régulièrement.

Sur le chantier, peu d’ouvriers savent lire et écrire, hormis les maîtres d’ateliers et le Maître d’œuvre, véritable chef d’orchestre de la construction. Contrairement à quelques idées reçues les femmes ont aussi leur place sur le chantier, elles en sont même un rouage essentiel notamment bien sûr pour l’apport de nourriture et l’intendance, mais parfois aussi pour le gros œuvre, « elles portent des pierres, brassent la chaux, travaillent les ardoises, construisent des échafaudages, tressent des cordes et des paniers… » [2]. Elles sont embauchées sous leur nom de jeune fille de façon à percevoir directement leur salaire ; moins fortes physiquement que les hommes, elles sont moins payées.

Le but du compagnonnage est la formation de professionnels de qualité, en leur assurant un savoir-faire technique, accompagné d’une dimension initiatique sans oublier l’importance de la transmission du savoir à ceux qui en sont dignes. Les constructeurs s’instruisaient entre eux, dans les loges, sans notion de secret, de façon essentiellement orale pour se préserver des ignares. La transmission concernait celui qui en était digne.

« Toute parole reçue que tu n’as pas transmise est une parole volée », telle est la devise des Compagnons du devoir,

– La loge : est l’abri dans lequel sont entreposés les outils et les pierres à utiliser. L’entrée n’était permise qu’à ceux qui avaient prêté serment de fidélité au « Devoir ».

– La chambre du trait est le local où sont dispensés les cours.

– Les cayennes sont les lieux de réunions pour les cérémonies initiatiques [3].

Les compagnons travaillent dans différents ateliers en effectuant leur tour de France, allant de maître en maître pour acquérir des techniques diversifiées. Au cours de leurs déplacements ils sont accueillis par la mère des compagnons souvent l’épouse d’un maître, qui tient une auberge dont elle gère l’administration tout en veillant au bon ordre de la cohabitation. Personnage central, elle accueille les itinérants, les nourrit, les soigne et les encourage.

Bien qu’ils soient héritiers d’une tradition remontant à l’Égypte ancienne, la légende fait remonter leur origine à la construction du temple de Salomon qui est souvent associé à Hiram ; cet architecte est le premier personnage d’une légende à caractère initiatique en usage dans le rituel de passage. Le second, Maître Jacques, tailleur de pierre, devient Maître des maçons au sein du chantier du Temple, où il rencontre le Père Soubise, moine et architecte, symbolisant le travail du bois.

Au temps de l’édification des cathédrales les nombreux intervenants sont organisés en loges indépendantes, en communautés de bâtisseurs où se côtoient :

– Le Maître d’œuvre : Homme de grande érudition allant de l’astrologie à la géobiologie en passant par la science des nombres et de leurs pouvoirs, voire de notions d’hermétisme, il est logé, nourri, dispose d’une domesticité et prend parfois ses repas à la table de l’évêque.

– Les compagnons : Ils œuvrent en toute humilité pour la gloire du grand Architecte de l’Univers, ce qui confère à leur art de bâtir le qualificatif d’art royal. Ce « Devoir » est leur lien sacré, le prolongement de l’œuvre divine et leurs marques, leurs signatures sont inscrites dans la pierre. [4]

– L’apprenti : Il lui faudra sept ans d’étude pour produire son « chef-d’œuvre » * et être admis au rang de compagnon fini au cours d’une cérémonie. C’est à cette occasion que lui sont remises la canne et les couleurs : rubans en soie des emblèmes compagnonniques. « Les couleurs sont la cocarde du compagnon. Elles symbolisent à ses yeux l’association à laquelle il est fier d’appartenir. Arracher à un compagnon ses couleurs, c’est le plus grand outrage qu’on puisse lui faire. » [3] Quant à la canne, elle accompagne celui qui effectue son tour de France initiatique, d’atelier en atelier, elle s’orne des couleurs obtenues tout au long de l’apprentissage.

* œuvre imposée à un apprenti-compagnon pour pouvoir passer maître en devenant compagnon-fini.

2. Les instruments de mesure

a. Le Gnomon : ou bâton de Râ. Le terme Gnomon est généralement attribué à un axe dont le temps et l’espace découlent directement. On peut nommer ce gnomon « bâton de Râ » lorsque à son sommet est enchâssé un objet creux laissant passer le soleil, et permettant de noter avec précision la projection de celui-ci sur la terre à un moment donné. On utilise ce gnomon pour chercher l’ombre projetée au sol pour la mesure de départ. La hauteur du gnomon était de 6 pieds, mais pouvait varier d’un édifice à l’autre.

b. La canne des bâtisseurs, ou pige : regroupe l’ensemble des mesures qui sont la coudée, le pied, l’empan, la palme et la paume.

La canne du Maître d’œuvre reste sur le chantier, dans la loge.

La canne du maître d’œuvre (crédits : sitego)

Les cinq mesures :

– La coudée : 52,36 cm

– le pied : 32,36 cm

– l’empan : 20,00 cm

– la palme : 12,36 cm

– la paume : 7,64 cm

Ces nombres sont en « Divine proportion », c’est-à-dire en rapport avec le nombre d’or, cela signifie que chaque mesure est le total des deux qui lui succèdent :

Si nous avons pour mesure :

A= la coudée

B= le pied

C= l’empan

D= la palme

E= la paume

Alors A/B = B/C = C/D = D/E = le nombre d’or [3]

La ville de Tours possède un musée du compagnonnage qui date de 1968. Aménagé dans une ancienne abbaye bénédictine, il expose environ 400 chefs d’œuvre admirables par la perfection de leur réalisation. Une visite incontournable pour qui veut aller plus loin dans la connaissance du compagnonnage.

Crédit Photos : Compagnons du Tour de France

Devise du musée : LA MAIN EST ESPRIT =Victoire de la sensibilité sur l’instinct.

3. Les corporations

– Les carriers : Avaient pour fonction d’extraire les pierres et de les détailler grossièrement. Lorsque la carrière se trouve éloignée du chantier, ce qui est souvent le cas, les tailleurs de pierre s’y rendent directement et travaillent sur place, ce qui a pour avantage de supprimer les transports de lourdes charges.

– Les Tailleurs de pierre : Leur apprentissage durait six ans. L’apprenti apprenait à reconnaître les différents types de pierre. Pour accéder au grade de compagnon il devait avoir la maîtrise parfaite des différentes formes de pierre constituant l’édifice, telles que les clés de voûte, les moulures, les chapiteaux etc. Tailleurs de pierre et maçons constituaient la communauté des pierreux.

Nantes. Clé de voûte cathédrale St Pierre St Paul (Wikimedia commons, auteur Guillaume Piolle)
Moissac chapiteau la Cène (Auteur Gautier Poupeau, Source Chapiteau de Moissac)

– Les maçons : Ils exerçaient souvent leur métier de père en fils, et devenus compagnons, ils se déplaçaient de chantier en chantier. Ils portaient une calotte rembourrée pour faciliter le transport de leur auge sur la tête lorsqu’ils montaient à l’échelle.

– Les charpentiers : Leur domaine d’intervention s’étend de la réalisation des échafaudages, à la roue à écureuil*, et autres moyens de levage ainsi qu’aux portes. Les charpentes étaient en chêne, assemblées et numérotées au sol, puis démontées et hissées jusqu’à leur emplacement définitif pour constituer la forêt. Il ne reste plus rien de celle de Notre Dame de Paris qui a entièrement brûlé au cours de l’incendie du 15 avril 2019.

* La roue à écureuil (Wikimedia Commons. Auteur Stefdn).

– Les couvreurs : Les matériaux de couverture des cathédrales étant soit en ardoises, en tuiles de céramique, ou encore en plomb, cela impliquait pour ces ouvriers à la fois d’être polyvalents ou encore d’avoir recours aux plombiers. La bonne étanchéité de la toiture leur incombait aussi, ainsi que le drainage des eaux de pluie qui devaient s’évacuer par les gargouilles.

–Les sculpteurs : Avec l’architecture gothique, le sculpteur accède à de nouveaux espaces à ciseler tant à l’extérieur qu’à l’intérieur ; ce sont essentiellement des thèmes religieux, des scènes de l’Ancien Testament, mais aussi des flèches, des gargouilles, des chapiteaux, des clés de voûte, des décors végétaux, et bien sur toute la statuaire.

– Les artistes peintres : La grande quantité de surfaces à peindre est cause que la limite entre peintre en bâtiment et artiste peintre n’était pas franchement établie. Les cathédrales étaient décorées en polychromies, ce que les illuminations les soirs d’été mettent encore en relief actuellement, comme nous l’avons déjà mentionné. Les portails extérieurs sont particulièrement décorés. La peinture à l’huile n’apparait qu’au XIVe s., de sorte que les peintres faisaient eux-mêmes leurs mélanges de pigments.

– Les verriers : Le vitrail est une caractéristique du Moyen Age, « il est un produit de l’alchimie » nous dit Louis Charpentier. [4]

« Le verre teinté utilisé pour les vitraux des cathédrales demeure l’un des plus grands mystères de l’architecture gothique. Ce type de verre particulier est apparu au début du XIIe s. mais il disparut aussi soudainement un siècle plus tard. Ce verre ne ressemblait à rien de ce que l’on avait vu auparavant et plus rien ne lui ressemblera ensuite. Non seulement la lumière du verre gothique est supérieure à celle d’autres écoles, mais sa capacité à renforcer la qualité de la luminosité est beaucoup plus efficace. Même au crépuscule, ses vitraux conservent un lustre incomparable. Le véritable verre gothique a aussi le pouvoir unique de transformer des rayons ultraviolets nuisibles en lumière bénéfique. Mais le secret de sa fabrication n’a jamais été révélé, même si l’on sait qu’il est le fruit de l’alchimie hermétique » [5]

Au XIIe s. à la demande de l’abbé Suger, la basilique de St Denis est dotée de vitraux chargés selon lui « de transformer la lumière en Lumière divine ». Ce décor de vitrail sera l’un des premiers et des plus importants du Moyen Age. Pour cet ouvrage, Suger fait intervenir les meilleurs artistes et maîtres verriers de la région, pour un projet grandiose qui a coûté plus cher que la construction. On ne mélangeait pas les couleurs au Moyen Age, chaque morceau de verre avait sa couleur unique :

  • Le verre rouge est obtenu par l’introduction d’oxyde de cuivre calciné.
  • Le verre vert est obtenu avec du fer.
  • Le verre jaune est obtenu avec du manganèse.
  • Le verre bleu est obtenu avec du cobalt et du safre (bleu saphir). [6]

La plupart des vitraux aujourd’hui dans les cathédrales ne sont plus en véritable verre gothique, mais ont été remplacés suite aux dommages causés lors de la seconde guerre mondiale.

Vue de la statuaire de la cathédrale d’Amiens sous les projections lumineuses. Domaine public

4. Les temps de repos

Au Moyen Âge , les ouvriers ne travaillent pas plus de quatre jours par semaine, les fêtes sont nombreuses, cultes liturgiques, fêtes agraires, fêtes patronales : saint Joseph, protecteur des charpentiers, saint Eloi protecteur des métallurgistes, l’Ascension pour les maçons et tailleurs de pierre. A ces occasions des processions, et des défilés sont organisés, les confréries de métiers défilent bannières en tête. Le temps du carnaval est le moment du grand défoulement populaire… Tout y est permis : on ridiculise prêtres, magistrats, grands bourgeois, on nomme des rois éphémères… Le défilé du Mardi gras débute la période d’austérité. Aux Rameaux on envisage les fêtes de la Passion, le jeudi saint, le vendredi de la crucifixion ; puis à Pâques, la Résurrection. Mais la cérémonie du saint sacrement, ou Fête Dieu est la plus somptueuse… Certains historiens ont ainsi dénombré 170 fêtes chômées par an. [7]

Par comparaison, il faudra attendre 1956 pour que, s’ajoutant aux dix jours de fêtes légales, la France accorde trois semaines de congés à ses citoyens, à peu près l’équivalent de ce que l’Eglise accordait au Moyen Age.

Notes

[1] Auguste Rodin : Les cathédrales de France

[2] TV5 Monde : Les femmes à travers l’Histoire : de l’invisibilisation à la lumière

[3] Christian Jacq : Le message initiatique des cathédrales

[4] Louis Charpentier : Le mystère des cathédrales

[5] Laurence Gardner : les secrets perdus de l’Arche d’Alliance

[6] Source Wikipedia

[7] J.P. Bayard : La tradition cachée des cathédrales

Série Les Cathédrales

1. Les secrets des cathédrales

2. Les religions primitives

3. Notions de base

4. Le compagnonnage

GLDF : Conférence de l’Ancien Grand Maître Alain Graesel à Évreux (Eure)

« La Franc-maçonnerie en 2022. Fantasmes et réalités »

Jeudi 27 octobre 2022 – à 19h30 – Au programme ? Découvrez la Franc-maçonnerie en Grande Loge de France, dont le cœur de projet est l’Humain dans le déploiement de toutes ses facultés.

Quand ? Jeudi 27 octobre 2022 – à 19h30

Avec Alain GRAESEL, Grand Maître de la Grande Loge de France de 2006 à 2009

Où ? Château de Trangis – 14, rue du Plus-que-Tout – 27000 Évreux

Inscription obligatoire :

Informations sur nos réseaux sociaux et sur notre site internet : gldf.org

Mixité mixités – le nouveau numéro de PERSPECTIVES – les Cahiers du DROIT HUMAIN

Le dernier numéro de PERSPECTIVES – Cahiers du DROIT HUMAIN – est disponible à la vente. Il traite des mixités au sens le plus large qui soit.

Au sommaire :

LE CHOIX DE MARIANNE

NOTRE DOSSIER
MIXITÉ MIXITÉS

  • MIXITÉ, LA TRIPLE ÉVIDENCE
  • UNE HISTOIRE SANS FIN ?
  • NOUS SOMMES TOUS DES MÉTIS
  • MOTS CLÉS
  • ENTRETIEN AVEC ÉLISABETH ROUDINESCO
  • SALAIRE DES FEMMES… ÉGALITÉ ?
  • LE SIÈCLE DES COUTURIÈRES
  • ENTRETIEN AVEC PHILIPPE SIMAY
  • LA REVENDICATION D’UN DROIT À LA VILLE
  • L’ENGAGEMENT POUR L’ÉGALITÉ DE SIX ARTISTES INSPIRANTES
  • ALICE GUY : MILLE FILMS ET L’OUBLI
  • VIVIANE VILLATTE ET GEORGES VOILEAU : LA MIXITÉ AU DROIT HUMAIN

LIVRES CHOISIS

L’EXPÉRIENCE MAÇONNIQUE EN MIXITÉ

ASPECTS DE LA PENSÉE CONTEMPORAINE

Revue (14€ port inclus) à commander via ce lien (des anciens numéros sont encore disponibles pour compléter votre collection) 

Visitez le Temple Maçonnique de Charleville-Mézières

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Un moment rare, un endroit ouvert au public uniquement lors de ce rendez-vous annuel… visite du Temple Maçonnique de Charleville-Mézières et entretien en compagnie du Vénérable Maître, Michel ANDRE. Réalisation : Olivier FAVER – http://ofconsulting.jimdo.com (à l’occasion des Journées du patrimoine des 20 et 21 septembre 2014.)

Sur les traces des Templiers en Côte-d’Or

De notre confrère bienpublic.com – Par Mathieu BANQ 

Il y a 715 ans, le 13 octobre 1307, le roi de France Philippe le Bel ordonnait l’arrestation des chevaliers templiers dans tout le royaume. Et signait là la fin de l’ordre militaire, solidement implanté en Bourgogne et en Côte-d’Or.

Le 13 octobre 1307, il y a 715 ans, dans un contexte de conflit ouvert avec le Pape, le roi de France Philippe le Bel ordonne l’arrestation de tous les chevaliers templiers du royaume. À l’issue d’une procédure qui durera jusqu’en 1314, ‘’l’ordre des Chevaliers du Temple’’ est dissout, et ses biens reversés aux ordres rivaux (notamment celui des Hospitaliers).

Commanderies, chapelles, prieurés, mais aussi fermes et granges, forêts, champs et rus… Les Templiers, puisque c’est ainsi qu’on les appelle aujourd’hui, possédaient de nombreux établissements, terres et édifices en Bourgogne et en Côte-d’Or. L’ordre militaro-religieux est même associé au nom de deux communes du département : Bure-les-Templiers et Voulaines-les-Templiers.

Beaucoup d’établissements ayant appartenu aux chevaliers templiers ont désormais disparu, mais certains sont encore debout, comme la commanderie de la Romagne ou l’église de Bure-les-Templier. S’il est difficile d’en faire un recensement exhaustif (une commanderie pouvait posséder des champs, une ferme ou un moulin situés à des dizaines de kilomètres), voici une carte présentant les principaux lieux ayant eu un lien avec le Templiers.

Les Templiers et la Côte-d’Or, c’est toute une histoire

Les liens entre l’ordre du Temple et la Côte-d’Or sont forts. En effet, parmi les neuf fondateurs de l’ordre, on trouve un certain André de Montbard. André, né vers 1103, dernier fils du comte de Montbard (et de ce fait faisant face à un avenir un peu bouché chez lui), se rend en Terre Sainte dans la seconde moitié des années 1110, puis crée en 1120, avec huit autres chevaliers, la milice des Pauvres chevaliers du Christ et du Temple de Salomon, destinée à protéger les pèlerins se rendant à Jérusalem.

Quelques années plus tard, alors que ce groupe jusqu’ici informel cherche à acquérir une légitimité auprès des autorités et notamment du Pape, ses membres se tournent vers le neveu d’André de Montbard : un certain Bernard de Fontaine (-lès-Dijon), futur saint Bernard de Clairvaux. Ce dernier, grande figure de la chrétienté, participe à l’élaboration des statuts de cet ordre de moines combattants, qui prend en 1129 le nom d’ordre des chevaliers du Temple, puis encourage le Pape à reconnaître son existence et à le supporter financièrement (ce qui sera chose faite dès 1139).

André de Montbard devient, lui, après plusieurs allers-retours entre la Terre Sainte et la France, le cinquième Grand Maître de l’ordre en 1153 ou 1154, puis démissionne (ou est tué) en 1156.

Cent sept ans plus tard, en 1265, un jeune chevalier franc-comtois, Jacques de Molay*, est intronisé dans l’ordre à Beaune. En 1292, il devient le 23e Grand Maître des Templiers. C’est lui qui doit faire face, à partir de 1307, aux accusations portées contre l’ordre par Philippe le Bel. En 1314, après un procès, il est executé sur un bûcher à Paris. Selon la légende, il aurait, pendant son supplice, maudit le roi et la dynastie des Capétiens. Vingt ans plus tard, le dernier héritier direct de Philippe le Bel meurt, ouvrant la voie à la crise dynastique qui causera la Guerre de Cents ans…

*Cf. notre article du 1er septembre dernier « Savez-vous qui était Jacques de Molay ? » https://bit.ly/3s8YWNN

À propos de la franc-maçonnerie

De notre confrère brésilien diariodaregiao.com.br

La Cosmos Masonic Lodge, la plus ancienne entité associative de São José do Rio Preto, fondée en 1899, vient au public pour apporter des éclaircissements face aux attaques constantes que subit l’Ordre maçonnique ces dernières semaines.

Tout d’abord, il convient de noter que la franc-maçonnerie est une société bienveillante d’action sociale discrète, et non une société secrète comme pourrait le supposer l’imaginaire collectif. Au contraire : comme tant d’autres représentants du Tiers Secteur, les Loges Maçonniques sont des entités formellement constituées, inscrites aux Chambres de Commerce et au Registre National des Personnes Morales.

La perspective maçonnique de la bienfaisance est imprégnée de foi, d’amour et de charité et c’est ainsi que la Loge Cosmos opère dans cette Terre de Saint Joseph depuis 123 ans. De la même manière, dans notre parcours centenaire, nous avons collaboré au développement de nos travailleurs, qui, jour après jour, cherchent à devenir des hommes meilleurs, développant inlassablement la moralité, l’honneur et la sagesse.

Ainsi, nous précisons que la Franc-Maçonnerie se propose, fondamentalement, d’être une société à caractère universel, soucieuse du bien-être de ses membres et des personnes en situation sociale fragile ; l’Ordre maçonnique n’est pas une religion et, contrairement à ce qui a été rendu public, il n’y a pas de limites religieuses dans ses rangs, étant accepté à la fois les chrétiens et les non-chrétiens qui professent d’autres religions et recherchent l’Ordre maçonnique pour l’élévation morale ; nous défendons l’exercice constant de la tolérance et du respect mutuel et nous exaltons nos valeurs, synthétisées en trois éléments : Liberté, Égalité et Fraternité, les mêmes idéaux défendus par la Révolution française et par la pensée positiviste

Le positivisme, doctrine altruiste et scientifique, défend l’accroissement du progrès du bien-être moral, intellectuel et matériel de toutes les sociétés humaines, et il a aussi sa place dans les symboles nationaux, puisque la devise gravée sur le Pavillon vient du positivisme philosophie National : Ordre et Progrès.

A ceux qui pensent que la Franc-Maçonnerie suit ses propres règles, nous voudrions rappeler que, avec attention, nous avons observé les dures attaques que notre Ordre a subies, de manière lâche, sans scrupule et surtout anonyme. Et nous soulignons que contrairement à nos adversaires, nous respectons les lois de ce pays et sa Constitution ; l’État de droit et la société brésilienne.

À propos de nos rites et symboles, nous renforçons la tradition qui remonte au Moyen Âge – au lointain XIIIe siècle, aux chantiers et aux spécificités du métier de maçon, qui ne diffère pas des autres institutions qui maintiennent leurs traditions, rites et symboles. Et tout comme l’Ordre maçonnique le fait, les églises, les tribus et les institutions académiques le font, qui possèdent et préservent leurs rituels.

Enfin, nous soulignons qu’une institution fraternelle telle que la franc-maçonnerie, qui au cours des siècles a promu et soutenu la démocratie, la liberté d’expression et de pensée, qui a mené une lutte constante pour les droits de l’homme et contre l’hypocrisie, l’ambition excessive, le fanatisme et l’oppression, n’est pas un parti politique et n’autorise pas, dans ses colonnes, les discussions partisanes.

Tout comme nous avons été aux côtés de la ville de São José do Rio Preto au cours des douze dernières décennies, discrets et en activité constante en faveur de la société et de la charité, nous réitérons notre engagement envers le pays et notre ville. A ceux qui nous cherchent, nous serons toujours debout et en ordre.

Alan Queiroz,  Vénérable Maître de la Loge Maçonnique Cosmos

31/10/22 : Pierre Mollier convoque Étienne Morin à Cahors (Lot)

Le 18 septembre dernier, nous vous invitions à un « Save the date ! », soit un « Réservez la date ! » En effet, les Conférences de Midi à Minuit, jeune association cadurcienne composée de Sœurs et Frères de toutes les obédiences présentes dans le département, organise une conférence gratuite le lundi 31 octobre 2022, à Cahors, dans le Lot.

Pierre Mollier, historien, conservateur du musée de la franc-maçonnerie et rédacteur en chef de la revue d’études maçonniques Renaissance Traditionnelle intervient sur

« L’itinéraire exceptionnel d’un Franc-Maçon lotois : Étienne MORIN »

Cahors, belle ville sur le Lot en région Occitanie, était jusqu’à présent connu pour son vin rouge intense, ses jardins municipaux, son pont Valentré, ses maisons à colombages et son imposante cathédrale Saint-Étienne, de style gothique et roman.

Elle le sera désormais grâce aux révélations de Pierre Mollier sur Étienne Morin, un maçon pas comme les autres !

Si le lieu exact de la naissance d’Étienne Morin, né vers 1717 en Quercy, n’est toujours pas connu, il en est vraisemblablement de même quant à l’Orient et à sa date de réception dans l’Ordre. Et il est devenu, bien après sa mort, l’un des noms les plus célèbres de toute l’histoire maçonnique française. En 1743, il fut l’un des fondateurs de la loge « La Parfaite Harmonie », loge écossaise de Saint-Jean-de-Jérusalem, l’une des premières loges de haut grade en France.

Le 27 août 1761, il reçoit une patente le nommant « Grand Inspecteur pour toutes les parties du Monde ». À ce titre, il créera des Loges dans toutes les Antilles. C’est à partir de ces loges, de leurs rituels de hauts grades et de la patente de Morin qu’Henry Andrew Francken – nom passé à la postérité maçonnique en raison des manuscrits dits « Francken » – transmettra l’ancêtre du Rite Écossais Ancien et Accepté (REAA) aux Amériques avant que celui-ci ne soit complété, plus tard, par les 3 premiers degrés symboliques.

Les Colonnes-La Boutique Maçonnique, tablier de Maître REAA

Une autre façon de connaître tous les secrets du REAA… ou presque !

Une conférence suivie d’une dédicace et d’un buffet fraternel (15 €).

Nous vous rappelons la toute dernière parution de Pierre Mollier La Chevalerie maçonnique-Franc-maçonnerie, imaginaire chevaleresque et légende templière au siècle des Lumières (Dervy, Coll. Renaissance Traditionnelle, nouvelle éd. revue et augmentée, 2022).

Inscription obligatoire sur confmidiminuit@gmail.com

ou sur le lien d’inscription en ligne « Information – demande d’invitation à la Conférence » https://bit.ly/3Cx2jmz

Manuscrit Saint-Domingue 1764 » conservé à la BnF

Infos pratiques : Lundi 31 octobre 2022, à 19 h 30 précises – Conférence gratuite sur inscription préalable obligatoire

Brevet de Chevalier d’Orient délivré par Étienne Morin à Alexis Delmas, 1767

Regard sur… Ásatrú

L’Ásatrú est une religion du « néopaganisme » germanique ou précisément germanique du Nord dit aussi nordique ou scandinave. Elle tire la plupart de ses enseignements des sagas dites les sagas islandaises, dans l’Edda poétique et dans l’Edda de Snorri. Cette religion s’inscrit dans le mouvement reconstructionniste qui vise à faire revivre les religions ethniques polythéistes qui existaient avant l’arrivée des religions monothéistes.

Sens du mot

Le mot Ásatrú signifie littéralement « foi, croyance en les Ases », en islandais moderne.

Selon le professeur Régis Boyer, le substantif « trú » proviendrait du vieil haut allemand. L’Ásatrú comporte deux familles de divinités : les Ases et les Vanes. Les pratiquants de l’Ásatrú sont appelés Ásatrúar ou encore Ásatrúiste, qui constitue un pur néologisme, faute de terme plus approprié. Le mot Ásatrú se traduit dans plusieurs langues : Asentreu (allemand), Anstrêve (français), Asatro (danois), Asatro (suédois), Åsatru (nynorsk).

Le mot « áss » (en vieux norrois) remonterait au gotique ans, renvoyant à l’idée de « poutre » (les représentations des divinités étant sculptées sur des poutres de bois. Le mot áss a été introduit par les auteurs chrétiens évhéméristes, principalement par Snorri Sturluson, pour affirmer que les dieux dits païens immortels n’étaient en fait que de simples magiciens mortels venus d’Asie, dans le but d’éradiquer les croyances dites païennes (Trojumanna saga, saga des Troyens).

Beaucoup plus anciens que les Ases, les Vanes sont les puissances de la fertilité-fécondité autochtones des pays nordiques. Le culte des Vanes possède une origine matriarcale, car les peuples autochtones de Scandinavie (c’est-à-dire les peuples en place en Scandinavie avant l’arrivée des Indo-Européens) vouaient, croit-on, un culte à la Déesse Mère avant la christianisation.

Forn Siðr

Les peuples scandinaves ne donnaient pas de nom à leur culte avant l’arrivée du christianisme. Pour Régis Boyer, à la suite de l’arrivée des missionnaires chrétiens en Scandinavie tels qu’Anschaire de Brême vers 829 et du roi Harald Ier de Danemark qui réussit à imposer le christianisme dans son pays vers 960, les textes médiévaux de Scandinavie mentionnent le terme « Forn Siðr », expression signifiant « ancienne coutume » ou « ancienne pratique » en vieux norrois, pour désigner la religion originelle de ces peuples, ou religion nordique ancienne.

La Forn Siðr a été presque éradiquée à partir du xiie siècle à la suite du prétendu incendie du temple de Gamla Uppsala en 1087 et à l’établissement de l’archevêché de Suède en 1164 au même endroit.

Depuis le xixe siècle

Les trois dirigeants de la Sveriges Asatrosamfund (la Société de l’Ásatrú de Suède) durant une cérémonie printanière exécutée à l’ancien monument Ales Stenar près de Kåseberga à Österlen en Scanie, dans le Sud de la Suède dans le cadre du thing annuel de la Société le 26 avril 2008.

Selon l’auteur suédois Hans Gustav Otto Lidman (1910-1976), l’église « en bois debout » de Skaga, située dans le parc national de Tiveden (à environ 140 km à l’Ouest de Stockholm), serait un des derniers lieux de pratique du paganisme nordique. À trois reprises, cette dernière a été détruite, dont en 1826, à la suite de la pression du diocèse de Skaga qui voulut mettre fin à la controverse entourant l’utilisation d’un puits sacrificiel à proximité de l’église en question.

Après avoir eu peu, voire pas, de pratiquants durant des siècles, l’Ásatrú réapparut sous une forme organisée quoique rudimentaire, sous l’impulsion des romantiques tels qu’Erik Gustaf Geijer (1783-1847) et la société littéraire Götiska Förbundet, en Suède.

Le mot Ásatrú a été utilisé pour la première fois dans un opéra inachevé du compositeur norvégien Edvard Grieg en 1870 et dans un article du périodique islandais Fjallkonan en 1885.

Par la suite, des groupes organisés apparurent en Allemagne au début du xxe siècle avec la Germanische Glaubens-Gemeinschaft (c’est-à-dire la communauté de la foi germanique, en haut allemand moderne), une organisation fondée le 3 août 1913 par le peintre, écrivain, poète et professeur universitaire Ludwig Fahrenkrog.

La seconde renaissance de l’Ásatrú débuta à la fin des années soixante et au début des années soixante-dix. En 1973 le gouvernement islandais reconnaît l’Ásatrú comme une religion d’État officielle, principalement grâce aux efforts de Sveinbjörn Beinteinsson. Dans le même temps, aux États-Unis, Stephen McNallen, un officier de l’armée de terre américaine, lança l’édition d’un journal intitulé « The Runestone » et créa The Ásatrú Free Assembly renommée par la suite Ásatrú Folk Assembly.

Le 6 novembre 2003, la Société des Ases et des Vanes au Danemark, fondée en 1997 à Odense obtient du ministère des affaires religieuses le statut de religion reconnue. Elle rassemble des groupes locaux dans plusieurs régions du Danemark et compte autour de 800 fidèles.

De nos jours, on peut trouver des pratiquants de l’Ásatrú à travers le monde entier mais principalement en Scandinavie, en Europe de l’Ouest, aux États-Unis, au Canada en Australie et en Nouvelle-Zélande. Il n’existe en revanche pas d’estimation fiable du nombre exact de fidèles. Selon l’organisation américaine Irminsul aettir, on dénombre officiellement 5 500 Ásatrúar déclarés dans le monde entier. Selon le blogue The Norse Mythology Blog, 16700 personnes se déclarent « heathen » dans le monde en 2013.

Organisations nationales et internationales

Le marteau, Mjöllnir, fréquemment porté en pendant par les Asatruars, est l’un des symboles majeurs de l’Asatru.

Les Ásatrúar et les kindreds peuvent, s’ils le désirent, faire partie d’organisations à l’échelle nationale ou internationale, principalement retrouvées aux États-Unis et en Europe. Voici des exemples :

  • American Vinland Association (basée à San Francisco, en Californie)
  • Asatru Alliance (basée dans la ville de Payson, en Arizona)
  • Ásatrúarfélagið (basée à Reykjavik, en Islande)
  • Åsatrufellesskapet Bifrost (basée à Lysaker, en Norvège)
  • Asatru Folk Assembly (basée à Nevada City, en Californie)
  • Confederation of Independent Asatru Kindreds (basée à Adamsville, en Alabama)
  • Sveriges Asatrosamfund (basée à Stockholm, en Suède)
  • The Troth (basée à Berkeley, en Californie)
  • Comunidad Odinista de España – Ásatrú (basée en Albacete, Espagne)
  • Forn Siðr Blótsfélag Sjánghais (basée en Chine)
  • Les Enfants d’Yggdrasil (basée en France)

Éthique

L’organisation américaine Asatru Folk Assembly, fondée par Stephen McNallen en 1994, prône notamment un code d’éthique tiré de certaines œuvres littéraires de la Scandinavie médiévale telles que l’Edda poétique (et particulièrement les Hávamál et les Sigrdrífumál) et aussi des Sagas islandaises. Cependant, Stephen McNallen ne mentionne pas la rigueur intellectuelle dont lui et ses pairs ont fait preuve lors de cette analyse philologique.

Quoi qu’il en soit, ce dit code moral se décline en neuf nobles « vertus » :

  • La force est préférable à la faiblesse ;
  • Le courage est préférable à la couardise ;
  • La jouissance est préférable à la culpabilité ;
  • L’honneur est préférable à la honte ;
  • La liberté est préférable à l’asservissement ;
  • La parenté est préférable à l’aliénation ;
  • Le pragmatisme est préférable au dogmatisme ;
  • La vigueur est préférable à la paresse ;
  • L’ascendance est préférable à l’universalisme.

Quoique fort répandu chez les Ásatrúar du monde entier, aucun code d’éthique ne fait l’unanimité chez les pratiquants. D’autant plus que l’observance d’un code de conduite constitue un concept relativement récent, si on étudie l’histoire de cette religion.

Croyances

Vegvísir et variantes telles que le Ægishjálmur, le Veiðistafur et le Hólastafur, sont perçus comme des symboles de protection représentant les 9 mondes dans le Yggdrasill.

Voici les neuf piliers fondamentaux compris dans l’Ásatrú, comme établis lors du Freespirit festival de 1994, par Lewis Stead, le rédacteur en chef d’Ásatrú Today, The Journal of Norse Paganism :

L’étude de l’histoire, de la civilisation et des langues scandinaves dont l’islandais, le danois, le suédois, le féroïen, le nynorsk, le bokmål, le gutnisk et l’övdalsk par exemple, ainsi que le vieux norrois

  • La croyance en l’existence des neuf mondes représentés par l’arbre Yggdrasil, soit Ásgarðr, (le monde des Ases), Ljösláfheimr (le monde des Elfes lumineux), Vanaheimr (le monde des Vanes), Jötunheimr (le monde des géants), Miðgarðr (le monde du Milieu, c’est-à-dire la Terre), Muspellsheimr (le monde du feu), Nilfheimr (le monde des brumes), Svartalfheimr (le monde des Elfes sombres), Helheimr (un des royaumes de la mort)
  • La croyance en de « nobles vertus » en guise de code d’éthique, pour certains pratiquants
  • La croyance en un panthéon majeur propre aux peuples scandinaves (Ases et Vanes)
  • La croyance en un panthéon mineur (les elfes dit Alfar, les Valkyries, les Landvættir, etc.)
  • Le culte des ancêtres
  • Une relation privée avec les divinités Ases et Vanes
  • L’étude et l’utilisation des runes (le nombre de runes utilisées peut varier)

L’utilisation de symboles spécifiquement scandinaves : le marteau de Thor, le valknut, Irminsul, le fylfot, la croix odinique, cœur de Hrungnir, etc.

La grande majorité des Ásatrúar ne voient pas la mythologie nordique comme une vérité littérale, mais comme une vérité métaphorique. Il n’existe pas de théologie orthodoxe de la religion Ásatrú, bien qu’il existe des variantes. La Nature est adorée, relativement à sa représentation dans le panthéon nordique, mais également révérée dans la pratique. Cependant, l’Ásatrú n’est pas une religion repoussant les innovations techniques.

Les Ásatrúar ne considèrent pas leur religion comme étant issue du néopaganisme au sens usuel, et la majorité des fidèles rejettent cette étiquette. On la considère davantage comme une religion reconstruite. La pratique est basée sur les enregistrements historiques disponibles, leurs interprétations et leur extension. Les rites varient d’un groupe ou d’une communauté à l’autre, mais seulement dans leurs détails.

La comparaison entre l’Ásatrú et d’autres religions est assez délicate et consisterait plutôt à mettre en lumière leurs différences que leurs points communs. Dans la religion Ásatrúar, les Ases ne sont pas des êtres infaillibles ni même immortels et on ne les adore pas avec soumission. Ils sont plus considérés comme des amis dont la sagesse et la puissance peuvent venir en aide à point nommé. De plus, les dieux du Nord ne sortent pas tout en armes de la tête de leur géniteur et ne restent pas immuables devant le passage du temps. Ils sont le produit de leur existence, comme on peut le voir en étudiant la vie de Loki, le géant du feu ou mieux, celle de Freyr, le dieu de la fertilité. Les hommes, créés par Óðinn et ses frères, sont très proches des dieux, par leur comportement et les relations hommes/dieux sont, en quelque sorte, familiales.

Autrefois, il n’était pas rare qu’un Scandinave punisse le dieu qui l’avait trahi en lui retirant (pour un temps) son adoration et ses offrandes. C’est d’ailleurs ce trait de caractère qui rendit l’implantation de la religion chrétienne si délicate dans ces contrées : au moindre revers, Jésus était mis au coin au profit des Ases et des Vanes.

À la différence de la plupart des autres religions, La religion Ásatrúar, depuis son origine, ne comporte aucune liste de comportements à proscrire. La recherche d’un compromis entre la liberté et la responsabilité est en revanche un thème central dans la littérature légendaire, mystique et historique de cette religion, littérature que les membres des associations Ásatrúar sont tenus d’étudier sérieusement. Certains comportements condamnés dans d’autres religions (comme la fierté) sont considérés comme des qualités, à condition qu’ils soient correctement exprimés. Il n’est jamais question de « rédemption », de « sauvegarde », ni même de « perfection » dans l’Ásatrú. La théorie de la vie après la mort est sans doute le reflet de la justice expéditive des temps anciens.

De même, cette religion voit d’un assez mauvais œil le prosélytisme. Pour elle, le croyant doit venir de lui-même.

Bien qu’elle descende d’une culture guerrière, l’Ásatrú n’est pas une religion misogyne : Óðinn fit l’homme et la femme de deux branches distinctes : Askr et Embla. La déesse de l’amour est également une déesse guerrière et dans l’Antiquité nordique, hommes et femmes pouvaient être appelés à se battre (voir par exemple l’article sur les Berserkir). C’est pourquoi hommes et femmes sont considérés à de nombreux égards comme égaux, bien que différents et les femmes ont un rôle important à jouer dans les rites Ásatrúar.

Le culte des dieux nordiques et germaniques est sujet à des variations régionales, dues à l’interprétation subjective des pratiquants les plus influents (goðis). Par exemple, en Islande, beaucoup considèrent l’Ásatrú comme une religion orientée politiquement à gauche, alors qu’une petite partie des pratiquants allemands ou américains sont parfois clairement d’extrême droite. Ces derniers cherchant à justifier leurs idées par une religion qui, à l’origine, n’a rien à voir avec la pensée politique développée par ces individus. Entre autres choses, ces personnes ne réservent l’adhésion à leurs associations qu’aux seules personnes d’origine germanique ou nordique. Dans tous les cas, le pratiquant devra se rapprocher avec prudence des associations religieuses qu’il ne connaît pas.

En France, l’Ásatrú ne tient pas compte de l’origine des individus : chacun peut se réclamer de l’Ásatrú, quelle que soit son origine ethnique, tant qu’il a la foi. D’autres estiment que l’Ásatrú est la religion naturelle des Scandinaves, des Germains et des Anglo-Saxons : il n’y aurait donc aucune raison que d’autres peuples puissent se réclamer de l’Ásatrú.

Blót

Autel ásatrú.

Quoique le mot blót renvoie à l’idée de sacrifice, il faut le prendre au sens de « vénération ». Il constitue un rite autrefois pratiqué dans le but de renforcer le pouvoir d’une divinité par l’entremise d’un liquide sacrificiel : bière, hydromel, vin et sang notamment. Ce rituel peut être très formel, mais l’idée sous-jacente ressemble davantage à une invitation d’un membre de la famille à sa table que d’une messe. Nourriture et boissons sont souvent offertes à cette occasion. La plupart seront consommées par les participants et la partie destinée à la divinité sera versée dans un puits sacrificiel nommé blótkelda ou dans une source sacrificielle nommée blótgröf. La boisson traditionnelle à cette occasion est l’hydromel ou la bière.

Calendrier

Régis Boyer explique sporadiquement que la Scandinavie préchrétienne célébrait plusieurs moments forts de l’année selon le découpage sommaire suivant. Remarquons que ces célébrations revêtaient parfois un caractère religieux, parfois juridique :

  • Le 21 mars : le Dísarblót national (à tous les neuf ans)
  • Entre le 9 et le 15 avril : Sigrblót (sacrifice pour la victoire)
  • Le 15 au 22 mai : SóknarÞing (le règlement des peines)
  • Le 22 au 30 mai : SkuldaÞing (le règlement des dettes)
  • Le 15 juin au 1er juillet : Midsumarblót – AlÞing
  • Le 21 septembre : le LeidÞing – Haustblót – Álfablót
  • Le jeudi suivant le 13 octobre : Vetrnætr – Dísarblót local
  • Le 21 décembre au 1er janvier : Jól – Jólablót

Aujourd’hui, les Ásatrúar semblent davantage s’inspirer des calendriers wiccans ou néo-druidiques. La très forte connotation celtique de certains mots utilisés pour désigner ces fêtes trahissent un manque de rigueur au niveau ethnolinguistique. Certains pratiquants soutiennent le fait que l’on devrait s’inspirer davantage des noms traditionnels comme ceux décrits ci-haut par Régis Boyer, avec la graphie savante en vieux norrois. Quoi qu’il en soit, le calendrier suivant est largement accepté par une bonne majorité des Ásatrúar dans le monde :

  • Le 21 décembre : le solstice d’hiver / Yule
  • Le 1er février : Imbolc
  • Le 21 mars : l’équinoxe de printemps / Ostara
  • Le 1er mai : Beltane
  • Le 21 juin : le solstice d’été / Litha
  • Le 1er août : Lughnasadh
  • Le 21 septembre : l’équinoxe d’automne
  • Le 1er novembre : Samhain

Symbel ou sumbl

Gamla Uppsala : selon Adam de Brême, le vieil Upsal était le centre du paganisme des Suédois et à cet endroit se serait trouvé un temple païen où les rois sacrifiaient aux divinités nordiques.

Le symbel (en vieil anglais) ou sumbl (en vieux norrois) est un rite d’inspiration traditionnelle autrefois nommé drekka mini (« boire à la mémoire de ») dans lequel une boisson est passée d’une personne à l’autre d’une assemblée réunie en cercle.

Les libations rituelles faisaient partie de toutes les festivités du monde scandinave Selon un rituel précis, on consomme cette bière spécialement brassée. Dans la saga d’Egill, fils de Grímr le Chauve, on spécifie que la boisson la plus prisée reste le mungát, une bière forte à laquelle on a ajouté du miel. Cette même saga mentionne qu’on doit faire circuler dans la salle une corne à boire en prenant chacun une gorgée. Cette opération se nomme sveitardrykkja, c’est-à-dire une gorgée à tour de rôle. On s’assoit souvent deux par deux selon un tirage au sort, puisqu’on faisait confiance par-dessus tout aux arrêts du destin. Il est convenu qu’on s’assoie en couple, souvent homme et femme. Chacun doit vider la moitié de sa corne et si quelqu’un manque à boire sa ration, il peut en résulter de chaudes disputes. Si quelqu’un veut davantage prouver sa valeur, il peut s’il le désire boire la corne au grand complet.

La saga de Snorri le Godi, on mentionne que la bière est la boisson obligée de toutes les festivités et que son pouvoir et sa valeur sacrée ne font pas de doute. De plus, on mentionne qu’on doit porter un toast avant de boire et que lors de ces soirées, il n’était pas question de ne pas s’enivrer. Par ailleurs, cette même saga mentionne qu’à chaque fête, il convient de boire une nouvelle bière brassée selon une opération magique avec des rites précis. Le moment idéal pour brasser la bière reste Jól, d’après les anciens textes.

La saga de Glúmr le Meurtrier, détaille les différentes façons de boire la bière. Tout d’abord, il faut se servir d’une corne généralement ornée. On passait cette dite corne de l’un à l’autre ou bien en zigzaguant entre les bancs se faisant face. Le maître de la maison prononce des paroles sacrées sur la corne avant de la faire circuler. D’après cette saga, il existe trois façons de boire : « sveitardrykkja » (boire une seule gorgée à tour de rôle), « tvímenningr » (boire en couple chacun une moitié de corne) et « einmenningr » (boire seul la corne en entier).

Seydr

Le Seydr (ou Sejðr selon la graphie savante) signifie littéralement « bouillonnement, effervescence » et désigne un ensemble de pratiques chamaniques propres aux religions nordiques.

Le Sejðr implique une transe et vise à percer les desseins des Nornes afin de connaître le destin (wyrd ou orlög) ou pour changer le chaman en animal. Dans la légende, c’est Freyja qui enseigna cette magie aux Ases. Si on en croit la Lokasenna (texte où Loki calomnie les dieux jusqu’à l’intervention de Thor), le Sejðr était une activité magique plutôt réservée aux femmes, mais qu’Odin pratiquait assidûment. La transformation en animal consiste à échanger son hamr (la substance qui donne sa forme au corps) avec celui d’un animal par la force de concentration. Le Sejðr est mentionné dans le Gylfaginning, c’est-à-dire « la mystification de Gylfi » en vieux norrois, soit la première des trois parties de l’Edda de Snorri Sturluson.

Variantes de l’Ásatrú

Le valknut se retrouve surtout sur les pierres commémoratives dites « bautasteinar » en vieux norrois.

Le terme « Ásatrú » est davantage utilisé aux États-Unis (voir Asatru folk Aseembly et Asatru Alliance), au Canada et en Scandinavie (Ásatrúarfélagið en Islande et Åsatrufellesskapet en Norvège notamment) tandis que le terme « Odinisme » est davantage répandu au Royaume-Uni (The Odinic Rite UK), en Australie, en France (Les fils d’Odin), en Espagne (Hermandad Odinista del Atlántico), en Italie (Comunità Odinista).

D’autres termes sont utilisés par certains pratiquants pour désigner cette religion telles que la vanatrú, l’odalisme, le Wotanisme, le wodanisme, le théodisme, le fynsidu, le gaelic heathen, le norse heathenism, la northern îsles tradition, le rökkatru, le thrusatru, le heathen druidry, le wyrd druidry, le norse druidry, le néopaganisme germanique, la tradition des francs, le forn sed, le forn sidr, l’armanisme de Guido von List et l’irminisme sans que tous ces mouvements soient directement apparentés.