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06/01/23 : La newsletter du GODF

La lettre d’information du GODF, en date du vendredi 6 janvier 2023, nous informe des événements du mois à venir.

ÉVÈNEMENTS

Georges Sérignac
Georges Sérignac, grand maitre du Grand Orient de France

Entretien avec Georges SERIGNAC, grand maître du Grand Orient de France dans l’émission « C’est Excellent », présentée par Judith BELLER dimanche 8 janvier 2023 à 19h sur Sud Radio.

C’est excellent vous embarque sur les chemins de l’excellence française. Judith Beller reçoit les créateurs qui ont pris le risque merveilleux de l’excellence. Une plongée dans l’intimité des métiers et de ceux qui les incarnent à travers le regard d’une personnalité médiatique. Retrouvez « C’est excellent » chaque dimanche de 19h à 20h sur Sud Radio et en podcast.

L’interview, en podcast – 52 minutes -, de Judith Beller rendant tout d’abord hommage à la romancière, essayiste, critique littéraire et pianiste Catherine Gradwohl, dite Catherine David, décédée le 2 janvier dernier, sa mère, avant de présenter succinctement le GODF et de demander à son grand maître, en lui posant la première question : « Qu’est-ce que c’est la Franc-Maçonnerie ? » S’agissant, en 2023, de fêter les 250 ans du nom Grand Orient de France… Avec un Georges Sérignac maîtrisant parfaitement l’histoire de l’Ordre en général et du GODF en particulier ! À entendre, un vrai régal… Et de rappeler que le GODF, association forte de près de 53 000 membres et composée de 1390 Loges, est un Ordre initiatique avec une méthode qui conduit à structurer une pensée, avec une méthode symbolique (transmission d’un savoir, celui de anciens, pour  acquérir une connaissance et le donner aux nouveaux venus, selon un système progressif).

« La Caraïbe au défi du changement climatique et des métamorphoses économiques et sociales », conférence publique organisée par les Loges maçonniques de Martinique du Grand Orient de France.

Samedi 14 janvier 2023 – FORT DE FRANCE/Intervenants : Pascal SAFFACHE, géographe ; Christian LOUIS-JOSEPH, économiste.

Conclusion de Georges SERIGNAC, Grand Maître du Grand Orient de France. Contact et inscription obligatoire en flashant le QR Code ou sur le site.

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« Construire un développement durable, équitable et juste en Guadeloupe« , conférence publique organisée par les Loges maçonniques de Guadeloupe du Grand Orient de France

Mardi 17 janvier 2023 – LES ABYMES/Intervenants : Harry DURIMEL, avocat, maire Écologiste de la Ville de Pointe-à-Pitre ; Pierre LOMBION, agronome ; Maurice LAROCHELLE, enseignant en sciences sociales

Conclusion de Georges SERIGNAC, Grand Maître du Grand Orient de France. Inscription obligatoire en flashant le QR Code ou sur le site – Contact et renseignements : Charly SAHAÏ : 0690 72 94 89/charly_sahai@yahoo.fr

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Ciné-Débat du GODF Louis Delluc

Projection du film DISTRICT 9 (2009) de Neill BLOMKAMP, suivie d’un débat autour du thème de la tolérance et la différence

Lundi 23 janvier 2023 – PARIS

Débat avec Nicolas MARTIN, journaliste, animateur et producteur de radio et de télévision, scénariste et réalisateur français. Pour des raisons de sécurité et d’accueil, l’inscription est obligatoire

En savoir plus… ALLOCINÉ vous offre la bande-annonce , en VO.

District 9 est un film de science-fiction américano-néo-zélando-sud-africain réalisé par Neill Blomkamp et sorti en 2009. Produit par Peter Jackson et Carolynne Cunningham (en), le film met en vedette Sharlto Copley, Jason Cope (en) et David James, et est adapté du court métrage Alive in Joburg, également réalisé par Blomkamp et sortie en 2006. Le synopsis.

Remise du Prix du GODF et conférence publique « Reconstituer les Forêts Primaires : une utopie maçonnique ? »

Jeudi 26 janvier 2023 – PARISDiffusion en direct sur la chaîne YouTube du Grand Orient de France

Intervenants : Francis HALLÉ, botaniste, biologiste, défenseur des forêts primaires ; Éric FABRE, secrétaire de l’Association pour la Forêt Primaire

Pour des raisons de sécurité et d’accueil, l’inscription pour assister à cet événement est obligatoire. En savoir plus…

Nous vous invitons aussi à écouter la remarquable émission « Divers aspects de la pensée contemporaine – Émission confiée en alternance aux différentes obédiences maçonniques et de libre pensée » du dimanche 1er janvier 2023, où le journaliste Alexis Lacroix recevait Jean-Michel Quillardet – initié en 1985,avocat au barreau de Paris et grand maître du Grand Orient de France de 2005 à 2008 – , sur le thème de « L’État de droit menacé ».

Rappelons que sa grande maîtrise est marquée par une forte présence de l’Obédience dans les médias en particulier sur la question de la laïcité. Durant son mandat, il a organisé un grand débat sur l’initiation des femmes, se déclarant favorable à cette évolution dans le respect des règles démocratiques de l’Obédience. Il fait créer avec Sciences Po Bordeaux une chaire Jean Zay consacré à l’enseignement de la laïcité dont il est, nommé par Sciences Po, le premier titulaire.

Jean-Michel Quillardet fonde avec Antoine Sfeir (OE) en novembre 2008 l’Observatoire international de la laïcité contre les dérives communautaires dont il assure la présidence.

Il est nommé en avril 2009, pour une durée de 3 ans, membre de la Commission nationale consultative des droits de l’homme, organisme indépendant qui siège auprès du Premier ministre. En septembre 2012 son mandat est renouvelé pour une nouvelle durée de 3 ans. Au sein de la commission il est vice-président de la commission « questions de société, éducation aux droits de l’Homme ». Il est également depuis 2011 chargé d’enseignement de la laïcité à l’Université d’Évry.

Jean Zay en 1936.

Il participe par ailleurs à la rédaction de la charte de la laïcité à l’école demandée par le ministre Vincent Peillon et mise en place en septembre 2013.

Il préside l ‘association « Jean Zay au Panthéon » qui a largement contribué à la Panthéonisation de Jean Zay décidé par le Président de la république.

Notre TCF Jean-Michel est l’auteur, entre autres, de Pour un humanisme universel, force beauté sagesse de la république laïque (Éd. Dervy, 2019).

Pour lui, être Franc-Maçon de et dans son siècle,  c’est à la fois s’inscrire dans une histoire, dans un patrimoine intellectuel et à partir de cette tradition pouvoir participer au développement d’un projet de société, un projet humaniste. Jean-Michel Quillardet souhaite donc que la Franc-Maçonnerie soit la première force humaniste en France et ailleurs…

Retrouvez toutes les émissions radio du Grand Orient de France.

slogan : « France Culture, l’esprit d’ouverture »

À Morlaix, un don à 100 pour 1 Toit pour aider les exilés

De notre confrère letelegramme.fr

Vendredi 6 janvier, Michel Brochard, vice-président de la Fondation du Grand Orient de France, a remis un chèque de 10 000 € à l’association 100 pour 1 Toit Morlaix Co.

L’objectif de cette dernière, créée en 2021 par les membres de structures de défense des droits humains, est de proposer des solutions d’hébergement et d’accompagnement aux personnes exilées. Ainsi, le geste de la Fondation du Grand Orient de France, fondée en 1987 et qui a pour vocation de soutenir nombre d’actions philanthropiques, permettra-t-il d’apporter une aide conséquente à deux familles récemment établies dans la commune de Plouigneau.

17/01/23 : « Illustres de la franc-maçonnerie » de C215 au musée de la franc-maçonnerie

La très dynamique équipe du musée de la franc-maçonnerie est heureuse de nous informer que l’exposition « Illustres de la franc-maçonnerie » du célébrissime C215 débutera le 17 janvier.

Pourquoi C215 ? En vérité, je vous les dis, il s’agit de son prénom abrégé (Chris) remanié de façon stylisé.

C215, pseudonyme de Christian Guémy, est un artiste urbain, pochoiriste français, né en octobre 1973 à Bondy. Il travaille et vit à Vitry-sur-Seine, dans le Grand Paris, où il a invité des centaines d’artistes internationaux à transformer sa ville.

À l’université, il obtient plusieurs diplômes : maîtrise d’histoire, master d’histoire de l’architecture, et un autre d’histoire de l’art à la Sorbonne. Parallèlement à ses études, Christian Guémy contribue à l’encyclopédie des Compagnons du devoir. Ensuite, il devient chargé d’études pour un syndicat de meubles, avant de travailler comme responsable export dans l’industrie textile, puis dans la finance. Christian Guémy réalise ses premières œuvres sur le tard, à partir de 2006.

Christian Guémy, alias C215

Artiste très engagé dans le soutien de très nobles causes (ATD Quart Monde, défense des droits humains, foyer pour femmes sans abri, asso Toujours Charlie, etc.), Christian Guémy intervient aussi bénévolement dans les prisons françaises depuis 2014.

Reconnu depuis plusieurs années par ses pairs (notamment le célèbre Banksy) pour son style et son talent, il a déjà exposé à Paris, Londres, New York, Sao Paulo, Amsterdam ou encore Milan. Aujourd’hui, il est au musée de la franc-maçonnerie !

C215 revendique une « œuvre accessible » : il faut « une jouissance pleine et immédiate » de son travail « même pour quelqu’un qui ne possède pas les codes du graffiti ou de la pop ». Il souhaite des œuvres qui « fédèrent ».

C215, un street-artist qui replace l’humanité au cœur de la ville !

Infos pratiques :

Du 17 janvier au 16 avril 2023

musée de la franc-maçonnerie – Siège du Grand Orient de France

16 rue Cadet Paris IX/Tél 01.45.23.74.09/Métros : Cadet (ligne 7) ou Grands Boulevards (lignes 8, 9) : Station Vélib’ : Cadet (24-26 rue Cadet)

Renseignement evenementmuseefm@godf.org

Le musée est ouvert : du mardi au vendredi : 10h00-12h30/14h00-18h00 ; le samedi : 10h00-13h00/14h00-19h00 ; le dimanche : 10h00-12h30/14h00-18h00

Tarifs : Entrée : 7 €/Tarif réduit (sur justificatif) : 5 € Seniors (plus de 60 ans), étudiants (moins de 26 ans), adhérents de l’ass. Léon Bourgeois et de l’ass. des amis du musée, personnels du Ministère de la Culture et du Ministère de l’Education.

Gratuité (sur justificatif) : moins de 18 ans, demandeurs d’emploi, journalistes, guides-conférenciers, ICOM, visiteurs handicapés. Possibilité de régler votre visite (libre ou guidée) par chèque vacances. Le billet d’entrée donne l’accès aux collections permanentes et expositions temporaires.

VISITES GUIDEES INDIVIDUELLES DU MUSÉE : Visite guidée du musée et d’un temple maçonnique, chaque samedi à 14h30 et à 16h00 et le dimanche à 14h30 (7 €/personne en plus du tarif d’entrée), uniquement sur réservation par courriel. Merci de bien vouloir poster votre demande de réservation en précisant, votre nom, votre prénom ainsi que la date de visite à l’adresse suivante : evenementmuseefm@godf.org

VISITES GUIDEES DE GROUPE DU MUSÉE (minimum 15 personnes) : Conditions et réservations : merci de contacter le musée. Visite guidée du musée et de temples maçonniques : 11 €/personne – plus de 2 h de visite.

450.fm remercie la magnifique équipe des guides-conférenciers qui joue un rôle de premier plan en assurant la présentation et la mise en valeur de ce beau et unique patrimoine maçonnique.

Portrait du policier Ahmed Merabet, par C215, face au 62 boulevard Richard-Lenoir, à Paris.

Rappelons la labélisation Musée de France. Notre TCF Pierre Mollier, conservateur du musée de la franc-maçonnerie et par ailleurs directeur de la bibliothèque du Grand Orient de France et

Pierre Mollier

rédacteur en chef de la revue d’études maçonniques et symboliques Renaissance Traditionnelle (prix littéraire de l’Institut Maçonnique de France (IMF) 2019, catégorie Revues) a été renouvelé, le 9 novembre 2022, pour quatre ans, en qualité de membre du Haut Conseil des musées de France.

L’Appellation « Musée de France » a été créée par la loi du 4 janvier 2002. Ainsi est considéré comme « Musée de France », au sens de cette loi, « toute collection permanente composée de biens dont la conservation et la présentation revêtent un intérêt public et organisée en vue de la connaissance, de l’éducation et du plaisir du public » (Art. L. 410-1.).

Les Compagnons du Devoir forment aux métiers manuels tout en voyageant

De notre confrère vozer.fr – Par Mathilde Dolinger

Trois ans, trois destinations et une aventure plus formatrice que jamais sur le plan professionnel et humain. C’est ce que promet le Tour de France made by Les Compagnons du Devoir, le centre de formation en alternance qui possède une antenne à Villeneuve-d’Ascq. On vous explique comment ça marche.

Ce n’est pas pour rien que le compagnonnage est inscrit au patrimoine culture immatériel en France. Quand on est un “compagnon”, en tant que charpentier, maçon, ébéniste ou autre, on garantit un travail quali’. Car derrière ce titre honorifique, se cache une expertise acquise grâce aux grands enseignements de maîtres Yoda du travail bien fait (aussi compagnons), qui partagent leur savoir-faire dans le centre de formation en alternance, Les Compagnons du Devoir.

Dans la métropole lilloise, il se trouve à Villeneuve-d’Ascq et forme à tout un tas de métiers à différents niveaux (bac pro, CAP, licence pro) : électrotechnicien, chaudronnier, maçon, ébéniste, menuisier, charpentier, métallier-serrurier, plombier, menuisier-poseur, couvreur, jardinier-paysagiste et carreleur-mosaïque. Une liste qu’on peut bien évidemment genrer aussi au féminin.

Voyager pour se former

Et pour aller plus loin dans la formation d’excellence, il y a l’option tour de France proposée par l’asso, qui permet d’apprendre en voyageant, pendant trois ans, après l’obtention d’un premier diplôme professionnel. “Il faut être très motivé pour se lancer, prévient Bryan Dieffenthaler, prévôt de formation à Villeneuve-d’Ascq. Le but est de se former à un futur métier, en apprenant de nouvelles techniques mais aussi en apprenant les valeurs et le savoir-faire des Compagnons du Devoir

Voilà comment ça marche : l’itinérant·e fait son top 3 de ses destinations favorites et le centre de formation lui trouve des entreprises là-bas pour 6 mois à 1 an. Une fois que c’est acté, il ne reste plus qu’à faire ses valises et partir vivre en communauté avec d’autres apprenti·es dans une des 57 maisons des compagnons (sur 183 sites d’accueil) où iel est logé·e, nourri·e et formé·e.

La première ville ne doit pas être trop loin du lieu d’habitation de l’apprentiComme ça, s’il a une baisse de moral, il peut toujours revenir sans trop de difficulté“, précise Bryan qui a fait son Tour à Villeneuve-d’Ascq (il a démarré sa formation à Anvers), à Nantes…mais aussi en Angleterre.

Une destination à l’internationale

Car le Tour de France, c’est aussi un passage d’un an à l’international. “En Europe ou ailleurs, précise le prévôt. On voit si le pays qu’il a choisi est possible ou non et on l’accompagne sur toutes les démarches administratives, pour qu’il s’y rende l’esprit tranquille.” Et il y a du choix : 66 pays et territoires sur 5 continents

Ça fait grandir très rapidement“, se rappelle Bryan qui est devenu prévôt à 21 ans et chef d’entreprise à 25 ans, après son aventure d’ouvrier-itinérant. Il y a peu d’écoles qui permettent de se faire une place si vite dans le marché du travail et d’être aussi autonome.

Sans parler de l’ouverture d’esprit que provoquent ces voyages, grâce auxquels les apprenti·es découvrent d’autres mentalités et manières de faire qui varient d’une région à l’autre. “On apprend un maximum de choses dans son métier, ce qui permet de se spécialiser ou non. Au choix.”

Save the date

Pour découvrir le Tour de France et les formations proposées par l’asso’, on vous recommande d’aller aux journées portes ouvertes des 14 et 15 janvier de 9h à 18h dans le centre de Villeneuve-d’Ascq. Les compagnons vous ont concocté un parcours sympathoche d’environ une heure, avec présentation, visite des ateliers (qui sont stylés, on vous prévient), démos et petites conférences pour découvrir des histoires de compagnonnage.

Et si vous souhaitez vous lancer dans l’aventure, vous pouvez vous pré-inscrire à l’une des formations, sur place. Et peut-être devenir un futur compagnon ou une future compagnonne.

Les journées portes ouvertes des Compagnons du Devoir ont lieu les 14 et 15 janvier de 9h à 18h au 118, rue de Babylone à Villeneuve-d’Ascq. Entrée libre, sans réservation. Plus d’infos sur le siteFacebook et Instagram.

Article sponsorisé @Compagnons du Devoir

08/01/23 : Épiphanie et galette… histoire, tradition et symbolique

En ce deuxième dimanche de janvier, nous consacrons un article à l’Épiphanie – origine, histoire, symboles et tradition – en France, en Outre-mer, mais aussi à travers le monde.

Sarcophage provenant du cimetière Sainte-Agnès à Rome, ive siècle.

Pour mémoire, la date biblique de l’Épiphanie est située au 6 janvier, mais ce jour n’étant pas férié, l’Épiphanie est fêtée le premier dimanche après le 1er janvier. La date est donc variable, chaque année elle a lieu le 1er dimanche de janvier, sauf si ce dimanche tombe le jour de l’an.

2023 est pour nous l’occasion pour vous faire découvrir une autre pratique.

Partez à la découverte de la tradition – ça a du bon et du beau ! – anglo-saxonne qui est de marquer sa maison des sigles C+M+B ?

À l’Épiphanie, en Allemagne, en Angleterre, aux États-Unis, de nombreux Chrétiens (anglicans, luthériens, méthodistes, presbytériens et catholiques romains, entre autres) tracent à la craie le fronton de leur porte d’entrée avec les sigles « 20+C+M+B+23 ».

La bénédiction de la craie, en anglais Chalking the door, est une tradition chrétienne de l’Épiphanie utilisée pour bénir sa maison.

Blasons imaginaires des Mages Gaspard d’Arabie, Balthasar de Tarse et Melchior de Saba, Armorial de Wernigerode, xve, Bayerische Staatsbibliothek.

Les lettres sont les initiales des rois mages, Caspar, Melchior et Balthasar -traduction anglaise -, venus d’Orient pour rendre hommage à Jésus et lui offrir trois présents : l’or, l’encens et la myrrhe.

Mais C+M+B est également l’abréviation de « Christus mansionem benedicat » signifiant que le Christ bénisse la maison. Les signes + représentent la croix du Christ. Et les chiffres au début et à la fin signifient la nouvelle année en cours, soit « « 20+C+M+B+20 », pour cette année. En 2023, si tel est votre désir, vous pourrez marquer « 20+C+M+B+23 ». Alors, « Marking Well » – en référence aux Maîtres Maçons de La Marque, un « side degree».

Une belle façon de consacrer sa maison et sa famille au Christ pour l’année à venir.

Une ancienne et belle coutume

Dans certaines localités, pour écrire l’inscription, on utilise une craie bénie par un prêtre ou un ministre chrétien le jour de l’Épiphanie. Les chrétiens ramènent ensuite la craie à la maison et l’utilisent pour écrire le motif. Cette coutume chrétienne de marquer la porte connaît un précédent biblique : les Israélites dans l’Ancien Testament ont marqué leurs portes afin d’être sauvés de la mort. Ainsi, la pratique sert à protéger les maisons chrétiennes contre les mauvais esprits, jusqu’au prochain jour de l’Épiphanie, au cours de laquelle la coutume est répétée. Les familles accomplissent aussi cet acte parce qu’il représente l’hospitalité de la Sainte Famille aux Mages (et à tous les Gentils). Cela sert donc de bénédiction à la maison, ses habitants et ses visiteurs, pour y inviter la présence de Dieu.

Coffret reliquaire contenant les « Présents des Rois Mages », conservé au Mont Athos.

Mais pourquoi trois rois mages ?

Selon une tradition venant du VIIe siècle, les mages dont parle l’Évangile seraient des rois : les rois mages.

Ils étaient au nombre de trois : Melchior, Gaspard et Balthazar. Ce sont les noms qu’on leur a donnés au VIe siècle.

Le nombre 3 est très symbolique, il symbolise d’abord les 3 continents : Asie, Afrique et Europe, qui étaient les seuls connus à l’époque. C’est aussi l’image des trois fils de Noé : Sem, Cham et Japhet. Selon Saint Jérôme, les trois fils de Noé auraient ainsi peuplé les régions du monde : Sem couvrant l’Orient, Japhet s’établissant en Europe et en Asie, et Cham se réfugiant en Afrique.

Galette à la frangipane (crème d’amande et crème pâtissière).

Le nombre 3 représente aussi le nombre de cadeaux qui selon l’Évangile étaient au nombre de 3 : l’or, l’encens et la myrrhe.

Le nombre 3 figure enfin les trois âges de la vie :

-Melchior est présenté avec une longue barbe et il est le plus âgé des trois. Il offrit l’or,

-Gaspar est le plus jeune des trois et il donna l’encens,

-Balthazar est barbu sans être âgé et il fit l’offrande de la myrrhe.

Gâteau des rois par J.-B. Greuze, 1744.

La galette des rois

Il faut remonter au XIIIe ou au XIVe siècle pour retrouver les premières traces du partage d’une galette lors de l’Epiphanie. Une galette, partagée en autant de portions que de convives plus une : la « part du pauvre »*, c’est-à-dire destinée au premier pauvre qui se présentait.

Galettes

On parle d’abord d’un gâteau doré et de forme ronde, une description qui peut rappeler le soleil et donc le culte des Saturnales. Pendant ces festivités de 7 jours, les excès étaient permis et il était d’usage d’offrir des gâteaux à son entourage. Une tradition qui, au Moyen-Age, est devenue celle du « gâteau des rois ».

Gâteau des rois

Pour certains, l’appellation viendrait de la redevance qu’il fallait verser à son seigneur à la même époque. Redevance généralement accompagnée elle-même d’un gâteau.

Fèves faïence et légumineuse

Quant à la fève, elle aurait précédé la galette puisqu’elle date elle aussi de l’empire romain. Il était d’usage en effet dans la Rome antique de tirer au sort le roi d’un festin grâce à un jeton noir ou blanc.

Les Saturnales par Antoine Callet, 1783.

Il est aussi dit qu’un roi était désigné par ce biais parmi les soldats d’une garnison ou dans une famille lors des Saturnales et qu’il pouvait ainsi, pendant une journée, réaliser tous ses désirs et commander tout ce qu’il lui plaisait. Une légende rapporte également une autre origine de la fève : la légende de Peau d’âne, inspirée du conte de Charles Perrault. C’est ainsi en oubliant sa bague dans un gâteau destiné au prince que Peau d’âne aurait inspiré cette étrange coutume.

Fèves en forme de lampes dorées

Enfin, la tradition d’envoyer le plus jeune des convives sous la table pour désigner à qui revient chaque morceau de la galette serait arrivée à la même époque. Lors des Saturnales toujours, le maître de maison demandait en effet au plus jeune de la famille, censé être le plus innocent, de désigner à quel convive il doit distribuer la part qu’il tient en main. L’enfant est généralement surnommé Phébé, pour « Phœbus » ou « Apollon », en référence à un oracle d’Apollon.

Attention toutefois, le bon Compagnon ne doit pas devenir un mangeur de galette. Une expression argotique apparue en 1837et signifiant un  « homme vénal qui reçoit de l’argent pour trahir ses devoirs »…

*La part du pauvre : on dit souvent qu’il faut découper la galette en prévoyant une part de plus qu’il n’y a de convives : c’est la fameuse «  part du pauvre  ». Autrefois en effet, les plus malheureux allaient ce jour-là de porte en porte demander « La petite part, La petite bouchée, La part du Bon Dieu, Pour l’amour de Dieu ».Gare à celui qui ne voulait rien offrir ! Les quêteurs chantaient férocement : «  Si vous ne voulez rien nous donner/Nous irons au jouc aux poules/Nous prendrons tous vos chapons.  » (Poitou)

Commerciale la galette ? Les chiffres 2021: 68,31 M € , le CA de la galette des rois traditionnelle au rayon boulangerie-viennoiserie-pâtisserie (source Kantar d’après industriel, univers généralistes).

Ou bien : «  Que Dieu vous donne diarrhée mortelle jusqu’à l’autre Noël !  » (Charentes)

En revanche, les pauvres chantaient un remerciement s’ils étaient bien reçus :

«  Salut à Messieurs et Dames d’honneur/Je vous donne le bonsoir de grand coeur/Divertissez-vous bien dedans ce saint jour.  »

La Fête des rois, de Jacob Jordaens, v. 1640-45 (Kunsthistorisches Museum, Vienne).

Sources : Wikipédia, blog francescax8, Wikimédia Commons, Cybercuré, Noël catholique, breizh-info

Les Rois mages et l’étoile de Bethléem, détail du triptyque Bladelin,
Rogier van der Weyden, v. 1450, Gemäldegalerie.

Mentir n’est pas maçonnique

De notre confrère brésilien folhadolitoral.com.br

En d’autres occasions nous avons déjà eu l’occasion d’affirmer ici que la franc-maçonnerie est « progressiste » car « partant du principe d’immortalité et de la croyance en un principe créateur régulier et infini, elle ne s’accroche pas aux dogmes, aux préventions ou aux superstitions ».

En d’autres occasions nous avons déjà eu l’occasion d’affirmer ici que la franc-maçonnerie est « progressiste » car « partant du principe d’immortalité et de la croyance en un principe créateur régulier et infini, elle ne s’accroche pas aux dogmes, préjugés ou superstitions. Et elle ne met aucun obstacle à l’effort des êtres humains dans la recherche de la vérité, ni ne reconnaît d’autre limite à cette recherche que celle de la raison fondée sur la science.

Le « mensonge« , donc, est quelque chose qui s’oppose totalement à cette caractéristique de la franc-maçonnerie et, en ce sens, savoir reconnaître le mensonge est à mi-chemin pour trouver la vérité. Mais qu’est-ce que le « mensonge » ? 

La définition du dictionnaire est que mentir est « l’acte ou l’effet de mentir; tromperie, mensonge, fraude », ainsi que « l’habitude de mentir ». Le mensonge est « l’acte par lequel un émetteur altère ou dissimule délibérément ce qu’il reconnaît comme vrai, essayant de faire accepter ou croire par l’auditeur comme vrai quelque chose qui est connu pour être faux. À la différence de l’erreur et de la tromperie, le mensonge implique l’intention de dire ce qui est faux, et pour cette raison est moralement répréhensible.

Mentir, à son tour, est l’action de « prétendre être vrai ce que l’on sait être faux », ainsi que de « ne pas révéler ; cacher, dissimuler ». Elle est également définie comme « l’affirmation délibérée d’un mensonge, dans le but de tromper ou d’induire en erreur un public ».

Le philosophe grec Aristote (384 av. J.-C. – 322 av. J.-C.) s’en était déjà occupé et distinguait deux sortes de mensonges : la vantardise, qui consiste à exagérer la vérité, et l’ironie, qui consiste à la diminuer. A son tour, le théologien et philosophe saint Thomas d’Aquin (1225-1274) « distinguait trois types de mensonges : le vicieux, qui vise à tromper dans un but ignoble ; l’inofficiel, qui vise à quelque bien ; et le ludique, qui vise à amuser ou à divertir ». Pour lui, le mensonge vicieux constituait un « péché mortel », tandis que le non officiel (par exemple, mentir pour sauver la vie de quelqu’un) et le plaisantin (parlé comme une plaisanterie) seraient des péchés légers et donc pardonnables. 

Immanuel Kant (1724-1804) considéré comme le principal philosophe de l’ère moderne, croyait que « celui qui ment, même avec de bonnes intentions, il ment, doit répondre des conséquences de son mensonge. Dans les œuvres de Kant, le mensonge est un thème récurrent car il corrompt toutes les choses humaines à la racine », comme l’explique le professeur d’université Márcio Gonçalves, dans son article « Les philosophes et le mensonge ». 

Pour Kant, il y a les « impératifs hypothétiques », qui conditionnent les actions humaines (SI je veux ceci, ALORS je dois faire cela – « si je veux être approuvé, alors je dois étudier ») et les « impératifs catégoriques », non soumis à tout conditionnement, comme les devoirs moraux. « Quand je dis ‘tu ne dois pas mentir’, je ne fais pas une déclaration conditionnelle. Je ne dis pas que vous ne devriez pas mentir si vous aimez la personne ou si vous voulez lui plaire. Au contraire, sous aucune condition il ne doit mentir », explique le chroniqueur William Godoy, dans « Le mensonge selon Kant« .

Après avoir expliqué la différence entre les impératifs hypothétiques et catégoriques dans un cas de dilemme moral, Godoy conclut que « nous ne pouvons pas transformer l’action de mentir en une loi universelle, car si cela se produisait, les gens n’accorderaient plus aucune importance à ce que disent les autres. Nous ne pouvions même plus mentir, car personne ne voulait nous écouter.

Kant, qui affirmait que « deux choses remplissent mon âme d’une admiration et d’un respect croissants, plus la pensée s’en occupe intensément et fréquemment : le ciel étoilé au-dessus de moi et la loi morale en moi », pensait que les impératifs catégoriques avaient leur origine dans la raison humaine. Il croyait qu’il y avait une loi morale à l’intérieur de chaque personne, que tout être rationnel serait capable de reconnaître comme vraie. Cette loi se résumait au principe suivant : « n’agis que selon une règle par laquelle tu peux en même temps vouloir qu’elle devienne une loi universelle ».

C’est-à-dire qu’en fin de compte, idéalement, le mensonge lui-même tend à disparaître faute de quiconque y croit, ce qui se produira évidemment dès que possible la vérité, à son tour, devient une « loi universelle » pour guider la pensée et les actions des gens. 

Avec des informations du dictionnaire en ligne Oxford Languages ​​​​; philosophie à school.com; moyen.com ; sbgdicionariodefilosofia et wikipedia.org.

Responsable : Perseverança Masonic Lodge – Paranaguá – PR ( loja159@fgsia.com )

L’Initiation : Entretien avec Annick de Souzenelle

Dans les sociétés traditionnelles, les différents âges de la vie étaient réglés par des rituels d’initiation. Les auteurs nous proposent de réfléchir à nouveau sur ce concept et ces pratiques. En ces temps de crise profonde, il est en effet précieux de savoir retrouver les racines fondamentales de nos êtres ainsi que nos énergies essentielles.

Pour les auteurs, il est clair que le manque de sens qui caractérise nos sociétés actuelles est le vrai fléau qui nous conduit à la confusion généralisée.
Il ne s’agit pas d’instituer de nouvelles religions mais de se poser la question : comment renouer avec cette dimension de l’être qui dépasse infiniment les petits jeux pervers et sclérosants de l’ego ?

Car si les forces passionnelles prennent l’avantage, le chaos s’installera. Au fil de cet ouvrage novateur, Annick de Souzenelle et Pierre-Yves Albrecht nous invitent donc à reconsidérer les valeurs de l’initiation sous des formes renouvelées.

Annick de Souzenelle et Pierre-Yves Albrecht

EAN : 9782354901134
300 pages
LES EDITIONS DU RELIÉ (15/11/2013)

Sir Winston Churchill, Franc-Maçon, en 10 citations !

En ces temps rigoureux, s’il vous faut affronter les frimas matinaux et même s’il est de bon ton de fredonner la comptine de Noël « Vive le vent d’hiver », avouons parfois que nous sommes en carence de vitamine D ! Pour vous (re)donner le moral, nous vous offrons quelques citations revigorantes de Sir Winston Churchill (1874-1965). Mais avant, nous vous proposons un retour sur sa vie profane et maçonnique…

Armoiries de la famille Churchill.

Sir Winston Churchill, homme politique et écrivain

Il fut le Premier ministre du Royaume-Uni de 1940 à 1945 et de nouveau à partir de 1951 à 1955.

Sa ténacité face au nazisme, son action décisive en tant que Premier ministre du Royaume-Uni durant la Seconde Guerre mondiale, joints à ses talents d’orateur et à ses bons mots, ont fait de lui un des hommes politiques les plus reconnus du XXe siècle. Ne disposant pas d’une fortune personnelle, il tire l’essentiel de ses revenus de sa plume. Ses dons d’écriture seront couronnés à la fin de sa vie par le prix Nobel de littérature en 1953 – surtout pour ses six volumes sur la Seconde Guerre mondiale. Il est également un peintre estimé.

Sir Winston Churchill, alors âgé de plus de 80 ans, est interrogé sur les raisons de sa bonne santé. Sa réponse fut : « No sport ».

Photo Twitter Proud Freemason

Sir Winston Churchill, Franc-Maçon

Sir Winston Churchill a reçu la lumière au sein de la Respectable Loge « Studholme Lodge » n° 1591 qui, tout en ayant gardé à la matricule de la Grande Loge Unie d’Angleterre (GLUA) le même numéro, porte désormais le nom de « United Studholme Alliance Lodge », le 24 mai 1901.

Passé au deuxième grade le 19 juillet de la même année et est élevé Maître Maçon le 5 mars 1902.

Museum of Freemasonry, United Grand Lodge of England, London

Le tablier de Sir Winston Churchill, et l’étui dans lequel il était conservé, font partie des objets exposés dans « The Masonic Emporium » à la Library & Museum of Freemasonry (Freemasons’ Hall-Grande Loge Unie d’Angleterre). L’étui à tablier porte l’inscription – Bro. Winston LS Churchill Studholme Lodge No 1591 – en lettres d’or.

Photo Twitter Proud Freemason

Nos 10 citations choisies… pour garder le moral !

Winston Churchill était surnommé le « Vieux Lion ». Sa sagesse, sa pertinence, sa capacité à diriger et à fédérer, son sens de la négociation, sa verve et son tempérament en font une source d’inspiration pour de nombreuses personnes.

« Agissez comme s’il était impossible d’échouer. »

« Mieux vaut prendre le changement par la main avant qu’il ne nous prenne par la gorge. »

« Pour s’améliorer, il faut changer. Donc, pour être parfait, il faut avoir changé souvent. »

 Sir Winston Churchill
Œuvre du Sculpteur Jean Cardot, inaugurée le 11 novembre 1998 par Sa Majesté Élisabeth II, reine d’Angleterre, Monsieur Jacques Chirac, président de la République française et Monsieur Jean Tiberi, maire de Paris.
Au pied de la statue est gravée « We shall never surrender – Winston Churchill – Londres le 4 juin 1940 ».

« Un pessimiste voit la difficulté dans chaque opportunité, un optimiste voit l’opportunité dans chaque difficulté. »

« Le succès c’est d’aller d’échec en échec sans perdre son enthousiasme. »

« Le succès n’est pas final, l’échec n’est pas fatal : c’est le courage de continuer qui compte. »

« On vit de ce que l’on obtient. On construit sa vie sur ce que l’on donne. »

« Si vous traversez l’enfer, continuez d’avancer. »

« En ravalant des paroles méchantes sans les avoir dites, personne ne s’est jamais abîmé l’estomac. »

« Il n’y a qu’une réponse à la défaite, et c’est la victoire. »

Allez, mes TTCCSS & TTCCFF que la Force – mais aussi la Sagesse et la Beauté – soit avec vous !

Source : http://evene.lefigaro.fr/ ; UGLE ; statue Sir Winston Churchill Photo © Yonnel Ghernaouti

La 11e citation…

Réflexions théosophiques sur les mythes de Prométhée et de Sisyphe

Texte issu du site horizonstheosophiques.fr

Les grands mythes sont des histoires sérieuses qui transmettent des enseignements authentiques et profonds qui sont à la source de notre conscience collective. Résumé des mythes de Prométhée et de Sisyphe. Le mystère de l’éveil de la conscience divine, ou Soi-conscience, par le don du feu de l’intelligence et de la volonté à l’homme.

La compassion des êtres spirituels libérés des cycles de la réincarnation. Rôle des hiérarchies divines. La libération de Prométhée enchaîné par Héraclès. La nature et les tribulations complexes de Sisyphe. Punition de Sisyphe de pousser le rocher. Le complexe d’échec. Orphée descend aux enfers. Les grandes lois de l’éveil spirituel. L’évolution universelle et de pèlerinage. Comparaison avec le mythe de la Genèse. Le chemin mystique et la promesse de la libération. La compassion est la Loi de la vie.

Laïcité, Franc-Maçonnerie et croyances : un puzzle difficile mais pas impossible

La palette des opinions reste très large dans la franc-maçonnerie française et la dissension guette toujours. La laïcité indique que le respect est dû à la personne mais que les idées sont critiquables. Le problème est que beaucoup définissent leur identité en y incluant leurs idées. Voici des pistes de solution.

Nous sommes un bon paquet à rêver de rassembler ce qui est épars, et en franc-maçonnerie française cela correspond à une palette qui va du plus indiscipliné sociétal, traversant toutes les nuances de libéral ou adogmatique, vers les déistes puis les théistes les plus farouches. Nous sommes beaucoup, mais pas deux pareils ! Saupoudrés dedans, il y a des « monogenristes » comme des « pro-mixité ».

Encore jeune maçon, j’écoutais ébahi le VM d’une célèbre loge, bien imbibé il est vrai, indiquer qu’il avait du mal à se concentrer sur sa charge alors que des culottes féminines étaient à portée de son regard.

L’autre jour, c’était la reprise, post-covid, des repas annuels interobédientiels de notre coin. A une table, le coup de la culotte est revenu pour justifier la non-mixité, en présence de l’épouse du frère qui amenait l’argument, épouse elle aussi sœur. Elle n’a pas relevé la chose, serait-ce au motif éculé que « la femme n’a pas des amies, que des ennemies ( rivales ) » ? En tous cas cela m’a choqué. Et après cela on nous dira que la franc-maçonnerie est pétrie d’ambitions progressistes !

Mais essayons de positiver. Nous sommes plusieurs à apprécier ces repas interobédientiels , nous pouvons en déduire que nous nous reconnaissons comme tels et apprécions la compagnie des sœurs et frères même si leurs idées sont assez différentes des nôtres.

Sur un réseau social dédié aux échanges entre maçons et profanes  il était, un autre jour, question des racines judéo-chrétiennes de la culture en France.

L’affaire a démarré sur le fil « salle où on parle de tout », seul fil où tout sujet peut être abordé, lorsqu’un frère a parlé de sa spiritualité d’athée, puis a indiqué que «  Je pense que la révolution française est surtout beaucoup plus présente dans la culture française qu’une quelconque religion ». Le « je pense » indique clairement qu’on est dans le domaine de l’opinion personnelle, et non dans l’affirmation d’une vérité quelconque. Néanmoins le dialogue est lentement parti en vrille à partir de là, administrateurs du réseau compris . La tension progressivement croissante se mesure aux qualificatifs utilisés. En grand résumé, les arguments évoqués ont été comme suit.

  • Taux de divorces plus élevé que jamais
  • Taux de divorce chez les croyants bien inférieur que chez les autres.
  • Taux de divorce supérieur chez les non-religieux : il provient de la levée du tabou sur les violences faites aux femmes
  • L’amalgame entre domination masculine, violence faite aux femmes avec mariage et religions est inacceptable : si le mari est violent avec sa femme, cela n’a rien à voir avec la religion.
  • Bien sûr que si : les textes sacrés l’autorisent explicitement.
  • Même problème pour l’homophobie, elle aussi soutenue par les textes religieux.
  • Les statistiques sur les taux d’athéisme ou non-croyance ne valent rien.

La discussion s’est terminée sur le constat du désaccord, puis les discussions politico-religieuses ont été interdites sur ce dernier fil.

Si nous essayons d’analyser cela sous l’angle de la laïcité, nous remarquons que le droit de chacun à son opinion a été maintenu, mais tout juste ; exemple : « Bon, tu commences à me gonfler avec tes tons insupportables et à prendre les gens de haut en croyant que tu as la science infuse. » Cela fait beaucoup sous la plume d’un administrateur du réseau, censé rester dans une neutralité bienveillante. Cette phrase pèche contre l’accord toltèque « que ta parole soit toujours impeccable ». Ce genre de phrase et l’émotion qui se dégage montrent que les protagonistes prennent les choses personnellement . Or dans nos formations à la laïcité et les débats afférant il est toujours souligné que la liberté de conscience est absolue, que le respect est dû à la personne, mais que tous sont libres de critiquer et pourquoi pas railler les idées.

Là gît la racine du problème. Réussir à maintenir une séparation permanente entre soi et ses idées suppose une grande maturité.

Beaucoup de nos contemporains ont un niveau plus bas, dans lequel les croyances sont des points d’appui, pour ne pas dire des béquilles. Si elles viennent à céder, leur monde s’écroule. Or les croyances religieuses sont dans nos sociétés fréquemment sapées par les avancées de la science et les railleries. D’où la crispation : elle est liée à la survie de la construction même de l’identité des personnes.  

A ce stade, on peut se dire que les occidentaux n’ont pas significativement évolué depuis les interdictions du pasteur Anderson… ou, dit autrement, la bataille entre les Lumières et les anti-Lumières fait toujours rage. D’un côté ceux qui croient que le progrès humain cela existe et que c’est démontré, comme Steven Pinker,  de l’autre ceux qui le nient plus ou moins, puisque la main de dieu ou d’un principe créateur a pondu un chef d’œuvre non améliorable par de vulgaires humains prédateurs et pollueurs.

Comment augmenter les chances de sortir de cette impasse ?

Le premier canard à descendre c’est d’appeler « identité » l’histoire qu’on se raconte sur soi : ses racines, sa famille, les circonstances de sa vie. Même si tout cela pèse beaucoup dans nos comportements et opinions, nous sommes tous susceptibles d’évoluer. Même notre génome est modifiable, avec parfois des modifications épigénétiques acquises mais transmissibles à nos enfants.

Mon histoire, c’est mon histoire, mais moi c’est moi à l’instant actuel. Pour mon futur, c’est moi qui déciderai ( sauf contraintes extérieures ), ce n’est pas mon histoire qui dicte mon destin.

Ici, ne nous leurrons pas, nous butons sur la faiblesse de l’individu isolé, auquel notre instinct tiré des temps ancestraux crie que la solitude c’est la mort. Il faut donc s’intégrer au groupe, et là …il faut montrer patte blanche, c’est-à-dire faire allégeance au meneur. Le meneur testera la soumission en faisant accomplir des actes qui vont à l’ encontre des règles communes, par exemple une agression contre le groupe rival.  

Gros problème à ce stade donc :  se faire admettre dans un groupe passe par le rejet des autres groupes ( ou de boucs émissaires ).

Comment traiter le problème ? D’abord, on réduit le danger par des mesures partielles comme par exemple consommer et/ou sublimer le trop-plein d’énergie dans des compétitions où l’agressivité est très normée, comme le sport, les concours littéraires ou les jeux vidéo. Pratiquer ces activités en groupe procure aussi le sentiment d’appartenance tant recherché. Dans certains groupes cette chaleur collective tant recherchée se nomme égrégore.

Mais à plus long terme il faut tuer la délétère équation « appartenir à mon groupe implique haïr les autres groupes ». Un outil pour cela :  l’universalisme ! Nous avons plus de points communs que de différences. Le danger vient de l’hypothèse, trop souvent implicitement admise, que les différences sont immuables, confondant ainsi l’identité (actuelle) avec l’essence, vieille lune platonicienne.  On ne se baigne pas deux fois dans le même fleuve !

N’écoutez pas les politiques qui vous serinent le contraire :  vive les rassembleurs, dehors les clivants !