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Présentation de l’album de famille du GODF

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Notre rédaction vous propose un tour d’horizon, comme nous l’avions proposé l’an dernier des membres du Conseil de l’Ordre du GODF 2022 / 2023.

Trace de Liberté, une expo de François Boucq à Toulouse (Haute-Garonne)

Du 10 au 27 novembre 2022, Trace de liberté est le nom emblématique donnée à cette exposition de l’artiste François Boucq autour de la liberté d’expression.

Elle est proposée par l’Institut d’Études Maçonniques de Toulouse (ITEM).

Une belle façon d’annoncer le 7e salon maçonnique de Toulouse des 26 et 27 novembre prochains (de 9h à 19 h). Avec pour thème « Transmettre et reconstruire ». À suivre sur https://www.facebook.com/association.item/

Récompensé par de multiples prix, dont le prestigieux prix du festival de la bande dessinée à Angoulême, cet artiste explore les diverses déclinaisons de la plastique et de la narration. François Boucq est un des plus grands dessinateurs français actuels.

Son parcours créatif, son engagement intellectuel, la diversité exceptionnelle de son expression graphique, la pertinence de son regard critique et l’ouverture aux Beaux-arts d’une œuvre appartenant à un genre dit mineur expriment l’ambition de François Boucq de ne négliger ni l’esthétique ni les problèmes sociétaux.

Vernissage jeudi 10 novembre à 18h en présence de François Boucq, suivi d’un temps de rencontre dans le Grand auditorium de la Médiathèque José Cabanis.

François Boucq au Festival d’Angoulême 2015

Boucq, l’artiste

De son vrai nom François Boucq, il est un auteur de bande dessinée français né à Lille le 28 novembre 1955. Il a reçu en 1998 le grand prix de la ville d’Angoulême, qui récompense l’ensemble de sa carrière.

Sa vie, son œuvre sur https://bit.ly/3sm19FB

Nous lui devons, entre autres, Le Petit Léonard décodé (Éditions i, 17 €). Un album de 88 pages où François Boucq se penche sur le génie de l’incontournable de Vinci dont on a commémoré les 500 ans de la mort en mai 2019. Sa façon de rendre hommage au génie de la Renaissance…

Souvenons-nous que le musée de la franc-maçonnerie avait organisé du 11 mai au 6 octobre 2019 une exposition titrée Boucq : Léonard décodé, la cathédrale derrière le tableau, Humanisme et symbolisme dans la pensée de la Renaissance.

L’exposition explorait les notions d’humanisme et de symbolisme dans la pensée de la Renaissance et avait pour but de présenter ce qu’est la géométrie sacrée à travers l’œil exercé de François Boucq.

Infos pratiques : Du 10 au 27 novembre 2022

Médiathèque José Cabanis, All. Jacques Chaban-Delmas – 31500 Toulouse

Tél 05 62 27 40 00

Horaires : mardi, mercredi, vendredi 10h – 19h/jeudi 14h – 19h/dimanche 14h – 18h

Entrée gratuite et tout public

Médiathèque José Cabanis

Rêve d’Égypte au musée Rodin (Paris)

Pour la première fois, le musée Rodin présente la relation de Rodin à l’art égyptien. L’exposition dévoile un Rodin égyptien, se nourrissant d’une Égypte rêvée, fantasmée puis collectionnée.

« Plus que tout, l’Égyptien m’attire. Il est pur. L’élégance de l’esprit s’enguirlande à toutes ses œuvres. » Auguste Rodin, Les Cathédrales de France, Armand Colin, Paris, 1914.

Rodin l’égyptien

L’exposition « Rêve d’Égypte » présente un parcours de plus de 400 objets, tous restaurés pour l’occasion, qui mêle collection et œuvres d’Auguste Rodin, sculptures et dessins, ainsi que des archives et photographies pour mettre en contexte ses « amis de la dernière heure », comme l’artiste aimait à appeler les antiques qu’il chérissait.

Elle évoque aussi la résonance de l’art égyptien dans l’œuvre de Rodin, à travers ses recherches sur la représentation du corps humain, la simplification des formes, le fragment ou la monumentalité — ainsi le Monument à Balzac (1898) dont il disait « Le Balzac est le Sphinx de la France ».

Il s’agit plus pour le sculpteur d’« être égyptien » que d’être inspiré par l’art égyptien. L’exposition bénéficie de prêts majeurs du musée du Louvre, du musée d’Orsay, du musée Bourdelle et de collectionneurs privés.

Le parcours ouvre aussi des fenêtres sur l’Égypte ; elles font surgir des figures de passeurs, écrivains, artistes, antiquaires et égyptologues, qui guidèrent l’artiste vers l’Égypte en le nourrissant de sources visuelles, de récits ou d’objets. La constitution de la collection de Rodin révèle ainsi l’histoire du marché de l’art et des antiquaires de cette époque.  Elle s’inscrit dans le programme de commémorations de l’année Champollion, organisé sous l’égide de France Mémoire.

Entretien avec Bénédicte Garnier, commissaire d’exposition

Entretien avec Bénédicte Garnier, commissaire d’exposition et responsable des activités scientifiques de la collection de Rodin et du site de Meudon. Comment Rodin découvre-t-il l’Égypte ? Quelles sont les résonnances de l’art égyptien dans son œuvre ? Quelle est l’ambition du sculpteur en créant son propre musée ? Autant de questions auxquelles répond la commissaire d’exposition, qui nous présente l’égyptomanie du XIXe siècle et les passeurs qui apportent l’Egypte a Rodin.

La vidéo https://www.youtube.com/watch?v=Hw4hY9aVofA&t=19s

La recherche au musée Rodin : le programme « Rodin et l’art égyptien »

L’exposition met en lumière une collection exceptionnelle, désormais accessible sur un site dédié. Ce site est le fruit d’un programme de recherche multidisciplinaire de quinze ans, à l’initiative de Bénédicte Garnier, responsable de la collection d’antiques de Rodin et commissaire de l’exposition, avec le soutien d’un comité scientifique et la participation de jeunes étudiants et chercheurs.

L’étude et la publication en ligne de la collection égyptienne d’Auguste Rodin ont été réalisés en partenariat avec le Centre de Recherche Égyptologique de la Sorbonne (CRES), le Centre de recherche et de restauration des musées de France (C2RMF), le musée du Louvre et l’Université de Paris-Nanterre, avec le soutien du Ministère de la Culture.

Commissariat : Bénédicte Garnier, responsable des activités scientifiques de la collection de Rodin et du site de Meudon

Scénographie : Atelier Cros & Patras, Violette Cros, architecte scénographe, c-album, Tiphaine Massari, conception graphique, Sarah Scouarnec, conception éclairage

Le musée Rodin remercie chaleureusement ses mécènes pour leur soutien à la restauration d’œuvres de la collection égyptienne de Rodin.

Vues de l’exposition © Agence photographique du musée Rodin – Jérome Manoukian

Rodin : l’homme, le sculpteur

Auguste Rodin (René François Auguste Rodin), né à Paris le 12 novembre 1840 et mort à Meudon le 17 novembre 1917, est l’un des plus importants sculpteurs français de la seconde moitié du XIXe siècle, considéré comme un des pères de la sculpture moderne.

Héritier des siècles de l’humanisme, l’art réaliste de Rodin est un aboutissement, croisement de romantisme et d’impressionnisme dont la sculpture est modelée par la lutte entre la forme et la lumière.

Camille_Claudel

La virilité de l’artiste, surnommé en son temps le « Bouc sacré », provoqua des drames semi-publics ou privés et est au centre d’une expression plastique de la sensualité, de l’érotisme, mais aussi de la douleur. Il fut le compagnon, une partie de sa vie, de la sculptrice Camille Claudel.

Par sa capacité de travail et d’organisation, Rodin laisse une œuvre hors norme, dont seul le musée Rodin de Paris détient le droit moral et inaliénable du sculpteur.

Le musée Rodin

Situé au cœur de Paris, le musée Rodin jouit d’une situation exceptionnelle à deux pas de la Tour Eiffel et des Invalides. Composé d’un hôtel particulier du 18ème siècle et d’un jardin de sculptures de presque trois hectares, le musée abrite les sculptures de Rodin. La parfaite harmonie du jardin de sculptures et le charme de l’architecture rocaille de son hôtel Biron feront de votre visite un moment unique de votre séjour à Paris.

Le musée Rodin, héritier

« Je donne à l’État toute mon œuvre en plâtre, marbre, bronze, pierre, et mes dessins ainsi que la collection d’antiques que j’ai été heureux de réunir pour l’apprentissage et l’éducation des artistes et des travailleurs – Je demande à l’État de garder en l’hôtel Biron qui sera le musée Rodin toutes ses collections, me réservant d’y résider toute ma vie ». Auguste Rodin, 1909.

Le musée Rodin est un musée assurant depuis 1919 la conservation et la diffusion de l’œuvre d’Auguste Rodin.

Infos pratiques : Musée Rodin, 77 rue de Varenne – 75007 Paris

Du 18 octobre 2022 au 5 mars 2023

Horaires : Le musée Rodin est ouvert tous les jours sauf le lundi/De 10 h à 18 h 30 Le musée Rodin est fermé le 25 décembre et le 1er janvier.

Tarif(s) : Tarif plein musée Rodin Paris : 13 € – Accès personnes à mobilité réduite

Lettres aux Amis de l’Esprit-Regards martinistes et autres

Sylvie Boyer-Camax & Rémi Boyer – Éditions de la Tarente, 2022, 232 pages, 25 €

Peu connu des cherchants, Guy Thieux, préfacier du présent volume, spécialisé en géophysique –  mesure du champ magnétique terrestre notamment – a participé à l’ouvrage collectif sous la direction d’Alfred Berthelot Le Belvédère du labyrinthe (Hachette, 1985) et, en sa qualité de légataire du prince occultiste Michel Vladimirovich Skariatine (1883-1963), dit Enel – comme beaucoup d’aristocrates russes, a fui son pays à l’issue de la révolution d’Octobre et a passé des années en Égypte à étudier et mettre à jour le sens sacré des hiéroglyphes –, a fait paraître chez IBAcom Éditions, en 2016, Le Monde astral et l’Occultisme puis, en 2018, Science égyptienne et Médecine de l’Astral. Et enfin en 2019, Radiesthésie thérapeutique toujours dans la collection « Les Inédits d’Enel ».

Il nous confie que cet ouvrage offre « de précieux enseignements » nous permettant de découvrir « des informations qui offrent la lumière la plus belle des Roses, celle qui nous ouvre les portes de la Lumière ». Il annonce, au fond, un moment suspendu. En réalité, et tout simplement, un instant privilégié hors du temps et qui, de lettre en lettre, semble s’éterniser. Comme une vision sans limite ouvrant sur un monde jusqu’alors invisible pour les Hommes que nous sommes

Ces différentes correspondances furent écrites en période de confinement dont l’étymologie nous précise qui vient du latin confinis, qui a la même limite, de cum, et finis, fin, frontière

En vérité, il a permis, à certains d’entre nous, de s’octroyer un espace pour être en lien avec soi, un temps de contemplation, de respiration et de réflexion.

Gravure du prophète Bandarra (1500-1556), dont les Trovas messianiques rédigées dans la première moitié du XVIe siècle ont été associées par la suite au sébastianisme.

Sylvie Boyer-Camax et Rémi Boyer, artistes auteurs, qui explorent depuis leur jeunesse les mondes des traditions, des philosophies de l’éveil et des avant-gardes œuvrant pour un renouvellement de l’alliance entre métaphysique et art, dédient l’ouvrage aux

« Sœurs et Frères du Grand Ordre Sébastianiste

Qui ont reconnu le Roi Caché ».

Pour mémoire, le sébastianisme (Sebastianismo) est un mythe messianique portugais, basé sur la croyance qui consiste à espérer le retour sur le trône du Portugal du jeune roi Sébastien Ier, disparu lors de la bataille des Trois Rois, dont la légende rapporte qu’il ne serait pas mort…

Quant au Roi Caché, mythe – politique – qui traverse les âges, il reste l’étrange attente d’un souverain disparu qui reviendrait sauver son peuple. Mis en scène à la fin du XVIe siècle, notamment au Portugal.

Les sujets abordés – cf. infra la table des matières –, toujours avec profondeur, enrichissent notre désir de connaissance et étanche notre soif d’apprendre.

Avec un regard martiniste, le martinisme étant un courant philosophique, initiatique et ésotérique judéo-chrétien qui se réclame des enseignements de Martinès de Pasqually (c. 1710-1774) et de Louis-Claude de Saint-Martin (1743-1803) concernant la chute symbolique du premier homme, son état de privation matérielle de sa source divine et « l’illumination » qu’il peut acquérir.

Voici la table des matières :

Guy Thieux – source Baglis.tv

Préface de Guy Thieux

Première série de Lettres aux Amis : Quelques points sur la prière – Des arbres du Jardin d’Eden – De l’Esprit Saint – De la Sagesse – Des prophéties – Du Rhély – De l’ancien et du nouveau – De l’onction – De la Grâce – De la Chevalerie – De l’épée et de la lance – De l’armure du Chevalier – De la lettre Shin – De la Méta-initiation – De la Dame – De la Shekinah – Du 515 – De l’Apocalypse – De la croix essénienne – De l’Alliance – De la lettre A – De la lettre K.

Petit Traité de Christification des Êtres. Ce traité de voie directe en tradition chrétienne échappe à la tension inscrite dans les Évangiles entre pôle judéo-chrétien et pôle pagano-chrétien pour approcher l’essentiel, quand les formes culturelles et historiques sont traversées, laissant libre la place pour l’Esprit.

Comprendre ce qu’est la Christification, c’est admettre le déploiement de Dieu-Esprit-Âme-Corps est en réalité un continuum. Il est écrit « Il y a mille façons d’aliéner l’être, il y aura toujours mille plus une façons de le libérer. Ce « plus une », ce « plus qu’humain » est le Christ ».

Deuxième série de Lettres aux Amis : De la Grammaire secrète – De l’Ordre des Chevaliers Maçons Elus Coëns de l’Univers – Des sacrements – De la voie du pain et du vin – Du baptême d’Esprit – De la transmission – De la doctrine cryptique – De sainte Paraschiva – De sainte Isabella – Du Crocodile – D’une Chevalerie de l’Esprit – De la Voie d’Elias Artista – De la Géométrie Supérieure des Constructeurs – Du point et du trait – De l’alchimie et de l’initiation – Des Arcanes Célestes et de Swedenborg – De la Femme, muse et initiatrice – Des Vierges noires – Des Arcana Arcanorum – De la Mort, une vieille amie – De la Joie – Des gens de lettres aux gens de l’Être – Des biographies de Mallarmé.

Il faut noter que ce dernier opus écrit à quatre mains est édité en quatre langues : en italien chez Edizioni Pedrini, en espagnol chez Editorial Delfos ; en américain et en « English version » anglais chez Rose Circle Publications. Sans doute la notoriété de Rémi Boyer, auteur et cofondateur avec Robert Amadou (1924-2006) du Centre International de Recherches et d’Études Martinistes (CIREM), n’y est pas étrangère… L’édition française étant confiée à la très rigoureuse équipe des Éditions de La Tarente, connu désormais du grand public, toutefois éclairé, pour le sérieux de ses publications (thèses universitaires notamment).

Maîtres, qui êtes-vous dans cette Loge?

De l’ancien français maistre, lui-même issu du latin magister : celui qui gouverne, qui dirige, qui commande ; celui qui a des domestiques ; celui qui enseigne ; personne d’une grande science; d’un talent reconnu ; titre d’un artisan admis à la maîtrise ; titre donné aux avocats, aux notaires…

Cependant, si le maitre est à la fois magister et dominus, l’unité des traductions ne donne pas le même sens : le premier tend à la liberté de ses élèves, le second vise plutôt l’asservissement.

Yves-Albert Dauge dans un article intitulé Les Quatre Maîtres, Typologie du Maître spirituel (Cahier n°17 de la Revue Epignosis ) définit successivement le Maître humain extérieur comme , le Médiateur invisible ou supraterrestre, qui nous guide sans avoir à passer par la psyché; le Maître personnel ou intérieur; notre Je éternel dont le rôle est décisif; et le Maître essentiel, Dieu, qui est le fondement et l’aboutissement de toutes les maîtrises.

Quand le mot maître est utilisé comme adjectif, il caractérise celui qui joue un rôle capital, essentiel. Être maître de quelque chose signifie que l’on peut en disposer librement.

Dans les traditions de l’Orient et du Moyen-Orient le maître a reçu son chemin de son maître et le transmet à ses disciples. Le maître ne se désigne pas comme tel, c’est le disciple qui fait le maître.

Indépendamment de la hiérarchie des fonctions, les anciens initiés avaient une hiérarchie de grades. Ainsi, les Isiades passaient par trois degrés d’initiation : les mystères d’Isis, ceux de Sérapis, ceux d’Osiris. Après le temps d’épreuves, les initiés d’Éleusis devenaient mystes, puis époptes. Les Pythagoriens avaient trois grades : auditeur, disciple, physicien ; les premiers chrétiens, trois aussi : auditeur, compétent, fidèle ; les manichéens, trois également : auditeur, élu, maître. Les seuls mithriades en avaient sept : soldat, lion, corbeau, perse, bromius, hélios et père.

Dans les corporations de métiers, le maître, non content de pratiquer l’Art avec une dextérité consommée, et de savoir résoudre toutes les difficultés techniques, doit encore se montrer capable d’en raisonner la théorie. «Le véritable Maître n’est pas l’esclave des règles traditionnelles de l’Art : il les applique parce qu’il en discerne nettement la raison d’être. Il a su remonter jusqu’aux principes fondamentaux de la Beauté, pour concevoir la suprême philosophie du Beau, dont découlent toutes les lois de la construction universelle.» Peu à peu, dans la plupart des pays, la maîtrise tendit à devenir un privilège. Il fallut, pour l’acquérir, fournir des preuves sérieuses d’instruction et d’habileté dans le métier; son obtention fut en outre soumise à des conditions pécuniaires assez onéreuses, le nombre de ses titulaires fut limité; elle devint même héréditaire.

À l’exemple de toutes les initiations, la Franc-maçonnerie bleue d’aujourd’hui a trois grades, ceux d’Apprenti, de Compagnon et de Maître.

Le franc-maçon qui a atteint le 3ème degré de l’initiation maçonnique porte le titre honorifique de maître comme cela est explicite dans le Rite York : «nous allons lui conférer le sublime grade de Maître maçon

Le nom mystique du maître est épopte, ce qui veut dire «parfait voyant». Il porte aussi le nom de Gabaon, emprunté aux Gabaonites qui étaient les gardiens de l’Arche d’Alliance, emblème des traditions et de la science.

Ce ne fut pas toujours le cas.

En 1726, la Loge Dumbarton Kilwining décrit son installation en mentionnant la qualité des Frères présents, à savoir : le Grand-Maître (Maître de Loge), sept Maîtres, six Compagnons et trois Apprentis. En 1730, la Grande Loge d’Irlande publie son livre des Constitutions dites de Pennell. Il y est décrit, de manière officielle, un système en 3 grades : apprenti, compagnon et maître. Rappelons que les Constitutions dites d’Anderson de 1723, à Londres, avait défini une Maçonnerie en 2 grades (apprenti et maître), que c’est en 1730 qu’est attesté, par une divulgation, et pour la première fois en Angleterre, le 3ème grade de maître qui s’était propagé dans les loges spéculatives depuis 1725. Cette divulgation sera condamnée par la Grande Loge de Londres en 1733, et que c’est seulement en 1738 que le grade de maître sera officialisé dans la 2ème édition des Constitutions anglaises. En fait c’est l’introduction du 2ème grade «fellow» entre le 1er et celui considéré, avant, comme second. C’est pour ce nouveau grade de maître que sera créée la légende d’Hiram.

Les conclusions d’Eugène Félicien Albert comte Goblet d’Alviella, Des origines du grade de maître dans la Franc-maçonnerie, (p.30)   sont : 1° qu’au début du XVIIIe siècle, il n’y avait pour les Maçons spéculatifs qu’une seule cérémonie d’initiation, un seul degré ; 2° qu’après la formation de la Grande Loge en 1717, on organisa deux degrés, en rétablissant sur de nouvelles hases le grade d’Apprenti ; 3° qu’un troisième degré s’introduisit et se propagea graduellement parmi les Loges spéculatives à partir de 1725 ; 4° que l’existence de trois degrés fut seulement sanctionnée par la Grande Loge d’Angleterre en 1733 et qu’elle n’était pas encore universellement acceptée en 1757. Ainsi, en 1733, commencent à apparaître, sur la liste officielle des Ateliers de Londres, des « Loges de Maîtres Maçons ». Ce sont des Loges spéciales, exclusivement composées de Maîtres qui se réunissent pour conférer aux Compagnons le troisième degré devenu «le grade supérieur de la Franc-Maçonnerie symbolique».(p.29)

Les Règlements Généraux du Royaume de France en 1735, intitulés Devoirs enjoints aux Maçons libres articulent, en 39 articles, ce qui va servir de règles à toutes les Loges dudit Royaume. Les quatre premiers concernent plus particulièrement le Grand Maître et les Maîtres de la Loge.

Dans une conférence donnée en 1912, Papus donne une définition du Maître (reprise dans la Revue l’Initiation n° 1, p.6) : «Le Maître est un guide, et il peut se dévouer à l’évolution de trois genres de facultés humaines : il peut diriger l’évolution du courage, du travail manuel ou des forces. C’est bien un Maître, mais celui-là c’est le produit de la société et il s’agit sur la portion physique des facultés humaines. Le second genre de maîtrise vise l’évolution du mental humain. Ce genre de maîtrise est dominé par un envoyé du plan invisible, venant de 1’appartement que les anciens nommaient Hermès trismégiste, et que nous appelons personnellement le Maître intellectuel, caractérisé par les lumières qu’il projette dans tous les plans d’instruction. Enfin, au-dessus, nous trouvons celui qui, seul, a véritablement droit à ce titre de Maître. C’est l’envoyé réel, chargé d’évoluer les facultés spirituelles, celui-là fait appel à des forces que bien peu comprennent et dont bien peu encore veulent suivre les incitations. Celui-là est celui que nous avons appelé un Maitre spirituel, qui a été nommé par Marc Haven, dans sa merveilleuse étude sur Cagliostro, le MaÎtre Inconnu, et par Sédir, dans ses commentaires sur l’Évangile, l’homme libre.»

Cependant, le maître en Franc-maçonnerie n’a ni les compétences ni les accréditations de Salomon, ni les outils et leur connaissance, ni les plans pour pouvoir continuer les travaux du temple. Il n’est pas «l’Architecte», même s’il en endosse ses valeurs, sagesse, force et beauté ; la sagesse dans ses mœurs, la force dans l’union avec ses frères, la beauté dans son caractère. N’ayant pas les mots du maître maçon, il n’a que des mots substitués comme le raconte la légende d’Hiram.

Toutefois, comme l’indique Oswald Wirth, dans son adresse aux maîtres maçons, «en Franc-maçonnerie, nulle autorité n’est supérieure à celle du maître.» même si en loge le vénérable dirige les travaux et les surveillants commandent aux colonnes.

Si, pour le compagnonnage, dans l’atelier opératif,  maître était une fonction hiérarchique, en Franc-maçonnerie, maître n’est qu’un titre du degré atteint. Les fonctions de commandement sont attribuées, ès qualités, aux surveillants : – Pourquoi êtes-vous placés ainsi»- Pour surveiller ceux qui entrent dans le temple et commander à la colonne du nord (ou du sud) et au Vénérable qui dirige toute la loge. – Le Vénérable dirige les frères (et les sœurs) dans leurs travaux maçonniques.»

Au REAA, l’égalité entre les maîtres dans la chambre du milieu est marquée par le fait que l’orateur ne fait pas de synthèse personnelle à la fin des travaux, chaque maître étant responsable de la parole qui circule en loge. Les dialogues des rituels sont d’une courtoisie accentuée, attestant d’un respect de pairs entre les officiers et les membres qui décorent les colonnes.

Le maître, en Franc-maçonnerie, n’instruit pas seulement par ses paroles ; c’est par la force de l’exemple qu’il doit guider les apprentis et les compagnons. Il est vertueux, comme l’a conceptualisé Robert K. Greenleaf dans les années 1970 à propos de la fonction managériale profane, le servant leadership, le leader-serviteur, qui ne se caractérise pas par une quête personnelle du pouvoir, du prestige ou des récompenses visant surtout d’abord à satisfaire son ego. Au contraire, il est important de souligner, au plan des valeurs, que ce type de leadership procède d’une motivation intrinsèque de nature altruiste pour aider, enrichir et élever les autres vers de nouvelles possibilités et de nouveaux niveaux d’accomplissement.

Tout franc-maçon est libre et de bonnes mœurs, il n’a pas d’autre maître que le rituel qui ne l’invite qu’à devenir maître de lui-même. Au Rite York, chacun des degrés a son devoir prédominant. Pour les apprentis le devoir est envers Dieu, pour le compagnon le devoir est envers le prochain, pour le maître le devoir est envers lui-même.

Le compas est aussi appelé «le maître» comme dans le Wilkinson de 1727 ou comme dans cet extrait de La Maçonnerie disséquée de Samuel Prichard (1730). «-Avez-vous vu VOTRE Maître aujourd’hui ? – Oui. – Comment était-il habillé ? – Avec une jaquette jaune et des culottes bleues.». Une note en NB en donne l’explication : la jaquette jaune est le compas et la culotte bleue sont les pointes d’acier (question 82). Le Manuscrit Dumfries (vers 1710) en donne le même sens : 25. Reconnaîtriez-vous votre maître si vous le voyiez ? –Oui. 26. De quelle façon le reconnaîtriez-vous ? -A son habit. 27. Quelle est la couleur de son habit ? -Jaune et bleu, ce qui signifie le compas, qui est de cuivre et les pointes de fer (p.12).

Décrypter un Tapis Maçonnique de Loge

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De notre confrère Mysteria

En franc-maçonnerie on retrouve l’utilisation de symbole, de métaphore ou d’allégorie dans ce qu’on appelle le tableau de loge ou le tapis de loge. Au début du 18ème siècle, il était dessiné directement sur le sol avec de la craie et du charbon mais pour des questions pratiques, les francs-maçons en ont fait des tapis et des tableaux. C’est un ensemble de symboles posé directement par terre au milieu de l’assemblé et sur lequel les frères sont invités à méditer. C’est le frère expert qui est chargé de déployer le tableau ou de le tracer au sol. Tout cela se fait dans un instant solennel car la compréhension de ces symboles accompagne les francs-maçons dans leur quête spirituelle. Prenons un tableau de loge au premier degré du rite Écossais ancien et accepté, et analysons les symboles.

Autres références sur ce thème

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Les Compagnons du Soleil

Jean-Michel Roche – Édition DETRAD aVs, Coll. EnQuête Historique, 2022, 214 pages, 17 €

Comme une façon de regarder à la loupe l’histoire en général mais aussi maçonnique, usant aussi de la langue des oiseaux, cette Collection EnQuête Historique, dirigée par Didier Quiniou, offrant une dynamique ‘’en quête d’enquête’’, avait ouvert le bal, en 2021,

en donnant à Jean-Michel Roche, auteur de nouvelles et de romans policiers mais aussi guide-conférencier au musée de la franc-maçonnerie, l’occasion avec L’affaire Montmartel-Gentilhomme Gascon de faire vivre les aventures de Guilhem Malboy. Où tout commence dans le Gers, près de Auch (en occitan gascon : Aush) avec un jeune marquis dont les origines remontent aux croisades dont le but, pour ces expéditions militaires organisées par les chrétiens d’Occident, était de libérer la Terre Sainte et le tombeau du Christ à Jérusalem…

Sachant que le roman historique est une œuvre de fiction prenant pour toile de fond un épisode de l’Histoire, auquel se mêlent événements et personnages réels et fictifs, genre littéraire préféré des lecteurs, et qui plus est maçonnique, nous ne doutons pas que ce dernier recevra un accueil des plus favorables et trouvera son public – et ce n’est pas une promesse de gascon…

Les Compagnons de Jéhu

Mais avant tout, quelle musique fait naître en nous ce titre de Compagnons du Soleil ? Sans conteste, il réveille des souvenirs d’enfance. Nous pensions immédiatement, pour ceux de ma génération, aux Compagnons de Jéhu, cette mystérieuse confrérie !

Les Compagnons de Jéhu est un roman historique (conspiration royaliste après l’arrivée au pouvoir de Napoléon Bonaparte) écrit par Alexandre Dumas (1802-1870), publié en 1857 (inspiré des Compagnies de Jéhu) et adapté à la télévision en 1966.

Alexandre Dumas, dont l’auteur, sous son avertissement, rapporte, en exergue, une citation « Il est permis de violer l’Histoire, à condition de lui faire de beaux enfants… »

Les Compagnons de Jéhu – grotte de Ceyzeriat, illustration Gustave Doré

Reconnaissons que Jean-Michel Roche a un fantastique talent pour faire revivre des moments historiques et mêler des femmes et des hommes réels – suivis d’un astérisque tels que Voltaire Lalande, Benjamin Franklin, Helvétius, Joseph Bologne de Saint-George, plus connu sous les noms de « chevalier de Saint-George », le docteur Guillotin, Greuze, les Frères Montgolfier, Sade, Lafayette George Washington, Louis Stanislas Xavier de France, comte de Provence, dit « Monsieur », frère cadet du roi, Marat, le marquis de Bouillé – et de fiction que le destin transforme en héros !

Passionné par le XVIIIe siècle, l’auteur nous entraîne dans une aventure, pleine de rebondissements, d’intrigues et de complots.

Drapeau de la province de l’Orléanais

L’action se déroule à Paris et dans l’Orléanais, province historique et culturelle regroupant différentes régions naturelles, comme la Beauce, la Puisaye, la Sologne, le Gâtinais, le Blésois et le Vendômois et dont Orleans est la capitale. Situé au cœur du Val de Loire, cette ville, dont le tableau chronologique simplifié remonte aux années 58 à 53 av. J.-C., connut déjà une révolte, celle des Carnutes où les romains, installés à Cenabum, seront massacrés et leurs biens pillés. Une période de troubles connue aussi en 1789, après les mauvaises récoltes de 1788 et la rudesse de l’hiver 1788-1789.

Jean-Michel Roche fait débuter son histoire, qui peut très bien se comprendre sans avoir forcément lu L’affaire Montmartel – quoique recommandé – à Étampes, ville de la Seine-et-Oise d’antan dans ce département français créé en 1790, un matin d’août de la même année.

L’énigme de ce « tourneur de pages » – en anglais page-turner, expression servant à qualifier un livre particulièrement haletant –, se déroule tant à Paris qu’à Orléans. Et, à la limite, les deux histoires, qui, en vérité, n’en font qu’une bien évidemment, pourraient se lire indifféremment en suivant juste les chapitres liés à ces deux cités !

Ici, pour décrypter l’énigme – que nous ne vous dévoilerons pas – soumise à la sagacité du lecteur, et découvrir non son sens caché mais qui est le « méchant », point de parabole ou de métaphore. Juste de l’action, mais de l’action juste. Les « bons » gagnent toujours. Et la fin de l’ouvrage laisse augurer de nouvelles et belles aventures. Une façon d’entrevoir des plus grandes choses.  Pour notre plus grand profit et plaisir.

Le plaisir de lire est amplifié par le fait de voyager en Loge et avec un vocabulaire bien connu des intiés(iées).

En 61 chapitres – dont la décomposition du nombre et sa symbolique n’échappera à personne.

Le nombre 61 est composé du chiffre 6, symbole de l’harmonie (équilibre, compréhension, bonheur) et du chiffre 1 représentant l’unicité (cohésion dans le Tout). Jean-Michel Roche nous plonge, non sans manier un certain humour, notamment dans les notes de bas de page, dans l’histoire. Une manière de faire oublier le temps présent et la triste réalité du moment avec des intrigues historiques, sources intarissables d’inspiration et d’évasion.

L’abbé Étienne Guibourg célébrant une messe noire sur le corps nu de Madame de Montespan, en présence de La Voisin

Nous entrons aussi dans le monde étrange des cérémonies de satanisme ou de sorcellerie, dont la messe noire – inversion blasphématoire, sacrilège à contrefaire la messe catholique romaine, soutien des puissances infernales, goétie opérative – est un des rituels obscurs les plus connus.

Un « Petit Lexique Maçonnique » de treize termes complète le roman.

Le maillon DETRAD - Juin 2021
Le maillon DETRAD – Juin 2021

Rappelons que les éditions Detrad aVs, fondées en 1984, propose un catalogue éditorial fort de plus de 150 titres répartis autour de trois axes principaux dans le domaine de la Franc-Maçonnerie et de la spiritualité : symboles et rites, essais, historie et publient également la revue indépendante et interobédientielle Le maillon de la chaîne maçonnique – formule biannuelle avec livraison des numéros en juin et en décembre – dont le but premier, depuis 1983, est d’apporter aux lecteurs une réflexion propre à illustrer la diversité du panorama maçonnique, tout en leurs permettant d’approfondir le message contenu dans la pratique de toute Loge.

Les éditions Detrad aVs travaillent avec la volonté de procurer aux cherchants des outils d’éveil et de réflexion maçonnique, ainsi que des références essentielles sur les symboles, les mythes, les traditions, hors de tout dogmatisme.

Detrad-librairie

Elucubrations Catholiques : L’infiltration maçonnique est-elle responsable de la grande apostasie du clergé catholique ?

Du site leforumcatholique.org – Article de LifeSiteNews du 20/10/2022 sous la signature de Raymund Maria.

Comme cela devrait être clair pour quiconque examine les faits entourant la liste de Pecorelli, la franc-maçonnerie est certainement entrée dans les murs du Vatican il y a au moins plusieurs décennies.

Quelque chose a sérieusement mal tourné au sein de la hiérarchie de l’Église. L’hérésie, le scandale, la corruption et l’apostasie généralisés des bergers que le Christ a justement condamnés en tant que « loups déguisés en brebis » sont trop systématiques, et maintenant manifestes, pour être le fruit du hasard ou de la faiblesse humaine.

Une planification ingénieuse et une exécution impitoyable et calculée ont amené la hiérarchie de l’Église à un état tel que les évêques malveillants ne cachent plus leur rejet du dépôt de la foi, leur haine de la morale chrétienne ou leur mépris envers les catholiques croyants et fidèles.

Vatican à Rome. Basilique Saint-Pierre

L’agenda pro-LGBT, pro-contraception, pro-avortement, pro-femmes-prêtres de la « Voie synodale » des évêques allemands, le « rite de bénédiction » des évêques flamands pour les couples homosexuels, l’étiquetage dérisoire des catholiques traditionnels par le cardinal Arthur Roche comme étant plus protestants que catholiques, l’élévation par le Pape de nombreux évêques promoteurs des LGBT au Collège des cardinaux, la dissimulation de l’infâme affaire McCarrick, le réseau étendu du lobby gay parmi les évêques et dans l’enceinte de Rome, la remise par le Vatican de l’Église clandestine en Chine au Parti communiste chinois (PCC), le soutien et l’adhésion du Saint-Siège à l’accord de Paris sur le climat, fortement pro-avortement, le culte de la Pachamama et la participation aux invocations indigènes des esprits des morts… et la liste est encore longue.

L’apostasie massive à laquelle nous assistons aujourd’hui dans les rangs des plus hauts membres de l’Église n’a cependant pas été l’œuvre d’un seul jour ou d’une seule année. À cet égard, quelques faits permettront de mettre en perspective la situation actuelle. Le rapport ci-dessous comprendra les éléments suivants :
– Le plan maçonnique d’infiltration de la hiérarchie de l’Église établi dans la « Haute Vente » (« Alta Vendita »), et la correspondance Vatican/Maçonnerie mettant en évidence une tentative de prise de contrôle des séminaires italiens dans les années 1960.
– La liste de Pecorelli de 1978 identifiant 120 prélats du Vatican qui étaient aussi membres de la franc-maçonnerie, y compris leurs dates d’entrée, leurs numéros de code et leurs acronymes.
– Faits concernant la loge maçonnique romaine Propaganda Due (P2) et son chef Licio Gelli, en tant que contexte de la liste de Pecorelli.
– L’enquête Gagnon, commandée par le Vatican, sur l’infiltration des francs-maçons au sein du Saint-Siège et les circonstances entourant la mort de Jean-Paul Ier.
– Le travail d’infiltration du père Luigi Villa contre les francs-maçons au Vatican, une mission confiée par Padre Pio et confirmée par Pie XII.
– Les noms notables de la liste de Pecorelli et les dommages causés à l’Église par les prélats maçonniques.

La Haute Vente : Établissement d’un plan maçonnique

Place Saint Pierre - Le Vatican
Place Saint Pierre – Le Vatican

À la fin du XIXe siècle, le document intitulé « L’Istruzione permanente dell’Alta Vendita » (L’instruction permanente sur la Haute Vente) demandait aux membres de l’obédience maçonnique d’entreprendre un effort d’un siècle pour miner l’Église catholique de l’intérieur. Le document stipule :
Le pape, quel qu’il soit, ne viendra jamais dans les sociétés secrètes. C’est aux sociétés secrètes de venir à l’Église… L’œuvre que nous avons entreprise n’est pas l’œuvre d’un jour, ni d’un mois, ni d’une année. Elle peut durer de nombreuses années, un siècle peut-être, mais dans nos rangs le soldat meurt et le combat continue…

Une fois votre réputation établie dans les collèges… et dans les séminaires – une fois que vous aurez capté la confiance des professeurs et des étudiants, agissez de telle sorte que ceux qui sont engagés dans l’état ecclésiastique aiment à rechercher votre conversation… Alors peu à peu vous amènerez vos disciples au degré de cuisson désiré. Lorsque sur tous les points de l’état ecclésiastique à la fois, ce travail quotidien aura répandu nos idées comme la lumière, alors vous apprécierez la sagesse du conseil dont nous prenons l’initiative….

Cette réputation ouvrira la voie à nos doctrines qui passeront au sein du jeune clergé, et iront jusqu’au fond des couvents. Dans quelques années, le jeune clergé aura, par la force des choses, envahi toutes les fonctions. Ils gouverneront, administreront, jugeront. Ils formeront le conseil du souverain. Ils seront appelés à choisir le Pontife qui régnera ; et ce Pontife, comme la plus grande partie de ses contemporains, sera nécessairement imprégné des… principes humanitaires que nous allons mettre en circulation…

Que le clergé marche sous votre bannière en croyant toujours qu’il marche sous la bannière des Clés Apostoliques. Vous voulez faire disparaître le dernier vestige de la tyrannie et de l’oppression ? Posez vos filets comme Simon Bar Jona. Posez-les au fond des sacristies, des séminaires et des couvents, plutôt qu’au fond de la mer… Vous vous réunirez en amis autour du Siège Apostolique.

A l’époque de la publication de l’Alta Vendita, la franc-maçonnerie italienne porte une animosité et une haine particulièrement anticléricales à l’égard de la papauté et de l’Église. En 1877, la loge Propaganda Massonica, également connue sous le nom de Propaganda Due (P2), a été créée à Rome pour les personnalités politiques dont l’appartenance était tenue totalement secrète en raison des condamnations papales de la franc-maçonnerie. Mais en 1917, à l’occasion de leur 200e anniversaire, les francs-maçons défilent effrontément sur la place Saint-Pierre avec une bannière sur laquelle on peut lire : « Satan régnera au Vatican, le pape sera son esclave« .

Plusieurs décennies plus tard, suivant les incitations de l’Alta Vendita, les francs-maçons en Italie ont commencé à exécuter un plan concret pour miner l’Église de l’intérieur. En 1961, le président de la Commission pontificale pour le patrimoine culturel de l’Église, Monseigneur Francesco Marchisano, qui portait le nom de code maçonnique FRAMA, a écrit trois lettres au grand maître du Grand Orient d’Italie (G.O.I.) concernant un projet de prise de contrôle des séminaires sacerdotaux dans les régions du Piémont et de la Lombardie.

Les séminaires de Trente, Turin et Udine ont été identifiés comme des lieux idéaux pour cette tentative, où l’on sait qu’un bon nombre de compagnons francs-maçons se sont déjà infiltrés. Les lettres ont été obtenues et publiées en septembre 2002, par le père Luigi Villa, dans un dossier intitulé Une nomination scandale, puis en septembre 2019, dans la revue fondée par le père Villa, Chiesa Viva.

La publication de 2002 était intervenue en réponse à la nomination de Marchisano au poste de vicaire général pour la Cité du Vatican et de président des Œuvres San Pietro. Villa avait déjà révélé les données complètes d’enregistrement maçonnique de Marchisano en juin 1981 dans Chiesa Viva. Les lettres de monseigneur au Grand Maître se lisent comme suit :

23 mai 1961

Vénérable et Illustre Grand Maître,

C’est avec une grande joie que j’ai reçu, par l’intermédiaire de F. MAPA [Mgr Pasquale Macchi, Secrétaire du Pape Paul VI], votre délicate mission : organiser discrètement dans tout le Piémont et la Lombardie, un plan pour détruire les études et la discipline dans les séminaires. Je ne nie pas que la tâche soit immense et j’ai besoin de nombreux collaborateurs, surtout parmi le corps enseignant. Vous devez me prévenir afin que je puisse les approcher au plus tôt avec quelques tactiques à l’étude. Je réserve des communications plus précises après une réunion et un entretien personnel avec MAPA.

En attendant, je vous prie d’accepter mes salutations priantes.

Frama

Au Ven G. Maître du G.O. (remis en main propre)
———————————

Le 12 septembre 1961

Illustre et Révérend G. Maître,

Après avoir approché et contacté à plusieurs reprises F.F. [Frères Francs-maçons] Pelmo et Bifra [Franco Biffi, Recteur de l’Université du Latran], je suis retourné chez MAPA pour lui soumettre un premier plan de travail. Il recommande de commencer par la désintégration du programme d’études, en faisant pression sur nos fidèles enseignants, car avec une nouvelle mise à jour des sujets de pseudo-philosophie et de pseudo-théologie, ils jetteront la semence aux étudiants, maintenant assoiffés de toute nouveauté. Ainsi, la perturbation disciplinaire sera une simple conséquence qui résultera spontanément, sans que nous ayons à nous en occuper : les élèves penseront qu’ils l’ont fait eux-mêmes. Il est donc essentiel que vous payiez bien ces enseignants, dont vous avez déjà la liste. Je serai un surveillant diligent et je vous renverrai tout, fidèlement.

Avec mes salutations les plus dévouées et amicales

Frama

Le Grand Maître – Palazzo Giustiniani (remis en mains propres)
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14 octobre

Illustre et Révérend G. Maître,

Dans la réunion, hier soir, F.F. [Frères Francs-maçons] Pelmo, Mapa, Bifra, Salma [Salvatore Marsili, O.S.B. Abbé de Finalpia], Buan [Mgr. Annibale Bugnini, Commission sur la Liturgie], Algo [Alessandro Gottardi, Archevêque de Trente] et Vino [Virgilio Noe, Maître des Cérémonies] étaient présents, j’ai pu conclure que : – Premièrement, nous devrions commencer des expériences dans certains séminaires d’Italie, ceux de Trente et de Turin, ou celui d’Udine où nous avons un bon nombre de F.F. [Frères Francs-maçons] ; – Deuxièmement, nous devons répandre notre concept de liberté et de dignité humaine, dans tous les séminaires sans aucune hésitation de la part d’aucun des supérieurs, ni par aucune loi. Nous avons besoin d’un tirage complet. À ce stade, nous avons besoin d’une réunion avec vous tous pour décider comment agir et à qui confier les différentes tâches.

Avec mes salutations priantes.

Frama

Le Grand Maître – Palazzo Giustiniani (remis en mains propres)

La « liste de Pecorelli » : 120 prélats du Vatican nommés francs-maçons

Le 12 septembre 1978, près d’un siècle après la publication de l’Alta Vendita et un peu moins de deux décennies après le lancement du complot visant à s’emparer des séminaires italiens, l’avocat et journaliste d’investigation italien Carmine Minor Pecorelli, directeur d’une agence de presse et d’un journal spécialisé dans les scandales et les crimes politiques, L’Osservatorio Politico, a publié une liste de cardinaux, d’évêques et de prêtres de haut rang du Vatican qu’il a identifiés comme étant membres de loges maçonniques. Cette liste, connue sous le nom de « Liste de Pecorelli« [document xls téléchargeable], comprend les noms, les dates d’entrée dans la franc-maçonnerie, les numéros de code et les acronymes de 120 prélats du Vatican.

Pecorelli lui-même appartenait à la loge maçonnique romaine Propaganda Due (P2), dont la police italienne a découvert qu’elle comptait des membres haut placés dans presque toutes les branches du gouvernement du pays, y compris à la Défense Nationale. Une enquête officielle a permis de découvrir des listes de membres regroupés par fonctions politiques, tous sous la coupe de Licio Gelli, vénérable maître de la loge maçonnique.

On ne saura peut-être jamais pourquoi Pecorelli a publié une liste de membres haut placés du Vatican qui, selon lui, se comptaient également parmi les francs-maçons. Était-ce de la diffamation ? Voulait-il discréditer l’Église ? Ou parce que sa liste aurait révélé le plus grand scandale de son vivant (ou du nôtre) dans les murs du Vatican, une tâche qui n’est pas sans intérêt pour un journaliste politique disposant d’informations sensibles.

Ce que l’on sait, c’est que Pecorelli a été abattu à Rome six mois plus tard, presque jour pour jour, le 20 mars 1979. Il a été tué de quatre coups de feu dans le quartier de Prati à Rome. Apparemment, les balles étaient de la marque Gevelot, un type de balle particulièrement rare que l’on ne trouve pas facilement sur les marchés légaux ou clandestins. Le même type de balle a été découvert dans le stock d’armes de la « Banda della Magliana« , dissimulé dans le sous-sol du ministère de la Santé du gouvernement italien. Parmi les personnes visées par les enquêtes de police figure le chef de Propaganda Due (P2), Licio Gelli.

Propaganda Due (P2) et Licio Gelli

Licio Gelli n’avait rejoint la franc-maçonnerie italienne que quelques années auparavant, en 1965. Cependant, il a rapidement accédé à un rôle d’une puissance incroyable au sein de la franc-maçonnerie et en Italie lorsque, en 1970, Lino Salvini, alors Grand Maître de la Grande Loge d’Orient d’Italie, a chargé Gelli de restructurer la loge Propaganda Due (P2) de Rome, dont il est devenu le vénérable maître en 1975. Cette loge, fondée à l’origine en 1877 pour les politiciens romains dont l’appartenance à la maçonnerie devait rester totalement secrète en raison de leurs fonctions publiques et de leur proximité avec la papauté, est passée de 14 membres seulement au milieu des années 1960 à près de 1 000 à la fin des années 1970 sous la direction de Gelli.

Le 17 mars 1981, la police italienne fait une descente au domicile de Gelli dans le cadre d’une enquête sur l’enlèvement présumé du banquier sicilien Michele Sindona. Les autorités ont découvert des listes de 962 membres de la la loge Propaganda Due (P2). Parmi les noms figurent 43 membres du Parlement, 3 membres du gouvernement [italien], 43 généraux, 8 amiraux, les chefs de toutes les forces armées italiennes, les chefs des services de sécurité, des diplomates, les chefs de la police des quatre plus grandes villes d’Italie et des prélatss du Vatican, pour ne citer que quelques-uns des personnages politiques les plus en vue.

Pour les autorités italiennes qui ne se comptent pas parmi les membres de la P2, le vaste réseau de francs-maçons de Gelli, qui lui rendait secrètement des comptes, constituait un « État dans l’État » et menaçait la stabilité et la souveraineté de la nation. S’étant lancée dans la politique italienne, la P2 a été impliquée dans des événements tels que l’attentat à la bombe contre le train « Italicus » en 1974, qui a fait 12 morts, et le massacre de la gare de Bologne, qui a fait 85 morts.

Ses membres ont également pris le contrôle de la banque du Vatican, ce qui a conduit le Saint-Siège au bord de la faillite lors d’un scandale financier qui a éclaté au milieu des années 80 et dont le Vatican ne s’est pas encore totalement remis. Dans les années 1970, les activités de la P2 ont provoqué des remous jusque dans la franc-maçonnerie, ce qui a finalement conduit à la dissolution officielle de la loge Propaganda Due (P2) en 1981 par le Grand Orient d’Italie.

Le rapport Gagnon

Concomitant à la publication de la Liste de Pecorelli, dans les murs du Vatican, les conclusions d’un audit officiel de trois ans de tous les bureaux du Saint-Siège, mené par Mgr. Edouard Gagnon, concernant les allégations selon lesquelles certains prélats et clercs de la Curie romaine étaient secrètement membres de la franc-maçonnerie, ont été présentées en personne au pape Jean-Paul Ier. Selon les mémoires récemment publiées du secrétaire de Mgr. Gagnon, le père Charles Murr, « Mgr Gagnon a constitué un dossier exhaustif qui ne lui laissait aucun doute sur la véracité de ces choquantes allégations« .

L’enquête de Gagnon sur la franc-maçonnerie au sein de la Curie romaine avait été officiellement commandée par Paul VI en réponse à l’accusation particulière selon laquelle deux prélats de haut rang étaient francs-maçons : Annibale Bugnini et Sebastian Baggio. Bugnini était responsable de la Commission pour la réforme de la liturgie latine après le Concile Vatican II, qui a produit le Novus Ordo Missale Romanum. Baggio était préfet de la Congrégation pour les évêques, responsable de la nomination et du choix des évêques dans l’ensemble du monde catholique.

Bien que le contenu intégral de l’enquête de Gagnon ne soit pas connu du public, certains détails de l’affaire ont été divulgués. Parmi ces détails figure le fait que Gagnon a fait savoir qu’il disposait effectivement de preuves confirmant que Mgr Bugnini et le cardinal Baggio étaient membres de la franc-maçonnerie. Ces preuves comprenaient l’authentification de documents par INTERPOL, l’Organisation internationale de police criminelle, chargée d’enquêter sur les crimes internationaux. Les conclusions de Gagnon ont donc corroboré la liste de Pecorelli, qui comprenait également les noms de ces cardinaux.

À la suite de l’enquête de Gagnon, Bugnini a été envoyé dans les dernières années de sa vie en Iran en tant que nonce apostolique, où il devait ostensiblement causer le moins de tort à l’Église, étant donné le peu de Catholiques en Iran et l’interaction quasi inexistante entre le Saint-Siège et le gouvernement islamique iranien.

Cependant, il s’est avéré plus difficile de se débarrasser de Baggio. Il restera en fait à la tête de la Congrégation pour les évêques jusqu’en 1984, plusieurs années après le début du pontificat du pape Jean-Paul II, occupant ce poste pendant douze ans. La durée de son mandat contribuera considérablement au tort incalculable causé à l’Église par ce faiseur de roi épiscopal maçonnique.

En prenant un peu de recul, quelques faits marquants concernant le pontificat d’un mois de Jean-Paul Ier soulèvent la question de la profondeur des complots maçonniques au sein du Vatican. Le 12 septembre 1978, Pecorelli publie sa liste de prélats du Vatican membres de la franc-maçonnerie. Le 25 septembre 1978, Mgr Gagnon rencontre en privé Jean-Paul Ier pour lui présenter les conclusions de son enquête de trois ans sur la même question. L’archevêque était porteur d’un important dossier et a fait savoir à son secrétaire qu’il avait abordé avec le Pontife le sujet de l’appartenance de Baggio à la Loge maçonnique. Il a également dit à son secrétaire que le pape avait accepté de traiter avec le cardinal maçon.

Le 28 septembre, Jean-Paul Ier a appelé personnellement Baggio pour qu’il vienne rencontrer le Pontife dans son bureau ce jour-là. Baggio a rencontré le pape en privé dans son appartement personnel plus tard dans la soirée, à 20 heures pendant environ une heure et les gardes suisses présents à l’extérieur de la pièce l’ont entendu crier sur le pape, ce dont ils ont témoigné par la suite. Le lendemain matin, le 29 septembre, Jean-Paul Ier est retrouvé mort dans sa chambre. Le médecin a déclaré qu’il était mort vers 23 heures la nuit précédente. Six mois plus tard, le 20 mars 1979, Pecorelli est abattu à Rome.

Compte tenu des circonstances et des questions entourant la mort de Jean-Paul Ier – le fait que le Pontife soit mort si soudainement deux semaines seulement après la publication de la Liste de Pecorelli, trois jours après avoir reçu le rapport de Gagnon en audience privée, et seulement deux heures après sa confrontation avec Baggio, le franc-maçon désignant les évêques de l’Église et le dernier homme à avoir vu le Pontife avant qu’il ne soit retrouvé mort – le père Luigi Villa, un fonctionnaire du Vatican travaillant sous la protection du Saint-Office (sur lequel nous reviendrons plus loin), ordonna au cardinal Palazzini de faire pratiquer une autopsie. Trois autopsies, officiellement appelées « examens médicaux », ont été réalisées, le verdict de chacune d’elles confirmant que le pape avait été assassiné. Les résultats des autopsies n’ont pas été publiés par le Vatican, qui a officiellement donné comme cause de la mort du pape une « crise cardiaque », après avoir changé de version à plusieurs reprises.

Le père Luigi Villa

Pour ajouter à l’intrigue maçonnique au sein de l’Église, outre le travail d’enquête de Mgr Gagnon sur la franc-maçonnerie au Vatican, un autre prêtre s’est engagé dans la même mission pendant plusieurs décennies, avant et après.

En 1956, le père Luigi Villa, lors d’une visite à Padre Pio, a été chargé par le saint de la mission de consacrer toute sa vie à la défense de l’Église contre les activités des francs-maçons, en particulier au sein de l’Église. Par la suite, le pape Pie XII a personnellement confirmé cette mission en donnant à Villa un mandat papal pour faire exactement cela. Le pape a placé le prêtre sous la protection des cardinaux Alfredo Ottaviani, préfet du Saint-Office, Pietro Parente et Pietro Palazzini.

Villa travailla sans relâche tout au long de sa carrière sacerdotale pour découvrir et entraver les manœuvres des francs-maçons qui s’étaient infiltrés dans les rangs de la hiérarchie, subissant sept tentatives d’assassinat en raison des ennemis qu’il se faisait.

En 1971, Villa a fondé la revue Chiesa Viva, avec des correspondants de tous les continents, pour exposer le travail des francs-maçons au sein de l’Église. Villa a lui-même mené des enquêtes sur l’appartenance de prélats et de prêtres à la franc-maçonnerie, en vérifiant les documents avec les archives de la police et les listes des loges maçonniques. En 1992, Chiesa Viva a réédité la Liste de Pecorelli avec une présentation du Magistrat Carlo Alberto Agnoli, auteur de La Massoneria alla Conquista della Chiesa (La Franc-maçonnerie à la conquête de l’Église), qui a souligné la fiabilité de la Liste.

Noms notables de la liste de Pecorelli

On pourrait écrire des volumes sur les dommages causés à l’Église par les cardinaux, les évêques et les prêtres nommés comme francs-maçons sur la liste de Pecorelli. Je me limite à n’en considérer que quelques-uns.

Mgr Annibale Bugnini est cité comme ayant rejoint la franc-maçonnerie le 4 avril 1963, avec le numéro de code 1365/75 et l’acronyme BUAN. Bugnini a été le fer de lance des changements apportés à la liturgie, dont le but était de supprimer du rite romain de la messe tout ce qui pouvait être inacceptable pour les Protestants. Les textes des anciennes prières de l’Église et ses sélections de l’Écriture ont été dépouillés d’une grande partie de leur contenu doctrinal ainsi que de l’accent tridentin essentiel quant au caractère sacrificiel de la Messe, si crucial pour contrer les hérésies protestantes. Les changements apportés à la disposition du sanctuaire s’inspirent du style du temple maçonnique, dans lequel l’autel est placé au centre plutôt qu’à l’est.

Les connotations anthropocentriques de la liturgie Novus Ordo et le changement drastique vers une libéralisation de la doctrine et de la pratique dans l’Église, qui a accompagné les changements liturgiques de la Messe, sont le fruit sans surprise du travail d’un franc-maçon autorisé à changer sans scrupule et à volonté ce qui lui plaisait et qu’il pensait pouvoir imposer impunément à toute l’Église latine.

Tout aussi dommageable pour l’Église a été le long mandat du cardinal Sebastian Baggio en tant que préfet de la Congrégation pour les évêques, qui a fait de lui une sorte de marionnettiste maçonnique. Selon la liste de Pecorelli, Baggio a été inscrit dans la loge maçonnique le 14 août 1957, avec le numéro de code 85/2640 et l’acronyme SEBA. En 1962, il a été nommé préfet de la Congrégation pour les évêques, après que le cardinal Jean Villot – qui figure également sur la liste de Pecorelli en tant que franc-maçon et qui, à l’époque, était secrétaire d’État sous Paul VI – a fait pression pour que Baggio soit nommé à ce poste. Il aurait été déjà assez grave qu’un franc-maçon intervienne dans le choix d’un évêque, mais que Baggio ait été nommé préfet de la Congrégation pour les évêques et qu’il ait ainsi été libre de nommer des évêques libéraux, modernistes, homosexuels et maçons dans le monde entier pendant plus d’une décennie est inimaginable.

Dans une lettre adressée à son vénérable grand maître, datée du 4 janvier 1969, Baggio remerciait la loge maçonnique d’avoir obtenu son élévation au Sacré Collège des cardinaux, assurant ses confrères francs-maçons de sa coopération continue pour pénétrer les cercles ecclésiastiques, en particulier les rôles de direction, dans le but de « ruiner l’Église de l’intérieur dans tous les secteurs« . Cette lettre a été photographiée et récemment publiée en 2019 dans Chiesa Viva

Le 4 janvier 1969

Au Vénérable Grand Maître

Aux très estimés Assistants

Je viens de recevoir la communication de Mapa de ma nomination comme cardinal, obtenue de Vous par tous Vos puissants moyens. Je m’empresse de vous exprimer à tous, Frères bien-aimés et estimés, mes remerciements reconnaissants et dévoués. Comme par le passé, je suis toujours à Votre disposition en ce qui concerne nos programmes d’expansion et de pénétration dans les milieux ecclésiastiques, surtout dans les sphères de direction qui seront, demain, les principaux points de ruine de toute l’Église de l’intérieur dans tous les secteurs.

Avec une fidélité renouvelée, V.F. vous salue.

SB (Sebastiano Baggio)
Pour ajouter l’insulte à la blessure de l’Épouse du Christ et assurer le retrait massif de l’arrière-garde des évêques orthodoxes de l’Église, c’est pendant le règne de Baggio en tant qu’évêque que l’âge de la retraite a été fixé à 75 ans pour les évêques pour la première fois dans l’histoire de l’Église. L’effet immédiat de cette nouvelle législation fut que de nombreux sièges épiscopaux à travers le monde devinrent vacants lorsque les évêques de plus de 75 ans remirent leur lettre de démission. Cette situation a permis à Baggio d’avoir les coudées franches pour remplacer la quasi-totalité de l’épiscopat de l’Église en l’espace de très peu de temps et de tenter de le remodeler à son image. Rarement un homme, qu’il s’agisse d’un pape ou d’un évêque, n’a été en mesure d’influencer une si grande partie de l’épiscopat catholique en si peu de temps.

C’est à partir de cette époque que l’Église des États-Unis a reçu des évêques tels que McCarrick, Weakland, Mahony, Brown et Bernadin. Les crimes et les péchés de ces hommes comprennent le viol homosexuel, une liaison homosexuelle, des abus sexuels sur des mineurs, la dissimulation de prêtres abusifs, la défense des femmes prêtres, le piétinement militant de la musique et de la liturgie traditionnelles de l’Église, l’interdiction pour les catholiques de s’agenouiller devant le Saint Sacrement pour la Sainte Communion, et la dilution de l’enseignement de l’Église sur le caractère sacré de la vie humaine pour les enfants à naître, pour ne citer que quelques péchés et scandales.

Parmi les autres personnes citées sur la liste de Pecorelli, on trouve le cardinal Villot, secrétaire d’État du Saint-Siège sous Paul VI, qui a agi comme une sorte de protecteur de Baggio en le faisant nommer à la Congrégation pour les évêques. L’évêque Paul Marcinkus, directeur de la banque du Vatican, qui a rejoint la maçonnerie le 21 août 1967, sous le numéro de code 43/649 et l’acronyme MARPA, a été impliqué dans le scandale bancaire qui a failli faire tomber le Saint-Siège dans les années 1980.

Un autre nom important est celui du cardinal Agostino Casaroli, ministre des affaires étrangères sous Paul VI et secrétaire d’État sous Jean-Paul II. Casaroli est entré en maçonnerie le 28 septembre 1957, avec le numéro de code 41/076, sous l’acronyme CASA. C’est à Casaroli que l’on doit l’attitude ouverte du Vatican à l’égard des communistes sous le pontificat de Paul VI, une politique appelée Ostpolitik, qui a conduit le pape à destituer le cardinal József Mindszenty de son poste de primat de Hongrie, entraînant l’établissement d’une Église d’État sous le contrôle des dirigeants communistes hongrois. Cette politique a été rejetée plus tard par Jean-Paul II, qui venait de derrière le rideau de fer, mais le mal était déjà fait pour l’Église d’Europe de l’Est.

Maintenant, loin de penser que les francs-maçons nommés sur la liste de Pecorelli appartiennent au passé, il faut souligner qu’au cours de la dernière décennie, des noms figurant sur sa liste continuent d’apparaître dans les affaires du Vatican. C’est le cas de Monseigneur Pio Vito Pinto, que Pecorelli a identifié comme étant entré en maçonnerie le 2 avril 1970, avec le numéro de code 3317/42 et l’acronyme PIPIVI [ou PIMPI]. Pinto a été doyen de la plus haute Cour de l’Église, la Rote romaine, de septembre 2012 à mars 2021, faisant les gros titres lorsqu’il a pris sur lui de critiquer les quatre cardinaux qui avaient soumis les « dubia » au pape François concernant son enseignement dans Amoris Laetitia sur l’admission des divorcés et des remariés à la sainte communion.

Comme cela devrait être clair pour quiconque examine les faits entourant la liste de Pecorelli, la franc-maçonnerie est certainement entrée dans les murs du Vatican il y a au moins plusieurs décennies. La vérification complète de la liste, bien que difficile, est certainement possible, étant donné la saisie par la police des documents de Licio Gelli nommant tous les membres de la loge maçonnique de Rome, Propaganda Due. Le rapport de Mgr Gagnon se trouve également non publié dans les archives du Vatican. À ces sources s’ajoutent les enquêtes menées par le père Luigi Villa, dont certaines ont été publiées dans la revue Chiesa Viva.

Avec des prélats italiens tels que Mgr Francesco Soddu, évêque de Terni, qui a récemment assisté publiquement à l’inauguration d’une Loge maçonnique du Grand Orient d’Italie, une nouvelle enquête sur la franc-maçonnerie dans les rangs de la hiérarchie de l’Église est attendue depuis longtemps. Ce n’est qu’à la publication de ses résultats que les dommages de la franc-maçonnerie qu’elle a causés et cause encore au Corps du Christ commenceront à être mis en lumière.

Le dessin de la semaine de Jissey : Transes

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c’est le troisième dessin exclusif de JISSEY pour 450 FM – il s’agit d’une nouvelle série relatant le monde maçonnique merveilleux, vu par un dessinateur auteur de plus de 20 ouvrages d’humour maçonniques déjà publiés chez OXUS – DETRAD & DERVY.

On sent que que COVID a frappé les esprits et surtout fragilisé les bonnes relations fraternelles. Ajoutons ce nouveau virus venu tout droit des USA, nommé WOKISME qui terrorise les frères mâles et blancs s’interrogeant sur la prochaine troisième guerre venue du reste de la planète, hors Europe et sur l’urgence ou pas d’acheter une trottinette pour rejoindre nos prochaines Tenues… et voici la fin du monde des bisounours spéculatifs.