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Controverse syndicale alors que les francs-maçons « écrasent » l’événement d’accès à l’école publique

De notre confrère anglais cherwell.org – Par Freya Jones

Une controverse a éclaté à l’Oxford Union après la présence d’un groupe de francs-maçons à un événement d’accès socio-économique. Leur apparition en cravate blanche a causé un bouleversement particulier, puisqu’un incident similaire l’année dernière était censé avoir conduit l’Union à planifier des événements pour éviter les conflits avec le calendrier de la loge maçonnique.

Blason de la ville d’Oxford

L’événement a eu lieu le samedi 22 octobre, lorsque des francs-maçons sont entrés au barreau de l’Union vêtus d’une cravate blanche lors d’un accès social avec le 93% Club, la société scolaire publique de l’Université d’Oxford. Cet événement a été conçu comme un moyen pour les étudiants issus de milieux socio-économiques sous-représentés de profiter de l’Union de manière moins formelle, en présentant son potentiel d’être un espace accessible et accueillant pour tous.

Les francs-maçons sont membres d’organisations sociales secrètes qui, à l’origine, promouvaient la liberté de religion et d’expression, mais qui remplissent désormais principalement une fonction sociale. Leur restriction des femmes, ainsi que leur utilisation de vêtements de cérémonie lors d’événements sociaux, ont conduit à des accusations d’élitisme. Les loges maçonniques interdisent également aux membres de discuter de leurs rituels avec des non-membres, ce qui a conduit à l’apparition de théories du complot sur leurs pratiques.

Immeuble de l’Oxford Union, société de débat dans la ville d’Oxford

Le social avait lieu à l’origine dans la bibliothèque Goodman, mais a déménagé au bar alors que seuls quatre membres du club 93% étaient présents. Un membre du comité syndical a décrit l’événement comme « assez sous-peuplé par rapport aux attentes, mais toutes les personnes présentes ont semblé apprécier ».

Oxford

Cependant, l’apparition de présumés francs-maçons, qui achetaient des boissons au bar avant de repartir, a suscité l’indignation de certains membres du Comité, qui s’opposaient au fait qu’ils portaient une cravate blanche, qu’ils considéraient comme élitiste. 

L’incident a causé une détresse particulière en rappelant un événement de la dernière Hillary, lorsqu’environ 400 francs-maçons sont entrés dans un événement d’accès socio-économique plus important et ont mangé une partie de la nourriture servie. Les membres du comité qui étaient présents ont décrit l’apparition des francs-maçons comme une démonstration de droit et un « va te faire foutre » aux personnes issues de milieux sous-représentés.

À la lumière de cela, les responsables de l’organisation des événements à l’Union devaient tenir compte du calendrier de la loge maçonnique lors de la planification des activités sociales d’accès. Le fait de ne pas le faire de manière satisfaisante a fait que l’actuel secrétaire du syndicat, Matthew Dick, a été critiqué lors d’une réunion du comité permanent le lundi 24. Interrogé sur son engagement à accéder, il a dit : « Je m’excuse pour le retard dans la vérification du calendrier de la Loge », ajoutant : « Si je ne me souciais pas de rendre la société plus accessible, je démissionnerais instantanément. Cependant, il a également été noté que les maçons présents à cette occasion sont arrivés à l’improviste et sont également membres de l’Union, un membre du comité ayant déclaré à Cherwell qu’ils étaient « impuissants à les retirer » pour cette raison.

D’autres membres du comité ont fait part de leurs inquiétudes concernant les messages que Dick a envoyés pendant les vacances d’été, vus par Cherwell , où il a plaisanté : « Je suis franc-maçon. Je vais planter le social cette année en cravate blanche ».

Dick a déclaré à Cherwell : « Il est décevant d’apprendre que des extraits de messages privés d’il y a plusieurs mois qui ont été échangés en privé ont été utilisés à mauvais escient et sortis de leur contexte pour conduire un faux récit. Je tiens également à rassurer les membres sur le fait que ce type de comportement ne représente pas ce que la plupart des gens du syndicat défendent et j’encourage les membres à assister au Comité consultatif et à d’autres événements où ils peuvent librement poser des questions et se faire leur propre opinion. »

Lors de la réunion, il a ajouté: «l’accès n’est absolument pas une blague pour moi. Pourquoi écraserais-je un événement social que j’ai organisé ? »

Un membre du Comité a dit à Cherwell : « [Matthew] n’est en aucun cas un franc-maçon, ce qui a rendu cette blague particulièrement amusante. Il a été compris à l’époque et dans le contexte par tout le monde dans le chat de groupe comme une blague et est toujours considéré comme une blague.

Les membres du comité craignent également que le Club 93% ne reconsidère d’autres partenariats avec l’Oxford Union à la suite de cet incident. Cependant, le président Ahmad Nawaz a déclaré à propos des francs-maçons : « Étant un président juste, je ne peux pas renvoyer des gens parce qu’ils sont en cravate blanche. »

Somerville College, une des universités, Oxford,

Un autre membre du comité a ajouté : « L’idée que les étudiants de la classe ouvrière seraient perturbés par quatre hommes en cravate blanche prenant un verre au bar est profondément condescendante envers nos membres de la classe ouvrière. Il est dommage que certains membres du Comité arment les défavorisés à des fins politiques.

L’Union prévoit de présenter des excuses officielles et d’envoyer des e-mails officiels aux francs-maçons pour « s’assurer à 100 % » que cela ne se reproduise pas une troisième fois.

Apollo University Lodge a été approché pour commentairesCrédit de reportage supplémentaire : Charlie Hancock

Apollo University Lodge dont la devise « Alius que et idem » signifie « Un autre qui est le même »

Apollo University Lodge No 357 est une loge maçonnique basée à l’ Université d’Oxford destinée aux membres passés et présents de l’université. [1] Il a été consacré en 1819 et ses membres se sont réunis sans interruption depuis lors.

Roi Édouard VII

Apollo University Lodge est la principale loge maçonnique pour les membres de l’Université d’Oxford. Les autres loges de l’Université d’Oxford comprennent Churchill Lodge No 478 (consacrée en 1841) pour les membres seniors de l’université, St Mary Magdalen Lodge No 1523 (consacrée en 1875) pour les membres du Magdalen College, Oxford , Aedes Christi Lodge No 9304 (consacrée en 1989 ) pour les membres de Christ Church, Oxford. L’Oxford and Cambridge University Lodge No 1118 (consacrée en 1866) est une loge basée à Londres pour les membres des deux universités.

Oscar Wilde

En raison de son association avec l’université, Apollo University Lodge a eu des membres célèbres tels que Cecil Rhodes, Oscar Wilde et Albert Edward, prince de Galles, futur roi Édouard VII.

Histoire & Civilisations-PARANORMAL, la face occulte du XIXe siècle

Le nouveau numéro, le 88e de novembre 2022, vient de sortir en kiosque ! Avec un dossier central (24 p./98) est consacré au paranormal.

Tous les mois, si tel est votre désir, vous avez rendez-vous avec l’Histoire – avec un grand H – grâce à Histoire & Civilisations qui fait parcourir 5000 ans d’histoire, de l’Antiquité à l’époque contemporaine.

Édité par Le Monde et National Geographic, vous aurez la possibilité de découvrir un large contenu, qui plus est de grande qualité éditoriale et d’une remarquable richesse iconographique.

À chaque numéro, 100 pages de récits passionnants racontés par des historiens et des experts reconnus.

Une façon de se transporter à travers les époques pour découvrir et revivre les grandes civilisations qui ont façonné notre monde.

Pour ce numéro de novembre, le paranormal au XIXe siècle fait la une !

Journaliste, critique littéraire et écrivain, Jean-Marc Bastière, rédacteur en chef, précise dans son éditorial que « Le siècle de la science fut aussi celui du spiritisme. […] On fait tourner les tables pour communiquer avec les morts. Ou plus exactement avec les esprits ». À Jersey, Victor Hugo s’adonne à cette pratique avec un petit groupe… » Il nous parle aussi « des rites d’exorcisme » et « d’attirance pour le paranormal ».

Sacré XIXe siècle !

Il nous faut relire aussi le très bon article intitulé « Le retour des esprits, ou la naissance du spiritisme sous le Second Empire » de Guillaume Cuchet dans Revue d’histoire moderne & contemporaine 2007/2 (n° 54-2, p. 74 à 90) « … On a pris l’habitude en France de désigner par « spiritisme » l’ensemble des pratiques nées aux États-Unis en 1848 et importées en Europe autour de 1852, qui consistaient à faire tourner les tables et à communiquer avec les esprits. En fait, il y a là un abus de langage, même si l’usage l’a consacré. Le mot n’a été inventé par Allan Kardec qu’en 1857…) 

Allan Kardec (1804-1869) fondateur de la philosophie spirite

Mais qu’est-ce que la paranormal ? Il peut se définir comme des phénomènes ne semblant pas s’inscrire dans le cadre des lois scientifiques actuellement établies et reste toujours utilisé pour qualifier un ensemble de phénomènes supposés qui ne sont ni observables, ni explicables scientifiquement. Rappelons que le préfixe « para » désignant quelque chose qui est à côté, en marge de la « normale ».

Louis Pasteur (1822-1895), fauteuil 17 de l’Académie française

Ils peuvent donc regrouper des perceptions extra-sensorielles (télépathies, prémonitions, etc.), le magnétisme dit « animal », la géobiologie, la divination (cartomancie, voyance), les expériences de mort imminente ou encore les différents moyens de communication avec les morts : (médiumnité, nécromancie), voire l’écriture automatique, le Ouija, les apparitions de l’au-delà (fantômes, revenants, ectoplasmes, poltergeists, guide spirituel, vision de « l’après-vie », esprits, fantômes de Marie, etc.).

Camille Flammarion (1842-1925), astronome et membre très actif de maintes sociétés savantes et d’associations pour la vulgarisation des sciences positives.

Le dossier : PARANORMAL, la face occulte du XIXE siècle
-Le spiritisme : poltergeists, tables tournantes, communication avec les esprits…
-Bicentenaire de Louis Pasteur. Savant et grand homme
-Camille Flammarion : un astronome perdu dans les mondes parallèles
-Émile Tizané* : le gendarme et le poltergeist
-Auguste Comte : positivement exalté

Auguste Comte (1798-1857), philosophe, sociologue et fondateur du positivisme.

Mais vous y retrouverez aussi les grands articles :
-Dans le grand temple de Tenochtitlán : les dieux ont soif ;
-Federico da Montefeltro : le mercenaire amoureux des arts ;
-Reines bibliques et femmes de tête. Vertueuses ou sulfureuses.


Ainsi que vos rubriques habituelles :

-Le personnage : Johann Ludwig Burckhardt ;
-L’événement : La marche sur Rome ;
-La vie quotidienne : Les Byzantins au cirque ;
-L’air du temps : Vichy contre Vichy ;
-L’invention : Le langage des signes ;
-Les animaux dans l’Histoire : Les lions du Tsavo.

Émile Tizané

*Commandant de gendarmerie, Émile Tizané, se rendit célèbre par ses enquêtes poussées sur des cas de maisons hantées. Les comptes-rendus d’Émile Tizané furent si nombreux et détaillés qu’ils justifièrent l’écriture d’un ouvrage complet intitulé L’hôte inconnu dans le crime sans cause : Enquêtes, rapports et procès-verbaux sur les maisons hantées et leurs hôtes (Omnium Littéraire, 1962). Dans de nombreux ouvrages parus dans les années 60, il livra ainsi les clés des énigmes et c’est sur des rapports de Gendarmerie qu’il se fonda pour établir la preuve des « petites hantises (poltergeist).

Le best-seller d’Émile Tizané

Disponible aussi sur la boutique en ligne https://boutique.histoire-et-civilisations.com

Histoire & Civilisations, spécial PARANORMAL

Le Monde – National Geographic, N °88, Novembre 2022, 98 pages, 6,90 €

Le bon conseil du scientifique, chimiste et pionnier de la microbiologie Louis Pasteur ! En son temps…

Peut-on poursuivre son cheminement maçonnique en s’installant au Portugal ?

Une Loge régulière ouvre ses portes en Algarve.

Au 21/09/2022 l’Ambassade de France à Lisbonne estime entre 30 et 40 000 français au Portugal dont environ 6000 installés en Algarve et environs, au Sud. Parmi eux de nombreux Maçons, toutes Obédiences confondues, désireux de poursuivre leur cheminement maçonnique sont confrontés à plusieurs défis à relever :

Peu d’Obédiences donc peu de Loges, situées principalement dans les deux grandes villes de Lisbonne et Porto et dans le sud elles sont rares.

La barrière de la langue encore non maîtrisée qui limite les rencontres possibles et le travail en Loge.

Le manque de repères et de réseaux qui pourraient faciliter les visites ou l’intégration dans une Obédience.
Une solution se présente à nos FF de l’Algarve.

Je veux et je construis un nouveau projet de vie : malgré ce contexte, quelques Maçons, installés en Algarve, ont démultiplié les rencontres et contacts avec l’espoir de visiter des Loges pour certains ou d’intégrer une Obédience pour d’autres. Néanmoins, confrontés à de nombreuses difficultés, beaucoup ont renoncé.
Mais aujourd’hui à force de persévérance une solution s’ouvre à eux.

Frappez et on vous ouvrira :

L’Obédience la Grande Loge Unie du Portugal https://glup.pt, intéressée par cette motivation collective s’engage à les accompagner dans leur projet de réunir ces Maçons en recherche d’une Loge Régulière Franco Portugaise en Algarve. Elle leur offre l’opportunité de réveiller une Loge en sommeil en Algarve et participe ainsi aux nombreuses initiatives de reconquête et de dynamisme de la Maçonnerie au Portugal.
Cette loge permettra à l’ensemble des FF de travailler dans les deux langues avec une ouverture/fermeture des travaux en Portugais et des travaux qui pourront être faits soit en Français soit en Portugais et ainsi réunir ce qui est épars.
Une agape fraternelle sera organisée courant janvier 2023 pour finaliser ce projet.
Fraternellement vôtre,

Daniel Friess et Jorge Neve

Si vous souhaitez apporter votre pierre à cet édifice vous pouvez prendre contact avec la G.L.U.P. ou directement avec les FF :
Jorge Neves par e-mail: jorge.neves@aliceadsl.fr
Daniel Friess par e-mail : daniel.friess1@gmail.com

[NDLR : La Franc-Maçonnerie au Portugal existe depuis 1727 et connaît plusieurs périodes de développement et d’extinction qui suivent l’histoire politique du pays. Elle est reconnue dès 1802 et connaît de nombreuses péripéties jusqu’à son interdiction en 1935. Après la Révolution des Œillets du 25 avril 1974, elle reprend ses activités au sein du Grand Orient lusitanien* (GOL) et avec le retour de la démocratie de nombreuses obédiences se créent de nouveau.]

FM au Portugal (source Wikipédia – consulté le 27 octobre 2022)

*Le Grand Orient lusitanien (GOL) créée en 1802 est la première obédience maçonnique fondée au Portugal. Elle s’inscrit dans le courant adogmatique et libéral de la franc-maçonnerie. Elle porte le nom de Grand Orient du Portugal entre 1849 et 1867. Elle connait diverses périodes de développement et d’interdiction en lien avec l’histoire politique du pays, dans laquelle elle est parfois impliquée.

« L’Horizon de Khéops », l’expédition immersive à Lyon Confluence

Avec « L’Horizon de Khéops », partez à la découverte des secrets de la pyramide de Khéops !

Grâce à la réalité virtuelle, découvrez une expérience immersive inédite, qui vous plongera 4500 ans en arrière. Avec la contribution de l’éminent égyptologue Peter Der Manuelian, visitez le plateau de Gizeh et découvrez des endroits de la pyramide du roi Khéops encore jamais divulgués au public… Équipé d’un casque de réalité virtuelle, vous évoluez librement pendant 45 minutes dans un espace de 1000 m2, pour y vivre une expérience bouleversante, à la fois ludique et éducative.


À la suite du succès de l’expédition immersive « L’Horizon de Khéops » à l’Institut du Monde Arabe à Paris en 2022, Excurio et Otium Leisure décident d’installer cette expérience dans le centre commercial de Lyon Confluence.

Une expérience de Réalité Virtuelle à vivre en groupe et à partager avec vos proches.


Horizon de Khéops
– Lyon Confluence, la bande-annonce https://youtu.be/MGwcFS5l0Og

Peter Der Manuelian, l’égyptologue

Peter Der Manuelian est titulaire de la Chaire Philip J. King d’égyptologie à l’Université Harvard et directeur du Harvard Semitic Museum. En 1987, il s’est joint à l’équipe de conservateurs du Museum of Fine Arts de Boston, et de 2000 à 2011, il y a dirigé le projet Giza Archives. En plus de ses fonctions de professeur, il est directeur du Giza Project à Harvard et il est aussi directeur du programme de maîtrise en muséologie à la Harvard Extension School.

Khéops

Statue de Khéops au Musée égyptien du Caire

Il est le deuxième roi de la IVe dynastie de l’Ancien Empire. Il aurait régné aux alentours de 2600 avant notre ère1, et aurait ainsi succédé à Snéfrou et précédé Djédefrê.

Pyramide de Khéops, tombeau présumé de Khéops

Il serait le commanditaire de la Grande Pyramide à Gizeh mais de nombreux autres aspects de son règne sont peu documentés. Son nom égyptien est Khoufou (translittération de l’égyptien /ˈkuːfuː/ signifiant « Il protège »), ou en forme longue Khnoum Khoufou (translittération de l’égyptien /knuːmˈkuːfuː/) signifiant « Que le dieu Khnoum protège »). Il est plus connu sous la forme hellénisée de son nom, Khéops (en grec Χέοψ). Manéthon le nomme Souphis Ier (en grec Σοῦφις) et Flavius Josèphe Sofe (en grec Σόφη). Les historiens arabes, quant à eux, le nomment Saurid (arabe : سوريد) ou Salhuk (arabe : سلهوق).

Infos pratiques : Accès par le premier étage du centre commercial Lyon Confluence (69)
1 heure d’expérience dont 45 minutes de spectacle en réalité virtuelle.
Cette expérience est accessible aux personnes à mobilité réduite et déconseillée aux moins de 8 ans.

Du 03/11/2022 au 23/03/2023 – À partir de 21,50 €

Les dates disponibles sur https://bit.ly/3D00Oxw

Regard sur… l’Astrologie

L’astrologie est un ensemble de croyances et de pratiques fondées sur l’interprétation symbolique des correspondances supposées entre les configurations célestes (la position et le mouvement des planètes du système solaire) et les affaires humaines, collectives ou individuelles.

L’astrologie est désormais considérée comme une pseudoscience relevant du charlatanisme une croyance indûment présentée comme scientifique, ou comme une superstition.

L’astrologie se place, par sa méthode même, en dehors du domaine rationnel ou scientifique.

Pour l’Association française pour l’information scientifique (AFIS) : « Sur un plan scientifique, la validité de l’astrologie a été largement mise à l’épreuve et est définitivement rejetée. Pour autant, toutes les nombreuses expériences déjà réalisées, tout comme celles à venir, ne suffiront pas à convaincre les astrologues ou ceux qui croient en leurs prédictions. Là où les scientifiques s’intéressent aux faits, les astrologues évaluent la satisfaction de leurs clients (et pour les plus cyniques, leur chiffre d’affaires et la fréquentation de leur cabinet). ».

Horloge du zodiaque
Horloge du zodiaque

De nombreux travaux scientifiques ont rigoureusement démonté l’ensemble des croyances associées à l’astrologie.
Ainsi, sur la relation entre personnalité des individus et date de naissance, une étude, basée sur deux échantillons de respectivement 4 000 et 15 000 personnes, publiée en 2006 et menée par Peter Hartmann du département de psychologie de l’Université d’Aarhus, conclut : « cette étude de grande échelle ne fournit aucun fait permettant de soutenir l’existence de relation entre la date de naissance et des différences dans la personnalité et l’intelligence générale ».

Des résultats similaires avaient été trouvés en 2003 par les psychologues Geoffrey Dean et Ivan Kelly sur un échantillon de 2 000 personnes.

D’autres études et publications ont par ailleurs démontré qu’il n’existait aucune cohérence entre ce que pouvaient affirmer plusieurs astrologues à propos d’une même personne ou encore que la capacité d’un astrologue à déterminer en fonction des signes astraux si une personne était introvertie ou extravertie ne valait pas mieux que le tirage d’une pièce à pile ou face.

Sur le plan historique, l’astrologie remonte au moins au 2e millénaire avant notre ère. Son origine serait dans les tentatives de prédiction des changements saisonniers et d’interprétation des cycles célestes comme des signes de communication divine.
De nombreuses cultures ont accordé de l’importance aux événements astronomiques, et certaines — comme les hindous, les Chinois et les Mayas — ont mis au point des systèmes élaborés pour prévoir les événements terrestres à partir des observations célestes.
L’astrologie occidentale, l’un des plus anciens systèmes astrologiques encore en usage, a son origine en Mésopotamie (xixe siècle au xviie siècle avant notre ère). Elle s’est propagée ensuite au monde hellénistique puis à la Rome antique, au monde arabe et finalement à l’Europe centrale et occidentale.

Horloge astrologique
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L’astrologie occidentale contemporaine est le plus souvent associée à des systèmes d’horoscopes qui prétendent expliquer les aspects de la personnalité d’une personne et prédire des événements significatifs dans leur vie future en fonction de la position des objets célestes.

Tout au long de son histoire, l’astrologie a appartenu à une tradition savante et était courante dans les milieux universitaires, souvent en relation étroite avec l’astronomie, l’alchimie, la météorologie et la médecine. Elle avait une forte influence sur les milieux politiques. Elle est mentionnée dans divers ouvrages littéraires, de Dante Alighieri et Geoffrey Chaucer à William Shakespeare, Lope de Vega, et Calderón de la Barca.

À partir de la fin du xixe siècle et de l’adoption de la méthode scientifique, l’astrologie a été vigoureusement contestée et critiquée tant sur ses bases théoriques que sur ses bases expérimentales. La preuve fut amenée que l’astrologie n’avait aucune validité scientifique.

Sur le plan sociologique, les croyances associées à l’astrologie sont encore très populaires.

Parallèlement à l’astrologie occidentale, des systèmes différents ont été élaborés en Chine et en Amérique précolombienne mais seules les astrologies d’origine mésopotamienne et chinoise ont perduré jusqu’à nos jours.

Étymologie

Le mot « astrologie » vient du latin astrologia, lui-même dérivé du grec ancien ἀστρολογία, composé de ἄστρον (astron) « astre, étoile » et de λόγος (logos) « parole, discours ». Étymologiquement, l’astrologie est donc le « discours sur les astres ».

Astrologie et astronomie

lecture dans le livre de l'astrologie
Livre d’astrologie avec une bougie. Le cycle des signes zodiacaux sur un fond de magie

Les astronomes grecs de l’Antiquité faisaient déjà la différence entre astronomie et astrologie. Par exemple, Ptolémée traite d’astronomie et d’astrologie dans deux ouvrages distincts, respectivement l’Almageste et le Tetrabiblos.

L’astrologie se fonde sur des calculs astronomiques afin de déterminer les positions des corps célestes et d’établir les thèmes astraux car elle souhaite utiliser les éphémérides les plus précises possible.

Avant la diffusion à grande échelle de ces éphémérides (ou des logiciels qui les incluent), l’astrologue devait lui-même, souvent à l’œil nu, déterminer les positions des astres. Il lui fallait donc être astronome avant de prétendre être astrologue.

Histoire de l’astrologie

L’histoire de l’astrologie (occidentale) mérite le respect, indépendamment de la valeur intrinsèque que l’on accorde ou pas à cette discipline. Cette dernière est un fait civilisationnel lié à l’histoire sociale et culturelle de l’humanité. Ainsi, les noms des jours de la semaine proviennent des noms latins des planètes. De même, la fête de Pâques, située le premier dimanche suivant la première pleine Lune après l’équinoxe de mars, est déterminée astralement.

On verra ici que le corpus de la doctrine astrologique s’est formé à partir d’emprunts divers, voire disparates1, de rajouts et modifications successifs datant d’époques différentes. La marche de l’histoire de l’astrologie (occidentale) est saccadée.

Dans la Vallée du Tigre et de l’Euphrate

Depuis les débuts de l’humanité, l’homme a observé le ciel, mais l’histoire se dissocie de la préhistoire avec l’invention de l’écriture. En Mésopotamie, entre les deux fleuves Tigre et Euphrate, l’observation des éclipses et autres phénomènes célestes [ciel particulièrement clair] fut associée à la maîtrise de l’écriture (sur tablettes d’argile, comme il convient à un pays riche en alluvions) pour laisser un témoignage écrit de génération en génération. Les premiers écrits que nous possédons concernant les astres remontent à 5 000 ans, et c’est à Sumer que l’on trouve la plus ancienne documentation écrite connue, avec celle de l’Égypte antique.

Les Mésopotamiens étudiaient les étoiles tournant autour du pôle céleste, le Soleil tournant [apparemment] autour de la Terre, les cinq planètes visibles à l’œil nu et la Lune. Les « astres errants » se trouvant dans le voisinage de l’écliptique (la ligne formée par le trajet annuel du Soleil dans le ciel), les constellations d’étoiles bordant l’écliptique ont donné lieu aux douze arcs de 30° de notre zodiaque. On a trouvé les douze signes énumérés pour la première fois dans un texte babylonien datant de 419 av. J.-C.

Plus superstitieux que leurs contemporains les Égyptiens, qui s’en tenaient à des observations à but pratique, les Mésopotamiens observaient le ciel dans un but mystique, reliant un astre à chaque dieu (par exemple, le dieu Sîn était associé à la Lune, et Marduk à la planète Jupiter). Les astrologues étaient à la disposition du roi, dont le thème astrologique condensait le destin du pays : seul le monarque avait le droit à connaître l’avenir.

Pour les Mésopotamiens, les astres étaient des signes et non des causes : il n’y avait pas pour eux de fatalité, car il était toujours possible de se concilier les dieux par des sacrifices en cas de mauvais présages.

Controverses

L’astrologie est depuis longtemps un sujet de controverse théologique, philosophique (dont épistémologique) et scientifique.

Condamnée dans le judaïsme et le christianisme, l’astrologie, au même titre que tous les arts divinatoires, est interdite par la Bible.
Dès le ive siècle, Augustin d’Hippone (De civitate Dei, VIII et XIX) s’élève, sur cette base, contre la confusion faite entre l’astrologie et l’astronomie.

Actuellement, l’astrologie n’est pas reconnue comme une science à cause de son absence de bases rationnelles et de preuves expérimentales. Elle n’a jamais proposé le moindre modèle de théorie expliquant ses affirmations et n’a pas le caractère de réfutabilité nécessaire pour être acceptée comme théorie scientifique.

L’astrologie n’ayant pas de cadre de référence rigoureux (méthodologie scientifique, recherche reconnue, publication scientifique vérifiée, etc.), elle a pu et est encore souvent utilisée par des charlatans ou des escrocs.

Se référant au principe fondamental qu’il n’y a pas d’effet sans cause, la science relève deux objections majeures quant à la réalité des phénomènes mis en jeu :

  • l’absence d’effet : les prédictions astrologiques ne font pas mieux que le hasard ;
  • l’absence de cause : il n’y a aucun mécanisme justifiant une quelconque influence astrale.

Une autre critique de l’astrologie tient dans les modifications que les astrologues eux-mêmes introduisirent dans leurs méthodes pour prendre en compte les planètes du système solaire au fur et à mesure de leurs découvertes.

Par exemple, Pluton n’est associée au signe du Scorpion que très récemment puisqu’elle n’a été découverte qu’en 1930. Elle n’est plus considérée comme une planète depuis 2006 et sa masse est inférieure à celle de la planète naine Éris.

L’image de l’astrologie est négative (charlatanesque) dans les milieux scientifiques, comme dans l’affaire Michel Maffesoli – Élizabeth Teissier.

La motivation de la lutte contre l’obscurantisme n’est pas en soi un argument contre l’astrologie. Elle peut néanmoins sous-tendre un discours réellement argumenté. La confusion entre les dimensions idéologiques et argumentatives génère un débat souvent stérile, difficilement analysable.

Malgré l’apparence scientifique que pourraient donner l’usage affiché de calculs compliqués, la précision des dates de naissance (heure, géographie, etc.) et le recours quasi systématique à l’ordinateur, l’astrologie est considérée comme une pseudo-science (ou superstition) par la communauté scientifique. Pour les astronomes notamment, le Soleil a été relégué au rang d’une étoile parmi d’autres au sein de la Voie lactée, laquelle a été ramenée au statut d’une galaxie parmi des milliards d’autres au sein du cosmos.

Par ailleurs, comme le souligne l’historien de l’astrologie Jacques Halbronn, après la découverte de Neptune et de Pluton, l’astrologie s’est vue contrainte de retourner aux images pittoresques de la mythologie (car la cohérence liée aux corrélations à base 7 du septénaire des planètes déjà connues s’était effondrée, ce qui lui ôte de la crédibilité scientifique.

D’après les partisans (critique positive)

Selon Robert Hand, une « future science de l’astrologie » devrait avant tout s’occuper du paradigme « mécaniste-matérialiste » dominant et, seulement en second lieu, s’investir dans l’amélioration de la pratique astrologique actuelle. La science et l’art de l’astrologie devraient être distingués.

Les difficultés qu’il y a à édifier une science de l’astrologie ne sont pas seulement attribuables au fait que « plusieurs idées astrologiques sont si mal formulées, si vaseuses (en anglais : « mushy ») que personne ne pourrait dire ce qu’elles impliquent en termes de conséquences observables [et] que certaines « hypothèses » astrologiques sont trop floues pour être testées ».

Pour Robert Hand, la formulation d’hypothèses non-mécanistes est essentielle pour appréhender scientifiquement l’astrologie.

Patrice Guinard, spécialiste de la littérature française du xvie siècle, philosophe et fondateur du Centre universitaire de recherche en astrologie (CURA) constatait en 2010 que la doxa parmi les astrologues était que l’astrologie ne fonctionnait que dans le tête-à-tête entre l’astrologue et son client, que l’astrologie était devenue, dans bien des cas, un « savoir-placebo » ne faisant pas usage du principe de « sympathie » (ou de « correspondance » (selon lequel des liens uniraient les choses qui se ressemblent) comme principe explicatif, mais comme outil commode dans la relation de l’astrologue à son client.

D’après les opposants (critique négative)

La difficulté épistémologique est qu’il est impossible de rejeter « a priori » la possible existence d’une influence des astres (« absence de preuve n’est pas preuve de l’absence »).

Au-delà de la recherche d’une théorie démontrant la possibilité d’un effet des astres, les travaux méthodiques cherchant à prouver l’existence de corrélations entre les événements astrologiques et leurs supposés effets aboutissent à l’infirmation des paradigmes astrologiques. Or, pour pouvoir valider les hypothèses de l’astrologie, il est au moins nécessaire d’observer un effet, avant même de chercher à en expliquer ses tenants.

L’argument de la difficulté épistémologique du dialogue apparaît en fait fallacieux. En effet, l’astrologie est une pratique qui ne fournit pas les outils de sa propre réfutabilité, et qui reste par le fait hors du champ d’analyse de l’épistémologie. L’attitude des astrologues est de fait l’exemple retenu par Popper d’un discours qui refuse sa propre réfutation (ou « falsification » selon une mauvaise traduction : on entend par là sa possibilité d’être contredite, réfutée), interdisant ainsi une critique objective de ses affirmations.

« Une théorie n’est scientifique que si elle est « réfutable », c’est-à-dire qu’elle peut être soumise à des tests expérimentaux afin de vérifier la concordance de ses prédictions théoriques avec les observations. Une hypothèse qui ne peut être vérifiée, ni prise en faute par aucune expérience ou observation, n’est pas scientifique », Karl Popper, Logique de la découverte scientifique.

Certaines études menées par des astrologues retiennent des dispositifs expérimentaux qui tendent à produire des résultats systématiquement positifs.

Dans leur critique de l’astrologie, les astronomes Zarka et Biraud donnent à penser que les personnes qui cherchent à faire entrer l’astrologie dans le champ de la réfutabilité manquent de probité.

Ils affirment qu’il n’y a :qu’« une seule méthode de test (puisqu’il) n’est pas nécessaire que l’influence d’un phénomène sur un autre soit observée (mesurée) et expliquée : l’une des deux conditions suffit ». On ne dispose, pour démontrer une absence de relation, que de la méthode statistique. Les conditions fondamentales doivent être respectées pour garantir la validité scientifique de toute analyse de ce type :(1) définir rigoureusement le protocole expérimental avant l’expérience et s’y tenir ;(2) vérifier le caractère significatif des résultats obtenus (tests de confiance, analyse des biais possibles, etc.) ; (3) s’engager à publier tous les résultats obtenus, clairement et sous contrôle.Dans le cas des tests astrologiques, ce sont les conditions (1) et (3) des expériences qui ne sont pas correctes ; par exemple, dans les études de Michel Gauquelin sur les corrélations entre métier et signe de naissance (Effet Mars), des corrélations significatives sont obtenues, mais pour combien d’essais ? Si on essaie au hasard mille corrélations, l’une d’elles sera sans doute significative à une chance sur mille !.De plus, comme on a le choix entre de très nombreuses caractéristiques astrologiques à corréler au métier des gens, il est facile d’en trouver « qui marchent mieux ». Gauquelin a publié non seulement les travaux de son Laboratoire d’Étude des Relations entre Rythmes Cosmiques et Psychophysiologiques (1970) mais aussi des livres qui prennent la défense de l’astrologie (1955, 1966) : Quel astronome penserait à « défendre » l’astronomie ? En conséquence, on ne peut avoir aucune confiance dans les quelques expériences qui sont toujours citées comme positives !

En ce qui concerne les efforts déployés (ou non) pour étudier la plausibilité scientifique de l’astrologie, Zarka et Biraud jugent que « c’est fondamentalement aux astrologues de chercher la justification physique de leur pratique, et non aux scientifiques d’en démontrer pour eux l’inexistence (tâche logiquement impossible). Le problème est que les astrologues, mercantiles ne se préoccupent pas le moins du monde de cette question ».

Objections to astrology : le manifeste de 1975

Un manifeste contre l’astrologie a été publié en 1975 par un certain nombre de sommités.
Les faits critiques y sont présentés, notamment lorsqu’ils décrivent l’astrologie comme une « superstition reposant sur la crédulité des gens ». Cette dévalorisation est d’ailleurs souvent la seule partie du manifeste retenue par les partisans de l’astrologie qui le présentent comme un simple « rejet sans examen » de leur pratique.

Les arguments :

  • La science a réfuté la magie.

« Autrefois, les gens croyaient aux prédictions et avis des astrologues, car l’astrologie était comprise dans leur vision magique du monde. Ils considéraient les objets célestes comme les lieux de résidence ou les augures des dieux et, donc, les associaient à des événements terrestres »

  • Les corps célestes sont trop lointains pour exercer quelque influence gravitationnelle ou autre.

« […] ils n’avaient aucune idée des distances considérables entre la Terre, les planètes et les étoiles. Maintenant que ces distances peuvent être et ont été calculées, nous pouvons comprendre à quel point sont infimes les effets gravitationnels ou autres produits par des planètes si éloignées, sans parler des étoiles tellement plus lointaines. »

  • Notre destin nous appartient.

« Pourquoi croit-on à l’astrologie ? En ces temps d’incertitude, beaucoup de gens désirent le réconfort que procurent les conseils au moment d’une prise de décision. Ils voudraient croire en une destinée établie par des forces célestes au-delà de leur contrôle. Cependant, nous devons tous affronter la réalité et devons comprendre que notre avenir dépend de nous, non pas des étoiles. »Paul Feyerabend

Dans le manifeste précédent, Paul Feyerabend, un philosophe des sciences qui s’est particulièrement intéressé aux théories physiques, remarque un ton religieux, une ignorance et des méthodes autoritaires qu’il compare, mais de façon désavantageuse, avec le Malleus Maleficarum, le manuel de lutte contre la sorcellerie publié par l’Église catholique en 1484. Dans ce manuel, dit-il, l’explication de la sorcellerie est pluraliste, incluant même de possibles étiologies matérialistes (bien que l’explication démonologique ait prévalu habituellement). Feyerabend opine : « Les auteurs du Malleus Maleficarum connaissent le sujet, connaissent leurs opposants, ils donnent une description correcte des positions de leurs opposants, ils présentent une argumentation contre ces positions et utilisent les meilleures connaissances du temps dans leurs arguments ». Le manifeste des 186 scientifiques contre l’astrologie ne présente pas ces qualités, d’après Feyerabend, mais ressemble de façon littérale à la bulle du pape Innocent VIII présentée en introduction du manuel de 1484.

Toutefois, cette objection ne vise pas à essayer de défendre l’astrologie. Feyerabend écrit :

« L’astrologie moderne possède de nombreuses caractéristiques identiques à celles de l’astronomie médiévale à ses débuts ; elle en a hérité des notions intéressantes et profondes mais les a déformées et remplacées par des caricatures mieux adaptées à la compréhension limitée de ses praticiens. Ces caricatures n’ont pas la recherche pour objectif ; il n’existe aucune tentative pour s’aventurer dans des domaines nouveaux ni pour améliorer notre connaissance des influences extraterrestres ; celles-ci servent simplement de réservoir à des règles naïves et à des formules ajustées pour impressionner les ignorants ».

Feyerabend ajoute que la science est à même d’évaluer combien l’influence de l’activité solaire est précise, notamment dans son action sur le potentiel électrique des arbres ; qu’il est plausible que cette activité influe sur le comportement des molécules d’eau ; que la biologie présente des exemples de sensibilité extrêmement fine aux variations de l’environnement.

Alain Gillot-Pétré

Dans son ouvrage Les Charlatans du Ciel, Alain Gillot-Pétré dresse les critiques suivantes : les astrologues reconnaissent eux-mêmes qu’il n’y a pas d’influences astrales et que les planètes n’ont qu’un rôle symbolique ; les astrologues admettent eux-mêmes que tout n’est pas écrit, et donc, selon lui, toute l’astrologie « tombe à l’eau » ; enfin et surtout, la théorie astrologique prend des faux-fuyants, et elle en devient tellement complexe que l’accepter telle quelle relève de « la paresse intellectuelle ». Par exemple, le printemps y est censé commencer avec le Bélier, chaud et sec, et régi par le dieu de la guerre Mars (violent) alors que, aux dires de Ptolémée, « le printemps est humide, ce qui l’apparente au début de toute vie animale, doux et tendre ».

Les astronomes

Aucun astronome professionnel contemporain ne défend l’astrologie, et la plupart ne l’évoquent même simplement pas. Cependant, deux d’entre eux, Daniel Kunth et Philippe Zarka, chercheurs au CNRS, ont publié un livre-enquête sur l’astrologie étudiée d’un point de vue scientifique. Leur conclusion est que « il y a beaucoup de contradictions chez les astrologues, et ils ne connaissent pas la réalité physique de l’Univers. Les astrologues semblent pourtant très savants ! Oui ! ils établissent des relations entre les signes et les constellations, ils parlent de maisons, ils font des calculs complexes… Il y a une technique derrière, mais une technique ne fonde pas une science ».

De fait, l’astrologie ne prend pas en compte les connaissances récentes en astronomie, et se fonde sur un système symbolique obsolète autant du point de vue épistémique qu’astronomique, le ciel ayant beaucoup changé depuis 4 000 ans, mais pas l’astrologie.

Expérimentations

De nombreux protocoles d’expérimentation ont été proposés aux astrologues depuis les années 1970, et de nombreux chercheurs du début du siècle se sont attelés à une étude statistique de l’astrologie. Les expérimentations menées dans ce domaine sont cependant limitées par l’absence d’une définition précise de l’effet recherché, et les difficultés de sa caractérisation éventuelle.

Confrontation avec un échantillon témoin

Certains astrologues annoncent qu’ils peuvent prévoir, notamment, des événements très précis et facilement vérifiables. En ce sens, des protocoles de tests permettant de les mettre à l’épreuve sont aisés à mettre en place. Ces protocoles comparent les prévisions des astrologues sur des sujets précis à des prévisions aléatoires émises par des sceptiques ou des ordinateurs. Les prévisions des astrologues sont alors validées si elles sont de meilleure qualité que les prévisions aléatoires. On peut citer le test sur vingt-deux prévisions de l’an 2000 entre Élizabeth Teissier (qui estime son niveau de réussite à 80 %, voire 90 %), un sceptique et un ordinateur. Résultat : ordinateur huit réussites, Élizabeth Teissier et sceptique sept réussites. De nombreuses expériences de ce type ont eu lieu.

Le cercle zététique de l’université de Nice a créé le Défi zététique international. L’intérêt de ce dernier test est qu’en échange d’un test gratuit, l’astrologue reçoit 200 000 euros en cas de succès. Comme le risque financier est nul pour un gain potentiel énorme, on peut estimer que les astrologues ne se présentant pas à ces tests ne croient pas à leur don. Après quelques années de fonctionnement, très peu d’astrologues ont concouru, le test fut arrêté faute de participants. Toutes disciplines confondues, il y a eu 250 tests et aucun réussi.

Un autre test réalisé sur cent personnes a montré que les astrologues avaient exactement le même taux de succès qu’un système aléatoire.

L’expérience de Shawn Carlson

Pendant ses études universitaires, Shawn Carlson a effectué ce qui est largement considéré comme le test le plus complet des capacités des astrologues pour extraire des informations sur leurs clients à partir de la position apparente d’objets célestes (lieu et moment de la naissance de ces clients). En effet, toutes les précautions avaient été prises pour que les astrologues ne fassent pas le reproche aux scientifiques d’appliquer une méthodologie de parti-pris : collaboration avec des experts en astrologie, prise en compte des exigences de ces derniers, accord donné par eux sur la totalité du protocole de test.

L’expérience de Shawn Carlson impliquait 28 astrologues qui étaient tenus en haute estime par leurs pairs. Ces astrologues avaient préalablement admis que le test portait sur la véracité de l’astrologie des thèmes de naissance. Les astrologues participants ont été nommés par le conseil national pour la recherche géocosmique (NCGR) agissant en tant que conseiller astrologique pour garantir que le test n’était pas biaisé. Le NCGR a choisi 26 des 28 astrologues, les deux autres étant des astrologues intéressés qui ont été approuvés par le NCGR après avoir entendu parler de l’expérience. Les astrologues venaient d’Europe et des États-Unis.

On a constitué un groupe de cent volontaires que l’astrologie indifférait, pour lesquels on a établi le profil psychologique selon le CPI (California Psychological Inventory), un test de personnalité standard et bien accepté, que les astrologues eux-mêmes ont identifié comme étant l’instrument scientifique le mieux adapté au type d’informations qu’ils croyaient obtenir de leur pratique astrologique. Il s’agissait pour les astrologues d’attribuer sans se tromper le thème astrologique natal des volontaires, établi par ordinateur, et interprété par les astrologues, au profil psychologique, à choisir parmi trois (celui du sujet plus deux autres tirés au sort parmi ceux des autres sujets), de ces volontaires objectivé par le CPI.

Les astrologues sont convenus que le protocole expérimental fournissait un « test équitable ». Pour évaluer les prétentions des astrologues, il fallait en effet définir le protocole expérimental avant l’expérience et s’y tenir. Pour éviter tout biais possible de la part du scientifique effectuant l’étude ou des astrologues participants, l’expérience a été réalisée en double aveugle.

Les résultats ont été publiés dans la prestigieuse revue Nature le 5 décembre 1985. L’étude a révélé que les astrologues n’étaient pas en mesure d’attribuer mieux que le hasard (ils obtenaient un tiers de réussite, soit comme le hasard) les thèmes astraux aux tests de personnalité correspondants. De plus, les astrologues n’étaient pas plus susceptibles d’avoir raison au moment même où ils avaient une grande confiance dans le fait qu’ils avaient fait une attribution correcte. Carlson a conclu que le résultat « réfute clairement l’hypothèse » de l’astrologie natale.

Approche statistique

En 1993, paraît dans Les Cahiers conditionnalistes, une étude statistique non scientifique qui vise à démontrer une corrélation entre les aspects Mercure-Saturne et les qualités de joueur d’échecs.

Question des succès prédictifs

Plusieurs éléments cités aux points précédents (confrontation à un échantillon témoin et approche statistique) apportent une explication objective à l’existence de nombreux succès prédictifs de la part des astrologues.

Par ailleurs, certains succès prédictifs s’expliquent par la probabilité objective de l’occurrence d’un évènement.

Les bilans prédictifs des astrologues (récapitulation des prédictions justes, au terme d’une série de séances ou d’une année) ne présentent généralement que les « succès » prédictifs, occultant les erreurs. Si l’on suppose la précision égale des prédictions, cette comparaison s’avèrerait pourtant intéressante.

Il a été démontré par Henri Broch que la variabilité des résultats présentés par des sujets réputés doués correspond précisément aux résultats de prédictions « aléatoires ». Cette démonstration, très facilement reproductible, est consultable dans l’ouvrage Devenez sorciers, devenez savants.

Le medium Bertrand Méheust, dans son ouvrage 100 mots pour comprendre la Voyance, critique les méthodes zététiciennes, en particulier celles qui sont pratiquées dans l’ouvrage Devenez sorciers, devenez savants, et estime que, dans leur livre, Henri Broch et Georges Charpak citent principalement des expériences spontanées de la vie courante, facilement discréditables, et ignorent l’existence de chaires universitaires de parapsychologies (et donc de travaux parapsychologiques de niveau universitaire) dans beaucoup de pays développés (mais pas en France, cependant) :

« Les auteurs ne se proposent pas d’examiner les travaux de la métapsychique, ce qui aurait été une entreprise constructive. Ils se proposent plutôt de ruiner, dans l’esprit du lecteur non averti, l’idée même qu’une telle entreprise eût pu avoir l’intérêt le plus ténu, en se gardant de lui présenter les éléments qui lui permettraient d’utiliser son jugement. En traitant le sujet sur un ton léger, ils font passer le message qu’il est sans consistance. […] Les exemples sont toujours pris dans le répertoire non-épuré de la vie quotidienne ; ils ne mettent jamais en scène des parapsychologues au travail dans des situations construites, mais des observateurs naïfs en train de se divertir dans un salon à la fin d’une repas (p. 48). Après avoir ainsi campé l’adversaire, il leur est aisé de dénoncer l’appel universel à l’« expérience personnelle », et l’illusion qu’elle puisse constituer une preuve (p. 38). En bref, ils se comportent comme des experts qui pour accabler la compagnie des eaux, se débrouillent pour effectuer leurs prélèvements en amont de l’usine d’épuration, au lieu de le faire en aval. Tout est l’avenant dans « Devenez sorcier, devenez savant ». Une telle manière de faire relève plus de l’idéologie que de la science. »

Les banquets d’ordre approchent… voici une idée originale 

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Les banquets d’ordre approchent : Les agapes ne sont-elles pas l’occasion de renouer avec la tradition : chanter à la fin des repas ?

Aux chansons de table traditionnelles, les Bouffons d’Hilarion rajoutent les leurs, d’inspiration maçonnique, parodies de chansons connues, satires plus ou moins piquantes de nos « travers » maçonniques.

Pour les consulter, pour les chanter, pour les plagier à votre tour, il suffit de cliquer sur l’image ci-contre et d’accéder au site d’Hilarion.

Proposition aux loges :

Si vous souhaitez agrémenter vos agapes, vos fêtes familiales, vous pouvez faire appel à la troupe des bouffons d’Hilarion. (tous maçons ou maçonnes !)

Il s’en trouvera certainement quelques-uns disponibles pour venir vous jouer quelques sketchs, vous faire chanter quelques chansons « maçonneuses »…

Pour nous contacter et recevoir nos propositions, cliquez puis remplissez ce formulaire

Les Zilarions souhaitent à tous les FF∴ et SS∴, à leur famille et à tous ceux pour qui humour et fraternité vont de pair, une bonne fin d’année.

Gouverner, c’est aimer

Anthologie morale de l’art sublime de gouverner les hommes

Yves Marek-Préface de François Baroin – Balland, 2022, 354 pages, 25€

Haut fonctionnaire, Yves Marek, élu membre de l’Académie des Sciences d’Outre-Mer, a été directeur de cabinet et conseiller de six ministres, de droite comme de gauche, et conseiller culturel du président du Sénat. Artisan de la renaissance du musée du Luxembourg, il a été aussi à la tête de la Fédération française des échecs et préside désormais le Centre National du patrimoine de la chanson française.

Yves Marek

Bien que non maçonnique, son remarquable ouvrage sur la sagesse ne peut qu’interpeller le cherchant. Car n’est-elle pas cette connaissance du vrai et du bien, fondée sur la raison et sur l’expérience et une juste connaissance des choses ? En religion, notamment dans la tradition judéo-chrétienne, la sagesse est omniscience, discernement parfait entre le bien et le mal, bonté infinie, sainteté, qui sont inhérents à la personne divine. D’ailleurs, le Livre de la Sagesse, écrit sapientiel composé à Alexandrie vers 50 av. J.-C., n’est-il pas attribué fictivement à Salomon, (Léon 1975).

Alors oui, la sagesse qu’elle soit grecque, religieuse, juive, chrétienne, musulmane, orientale, moderne et post-moderne ou encore populaire est un concept utilisé pour qualifier le comportement d’un individu, souvent conforme à une éthique, qui allie la conscience de soi et des autres, la tempérance, la prudence, la sincérité, le discernement et la justice s’appuyant sur un savoir raisonné.

Et dans le domaine de la philosophie, la sagesse représente un idéal de vie vers lequel tendent les philosophes, « amoureux de la sagesse », qui « pensent leur vie et vivent leur pensée », à travers le questionnement et la pratique de vertus. En rappelant que les philosophes grecs différenciaient la sagesse théorique (sophia) de la sagesse pratique (phronèsis). Mais la vraie sagesse serait la conjonction des deux !

Pour le maçon, la notion de sagesse s’inscrit dans ses travaux. Au cœur même ! Évoquée plusieurs fois, elle figure dans le Manuscrit Halliwell dit Regius (1390), poème rimé anonyme, considéré comme un de nos textes fondateurs : « Le métier de maçonnerie vit son commencement quand le clerc Euclide dans sa grande sagesse fonda le métier en pays d’Égypte ». Sagesse, Force et Beauté, triptyque maçonnique par excellence et par essence – la sagesse (pour inventer), la force (pour diriger), et la beauté (pour orner) – permet de construire son temple intérieur. L’astrologie chinoise précise même que « l’essence des traditions c’est l’union de la sagesse, de la force et de la beauté ».

François Baroin, en 2017

Préfacé par l’ancien ministre François Baroin – fils de Michel Baroin (OE), haut fonctionnaire, homme d’affaires, grand maître du Grand Orient de France en 1977-1978 –, ce dernier met en avant d’entrée que « Ce livre nous offre une plongée en profondeur dans trois mille ans de sagesse politique, parcourant toutes les grandes civilisations de l’Antiquité la plus lointaine jusqu’à nos jours. Il n’est pas seulement une anthologie et un recueil de pensées fulgurantes et des plus grands penseurs sur l’Art de gouverner, mais une anthologie raisonnée car il nous propose de ramener la politique à des figures éternelles des relations humaines : la promesse, la crainte, la confiance, le destin, le secret… »

Hasard ou non, les six chapitres – cf. la symbolique de ce nombre chez Allendy, dans l’Apocalypse, les contes de fées ou encore dans les interprétations de l’étoile ou de l’hexagone – ponctuent l’ouvrage nous conduisent, avec des titres de sous-chapitres si évocateurs, dans les méandres de la gouvernance des hommes et des affaires de l’État. Partons à la découverte de « Les autres » (Des bienfaits et des promesses mais.) ; « Humains trop humains » (Quelle immortalité) ; « Art politique » (Le secret des secrets, faire confiance, Mensonges) ; « L’exercice du pouvoir » (Des lois, Utiles Honneurs, Pratique religion, Encombrants ministres, Le pouvoir de nommer) ; « Penser la haute politique » (La puissance de l’opinion, L’arcane de la Force, Funestes Idées) ; « Mystères » (Rire divin, Éternel féminin, Fatalités intimes, le Génie, Les Force de l’Esprit).

Nous nous nourrirons, avec profit, des nombreuses citations, dont certaines de frères : Vauvenargues, Sénèque, Jean Rostand, Talleyrand, Montesquieu, Tacite, Cicéron, Machiavel, Céline, Michel Audiard, Mahomet, Louis XI, Rivarol, Oscar Wilde, Montherlant, Balzac, La Rochefoucauld, Sainte-Beuve, Homère, Sir Winston Churchill, Spinoza, Mark Twain, Bernanos. Tite-live, Paul Valéry. Maître Yoda (La Guerre des étoiles), Montaigne, De Gaulle, Bourguiba, Lao Tseu, Sun Tzu, Flaubert, Eschyle, Nietzche, etc.

Yves Marek expose, développe, décrypte une sagesse millénaire qui nous fait regarder l’art de gouverner, et les hommes qui sont aux manettes, avec un œil nouveau. S’appuyant sur des pensées politiques mais aussi sur des écrits de grands écrivains voire nous faisant entrer dans le champ littéraire de certains grands mystiques, ce livre, construit avec intelligence et fruit d’une grande expérience, pose un cadre intelligent de la vie de la cité, au sens noble du terme politique. Une véritable mise en lumière.

Daniel Hervouët

Pour un premier essai, cet ouvrage est un coup de maître qui réhabilite, dans l’esprit du lecteur, l’art de gouverner.  Il est publié sous la direction éditoriale de l’ancien officier des forces spéciales et du renseignement, Daniel Hervouët, Contrôleur général des armées, professeur associé à l’université Paris 2 Panthéon-Assas et auteur de plusieurs livres gravitant tous autour des dimensions géopolitiques de notre époque ou du monde de l’espionnage.

Rappelons que Balland, maison d’éditions fondée à Paris en 1967, publie Vladimir Fédorovski, diplomate et écrivain russe d’origine ukrainienne aujourd’hui français, auteur emblématique s’il en est. Elle a été aussi récompensée, en 1983, par le prix Goncourt attribué à Les Égarés (Balland 1983, Points-Seuil 1984, Fayard, 2000) de Frédérick Tristan (1931-2022), de son nom d’état civil Jean-Paul Baron et qui, sous le pseudo Mary London, nous donna Un meurtre chez les Francs-Maçons (Éd. du Rocher, 1998).

Que Gouverner, c’est aimer, livre conduit selon les règles de la prudence, permette à chacun de croître et de grandir en sagesse. Sagesse qui préside à la construction de l’édifice, le nôtre, notre temple intérieur. Afin de vaincre nos passions.

La 4e de couverture

Retour sur… Le 13e Salon Lyonnais du Livre Maçonnique

Retour sur… Le 13e Salon Lyonnais du Livre Maçonnique

CCVA

Organisées par les Francs-Maçons, hommes et femmes appartenant à différentes Obédiences les 22 et 23 octobre derniers au Centre Culturel de la Vie Associative de Villeurbanne CCVA, les Rencontres Culturelles Maçonniques – 13e Salon Lyonnais du Livre Maçonnique connurent un franc succès !

Une interobedientielle qui comprend, au total, onze Grandes Loges

2022 avait pour thème « Francs-Maçons : recherche de sens ».

De ce 13e Salon Lyonnais du Livre Maçonnique qui connut une affluence record malgré une lutte contre les éléments – et en matière d’éléments le Maçon en sait quelque chose (beau temps tout le week-end, changement de lieu, changement de forme, etc.), retenons que ce dimanche 23 octobre – l’échange Maçons/non Maçons dénommé la ruche a rencontré » son public.

En effet, ces Rencontres orientées vers la recherche de sens, ont été un véritable lieu de partage.

Avec une mise en œuvre d’un moment privilégié et de partage. Une ruche intitulée : « Vos questions sont les nôtres, nos questions sont les vôtres. »

Le but étant d’enrichir les réflexions de tous. Et selon l’adage « 1+1=3 », cette session a reflété aussi tout l’intérêt de pratiquer sans modération la réflexion de à plusieurs intervenants, bien meilleure que la réflexion individuelle…

Samedi en fin de soirée après l’inauguration, à laquelle les autorités municipales avaient fait savoir combien elle était heureuse d’accueillir cette manifestation, et le cocktail, il nous a été donné d’assister, avec le spectacle du groupe TRIO OPSIS (chanteuse lyrique, saxophoniste, pianiste), à un beau moment de bonheur qui nous a fait traverser les époques en éveillant tous nos sens.

Le Temple de Jérusalem, en Lego

Mais revenons sur ces journées, à commencer par celle du samedi 22.

Une véritable gageure ! Passer des salons du Palais de Bondy, édifice monumental au cœur de Lyon et de son emblématique Salle Molière, décorée par le peintre Louis Bardey (1851-1915).

MLIS

Pari gagné. Tout Lyon, maçonnique ou non, se retrouvèrent face à la Maison du livre, de l’image et du son (MLIS), médiathèque conçue par l’architecte suisse Mario Botta, au Centre culturel et de la vie associative (CCVA) de Villeurbanne.

La clé du succès ? Une préparation hors pair menée de maître – citons les Frères Bernard Fieux et Christian Lallement –, une équipe soudée, mais aussi et surtout un programme d’enfer ! Et qui, comme chacun le sait, est pavé de bonnes intentions… Qui se transformèrent en tables rondes à thématiques plutôt liés à la pensée, à la spiritualité, au symbolisme, à l’initiatique et à l’opératif (bienfaisance active).

Selon un schéma familier aux Maçons, l’animateur, présentant généralement les trois intervenants et le sujet proposait à l’assistance, confortablement installée dans la très belle et grande de spectacle, de prendre la parole. Dialoguer aussi et avec une assemblée, pour partie, pas forcément au courant des pratiques, des us et coutumes de la Maçonnerie.

De la « Notre démarche symbolique et initiatique est-elle d’actualité ? » – la réponse étant oui –, à « La Franc-Maçonnerie, une solidarité en partage », en passant par « Qu’est-ce que la spiritualité maçonnique ? » ou encore « La Franc-maçonnerie une méthode pour questionner l’organisation des sociétés » et enfin « Justice et éthique maçonnique », toutes les tables rondes firent le plein. C’est en cela aussi que ce salon fut une grande réussite. Et pour un salon du livre maçonnique, cela fut de la belle ouvrage ! Rendez-vous est donc donné en 2023 !

L’expo sur les grandes figures de la Franc-Maçonnerie
Guiseppe Garibaldi, surnommé le Héros des Deux Mondes
Le carré des auteurs(es)
Initié à la Grande loge de France en 1927, Pierre Brossolette (1903-1944), journaliste, homme politique, résistant et Compagnon de la Libération. Ses cendres sont transférées au Panthéon, le 27 mai 2015. En Juin 2014, la Grande Loge décide de donner à son grand temple son nom.

De l’informatique à la santé : l’ENTONNOIR, un symbole à revisiter !

C’est un symbole apparu dans le corpus alchimique, que Jérôme Bosch a brillamment illustré, réapproprié par les informaticiens et qui, étonnamment, colle à l’actualité contemporaine !

On parle de l’entonnoir dans le manuscrit de Saint Marc ;  son utilisation alchimique renvoie à l’absorption des savoirs et de la connaissance.

Mais c’est Jérôme Bosch (1450-1516) qui lui donne une célébrité en le reliant à la déraison et à la folie en le renversant !

Un tableau parle mieux qu’une explication : « L’excision de la pierre de folie » – détail du tableau de Jérôme Bosch (1494)

Cet entonnoir renversé, symbole de la déraison, est malheureusement toujours d’actualité !

Que ce soit en politique, dans le journalisme ou en religion, combien mériterait de porter ce fameux entonnoir !

Aujourd’hui en marketing on parle de l’entonnoir de conversion qui décrit les différentes phases que le consommateur vit avant d’arriver à l’acte « final » !

L’entonnoir, symbole mondialement accepté dans les applications Office, Base de données, ERP et CRM pour le filtrage des données.

La notion de filtrage de l’information introduite par les informaticiens enrichit le symbolisme de l’entonnoir.

Personnellement, les informations de l’actualité et certaines pathologies médicales m’ont fait penser à ce que j’appelle le syndrome de l’entonnoir débordé !

C’est une situation banale qui nous concerne tous soit individuellement soit collectivement. Cela se rencontre aussi dans l’environnement !

D’un point de vue fonctionnel, l’entonnoir permet de passer d’un régime dit de turbulence à un régime de fluidité pour tout ce qui concerne les liquides et les poudres afin de faciliter l’écoulement dans un orifice de taille réduite.

L’entonnoir, en quelque sorte est un symbole dynamique de remise à l’ordre dans la mesure où il permet de passer d’un régime turbulent à un régime laminaire.

Tout cela concerne un fonctionnement normal.

Mais si le débit d’entrée à la partie supérieure de l’entonnoir est trop important, l’écoulement laminaire ne peut plus se réaliser et l’entonnoir déborde.

Le débordement de l’entonnoir constitue ce que j’appelle le « syndrome de l’entonnoir débordé » !

On utilise le mot syndrome pour regrouper un certain nombre de signes d’un dysfonctionnement que ce soit pour la santé des êtres humains ou pour tout phénomène physique.

Si on observe le déroulement de l’activité humaine ou les événements qui affectent la nature, il est facile de retrouver ce modèle de situation où un débit d’entrée trop important provoque une turbulence et un débordement.

  • Des averses de pluie abondantes à la suite d’un orage et l’on voit les cours d’eau déborder !
  • Un accident sur une route le jour d’un départ en vacances et le traffic se trouve fortement ralenti.
  • Une grève des transports et l’activité diminue fortement, voire s’arrête.
  • Pour une personne humaine, un caillot de sang dans un vaisseau du cerveau et c’est l’accident vasculaire cérébral.
  • Toujours pour une personne, un excès de soucis ou du surmenage professionnel et c’est le burn out.
  • En 2020 la crise des masques a montré qu’une insuffisance des masques créait des risques contagieux non négligeables et cela sûrement provoqué des milliers de morts !
  • Et à l’inverse, l’excès de malades a provoqué la crise des urgences avec la dégradation des soins qui s’en ai suivie !
  • Les incendies de cet été ont montré que le feu pouvait très bien dépasser les moyens utilisés pour le combattre et déborder les secours !
Le débordement image de la déraison !

De tout cela, il ressort :

  • Les effets nocifs de l’excès d’apports qui ne pourront pas être pris en charge
  • Les effets nocifs des besoins non satisfaits lorsque les arrivées sont massives,
  • L’indispensable adéquation entre les besoins et les capacités de les assumer

Le syndrome de l’entonnoir débordé réunit des troubles liés aux excès et aux insuffisances !

D’une façon générale ne sont ce pas les dangers inhérents à tous les êtres vivants ?

On retrouve les maximes de sagesse comme :

« Ni trop, ni trop peu ! » 

« Le temps adoucit tout ! »

« Qui trop embrasse mal étreint ! »

On pourrait aussi dire que le syndrome de l’entonnoir débordé est facilité par la procrastination qui augmente artificiellement la charge de travail par l’accumulation induite.

En loge aussi on retrouve des manifestations rentrant dans le cadre du syndrome de l’entonnoir débordé ; en voici quelques exemples :

  • Un ordre du jour trop chargé ne favorise pas une bonne tenue.
  • Un effectif supérieur à 40 présents n’autorise pas un réel partage et une participation.
  • Trop de réunions de toutes sortes n’apportent que fatigue et confusion
  • Un convent avec près de 1300 délégués ce n’est pas sérieux.

Avoir conscience des risques que peut induire le syndrome de l’entonnoir débordé doit nous inciter à la prudence quant à la tentation de vouloir assumer plusieurs charges.

Par ailleurs, ce syndrome de l’entonnoir débordé peut nous faire comprendre une des conditions d’un bon apprentissage : la progression !  Ne pas vouloir aller trop vite ! Fractionner les nouveaux savoirs à acquérir et prendre le temps de les assimiler avant d’en présenter des nouveaux.

Cette dernière remarque se justifie quand on sait que l’initiation concerne souvent des personnes âgées de plus de 40 ans qui commencent à perdre une certaine « agilité » cérébrale ! Avec elles il faudra vraiment proposer une formation progressive et s’assurer que les savoirs ont été acquis !

En conclusion, l’entonnoir ne pourrait-il pas être considéré comme le symbole de la raison ?

Placé  sur l’axe vertical, l’entonnoir symbolise la transformation du régime du flux d’informations afin de faciliter leur réception.  Cela n’est cependant possible que dans certaines limites !

Cette lecture symbolique nous permet d’en faire le symbole de la raison dans la mesure où celle-ci se définit comme la faculté qui permet à l’être humain de connaître, juger et agir conformément à des principes (compréhension, entendement, esprit, intelligence), et spécialement de bien juger et d’appliquer ce jugement à l’action (discernement, jugement, bon sens) ‘source : Le Robert).

La déraison c’est bien sûr l’entonnoir renversé exposé par Jérôme Bosch !

La zone dangereuse c’est le syndrome de l’entonnoir débordé qui s’applique tellement à l’actualité !

Symboliquement l’entonnoir nous incite à l’humilité en particulier dans les situations d’une surcharge de travail ou d’affects qui peuvent gravement nous déséquilibrer si on ne sait pas les éviter !

Sa connaissance nous incite aussi à savoir nous placer dans la chaîne des événements et si nous sommes en responsabilité à savoir regarder devant soi pour prévoir ce qui pourrait arriver au cas où … !

C’est aussi un symbole de traitement du désordre car il permet de passer d’un flux turbulent à un flux laminaire c’est-à-dire qu’il facilite le passage de l’agitation à la tranquillité !

Dans notre période troublée, le syndrome de l’entonnoir débordé semble très fréquent et pourrait nous préfigurer la fin de la vie sur terre !

Société secrète… Chevaliers de la Foi

L’ordre des Chevaliers de la Foi est une société secrète qui a été fondée en 1810 pour défendre le catholicisme et la monarchie légitime. Durant la période du Premier Empire, il avait pour objectif le rétablissement de la royauté bourbonienne française, puis, durant la Restauration, les Chevaliers se sont organisés dans la tendance parlementaire des ultraroyalistes, avant de se disperser d’eux-mêmes en 1826.

Les caractéristiques des chevaliers

La hiérarchie

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Les cinq degrés fondamentaux

Initialement Ferdinand de Bertier de Sauvigny a longtemps hésité avant de créer une société secrète, au départ il aurait voulu fonder un ordre laïc de chevaliers tel que celui de l’ordre de Saint-Jean de Jérusalem, c’est pourquoi on retrouve une dénomination des grades très proche de la vieille chevalerie.

La hiérarchie secrète de l’ordre laisse ignorer aux grades inférieurs l’existence de degrés supérieurs ainsi que le visage des dirigeants. Chaque dénomination des degrés est influencée par l’idéal chrétien et monarchique qui soumet tous les membres à l’autel et au trône.

Le premier grade est celui des « associés de charité » qui contribuent seulement en priant et en cotisant. Les « associés » pensaient être dans une association pieuse de chrétiens nostalgiques de l’ancien régime. Les « écuyers » étaient mis au courant du rétablissement de la chevalerie, mais seuls les « chevaliers » étaient initiés durant une cérémonie. Ensuite « les Chevaliers Hospitaliers » s’occupaient spécialement des soins des prisonniers et des hôpitaux. Le dernier grade, le statut suprême était celui de « Chevaliers de la foi ». Eux seuls connaissent l’étendue de la société et ses objectifs politiques et religieux. Après la Restauration française l’Ordre a gardé ses grades secrets mais a tourné son activité vers le Parlement.

Les trois cercles du pouvoir interne

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Les « Chevaliers de la foi » gouvernent la société grâce à un grand conseil supérieur, composé de 9 membres, dont certains sont titrés du grade de grand maître. C’est surtout autour du conseil supérieur que va avoir lieu l’activité parlementaire, car après la Restauration, lui seul avait un poids politique sur Louis XVIII et Charles X. Ces derniers donnent des instructions aux « Sénéchaux », qui dirigent les divisions militaires, et qui vont beaucoup servir durant la seconde restauration. Les « Bannières », sont les cellules de base qui correspondent à des zones d’influences départementales.

Les signes et les symboles

La société des chevaliers de la foi ont pour modèle organisationnel la franc-maçonnerie. Ils utilisent eux aussi des mots d’ordres et des signes de reconnaissance. Les simples « chevaliers » ont tous un anneau béni, à l’intérieur duquel était gravé le mot « caritas », les chevaliers hospitaliers avaient un chapelet avec une croix d’ébène et les chevaliers de la foi en avaient un avec une croix d’argent. Ils pratiquaient donc aussi les cérémonies initiatiques. À genoux devant un crucifix, entourés de luminaires, les chevaliers jurent sur les évangiles le secret, l’obéissance, et la fidélité à Dieu, à l’honneur, au Roi, et à la Patrie. Ils recevaient finalement un coup d’épée sur l’épaule et une accolade des autres chevaliers, pour enfin être de vrais chevaliers.

L’implantation

Géographie

Les chevaliers de la foi ont trouvé un terrain favorable dans les anciennes provinces de Franche-Comté, de Flandre, d’Artois, d’Auvergne, en Aquitaine, en Provence, en Vendée et bien sur dans les grandes villes comme Paris, Bordeaux, Toulouse …

Politique

Les Chevaliers était l’un des seuls groupes politiques au début du xixe siècle constitué et organisé. Par ce fait on pourrait presque parler de « parti politique » surtout pendant la seconde Restauration avec un groupe parlementaire quasiment à ses ordres mais son fonctionnement secret et sa hiérarchie mystique l’éloignent de la notion de « parti ».

Religion

Les fondateurs de la société des Chevaliers de la Foi sont tous passés par La Congrégation. Étant donné l’hésitation de départ sur l’utilité d’une telle organisation, le rapport entre religion et politique est très proche. Les chevaliers ne se montrant pas clairement comme tels par respect du secret qu’ils portaient, n’étaient pas vus comme un groupe influençant le pouvoir. À l’époque on pensait plutôt que c’était la Congrégation qui jouait ce rôle. Mais cela peut s’expliquer par le fait que la plupart des dirigeants des Chevaliers étaient membres de la Congrégation. Après la dissolution en 1826 les chevaliers ont sans doute, mis à part les parlementaires, repris une activité de charité chrétienne.

Les chevaliers célèbres

Membres de l’Ordre

  • Ferdinand de Bertier de Sauvigny, fondateur.
  • Anne Pierre et Bénigne Louis de Sauvigny, frères de Ferdinand et cofondateur.
  • Louis Joseph Alexis de Noailles, ami de Bertier à la Congrégation et cofondateur.
  • Le marquis de Vibraye, cofondateur.
  • Le comte Hippolyte de Solages, époux de la sœur de Ferdinand et cofondateur.
  • Le comte Alfred Louis de Noailles, aide de camp de Bernadotte.
  • Jules de Polignac, dernier ministre de Charles X et membre du conseil supérieur des Chevaliers.
  • Armand de Polignac, frère de Jules.
  • Mathieu Jean Félicité, duc de Montmorency-Laval, ministre des Affaires étrangères ultra en 1821, grand maître des Chevaliers de la foi et membre du conseil supérieur des Chevaliers.
  • Le marquis Eugène-Alexandre de Montmorency-Laval, cousin de Mathieu, frère puîné de l’ambassadeur Anne-Adrien-Pierre de Montmorency-Laval.
  • Adrien de Rougé, parlementaire ultra et chef de l’organisation en 1822.
  • Armand de Robert d’Aquéria, marquis de Rochegude, responsable de l’organisation à Avignon en 1815, officier puis parlementaire ultra.
  • Jean-Baptiste, comte de Villèle, premier ministre de Louis XVIII, puis de Charles X et membre du conseil supérieur des Chevaliers.
  • Hippolyte de Barrau, notable, cousin des Solages.
  • Duc Gaspard de Clermont-Tonnerre.
  • François-René de Chateaubriand, célèbre écrivain, leader du parti ultra à la chambre donc très proche des Chevaliers, mais on ne sait pas s’il était lui-même un Chevalier. On peut cependant remarquer qu’en décembre 1822 quand le duc de Montmorency a déposé sa démission en conseil du roi, c’est Chateaubriand qui a pris la tête du ministère des Affaires étrangères à sa place.
  • Le comte Joseph-Claude de Clermont-Mont-Saint-Jean, président de la bannière de Paris en 1810.
  • Louis de Gobineau, secrétaire de la bannière de Paris en 1810.
  • Mac-Carthy, Villèle, Montbel, Saint-Géry et Cantalauze ont fait partie de la bannière toulousaine.
  • Gombault, chevalier à Bordeaux.
  • Louis de La Rochejaquelein, chevalier à Bordeaux.
  • Gain-Montagnac, délégué de la Bannière parisienne.
  • François Franchet d’Esperey, directeur général de la police, et membre de l’Ordre.
  • Guy Delavau, préfet de police de Paris en 1821, et membre de l’Ordre.
  • Jean-René-Pierre de Semallé, proche d’Armand de Polignac (il fut fondé de pouvoir par Monsieur avec celui-ci) et organisateur de la manifestation royaliste à Paris le 31 mars 1814.
  • Vincent Bonneau, comte de Launoy, inspecteur général des prisons et agent secret.
  • Pierre-Claude de Maurey d’Orville (1763-1832), historien normand.

Histoire des Chevaliers

1810 : la fondation

Ferdinand de Bertier de Sauvigny (1782-1864) est reçu en 1807 à La Congrégation, il participé en 1809 avec ses amis Mathieu de Montmorency et Alexis de Noailles à la propagation de la bulle d’excommunication de Pie VII contre Napoléon. Durant la période de l’empire, il cherche avec son frère Bénigne-Louis à unifier et regrouper toutes les forces de résistance royalistes. Ils étaient fascinés par la franc-maçonnerie qu’ils pensaient être le principal outil de la Révolution française. Les deux frères souhaitaient transposer le système maçonnique au service de l’Église et du roi, ils ont donc « infiltré » des loges pour en étudier le fonctionnement. Une fois Bénigne-Louis arrêté en 1807 par la police Impériale, Ferdinand a dû réaliser son projet seul. Il a fondé en 1810 l’ordre des Chevaliers de la Foi, institution qui repose sur une structure identique à la franc-maçonnerie, sur des valeurs chevaleresques du Moyen Âge et sur une discipline militaire. On peut remarquer par ailleurs que les fondateurs de cette société qui associe trône et autel font partie d’une génération assez jeune ayant vaguement connu l’ancien régime, contrairement à la période de leur formation qui a été la Révolution française et sa déchristianisation. Finalement c’est cette génération royaliste non émigrée qui a fait monter les effectifs des Chevaliers.

1810-1814 : de la clandestinité aux premiers complots

Sous l’Empire, le principal objectif des Chevaliers était de garder contact avec les royalistes et transmettre les nouvelles d’un hypothétique retour Bourbon. Les ordres et les nouvelles se véhiculaient oralement, aucune trace ne devait rester, au risque de se faire prendre par la police impériale.

Le système et le réseau d’informations royalistes étaient tellement bien rodés que même le courrier officiel n’arrivait pas aussi vite en province.

On peut se demander si pendant l’Empire, les Chevaliers avaient projeté de prendre de force le pouvoir et de restaurer la monarchie. Et bien non, avec leur fonctionnement clandestin, l’organisation est restée faible en influence. Le recrutement restait quasiment dans la sphère aristocratique, mise à part à Paris et à Toulouse où on peut voir des traces d’éléments populaires dans les bannières. Insurrection violente, coup d’État armé, ou actions contre-révolutionnaires n’ont jamais été à l’ordre du jour de l’organisation sous l’Empire, alors que Ferdinand de Bertier croyait que seul un mouvement royaliste national indépendant des alliés et sous l’Empire pouvait rétablir correctement le trône de France.

Le rôle des Chevaliers en attendant était de créer un esprit favorable aux Bourbons. Grâce à la propagande et au travail de sape, ils ont réussi à rappeler l’existence des princes légitimes, à réchauffer les souvenirs de l’ancien régime, et à exciter leur milieu contre l’Empereur. Pendant la « libération » alliée, les Chevaliers tentent surtout de faire pression sur les Anglais, les Autrichiens, les Prussiens et les Russes pour les aider ou du moins pour ne pas les empêcher de rétablir la monarchie.

Au printemps 1812, Louis XVIII apprend l’existence des chevaliers de la foi, grâce à Alexis de Noailles qui vient d’arriver en Angleterre.

Ferdinand de Bertier a été à Bordeaux en 1813 pour fédérer trois organisations monarchistes (l’ex-Institut philanthropique, la Garde royale de Saint Germain et la Bannière de Bordeaux) sous la direction d’un comité mixte.

Début octobre 1813, Louis XVIII écrit aux Chevaliers : « Le temps de se montrer plus efficacement est arrivé ».

Le 9 octobre, le Conseil Supérieur se réunit chez Mathieu de Montmorency et travaille une stratégie de restauration, il pense d’abord à un débarquement allié en Bretagne et une insurrection royaliste à l’intérieur, mais le plan de l’opération n’est jamais parvenu entre les mains de Louis XVIII, le porteur s’étant fait arrêter en train d’embarquer pour l’Angleterre.

En fin d’année 1813, Ferdinand de Bertier prend la direction des bannières de Garonne comme lui avait demandé le Conseil supérieur. Depuis le château de sa sœur Mme de Solages, il impulse une vive propagande dans les départements du Tarn et de la Haute-Garonne, pour finalement préparer une insurrection à Rodez.

1814 : l’avant-Restauration

En janvier le maire de Bordeaux, Jean-Baptiste Lynch prend contact avec la Bannière Bordelaise et promet sa fidélité à la cocarde blanche, avec trois de ses conseillers municipaux.

Au mois de février près de 200 chevaliers se trouvèrent à Rodez, dans un château près de la ville. Ferdinand de Bertier avait prévu le coup dans la nuit du 16 au 17 février. Des rumeurs circulaient et parlaient du complot, arrivant aux oreilles de Antoine Bernardin Fualdès, c’est pourquoi au dernier moment les renforts toulousains reculèrent et firent demi-tour. Ferdinand de Bertier a dû annuler l’opération.

À l’arrivée des troupes alliées pour la campagne de France, les Chevaliers ont tenté de manifester leurs joies. À Troyes, une petite manifestation royaliste s’est produite à l’arrivée des Prussiens. En Franche-Comté, pendant que les Autrichiens nommaient un gouverneur militaire, les Chevaliers de la bannière de Dijon, ont arboré la cocarde blanche.

Les alliés loin d’être partout très favorables à une restauration des Bourbons essayaient au départ d’ignorer les royalistes. Les Autrichiens et les Russes par exemple hostiles aux Bourbons les ont sévèrement réprimés à Dijon, malgré une tentative de conciliation entreprise par Alexis de Noailles auprès du tsar Alexandre Ier de Russie.

Le douze mars bordelais, une opération des Chevaliers de la foi

À Bordeaux, en mars, Arthur Wellesley de Wellington décida d’investir la ville sous les acclamations populaires, les autorités locales impériales se sont alors cachées du côté droit de la Gironde. Le maire Lynch et la bannière locale ont arrêté le convoi anglais le 12 mars 1814 avant d’avoir eu l’assurance que les troupes n’interviendraient pas en cas de restauration (sauf si l’ordre public était troublé). Lynch symboliquement avait sorti une cocarde blanche et crié « vive le roi ! » Quelque temps plus tard il imposa à la garde nationale la cocarde monarchique, puis il fit remplacer tous les emblèmes impériaux de la ville par des insignes royalistes. L’archevêque de l’époque à Bordeaux, Aviau du Bois de Sanzay, féroce opposant au concile de Paris participa avec le maire à l’accueil de Louis de France, fils du futur Charles X, sur le parvis de la cathédrale de Bordeaux devant une foule en liesse. Après cette date le prince Bourbon organisa un gouvernement royal qui devait étendre son pouvoir sur toute la région.

En 1820, en souvenir de ces événements Louis XVIII, nomma l’enfant du fils de son frère Henri d’Artois duc de Bordeaux. Le reste de la France apprend petit à petit la nouvelle de l’opération bordelaise surtout en Vendée, où les royalistes sont très excités par ces événements. Ils se sont réveillés pour fixer la date du 11 avril comme celle du soulèvement général de la France.

La faiblesse relative des Chevaliers parisiens

Bien que le conseil supérieur des Chevaliers de la foi se tienne à Paris, l’activité de la société reste difficile dans la capitale. La plupart des grandes figures de l’ordre ont été envoyées en Province pour soulever la population. Le 31 mars, après la Bataille de Paris et la fuite de l’impératrice Marie-Louise d’Autriche alors que les rues sont pleines de monde, un groupe de Chevaliers tente quand même de provoquer une manifestation royaliste, sans vraiment y parvenir. Cependant, ceux-ci obtiennent la parole de l’empereur de Russie que le Comte de Provence serait rétabli sur le trône. En effet, alors que celui-ci passait sous les fenêtres de Madame de Semallé, épouse de Jean-René-Pierre de Semallé, Chevalier de la Foi et l’un des principaux organisateurs de la manifestation, elle lui dit : « Vive Alexandre s’il nous rend nos Bourbons ! », ce à quoi il lui répondit « Oui Madame, vous les reverrez, vivent votre roi Louis XVIII et les jolies dames de Paris ».

1814/1815 : la Première Restauration

Une fois Bonaparte déchu par le Sénat le 3 avril et exilé à l’île d’Elbe, les royalistes se regroupèrent autour des Chevaliers. Ils ne pouvaient pas intervenir directement sur les puissances étrangères pour restaurer l’exact Ancien Régime, sachant que Talleyrand essayait d’être au maximum indépendant de la société secrète pour négocier avec le tzar Alexandre Ier de Russie. Celui-ci les avait même supplantés par la création d’un gouvernement provisoire dans lequel ils ne prirent aucune part.

À Toulouse, le 12 avril après que l’occupant Arthur Wellesley de Wellington prit connaissance de la situation parisienne, la population put s’associer aux manifestations organisées par les Chevaliers pour faire leur révolution locale.

Malgré une forte implantation dans le sud de la France, les Chevaliers n’ont pas pu s’opposer à la Charte de 1814. Ils sont donc restés quasiment inactifs durant la Première Restauration.

1er mars/18 juin 1815 : les Cent-Jours

Louis de France appelé aussi duc d’Angoulême se servant des pleins pouvoirs que lui a conférés Louis XVIII le 5 mars, organise depuis Barcelone le retour du roi. Il s’est beaucoup appuyé sur les Chevaliers de la foi, qui était la seule organisation présente sur tout le territoire, avec l’expérience de la clandestinité, la passion des complots, et la structure militaire qui peut assurer des opérations insurrectionnelles. Ils vont donc encourager les désertions et organiser neuf bataillons de volontaires royaux, les futurs Verdets, de la couleur de la livrée du comte d’Artois. Dans la nuit du 15 au 16 juin ces bataillons ont joué un rôle important en débarquant secrètement près d’Aigues-Mortes, pour ensuite prendre le contrôle et le commandement des départements de l’Hérault, des Bouches-du-Rhône, de la Lozère et du Gard au nom de Louis XIX (le duc d’Angoulême).

1815-1826 : la Seconde Restauration

La Chambre introuvable

Durant la nouvelle période qui s’annonçait avec la Restauration de 1815, les Chevaliers ont retrouvé une nouvelle activité dans l’ombre des parlementaires, pour s’opposer au binôme ministériel Charles-Maurice de Talleyrand-Périgord et Joseph Fouché et au dissident orléaniste.

Les chevaliers habitués à l’ordre et à la hiérarchie ont réussi à influencer et à imposer leur méthodes à tout le parti qui obéissait à une discipline de fer. C’est dans ces conditions qu’est élue les 14 et 22 août 1815 la Chambre introuvable dominée par les Ultra. Ils ont fondé dès 1815, lors de la première session parlementaire, une bannière qui dirigeait la tendance politique, alors que, rappelons-le, au départ les Chevaliers avaient été fondés surtout dans un but religieux pour d’une part contrecarrer le pouvoir des maçons et d’autre part pour pallier la faiblesse du clergé après le Révolution française.

La Terreur blanche

Les Chevaliers partout où ils se trouvaient ont participé à la terreur légale dite Blanche. Ils ont donc pratiqué les poursuites, les traques, les jugements, et sans doute aussi les meurtres contre les auteurs de près ou de loin des Cent-Jours. Par exemple certains historiens avancent le fait que les Chevaliers de la Foi seraient à l’origine de l’affaire Fualdès.

La bannière parlementaire, par l’intermédiaire du parti ultra, pousse le gouvernement au renforcement de cette terreur blanche. Des excès font craindre au roi une nouvelle révolution, il a donc mis fin à la terreur blanche en dissolvant la Chambre ultra-royaliste dite Introuvable le 5 septembre 1816.

Le Parti ultraroyaliste

Des comités secrets réfléchissaient à des stratégies politiques pendant que le parti se réunissait chez le député Piet pour donner les mots d’ordres aux non-chevaliers.

Villèle avant 1822, était un des leaders de la tendance parlementaire ultra et membre du conseil supérieur des Chevaliers. Il a donc souvent pu utiliser la société secrète pour influencer le groupe parlementaire. Par exemple en 1819, il a délibérément eu recours à une manipulation stratégique dite circonspect, pour imposer le vote de six douzièmes provisoires, afin de permettre au modéré Élie Decazes d’avoir six mois supplémentaires avant le vote du budget. Sans l’appui des Chevaliers Villèle était seul contre la faction des impatients, menée par François-Régis de La Bourdonnaye qui voulait faire une contre-révolution très rapide, c’est-à-dire ils voulaient faire un 1789 à l’envers et en 1819 ils voulaient renverser le président du Conseil, sans attendre que celui-ci limoge tous les ministres.

1821 : le ministère Villèle

Jean-Baptiste comte de Villèle plus connu sous le nom de Joseph de Villèle, est nommé premier ministre le 14 décembre 1821. C’est le premier ministre ultra-royaliste de la Restauration. Les Chevaliers étant toujours aussi nombreux et influents, imposent deux ministres au comte. Le ministère de l’Armée a été offert à Victor duc de Bellune, un pair de France qui a été maréchal de l’Empire avant de suivre le roi à Gand. Les Affaires étrangères ont été directement à Mathieu Jean Félicité, duc de Montmorency-Laval. Ce dernier tenait les Chevaliers de la Foi d’une main de fer vu le prestige de son nom et la renommée de son réseau. Villèle l’a donc nommé contre les conseils du Roi, qui avait peur du poids politique que cela donnait aux Chevaliers. Villèle souvent surnommé la Taupe a préféré avoir Mathieu de Montmonrency près de lui pour limiter son influence sur l’Ordre, ce qui permit à Adrien de Rougé de prendre la tête de la société durant le mandat ministériel du grand maître. Dès 1822 le poids des chevaliers était considérable, et l’idéologie ultra influençait le pouvoir. Les chevaliers ont entre autres poussé la religion au premier plan de la politique avec l’outrage à la religion d’État et aux cultes reconnus mais aussi le retrait symbolique des restes de Voltaire et de Rousseau du Panthéon de Paris pour le rendre au culte catholique, le remplacement des recteurs d’académies et des grands maitres d’universités par le clergé et la nomination de pairs ecclésiastiques à la Chambre des pairs. Ils ont aussi influencé la politique sur les questions de libertés d’expression avec les lois de mars 1822 sur le régime de la presse qui avait pour but de liquider la presse libérale grâce à une autorisation préalable.

Après avoir fait démissionner de son ministère Mathieu de Montmorency en décembre 1822, et bien que ce dernier continuait à soutenir son gouvernement dans lequel Chateaubriand avait un portefeuille, il écarta le duc Victor du pouvoir militaire en octobre 1823.

1826 : la dissolution

Au début le parti est fort et unifié mais une fois entré en contre-opposition de droite en 1824 pendant le règne de Charles X, il était depuis le ministère Villèle, une majorité divisée à la chambre des députés. Villèle n’est pas assez « ultra » pour certains députés déçus. Malgré les tentatives de cohésion et de stabilité de la droite de la part des Chevaliers de la Foi, une opposition de droite se forme derrière des personnalités comme François-Régis de La Bourdonnaye. En 1826, Mathieu Jean Félicité, duc de Montmorency-Laval et Ferdinand de Bertier de Sauvigny décident de dissoudre les bannières par opposition à la politique de Villèle. À partir de ce moment la majorité tomba dans une crise et finit par s’effriter sans le ciment que représentait les Chevaliers à la chambre. Le reste de l’organisation en France s’est auto-dissoute, elle n’a plus jamais eu d’apparition ou de refondation publique depuis ce jour.