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Qu’est-ce que le Grand Architecte de l’Univers ?

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Qu’est-ce que le Grand Architecte de l’Univers, auquel font référence certains rituels maçonniques ? – Par Sophie Mondoré

Le Grand Architecte de l’Univers, bien que fréquemment utilisé en franc-maçonnerie et compagnonnage est un concept qui n’est pas d’origine maçonnique. Il relève de la philosophie des religions et de la théologie et seulement accessoirement de la maçonnologie.

Bien que le concept de Grand Architecte de l’Univers ne soit pas d’origine maçonnique, il a pris une importance particulière dans le contexte de la franc-maçonnerie, notamment dans le cadre de la Querelle du Grand Architecte de l’Univers.

Au xviie siècle et au début du xviiie siècle, les premiers francs-maçons étaient tous soit catholiques, soit protestants. Les plus anciens manuscrits maçonniques connus, même dans les loges d’inspiration calviniste, n’utilisent cependant jamais l’expression « Grand Architecte de l’Univers », bien que le manuscrit Dumfries no 4 de 1710 mentionne l’expression proche « honorer et adorer sincèrement le Grand Architecte du ciel et de la terre ».


00:17 Introduction: l’invocation du Grand Architecte de l’Univers est-elle compatible avec les croyances personnelles ? 01:35 Quelques précautions oratoires 02:33 Bref historique de l’apparition du terme, et conséquences pour les obédiences maçonniques 05:23 Exemples d’un Etre suprême conçu comme architecte: chez les Sumériens, chez les Musulmans, pour Philon d’Alexandrie, pour Platon. 08:26 Application du modèle à la franc-maçonnerie et conclusion 10:14 Crédits musicaux

Sophie Mondoré est née en 1982 à Strasbourg. Elle aime les chats, les foulards en soie et les auteurs en P: Proust, Platon, Plotin et Arieh Kaplan. Auteur de nombreux travaux sur la spiritualité et les symboles, elle décide en 2014 de combiner ses deux passions dans un grand oeuvre romanesque en quatre volumes.

En 2017 paraît le premier tome: L’exil au noir. Destinée à tous les publics, initiés ou non, cette fable symbolique relate les aventures d’Elie le berger et Mara l’enfant du soleil, dans les profondeurs de la Noire Terre. Le deuxième tome paraîtra un jour, peut-être… 

une autre vidéo

Les symboles en franc-maçonnerie | 5 minutes de symbolisme

Escape game maçonnique en ligne par Sophie Mondoré

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Vous n’en avez jamais rêvé, mais Internet l’a fait: c’est un escape game maçonnique en ligne. Je le teste pour que vous n’y perdiez pas votre temps.

Sommaire :

00:00 La vidéo démarre, et le jeu est déjà mauvais

10:00 Quittons la salle de réunion improbable pour un temple absurde

14:22 Conclusion surprenante: le jeu est abyssal

15:15 Propositions de joueuse pour la scénarisation de bons jeux maçonniques

La vidéo de Nota Bene sur les sociétés secrètes, garantie sans aucune théorie du complot: https://www.youtube.com/watch?v=A_kr0…

Si vous tenez vraiment à jouer à l’escape game: http://oceandesjeux.com/jeux-descape/… Envie d’en savoir plus ?

Suivez-moi sur Instagram: https://www.instagram.com/sophiemondore/

Faites un tour sur mon blog, j’y suis parfois: https://sophie3695.wixsite.com/sophie…

Lisez mon livre: https://www.amazon.fr/Lexil-au-noir-F…

A bientôt pour une vidéo plus sérieuse, promis !

26-27/11/22 : 7e Salon Maçonnique de Toulouse !

« … L’eau verte du canal du Midi

Et la brique rouge des Minimes

Ô mon paîs, ô Toulouse, ô Toulouse… » chantait le poète Claude Nougaro (1929-2004)

Toulouse, ville à l’architecture caractéristique des cités du Midi de la France…

Toulouse, surnommée la « ville rose »…

Toulouse, quatrième commune la plus peuplée de France

Toulouse, capitale européenne de l’industrie aéronautique et spatiale

Toulouse et sa basilique Saint-Sernin, plus grand édifice roman d’Europe, également inscrite depuis 1998 au titre des chemins de Saint-Jacques de Compostelle…

Drapeau de l’Occitanie

Toulouse, avec le rugby à XV, le Stade toulousain (plus riche palmarès sur le plan national comme sur le plan continental, avec vingt-et-un titres de champion de France et cinq titres de champion d’Europe)…

Armoiries de Toulouse

Toulouse , chef-lieu de la région Occitanie

Toulouse, son cassoulet, sa saucisse et sa violette, spécialités emblématiques de la gastronomie

Mais aussi et surtout Toulouse et l‘Institut Toulousain d’Etudes Maçonniques (ITEM) qui vous donnent rendez-vous pour la 7e édition du Salon Maçonnique…

Toulouse vous fait VIVRE la franc-maçonnerie !

Au cœur de ville, samedi 26 et dimanche 27 novembre 2022, venez à la rencontre des francs-maçons Espaces Vanel, au dernier étage de l’Arche Marengo.

Deux mots donnés en cadeau :

Transmettre, c’est faire passer à quelqu’un une qualité, des connaissances, un savoir, des traditions ;

Reconstruire, c’est remettre en état de fonctionnement, réorganiser, donner une forme nouvelle à quelque chose – comme reconstruire le monde –, soumettre une œuvre à un nouveau plan.

« TRANSMETTRE ET RECONSTRUIRE » est le thème 2022.

LA CONFÉRENCE INAUGURALE avec Francis Wolff, professeur émérite de philosophie

Le samedi 26 novembre à 10 heures, le salon ouvre avec une conférence plénière du philosophe de l’École normale supérieure (ENS) Francis Wolff, spécialiste reconnu de l’universalisme. Il traitera du sujet « La raison de l’Universel », thème issu des travaux que l’on retrouve dans son ouvrage Plaidoyer pour l’Universel (Hachette, Coll Pluriel, 2021). Un texte lumineux contre le relativisme d’aujourd’hui.

Rappelons que l’accès au salon est libre et gratuit.

Vous pourrez aussi visiter l’exposition de François Boucq, dont nous vous avions déjà rendu compte

« Trace de liberté » https://bit.ly/3gEX1hv, médiathèque José Cabanis, dans le même espace.

 Concernant cette exposition, ne manquez pas le jeudi 10 novembre à 18h30 le vernissage, suivi de la conférence inaugurale de l’exposition de et avec François Boucq puis le mercredi 23 novembre à 18h00, la conférence  » Liberté d’expression sous pression ? » par Denis Ramond

Les 2 conférences auront lieu à l’auditorium de la Médiathèque José Cabanis de Toulouse

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La présentation de l’ITEM

Entre mémoire et actualisation, entre permanence et changement, « dans le monde » et pourtant toujours éloignée des dogmes et des conforts, la Franc-Maçonnerie vit et interroge ce qui fut et ce qui sera.

C’est dans cet esprit que le 7e Salon Maçonnique de Toulouse a choisi deux des principaux thèmes de la tradition maçonnique :  TRANSMETTRE ET RECONSTRUIRE.

Car notre tradition n’est pas un traditionalisme caché ! Nous faisons notre cette phrase de Paul Valéry qui précise que la tradition « n’est pas de refaire ce que les autres ont fait, c’est de retrouver l’esprit qui a fait ces grandes choses et qui en ferait d’autres en d’autres temps ».

Le plan

Si la transmission maçonnique reste radicalement différente de ce qui caractérise notre société faite de vitesse, de nouvelles technologies, de mercantilisme et de nomadisme, elle demeure pertinente et n’est en aucun cas persuadée de son immuabilité…

Le contenu de ce Salon s’articulera autour de ce qui doit perdurer mais aussi de ce qui ne peut que muter… Son ambition sera que le présent puisse devenir le point de jonction entre un passé interrogé par de nouveaux savoirs et un futur assis sur des fondations stables.

Les 10 Obédiences membres de l’ITEM

Un moment clé pour rencontrer les 10 obédiences :

GODF, FFDH, GLDF, GLNF,  GLFF, GLTSO, GLMU, OITAR, GLMF, GL-AMF

Le salon, c’est aussi 11 tables rondes, 25 intervenants, le forum des Grands Maîtres, 4 expositions, un concert de jazz et des dédicaces d’auteurs.

Un service de restauration sur place est proposé.

Gérard Soulier, Secrétaire général de l’ITEM

Prochainement, à retrouver, ici-même, l’interview du Frère Gérard Soulier, Secrétaire général de l’ITEM

Infos pratiques :

Samedi 26 et dimanche 27 novembre 2022 de 9h00 à 19h00

Médiathèque José Cabanis-Espaces Vanel

Adresse : 1 All. Jacques Chaban-Delmas, 31500 Toulouse – Tél 05 62 25 45 45

Source : site de l’ITEM https://www.item-fm.org/page/1723716-salon-2022

Mystères des Templiers

Procès et malédiction-Sociétés secrètes-Lieux symboliques

Christian Doumergue – National Geographic, octobre 2022, 192 pages, 19,99 €

Aujourd’hui encore, l’ordre des Templiers hante les esprits et exerce une emprise réelle sur notre imaginaire. Mieux, les templiers – à l’instar des illuminati – nourrissent une « histoire mystérieuse » des plus passionnantes avec ses rites, ses codes et ses légendes qui sont décryptés dans cet ouvrage.

Un magnifique « dossier » que nous devons à la plume vivifiante de Christian Doumergue, un auteur bien connu des ésotéristes.

Né à Montpellier le 26 septembre 1976, Christian Doumergue, historien passionné de littérature et par les sociétés secrètes, est écrivain et documentaliste. Titulaire d’une maîtrise d’histoire de l’art et archéologie (La Figuration de l’œil dans l’art du Paléolithique), d’une maîtrise de lettres modernes (Le Mythe de la solitude chez Emily Brontë et Emily Dickinson), et d’un DEA de littératures comparées (Mélancolie et Mysticisme dans les œuvres de Jean de La Croix, Emily Brontë, Emily Dickinson et Mylène Farmer), Christian Doumergue a publié de nombreux ouvrages, notamment sur Rennes-le-Château, l’abbé Bérenger Saunière,  Marie-Madeleine ou encore sur la Gnose ou le Prieuré de Sion.

Pour en savoir plus (actualité télévisuelle ou radio – Europe 1 ; RTL), vous pouvez surfer sur son site Web officiel http://www.christiandoumergue.com/

Mais sur la thématique templière, il est surtout l’auteur de L’ombre des Templiers-Voyage au coeur d’une histoire de France secrète et mystérieuse (Éd. de l’Opportun, 2015), préfacé par le scénariste et dessinateur de bandes dessinées Didier Convard rendu célèbre grâce à son univers du Triangle secret et INRI.

Didier Convard, en 2010 au 30e salon du livre de Paris

Une histoire mystérieuse, plus passionnante que l’histoire officielle… avec les Templiers avec ses rites, codes, sociétés secrètes, mythes et légendes.

Mystères des Templiers – Procès et malédiction-Sociétés secrètes-Lieux symboliques nous propose la table des matières suivante :

Introduction :

L’image rémanente des Templiers : de l’île des Juifs à Assassin’s Creed

Gonfanon

Première partie : Grandeur et misère des Templiers

Une brève histoire des Templiers/La fin des Templiers

Deuxième partie : Les Templiers ne meurent jamais

Le spectre des Templiers/De la « revenance » populaire des Templiers/Fantastique templiers

Troisième partie : Le retour des Templiers

Regards littéraires posthumes sur le procès des Templiers : la question du procès du temple du XVIe au XIXe siècle/ De l’Ombre à la Lumière : « revenance » littéraire et réhabilitation de l’ordre du Temple au XIXe siècle.

Peinture de Nan Emile, les Templiers

Quatrième partie : Les Templiers et l’envers de l’histoire

Survivances templières/L’ordre du Temple et les origines occultes de la franc-maçonnerie/Illuminés, francs-maçons et Templiers dans la littérature conspirationniste à l’aube du XIXe siècle/Les héritiers des Templiers au XIXe siècle.

Cinquième partie : Vues sur l’hérésie des Templiers

La doctrine secrète des Templiers/L’éternel Serpent : les Templiers, héritiers des hérésies gnostiques/ D’Orient en Occident : la rencontre allogène comme explication de l’hérésie templière/Cathares et Templiers

Sixième partie : Mystères templiers

l’idole aux jeunes d’escarboucles/L’influence diabolique/ Templiers et pratiques magiques dans la littérature occulte du XIXe siècle/Les chevaliers du Graal/Vues ésotériques sur les Templiers des dernières décennies du XIXe siècle à la première moitié du XXe siècle/La littérature templière de la seconde moitié du XXe siècle

4e de couverture, détail

Septième partie : Les forteresses du rêve

Ruines templières et rêveries mystérieuses/Obsession, Gisors/Circuit de la France templière/Pèlerinage/Entre la fable et la réalité…

Conclusion : deux cavaliers sur une même monture

Ce beau volume, tant dans sa forme (21×27 cm) que sur le fond démontre, une nouvelle fois, la place que le National Geographic consacre à la véritable histoire des sociétés dites secrètes. Et nous vous invitons à relire notre présentation de leur hors-série sur La véritable histoire des sociétés secrètes. Templiers, francs-maçons, Illuminati, mafia…, proposant, de l’antiquité à nos jours, une approche historique des sociétés secrètes et de leurs influences sur notre Histoire et nos sociétés. https://bit.ly/3N08MLD

Certains chapitres intéresseront le lecteur plus que d’autres comme « L’ordre du Temple et les origines occultes de la franc-maçonnerie » et « Illuminés, francs-maçons et Templiers dans la littérature conspirationniste à l’aube du XIXe siècle ».

Gisors, le donjon

Retour sur l’histoire de l’ordre des Templiers…

Le 13 janvier 1129 s’ouvre le Concile de Troyes. Convoqué par le pape Honorius II à la demande d’Hugues de Payns (1er Grand Maître des Templiers), le synode reconnaît officiellement l’Ordre du Temple dont la règle, transcrite par Bernard de Clairvaux, est ratifiée par le Concile.

L’ordre est créé selon la règle du « chevalier du Christ » : simplicité, pauvreté, chasteté et prières. Cette règle s’appuie sur celle de Saint Benoit, avec quelques nuances empruntées à celle de Saint Augustin. Cette doctrine est suivie par les chanoines de l’Ordre du Saint Sépulcre, près desquels vivent les premiers Templiers.

L’ordre a alors plusieurs appellations : la milice des Pauvres Chevaliers de Christ, les Chevaliers de la Sainte Cité, les Chevaliers du Temple de Salomon de Jérusalem, la Sainte Milice hiérosolymitaine du Temple de Salomon. Au fil du temps, le nom qui deviendra le plus usité sera celui de « Templiers ».

L’ordre du Temple était un « Ordre religieux et militaire » issu de la chevalerie chrétienne du Moyen Âge. Il fut créé en 1129, lors du Concile de Troyes. A l’origine, ses membres constituaient une milice nommée les « Pauvres Chevaliers du Christ et du Temple de Salomon ». L’ordre eut pour mission, au cours des 12ème et 13ème siècles, d’accompagner et de protéger les pèlerins qui se rendaient en Terre Sainte, à Jérusalem, dans le contexte de la Guerre Sainte et des Croisades. Les soldats du Christ seront présents dans de nombreuses batailles lors des Croisades en Terre Sainte, ainsi que dans la péninsule ibérique lors de la « Reconquista ».

Pour accomplir et financer ses missions, l’ordre va pouvoir, grâce à des dons fonciers, essaimer et construire à travers l’Europe tout un réseau de monastères (commanderies), puis s’étendre dans tout l’Occident chrétien. Cette montée en puissance va lui donner un rôle privilégié parmi les souverains de l’époque. Les Pauvres chevaliers du Christ vont devenir des partenaires financiers de premier choix auprès des monarques occidentaux. Ils effectueront même, avec certains rois, des transactions à caractère non lucratif, voire devenir les gardiens des trésors royaux.

1291, siège d’Acre

Le 28 mai 1291, après la chute de Saint-Jean-d’Acre et le retrait définitif des armées croisées de

la Terre Sainte, l’Ordre va tomber en disgrâce. Devenus trop puissants aux yeux du roi de France, Philippe le Bel, les chevaliers du Temple seront condamnés en procès pour hérésie.

Le 14 septembre 1307, le roi dépêche des messagers à tous ses sénéchaux et baillis, leur ordonnant de saisir tous les biens mobiliers et immobiliers des chevaliers du Temple.

Le 13 octobre 1307, sur ordre du roi, l’on procède en France à l’arrestation de la totalité des Templiers, au cours d’une même journée.

Clément V, pape

Le 13 mars 1312, l’ordre est dissout par le pape Clément V.

Le 18 mars 1314, le dernier grand maître des Templiers, Jacques de Molay, est brûlé sur un bûcher dressé sur l’île aux Juifs, à Paris.

La malédiction des Templiers

Du haut de son bûcher en flammes, Jacques de Molay, dernier grand maître de l’ordre du Temple, jette l’anathème sur ses juges et bourreaux, Clément V et Philippe IV. Légende ou réalité ? Quelques mois plus tard, le pape comme le roi l’ont rejoint ad patres…

Basilique cathédrale de Saint-Denis, dernière demeure des rois et reines de France, gisant de Philippe le Bel

« Pape Clément ! Roi Philippe ! Avant un an, je vous cite à comparaître devant le tribunal de Dieu pour y recevoir votre juste châtiment. Maudits ! Maudits ! Soyez tous maudits jusqu’à la treizième génération de vos races ! »

Dévoré par les flammes, Jacques de Molay lance encore ses imprécations. Puis, comme son compagnon d’infortune Geoffroy de Charnay, précepteur de Normandie, il affronte la mort en priant, le regard tourné vers l’Orient, vers les tours de Notre-Dame…

Sources : Point de vue ; site Jean-Marie Borghino au service de l’histoire…

Templier s’adressant à Dieu…
La 4e de couverture

Mot du mois : AUTORITÉ

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L’autorité se voit souvent réinterprétée à tort en autoritarisme, par ceux qui y voient une atteinte portée à leur liberté.

L’origine du mot bat en brèche cette violence, toutes filiations confondues, du sanskrit jusqu’aux parlers germaniques en passant par les langues gréco-latines, anciennes et contemporaines, car son étymologie exprime l’idée de « faire croître ».

Du latin *augere, l’augmentation désigne l’acte créateur né de forces divines ou naturelles, par lequel quelque chose va naître d’un milieu nourricier. Les plantes surgissent ainsi à l’existence et elles vont croître. Et les hommes n’y sont initialement pour rien, même s’ils s’affirmeront plus tard comme auteurs.

L’augure, prêtre latin qui participe de la volonté divine, va de ce fait, grâce à des manifestations célestes, formuler le présage qu’authentifie le sacrifice offert à la divinité. Objets météorologiques, volatiles divers parcourant le ciel, entrailles « éloquentes« . Il s’agit au sens propre d’une inauguration, en cela qu’elle contribue à faire naître et accroître une entreprise humaine. Et l’empereur Auguste, par exemple, est garant de la prospérité civile, comme le mois d’août qui lui est dédié. Ou l’Auguste du cirque qui suscite tant de rires joyeux.

Dans cette lignée, la parole d’autorité modifie le monde, elle porte secours ou se pose en renfort, en auxiliaire. Elle fait autorité, octroie les moyens d’une action. De bon ou mauvais augure, au gré du caprice divin, elle permettra le bonheur – *bonum augurium -, ou le malheur – *malum augurium – de son résultat.

Autorité, bonheur ? Intéressant rapprochement… Qui décide de l’autorité à exercer, sur qui ou quoi, au détriment de qui, au nom de quoi ?

N’y aurait-il pas conflit d’intérêt entre deux expression de la liberté ?

La subtilité de cet apparent paradoxe tient à la notion d’interdit. Justement ce qui est « dit entre« , ce qui se place entre deux individus, pour permettre l’accroissement d’un ordre acceptable, vivable.

L’autorité reprend alors sa valeur première et se pose en tuteur grâce auquel on peut grandir. A la condition de reconnaître des limites, d’accepter des contraintes, mais aussi des réciprocités, comme pour la plante qui mène ainsi son expansion et sa floraison potentielle vers la lumière, sans la menace de la brisure de sa tige.

La rigueur momentanée de cette croissance permet de devenir auteur de sa liberté, de penser, de parler, d’agir, d’écrire, entre autres. De vivre dans une relation consciente et responsable aux autres.

Encore faudrait-il que chacun s’efforce d’échapper au piège de l’autoritarisme évoqué plus haut. Telle est la pierre d’achoppement, qui aveugle l’un dans sa soif de pouvoir arbitraire au détriment de l’autre dans sa souffrance de victime d’une inéquité manifeste. On est là dans un état, décrété unilatéralement dans sa fixité, et non dans la conscience dynamique d’une relation d’autant plus potentiellement harmonieuse et prolifique qu’elle serait une construction patiente et réciproque des rôles, dans le champ de tous les possibles.

C’est bien de grandir qu’il s’agit pour chacun, et non d’un droit autoproclamé et arbitraire à pouvoir commander, donc à être servilement obéi.

Même si la jurisprudence en est assez fluctuante, la loi de 1899 autorise dans les écoles les châtiments corporels par les enseignants comme droit de substitution de l’autorité paternelle. Ce dont ne se privèrent pas, hélas, nombre de « tuteurs » pédagogiques, pour le bien supposé de leurs jeunes pousses. Sans oublier le sceptre, bâton d’autorité légitime du roi depuis l’antiquité homérique, ou la verge, souple mais non moins efficace baguette pour corriger, symbole du pouvoir politique arboré par les licteurs romains, symbole de l’autorité de l' »huissier à verge » muni des trente centimètres de sa baguette ronde en ébène avec embout d’ivoire.

L’octroi apparut dès le début du XIIe siècle, généralisé dès le XIIIe, lorsque les autorités municipales inventèrent cette taxe sur l’entrée de produits dans l’enceinte de la ville, si génératrice de profits qu’il fallut attendre, pour la supprimer, 1943 et un décret de Pierre Laval…

Les autorités ecclésiastiques trouvèrent aussi un excellent moyen de faire croître leurs bénéfices en instituant les contraintes du jeûne, trois « jours de poisson » par semaine, quarante jours de carême, plus tous les autres jours de fête au cours desquels la consommation de chairs d’origine animale, quadrupèdes et volatiles, n’était pas autorisée par l’Eglise. La transgression de cette règle était, sous le règne du roi anglais Henri VIII, passible de la peine de mort ! Un autoritarisme comme de coutume assorti de nombreuses et généreuses dispenses octroyées et monnayées à prix fort par les instances, extrêmement lucratives pour les trésors ecclésiastiques. Le hareng,principale source de protéines animales durant tout le Moyen Âge, trouvait nettement moins son compte dans ce jeûne…

Pour les amoureux de bons mots que nous sommes, comment résister à évoquer un très éminent linguiste, Gaston-Laurent Cœurdoux (1691-1779), jésuite français, missionnaire dans le sud de l’Inde et « indianiste » ? Passionné de philologie comparée, il prouva qu’il y avait une analogie entre le sanskrit, le latin, le grec, les parlers germaniques et même slaves, ouvrant ainsi la voie aux études sur l’indo-européen. Et il composa un dictionnaire télougou-français-sanskrit qui fait encore autorité. Avis aux amateurs !

Annick DROGOU

Toute autorité est-elle nécessairement autoritaire ? On sent bien un déséquilibre entre ces deux mots, comme une transgression permanente entre ce que doit être l’autorité et la façon dont elle s’exerce. L’autorité, c’est cette entité à laquelle on a conféré, on a délégué un pouvoir, qu’il s’agisse de l’autorité parentale ou d’un organisme auquel les pouvoirs publics donnent un rôle d’arbitre et de régulateur. Dans ce dernier cas, l’autorité se veut indépendante de celui qui l’a nommée et trouve son équilibre en elle-même.

Aux acceptions politico-administratives, on trouverait presque un air de famille avec ce que le bon sens appelle l’autorité naturelle qui est toujours perçue comme une qualité alliant force et sagesse. Dans tous les cas, elle apparaît comme un don, certains diraient une grâce, une réception. On comprendra dès lors que cet état crée des obligations pour ceux qui l’exercent.

Toute autorité est-elle nécessairement autoritaire ? Non, réellement, l’autorité ne peut pas se satisfaire de la facilité autoritaire. Pourquoi alors, cet adjectif “autoritaire“ qui fait violence et qui contraint ? Ne parle-ton pas de gouvernement autoritaire quand tout débat démocratique est interdit ? Dans la sphère privée non plus, l’autorité ne peut se priver d’écoute, de dialogue sans risquer de s’abîmer et de se perdre.

Toute autorité est-elle nécessairement autoritaire ? Non. Pour rester légitime, l’autorité doit savoir être magnanime, sûre de sa puissance, consciente des limites de son pouvoir et de sa force d’action. C’est l’interpellation que lui fait un autre mot : responsabilité. L’autorité doit toujours être en capacité de répondre. Et c’est peut-être là qu’elle trouve son agilité, son élégance, sa beauté. Finalement, la suprême autorité pourrait se résumer en trois mots : sagesse, force et beauté.

Jean DUMONTEIL

« Il y a beaucoup de fantasmes sur la franc-maçonnerie »: l’ancien maire de Correns, Michaël Latz, en conférence ce mardi soir

De notre confrère varois varmatin.com – Par Romain Alcaraz

Ce mardi soir, Michaël Latz, maire de Correns entre 1995 et 2020, organise une conférence avec sa loge franc-maçonne. L’occasion d’évoquer cette société pas si secrète.

Franc-maçon. Voilà un terme qui attise les curiosités autant qu’il excite l’imaginaire. Société secrète capable de manipuler l’opinion ou club-service amélioré?

« Rien de tout ça », répond Michaël Latz.

L’ancien maire de Correns ne cache pas son appartenance à ce mouvement de pensée, qui organise, mardi 25 octobre, une conférence publique à Brignoles. Avec sérénité, il décrit son vécu au sein de l’institution et tente de « désamorcer les fantasmes ».

« Loges », « grands maîtres », « conseillers de l’ordre »… Que se cache-t-il derrière ce vocabulaire énigmatique encore usité aujourd’hui?

Armoiries de Brignoles : « Écartelé au premier quartier d’azur à une fleur de lys d’or surmontée d’un label à trois pendants de gueules, qui est la Provence. Au deuxième et au troisième quartier d’azur à une lettre « B » majuscule d’or, l’une pour Brignoles et l’autre pour la famille Bérenger de Barcelone. Au quatrième quartier d’or à quatre pals de gueules, qui est la Catalogne. »

Quel est l’état de la maçonnerie à Brignoles et autour?
Il y a là une dizaine de loges, d’obédiences différentes. Le Grand Orient de France, le Droit humain, la Grande loge mixte de France…

On compte une dizaine d’ateliers réguliers, avec entre 15 et 25 personnes présentes, qui viennent d’un peu partout autour de Brignoles.

De quelle obédience faites-vous partie ?

Du Grand Orient de France et de la Grande Loge mixte. C’est d’ailleurs avec cette dernière, et plus particulièrement ma loge, « Pesce Lune »,  que nous organisons la conférence-débat.

Comment définir la maçonnerie selon vous ?

La maçonnerie, c’est une école de formation. On apprend à réfléchir dans la tolérance et le respect des autres. C’est aussi une école de liberté de pensée, dans un esprit laïc : chacun est libre de croire ou de ne pas croire, on respecte le choix de chaque individu.

Sceau GODF
Logo de la GLMF
Logo de la GLMF

En quoi est-ce une école de la liberté de pensée ?

Il y a des traditions et un rituel qui permettent de respecter la qualité du travail des uns et des autres. On n’est pas au café du commerce quand nous sommes réunis dans une loge. Les gens présentent leurs travaux, mais on ne s’apostrophe pas. À l’issue, on discute, mais dans un souci de construire une idée plutôt que de la détruire.

La franc-maçonnerie, c’est aussi cette idée d’une société secrète qui favorise des carrières de membres cooptés…

Cette image des francs-maçons qui s’entraideraient à travers les affaires, c’est un mythe, un imaginaire populaire. Je n’y ai jamais été confronté.

Que vous apporte la maçonnerie dans ce cas ?

Ça m’a obligé à réfléchir à des problèmes auxquels je n’aurais pas été confronté autrement qu’à travers les travaux des membres de ma loge. Ça m’aide en tant qu’espace d’apprentissage, de cheminement personnel.

Quel est le rôle de ces travaux ?

Il ne s’agit pas de transformer la société, mais de transformer l’homme pour qu’il apporte de la lumière. Être un modèle, un exemple de tolérance, de respect, mais aussi de rejet des idéologies extrémistes. On ne fait pas que de spéculer, on est attaché aux problématiques du monde actuel.

Reste tout de même ce mystère autour de cette confrérie…

 Ce n’est pas un lieu secret. C’est un lieu discret. Je ne dirais pas qui est franc-maçon, mais j’en parle librement de mon côté. Il existe beaucoup de fantasmes sur la maçonnerie, mais nous sommes des femmes et des hommes comme les autres.

Pour revenir à l’actualité, la Grande Loge mixte propose cette conférence. Les autres loges ne sont pas mixtes ?

Il y a des loges dont les ateliers sont effectivement réservés aux hommes, d’autres réservés aux femmes. Moi, je considère qu’on ne peut pas discuter des problèmes en se coupant de la moitié de l’humanité. D’où mon attachement à la Grande Loge mixte d’obédience libérale.

Hôtel de ville, Brignoles

La conférence qui est proposée s’attache particulièrement à la question de la place de la femme dans cette société moderne.

Les problématiques d’inégalité entre les hommes et les femmes sont toujours aussi importantes, même si les choses se sont améliorées. Il y a toujours ce plafond de verre encore plus au Congo puisque c’est de cela que je traiterai en ouverture. Je vais décrire ce que j’ai vu là-bas, dans un endroit qui pourrait être un paradis, mais qui est un enfer pour les femmes.

(suite sur le site pour les abonnés)… Où l’on apprend quels sont les autres intervenants, Salle Gavoty – Mairie 4 Rue Entraigues, 83170 Brignoles

Pourquoi et comment la Franc-maçonnerie spéculative est née en Angleterre au 17e siècle

De notre confrère financialafrik.com

Par Nadim Michel KALIFE, chercheur économiste, ancien doyen (1975/76) de l’ESTEG devenue FASEG (Faculté des sciences économiques et de gestion, Togo)

La Franc Maçonnerie, dite spéculative, est une école de pensée humaniste, organisée en 1723 par les « Constitutions » d’Anderson. Elle se définit comme « le centre de l’union d’hommes de bien et loyaux » ayant pour but de promouvoir la fraternité universelle au service du bien commun de l’humanité, par la recherche de la vérité et la lutte contre les injustices.

Pour savoir pourquoi la Franc Maçonnerie était destinée à naître en Angleterre, il faut d’abord rappeler le contexte intellectuel du Moyen-âge européen, imprégné de la soumission de la raison à la foi. En effet, depuis St Augustin au IV° siècle, tout art et toute méditation devaient servir à la Foi chrétienne en glorifiant le Christ rédempteur. Or, la pensée d’Averroès et d’Aristote, ayant franchi les Pyrénées fin XII° siècle, avait séduit beaucoup de moines savants par sa dialectique entre l’essence et l’existence. L’un d’entre eux, Thomas d’Aquin (1226-1274), dans sa « Somme théologique », récupéra cette méthode pour dire que Dieu seul réunit en lui l’essence et l’existence, et qu’il est intervenu dans l’essence de l’homme pour donner un sens à son existence grâce par sa foi glorifiant Dieu.

De la sorte, l’Eglise continua à imposer ses dogmes et sa pensée unique, avec l’appui de l’Inquisition et de l’Index. Même Descartes, cherchant pourtant à démontrer l’existence de Dieu, dut se réfugier en Hollande en 1637, à cause du « doute systématique » utilisé dans son « Discours de la méthode », jugé contraire à la Foi, qui devait être soumission totale, le doute menant à l’hérésie.

L’EXCEPTION ANGLAISE AU MOYEN-AGE

Seuls en Europe, les religieux anglais osèrent se soustraire à la pensée unique du Pape. Cela s’explique, peut-être, par son isolement insulaire, mais surtout par son héritage viking, à l’esprit entreprenant, épris d’indépendance et d’égalité. En effet, les Vikings avaient envahi l’Angleterre dès le IX° siècle. Puis, ils furent remplacés par les Normands de Guillaume le Conquérant en 1066, lui-même et ses troupes étant descendants des vikings.

De plus, ce nouveau Roi d’Angleterre, dans le but de faire prospérer son nouveau royaume, fit spécialement venir, en 1071, une importante communauté juive, composée d’hommes d’affaires et de savants. Et, parmi eux, se trouvait un grand astronome, Pedro Alfonso, fuyant les persécutions antisémites au Portugal : il sut diffuser à la Cour du Roi sa technique d’étudier l’astronomie à partir d’instruments de mesure et de calculs mathématiques, ignorant le dogme de Ptolémée adopté par l’Eglise.

D’où la double qualité d’esprit indépendant et adogmatique, favorisa les futurs chercheurs anglais, d’autant plus que l’astronomie était la reine des sciences. Et cette liberté de recherche offrit à l’Université d’Oxford de bénéficier d’un statut indépendant à sa création, la mettant à l’abri de toutes pressions extérieures, phénomène unique en Europe médiévale. Et cette liberté permit, début XIII°, au théologien Robert Grosseteste(1175-1253), Chancelier de l’Université d’Oxford, d’inventer la méthode empirique, appliquant les mathématiques à l’étude de la Nature en testant les hypothèses avancées, pour la recherche de la vérité sans dogme. Par ailleurs, Grosseteste, devenu évêque, critiquera les abus des droits féodaux et des bénéfices ecclésiastiques, par respect des droits humains.

Son élève, le franciscain Roger Bacon(1214-1294) fonde la science expérimentale, en écrivant : «La preuve par le raisonnement ne suffit pas, il faut en plus l’expérimentation».

Cet esprit d’indépendance, de vérité et de respect de l’autre, se manifesta aussi dans la « Grande Charte », en 1215, privant le Roi de créer des impôts par souveraineté.

Et au XIII°, pendant que les Papes soumettaient les Rois du Continent à leur autorité spirituelle, à Oxford, le franciscain Duns Scot (1265-1308) professait de distinguer le domaine de la foi, métaphysique, du domaine profane, exigeant des réponses claires et sans mystères. A sa suite, le franciscain William of Occam (1285-1347) professa la séparation entre foi et raison en reniant toute hiérarchie entre philosophie et théologie, et en déclarant que le Pape n’a pas à s’ingérer dans les affaires temporelles, où le bon sens humain suffit. Cela annonçait la laïcité et l’esprit des « Lumières ».

Dans ce contexte, l’Université libre d’Oxford, accueillant tous les ouvrages de l’Antiquité et de la civilisation arabe (censurés par l’Eglise sur le Continent), devint le grand centre européen de recherches, où l’on venait étudier à l’abri de la censure de l’Eglise.

Ainsi, les libertés individuelles naquirent en Angleterre au XIII° siècle.

L’EXCEPTION ANGLAISE A LA RENAISSANCE

A la Renaissance, les monarques européens avaient des ennuis avec leur noblesse, alors que Henri VIII, en créant l’anglicanisme en 1534, nationalisa les biens du Clergé catholique et les céda à bas prix à l’aristocratie et à la bourgeoisie, en en faisant ses alliés. Et l’Etat anglais en sortit renforcé pour devenir la 1ère puissance navale du monde à la fin du 16°s.

Durant ce 16°s, les penseurs européens, cherchant à sortir de l’obscurantisme religieux et des superstitions, eurent recours aux doctrines ésotériques de l’Ecole d’Alexandrie datant du 1er au 3ème siècle, invitant à connaître la « vérité primordiale » par illumination de l’esprit, exigeant sa purification préalable à travers une discipline de contemplation menant à l’extase, seul moyen d’unir l’homme à Dieu dans « l’unité primordiale ». Cependant, seule une élite (les « Mages ») était censée pouvoir y accéder, ce qui en protégeait l’accès contre les esprits impurs, capables d’en faire mauvais usage en nuisant à l’Humanité. C’est pourquoi, selon Hermès Trismégiste, censé avoir transmis à l’humanité survivant au Déluge les 7 arts libéraux et la « Connaissance », Dieu aurait usé de symboles pour les transmettre à l’homme, comme les hiéroglyphes égyptiens, dont la compréhension exige un cheminement initiatique et mystique.

Cet ésotérisme intéressa Jacques VI d’Ecosse, chargeant William Schaw de créer 30 loges opératives en Ecosse à partir de 1598, avant d’être intronisé Jacques 1er d’Angleterre en 1603.

DEUX HOMMES D’ETAT EXCEPTIONNELS VONT MARQUER LA MENTALITE ANGLAISE

A la différence de toute l’Europe, où les hommes d’Etat œuvraient pour l’absolutisme du pouvoir royal pour raison d’Etat (lire Machiavel dans « Le prince », 1529), Thomas More (1478-1535), Chancelier de Henri VIII, souhaite, dans « Utopia » en 1516, soumettre la raison d’Etat au bien-être du peuple. Il y décrit un Etat de droit dans une société égalitaire, sans injustice ni calamité. Son ouvrage, bien accueilli à Oxford, enseigne que les malheurs de la société ne sont point des fatalités, mais le résultat d’une mauvaise gouvernance de ses dirigeants et d’un manque d’instruction civique des citoyens. Cela va éveiller l’esprit civique des Anglais, pensant que l’homme peut agir sur son destin et améliorer la société, ce qui annonce la FM.

Au siècle suivant, Francis Bacon (1561-1626), Chancelier du roi Jacques 1er d’Angleterre et rose+croix, jette les bases de la logique expérimentale pour la recherche de la vérité, et lance aussi l’introspection par la connaissance et le perfectionnement de soi. Dans « Novum Organum »(1620), il propose une « purge de l’intellect », en chassant les 4 sortes d’« idoles » qui conditionnent notre comportement : l’hérédité, la culture du milieu social, les vices de l’ego et les fréquentations. Par ce travail sur soi, chacun peut devenir un homme nouveau, libre, responsable et efficace pour la société. De la sorte, F. Bacon nous persuade de renoncer aux doctrines ésotériques pour découvrir la vérité et de sortir du monde enchanté de la Renaissance.

Et, dans « Nova Atlantis », publié en 1626, il pousse à croire au progrès pour le bien commun, par l’innovation de nos idées pour repenser le monde et par les découvertes techniques accroissant l’efficacité productive. A cet effet, il propose que l’Etat crée des « instituts de recherche » et favorise les échanges entre les savants du monde, pour balayer l’obscurantisme des « Mages » qui influençaient les monarques de la Renaissance.

En outre, il prône la tolérance religieuse comme facteur de progrès social, générant la croissance des richesses par la diversité communautaire de la nation. Il plaide pour le retour de la communauté juive en Angleterre (dont elle avait été expulsée en 1290), ce que Cromwell adoptera en 1656 par souci de rebâtir la Nation ruinée par la guerre civile.

En somme, l’Anglais F. Bacon invente le V.I.T.R.I.O.L, la mort de l’homme ancien en nous pour renaître en homme nouveau, la foi dans le progrès et la Tolérance, toute une révolution de la pensée européenne, et annonçant la FM spéculative des « Lumières ».

LE RÔLE DE L’ « INVISIBLE COLLEGE » ET DE LA « ROYAL SOCIETY »

Au sein des 21 « College » de l’Université d’Oxford, divers groupes de recherche traitaient les thèmes d’actualité. Ainsi, se constitua, en 1574, le groupe « The Antiquarians » traitant de l’archéologie naissante et de la recherche de la vérité primordiale chez les Druides (au lieu de l’Antiquité égyptienne ou grecque pour les chercheurs du Continent). Mais ce groupe fut interdit par Jacques 1er dès son accession au trône d’Angleterre en 1603, parce qu’à l’instar des anciens Druides, il rejetait la légitimité de droit divin du pouvoir royal. Alors, ce groupe se réfugia dans « Utopia », lequel fusionna en 1645 avec « Nova Atlantis » pour devenir l’« Invisible College », traitant les problèmes de société, et où de nombreux membres rose+croix (Elias Ashmole (1617/92), Thomas Vaughan(1602/66), Robert Moray(1609/73)… expliquent sa dénomination.

D’ailleurs, ses membres vont prôner la tolérance en pleine guerre civile (1629-1659) et la purification intérieure pour pouvoir réaliser le grand œuvre d’une société harmonieuse. Et, deux membres prestigieux, E. Ashmole et R. Moray, révèlent dans leurs écrits avoir été initiés « accepted free mason », respectivement en 1646 et 1641, montrant bien que Rose+Croix et FM, au milieu du 17°s, étaient associées dans leurs efforts pour le mieux-être social. C’est ainsi que Robert Moray, très proche de Charles II en exil, persuada le Roi à créer, en 1660, la « Royal Society », réunissant les meilleurs savants pour le conseiller dans sa gouvernance du royaume.

C’est ainsi que la « Royal Society » fera accepter par le Roi, en 1679, l’ « Habeas Corpus » Act, protégeant la personne contre toute arrestation arbitraire sans jugement préalable. Cela est le fondement premier de toute démocratie moderne. De plus, ses conseils de gouvernance ont réussi à débarrasser le Roi de l’influence néfaste des « Mages », comme le souhaitait F. Bacon dans « Nova Atlantis » pour l’avènement d’un ordre nouveau sous l’égide de « la raison générale de l’humanité ». Et c’est ce qui permit à l’Angleterre de briller dans le monde depuis lors.

Il faut aussi savoir que, par souci de tolérance, la « Royal Society » exigeait de ne pas être « athée stupide », du seul fait que l’ordonnancement de l’univers ne pouvait être que l’œuvre d’une puissance supérieure, le « Grand Architecte ». Par contre, elle admettait bien qu’une certaine forme d’athéisme, réfutant les abus du pouvoir religieux agissant contre le bien commun. C’est pourquoi les débats à caractère politique ou religieux y étaient interdits pour que tout désaccord y soit exprimé avec civilité. Et c’est bien cette règle qui prévaut dans nos travaux de loge.

ET LA GRANDE LOGE DE LONDRES REMPLAÇA LA ROYAL SOCIETY

Comme le nouveau Roi d’Angleterre, George de Hanovre, ne parlant pas l’anglais, ne réunissait plus la « Royal Society » depuis son accession au trône en 1714, laissant son conseil des ministres gouverner le royaume avec l’aide du Parlement, l’un des membres francs-maçons de la « RS », John Theophile Desaguliers, dut se décider à créer la « Grande Loge de Westminster » en 1717 en vue de remplacer la « RS » dans sa fonction humaniste d’améliorer la gouvernance au service du bien commun. C’est pourquoi les Constitutions d’Anderson stipulent que la FM est le centre d’union des gens de bien et loyaux ayant pour souci d’œuvrer pour le bien commun.

ROLE DES « ANTIQUARIANS » DANS LA RUPTURE ENTRE FM ANGLAISE ET FRANÇAISE

Une opposition avait existé entre 2 sous-groupes de l’ « Invisible College », les « Antients » et les « Moderns ». Ils donnèrent deux idéologies opposées au sein de la « Royal Society » :

✓ d’une part, ceux qui tenaient aux traditions druidiques et à leur Vérité Primordiale, surnommés « Antients » et croyants dogmatiques ;

✓ et d’autre part, ceux qui croyaient au progrès des sciences, surnommé « Moderns », plutôt déistes, regroupés autour de Newton et Desaguliers.

Cette dualité se répercutera plus tard sur l’évolution de la Franc-maçonnerie anglaise. En effet, 6 mois après la création, au solstice d’été de 1717, de la « Grande Loge » de Westminster, par le groupe des « Moderns » dirigé par J.T. Desaguliers, un autre groupe d « Antients » créèrent, au solstice d’hiver de 1717, une autre « Grande Loge », concurrente, dite druidique.

Ces 2 obédiences londoniennes se feront concurrence jusqu’en 1738, où interviendra un 1er rapprochement avec la 1ère révision des « Constitutions » de 1723 portant sur une foi en un « Dieu révélé » remplaçant la « Loi Morale » conçue par les Pasteurs Anderson et Desaguliers dans l’édition de 1723.

Puis, en 1813, les 2 Grandes Loges fusionneront en « Grande Loge Unie d’Angleterre », dominée par les « Antients » qui imposèrent la foi dogmatique en Dieu révélé de la Chrétienté. Cela débouchera sur la rupture avec la Franc-maçonnerie française, attachée à la laïcité et au déisme des « Moderns », la loi morale, plus conformes à la philosophie des Lumières. La rupture définitive interviendra au Convent de Lausanne en 1875, suite à l’adoption par le GODF du principe de « GADLU », et se différentiant de la GLUA, obédience anglaise se réclamant d’être la seule autorisée à donner sa patente à une seule obédience par pays, qu’elle qualifie de « régulière ».

LIENS ENTRE LOGES OPERATIVES ECOSSAISES ET LA FM

Rien ne prédispose normalement de passer des professions manuelles à une association de cherchants intellectuels. Il a fallu un concours de circonstances exceptionnel pour que des Universitaires anglais empruntent à des loges de maçons opératifs leurs mots de passe ainsi que leur rituel. Comment cela a-t-il pu se passer ?

Il s’est trouvé qu’en 1598/1599, Jacques VI d’Ecosse, un Roi de la Renaissance, ayant le souci de rattraper le retard de développement de son royaume par rapport aux autres royaumes d’Angleterre et de France, qui avaient déjà acquis leur propre style architectural, a décidé de confier à son intendant des édifices royaux, William Schaw, le soin de former des maçons/architectes, capables de créer un nouveau style d’architecture qui n’ait rien à envier aux autres royaumes.

Or, Jacques VI d’Ecosse était féru des doctrines ésotériques de l’Antiquité et notamment des doctrines ésotériques de l’hermétisme, et il estimait qu’en les faisant enseigner aux élèves maçons/architectes, cela les rendrait plus intelligents et plus créatifs, et donc capables de créer un nouvel ordre architectural à sa gloire. Et il fit mettre à leur programme d’enseignement, ces doctrines ésotériques ainsi que « l’Art de la mémoire » qui devait servir à les mémoriser pour mieux les assimiler.

Et pour enseigner ces matières, ignorées des loges opératives du Moyen-âge, il a dû faire appel à des enseignants-chercheurs de l’Université d’Oxford, réputée en la matière, puisque, même le Père dominicain Giordano Bruno dut s’y rendre plusieurs fois, venant d’Italie, pour enrichir ses connaissances hermétistes et les enseigner avant d’être brûlé comme hérétique en 1600 du fait que ces sciences étaient condamnées par Rome.

Et, durant 26 ans, de 1599 au décès de Jacques VI en 1625, des enseignants anglais vont donc venir former les maçons-architectes écossais dans une trentaine de loges de Schaw, répandues à travers l’Ecosse.

Puis, lorsque la guerre civile anglaise sévira entre 1629 et 1659, ces Intellectuels anglais, rentrés d’Ecosse (ayant reçu dans ces loges opératives dites de Schaw, le mot de passe ainsi que les signes de reconnaissance et la connaissance du rituel de ces loges en s’y faisant initier préalablement à l’autorisation d’y entrer comme « accepted free mason », càdire acceptés et libérés de leurs obligations opératives), et choqués par l’intolérance pratiquée par les divers protagonistes de cette guerre civile, durent se rencontrer et se réunir en secret et en divers lieux, en usant des signes de reconnaissance et du « mot de maçon » leur permettant de se faire mutuellement confiance. Et, étant acquis à la philosophie de Francis Bacon qui avait animé l’ « Invisible College », dont ils avaient été membres au cours de leurs études et recherches à Oxford,  ils devaient sûrement discuter des moyens de résoudre leur drame national de guerre civile, qui se déroulait sous leurs yeux. 

Et, comme cela était déjà de coutume dans « l’Invisible College » qu’ils avaient fréquenté à Oxford, ils ont dû reconduire cette habitude de se réunir dans une auberge (« Tavern » en anglais), pour se reconnaître et travailler ensemble à l’abri des regards pour l’amélioration de la société. Et, pour donner un caractère solennel à ces réunions, rien de plus facile que de s’inspirer des pratiques des loges opératives qu’ils avaient fréquentées en Ecosse en y enseignant. Et, par la suite, ils ont dû recruter d’autres Intellectuels, cherchant le bien public, en les initiant et en les baptisant aussi de « accepted free mason », comme eux-mêmes l’avaient été dans les loges opératives d’Ecosse, dites « loges Schaw ».

Et c’est pourquoi nous retrouvons dans nos rituels du 1er et du 2nd degré (dans les loges Schaw il n’y avait que 2 grades, « apprenti entrant » et « apprenti accompli ») de fortes similitudes avec les 2 rituels des loges de Kilwinning, d’Edimbourg ou d’Aberdeen du début XVII° siècle, que William Schaw avait été pêché dans les « Old Charges » ou « Anciens devoirs », qu’il avait trouvé sur le Continent. Et, c’est ainsi qu’ils reçurent le mot de maçon, à l’occasion de leur acceptation en loge, d’où le titre de « ACCEPTED FREE MASON », signifiant qu’il était accepté en loge et, à la fois, libéré de ses obligations opératives de maçon/architecte.               


P.S. En concluant, j’ajoute ces lignes sont le condensé des pages 19 à 126 de mon livre intitulé « REFLEXIONS D’UN MAÇON SUR SON CHEMIN INITIATIQUE », Tome II, Editions DETRAD, 320 pages, et que ces recherches ont été effectuées entre 2001 et 2005.

La Patience par Ajahn Sumedho

(Traduit par Hervé Panchaud) – Savoir endurer patiemment est la vertu suprême. Dhammapada 184.

La patience est une vertu très prisée dans le monde bouddhiste, alors qu’elle est peu valorisée dans la société matérialiste où sont mises en exergue l’efficacité et la rapidité à obtenir ce que l’on convoite. Avec toutes ces choses jetables qui sont produites aujourd’hui, dès que nous ressentons le désir ou le besoin de quelque chose, nous pouvons l’obtenir rapidement et, si ce n’est pas le cas, nous en sommes irrités et contrariés, et nous nous plaignons… « Ce pays va à vau l’eau », entendons-nous souvent dire, n’est-ce pas ? Les gens se plaignent parce qu’il y a des grèves, que le service n’est pas assez rapide, que leurs désirs ne sont pas satisfaits assez vite, et qu’ils doivent donc attendre et faire preuve de patience.

Voyez comment, durant une méditation assise, dès qu’une douleur survient dans une partie de votre corps, vous devenez impatient et cherchez de façon systématique à échapper à cette douleur. Si vous avez de la fièvre ou si vous tombez malade, voyez comme vous en voulez à votre organisme pour tous les ennuis et les complications qu’il provoque, et comment vous cherchez à éliminer cette douleur au plus vite.

La patience est sans doute la vertu la plus importante à développer pour celui qui pratique la méditation parce que, s’il n’a pas de patience, le développement spirituel lui sera absolument impossible. Il pourrait se dire : « Je vais choisir la pratique du Zen qui conduit à la connaissance instantanée, et ne pas m’embarrasser avec le Theravada qui demande un temps si long de pratique. »

« Je veux l’éveil immédiat pour n’avoir pas à attendre et à faire toutes ces choses ennuyeuses qui prennent tant de temps et auxquelles je ne veux pas me consacrer. Peut-être que je pourrais prendre des cours, que je pourrais avaler une pilule miracle ou me connecter à une machine qui me ferait connaître l’éveil instantané ».

Je me souviens, quand le LSD commença à être connu, les gens disaient que c’était le chemin le plus rapide pour atteindre l’Éveil : « Il vous suffit d’avaler ce comprimé et vous comprendrez tout ! ». Inutile d’aller vous enfermer dans un monastère ou de vous compliquer la vie en vous faisant ordonner moine. Prenez cette pilule et vous aurez l’Éveil. Allez à la pharmacie ou chez le dealer du coin … vous n’avez pas à vous engager à quoi que ce soit ! »

Ne serait-ce pas merveilleux s’il n’y avait que cela à faire ? Mais, après quelques « trips » sous LSD, les gens ont commencé à comprendre que les expériences d’illumination » disparaissaient et qu’ils se retrouvaient ensuite dans une situation encore plus désastreuse qu’avant. Aucune patience.

Dans un monastère, l’entraînement à la patience fait partie de notre mode de vie. Dans un monastère de forêt du nord-est de la Thaïlande, vous avez toutes les chances de devenir patient parce que la vie y est fastidieuse et que vous devez l’endurer. Vous devez pouvoir supporter toutes sortes d’expériences physiquement déplaisantes, comme le paludisme et la saison chaude. La saison chaude dans le nord-est de la Thaïlande est la chose la plus morne et désespérante que j’aie pu connaître dans ma vie. Dès le matin, au réveil, on se dit : « Encore un autre jour » – tout semble si morne. « Une autre journée chaude, un jour sans fin de chaleur, avec les moustiques et la sueur. » Un jour sans fin – l’un après l’autre.

Et puis l’on se dit que c’est là une occasion sensationnelle de développer la patience ! Vous entendez parler de centres de méditation en Amérique où l’on expérimente de nouvelles voies pour atteindre la Connaissance ; des endroits où vous pourriez vous impliquer dans des relations interpersonnelles enrichissantes et faire nombre de choses fascinantes qui vous mèneraient à l’Éveil. Et vous restez assis là, en pleine saison sèche, par un jour brûlant et morne, qui semble ne pas vouloir finir, un jour où chaque heure est une éternité à vous dire : « Mais qu’est-ce que je fais ici ? Je pourrais être en Californie, avoir une vie passionnante, faire des choses fascinantes et parvenir à l’Éveil d’une manière plus rapide et plus définitive que dans ce coin perdu de Thaïlande ».

Vous recevez des lettres d’amis américains, impatients, qui ont fait le tour du monde, qui ont rendu visite à tous les maîtres et tous les gourous de la terre. « Mais qu’est-ce que je fais ici, à tremper mes habits de sueur et à me faire dévorer par les moustiques ? »

C’est alors que vous vous rappelez : « Je dois développer la patience. Si, dans cette vie, je peux apprendre à être patient, je n’aurai pas vécu en vain. Etre seulement un peu plus patient, ce sera déjà bien. Je ne vais pas aller en Californie pour m’investir dans ces groupes de rencontre fascinants, essayer ces thérapies modernes et participer à ces expériences scientifiques … Je vais rester là et apprendre à être patient avec ces moustiques qui me piquent les bras … apprendre la patience au long de cette morne saison sèche qui semble vouloir durer toujours. »

Souvent, je me disais aussi : « Mon esprit est trop vif, trop brillant ; c’est pour cela qu’il est traversé par un si grand nombre de pensées ». Comme j’avais toujours voulu avoir une personnalité intéressante, je m’étais formé dans ce sens, cherchant à acquérir toutes sortes d’informations inutiles et d’idées stupides afin de passer pour quelqu’un de passionnant et de divertissant. Mais tout ceci est futile et vain dans un monastère du nord-est de la Thaïlande, ce n’est qu’une habitude mentale qui tourne sans cesse dans la tête quand on est seul, sans personne à charmer, et cela n’a plus rien de fascinant.

Au lieu de chercher à devenir charmeur et fascinant – je voyais bien combien c’était inutile – j’ai commencé à observer les buffles d’eau, me demandant ce qui pouvait bien se passer sous leur crâne.

Il n’y a pas de créature au monde à l’apparence plus stupide que le buffle d’eau de Thaïlande. C’est une grosse créature lourdaude à l’air morne. « Voilà ce qu’il me faut ! Je vais m’asseoir dans mon kouti et rester là, à transpirer en essayant d’imaginer quelles peuvent être les pensées d’un buffle d’eau. » Alors je m’asseyais et je tentais de recréer dans mon esprit l’image d’un buffle d’eau jusqu’à devenir plus stupide, plus terne et plus patient, délaissant cette personnalité intéressante, intelligente et fascinante …

Apprendre seulement à être plus patient avec les choses telles qu’elles sont en nous-mêmes – nos blocages, nos pensées obsessionnelles, notre esprit inquiet – et telles qu’elles sont à l’extérieur.

C’est comme ici, à Chithurst (Monastère de Forêt en Angleterre) : combien d’entre vous sont-ils vraiment patients ici ? J’entends certains se plaindre de devoir travailler trop dur, ou bien de manquer de temps, d’avoir trop de ceci ou pas assez de cela : trop de monde, pas assez d’intimité … C’est ainsi que l’esprit fonctionne, n’est-ce pas ? On peut toujours imaginer un endroit où l’on serait mieux. Mais la patience, cela signifie que vous devez prendre les choses comme elles sont, là, maintenant. Combien d’entre vous seraient prêts à méditer tout au long d’une saison chaude dans le nord-est de la Thaïlande ? A passer toute une année à souffrir d’une maladie tropicale, patiemment, sans désirer vouloir rentrer à la maison et retrouver une mère qui prendrait soin de vous ?

Nous avons encore l’espoir que l’éveil fera de nous une personne plus intéressante que le commun des mortels : « Si je pouvais atteindre l’éveil, je pourrais certainement être content de moi à nouveau ! » Mais la sagesse du Bouddha est une sagesse faite d’humilité ; il faut beaucoup de patience pour devenir un sage comme le Bouddha. La sagesse du Bouddha n’est pas une forme de sagesse très spectaculaire – ce n’est pas comme être un physicien nucléaire, un psychiatre ou un philosophe.

La sagesse du Bouddha rend très humble parce qu’elle sait que tout apparaît et disparaît, et que rien n’est personnel. Elle sait donc que, quoi qu’il se produise dans le corps et l’esprit, il s’agit d’un phénomène conditionné, et que tout ce qui apparaît, disparaît. Et elle reconnaît le Non-conditionné comme étant Non-conditionné.

Mais est-il si intéressant ou fascinant de connaître le Non-conditionné ? Essayez d’imaginer ce qu’il pourrait y avoir d’intéressant dans la connaissance du Non conditionné ! On peut se dire : « Je voudrais connaître Dieu ou le Dhamma ; ce sera incroyablement fascinant – le bonheur, l’extase. »

Alors vous cherchez, par le biais de la méditation, à faire ce type d’expérience. Vous vous dites que cette excitation vous rapproche du but. Mais le Non-conditionné n’est pas plus excitant que l’espace de cette salle. L’espace de cette salle est-il intéressant à regarder ? Pas pour moi : il est assez semblable à l’espace d’une autre salle. Les choses se trouvant dans cette pièce peuvent être plus ou moins intéressantes – ou bonnes ou mauvaises, belles ou laides – mais l’espace … qu’y-a-t-il à en dire ? Il n’y a rien que vous puissiez penser ou dire à son sujet. Il n’a pas d’autre caractéristique que d’être … spacieux. Et pour pouvoir être véritablement « spacieux » soi-même, il faut être patient.

Comme vous ne pouvez-vous saisir de rien, vous reconnaissez l’espace au fait que vous ne vous emparez pas des objets de la pièce. Quand vous lâchez prise, quand vous cessez vos obsessions, vos jugements, vos critiques et vos évaluations sur les choses et les gens présents dans cette pièce, vous commencez à faire l’expérience de son espace. Mais cela nécessite une bonne dose de patience et

D’humilité. Ce sont notre orgueil et notre fierté qui sont à l’origine de nos opinions : si nous aimons ou pas cette représentation du Bouddha, la gravure qui est disposée derrière, la couleur des murs ; ou encore si nous trouvons inspirants ces portraits d’Ajahn Mun et d’Ajahn Chah. Mais là, nous restons assis dans l’espace, tout simplement. Le corps commence à devenir douloureux, nous devenons agités, ou bien somnolents mais nous persévérons, nous observons et écoutons. Nous écoutons l’esprit – les plaintes de l’esprit, les peurs, les doutes et les inquiétudes – non pas pour parvenir à des conclusions fascinantes sur nous-mêmes en tant que personnes, mais pour arriver à la connaissance toute simple que tout ce qui apparaît, disparaît.

La sagesse du Bouddha n’est rien d’autre : connaître le conditionné en tant que conditionné, et le Non-conditionné comme Non-conditionné. Les bouddhas reposent dans l’Inconditionné et, sauf en cas de nécessité, ne se laissent plus absorber par quoi que ce soit. Ils ne sont plus trompés par les phénomènes conditionnés, et ne sont attirés que par l’Inconditionné, l’espace et la vacuité – plus par les phénomènes impermanents qui emplissent l’espace.

Pendant la méditation, maintenant, alors que vous prenez conscience de la vacuité de l’esprit, de toute l’étendue de l’esprit, vos attachements et vos répulsions habituels, vos peurs, vos doutes et vos inquiétudes relatifs à tout ce qui est conditionné diminuent. Vous commencez à comprendre que ce ne sont que des choses qui apparaissent et disparaissent, qu’il n’y a pas de soi, rien qui mérite que l’on s’enthousiasme ou que l’on se lamente : les choses sont comme elles sont. Nous pouvons permettre aux phénomènes d’être simplement, car ils vont et viennent – comme leur nature est de disparaître, nous n’avons pas à les faire disparaître. Nous devons être suffisamment libres, patients et endurants afin de laisser les choses suivre leur cours naturel. De cette manière, nous pouvons nous libérer des tensions, des conflits et de la confusion de l’esprit ignorant qui passe tout son temps à évaluer et sélectionner, pour essayer de retenir ceci et rejeter cela.

Je vous prie de réfléchir à ce que je viens de vous dire, et de prendre tout le temps nécessaire pour supporter ce qui paraît insupportable. Ce qui semble insupportable est supportable si vous savez être patient. Sachez être patient avec les autres et avec le monde tel qu’il est, au lieu de vous appesantir sur ce qui ne va pas et sur ce que vous feriez si vous pouviez changer les choses. Souvenez-vous que le monde est comme il est, ici et maintenant – il ne peut être différent.

La seule chose que nous puissions faire, c’est être patients avec le monde tel qu’il est. Cela ne veut pas dire que nous approuvions tout, et que nous l’aimions ainsi. Cela signifie simplement que nous pouvons vivre en paix avec lui, plutôt que continuer à nous plaindre et à nous rebeller, causant davantage de friction et de confusion, lesquelles viennent s’ajouter à la confusion née du fait que nous croyons à la réalité de notre propre confusion.

Ajahn Sumedho

Ajahn Sumedho ou Luang Por Sumedho de son vrai nom Robert Kan Jackman, né le 27 juillet 1934 à Seattle aux États-Unis, est un moine bouddhiste, philosophe et écrivain américano-thailandais. Il est l’un des principaux maîtres occidentaux de la tradition des Moines de la forêt, disciple d’Ajahn Chah, et a été abbé du monastère Amaravati au Royaume-Uni de 1984 à 2010.

Bibliographie : L’esprit et la Voie (Réflexions d’un moine bouddhiste sur la vie), Sully, 2007.

Article recueilli par Ida sur le site : http://www.dhammadelaforet.org

Ida a créé avec d’autres personnes LA LETTRE DES DEUX VOIES pour favoriser des échanges et des liens entre Francs-Maçon (nes) qui sont déjà dans une démarche bouddhiste ou qui souhaite connaître un peu mieux le bouddhisme.

La lettre est trimestrielle et gratuite, on peut s’y inscrire en précisant son Ob., sa L. et la Ville de résidence à ce mail : lesdeuxvoies@orange.fr

Alain Bauer parle longuement de la Franc-maçonnerie sur CNEWS

Ce jeudi matin dans l’Émission « L’heure des Pros », l’ex Grand Maître du Grand Orient de France Alain Bauer était invité pour parler de son dernier livre co écrit avec Roger Dachez « L’Encyclopédie des Franc-Maçonnes et des Francs-Maçons »

Intervention d’Alain Bauer à partir de 44:50

Présentation de l’ouvrage

L’Encyclopédie des Franc-Maçonnes et des Francs-Maçons

Une Histoire de la franc-maçonnerie, de ses rites et de ses membres à travers les siècles. S’il est un sujet qui continue à fasciner lectrices et lecteurs, c’est bien celui de la Franc-Maçonnerie, de ses principes, rites et surtout de ses membres.
Des ancêtres et des précurseurs aux artistes, des personnalités politiques aux espions, faussaires et charlatans en passant par les sœurs illustres ou les médecins et scientifiques, ce sont près de 400 entrées qui constituent cette encyclopédie inédite.

La question de la rédaction de 450 fm :

Est-ce qu’il ne manquerait pas un S à FrancS-maçonnes dans le titre ?

Lieu symbolique : Loge de mer de Perpignan

La Loge de Mer de Perpignan est un édifice civil de style gothique catalan construit à partir de la fin du xive siècle et achevé au xvie siècle. Pendant le Moyen Âge, la place de la Loge était le centre civique de la ville, et cumulait les différents pouvoirs locaux : tribunal de commerce (Consulat de mer), pouvoir municipal (Consulat : mairie), et Députation locale de la Generalitat : palais de la députation.

La Loge de mer est située place de la Loge, à l’intersection avec la rue des Marchands, au cœur de la vieille ville. L’actuelle mairie de Perpignan jouxte son côté ouest.

Évocation de la Loge de Mer de Perpignan et du port de Collioure. Retable de la Trinité (1489).

Le 22 octobre 1388, Jean Ier d’Aragon crée un consulat de la mer avec deux consuls destiné à réglementer et à juger tous litiges concernant le commerce de Perpignan et des comtés de Roussillon et de Cerdagne, fortement lié à l’activité maritime. En outre, à partir de 1394, le consulat de mer est aussi chargé de la perception de l’impariage, droit d’entrée et de sortie des marchandises dans les Comtés. Ce n’est qu’en 1397 que Martin Ier d’Aragon autorise le consulat de mer à se bâtir un siège. Les travaux ont dû être réalisés au début du XVe siècle, mais l’édifice n’est complété par sa balustrade ouvragée qu’en 1439. Cette première loge de mer est construite sur l’emplacement de la pella, l’ancien marché aux peaux et draps.

Loge de la Mer en 1489. Dessin de Grimm dans le livre de Pierre Vidal.

Elle se compose d’un rez-de-chaussée très élevé de quatre arcades (deux sur la rue des Marchands, deux sur la place) servant de bourse, et un étage occupé par le tribunal et le greffe, qui est le consulat proprement dit, auquel on peut accéder par un escalier en tourelle situé à l’extrémité de la façade sur la place. Une chapelle se trouve également dans la salle basse. Le bâtiment est doublé jusqu’à l’ancienne entrée latérale de l’hôtel de ville, en 1540, deux ans après l’entrée de Charles Quint à Perpignan, en détruisant l’escalier extérieur. La partie nouvelle ajoutée reproduit fidèlement l’architecture du bâtiment original. Une plaque commémorative posée entre les deux nouvelles arcades témoigne de cette extension : « Regnant gloriosament en Spanya Carles Quint, emperador de Roma, y esent consols de mar los honorables Honorat Forner, burges y Francesc Mates, mercader fou feta aquesta altra part l’any de la salut cristiana 1540 », soit « Régnant glorieusement en Espagne, Charles Quint, Empereur de Rome, ainsi que les honorables consuls de mer, Honoré Fomer, bourgeois, et Francesc Mates, marchand, la seconde partie a été réalisée l’an de la rédemption chrétienne 1540 ».

Loge de mer dans Voyages pittoresques et romantiques (Justin Taylor, Charles Nodier, Alphonse de Cailleux) Adrien Dauzats (1834)

Le grand plafond de la salle du rez-de chaussée était décoré et polychrome, reposant sur une file d’arcades intermédiaires.

En 1751, le Consulat de mer n’ayant plus d’activité, les consuls de Perpignan cèdent à sa demande l’édifice au comte de Mailly, commandant en chef du Roussillon, qui fait transformer la loge de mer en théâtre. Cette nouvelle destination a entraîné la destruction du plafond et la suppression de la chapelle, dont le retable est transféré à l’église Saint-Jacques. Il est aujourd’hui au Musée Rigaud.

Le bâtiment avec l’enseigne « Café de France » vers 1900.

Après la Révolution, le bâtiment est transformé en dépôt de messageries. En 1841, à l’initiative du maire, Guiraud de Saint-Marsal, la ville de Perpignan restaure l’édifice après avoir songé à le démolir. Un nouveau plancher est construit pour rétablir deux niveaux, la façade est légèrement surélevée et la balustrade sommitale refaite. La seule partie de la balustrade qui subsistait était le pilier portant la célèbre girouette, représentant un navire3. La grande salle du rez-de-chaussée est mise en location pour y installer le café de France en 1842, et à l’étage est créée une salle de réunion, plus tard nommée « Salle Arago ». Les arcades sur la place reçoivent de monumentales menuiseries de style gothique flamboyant.

La Loge de mer fait partie des huit premiers édifices des Pyrénées-Orientales classés comme monuments historiques en 1840.

En 1912, un nouveau plafond est substitué à celui de 1841. Les façades sont restaurées en 1951 et perdent leurs menuiseries néo-gothiques. La place de la Loge reçoit alors son dallage en marbre. En 1992, la caravelle en fer a été remplacée par une réplique (l’original se trouve à l’hôtel de ville).

Description – Architecture

La loge est un bâtiment rectangulaire :

  • Longueur de la façade sur la place : 25 m
  • Largeur de la façade sur le rue : 10 m

La façade du petit côté, sur la rue, comporte au rez-de-chaussée deux arcades en arc brisé. Au premier étage ont été percées deux grandes baies rectangulaires divisées en trois lancettes. La façade sur la place comprend quatre arcades au rez-de-chaussée et cinq groupes de deux fenêtres au premier étage.

En 1984, l’enseigne de restauration rapide Quick prend possession du local commercial. Elle est remplacée par la brasserie Le France en 2001. Des difficultés financières oblige ce dernier occupant à cesser son activité et la mairie, propriétaire des murs, décide alors en 2017 de racheter le bail commercial pour la somme de 250 000 euros afin d’installer l’office de tourisme dans le bâtiment.