C’est dans la toujours très remarquable émission de France Culture Divers aspect de la pensée contemporaine du dimanche 20 novembre 2022 que nous apprenons de la bouche même du Frère Thierry Zaveroni, Grand Maître de la Grande Loge de France que se tiendront, le samedi 11 février 2023, en l’hôtel de la Grande Loge Nationale Française, la deuxième édition des Entretiens Pic de la Mirandole.
(Ré)écoutez le podcast de l’interview réalisée par Perry Wiley, Grand Maître Honoris Causa du dimanche 20 novembre 2022 https://bit.ly/3UZbLY0
Extrait de la page de France Culture
Au Convent, le Grand Maître avait proposé 13 engagements majeurs. ‘’Il évoque, ici et maintenant, les axes principaux de son projet :
L’action auprès des jeunes, comment les intéresser à la démarche initiatique en GLDF ;
Le lancement d’une grande réflexion au sein des loges sur le sujet de la fin de vie.
Par ailleurs, le Grand Maître évoque la position centrale de la GLDF au milieu du paysage maçonnique français où elle est une Obédience historique. Ainsi elle continuera à organiser des colloques communs. Prochainement le 11 février dans le cadre des Rencontres Pic de la Mirandole avec la Grande Loge Nationale Française autour du Thème « Les Temps de la Renaissance »* (à 15:59 dans l’audio).
Ioan Picco Mirandula
Puis, dans le semestre avec le Grand Orient de France (à 15 :40 dans l’audio), dans le cadre des Dialogues Maçonniques, autour du sujet : « Le monde de demain, entre idéal et réalité ». Ainsi que le Pôle Tradition avec d’autres Obédiences…
Par ailleurs, c’est dans sa newsletter du 1er décembre courant Newsletter GLDF n°114 – DECEMBRE 2022 que nous apprenons que « La Grande Loge de France débarque sur Tiktok ! »
Avec le message suivant :
« Démystification, Histoire & découvertes… Abonnez-vous au compte Tiktok de la Grande Loge de France pour découvrir la franc-maçonnerie sous son vrai visage ! Bien des vidéos vous attendent ces prochaines semaines pour vous expliquer sans langue de bois les différentes facettes de notre démarche initiatique. Et continuez à nous suivre sur Facebook, Twitter, Instagram et notre chaîne YouTube pour surfer sur nos actualités, les replays de nos événements publics, nos stories, nos vidéos, etc. À vos « likes »… »
Rappelons que le Frère Thierry Zaveroni, élu Grand maitre de la Grande Loge de France lors de l’assemblée générale du 18 juin 2022. Initié en 1985 dans la Loge « Stella Maris » de Marseille. Plusieurs fois membre du Conseil Fédéral, il a été 1er Grand Maitre Adjoint de 2015 à 2017.
Dans la vie professionnelle, il a été militaire de carrière au sein de la Marine nationale, au bataillon des marins-pompiers de Marseille. Durant les 14 mois de la crise sanitaire, il a conçu et dirigé les centres municipaux de vaccination de la Ville de Marseille.’’
*Nous apprenons, ce vendredi 15 décembre, que LesEntretiens Pic de la Mirandole sont reportés au jeudi 30 mars 2023 (19h30-22h), en présence des deux Grands Maîtres. Les inscriptions, sur le site de la Grande Loge de France, seront possibles dès début janvier.
Quel beau symbole que celui de l’arbre reprit en première de couverture !
Effectivement, l’arbre est avant tout un symbole de la vie en perpétuelle évolution. Il monte vers le zénith, du latin zenit provenant de l’arabe samt, sommet. Cher au cœur du Maçon, zénith qui avec le nadir et le débir sont trois mots fondamentaux du symbolisme maçonnique – leur complémentarité ouvre un chemin de progression aussi bien vers le haut que vers le bas –, le zénith est le point imaginaire qui semble le plus élevé… Le zénith donne donc la direction verticale ascendante. Beaucoup y voit le ciel et lui accorde tout le symbolisme de la verticalité : vie, mort et régénération.
C’est tout ce qu’offre cette magnifique revue (format, qualité du papier et de l’impression, profondeur des textes, etc.). Une véritable régénération. Elle renouvelle, change et améliore notre façon de percevoir les choses et nous apporte de réels outils de réflexion. Nous en voulons pour preuve le texte de David Taillades. Nous reviendrons d’ailleurs sur l’activité littéraire des autres contributeurs, notamment celle de Gilles Bucherie et de Philippe Subrini.
Gilles Bucherie s’intéresse depuis de nombreuses années au mouvement occultiste et plus particulièrement à la personnalité et aux travaux d’Albert Faucheux (1838-1921), alias F.-Ch. Barlet.
Il a publié une première étude dans la revue Politica Hermetica (N° 28-2014) intitulée « F. – Ch. Barlet, une sociologie au confluent des sciences occultes ». Diplômé de l’EPHE pour une étude intitulée « La vie et l’œuvre de F.-Ch. Barlet.
Un occultiste entre science, astrologie et religion au tournant des XIXe et XXe siècles », il poursuit ses recherches sur ce sujet. En 2020, il écrit déjà dans la revue LIBER (2020 -n° 4), une étude intitulée « Une lecture des premiers travaux de G. Tamos (1884-1966) » et en 2021 fait paraître chez Selena René Alleau et l’écriture philosophale. 2022 voit l’édition, chez ALCOR, de F.-Ch. Barlet, fragment d’une histoire secrète.
Quant à Philippe Subrini, il est connu pour son bulletin La Lettre du Troubadour, lettre mensuelle qu’il rédige nous informant des dernières parutions, des dates et lieux des conférences et/ou Tenue Blanche Ouverte (TBO), des dates et lieux des prochains Salons Maçonniques ainsi que du bilan de certaines manifestations maçonniques. Envie d’en savoir plus sur troubadour13@gmail.com
Le sommaire de ce LIBER, 8e numéro :
David Taillades* : Une nouvelle approche des Anciens Devoirs. La théorie du continuum ;
Gilles Bucherie : Annotations sur l’espace ;
Philippe Subrini : Le rôle de l’Emblème dans la marque typographique du Libraire & Imprimeur Sébastien Nivelle ;
Remo Mugnaioni : Une brève introduction à la longue histoire de l’araméen ;
Axel de Saboulin : Études et réflexions sur un point de vue de métaphysique hindoue : Le Samkhya.
*Sous le pseudo de David Taillades, notre Frère, né en 1971, est l’auteur d’un premier ouvrage consacré à la symbolique des rituels anglais. Nous lui devons « De la franc-maçonnerie opérative au rite Émulation » (Dervy, 2013). Son deuxième essai « HiRaM, le Mystère de la Maîtrise et les origines de la franc-maçonnerie » (Dervy, 2017) s’adresse aux passionnés d’histoire en quête des origines de l’Art Royal. Cet ouvrage est le fruit de longues années de recherche et met en évidence les failles de la recherche historique maçonnique. Son ambition est d’ouvrir la voie à une refonte complète de l’historiographie maçonnique.
En 2019, il publie, toujours fidèle à Dervy « Franc-maçonnerie – L’histoire retrouvée ». Une histoire retrouvée, car l’histoire n’est jamais définitivement écrite et est sans cesse revue et réanalysée à l’aune de nouvelles connaissances. Après cent trente années de recherches académiques sur les origines de la franc maçonnerie et différentes thèses avancées, l’auteur, chercheur insatiable, nous fait part de ses théories en la matière… David Taillades pratique le Rite Anglais de style Émulation, à Lyon, et ne se limite pas à ce rite d’oralité dans sa Loge.
En effet, il met en pratique dans sa vie quotidienne l’ascèse que propose cette « tradition du métier » : lecture des textes sacrés, dépouillement des sources primaires des Old Charges, les Anciens Devoirs, méditation, contemplation et oraison, mais aussi la géométrie. Côté « parcours universitaire », après un DEA en sciences de gestion à Lyon 3 (orientation sciences humaines / comportements interculturels en entreprise) et un diplôme en langue étrangère, il obtient également un titre d’ingénieur informaticien.
Formé à l’interdisciplinarité et à la modélisation des systèmes complexes, son axe de recherche historique consiste à rassembler de nombreuses preuves écrites et à les vivifier dans leur contexte, le conduisant ainsi à venir battre en brèche « de manière irréfutable », selon ses termes, la thèse de l’invention d’une tradition maçonnique au seul siècle des Lumières… David Taillades travaille actuellement à l’écriture d’une énorme somme sur les anciens manuscrits, anglais comme écossais, des documents qui témoignent tous de la tradition initiatique véhiculée depuis toujours par le « Craft », le Métier.
Les Éditions ALCOR, sur leur site, présente leur revue :
Le mot du comité de rédaction
« Pourquoi fonder une nouvelle revue dédiée à la Tradition, à la métaphysique, au symbolisme, à l’Art sacré, à la vie intérieure, alors que le matérialisme, l’individualisme et le nihilisme semblent triomphants ? Parce que nous nous devons par fidélité et par nécessité de témoigner de l’inaltérabilité de la Connaissance Sacrée.
La plupart d’entre nous se sont nourris des « Etudes Traditionnelles », de « Connaissance des Religions », de « Vers la Tradition », des « Cahiers du Sud », de « Hermès », des « Cahiers de l’Université saint Jean de Jérusalem », des « Cahiers du Groupe d’Etudes Spirituelles Comparées », et de bien d’autres publications plus confidentielles. Que reste-t-il de toutes ces initiatives portées par de grands chercheurs et témoins ? Un grand vide.
Mais la soif de Connaissance est toujours intacte et les sources discrètes non taries. De nouvelles générations, conscientes de l’inanité d’un néo-spiritualisme, de la confusion qui règne entre psychique et spirituel, entre développement personnel ou bien être et délivrance ou paix profonde, se questionnent et partent en quête de ce qui peut rester çà ou là comme voie d’accès à une authentique et redoutable réalisation spirituelle.
Ainsi, avec cette revue, nous lançons aussi un appel aux personnes de bonnes intentions, aux veilleurs, aux guetteurs, aux gardiens, aux ravis, aux bienheureux, aux témoins, aux artisans de paix, qui permettront à Liber de croître qualitativement. René Guénon évoquait dans « Le Règne de la Quantité et les Signes des Temps », « les fissures de la grande muraille ». Au cœur de la dissolution, il importe encore et toujours, de « rassembler ce qui est épars », de « faire sortir l’ordre du chaos.» Dès lors, et en hommage à notre ami Bernard Avella, qui fut un libraire fin connaisseur de ces sujets, nous avons souhaité créer Liber, afin que de plutôt disperser l’héritage, nous rassemblions les héritiers.
Nous accueillerons bien volontiers pour les prochains numéros les contributions de ceux qui se sentent concernés par notre projet. Nous publierons deux numéros par an (novembre – mai.) Bonne lecture. »
Relisez l’article, ici-même, de Magali Aimé, intitulé Gilbert Bonnet : Comment imprimerie et initiation conduisent à l’édition ? en date 16 Août 2021 https://bit.ly/3XYNByK
De gauche à droite, Éric Unger – Gilbert Bonnet – Pierre Rimbaud lors d’une présentation de la revue LIBER à Marseille (Photo Philippe Subrini)
Gilbert Bonnet étant le directeur de publication de LIBER.
ALCOR ou la passion d’un éditeur Marseillais.
Petite étoile nichée dans la constellation de la Grande Ourse, nous l’avons adoptée pour donner son nom à notre maison d’édition. Son nom, d’origine arabe signifie le Cavalier. Elle servait jadis de test d’acuité visuelle pour les archers de Genghis Khan et de Charles Quint. Alcor est aussi la clé du mystère du trésor des rois de France de Maurice Leblanc dans le roman « La comtesse de Cagliostro »
L’Ancien et Noble Ordre des Gormogons était une société secrète britannique fondée en 1724 et brièvement active au xviiie siècle qui ne laissa aucune trace écrite pour indiquer son véritable but. D’après les témoignages en ayant fait état, il est établi que leur but premier aurait été de tourner la franc-maçonnerie en ridicule.
Historique
Durant sa brève existence, l’ordre fut accusé de jacobitisme. Ils auraient été aussi une organisation charitable si l’on en croit ceux qui maintiennent leur tradition vivante.
L’origine du mot serait une variante de « gormagon », qui fut défini par le The 1811 Dictionary of the Vulgar Tongue comme « un monstre a 6 yeux, 3 bouches, 4 bras, 8 jambes dont 5 d’un côté et 3 de l’autre, 3 fessiers 2 jarrets et un vagin sur le dos chevauché par un homme et une femme derrière lui. »
Elle aurait été constituée par Philip Wharton (1698 – 1731) afin de parodier la Grande Loge d’Angleterre avec laquelle il s’était brouillé juste après en avoir été le grand maître.
L’organisation n’admettait que des non-maçons ou des maçons après qu’ils aient brûlé leurs gants et tabliers.
Possible étymologie du nom
Jonathon Green suggère dans le Cassell’s Dictionary of Slang que, sous la forme gormagon, le mot est un mélange de gorgone et de dragon, tandis que l’Oxford English Dictionary décrit l’étymologie comme « sans signification : pseudo chinois ».
Le compilateur Francis Grose a donné le jeu dans son entrée de dictionnaire en expliquant que c’était « un homme à cheval, avec une femme derrière lui ». (Sa description « cinq jambes d’un côté » pourrait être simplement que la femme montait en amazone ).
L’une des premières références aux Gormogons était une entrée du 3 septembre 1724 dans le London Post , qui déclarait qu’il avait été fondé par un certain Chin-Qua Ky-Po, qui prétendait être le premier empereur de Chine , plusieurs milliers d’années. avant Adam. Dans cette entrée, on dit que l’ordre a été amené à Londres par un « Mandarin », qui à son tour a initié plusieurs « Messieurs d’honneur » dans ses rangs. Les érudits proposent des récits différents quant au moment où cet ordre s’est éteint. Par exemple, il a été proposé qu’il se termine en 1738. Un autre récit soutient qu’il a survécu jusqu’en 1799, lorsqu’une loi a été adoptée le 12 juillet de la même année supprimant toutes les sociétés secrètes à l’exception de la franc-maçonnerie.
Dans la culture populaire
Les Gormogons ont été référencés dans l’émission télévisée Bones. À partir de la première de la saison 3, « Le fils de la veuve… », l’équipe du Jeffersonian a enquêté sur un tueur en série cannibale qu’ils appellent Gormogon , pour son obsession des sociétés secrètes et son ciblage des Chevaliers de Colomb.
Le film de Georges Combes sort à Paris en décembre 2022, au St André des Arts
Il y a quelques mois, je vous avais fait part de ce film documentaire sur les OVNIS, réalisé par Georges Combe. Quelques années après sa série sur l’alchimie, inspiré par Patrick Burensteinas, et après avoir exploré les profondeurs de la terre dans « Les souterrains du Temps », Georges Combe s’intéresse ici au ciel, dans un film documentaire étonnant.
Comment aborder, dans notre monde tout de même très rationaliste, une problématique aussi étrange que celle des OVNIS ? Justement, en constatant que ces OVNIS dont on ne sait rien, ou pas grand-chose, sont présents dans la plupart des domaines de notre société technico-technologique : transhumanisme, génétique, recherche nucléaire, astrophysique, écologie, conquête spatiale, psychologie, physique de l’information… Et bien sûr au cinéma, où l’on ne compte plus les films qui s’emparent de ces sujets.
J’aime les nuages… les merveilleux nuages ! (Baudelaire)
Que l’on y croit ou pas, les OVNIS font donc, bel et bien, partie de notre imaginaire d’hommes et femmes du 21° siècle. Et c’est justement l’angle d’attaque choisi par Georges Combe : s’ils n’existent pas « in re« , comme disaient les anciens, « en tant que choses« , les OVNIS hantent nos esprits. Ils les hantent peut-être jusqu’à en devenir visibles, palpables. Pour reprendre ici les termes même du réalisateur, ce film est devenu peu à peu une quête et un questionnement : qu’est-ce que la réalité, qu’est-ce que notre réalité ? Comment la percevons-nous ? Et quel est le rôle de la conscience dans cette perception ?
Voici donc un récit qui nous emporte dans une recherche, une recherche appuyée sur des témoignages précis, guidée par la voix d’un narrateur qui, comme nous, va de surprises en surprises, de fausses pistes en véritables interrogations. Il faut entendre certains témoignages comme celui du commandant Greslé, pilote de l’US Air Force qui détaille les mesures à prendre en cas de vision d’un OVNI, de Jean-François Clairvoy, astronaute français sur Discovery, pour lequel la question de la vie extraterrestre est une hypothèse sérieuse, dont on commence à prendre conscience, de David MacDonald, directeur du MUFON, qui archive depuis des années, des témoignages et des preuves, de Jean-Jacques Velasco, ancien président du GEPAN au CNES et, bien entendu, de l’écrivain Marie-Thérèse de Brosses, qui évoque avec autorité le cas de certains « abductés », qu’elle a pu rencontrer.
Le secret derrière la porte…
Il faut bien entendu, au-delà de ces témoignages, se laisser porter par les images magnifiques du film, où derrière chaque nuage sourd une poésie « à fleur d’image » comme on en voit rarement désormais en salle de cinéma : tout vibre et l’idée de présences derrière l’apparence des choses s’impose à qui sait regarder les images. Il faut s’abandonner à la partition musicale de Gilbert Grilli, digne d’un opéra. A ces images du réel s’opposent, ou viennent s’ajouter, des images de synthèse, reconstitution d’évènements réels (l’explosion de la première bombe atomique dans le désert du Nouveau-Mexique) ou reconstitués.
Comme le disait le philosophe : écoute et regarde et pour entendre et voir deviens oreille et oeil ! Voilà ce à quoi nous invite le cinéma de Georges Combe !
Sortie : le 7 décembre 2022 – Cinéma : le Saint-André des Arts, 30 rue St André des Arts, 75006 Paris
Horaire et dates : à 13 heures, du 7 décembre au 19 décembre (sauf le mardi 13), puis les 23, 24, 27 décembre 2022 et le 3 janvier 2023.
Les Voyageurs de la Table Ronde – APHDH, 2022, 524 pages, 64 €
« Le chiffre est mathématiques, le nombre est connaissance » est une citation qu’entend parfois le pratiquant de l’Art Royal ! De quoi y perdre son ORIENTation quand, en mathématique, on écrit des nombres à l’aide de chiffres… Justement ce fort volume fait toute la lumière et accompagne le cherchant vers une meilleure compréhension de cette science dont la racine nous ramène à l’ancien français escience , du latin scientia, « connaissance », lui-même du verbe scire « savoir ».
Le Maçon en recherche de la vérité n’étudie-t-il pas aussi les nombres et sa symbolique ?
C’est pourquoi, mieux que de saisir le sens de toutes les formes mathématiques, cet ouvrage invite à une profonde réflexion conduisant le lecteur de la connaissance à la compétence.
La Tetractys de Pythagore. Elle symbolise le modèle de la création.
Après une introduction de Claudine Fradet de la Fédération française du Droit Humain (DH) insistant sur la constance des nombres dans les rituels du Rite Écossais Ancien et Accepté (REAA), leur diversité et leurs interprétations – l’Ordre Maçonnique Mixte Le Droit Humain travaille du premier au trente-troisième degré et ne pratique que le REAA, deux caractéristiques qui font du DH un Ordre et non une Obédience –, suivie de celle de Marc de Santis, coordonnateur des groupes d’études et de recherche de la Fédération française du Droit Humain, spécifie qu’il semble difficile de pouvoir renoncer aux promesses d’un voyage… Mais quel voyage ? Un voyage au cœur des nombres !
C’est donc être au centre et au beau milieu des nombres. Ensuite, c’est l’avant-propos des Sœurs et des Frères de la Loge « Les voyageurs de la Table Ronde » qui nous éclaire quant à la présente étude sur « Les nombres dans les degrés de l’Écossisme ». Une analyse qui fut stimulante pour les dix chercheurs de la Table Ronde, nom qui ne peut manquer d’évoquer ces chevaliers dotés de qualités morales, telles l’honneur, la fidélité, la bonté, la pureté, siégeant tous égaux et au service de la paix et de la justice. Dix membres, comme les dix Officiers d’une Respectable Loge constituant déjà un dénaire et renvoyant à la Tétraktys, symbole spirituel central de l’école pythagoricienne. Dix, nombre marquant le couronnement dans le système de numération décimale et concluant l’ennéade, formant une nouvelle entité et permettant le retour à l’unité originelle.
Huit chapitres forment la colonne vertébrale de l’imposant ouvrage – 20, 96 cm x 3, 61 cm x 27, 94 cm et pesant 1.88 kg. Une somme à lui tout seul ! La moelle épinière étant l’approfondissement très poussé, mais accessible à tous, du symbolisme.
Le premier chapitre est une « Introduction en voyage au cœur des nombres dans le REAA » et s’attache, en quatre étapes – « Les nombres et l’humanité » ; « L’héritage des nombres dans l’Ordre Maçonnique, entre mythes et réalité » ; « La mise en ordre de l’Ordre Maçonnique par les nombres » ; « Les nombres impairs 3-5- 7- 9 dans le REAA et la langue des nombres : du sphinx à la parole » – à mettre à plat toutes les idées reçues. Et de rendre plus clair ce qui pourrait sembler obscur au regard de l’initié.
Bien évidemment, le mathématicien, astronome, savant et philosophe Pythagore (c. 580 av. J.-C., c. 495 av. J.-C.), un des premiers à affirmer que la terre est sphérique, fait l’objet d’un très pédagogique passage explicatif quant à sa Gnose.
Le deuxième chapitre retiendra toute l’attention du lecteur car traitant des « Voyages au cœur des nombres dans les pas » ou la marche maçonnique différente selon les degrés – 20 des 33 degrés comportent des marches – tout en nous expliquant quel sens donner à l’absence de la marche dans les 12 (ou 13) autres. Cette manière spéciale de marcher (entrée en Loge, façon de se déplacer, etc.) est comprise de façon dynamique. Bien au-delà des illustrations choisies, nous retenons l’emploi de tableaux, tel celui récapitulant le nombre de pas dans les marches des 33 degrés du rite.
Une exploration au sein des Respectables Loges symboliques (du 1er grade au 3e), puis des Respectables Loges de Perfection
Tablier de Maître Secret
(du 4e-Maître Secret au 14e-Grand Élu Parfait et Sublime Maçon), des Souverains Chapitres (du 15e-Chevalier d’Orient et d’Épée au 18e-Chevalier Rose-Croix), des Sublimes Aréopages (du 19e-Grand pontife ou Sublime Écossais de la Jérusalem Céleste au 30e-Chevalier Kadosh), et
Tablier Chevalier Rose-Croix, milieu XIXe siècle
enfin des Grades Blancs (du 31e-Grand Inspecteur Inquisiteur Commandeur au 33e-Souverain Grand Inspecteur Général). Certains passages s’apparentant à ceux d’un véritable tuileur, comme un aide-mémoire ou un manuel destiné aux Sœurs et aux Frères qui, par grades, donne l’essentiel sous forme compendium.
Tablier de Chevalier Kadosh
Tous les aspects des nombres (impairs/pairs) sont abordés dans les pratiques du cérémonial maçonnique : les âges – l’homme est adulte dans la vie profane mais, reçu Maçon, il devient enfant de trois, cinq ou sept ans –, les batteries – origine ésotérique , vertus « énergétiques » – les lumières avec leur analyse à travers les degrés, et flambeaux, les heures d’ouverture et de fermeture des travaux, le temps maçonnique – de midi à minuit. Il n’est pas de sujet qui n’y trouve sa réponse, comme dans un catéchisme.
Le dernier chapitre, un « Guide bibliographique » s’appuie sur des manuscrits, rituels et autres Tuileurs, détaillant le contenu des Delaulnaye, De Grasse Tilly, Vuillaume (1766-1833) sans doute le plus connu, Lausanne et du Droit Humain.
Flamme
Bien sûr, en plus du contenu, la qualité du papier et la clarté de la police de caractère font de cet ouvrage un indispensable ! Pour tout connaître de la symbolique des nombres, mais aussi de leurs pouvoirs… et de la symbolique maçonnique. De la belle ouvrage de la part des Sœurs et Frères du Droit Humain !
A l’initiative de la commission Ethique de la Fédération française du #DROIT HUMAIN, Serge HEFEZ (psychiatre, psychanalyste) animera une conférence publique le 16 janvier 2023 à 18h sur le thème « Transitions – quand des êtres humains réinventent le genre« .
Lieu : Maison Maria Deraismes 9 rue Pinel 75013 PARIS
Entrée libre avec inscription recommandée (nombre de places limité) via accueil@apfdh.org
De notre confrère de AuFéminin – Par Maude Sebaihi
Le pendule est un objet mystérieux utilisé pour répondre à des interrogations. Comment le choisir ? Où l’acheter ? Comment utiliser un pendule et l’interpréter ? Andréa Louis, autrice de Initiation à l’art du pendule nous répond.
Le pendule est souvent vu dans les films, les séries ou même dans les magazines. Mais qu’est ce que c’est ? « Le pendule est un objet, un outil capable d’osciller. Il est constitué d’une masse de forme sphérique, pointue ou oblongue d’un certain poids, fabriqué en différents matériaux », explique Andrea Louis. Il n’est pas à confondre avec la pendule, sorte d’horloge murale que vous accrochez au mur en guise de décoration.
« Le pendule peut osciller lorsqu’il est tenu en suspension en l’air grâce à un fil, une chaînette (en argent, en laiton, en métal) ou au lacet de cuir qui lui est attaché, lorsqu’on le tient en main. » Cet objet ésotérique est en mouvement et a plusieurs usages. En ésotérisme, il sert à notamment à :
Localiser des personnes, sources, objets ou animaux
Répondre à des questions
Faire des soins énergétiques
Où acheter un pendule ?
Le pendule ne peut pas être trouvé partout « on peut se fournir en boutique d’ésotérisme, ou encore chez un artisan lapidaire (qui taille les cristaux) ou tourneur sur bois (pour un pendule en bois) », explique l’experte. En effet, dans les boutiques, certains pendules sont en bois tandis que d’autres sont en pierre ou en pierre précieuse comme du quartz rose, en améthyste ou en cristal par exemple. Le pendule peut aussi être en roche naturelle. Vous pouvez aussi vous le procurer sur Amazon si vous n’avez pas de boutique près de chez vous : de nombreux modèles sont vendus. Néanmoins, vous ne pouvez pas les toucher ni les essayer donc vous prenez le risque qu’ils ne conviennent pas.
Vous pouvez trouver des pendules à tous les prix selon les matériaux utilisés. Si vous avez une pierre précieuse ou semi précieuse comme du quartz rose ou de l’améthyste, alors il sera plus cher. Vous pouvez en trouver à partir d’un prix dérisoire : 5 euros.
Est-ce que le pendule est fiable ?
« Le pendule est un formidable outil de développement personnel et spirituel, voire divinatoire, en prenant vos précautions quant au poids que vous donnerez à ses réponses. » Néanmoins, il faut procéder avec précaution. « Si ses réponses peuvent occasionner de gros changements dans votre vie, voyez d’abord si cela résonne en vous. Vous pouvez aussi vous aider de la cartomancie pour confirmer ou affiner vos réponses. N’hésitez en tout cas jamais à confirmer vos réponses, si nécessaire à différents moments sur une certaine durée ! », conseille Andréa Louis.
Qui peut utiliser le pendule ?
Tout le monde peut l’utiliser à condition de respecter les règles d’utilisation que l’experte nous indique :
Etre objectif et impartial
Soigner son environnement : un lieu calme, sai
Veiller à son état physique et émotionnel
Etre ancré
Donner son intention
Etablir une protection
Demander l’autorisation
Programmer son pendule
Etablir les conventions
Poser correctement sa question
Comment le préparer à une séance ? Comment se déroule la séance de pendule?
Une séance de pendule ne se fait pas sur un coup de tête. Il faut réaliser quelques actions : « Avant la première utilisation avec le pendule, il faut établir les conventions entre vous et lui. Cela ne sera pas à réitérer les fois suivantes puisque les conventions seront considérées comme acquises », précise Andréa Louis. « Cependant, vous pourrez toujours reconfirmer les conventions ultérieurement si vous en ressentez le besoin. Si la réponse n’est pas claire, si vous avez besoin de confirmer la réponse, etc. »
Pour pouvoir interroger le pendule et savoir en interpréter les réponses, il faut d’abord le programmer« en établissant les conventions mentales oui/non/peut-être qui seront propres à chacun et qui ne changeront jamais. » Il faut aussi être correctement positionné et tenir le pendule de façon adéquate. Enfin, il faut également poser la question judicieusement : cela doit être une question fermée c’est-à-dire avec réponse par oui ou non et non ouverte, avec une demande à la fois.
Comment choisir son pendule ?
Le choix d’un pendule n’est pas anodin. Andréa Louis livre des conseils pour bien choisir son pendule :
Suivre son intuition
L’essayer pour confirmer
Veiller à son poids : entre 10 et 25 g
Veiller à son équilibrage
Choisir le matériau en fonction de l’usage que l’on souhaite en faire : métallique, en pierre, en bois…
Comment ne pas influencer son pendule ?
Vous devez rester neutre pour accueillir les réponses de façon objective, sans les influencer ni mentalement ni par des mouvements de votre corps. « Vous devez vous efforcer de rester impartial à tout moment de la séance. Cette neutralité vous demandera de l’entraînement pour rester concentré », indique l’experte. Néanmoins, au fur et à mesure des séances, vous pourrez y arriver de mieux en mieux. Ce n’est pas tout de suite un exercice facile.
Quel type de questions poser à son pendule ? Y a-t-il des questions interdites ?
Utiliser son pendule est tout un art. C’est un exercice qui requiert certaines règles. « Vous devez d’abord demander l’autorisation de poser la question », précise Andréa Louis.
Si vous n’utilisez pas de planche de radiesthésie, votre question doit amener une réponse par oui ou non.« Elle peut commencer par « Est-ce que… » et non pas par « Qui » « Quoi » ou « Quand », par exemple. »
Si vous utilisez une planche de radiesthésie, la question sera à formuler en fonction de la planche utilisée. « Par exemple, l’échelle de Bovis. »
Posez une question dont vous ne connaissez pas la réponse de manière évidente, sauf lors de l’établissement des conventions ou de votre entraînement à l’utilisation du pendule. « Le pendule est là pour vous confirmer votre ressenti, vous rassurer, pour amener la réponse de l’inconscient vers le conscient. »
« De façon évidente, ne posez pas de questions qui impliquent trop de changements dans votre vie, comme “est-ce que je dois sauter d’un pont?”. Restez plutôt sur des questions d’ordre émotionnel ou spirituel dans un premier temps. »
Pourquoi le pendule ne répond pas à la question posée ?
Dans certaines conditions, il se peut que le pendule ne donne pas de réponse. « Il reste immobile ou balance de façon anarchique, ne correspondant à aucune convention mise en place au départ ». Cela peut être expliqué par les points suivants :
Il est trop tôt pour que vous puissiez connaitre la réponse, vous l’aurez plus tard
Vous n’avez pas à connaitre la réponse à la question
Vous avez mal posé votre question
Lorsque vous posez une question sur l’avenir, il est possible que vous n’obteniez pas de réponse, ou une réponse qui n’est pas claire. « Le pendule, de façon similaire aux cartes de tarot ou aux oracles, va vous donner une orientation possible, une des options parmi l’infinité des futurs possibles qui s’offrent potentiellement à vous. La réponse n’est en aucune façon immuable et définitive, car votre futur dépend de votre libre arbitre, de la direction que vous allez choisir, du chemin que vous allez décider d’emprunter. »
Comment interpréter le pendule ?
L’interprétation du pendule se fait en fonction des conventions établies ou de la planche de radiesthésie utilisée. « Notons que le choix de suivre les réponses du pendule ne dépend que de vous. Vous seul ferez le choix, avec votre libre arbitre et en votre âme et conscience », conclut Andréa Louis.
Les couleurs visibles à l’œil, ou représentées en esprit, peuvent avoir un effet sur le spirituel, quoique les couleurs elles-mêmes soient physiques. Noir, rouge et blanc, retenues en Franc-maçonnerie dans les trois premiers degrés, sont l’exemple même d’une attention portée à la coloration comme faisant sens. Déjà les initiés du culte de Mithra se vêtaient de couleurs différentes pour indiquer leur degré d’initiation
En Franc-maçonnerie, on aurait tendance à ne retenir que le noir et le blanc.
Bien sûr le pavé mosaïque en est le symbole le plus visible. Cette apparente opposition apparaît également avec la houppe dentelée, souvent symbolisée par une bordure de petits triangles alternativement noir et blanc qui entourent le tapis de Loge. On peut interpréter cette juxtaposition à la fois comme l’opposition entre lumière et ténèbres et comme leur réintégration dans l’unité de leur alternance, comme la dyade métaphysique du yin et du yang (voir l’article Ladyboy ou l’androgynie ?).
La vêture en noir et blanc, que certaines Loges exigent, correspondrait davantage à une tenue correcte, obéissant à des impératifs d’humilité et de respect que l’on doit à soi-même et surtout aux autres. « Les Maçons ne doivent jamais se présenter en loge que vêtus convenablement, et s’y comporter avec la plus rigoureuse décence[1]. » Ainsi, certains ateliers choisissent une tenue sombre qui est un bon moyen pour se confondre dans l’égalité. Le dress code relève plus d’une pratique d’obédience – voire d’atelier – que de rituel mais, toujours, révèle leur identité collective en tant qu’êtres de la Loge..
Les couleurs de Yakin et de Bo’az, le rouge et le blanc, participent également du principe spirituel de dualité.
Les deux colonnes de bronze sont, dans nos temples, coloriées. Par tradition, Jakin, mâle en rouge et Bo’az, féminine, en blanc (ou inversement selon le Rite), bien que le texte biblique soit précis sur ce point : il n’y a pas d’autre couleur que celle du métal coulé !
Alors d’où viendrait ce choix ?
Le temple maçonnique aurait-il retenu pour ses colonnes les couleurs de leur correspondance avec les piliers de l’Arbre des séphiroth, le rouge et le blanc ?
Sur l’arbre des séphiroth, Jakin est le symbole de la sagesse (Hokhmah), la seconde séphira, et Boaz, celui de l’intelligence (Binah). Le Zohar assigne une couleur spécifique à chacune des Séphiroth : le blanc à Hokhmah ; le rouge à Binah[2] ; le vert à Tiphereth et le noir à Malkhuth. Ce système de couleur est mis en parallèle avec celui des 4 Mondes qui se voient également attribués une couleur ; en particulier, le monde d’Atziluth est associé au blanc, le monde de Briah au rouge ; toutefois, ces attributions varient selon les kabbalistes et les systèmes. Traitant du « Grand Visage » et du « Petit Visage », les symboles du Macrocosme et du Microcosme, le Zohar parle du Feu Blanc caché irradiant de ceux-ci, nuit et jour, et qui cependant n’est jamais vu. L’organisme ardent de la Thora qui brûlait en feu noir sur feu blanc devant D. est à comprendre ainsi : le feu blanc est la Thora dans laquelle la forme des lettres n’est pas encore visible, mais qui ne reçoit cette forme des consonnes ou des points-voyelles que grâce à la puissance du feu noir, qui est la Thora écrite.
Comme leur nom dans l’Arbre des séphiroth, dans certains rituels anglo-saxons, on retrouve les colonnes sous les noms de mishpat (la Loi, celle des tables éponymes) et de tsédeq (la Justice, l’équité en son application). Les deux colonnes B\ et J\ sont, avant tout, le rappel de deux des trois fonctions cosmologiques : royale (mishpat) et sacerdotale (tsedeq), la troisième étant la prophétique (shalom) ; royale pour Boaz (aïeul de David et de Salomon), sacerdotale pour Jakin (prêtre assistant lors de la consécration du Temple). Connaissant les deux colonnes, le cadre juridique et normatif est ainsi largement dépassé par le compagnon au profit de notions plus englobantes, faisant intervenir la dimension éthique. En ces sens, Jakin et Bo’az pourraient naturellement être entendues comme rigueur et miséricorde, Le jugement rouge et la miséricorde blanche, car le blanc et l’argent sont les couleurs traditionnellement associées à la gentillesse, le rouge et l’or associés au jugement.
Une remarque : en alchimie Yakin, parce que c’est l’énergie créatrice masculine, la force expansive qui part du centre de tout être, le souffre qui représente le Coagula, le Fixe, c’est-à-dire l’état condensé et corpusculaire de la matière, sa couleur est le rouge. Cependant, Bo’az, quant à elle, c’est la réceptivité féminine, c’est l’énergie qui venant de l’extérieur pénètre toute chose : c’est le mercure, la « mère cure », le Solve, le Volatil, c’est-à-dire l’aspect vibratoire et ondulatoire de la matière, sa couleur est le bleu.
Les couleurs des décors (tabliers et cordons)
Le blanc s’impose d’abord pour le tablier
RÉR, Le Vénérable revêt l’Apprenti du tablier de peau blanche, en lui disant : sa blancheur vous indique la pureté qui est le but de nos travaux, et que nous cherchons à recouvrer ; l’on ne peut y parvenir que par la droiture du cœur et l’innocence des mœurs, ne paraissez donc jamais en Loge sans être décoré de ce tablier blanc.
On retrouve ce thème dans le catéchisme de la divulgation Le sceau rompu : «La lumière est le premier vêtement de l’âme, l’habit qu’on vous a donné n’en est que la figure et sa blancheur en désigne la pureté.»
La Grande Loge du Massachusetts a adopté une loi qui impose que « le tablier d’un Maître maçon sera une simple peau d’agneau blanc, de quatorze pouces de large par douze pouces de profondeur »[3].
Le 27 juin 1726, la Grande Loge d’Angleterre avait ordonné que les maîtres de Loge et les surveillants porteraient les bijoux de la maçonnerie pendus à un ruban blanc passé autour du cou : les maîtres l’équerre, les surveillants le niveau et le fil à plomb. Le 17 mars 1731 ces bijoux devaient être en or ou dorés et le ruban bleu. Cette décision ne fut pas toujours respectée, en 1739 la Loge Antiquity conservait le «cordon vert selon les anciennes coutumes». Pour d’autres il était jaune, et le tablier blanc mais bordé de rouge. Le compas-bijou est signalé dans le Dunfries en 1710 et le frontispice des Constitutions d’Anderson 1723 montrent le Duc de Montagu, Grand Maître de la Grande Loge le passant au Duc de Wharton, son successeur. La couleur des pointes en cuivre du compas et celle du corps en acier détermineront que désormais le collier sera jaune et bleu, ce que le Trahi de 1745 confirme également. Il deviendra bleu par la suite et celui du maître des banquets continuera d’être rouge ainsi que son tablier.
La première vêture maçonnique spéculative est blanche, rubans compris. La couleur bleu ne vint qu’en 1731, soit une quinzaine d’années plus tard à une époque où la maçonnerie anglaise était à son apogée. Les Constitutions de la Grande Loge Unie d’Angleterre de 1815 définissent le format du tablier : pour l’apprenti une peau d’agneau de 35,6cm à 40,6cm de large pour 30,5cm à 35,6cm de haut, coupée à l’équerre et sans aucun ornement. Deux lanières blanches servant d’attaches se lient par un crochet en forme de serpent.
Dans la maçonnerie américaine, Albert G. Mackey dans son Encyclopaedia , au mot « apron », précise que le tablier est le même pour les trois degrés de la maçonnerie bleue, il est fait de peau d’agneau et porte une étroite bordure de ruban bleu. En peau d’agneau, il indiquerait que celui qui le porte est la brebis égarée qui appelle le berger et doit devenir l’agneau de Dieu.
Puis la couleur apporte une distinction honorifique
À l’origine, simple pièce de peau d’agneau blanche bordée, pour les dignitaires, d’un galon de couleur, le tablier s’est progressivement enrichi, aux XVIIIe et XIXe siècles, de symboles peints ou brodés de fils d’or ou d’argent. L’évolution a également porté sur sa forme (rectangulaire, arrondie ou en écusson), ainsi que sur la matière employée (peau, soie, satin, tissu ou même papier).
Pour le compagnon des rites anglo-saxons, le même format que celui des Constitutions de la Grande Loge Unie d’Angleterre de 1815 avec 2 rosettes à fond bleu ciel, 2 lanières blanches terminées par des houppes d’argent. Pour le maitre, toujours le même format que précédemment (ce format est important !) mais avec une doublure bleu ciel, une bordure de 3,8cm de la même couleur et 1 rosette supplémentaire sur une bavette ou un rabat. La couleur bleue ciel des bords du tablier et des rosettes du tablier est le bleu Cambridge. Il est étroitement lié à la couleur du voile de la vierge Marie, lui-même dérivé de la couleur du bleu de la déesse Isis. Ce bleu est la couleur de la bienveillance universelle qui doit rappeler au franc-maçon cette vertu car, comme l’écrivait Albert C. Mackey dans son Encyclopédie de 1884 : «comme c’est la couleur de la voûte du ciel qui embrasse et couvre le monde entier, le bleu rappelle donc que, dans la poitrine de chaque frère, ces vertus devraient être tout aussi étendues» (au mot « blue », à la page 299/2132).
Puisant dans le corpus maçonnique, les artisans et les brodeurs ont utilisé des éléments historiques, sociaux ou symboliques, différents selon les époques et les pays. En France, la fin du XVIIIe siècle voit le recours à la symbolique du Temple, le Directoire à celui de la vogue de l’égyptomanie (sphinx, pyramides,…), l’Empire à celui de l’apparition des abeilles ou de la ruche et la suite du XIXe à celui de la thématique de l’équerre et du compas. Dans les pays anglo-saxons, d’autres symboles ont été utilisés telles l’ancre, l’Arche, les vertus théologales (à partir de l’image 65)
Par ailleurs, la couleur du galon de bordure a changé au fur et à mesure de la création des rites maçonniques : d’un certain bleu pour le Rite Émulation (couleur de l’Ordre de la Jarretière) ; au Rite de Salomon, il est bleu profond ; bleu clair pour le Rite Français et Écossais Rectifié (couleur de l’Ordre du Saint-Esprit) ; rouge pour le Rite Écossais Ancien et Accepté qui, à partir de 1803, préfère la couleur de la Légion d’honneur à celui de l’Ordre du Saint-Esprit.
Le rouge couleur de feu pour ce rite est adopté par le décret du 15 décembre 1808, mais il ne fera son apparition dans les rituels qu’après la reprise en main des degrés symboliques par le Suprême Conseil de France en 1821.
Au xxe siècle, une harmonisation du tablier s’est imposée, avec des décors uniques, dont les seules variations portent sur la couleur du galon qui entoure le tablier, selon le rite, le degré (Apprenti, Compagnon, Maître), ou la fonction du frère qui le porte : Vénérable Maître, Grand Officier provincial ou national… Au grade de Maître, le tablier – en peau ou en satin – est bordé de bleu au Rite Émulation, au Rite Français, Rite Écossais Rectifié ; il est bordé de rouge au Rite Écossais Ancien et Accepté (celui de la Légion d’honneur) et de vert dans la Franc-Maçonnerie du bois.
Au RER, la bordure et la doublure des tabliers de Maître sont bleu pâle, les glands d’argent, montrant que le bleu du ciel commence à apparaître dans la blancheur, que l’innocence cède le pas à la connaissance et que l’obtention de degrés est marquée par plus de couleur et plus de beauté.
D’autres rites indiquent que la bordure doit être rouge, de même que les rosettes. Le tablier standard – tel qu’il a été défini en accord avec les autorités de la GLNF – est orné uniquement du tartan Royal Stuart[4].
Selon Roger Dachez, d’abord le bleu du Grand Maître est le bleu de l’ordre de la Jarretière, mais c’est alors un bleu clair, puis il devient un bleu foncé quand l’Ordre de la Jarretière est modifié par le roi Hanovrien en 1740… et alors l’ancien bleu de la Jarretière – celui qui est clair – devient le bleu des loges symboliques. Pourtant les premiers textes maçonniques indiquent : «je vous décore de l’insigne du maçon, plus ancien et plus honorable que les Chevaliers de la jarretière» (Rituel Simon et Philippe)
Le blanc des gants
Dans le Rituel du marquis de Gages(p.56/72), on instruit le maître : «Je vous donne ces gants qui par leur blancheur dénotent la candeur des maîtres et que vous n’êtes du nombre de ceux qui ont trempé les mains dans le sang de l’innocent.» L’examen des gants et du tablier viendra renforcer cette idée de suspicion, de trahison des engagements et même de meurtre. C’est en souvenir de cela que les maçons portent des gants blancs malgré leur chagrin, afin de proclamer qu’ils sont innocents de la mort du Maître Hiram.
Les gants blancs lissent l’identité commune des francs-maçons. Mettre des gants blancs, c’est glisser sa main dans un athanor qui alchimise l’homme en être fraternel et fait de lui un être de la Loge. Parce que ganté de blanc, le Franc-maçon n’est ni pouvoir ni violence mais fraternité; parce qu’il n’est pas fusion mais relation ; il se dégage d’une assemblée de francs-maçons une impression d’apaisement, de sérénité et d’unité.
Mon article du 27 décembre évoquera davantage le thème des gants portés ou pas en Franc-maçonnerie.
Les couleurs des étoiles
Si le blanc est d’usage le plus courant pour les bougies, il est à remarquer que des bougies de couleurs sont également utilisées. Par exemple au Rite Français Philosophique. Le Jaune, le Rouge et le Bleu sont représentées par les trois bougies disposées rituellement sur le chandelier du Vénérable Maître. La bougie jaune au Nord‐Est ; la rouge, au Sud‐Ouest ; la bleue, au Sud‐Est. Elles correspondent symboliquement aux trois moments qui marquaient la journée d’ouvrage du Maçon opératif d’autrefois ; le jaune au levant, le rouge au couchant et le bleu pour l’entière journée d’ouvrage comprise entre le levant et le couchant (se reporter à l’article Que les lumières soient en loge).
Les couleurs des chambres
Ces couleurs sont à apprécier au regard des consignes pour le décor des tenues surtout dans les Hauts Grades. Sans aborder ici leurs détails, on se reportera, par exemple, aux illustrations de l’ouvrage Manuscrit Complet des 33 D.rs du Rit Ecc∴ Ancet∴ Acté∴, écrit anonyme, non daté, certainement du début de la IIIe République.
Les couleurs dans le catéchisme du Rite forestier des charbonniers
En 1803, le Recueil précieux de la Charbonnerie des premiers tems … (p. 32) évoque les couleurs des rubans des bons cousins. «Qu’est-ce que l’habillement qu’on vous a donné ? Réponse – Il est commun à tous les fr. B. C. [frères bons cousins] ; c’est la livrée de l’Ordre qui est composée de trois rubans, longs chacun de trois piés neuf pouces (à peu près une aune). Les couleurs particulières les distinguent : l’un est bleu de ciel [on trouve aussi blanc dans les sources du Rite], l’autre pouceau ou rouge couleur de feu et le troisième noir («le bleu du ciel désigne la fumée d’un fourneau à charbon. Il est le symbole du brouillard épais qui m’a caché les mystères de notre Ordre jusqu’au moment de la réception. Le rouge pouceau désigne le feu du fourneau; il est le symbole du désir ardent que j’avais de me faire recevoir dans la société des francs Charb. Le noir désigne le charbon. Il est le symbole des ténèbres où j’étais sur tout ce qui concerne la Charbonnerie avant d’être admis dans l’Ordre).» Dans le Catéchisme des bons cousins charbonniers de Naples, on trouve une autre explication : Q – De quelles couleurs sont ces rubans ? R – Bleu, Rouge et Noir. Q – Que signifie le bleu ? R – Le feu du Fourneau. Q – Que signifie le rouge ? R – La flamme du fourneau. Q – Que signifie le Noir ? R – Le charbon du fourneau. Q – Quelle est la signification mystique de chacune de ces couleurs ? R – Le bleu signifie l’Espérance, le Rouge la Charité et le noir la Foi.
On appelle Maçonnerie Bleue la Franc-maçonnerie des trois premiers grades.
On dit aussi les Loges Bleues ou les Loges Symboliques. Les anglo-saxons utilisent surtout les expressions «Craft degrees» et «Craft lodges», c’est-à-dire «les loges et les grades du métier», les Américains ont souvent adopté l’expression «Blue Lodges». L’expression «Maçonnerie bleue» reste essentiellement française.
L’écosse, dont la couleur nationale est le bleu, aurait-elle inspiré l’expression «loge bleue», d’autant qu’elle serait à l’origine de la Franc-maçonnerie spéculative ?
Roger Dachez fait observer que les deux nuances de bleu utilisées sont celles des couleurs emblématiques des deux Universités les plus prestigieuses du pays : l’Oxford-blue – qui est foncé – et le Cambridge-blue – qui est clair. Il est certain que vers 1730-1750, il y avait dans les loges anglaises une foule d’universitaires et de savants de renom, tous issus des ce deux Vénérables institutions et très attachés à leurs traditions. Il n’exclut pas l’hypothèse que dans l’Exode 28,31 on décrit le vêtement du Grand Prêtre du Temple de Jérusalem, la robe de l’éphod, qui est «tout entière de bleu profond». Il n’est pas exclu que l’on ait voulu, avec le bleu comparable des décors maçonniques, évoquer la vocation sacerdotale de la maçonnerie.
Outre dans les trois degrés de l’ancienne Maçonnerie, cette teinture se trouve aussi à plusieurs autres degrés, notamment au Rite écossais où il porte divers symboles : les significations, cependant, sont toutes plus ou moins liées à un caractère original, évoquant amitié universelle et bienveillance.
Pour indication, au REAA, les degrés de 4 à 18 sont dits rouges, de 19 à 30 noirs et de 31 à 33 blancs.
Quelques mots sur les Couleurs compagnonniques.
Les couleurs sont avec la canne les emblèmes du compagnonnage. Ces couleurs ne sont pas dans le sens commun des couleurs, ce sont des rubans aux formes, tailles et couleurs particulières où sont frappés rite, métier, grade et fonction du compagnon ; elles varient selon les sociétés compagnonniques. Elles sont portées chaque jour sur le chantier par le nouveau reçu durant trois mois, puis encore trois autres mois les dimanches et fêtes.
Aujourd’hui, chaque type de métier correspond à une couleur et il y en a cinq. Rouge métiers des métaux, bleu pour les métiers du bois. Et blanc métiers de la Pierre. Elles ont été portées au chapeau, au cou, aux boutonnières, à la ceinture. Chez les anciens dans la corporation du Devoir (Enfants de Maître Jacques) on portait de 3 à 7 couleurs : blanche, bleue, rouge, verte, noire, jaune-orange, violette. Le port des Couleurs et la longueur de la canne du compagnon donnent lieu à d’incessantes contestations provoquant de nombreuses rixes. Ainsi, les forgerons avaient reçu les charrons mais à la condition qu’ils portassent les couleurs à une boutonnière plus basse ; les charrons avaient accepté mais n’avaient pas tenu promesse, portant les couleurs aussi haut que les forgerons. Il en a été de même pour les tanneurs qui voulurent arborer leurs couleurs au chapeau comme les charpentiers… Ceci suffisait à provoquer inimitiés et querelles interminables.
Il y a des couleurs de ville, de corporation, de deuil. «Que l’on m’apporte à l’instant mes couleurs. Je veux les voir avant de rendre l’âme. Chers Compagnons placez les sur mon cœur afin qu’elles me servent d’oriflamme», (E. Colomb). L’écharpe, c’est-à-dire de la «couleur» en velours que l’Aspirant reçoit lors de son «adoption» est ensuite, à la seule Association ouvrière des Compagnons du Devoir, frappée à chaud de symboles complémentaires.
Dans son livre le Compagnonnage, son histoire, ses coutumes, ses règlements et ses rites (p.260 : <archive.org/details/lecompagnonnages00martuoft/page/260/ >), Martin Saint-Léon explique les cinq couleurs associées au Maître Jacques, le chef des compagnons Tailleurs de pierre : «Que signifie la blanche ? – Les larmes que Maître Jacques a versées pour nous. – Que signifie la rouge ? – Le sang qu’il a versé pour nous. – Que signifie la bleu ? – Les coups qu’il a reçus pour nous. – Que signifie la jaune ? – La Persévérance. Que signifie la verte ? L’Espérance.»
[2] Sur le symbolisme de la couleur, nous retenons : Le blanc est la substance de Hokhmah, qui est Miséricorde. Par contre, au sujet de Binah, sa substance est rouge qui est Rigueur.
En fait, les couleurs retenues pour les séphiroth sont : Kether (Couronne) – blanc invisible ; Hokhmah (Sagesse) – une couleur qui inclut toutes couleurs; Binah (Compréhension) – jaune et vert; Hessed (Bonté) – blanc et argent ; Guebourah (Force) – rouge et or ; Tifereth (Beauté) – jaune et violette ; Netzach (Victoire) – rose clair; Hod (Splendeur) – rose sombre; Yessod (Fondation) – orange ; Malkhut (Royaume) – Bleu.
L’évêque du diocèse de Konongo-Mampong de l’Église catholique au Ghana, Mgr Joseph Osei-Bonsu, a réprimandé le député d’Efutu, Alexander Kwamena Afenyo-Markin, pour avoir déclaré que les catholiques sont libres de rejoindre la franc-maçonnerie.
Alexander Afenyo Markin, qui a révélé qu’il est membre de la société fraternelle, les francs-maçons, a déclaré que les enseignements et les valeurs de l’organisation n’entrent pas en conflit avec ses principes et son éducation catholiques.
S’adressant à Bola Ray sur Starr Chat, le législateur a déclaré que la franc-maçonnerie enseigne à ses adeptes Dieu et les principes de la vie.
« Je suis maçon et je n’ai pas été sanctionné par l’Église catholique. La franc-maçonnerie est une société fraternelle qui croit en Dieu Tout-Puissant et suit certains principes qui guident la vie d’un homme, et cela ne va pas à l’encontre de mes croyances en tant que catholique. Le président Kufuor est un maçon et un catholique »
a-t-il déclaré.
Réagissant à cela dans un article du Catholic Standard, Mgr Joseph Osei-Bonsu, a déclaré que les opinions du député sur l’Église catholique et les francs-maçons sont malheureuses.
Selon l’évêque, l’enseignement de l’Église catholique désapprouve la franc-maçonnerie depuis la création de la société fraternelle en 1717.
« Ces derniers temps, le député d’Efutu dans la région centrale, l’hon. Alexander Afenyo-Markin, dans une interview à la radio en direct, a déclaré qu’il est un fier membre de la Loge, et que son église, l’Église catholique, ne désapprouve pas que ses membres rejoignent la Fraternité. »
« Il est regrettable que l’Honorable Parlementaire ne connaisse pas l’enseignement de son Église à ce sujet. Contrairement à ce que croit l’honorable Alexander Afenyo Markin, la franc-maçonnerie n’est pas approuvée par l’Église catholique. En effet, il est interdit aux catholiques de devenir francs-maçons. »
« L’Église catholique s’est opposée à la Loge presque depuis la naissance de la franc-maçonnerie moderne en 1717. Depuis la fondation de la Grande Loge d’Angleterre, onze papes ont explicitement condamné la franc-maçonnerie ou les principes maçonniques », lit-on dans l’article des évêques. »
Lisez l’article ci-dessous :
EXTRAITS DE PEUT-ON UN CATHOLIQUE ÊTRE FRANC-MAÇON PAR MOST REV. JOSEPH OSEI-BONSU ÉVÊQUE DE KONONGO-MAMPONG
INTRODUCTION Beaucoup de gens considèrent la franc-maçonnerie comme une organisation bienveillante et caritative, quelque peu similaire au Rotary et aux Lions Clubs, aux Chevaliers de Marshall, aux Chevaliers de Saint-Jean International ou aux Chevaliers de Colomb. C’est sans doute pour cette raison que certains catholiques rejoignent cette fraternité.
Ces derniers temps, le député d’Effutu dans la région centrale, l’hon. Alexander Afenyo-Markin, lors d’une interview à la radio en direct, a déclaré qu’il est un fier membre de la Loge, et que son église, l’Église catholique, ne désapprouve pas que ses membres rejoignent la Fraternité. Il a ajouté : « Je suis maçon et je n’ai pas été sanctionné par l’Église catholique. La franc-maçonnerie est une société fraternelle qui croit en Dieu Tout-Puissant et suit certains principes qui guident la vie d’un homme et cela ne va pas à l’encontre de mes croyances en tant que catholique » (https://newsghana.com.gh/is-afenyo-markin-a -vrai-catholique/)
Il est regrettable que l’Honorable Parlementaire ne connaisse pas l’enseignement de son Église à ce sujet. Contrairement à ce que croit l’honorable Alexander Afenyo Markin, la franc-maçonnerie n’est pas approuvée par l’Église catholique. En effet, il est interdit aux catholiques de devenir francs-maçons.
LA FRANC-MAÇONNERIE ET L’ÉGLISE CATHOLIQUE L’ Église catholique s’est toujours opposée à la franc-maçonnerie dès sa naissance en 1717. Depuis la fondation de la Grande Loge d’Angleterre, onze papes ont explicitement condamné la franc-maçonnerie ou les principes maçonniques. Ces papes sont : le pape Clément XII (28 avril 1738) ; le pape Benoît XIV (18 mai 1751) ; Pie VII (13 septembre 1821) ; le pape Léon XII (13 mars 1825) ; le pape Pie VIII (24 mai 1829) ; Pape Grégoire XVI (15 août 1832); Pie IX (entre 1846 et 1873) ; Léon XIII (15 février 1882 ; 20 avril 1884 ; 1887 ; 15 octobre 1890 ; 18 décembre 1892 ; 20 juin 1894) ; le pape Pie IX (1907) ; Pape Pie X (1907); Pape Pie XI (1924).
Une condamnation récente de la franc-maçonnerie est contenue dans la « Déclaration sur les associations maçonniques » publiée par la Congrégation pour la doctrine de la foi le 26 novembre 1983, déclarant que les principes maçonniques sont inconciliables avec la doctrine de l’Église et que l’appartenance catholique à la franc-maçonnerie reste interdite. .
La position de l’Église est que la franc-maçonnerie est une religion à part entière avec ses propres doctrines, qui ne sont pas compatibles avec les croyances chrétiennes. Pour cette raison, on ne peut pas être à la fois chrétien et franc-maçon. Ce qu’il enseigne sur ce qui suit est inconciliable avec les croyances chrétiennes, c’est-à-dire Dieu, le Christ, la négation du rôle de la grâce et du Christ dans le salut, la morale, son attitude envers la Bible, l’eschatologie, les serments maçonniques , la notion de renaissance et de lumière. Pour cette raison, on ne peut pas être à la fois catholique et franc-maçon, de même qu’on ne peut pas être catholique et être musulman, hindou, shintoïste ou pratiquant de religion traditionnelle africaine. Il faudra faire un choix entre catholicisme et franc-maçonnerie.
CONCLUSION Permettez-moi de conclure en attirant l’attention sur la DÉCLARATION DE LA CONFÉRENCE DES ÉVÊQUES CATHOLIQUES DU GHANA SUR LES SANCTIONS POUR LES CATHOLIQUES QUI REJOIGNENT DES ASSOCIATIONS MAÇONNIQUES, publiée le 7 mai 2009. Entre autres, il est dit :
1) Tout catholique qui est membre d’une association maçonnique et participe à ses programmes, ou promeut ses opinions, ou occupe une fonction dans celle-ci, et refuse de renoncer à cette adhésion malgré au moins un avertissement (cf. Canon 1347) doit être puni avec un interdit (cf. Canon 1347), c’est-à-dire :
a. Il n’est pas autorisé à recevoir la Sainte Communion et les autres sacrements (cf. Canon 1332).
b. Il lui est interdit d’agir comme parrain dans le Baptême et la Confirmation.
c. Il n’est pas admis comme membre des structures paroissiales ou diocésaines.
d. Il doit se voir refuser les rites funéraires, à moins qu’il ne montre quelques signes de repentance avant la mort (Canon 1184 §1, n° 3).
e. Lorsque les rites funéraires sont autorisés par l’évêque, aucun service maçonnique ne sera autorisé dans l’église ou le cimetière immédiatement avant ou après les rites de l’église afin d’éviter le scandale public (cf. Canon 1184, §1, n° 3, et Canon 1374)
Tout catholique qui est membre convaincu d’une association maçonnique et adhère notoirement à la vision maçonnique est déjà considéré comme ayant encouru l’excommunication automatique (cf. Canon 1364). Cela signifie que les censures décrites au Canon 1331 prennent automatiquement plein effet sur cette personne. Selon le canon 1331 §1, il est interdit à l’excommunié : I. D’avoir une quelconque participation ministérielle à la célébration de l’Eucharistie ou à toute autre cérémonie quelconque de culte public.
II. Célébrer les sacrements et les sacramentaux et recevoir les sacrements.
III. Pour s’acquitter de tous offices, ministères ou fonctions ecclésiastiques, ou pour placer des actes de gouvernement.
Il est possible que certains catholiques aient rejoint la franc-maçonnerie sans savoir qu’elle est interdite aux catholiques. Ces personnes sont invitées à voir leurs prêtres ou leurs évêques qui les aideront à renoncer à la franc-maçonnerie et éviteront d’encourir les sanctions qui leur seront imposées si elles ne renoncent pas à la franc-maçonnerie.
Très vite, dès l’enfance, nous pouvons prendre conscience de l’emprise de la pensée collective communautaire ! Intuitivement elle nous influence et constitue un marqueur. L’entrée dans une loge maçonnique nous confronte à une autre logique plus ou moins éloignée de notre environnement, selon le pays où on habite et le milieu culturel d’évolution !
Chacun, chacune, recherche une cohérence qui permettrait de donner un sens à cette existence : la coexistence du Bien et du Mal, les notions de corps, d’âme et d’esprit, l’échelle individuelle et la dimension collective dans un contexte de connaissances variées sur notre place dans l’univers, alimentent notre réflexion !
L’exigence du regard maçonnique nous donne une liberté incomparable pour peu qu’on l’utilise.
Comment ne pas ressentir une certaine désillusion sur des discours philosophiques qui ne semblent pas apporter beaucoup de sagesse à la communauté humaine?
Les loges ronronnent et les travaux maçonniques ne semblent pas avoir beaucoup d’échos ! On se complait dans des redites de discours romanesques permettant de revivre un moyen-âge délicieux dans sa quête des mystères. On se plait dans des jeux de rôle qui font oublier une certaine médiocrité !
Seule la dimension individuelle de la réflexion permet à des individualités de produire des travaux qui suscitent une attention particulière.
Dans ces conditions, comment s’étonner que le fossé se creuse entre une minorité qui a accès au savoir et à la connaissance et une majorité d’acteurs du quotidien plus préoccupés par la jouissance et la consommation de biens matériels !
On peut bien sûr continuer comme cela et accepter que nos obédiences surnagent dans une bulle d’autosatisfaction et de déni de la réalité ; on peut aussi souhaiter un réveil des consciences, le refus de la soumission intellectuelle à une idéation de convenance et l’émulation vers une pensée qui puisse répondre aux interrogations qui nous taraudent.
Pour prendre un exemple, examinons les concepts du corps, de l’âme et de l’esprit.
« Le corps est le tombeau de l’âme »
a dit Platon (428- 348 av. J.-C.)
Pour Empédocle (v. 490-430 av. J.-C.), l’âme est un mélange des quatre éléments, feu, air, eau et terre.
Pour la Bible, L’homme est une personne indivisible dans laquelle corps et âme sont liés.
Pour Jérôme Baschet, (chercheur à l’École des hautes études en sciences sociales) « une cohorte de traités sur l’âme et le corps répètent que la personne humaine est formée par la conjonction d’une âme, incorporelle, rationnelle et immortelle, et d’un corps, matériel et périssable. »
Que d’interprétations entre l’âme et le corps : l’église catholique projette fait une analogie entre le corps soumis à l’âme et les fidèles, attachés aux choses terrestres, assujettis aux clercs de l’Eglise.
René Descartes (1596-1650) affirme : « Parce que d’un côté j’ai une claire et distincte idée de moi-même, en tant que je suis seulement une chose qui pense et non étendue, et que d’un autre j’ai une idée distincte du corps, en tant qu’il est seulement une chose étendue et qui ne pense point, il est certain que ce moi, c’est-à-dire mon âme, par laquelle je suis ce que je suis, est entièrement et véritablement distincte de mon corps, et qu’elle peut être ou exister sans lui. » (« Les Méditations métaphysiques » 1641)
Avec l’Europe des Lumières, le corps reprend des « couleurs » : siège des émotions, doué de capacités multiples, influençant l’idéation, etc. !
En ce qui concerne la franc-maçonnerie, les premiers textes, avec la triangulation, incorpore l’esprit qui impose sa loi au corps et à l’âme (voir schéma ci-dessous).
Le corps et l’âme sont sous surveillance, présents et indispensables mais sous l’influence spirituelle !
La démarche maçonnique impose la rigueur au corps et fait taire les passions de l’âme, allant jusqu’à interdire la présence féminine ! L’esprit, c’est une part de l’esprit sain qui habite chacun d’entre nous (cf VITRIOL) et que l’on doit magnifier. Le corps c’est l’équerre, l’esprit, le compas et l’âme c’est le volume de la loi sacrée (la Bible pour ne pas la nommer).
Comment concilier une interprétation poétique, apparemment logique mais passéiste avec une pensée moderne ?
On touche là du doigt la contradiction entre des rituels d’un autre âge et une pensée philosophique moderne !
Aujourd’hui, un esprit libre ne peut accepter les rituels maçonniques actuels que comme un cadre général témoignant d’une certaine filiation ! Conceptuellement, ils se sont vidés de leur substance !
Philosophiquement, l’anthropocentrisme a vécu ! Toute la pensée traditionnelle place l’être humain comme le sujet essentiel de toute préoccupation. Aujourd’hui nous savons que nous ne sommes qu’une partie des êtres vivants qui eux-mêmes ne sont qu’une composante de notre univers !
Même le pape François en vient dans son encyclique « Laudato Si » à critiquer cet anthropocentrisme !
L’essentiel de l’approche philosophique se veut d’abord critique mais ne pourrait-on pas susciter une réflexion philosophique qui se fonde sur des réalités contemporaines fondées sur la connaissance ?
Parmi tous les philosophes contemporains, Bernard Stiegler (1952-2020) me semble celui dont les préoccupations se rapprochent le plus des nôtres.
Aujourd’hui, l’esprit sain apparaît comme un concept imaginaire issu de notre activité cérébrale ; esprit, âme et corps ne sont plus que trois facettes de notre individualité.
Si on veut conserver une représentation symbolique de ces trois concepts, on pourrait les visualiser ainsi : Le corps, au final, domine l’âme et l’esprit même si une interaction se produit inévitablement.
Mais si on voulait aller plus loin ne pourrait-on pas se référer à une symbolisation de notre univers conceptuel qui fasse intervenir les quatre atomes fondamentaux que sont le carbone, l’oxygène, l’azote et l’hydrogène, à la base de la vie ?
Symboliquement, la vie suppose la combinaison de ces quatre éléments qui , en quelque sorte créent une mixité biologique prélude à la mixité sociale et culturelle. Mais il y a aussi la spécificité des êtres vivants avec les trois expressions de la vie : l’imaginaire, l’affection et l’engagement !
Ces trois engagements individuels génèrent les mêmes trois engagements à l’échelle collective : que ce soit une loge, une obédience ou la franc-maçonnerie dans sa globalité, c’est la nature et la qualité de ces trois productions qui permettent de juger de leurs crédibilités !