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Vous avez dit tradition ?

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Se souvenir

« Au commencement était le Verbe », disent les premiers mots de la Bible. Il est certain que les valeureux bâtisseurs du Moyen Âge n’auraient pas pu lancer les cathédrales vers le ciel sans les techniques de construction, entre autres, méditerranéennes. Or, pour beaucoup, elles leur ont été transmises oralement par les « œuvriers » manuels en provenance de l’Europe du sud. Et aussi par les chevaliers, retour de croisades. Formés au contact des constructeurs de mosquées et minarets, certains maniaient la truelle aussi bien que l’épée ! Voûtes d’arêtes, berceaux, arcades, croisées d’ogives, arcs boutants, autant de savoir-faire, autant de secrets de fabrication rapportés des provinces romaines et du Moyen-Orient…. et communiqués alors par la parole !

Cette franc-maçonnerie dite « opérative », organisée en confréries de métiers du bâtiment, ne travaillait pas que la pierre. La réflexion et les échanges verbaux occupaient aussi les soirées des hommes de chantiers, dans les loges adossées aux monuments religieux. Entre autres, les fameux manuscrits anglais Regius (1390) et Cook (1410) en témoignent.

Manuscrit Regius, vers 71 à 97, avec le début du premier article des Devoirs

La plus ancienne copie des statuts et règlements des maçons médiévaux

Manuscrit Regius, entre 1390 et 1425, vers 71 à 97, avec le début du premier article des Devoirs.

Certains d’entre nous, hyper-passionnés par le passé maçonnique, jusqu’à devenir des « glaneurs » en bibliothèques ou chez les bouquinistes, collectionnent ce type de documents (lettres, comptes rendus, livrets de loge) qui ont fleuri, surtout après l’invention de l’imprimerie (1454). S’il ne faut pas leur accorder valeur de vérité absolue, nous le répétons, ils ont toutefois le mérite d’être les « cailloux blancs » qui jalonnent le chemin de la maçonnerie de la pierre et sa lente métamorphose dans le temps, depuis la construction de l‘abbaye de Westminster (1065) jusqu’à l’instauration de la Grande Loge de Londres et de Westminster (1717). Précisément !

Possible caricature de James Anderson par William Hogarth

 Même s’il est affirmé aujourd’hui par les historiens – qui se sont auto-spécialisés « ès maçonnerie » et l’ont scindée arbitrairement en opérative et spéculative – que les deux entités n’ont rien de commun, ledit chemin entre elles existe bel et bien ! Il serait difficile de croire que les deux pasteurs James Anderson et Jean-Théophile Désaguliers ont créé spontanément la seconde, sans lien aucun avec la première ! Et que les premières Constitutions sont sorties, sans matériaux préparatoires, de l’imagination d’Anderson. Notons que celui-ci, né en Ecosse et fils d’un vitrier – donc opératif et lui-même membre de la loge maçonnique d’Aberdeen – apporte la preuve de cette filiation avec la maçonnerie de métiers.

 Si ces Constitutions originelles peuvent paraître simplistes à nos yeux contemporains, en faisant d’Adam le premier des francs-maçons, elles ont installé la notion de transmission, donc de « tradition » (du latin tradere, transmettre) …qui a traversé le temps. En effet, les Grandes Loges françaises, s’en réclament toutes encore aujourd’hui en se qualifiant d’Ordre traditionnel ! Il n’est donc pas inutile d’explorer ce mot « tradition » auquel plusieurs sens sont donnés, jusqu’aux plus fantaisistes !

La nature a doté l’Homme – avec sa faculté d’inventer et de créer – du privilège de penser, donc de se souvenir. En se développant, son appareil psychique s’est ainsi enrichi d’une mémoire. Et celle-ci, chargée de « façons de faire », de règles de conduite, de pratiques magiques, de rites païens et religieux, de recettes diverses, s’est transmise, de générations en générations. S’est instaurée ainsi, par le jeu de l’imagination, de la répétition et de l’imitation – caractéristique humaine – la coutume de la transmission des acquis, des techniques et des savoirs. Des croyances, ont surgi des conventions, des superstitions et aussi des représentations mentales qui ont produit l’art : dessins, peintures, sculptures. De la réflexion, assortie d’émotions et de sentiments, est née la poésie, ce don du langage pour exprimer les émotions et les sentiments, les rêves, les visions, les couleurs, les sons et les rythmes du monde. Et avec elle s’est imposé le récit, mélange de réalités et de constructions mentales, qui a produit les mythes, les légendes, les contes, les fables.

Autant de mots qui, ajoutés les uns aux autres, forment la grande chaîne de la parole qui unit l’homme à un autre homme, aux hommes, à l’humanité. Autant d’idées, d’affects, d’images, immense réservoir bouillonnant auquel s’abreuve chacune, chacun de nous, pour étancher sa soif de fictions, sans lesquelles la vie n’aurait pas beaucoup d’intérêt. Autant de pensées devenant au final signifiantes, porteuses à la fois d’irrationalité comme de raison mais donneuses de sens à cette vie qui n’en a pas. C’est la tradition ! Un véhicule mental lesté des cultures de la planète qui suit sa trajectoire. Pour le croyant, le fil conducteur d’une « cause première », de l’ordre de l’univers, d’une volonté divine. Et pour tout dire, d’un déterminisme. La tradition, « majusculée », devient alors la Tradition.     

Certes, nous sommes ici à l’opposé de tout concept scientifique ! La pensée traditionnelle est, par définition libre et sans limites. Sans vérification possible, il s’agit pour « l’usager », non de tenir pour vrai, mais de faire confiance aux vecteurs de cette tradition. Il en devient lui-même à son tour, le transmetteur. Ainsi fonctionne la franc-maçonnerie.

Une histoire grandiose

Roi salomon bâtisseur, ce qui est en haut est comme ce qui est en bas
Illustration légendée « Salomon construit un temple »

 L’instauration du degré de Maître, dans les années 1730 – qui transporte soudain le « Compagnon spéculatif » d’Europe en Judée – transporte aussi les imaginations ! Des cathédrales, le temple de Salomon. Ce « déplacement » coïncide avec la naissance des Hauts-Grades. Il a pu ainsi faire dire que ledit degré de Maître est le premier d’entre eux. Mais surtout, cet « atterrissage » dans le bassin méditerranéen permet la mise en place du théâtre symbolique de l’Art Royal et l’entrée en scène des traditions empruntées localement. De ce corpus traditionnel vont naître les rites et leurs envolées lyriques ! Et les Hauts Grades précités, dont l’échelonnement, selon chacun, en 7, 18, 33 et 99 degrés, avec des titres ronflants, dénotaient et dénote encore, pour nombre d’observateurs extérieurs qui s’intéressent à la franc-maçonnerie… une « folle exubérance » loin de toute spiritualité !

Il faut comprendre que les membres de ces nouvelles loges de réflexion, composées « d’acceptés », c’est à dire de gens étrangers aux métiers du bâtiment (hommes de loi et gens de robe, apothicaires, marchands, numérologues, astrologues, alchimistes, etc.) – donc peu soucieux des techniques de la pierre et des constructions monumentales – désiraient plutôt ouvrir leur imaginaire aux mystères et fictions méditerranéennes !

Pour partager un temps convivial en loge, et « rêver éveillés » ensemble, quoi de mieux, comme support de réflexion, que d’entrer dans l’univers traditionnel de ce bassin enchanteur ?! Nous avons évoqué plus haut la poésie de ces traditions, et il n’est pas inutile d’y revenir : la manière utilisée par les premiers maçons spéculatifs pour interpréter chacune d’elles est vraiment particulière !

Qu’il s’agisse des traditions biblique, égyptienne, gréco-romaine, ésotériques, kabbalistique, alchimique, compagnonnique, chevaleresque …il n’est pas question d’une reproduction à l’identique des textes « historiques », mais plutôt d’une « réécriture » avec, notamment, de nouveaux rôles donnés aux personnages.

Le plus surprenant est évidemment le changement opéré dans la tradition biblique, avec Hiram, qui de simple artisan bronzier, se trouve métamorphosé en architecte du roi Salomon ! Le procédé, peut sembler relever du fantasme ou d’une fantaisie. En réalité, il s’agit pour les rédacteurs des rites, à la fois de raconter une histoire grandiose et de la terminer par une morale. En ce sens, la Bible fourmille de personnages, de situations et d’évènements (souvent plus tragiques que joyeux !) à même de fournir des « séquences sociales » à suspense ! Il est pourtant souvent dit aujourd’hui qu’il y a, avec ces « emprunts » un manque de créativité, par définition. Et partant d’originalité, en constatant que la légende d’Hiram qui a donc été tirée de la Bible, finalement, est assez pauvre en soi. Par ailleurs, certains frères et sœurs, juifs ou catholiques, respectueux de l’orthodoxie de leur religion, reprochent carrément aux rites maçonniques « emprunteurs », à la fois copie et falsification des textes sacrés !

Vendredi 13 la Cène avec le Christ
Vendredi 13 la Cène avec le Christ – Crédit photo Pixabay

Il est vrai que retrouver dans la « scénographie maçonnique » les œuvres johanniques, l’Apocalypse, la Cène et la résurrection du Christ (même présentés en l’occurrence avec d’autres mots) peut surprendre ! Il y a là, entre la méthode maçonnique, ici proche de la parodie – et la théologie, une opposition évidente. Il n’est pas surprenant, même si le climat est aujourd’hui apaisé – et que la Bible n’est pas un titre de propriété – que la maçonnerie ne soit pas « en odeur de sainteté » dans la cité vaticane. Gageons que ses bonnes grâces ne sont pas pour demain, vu l’attitude « réservée » des papes successifs !

Partant, la question est clairement posée d’une réforme des rituels de certains rites maçonniques.

Le Rite Écossais Ancien et Accepté, par exemple, fait encore et toujours polémique, lorsque son 18e degré (selon les interprétations) présente une dramaturgie transformant la résurrection christique en une renaissance – par le biais d’une rose – qui ne trompe personne. La cérémonie de la Cène, symbolisée par le partage du pain et du vin, bien que portant en gloire l’Amour entre les humains, peut être choquante – en tout cas gênante – pour les maçons et maçonnes catholiques (qui plus est, excommuniés par l’église du fait de leur appartenance !).

Par deux fois, en quarante ans de maçonnerie, j’ai pu vérifier la puissance, en l’occurrence négative, des traditions véhiculées par les « Livres saints ». Et en même temps de la force du sentiment de culpabilité en l’homme qui le vit. Lors d’une tenue au 18e degré, j’ai été témoin du malaise physique qui a saisi un frère, lors de son élévation à ce degré. Catholique fervent, il n’avait manifestement pas été informé de la symbolique en cause. Il a subi un malaise physique, imposant son évacuation, lors de la cérémonie de la Cène. Il s’est considéré en « état de sacrilège » et de trahison de sa religion !

 Dans un autre contexte, j’ai vu un frère musulman, involontairement trompé par la nourriture servie, lors d’un repas maçonnique traditionnel. Une violente indisposition gastrique l’a saisie, l’obligeant à quitter la table. Ces deux incidents m’ont rappelé, avec le respect des cultures, que tradition rime avec précaution. Et information !

De Jérusalem à Athènes

Premier sanctuaire dit Temple de Salomon, construit par les Israélites pour abriter l’arche d’Alliance 

Malgré ces risques éventuels de la tradition et du symbolisme – à considérer sans généraliser – ce qui peut paraître étonnant, c’est la quantité de ces pratiques qui peuplent l’univers maçonnique ! A celles énumérées ci-dessus, il faut notamment ajouter, à partir de la philosophie de Pythagore, l’intérêt porté aux chiffres et aux nombres, dont les propriétés supposées ont toujours fasciné les civilisations antiques. Celles-ci voyaient en eux, au-delà même de leur utilisation pratique, un « contenu spirituel », manifestation de l’ordre cosmique, pour ainsi dire un mystère d’essence divine !

L’héritage technique des maçons opératifs qui pratiquaient la géométrie par métier – et pour leur part, avec la rigueur rationnelle qu’impose l’élévation de la pierre – n’est certainement pas étranger non plus à cet engouement pour la numérologie.

Constitutions d’Anderson

Le pasteur Anderson y a cédé lui-même dans ses Constitutions de 1723, pour numéroter les années et désigner les mois : En adoptant la théorie du prélat anglican James Uscher, lequel, sur le postulat de la création du monde 4000 ans avant JC (selon la Genèse), augmenta d’autant le millésime en cours, pour créer le calendrier maçonnique !

Une façon, à l’époque, de se distinguer des codes religieux. D’après ce calendrier, nous sommes ainsi actuellement dans les années 6000 de la Vraie Lumière, par rapport à « l’année vulgaire » (calendrier habituel) !

L’intérêt des maçons pour la numérologie a suivi « la poésie andersonnienne », d’où – selon le même processus fantasmatique – l’âge mythique de chaque degré des rites maçonniques puis l’âge des maçons (respectivement trois, cinq, sept ans pour l’Apprenti, le Compagnon et la Maître). Ces âges correspondraient aux dimensions en coudées du cercueil d’Hiram, selon la trouvaille d’une imagination créative du début de l’époque spéculative ! Pensée magique, quand tu nous tiens !

À ces fantaisies arithmétiques, s’ajoutent les traditions kabbaliste hermétiste, alchimique et rosicrucienne, lesquelles utilisent également les nombres. On peut souligner le symbolisme de la Table d’émeraude, célèbre texte de la littérature alchimique et hermétique. Parmi les douze formules qui le composent, celle relatant la correspondance entre le microcosme et le macrocosme a fait florès : « Ce qui est en bas est comme ce qui est en haut, et ce qui est en haut est comme ce qui est en bas, afin d’accomplir les miracles de la chose Une ».

Hermès Trismégiste, littéralement « Hermès trois fois le plus grand » 

Selon la légende, elle présente l’enseignement de Hermès Trismégiste, fondateur mythique de l’alchimie (un nom de code qui impliquerait plusieurs rédacteurs, dit une autre légende !) et aurait été retrouvée dans son tombeau – gravée sur une tablette d’émeraude – au creux de la grande pyramide de Gizeh (Khéops) au Caire. Parmi ses nombreuses interprétations, le maçon, la maçonne, y voient bien sûr l’humilité, notamment en ce qui concerne – selon l’image pyramidale même ! – leur ascension de l’échelle des degrés des rites !

La tradition chevaleresque – qui nous renvoie au Chevalier de Ramsay et aux Croisades – est certainement la plus enrichissante au niveau de la pensée logique, donc du raisonnement. Même si l’histoire nous indique que le bien et le mal ont chacun leur logique ! Selon certains historiens, précisément, la première Croisade (Urbain II en 1090) aurait reculé de trois siècles la prise de Constantinople par les Ottomans et permis à la civilisation occidentale de se constituer, grâce à l’apport hellénique. Selon d’autres, nous l’avons dit plus haut, l’ensemble des Croisades a constitué, à la lumière contemporaine, une catastrophe politico-ecclésiale, dont l’Occident paie le prix aujourd’hui.

D’une logique, l’autre. La franc-maçonnerie des années 1730, très au-dessus du cadre guerrier et reprenant l’image du Chevalier dispensant le Bien et terrassant le Mal, en a fait le héros (voire le Zorro !) de ses Hauts Grades (au REAA). Foi dans l’homme et son potentiel, Espérance dans la continuité de l’action, Charité dans son don de l’Amour universel. Tel est l’idéal de la Chevalerie de l’Esprit, sur la base chrétienne d’alors, comme en témoignent les trois vertus théologales ci-dessus !

Statue de Socrate en penseur Grec
Statue de Socrate à l’Académie d’Athènes, œuvre du sculpteur néoclassique grec du XIXe siècle Leonidas Drose

Certes, elle aurait pu s’appuyer sur d’autres références historiques, comme la Grèce ou la Rome antiques, ces deux pays ne manquant, ni de dieux puissants, ni de mythologies grandioses, ni de Sages illustres. La première avec ses philosophes spéculatifs (Socrate, Platon, Aristote, entre autres) la seconde avec ses penseurs de sagesse pratique (Sénèque, Epicure, Marc-Aurèle, entre autres). Il faut reconnaître ici que le « Connais-toi toi-même » emprunté à Chilon par Socrate reste théorique, alors que les trois romains précités proposent discours et méthode. Il n’est pas dit que ces philosophies n’inspirent pas les systèmes de Hauts-Grades en réseaux qui naissent dans l’Hexagone (Provence, Aquitaine, Normandie, Hauts de France, etc.) et pourraient bien annoncer un renouveau de la pensée maçonnique dite encore aujourd’hui « juridictionnelle ». En tout cas, enrichir la palette traditionnelle avec de nouvelles nuances intellectuelles et une idée neuve en maçonnerie : l’Antiquité européenne !

N’est-il pas temps que l’Art Royal contemporain, né au siècle des Lumières, se souvienne, d’idées en pensées, de réflexions en traditions, qu’il doit autant à Athènes et à Rome qu’à Jérusalem ?

10/12/2022 : Le DROIT HUMAIN en conférence publique à Bordeaux avec Amande PICHEGRU, Grand Maître National

A l’initiative du cercle Bordelais “Maria Deraismes” du DROIT HUMAIN, Amande PICHEGRU, Grand Maître National de la Fédération française animera une conférence-débat sur le thème “Voyages en mixités” le samedi 10 décembre 2022 à 16h à Mérignac.

Lieu : Maison des Associations – 55 avenue du Maréchal de Lattre de Tassigny – Mérignac

L’entrée est libre et un pot de convivialité clôturera cet évènement.

En  savoir plus sur le DROIT HUMAIN via www.droithumain-france.org

Le Dessin de Jissey : Le rouge de l’Orient

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Le superbe article de Solange Sudarskis du 29 novembre nous en a fait voir « de toutes les couleurs » – Jissey toujours un peu malicieux s’interroge sur le rouge des flammes de l’enfer.

Bricolage Plus s’intéresse à la « Croyance des francs-maçons »

Du site officiel de bricolageplus.com

La rédaction va de découverte en découverte. En effet, même les sites de bricolage deviennent des supports d’information de la Franc-maçonnerie. Pour preuve, le site Bricolage Plus propose cette semaine à ses abonnés un exposé sur l’Art Royal. Il faut toutefois noter l’aspect bienveillant et informatif de l’article. Cela nous change des articles made in africa qui nous accusent d’égorger des chats ou des vierges.

Croyances des francs-maçons : à quoi croient les maçons ?

Croyances et philosophie franc-maçonnique

Les maçons apprennent que l’homme peut devenir autodidacte jusqu’à l’illumination. Aussi connu sous le nom d ‘«illumination», le nouvel initié doit s’élever à travers les 33 degrés de la franc-maçonnerie (de rite écossais). Chaque degré maçonnique révèle plus de connaissances mystiques secrètes que le précédent. Ils utilisent des symboles pour transmettre une signification par analogie.

Les francs-maçons croient en une fraternité entre les hommes, qui relèvent tous de la souveraineté d’un créateur suprême. Cela dit, ils ne s’associent à aucune confession ou à aucun système religieux particulier. Alors qu’ils prétendent n’être rien de plus qu’un ordre fraternel qui encourage la philanthropie, leur histoire d’intrigues, de conspirations, de meurtres, les preuves de leur implication dans le renversement de gouvernements et leur bannissement de certains pays crient tous qu’une vérité plus profonde doit être révélée .

Les francs-maçons croient en trois grands principes : 1) l’amour fraternel, 2) le soulagement, 3) la vérité.

Quelle est la vérité sur les croyances franc-maçonniques ?

L’une des croyances les plus fondamentales et les plus évidentes du franc-maçon est le concept de dualisme. Le dualisme est la croyance que l’univers est composé d’opposés ; l’homme et la femme, le ying et le yang, le noir et le blanc, le bien et le mal, mais que ces opposés, tout en partageant des différences évidentes, sont égaux l’un à l’autre. Les francs-maçons apprennent à croire que les contraires comme le bien et le mal sont des forces complémentaires ou co-dépendantes.

Autrement dit, nous ne savons ce qui est bien que par opposition à ce qui est mal, nous savons ce qui est noir uniquement par opposition à ce qui est blanc. Mais le dualisme va plus loin et enseigne que la relation entre ces opposés est secondaire par rapport à la nature unitaire ou complémentaire qu’ils partagent. Le résultat de ceci peut conduire à la croyance que les actes mauvais sont nécessaires pour mettre l’accent sur les bons actes ou que « la fin justifie les moyens ».

Les francs-maçons croient-ils en Dieu ?

En un mot, oui (en surface du moins) c’est une façon dont l’adhésion est justifiée pour les hommes de toutes confessions dans un esprit de fraternité. La seule exigence pour être membre (en plus d’être un homme !) Est la croyance en un créateur suprême, ils ne se soucient pas de la forme que prend ce créateur. A partir de cette acceptation initiale d’un « créateur suprême », le maçon est formé et éduqué vers une compréhension de la nature du créateur aux yeux du franc-maçon.

L’« œil qui voit tout » est utilisé pour symboliser l’œil de Dieu qui voit toutes les choses dans l’univers. Ce symbole se trouvera toujours autour de la porte de la grande salle de toute loge franc-maçonne et surplombe le grand maître et le rassemblement des maçons. Les francs-maçons apprennent que grâce à la connaissance, ils deviendront éclairés à la vérité et deviendront eux-mêmes divins. Il y a des francs-maçons qui sont également des membres dévots de leurs propres religions respectives et ne voient aucune incompatibilité.

Conclusion

Il y a eu beaucoup de spéculations sur ce que croient vraiment les francs-maçons et au fil des ans, beaucoup de vérité a été mêlée de mensonges et de désinformation. Les véritables croyances des francs-maçons de haut niveau peuvent être découvertes et ont été révélées par d’anciens membres et des chercheurs diligents, dont beaucoup ont été assassinés ou ont disparu au cours du processus. Des sites Web ont été connus pour fermer pendant la nuit sans explication. Il semble que, quoi que croient vraiment les francs-maçons, certaines personnes ne veulent pas que la vérité sorte.

« On ne remercie pas en Franc-maçonnerie », oui ou non ? 

En fonction de ton engagement maçonnique, je crois que tu peux faire éviter une croyance nuisible qui se répand dans la Franc-maçonnerie française. On entend, en effet, de plus en plus, cette affirmation : « On ne remercie pas en Franc-maçonnerie ». Comme si cela ajoutait à la qualité de notre travail. Cette idée nous vient d’un grand maître mal à l’aise dans ses relations avec ses obligés, et par-là, avec lui-même, bloqué dans la froideur, qu’il croit libératrice. Contresens énorme dans un groupe épris de fraternité. L’absence de « merci » authentique est un poignard de l’égrégore.

Or cette croyance est à l’inverse complet de ce qui est vérifié par la recherche en psychologie humaniste Maslow dès 1970, Bloom, Rogers…, et en neurophysiologie, sur les effets de la gratitude, concept clef, pour ce courant, de la qualité des relations fraternelles, empathiques, affectueuses…. « Merci ! » est un mot quasi magique. Sur le site « Positivia.fr » sont recensés les 10 effets bénéfiques de la gratitude provoquée par des « merci » sincères, vérifiés par plusieurs recherches citées. Les voici :

• La gratitude rend plus heureux

• La gratitude rend moins envieux

• La gratitude augmente le degré d’empathie

• La gratitude favorise les émotions positives

• La gratitude améliore la qualité du sommeil

• La gratitude renforce les relations

• La gratitude réduit le stress et l’anxiété

• La gratitude améliore la santé

• La gratitude réduit le risque de dépression

• La gratitude augmente l’espérance de vie

            Ce n’est pas tout ! En neurophysiologie, les chercheurs ont découvert la preuve organique du double effet de la gratitude : le système neuronal de bien-être est déclenché chez celui, celle qui remercie et chez celui, celle qui est remercié(e). En un mot, dire « merci » est un puissant ferment de fraternité. Interdire de le faire nuit gravement à la relation d’affection fraternelle des Frères, des Sœurs. Or un des génies de la Voie maçonnique est de développer en loge la fraternité pour la diffuser à l’extérieur.

            Je crois que cette erreur grave provient de la confusion entre le remerciement et le jugement : féliciter ou blâmer. Ce dernier, en effet, tend à rendre dépendante la personne jugée. Oui, cela est à éviter si nous visons la libération de l’individu.

            Mais attention : le « merci » doit être sincère et ne pas être machinal, encore moins hypocrite. A travers les mimiques envoyées dans ces cas par l’émetteur, le récepteur, spontanément, saisit vite l’indifférence ; voire la tromperie. Merci, oui mais dans la sincérité de l’élan du cœur.

Ainsi donc, l’authenticité ne nous oblige en aucun cas à dire « merci ». Notre sincérité et notre envie décident. Nous sommes libres. Enfin… Et si les petits mercis maçonniques, après tout, ne nous aidaient-ils pas à nous faire avancer sur la Voie ?

Le mot du mois : Envisager

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Un prolifique sémantisme, très ancien, étendu dans tout le domaine indo-européen.

Le sanskrit Veda désigne l’ensemble des textes de la tradition révélée, dont l’origine remonterait au moins au deuxième millénaire avant l’ère chrétienne.

Le grec *oida, *idein fait référence au savoir en tant que connaissance théorique, d’où l’idée, dans le domaine philosophique, l’idéologie plutôt politique, ou encore l’idole religieuse. Avec une légère modification orthographique, l’histoire définit l’enquête, dont l’historien Hérodote (480-425 av.JC.) offre la première rédaction, parce qu’il porte témoignage de ce qu’il a vu par lui-même au cours de ses nombreux voyages dans l’espace méditerranéen. Il est au sens propre celui qui sait pour l’avoir vu, *istôr.

Le latin *videre reprend la même idée de connaissance, qui est bien plus que le simple acte de voir.

Le champ lexical qui en est issu est très vaste, vidéo, bévue et entrevue, voyeurisme. Voici le belvédère. Voilà bien des visions dignes d’un voyant !

*Visus désignela vision, faculté de voir ou d’être vu, ce qui est visuel, visible, l’aspect, l’apparence.

Par les yeux, évidemment. Au milieu du visage, en vis-à-vis de l’autre qu’on envisage, avec les réflexions à tous sens du terme qui accompagnent ce regard appuyé. Au point de le dévisager, jusqu’à en endommager les traits, à le défigurer, comme si cette insistance excessive tentait de le priver de visage.

Cette tonalité maligne se retrouve dans le latin *invidia, l’envie qui est une sorte de mauvais oeil que l’on jette par jalousie, un sort funeste.

La *providentia a toujours une connotation religieuse, parce qu’elle s’apparente à la prophétie, au don de double vue, puisqu’elle se porte sur le futur dont on n’a aucune connaissance tangible. Comment en effet prévoir les aléas qui surgissent à l’improviste sur le chemin, même si, par prudence, on est enclin à certaines précautions ?

Réduit à un « pourvu que… » bien hasardeux, à une improvisation sans garantie.

De quoi souvent réviser ses avis péremptoires sur les gens, les circonstances et autres.

La visite, qui fait banalement partie du vocabulaire contemporain, a perdu sa valeur ecclésiastique première. En effet, elle décrivait naguère l’attitude presque suspicieuse des hommes d’Eglise qui avaient l’œil sur leurs ouailles pour les contrôler, éventuellement les châtier en cas de manquement aux règles. La visite, au XIXe siècle, devient une manie de courir la ville et les salons, visites en passant dont on ne laissera que la trace de sa « carte de visite » justement. Un geste dénué de sincérité, puisqu’il ne s’agit en réalité que de se faire remarquer, de faire croire à un carnet d’adresses bien rempli, à une riche vie sociale, un peu à l’aune des « like » sur réseaux sociaux… Il existe même une fonction de « poseur de cartes », que remplit un domestique. Un jeu de convenances hypocrites dont personne n’est vraiment dupe, mais qui dispense d’envisager concrètement quelqu’un.

Pourtant le visage, n’est-ce point ce qui délimite les contours d’autrui qui me regarde et que je regarde, anatomique par les yeux, le nez, la bouche qui le composent, expression plurielle des sentiments qui l’animent ? Envisager l’autre, n’est-ce point m’offrir sans prévention ni défense à l’autre qui accepte la réciprocité ? N’est-ce point y puiser les sources de l’identité et de l’humanité en chacun ?

Annick DROGOU

*Weid- englobe le champ de la vision en tant qu’elle sert à la connaissance.

À force de circuler, les mots s’usent comme de vieux billets de banque et, s’ils donnent encore le change, ils sont bien dévalués. Aurions-nous oublié la force du mot envisager ?

Retour à la simplicité. Retrouvons le sens des mots : pour l’homme du XVIe siècle, envisager, c’est regarder le visage de l’autre. On envisage quelqu’un, on le prend en considération. Mais, engoncés dans l’individualisme moderne et cadenassés derrière nos peurs contemporaines, nous n’osons plus envisager quiconque, sauf à le dévisager ou l’envisager comme le prédateur se projette sur sa proie. On connaît le mot de Sacha Guitry et sa réponse à une femme qu’il regardait lourdement : « Monsieur, arrêtez de me dévisager.

– Madame, je ne vous dévisage pas, je vous envisage ».

Non, envisager celui ou celle qui est en face de moi, qui me présente sa face et à qui, à mon tour, je fais face, c’est contempler son mystère. Rien d’intrusif. C’est prendre l’autre au sérieux dans cette altérité qu’a si bien décrite Emmanuel Levinas, ici davantage poète que philosophe. Ô visage, miroir de l’âme ! Que dire du regard que nous portons sur le visage de l’autre, ce que nous voulons y lire de son mystère et de notre humanité commune, de nos fêlures et de nos plénitudes au-delà de tout masque. Envisager en se rappelant les mots de la Genèse : « Dieu créa l’homme à son image, à l’image de Dieu il le créa » (Gn. 1,27), ce qu’André Chouraqui a traduit : « Elohîms crée le glébeux à sa réplique, à la réplique d’Elohîms, il le crée ». Envisager, c’est donc répliquer, entrer dans un dialogue silencieux, un échange sacré, une triangulation d’amour où s’orienter, comme dans ces mots de Max Picard, le grand poète du visage : « Quand deux hommes parlent ensemble, il y en a toujours un troisième parmi eux : le silence qui écoute ».

On conseille aux sportifs de visualiser l’épreuve qu’ils vont vivre pour entrer dans sa pleine réalité. Le champion se fait visionnaire, présent à ce qui va advenir, jusqu’à en devenir un élément, ne faire qu’un avec cette réalité. Être pleinement humain, c’est avoir le courage, la force du cœur, de visualiser. Pour envisager la réalité, et même l’envisager jusqu’à la réalité ultime qu’on ne peut voir. C’est ne jamais baisser les yeux. Et accepter d’être soi-même à visage découvert.

Jean DUMONTEIL

Le bonheur, paradoxale chimère, et les dangers que sa recherche nous réserve

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Nous humains avons souvent confondu la quête du bien-être et celle du bonheur. La première est un préalable à la seconde, mais il faut volontairement passer de l’une vers l’autre, sans quoi de désagréables déconvenues nous attendent. Explications.  

Beaucoup d’entre nous sont devenus maçons parce que nous avions « une quête ». Il peut s’agir de la quête de l’absolu, de la vérité ( ou en tous cas sa vérité ), du progrès, la justice, et toutes ces valeurs éventuellement assorties d’une majuscule. L’humain lambda, lui, c’est plutôt le bonheur qu’il recherche. Enfin, ça c’est plutôt chez nous en Occident.

Les grecs déjà faisaient observer que le philosophe fait nécessairement partie des riches, l’exception notable étant Diogène de Sinope. Le philosophe moyen, lui, a besoin d’argent et d’esclaves pour accomplir les tâches qui le laisseront, repu, propre et avec ses autres besoins physiologiques satisfaits, afin qu’il dispose du temps pour réfléchir à toutes ces nobles choses philosophiques. Quelques siècles plus tard, la pyramide de Maslow nous résume l’ordre de priorité des besoins.

Privilégiés  que nous sommes, nous oublions allègrement que les esclaves d’antan sont remplacés par une surconsommation d’énergies, dont certaines déstabilisent la surface de notre pauvre planète.

Ces énergies sont absorbées par plein de technologies dont nous critiquons les quelques défauts, sans rien changer à nos consommations compulsives. Et pour finir, il y a toutes ces mains invisibles qui au bout du monde, nous confectionnent pour un salaire de misère, ces objets que nous remplacerons au premier accroc. 

Le terme « quête » induit l’idée que la satisfaction définitive n’existe pas, ou disparaît rapidement. Ceci avait attiré l’attention de l’économiste Richard Easterlin dans les seventies. L’étude qu’il avait menée avait ramené l’observation qu’il existe bien, comme attendu, une corrélation positive entre PIB par habitant et leur évaluation de leur niveau de bonheur. Mais la corrélation était faible, ce qui est étonnant puisque, entre autres, la qualité de la médecine suit l’écart des niveaux de richesse. La corrélation existe aussi à l’intérieur d’un pays, entre riches et pauvres qui se côtoient. Cela me fait immanquablement penser à mon supérieur hiérarchique qui disait « à quoi ça sert d’être heureux si les autres ne sont pas malheureux ». Humour grinçant qui m’a longtemps fait douter de la bienveillance moyenne de l’humain.

L’étude a finalement été nommée «  le paradoxe d’Easterlin » car montrant que sur une période donnée, on n’observe pas de relation entre un accroissement de richesse et le bonheur .

Les historiens de l’humanité ne sont pas choqués de cette constatation :  un cas similaire s’est produit lors du passage du Paléolithique des chasseurs-cueilleurs au Néolithique des agriculteurs-éleveurs. En effet, l’agriculture a certes diminué les famines et permis à la population de croître en stockant des denrées, mais les inégalités sont apparues à ce moment, de même qu’une soumission plus forte aux rythmes imposés par la nature ou les hiérarchies, les épidémies, les guerres à grande échelle, etc.

Une première explication au paradoxe d’Easterlin vient de ce que le bonheur est en quelque sorte « plafonnable » :  quand on est comblé, on ne peut plus en rajouter. C’est peut-être pour cela que le marketing a été inventé : histoire de créer des besoins artificiels, permettant ensuite de fourguer de quoi les satisfaire. Et cela a marché, quand on voit que l’effet de mode et la pub permettent de convaincre une bonne partie de la population de remplacer plein d’appareils, vêtements et autres accessoires parfaitement opérationnels par des plus neufs mais sans apport de nouvelles fonctionnalités. Et tant pis pour les ressources de la planète…

Deuxième explication : le bonheur est relatif. On retrouve ce que nous évoquions plus haut : l’importance des inégalités pour bien apprécier les choses. Ce n’est pas un constat très reluisant à propos de l’humain, mais oui il a besoin des inégalités. Cela concerne l’appréciation du bonheur, mais de plus la compétition, conséquence des inégalités, est appréciée. On peut supposer que c’est pour son apport d’adrénaline : cela expliquerait le succès des coupes du monde . Mais cela éclaire aussi le fait que l’on tolère les excès inégalitaires du capitalisme, alors que les actions égalitaristes font bailler d’ennui.

Le « pain et les jeux » du peuple tirent leur succès de la tension de la compétition, qui se double  de l’avantage d’ « occuper », c’est-à-dire d’éviter un des risques les plus détestés : celui de s’ennuyer.

Troisième explication. Notre cerveau est une compilation de circuits archaïques, que nous partageons avec une bonne partie des animaux supérieurs, et de parties plus spécifiquement humaines, comme le cortex et ses facultés de raisonnement. Les sciences humaines ont montré que les parties archaïques, comme les émotions et leurs circuits, dominent le plus fréquemment dans nos prises de décision comportementales. En particulier, le circuit de la récompense, avec le striatum comme centre principal, et la dopamine comme neurotransmetteur, crée une sensibilité court-terme au plaisir . Ce circuit est responsable des addictions, sauf que le phénomène de l’ « habituation » viendra, à stimulation constante, diminuer assez vite la sensation de plaisir. La première tentation est alors d’augmenter les doses pour maintenir le plaisir… en vain, bien sûr, d’où le plafonnement du « bonheur », si on a confondu plaisir et bonheur. En termes de consommation il faut donc beaucoup gaspiller avant de comprendre que la solution n’est pas là. Et les ressources de la planète sont gaspillées elles aussi, le temps que l’addiction soit maîtrisée. 

Un problème supplémentaire vient de ce que le circuit de la privation passe par d’autres organes, comme l’amygdale ou l’insula.

Et les souffrances liées à la privation sont bien plus durables que les plaisirs court-terme évoqués plus haut. L’humain se battra donc fort pour conserver ses « droits acquis » . Si on en revient à la consommation, tout nouveau confort ( ex : la 5G ) crée un effet cliquet qui contrecarrera les velléités de sobriété environnementale.

Nous les maçons disposons, avec notre méthode éprouvée, d’une caisse à outils qui réussit à produire du sens même dans le plus frugal des environnements. Faut-il le rappeler, notre méthode agit au niveau individuel comme au niveau collectif, combine le progrès personnel et le progrès collectif  tout en privilégiant l’universalisme.

Il s’agit maintenant, dans la période troublée qui est devant nous, de désamorcer les effets délétères des privations qui sont devant nous. Par exemple, renforçons au maximum nos actions de promotion de la fraternité universelle.  Un but pratique pourrait être  de viser partout à décourager le réflexe si humain de recherche des boucs émissaires.

Plus de détails et de preuves scientifiques sur les mécanismes exposés ci-avant ? Consultez le très documenté « Pourquoi détruit-on la planète ? Le cerveau d’homo sapiens est-il capable de préserver la terre ? » de Thierry Ripoll, aux éditions Le bord de l’eau.

Vous voulez réellement travailler de midi à minuit ?

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Le mieux est quand même de posséder une horloge maçonnique, non ?

Voici un choix que la rédaction a déniché pour vous procurer une horloge très symbolique.

Les fournisseurs qui pourront vous les procurer sont les suivants :

Pour toutes les Sœurs et Frères intéressés, nous vous recommandons la lecture de ce remarquable très beau livre « De Midi à Minuit-Les maîtres horlogers » (Watchprint.com, 2015) de Didier Gottardini, par ailleurs fondateur du site l’Argus des Montres, un expert connu et reconnu. Un ouvrage qui comprend notamment un avant-propos d’Alain Bauer, grand collectionneur devant l’Éternel – dont vous pouvez voir une partie de sa collection de montres au musée de la franc-maçonnerie, rue Cadet à paris – et ancien Grand Maître du GODF.

La franc-maçonnerie et le monstre de Florence

De notre confrère italien tp24.it – Par Egidio Morici

L’hypothèse qu’un franc-maçon se cachait derrière le soi-disant « monstre de Florence » n’est pas nouvelle. Et c’est lié à la mort d’un médecin de Pérouse. Il s’agit du Dr Francesco Narducci, appartenant au Grand Orient d’Italie, décédé en 1985 dans des circonstances mystérieuses. C’est l’année où ont cessé les doubles meurtres qui sévissaient depuis 1968 contre des couples qui s’étaient isolés en voiture dans la campagne de la province de Florence, où les fétiches étaient retirés des corps féminins par des incisions. Parties intimes jamais retrouvées.

Le Dr Giuliano Mignini , ancien procureur adjoint de Pérouse, en a fait part à la Commission parlementaire anti-mafia , invitée à donner sa contribution sur les loges couvertes et sur les soi-disant « doubles appartenances ». Contribution contenue dans le rapport de la Commission, rendu public le 16 novembre.

Tout commence par une histoire qui est arrivée à une esthéticienne de Foligno qui, au début des années 2000, a été prise pour cible par des usuriers, qui ont tenté de l’intimider par des appels téléphoniques menaçants. Elle commence à les enregistrer, jusqu’à ce qu’une arrive où deux voix parlent, une masculine et une féminine :

M : « Salope ! Il n’y a pas de limite au mal, à la haine, au pouvoir de Satan ! Votre fils… nous le prendrons !

F : « Votre vagin sera complètement fendu comme les sacrifices de Pacciani, lui aussi est un grand traître ! »

M : « Vous finirez par être tués comme ces traîtres Pacciani et le grand professeur Narducci, qui ont fini dans le lac, étranglés !  »

Jusqu’à ce moment, tout le monde savait que le Dr Narducci s’était noyé dans le lac Trasimène en octobre 1985 . Un malheur ou un suicide. Et donc, face au contenu de ces menaces, le procureur adjoint de Pérouse de l’époque procède à la notification à l’autorité judiciaire florentine par le biais du soi-disant « modèle 45 », c’est-à-dire avec l’entrée de faits qui ne sont pas encore devenus des nouvelles d’une criminalité. À ce stade, le Dr Mignini a appris qu’aucune autopsie n’avait été pratiquée sur Narducci. Après l’avoir placé, malgré les réticences de la famille du défunt, il s’avère que le médecin de Pérouse a bien été étranglé :« Après de nombreuses heures de travail patient et méticuleux, cette fracture frappante de la corne supérieure gauche du cartilage thyroïde a été mise en évidence », une indication claire de la mort par strangulation et non par noyade.

Mais il y a plus. Le docteur Mignini (nous sommes en juin 2002), une fois le cercueil ouvert, s’attendait à trouver un cadavre en très mauvais état. Au lieu de cela, lit-on dans le rapport de la Commission, « un corps corifié avec des cheveux a été retrouvé ».

Par ailleurs, un détail saute immédiatement aux yeux : le corps de Narducci, sous son pantalon, « portait un drap ou un tablier (…), d’une certaine épaisseur, avec des dessins en forme de pentagramme ». Une feuille que le professeur Introvigne a interprétée comme un « rituel maçonnique archaïsant (…) qui avait une fonction punitive », comme si « ce sujet avait été dégradé ».

Un tissu qui n’était pas présent sur le corps retrouvé à Trasimène, car les travailleurs du funérarium qui l’avaient habillé n’avaient apposé aucun tablier.

Et puis, autre détail non négligeable, il était apparu que le corps retrouvé dans le lac mesurait environ un mètre soixante, alors que Narducci mesurait plus d’un mètre quatre-vingts. « Un cadavre d’une personne mesurant 1,82, comme l’était Narducci – a affirmé Mignini – ne peut pas perdre 20 centimètres de long après la mort ».

Et encore, le corps déposé sur le quai le 13 octobre 1985 était « brachycéphale (avec un crâne plus aplati, ndlr), sans poil, avec un tour de ventre assez robuste… Au lieu de cela, celui de Narducci était sous-dolichocéphale (avec un crâne plus allongé, ndlr ), il avait les cheveux clairs, aucune diatomée n’a été trouvée (un type particulier d’algue, ndlr), il avait ce petit pantalon taille 48 qui lui permettait aussi d’avoir le tissu en dessous ».

Mais alors, si le corps exhumé en 2002 était bien celui du docteur Narducci, de qui était-il sorti du lac Trasimène en 1985 ?

Après un certain temps, selon l’audience contenue dans le rapport, il a été concrètement émis l’hypothèse que ce premier corps était celui d’un citoyen mexicain mort d’un meurtre.

Mignini avait entamé une collaboration avec les magistrats qui s’occupaient du « monstre de Florence », mais le lien entre les deux enquêtes a été interrompu car le procureur adjoint de l’époque a été à son tour enquêté avec le Dr Giuttari de la police d’État, qui s’occupait de l’affaire. Une procédure qui s’est terminée par un acquittement et un délai de prescription.

Sur cette affaire, la position de la franc-maçonnerie pérugienne de l’époque n’était pas unanime. Les francs-maçons de l’époque étaient divisés en deux : une partie était encline à la transparence (plusieurs personnages liés au GOI offraient leur contribution à l’enquête) ; un autre voulait garder le secret le plus strict.

Francesco Narducci, ainsi que son père et son beau-père étaient inscrits au GOI dans la même loge, le « Bruno Bellucci », où se trouvait également Sergio Casoli, alors recteur de l’Université de Pérouse, maire de la ville , sénateur de la République et ancien magistrat.

Il est clair que les rites sanglants ou les châtiments archaïques ne pourront jamais appartenir au Grand Orient, ni à aucune autre obédience maçonnique de type ouvert, dûment enregistrée.

Mais selon le Dr Mignini, celles-ci, ainsi que sur l’entraide, seraient également fondées sur la présence du « secret intérieur », puisque « les maçons de grade inférieur, devant achever leur parcours initiatique, n’ont pas une pleine connaissance de quels sont les objectifs complexes de telles organisations ».

Cependant, cette incroyable histoire semble s’inscrire dans le cadre de la soi-disant « double appartenance » et de l’existence de la « frange franc-maçonnerie ». Pérouse serait, selon ce que Mignini a déclaré à la Commission, un carrefour de mouvements magiques, tels que les Rose-Croix et l’Église agnostique. Même l’avocat Giacomo Borrione, l’un des plus grands représentants de la franc-maçonnerie, qu’il connaissait personnellement, « appartenait à une loge maçonnique de type égyptien, mais il était aussi « évêque » de l’Église agnostique ».

Bref, quiconque gravite autour de la franc-maçonnerie marginale serait généralement affilié à une loge régulière, qui alors, avec d’autres, donnerait vie à des « conventicules de type déviant qui ne se reconnaissent presque plus dans la régularité maçonnique originelle ».

Un monde difficile à explorer. « Je me souviens de gens qui se sont mis à pleurer devant moi – ajoute Mignini – et m’ont supplié de ne pas leur poser de questions sur ce qui se cache au-delà de la réalité des « compagnons de collation » (le groupe de Pacciani, ndlr) ».

Un monde fait de doubles appartenances. Et, dans l’obscure situation de l’affaire Narducci, aussi d’un double cadavre.

La question demeure : le monstre de Florence était-il vraiment Narducci ? On parle aussi d’une lettre retrouvée chez le médecin, immédiatement après sa mort. Une lettre vue par la bonne et son mari, dans laquelle il a avoué avoir été l’auteur des crimes de Florence, demandant pardon au monde entier.

Mais lorsque Mignini, lors de l’audition des témoins, a tenté de fixer ce témoignage, la bonne a changé sa version : ce n’était qu’une carte de visite. Le mari n’a ni confirmé ni nié. Parce qu’entre-temps, lui aussi était mort.

George Clooney dans “The Monster of Florence »?

5 janv. 2011 à 12:00 sur Allociné

George Clooney va produire et pourrait tenir le rôle principal du thriller « The Monster of Florence ».

George Clooney va produire et pourrait tenir le rôle principal du thriller The Monster of Florence. Adapté du roman de Douglas Preston et Mario Spezi, The Monster of Florence raconte l’histoire du Jack l’éventreur florentin qui assassina pas moins de 7 couples entre 1974 et 1985, et qui ne fut jamais arrêté par la police. L’écrivan Douglas Preston et le journaliste italien Mario Spezi ont décidé d’enquêter pour les besoins du roman, mais de nombreux dirigeants ont tenté de leur mettre des bâtons dans les roues. Douglas Preston a été accusé de complicité de meurtre, d’entrave à la justice et menacé d’arrestation s’il remettait les pieds en Italie, Mario Spezi a pour sa part été accusé d’être lui-même le Monstre de Florence. Le projet, déjà annoncé en 2008, devait au départ être produit par Tom Cruise. Si pour le moment aucun réalisateur n’est attaché au long métrage, le scénario de The Monster of Florence sera adapté par Christopher McQuarrie (Usual Suspects) et Nathan Alexander (Walkyrie).

Laëtitia Forhan avec Variety

Suite de la saga

Le criminologue Francesco Bruno est décédé, il s’est occupé de l’affaire Sampieri Scicli

Rome – Le professeur Francesco Bruno, l’un des criminologues italiens les plus connus et professeur à l’Université La Sapienza, est décédé. Matteo Lettieri, maire de Celico, le centre de Cosentino d’où Bruno était originaire, l’annonce avec un post sur son profil Facebook. Il avait 74 ans.

«Ce matin – écrit Lettieri – Celico pleure la perte de l’un de ses concitoyens les plus illustres, le prof. Francesco Bruno, médecin et criminologue de renommée internationale. Le professeur. Bruno était un luminaire, engagé dans la résolution des crimes italiens les plus odieux. Grâce à ses études, il avait été possible de lier les meurtres du monstre de Florence à l’ésotérisme». Diplômé du lycée classique en 1967, Bruno s’inscrit à la faculté de médecine et de chirurgie de l’Université de Rome dont il sort diplômé en 1973. Au début des années 1980, sous l’impulsion de Vincenzo Parisi, alors directeur du SISDE, il publie le premier université d’étude qui relie les meurtres commis au « Monstre de Florence » avec l’ésotérisme et le but sacrificiel. Bruno avait acquis une grande notoriété en collaborant à diverses émissions télévisées consacrées aux tueurs en série, dont «Delitti» (La7), «Porta a Porta» (Rai 1) et «Maurizio Costanzo Show» (Canale 5).

Francesco Bruno

Francesco Bruno et le meurtre d’Elisabetta Ciabani à Sampieri
Elisabetta Ciabani a étudié l’architecture à Florence. Elle avait 22 ans lorsque le 22 août 1982, elle a été retrouvée morte dans la buanderie de Baia Saracena, à Sampieri. Le corps, complètement nu, a été retrouvé avec un couteau planté dans la région du sein gauche. Le cadavre présentait d’autres blessures autour du nombril et une coupure de 12 cm qui remontait jusqu’au pubis. Aucune trace de violence ou de lutte n’a été trouvée. L’affaire a été rejetée comme un suicide.

En 1996, la réouverture de l’affaire À Florence, ils recherchent le monstre qui a tué seize fois et de Raguse, ils offrent un cadavre pour la solution du jaune.

« Et la victime n°17 », a plaidé le professeur Francesco Bruno, persuadé que le tueur en série de la forêt de Scopeti avait également tué, parmi les bungalows d’un village touristique sicilien entouré de figuiers de barbarie et d’agrumes. Une mort mystérieuse, une histoire jamais élucidée : le corps d’une jeune fille torturée par des coups de couteau, retrouvée nue dans la buanderie de la « Baia Saracena » à Scicli. La lame et le manche étaient profondément enfoncés dans le pubis. C’était il y a 14 ans. Quoi qu’il en soit, personne n’a alors cherché un tueur. Ou peut-être que personne ne voulait. C’était en août 82, période des vacances. Des enquêteurs ennuyés ont rejeté l’affaire comme un suicide, au grand étonnement des journalistes qui, dans leur empressement à être des détectives, avaient rempli leurs rapports de thèses suggestives. Un avant tout : celui du maniaque, comme le suggère le rituel macabre des parties intimes cicatrisées. Elisabetta Ciabani, la jeune fille retrouvée morte, avait vingt-deux ans, étudiait l’architecture à Florence, sa ville, et était une amie de Susanna Cambi, l’une des victimes du monstre. Une circonstance longtemps passée inaperçue et aujourd’hui relancée par le professeur Bruno, professeur de psychopathologie médico-légale à la Sapienza. Selon Bruno, Elisabetta Ciabani serait une autre victime du monstre de Florence. Pour le spécialiste, qui a trouvé des oreilles sensibles chez le procureur de Florence Piero Luigi Vigna, il y aurait suffisamment d’éléments pour croire que Susanna Cambi connaissait l’identité du maniaque et qu’elle a confié ses inquiétudes à son ami. Après la mort de Susanna, tuée le 22 octobre 1981 alors qu’elle était seule avec son petit ami Stefano Baldi, et après le massacre d’un autre couple, Antonella Migliarini et Paolo Mainardi, survenu l’année suivante, Ciabani aurait décidé de révéler ses suspects, probablement en parler autour de vous. Et devenir un témoin très dangereux. « Il y en a assez pour que l’affaire soit rouverte », lit-on dans une note de la maison d’édition Arbour qui évoque également la légèreté avec laquelle ils ont été examinés et ont répondu aux rapports médico-légaux. Bruno estime qu’une relecture attentive de ce crime (il n’emploie même pas le mot suicide) peut aider les magistrats florentins à dépouiller tout le lest d’investigation de seize années d’enquêtes pour retrouver le « vrai » monstre. Il n’a jamais douté de Pacciani : l’intelligence très raffinée dont l’exterminateur inconnu est certainement doté, capable de railler l’appareil d’investigation qui s’est si longtemps porté sur le terrain, ne peut être attribuée à un paysan de ce genre avec un énorme déploiement des forces. Le professeur Bruno ne se limite pas à formuler des critiques. En connaisseur, il propose également les coups pour débusquer la bête et clore définitivement la partie.

08/12/22 : GLDF – « Cérémonie du Devoir de Mémoire »

La Commission des droits de l’homme et du citoyen de la Grande Loge de France vous invite à la « Cérémonie du Devoir de Mémoire – VIGILANCE ! », avec :

Mario Stasi
  • Mario Stasi*, avocat & président de la Ligue contre le Racisme et l’Antisémitisme (LICRA) ;
  • Le père Patrick Desbois**, président de l’Association Yahad-In Unum***.

En présence de Thierry Zaveroni, Grand Maître

Thierry Zaveroni

Avec la participation d’Antoine Bagdikian, représentant des Arméniens de France & des délégations des Obédiences Maçonniques Françaises.

Inscription à la Journée du Devoir de Mémoire https://bit.ly/3gQVsgX

Infos pratiques :

Antoine Bagdikian

Jeudi 8 décembre 2022 à 20 heures

Temple Pierre Brossolette – 8, rue Puteaux 75017 Paris

Métro Rome (ligne 2) ou bus 66, 28, 94 Rome-Batignolles

* Mario Stasi, né le 8 juin 1968 à Paris, est un avocat français, associé du cabinet Obadia & Stasi. Il préside la Ligue contre le racisme et l’antisémitisme depuis 2017.

Père Patrick Desbois

**Le père Patrick Desbois, dont le grand-père avait été déporté au stalag 325 à Rava Ruska, a entrepris depuis six ans un travail méthodique et de longue haleine sur l’histoire de l’extermination d’un million et demi de Juifs d’Ukraine : identifier et expertiser tous les sites d’exterminations des Juifs perpétrées par les unités mobiles nazies en Ukraine pendant la Seconde Guerre mondiale dans le but ultime d’offrir une sépulture décente à ces Juifs fusillés en Ukraine.

Ce travail, entrepris avec l’association Yahad-In Unum, créée en janvier 2004 à l’initiative du cardinal Jean-Marie Lustiger et du cardinal Jean-Pierre Ricard d’une part, et de M. Israël Singer d’autre part, et dont le père Patrick Desbois, directeur du Service Episcopal pour les relations avec le Judaïsme, est le président, bénéficie du soutien de la Fondation pour la Mémoire de la Shoah et du pape Benoit XVI dans une lettre du 12 novembre 2005 adressée au cardinal Lustiger.

Ces recherches, qui jusqu’à aujourd’hui se sont étendues sur un tiers environ du territoire concerné, ont permis de lever le voile sur les conditions exactes de cet assassinat de masse.

*** Yahad-In Unum (« Dans l’union » en hébreu et en latin) est une association française créée pour localiser les sites de fosses communes des victimes juives et roms assassinées par les nazis en Europe de l’Est durant la Seconde Guerre mondiale, principalement les crimes des Einsatzgruppen commis en Ukraine, Biélorussie, Russie, Lituanie, Pologne, Roumanie et Moldavie. Elle est fondée à Paris en 2004 par des dirigeants des communautés catholique et juive.