ven 27 janvier 2023 - 00:01

Vous avez dit tradition ?

Se souvenir

« Au commencement était le Verbe », disent les premiers mots de la Bible. Il est certain que les valeureux bâtisseurs du Moyen Âge n’auraient pas pu lancer les cathédrales vers le ciel sans les techniques de construction, entre autres, méditerranéennes. Or, pour beaucoup, elles leur ont été transmises oralement par les « œuvriers » manuels en provenance de l’Europe du sud. Et aussi par les chevaliers, retour de croisades. Formés au contact des constructeurs de mosquées et minarets, certains maniaient la truelle aussi bien que l’épée ! Voûtes d’arêtes, berceaux, arcades, croisées d’ogives, arcs boutants, autant de savoir-faire, autant de secrets de fabrication rapportés des provinces romaines et du Moyen-Orient…. et communiqués alors par la parole !

Cette franc-maçonnerie dite « opérative », organisée en confréries de métiers du bâtiment, ne travaillait pas que la pierre. La réflexion et les échanges verbaux occupaient aussi les soirées des hommes de chantiers, dans les loges adossées aux monuments religieux. Entre autres, les fameux manuscrits anglais Regius (1390) et Cook (1410) en témoignent.

Manuscrit Regius, vers 71 à 97, avec le début du premier article des Devoirs

La plus ancienne copie des statuts et règlements des maçons médiévaux

Manuscrit Regius, entre 1390 et 1425, vers 71 à 97, avec le début du premier article des Devoirs.

Certains d’entre nous, hyper-passionnés par le passé maçonnique, jusqu’à devenir des « glaneurs » en bibliothèques ou chez les bouquinistes, collectionnent ce type de documents (lettres, comptes rendus, livrets de loge) qui ont fleuri, surtout après l’invention de l’imprimerie (1454). S’il ne faut pas leur accorder valeur de vérité absolue, nous le répétons, ils ont toutefois le mérite d’être les « cailloux blancs » qui jalonnent le chemin de la maçonnerie de la pierre et sa lente métamorphose dans le temps, depuis la construction de l‘abbaye de Westminster (1065) jusqu’à l’instauration de la Grande Loge de Londres et de Westminster (1717). Précisément !

Possible caricature de James Anderson par William Hogarth

 Même s’il est affirmé aujourd’hui par les historiens – qui se sont auto-spécialisés « ès maçonnerie » et l’ont scindée arbitrairement en opérative et spéculative – que les deux entités n’ont rien de commun, ledit chemin entre elles existe bel et bien ! Il serait difficile de croire que les deux pasteurs James Anderson et Jean-Théophile Désaguliers ont créé spontanément la seconde, sans lien aucun avec la première ! Et que les premières Constitutions sont sorties, sans matériaux préparatoires, de l’imagination d’Anderson. Notons que celui-ci, né en Ecosse et fils d’un vitrier – donc opératif et lui-même membre de la loge maçonnique d’Aberdeen – apporte la preuve de cette filiation avec la maçonnerie de métiers.

 Si ces Constitutions originelles peuvent paraître simplistes à nos yeux contemporains, en faisant d’Adam le premier des francs-maçons, elles ont installé la notion de transmission, donc de « tradition » (du latin tradere, transmettre) …qui a traversé le temps. En effet, les Grandes Loges françaises, s’en réclament toutes encore aujourd’hui en se qualifiant d’Ordre traditionnel ! Il n’est donc pas inutile d’explorer ce mot « tradition » auquel plusieurs sens sont donnés, jusqu’aux plus fantaisistes !

La nature a doté l’Homme – avec sa faculté d’inventer et de créer – du privilège de penser, donc de se souvenir. En se développant, son appareil psychique s’est ainsi enrichi d’une mémoire. Et celle-ci, chargée de « façons de faire », de règles de conduite, de pratiques magiques, de rites païens et religieux, de recettes diverses, s’est transmise, de générations en générations. S’est instaurée ainsi, par le jeu de l’imagination, de la répétition et de l’imitation – caractéristique humaine – la coutume de la transmission des acquis, des techniques et des savoirs. Des croyances, ont surgi des conventions, des superstitions et aussi des représentations mentales qui ont produit l’art : dessins, peintures, sculptures. De la réflexion, assortie d’émotions et de sentiments, est née la poésie, ce don du langage pour exprimer les émotions et les sentiments, les rêves, les visions, les couleurs, les sons et les rythmes du monde. Et avec elle s’est imposé le récit, mélange de réalités et de constructions mentales, qui a produit les mythes, les légendes, les contes, les fables.

Autant de mots qui, ajoutés les uns aux autres, forment la grande chaîne de la parole qui unit l’homme à un autre homme, aux hommes, à l’humanité. Autant d’idées, d’affects, d’images, immense réservoir bouillonnant auquel s’abreuve chacune, chacun de nous, pour étancher sa soif de fictions, sans lesquelles la vie n’aurait pas beaucoup d’intérêt. Autant de pensées devenant au final signifiantes, porteuses à la fois d’irrationalité comme de raison mais donneuses de sens à cette vie qui n’en a pas. C’est la tradition ! Un véhicule mental lesté des cultures de la planète qui suit sa trajectoire. Pour le croyant, le fil conducteur d’une « cause première », de l’ordre de l’univers, d’une volonté divine. Et pour tout dire, d’un déterminisme. La tradition, « majusculée », devient alors la Tradition.     

Certes, nous sommes ici à l’opposé de tout concept scientifique ! La pensée traditionnelle est, par définition libre et sans limites. Sans vérification possible, il s’agit pour « l’usager », non de tenir pour vrai, mais de faire confiance aux vecteurs de cette tradition. Il en devient lui-même à son tour, le transmetteur. Ainsi fonctionne la franc-maçonnerie.

Une histoire grandiose

Roi salomon bâtisseur, ce qui est en haut est comme ce qui est en bas
Illustration légendée « Salomon construit un temple »

 L’instauration du degré de Maître, dans les années 1730 – qui transporte soudain le « Compagnon spéculatif » d’Europe en Judée – transporte aussi les imaginations ! Des cathédrales, le temple de Salomon. Ce « déplacement » coïncide avec la naissance des Hauts-Grades. Il a pu ainsi faire dire que ledit degré de Maître est le premier d’entre eux. Mais surtout, cet « atterrissage » dans le bassin méditerranéen permet la mise en place du théâtre symbolique de l’Art Royal et l’entrée en scène des traditions empruntées localement. De ce corpus traditionnel vont naître les rites et leurs envolées lyriques ! Et les Hauts Grades précités, dont l’échelonnement, selon chacun, en 7, 18, 33 et 99 degrés, avec des titres ronflants, dénotaient et dénote encore, pour nombre d’observateurs extérieurs qui s’intéressent à la franc-maçonnerie… une « folle exubérance » loin de toute spiritualité !

Il faut comprendre que les membres de ces nouvelles loges de réflexion, composées « d’acceptés », c’est à dire de gens étrangers aux métiers du bâtiment (hommes de loi et gens de robe, apothicaires, marchands, numérologues, astrologues, alchimistes, etc.) – donc peu soucieux des techniques de la pierre et des constructions monumentales – désiraient plutôt ouvrir leur imaginaire aux mystères et fictions méditerranéennes !

Pour partager un temps convivial en loge, et « rêver éveillés » ensemble, quoi de mieux, comme support de réflexion, que d’entrer dans l’univers traditionnel de ce bassin enchanteur ?! Nous avons évoqué plus haut la poésie de ces traditions, et il n’est pas inutile d’y revenir : la manière utilisée par les premiers maçons spéculatifs pour interpréter chacune d’elles est vraiment particulière !

Qu’il s’agisse des traditions biblique, égyptienne, gréco-romaine, ésotériques, kabbalistique, alchimique, compagnonnique, chevaleresque …il n’est pas question d’une reproduction à l’identique des textes « historiques », mais plutôt d’une « réécriture » avec, notamment, de nouveaux rôles donnés aux personnages.

Le plus surprenant est évidemment le changement opéré dans la tradition biblique, avec Hiram, qui de simple artisan bronzier, se trouve métamorphosé en architecte du roi Salomon ! Le procédé, peut sembler relever du fantasme ou d’une fantaisie. En réalité, il s’agit pour les rédacteurs des rites, à la fois de raconter une histoire grandiose et de la terminer par une morale. En ce sens, la Bible fourmille de personnages, de situations et d’évènements (souvent plus tragiques que joyeux !) à même de fournir des « séquences sociales » à suspense ! Il est pourtant souvent dit aujourd’hui qu’il y a, avec ces « emprunts » un manque de créativité, par définition. Et partant d’originalité, en constatant que la légende d’Hiram qui a donc été tirée de la Bible, finalement, est assez pauvre en soi. Par ailleurs, certains frères et sœurs, juifs ou catholiques, respectueux de l’orthodoxie de leur religion, reprochent carrément aux rites maçonniques « emprunteurs », à la fois copie et falsification des textes sacrés !

Vendredi 13 la Cène avec le Christ
Vendredi 13 la Cène avec le Christ – Crédit photo Pixabay

Il est vrai que retrouver dans la « scénographie maçonnique » les œuvres johanniques, l’Apocalypse, la Cène et la résurrection du Christ (même présentés en l’occurrence avec d’autres mots) peut surprendre ! Il y a là, entre la méthode maçonnique, ici proche de la parodie – et la théologie, une opposition évidente. Il n’est pas surprenant, même si le climat est aujourd’hui apaisé – et que la Bible n’est pas un titre de propriété – que la maçonnerie ne soit pas « en odeur de sainteté » dans la cité vaticane. Gageons que ses bonnes grâces ne sont pas pour demain, vu l’attitude « réservée » des papes successifs !

Partant, la question est clairement posée d’une réforme des rituels de certains rites maçonniques.

Le Rite Écossais Ancien et Accepté, par exemple, fait encore et toujours polémique, lorsque son 18e degré (selon les interprétations) présente une dramaturgie transformant la résurrection christique en une renaissance – par le biais d’une rose – qui ne trompe personne. La cérémonie de la Cène, symbolisée par le partage du pain et du vin, bien que portant en gloire l’Amour entre les humains, peut être choquante – en tout cas gênante – pour les maçons et maçonnes catholiques (qui plus est, excommuniés par l’église du fait de leur appartenance !).

Par deux fois, en quarante ans de maçonnerie, j’ai pu vérifier la puissance, en l’occurrence négative, des traditions véhiculées par les « Livres saints ». Et en même temps de la force du sentiment de culpabilité en l’homme qui le vit. Lors d’une tenue au 18e degré, j’ai été témoin du malaise physique qui a saisi un frère, lors de son élévation à ce degré. Catholique fervent, il n’avait manifestement pas été informé de la symbolique en cause. Il a subi un malaise physique, imposant son évacuation, lors de la cérémonie de la Cène. Il s’est considéré en « état de sacrilège » et de trahison de sa religion !

 Dans un autre contexte, j’ai vu un frère musulman, involontairement trompé par la nourriture servie, lors d’un repas maçonnique traditionnel. Une violente indisposition gastrique l’a saisie, l’obligeant à quitter la table. Ces deux incidents m’ont rappelé, avec le respect des cultures, que tradition rime avec précaution. Et information !

De Jérusalem à Athènes

Premier sanctuaire dit Temple de Salomon, construit par les Israélites pour abriter l’arche d’Alliance 

Malgré ces risques éventuels de la tradition et du symbolisme – à considérer sans généraliser – ce qui peut paraître étonnant, c’est la quantité de ces pratiques qui peuplent l’univers maçonnique ! A celles énumérées ci-dessus, il faut notamment ajouter, à partir de la philosophie de Pythagore, l’intérêt porté aux chiffres et aux nombres, dont les propriétés supposées ont toujours fasciné les civilisations antiques. Celles-ci voyaient en eux, au-delà même de leur utilisation pratique, un « contenu spirituel », manifestation de l’ordre cosmique, pour ainsi dire un mystère d’essence divine !

L’héritage technique des maçons opératifs qui pratiquaient la géométrie par métier – et pour leur part, avec la rigueur rationnelle qu’impose l’élévation de la pierre – n’est certainement pas étranger non plus à cet engouement pour la numérologie.

Constitutions d’Anderson

Le pasteur Anderson y a cédé lui-même dans ses Constitutions de 1723, pour numéroter les années et désigner les mois : En adoptant la théorie du prélat anglican James Uscher, lequel, sur le postulat de la création du monde 4000 ans avant JC (selon la Genèse), augmenta d’autant le millésime en cours, pour créer le calendrier maçonnique !

Une façon, à l’époque, de se distinguer des codes religieux. D’après ce calendrier, nous sommes ainsi actuellement dans les années 6000 de la Vraie Lumière, par rapport à « l’année vulgaire » (calendrier habituel) !

L’intérêt des maçons pour la numérologie a suivi « la poésie andersonnienne », d’où – selon le même processus fantasmatique – l’âge mythique de chaque degré des rites maçonniques puis l’âge des maçons (respectivement trois, cinq, sept ans pour l’Apprenti, le Compagnon et la Maître). Ces âges correspondraient aux dimensions en coudées du cercueil d’Hiram, selon la trouvaille d’une imagination créative du début de l’époque spéculative ! Pensée magique, quand tu nous tiens !

À ces fantaisies arithmétiques, s’ajoutent les traditions kabbaliste hermétiste, alchimique et rosicrucienne, lesquelles utilisent également les nombres. On peut souligner le symbolisme de la Table d’émeraude, célèbre texte de la littérature alchimique et hermétique. Parmi les douze formules qui le composent, celle relatant la correspondance entre le microcosme et le macrocosme a fait florès : « Ce qui est en bas est comme ce qui est en haut, et ce qui est en haut est comme ce qui est en bas, afin d’accomplir les miracles de la chose Une ».

Hermès Trismégiste, littéralement « Hermès trois fois le plus grand » 

Selon la légende, elle présente l’enseignement de Hermès Trismégiste, fondateur mythique de l’alchimie (un nom de code qui impliquerait plusieurs rédacteurs, dit une autre légende !) et aurait été retrouvée dans son tombeau – gravée sur une tablette d’émeraude – au creux de la grande pyramide de Gizeh (Khéops) au Caire. Parmi ses nombreuses interprétations, le maçon, la maçonne, y voient bien sûr l’humilité, notamment en ce qui concerne – selon l’image pyramidale même ! – leur ascension de l’échelle des degrés des rites !

La tradition chevaleresque – qui nous renvoie au Chevalier de Ramsay et aux Croisades – est certainement la plus enrichissante au niveau de la pensée logique, donc du raisonnement. Même si l’histoire nous indique que le bien et le mal ont chacun leur logique ! Selon certains historiens, précisément, la première Croisade (Urbain II en 1090) aurait reculé de trois siècles la prise de Constantinople par les Ottomans et permis à la civilisation occidentale de se constituer, grâce à l’apport hellénique. Selon d’autres, nous l’avons dit plus haut, l’ensemble des Croisades a constitué, à la lumière contemporaine, une catastrophe politico-ecclésiale, dont l’Occident paie le prix aujourd’hui.

D’une logique, l’autre. La franc-maçonnerie des années 1730, très au-dessus du cadre guerrier et reprenant l’image du Chevalier dispensant le Bien et terrassant le Mal, en a fait le héros (voire le Zorro !) de ses Hauts Grades (au REAA). Foi dans l’homme et son potentiel, Espérance dans la continuité de l’action, Charité dans son don de l’Amour universel. Tel est l’idéal de la Chevalerie de l’Esprit, sur la base chrétienne d’alors, comme en témoignent les trois vertus théologales ci-dessus !

Statue de Socrate en penseur Grec
Statue de Socrate à l’Académie d’Athènes, œuvre du sculpteur néoclassique grec du XIXe siècle Leonidas Drose

Certes, elle aurait pu s’appuyer sur d’autres références historiques, comme la Grèce ou la Rome antiques, ces deux pays ne manquant, ni de dieux puissants, ni de mythologies grandioses, ni de Sages illustres. La première avec ses philosophes spéculatifs (Socrate, Platon, Aristote, entre autres) la seconde avec ses penseurs de sagesse pratique (Sénèque, Epicure, Marc-Aurèle, entre autres). Il faut reconnaître ici que le « Connais-toi toi-même » emprunté à Chilon par Socrate reste théorique, alors que les trois romains précités proposent discours et méthode. Il n’est pas dit que ces philosophies n’inspirent pas les systèmes de Hauts-Grades en réseaux qui naissent dans l’Hexagone (Provence, Aquitaine, Normandie, Hauts de France, etc.) et pourraient bien annoncer un renouveau de la pensée maçonnique dite encore aujourd’hui « juridictionnelle ». En tout cas, enrichir la palette traditionnelle avec de nouvelles nuances intellectuelles et une idée neuve en maçonnerie : l’Antiquité européenne !

N’est-il pas temps que l’Art Royal contemporain, né au siècle des Lumières, se souvienne, d’idées en pensées, de réflexions en traditions, qu’il doit autant à Athènes et à Rome qu’à Jérusalem ?

Gilbert Garibal
Gilbert Garibal
Gilbert Garibal, docteur en philosophie, psychosociologue et ancien psychanalyste en milieu hospitalier, est spécialisé dans l'écriture d'ouvrages pratiques sur le développement personnel, les faits de société et la franc-maçonnerie ( parus, entre autres, chez Marabout, Hachette, De Vecchi, Dangles, Dervy, Grancher, Numérilivre, Cosmogone), Il a écrit une trentaine d’ouvrages dont une quinzaine sur la franc-maçonnerie. Ses deux livres maçonniques récents sont : Une traversée de l’Art Royal ( Numérilivre - 2022) et La Franc-maçonnerie, une école de vie à découvrir (Cosmogone-2023).

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2 Commentaires

  1. Mon BAF Gil,

    Tu es bien placé pour savoir qu’en maçonnerie tout est symbole. Ceux qui restent affectés par la lettre n’ont pas franchi le pas malgré les mies en garde de ne pas prendre les mots pour des idées et de rechercher l’idée sous le symbole. Le seul moteur maçonnique est donc le symbole qui cache le Mythe. Ce sont ces mythes qui peuvent nous aider avec le fil à plomb à avancer dans notre re-connaissance de notre propre nature. A condition bien sûr d’avoir abandonné au préalable toutes nos certitudes et nos préjugés : la Vérité n’est pas à notre portée, nous ne pouvons qu connaître des substituts.

  2. Merci pour ces précisions, Mon Très Cher Frère.
    De mon point de vue, il arrive un moment où il faut passer du sempiternel « Qui suis-je? » au « Que suis-je? » !
    Pour éviter la dangereuse vanité! Dans « vanité » il y a « vain »… Où est notre place? Telle est la vraie question!
    Qui peut dire qu’il a atteint et connaît son « être », au plus profond de lui-même, que certains appellent l’âme?!
    Nous savons très bien que nous sommes le résultat d’une lignée, en quelque sorte d’un début « inatteignable », donc que nous ne nous appartenons pas!
    Nous sommes les autres, une partie de ces autres!
    Dès lors, restons tout à la fois modestes, humbles, réalistes!
    « Je » est un autre, affirme Rimbaud, qui ne peut pas mieux dire!
    Ce n’est pas pour rien que nos bancs sont face à face en loge :
    Notre place est, précisément, dans l’oeil de l’autre!
    A mon humble avis!
    Gilbises fraternelles

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