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14/01/23 : La GLDF en colloque à la Guadeloupe

« Itinéraires du Rite Ecossais Ancien et Accepté, histoires et perspectives », tel est le thème de cette belle rencontre qui se tiendra dans les Antilles françaises, en ce début d’année.

L’enchanteresse ville du Gosier, en créole guadeloupéen Gozyé, accueillera cet événement.

La Grande Loge de France nous invite samedi 14 janvier 2023 à un colloque ayant pour finalité de

faire connaître l’histoire maçonnique de l’espace Antillo-Guyanais et, par là-même, de réfléchir sur un certain nombre de questions éthiques et philosophiques qui, aujourd’hui encore, y perdurent, tout en tentant d’appréhender l’action de la franc-maçonnerie en général, et celui de la Grande Loge de France en particulier.

Chacun sait que, dans la seconde moitié du XVIII° siècle, le Rite du Royal Secret en vingt-cinq degrés, est passé de la France hexagonale à la Caraïbe, avant d’être exporté dans les futurs États-Unis d’Amérique puis, de là, en France à nouveau, en 1804, mais cette fois sous la forme du Rite Ecossais Ancien et Accepté en trente-trois degrés. 

L’espace Antillo-Guyanais a donc constitué une étape fondamentale dans l’évolution de ce qui demeure, au XXI° siècle, le rite maçonnique le plus pratiqué dans le monde. 

Mais traiter de ce seul sujet serait naturellement incomplet, voire insuffisant. Ce colloque comporte donc une autre dimension : tenter de comprendre comment cet espace a englobé et continue d’englober, à travers des valeurs communes, des territoires et des populations différents ayant contribué à forger son identité et, par là-même, celle de la franc-maçonnerie écossaise, qui s’y est développée depuis plus de trois siècles. 

Il s’agit, de ce fait, d’un véritable voyage dans le temps et dans l’espace, qui est proposé aux sœurs et aux frères de toutes les Obédiences, à l’instar du départ et du retour du Rite Ecossais Ancien et Accepté lui-même, montrant les échanges entre l’hexagone et ses anciennes colonies devenues DOM-TOM, et racontant une longue histoire articulée entre deux mondes, l’ancien et le nouveau. Une histoire parfois difficile, dès lors que plane inévitablement au-dessus d’elle le spectre de l’esclavage, mais s’inscrivant aussi dans une dynamique de communication passée, présente et à venir. 

Partant du principe que ces territoires représentent, historiquement, un relai entre des cultures diverses mais complémentaires, et que le débat doit impérativement porter sur l’articulation la plus juste entre la vision des populations locales et celle de l’Hexagone, Histoires et Perspectives – il va sans dire au pluriel – interpellent sur la notion même d’Histoire racontée, et racontée par qui. Derrière le Rite Ecossais Ancien Et Accepté, il y a, en effet, des femmes et des hommes dans leur pleine et entière humanité et c’est celle-ci que ce colloque entend mettre en évidence. C’est pourquoi celui-ci ne se veut pas seulement une rencontre historique, mais bien un outil de réflexion intégrant le passé dans le contexte présent pour penser l’avenir. Celui de la société, mais aussi et surtout celui de la franc-maçonnerie, dont le but demeure la libération de l’être individuel et l’amélioration progressive et pacifique de l’humanité.

Thierry Zaveroni, Grand Maître de la GLDF
Thierry Zaveroni, Grand Maître de la GLDF

Le programme

9h00-9h30 : Introduction par le Grand Maître de la Grande Loge de France : Thierry ZAVERONI et/ou le Grand Commandeur du Suprême Conseil de France Jacques ROZEN

Claude Collin

09h30-10h30 : L’itinéraire du Rite du Royal Secret de la France à Saint-Domingue, puis de la Caraïbe aux Treize colonies d’Amérique et celui du Rite Ecossais Ancien Et Accepté, des États-Unis à la France. Conférencier du SCDF : le TIF Claude COLLIN, Grand Commandeur Émérite du SCDF 

Jean-Pierre Thomas

10h30 11h30 : Franc-Maçonnerie et esclavagisme au XVIII° et au XIX° siècles, la perception de l’anomalie par les francs-maçons français. Conférencier de la GLDF :  Jean-Pierre THOMAS, délégué du Grand Maitre à la Culture.  

Éric Saunier

11h30-12h30 : Conférencier : Éric SAUNIER (Docteur en Histoire, Directeur de l’Institut d’Etudes et de Recherches Maçonniques) « Le Triangle et les chaînes de l’esclavage : du paradoxe à la métamorphose des sociétés maçonniques » (1770-1848) » 

Pause Déjeuner

Élisabeth Landi

14h30-15h30 :Le portrait d’un maçon blanc créole, Moreau de St Merry, ou les ambivalences de la maçonnerie au XVIIIe siècle. Conférencière de la GLFF: Élisabeth LANDI (Professeur d’Histoire, Universitaire)

Rodolphe Alexandre

15h30-16h30 : L’Histoire inachevée des loges de Guyane : Reflet de la société coloniale à la crise de la départementalisation (1776-1980). Conférencier : Rodolphe ALEXANDRE, docteur en Histoire (GODF Guyane)

Charles Saint-Cyr

16h30-17h30 : La Grande Loge de France dans les Orients Caraïbes- Amériques : Une sociologie des Loges comme miroir des mentalités sur un territoire cosmopolite. Conférenciers de la GLDF, Région Caraïbes-Amériques :

Jaques Forier

Les FF Jacques FORIER (Guadeloupe) et Charles SAINT-CYR (Martinique)

Jacques Rozen

17h 30 -18h30 : Conclusions du Colloque par le Grand-Maître de la GLDF Thierry ZAVERONI et/ou le Grand-Commandeur du SCDF Jacques ROZEN

Le dimanche, « Cérémonie ouverte aux membres de la Juridiction et de l’Obédience »

09h30 : Accueil des frères/10h00 : Cérémonie/12h00 : Déjeuner.

« Les Frères se décoreront à leur degré le plus élevé. Smoking ou costume sombre, chemise blanche et nœud papillon noir obligatoires. Ils sont priés de se présenter impérativement à 9h30 précises à l’entrée, Ils seront ensuite placés à l’intérieur du Temple suivant le rituel habituel. Les Travaux seront ouverts à 10 heures précises.»

Infos pratiques :

Hôtel Salako

Hôtel SALAKO, Pointe de la Verdure – Le Gosier 

Pour participer au colloque, l’inscription est obligatoire et il faut s’acquitter des droits d’inscription

https://www.gldf2023.com/inscription

Afin de vous réserver le meilleur accueil, merci de vous inscrire au plus tôt. La clôture des inscriptions est fixée au 31 décembre 2022. Renseignement : colloque@gldf2023.com

Tarif par personne, 5 €, comprenant :

– l’accès aux séances du colloque du samedi ;

– la participation au cocktail du samedi soir ;

– les actes du colloque.

Sisyphe – La GLMF à 40 ans

Ce hors-série est un collector ! Que les collectionneurs se le tiennent pour dit… la Grande Loge Mixte de France fête donc ses quarante ans. Comme dans tout mariage – une Obédience avec ses Sœurs (51 %) et ses Frères (49 %) – chaque anniversaire de mariage est unique. Et, pour honorer cette union, il s’agit des noces d’émeraude !

L’émeraude est la pierre dotée d’une couleur unique – un vert transparent –, et est considérée comme « la pierre de la sagesse », étant également symbole de la patience, qualité acquise au fur et à mesure de toutes ces années…

Une revue de la Grande Loge Mixte de France – N° spécial – Décembre 2022

Revue semestrielle, hors-série – Conform édition, 2022, 132 pages, 24 € – port offert

Blason

Alors, bon et joyeux anniversaire aux Sœurs et Frères de la Grande Loge Mixte de France (GLMF), créée en 1982 et forte de plus de 250 Loges et de plus de 5000 membres. Cette fédération de loges, ayant chacune un statut d’association loi de 1901, est issue d’une scission d’avec la Grande Loge Mixte Universelle. Fruit d’une volonté d’établir une réelle égalité entre hommes et femmes, on y pratique la mixité totale – Une richesse générée par la complémentarité femme, homme”.

% SS & FF – Site GLMF, détail.

La Grande Loge Mixte de France a ainsi bénéficié de l’expérience des autres Obédiences pour mettre en place un projet original répondant aux souhaits de chacun et aux attentes d’une société en mutation. Dès l’origine, le soutien du Grand Orient de France fut actif en la personne de son grand Maître Paul Gourdot et de son Conseil de l’Ordre. Rappelons que sa devise est Liberté, Égalité, Fraternité.

Constitutions GLMF.

Depuis 40 ans, la Grande Loge Mixte de France a bâti un modèle, en maintenant des échanges constants validés par des conventions avec notamment le Grand Orient de France, la Fédération Française du Droit Humain, la Grande Loge de France, la Grande Loge Féminine de France, la Grande Loge Symbolique et Traditionnelle Opéra, la Grande Loge Féminine de Memphis-Misraïm, la Loge Nationale Française devenue, depuis le 21 avril 2018, intégrant la Loge Nationale Mixte Française, les Loges Nationales Françaises Unies, la Grande Loge Mixte Universelle, l’Ordre Initiatique et Traditionnel de l’Art Royal, etc. Sa devise est Liberté, Égalité, Fraternité.

Christiane Vienne, Grand Maître

Précédent la liste des grands maîtres de la GLMF, l’éditorial, composé de 2 textes, l’un de Christiane Vienne, SGM de la GLMF, l’autre d’Édouard Habrant, Grand Maître de 2015 à 2016 et de 2018 à 2021. Christiane Vienne détaille comment l’idée a germé de consacrer 2022 à parcourir la France afin d’aller à la rencontre des Loges et des membres et pourquoi elle s’est imposée tout naturellement. Pour elle, il s’agit à la fois d’un devoir de mémoire que d’un devoir de transmission.

Le sommaire

Une façon aussi d’expliquer comment, en 40 ans, l’Obédience a construit sa propre culture et a cultivé différences et particularités. Comprendre la Grande Loge Mixte de France se situe dans l’histoire maçonnique en général. Toute est donc faite, avec lumière et intelligence, rappelant dans le paysage national, la  place et les valeurs de la GLMF, qui est, ne l’oublions pas, connue aussi sous le nom de Fédération Olympe de Gouges, regroupant des associations humanistes, spirituelles et philosophiques, les Loges, qui poursuivent le même objet, à savoir le perfectionnement de la société et œuvrant à la diffusion de la laïcité, sans oublier les multiples actions philanthropiques pour améliorer la condition soit des membres soit des victimes de calamités.

% d’Apprentis, de Compagnons et de Maîtres Maçons de la GLMF à ce jour – Site GLMF, détail.

C’est une façon aussi de comprendre finalement comment et pourquoi devient-on franc-maçon de la GLMF. Partant de l’Angleterre du tout début du XVIIIe siècle et retraçant les différentes étapes clés que sont 1717, 1723, 1877, 1973 puis 1982. Pour Christiane Vienne, Grand Maître en exercice,  le patrimoine culturel et philosophique, les valeurs et les traditions de son Obédience sont un véritable trésor.

Édouard Habrant, Grand Maître de 2015à 2016 puis de 2018 à 2021.

Quant à Édouard Habrant, il nous entretient de spiritualité. Avec bonheur ! De spiritualité d’une manière générale mais aussi et surtout comment la Maçonnerie d’aujourd’hui se l’approprie.

Site GLMF, détail.

N’hésitant pas convoquer Antoine de Saint-Exupéry dans Terre des hommes, recueil d’essais autobiographiques, paru en février 1939 en France, où il reçoit le grand prix du roman de l’Académie française « … Il nous faut, dans la nuit, lancer des passerelles… »

Première de couverture de Terre des hommes, publié aux éditions Gallimard en 1939.

 Ce hors-série commémorant les 40 ans de l’Obédience, est un beau partage de son histoire mettant en avant de nombreux témoignages, de Sœurs et Frères, sur sa naissance. Citant à la fois les Conseillers de l’Ordre, les onze Loges fondatrices, en décembre 1982.

La déclaration d’intention du Comité et les différentes allocutions, des Grands Maîtres et/ou des Orateurs. L’occasion aussi de lire des contributions sur le passé, le présent et l’avenir de la GLMF. Une belle façon d’honorer ces quarante ans et de mieux comprendre choisir la GLMF pour construire avenir qui se veut meilleur. Car elle est et demeure une Obédience ancrée dans la modernité. 40 ans, n’est-ce pas un bel âge, celui de la maturité et de l’action ?

Charles Coutel

À la lecture de l’ours, nous constatons que le comité de rédaction est composé, entre autres, des Frères Charles Coutel, professeur émérite en philosophie du droit à l’Université d’Artois et directeur de l’Institut d’études des faits religieux (IEFR),

Michel Baron

et du psychanalyste Michel Baron, contributeur régulier des Cahiers de Villard de Honnecourt, revue trimestrielle de Loge Nationale de Recherche de la Grande Loge Nationale Française et, par ailleurs, auteur du très beau texte sur « Le sacré » du Livre d’heures du Parfait Maçon-Guide en 12 points de l’initiation maçonnique régulière (GLNF, 2022).

Un numéro anniversaire, à lire avec enthousiasme, du grec ancien enthousiasmós, signifiant « inspiration, possession divine » !

Retrouvez la GLMF – source inspirant de certaine lignes – sur leur site

Achetez SISYPHE, sur le site de Conform édition

Points de Vue Initiatiques # 206-« Pensée et action »

S’il est bien une publication qui porte haut et fort les couleurs de la GLDF qui, ne page d’accueil de son site Internet, a pour devise « Une démarche de tradition au cœur des enjeux contemporains », c’est bien Points de Vue Initiatiques (PVI), revue trimestrielle de la Grande Loge de France.

Chaque numéro (de 120 pages environ, format 18 x 24 cm) est rédigé par des auteurs francs-maçons, à l’exception de quelques invités. Le magazine a pour but de d’accompagner les Frères dans leur démarche d’initiation à la Franc-Maçonnerie de tradition, les aider dans leur réflexion et les éclairer dans leurs travaux. Une revue qui, en 2025, fêtera ses 50 ans !

Points de Vue Initiatiques-Vivre la tradition/Revue de la Grande Loge de France

Pensée et action – GLDF, # 206, décembre 2022, 120 pages, 8 €

Sommaire du numéro 206

À quoi sert la franc-maçonnerie et comment incite-t-elle ses membres à cultiver leur pensée afin de pouvoir agir en initiés engagés dans le monde ? Voilà la passionnante thématique qu’explore, parfois de manière inattendue, ce nouveau numéro de PVI #206 « Pensée et action ».

Éditorial, page 1 par Olivier Balaine

Le mot du Grand Maître, page 2 par Thierry Zaveroni,

L’initiation par l’action et par la pensée, page 8 par Gabriel Samso – La pensée et l’action, plutôt que deux catégories étrangères, ne seraient-elles pas une seule boucle-réflexe divisée seulement en apparence, mais unies dans le rapport commun de l’homme au monde ?

Éloge de la paresse, page 16 par Jean-Philippe Hardy – S’accorder un temps de paresse signifie-t-il ne rien faire ? Doit-on considérer comme paresseux celui qui s’adonne à l’otium, aux loisirs studieux, à l’introspection ? Le franc-maçon doit-il culpabiliser quand il lâche prise ?

La main, égale et rivale de sa pensée, page 24 par Jean-Pascal Meyer – La main n’est-elle là que pour satisfaire l’idée germée dans la pensée ? Pourtant, faire donne à penser. La main développe une compétence autonome pour passer d’outil à Maître, par l’expérience de la vie. Elle arrive à démêler ce que la pensé emmêle parfois.

Le non-agir, page 32 par Jean-Michel Vallat – Notion difficile à appréhender pour un esprit européen, le non-agir, le wu-wei* chinois, est tout sauf une invitation à l’inaction.

Maçon dans la Loge, Maçon dans le monde, page 42 par Stéphan Bousquet – Au-delà d’un simple perfectionnement moral, par son initiation, son assiduité en tenue, et la découverte du langage symbolique, le franc-maçon apprend à se relier au monde sacré de l’Esprit. Son regard en revient définitivement bouleversé.

Frédéric Potier en 2019

Entretiens

« Je ne suis pas un universaliste naïf », page 50 par Frédéric Potier, délégué général à l’Éthique et à la conformité du groupe RATP depuis février 2021, préfet et précédemment délégué interministériel à la lutte contre le racisme, l’antisémitisme et la lutte anti LGBT (DILCRAH) – Propos recueillis par Dominique Losay et Olivier Balaine

« Je suis persuadé qu’une pensée doit se vérifier dans sa capacité à faire agir », page 56 par Jean-Marie de Bourqueney – Propos recueillis par Dominique Losay et Olivier Balaine

Olivier Balaine

Esprit et pensée, âme et action, page 62 par Marc Guiguet – L’esprit, quête de l’initié, manifeste au monde la présence du Principe créateur. L’âme anime le corps et nous invite à passer de l’autre côté du miroir. La pensée initiatique s’épanouit dans l’action, s’inscrivant dans l’ordre du monde.

S’élever en marchant…, page 76 par David Milcent – Points de Vue Initiatiques a réuni cinq pèlerins, même si parfois ils s’euphémisent en randonneurs… Difficile de définir ce qui se vit sur les chemins. Le point commun entre chacune et chacun ? En marchant, ils ont découvert une part d’eux-mêmes.

Quand dire, c’est faire, page 76 par Florence Dupont – La pratique rituélique nous transforme par le dire, qui est performatif dans l’espace sacré. Les mots deviennent vivants, créant un événement, quand l’écriture est un aide-mémoire. La franc-maçonnerie conserve ainsi un fonctionnement proche des sociétés initiatiques d’autres cultures.

Le symbole, porte ouverte sur l’infini, page 84 par Jean-François Pluviaud – Loin de toutes conventions, la franc-maçonnerie développe un symbolisme poétique, celui qui ouvre l’imaginaire, permet la traversée du miroir et nous propulse dans la Lumière. Encore faut-il le vouloir !

Bibliographie, page 91, [NDLR : 22 ouvrages sont proposés]

Histoire

Jean-Pierre Thomas, Grand Officier GLDF en charge de la culture

Franc-maçonnerie et antiesclavagisme : le combat des francs-maçons, page 92 par Jean-Pierre Thomas – Crime de « lèse-humanité » mis en évidence par les écrits philosophiques de nombreux Frères, l’esclavage a été largement remis en question par les Loges des siècles derniers, faisant de l’émancipation des Noirs un de leurs combats.

Portrait d’initié

Charles Floquet, page 98 par Jean-Pierre Thomas – Avocat à l’éloquence flamboyante, homme politique marquant par ses idées progressistes, Charles Floquet fut aussi un éminent et influent Maçon. Ses idées démocratiques et son approche laïque de la spiritualité inspirent encore le fonctionnement actuel de la Grande Loge de France.

D’Orient et d’Occident

La tolérance : une vertu, page 101 par Cader Dossa – Si tolérer l’autre apparaît comme la pierre angulaire des sociétés en construction, la voie pour y parvenir demeure exigeante, fragile, laissant trop souvent la place aux facilités insidieuses de l’ostracisme.

Morceaux d’architecture

François Gruson

Empiler et franchir, page 106 par François Gruson

Arrêt sur images

Le Palais Idéal du Facteur Cheval à Hauterives (Drôme) – Chef-d’œuvre de l’architecture naïve et de l’art naïf, classé au titre des monuments historiques depuis 1969.

Ferdinand Cheval : facteur et bâtisseur de chimères (1836-1924), page 110 par Daniel Sygit

Le quiz de Patrick

Par 112 par Patrick Joinié-Maurin [NDLR : 3 questions nous sont posées :

  • en quelle année apparaît le mot de maçon ?
  • le grade de maître apparaît en…
  • La création de la Royal Society eut lieu en…

Puis, nous trouvons les réponses au quiz du PVI n° 205 : Qui a fondé la loge des 9 sœurs ? ; Qui a écrit : « Je deviens vieux en apprenant toujours » ? ; Vers quelle époque apparaît clairement une maçonnerie purement spéculative ?]

L’air du temps

La véritable histoire du noachisme, page 114 par Robert de Rosa

Recensions, page 116 (NDLR : Sont chroniqués par Jean-Pierre Thomas, Grand Officier à la Culture, spécialiste de la Maçonnerie « Écossiste » en charge de la rubrique Histoire, Le dernier des compagnons, Hubert Germain (Tallandier, 2022, 208 pages, 17,90€) de la journaliste et biographe Guillemette de Sarrigné et Cahier de brouillon pour Francs-maçons s’ennuyant en Loge (Numérilivre, 2021, 48 pages, 12 €) de Philippe Benhamou Philippe et Clara Pragman. Notre note de lecture sur 450.fm, du 26 décembre 2021 https://450.fm/2021/12/26/cahier-de-brouillon-pour-francs-macons-sennuyant-en-loge/

Bulletin d’abonnement**, page 117

Le champ du poète

Fil à Plomb, page 121 par Yeurdis B. Neuman

Lao Tseu, Mythes et Légendes de Chine, 1922 par E. T. C. Werner

*Le Wu-wei est une notion taoïste qui peut être traduite par « non-agir » ou « non-intervention ». Pour autant, ce n’est pas une attitude d’inaction ou de passivité, mais le fait d’agir en conformité avec « l’ordre cosmique originaire », le mouvement de la nature et de la Voie (Tao). Cette notion d’« agir sans agir », est centrale dans le taoïsme et reste l’objet de nombreuses interprétations ; elle est notamment utilisée par Lao Tseu tout au long du Tao Tö King. Ce dernier a fait de wu-wei un principe politique de gouvernement idéal ; son influence se traduit par le fait que le trône de plusieurs empereurs (comme Kangxi) était surmonté d’un panneau de laque qui portait l’inscription wu-wei, en tant que devise nationale, et ce jusqu’à la fin de la Chine impériale en 1911. Plusieurs entrepreneurs chinois ont également une plaque avec cette inscription dans leur bureau.

**Acheter ou s’abonner à Points de Vue Initiatiques (PVI)

Pour vous abonner à PVI ou acheter un numéro en particulier vous pouvez consulter la boutique en ligne de la Grande Loge de France https://boutique.gldf.org/

PVI, c’est plus de 200 numéros… Vous pouvez consulter la page Facebook dédiée aux Points de Vue Initiatiques https://www.facebook.com/PVI.OFFICIEL

Vous pouvez également vous inscrire à la newsletter PVI https://www.gldf.org/newletter.html

ou télécharger les anciennes lettres d’informations sur la revue https://www.gldf.org/editions-publications/pvi-revue-de-la-gldf/lettre-dinformation-pvi.html

Renseignements auprès de la Grande Loge de France : par e-mail à redaction@gldf.org

ou par courrier postal : PVI – 8, rue Puteaux – 75017 Paris

Nous trouvons, en fin d’ouvrage l’annonce du sommaire, toutefois donné à tire indicatif, du prochain numéro, le 207, prévu en mars 2023. Avec comme thématique « La Maçonnerie : une tradition vivante. »

Jean-François Pluviaud

Pensée et action… Vaste sujet ! Auquel PVI n’a pas hésité un seul instant à être confronté. C’est-à-dire à mettre en présence pour comparer leurs affirmations. De plumes telles que celles de notre Frère Jean François Pluviaud – initié il y a 42 ans à la GLDF –, auteur, entre autres, de huit ouvrages maçonnique – dont Critique de la raison maçonnique (Dervy, 2002) et réédité en 2006 – Coll. dire – en y ajoutant le sous-titre Transparence, démocratie et… secret, Le phantasme maçonnique et autres chroniques (Numérilivre-Éd. des Bords de Seine, 2009) préfacé par Marc Henry, Grand Maitre de la Grande Loge de 2012 à 2015, et de quatre recueils de poésie.

4e de couverture, détail.

Ou encore de celle de François Gruson, auteur d’une thèse de doctorat en Architecture en 2016, sous la direction de Antonella Mastrorilli, qui fait autorité Pratique rituelle et forme de l’espace : le temple maçonnique : forme, type et signification.

Finalement, comme le dit Gabriel Samso « La pensée et l’action plutôt que deux catégories étrangères ne seraient-elles pas une seule boucle réflexe divisée seulement en apparence mais unis dans le rapport commun de l’homme au monde ? »

Au-delà des belles illustrations émaillant l’ouvrage,

 nous avons aussi particulièrement apprécié l’article de Stéphane Bousquet sur « Maçon dans la Loge Maçon dans le monde ». Ce titre, tout simplement n’illustre-t-il pas de belle manière comment passer de la Loge, laboratoire du vivre-ensemble, à un universalisme et un œcuménisme dans la cité… Le Maçon pratiquant l’Art Royal au sein d’ »un ordre initiatique traditionnel fondé sur la Fraternité et ayant pour but le perfectionnement de l’Humanité » se doit de travailler à « l’amélioration constante de la condition humaine, tant sur le plan spirituel et intellectuel que sur le plan du bien- être matériel » (Extrait du Chapitre I des Constitutions de la GLDF intitulé: La Franc-Maçonnerie Universelle et ses Principes – cf. aussi la 2e de couverture de la revue).

Thierry Zaveroni, Grand Maître de la GLDF
Thierry Zaveroni, Grand Maître de la GLDF

Pour Thierry Zaveroni, Grand Maître, « La pensée et l’action seraient donc pour le franc-maçon de la grande de France, intrinsèquement lié. Car dans cette vie de l’esprit, nous ne pouvons entrer dans cette « vita activa » évoquée par Hannah Arendt, c’est à dire une action qui a vocation à se manifester dans le domaine public et à la possibilité d’y laisser une trace ». Pour lui, « Ce numéro de PVI illustre la dynamique que j’entends insuffler dans nos loges durant mon mandat. »

Nous savons la GLDF très en pointe sur la jeunesse. Rappelez-vous le colloque « La Jeunesse#MonAvenir » organisé à son initiative et conjointement avec la Grande Loge Féminine de France le samedi 2 avril 2016, Palais Brongniart, à Paris ! Un immense succès https://www.gldf.org/uploads/tx_dkactus/ComPresseBilanColloque.pdf

C’est donc avec des mots concernant la jeunesse et leur avenir que s’achève l’éditorial du Grand Maître.

Facebook GLDF
Facebook GLDF

La newsletter de la GLDF n°115 de janvier 2023 nous propose de découvrir ce numéro « Pensée et action » avec Olivier Balaine, directeur de la rédaction.

Regard sur… l’Introspection

L’introspection (du latin « introspectus ») désigne l’activité mentale que l’on peut décrire métaphoriquement comme l’acte de « regarder à l’intérieur » de soi, par une forme d’attention portée à ses propres sensations, états ou pensées. Il s’agit en psychologie de la connaissance intérieure que nous avons de nos perceptions, actions, émotions, connaissances, différente en ce sens de celle que pourrait avoir un spectateur extérieur.

Philosophie

En philosophie, l’introspection désigne un mode d’appréhension des états de conscience par accès direct et retour sur soi du sujet. Pour la philosophie du sujet plus particulièrement, l’introspection désigne la réflexivité d’une conscience subjective qui se pense ainsi en première personne (du point de vue du « je »). Pour Kant notamment, elle permet au sujet de « posséder le je dans sa représentation ».

Descartes a posé dans ses Méditations les fondements de la notion d’introspection en affirmant non seulement le principe de la conscience réfléchie (cogito) mais aussi celui de la « transparence » de soi à soi.

En tant que procédé de connaissance, l’introspection est objet de controverses depuis Descartes et les critiques qui ont été formulées à l’encontre du cogito. Auguste Comte, notamment, récuse cette « prétendue méthode » et fait valoir qu’on ne saurait être à la fois observateur et observé. Il va jusqu’à affirmer que « l’esprit humain peut observer directement tous les phénomènes, excepté les siens propres ». En suivant cette inspiration positiviste, le béhaviorisme (Watson, Skinner) et son principe méthodologique de la « boîte noire », entend fonder une psychologie scientifique, objective, du comportement, à l’encontre de la psychologie introspective et subjective des états de conscience.

Psychologie

En psychologie, l’introspection est une méthode d’observation et d’analyse de soi (psychologie introspective) en vue d’étudier sa propre personne et d’acquérir une connaissance de soi ou de l’esprit humain en général.

L’introspection était la principale méthode utilisée aux débuts de la psychologie expérimentale, à la fin du xixe siècle. Mais diverses critiques ont été émises contre cette méthode, mettant en doute la capacité même d’un sujet à s’observer lui-même. Wilhelm Wundt, par exemple, évoque l’impossible « indépendance » de l’observateur par rapport à l’objet observé dans un tel processus et juge « comique » une telle approche.

Avec l’apparition de la psychanalyse (Freud, 1900) et de la psychologie analytique (Jung, 1913) – et plus généralement l’émergence du concept d’inconscient – le rapport de l’individu à lui-même se complexifie : la conscience de soi doit désormais composer avec toutes sortes de refoulements et de résistances. Jung parle ainsi de « dialectique du moi et de l’inconscient ».

Dans le champ de la psychologie cognitive, l’utilisation des verbalisations concomitantes (think-aloud protocol) par des chercheurs comme Newell et Simon est parfois critiquée en tant qu’elle fait appel à l’introspection.

S’agissant de l’observation et de la compréhension de son propre fonctionnement psychique, l’introspection est désormais envisagée de manière expérimentale pour la compréhension de la façon dont se constitue la théorie de l’esprit, notamment en tant qu’elle est une grille de lecture des états subjectifs d’autrui.

Spiritualité

Le processus d’introspection correspond, pour un mystique ou un penseur religieux comme Saint Augustin, à un mouvement d’ascension vers Dieu en même temps qu’à un examen de conscience.

Certains types de méditation peuvent être assimilés à de l’introspection.

Guédelon : Ils construisent un château médiéval avec les outils du XIIIe siècle

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En Bourgogne, depuis plus de vingt ans, des archéologues et des artisans bâtissent le château fort de Guédelon selon les techniques et les matériaux du Moyen Âge. Ce documentaire propose une nouvelle exploration de cet incroyable chantier scientifique, historique, pédagogique, touristique et humain avant tout et en dévoile des phases inédites.

Plus grand site d’archéologie expérimentale au monde, le chantier du château médiéval de Guédelon, en Bourgogne, qui s’effectue avec des outils, des matériaux et des techniques du XIIIe siècle, porsuit une expérience unique entreprise il y a plus de deux décennies. Au fil des saisons, il aura offert aux « œuvriers », comme se nomment eux-mêmes les artisans qui y officient avec l’aide des archéologues, de s’approprier les savoir-faire des bâtisseurs du Moyen Âge. Un public nombreux – 308 000 visiteurs en 2019 – vient admirer sur le chantier la virtuosité de ces tailleurs de pierre, charpentiers ou forgerons capables de transformer le grès de cette ancienne carrière et le bois de chênes d’une forêt voisine pour élever un imposant ouvrage fortifié. Aventure humaine grandeur nature, la construction rassemble une quarantaine d’artisans, épaulés par des centaines de bénévoles, et par un comité scientifique constitué d’archéologues et d’historiens.

Grands défis
En 2015, Guédelon : renaissance d’un château médiéval, déjà coproduit par ARTE et l’Inrap (Institut national de recherches archéologiques préventives), offrait une première immersion au cœur du site. Le temps d’une saison, cette nouvelle exploration dévoile des phases inédites du chantier et présente une vue d’ensemble du bâti sorti de terre grâce à de spectaculaires images aériennes. En partenariat avec le site expérimental allemand de Campus Galli dans le Bade-Wurtemberg, où se construit un monastère carolingien, les bâtisseurs de Guédelon percent les secrets de fabrication des panneaux en parchemin qui obtureront les fenêtres de la chambre seigneuriale. En s’appuyant notamment sur une visite du château de Laval, les charpentiers et les scientifiques réfléchissent également à la meilleure technique pour concevoir la toiture de la tour de la chapelle. L’érection de la porte principale du château, entre deux tours, constitue quant à elle le dernier grand défi à relever avant la pose de la dernière pierre, prévue en 2023. Alors que le chantier de Notre-Dame de Paris porte à la connaissance du grand public des problématiques de conservation du patrimoine, l’archéologie expérimentale de Guédelon se révèle d’autant plus précieuse.

Réalisation : Bianca Zamfira/Pays : Royaume-Uni/Année : 2019

1717-2017, Trois siècles de franc-maçonnerie

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Avec la participation de Bertrand Fondu, Christian Jassogne, Raymonde Lefèvre et Raymond Renard. En ce début d’année académique, l’ Ecole de Droit UMONS ULB s’associe à l’ Extension – UMONS pour vous présenter une conférence publique sur l’histoire fascinante de la franc-maçonnerie, qui fête cette année ses 300 années d’existence !

Christian Jassogne, Président du Conseil de Direction de l’Ecole de Droit, membre du Grand Orient de Belgique, retracera, sous l’aspect de l’évolution et de la diversification du message philosophique, l’histoire de trois siècles de franc-maçonnerie. Raymonde Lefèvre et sa collègue, membres du Droit Humain, évoqueront le rôle des dames dans la franc-maçonnerie d’adoption, puis l’évolution vers une maçonnerie autonome, mixte ou féminine. Bertrand Fondu décrira ce que fut son action en tant que Grand maître national du Grand Orient de Belgique, et les enseignements qu’il tire de cette expérience. Raymond Renard, aussi membre du Grand Orient de Belgique et du Droit Humain, insistera sur quelques aspects du parcours maçonnique.

La Sophrologie au quotidien

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La sophrologie est une méthode psychocorporelle basée sur des exercices de RESPIRATION – relâchement  MUSCULAIRES de CONCENTRATION et VISUALISATION. Les exercices proposés nous enseignent des techniques simples et quotidiennes destinées aux adultes comme aux enfants. Les exercices sont thématiques  ( STRESS – SOMMEIL – EMOTIONS PHOBIES – ADDICTIONS )– L’ouvrage propose également  25 séances audio  à télécharger via QR code.

L’AUTEURE INTERVIEWEE : Gaëlle Piton, sophrologue expérimentée propose des séances en cabinet, accompagne des artistes et intervient en milieu scolaire. Elle est aussi journaliste et conférencière. Elle  a déjà publié= LA MEDITATION C’EST LA VIE aux éditions FIRST.

Tous les exercices sont illustrés par la talentueuse graphiste Morgane Carlier

James Anderson 1723

Si la question était de savoir comment « S’inscrire dans l’Histoire », titre de la publication, force est de constater que les contributeurs connaissaient déjà la recette. Avec enthousiasme, ils entraînent le lecteur vers une découverte : celle d’une loge, qui plus est d’étude et de recherche au regard de la Constitution et Règlement général de l’obédience – Livre dixième ; du triangle-de la loge de mission ; art. 184 et suiv. –, mais aussi de rites avec le rite anglais connu sous le nom d’émulation ou encore le rite d’York ou rite américain.

Frontispiece and title page of the 1723 Constitutions of the Ancient and Honourable Fraternity of Free and Accepted Masons. Musée de la franc-maçonnerie – Hôtel du Grand Orient de France, au siège du Grand Orient de France, 16, rue Cadet, Paris 9e ardt.

Les collaborateurs souhaitent aussi dresser un tableau exhaustif de l’activité de la loge, au nom si connu de James Anderson, depuis sa fondation en 2001. En tout premier lieu, il nous est rappelé que James Anderson (c. 1678-1739), pasteur presbytérien, a contribué aux « Constitutions, Histoire, Lois, Obligations, Ordonnances, Règlements et Usages de la Très Respectable Confrérie des Francs-maçons acceptés » considérées comme l’un des textes fondateurs de la franc-maçonnerie moderne dite spéculative, dont le tricentenaire sera fêté l’an prochain. L’ouvrage servit de base à la création de la première structure obédientielle au monde…

Année par année, de la création à nos jours, grâce à cette exhaustive « Chronologies historiques » – événements, évolutions, modifications, vénérables maîtres – les rédacteurs réalisent un état des lieux en ouvrant aussi des pistes de réflexion sur des expériences et des parcours qui demeurent parfois méconnus. Sans omettre d’en aborder tous les détails administratifs. Et d’évoquer aussi la loge, la première maçonnant au rite anglais de style émulation, « Les Fils de James Anderson », fondée en 2015 et allumant ses feux en janvier 2016. Nous y découvrons le projet de naissance, l’activité et les perspectives de développement.

Cette revue qui se veut évolutive publiera, au fil des ans et dès 2023, après l’annonce faite dans ce numéro, les actes du colloque du 20e anniversaire du Suprême Grand Chapitre de l’Ancienne Maçonnerie d’York, du samedi 19 février dernier, ayant traité du « Réveil des Rites Anglo-Saxons au Grand Orient de France ».

Loge d’étude et de recherche du Grand Orient de France – S’inscrire dans l’Histoire/Collectif – JAMES ANDERSON, autoédition, 2022, 42 pages, 10 €

Possible représentation de James Anderson dans une caricature de William Hogarth.

Initialement, cette note de lecture a été publiée dans le journal papier de 450.fmLa Lumière Mai 2022 N° 2, page 28, dans notre rubrique La Sélection de la rédaction.  

Société secrète… La Main noire

La Main noire, ou L’Union ou la Mort, était une société secrète nationaliste serbe fondée en Serbie en mai 1911, essentiellement composée de Serbes.

Historique

L’objectif de cette organisation nationaliste serbe, est de réunir au sein d’un unique État serbe l’ensemble des territoires faisant partie de l’Autriche-Hongrie (Croatie, Bosnie, sud de la Hongrie), ou de l’Empire ottoman (République de Macédoine, et le Sandjak), habités par des Serbes, ainsi que le Monténégro. Ceci indépendamment de la composition ethnique des territoires considérés, où les Serbes ne représentent qu’une partie de la population.

Photo de groupe de membres de la Main noire.

Pendant les années précédant la Grande guerre et surtout pendant les guerres balkaniques, la Main noire infiltre les milieux militaires sans que le gouvernement civil de Nikola Pašić n’ait les moyens de s’y opposer.

Le but de l’organisation figure dans l’article premier des statuts (cf. la notice serbe) :

« Article 1 : Dans le but de réaliser l’idéal national, l’union des Serbes, il est créé une organisation dont peut être membre tout Serbe, indépendamment de son sexe, de sa religion, de son lieu de naissance, ainsi que quiconque servira sincèrement cette idée ».

Elle est liée à l’assassinat de l’archiduc François-Ferdinand d’Autriche le 28 juin 1914, à Sarajevo. Les auteurs de l’attentat, dont Gavrilo Princip, membres de l’organisation Jeune Bosnie, ont été armés par la Main Noire. L’attentat de Sarajevo est considéré comme l’évènement déclencheur de la Première Guerre mondiale. La Main noire est dirigée par le colonel de l’armée serbe Dragutin Dimitrijević, surnommé Apis.

En 1917, le gouvernement serbe en exil fait arrêter et juger les chefs de l’organisation, devenue trop influente au sein de l’armée et du pouvoir politique, ce qui marque la fin de la Main noire.

En 1941, bien que l’organisation soit dissoute depuis deux décennies, un certain nombre d’anciens membres, notamment le communiste Mustafa Golubić (en), participent au putsch du 27 mars 1941.

Membres

Tracés Maçonniques-L’esprit de la géométrie

Solange Sudarskis-Préface de Roger DachezÉditions Numérilivre, 2022, 220 pages, 22 €

Non sans humour, un grand site marchand met en avant, dans sa rubrique « Détails sur le produit », la mention suivante « Âge de lecture ‏ : ‎ Dès 3 ans* » ! Sans doute, s’exprime-t-il en âge maçonnique !

Solange Sudarskis aux Rencontres Culturelles Maçonniques de Lyon des 22 & 23 Octobre 2022, 13e Salon Lyonnais du Livre Maçonnique. Photo © YG

À l’heure où nous écrivons, la question mérite d’être posée. Quel lecteur de 450.fm ne connaît pas encore notre très cher Sœur Solange Sudarkis ? Est-il encore besoin de présenter celle qui est en charge, au sein de notre rédaction, en qualité de chroniqueuse, de la rubrique « Miroir des spiritualités », chaque mardi à 10 heures. Et que nous lisons toujours avec gourmandise ! Cependant, pour encore mieux éclairer notre chemin, l’auteure, après La gestuelle maçonnique (Ubik Éditions, 2021), outil clé dans la pratique rituelle en Franc-maçonnerie, nous livre tous les secrets des Tracés maçonniques. Nous dévoilant même tout L’esprit de la géométrie, sous-titre de l’ouvrage.

Car éclairer notre chemin, c’est bien tout l’objectif de la prose instructive de l’auteure qui, dès 2011, l’avait fait, notamment en matière philosophique – cf. Pour Éclairer le Chemin-Une approche philosophique de la Franc-Maçonnerie (Éd. de la Hutte, 2011, rééd. 2013).

Mais, qu’est-ce qu’un tracé ? Et en langage maçonnique qui plus est. Reconnaissions que l’approche du tracé des figures inscrites, par exemple, dans un cercle – sans parler du cercle magique et de sa barrière protectrice tracée sur le sol – est, pour le Compagnon Franc-Maçon, une méthode visant à l’accès à de multiples connaissances. En effet, « La compréhension des tracés permet d’approfondir ce que les rituels expriment soit de façon allégorique, soit de manière symbolique et d’accomplir, ainsi, une œuvre de perfectionnement intellectuel et moral, en favorisant l’ouverture de la conscience. » déclare Solange Sudarkisdans Éléments de tracés avec règle et compas-La concordance maçonnique (Éd. de la Hutte, Coll. Franc-maçonnerie, 2015).

Le tracé, nous dit le Dictionnaire universel de la Franc-Maçonnerie (Larousse, 2011) de Monique Cara, Jean-Marc Cara et Marc de Jode, « est l’action du trait sur un morceau de bois qui permettait au maître maçon opératif de dessiner le plan d’un ouvrage, la partie d’un plan ou une simple pièce ouvragée, destinée à la construction. La franc-maçonnerie moderne a conservé ce terme pour qualifier tous ses travaux de réflexion, retranscrits généralement sur un document écrit. Par extension, les maçons parlent de « planches tracées » ou de « morceaux d’architecture » en se référant à la fonction initiale du tracé. Il est dit aussi qu’un maître accompli doit posséder l’art du trait, c’est-à-dire la faculté de tracer, à main levée, n’importe quelle esquisse sur du bois à l’aide d’une pointe. L’art du trait est évoqué lors de l’initiation au 3e degré, lorsqu’on demande au nouveau maître d’accomplir son « premier travail de Maître ». Celui-ci reçoit un compas avec lequel il doit tracer un cercle sur une planche. Mais on appelle aussi « tracé » le procès-verbal d’une tenue maçonnique qui est rédigé par le Secrétaire de la loge. Le tracé d’une tenue est lu par le Secrétaire à la tenue suivante, et son adoption est mise aux voix des frères et sœurs de la loge. Le terme de « tracé » n’est utilisé que dans les loges travaillant aux trois premiers degrés initiatiques. Au 4e degré, les écrits maçonniques adoptent le nom de « Colonne gravée », et au 30e degré le mot utilisé est « Balustre ».

Esquisse « Le Tracé » du peintre, graphiste et écrivain Jean Beauchard, professeur honoraire, agrégé de l’université et diplômé de l’Ecole Nationale Supérieure des Arts Décoratifs.

Avec ses 220 pages, son style et son vocabulaire tant accessible à tous que très pédagogique, Solange Sudarkis, maître de conférences honoraire, après 45 ans de pratique de l’Art Royal, et lauréate, en 2017, catégorie « Essais et Symbolisme », du prix littéraire de l’Institut Maçonnique de France pour son Dictionnaire vagabond de la pensée maçonnique (Dervy, 2017), nous fait entrer dans une nouvelle dimension. Celle de la compréhension des mathématiques qui, avec la géométrie forme, accompagnée de l’astronomie et de la musique, ces « sciences sœurs » selon Platon, forme le quadrivium, un des deux degrés des arts libéraux. C’est d’ailleurs aussi ce que relève le maçonnologue Rocher Dachez le préfacier, confessant volontiers « … j’ai toujours été mauvais en mathématiques et les démonstrations géométriques m’ennuient assez rapidement… »

Et l’auteure de nous convier, à la suite de la préface qui laisse entrevoir, entre compas, équerre et autres instruments de la maçonnerie symbolique, une sorte de meliora praesumo, signifiant « j’entrevois de plus grandes choses », à nous munir desdits outils afin de nous divertir et de commencer à dessiner le plan « de la plus palpitante des constructions faites de matières et de lumière ». Un magnifique programme !

Le lecteur appréciera la finesse, et la justesse, des titres des chapitres. À titre d’exemple, nous avons : 

« Allons par quatre chemins », « Comme les cinq doigts de la main », « Six m’était compté », « Le tout neuf (9) », « Tout est dix (10) ».

Solange Sudarkis, à renfort de schémas, diagrammes et illustrations, analyse en profondeur tous les aspects d’un chiffre. Prendre le 3, pour ne citer que lui, et qui, selon l’auteure est le plus présent dans le temple. Passant de la dualité au ternaire, de la perception qu’en ont les kabbalistes, elle ‘’trace’’ la vie du chiffre depuis l’approche pythagoricienne jusqu’à la guénonienne. Sans omettre ses diverses formes comme le triangle ou, comme avec l’apparition de la pensée religieuse, de la Trinité. Et sur un plan maçonnique, nous bénéficions une étude sur les ‘’Trois points .˙.‘’ et le delta lumineux.

Les annexes, au nombre de huit,  nous amènent à certaines « Imaginalisations », notamment sur le nombre irrationnel π (pi), appelé parfois constante d’Archimède et sa valeur approchée, qui s’écrit avec un nombre infini de décimales sans suite logique, les premières étant 3,1415926535…

Il en est de même avec le nombre d’or qui a déjà fait l’objet d’un long développement à travers le chapitre « Comment approcher le nombre d’or – son origine, la suite de Fibonacci présente dans de nombreuses disciplines ainsi que dans la nature, le carré long et le tracé du rectangle d’or, etc.

Nous notons l’importance de quelques éclairages quant à la véritable équerre du Vénérable Maître, du tracé régulateur médiéval, de l’explication du fameux théorème de Pythagore.

Par ailleurs, chaque chapitre, tant de l’ouvrage que des annexes, s’achève par un encadré en italique résumant les points clés énoncés dans ce dernier.

Papus

Nous aimons, tout particulièrement, les illustrations de presque tous les chapitres à l’aides des dessins tirés de l’ouvrage de Dr Gérard Encausse, dit Papus La science des nombres-Œuvres posthumes (Chacornac Frères, 1934).

L’essence même de la pensée maçonnique ne se trouve-t-elle pas aussi dans l’étude, en Loge, de ce que le Maçon accorde aux chiffres, devenus nombres (valeur symbolique, pouvoir quasi magique, interprétation). Le dernier opus de Solange Sudarkis permet, avec rythme et harmonie, de se réconcilier avec les outils maçonniques que sont, regroupés par deux, maillet et ciseau, compas et équerre, règle et levier, perpendiculaire et niveau…

*https://amzn.to/3PQv2sV, consulté le 18.XII.2022.