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Regard sur… les biais cognitifs

Un biais cognitif est une déviation dans le traitement cognitif d’une information. Le terme biais fait référence à une déviation systématique de la pensée logique et rationnelle par rapport à la réalité. Les biais cognitifs conduisent le sujet à accorder des importances différentes à des faits de même nature et peuvent être repérés lorsque des paradoxes ou des erreurs apparaissent dans un raisonnement ou un jugement.

L’étude des biais cognitifs fait l’objet de nombreux travaux en psychologie cognitive, en psychologie sociale et plus généralement dans les sciences cognitives.

Ces travaux ont identifié de nombreux biais cognitifs propres à l’esprit humain à travers de multiples domaines : perception, statistiques, logique, causalité, relations sociales, etc. Du point de vue de leurs domaines, on peut distinguer entre autres des erreurs de perception, d’évaluation, d’interprétation logique. Ces biais cognitifs ne sont généralement pas conscients. Leur caractérisation est importante aussi bien dans les domaines judiciaire que scientifique puisqu’ils sont néfastes dans un processus logique. La publicité exploite souvent des biais cognitifs pour faire passer ses messages (raisonnement fallacieux, oubli de la fréquence de base).

Certains de ces biais peuvent en fait être efficaces dans un milieu naturel tel que ceux qui ont hébergé l’évolution humaine, permettant une évaluation ou une action plus performante ; tandis qu’ils se révèlent inadaptés à un milieu artificiel moderne.

Définition

Selon Jean-François Le Ny, psychologue spécialisé dans la cognition : « Un biais est une distorsion (déviation systématique par rapport à une norme) que subit une information en entrant dans le système cognitif ou en sortant. Dans le premier cas, le sujet opère une sélection des informations, dans le second, il réalise une sélection des réponses ».

Historique et débats

Le terme de biais cognitif a été introduit au début des années 1970 par les psychologues Daniel Kahneman et Amos Tversky pour expliquer certaines tendances vers des décisions irrationnelles dans le domaine économique.

De nombreux chercheurs ont contribué sur le sujet, avec des avis contradictoires, suscitant débats et polémiques.

La rationalité limitée de l’individu est évoquée du fait des limitations inhérentes au système cognitif dans le traitement des informations, qui conduit à des biais inévitables. Certains y voient un échec de la rationalité humaine, tandis que pour d’autres, tels que Jonathan St. B. T. Evans, l’existence de ces biais est « en raison plutôt qu’en dépit de la nature de notre intelligence ». Gerd Gigerenzer, « virulent contradicteur » de Kahneman et Tversky, développe une vision « optimiste » de la question, mettant en évidence les situations courantes qui nécessitent, à propos, des heuristiques de jugement.

Selon Albert Moukheiber, docteur en neurosciences cognitives, les biais cognitifs peuvent être utilisés pour se donner des repères dans la société et justifier nos prises de décisions ; les heuristiques permettent la survie face à un danger imminent. De fait, dès leurs premières recherches dans les années 1970, Kahneman et Tversky ont proposé une vision nuancée des heuristiques qui bien que menant à des biais, peuvent parfois conduire à des jugements raisonnables.

Liste de biais cognitifs

Biais sensori-moteurs

S’agissant des processus sensorimoteurs, on parle par habitude plutôt d’illusions que de biais.

Biais attentionnels

  • Biais d’attention — avoir ses perceptions influencées par ses propres centres d’intérêt.

Biais mnésique

  • Biais de négativité — également connu sous le nom d’effet de négativité, est la notion que, même à intensité égale, les choses de nature plus négative ont un effet plus important sur l’état et les processus psychologiques que les choses neutres ou positives
  • Effet de récence — mieux se souvenir des dernières informations auxquelles on a été confronté.
  • Effet de simple exposition — avoir préalablement été exposé à quelqu’un ou à une situation le/la rend plus positive.
  • Effet de primauté — mieux se souvenir des premiers éléments d’une liste mémorisée.
  • Oubli de la fréquence de base — oublier de considérer la fréquence de base de l’occurrence d’un événement alors qu’on cherche à en évaluer une probabilité.

Biais de jugement

  • Appel à la probabilité — tendance à prendre quelque chose pour vrai parce que cela peut probablement être le cas.
  • Aversion à la dépossession — tendance à donner plus de valeur à un bien ou un service lorsque celui-ci est sa propriété.
  • Biais d’ancrage — influence laissée par la première impression.
  • Biais d’attribution (attribution causale) — façon d’attribuer la responsabilité d’une situation à soi ou aux autres.
  • Biais d’auto-complaisance — se croire à l’origine de ses réussites, mais pas de ses échecs.
  • Biais d’engagement — tendance à poursuivre l’action engagée malgré la confrontation à des résultats de plus en plus négatifs.
  • Biais d’équiprobabilité — tendance à penser qu’en l’absence d’information, des évènements sont équiprobables.
  • Biais d’immunité à l’erreur — ne pas voir ses propres erreurs.
  • Biais d’intentionnalité — consiste à percevoir l’action d’une volonté ou d’une décision derrière ce qui est fortuit ou accidentel.
  • Biais de confirmation — tendance à valider ses opinions auprès des instances qui les confirment, et à rejeter d’emblée les instances qui les réfutent.
  • Biais de normalité — tendance à penser que tout va se passer comme d’habitude et à ignorer les signes avant-coureurs.
  • Biais de présentéisme — privilégier les facteurs présents est plus économique cognitivement à modéliser que les facteurs absents.
  • Biais de proportionnalité — favoriser l’idée fausse que si l’on observe une augmentation des manifestations d’un phénomène, c’est que le nombre d’occurrences de ce phénomène croît en effet, sans voir que cette augmentation peut n’être que la conséquence de l’amélioration de l’outil d’observation.
  • Biais de statu quo — la nouveauté est vue comme apportant plus de risques que d’avantages possibles et amène une résistance au changement.
  • Biais égocentrique — se juger sous un meilleur jour qu’en réalité.
  • Biais rétrospectif ou l’effet « je le savais depuis le début » — tendance à juger a posteriori qu’un événement était prévisible.
  • Croyance en un monde juste — tendance à considérer que la bonne action d’une personne lui sera nécessairement bénéfique tandis qu’une mauvaise action lui sera nécessairement néfaste
  • Effet d’ambiguïté — tendance à éviter les options pour lesquelles on manque d’information.
  • Effet de halo — une perception sélective d’informations allant dans le sens d’une première impression que l’on cherche à confirmer.
  • Effet de simple exposition — avoir préalablement été exposé à quelqu’un ou à une situation le/la rend plus positive.
  • Effet Dunning-Kruger — les moins compétents dans un domaine surestiment leur compétence, alors que les plus compétents ont tendance à sous-estimer leur compétence.
  • Effet Ikea — tendance pour les consommateurs à accorder une valeur supérieure aux produits qu’ils ont partiellement créés.
  • Effet Stroop — incapacité d’ignorer une information non pertinente.
  • Effet râteau — exagérer la régularité du hasard.
  • Erreur fondamentale d’attribution (ou biais d’internalité) — accorder plus d’importance aux facteurs internes à l’orateur (intentions, émotions) qu’à son discours ou à ses actes (faits tangibles). Couramment utilisé pour discréditer les éléments rationnels par des éléments émotionnels, qui sont en pratique souvent imaginés et attribués sans preuve à l’orateur puisque ses émotions internes sont difficilement discernables a priori.
  • Illusion de savoir — dans une situation en apparence identique à une situation commune, réagir de manière habituelle, sans éprouver le besoin de rechercher les informations complémentaires qui auraient mis en évidence une différence par rapport à la situation habituelle. Il peut ainsi faire état d’une mauvaise croyance face à la réalité.
  • Illusion monétaire — confusion d’un agent économique entre variation du niveau général des prix et variation des prix relatifs.
  • Illusion de transparence et illusion de connaissance asymétrique.
  • Loi de l’instrument (ou marteau de Maslow) — tentation qui consiste à travestir la réalité d’un problème en le transformant en fonction des réponses (les outils) dont on dispose.
  • Sophisme génétique — tendance à juger le contenu en fonction du contenant, le message en fonction du messager, le fond suivant la forme.
  • Supériorité illusoire — surestimation de ses propres qualités et capacités.
  • Tache aveugle à l’égard des préjugés — tendance à ne pas percevoir les biais cognitifs à l’œuvre dans ses propres jugements ou décisions, et ce, aux dépens d’informations plus objectives.

Biais de raisonnement

Biais liés à la personnalité

Oeil de la nature
  • Biais d’optimisme — optimisme dispositionnel, optimisme irréaliste, parfois présenté comme un « non-pessimisme dispositionnel » et d’optimisme comparatif qui semble très ancrée chez l’être humain ; il s’agit d’une croyance individuelle qui est que le sujet se juge moins exposé à la plupart des risques qu’autrui. On peut évaluer le degré d’adhésion à cette croyance en demandant au sujet d’évaluer son risque de rencontrer un événement négatif en comparaison à celui d’autrui. Cette croyance aggrave certaines prises de risques et est souvent impliquée dans l’accidentologie routière (le conducteur s’estimant à tort plus habile que les autres pour éviter les accidents, même quand il ne respecte pas le code de la route, en raison d’une surestimation infondée et irréaliste de ses capacités).
  • Effet Barnum — accepter une vague description de la personnalité comme s’appliquant spécifiquement à soi-même (ex. : horoscope).

Aspects psychiques et sociaux

À noter, au-delà du cognitif, lié à l’intellect, l’interférence inconsciente ou consciente de facteurs émotionnels (biais émotionnel) ou instinctifs. En fait, certains biais cognitifs résultent de biais émotionnels qui perturbent le processus cognitif. Toute prise de décision mettant en jeu, pour prendre une image, la tête, le cœur et/ou les tripes, est naturellement plus exposée à certains biais. Il s’avère donc utile de reconnaître les affects agissants en surveillant ces trois « organes » avant de décider.

L’individu n’étant pas isolé dans ses décisions, la psychologie sociale (phénomènes de groupe et de foule) apporte aussi un éclairage. Le biais cognitif est, selon les cas, exclusivement dû à l’individu, ou lié à la pression sociale sur cet individu. Certaines techniques de persuasion, propagande et manipulation mentale cherchent à exploiter ce travers.

Recherche en économie et finance

Les divers types de biais cognitifs (ancrage, représentativité, cadrage…) ont particulièrement été mis en lumière par la finance comportementale comme étant source de diverses anomalies affectant les comportements économiques et l’efficience des marchés.

C’est du fait de ces travaux que le psychologue Daniel Kahneman a obtenu le prix Nobel d’économie en 2002.

Enseignement

Les neurosciences étudient l’importance des biais dans l’enseignement qui sont à l’origine de nombreuses réponses considérées comme étant des erreurs par les enseignants, alors même que l’élève concerné a acquis la compétence impliquée dans l’exercice (voir, par exemple, les travaux d’Olivier Houdé). Il est cependant à noter que l’enseignant lui aussi est exposé aux biais, dans son rapport aux élèves et au moment de sa correction.

Méthodes scientifiques de réduction des biais

Les institutions scientifiques organisent des relectures par les pairs, des conférences de consensus, des revues systématiques d’études (basées sur les techniques de méta-analyse) et des cartographies systématiques des connaissances pour les mettre périodiquement à jour, en cherchant à détecter et minimiser les biais afin d’apporter des informations complètes et objectivées aux scientifiques, mais aussi aux décideurs et parfois aux négociateurs, par exemple pour le GIEC ou les négociations internationales portant sur la biodiversité, deux sujets de préoccupation mondiale suivis par l’ONU. En Europe, certains organismes ont une accréditation pour produire des formations à ces méthodes (c’est par exemple le cas en France de la FRB qui a été désignée Centre français de la Collaboration for Environmental Evidence).

Mystères de la Franc-maçonnerie en Afrique

De notre confrère connectionivoirienne.net – Par Paul Kanaté

Avec l’arrivée dans le monde maçonnique, de multiples questions ont surgi : quels ont été les impacts sur la franc-maçonnerie africaine ? Qu’en est-il des interdictions politico-religieuses et comment ces obstacles ont-ils été contournés ? Quelle est la perception actuelle de la franc-maçonnerie en Afrique ? Dans cet article, nous répondons à toutes ces interrogations en analysant en profondeur l’histoire et le développement de la franc-maçonnerie en Afrique.

Histoire de la Franc-maçonnerie en Afrique

La franc-maçonnerie s’est implantée en Afrique au XVIIIe siècle. Elle a fait son entrée dans le continent grâce à des missionnaires et des militaires coloniaux français, britanniques, belges et portugais qui ont introduit les idéaux maçonniques sur le continent africain.

Les loges européennes adaptaient les rituels à l’environnement culturel local et les membres se faisaient appeler «frères», les unissant par une solidarité symbolique

Origines

Selon certaines sources, la première loge maçonnique a été fondée en 1737 en Égypte, mais elle n’a pas survécu longtemps. La plus ancienne loge connue du continent est celle de la Présidence du Bénin (ex-Dahomey), qui fut fondée en 1852 par un chef coutumier et ouverte exclusivement aux membres locaux qualifiés.

En 1862, le Grand Orient de France a établi sa première loge maçonnique au Sénégal et d’autres loges ont suivi à travers le continent africain

Expansion et influence

Au cours de la période coloniale, de nouvelles loges ont été créées dans les colonies européennes pour servir la population européenne. Au début du XXe siècle, les loges avaient pris racine dans presque tous les pays africains francophones, y compris certains pays anglophones comme l’Afrique du Sud, le Zimbabwe et le Kenya.

Dans certains cas, l’influence maçonnique s’est étendue jusqu’à ce que des dirigeants africains prennent des postes de responsabilité au sein des ordres maçonniques internationaux tels que le Grand Orient de France (GODF) et la Grande Loge Nationale Française GLNF).

Des interdictions politico-religieuses

Raisons de l’interdiction

À partir des années 1970, alors que la plupart des pays africains acquerraient leur indépendance politique et nationale, plusieurs États musulmans et chrétiens ont interdit la pratique de la franc-maçonnerie pour des raisons diverses. Les opposants religieux dénonçaient souvent la franc-maçonnerie comme une forme secrète de culte idolâtre ou païen, ou encore comme une organisation secrète qui cherchait à remplacer Dieu par un soi-disant «Grand Architecte».

Surmonter les interdictions

La majorité des loges ont été contraintes de fonctionner à l’ombre et ces interdictions continuaient d’être en vigueur jusqu’à la fin du XXe siècle. Cependant, de nouvelles organisations maçonniques se sont employé à surmonter ces interdictions.

En effet, certains frères africains ont cherché à se rapprocher des principaux ordres maçonniques européens pour obtenir leur reconnaissance formelle. Par exemple, en 1985, la Grande Loge Nationale Française (GLNF) a établi une «obédience» au Bénin, en dépit des restrictions religieuses

L’afro-maçonnerie

Développement de l’afro-maçonnerie

Vers la fin du 20ième siècle, l’arrivée des Loges Prince Hall (Loge américaine fondée en 1887 par des esclaves noirs) a donné un nouveau souffle à la franc-maçonnerie en Afrique. Ces loges ont introduit un mouvement qui tentait de réinterpréter les rites maçonniques dans une perspective africaine et de faire appel aux traditions culturelles locales pour créer ce que certains appellent une «afro-maçonnerie».

Ce mouvement a également stimulé le développement d’une «grande loge» continentale, connue sous le nom de Grand Lodge of Africa (GLA), qui a son siège à Abidjan en Côte d’Ivoire

Différences entre la franc-maçonnerie et l’afro-maçonnerie

Les principales différences entre la franc-maçonnerie et l’afro-maçonnerie sont principalement liées à la spiritualité et à la pratique maçonnique. Alors que les frères maçons traditionnels recherchent généralement une connexion spirituelle mystique au Grand Architecte de l’Univers, les membres afro-maçons considèrent le service communautaire comme leur plus grand devoir et accordent une importance particulière aux liens familiaux et aux responsabilités sociales.

Parallèlement, leurs rites sont axés sur les symboles africains tels que les masques, les sculptures ou encore les anciennes lignages royaux

Présence actuelle de la franc-maçonnerie en Afrique

Étendue de la présence
À l’heure actuelle, il existe plusieurs milliers de loges maçonniques actives en Afrique, avec un grand nombre de pays qui possèdent leurs propres obédiences nationales. Cependant, la présence maçonnique varie considérablement selon les pays et certaines obédiences sont plus ou moins actives selon les États, notamment celles gérées par des ordres maçonniques européens.

Perception par la population locale

Bien que le caractère secret de la franc-maçonnerie puisse encore susciter une certaine suspicion dans certains cercles africains à l’encontre des loges, l’organisation est généralement perçue avec bienveillance dans la plupart des pays africains. Dans certaines régions du continent, la franc-maçonnerie est même vue comme une part importante de la culture locale et beaucoup de chefs coutumiers sont membres de loges maçonniques.

Conclusion

Résumé des principaux points

La franc-maçonnerie est implantée en Afrique depuis près de trois siècles et s’est largement étendue grâce à l’action des missionnaires coloniaux français, britanniques, belges et portugais. À partir des années 1970, plusieurs États musulmans et chrétiens ont interdit la pratique pour des raisons religieuses et politiques.

Toutefois, ce mouvement a surmonté ces interdictions grâce aux efforts des frères africains qui cherchaient à se rapprocher des principaux ordres maçonniques européens. La venue des Loges Prince Hall vers la fin du XXième siècle a donné un nouvel élan à la franc-maçonnerie en Afrique et a contribué au développement de l’afro-maçonnerie et du Grand Lodge of Africa (GLA). Aujourd’hui, la franc-maçonnerie est majoritairement perçue favorablement en Afrique et compte plusieurs milliers de loges actives dans presque tous les pays du continent.

Mobilité européenne chez les Compagnons du Devoir

De notre confrère ladepeche.fr

Les jeunes apprentis techniciens d’outillages en 2e et 3e années ont décollé, dimanche 15 janvier, à destination de Bari (Italie), dans le cadre du programme européen Erasmus +. L’épidémie de Covid avait provoqué trois ans d’arrêt des programmes pour les apprentis des centres de formation des Compagnons du Devoir en Occitanie.

Ce premier groupe sera suivi par cinq autres groupes d’apprentis en 2023. Depuis 2007, les programmes européens ont permis à 80 % des sections d’apprentis en formation initiale de faire un parcours en Europe.

Les séjours se déroulent sur trois semaines, au cours desquelles les apprentis travaillent des aspects techniques de leur métier qu’ils n’auraient pas pu voir en France et s’initient à une autre langue. « Dans le même contexte, nos centres de formation et entreprises partenaires, accueillent cette année une tapissière venue de Finlande pour deux mois dans la Ville rose et un groupe de tailleurs de pierre venus d’Allemagne, pour deux semaines à Baillargues », expliquent les responsables du centre de formation.

Les actions de mobilité sont réalisées avec le concours de l’Europe, via la bourse Erasmus +, mais également grâce au soutien des OPCO et du conseil régional Occitanie, co-financeurs de ces actions.

Nouvelles des Loges de l’Ouest de la Russie

De notre confrère russe rostovgazeta.ru

Les maçons ont révélé ce qu’ils faisaient lors des réunions d’une société secrète dans la région de Rostov. Rostov-sur-le-Don est une ville de l’Ouest de la Russie, sur les rives du fleuve Don, à une quarantaine de kilomètres de son embouchure sur la mer d’Azov et à 959 kilomètres au sud de Moscou. Avec une population qui s’élevait à 1 119 875 habitants en 2016, il s’agit de la dixième ville de Russie.

Il existe de nombreuses légendes autour de la société secrète des maçons : sur un complot politique mondial, des rituels sanglants et une secte religieuse. Le correspondant de RostovGazeta a décidé de savoir à quelle liste on peut faire confiance. Nous avons trouvé un membre de l’ordre maçonnique dans la région de Rostov et lui avons parlé.

Un mystère enveloppé de réalité

Au total, 45 organisations sont inscrites au registre des loges, dont seulement deux sont situées dans la région de Rostov – la loge Acacia à Shakhty et la loge Concordia à Rostov-on-Don.

Les francs-maçons du 21e siècle peuvent difficilement être qualifiés de société secrète. Le journaliste de RostovGazeta était déjà préparé au fait que l’information devrait être déchiffrée par des moulures en stuc sur des bâtiments anciens et d’autres signes implicites que seul un initié remarquerait. Mais non, la commande a même son propre site Web.

Selon la Constitution de la Grande Loge de Russie, située là-bas, « la maçonnerie est une communauté libre de personnes indépendantes, quelle que soit leur religion, s’efforçant de réaliser les idéaux de paix, d’amour et de fraternité« .

Comme ses objectifs, dit le document, la franc-maçonnerie considère l’amélioration morale de ses membres, et, en fin de compte, de toute l’humanité dans son ensemble, ainsi que la mise en œuvre de la véritable charité.

Statues de francs-maçons au Temple des francs-maçons en AmériquePhoto : Nickwood/CC BY SA/wiki

Sur le site Web de la Grande Loge de Russie, vous pouvez immédiatement remplir le formulaire de candidature pour un candidat à la maçonnerie sous forme électronique. Pour rejoindre une société secrète, vous devez fournir des données personnelles typiques : nom complet, date et lieu de naissance, adresse et index de résidence, ainsi que nationalité et liens vers les réseaux sociaux, niveau d’éducation, lieu de travail, état civil, et même le niveau de compétence en langue étrangère. En général, avant même la réunion, les maçons veulent tout savoir sur un éventuel futur membre de la fraternité, jusqu’au nombre d’enfants mineurs.

Un membre de la loge maçonnique de Shakhty, qui a demandé à s’appeler Alexander Minin, a raconté à un correspondant de RostovGazeta ce qui se passait après avoir rempli le questionnaire.

Mason se souvient qu’il a d’abord pensé à rejoindre la communauté en 2017.

Intérieur de la loge maçonniquePhoto : Cory Doctorow/CC BY SA/wiki

« Après avoir rempli le questionnaire, j’ai reçu un appel d’un numéro inconnu. L’homme s’est présenté comme un maître-frère et a proposé de me parler en personne », explique Alexander.

Selon les coutumes maçonniques, plusieurs maîtres communiquent d’abord avec ceux qui souhaitent rejoindre la Loge. Pour aller plus loin et apparaître devant tous les membres de la société, il faut solliciter les recommandations de deux de ces maîtres.

Selon l’interlocuteur de RostovGazeta, ils ne se distinguent en rien, car il est interdit aux maçons de porter des marques d’identification à l’extérieur des murs de la Loge.

« Ils n’avaient que des anneaux massifs. J’ai rencontré chacun individuellement. Notre communication a duré plusieurs mois. Nous avons parlé de l’ordre du monde, de mes visions de la vie, du passé, des plans pour l’avenir, de la religion. En même temps, personne ne s’intéressait à mes préférences politiques », raconte un membre de la loge maçonnique.

Anneau de franc-maçonPhoto : Arielinson/CC BY SA 4.0/wiki

De quoi parlent les maçons ?

Après presque 4 mois, Alexander Minin a été invité à une réunion de la loge. Là, se souvient le franc-maçon, on lui a posé des questions telles que : « Comment avez-vous appris la franc-maçonnerie ? », « Que direz-vous à Dieu si vous le rencontrez ? », « Que ferez-vous si vos ennemis sont dans la salle à côté ? À vous » et etc. Alexander a parlé pendant plus d’une heure, tout ce temps il était dans un bandage et n’a pas vu ce qui se passait autour et avec qui il parlait.

Minin a expliqué qu’après une telle « interview« , les membres de la société votent avec des boules noires et blanches spéciales pour accepter un nouveau frère.

« Si vous collectez trois boules noires ou plus, l’accès aux maçons vous sera désormais fermé« , prévient Alexander.

Il ajoute que seul un homme de plus de 21 ans qui n’a pas de casier judiciaire et qui croit en Dieu peut devenir franc-maçon.

Dans toutes ces conditions, simplement vouloir être franc-maçon ne suffit pas. En rejoignant la communauté, chaque nouveau venu doit payer un premier acompte. Le montant de la dédicace est indiqué sur le site Web de la Grande Loge de Russie et varie de 35 à 60 000 roubles. Plus les frais d’adhésion annuels de 10 à 40 mille roubles. Selon Alexander, l’argent sert à louer des salles pour les réunions des loges, à construire un temple à Moscou et à acheter des robes traditionnelles.

tablier de franc-maçonPhoto : Hoalinh/CC BY SA/wiki

Le Don franc-maçon a assisté à ses premières réunions dans la loge Akatsiya à Shakhty, qui existe depuis juin 2016.

« Quand j’ai dit à mes proches que j’étais devenu franc-maçon, la fille m’a quitté. Je ne pouvais pas la persuader de revenir, elle était convaincue qu’il s’agissait d’une sorte de secte. Des amis ont également commencé à plaisanter et à demander quel genre de conspirations mondiales nous proposons lors des réunions. Je pense que tout cela vient de la fermeture séculaire de la communauté maçonnique et du fait qu’il existe de nombreux mythes à notre sujet. À quoi ils sont distribués par des gens qui n’ont rien à voir avec la franc-maçonnerie », a déclaré Alexandre.

Il a expliqué que les membres de la Loge parlent généralement de « grands sujets« : ils discutent de philosophie, d’histoire, de culture. Parler de politique dans la Loge est interdit car c’est une source d’inimitié. A chaque réunion, les soi-disant « ouvrages zodiques » sont lus – ce sont les rapports des maçons sur des sujets moraux et philosophiques. À la fin de chaque réunion de la Loge, un dîner est organisé, au cours duquel des toasts sont portés pour le bien-être de la Fédération de Russie.

Francs-maçons au gouvernement 

Les maçons de la région de Rostov, selon Alexander, sont des médecins, des professeurs d’université, des personnes de professions créatives, des ingénieurs. Il y a même parmi eux un employé du gouvernement de la région de Rostov. Cependant, Minin n’a pas voulu donner son nom : selon la Constitution, une personne a le droit d’annoncer publiquement qu’elle est membre de la Loge maçonnique, alors qu’elle n’a pas le droit de divulguer les noms d’autres frères.

De plus, à l’intérieur de la loge maçonnique, a ajouté l’interlocuteur de RostovGazeta, il existe une hiérarchie claire: pendant un certain temps, il faut être étudiant, puis apprenti, et ensuite seulement maître. En même temps, dans chaque loge, il y a un «chef» – ​​le Vénérable Maître. Il est réélu chaque année.

Le journaliste de notre publication a demandé à Alexander de répondre à l’opinion la plus courante sur les activités des maçons : les maçons gouvernent-ils vraiment le monde et sont-ils tous des politiciens ou hommes d’affaires influents membres de la loge maçonnique ?

« Nous savons par l’histoire que Pouchkine, Mozart, presque tous les présidents d’Amérique étaient des francs-maçons – ils ont même laissé un signe maçonnique sur les dollars. Et maintenant aussi, parmi les maçons, il y a des gens populaires. Tous ces faits sont simplement devenus la base d’un mythe. En fait, lors des réunions, nous n’abordons pas le sujet de la politique ou de la suppression de la volonté de quelqu’un. Les maçons n’acceptent même pas dans leurs rangs ceux qui sont venus par curiosité, mais seulement ceux qui comprennent vraiment pourquoi il en a besoin », explique Alexander.

De plus, ajoute le Maçon, les rituels occultes ne sont pas exécutés dans la Loge, car même l’athéisme ou le paganisme parmi les membres de la communauté est interdit.

Maillet rituels du maître et surveillants de la loge maçonnique – Photo : Helm261/CC BY SA/wiki

« Les maçons sont des gens ordinaires. Nous essayons simplement de nous développer spirituellement et de discuter non pas des taxes-machines, mais des problèmes de la vie », a déclaré Minin.

Enfin, Alexandre a mentionné que tout le centre historique de Rostov était marqué de signes maçonniques. De telles « marques » ont été laissées par les marchands et les architectes membres des loges maçonniques populaires au XIXe siècle. Ainsi, par exemple, vous pouvez voir des moulures en stuc sous la forme de têtes de lion. Ils sont l’un des symboles maçonniques les plus importants.

Plus tôt, RostovGazeta a écrit que les experts ont mis en doute l’authenticité de l’organisation maçonnique à Rostov.

Eloge des mots

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Les mots sont importants en maçonnerie. Derrière les mots se cache une réalité complexe, difficile à saisir et c’est le travail de l’initié de les décrypter. Seul un lent et persévérant travail sur soi permet d’approcher la vérité des mots.

Comment et pourquoi utilisons-nous des mots dans des rhétoriques qui ont la prétention d’être des concepts universels ?

« Il ne faut pas prendre les mots pour des idées » nous disent certains rituels.  

Nous avons impérativement besoin de mots pour partager avec l’autre nos réflexions, nos pensées, nos émotions, notre amour et l’empathie que nous ressentons pour nos frères et sœurs en humanité.
Car les mots manifestent toujours l’état de nos représentations intimes au moment où nous nous exprimons. Ils sont l’expression de nos idées conscientes ou de notre inconscient dont nous ne savons pas grand-chose.

Certes, les mots meuvent mentir, les mots peuvent trahir, les mots peuvent dissimuler.

Ils peuvent être en contradiction avec nos actes. Nous en avons de multiples exemples, y compris dans nos loges. Parler de fraternité, de tolérance, de respect des idées contraires, c’est bien. Le faire dans ses actes et ses comportements, c’est mieux !

Mais, en polissant nos mots et en les assemblant en pensées cohérentes, nous tentons de dire sincèrement le Vrai, le Beau et le Juste. Tout en sachant qu’ils ne seront jamais que des mots substitués.

« Nous ne savons qu’épeler… » entends-t-on parfois sur nos colonnes.

C’est parce que nous sommes conscients des limites de nos mots que nous avons recours au langage symbolique qui va au-delà des mots. Le symbole élargit notre regard sur le monde et sur nous-même.  Il est interprétation du réel, tant à travers de la raison qu’à travers de l’intuition et de l’imagination.
Il nous permet des perceptions multiples, voire contradictoires qui ouvrent au mystère.

Et malgré toutes les limites des mots, je voudrai conclure en les glorifiant tous, y compris les mots grossiers.

Dans l’ambiance policée de nos loges où la prise de parole est codifiée, où le choix des mots est important, où l’on distingue entre le signifiant et le signifié, comme oser parler de grossièreté et plus encore d’en faire l’éloge ?
Rassurez-vous, il ne s’agit pas de défendre la grossièreté ou les mots grossiers, mais de défendre leur existence dans le monde profane.

Vous avez sûrement entendu parler du choix du Scrabble d’éliminer certains mots du jeu. Au départ, il s’agit d’éliminer les mots ayant des connotations insultantes, racistes ou homophobes.

Dans le but d’être plus «inclusive», la société éditrice du jeu Scrabble, Mattel, a annoncé vouloir exclure une soixantaine de mots français, notamment lors des compétitions officielles, les jugeant «racistes et discriminatoires».
Pourquoi pas… encore que les psychiatres nous affirment que le mot « chien » ne mort pas !

Mais la révolution Woke, puisque que c’est sous son influence que certains veulent purifier le langage, en demande toujours plus. A titre d’exemple, le mot « jésuitique », qui rapportait jusqu’à 200 points, est éliminé ! On se demande qui il peut offenser ?
Si l’utilisation de mots connotés et offensants à l’égard des minorités est à éviter comme en conviennent certains joueurs, il n’en reste pas moins que ces termes existent. « On ne peut désinventer les mots » écrit un représentant de la communauté des joueurs. Le corédacteur de la liste des mots admis au Scrabble Darryl Francis écrivait en 1980 « Les mots ne deviennent des insultes que lorsqu’ils sont utilisés dans une intention dérogatoire ».
Au-delà de cette anecdote, la police des mots devient une réalité que les maçons ne doivent pas prendre à la légère. Cette épuration du langage n’est qu’une des manifestations de cette idéologie woke qui veut abolir nos références historiques, nos traditions et notre culture occidentale.
L’alibi de la défense des minorités, louable à l’origine, s’est transformé en accusation de notre civilisation occidentale en général et de l’homme blanc hétérosexuel en particulier.
La liberté d’expression est amoindrie par la dictature du langage où tout ce qui peut blesser et choquer doit être interdit. Ce nouveau totalitarisme est d’autant plus dangereux qu’il prétend s’exercer au nom du Souverain Bien. Et ne pas y adhérer revient à être renvoyé dans le camp du Mal. Et dans la lutte entre le Bien et le Mal, tous les moyens sont bons pour imposer le Bien et abolir le Mal.
De la défense de la société inclusive, on aboutit à une société qui exclut, qui abolit les libertés fondamentales d’opinion et d’expression et qui finalement conduit à la mort sociale des individus surpris à faire le moindre pas de côté, à faire la moindre transgression.

  • Plus besoin de rechercher la vérité quand on est persuadé qu’on la détient.
  • Plus besoin de respecter les avis contraires qui pourraient être irrespectables.
  • Plus besoin de tolérance puisqu’il ne faut plus tolérer ce que certains définissent comme intolérable.

Alors méfions-nous de la tentation de bannir toute pensée qui nous parait dérangeante.

Quand on veut éliminer les mots qui nous gênent, on peut facilement passer à l’élimination des opinions que nous gênent, et pour certains régimes totalitaires à l’élimination des individus « déviants ». Et pas seulement dans le monde de « 1984 » de Gorges Orwell ou la novlangue devient la langue officielle. Les exemples contemporains abondent, et par seulement en Chine ou en Iran. Le franc-maçon, s’il ne veut pas se payer de mots, belle expression qui distingue la pensée de l’action, se doit d’être un combattant dont les premières armes sont les mots qu’il utilisera avec son discernement et avec comme seul juge sa conscience éclairée par la pratique de nos rites.

Société secrète… Sainte-Vehme

Le terme de Vehme vient du bas allemand médieval et correspond à la fois à la notion de corporation et de punition. De facto, il désigne au Moyen Âge à la fois la juridiction professionnelle d’appel des sentences pénales seigneuriales (les juridictions de Fehm ou Fehmgerichte) et les sentences prononcées par ces dernières. Seuls les hommes libres en relevaient. Le principe corroborant parfaitement la notion chretienne de la Justice, ces juridictions furent conservées et adaptées. C’est ainsi que la Sainte-Vehme vit le jour au xiiie siècle en Westphalie et resta active jusqu’au début du xixe siècle.

Une séance de déliberation de Sainte-Vehme sur une miniature du Herforder Rechtsbuch, v. 1375.

Charles IV eut recours à l’aide de la Sainte-Vehme pour assurer la paix. Wenceslas introduisit la Sainte-Vehme, en 1382, le droit d’appel dans tout l’Empire.

Le pic d’activité de ces cours se situe aux xive et xve siècles, une activité moindre étant attestée pour les xiiie et xvie siècles, et des preuves éparses établissant leur existence continue aux xviie et xviiie siècles. Elles ont finalement été supprimées par ordre de Jérôme Bonaparte, roi de Westphalie, en 1811.

Cependant, sous la République de Weimar (1918-1933), le terme fut détourné par l’extrême droite et utilisé pour désigner des meurtres perpétrés contre des femmes pour des raisons politiques — bien loin du sens initial de la Vehme médiévale.

Histoire

Le terme Fehmgerichte vient d’un mot bas-allemand signifiant « châtiment ». Le mathématicien Leibniz a trouvé au mot Vehme (Fehm en allemand), une origine latine : fama, c’est-à-dire « loi fondée sur l’opinion commune ».

Origine

L’apparition de la Sainte-Vehme coïncide avec les troubles qui suivent la mort du roi Conrad IV de Hohenstaufen en 1254 : la vacance de la monarchie centrale, la lutte entre les maisons de Habsbourg et de Luxembourg, le pillage des domaines de la couronne et la division du clergé permettent aux seigneuries locales et aux villes d’acquérir une autonomie politique, conduisant à l’explosion politique de l’Empire allemand. L’objectif de la Sainte-Vehme est de contrebalancer l’éparpillement politique par une unité juridictionnelle. Son succès est également dû aux difficultés des roturiers à obtenir justice autrement.

Fonctionnement

La citation à comparaître, ill. d’un livre pour enfants, 1922.

La Sainte-Vehme rend justice de manière ferme et expéditive, les condamnés étant généralement pendus. Composée initialement d’échevins, elle s’ouvre ensuite aux chevaliers teutoniques. Elle se compose de 14 francs-juges, ou Freyschöffe, (7 nobles et 7 bourgeois), tenus au secret quant aux statuts, fonctionnement et délibérations du tribunal. Chaque séance est présidée par un franc-comte, ou Freygraf. La Vehme se réunit souvent en secret, d’où sa réputation de tribunal secret.

La Sainte-Vehme est réputée compétente pour juger :

  • des atteintes au christianisme (paganisme, sorcellerie, hérésies, dégradations d’églises, de cimetières, etc.) ;
  • des crimes et délits tels que les vols, les viols, les bagarres, l’adultère, l’homicide, etc. ;
  • des crimes contre la Sainte-Vehme elle-même : révélation de ses secrets ou atteinte à ses intérêts.

L’accusé est cité à comparaître au moyen d’un parchemin cloué à sa porte. La Vehme ne prononce que deux sentences : soit l’acquittement, soit la condamnation à mort, exécutoire dans les plus brefs délais.

Le siège central se trouve à Dortmund, mais de nombreux tribunaux locaux apparaissent en Allemagne.

Créée dans l’espace laissé par les carences du pouvoir impérial, la Sainte-Vehme perd sa raison d’être avec l’affermissement du pouvoir sous les règnes de Maximilien Ier et de Charles Quint et la restauration de l’autorité de la justice impériale. Provisoirement restaurée pendant la guerre de Trente Ans (1618–1648), elle disparaît totalement à la fin du xviiie siècle, tout en continuant cependant à exercer une fascination macabre sur les mentalités allemandes du xixe siècle.

Déclin et dissolution

Vestiges de la Sainte-Vehme à Dorsten.

Le fait qu’une organisation de ce type ait donné lieu à des abus intolérables, telle que la corruption, était en soi inévitable ; dès le milieu du xve siècle, des protestations ont été soulevées contre les inimitiés de la cour.

Avec le pouvoir croissant des souverains territoriaux et l’amélioration progressive du processus de justice ordinaire, les fonctions des tribunaux de la Sainte-Vehme ont été supplantées. Par l’action de l’empereur Maximilien et d’autres princes allemands, ils ont été, au xvie siècle, à nouveau limités à la Westphalie, et là aussi, ils ont été placés sous la juridiction des tribunaux ordinaires, et finalement confinés à de simples fonctions de police. Avec ces fonctions, cependant, mais avec les anciennes formes depuis longtemps dépouillées de leur caractère impressionnant, ils ont survécu jusqu’au xixe siècle. Elles ont finalement été abolies par ordre de Jérôme Bonaparte, roi de Westphalie, en 1811. Le dernier Freigraf est mort en 1835.

La Grande Loge de Côte d’Ivoire pleure son Grand Maître provincial Djadja Honoré

De notre confrère afriquematin.net – Par Keren Bossouma

Les membres de la Grande Loge de Côte d’Ivoire (GLCI) ne verront plus jamais lors de leurs travaux dans le temple de Marcory Zone 4, la silhouette du Grand Maitre provincial et Médiateur de la loge Djadja Honoré.  

Djadja Honoré

Originaire de Jacqueville, né en 1955 à l’hôpital de Treichville, Djadja Honoré a fréquenté l’Ecole primaire Adjamé et le collège moderne des 220 Logts, puis a poursuivi ses études en France où il rencontra sa tendre épouse Mangin Véronique avec qui il a eu trois (3) enfants dont   pè deux (2) garçons et une (1) fille.

 Primé meilleur entrepreneur de Côte d’Ivoire 2007, le défunt est également président du Rotary club et membre de la Chambre de Commerce de Côte d’Ivoire.

Ex- directeur général de holding GLS-CI, il est dans le milieu de , l’Import-Export mais aussi dans le secteur de l’Immobilier et de l’électricité. Président de l’Association des enfants de policiers de Côte d’Ivoire, Mme la Grande Chicanière Henriette Dagri Diabaté pleure son petit frère, Djadja Honoré qui a tiré sa révérence le mardi 24 janvier 2023, à Abidjan.

Le 6e Bal du Carnaval de la Franc-Maçonnerie a eu lieu ce samedi à Monteiro

De notre confrère brésilien caririligado.com.br

Le bal traditionnel du carnaval de la franc-maçonnerie dans la ville de Monteiro termine sa sixième édition ce samedi (04), avec beaucoup d’animation.

L’événement a eu lieu à partir de 22h, dans la salle de bal AABB, avec la présence de francs-maçons et d’invités.

Au son de l’Orquesta Crarins do Frevo, le 4ème Bal de la Franc-Maçonnerie promet d’entrer à l’aube avec beaucoup d’animation.

LE MOT DU MOIS : Lien et Obligation

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On imagine sans peine que toutes les cultures formulent l’idée de lier, quelle que soit la variété de ses expressions. L’humain, animal social, ne pourrait se passer de lexiques propres à en définir la nature, entre autres dans le si vaste champ de l’obligation.

Le verbe latin *ligare signifie, sans surprise, lier, attacher au physique comme au moral.

Que ce soient la liane, la liasse ou le licol du chien de chasse limier qui entrave sa course folle derrière le gibier, que l’on nomme licteur le garde du consul antique qui brandit les faisceaux liés caractéristiques de sa fonction, que le lien soit qualificatif, de bon aloi, amoureux comme la liaison. Le ligament unit les éléments d’une articulation, la ligature se resserre jusqu’à ligoter argotiquement le prévenu.

Tout est affaire d’alliance au sein du complot auquel se rallient les ligueurs, ou de mésalliance quand l’entente se délie.

La reliure assemble solidement les feuillets d’un livre.

L’obligation, primitivement au sens moral, contraignait, vis-à-vis du dieu, au port d’un lien matériel qui la symbolisait, sous peine d’être désobligeant.

De là provient l’une des significations de la religion, c’est-à-dire le scrupule religieux matérialisé très visuellement par les *religiones, mot pluriel désignant les nœuds de paille qui maintenaient les poutres auxquelles on accrochait quelques brins tressés ou noués en guise de protection et de bienvenue.

Chaque tradition, depuis la plus haute antiquité, a sa manière spécifique de dessiner concrètement ce lien à la divinité, marquant ainsi l’astreinte aux obligations du culte.

C’est là toute l’ambiguïté étymologique du mot religion, aucun choix n’étant réellement possible entre ses deux provenances. A bien y regarder d’ailleurs, elles sont très proches, *relegere signifie cueillir pour rassembler, *religare retenir en liant.

*Relegere appartient au très vaste champ sémantique du *logos grec, abondamment préfixé ou suffixé, et du latin *legere, dire, choisir, non moins abondamment nourri.

Ce n’est pas le propos, ici, d’en donner le détail, mais cela fait réfléchir avec une autre profondeur sur les accointances entre le lien qui unifie les mots, donc la réflexion qu’ils sous-tendent, et l’intelligence et la logique qui devraient obligatoirement leur donner corps et substance. Par l’oral comme par la lecture…

Obligation, donc. Parce qu’il s’agit de cohérence entre les éléments quotidiens de la vie, qu’elle soit  civile, civique, ou bien placée sous l’égide d’une divinité et de ceux, profanes ou religieux, qui s’arrogent le droit d’en définir les codes.

Voici quelques exemples de ces obligations plurielles qui ont semé le cheminement de notre société.

La première tentative de numérotation, si utile, des rues parisiennes date de 1726, pour substituer aux enseignes un numéro gravé aux portes cochères, facilitant ainsi l’orientation dans la grand-ville. Quelques décennies seront néanmoins nécessaires à l’application de cette mesure, tant était grande la réticence des aristocrates à se voir soumis à l’égalité d’un « vil numéro » comme les roturiers…

Sait-on que le stage était l’obligation incontournable pour un chevalier de résider dans le château du suzerain pour assurer sa défense ?

Ou encore que l’obligation pour une femme de cacher sa grossesse, spectacle jugé évidemment obscène, avait amené les couturières à inventer un bourrelet circulaire inséré dans l’ampleur de la robe, qu’on nommait « vertugadin« , qui devint un élément de mode, parfois jusqu’à 1,12 m de diamètre. La conséquence inattendue en fut l’obligation de façonner des chaises sans les bras qui entraveraient la position assise de ces dames, même non enceintes. Et voilà comment le fauteuil se fit chaise. A quoi ça tient tout de même !

Les obligations morales, quant à elles, ont toujours fait florès, assorties de menaces et de condamnations virulentes. Telles celles qui frappaient les grossesses illicites, même du fait d’un viol. Les fautives avaient obligation, sous peine de condamnation à mort, de déclarer le forfait, pour éviter toute tentative d’avortement ou, pire, d’infanticide.

Le viol par soldat ennemi étant le grand sport des guerres, c’est bien connu, lors de la Première Guerre mondiale, les femmes violées avaient droit de se faire avorter. Sinon, les enfants nés de ces viols donnaient lieu à des infanticides légaux, SAUF s’ils naissaient anormaux, auquel cas on les faisait vivre pour montrer combien les hommes allemands, dont ils étaient le fruit, étaient des hommes barbares…

L’obligation est toujours visiblement connotée, tel cet uniforme brun et jaune que devaient porter, dans l’Angleterre du XVIIe siècle, les personnes en faillite jusqu’au remboursement de leurs dettes.

Ou l’étoile jaune de sinistre mémoire dans l’Europe des années nazies…

« Chaque homme a l’obligation de remettre au monde l’équivalent au moins de ce qu’il en retire. », disait Albert Einstein. On se prend à rêver d’un tel enrichissement…

Annick DROGOU

Le devoir ou l’obligation ? Autant le devoir se conjugue à l’impératif personnel, une sorte de flèche du destin dans le temps, autant l’obligation s’écrit au subjonctif, toujours relié à ce qui la précède. Le devoir serait-il le fruit d’un individualisme inspiré quand l’obligation nous ferait troupeau ? Ne crains pas : il n’y a rien de bas dans ce mot ; il faut aimer le troupeau, qui nous dit et crée semblables, qui nous fait nature. Car toute vie nous crée obligation, obligation de transmettre dans ce qui nous lie et relie. À nous de transformer cette solidarité naturelle en fraternité agissante.

Nulle entrave dans ce lien d’obligation. Ne t’imagine pas ficelé. Ce lien nous lie dans une fraternité de cordée. Il est des liens qui libèrent. Cet apparent oxymore inventé par le psychanalyste Jacques Lacan devrait nous inspirer. Chez Lacan, il s’agissait d’expliquer le lien transférentiel entre l’analysé et l’analyste, l’analyse ne consistant pas à être libéré de son symptôme mais « à ce qu’on sache pourquoi on est empêtré ».

Je suis indéfectiblement ton obligé. Dis bien à notre contemporain, qui confond l’individualisme et l’esprit libertaire, que l’obligation n’est pas une punition. Il n’est d’obligation qu’émancipatrice si on veut bien s’en donner la peine, faire œuvre commune. Je suis le gardien de mon frère, pas comme un garde-chiourme mais comme un veilleur bienveillant. Fraternellement. Et à celui qui te parle de devoir, du grand devoir secret qui serait réalisation de soi, dis-lui, dis-lui doucement, dis-lui seulement, qu’il n’est de devoir que d’amour, notre plus belle obligation.

Jean DUMONTEIL

01/04/23 : Colloque sur l’Alchimie à Montauban

Vous avez aimé Pierre Mollier à Cahors… vous aimerez Françoise Bonardel à Montauban. Réservez la date !

Un colloque E-X-C-E-P-T-I-O-N-N-E-L en pays montalbanais, pays d’Olympe de Gouges, si chère au coeur des Maçons.

Les Conférences Midi à Minuit reçoivent quatre grandes figures du paysage alchimique français :

Françoise BONARDEL, philosophe et essayiste, Professeur émérite de Philosophie des religions à la Sorbonne et docteur d’État ès lettres et sciences humaines, , est l’auteur d’une vingtaine d’ouvrages portant sur des traditions anciennes (gnose, hermétisme, alchimie), et sur des questions contemporaines telles que la crise de l’identité culturelle européenne (Des Héritiers sans passé), la nouvelle religion du bien-être (Prendre soin de soi), la portée spirituelle de la psychologie des profondeurs (Jung et la gnose).

Jean-François BLONDEL, historien de l’art, est aussi conférencier et spécialiste du Moyen Âge. Il a écrit une vingtaine d’ouvrages dont Le Moyen Âge des cathédrales (Trajectoire, 2007), Le Guide des grands sites sacrés en France (Trajectoire, 2010), Le Symbolisme de la pierre à travers l’Histoire (Trajectoire, 2015), Les Outils et leurs symboles (Jean-Cyrille Godefroy, 2016), La Franc-maçonnerie et le Christ (Trajectoire, 2017) ou encore La vigne et le vin, sacrés symboles (Oxus, 2020) et dernièrement Ces cathédrales aux mystérieux rayons de lumière aux Éditions DERVY.

Arnaud des BRUNIS, professeur agrégé de Biologie Géologie et docteur en écologie, il a enseigné en classes préparatoires aux Grandes écoles au lycée Pierre de Fermat. Il s’intéresse à l’alchimie , discipline à l’origine des sciences expérimentales modernes . De cette rencontre est née l’idée d’un premier ouvrage faisant une synthèse de ces deux domaines de la connaissance, l’ancienne et la moderne : Une histoire alchimique du monde aux Éditions de l’Art Royal. Retrouvez la recension de son ouvrage réalisé sur 450.

Jean SOLIS, éditeur, polémiste et philosophe. Il est connu pour ses ouvrages très spécialisés sur la franc – maçonnerie et, par ailleurs, pour sa vision spirituelle et métapolitique des questions de société, inspiré en cela aussi bien par Joseph de Maistre qu’Antonio Gramsci ou son défunt mentor Bruno Étienne. Il est l’auteur du prochain L’Alchimie expliquée aux Francs-Maçons aux Éditions Aureus. Retrouvez nos notes de lecture sur ses ouvrages Comprendre l’Arche Royale et RSE & REAA, les manuels qu’il vous faut !

Demandez le programme !

10h00 – 10h40 – Arnaud des BRUNIS : « Science contemporaine et Alchimie « 

10h40 – 11h20 – Jean-François BLONDEL « L’Alchimie dans les cathédrales« 

11h20 – 12h00 – Jean SOLIS « L’Alchimie expliquée aux Francs-Maçons« 

12h00 – 14h00 – Buffet Fraternel

14h00 – 15h00 – Françoise BONARDEL « Actualité de l’Alchimie : Comment être opératif aujourd’hui ? »

15h00 – 15h40 – Table ronde pour débat sur « Alchimie et Hermétisme » et questions-réponses avec la salle.

15h40 – 16h30 – cocktail de clôture et séances de dédicaces d’ouvrages par les conférenciers.

L’entrée du colloque est gratuite et réservée aux Maçonnes et Maçons, sur invitation.

La réservation préalable est obligatoire. La date limite d’inscription est fixée avant le lundi 27 mars midi pour celles et ceux qui s’inscrivent au buffet fraternel (12h00 -14h00), avant le jeudi 30 mars minuit pour celles et ceux qui ne désirent participer qu’à la série de conférences

Lors de ce colloque seront organisés des séances de dédicaces des ouvrages des conférenciers et un buffet fraternel à la pause déjeuner, entre 12h et 14h, permettant d’échanger de façon plus informelle.

Participation au buffet :

20 €/personne.

La participation aux frais des conférences seules est à la libre appréciation des participants. Pour recevoir une information particulière ou une invitation, merci de répondre au formulaire et de ne pas oublier de cliquer sur le bouton « ENVOYER » pour valider votre demande. Ne tardez pas à vous inscrire, les places étant en nombre limité.

La vidéo de présentation du colloque sur l’Alchimie.

Le Facebook de l’association : ce groupe privé rassemble les Maçonnes et Maçons de toutes Obédiences sur les départements de l’Aveyron, du Lot, du Tarn et du Tarn-et-Garonne, intéressés par la culture maçonnique. L’association « Les Conférences de Midi à Minuit » a pour objet, l’étude, la recherche et l’organisation de conférences sur l’Histoire, la symbolique, l’ésotérisme et les sociétés initiatiques. Vous êtes intéressés ? Prenez contact