Bien que la croyance populaire attribue à la franc-maçonnerie l’image d’une « société secrète », cette caractéristique supposée n’est autre qu’un des nombreux mythes qui l’entourent, avec l’intention de la discréditer car, par principe, elle ne se soumet à aucune croyance ou politique.
Bien que la croyance populaire attribue à la franc-maçonnerie l’image d’une « société secrète », cette supposée caractéristique n’est rien d’autre qu’un des nombreux mythes à son sujet, avec l’intention de la discréditer car, en principe, elle ne se soumet à aucune croyance ou politique. Il est un fait qu’une entité dont l’existence est largement connue ne peut être « secrète », ayant une personnalité juridique reconnue par les autorités de plusieurs pays.
Le but de l’Ordre maçonnique est publiquement connu, et largement diffusé dans les dictionnaires, les encyclopédies, les livres d’histoire et, dernièrement, dans toute recherche sur Internet, avec de nombreux « sites », officiels ou non, à ce sujet. Comme il a un caractère initiatique, « le seul secret qui existe et n’est connu qu’en adhérant à l’institution, ce sont les moyens de reconnaître les francs-maçons entre eux, dans n’importe quelle partie du monde, et la manière d’interpréter leurs symboles et les enseignements qu’ils contenir », informe la Grande Oriente do Brasil – Paraná.
Il est cependant reconnu que la vraie franc-maçonnerie doit être, et est, discrète, dans le sens de ne pas avoir pour objectif la fanfare, la large divulgation publique de ses réalisations. Evidemment, l’institution se reflète dans ses membres, et il appartient également au franc-maçon d’être discret dans sa manière d’agir et de parler. La discipline dans l’usage mesuré de la parole, soit dit en passant, est une leçon qui accompagne le franc-maçon dès son premier jour dans l’Ordre. « Deux yeux pour mieux voir ; deux oreilles pour mieux écouter et une bouche pour moins parler sont des leçons que le franc-maçon ne doit jamais oublier – voir, écouter, méditer, bien agir et se taire », guide le paranaense Pedro Juk.
Antônio Rocha Fadista commente que dans le monde en général, le mot, parlé ou écrit, est utilisé sans distinction. « La société humaine est pleine de mots qui offensent, humilient, blessent et dénigrent l’honneur d’autrui. Si les gens travaillaient plus et parlaient moins, l’humanité serait sûrement plus évoluée et plus civilisée. Malheureusement il y a trop de mots (…). Une telle situation est inconcevable chez un franc-maçon, car dans l’étude des symboles, il apprend à réfléchir sur le contenu caché des mots qui, en dernière analyse, reflètent l’essence profonde de l’être humain.
Cet idéal de comportement s’inspire des pratiques des anciennes écoles philosophiques. Chílon, l’un des sept sages de la Grèce antique, lorsqu’on lui a demandé quelle vertu était la plus difficile à pratiquer, a répondu : « se taire ». Dans l’école initiatique de Pythagore, les néophytes étaient interdits de parole pendant trois ans, accomplissant une période d’observation pendant laquelle ils n’étaient qu’auditeurs, sous la règle de se taire et de réfléchir à ce qu’ils entendaient. Ensuite, le silence s’est prolongé pendant encore deux ans, mais avec le droit d’entendre des conférences directement de Mestre Pitágoras. On dit aussi que Platon, appelé à enseigner l’art de connaître les hommes, s’exprimait ainsi : « les hommes et les vases en terre cuite se connaissent de la même manière : les vases, lorsqu’on les touche, ont des sons différents ; les hommes se distinguent facilement par leur manière de parler.
Selon Fadista, cette pensée platonicienne nous offre une excellente occasion de réflexion profonde. « Nous ne réalisons pas toujours à quel point nous devenons prisonniers des mots que nous prononçons. Parce qu’ils sont l’expression de nos pensées, parce qu’ils traduisent des idées et des sentiments, les mots deviennent un centre qui émet des vibrations, tant positives que négatives. (…) La parole est l’élément qui identifie l’Homme et est la synthèse de toutes les forces vitales ; c’est l’élément qui relie tous les plans, du plus dense au plus subtil. Le mot est étroitement lié au silence, une autre expression sublime de la psyché humaine.
Sérgio Quirino Guimarães insiste sur le fait que « celui qui parle beaucoup perturbe la réunion ! », et attribue cette mauvaise habitude à la vanité et à la naïveté de l’orateur. Raimundo Rodrigues, à son tour, observe que « la parole traduit, par l’éloquence, la sagesse. (…) Il n’est pas rare que le mot soit mal employé, non seulement à cause du manque d’éloquence ( c’est-à-dire de sagesse ) de l’orateur, mais surtout à cause du manque de contenu (…). Nous devons parler, nous devons parler. Cependant, il faut savoir parler pour que ceux qui nous écoutent ne se souviennent pas du vieil adage : le silence est d’or et la parole est d’argent.
Basé sur gob-pr.org.br et les travaux de AR Fadista, P. Juk (pedro-juk.blogspot.com), R.Rodrigues et SQGuimarães.
Welcome to the United Grand Lodge of England, the home of Freemasonry !
Sceau de la GLUA.
Bienvenue à la Grande Loge Unie d’Angleterre (GLUA), la maison de la franc-maçonnerie en Angleterre, au Pays de Galles, dans les îles anglo-normandes, l’île de Man et un certain nombre de districts à l’étranger. L’une des plus anciennes organisations sociales et caritatives laïques au monde, la franc-maçonnerie moderne trouve ses racines dans les traditions des tailleurs de pierre médiévaux qui ont construit nos châteaux et cathédrales. Pour les francs-maçons, il y a quatre valeurs importantes qui aident à définir leur chemin dans la vie : Intégrité , Amitié, Respect et Charité. Dans le monde d’aujourd’hui rempli d’incertitudes, ces principes sonnent aussi vrais aujourd’hui qu’ils l’ont été à n’importe quel moment de l’histoire de l’organisation.
L’adhésion est ouverte aux hommes de plus de 18 ans de tous horizons et l’objectif de l’organisation est de donner aux membres les moyens d’être le meilleur d’eux-mêmes. Il s’agit de forger le caractère, de soutenir les membres en tant qu’individus et de les aider à apporter une contribution positive à la société.
Edward, duc de Kent, Grand Maître depuis 1968.
La franc-maçonnerie fournit une structure permettant aux membres de se réunir autour de ces objectifs communs, ce qui permet aux gens de nouer de nouvelles amitiés, de se développer et d’apporter des contributions précieuses à des causes caritatives. GLUA est l’un des plus grands donateurs de charité du pays, contribuant 51,1 millions de livres sterling (plus de 57 millions d’euros) à des causes méritantes en 2020.
Aujourd’hui, nous vous proposons une visite, en photos et en vidéo, du siège de la GLUA, Freemasons’ Hall, un des 50 bâtiments préférés des londoniens
Choisis par les architectes de la ville, les principaux auteurs, les Instagrammers et le travailliste Sadiq Khan, maire de Londres depuis le 9 mai 2016, le Freemasons’ Hall est parmi les 50 bâtiments préférés de la capitale, plus grande ville du Royaume-Uni, longtemps capitale de l’Empire britannique. Elle est désormais le siège du Commonwealth.
Le Freemasons’ Hall de Londres est un bâtiment situé sur Great Queen Street entre Holborn et Covent Garden. Il est le siège de la Grande Loge Unie d’Angleterre et du Suprême Grand Chapitre des Maçons de l’Arche Royale en Angleterre. Il se situe 60 Great Queen St, London WC2B 5AZ, Royaume-Uni.
La Grande Loge Unie d’Angleterre (GLUA) – en anglais United Grand Lodge of England (UGLE) – est la principale obédience maçonnique d’Angleterre. Elle s’autoproclame « Mother Lodge », Loge Mère de toutes les autres Grandes Loges de par le monde. Ceux qui ne partagent pas cette vision n’hésitent pas à la nommer le « Vatican » de la franc-maçonnerie, histoire de « chatouiller » les frères dits réguliers et de tradition, demandant à ses membres dans les « Basic Principles » de 1929, en son point 2 « Que la croyance en le GADLU et en Sa volonté révélée soient une condition essentielle de l’admission des membres ». Sous sa juridiction, on compte aussi des ex-colonies britanniques et quelques pays du Commonwealth. Héritière directe de la « Grande Loge de Londres et de Westminster » de 1717, elle a fêté en 2017 son tricentenaire.
United Grand Lodge of England, le musée.
Nous vous recommandons tout particulièrement, au siège de l’obédience, la visite du musée et de la bibliothèque. Un vrai musée et une vraie bibliothèque !
Conférence sur l’histoire du Freemasons’ Hall
James Campbell Vénérable Maître en 2017, année du tricentenaire, de la célèbre Quatuor Coronati Lodge n° 2076, professeur d’architecture à Cambridge.
Le Freemasons’ Hall fut présenté à la « Conférence du tricentenaire sur l’histoire de la Franc-maçonnerie » organisé par la Quatuor Coronati Lodge n° 2076 pour la célébration des 300 ans de la Grande Loge Unie d’Angleterre 1717-2017, à Quenns’ College, Université de Cambridge, du 9 septembre au 11 septembre 2016
Photo YG
Le vendredi 9 septembre à 17h30, amphithéâtre Fitzpatrick Hall, John Hamill, directeur des communications de la Grande Loge Unie d’Angleterre d’alors devait nous entretenir de « Régularité et Reconnaissance ». Malheureusement, empêché à la dernière minute, c’est le Frère James Campbell Vénérable Maître de la Quatuor Coronati Lodge n° 2076, qui le remplaça.
Ce fut l’occasion de nous livrer une magnifique et très riche conférence sur l’histoire du Freemasons’ Hall. Au-delà du discours extrêmement professionnel du professeur d’architecture à l’Université de Cambridge, notre Frère James Campbell illumina son propos d’une remarquable galerie de photos, de la création du premier Masonic Hall à l’édification du Temple, tel que nous le connaissons aujourd’hui, élevé en hommage aux francs-maçons décédés au cours du premier conflit mondial.
Freemasons’ Hall, pose de la première pierre.
Le Freemasons’ Hall est le fruit d’un concours d’architecture. Il est encore aujourd’hui un monument emblématique de la cité londonienne.
De notre confrère msn.com et The Telegraph – Par Patrick Sawer
Depuis des siècles, les francs-maçons ont été considérés comme une société secrète avec des cérémonies d’initiation anciennes et obscures , dont les adhérents discutent rarement de leur appartenance.Mais une vague de demandes de personnes souhaitant s’initier à l’ordre est menée par un groupe très inattendu de maçons – des motards vêtus de cuir les Widows Sons.
Parmi les loges spécialisées les plus en vue et les plus colorées des francs-maçons figurent celles sur deux roues. Leurs machines puissantes et leur apparence spectaculaire le long des routes britanniques ont contribué à faire passer le nombre de demandes de renseignements sur l’adhésion aux maçons de 12 000 en 2020 à 18 000 en 2021.
Il y a également eu une augmentation significative du nombre de visiteurs sur le site Web de la United Grand Lodge of England (UGLE), passant de 65 000 en 2020 à 83 000 en 2021, soit une augmentation de près de 30 %.
La Widows Sons Masonic Bikers Association (WSMBA) a déclaré: « Nos chapitres ont contribué à augmenter le nombre de membres maçonniques grâce à notre présence et notre visibilité lors d’événements et de rassemblements publics de motos. »
Il y a près d’une dizaine de loges de motards, qui se rassemble pour soutenir des causes caritatives et sensibiliser les autres motards à l’ordre.
Il s’agit notamment du Mike Hailwood Lodge dans le Warwickshire, du nom du motocycliste et pilote de course champion du monde de Grand Prix tué dans un accident de la route en 1981; le Freewheelers Lodge dans le Lincolnshire; et les Chevaliers de Fer dans le Leicestershire et le Rutland.
Leurs initiatives comprenaient la distribution de nourriture aux membres vulnérables de la communauté pendant la pandémie de Covid.
Mais les maçons motocyclistes s’efforcent de souligner que bien qu’ils portent des patchs et d’autres insignes d’identification sur leurs cuirs, ils ne sont pas des gangs de motards.
« Ils sont liés par le livre maçonnique des constitutions et sont censés représenter positivement la fraternité à tout moment », a déclaré l’UGLE, la Grande Loge maçonnique gouvernante de la majorité des francs-maçons en Angleterre, au Pays de Galles et dans le Commonwealth.
Ian Chandler, un ancien détective de la police et maintenant Grand Maître provincial du Surrey Lodge, a déclaré au Telegraph : « Les loges pour motards sont peut-être loin de l’idée que les gens se font des francs-maçons, mais c’est la réalité maintenant. »
Parmi les autres loges spécialisées, commerciales ou de loisir, citons celles des forces armées, des passionnés de voitures classiques, des agriculteurs, des golfeurs et des joueurs de rugby.
Jonathan Spence, grand maître professionnel de l’UGLE, a déclaré: « Nous voulons être une organisation de membres florissante à laquelle les Frères aspirent à se joindre. »
« Nous n’avons enregistré que récemment le nombre de demandes de renseignements compte tenu de notre nouvelle utilisation des médias sociaux et cette année a été plus élevée que l’année dernière, et nous sommes extrêmement satisfaits du volume que nous avons reçu. »
Il y a une liste d’attente de 6 000 personnes qui attendent pour devenir membres de l’UGLE, avec plus de 8 800 demandes d’adhésion reçues en moins de trois mois.
M. Spence a ajouté: « Nous avons connu, après Covid, une tendance croissante de nouveaux entrants. Nous constatons certainement l’impact positif de la conversion des demandes de renseignements en adhésions réelles. »
Les francs-maçons d’aujourd’hui insistent sur le fait que la réputation de secret de l’organisation est loin de la vérité et n’est qu’un vestige des années 1930, lorsque les francs-maçons ont été persécutés sous les nazis et ont maintenu un profil bas pour leur propre préservation.
« Nous ne sommes pas une société secrète. Notre objectif est de tirer le meilleur de vous-même en tant qu’être humain tout en contribuant à la société dans son ensemble », a déclaré M. Spence.
Cordoue – La franc-maçonnerie tente de normaliser ses relations avec la société à travers une nouvelle édition de la Conférence sur la présence de la franc-maçonnerie à Cordoue, qui a ouvert sa huitième édition ce vendredi dans une ville qui accueille cet ordre d’initiation face à d’autres situations où « il est difficile dans d’autres parties de l’Espagne de s’asseoir à côté de la franc-maçonnerie ».
La franc-maçonnerie tente de normaliser ses relations avec la société à travers une nouvelle édition de la Conférence sur la présence de la franc-maçonnerie à Cordoue, qui a ouvert sa huitième édition ce vendredi dans une ville qui accueille cet ordre d’initiation face à d’autres situations où « il est difficile dans d’autres parties de l’Espagne de s’asseoir à côté de la franc-maçonnerie ».
C’est ce qu’a exprimé Javier Escalada, grand maître adjoint de la Grande Loge d’Espagne, le deuxième plus haut poste de la franc-maçonnerie espagnole, au cours de son discours lors de la cérémonie d’ouverture de la conférence.
Tourisme à Cordoue. Que voir | spain.info
Escalada attribue à « ces stéréotypes qui nous sont reprochés » l’animosité envers la franc-maçonnerie, basée sur « les quarante ans de dictature », qui a généré « de faux mythes et de l’obscurantisme », selon le vénérable maître de la Loge symbolique Maimónides 173, la Cordoue organisation qui organise l’événement, Benito Lozano.
« Il n’y a rien de secret », a déclaré Lozano, qui a assuré que la franc-maçonnerie « s’est toujours battue pour la démocratie et pour le progrès de l’humanité ».
Pour le président de la Diputación de Córdoba, Antonio Ruiz (PSOE), l’approche de la franc-maçonnerie « n’est pas une question de courage, mais de normalité », la même « qui existe dans d’autres parties de l’Europe ».
Les conférences traitent de la solidarité pratiquée par la franc-maçonnerie comme aide aux personnes dans le besoin et de la situation de cette réalité.
Javier Escalada a indiqué que « la première obligation du franc-maçon est d’être heureux et la seconde est que les autres soient heureux ».
Il existe à Cordoue deux loges maçonniques, la Symbolique Maïmonide 173, qui regroupe les premiers degrés de cet ordre initiatique, et la Patricia Corduba, philosophique, qui ont toutes deux accepté le Rite Écossais Ancien Accepté, l’un de ceux qui existent en Franc-Maçonnerie et qui est considéré comme le plus répandu en Espagne et dans le monde.
Le Grand Orient d’Italie publie sur son site internet la déclaration du Grand Maître Stefano Bisi, le 16 février dernier, sur le manque de liens avec les Loges GOI de Campobello-Mazara et de Castelvetrano. Alfonso Tumbarello, le médecin de Matteo Messina Denaro, appartenant à la GOI Lodge, en a été rapidement suspendu dans l’espoir que son innocence sera bientôt clarifiée.
En effet, le 15 février, lors de l’émission La7 « Atlantis », le Dr Principato et le Dr Amendola ont fait des déclarations concernant le GOI qui n’étaient pas conformes à l’institution maçonnique. Bisi déclare que « des généralisations abusives au détriment des Goi ne peuvent être tolérées », et conclut en déclarant : « Le Grand Orient d’Italie, en réitérant son étranger absolu aux faits injustement reprochés lors de la transmission, Il est juste de dire qu’il y a des gens dans la franc-maçonnerie qui n’ont rien à voir avec les idéaux maçonniques ! » Teresa Principato, ancienne procureure adjointe de Palerme, dans l’interview accordée à Atlantis (15-2-’23) déclare : « Matteo était la poule aux œufs d’or, il avait un esprit d’entreprise vraiment remarquable, c’est lui qui a trouvé le travail tous. Nous avons arrêté de nombreuses personnes proches de Messina Denaro . Au fait, je voudrais vous rappeler que Leonardo Bonafede, le père de cet Andrea Bonafede, a été arrêté lors de l’opération Golem 1 ».
Interrogé sur la capacité de mobilisation du patron, l’ancien avocat répond : « Curitiba était vraiment un centre de liaison avec les loges maçonniques d’une grande partie du Brésil et il y a trouvé un refuge paisible, tout comme en Espagne, on peut certainement dire qui était protégé par la franc-maçonnerie, mais était-il aussi protégé par, si je puis dire, une politique déviée, plutôt que par une franc-maçonnerie déviée ? Comment peut-on penser que la mafia ne profite pas de toutes les possibilités qu’offre la franc-maçonnerie, absolument pas ».
Pour la franc-maçonnerie déviante, le pouvoir passe avant les valeurs maçonniques elles-mêmes. Piera Amendola, auteur du livre « Pères et parrains des loges invisibles », s’est occupée de la loge P2 de Licio Gelli, parle lors de la même émission de l’implication de différentes loges dans des enquêtes sur la mafia ou la ‘Ndrangheta : « Après tout, cette nombre impressionnant de lodges dans la région de Trapani, en particulier à Campobello di Mazara et Castelvetrano, il avait déjà été détecté il y a de nombreuses années lors de l’enquête dans les années 90 par le procureur Agostino Cordova, puis par la commission présidée par Rosy Bindi et par la dernière commission anti-mafia qui a fait de la surveillance des loges siciliennes et calabraises pour tenter de comprendre les raisons d’une infiltration massive d’organisations mafieuses dans ces loges.
Le contrôle s’est basé sur les listes saisies, car elles n’ont pas été fournies spontanément par les quatre grandes obédiences maçonniques d’Italie : le Grand Orient d’Italie, la Grande Loge d’Italie de l’ALAM, la Grande Loge Régulière d’Italie, la Grande Loge Sérénissime d’Italie. Il s’agit donc d’obédiences régulières qui ont une reconnaissance faisant autorité au niveau international.
Devrions-nous parler à ce stade de frères déviants qui appartiennent à des loges régulières ? Il est clair que cette évaluation n’a été effectuée que sur des loges régulières. Mais nous savons, et c’est historiquement prouvé, que ce n’est que la pointe de l’iceberg de la franc-maçonnerie opérant dans la région de Trapani ». Au-delà des imprécisions concernant la qualification « régulière » d’une Loge, le nom de Licio Gelli est encore mentionné dans diverses enquêtes. « Giovanni Calabrò, cousin germain de Giuseppe Calabrò, l’assassin matériel des carabiniers Antonio Fava et Vincenzo Garofalo, disparu de Reggio Calabria en 1995. Des traces de lui sont découvertes à Rome, Milan et Monte Carlo.
Les investigations révèlent que Giovanni Calabrò a été mandaté pour opérer sur un compte courant bancaire au nom de Mari Cristina Gelli, fille de Raphaël et petite-fille de Licio Gelli » (Il Dispaccio, 28-2-’23). Pendant ce temps, Mario Portanova écrit dans « Il Fatto Quotidiano » du 1-3-’23: « Après la rupture de 1993 à la suite des enquêtes sur la mafia et les loges, Londres a décidé de reconnaître à nouveau l’Obédience dirigée par Stefano Bisi » . La reconnaissance du GOI par la Grande Loge Unie d’Angleterre aura lieu le 8 mars, à l’occasion de la réunion à Londres des personnalités les plus en vue de la franc-maçonnerie au Royaume-Uni pour la « Communication trimestrielle« .
À Wéris, un village situé dans la province de Luxembourg, les pratiques à visée spirituelle censées permettre une « rencontre avec soi-même » par l’intermédiaire des mégalithes locaux sont nombreuses. Ce constat s’appuie non seulement sur des observations menées sur le terrain, où des offrandes néopaïennes peuvent être identifiées au pied des pierres dressées, mais encore sur des sondages sur Internet qui dévoilent une multiplicité de stages dédiés à divers courants spirituels tournés vers la nature.
Pierre Haina, aiguille rocheuse qui émerge du banc de poudingue
À ces deux indices s’en ajoute un troisième qui prend la forme des propos recueillis auprès de la directrice de la Maison des Mégalithes de Wéris et de deux personnes, l’une francophone et l’autre néerlandophone, qui s’y livrent séparément à des cérémonies d’inspiration amérindienne. L’ensemble de ces données met en exergue le développement d’un marché religieux spécialisé dans ce type de pratiques, au point d’autoriser cette question : l’ancrage progressif de mouvances mystico-ésotériques dans le paysage religieux belge répond-il à l’engouement de la société locale pour des expériences censées produire une rencontre individuelle avec des réalités reniées par la modernité ?
Le Lit du Diable, encore appelé Paillasse du Diable.
Cette analyse porte sur les réflexions exploratoires issues d’une enquête ethnographique menée dans le champ mégalithique de Wéris. L’objectif de cet article est d’aborder, à l’aide des données documentaires et ethnographiques, les contours d’un phénomène local apparemment récent qui s’inscrit dans un processus global de reconversion des sites archéologiques en supports matériels de pratiques rituelles.
Au Pas-Bayard, entre Wéris et Oppagne, on peut voir sur une pierre une rainure qui serait la trace du sabot de Bayard, le cheval des quatre fils Aymon.
De nombreux chercheurs signalent en effet la consolidation, de plus en plus répandue dans les sociétés occidentales, de pratiques qui revendiquent des conceptions holistes de l’être humain. Malgré le scepticisme que ces pratiques sont susceptibles de soulever dans le domaine de l’étude du fait religieux en Belgique, leur identification et problématisation locale est loin d’être récente. Dès la fin des années 1980, un projet de recherche de l’ULB dirigé par Anne Morelli (1983) a mis en évidence la présence de nombreuses communautés adhérant à divers nouveaux mouvements religieux, associés notamment aux mouvances New Age et néopaïenne, dans la région de Bruxelles-Capitale.
Une architecture exceptionnelle
Quelques années après, l’Université catholique de Louvain (UCL) a lancé un projet portant sur les nouvelles religions en Belgique, mené par Michel Voisin et Karel Dobbelaere (1985). Les résultats ont indiqué qu’en dehors de la capitale, ces religions et spiritualités – souvent importées du Royaume-Uni et des États-Unis – avaient du mal à trouver leur place. Les faibles taux d’adhésion dans le reste du territoire national paraissaient répondre à l’ancrage de longue durée des traditions religieuses chrétiennes.
Avant les années 2000, l’adhésion en Belgique à des spiritualités où le « divin » est une idée acéphale et à priori individualiste, était marginale. Néanmoins, le tournant du millénaire a été témoin de changements considérables dans les comportements religieux, particulièrement en Région wallonne. C’est ce que mettent en évidence trois recherches de l’UCL consacrées à des phénomènes divers. Il s’agit d’une part de la géobiologie, une pratique de guérison énergétique qui a hérité de la radiesthésie et de la sorcellerie traditionnelle (Olivier Schmitz, 2006). D’autre part, des réseaux néochamaniques transnationaux qui relient la Wallonie et l’Amérique latine en mobilisant des guérisseurs sudaméricains qui dirigent des stages visant au développement personnel (Silvia Mesturini, 2013), et enfin des rassemblements des membres de la Rainbow Family, un mouvement aux allures anticapitalistes qui prône le retour à la nature et l’éloignement du consumérisme (Justine Vleminckx, 2019).
Dans le village, on peut aussi admirer le superbe château-ferme que construisit en 1684 Jean-Mathieu Marchant, maître de forges dans la vallée de l’Aisne.
Depuis octobre 2022, mes déplacements à travers le champ mégalithique de Wéris ont été marquées par la rencontre avec des objets et des pratiques reliés aux trois sujets précédemment mentionnés. Autour de ces mégalithes il est ainsi possible d’observer des personnes adultes qui réalisent des mouvements corporels particuliers. En adoptant une attitude révérencielle, certaines se tiennent debout, face aux pierres. D’abord, elles ferment leurs yeux. Ensuite, elles touchent la surface des monolithes avec leurs paumes. Puis, elles restent immobiles pendant au moins une minute. Finalement, elles ouvrent les yeux et quittent leur place pour répéter les mêmes gestes devant les troncs des arbres proches.
CRÉÉ EN 1994, LE MUSÉE DES MÉGALITHES EST UN MUSÉE DE SITE CONSACRÉ AU MÉGALITHISME ET À LA PÉRIODE NÉOLITHIQUE.
À ces pratiques s’ajoute la présence de nombreuses offrandes déposées au pied des mégalithes ou attachées aux arbres qui les entourent. Ces offrandes se concentrent notamment autour des menhirs d’Oppagne. Il s’agit de trois pierres dressées d’environ deux mètres de hauteur localisées à côté d’un poirier, dont les branches inférieures portent des rubans qui y ont été attachés. Ce poirier est un « arbre à loques », une forme de dendolâtrie qui a des réminiscences païennes. Sur certains rubans ont été rédigées des phrases en français ou en néerlandais pour remercier les « esprits de la nature ».
La conversion de ce poirier en « arbre à loques » n’est pas ancienne. Pierre Bastian (2020) signale que les premiers rubans sont apparus subitement en 2011 et Jérôme Crépin (2020) note que leur présence est associée à l’investissement rituel des mégalithes locaux. Mes excursions sur le terrain m’ont permis de constater qu’il ne s’agit pas du seul arbre local investi par des croyances animistes. Récemment, quelques rubans ont été attachés aux branches d’un arbre situé à quelques mètres de la Pierre Haina. Celle-ci est un monolithe peint en blanc qui se localise dans les collines qui surplombent le village de Wéris. Selon deux interlocuteurs, des groupes francophones et néerlandophones se rencontrent ici lors de l’équinoxe de printemps. Sans trop se mélanger, ils se livrent à des cérémonies néochamaniques dont la clôture est signifiée par la pose d’une couche de peinture blanche sur la surface de la Pierre Haina.
Comme j’ai pu le constater, la rencontre avec des éléments qui évoquent des dévotions contemporaines à la nature peut avoir lieu non seulement autour des pierres dressées, mais également à la Maison des Mégalithes. Celle-ci accueille un musée où le visiteur fait la découverte de vestiges archéologiques et de panneaux portant sur des connaissances « autres » concernant les mégalithes. Il s’agit spécifiquement des croyances reliées aux « hauts lieux d’énergie » qui sont présentées comme des imaginaires contemporains relatifs à ces monuments. Le seul musée où, selon nos enquêtes précédentes, il est possible d’observer des panneaux similaires est celui de Stonehenge, un site mégalithique britannique fortement investi par des groupes néopaïens.
Interpellée par le contenu de ces panneaux, j’ai pris rendez-vous avec la directrice du musée. Lors d’un entretien mené le 4 octobre 2022, elle m’a signalé qu’ils ont été élaborés par son équipe et que leur présence au sein du musée répond aux intérêts particuliers des nombreux visiteurs. Ceux-ci se rendent sur place attirés par les potentialités « sacrées » et « spirituelles » qu’ils accordent aux mégalithes locaux. Depuis qu’elle a été affectée à son poste en 2018, les rencontres avec des personnes qui se désignent comme « chamanes » ou « géobiologues » font partie de son quotidien professionnel. Lors de ses promenades dans le champ mégalithique, elle découvre fréquemment des couronnes faites de branches et de fleurs au pied des menhirs, ainsi que des plumes d’oiseaux attachées par des fils aux branches des arbres proches. Ces objets fabriqués avec des matériaux fragiles ramassés sur place sont caractéristiques des offrandes néopaïennes.
À l’issue de la phase exploratoire de ce projet de recherche, les contours du processus de sacralisation contemporaine des mégalithes de Wéris commencent à se dessiner.Les données analysées signalent qu’il s’agit d’un phénomène contemporain qui s’inscrit dans un contexte socio-culturel marqué par l’enracinement, de plus en plus solide, des spiritualités dites alternatives en Belgique. Les motifs qui apparemment attirent les individus vers ces mouvances spirituelles paraissent rappeler ceux auparavant identifiés par Michael Houseman (2016) et Denise Lombardi (2012) dans le monde occidental. Les pratiques mobilisées par ces spiritualités prônent l’idée d’un retour à une nature imprégnée de qualités « spirituelles », où l’individu est susceptible de s’adonner de manière décomplexée à une démarche d’investissement personnel. En adoptant ces corpus de connaissances, des Belges en mal d’ésotérisme se servent des mégalithes de Wéris comme d’espace-temps où ils peuvent déconstruire et reconstruire une identité individuelle ayant des racines à la fois locales et globales.
Ce double objectif met en exergue le processus de re-sémantisation dont font l’objet aujourd’hui les lieux d’anciens rituels tels que Wéris. De nos jours, des mégalithes européens et des cités précolombiennes son constamment identifiés comme « hauts lieux d’énergie » et reconvertis en lieux de culte par celles et ceux qui adhèrent à des spiritualités holistes. Cette démarche correspond à une sensibilité postmoderne et contre-culturelle en plein essor, qui véhicule un « processus d’appropriation symbolique du passé » (Galinier et Molinié, 2006) et attire l’individu occidental vers des expériences censées lui permettre de renouer avec soi, les autres et l’Univers.
De notre confrère breton unidivers.fr – Par Morgane Kalusa
Le tout premier salon de l’Oracle et du Tarot, organisé par l’association l’Étoile de Brocéliande, se déroulera les 11 et 12 mars 2023 à l’espace de l’Étang bleu à Paimpont, au cœur de la forêt mythique de Brocéliande. Au programme : ateliers, conférences et spectacles, où visiteurs et artistes pourront échanger autour de la spiritualité. Pour les non-initiés, ce sera l’occasion de découvrir toutes les facettes d’un univers…
Créée en octobre 2022, l’Étoile de Brocéliande est une association à but non lucratif qui organise des événements autour de trois thèmes principaux : l’art, la nature et la spiritualité. Le salon de l’Oracle et du Tarot, qui aura lieu les 11 et 12 mars 2023, est le premier événement qu’elle organise. Sa créatrice et présidente, Chloé Féraud, est surtout connue en tant qu’autrice d’oracles sous le nom de Chloé Toile. Elle a entre autres réalisé l’Oracle de Brocéliande (éditions Grancher) sorti l’an dernier, illustré par Sandrine Gestin qui fera également partie des artistes présents au salon.
Art, nature et spiritualité. Trois notions qui sont connectées entre elles, voire « interdépendantes », comme l’explique Chloé : les artistes, lorsqu’il sont en plein processus de création, font d’abord appel à leur intuition, leur imagination et leur sensibilité. C’est le côté spirituel de l’art. Mais l’environnement qui nous entoure est également une grande source d’inspiration et pour les créateurs d’oracles et de tarots, la nature en fait indéniablement partie. Ces inspirations visibles ou non, conscientes ou inconscientes, transparaissent dans l’œuvre d’art et se révèlent au public. « L’idée, c’est de trouver un juste milieu, un équilibre entre le subtil et le concret. » Mais l’art n’est pas seulement là pour exprimer ses émotions et sentiments, il peut aussi être porteur d’un message. Ici, il s’agit de démontrer que nous pouvons tous avoir ces ressentis en nous, qu’ils ne concernent pas que les personnes initiées à la spiritualité : « Toutes ces énergies qui nous entourent, on les capte tous même si elles ne sont pas visibles. »
« LA CONNEXION QU’ON PEUT APPELER SPIRITUALITÉ TOURNE AUTOUR DE LA NATURE ET DE L’ART. »
Vous est-il par exemple déjà arrivé de vous sentir très bien ou au contraire très mal en entrant quelque part, sans parvenir à l’expliquer ? Ces perceptions, tout le monde peut les avoir en principe. Mais nous n’en avons pas tous pleinement conscience, ou du moins ne cherchons pas à analyser. « On n’est plus très attentifs, dans notre société actuelle, à ces ressentis-là », regrette Chloé. Les personnes proches de la nature et particulièrement les artistes y prêtent plus attention, mais nous le pouvons tous en apprenant à nous écouter nous-mêmes. Et c’est lorsqu’on tend vers cette écoute de soi et un mieux-être général, qu’on prend conscience de ces perceptions.Et cela ne fait pas de nous des gens « perchés », contrairement aux nombreuses idées reçues !
Cependant, si l’on peut afficher de la méfiance au premier abord, ce n’est pas par hasard. Il arrive régulièrement que certaines personnes œuvrent dans un but purement commercial et n’hésitent pas à abuser de la confiance de leurs clients. C’est la raison pour laquelle Chloé a décidé de la gratuité du salon : car ce qu’elle souhaite avant tout, c’est la rencontre et le partage. L’idée lui est d’ailleurs venue en s’apercevant du manque d’événements dédiés à la spiritualité en France. Les seules manifestations étaient jusqu’à présent des salons littéraires, ainsi qu’un festival de tarot dont l’approche diffère de celle voulue par Chloé. Pourtant, depuis quelques années, les oracles et tarots prennent de plus en plus de place dans les librairies et boutiques spécialisées.
Cartes de tarot
Mais au fait, quelle est la différence entre un oracle et un tarot ?
Tous deux des outils de divination et de développement personnel basés sur la cartomancie (art divinatoire qui étudie les cartes), ils ont néanmoins des structures, approches et objectifs différents. Il est donc important de bien choisir son jeu en fonction de ce que l’on souhaite.
Le tarot, jeu constitué de 78 cartes (22 arcanes majeurs et 56 arcanes mineurs), est plus complexe qu’un oracle et peut donc être difficile à appréhender au début. Il s’adresse surtout aux personnes qui souhaitent obtenir des réponses assez précises à leurs questions. S’il est préférable d’avoir déjà acquis les bases de la cartomancie, un débutant peut tout à fait s’y mettre grâce aux nombreux ouvrages qui lui sont dédiés. Il existe différents tarots, ceux de Marseille et de Rider Waite étant les plus connus. Ils possèdent les mêmes figures à quelques variantes près et l’interprétation est pratiquement la même.
L’oracle, quant à lui, possède une structure moins spécifique que le tarot. Les auteurs étant libres de choisir le format, le nombre de cartes et le thème général, les illustrations et symboles sont par conséquent beaucoup plus variés. Souvent plus apprécié des débutants, il permet à celui ou celle qui le consulte d’interpréter librement les différentes cartes. L’oracle de Belline est un des plus connus.
Cependant, les adeptes des oracles et tarots ne s’en servent pas toujours afin de prédire l’avenir : parfois, le but est simplement de chercher des conseils pour ce que l’on vit actuellement. Il faut dire que les êtres humains sont, et ont toujours été, en quête de sens. Récemment, des périodes très difficiles telles que le Covid ont poussé les gens à se recentrer sur eux. « Pourquoi je suis là ? Est-ce que ma vie a du sens ? », quasiment tous se sont posé ces questions pendant le confinement. Et pour certains, la spiritualité a été un moyen de trouver des réponses.
Mais c’est également une évolution logique et naturelle. De tout temps, les Hommes se sont tournés vers les divinités et les religions, qu’elles soient mono- ou polythéistes. Et les croyances évoluent en même temps que la société. En France, le christianisme, qui dominait depuis plusieurs siècles, est actuellement en déclin et convainc de moins en moins de personnes (les scandales récents au sein de l’Église catholique pouvant en partie expliquer cela). Les gens se tournent alors de nouveau vers des croyances plus anciennes, liées à la nature.
« L’ÊTRE HUMAIN A TOUJOURS EU BESOIN DE DONNER DU SENS À SA VIE.»
On note également un renouvellement de l’intérêt pour la figure de la sorcière. Longtemps mise au ban de la société, cette femme très proche de la nature avait avant tout un rôle de guérisseuse et d’accompagnatrice. À l’époque, cela dérangeait beaucoup les institutions et notamment l’Église qui a engagé une véritable traque à l’encontre de celles qu’on appelait « sorcières ». Mais malgré cela, leur représentation a trouvé un second souffle et connaît désormais un réel succès. Certaines féministes se sont même emparées de ce symbole pour illustrer leur combat : car la sorcière incarne la femme libre, indépendante et puissante.
Ouvert aux débutants comme aux initiés, sans limite d’âge, le salon fera découvrir des artistes travaillant autour de la spiritualité, originaires de toute la France : auteurs d’oracles et de tarots, illustrateurs, etc. Chaque artiste aura son stand pour que les visiteurs puissent échanger et demander des dédicaces, l’événement étant avant tout axé sur la rencontre.
Ateliers, conférences ou spectacles, les activités proposées seront variées ! Vous pourrez par exemple travailler votre imagination en participant à un atelier d’écriture créative organisé par Claudia Sorge, art-thérapeute. Le principe est simple : à partir de cartes d’oracle, on crée une histoire en se laissant porter par son imaginaire et son intuition. Si vous vous intéressez plutôt au tarot, des conférences vous permettront d’en apprendre un peu plus sur cet art divinatoire complexe. Enfin, pour ajouter une touche d’émerveillement, il y aura également un spectacle de conte illustré qui plaira certainement aux plus jeunes !
Toute jeune association, l’Étoile de Brocéliande aimerait, par la suite, organiser d’autres événements autour de l’art, la nature et la spiritualité. Mais pour l’instant, Chloé est surtout focalisée sur le salon de l’Oracle et du Tarot, qui, si le succès est au rendez-vous, pourrait bien être renouvelé l’année suivante… l’oracle nous le dira !
Infos pratiques
Salon de l’Oracle et du Tarot, Espace de l’Étang bleu, 35380 Paimpont – 11 et 12 mars 2023 – Entrée libre.
« Au commencement était le Verbe » dit la première phrase de l’évangile de Saint-Jean. Le Verbe, c’est-à-dire un discours politique (au sens de la cité et des hommes à construire) déclinant lui-même un enchaînement logique : père, pouvoir, action, discorde, compromis, harmonie, avenir …
D’Eve et d’Adam naissent deux fils. Caïn, de nature possédant jaloux, en hébreu « l’avoir personnifié » puis Abel, au caractère doux rêveur, autrement dit « l’être inspiré ». Le premier devient cultivateur, le second berger. Un jour, les deux frères ressentent le désir d’aller faire une offrande à Dieu, l’Etre suprême et sacré, en témoignage de leur profonde vénération : l’aîné lui présente une corbeille de fruits de sa récolte et le cadet, deux agnelets, nouveau-nés de son troupeau. Le Créateur néglige les produits du sol et accepte les petits des brebis. Une préférence qui rend Caïn fou de colère et de jalousie : au retour, dans son champ, il agresse Abel et le tue….
Du fratricide…
Du fratricide, la fraternité
Si l’on en croit la métaphore biblique, l’aventure humaine commence mal ! Et si l’on observe les faits mythologiques…elle se poursuit sur sa lancée fratricide. Avec les deux fils d’Œdipe, Etéocle et Polynice, l’un tuant l’autre pour régner sur la ville de Thèbes. Avec encore Romulus – fondateur de l’enceinte romaine – assassinant son frère Remus, qui a osé en franchir le tracé, ainsi soupçonné de vouloir prendre possession de la Cité naissante. Quant aux faits historiques – en nous cantonnant seulement dans la modernité – ils regorgent malheureusement de massacres perpétrés par des troupes sanguinaires et pour un temps dominantes, niant le principe même de « fraternité humaine » à l’avantage d’un « concept ethnique » : cette vision infamante de races jugées nuisibles (par leurs caractéristiques, qu’elles soient génétiques, politiques ou religieuses) a abouti en un siècle aux génocides arméniens, ukrainiens, juifs, tutsis, entre autres. C’est à dire à l’acte ignoble de destruction programmée d’un groupe ethnique par un autre. Pour le formuler autrement : à la tuerie d’êtres humains par des êtres humains.
Il est intéressant de remarquer ici que la jalousie, moteur du mécanisme qui entraîne la haine, puis le crime, oppose depuis toujours les frères entre eux, bien plus qu’aux parents. Dès lors, la détestation du géniteur (ou l’incontestable conflit des générations, socle même du principe freudien instituant « le meurtre symbolique du père par le fils ») est finalement moindre, comparée à la violence, morale ou physique, existant effectivement dans les millions de fratries qui se succèdent sur la planète. La psychanalyse, qui dit-on, n’innoverait plus depuis la disparition de son concepteur, a devant elle avec ce sujet, un champ immense d’investigation ! L’inconscient n’a pas dit son dernier mot ! Qu’en est-il de cette force occulte collective qui peut imposer aux hommes tout à la fois, une attitude de retrait et de crainte, de vénération et de brutalité ? Du secret, le sacré !
Cette violence meurtrière serait la base nécessaire de l’apaisement, de la concorde à venir après le drame : du fratricide, la fraternité ! La compétition féroce animant les fratries Caïn/Abel, Etéocle/Polynice, Romulus/Remus, aurait ainsi un aboutissement commun, celui d’avoir engendré, par la mort sanglante de l’un des deux protagonistes, le développement de la vie sociale. Comme si tout début avait besoin, non seulement d’une mort, mais d’un meurtre (un être tué par un autre) pour prospérer ! Les religions premières n’ont pas manqué – devant le schéma répétitif de ces images mythiques – de récupérer et d’introduire dans leur pratique, la notion de « sacrifice », (étymologiquement de sacer, saint, puis de sacrificare, faire la volonté divine) c’est-à-dire d’offrande symbolique rituelle à Dieu (donc renouvelée) afin de lui plaire et d’obtenir des faveurs, des grâces, voire pour détourner son courroux éventuel !
De la déclinaison, surgit ici le mot « sacrum » désignant l’os constitué par les cinq vertèbres à la partie inférieure de la colonne vertébrale, qui nous fait déboucher lui-même sur le « sacré » : à savoir ici l’os sacré qui était offert aux divinités, lors, précisément, des sacrifices d’animaux. Nous le savons, ces tueries ont été précédées au nom d’odieuses traditions, d’égorgements et immolations d’enfants et d’adultes. Adorer pour recevoir, peut conduire à l’horreur !
L’histoire est donc faite de commencements mais aussi de recommencements. Parce que l’homme, depuis des temps immémoriaux vit dans des croyances acquises ou reçues, tant célestes que terrestres. Elles s’exercent par le biais théiste ou déiste classique de sage et silencieuse reconnaissance d’une puissance supérieure. Lorsqu’elle passe par un culte, la croyance consiste en la vénération effective d’un dieu, en principe désintéressée, sans demande en contrepartie. Les racines latines du mot « religion » (religare, relegere) n’indiquent respectivement pas autre chose que l’entretien d’un lien scrupuleux avec le divin et la volonté de réunir une assistance recueillie et affectueuse dans des lieux consacrés (Eglise, du latin eclesia, assemblée). Et l’injonction philanthrope « Aimez-vous les uns les autres ! » propagée par Jésus le prophète et après lui par les prêtres du christianisme, ne peut mieux exprimer le bienfait d’une sacralité bien comprise.
Mais la croyance s’exerce aussi dans la démesure, voire l’outrance que peuvent constituer les superstitions démonstratives, comportements irrationnels, pensées magiques et autres conduites auto-imposées par la perception de présages et signes, vus selon, comme porte-bonheur ou porte-malheur ! Combien sont blâmables ceux qui se sont ainsi aveuglément soumis à des meneurs fanatiques, eux-mêmes guidés par des préjugés injustifiés ou même les « sciences divinatoires » ! Hitler était l’un de ces sinistres personnages, manipulé et manipulateur, ivre de haine, vociférant et tourmenté par une idée fixe, la pureté. Cette obsession lui a fait craindre la disparition de la race aryenne, qu’il considérait sacrée. Pour ce fou furieux, les juifs, puis les tsiganes, se sont mélangés aux aryens et ont corrompu pendant des siècles, cette ethnie suprême. Le temps était donc venu, selon la résolution hitlérienne, de les capturer et exterminer pour purifier, reconstituer, en un mot revivifier le sang aryen ! D’où, pendant la dernière guerre mondiale, le monstrueux holocauste, dénommé ensuite La Shoah (catastrophe, en hébreu) par le cinéaste-écrivain Claude Lanzmann.
L’ange et le démon
L’ange et le démon
Avec ce crime contre l’humanité, nous rappelons la terrible ambivalence du sacré quand il inspire non seulement la jalousie mais au vrai, la « peur de l’autre » et devient violence, bestiale en l’occurrence. Car c’est bien de la phobie d’un peuple qu’est née dans un esprit dérangé et dramatiquement contagieux, l’idée de son élimination. Et c’est bien, précisément, par l’intermédiaire d’une soldatesque pervertie, hyper-conditionnée et sous serment d’allégeance totale au Führer, que ledit génocide a pu se réaliser. En l’absence totale d’opposition à ses actes coupables, elle a déifié la violence dans des camps de la mort, séparés de la civilisation. C’est-à-dire que cette horde de nazis sans morale ni états d’âme, en clair déshumanisée, a fait du sacrifice de masse, son objet central, en démultipliant au cœur du XXème siècle, les coutumes barbares antiques.
Si la peur de l’autre peut métamorphoser le sacré en violence, il n’est pas étonnant, lorsque Dieu en est le centre, que les cultes s’agressent mutuellement en lançant leurs fidèles les uns contre les autres. La bible nous dit que les trois religions monothéistes, juive, chrétienne et islamique ont le même père, Abraham. Chacune le revendique, mais n’accepte pas ou mal, cette paternité commune ! Chacune craint que les deux autres ne la confisquent ! Résultat : des conflits armés interminables depuis deux millénaires, des violences de plus en plus meurtrières qui nous renvoient, dans un cycle infernal …au fratricide originel ! Le père est mort depuis longtemps et cette fois, ce sont les trois filles qui s’entredéchirent ! Comme si, individuellement, elles voulaient, au-delà de toute hiérarchie temporelle, être la préférée posthume d’Abraham, et partant, de Dieu. En attendant, elles continuent aujourd’hui de véhiculer ensemble, l’amour et la mort…
Ainsi le sentiment du sacré, lorsqu’il est considéré dans la ligne originelle biblique et même religieuse, me permet, soit de vouloir comme Abel exprimer ma bonté, en gratifiant de mon respect généreux les êtres, lieux et choses, soit de transgresser comme Caïn, en leur imposant ma cruauté, tueuse et destructrice. Car je porte en moi, comme tout homme, comme toute femme, l’ange et le démon ! Le sacré, cette forme de regard à double effet, est donc synonyme de bienveillance ou de violence. Mon choix fait de la première demande néanmoins, en permanence, le contrôle de mes instincts, pour demeurer toujours « en état vigilant de fraternité ». Cette opération interne est possible, à condition, bien entendu, que – même marqué par le sceau initial de la violence – je sois persuadé de la supériorité de la mansuétude sur la vilénie ! Grâce à l’intelligence qui distingue l’humanité de l’animalité.
Il est observable que l’exercice du sacré, version « violence », nécessite un espace délimité. Caïn tue Abel dans son champ ; Etéocle supprime Polynice dans l’enceinte de Thèbes ; Romulus ôte la vie à Remus à l’intérieur du périmètre de la future cité de Rome ; les génocidaires modernes exterminent leurs victimes dans des camps de concentration, pour cacher leurs horribles forfaits. Même schéma pour le sacré, version « amour » et « fraternité », mais cette fois pour des raisons nobles, qui privilégient l’estime de soi et d’autrui. Les commémorations diverses, les cours scolaires et universitaires, les réunions politiques (du grec politikos, les affaires de la cité), les rencontres sportives, les offices religieux, les « tenues » maçonniques, etc, se déroulent toujours en milieu clos (encerclement très bien analysé par Régis Debray dans son livre « le Moment Fraternité » -Editions Gallimard). Mairies, écoles, amphithéâtres, stades, églises, temples, synagogues, mosquées, loges : autant d’espaces sacrés ou sacralisés. Au nom de la République, liberté d’expression, transmission du savoir, distraction. Au titre de la célébration des dieux du ballon rond (trop souvent génératrice de violence !), de la pluralité des confessions, de la perfectibilité de l’Homme…
Dehors, les citoyens distinguent dans le drapeau national – symbole sacré s’il en est flottant à l’horizontale sur les constructions publiques – un signe de ralliement et les croyants voient dans l’élancement de leurs édifices religieux, une force verticale qui les rapproche de leur Dieu. Dedans, les participants ont besoin d’une intimité chaleureuse, d’une complicité de pensée, entre quatre murs, bref, d’un « entre nous ». Pour parler et écouter, pour rire et pleurer, pour échanger et créer du lien social, pour enseigner et apprendre, pour reproduire et produire de la pensée en commun, pour aussi se recueillir et prier dans le silence de l’enceinte. Et parvenir, si possible, à ce que les francs-maçons appellent dans leurs loges « l’égrégore » (vocable sans doute issu du latin gregarius, grégaire, groupe) ce fameux ressenti d’unité et de fusion émotionnelle. Et que d’aucuns, en d’autres lieux de réunions, traduisent par la « dynamique de groupe ».
Double détente
Un mécanisme a double détente
Dans une France marquée, qu’on le veuille ou non, par deux mille ans de tradition chrétienne, il est logique que le sacré – vécu comme biblique ou laïque – porte l’empreinte du religieux. Ce qui ne signifie pas qu’il en soit propriétaire ! Au-delà du parvis des lieux de culte et de ses ministres, il y a bien entendu d’autres espaces, d’autres temps, d’autres objets, à caractère sacral, nous l’avons vu. Il y a aussi d’autres temples, d’autres rites, d’autres hommes et femmes, qui ont une vision et une pratique spécifiques du sacré. Le franc-maçon, la franc-maçonne, pour leur part, s’ils apprécient et exploitent dans leurs loges et la cité, les métaphores, légendes et allégories bibliques comme des représentations toujours productrices de sens, s’ils respectent toutes les religions sans exception et ont leurs propres croyances, ils sont aussi conscients, ici et maintenant, de vivre depuis leur initiation, une nouvelle approche du monde et des relations interhumaines. La lumière symbolique qu’ils ont reçue comme « outil réflexif » leur permet entre autres, d’éclairer d’un esprit neuf le sacré et son mécanisme à « double détente » : autant les « interdits-boucliers » qu’il contient dans l’intérêt individuel et général doivent être maintenus, autant le cortège de sacrifices et d’agressions meurtrières qui – étrange paradoxe – l’accompagne et persiste depuis des lustres, ne doit plus forcément être considéré comme une fatalité.
Avant tout, s’impose la compréhension du phénomène. Il est répétitif parce qu’imitatif au fil des générations (finement pointé par le philosophe René Girard qui le nomme « désir mimétique ». Cf « La violence et le sacré » – Editions Hachette littératures). Ainsi s’inscrivent dans l’histoire des hommes – parce qu’ils sont en lutte permanente ! – des listes interminables de victimes expiatoires, à type de boucs émissaires. Pourra-t-on un jour y apposer le mot « fin » ? Oui…si les hommes cessaient de désirer le même objet en même temps, par exemple, argent, industrie,territoire, comme des enfants autour d’un jouet ! Ou, pour le dire sur le mode psychanalytique, si les hommes renonçaient à désirer le désir des autres. Sachant que ce désir n’est que plus exacerbé, lorsque l’objet convoité est unique ou rare et dès lors « sacralisé » par son possesseur. Terres ancestrales, régions viticoles, zones de pêche, champs pétrolifères, etc, les « situations » sont nombreuses où la concurrence fait le conquérant !
Il ne s’agit pas toutefois de prétendre arrêter les conflits entre les hommes : c’est bien la confrontation – partie intégrante de la nature et condition humaine – qui leur permet au final de « faire société ». Soit, au gré d’idées différentes additionnées, de réunir les meilleures pierres à même d’élever l’édifice commun et d’y vivre ensemble. Même si l’œuvre est souvent à remanier…ou à recommencer ! C’est bien aussi par l’antagonisme que s’entretient chez chacun, chacune, le désir d’être, de penser et de faire. Et étouffer le désir serait en même temps asphyxier l’humanité, la couper de ses racines ! Si la guerre économique est devenue la dure règle mondiale, c’est la guerre par les armes qu’il faut coûte que coûte éviter : avec elle surgit évidemment l’atroce violence. Et d’elle, par mimétisme là encore, puis l’intervention d’autres facteurs comme l’injustice et la pauvreté, naît la délinquance, autre forme de guerre (ou de guérilla) urbaine et aussi rurale.
Lettres Scrabble
Cinq mots sacrés
Que peut faire le maçon, ce soldat aux mains nues, devant la violence, cette seconde et angoissante face du sacré ? Dans le florilège de pensées orientales, estampillées « Confucius » ou « Lao Tseu », on lit régulièrement « qu’il faut se changer soi-même pour changer les autres ». Voire changer le monde, pourquoi pas ?! La formule est jolie mais il convient de s’entendre sur son sens. Parvenir par un travail sur soi – en maçonnerie notamment – à l’équanimité, la sérénité, la maîtrise et qui sait – suprême approche du bonheur – à la sagesse…c’est une réussite certes, mais qui reste, avant tout, très personnelle. La sagesse n’est pas transmissible : elle est même incommunicable (sinon en paroles) au contraire des réalisations matérielles collectives (qui réunissent nombre de maçons, notamment dans le bénévolat associatif)!
Ma joie intérieure nouvelle, fut-elle rayonnante, n’empêche pas le voleur de m’arracher mon sac à bretelle dans un couloir du métro, avec un coup de poing au visage en prime ! Et si je me présente un samedi soir chez mes voisins festifs, pour me plaindre du bruit infernal de leur musique, à coup sûr, ils monteront le niveau encore plus fort ! Quant à mon fils, trop souvent rivé à la télévision au lieu d’apprendre ses leçons, il reste sourd à ma phrase nostalgique « Dans mon temps, mon père me disait… », absorbé qu’il est par un film où les mitraillettes des gangsters font ruisseler l’hémoglobine ! Violence, quand tu nous tiens ! La référence, l’exemplarité, l’autorité, par les formules et proverbes, qui ont pu fonctionner au siècle dernier et précédemment, ne sont plus suffisantes aujourd’hui : à l’époque du « tout, tout de suite », entre autres par la « magie » de l’électronique, la jeunesse n’attend pas des modèles de vie, auréolés de discours moralistes, donc jugés culpabilisants ! S’il y a « désir mimétique », il passe ici sans aucun doute, par les mails ou les SMS échangés avec les copains et copines ! Vitesse et instantanéité obligent !
Au quotidien, à la maison comme en ville, le changement individuel reviendrait donc davantage, non seulement à méditer dans le silence de notre « cathédrale intérieure », mais encore, à « sortir de soi ». Autrement dit, avant même de tenter de changer les autres, de mieux communiquer avec eux. Déjà en insistant sur la répétition de ces quatre vocables simples, mais qui sont pourtant en eux-mêmes des « mots sacrés » : Bonjour, bonsoir, pardon, merci, au revoir. Vous avez remarqué le vide qui nous sépare soudain de nos interlocuteurs quand ils ne sont pas prononcés lors de tout contact humain – ainsi commence l’incivilité ! – alors même que leur fonction est, tels des sésames, de nous de nous ouvrir et de nous rapprocher les uns des autres. Nous croisons souvent beaucoup de gens dans une journée, mais au vrai, nous en rencontrons très peu !
Sortir de soi, c’est s’exposer. C’est montrer ses qualités et aussi ses défauts. Au temps de mes culottes courtes, j’entendais parler de gens « bien élevés » ou « mal élevés » pour évoquer l’éducation, si défaillante actuellement, hors de l’école même. Je n’entendais pas à l’époque ces expressions, en termes métaphoriques de construction de l’être au monde, comme la franc-maçonnerie me les révèle aujourd’hui. Je déduisais surtout que ces personnes étaient polies, ou mal polies. Un souvenir qui me renvoie aux cinq mots précités, comme étant précisément chacun un premier signe de politesse. Une vertu, en voie de disparition elle aussi, si nous n’y prenons pas garde, tout comme manque souvent à l’appel maintenant ces deux autres, que sont la gentillesse et la douceur. Or, ces trois marques d’attention, et de déférence si précieuses, font bel et bien partie des expressions du « sacré laïque », à l’intérieur des temples et autour ? Le franc-maçon qui se demande comment mettre le symbole en actes dans la cité dispose là, d’un ensemble d’authentiques ritessociaux à remettre d’urgence en valeur. Même si ces rites peuvent paraître désuets à certains, se montrer poli, gentil et doux, est l’une des plus belles et bonnes façons pratiques de « maçonner ». Parce que, devant lui, le problème et la solution de l’homme, c’est l’autre !
Illustration « Formation Oumrazaï : Rencontre avec le sacré »
Tu ne tueras point, ordonne l’un des dix commandements. Or, sans donner la mort physique comme Caïn à Abel, il y a mille façons de tuer cet autre. De l’arrogance à l’agressivité. Du mensonge à la trahison. De l’humiliation au harcèlement moral. C’est-à-dire de vouloir bouter l’Homme hors du cercle sacré, au centre duquel est sa place. Nous sommes des êtres de verre pouvant nous briser à tout instant. Conscients de notre fragilité, nous devons accepter autrui avec la sienne. Et en prendre soin, le considérer, le respecter, lui permettre d’exister mieux que vivre. Bien entendu dans une démarche réciproque, chacun étant responsable de chacun. Aimer, c’est faire de l’autre un dieu, et non un diable !
Alors seulement, si nous nous donnons pour mission de répandre dans la cité cette forme protectrice de sacrée – synonyme d’amour – nous pouvons espérer éclairer alentour les consciences vacillantes. Et, avant qu’il ne soit trop tard, arrêter le geste criminel du violeur d’enfant, du détrousseur de vieillard. Et de l’automobiliste déchaîné, prêt à en assassiner un autre pour une tôle froissée, au bord de l’autoroute…
Autant d’actes terrifiants de l’homme soudain égaré, « désacralisé » et partant, sorti de l’humain.
« Le sacré, c’est tout ce qui maîtrise l’homme d’autant plus sûrement que l’homme se croit plus capable de le maîtriser » dit René Girard.
« Homère, le plus grand et peut-être le moins connu de tous les poètes. Après tant de siècles,tous les détails de sa vie sont encore un sujet de doute, et son existence même est un problème »,
nous dit la Bibliographie universelle, ancienne et moderne, sous la direction de l’écrivain, imprimeur et libraire Louis Gabriel Michaud (1773-1853).
Puisse cet ouvrage d’Henri Gallois* nous éclairer quelque peu. Dans son introduction, l’auteur précise toutefois que le titre, qui pourrait sembler sulfureux, voire insolite si ce n’est délirant, revient sur la bibliographie existante concernant Homère, signifiant, en grec « otage » ou « celui qui est obligé de suivre »…, réputé avoir été un aède, un poète, de la fin du VIIIe siècle av. J.-C.
Tête d’Homère, type d’Épiménide. Copie moderne d’après un original à la Glyptothèque.
Surnommé « le Poète »par les Anciens, l’Iliade et l’Odyssée, les deux premières œuvres de la littérature occidentale, lui sont attribuées. Un livre assez surprenant mais qui ne manque pas d’opportunités et encore moins d’originalité. Définissons aussi le terme de Tradition qui ne doit pas être galvaudé par certains synonymes, tel ‘’usage’’, ‘’coutume’’ ou pire ‘’habitude’’, la tradition présente ici est synonyme « de Sagesse ancestrale, véhiculée dès l’Origine par les êtres comme Noé ou Énoch, eux-mêmes dépositaires et dispensateurs d’une sorte de mode d’emploi permettant à l’Homme (hommes et femmes, cela va sans dire !) de pouvoir remonter un courant lui permettant, non pas dans l’immédiateté d’une vie humaine, mais au fur et à mesure des millénaires, de recouvrer son ancien état adamique ».
C’est ainsi que le premier chapitre « Propos sur Tradition, mythe et allégorie » redonne, pour une meilleure compréhension – Tradition avec un T majuscule – la définition et l’étymologie de tous termes.
Galatée et Polyphème, fresque romaine de la Maison de la Vieille Chasse à Pompéi, Musée archéologique national de Naples
À première lecture, nous avons l’impression qu’Henri Gallois revisite une cérémonie d’initiation (avant, pendant , avec les voyages notamment, à différentes grades/degrés avec l’étude des arts libéraux, etc.) à la lumière de cette épopée de la Grèce antique attribuée à leur légendaire auteur qu’est Homère. C’est ainsi qu’il commence par « La Caverne, le Cabinet de réflexion). Sachant que pour chaque initiation, le néophyte est obligé de passer « par un passage souterrain, une caverne, une grotte, une crypte, un cabinet de réflexion, un endroit obscur et isolé ou toute communication spontanée avec l’extérieur est impossible ».
Les 7 premiers vers de l’Iliade
Faisant toujours un parallèle avec nos rituels, Henri Gallois nous présente quelques énigmes. Tentant à chaque fois d’éclairer les propos d’Homère qui, après tout, ne sont pas si évidents que cela à comprendre, mais surtout à interpréter pour le commun des mortels. C’est ainsi qu’il nous apporte sa vision sur le cyclope Polyphème, géant anthropophage, fils de Poséidon et de la nymphe Thoôsa, sur moly, la plante magique utilisée par Ulysse comme antidote, littéralement « herbe de vie », aux sortilèges de la magicienne Circé, qui avait transformé ses hommes d’équipage en porcelets… Et bien d’autre énigmes encore telles celles des lotophages, cette plante dont la consommation a la propriété de faire oublier à ceux qui en mangent qui ils sont et d’où ils viennent,
Gravure de Lotophages illustrant une édition de 1621 des Emblemata d’André Alciat.
« Le mystère de la chaîne d’or », « L’abeille et le miel » qui ne pourra qu’intéresser le lecteur, sachant ce qui représente cet hyménoptère dans la symbolique maçonnique. Les cinq derniers chapitres éveilleront l’intérêt du cherchant et susciteront vraisemblables en lui, à la fois des questions mais sûrement aussi des réponses. Il en est ainsi du trivium et du quadrivium, des orientations « Masonico-Homériques », des rapports avec « Maçonnerie et Alchimie ». Il en est de même des relations « Homère, Ulysse et Franc-Maçonnerie ». Car comme dans l’épopée d’Ulysse, la maçonnerie est aussi un voyage au travers ou par l’intermédiaire du rite, quel que soit celui que nous pratiquons, et des rituels. « Et comme Ulysse, le maçon est à la fois Ulysse lui-même et ses Compagnons » nous précise Henri Gallois. Avec cette analyse de l’Odyssée, sur les traces du mari de Pénélope, roi d’Ithaque et père de Télémaque, l’auteur met en perspective certains aspects de l’œuvre d’Homère.
Carte de la Grèce homérique, telle que décrite principalement dans le Catalogue des vaisseaux et des Troyens
*Henri Gallois, chef d’orchestre français, né en Algérie, est largement ouvert aux cultures du monde. De nombreuses scènes internationales font appel à lui : Genève, Paris, Saarbrück, Palerme, Beyrouth, Damas, Rabat, Roumanie, Pologne… Il a accompagné des solistes prestigieux (Montserrat Caballé 1933-2018) notamment). De Bach à Britten, il aborde des répertoires très divers, allant des œuvres symphoniques aux œuvres lyriques. Nombre de ses enregistrements ont été publiés et primés, notamment l’enregistrement de Philémon et Baucis de Gounod, primé aux Grands prix de l’Académie Charles d’or – diapason d’Or.
Henri Gallois est également fortement engagé dans des programmes éducatifs, favorisant l’accès des jeunes (musiciens ou non), à la musique. Il a occupé plusieurs postes permanents notamment à Toulouse et à Lille, où il a été directeur musical à l’Opéra du Nord.
Homère et son guide, par William Bouguereau (1874).
Il a mis sans doute sa sensibilité artistique et ses recherches au service de la Quête initiatique, partagée au travers de ses écrits. Nous lui devons, chez LiberFaber en 2014, Connais-toi toi-même et tu connaîtras l’univers et les dieux, puis en 2020 Conscience, physique quantique et Franc-Maçonnerie. Sans oublier de mentionner sonG comme gnose (DERVY, 2016) où l’auteur s’attache au sens premier du terme, celui de Connaissance. Celle ’’mise à disposition’’ de l’Homme depuis qu’il a été banni de ce jardin merveilleux qu’est l’Éden.
Homère Franc-Maçon ? – L’Odyssée revue mais non corrigée
Henri Gallois – LiberFaber, 2023, 200 pages, 20 €
Ingres, L’Apothéose d’Homère, 1827, musée du Louvre (Inv. 5417).
De notre confrère italien expartibus.it – Par Chrétien de Rosemunda
Comme une femme féconde, prête à donner sa vie, une terre productive, un lieu d’accueil capable de faire germer la Vie en elle. Je me retrouve souvent à associer la franc-maçonnerie au ventre d’une mère, qui élève et porte des enfants. Quelle comparaison absurde, penseront certains d’entre vous, surtout pour tous ces Frères habitués à fréquenter des Loges strictement masculines !
Cependant, je suis une femme et j’ai aussi eu la grande chance d’être mère, cela m’a permis d’avoir la merveilleuse expérience de « sentir » une vie grandir en moi.
Je regarde ma fille et je pense au miracle qui s’est produit. Alors, je repense à ma belle expérience de maître franc-maçon et, inexorablement, j’ai envie de faire une comparaison : je suis « né » puis élevé dans un atelier. Je serai toujours sa « fille ».
Le prodige a eu lieu, pas seulement avec moi ; cela se réalise toujours avec tous ceux qui demandent à voir la Lumière.
Au fil des ans, j’ai porté une attention particulière aux personnes qui ont côtoyé l’institution pendant une courte ou longue période. Au début du voyage, le néophyte m’apparaît comme ce point palpitant des tout premiers jours d’une grossesse ; on s’aperçoit qu’il y a de la vie, mais tout est encore à devenir.
Tour à tour, toute la Loge éprouve des émotions fluctuantes, l’égarement et la peur, mais aussi l’exaltation et la joie de l’arrivée du nouveau Frère.
Bien sûr, il peut arriver que les choses ne se passent pas bien et que la grossesse soit interrompue pour des raisons naturelles et, de la même manière, la néophyte peut abandonner le chemin qui vient de commencer sans raison plausible. Il suffit de laisser.
Mais celui qui résiste dans les premiers jours, qui surmonte les incertitudes et les doutes, perçoit le nouvel état qu’il vit et, avec une grande inquiétude, se met immédiatement à l’écoute de lui-même, s’attardant sur chaque petit changement.
La période initiale est appelée « ajustement », mais, dans la grande majorité des cas, l’ajustement se fait sans problème, de manière tout à fait naturelle. Tout comme lors d’une « grossesse », le temps passe et le fœtus grandit, se renforce et change.
Ce début, que nous tous les maçons avons connu, est le temps de l’attente. De telles humeurs ne devraient pas vous effrayer, car elles signalent l’excellent travail que fait votre esprit pour s’adapter à la nouvelle réalité. Tout au long du parcours d’ascension de la pyramide maçonnique, il y a une véritable auto-restructuration.
Mais pourquoi tout cela arrive-t-il ?
De même que le corps d’une femme s’ajuste à la vie qui se forme en elle-même, la Loge se prépare aussi à recevoir le néophyte, disions-nous, et, à son tour, l’Initié ajuste son esprit, qui doit s’élargir pour former le « Moi maçonnique » et créer un espace capable d’établir une relation avec l’Atelier.
Les Frères, pour leur part, vivent une forme de « régression positive », qui leur permet de revivre leur initiation, de se souvenir de ce moment unique et beau des premiers jours à l’intérieur du Temple, de toutes les « premières fois » vécues dans franc-maçonnerie.
On retrouve et on revit la relation unique que l’on entretient depuis toujours avec la Loge : un lien semblable à celui qui unit une mère à son propre enfant.
Pour moi la franc-maçonnerie c’est féminin, c’est mère ; pour moi la Loge est féminine, c’est mère.
Ne soyez pas en colère contre moi, le mien n’est pas une forme de protestation féministe.
Dans l’hymne à Isis, trouvé à Nag Hammadi, en Egypte et datant du III – IV siècle avant JC, nous lisons:
Car je suis celle qui est la première et la dernière, je suis celle qui est vénérée et méprisée,je suis celle qui est prostituée et sainte,je suis femme et vierge,je suis mère et fille,je suis les bras de ma mère,je suis stérile, pourtant mes enfants sont nombreux,je suis une femme mariée et non mariée,je suis celle qui enfante et celle qui n’a jamais enfanté,je suis celle qui console les douleurs de l’accouchement.Je suis la mariée et le marié,Et mon homme a nourri ma fertilité,Je suis la mère de mon père,je suis la sœur de mon mari,Et il est le fils que j’ai rejeté.respecte-moi toujours,Car je suis celui qui scandalise et celui qui sanctifie.
Tous ces symboles liés à la Grande Mère, qui sont liés aux propriétés du « maternel », se caractérisent par une double nature, positive et négative, celle de la « mère aimante » et, en même temps, de la « terrible » mère ».
Je ne peux que percevoir le plaisir d’être ensemble, sans discuter, simplement parler joyeusement. Une proximité qui unit et ne divise pas, qui nous fait comprendre que nous sommes tous enfants de la même mère.
Le sens de la Loge Mère est d’un lien fort.
L’appartenance à la franc-maçonnerie le sera toujours.
La Loge Mère sera unique, tout au long de la vie maçonnique. Vous pouvez changer d’Atelier, vous pouvez changer d’Institution, vous pouvez être réinitié pour certaines règles qui ne permettent pas à une Institution d’en reconnaître une autre, vous pouvez entrer dans des Corps Rituels et avoir d’autres initiations, mais la première Loge, votre Loge Mère, est toujours et seulement cela, pas d’autres.
La relation qui s’est construite est viscérale et vous la ressentirez toujours, même si les circonstances de la vie vous amènent à en changer ou si votre Loge de mère deviendra marâtre, car, peut-être, certains frères déménagent, d’autres partent encore et les nouveaux arrivent.
Ceci, cependant, vous fera comprendre la profondeur et le caractère sacré de la relation construite dans cette session lointaine où vous êtes devenu Apprenti, juste là, dans cette Loge particulière, où vous êtes né Franc-Maçon et où vous avez dit vos premiers mots et nulle part ailleurs .
Et si vous revenez des années plus tard en tant que visiteur, vous vous rendrez compte, même si physiquement les Frères de l’époque ne devaient plus être là, que ce lien fort est resté.
Et, surtout, que l’Atelier ne vous ait jamais oublié, car il conserve les traces de votre passage, pour un tableau écrit par vous et conservé dans le Livre de la Sagesse ou pour une photographie prise dans un moment de partage.
Tout simplement parce qu’une mère n’oublie jamais un enfant.