À l’initiative du Grand Orient de France, les francs-maçons de toutes obédiences se retrouvent le 1er mai au cimetière parisien du Père-Lachaise pour rendre hommage aux martyrs de la Commune de Paris de 1871.
Le Mur des Fédérés, souvenons-nous…
Le Mur des Fédérés.
Le samedi 27 mai 1871, les troupes versaillaises parviennent à investir le cimetière du Père-Lachaise, les communards résistent au point que les combats se sont parfois terminés au corps à corps et à l’arme blanche, entre les tombes, non loin des sépultures de Nodier, Balzac et Souvestre.
Bannière du GODF, puissance symbolique régulière souveraine.
Cent quarante-sept communards faits prisonniers sont fusillés contre le mur Est de l’enceinte du cimetière. Dans les heures et les jours qui suivent, les corps de milliers d’autres fédérés sont ensevelis à leurs côtés, dans les fosses communes utilisées à l’époque.
En leur mémoire, une section de cette muraille est appelée, dès 1871, le « Mur des Fédérés ».
En savoir + avec Commune de Paris et Franc-maçonnerie, ou les rendez-vous du 1er Mai (Conform édition, n° 19, 2019) de Pascal Joseph, avec une préface de Philippe Foussier, Grand Maître du GODF de 2017 à 2018.
Extrait : « Pour être à la hauteur du combat de tous ces magnifiques héros, célèbres ou inconnus, qui se sont battus pour leur liberté et la nôtre, pour leur émancipation et la nôtre, ces « artisans du progrès social » comme le stipule l’invitation diffusée par le Grand Orient de France chaque année, plus que jamais travaillons à l’avènement de la République sociale et universelle. Dans son discours de 2013, Pascal Joseph nous adressait une recommandation que je reprends volontiers à mon compte. Soyons, francs-maçons, aux avant-postes ! »
Le 20 juin, les députés du tiers état réunis dans la salle du jeu de paume à Versailles jurent de ne pas se séparer « jusqu’à ce qu’une constitution soit établie ». Le roi cède le 27 juin et les états généraux deviennent assemblée constituante. Aussitôt, un comité de cinq députés (1) est chargé de préparer l’élaboration d’une constitution. Celui-ci propose le 9 juillet 1789 de la faire précéder d’une déclaration des droits naturels de l’homme ; La Fayette en propose un premier projet le 11 juillet, suivi de ceux des députés Targuet, Mounier, Sieyès ou Mirabeau.
Les discussions s’enlisent toutefois à l’assemblée. Les émeutes antiseigneuriales qui ont agité le royaume en juillet (la Grande Peur) et l’abolition des privilèges le 4 août relancent l’entreprise, car il convient de fonder le nouveau contrat social qui en découle par une proclamation solennelle. Le texte est finalement adopté le 26 août par l’assemblée au terme de débats vifs sur chacun des dix-sept articles et n’est promulgué par le roi que le 3 novembre, sous la pression des députés et des journées révolutionnaires d’octobre. Les 5 et 6 octobre, les Parisiens et Parisiennes ont en effet marché sur Versailles et obligé le roi à abandonner son château pour Paris. Jean-Jacques François Le Barbier, membre de l’Académie des beaux-arts, est connu pour ses peintures historiques. En 1789, l’assemblée lui en commande plusieurs. On ne peut affirmer qu’il s’agit ici d’une commande officielle, et sa taille modeste n’en fait d’ailleurs pas un tableau destiné à orner un espace public. Le Barbier le dédie toutefois « aux représentants du peuple français ». Le tableau a appartenu à Clemenceau qui en fit don à la ville de Paris en 1896.
ANALYSE DES IMAGES
De modernes Tables de la loi
D’emblée, la reprise du thème iconographique des Tables de la Loi transmises par Dieu à Moïse pose la sacralité fondamentale des droits naturels et imprescriptibles de l’Homme. Les tables sont surmontées du delta, un triangle avec en son centre un œil, qui s’inspire davantage de la Raison de l’iconographie franc-maçonne que de certaines représentations de Dieu dans la tradition chrétienne. À gauche, l’allégorie au manteau fleur-de-lysé de la monarchie constitutionnelle délivre le citoyen de ses chaînes et à droite celle de la Liberté ailée par un double mouvement place les droits de l’Homme et du citoyen sous le seul signe de la Raison. Sous le titre, est peint un ouroboros, serpent se mordant la queue, qui signifie l’éternité des droits inaliénables inscrits dans la Déclaration. Au centre de la Table, la lance est entourée des faisceaux que les licteurs (2) portaient devant un magistrat romain pour signifier son pouvoir. Elle représente la puissance de la nation unie, une nation de citoyens libres puisque la lance est surmontée du bonnet phrygien que les esclaves affranchis portaient à Rome. Comme pour souligner encore davantage la souveraineté de la nation, une tresse de laurier, symbole à la fois de la gloire du vainqueur et du pouvoir, encadre le texte.
INTERPRÉTATION
Une déclaration fondatrice
Jean-Jacques-François Le Barbier (dit l’Aîné, attribué à, 1738-1826). « Déclaration des droits de l’homme et du citoyen. La Monarchie, tenant les chaînes brisées de la Tyrannie, et le génie de la Nation, tenant le sceptre du Pouvoir, entourent le préambule de la déclaration ». Huile sur bois. Paris, musée Carnavalet.
La lumière qui écarte les nuages en haut du tableau évoque une ère nouvelle. En effet, le préambule de la déclaration tourne la page de l’Ancien Régime et pose que le but de toute institution politique est le « bonheur de tous ». L’image des Tables de la loi souligne la portée universelle de la déclaration, le préambule et l’article premier établissant les droits naturels et sacrés de l’Homme.
Le texte fonde ainsi un ordre social nouveau qui met fin à la société d’ordres. Les choix iconographiques du peintre soulignent les deux thèmes forts du texte : la souveraineté nationale et la liberté. La souveraineté nationale, empruntée à Jean-Jacques Rousseau, est établie par l’article 3 de la Déclaration. Elle réside fondamentalement dans le droit des représentants du peuple à voter les impôts (art. 14). Les faisceaux au centre de l’image symbolisent la nation comme association politique volontaire, principe premier de la Déclaration d’indépendance américaine de 1776 dont La Fayette s’est inspiré. Les articles 4, puis 7 à 11 du texte, sont quant à eux consacrés à la liberté, en rupture avec l’arbitraire de la monarchie absolue. La liberté est garantie par un État de droit (art. 5 : « tout ce qui n’est pas défendu par la loi ne peut être empêché ») comme l’avaient formulé les juristes des Lumières influencés par Beccaria (3). L’affirmation de l’égalité est absente du tableau et d’ailleurs plus modeste dans le texte : égalité devant la loi (art. 6) et devant l’impôt (art. 13). Lors des débats en effet, les députés qui défendaient la primauté de la liberté et du droit de propriété l’ont emporté sur ceux inspirés par Rousseau, qui estimaient que l’égalité devait être l’objectif premier du contrat social passé entre les citoyens (Sur l’origine et les fondements de l’inégalité). Le titre de la Déclaration comme l’image ne retiennent pas le principe de devoirs du citoyen, alors que pour certains députés comme l’abbé Sieyès, l’intérêt général supposait des devoirs du citoyen envers la nation. Toutefois, le texte de la Déclaration y fait référence dans les bornes que fixe la loi et dans la contribution publique que doit tout citoyen, l’impôt.
La Déclaration de 1789 est le résultat de longs débats et le fruit d’un compromis à grand renfort d’amendements : la « nécessité d’une force publique » (art. 12) garantie d’ordre, le droit de propriété « inviolable et sacré » (art. 17). Du reste, les députés avaient prévu de poursuivre l’élaboration de la Déclaration, une fois la constitution rédigée. Or, le peintre la présente comme un texte définitif est immuable. Dépassant les débats et les crispations qui ont accompagné sa rédaction, Le Barbier a cherché à lui donner la solennité du texte fondateur d’un nouvel ordre social et politique. C’est sans doute ce qui vaut à son tableau d’avoir été, dès 1789, reproduit à l’infini sous forme d’estampes et de gravures coloriées.
Source : Guillaume BOUREL, « La Déclaration des droits de l’Homme et du citoyen, 1789 », Histoire par l’image.
Arrivés au Japon depuis la Chine à la fin du VIIIe siècle, les nouveaux enseignements du bouddhisme ésotérique ont rapidement gagné de nombreux fidèles à la cour impériale. Durant les siècles qui ont suivi, les principales écoles de l’ésotérisme, Tendai et Shingon, ont coexisté comme rivales, toutes deux profondément entrelacées avec les structures de pouvoir de l’État et de la noblesse.
Il manquait au Japon une vision d’ensemble du bouddhisme
Comme nous l’avons vu dans l’article précédent, le Japon du VIIIe siècle avait réussi à importer les trois éléments (les images bouddhiques, le « dharma » ou loi, et le « sangha » ou la communauté de moines) dont il avait besoin pour devenir un pays bouddhiste. Malgré cela, la forme japonaise de cette religion est restée bien différente des doctrines et des disciplines établies par le Bouddha historique Shakyamuni en Inde des siècles auparavant. L’avènement des nouveaux écrits Mahayana avait donné naissance à une multitude de différents bouddhas et boddhisatvas dans l’archipel.
Ils étaient traités comme de véritables objets d’adoration et imprégnés de mystérieux pouvoirs similaires à ceux des kami des traditions indigènes shintô du Japon. Les prêtres bouddhistes étaient révérés comme des personnalités puissantes, capables de lancer des invocations et des rituels pour invoquer les pouvoirs magiques des bouddhas. Dans le clergé japonais, il n’y avait que peu de traces de la communauté des moines telle qu’elle avait été envisagée dans le bouddhisme des origines : le sangha, dont les membres dévoueraient leur vie aux pratiques spirituelles pour échapper à leurs désirs illusoires et se libérer de leurs souffrances.
Depuis Nara, la capitale impériale, la cour avait fait construire des écoles et demandé à des moines d’étudier les doctrines bouddhiques afin de diffuser les enseignements dans tout le pays, mais également dans l’objectif de capitaliser sur les pouvoirs « magiques » de cette religion pour protéger l’État. Les philosophies et les lois du bouddhisme étaient divisées en six domaines et enseignées séparément. On croyait alors que les étudiants capables de maîtriser certaines doctrines obscures possédaient les habiletés nécessaires pour devenir prêtre bouddhiste. Les six domaines d’étude étaient connus sous le nom de Sanron, Jôjitsu, Hossô, Kusha, Kegon and Ritsu.
Chacun d’entre eux révélait un aspect secret des enseignements de Bouddha. Ces doctrines seront plus tard connues comme les Six écoles du sud. Les académies offraient un curriculum conçu pour former les prêtres et pour leur permettre de recevoir des qualifications reconnues par l’État, ce n’était donc pas des systèmes philosophiques complets qui auraient permis aux fidèles de comprendre l’univers bouddhique dans sa globalité. À cette période, le Japon manquait toujours d’un cadre philosophique permettant de réfléchir à l’essence de la religion, et d’avoir une véritable vision d’ensemble du bouddhisme.
Enryaku-ji – Daikodo.
L’école Tendai et le sutra du lotus
Cette situation a perduré de la fin du VIIIe siècle jusqu’au début du IXe, époque autour de laquelle la capitale impériale a été déplacée vers Kyoto. Autour de cette période, deux nouvelles philosophies qui semblaient encapsuler les enseignements bouddhiques avaient été introduites au Japon par des moines. Ces derniers avaient voyagé avec des ambassades vers la Chine des Tang pour étudier les derniers enseignements continentaux. L’un était le bouddhisme Tendai (« Tientai » en chinois), initié par Saichô (762-822). L’autre était l’école Shingon, amené par Kûkai (774-835). Ces deux courants allaient former le noyau du bouddhisme japonais pour les siècles à venir.
L’école Tendai représentait la forme la plus avancée de la philosophie religieuse de l’époque. Elle incorporait toutes les diverses formes de pensées bouddhiques qui avaient été importées depuis l’Inde vers la Chine dans une longue série d’échanges depuis le premier siècle de l’ère chrétienne. Contrairement aux écoles précédentes, l’école Tendai a établi des relations logiques compliquées entre ses différentes doctrines, et a cherché à atteindre une compréhension plus complète de l’univers bouddhique dans sa globalité.
Bien sûr, puisque ces doctrines avaient été créées par diverses personnes vivant en Inde à différentes époques, il n’y avait pas de façon claire de les combiner pour en faire un tout cohérent. Une fois mises ensemble, elles ne faisaient plus vraiment sens. Mais cela n’a pas empêché l’école Tendai d’utiliser toute la logique et les arguments à sa disposition pour tenter de les unir, et le sutra du lotus se trouvait au sommet de la compréhension du bouddhisme, selon ce courant de pensée. Tendai était une école chinoise née en dehors de l’histoire distincte de la religion en Asie de l’est. Il incorporait tous les différents sutras dans une hiérarchie ordonnée des textes, et le sutra du lotus était le plus vénérable de tous.
Ces nouveaux enseignements ont été adoptés dès leur introduction, et enseignés de manière systématique par Saichô. Le vaste cosmos bouddhique, que les Japonais n’en avaient eu alors qu’un aperçu, se révélait enfin dans toute sa gloire, dans une forme qui pouvait être comprise comme un seul système cohérent.
Enryaku-ji -Shoro.
L’enseignement suprême
Peu après ces événements, Kûkai est rentré au Japon depuis la Chine avec un nouvel ensemble de doctrines qui a formé les bases de l’école Shingon (mantra). Contrairement aux enseignements Tendai, le Shingon n’était pas une compilation des précédentes doctrines, c’était une nouvelle interprétation de la religion, connue sous le nom de bouddhisme ésotérique (mikkyô, ou « enseignement secret » en japonais).
Bâtie sur un nouvel ensemble d’écrits tantriques, cette école représentait la dernière étape de l’évolution du bouddhisme en Inde. Son apparition a marqué le point culminant d’un procédé historique durant lequel la religion s’est développée et a changé en incorporant et en surpassant les enseignements précédents. En tant que résultat final de ce procédé, le bouddhisme ésotérique s’est présenté comme une forme possédant le pouvoir spirituel suprême. Il a par conséquent pris place au sommet de toute la pensée bouddhique qui existait jusqu’alors.
Le bouddhisme original du Bouddha historique Shakyamuni enseigne qu’une personne doit se regarder de l’intérieur, et changer sa vie et sa destinée par ses propres efforts. Dans un monde dans lequel nul sauveur extérieur n’existe, il n’y a aucune autre solution. Mais durant les siècles qui ont suivi sa création, le bouddhisme Mahayana a commencé à être mis au premier plan, et des croyances mystiques et magiques sont venues s’ajouter aux enseignements originaux. Dans la forme ésotérique de cette religion, qui représente l’étape finale de cette évolution, les enseignements étaient si transformés qu’ils disaient désormais que l’on pouvait devenir Bouddha simplement en étant conscient de sa propre connexion avec l’énergie fondamentale de l’univers. Cette philosophie était presque impossible à différencier de l’hindouisme.
Enryaku-ji – Monjuro.
Les doctrines étaient devenues obscures et mystiques, et leurs secrets les plus profonds ne pouvaient être divulgués qu’aux individus qui avaient complété certains tests ou passé certains rites d’initiation. Et on croyait alors que cette expérience de l’union avec l’énergie de l’univers était quelque chose qui ne pouvait être exprimé ou expliqué avec des mots.
Kûkai avait apporté le bouddhisme ésotérique au Japon en tant que tout intégré, un système de pensée robuste et unique. Jusqu’alors, la forme japonaise de la religion avait été un mélange de pratiques et de rituels importés, appréciés en particulier pour leurs pouvoirs spirituels, presque magiques. Le bouddhisme ésotérique a donc été une révélation : c’était la version la plus profonde et la plus puissante de ces enseignements que quiconque avait encore connu au Japon. Cela semblait également plus cohérent que les doctrines de l’école Tendai, qui essayaient de combiner différents enseignements et de les présenter comme un tout unifié. Les fidèles de Saichô avaient également senti cela, et ils avaient commencé à ajouter ces éléments à leurs propres doctrines, dans le but de teinter de manière graduelle les enseignements de Tendai par l’ésotérisme.
C’est ainsi que deux formes différentes du bouddhisme ésotérique ont commencé à exister côte à côte au Japon : l’école Tendai, qui avait ajouté un peu d’ésotérisme à une fusion de différentes doctrines issues des écoles précédentes, et l’école Shingon, qui avait apporté les enseignements ésotériques au Japon en tant que tout unifié.
Fondateur
Temple principal
Enseignements
Tendai
Saichô
Enryaku-ji, mont Hiei (entre Kyoto et Ôtsu, dans la préfecture de Shiga)
Tous les sutras sont arrangés par hiérarchie, avec le sutra du lotus au sommet.
Shingon
Kûkai
Kongôbu-ji, Kôyasan (préfecture de Wakayama)
Le dernier stage de l’évolution historique du bouddhisme en Inde. Les fidèles cherchent à ne faire qu’un avec l’énergie de l’univers.
Les gens ordinaires en admiration devant les « Bouddhas vivants »
Il est important de rappeler que les Japonais de cette époque n’étaient pas au courant des changements qui avaient affecté le bouddhisme au fil du temps. Puisque les écrits bouddhiques qui avaient été apportés au Japon étaient les mots de Shakyamuni lui-même, ils étaient tous vus comme des parties légitimes de ses enseignements, bien que les religieux aient été d’accord pour admettre certaines différences de profondeur entre ces derniers. Les diverses écoles avaient toutes des réponses différentes à la question : « De toutes les saintes écritures, laquelle représente le mieux les paroles que le Bouddha essaye de transmettre ? » La réponse de Tendai était le sutra du lotus (en japonais Myôhô Renge-kyô ou Hokekyô, interprété de manière ésotérique). Pour Shingon, les documents les plus importants étaient les écrits tantriques tels que le sutra Mahavairocana (Dainichikyô) et le sutra Vajrasekhara (Kongôchô-kyô). À cette époque, l’histoire de la religion était méconnue, et les fidèles ignoraient pourquoi et comment ces traditions s’étaient développées. Les gens ne voyaient pas le bouddhisme ésotérique comme la dernière interprétation des enseignements, ou comme la dernière étape d’une longue évolution qui avait pris place tout au long de l’histoire bouddhique.
Kongôbu-ji – Temple Koyasan
Le bouddhisme ésotérique tend à valoriser la hiérarchie et l’autorité. Un de ses enseignements de base est que n’importe qui peut atteindre l’illumination au cours de sa vie en s’éveillant à la nature du Bouddha présent dans chaque être humain, et ce faisant, ne faire qu’un avec l’énergie de l’univers. Mais dans la réalité, cette expérience n’était possible que pour des gens possédant certaines qualités spéciales, et pour ceux qui avaient accompli des pratiques spirituelles rigoureuses, hors d’atteinte des gens ordinaires. Cela signifiait donc que la plupart des gens ne pouvaient espérer atteindre l’illumination par leurs propres efforts. À la place, ils devaient faire preuve d’admiration envers ces individus avec des pouvoirs extraordinaires et leur demander de l’aide pour obtenir une partie de leur mérite ici et maintenant. Le bouddhisme ésotérique enseigne qu’il y a essentiellement deux types de personnes dans le monde : une minorité d’êtres saints, ou de « bouddhas vivants », qui ont réussi à s’unir à l’univers, et une masse de gens ordinaires dont le meilleur espoir est de recevoir le don du bonheur en rendant hommage au petit nombre de personnes bénies dotées de talents particuliers. Le monde était donc bâti sur un système hiérarchique. Dans un sens, cette structure peut être vue comme une conséquence naturelle du fait que cette version du bouddhisme s’était développée sous une forte influence de l’hindouisme, qui comporte un système de caste sanctionné par la religion.
Dans les siècles qui ont suivi, les courants du bouddhisme japonais ont tous hérité de cet aspect du bouddhisme ésotérique. Ils se sont donc développés dans le même cadre de base, qui divisait le monde en deux groupes : une minorité de personnes spéciales dotées de qualités et de dons extraordinaires, et une masse de gens ordinaires dont le seul espoir était de recevoir un peu de leur mérite en les vénérant. Un exemple classique de cette tendance a pu être observé durant la Seconde Guerre mondiale, quand les écoles bouddhistes du Japon ont toutes acceptées d’accorder à l’empereur une autorité et un pouvoir quasi-divin, et ont collaboré à la poursuite de la guerre. Ce comportement émanait de cette même compréhension des enseignements bouddhiques.
Kongôbu-ji – Koyasan.
Le bouddhisme ésotérique et les nobles de la cour
À partir du VIIIe siècle, les écoles Tendai et Shingon ont joué un rôle déterminant dans le développement du bouddhisme japonais. Puisque ces deux écoles avaient beaucoup de respect pour l’autorité, elles avaient naturellement tendance à valoriser les relations de proximité avec le pouvoir d’État, incarné par la figure de l’empereur. Il serait juste de dire que les deux écoles ont lutté l’une contre l’autre dans un jeu de tir à la corde afin d’obtenir les faveurs de l’empereur. Pendant ce bras de fer, les écoles du bouddhisme de Nara se sont alliées à Shingon, en réaction à ce qu’elles estimaient être un manque de respect de la part de l’école Tendai : cette dernière avait établi son temple principal à proximité d’eux, dans la ville de Kyoto.
JKongôbu-ji – ardin de pierres.
Les deux écoles principales du bouddhisme ésotérique, Tendai et Shingon, ont alors poursuivi une coexistence difficile en tant que rivaux au sein d’une structure d’autorité avec au sommet, l’empereur et la cour des nobles. Les principales caractéristiques du bouddhisme japonais à cette étape étaient les suivantes.
Il n’y avait pas de sangha mené selon le code disciplinaire du Vinaya Pitaka, et pas de règles strictes pour gouverner les vies quotidiennes des moines et des prêtres. Ceci continue à être une des caractéristiques du bouddhisme japonais aujourd’hui encore.
En terme de philosophie, la forme japonaise de la religion a hérité des traditions de l’école Mahayana, mais elle a essentiellement évolué dans le cadre du bouddhisme ésotérique, qui faisait une discrimination entre une petite caste de personnes ayant des capacités spéciales et un entraînement particulier, et le commun des mortels.
La religion avait été amenée à former des alliances et des liens étroits avec le pouvoir et l’autorité politique. Cette situation a continué ainsi pendant trois siècles, jusqu’à ce que le pouvoir commence à s’éloigner de la cour des nobles pour arriver dans les mains des samouraïs, et plus tard, du peuple.
Le bouddhisme lui-même a commencé à changer, donnant naissance à une grande diversité de courants. Dans les prochains articles de cette série, nous étudierons les circonstances et les conséquences de cette évolution.
(Photo de titre : une statue de Kûkai, qui a introduit le bouddhisme ésotérique de l’école Shingon au Japon)
De notre confrère lepoing.net – Par Naile Ducsarab
Parmi eux, on retrouve Pierre Barnérias , le réalisateur de « Hold-Up », et plusieurs membres de la communauté d’extrême droite issus du groupe les Brigandes.
L’évènement doit se tenir du 19 au 21 mai, au château de Flaugergues, à Montpellier. Il se présente comme un sommet, intitulé « demain c’est aujourd’hui », est et présenté par M.E.E.T., (Mouvement Energétique pour l’Evolution Terrestre), une association qui promeut le développement durable et l’écologie avec des penchants spirituels new-age. L’association a d’ailleurs monté un fonds d’investissement pour construire un « centre expérimental » dans le Sud de la France, axé sur « un centre de soin alternatif, d’enseignement libre et d’un centre de recherche à énergie libre ».
Au programme du salon : maison écolo, forêt nourricière, (jusqu’ici tout va bien), mais également Reiki, astrologie, « radioactivité spirituelle », « homéopathie chamanique », féminin sacré, conférence sur les « mensonges de l’histoire » et autre mémoire de l’eau… Selon les organisateurs, 3 000 entrées ont déjà été vendues.
Pseudos-sciences et vrais fachos…
Mais quand on se penche sur la liste des intervenants, le « bien-être » penche vite vers le développement personnel à la sauce gourou new-age et vers le conspirationnisme tendance facho. Par exemple, on retrouve parmi les invités Pierre Barnérias, le réalisateur du documentaire complotiste Hold-up, Antoine Duvivier, le « secrétaire et documentariste » du groupe de musique/communauté d’extrême-droite les Brigandes, qui viendra présenter une conférence sur « les mensonges de l’Histoire : civilisations disparues VS théorie de l’évolution », ainsi que Ruedi Füllemann, l’ancien producteur des Brigandes et médecin axé sur la spiritualité new-age.
Pour rappel, le groupe, basé à La-Salvetat-sur-Agout, avait notamment fait parler de lui en diffusant leurs clips dans leur local donnant sur une rue du village, clips avec des noms évocateurs comme « Monsieur Le Pen » ou « France notre terre ».
Ils sont tous les deux à l’origine de la revue Uranus, émanation médiatique de la « communauté de la rose et de l’épée » qu’ils ont fondée avec les Brigandes, qui porte sur la « révolution spirituelle », « le great-reset », « la franc-maçonnerie » et la « politique occulte ». À noter que d’autres intervenants du salon sont collaborateurs de cette revue, comme Maxime Billaud, qui proposera une conférence sur la « radioactivité spirituelle ».
Selon la Gazette de Montpellier, deux membres du groupe Les Brigandes, Irène Seignez et Chrystelle Gordeaux, animeront également un atelier de peinture pour les enfants.Quand à l’organisatrice du salon, Hélène Labruyère, de l’association M.E.E.T, elle n’est autre que la petite nièce « éloignée » de Joël Labruyère, le fondateur des Brigandes, mais certifie « qu’il n’a aucun lien avec l’association M.E.E.T. »
On y trouve aussi le très controversé médecin Jean-Pierre Willem, cité dans le média Les Jours à propos des charlatans qui vendent des livres de médecine alternative dans une série consacrée aux complotisme. En 2006, il avait déclaré sur la très à droite Radio Courtoisie que l’on pouvait guérir du sida avec des huiles essentielles. (Il a d’ailleurs été cité dans le Rapport annuel de 2010 de la Miviludes,-mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires-, p. 177).
Moins orientés politiquement, mais tout aussi discutables, on peut également citer l’autoproclamée chamane Claudia Reynaud, qui donne une conférence sur le « féminin sacré » (mouvance dont les dérives sectaires sont également dans le viseur de la Miviludes), Jean-Christophe Dumas, le peusdo-inventeur révolutionnaire d’un objet « permettant de se passer de facture d’électricité », dont la supercherie avait été dévoilée par l’Obs, ou encore le très critiqué astrophysicien Jean-Pierre Petit, connu pour sa douteuse théorie cosmologique de la bigravité et de ses délires complotistes autour du 11 septembre 2001.
… Dans un château
Le château de Flaugergues, situé dans le quartier du millénaire, est tenu par des héritiers de la famille Colbert (celle du conseiller de Louis XIV), connus pour être notoirement de droite. Ce domaine avait d’ailleurs accueilli des réunions de la Manif’ pour Tous, et avait servi de lieu d’organisation du commando d’extrême-droite qui a agressé des étudiants à la faculté de droit en mars 2018. À la suite de cet évènement, nous avions contacté Pierre de Colbert, le propriétaire du château, qui avait alors répondu :
« Je ne voudrais pas m’exprimer sur le fait qu’on reçoive ou pas la Manif’ pour Tous ou autre mouvement, on a reçu différentes formations, nous avons accueilli le dépouillement de la primaire des verts aux municipales, nous avons reçu l’équipe de campagne de Mohed Altrad, également Olaf Rokvam, candidat RN à la mairie de Montpellier… mais aussi Aurélie Filippetti, France Jamet (candidate RN aux législatives dans l’Hérault), Louis Alliot… On n’a pas à politiser notre action, on a un restaurant, on a une activité commerciale, et donc uniquement un lien commercial avec ces gens là ».
Contacté par rapport à l’organisation de ce salon, il n’a pas donné de suites à nos sollicitations.
La LDH tire la sonnette d’alarme
Voyant que le site Internet touristique de la Région et que celui de la Ville de Montpellier faisaient la promotion du salon, la section héraultaise de la Ligue des droits de l’Homme a saisi les directeurs de cabinet de ces institutions par mail pour les alerter sur la présence d’intervenants d’extrême-droite, en arguant que « nous sommes depuis maintenant plusieurs années face à un développement de l’extrême droite tant vers les milieux politiques de la droite classique et identitaire, catholique traditionaliste que vers les réseaux sectaires, ésotériques et conspirationnistes.La promotion de ces idéologies et des risques que cela comporte nous apparaît contraire tant aux règles s’imposant aux collectivités territoriales qu’aux valeurs politiques de Madame la Présidente de Région et de Monsieur le Maire de Montpellier. »
Depuis, ces autorités ont retiré la promotion de l’évènement de leurs sites internet respectifs, mais n’ont pour l’instant pas accédé aux demandes d’entretiens formulées par la LDH.
M.E.E.T. répond
Contactée, Hélène Labruyère, l’organisatrice du salon, explique « Qu’il faut faire la part des choses entre l’humain et le conférencier », en prenant l’exemple « d’une prof de yoga qui fume des pétards, mais qui donne des cours qui font du bien aux gens », tout en précisant que « s’il y a un violeur d’enfants, on ne le mettra pas au programme. » (Ouf, nous voilà rassurés.)
À propos de la présence de médecins controversés comme Jean-Pierre Willem, celle-ci rétorque : « Les rapports scientifiques disent pas forcément la vérité, il y a tellement de lobbies… on va pointer le négatif et ne pas montrer les personnes qu’il a pu soigner. Chacun a ses sources. Moi, je ne crois pas à la théorie de Darwin sur l’évolution par exemple. » Elle évoque également des « médias manipulés […]qui nous bassinent sur les retraites alors qu’il se passe plein de choses positives. » Concernant les Brigandes, elle répond « ce n’est pas ce qui définit mon salon. Certes certains de mes intervenants ont des partis-pris, mais qu’il ne faut pas enlever le côté humain derrière.»
Décidément, il y a des coups de pieds occultes qui se perdent…
Une tour d’une valeur de 400 millions de dollars qui sera située sur le site existant de Freemasons Hall dans le CBD d’Adélaïde atteindra désormais 183 mètres de hauteur après que les plans ont été retravaillés et que 120 millions de dollars supplémentaires ont été ajoutés au budget de construction.
Les francs-maçons d’Australie du Sud ont également annoncé un partenariat stratégique avec le développeur familial Pelligra Group pour lancer la construction.
Une fois terminé, le bâtiment sera le tout premier gratte-ciel d’Adélaïde selon les définitions actuelles des exigences de hauteur minimale. La structure prendra le titre de Crown Plaza Adelaide, le plus haut bâtiment d’Adélaïde.
Avec un budget de 300 millions de dollars – contre 120 millions de dollars au départ – les partenaires chercheront à faire approuver les plans du gratte-ciel par les francs-maçons à travers une « grande communication » prévue en juin. Avant cela, les autorisations d’urbanisme seront déposées en mai.
Les plans de la version plus petite du bâtiment sur North Terrace ont été approuvés par les membres de Freemasons SA en 2021, l’idée derrière la propriété étant d’assurer un héritage et une présence physique continus à Adélaïde pour les francs-maçons – l’une des plus grandes organisations caritatives non religieuses au monde.
Selon l’organisation, les premières indications suggèrent que les dons annuels des francs-maçons aux organisations à but non lucratif pourraient passer de 2,6 millions de dollars à plus de 5 millions de dollars une fois le bâtiment terminé.
Les plans actuels de la tour comprennent une terrasse d’observation de trois étages, 240 nouvelles chambres d’hôtel, des salles de conférence, un salon d’affaires et une retraite de bien-être. Un hall d’accueil de deux étages avec salle à manger toute la journée accueillera également les visiteurs à l’entrée.
Un rendu de la tour proposée, via Freemasons SA/NT
« Les francs-maçons font partie de l’Australie-Méridionale depuis sa fondation et prévoient de continuer longtemps dans le futur », a déclaré le président du Freemasons Property Trust, Henry Davis.
« Nous avons mené une recherche nationale et internationale pour trouver le bon partenaire, et Pelligra a été le grand gagnant en raison de sa capacité d’investissement et de son intérêt pour l’Australie-Méridionale, de ses trois générations d’expérience dans le développement, de sa profonde appréciation du patrimoine et de son engagement à long terme, à construire des développements de haute qualité qui résisteront à l’épreuve du temps.
« Ce projet créera un impact économique important par rapport au coût et sera une expérience unique et mémorable. La tour Keystone est en passe de devenir un symbole de la franc-maçonnerie et une célébration de l’héritage durable de la fraternité. Il offrira un ajout magnifique et significatif à l’horizon d’Adélaïde, symbolisant l’importance de lutter pour des valeurs morales élevées et de vivre au service des autres.
Le Grand Maître des francs-maçons SA / NT David Booker a déclaré que le maintien de l’héritage de la salle des francs-maçons existante était de la «plus haute importance» pour l’organisation.
Cependant, le Grand Maître note qu’il a été découvert en 2020 que le bâtiment avait un cancer du béton étendu. Néanmoins, le hall du rez-de-chaussée du gratte-ciel conservera la grandeur du hall arrière qu’il remplace, avec 90 % de la surface au sol à conserver.
De plus, le bâtiment principal donnant sur North Terrace recevra une restauration estimée à 8 millions de dollars, en conservant tous les aspects du patrimoine bâti et en lui redonnant sa « gloire d’origine de 1927 ».
« La protection du patrimoine du bâtiment est primordiale pour l’organisation, et nous nous engageons à préserver l’attrait et l’accès au bâtiment », a déclaré Booker.
La façade existante du Freemasons Hall sur North Terrace, via Freemasons SA/NT.
En outre, l’organisation a l’intention de transformer le Great Hall en un musée d’histoire de l’Australie du Sud d’Adélaïde (AMoSAH). Selon les Freemsasons, l’organisation a « travaillé en étroite collaboration » avec History Trust of SA sur une proposition d’AMoSAH et des discussions ont eu lieu avec des responsables gouvernementaux concernés pour explorer la construction du musée d’histoire sociale sur North Terrace.
Inside the front doors of Freemasons’ Hall, North Terrace, Adelaide -Twitter.
Ross Pelligra, dont la société de développement possède un portefeuille de plus de 1 200 projets à Victoria, en Australie-Méridionale, en Nouvelle-Galles du Sud, dans le Queensland, aux Philippines et en Chine, a déclaré que la société était ravie d’étendre son empreinte d’investissement dans le sud.
« Nous sommes fiers de nous associer aux francs-maçons et de contribuer au paysage culturel de l’Australie du Sud », a déclaré Pelligra.
« Le développement de la tour Keystone est l’occasion de créer un bâtiment historique inspiré de l’architecture classique qui enrichira la vie des Australiens du Sud et des visiteurs en offrant un ajout magnifique et significatif à l’horizon d’Adélaïde, symbolisant l’importance des valeurs morales élevées et de la communauté. »
South Australia and Northen Territory A. F. & A. M. est fondée le 16 avril 1884. Au 1er janvier 2020, cette Grande Loge régulière et de tradition, reconnue par la Grande Loge Unie d’Angleterre comptait 2430 frères et cent respectables loges. Elle n’hésite d’ailleurs pas à louer ses salles pour un large éventail d’événements publics (la soirée d’après-première du film « Shine », les performances du Fringe et du Festival d’Adélaïde) et privés (mariages, fêtes, Halloween, danse, etc.).
De notre confrère nostrodomus.fr – Par Mireille Groseille
De nombreuses personnes sont plus familières avec la forme emblématique de l’acacia qu’avec ses magnifiques fleurs. L’acacia est très apprécié dans les régions chaudes et arides du monde entier, dans le cadre de projets de xéropaysagisme. Cependant, cet arbre du désert arbore des gerbes de fleurs qui attirent l’attention et qui sont également porteuses d’un message significatif. Nous vous présentons ici tout ce que vous devez savoir sur la signification et le symbolisme des fleurs d’acacia, leur histoire et leurs origines, leurs utilisations et leurs avantages, ainsi que leur importance culturelle dans le monde d’aujourd’hui.
Signification de la fleur d’acacia – L’essentiel
La signification première de l’acacia est la force, la renaissance et la vie éternelle. Il est mentionné dans la Torah et dans la Bible comme le bois utilisé pour la construction du Tabernacle. Il est également important dans la tradition bouddhiste en tant que symbole de la compassion pour tous les êtres vivants.
À propos des fleurs d’acacia
Contrairement aux autres fleurs qui proviennent d’herbes ou d’arbustes poussant au ras du sol, la fleur d’acacia pousse sur un grand arbre. Les acacias sont également connus sous le nom de « wattles ».
Famille, genre et taxonomie
Acacia est un genre entier d’arbustes et d’arbres apparentés, produisant presque tous de jolies grappes de fleurs. Plus de 150 arbres et arbustes sont inclus dans le genre. Ils font tous partie de la famille des Fabacées, qui comprend les pois et de nombreuses autres légumineuses.
Caractéristiques botaniques, couleurs, parfums
Les arbres et arbustes d’Acacia, qui font partie de la famille des légumineuses, ont un feuillage semblable à celui des fougères et des grappes de fleurs groupées. La plupart des branches et des tiges sont munies d’épines, qui sont enlevées avant que les fleurs ne soient utilisées dans les bouquets. Les fleurs sont généralement blanches, jaunes, dorées ou roses. Beaucoup d’entre elles ont un aspect lourd d’étamines qui les fait ressembler à des pompons. La plupart des variétés ont un parfum agréable, proche de celui du miel.
Histoire et origines des fleurs d’acacia
Les fleurs d’acacia poussent à l’état sauvage dans toute l’Asie et l’Afrique depuis des millions d’années, constituant une importante source de nourriture pour les animaux et, par la suite, pour l’homme. Elles ont été cultivées pour la première fois au début de notre ère pour la fabrication de parfums, mais elles sont arrivées en Europe dès les années 1700.
Types, espèces et cultivars populaires
Deux des espèces les plus utilisées et cultivées sont Vachellia nilotica, ou acacia épineux, et Acacia penninervis, ou bois noir. La plupart des variétés les plus populaires pour le xéropaysagisme ont été sélectionnées en Australie afin d’élargir les possibilités d’aménagement paysager résistant à la sécheresse. Les cultures d’acacia ‘Limelight’ et ‘Fettucini’ en sont deux bons exemples.
Signification étymologique
Le genre Acacia a une signification très littérale qui remonte à l’ancien nom grec de l’arbre. Les Grecs l’appelaient Akakia, ce qui signifiait « arbre épineux d’Égypte ». Comme ils l’ont d’abord rencontré en Égypte comme source de parfum, le nom était logique.
Un autre nom commun de la plante, le wattle, fait référence à son utilisation courante comme type de clôture en raison de ses épines. L’acacia, qui pousse plus court, est suffisamment épais pour empêcher les animaux sauvages d’entrer et le bétail de sortir.
Quelles sont les régions d’origine des fleurs d’acacia ?
L’acacia pousse dans presque toutes les régions tropicales et subtropicales du monde. La majorité des espèces sont concentrées en Afrique et en Australie, mais certaines se trouvent également en Asie ou dans la région méditerranéenne. Quelques-unes sont également originaires des déserts et des régions tropicales de l’ouest de l’Europe du Nord et de l’Europe centrale.
Quelle est la saison des fleurs d’acacia ?
Comme ces arbres et arbustes poussent généralement dans des climats très chauds ou secs, ils fleurissent à l’inverse de la plupart des autres plantes. Ils ont tendance à fleurir abondamment tout au long de l’hiver et au début du printemps en Afrique et en Australie.
En Europe du Nord et en Europe centrale, elles fleurissent également au début de l’été dans de nombreux cas. Dans les régions où il y a peu d’autres fleurs d’hiver ou de printemps, l’Acacia est souvent essentiel pour les pollinisateurs.
Utilisations et avantages des fleurs d’acacia
L’acacia est consommé sous de multiples formes, y compris les fleurs elles-mêmes. Les fleurs de certaines variétés sont consommées fraîches, tandis que d’autres sont séchées pour en faire du thé.
De nombreux acacias produisent également une gomme connue sous le nom de gomme arabique, qui est comestible et constitue un ingrédient important dans de nombreux plats. Elle a été largement utilisée comme remède pour de nombreuses affections, mais elle n’est plus utilisée que comme ingrédient.
Les fleurs de certaines variétés d’Acacia peuvent être toxiques, il est donc important de vérifier les espèces individuelles avant de les utiliser. Presque toutes les variétés d’Acacia sont utiles aux pollinisateurs qui ont besoin de nectar. Beaucoup sont plantées spécifiquement pour la production de miel.
Signification et symbolisme de la fleur d’acacia
Couleurs communes des fleurs d’acacia et leurs significations
L’acacia est un vaste genre qui compte plus d’une centaine d’espèces différentes, mais la plupart des fleurs sont de l’une des trois couleurs. Cependant, la couleur exacte de la fleur ajoute une signification secondaire qu’il est important de comprendre pour un bouquet ou un cadeau.
Blanc : Symbolise la vertu, la force, l’innocence, la pureté et le chagrin.
Jaune : Symbolise la chaleur, la puissance, la croissance, la joie, la bonne santé et le plaisir.
L’or : Symbolise la richesse, le succès, la dignité, la royauté, le pouvoir et le respect.
Rose : Symbolise la joie de vivre, l’amour platonique ou en devenir, les sentiments romantiques, la douceur et la jeunesse.
L’importance culturelle des fleurs d’acacia
Les fleurs d’acacia dans la mythologie grecque et égyptienne ancienne
Les Égyptiens ont été les premiers à utiliser les fleurs d’acacia et la résine de l’arbre, principalement comme médicament et comme parfum. Ils ont présenté l’arbre aux Grecs, qui lui ont donné le nom que nous lui connaissons encore aujourd’hui.
Dans la mythologie égyptienne, la fleur était associée à la déesse Nout. Elle était considérée comme le ciel qui s’étendait au-dessus de la terre pour la protéger, ainsi que toute vie qui s’y trouvait. L’acacia ayant la forme d’un parapluie qui offre un abri, il était naturellement lié à ce symbole.
L’acacia enfermait également Osiris après sa mort, le gardant en sécurité jusqu’à ce qu’il soit restauré et renaisse. Les Grecs lui ont également attribué des significations similaires, avec un acacia à Héliopolis connu comme l’arbre de la vie et de la mort.
Le judaïsme et le bois d’acacia
Si la fleur d’acacia n’est pas mentionnée dans la Torah, le bois de cet arbre est important. Le Tabernacle dans le désert a été construit avec le bois de cet arbre, car c’était l’une des seules sources de matériaux de construction dans le désert. Cela signifie qu’il reste un puissant symbole de bénédiction dans la pénurie et de dévouement pour atteindre un objectif.
Les arbres ont également dû être plantés pour pousser à temps pour la construction, créant ainsi le symbolisme de la repousse et de la prévoyance.
Les fleurs d’acacia dans le langage floral victorien
À l’époque victorienne, de nombreux acacias décoratifs s’étaient répandus en Europe. Les fleurs jaunes et joyeuses de ces variétés ont donc trouvé leur place dans le langage des fleurs de l’époque.
Pour les Victoriens, les fleurs d’acacia symbolisaient la sophistication et l’esprit. Elles pouvaient également être envoyées pour symboliser une forte amitié avec quelqu’un et l’appréciation de son soutien. Selon les fleurs avec lesquelles elle était combinée, il était également possible d’envoyer un message d’amour secret pour quelqu’un, en particulier avec les variétés blanches et roses.
Les fleurs d’acacia au Népal et dans le bouddhisme tibétain
Les acacias originaires de l’Himalaya et de Chine sont devenus populaires pour leur utilisation multiple dans les rituels religieux. C’est un bois couramment choisi pour sculpter les statues bouddhistes en raison de la finesse de son grain et de son parfum. La résine de gomme arabique, qui est encore utilisée aujourd’hui comme additif alimentaire, a d’abord été utilisée comme ingrédient d’encens par les bouddhistes.
L’arbre et ses fleurs symbolisent également Tara, la femme bodhisattva connue sous le nom de « Mère de la libération ». On médite souvent sur l’arbre pour se concentrer sur les qualités de bonté et de compassion.
Franc-maçonnerie et fraternités modernes
De manière plus moderne, les francs-maçons ont également adopté l’acacia et ses fleurs comme l’un de leurs symboles. Les francs-maçons suivent la tradition égyptienne d’utiliser la plante comme symbole de la vie éternelle et de la renaissance. Il existe même une fraternité franc-maçonne appelée Acacia, l’une des seules maisons grecques à utiliser un mot plutôt que des symboles grecs.
Occasions de cadeaux appropriées pour les fleurs d’acacia
Ces fleurs ne sont pas très utilisées par les fleuristes, mais elles sont parfois disponibles pour mettre en valeur les bouquets d’hiver. Elles peuvent constituer des arrangements de mariage intéressants car elles véhiculent un message de renaissance et d’amour secret. Cependant, elles sont plus souvent utilisées pour envoyer un message de soutien à des amis en difficulté. Essayez de les inclure dans un bouquet de deuil ou de prompt rétablissement, surtout en blanc.
Les fleurs d’acacia sont délicates, uniques et odorantes. Pensez à les utiliser davantage dans vos bouquets et compositions florales.
FAQ sur les fleurs d’acacia
Que symbolise l’Acacia ?
L’acacia est un puissant symbole de renaissance et de vie éternelle. C’est aussi un bon moyen de témoigner de son amitié et de son soutien à quelqu’un.
Quelles sont les couleurs des fleurs d’acacia ?
Les fleurs des arbres et arbustes d’acacia sont généralement jaunes, dorées, blanches ou roses.
Quelle est l’odeur des fleurs d’acacia ?
La plupart des espèces d’acacia ont une odeur de miel ou de fleurs blanches.
Les fleurs d’acacia sont-elles toxiques pour les humains et les animaux domestiques ?
Certaines espèces sont comestibles, mais d’autres sont toxiques ou irritantes. Vérifiez les espèces individuelles pour déterminer s’il s’agit d’un bon choix ou non à planter autour des animaux domestiques et des enfants.
Les guides des fleurs et des plantes de Nostrodomus :
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(Les « éditos » de Christian Roblin paraissent les 1er et 15 de chaque mois.)
C’est sous forme d’acclamation qu’apparaît, à une page de l’année 1795, la mention « Liberté, Égalité, Fraternité », dans le Grand livre d’architecture de la Très Respectable Grande Loge de France[1], que, pour une saine compréhension historique, on préfère coutumièrement appeler Première Grande Loge de France. Mais la célèbre formule ternaire – qui deviendra la devise de la République en 1848 et assez largement celle de la franc-maçonnerie française à partir de 1849 donc bien avant son inscription à l’article 2 des Constitutions de 1946 et de 1958[2] – n’a pas été adoptée d’un cœur uni à la Révolution française où elle surgit aussi sous la plume de Robespierre qui en propose l’usage sans succès[3].
La conception laborieuse de la triade qui orne, désormais, tous nos édifices publics a fait l’objet de mainte étude[4], même si, au milieu du XIXe siècle, elle relève de l’évidence aux yeux du théoricien Pierre Leroux que de nombreux historiens considèrent comme l’inventeur du mot socialisme, quand il écrit ou s’écrie : « Le citoyen a un dogme, c’est l’Égalité ; un motif de manifester et d’agir, c’est la Liberté ; une règle morale pour bien agir, c’est la Fraternité… Aucun terme n’est inutile… tous s’accordent sans se répéter. » Concluant par un définitif : « C’est le programme de la Révolution française[5]. » Bien au-delà de cet horizon, Lamartine y voyait « l’évangile de la raison humaine[6] ».
Barthélemy Saint-Hilaire, en cette même année 1848, perçoit la devise comme une ardente et intangible combinaison : « De ces trois termes qui s’impliquent et s’enchaînent, il n’en est pas un qui soit à retrancher. Ils sont tous à leur place, qui leur est propre, et l’ordre où ils se suivent est l’ordre immuable que la philosophie leur a enseigné[7]. »
C’est donc à un petit sacrilège que je voudrais me livrer pour finir, en imaginant changer cette succession. En effet, dans la tradition libérale de la franc-maçonnerie, j’ai bien compris : primo que la liberté était la condition d’exercice de la dignité humaine, sans quoi ni la pensée ni l’action ne trouvent leur plein essor, secundo que l’égalité, entendu comme égalité en droit que les institutions doivent garantir, est l’état nécessaire à la légitimité et à l’expansion du principe précédent, tertio que l’accomplissement harmonique de tels fondements, impliquant par nature comme par construction le respect mutuel, culmine dans une fraternité qui engendre non seulement les joies de la convivialité mais qui donne aussi à l’humanité une dimension solidaire nécessitée par des situations et des événements qui non seulement peuvent nuire à l’expression des talents les plus divers, mais qui sapent souvent leurs conditions primordiales.
Un frère, prématurément passé à l’Orient éternel, Pascal Josèphe, m’a fait sentir, à la suite d’une planche en Loge, que, dans son propre élan, il aurait peut-être volontiers – d’une façon, somme toute, assez proche de celle de Pierre Leroux – inversé les termes de la devise, en les ordonnant ainsi : Fraternité, d’abord ; Égalité, ensuite ; Liberté, enfin. L’égalité est centrale. Elle conditionne le reste : la capacité de la conscience à se mouvoir et à se promouvoir, puis à s’affirmer dans l’action, donc à projeter aussi loin que possible sa propre liberté, sachant que le carburant qui alimente et régule l’ensemble, c’est la fraternité. Dans une telle vision, la fraternité est l’alpha avant d’être l’oméga de la condition humaine. Il n’est pas interdit d’y voir un parallèle avec de bien connues conceptions religieuses, à ceci près que le premier article de cette foi humaniste s’enracine dans des réalités terrestres exigeantes, sans promettre d’autre paradis que celui qu’il nous reste inlassablement à construire.
En manière d’hommage à la mémoire de celui que la maladie a ironiquement emporté le jour même de son 68e anniversaire, je me suis dit en commençant cet édito : devisons gaîment !
[1] Document appartenant aux archives de la GLDF, que l’on consultera aisément grâce à sa reproduction sur le site internet de la Bibliothèque nationale de France, dans la rubrique qu’elle a constituée, à l’occasion de son exposition consacrée, du 12 avril au 24 juillet 2016, à l’histoire de la franc-maçonnerie française. Pour le visualiser, ainsi que son commentaire : cliquez ici
[2] Pour une présentation historique de l’article 2 : cliquez ici
[3] Comme il est rappelé sur le site de l’Élysée : cliquez ici
[4] Contentons-nous ici de renvoyer sommairement à la récapitulation qu’en fait Michel Borgetto, professeur émérite de l’université Paris-Panthéon-Assas, éminent spécialiste de droit sanitaire et social, mais aussi l’auteur d’un « Que sais-je ? », paru, en 1997, aux Presses Universitaires de France, sous le titre : La devise « Liberté, Égalité, Fraternité », qui consacre son premier chapitre à « l‘élaboration de la devise » (pp. 11-39).
Dans l’abondante bibliographie de cet agrégé de droit public, on se réservera, pour la bonne bouche, sa contribution intitulée : « La doctrine solidariste de Léon Bourgeois : une nouvelle définition des rapports entre le politique, le social et le droit », in Carlos Miguel Herrera (dir.), Les juristes face au politique. Le droit, la gauche, la doctrine sous la IIIe République. Tome I. 2003, Éditions Kimé (collection : Philosophie politique), pp. 35-56, qui remet en perspective cette « tentative de synthèse originale entre les idées issues du courant libéral et celles issues du courant socialiste » prônée par cet homme politique de premier plan sous la IIIe République, qui fut à la fois Prix Nobel de la Paix en 1920 et membre actif de la Respectable Loge « L’Étoile polaire » au Grand Orient de France, à Paris. Comme on le verra dans la suite de cet éditorial, ce n’est pas tout à fait par hasard qu’il nous plaît de rappeler la mémoire de notre Frère Léon Bourgeois.
[5] Cité par Charles Coutel, « Vous avez dit ‟Liberté, Égalité, Fraternité″ ? » in Humanisme2017/4 (№ 317), pp. 26-31. Cet article que nous avons trouvé aussi intéressant qu’inspirant est aussi disponible en ligne. Pour y accéder : cliquez ici
Le numéro 203 de la revue Renaissance Traditionnelle (RT) présente un document exceptionnel récemment découvert : le rituel de réception des Compagnons Etrangers tailleurs de pierre à la fin du XVIIe et au début du XVIIIe siècle.
À l’image des Maçons français, Renaissance Traditionnelle et ses lecteurs se sont toujours vivement intéressés à l’histoire des Compagnonnages. Les collectionneurs se souviendront des articles de Gérard Lindien (Gérard de Crancé) dans les premiers numéros de la revue dans les années 1970 : Nouvelle incitation à la connaissance du Compagnonnage. Au milieu des années 2000, Laurent Bastard – alors conservateur du Musée du Compagnonnage de Tours – nous invita à le suivre dans une passionnante enquête sur Les sources méconnues du Compagnonnage français au XIXe siècle. Depuis vingt ans, Jean-Michel Mathonière nous a régulièrement proposé des contributions sur tel ou tel aspect de l’iconographie compagnonnique.
Bien sûr la vision des liens entre Compagnonnages et franc-maçonnerie a beaucoup évolué en cinq décennies. On sait aujourd’hui que les similitudes entre certains usages compagnonniques et la franc-maçonnerie s’expliquent essentiellement par des emprunts des Compagnons aux Maçons au XIXe siècle et non par des sources communes et antiques chez les « Bâtisseurs de Cathédrales » comme le suggérait tout un imaginaire romantique. Il n’en reste pas moins que les Compagnonnages sont un exemple unique de « fraternité initiatique de métier » et que, à ce titre, ils doivent retenir l’attention de ceux qui essayent de mieux comprendre « la question de l’initiation ».
Or , l’histoire des Compagnonnages, notamment pour les périodes anciennes, celles antérieures au XIXe siècle, reste très mal connue. C’est particulièrement vrai pour ce qui est des différentes sociétés compagnonniques, de leurs usages rituels, de leurs corpus symboliques. L’apparition d’un nouveau document constitue donc un véritable événement. Or, après en avoir rêvé pendant des années, Jean-Michel Mathonière a découvert il y a quelques mois un manuscrit, de la fin du XVIIe siècle ou du début du XVIIIe, qui décrit la cérémonie de réception des « braves compagnons étrangers du Devoir, tailleurs de pierre ». La simplicité de ce rituel lui donne un grand parfum d’authenticité. La référence explicite à Salomon et à son Temple dans un texte « opératif » antérieur à la diffusion de la franc-maçonnerie en France est passionnante.
Nos lecteurs trouveront ici un facsimilé du manuscrit assorti d’une transcription et de nombreuses notes explicatives. Mais l’auteur nous propose aussi une consistante introduction et un copieux dossier d’analyses et de documents pour remettre cette découverte si importante dans son contexte. Nul doute que ce numéro 203 de R.T. constitue un apport majeur à l’histoire des Compagnonnages et au-delà à celle des fraternités initiatiques – opératives ou spéculatives – liées à l’art de bâtir.
Pierre Mollier
RT N° 203, la présentation de Pierre Mollier
[NDLR : Tout d’abord. Il nous faut noter qu’en 2e de couverture, la revue a été récemment endeuillé par deux disparitions. Celle de notre très chère Sœur Jacqueline Guilly, qui a rejoint l’Orient Éternel et la Grande Loge d’En-Haut à l’âge de 102 ans. Sous le pseudonyme de Jacques Léchelle, elle a été, pendant plus de 40 ans, secrétaire de rédaction et administratrice de la revue. Puis, un hommage est rendu au Frère Alain Bernheim, passé lui aussi à l’Orient Éternel le 17 décembre 2022. Il a été un authentique compagnon de route du fondateur René Guilly* dans la recherche maçonnique et proposa régulièrement des contributions majeures à Renaissance Traditionnelle.
Jean-Michel Mathonière.
Jean-Michel Mathonière, membre du conseil d’administration de l’Académie de Vaucluse, membre de l’Association francophone des historiens de la construction et reçu Compagnon d’Honneur le 7 mai 2022 par la Chambre d’Apt du Compagnonnage Égalitaire sous le nom de Bourbonnais l’Ami des Arts nous trace un plan parfait en abordant successivement les questions suivantes : une approche de deux sociétés compagnonniques rivales de compagnons tailleurs de Pierre, les « Passants » et les « Étrangers » ; « Compagnons et francs-maçons : le problème de la double appartenance » ; « La corde au cou et les 5 points et les cinq points du compagnonnage » ; « L’assemblée générale de Dijon, 2 mai 1680 » et « Les grandes lignes du rituel », puis l’analyse très détaillée du « Livre des règles des braves compagnons étrangers du Devoir, tailleurs de pierre (vers 1700).
Bien au-delà de la grande qualité du texte qui nous apporte une véritable lumière sur le rite de réception chez les compagnons tailleurs de pierre, nous nous nous devons de relever l’étonnante richesse des illustrations. Nous avons aimé tout particulièrement les parties qui concernent « La règle pour mettre en chantier », ainsi que la façon dont l’auteur traite le thème du secret. Très intéressant, car de plus instructifs, le chapitre abordant les couleurs. Une façon de nous décrypter l’histoire des rubans et des cordons. Une belle manière de rendre « gloire et honneurs » aux Compagnons.
Le Premier Compagnon Étranger d’après une lithographie figurant dans le Livre du Compagnonnage, d’Agricol Perdiguier, 2e éd., 1841. Les couleurs fleuries sont ici portées au côté, conformément à l’usage ancien, et surmontées d’un bouquet de fleurs – source RT.
Les annexes viennent fort justement compléter ce livre des règles daté autour des années 1700. Il s’agit d’un « Rituel de reconnaissance entre les compagnons étrangers et les compagnons du Devoir de Liberté signée à Montpellier vers 1802-1803 », d’un « Règlement pour les Jeunes Hommes tailleurs de pierre du Devoir Étranger, Lyon, 1823 », puis de « Règles concernant les Jeunes Hommes, Marseille, 1827 », où il est question des Arrivances et des Partances.
Pour mémoire, Renaissance Traditionnelle est une revue française trimestrielle d’études maçonniques et symboliques fondée par René Guilly en 1970. Dirigée aujourd’hui par Roger Dachez et Pierre Mollier, elle est éditée sous l’égide de l’Institut Maçonnique de France (IMF). Elle n’a qu’un seul but : « susciter et publier des études, apporter des documents qui fassent mieux comprendre et mieux aimer la tradition maçonnique dans sa double dimension historique et spirituelle.
René Guilly.
*René Guilly (1921-1992), dont le pseudonyme est René Désaguliers est un journaliste, historien de l’art, critique d’art, conservateur de musée, franc-maçon, maçonnologue et martiniste français. Un penseur de la franc-maçonnerie au XXe siècle.
Renaissance Traditionnelle, le site : https://rt.fmtl.fr/ – Pour acquérir ce numéro : https://rt.fmtl.fr/numéros/203 – S’abonner à RT : https://rt.fmtl.fr/commander/abonnement]
Renaissance Traditionnelle-Revue d’études maçonniques et symboliques/Nouvelle lumière sur les rites de réception chez les compagnons tailleurs de pierre/Collectif – Renaissance Traditionnelle, Juillet 2022, N° 203, 51e année, 72 pages, 15 €
Phénix renaissant de ses cendres avec la légende Perit ut vivat « Code maçonnique des loges réunies et rectifiées de France, Tel qu’il a été approuvé par les députés des Directoires de France, au convent national de Lyon, en 5778 – Chap. XVI – De la Police intérieure de la Loge ».
La Grande Loge Féminine de France et le Congrès Régional Ile de France vous invitent à un colloque public sur le thème « La jeunesse européenne : une question d’avenir » le samedi 15 avril 2023 à 14h00 à la Cité du Couvent (Paris 11e)
Colloque ouvert à tous, inscription obligatoire par mail avant le 10 avril 2023 mcnowakidf@laposte.net
Une Oeuvre maçonnique de la ville a été peinte avec de la peinture rouge
Des vandales ont dégradé deux monuments au rond-point situé à l’intersection des avenues Gury Marques et Interlagos, à Vila Dr. Albuquerque, à Campo Grande*. La structure franc-maçonne, inaugurée en 2005, symbolisant le mouvement et la construction, devises de l’organisation de la franc-maçonnerie, et l’une des quatre enseignes installées, en 2019, pour célébrer les 120 ans de Campo Grande, ont été les cibles de l’attaque.
Blason de Campo Grande dont la devise est « pouvoir, bienséance, altruisme ».
Dans ses réseaux sociaux, Marquinhos Trad, a regretté ce qui s’est passé. « Très triste face à cet acte de violence commis contre notre ville, rien ne justifie ce type d’attitude, c’est notre obligation de prendre soin de Campo Grande que nous aimons », a souligné l’actuel maire de Capital.
Francisco Ovelar, membre de la franc-maçonnerie, fait part de son indignation. « Le Symbole de la Franc-maçonnerie qui a été graffité, à mon avis, n’a gêné personne, car il représente que l’homme s’adonne au travail et recherche sa perfection éternelle, et donc il n’y a aucune explication à être une autre cible de ces gens, qui détruisent gratuitement la beauté et l’histoire de notre ville ».
*Campo Grande est la capitale de l’État brésilien du Mato Grosso do Sul, qui est situé dans la région centre-ouest et a une frontière avec la Bolivie et le Paraguay.