Save the date ! Oyez, oyez, braves gens, damoiselles et damoiseaux! Troubadours, faites rugir les trompettes, les tambours! Et ensuite faites silence pour écouter cette invitation…
Cette année la 6e édition de Toucy’Storic aura lieu le samedi 26 août. Qu’on se le dise…
Le président 2023 sera l’historien et universitaire français, spécialiste d’histoire politique Jean Garrigues. Rappelons qu’il est Professeur émérite à l’université d’Orléans et préside aux destinées du Comité d’histoire parlementaire et politique depuis 2002.
L’invitée d’honneur est l’écrivaine et historienne spécialiste du XVIIIᵉ siècle Cécile Berly, bien connue pour ses travaux sur la Révolution française en général et la reine Marie-Antoinette, en particulier.
Toucy est une commune accueillante avec, le samedi, un fabuleux marché. Située dans le département de l’Yonne, en région Bourgogne-Franche-Comté, Toucy est la patrie de Pierre Larousse (1817-1875), lexicographe et éditeur, père du célèbre dictionnaire…
Pierre Larousse.
Ses habitants, appelés les Toucycois, font partie des Poyaudins, habitants du terroir de la Puisaye auquel se rattache Toucy vous accueilleront comme ils ont le secret. Ils partageront avec vous leur belle passion de l’histoire.
Une journée de rencontres et d’échanges autour du livre d’histoire sous toutes ses formes. Une cinquantaine d’auteurs, historiens, écrivains, journalistes, dessinateurs, éditeurs sont invités. Des rencontres, dédicaces, tables rondes, conférences, animations… rythmeront cette journée d’échange et de partage.
○ Un lieu magique
Au cœur de la surprenante église fortifiée de Toucy exceptionnellement mise à disposition pour cette occasion. L’imposante église Saint-Pierre bâtie tout en grès ferrugineux domine le bourg, elle était adossée aux fortifications qui protégeaient Toucy à l’époque de la construction.
Les Toucycois vous attendent aussi nombreux que des épis de blé.
En avant-première de cette journée, vendredi 25 août à 19h, diffusion du film « Jeanne du Barry » de Maïwenn, présenté par Cécile Berly, historienne spécialiste du XVIIIe siècle, invitée d’honneur 2023 au cinéma Cinétoile de Toucy – Gratuit
Samedi 26 août 2023 de 10h à 18h, le programme :
9h30 Café d’accueil et installation des auteurs dans l’église Saint-Pierre
10h Ouverture de la journée au grand public, rencontre avec les auteurs, dédicaces et animations
11h Rencontre « Ces médecins qui ont résisté (1940-1945) » avec Cécile Tartakovsky
11h Atelier d’illustration jeunesse par Camille Raveau
12h30 Apéritif sur le parvis de l’église
13h30 Déjeuner des auteurs dans la salle polyvalente
Blason de Toucy.
14h30 Reprise de la journée, rencontre avec les auteurs, dédicaces et animations
15h Rencontre-débat « La République : une histoire mouvementée ! » avec Jean Garrigues et Bernard Lecomte
15h Atelier d’illustration jeunesse par Camille Raveau
16h30 Conférence « Notre Colette » par Frédéric Maget
18h Fin de la journée
Toucy, en 2018, plus beau marché de Bourgogne et 6e « Votre plus beau marché », une émission organisée par TF1.
Toute la journée : Stand Viking avec l’équipage Gungnir, concert de kora par Jacques Burtin, coin lecture pour les enfants.
Puisque l’art royal s’intègre dans un ensemble de mouvements historiques et sociaux très divers formant un espace de sociabilité et qu’il pratique des rites initiatiques faisant référence à un secret maçonnique et à l’art de bâtir, histoire et culture ne peuvent être laissés sur le côté du chemin par les sœurs et les frères… Allez, profitez en bien, cela sera encore les vacances. La rentrée maçonnique n’est que le 1er septembre !
Infos pratiques : Entrée libre
Lieu : Église Saint-Pierre – Toucy (Yonne), au cœur de la Puisaye, en Bourgogne
Faisant suite à l’article de la rédaction du 6 juillet demandant si la franc-maçonnerie était magique... Jissey répond OUI ! Ne permet-elle pas de rêver d’y rencontrer le PRINCE CHARMANT ou la PRINCESSE CHARMANTE de sa vie ?
Ce n’est pas tous les matins que nous voyons apparaitre de nouveaux Rites maçonniques. Les deux derniers en date sont « Source et Lumière » il y a une vingtaines d’années à la GLMF et le « Rite Opératif de Salomon » dans les années soixante au GODF. Cette fois, il se nomme Rite Futura.
Historique
4 frères titulaires, dans leurs anciennes obédiences, des 3ème, 4ème, 144ème, 32ème et 33èmedegrés se sont réunis en 2020/2021/2022 pour rédiger les Constitutions et Règlements Généraux de la Grande Loge Futura.
Avant leur ralliement pour cette création, ces quatre frères ont œuvré précédemment dans diverses obédiences :
La Grande Loge de France (Rite écossais Ancien et Accepté)
Grand Orient de France (Rite Français)
Grande Loge Nationale Française (Grande Loge Traditionnelle Méditerranéenne)
Grande Loge Régulière Française (Rite REAA)
Obédience de la Fraternité Universelle
Etc.…
Le Rite :
La Franc-Maçonnerie se fonde sur une Spiritualité et une Tradition qui traversent le temps, sans subir d’altération sur le fond. Son esprit et son éthique sont immuables car ils s’intègrent à la Loi de l’Univers et ne peuvent y déroger.
En revanche, se différenciant des » Livres Sacrés « , immuables, les rituels et les modes opératoires qui l’enrichissent, évoluent.
L’Homme d’aujourd’hui, comme celui de demain, doit et peut, à travers les rituels augmenter le champ de ses réflexions en relation directe avec le Savoir et la Connaissance qui s’accroissent exponentiellement avec le Temps. Alors pourquoi faire compliqué lorsque l’on peut faire simple ?
Jusqu’à quand ? Jusqu’où ? Des limites existent-elles ?
Imprégné par les intelligences humaines qui ne cessent de chercher et de trouver, le Rite FUTURArépond à chacune de ces exigences évolutives qui en constituent l’ossature.
L’auteur de cet ouvrage, mesure la demande croissante et le besoin profond d’aborder tous les sujets non politiques et non religieux, d’ordre spirituel qui aiguisent l’esprit humain, jour après jour dans le but de BÂTIR, CONSTRUIRE et CRÉER.
Le Rite FUTURAs’adresse aux Hommes, porteurs de projets.
Sachant qu’au cours des vingt premières années du XXIème siècle, le nombre de découvertes dépasse celui des inventions et des innovations produites par l’Homme depuis son origine, un nouveau paradigme maçonnique, adapté à ce nouvel élan spirituel, s’impose, dès à présent aux Hommes de progrès et d’espérance.
La Franc-Maçonnerie pratiquée au Rite FUTURAambitionne de préparer l’Homme à établir une stratégie cognitive destinée à entrevoir et pressentir l’incroyable multitude de conjonctures qu’il affrontera et qu’il devra surmonter tout au long de sa brève existence.
Le Rite FUTURAs’édifie autour d’une « méthode » ; méthode maçonnique innovante de penser, débarrassée de toute certitude dogmatique, une méthode ouverte à l’autre, ouverte au monde. Ce Rite ambitionne de :
Métamorphoser » l’Apprenti » en » Gouverneur « .
Apprendre à penser maçonnique quel que soit le sujet.
Tel est l’objectif de ce Rite constitué de quatre tomes :
Le premier décrit de façon synoptique les trente-trois degrés du Rite FUTURA ;
Les trois suivants, proposent pour chacun de ces 33 degrés un rituel exhaustif.
Ce premier tome contient :
Des informations se rapportant au Rite FUTURAenrichies de plus de 1300 thèmes de réflexion ;
La présentation synoptique de chacun des trente-trois degrés ;
De multiples dessins et photos, la quasi-totalité de l’auteur (voir rubrique « crédits photos »).
Chacun de ces trente-trois chapitres propose :
Le titre du grade ;
La légende du grade (légende qui n’apparaît qu’à partir du troisième degré) ;
Les mots, âges et heures d’ouverture et de fermeture des travaux ;
Les décors du grade ;
L’organisation matérielle du Temple ;
L’éthique du grade ;
Une série d’objets spécifiques présentés en tant que symboles et éléments de réflexion ;
Quelques premiers sujets de méditation.
Ces informations soulignent une grande diversité et la puissance du Rite FUTURAau niveau :
Des symboles et des légendes ;
Des thèmes de réflexion ;
De l’éthique des grades ;
Des objets ;
Des sons frappés ou musicaux, des lumières, des couleurs, des nourritures, des parfums : tout ce qui interpelle les cinq sens.
Ce document synthétique s’adresse :
Aux Francs-Maçons aguerris qui souhaiteraient rejoindre et pratiquer le Rite FUTURA
Aux futurs postulants avides de spiritualité, désireux de découvrir les grandes orientations de la Franc-Maçonnerie à travers ce Rite, avant de s’y engager.
À ceux qui, après avoir franchi la porte du Temple, ambitionnent légitiment depuis le grade » d’apprenti, » à devenir » Gouverneur « .
Le Chemin Initiatique constitue un Chemin de Découverte, de Liberté de Pensée et d’Action. Quel que soit l’itinéraire parcouru, le postulant recevra l’empreinte invisible et indélébile qui lui permettra d’affirmer : » Franc-Maçon d’un jour, Franc-Maçon toujours «
Ce rite relie les Frères au passé afin de préparer l’avenir des hommes de demain.
Cet ouvrage présente de multiples aspects de ce nouveau Rite FUTURAqui, évolutif et dynamique, contribue à améliorer l’Homme, tout en restant fidèle à la Tradition maçonnique.
Au Rite FUTURArien n’est figé. Seuls les Principes fondateurs de la Franc-Maçonnerie restent intangibles.
Libre à chacun de les observer, de les respecter, de les enrichir ou de se démettre.
Le Rite FUTURA est un Rite Initiatique et Traditionnel, spécificités que nous avons voulu affirmer à travers ce manuel et les rituels qui s’y rattachent.Enfin cet ouvrage s’adresse aux hommes et aux femmes avides de Savoir, de Connaissance et de Spiritualité qui souhaitent parfaire et rehausser leur vie spirituelle et matérielle selon le fil conducteur qu’ils tissent eux-mêmes, jour après jour et à ceux qui ambitionnent de revenir en Maçonnerie après un si long silence.
Le Franc-Maçon du Rite Futura
• Il s’élève intellectuellement et spirituellement sur lui-même.
• Il » Bâtit « , » Construit « , » Crée » et » Entreprend « .
Il ne fait allégeance à aucun Franc-Maçon, ni ne met genou à terre ni ne baisse la tête devant lui, car il est homme libre dans une loge libre.
• Il édifie sa Vie et son Œuvre au delà du banal.
• Il construit à l’aide de Symboles transcendés par l’intelligence.
Il sait que » tout s’explique « , reste à chercher et trouver les réponses.
Il respecte et pratique le Secret des Bâtisseurs.
• Il développe et affine ses qualités de gouvernance.
Il analyse les mécanismes de la nature pour comprendre et exprimer l’immatériel.
Il définit la « Lumière » comme étant la réponse à ses questionnements.
Il considère que Raison, Sagesse et Tolérance Raisonnée, constituent les premiers filtres QUI PERMETTENT à l’Homme d’évoquer toutes les idées.
• Il partage la pensée de son Frère, le Franc-Maçon Oswald WIRTH :
« En vous initiant à ses mystères, la Franc-maçonnerie vous convie à devenir des hommes d’élite, des sages ou des penseurs, élevés au dessus de la masse, des êtres qui ne pensent pas ».
La Franc-Maçonnerie au Rite Futura
La Franc-Maçonnerie définie au sein du rite FUTURA présente les spécificités suivantes :
• Ordre Initiatique, Traditionnel, Philosophique, Philanthropique, Symbolique, Universel et Progressif. La Franc-Maçonnerie œuvre dans le domaine de la spiritualité et de l’intelligence. Elle favorise le progrès individuel et collectif mis au service de l’Humanité afin de tendre vers l’amélioration matérielle et morale des hommes et du développement sans fin du Savoir et de la Connaissance ;
• Elle fédère des hommes libres, des hommes de haute valeur morale, de toutes conditions sociales et économiques ;
• Non politique et non religieuse, elle se refuse à toute affirmation dogmatique et rejette tout extrémisme car elle prône la » Tolérance Raisonnée » ;
• elle laisse à chacun de ses membres la liberté de penser, de croire ou de ne pas croire, d’adhérer ou non à une religion ;
• Elle pratique la Fraternité, recherche la Vérité, prodigue l’Égalité et glorifie la Liberté ;
• Elle convie ses membres, à titre individuel, sans pour autant engager l’Ordre, à s’impliquer dans la vie de la Cité et celle des Nations ;
• Elle s’appuie sur l’intelligence, personnelle et collective, au service de l’Art de Bâtir, de Construire et de Créer ;
• Elle travaille rituellement selon des règles définies et acceptées. Elle développe une méthode et une pratique ésotériques basées sur le symbolisme ;
• Elle se fonde sur la Transmission d’un Savoir et d’une Connaissance conformément à la Tradition des Bâtisseurs, des Constructeurs et des Créateurs ;
• Elle coopte ses membres en fonction de leur pouvoir de création, de leurs hautes valeurs morales et intellectuelles et de leurs sensibilités humanistes.
Chaîne d’union du Rite Futura
Que nos mains de Maçons Bâtisseurs s’entrelacent à jamais !
Que nos cœurs de Constructeurs répandent la fraternité !
Que notre idéal de Créateurs nous élève au-delà de nous-même !
Que nos frères éloignés du chantier sachent que nos pensées les soutiennent !
Que la spiritualité crée la Lumière !
Que la Connaissance éclaire notre Chemin !
Ensemble, Construisons !
Mes SS.°. Et mes FF.°. Quittons la Chaîne sans jamais la rompre
Pour obtenir le livre : “ Le Rite FUTURA” broché ou électronique (260 pages) :
Nos Colonnes, une boutique 100% en ligne de décors et bijoux maçonniques innove cet été
Ce site maçonnique de ventes en ligne, a été créé en 2020 par des jeunes entrepreneurs francs-maçons en pleine force de l’âge, dévorés de passion et de détermination à rendre le monde meilleur.
Innovation cet été avec le lancement du premier Live avec une conférence de Franck Fouqueray
Le concept est simple, grâce à un partenariat entre Nos Colonnes et Média diffusion CH une société qui propose une technologie Live, une conférence de 45 minutes est organisée mardi 11 juillet à 11h. La particularité de cette technologie innovante est que la vidéo comporte des incrustations cliquables montant les ouvrages et permettant la commande immédiate en ligne.
Dans cet écrin qu’est le parc naturel régional du Perche, Thiron-Gardais, dans le département d’Eure-et-Loir en région Centre-Val de Loire, vous convie à son salon du livre. Déjà la 12e édition.
En ce jour de fête nationale de la République française, mettez à profit ce jour férié pour aller à la rencontre d’auteurs. Un véritable feu d’artifice, en présence de Jean-François Blondel.
Elle sera en dédicace, notamment pour son dernier opus Ces cathédrales aux mystérieux rayons de lumière (Dervy, 2023, 22 €) que nous vous avions présenté le 13 janvier dernier.
Jean-François Blondel, Le Mans, mai 2022, photo YG.
La biographie de Jean-François Blondel
Initié en février 1980 au sein de la Respectable Loge « Des Anciens Devoirs » N° 238, à l’Orient de Versailles (Rite Français), Jean-François Blondel a été passé et élevé au grade de Maître. Il en a été le Vénérable Maître au début des années 1990. Il est membre d’une Loge travaillant au REAA « Le Trait et la Lumière » N° 1332,
et membre honoraire de la Loge Nationale de Recherche Villard de Honnecourt N° 81 de la Grande Loge Nationale Française.
Par ailleurs, il pratique les side degrees :
–Arche Royale où il a été Zorobabel, c’est-à-dire Premier Principal de son Chapitre ;
–Maçon de Marque et Ark Mariner.
Au sein du Suprême Conseil, juridiction de hauts grades du REAA, il a occupé diverses responsabilités dont celles notamment de Trois Fois Puissant Maître d’un Atelier de Perfection (4e au 14e degré), et Très Sage d’un Chapitre de 18e degré. Il est actuellement 31e degré.
Un titre qui caracole en tête des ventes…
À 1h30 de Paris, venez passer une belle journée où culture et nature se marient si bien !
Une visite à ne pas manquer.
Dans le décor prestigieux de l’abbaye de la Sainte Trinité, c’est autour d’un parcours ludique que vous découvrirez les jardins thématiques du domaine. « Vous pouvez également découvrir de façon ludique l’évolution de l’abbaye à travers les temps. Une application numérique sur une tablette que nous vous prêtons, vous permet grâce à la réalité augmentée, de découvrir l’ensemble du site de l’abbaye telle qu’elle existait lors de son apogée puis à la révolution lors de la destruction du cloître.
Cette application vous permet également de comprendre les travaux de sauvegarde en cours. Un livret ludique destiné aux enfants de plus de 7 ans les emmène dans une enquête au sein des jardins pour retrouver des moines espions. »
Blason de Thiron-Gardais
A la découverte des jardins thématiques. La curiosité éveillée par des énigmes, guidés par des panneaux d’interprétation, petits et grands parcourent sur quatre hectares une dizaine de jardins thématiques : la roseraie, les planches d’aromatiques médicinales, les carrés de couleurs, le potager aux saveurs oubliées, l’ancien vivier à poissons, la terrasse fruitière. Cette création contemporaine évoque de façon ludique le labeur des Bénédictins du XIIe siècle.
Infos pratiques : Entrée libre – Jardins de l’Auberge de l’Abbaye, de 10h à 18h – Thiron-Gardais, Eure-et-Loir
Prêcher l’amour entre les hommes ! Il est impossible d’aimer sur commande ! Ni de donner l’ordre à quelqu’un d’aimer ! L’amour – cet élan vers l’autre – n’est pas une affaire de volonté, encore moins de devoir. Il serait ainsi de l’ordre mystérieux du désir !
Nous n’avons pas de « centre de l’amour » dans le cerveau, comme nous avons un centre de la toux ou de la respiration. Dès lors, si l’amour n’est ni vertu ni contrainte, d’où vient cette disposition à la bienveillance. Ce choix serait-ce un idéal ?
Il n’est pas inutile de s‘interroger sur le « mécanisme de l’amour ». Qu’est-ce qu’aimer ? L’image d’une création mutuelle, en somme d’un repas partagé : « l’art des mets » ! De fait, au-delà du jeu de mot facile, il est bon de remonter à la source : le petit d’homme que chacun, chacune de nous a été, naît dans « un monde de liens ». Pendant sa gestation qui élabore son architecture, il est lié à l’organisme maternel. Ainsi se forme un couple fonctionnel et non deux unités indépendantes. Jusqu’au moment où sa naissance au monde l’individualise. Et qu’il distingue sa maman, son papa et les autres, de l’extérieur. On peut comprendre que cet être, devenu enfant, adolescent, puis adulte, caresse inconsciemment, « l’idée folle » de reformer le couple initial.
Vient ici, pour le franc-maçon, la franc-maçonne, la représentation du symbolon, les deux morceaux de la même pierre coupée en deux et rapprochée, qui forment ainsi le symbole. Dans la pièce « le banquet de Platon », son auteur Aristophane introduit le mythe de l’être double : Imaginons. A l’origine, hommes et femmes ne sont pas séparés. Ils sont accolés, heureux de l’être. Conscients de leur force commune, ils décident d’escalader le ciel et d’attaquer les dieux pour prendre leur place. Pour les punir de leur suffisance, Zeus les coupe en deux, dans le sens de la hauteur. De la sorte, chaque nouvelle créature, amputée de l’autre, porte à la fois le deuil et l’espoir de s’y « ressouder ». Ce mythe répond ainsi à la question posée : Aimer, c’est désirer retrouver son intégrité originelle. Et c’est donc s’aimer en même temps.
Notre inconscient est marqué à jamais par le lait, véritable dieu liquide, offert par le sein maternel ou le biberon. Une satisfaction inoubliable qui renvoie à cet être fantasmé blotti en nous. Ce qui fait dire à la psychanalyse, que chacun n’aime que soi, plus exactement, cette partie de soi, en un temps gratifiée, et que Freud, nomme le « stade oral ».
Du désir au plaisir
L’amour n’est donc pas complétude mais frustration ! En ce qu’il est désir et que le désir, c’est l’attente, le manque. Un désir qu’il faut entretenir, c’est la fameuse « libido » dudit Sigmund Freud : il englobe sous ce vocable, l’ensemble des désirs, pas seulement le désir sexuel. Apparaît donc ici, une notion d’énergie à préserver, à prolonger. Le manque, ce sont aussi nos manques, qui font dire au psychanalyste Jacques Lacan : « L’amour, c’est donner ce qu’on n’a pas à quelqu’un qui n’en veut pas ».
En effet, aimer véritablement, c’est se présenter avec ses forces mais aussi avec ses faiblesses. C’est offrir ses manques. Un « vide » que l’autre n’accepte pas forcément ! L’amour partagé ne peut donc être que la rencontre de deux « acceptations ». Le désir passerait ainsi par le plaisir retenu, « retardé », l’assouvissement signifiant sa fin. L’amour ne vaudrait donc que par le manque précité et non sa satisfaction !
Pour assurer notre survie, nous devons pratiquer une forme d’égoïsme obligatoire, à même d’assurer notre fonctionnement corporel. Nos sollicitations organiques font de nous des « êtres de désirs » sans cesse en demande. Nos trois besoins fondamentaux nous le rappellent avec la faim, la soif et la sexualité. Auxquels les anthropologues ajoutent « le besoin de récits » (mythes, fables, histoires, légendes).
Si nous pouvons assouvir, dans une relative indépendance, faim, soif et récits, en revanche, la pulsion hormonale, c’est à dire le besoin, la fonction sexuelle de reproduction et de perpétuation, impliquent d’évidence, que nous communiquions. C’est bien cette dépendance qui est « attractive » et nous incite aussi à l’approche et à l’amour d’autrui.
Nous avons besoin d’être mieux que reconnus, considérés. Bref, aimés ! Mais pour recevoir de l’amour, il fait savoir en donner. Le roi Salomon lui-même dit dans ses poèmes, que le sens de la vie, c’est bien d’aimer. L’esprit maçonnique, nous permet précisément de nous approcher de nous aimer, avec notre bon vouloir.
C’est à dire que dans cet espace d’entraînement, ce « gymnase de l’esprit » qu’est la loge, où s’échangent émotions et sentiments, l’amour est bien pour nous, non une obligation, mais une vertu conquise et entretenue à longueur de tenues, par notre travail « d’assouplissement » de ces muscles que sont l’intelligence, et son comble, la bonté. Sachant que l’amour signifiant réciprocité, il ne s’agit pas d’aimer tout le monde !
Aimer, toute une philosophie !
Que serait la pensée maçonnique contemporaine sans la manne philosophique à sa disposition, dans les fonds latins et hellénistes ?! Les philosophes antiques ont répertorié les formes d’amour qui n’ont pas varié à travers le temps. Les Latins en citent trois : L’amour captatif (domination), l’amour oblatif (soumission), l’amour communion (fusion). Les Grecs en décrivent trois également, que mythologie et poésie leur permettent de largement commenter : Eros, Philia et Agapé.
Eros symbolise la force attractive, ce désir même qui assure la reproduction de l’espèce humaine et ses spécificités. Il est ainsi à la fois l’amour-passion, l’amour-possession et l’amour-manque (finalement l’amour de soi à travers l’autre) selon Platon.
Philia (né du verbe philein, aimer) c’est tout à la fois l’amour entre mari et femme, l’amour maternel et paternel, l’amour filial, l’amour fraternel. C’est encore le bonheur d’être, la bienveillance échangée, la confiance mutuelle. C’est enfin l’amour-joie selon Aristote. Spinoza dit plus tard la même chose en affirmant qu’aimer, c’est se réjouir.
Agapé est une troisième forme d’amour, supérieure aux précédentes, selon les Grecs antiques. Avec deux sens : l’Agape, repas pris en commun (partage) et Agapé, qui renvoie à la charité (en latin caritas, amour, qui est aimé, cher). L’agapé-charité, dans sa dimension de compassion, d’amitié spontanée et d’offrande, n’attend pas de retour. C’est là sa supériorité sur les deux autres formes d’amour. Etre amoureux est un état, aimer est un acte dit le philosophe suisse Denis de Rougemont. Il différencie très bien de la sorte, les trois formes grecques d’amour.
Ces trois formes d’amour valorisent la notion de désir, en tant que moteur humain. Notons que philosophe Gilles Deleuze pense que le désir n’est pas forcément manque mais au contraire « production » et « créativité ». De la sorte, il nous renvoie ici, pour exemple au « désir imaginatif » des grands peintres, de Michel-Ange à Picasso. Ou à celui des grands écrivains, de Sophocle à Victor Hugo. Autant de génies qui nous font courir de bibliothèques en musées ! Comme le désir d’échange nous conduit en loge. Remarquons enfin que l’on peut apprécier et aimer des gens en les connaissant mieux. Nous en faisons l’expérience en franc-maçonnerie : Certains frères, certaines sœurs, par tempérament ou timidité sont « réservés ». En les approchant, on découvre qu’ils sont très « aimables » !
Le Centre International des Traditions de l’Image de Lumière (CITIL) compte sur votre générosité. Elle est essentielle !
En lançant cet appel aux dons, vous pourrez contribuer, à votre manière, à transmettre auprès d’un large public des cours de géométrie sacrée.
Il lance une cagnotte Leetchi !
Votre don servira à construire un meilleur avenir pour des amateurs de dessin se destinant, peut-être à une carrière professionnelle, notamment vers le film d’animation…
Si tel est votre désir, vous pouvez verser votre obole, à hauteur de 2 € minimum. Et plus, si tel est votre désir.
Le partage et la transmission sont de beaux outils éducatifs. Rejoignez-les et participez à ce beau challenge !
« L’enluminure est un support de méditation, de contemplation, de réflexion. Dans un livre, on a d’un côté le texte et d’un autre côté l’image. Confronter le texte et l’image permet au lecteur de faire un voyage intérieur, un voyage vers lui-même. C’est un véritable support pour accéder à ce qu’il y a de plus profond en nous et pour arriver à comprendre intimement ce que nous avons à faire ici-bas. »
Dimanche 9 juillet 2023 à 21:10, RMC Story vous proposait de voir ou de revoir le documentaire « Dans les secrets des francs-maçons » réalisé par Léa Schlesinger. (Lien vers le replay)
On les reconnait grâce à l’équerre et au compas. Un symbole qui identifie l’une des confréries les plus anciennes et mystérieuses de l’Histoire : les Francs-maçons. Deux millions de membres sur la planète, 175 000 en France, les Francs-maçons ont érigé le secret au rang de dogme. Adeptes de légendes bibliques, ils pratiquent des rituels qui intriguent.
Depuis leur apparition au 18ème siècle, les Francs-maçons et les règles qu’ils s’imposent dérangent. Encore aujourd’hui, ils sont soupçonnés par leurs détracteurs les plus farouches d’être une secte au service de forces qui nous dépassent, à la tête d’un complot cherchant à dominer le monde.
Pour démêler le vrai du faux, des Francs-maçons Français et Britanniques ont accepté de témoigner et de nous ouvrir les portes de leurs temples les plus prestigieux à Paris et à Londres, pour prouver que la Franc-maçonnerie accepte aujourd’hui de s’ouvrir au grand public. Ils ont accepté de nous de raconter le fonctionnement de leurs loges de l’intérieur, de nous faire découvrir la signification de leurs étranges tenues ou de leurs symboles et de nous raconter l’incroyable histoire de cette société secrète vieille de plusieurs siècles.
(Re)découvrez ce documentaire, dimanche 9 juillet 2023 à 21:05 sur RMC Story.
Dans sa préface, le dominicain Jérôme Rousse-Lacordaire signale dans quel contexte s’inscrit la réalisation d’un chef d’œuvre. Entre culture, mystère et tradition. Cette merveille, ce trésor qu’est le chef d’œuvre n’est-il pas d’ailleurs le parachèvement du compagnon lui-même ?
Ce remarquable beau-livre, qui est aussi un livre beau, dédié à la connaissance et à la transmission, donne, dans son introduction, l’occasion à Jean-François Ferraton*, reçu Compagnon Graveur sur bois à l’Union Compagnonnique des Devoirs Unis sous le nom de Lyonnais la Clef des Arts en 1991, de rappeler l’inscription, en 2010, sur la liste représentative du patrimoine culturel immatériel de l’humanité par l’UNESCO du compagnonnage. L’auteur fait aussi référence à l’itinérance éducative avec le « Tour de France » ainsi qu’aux rituels d’initiation.
De l’accès à l’état de compagnon, appelé réception, précédé par l’admission, rappelant l’acception même du terme rite qui va bien au-delà du sens traditionnel connu – ensemble des règles et des cérémonies qui se pratiquent dans une communauté – mais s’entend aussi comme l’appartenance à l’une des familles compagnonniques de la légendaire trilogie – Maître Jacques, Père Soubise et le roi Salomon –, il évoque les correspondances, y compris symboliques, existantes entre rites sacramentels, visant pas seulement à produire des états intérieurs mais amenant aussi à la rédemption, et rites compagnonniques.
Dans une première partie, titrée comme l’ouvrage, l’auteur décrypte les rites et mystères chrétiens des Compagnonnages. Débutant par les plus anciens rites connus et notamment les précédents de la résolution de 1655, l’auteur analyse le mot rite. Pris dans son sens religieux, il renvoie à des liturgies distinctes, singularisant aussi le style de cérémonie de diverses corporations. Parce qu’au Moyen Âge, les métiers pratiquaient leurs cérémonies initiatiques la nuit dans le secret le plus absolu pour se protéger des pouvoirs publics et des autorités religieuses qui y voyaient des pratiques de sorcellerie et de magie.
En témoigne les fameuses Condamnations de la Sorbonne de 1655, « Résolution touchant les pratiques impies, sacrilèges et superstitieuses, qui se font dans les mestiers de cordonniers, tailleurs d’habit, chapeliers et selliers, pour passer compagnons, qu’ils appellent du Devoir… » dont l’auteur se fait largement l’écho. Il définit ensuite ce qu’il entend par le mot mystère, signifiant « chose secrète ». Pour les théologiens, il s’agit d’une vérité inaccessible à la raison, mais que Dieu donne à connaître en se révélant – Trinité, Incarnation, Rédemption. Et de ces pièces de théâtre appelées ‘’mystère’’, Jean-François Ferraton passe en revue tant les confréries que leurs relations avec les monastères. Il compare aussi intelligemment « Sacrements, sacramentaux et rites initiatiques des Compagnonnages » – lavement des pieds, partage du pain et du vin, mystère de la passion – dans les réceptions, le baptême compagnonnique et même les rites chevaleresques.
Père Soubise.
Maître Jacques.
L’auteur nous entretient de la notion de devoir et nous conte des légendes, avec l’apparition de celles de Maître Jacques et du Père Soubise, puis se livre ensuite à une analyse très détaillée selon un schéma analogue : des faits historiques dûment sourcés, un compendium d’un corpus de connaissances resituant tous les documents consultés. Jusqu’à évoquer Jacques de Molay, la symbolisation du Temple de Jérusalem dans la cathédrale, et de celle d‘Auch en particulier avec ses compagnons vitriers du Devoir.
Un très beau texte, enrichi de magnifiques et précieuses illustrations, et agrémenté de comparatifs aidant à une meilleure compréhension comme la substitution Jacques-Jésus ou la confusion Jacques-Hiram et la légende maçonnique. De la Sainte-Baume à la grotte de sainte Marie-Madeleine, des nombreuses énigmes aux tailleurs de pierres étrangers, de la Pierre fondamentale, des invocations – prononciation et vocalisation – et des noms sacrés’’ jusqu’aux filiations compagnonniques, Jean-François Ferraton offre, entre tradition et modernité, un incontournable et un indispensable ouvrage. Comme un diamant aux multiples facettes, véritable joyau qui, à la lumière du passé, éclaire notre présent et prépare notre avenir !
Daté de 2016, il ne reste plus que quelques exemplaires. D’après nos informations, il ne sera pas réédité. Alors, c’est le moment d’entrer dans les rites et les mystères chrétiens des Compagnonnages… Pour 15 €, cela vaut plus que le détour ! Disponible essentiellement sur les grands sites marchands…
*Né le 27 mars 1949 à Lyon, Jean-François Ferraton est un artiste français d’art sacré. Basé dans la capitale des Gaules, son atelier se trouve à Rochetaillée-sur-Saône.
De 1978 à 1989, il a étudié les principes de la composition picturale selon le peintre Albert Gleizes à l’académie du Minotaure de Lyon, où il fait des travaux d’art sacré en collaboration avec le peintre fresquiste et vitrailliste René-Maria Burlet.
Écharpe de l’Union Compagnonnique des Compagnons du Tour de France Des Devoirs Unis
En 1989 il devient membre de l’Union Compagnonnique des Devoirs Unis, où il travaille comme graveur sur bois. Guidé par des artisans d’art de haut niveau, il perfectionne aussi sa pratique de gravure sur pierre et son travail du verre au four.
Après avoir sculpté de nombreux bas-reliefs sur bois pendant quelques années, en 1985 il crée son propre atelier à l’enseigne du Chêne-Voyelle. Il édite jusqu’en 1995 une douzaine de livres d’artiste xylographiés qui le feront connaître en France auprès de la quasi-totalité des bibliothèques disposant d’un fonds de bibliophilie contemporaine. Il édite également à cette époque des estampes de grands formats et des gaufrages.
Le roi Salomon.
Il donne pendant quelques années des formations dans le domaine de la gravure ou de la composition picturale, soit dans son atelier, soit à l’extérieur pour des organismes de formation, ou pour la fondation Gleizes. Il a obtenu en 1993 le prix du manuscrit du conseil général du Rhône pour son ouvrage Lettre à René-Maria Burlet qui rendait hommage à son maître.
Il revient à la création de grands bas-reliefs gravés sur bois et sur pierre avec une orientation sur la symbolique chrétienne.
Hiram représenté entre les deux colonnes du Temple, vitrail de St John’s Church, Chester (Angleterre, 1900).
Depuis 1995, il se consacre entièrement à la création d’œuvres d’art sacré (autels, ambons, tabernacles, croix de chœur, baptistères, éléments architecturaux, vitraux) dans un style sobre et épuré où le verre très épais entre en conjonction avec la pierre, le bois ou le métal.
À ce jour, il a réalisé plus de 400 œuvres originales, ce qui le place parmi les créateurs les plus importants dans le domaine de l’art sacré actuel, juste à côté d’artistes comme Dominique Kaeppelin, Jacques Bris ou Jacques Dieudonné et à la suite d’autres comme Arcabas, Goudji ou Philippe Kaeppelin.
Les sources anthropologiques du signe de Maître, tel est le thème de ce numéro.
Renaissance Traditionnelle est une revue française trimestrielle d’études maçonniques et symboliques fondée par René Guilly en 1970. Dirigée aujourd’hui par Roger Dachez et Pierre Mollier, elle est éditée sous l’égide de l’Institut maçonnique de France.
Elle n’a qu’un seul but : « susciter et publier des études, apporter des documents qui fassent mieux comprendre et mieux aimer la tradition maçonnique dans sa double dimension historique et spirituelle. »
Le sommaire
Avant-propos par Pierre Mollier
Gestes de deuil et signes d’horreur par Gaël Meigniez
Notes à propos de la Société de l’Humanité, des tailleurs de pierre de Tours : à la croisée des chemins entre mutualisme, compagnonnage et franc-maçonnerie par Jean-Michel Mathonière.
Pierre Mollier.
L’avant-propos, extrait : « La belle étude qui ouvre ce numéro 204, Renaissance Traditionnelle s’aventure dans un domaine de recherche très stimulant mais difficile. Dans son travail pour une meilleure connaissance de la franc-maçonnerie, notre revue s’en est jusqu’à présent tenue au terrain de l’histoire. Terrain assez solide pour peu que l’on y applique la méthode « académique » classique progressive construite par les historiens et XIXe et XXe siècles. À partir des années 1970 cependant,
Différents auteurs ont voulu renouveler les études maçonniques en utilisant les approches d’autres sciences sociales – sociologie, anthropologie, psychologie sociale etc. qui à cette époque étaient particulièrement en vogue à l’université. Hélas, les quelques essais d’« anthropologie maçonnique » qui ont été tentés non guère convaincu. Une critique un peu rigoureuse en a facilement repéré et dénoncé les truismes, les rapprochements trop rapides de faits sortis de leur contexte etc.
Mais ce n’est pas parce qu’une hypothèse de travail ne donne pas satisfaction à sa première mise en œuvre qu’il faut y renoncer définitivement. Ainsi, nous avons été interpellés puis séduits par le travail de Gaël Meigniez* que vous allez découvrir. Il guide le lecteur dans une exploration étonnante des sources profondes dans l’imaginaire humain de cet élément important de la légende d’Hiram et du grade de Maître qui est le « signe d’horreur ». Si son objet est d’abord scientifique, cette véritable anthropologie historique et culturelle d’une séquence du rituel nous paraît aussi bien apte à nourrir la dimension initiatique de notre pratique maçonnique… »
Gaël Meigniez.
[NDLR : Gaël Meigneiz, dans son introduction, nous décrit comment, sur les deux rives de la Manche, sont apparues au troisième degré de divers rites maçonniques des mouvements de mains vers le front ou le sommet de la tête. Sans en discuter les détails, il reprend le « Rite Ancien de Bouillon – manuscrit sans lieu ni date à Londres, vers 1740, mais un rituel pratiqué par une loge londonienne – puis, avec une gestuelle analogue sur le continent, cependant distincte de l’anglaise, avec Le Secret des Francs-Maçons de 1742, et nous décrypte ensuite les différentes composantes du mythe d’Hiram. S’intéressant ensuite à l’époque contemporaine, il nous entretient de la façon dont la gestuelle est pratiquée lors de funérailles, tant aux Proche qu’au Moyen-Orient musulman.
Sans oublier l’Afrique noire. Quant aux sources de la tradition chrétienne, c’est dans l’iconographie de ladite religion que Gaël Meigneiz puise, dès la fin du Moyen-âge et le milieu de la Renaissance, notamment en Italie, en Allemagne et en Flandre, la source de ses travaux. Le dessinateur, graveur et peintre Albert Dürer (1471-15258) est bien évidemment cité car certaines de ces estampes tel « Jésus-Christ à la croix » est d’un plus grand intérêt pour son sujet. Moyen-Âge occidental et oriental, héritage grec, Égypte ancienne… Variétés de pays et d’époque sont passés en revue dans ce remarquable article qui nous fait comprendre comment le geste en matière de deuil est capital. Il rappelle aussi que « la survivance de certaines pratiques dans le Midi et le Levant, inspirent, vers le premier tiers du XVIIIe siècle, son introduction dans les rituels maçonniques ». Un très beau texte fort intelligemment illustré.
Quant aux Notes à propos de la Société de l’Humanité, des tailleurs de pierre de Tours : à la croisée des chemins entre mutualisme, compagnonnage et franc-maçonnerie de Jean-Michel Mathonière, celui-ci commence par nous avouer bien humblement que le document lui ayant servi de base fut acquis, en 2011, sur un célèbre site de vente aux enchères sur Internet. Pour Jean-Michel, il s’agit d’un document exceptionnel car le seul exemplaire actuellement repéré et attestant de l’existence de ladite société. Avec le sérieux que nous lui connaissons, il réalise, avec grande minutie, une description générale : partie centrale, partie droite, partie gauche, texte en bas, le cachet, etc. Il analyse aussi la dimension mutualiste de cette société. Le terme « Société de l’Humanité » étant attesté à plusieurs reprises et en plusieurs lieux depuis la révolution de 1789 pour désigner les sociétés mutualistes. Il analyse aussi le cachet, les signatures et confirme la datation.
Serpent enroulé autour d’une lime, signature HART.
Il aborde aussi la morale de la Société en 1835 ainsi qu’aux préceptes maçonniques du Grand Orient de Belgique. Le serpent et la lime est une belle médaille gravée (de 5 cm de diamètre) par le frère Hart. Il en compare les textes. Analysant la dimension compagnonnique, l’auteur nous offre avec ce texte, une remarquable étude.
Inscriptions très denses de préceptes maçonniques ; cuivre – 58,94g – 50,0mm.
Étude s’accompagnant d’une annexe très pédagogique sous frome de tableau comparatif – morale de la Société de l’Humanité de Tours (1835) ; préceptes maçonniques du Grand Orient de Belgique (1838) ; préceptes maçonniques du Grand Orient de Belgique (1879). L’Évangile compagnonnique des tailleurs de Pierre et maître de l’œuvre, compagnons étrangers du Devoir de Liberté complète ce dossier richement documenté.
L’au revoir de Pierre Mollier, le rédac chef !
Ce qu’il nous faut aussi retenir de l’avant-propos, c’est l’au revoir du rédacteur en chef Pierre Mollier. Au revoir, locution interjective qui aurait été créée en faisant la contraction de l’expression « adieu jusqu’au revoir », une première hypothèse , ou bien de « au plaisir de vous revoir », la seconde.
À cette heure, nous ne savons comment interpréter les écrits de Pierre Mollier, par ailleurs directeur de la bibliothèque du Grand Orient de France et conservateur du musée de la franc-maçonnerie.
Sous son ère, RT reçu de l’Institut Maçonnique de France, le prix littéraire au Salon Maçonnique du Livre de Paris, catégorie « Revues » – nouveauté 2019.
Roger Dachez, directeur de RT.
Pierre Mollier confie ceci : « Cette livraison – un peu atypique – clôt l’année éditoriale 2022 de Renaissance Traditionnelle. Pour le rédacteur en chef de la revue c’est aussi une étape. En effet, après avoir exercé cette fonction pendant trente ans – du numéro 91-92 d’octobre 1992 à ce numéro 204 d’octobre 2022 – des contraintes personnelles m’amènent à passer le relais. Je remercie sincèrement tous ceux qui, au long de toutes ces années, m’ont assisté et aidé dans cette difficile mission. […]
D’ores et déjà, une nouvelle équipe est constituée autour de notre directeur, Roger Dachez. Elle prendra la barre dès le prochain numéro et vous proposera une nouvelle formule. Un nouveau cycle s’ouvre. « Il faut que tout change pour que rien ne change » serait-on tenté de dire avec un peu d’emphase en reprenant la réplique mythique du Guépard…»
Merci mon TC & BAF Pierre pour toutes ces belles années !]
*Mathématicien, Gaël Meigniez est Professeur d’université. Collaborateur régulier de Renaissance Traditionnelle, nous lui devons, entre autres, « Adam et la mythologie maçonnique » (N° 197), « Maître Jachin et Maître Booz : de la tradition maçonnique aux mythes du Compagnonnage » (N° 185) ou encore « Renaut de Montauban aux origines du mythe d’Hiram » (N° 180).
Renaissance Traditionnelle-Revue d’études, maçonniques et symboliques
Les sources anthropologiques du signe de Maître – RT, N°204, Octobre 2022, 51e année, 15 €